Aloha ! Vous êtes de plus en plus à suivre l'histoire, voir à la mettre en favoris ! A chaque fois j'ai envie de faire la danse de la joie ! Je vous remercie aussi pour vos super reviews ! o/


Le serment

Ils étaient cernés par les créatures. Ils ne pouvaient les voir, elles se cachaient dans les ombres, elles étaient les ombres. Il ne fallait pas s'arrêter. Courir et encore courir. Elle avait le souffle court, ses poumons étaient en feu, elle était... épuisée. Elle ne vit pas la souche de snargalouf qui se déplaça pour la faire trébucher. Elle vit les ombres se regrouper pour former un loup géant au poil hérissé et aux crocs empoisonnés. La bête sauta sur elle pour la dévorer. De sa gorge s'échappa un antique chant celtique tendit qu'elle dessinait des runes dans les airs. La bête s'écrasa le museau contre un bouclier magique qui l'entourait. Elle poussa un rugissement de fureur. Lily se releva et dessina une autre rune qui fit apparaître une brève éclaircie au cœur de la nuit. Le loup redevint ombres et les ombres devinrent simple rêve. Elle se sentit tout à coup épuisée et Brann l'attrapa avant qu'elle ne tombe.

– C'était du beau travail. Mais tu utilises encore beaucoup trop de magie pour le moindre sort. Si je n'étais pas là tu serais morte.
- Et si tu me rendais ma baguette, peut-être que j'aurais pu. Elle se tut quand elle vit les runes qu'il traçait. NON. Je t'interdis de faire

Lily tomba dans un profond sommeil magique. Brann la souleva et la posa sur son épaule. Il poussa un grognement, elle était plus lourde qu'elle en avait l'air. Par trois fois il avait usé de ce sort sur elle. La toute première était pour l'emmener avec lui. Elle refusait de quitter Poudlard tant qu'Andraste n'irait pas mieux. La seconde fois fut pour lui prendre sa baguette et la cacher. Il voulait l'obliger à utiliser la magie ancienne. Quant à la troisième fois, c'était parce qu'elle devait se reposer. Cela faisait des jours qu'il l'entraînait dans une marche forcée semée de nombreux dangers. Elle ne se plaignait jamais, mais il savait très bien qu'elle était à bout de force.

X X X

On lui arracha les couvertures d'un geste brutale. Lily protesta et voulu les récupérer, mais d'une voix tonitruante on lui ordonna de se lever, sinon elle allait être en retard pour le dîner avec le seigneur.

– Allez debout, je vais vous ôter définitivement ce fichu sort de sommeil.

Une vieille servante édentée la tira brutalement hors du lit et entreprit de la déshabiller. Lily protesta faiblement, mais le sommeil la gagnait de nouveau. Elle monta dans la petite bassine de cuivre et poussa un cri de surprise quand un seau d'eau glacé se renversa sur sa tête.

– Rien de mieux qu'un peu d'eau du puits de la vérité pour lutter contre ces malédictions ! Voyons, ne faites pas l'enfant !

Bien éveillée et consciente de sa nudité, Lily essayait de préserver le peu d'intimité qui lui restait. La servante n'y prêta pas attention et se mit à la frotter vigoureusement pour retirer toute la crasse du voyage. Elle ne comprenait pas ce qui se passait, mais bien éveillée elle prit lentement conscience qu'elle était en présence d'une banshee. Tenter de se sauver serait la pire idée qui soit. Grelottante, elle fut reconnaissante quand la servante lui fit enfiler plusieurs couches de vêtement recouvert d'une longue robe en laine épaisse. Elle la fit asseoir ensuite sur un tabouret pour la coiffer. Non loin, elle aperçut Brann dormir à même le sol.

– Quel malheur d'avoir coupé de si beaux cheveux, qu'est-ce qui vous a pris ?
– Une boule de feu a touché mon double. Confia Lily.

Elle remercia intérieurement Brann de lui avoir inculqué l'importance des légendes. Les banshees ne supportaient pas le mensonge et tuaient tous ceux qui osaient en proférer devant elles.

