Titre : Kokoro's cards

Disclaimer : L'histoire est aux CLAMP et CLAMP est à moi. Euh non, je suis aux CLAMP… non plus. Enfin bref, tous est à CLAMP sauf ce qui est à moi.

Mot de l'auteur : Des questions peu de réponses. Un mystère voir un problème et de la peur qui commence à la hanter. Ce chapitre m'a fait réfléchir et en me mettant dans la peau de mon personnage je me suis sentie mal. M'enfin c'est le jeu ma pauvre Lucette !

J'avais levé les yeux vers le ciel, absorbée par mes pensées, les événements récents s'y bousculaient sans trouver un ordre logique. Mes sourcils s'étaient froncés et, tant bien que mal, j'avais essayé de faire le point sur mon après midi. La carte de cet après midi avait clairement essayé de me tuer, si cet étranger ne m'avait pas sauvé, elle aurait certainement réussi son coup. Un frisson glacé parcourut mon échine et repoussant mon malaise, j'avais fermé les yeux changeant l'orientation de ma méditation vers un sujet plus agréable. Je n'avais vu que le dos de mon miraculeux sauveur, seul les cris derrière le mur me prouvaient que ce que j'avais vécu s'était bien passé, que mes blessures n'étaient pas imaginaires. Des mèches de cheveux noires, une silhouette à contre jour. Une sensation de déjà vu mais impossible de savoir où j'avais pu apercevoir ce garçon. Kero semblait encore troublé alors j'ai fini par lui poser une question anodine pour détendre l'atmosphère, cela n'eut pas l'effet escompté.

-Tu as une idée sur l'identité de mon bienfaiteur ?

Un vague sourire flottait sur mes lèvres mais Kero semblait sur la défensive.

-Il ressemble à quelqu'un que je connaissais.

J'ai acquiescé sans chercher à en savoir plus, mon gardien ne semblait pas vouloir m'en révéler plus pour l'instant. Je me suis relevée en grimaçant, mon jean était blanc à cause de la route sableuse et les échardes de bois parsemant mon corps n'arrangeaient pas mes muscles endoloris. Cette brève course m'avait épuisé autant qu'un marathon. C'est en clopinant que je m'étais rendue à l'arrêt de bus-pont. En patientant, j'avais entrepris de sortir les épines constellant mes bras sous le regard médusé d'une mère de famille et son fils. Qu'importe, mon apparence n'était pas très flamboyante depuis mon combat, j'étais plutôt lasse.

J'avais béni les escaliers automatique quand le bus-pont était arrivé, je ne me sentais pas de faire des efforts. Le trajet n'avait pas été long, j'avais libéré Kero de mon sac sans tarder. Dans l'optique de lui remonter le moral, je l'avais emmené dans la salle de bain avec moi pour qu'il partage mon bain chaud. Il avait refusé net mais avait accepté de rester sur le tapis pour parler de ce qui m'intriguait. L'eau chaude avait immédiatement détendu mes muscles, bientôt les échardes ne seraient plus qu'un mauvais souvenir, c'est dans cet état d'esprit serein que j'ai commencé à questionner mon interlocuteur réticent.

-Le garçon que l'on a rencontré cet après midi, je ne l'ai pas bien vu mais il semblerait qu'il t'évoque quelqu'un. Tu peux me dire qui ?

J'ai patienté jusqu'à ce qu'il finisse par me céder une part de son secret.

-Il ressemble au mari de ma maitresse.

J'ai émit un bruit de satisfaction continuant mon interrogatoire en profitant de cette soudaine ouverture.

-Comment était ta maitresse ?

Nostalgique, il ne trompa personne avec son demi-sourire.

-C'était une fille étourdie, naïve et toujours en retard. Je pouvais compter sur elle plus encore qu'elle ne pouvait compter sur moi, même si je n'en suis pas fier.

Elle avait été mon prédécesseur dans le domaine de la capture des cartes, rien que pour ça, elle m'intriguait au plus haut point.

-Où vivez-vous ?

-Au Japon.

Sceptique, je l'ai observé d'un nouvel œil.

-Comment peux-tu parler français alors ?

-Je suis une créature magique. La barrière des langues n'était pas un obstacle pour mon premier maitre et il semblerait qu'elle ne le soit pas pour moi. Je suppose.

J'ai hoché la tête. J'aurais du y penser.

-Quel était son nom à ta maitresse ?

-Sakura Li.

C'était donc le livre de Sakura que j'avais en ma possession et ses cartes que je devais poursuivre.

-Li ? Ca ne me semble pas très japonais.

-Son mari était chinois.

J'ai fermé les yeux, plongeant ma tête sous l'eau pour réfléchir au calme. L'eau avait un effet apaisant qui m'aidait à mettre mes idées corrélation. D'un côté, les cartes étaient des entités aux caractères variés qui juraient allégeance à un maître et ce, même si quelques secondes avant elles avaient tenté de le tuer. D'un autre, leur gardien semblait uniquement posséder le pouvoir de nommer ce futur maître. Pourtant, un rival s'était manifesté brisant cet équilibre, qui pouvait-il bien être.

L'ancienne maitresse des cartes était peut être le lien manquant. Sans que je puisse approfondir mon raisonnement, mon corps a commencé à m'intimer de remonter à la surface. Je me suis donc redressée pour approfondir certaines de mes hypothèses.

-Ta maitresse n'a pas eu d'enfant ?

