Chapitre 4
Levy était tranquillement assise sur un rocher au bord de la route. Mais que pouvais bien faire Gajil ? Ce n'était pas normal qu'il soit si long. Elle avait hésitait plusieurs fois à suivre sa trace mais si était résigné, de peur qu'il ne se fâche contre elle. Et ça elle ne le voulait surtout pas. Elle qui pensait qu'ils rentreraient tous les deux sans encombre, peut-être qu'elle s'était trompé finalement.
Elle poussa un long soupir. Elle espérait juste qu'il ne l'avait pas laissé tomber au milieu du chemin. Non. Elle refusait de penser cela. Il ne l'aurait jamais fait. Elle repensa à ce qu'il lui avait dit sur l'île Tenrou, et qui lui avait fait si plaisir : « Reste près de moi ». Mais alors pourquoi la laissé-t-il en plan, toute seule au bord d'une route, pendant qu'il allait elle ne sait où. Cela devait bien faire une vingtaine de minutes qu'il était parti maintenant. Elle ne savait pas si elle devait être énervé ou inquiété. Mais en tout cas elle ne partirait pas d'ici tant qu'il ne serait pas revenu ! Il était têtu, et bien elle le serait encore plus que lui ! Cette pensée la fit sourire. Elle avait bien compris depuis qu'elle l'île Tenrou qu'elle ressentait beaucoup plus que de la simple amitié pour le dragon slayer. Elle n'aurait jamais cru cela auparavant. Leur première rencontre étant fracassante, sa seule présence avait réussi à la terroriser pendant un moment. Elle avait peur de cet homme qui l'avait agressé et crucifié à un arbre. En passant, quoi de plus normal. Mais depuis qu'il avait protégé de la foudre de Luxus, elle lui avait donné une seconde chance. Elle le considérant comme un ami au départ. Mais ses sentiments avaient bien évolués au cours du temps. Et qu'il accepte de rentrer à la guilde avec elle l'avait mise de bonne humeur. C'était comme une preuve que sa présence ne le dérangeait pas. Pendant quelques ondes elle avait même pensé qu'il n'était pas là par hasard. Qu'il s'était inquiété pour elle et qu'il était venu voir comment elle allait. Mais elle avait vite balayé cette idée de son esprit. Ce n'était pas son genre de s'en faire pour les autres. Il fallait qu'elle arrête de rêver. Peut-être qu'il l'appréciait, mais ça s'arrêtait certainement là.
Elle aperçut une silhouette entre les arbres qui allait sortir de la forêt par un petit chemin en terre, plus loin vers la droite. Elle s'apprêta à interpeller Gajil, quand elle remarqua qu'il y avait deux personnes et que la première était bien trop grande et imposante pour être son partenaire. Elle fut surprise en ressentant aussi la magie noire émanée de Yoshio. Et préféra se dissimuler derrière le gros rocher, les regardant discrètement.
Elle vit un homme imposant apparaitre au bord de la route, qui se dirigeait vers Mura, suivit de la fille contre qui Gajil s'était querellé tout à l'heure. En l'observant bien, elle se rendit compte qu'elle l'avait déjà vu dans le bureau du maire. Elle ne lui avait alors pas paru très sympathique, mais ni avait pas fait plus attention. Et tout à coup, elle se rappela les paroles de Gajil « L'odeur de ce mage me rappelle quelqu'un ». Quel abruti ! Elle en était sûre maintenant. Il avait voulu se venger de la fille qui l'avait provoqué. C'était tellement prévisible !
Elle attendit quelques minutes, le temps qu'ils soient assez loin, avant de ressortir de sa cachette et de patienter encore un peu. Mais pourquoi Gajil ne revenait pas ? Ça devait bien faire 10 minutes qu'ils étaient passés maintenant. Elle repensa à l'allure des deux mages, celle de l'homme qui accompagné la fille de Mura paraissait inquiétante, il était tellement grand et semblait si puissant. Elle en perdit son sourire. En y repensant ils n'avaient pas l'air blessés et cette magie malsaine… Gajil n'aurait quand même pas... ?