– Quel malheur, quel malheur. Se lamenta la créature. Nous allons y remédier si vous voulez bien.

Elle attrapa le sifflet autour de son cou, un bruissement d'ailes d'oiseaux s'en échappa et des petites créatures apparurent. C'était des petites boules aux oreilles pointues et aux grands pieds poilus. Leur air chafouin et leurs crocs dépassant de leur bouche géante aurait dû les rendre redoutable, mais leurs chants joyeux et leurs rires incessants les rendaient innocent. La banshee frappa dans ses mains pour les rappeler à l'ordre.

– Faites vite je vous prie, apportez-moi le peigne et les ciseaux. Ensuite vous mettrez la table, vous savez qu'il déteste les retards.

Les petites créatures partirent dans un grand éclat de rire et s'exécutèrent. Elles ne semblaient pas avoir de bras, mais cela ne les empêchaient pas de récupérer les objets, de s'accrocher au fer à cheval sur le mur pour se balancer ou bien de se servir dans le bol de lait chaud qui avait été apporté à l'attention de Lily. La banshee les laissait faire avec un sourire indulgent.

– Est-ce des brownies ?
– Ce sont les derniers. Confirma la banshee. Nous existons grâce aux croyants, malheureusement nous tombons dans l'oublie et un jour nous disparaîtrons tous.

Les doigts de la servante avait rajeuni et un coup d'œil au miroir indiqua à Lily que la créature avait pris l'apparence d'une jouvencelle. Certaines légendes disaient que cela signifier que la banshee se sentait en confiance et n'avait pas l'intention d'entraîner l'autre dans la mort. Chaque coup de peignes que donnait la créature lui rallongeait les cheveux. Une fois satisfaite de la longueur, elle se mit à les couper pour leur donner une meilleure allure. Ils restèrent toutefois bien plus long qu'avant la boule de feu brûle la tresse. La créature entreprit ensuite de les tresser en une couronne dans lequel elle avait mélangé des fleurs d'hivers.

La servante sembla juger l'apparence de Lily satisfaisante, car elle lui fit signe de la suivre. La sorcière jetât un regard inquiet à Brann. Elle ne voulait pas le laisser seul dans la chambre.

– Vous devez y aller. Seule.

Lily hésita sur le pas de la porte. De jeune fille la banshee redevint vielle femme. Elle comprit le message et la tête haute, elle la suivit. Elles ne croisèrent personne dans le manoir qui semblait abandonner. Les flambeaux s'allumaient à leur arrivée et s'éteignaient derrière elle. La servante la fit pénétrer dans la pièce de vie et lui ordonna d'attendre. Les bancs et les tréteaux avaient été poussés sur les côtés. Au centre de la pièce, il y avait un lit gigantesque dans lequel dormait un homme en compagnie d'un cerf et d'un serpent à tête de bélier. L'homme était nu, vêtu simplement d'un torque de bronze. Au début elle pensait que les cornes de cerf ceignaient son front, mais une étude plus attentive révéla qu'il ne le portait pas. Il avait des cornes de cerf. Elle fut surprise de voir qu'un homme a l'air si vulnérable était considéré comme un dieu à un autre époque. Brann lui avait raconté que Cerrunnos était un puissant sorcier qui était devenu une incarnation de la magie et un serviteur de la Nature.

– Venez ! Le maître vous attend.

Lily jetât un dernier coup d'œil à l'homme endormi et pénétra dans un salon privé plus petit. Elle fut soulagée que la banshee n'avait pas fait la moindre remarque.

La table avait été dressée pour deux personnes. Son hôte se leva pour la saluer, elle se figea quand elle comprit qu'elle était face à l'Ankou. Il était traditionnellement représenté comme un vieillard avec une carriole qu'il tirait et un chapeau à large bord qui cachait son visage. Il était vêtu en seigneur, mais les traits émaciés de son visage et les flammes bleues qui flambaient dans ses orbites vides trahissaient son identité. Gauchement, il attrapa la main de Lily pour faire un baise-main maladroit. Un souffle glacial traversa de part en part la jeune femme.

