La voix de Kirua.

Première partie.

Le conflit opposant le camp de Gon à celui des fourmis géantes se poursuit toujours. Avant de l'assaut final contre ce château habité par ces maudites créatures, les deux parties décident de profiter de la nuit tombante pour se reposer. Là, le garçon aux cheveux noirs s'éloigne du président et des autres hunters afin de passer un coup de fils. Une fois qu'il a bien veillé à mettre plusieurs mètres de distances entre eux, l'adolescent sort son téléphone portable de l'une de ses poches de veste et l'ouvre. Tranquillement, le propriétaire de l'accessoire compose un numéro qu'il connait par cœur à l'aide du clavier et attend que l'écran digital affiche le prénom de son correspondant.

Lorsque « Kurapika » s'affiche, le garçon porte son combiné contre son oreille droite et se montre plutôt impatient.

« Allez Kurapika, décroche s'il te plait. »

Plusieurs sonneries se font entendre à l'intérieur du téléphone portable lorsqu'un autre son se manifeste, cassant le premier.

« Gon ? Fait une voix.

- Bonsoir Kurapika, je ne te dérange pas ?

- Non.

- Tant mieux. Comment se passe ton travail ?

- Plutôt bien. Enfin, je voulais dire que ces derniers jours ont été plutôt calme. Et toi ?

- Ben moi, je traque toujours ces maudites bestioles mais ce soir, on souffle un peu.

- C'est le président qui l'a décidé, n'est-ce pas ?

- Oui. Il a jugé important qu'on repose nos muscles pour être au meilleur de notre forme pour demain.

- Et il a parfaitement raison. »

Gon se permet de sourire au téléphone parce qu'il sait très bien que d'avoir le président dans son équipe est la meilleure chose qui pouvait lui arriver. A ses côtés, l'enfant pourra recevoir l'un des enseignements les plus complets en matière de conseils et d'expérience. Ainsi, lorsque ce conflit avec ces bestioles démoniaques sera terminé dans une fin des plus heureuses, chose que souhaite tout le monde, Gon aura acquis une plus grande sagesse. Armé de ce savoir, il pourrait reprendre sa route afin de retrouver son père puisque ce désir habite son cœur depuis de très nombreuses années. Le jeune adolescent rêve aussi que l'homme responsable de son existence soit aussi très heureux lors de ces fameuses retrouvailles.

L'hunter revient à la brusque réalité lorsque la voix de Kurapika se fait entendre dans le téléphone. Ayant la tête ailleurs, le manipulateur du nen du renforcement ressent le besoin de faire répéter son ami.

« Excuse-moi Kurapika, je n'ai pas entendu ce que tu m'as dit.

- Vraiment ?

- Oui.

- Je vois. Tu penses à autre chose n'est-ce pas ?

- Pour ne rien te cacher, la réponse est positive.

- Et tu veux m'en parler ?

- Je n'ai pas envie de t'ennuyer avec ça Kurapika, surtout qu'il ne s'agissait pas de la raison de mon appel.

- Vraiment ? De quoi veux-tu qu'on discute alors ?

- Ben voilà, c'est un peu particulier comme sujet et je me demande encore si j'ai bien fait de m'adresser à toi. »

Le garçon aimerait ouvrir son cœur à cette oreille amie mais quelque chose le freine. Craindrait-il une fermeture d'esprit ? Des insultes ? Des représailles ? Des tas de choses qui font que le jeune homme en devenir qu'est Gon aurait plus tendance à reculer plutôt qu'à avancer.

« Gon, tu es toujours là ?

- Oui. Pardonne-moi Kurapika.

- Aucun souci. Si tu ne veux pas m'avouer ce qui te tracasse, ce n'est pas grave, tu as le droit d'avoir tes secrets.

- Je le sais bien mais après Kirua, je te considère comme mon meilleur ami et à part toi, je ne vois pas vers qui d'autre je pourrais me tourner. »

A plusieurs de milliers de kilomètres de là, Kurapika est assit dans le canapé marron d'une magnifique pièce. Il est seul et est complètement détendu. Pour tout avouer, le simple fait de discuter avec Gon par le biais de leur téléphone portable lui fait un bien fou. C'est dans ces moments là que le hunter de la black list regrette leur passé commun, lorsqu'ils formaient tous un quatuor des plus soudés. Poussant un profond soupir et cherchant un moyen de prolonger cette conversation, Kurapika cherche à savoir ce qui se passe.

« Tu sais, cela me touche beaucoup que tu me considères comme l'un de tes meilleurs amis Gon et je suis sincère dans mes propos.

- Et sache que ta franchise est l'une des qualités que j'apprécie le plus chez toi. D'ailleurs, je voudrais bien l'être aussi.

- Franc ?

- Oui.

- Ben dans ce cas, pourquoi ne pas commencer dès ce soir ?

- Avec toi ? »

Kurapika donne une réponse positive avant que son ami à l'autre bout du fil poursuit ce dialogue.

« Je crois que je suis amoureux. »

Le garçon aux cheveux clairs n'est pas du tout étonné de cette nouvelle. Au contraire, il est même plutôt heureux pour son camarade et ne se prive pas pour lui faire savoir.

« C'est très bien Gon. Et qui est l'heureuse élue si tu m'autorises à être curieux ?

- Il est là le souci. »

Kurapika ne voit pas où se trouve le problème car être amoureux d'une personne est probablement la chose la plus belle qui puisse arriver dans la vie d'un être humain. Cela prouve qu'on est vivant, qu'on aspire à être heureux et qu'en fait, on veut profiter de la vie à fond, avant qu'il ne soit trop tard. De toute façon, Gon a maintenant quatorze ans et c'est l'âge pour lesquels les premiers flirts ont lieu.

« C'est une fille beaucoup plus âgé que moi, lui demande Kurapika.

- Non. En réalité, j'ai des sentiments pour un garçon. »

Le propriétaire de la chaîne sourit mais pas d'une façon arrogante ou dégoûtée. Au contraire, c'est une expression qui est plutôt rassurante et si Gon se trouvait en face de lui, celui-ci se sentirait tellement bien qu'il ne pourrait s'empêcher de vider son sac d'un seul coup.