Elle ne réfléchit pas une seconde de plus et se précipita dans la forêt. « Pourvu qu'il aille bien ! » Espéra-t-elle. Elle traversa la forêt au pas de course, criant le nom de son partenaire, en priant pour avoir pris la bonne direction et ne pas se perdre dans cette immense forêt. La panique commença à la gagner. Elle se prit les pieds dans des branches mortes et de racines la faisant trébucher. Elle s'était éraflé les genoux et les mains en se rattrapant, mais rien de bien grave. Wendy la soignerai en un rien de temps. Elle eut le visage giflé par quelques branches, qu'elle n'apercevait pas dans la foulée. Une d'elles lui fit une entaille jute en dessous de l'œil droit, le manquant de peu, car elle sentit du sang lui couler le long de son visage. Il fallait qu'elle se calme. Peut-être qu'il n'avait rien. Qu'ils l'avaient juste assommé, mais qu'il n'était pas blessé. S'il faut ils ne s'étaient même pas battus. Mais elle ne put s'empêcher de penser le contraire. Elle pensa à l'état dans lequel elle l'avait retrouvé sur l'île Tenrou. Couvert de sang et avec des blessures sur tout le corps. Elle avait eu tellement peur pour lui. Un peu comme en ce moment.
Elle arriva au beau milieu de la clairière, dont le sol était défoncé. Elle s'arrêta et reprit son souffle, les mains sur ses genoux éraflés. Son cœur battait si fort contre sa poitrine qu'elle crut qu'il allait lâcher. Que s'était-il passé ici pour que le sol soit dans cet état ? Il y avait certainement eu un affrontement ici pour laisser de telle trace. Elle se redressa, et regarda autour d'elle. Elle aperçut Gajil étendu sur le sol à quelques mètres de là.
- Gajil ! S'exclama-t-elle une énième fois.
Elle accouru jusqu'à lui et s'accroupit à ses côtés. Elle constata que sa poitrine se soulevait il était juste inconscient. Il avait le visage remplit de sang, dû à une profonde entaille au-dessus de l'arcade droite. La panique la gagna à nouveau.
-Gajil ! Cria-t-elle, en posant sa main sur son épaule et en le secouant.
Elle vit ses yeux s'ouvrir lentement. Elle en fut soulagée, mais évita de lui sauter au cou de peur de lui faire mal.
Quand il reprit conscience, il était couché sur le dos, avec une douleur terrible à l'arrière de la tête. Il essaya de se redresser, mais une vive douleur lui parcourue le poignet, lui faisant reprendre pleinement ses esprits. Il réussit tout de même à s'assoir, furieux et déçu en même temps. Il s'était fait battre lamentablement. Il passa la main sur le haut de sa tête et sentit une énorme bosse, mais pas de sang. Par contre, la plaie qu'il avait au front lui faisait mal. Il s'essuya le sang qui lui coulait dans l'œil d'un revers de sa main intacte. Il se sentit honteux et dans une position de faiblesse face à Levy. D'ailleurs elle aussi était blessée. Elle avait une entaille au-dessous de l'œil, ainsi que quelques éraflures. Elle avait perdu son bandeau et sa robe était déchirée à quelques endroits. Mais elle paraissait allait bien. Contrairement à lui. Elle le scrutait avec ses yeux marron, remplit d'inquiétude.
-Est ce que ça va aller ? Lui demanda-t-elle, en regardant sa plaie au front.
-J'ai connu pire. Répondit-il, en essuyant le sang de son menton.
Levy remarqua qu'il tenait fermement son poignet gauche. Il était très enflé et avait pris une teinte violacée. Ce n'était pas beau à voir. Il était certainement cassé.
Elle baisa la tête avec une moue triste.
Allez ! Elle allait le plaindre! Qu'est-ce que Gajil pouvait détester ça ! Il ne voulait pas qu'elle ait pitié de lui. On a de la pitié que pour les faibles !
Elle releva la tête et le regarda droit dans les yeux.
-Tu n'es qu'un abruti ! S'exclama-t-elle, retenant ses larmes du mieux qu'elle put. Pourquoi est-ce que tu veux tout le temps te battre ?! Si tu avais mis ta fierté de côté tu ne serais pas dans cet état-là ! Idiot !