– Prenez donc place. L'invita-t-il d'une voix caverneuse.

Brann l'avait emmenée dans cette quête pour trouver comme détruire le doppelgänger et non pas pour rencontrer celui qui venait récupérer les esprits à leur mort. La logique lui disait qu'elle devait être terrifiée, mais il n'en était rien et elle prit place face à la mort avec un calme qui la surprenait elle-même.

– Nous avons rarement des visiteurs en hiver.
– Nous espérions emprunter la bibliothèque de Cerrunnos durant son sommeil hivernal. Quand il est éveillé, il est impossible de venir.
– Quand il dort aussi normalement. La magie ancienne se perd et pourtant vous voilà.

Il était amusé par la situation. Cela lui plaisait de voir une jeune fille qui était à peine adulte réussir à traverser la forêt enchantée et ses dangers pour arriver ici.

- Du vin ? Proposa-t-il.

La coupe de Lily se remplit, lui faisant comprendre qu'elle ne pouvait pas refuser. Méfiante, elle se contenta d'en boire une gorgée. Elle n'avait pas peur du poison, l'Ankou n'avait qu'à prendre sa faux pour la tuer. Le poison n'était pas nécessaire. Il voulait la voir ivre.

– Est-il bon ?
– Très, monseigneur.
– Alors buvez plus pardi ! Vous ne voudriez pas me vexer, n'est-ce pas ?

Piégée, elle termina sa coupe qui se remplit de nouveau à peine l'avait-elle terminée. L'Ankou mangeait de bon appétit, l'invitant à boire de plus en plus. Tout était froid, pourrie et couvert de moisissure. Elle se contentait donc de boire le vin qui était la seule chose comestible sur cette table.

– Je sais pourquoi vous êtes là. Vous ne trouverez jamais la réponse dans la bibliothèque du vieux cerf. Par contre moi je peux vous la donner.

Lily était à sa quatrième coupe de vin et l'ivresse commençait à agir. Son esprit restait toutefois suffisamment conscient pour réagir à cette remarque.

– Que voulez-vous en échange ? Demanda-t-elle méfiante.

Elle avait appris qu'avec les êtres légendaires et mythologique rien ne venait seul. Ils désiraient toujours quelque chose en échange.

– Juste un jeu. Si vous gagnez, je vous dirais comme détruire cette créature. Si vous perdez, vous deviendrez l'une de mes servantes.
– Une banshee. Les temps sont rudes, on ne vous fait plus de sacrifice, n'est-ce pas ? Fit remarquer Lily avec insolence.
– C'était uniquement quand les temps étaient dur ! Protesta l'Ankou. Et toutes ces filles étaient consentantes. Elles savaient qu'elles accèderaient à l'éternité au lieu de mourir de famine, maladie ou bien être tuée par un soldat enragé qui venait de les violer.

Elle eut envie de rire. L'alcool désinhibait sa prudence, mais son instinct de survie l'empêchait de franchir la limite. Elle n'avait pas le choix de toute manière, si elle refusait, elle resterait enfermer dans ce château jusqu'au réveil de Cerunnos qui ne serait guère ravi d'avoir des visiteurs.

– Bien, à quel jeu voulez-vous qu'on joue ?

X X X

Lily porta sa coupe de vin à ses lèvres s'en boire pour autant. Elle sentit le regard de l'Ankou sur elle. Il voulait faire une partie de Bavboules. Il y avait neuf Bavboules dans le cercle et le gagnant serait celui qui avait expulsé le plus de billes neutres. Chaque bille expulsée enverrait une giclée à l'adversaire. Elle avait fait partie plus jeune de l'équipe de Bavboules de gryffondor, mais avait arrêté en troisième année. Elle aimait ce jeu, elle était douée, mais ses amies avaient déclaré que c'était complètement ringard. Du jour au lendemain, elle avait rangé ses Bavboules dans son tiroir et ne les avait plus ressortie. Elle posa sa coupe de vin et s'approcha des Bavboules. Elles ne ressemblaient en rien à celles qu'elle connaissait. Elle avait l'impression qu'elles avaient capturé les étoiles, le feu, le vent, la pluie et d'autres éléments naturels dont elle n'arrivait pas à mettre un nom dessus.

– À vous de jouer.

Il lui tendit une petite Bavboules dans laquelle brillait de minuscules feux follets bleus. Elle s'agenouilla devant le cercle et d'un tire franc visa plusieurs pierres. Elle eut un hoquet de surprise quand elles les virent bouger pour éviter sa Bavboules. L'Ankou eut un rire mesquin et se pencha à son tour. D'un geste sec il envoya la sienne bien trop loin pour toucher une Bavboules, mais il claqua la langue et une Bavboules se mit sur la trajectoire de son projectiles. Il trichait, c'était une évidence. Elle évita de peu une gerbe de feu qui s'échappa de la Bavboules éjectée. Le second tour ne fut pas mieux. Ni le troisième. Les pierres étaient siennes et se soumettaient à ses désirs.

La banshee fixait la scène sans faire le moindre de commentaire, mais à sa mine, Lily comprenait qu'elle désapprouvait les agissements de son maître. Au quatrième tour, elle échoua de nouveau.

– Eh bien, eh bien, je suis ravi d'avoir bientôt une nouvelle servante à mon service. Je suis sûre que vous vous plairez beaucoup. Il tourna dos au cercle pour envoyer sa bille à l'envers. Cherchant à humilier Lily jusqu'au bout. Nous aurons l'éternité pour que je vous apprenne à jouer à ce jeu !

Elle ne l'écoutait pas. Elle était comme coupée du monde. Du bout des lèvres elle murmurait une vieille prière en gaélique. Quand Brann la lui avait apprise, elle avait affirmé ne pas croire aux dieux. Elle ne pouvait y échapper. Magie ancienne, croyances et religions étaient étroitement liées. Il ne suffisait pas de savoir, il fallait y croire. Elle se mit alors à croire en cette divinité qui avait disparu depuis des siècles. Elle fit appelle à elle parce qu'elle protégeait les femmes d'un destin tragique. Elle était allée à l'Église anglicane plusieurs fois avec ses grands-parents, mais elle s'enfuyait à chaque fois avant la fin de messe pour jouer avec les autres enfants. Pour la première fois elle mit toute sa ferveur dans une prière.

Le coup de l'Ankou échoua. Il poussa un cri de rage. Au tour suivant, elle toucha quatre Bavboules d'un coup. Elles crachèrent de la boue, de l'eau glacée, une pluie d'étincelle et une nuée d'oiseau miniatures. Quand il échoua de nouveau, il lui jetât un regard méfiant. Quand elle toucha l'une des deux dernières boules remportant la partie en ayant remportée cinq Bavboules sur les neuf. Il hurla.

– Tricheuse ! Je ne sais pas comment tu as fait, mais tu as triché !
– Nous pouvons demander aux pierres de jugement si la partie est juste si vous voulez. Rétorqua froidement Lily.

L'Ankou trembla de rage devant son audace. Les pierres du jugement ne faisait aucune différence entre les êtres. Ceux qui ne respectaient pas leurs serments, trichaient, s'opposaient à la justice du monde se faisaient punir.

– Elles sont endormies depuis bien trop longtemps, ne les réveillons pas pour une broutille.
– Alors révéler moi le secret pour combattre le doppelgänger.
– C'est très simple, tu dois l'enfermer dans un miroir magique et ensuite le briser. Alors il disparaîtra. Mais tu n'auras pas le temps de le faire, car tu seras mienne.

Il fit apparaître sa grande faux, s'en attendre Lily tourna les talon et s'enfuit. Elle attrapa sa robe à pleine main pour ne pas trébucher dessus et courut. Elle n'avait pas de plan, si ce n'était de s'enfuir pour l'instant.

– Tu ne m'échapperas pas petite humaine ! Tu es à moi !