- Oh ferme-la ! Dit-il en regardant ailleurs.
Elle soupira et sortit un bandage de sons sac. Elle en avait toujours sur elle, au cas où. Elle lui prit délicatement le poignet et enroula la bande autour. Essayant de ne pas lui faire mal. Elle lui essuya le sang de son visage avec un mouchoir en tissu et banda la plaie de son front. Au moins elle était rassurée. Il n'état peut être pas au meilleurs de sa forme mais il était vivant.
Au bout de quelques secondes, la bande immaculée commençait déjà à s'empourprer. Elle l'aida à se relever.
-On ira à l'hôpital à Konugi pour qu'ils puissent soigner ton poignet et ta tête. Lui annonça Levy.
-Il faut retourner à Mura. Dit-il en se dirigeant vers le chemin de terre pour retourner sur la route. Il avait la tête qui lui tournait un peu, mais rien qui l'empêcher de marcher.
Retourner à Mura ? Pourquoi faire ? Il ne voulait quand même pas se venger à nouveau de ceux qui lui avaient fait ça ?! Elle se doutait bien qu'il n'avait pas aimé perdre et se retrouver dans cet état, mais là c'était carrément du suicide !
- Mais pourquoi faire? Demanda-t-elle en se le suivant.
-Le parchemin que tu as traduit, c'était un genre de plan pour trouver un… je sais plus quoi maléfique de Zeref. Il faut absolument les arrêter avant qu'il n'arrive quelque chose de grave!
« Ce gars est assez redoutable sans ça ! » Pensa Gajil, en se maintenant le poignet.
-Quoi ? S'exclama-t-elle, qu'est-ce qu'il lui racontait là ? Tu as du te cogner la tête un peu trop fort ?
-Et toi ! Comment tu n'as pas pu te rendre compte en faisant la traduction de ce parchemin qu'il s'agissait d'un truc bizarre !?
Levy la regarda étonnée. Bien sûr ! Ça allait être sa faute maintenant !
-Et bien … Le maire m'a dit qu'il s'agissait du trésor du fondateur du village. Comment est-ce que j'aurais pu savoir que c'était un tel objet moi !
Elle n'avait pas tort. Elle ne pouvait pas être au courant. Il ne fallait pas qu'il rejette son énervement sur elle. Il essaya de se calmer et continua :
-Que disait la traduction ?
-Il s'agissait de l'histoire du village et de son fondateur. Répondit-elle, en réfléchissant. Mais c'est vrai que le dernier paragraphe était assez étrange. C'était un truc du genre : « Le trésor est caché, dans les entrailles de la terre depuis des siècles… euh… là où la mort rit… pour le retrouver il va falloir trouver… hm… la tombe de celui qui l'a caché … mais prenez garde si vous arrivez à le posséder… Car malheur il pourra vous arrivez. C'était à peu près ça, il me semble. Déclara-t-elle, contente de s'en être rappelé mot pour mot.
-Un trésor qui porte malheur « étrange » ?! S'exclama Gajil, en levant les yeux au ciel. Levy ! Ça ne t'es pas venu à l'esprit qu'il s'agissait de quelque chose d'anormal!?
-Et bien justement si ! Mais le maire m'a dit qu'il était au courant et que c'étaient de fausses rumeurs ! Je ne pouvais pas savoir…. Ajouta-elle d'une petite voix.
Peut-être qu'il y était allé un peu fort. C'était sa première mission en solo et il fallait qu'elle tombe sur ça. Ce n'était pas de chance. Elle qui pensait avoir bien fait. Il ne put s'empêcher de ressentir une pointe de culpabilité. S'il ne n'avait pas voulu se venger de la fille ils seraient rentrés tous les deux sans problème. Il était venu pour être sûr qu'il ne lui arrive rien, et à cause de lui elle était triste et blessé.
Il s'arrêta et l'observa. Elle avait la tête baissée et sa blessure sous son œil ne saigné presque plus. Il essuya ce qu'il lui restait de sang avec un bout du mouchoir en tissus qui n'était pas souillé. Elle releva la tête vers lui et se mit à rougir à se contact.