Elle passa les salles les unes après les autres et ne sut comment, mais se retrouva face au lit de Cernunnos. Les portes claquèrent, un feu d'enfer s'échappa des cheminées. Ombre menaçante, l'Ankou se tenait devant elle, ses ombres cherchaient à la capturer. Elle sauta sur le lit sans la moindre hésitation et commença à tracer les runes de bouclier tendit qu'il élevait haut sa faux pour faucher sa vie. Une main l'arrêta.

– Tu vas t'épuiser ma biche. Laisse-moi faire. Murmura une voix roc au creux de son oreille.

Une main puissante la plaquait contre le torse de son protecteur qui fit apparaître un bouclier. La faux éclata en mille morceaux. Elle sentit le serpent s'enroulait autour de sa jambe. Lily comprit que Cernunnos s'était éveillé. Elle venait de quitter un danger pour tomber dans les bras d'un autre.

– Elle est à moi. Lâche-là ! Ordonna l'Ankou.
– Tout chose qui pénètre dans mon royaume m'appartiens. Assura Cernunnos.
– Pas en hiver. Retourne dormir, le printemps arrivera bien assez tôt.

Cernunnos éclatât d'un rire insultant qui lui rappela celui de James. Lily regrettait de ne pas avoir Brann à ses côtés, lui aurait su quoi faire.

– Si tu acceptes de devenir la reine de mai, il n'aura aucun droit sur toi. Lui chuchota Cernunnos.
– N'écoute pas ce menteur. Il veut juste une vierge de plus dans son lit. Rejoins-moi et tu verras tous tes désirs combler. Je t'offre un avenir. On chantera ton nom à travers les siècles. Avec toi à mes côtés un nouveau règne commencera. Promis l'Ankou enjôleur.
– Tu dois choisir entre la vie et la mort petite biche. C'est tout.

Dans le monde des légendes vie et mort ne signifiait pas la même chose que dans son monde. Lily le savait très bien.

– Tu lui fais peur ! Relâche là. Elle va penser que tu la tueras si tu refuses son offre. Déclara l'Ankou.

Cernunnos explosa de nouveau de rire.

– Ce n'est pas à moi qui l'a poursuivi dans le manoir avec une faux pour la tuer et qui a brisé mon serment.
– J'ai tenu mon serment ! Je lui aie dit ce qu'elle voulait savoir. Je n'ai jamais promis que je la laisserai partir.

Lily comprit dès qu'elle quitterait la protection de Cernunnor, il lui ôterait la vie. Déjà une nouvelle faux était apparue entre ses mains.

– J'accepte. J'accepte d'être la reine de mai.
Elle savait très bien qu'elle allait regretter cette déclaration, mais avec Cernunnos elle avait une chance de vivre. L'Ankou eu un glapissement de dégoût tendit que l'homme cornu l'obligea à faire un demi-tour pour qu'elle lui fasse face. Il était plus grand qu'elle ne le pensait et avait l'air bien moins vulnérable que tout à l'heure.

– Nous devons coucher ensemble pour marquer notre accord. Annonça-t-il.
– Hors de question.
– HAHA ! Tu vois ! Elle ne veut pas de toi ! Plus aucune vierge ne te veut dans son lit, tu es finis ! Finis ! Se moqua l'Ankou.

Cernunnos la regardait avec surprise, il n'avait pas l'habitude qu'on lui dise non. Lily savait très bien que dans un autre temps être reine de mai était un honneur quoi qu'il en coûtait. La femme en tirait de la fierté et certaines même des pouvoirs disaient certaines légendes.

– Par cette relation nous représenteront le renouveau. Il n'y a rien de honteux tu sais. Fit-il d'un ton plus doux.
– Vous ne connaissez pas le sens de hors de question ? Demanda Lily franchement agacée. Je suis parfaitement au courant de la tradition. Mais je sais aussi qu'au tout début ce n'était qu'une union spirituelle et que cette tradition provient d'Aliénor reine de mai qui tomba enceinte d'un homme marié. On inventa donc cette tradition pour qu'elle ne soit pas bannie de son village et puisse trouver un mari. Bannir la reine de mai aurait porté malheur.

Une ombre de colère passa sur le visage de Cernunnos. Il glissa deux doigts sous son menton et le releva de force.

– Lily Evans, je te nomme Reine de mai et te met sous ma protection.
– Je serais votre éternel serviteur. Jura Lily.

Le visage de Cernunnos se radoucit et il lui adressa un sourire soulagé. Elle n'aimait pas cette promesse, mais elle savait très bien qu'elle n'avait pas le choix. Elle vit sur son poignet apparaître un bracelet en bronze semblable au torque que portait Cernunnos.

– Tant que tu le porteras, tu auras ma protection quoi qu'il arrive.

Il se pencha et l'embrassa pour sceller leur accord. L'Ankou grogna et disparu sans plus un mot avec la banshee.

– Le vieux grigou ne va pas me le pardonner de si tôt de t'avoir récupéré.
– Pourquoi est-ce que vous vouliez tant que je sois à votre service ?
– Nous disparaissons. La magie ancienne est méprisée, alors nous cherchons à nous lier au peu d'adepte qui reste pour survivre. Je compte sur toi pour revenir au printemps. Plus personne ne vient me voir.
– Les dernières personnes qui sont venus sont mortes. Cela ne donne pas vraiment envie...
– C'était des idiots. Lâcha avec mépris Cernunnos. Un véritable adepte n'aura aucune difficulté à venir jusqu'à moi.
– Je viendrai dans ce cas.
– Bonne petite. Maintenant va vite rejoindre ton mentor, le sort qui le maintenait endormi va être levé. Mes serviteurs se mettront à votre disposition pour que vous rentriez.
– Je vous remercie.
– Oh et salut James de ma part, c'est un bon ptit gars.

Il l'aida à descendre du lit et retourna se coucher sans un mot. Lily voulut lui demander comment il pouvait connaître James, mais Cernunnos était déjà profondément endormi. Les portes fermées étaient de nouveaux ouvertes, les cheminées de nouveaux éteintes. Il était temps pour elle de retrouver son mentor. Perdue dans le manoir qui était bien plus grand qui ne le semblait, elle se mit à l'appeler. Ce fut lui qui finit par la trouver.

– Lily ! Tu es là ! Es-tu blessée ? Qu'est-ce que ce bracelet ? Ne me dis pas que tu l'as réveillé. Oh Lily... Qu'as-tu fait.
– Nous devons repartir, Cernunnos a demandé à ses serviteurs de nous ramener. Devant l'air méfiant de Brann elle insista. Nous pouvons lui faire confiance. Je suis sous sa protection.

Il doutait toujours. Elle finit par lui conter toute l'histoire depuis son réveil dans le lit en baldaquin. Il gardait le silence et un visage neutre. À la fin de son histoire, sans un mot il lui indiqua la sortit. Deux grands cerfs les attendaient devant la forêt. Brann monta sur le premier sans un mot. Lily dû retrousser sa robe pour pouvoir montrer sur sa monture. Le cerf était plus confortable qu'elle ne pensait. Ils filèrent à toute vitesse à travers la forêt. Ils galopèrent ainsi pendant deux heures à peine. À l'allée, ils avaient mis plusieurs jours à pied pour traverser la forêt. Devant faire face aux dangers, se perdant et retournant sans cesse sur leurs pas.

Avant de les quitter les cerfs s'inclinèrent, puis retournèrent dans la forêt dans de grands bonds. Lily n'aimait pas le silence de Brann. Elle n'osait pas le regarder, elle se contentait de marcher en silence à ses côtés. Elle n'osait même pas réclamer sa baguette.

– J'ai faillis. Finit-il par lâcher avec dégoût. Je me suis fait avoir comme un débutant et je t'ai mise en danger.
– Je n'ai pas besoin de toi pour me mettre en danger. Ma vie est bien assez dangereuse depuis deux ans.
– Par ma faute tu as été obligée de jurer serment à Cernunnos ! Un jour tu le regretteras.

Lily le regrettait déjà. Elle savait qu'il lui rappellera bien trop tôt son serment.


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