-Qu'est-ce qu'il t'est arrivé ? Lui demanda-t-il d'une voix plus calme.
Elle comprit que c'était un peu ça façon de s'excuser de s'être emporter.
-J'ai vu la file de Mura sortir de la forêt avec un homme. J'ai paniqué et je me suis pris une branche. Dit-elle, avec un petit sourire, qu'il lui rendit. C'est cette fille qui t'as fait ça ? Demanda-t-elle.
-Non. Répondit-il en lui rendant le mouchoir. Elle était avec un homme, plutôt puissant faut avouer.
-Oui, je les vu un homme imposant sortir de la forêt juste avant de te retrouver. Avoua-t-elle. Ils dégageaient une sorte de magie obscène. Ce sont des mages de quelle guilde ?
-Je ne sais pas, je ne pense pas qu'il soit des membres d'une guilde, pas d'une officielle en tout cas. Déclara-t-il, en se disant qu'il ne s'était même pas poser la question. L'homme s'appelle Yoshio, il peut décupler sa force, et elle s'est Kyoku. Elle se déplace très vite, un peu comme Jet. Et elle peut allonger ses ongles pour en faire des sortes de lames tranchantes.
Et pour la première fois depuis qu'il avait repris connaissance, i se demanda pourquoi ils ne l'avaient pas achevé ? Rien n'aurait été plus simple pourtant. Peut-être ne voulaient-ils pas tuer un homme inconscient. Tant mieux. En tout cas une seule chose lui importait en ce moment : les arrêter !
Quand ils arrivèrent à Mura, les derniers rayons du soleil furent stopper par la couche nuageuse. Il faisait sombre et une légère brise s'était lever.
-Où est ce qu'ils ont bien pu aller ? Demanda Levy.
-Chercher la traduction.
Lorsqu'ils furent devant la mairie, ils virent la femme de l'accueil, qui en sortait. Elle avait l'air inquiet. Quand elle les aperçu elle vint vers eux.
-Que vous est-il arrivé ? Demanda-t-elle, choquée. Mais…Vous êtes les mages de Fairy Tail de tout à l'heure ! Oh quelle chance que vous soyez encore ici !
-Pourquoi ? Qu'est-ce qu'il se passe ? Demanda Gajil, espérant obtenir des informations sur les deux mages.
- Un couple vient d'arriver et a demandé à voir le maire. J'ai bien sur accepté et ils sont montés dans son bureau. J'ai entendu des bruit sourd et…et ils sont redescendus tous les trois. Monsieur le maire m'a demander de rentrer chez moi, et ils se sont dirigé vers l'arrière du bâtiment. Je… J'ai un mauvais pressentiment. Il n'avait pas l'air rassuré, je suis très inquiète. Cela fait déjà plusieurs fois que cette fille vient et je me demande s'ils ne le font pas chanter ou autre chose.
-Qu'y a-t-il derrière la mairie ? Demanda Gajil, ne tenant plus en place.
-Mais rien…. Enfin, il y a la tombe du fondateur du village, mais rien d'autre.
-Gajil, ça correspond à la traduction !
-On y va ! S'exclama-t-il en la tirant par le bras, et en courant vers le bâtiment.
-Merci beaucoup madame, on s'en charge !
Ils traversèrent la mairie à toute allure. Pourvu qu'ils ne l'aient pas encore trouver ! Arrivé dans l'arrière-cour ils ne virent personne, malgré la luminosité qui s'échappée du bâtiment.
- Ils ne sont pas ici. Dit Levy de moins en moins rassurée.
Elle essayer de ne pas y penser, mais affronter les mages qui avaient mis Gajil dans cet état lui faisait très peur.
-Mais ils sont passés par là. Je sens l'odeur de cette insupportable peste et de son acolyte.
Ils parcoururent la cour sur leur garde et cherchèrent le moindre indice.
-Gajil, viens voir ! Lança la mage aux cheveux bleue.
Il vint près d'elle. Devant eux se trouvait un grand caveau. Sur les murs de celui-ci on pouvait distinguer la même gravure que la statuette à l'entrée de la mairie.
- C'est là. Affirma Gajil, l'air sérieux.