-Si mais crois moi ça ne peut pas être lui.

-Pourquoi ça ?

-Ma maitresse a vécu il y a cent cinquante ans.

Un élément de poids s'était rajouté dans mes divagations, cette nouvelle analyse m'avait une fois de plus plongée dans le mutisme. J'avais été stupide, il m'avait déjà dit qu'il avait plus d'une centaine d'année. Bêtement, j'avais cru qu'il avait exagéré et que la maitresse des cartes était encore vivante. N'en voyant pas la fin, j'ai momentanément arrêté mes réflexions et je suis sortie de l'eau. Ayant envie de me faire réconforter un peu après cet après midi sauvage, je suis allée voir ma grand-mère. Mon peignoir attaché et mes pantoufles chaussé, j'étais partie à sa recherche dans la cuisine tout en humant le délicieux fumet qui s'en dégageait.

Elle éminçait de la viande rouge d'une main sure tandis qu'une fricassé de légume grésillait dans la poêle. En m'entendant approcher, elle avait levé la tête jugeant ma tenue d'un mauvais œil.

-Et si quelqu'un entre sans frapper ?

-Tu le mettras dehors à coup de poêle ?

Elle eu un petit rictus mais bien vite, elle se ravisa.

-Va t'habiller !

Kero s'était endormit sur ma chaise. Ce petit bonhomme était un centenaire bien mystérieux, aujourd'hui, il m'avait parlé mais certainement pas de tout. Je n'étais pas pressée, il me suffisait d'attendre une bonne occasion. Être chasseuse de carte me donnait l'impression d'être balancée d'un événement à un autre, sans rien pouvoir contrôler, pas même ma propre vie.

Encore une fois, j'avais fais un rêve. La surprise remplacée par l'envie d'en savoir plus, j'avais tenté de mémoriser chaque chose autour de moi. Me déplaçant sur une immense tour de métal, j'avais en main mon sceptre, mes cartes volaient autour de moi. A y regarder de plus prés, certaines ne m'appartenaient pas, du moins pas encore. Des colonnes d'eau jaillissaient tout autour de moi créant un bruit assourdissant, je parlais à quelqu'un mais je ne voyais pas avec qui. J'allais avancer quand quelqu'un avait prit mon épaule me tirant en arrière, entrainant ma chute dans le vide. Je ne l'avais aperçut qu'une fraction de seconde, ce dos et des cheveux noirs luisant de sueur.

Le souffle court, je m'étais redressée cherchant désespérément l'interrupteur de ma lampe de chevet. A peine la pièce avait-elle baigné dans la lumière tamisée que ma respiration s'était calmé. Retrouvant mes repères, je m'étais levée attrapant sur mon bureau un cahier et un stylo. Assise sur mon lit, j'ai commencé à consigner mon rêve dans les moindres détails. Hésitante sur la conclusion, j'ai décidé de la remettre à plus tard, pourquoi m'avoir poussé dans le vide ? Avait-il l'intention de me tuer pour s'emparer des cartes ? Posant le cahier sur le sol, j'ai poussé un long soupir, ce rêve allait-il se réaliser un jour ? J'avais regardé Kero qui dormait paisiblement, peut être pourrait-il m'en apprendre plus à son réveil. Un peu effrayée, je suis sortie de ma chambre pour aller dans le salon emprunter un livre quelconque à ma grand-mère. Je me suis installée dans le canapé et progressivement le soleil s'est levé à l'extérieur tandis que je sombrais de nouveau dans les abysses du sommeil. Ce bref répit fut interrompu par le réveil de ma grand-mère qui me réveilla à mon tour. Les yeux embrumés, je m'étais étirée en baillant. A moitié réveillé, je m'étais dirigée vers la cuisine pour prendre mon petit déjeuné et elle m'avait suivit sans un mot. J'étalais de la patte à tartiner sur mes toasts quand pour attirer mon attention, elle s'était raclée la gorge.

-Mal dormi ?

Mon soupir était des plus évocateur aussi je n'avais pas pris la peine de répondre. Elle s'était emparée de la confiture d'abricot et alors qu'elle s'occupait de ses propres tartines, elle avait continué d'une voix laissant transparaitre son anxiété.

-Je n'aime pas vraiment te parler de ton « travail » mais même si tu éprouves des difficultés, il faut toujours persévérer. Je suis persuadée que tu t'en sortiras haut la main à la fin.

Elle avait trempé sa tartine dans son thé en reprenant son expression plus placide de tous les jours, elle avait cessé de parler. Ses paroles m'avaient mis du baume au cœur, me sentant plus légère, j'avais mangé avec plus d'appétit. En remontant j'avais réveillé Kero, qui n'avait évidemment pas apprécié mon initiative. Cependant mon air sérieux avait dissipé ses plaintes et nous avions pu parler de ce qui me tracassait.

-Eh bien voilà en ce moment je fais des rêves assez… étranges.

-Qu'est ce que tu veux dire par là ?

-J'ai fais une sorte de cauchemar où je me voyais tomber dans le vide, après que quelqu'un m'ait poussé d'une poutrelle en acier.

Il m'avait fixé l'air grave. Je ne lui avais pas dit l'entière vérité mais sans preuves, je n'accuserais jamais quelqu'un, d'autant plus qu'il avait peut être un lien avec la famille de Madame Li.

-Il arrive que ceux possédant un fort pouvoir magique fassent des rêves prémonitoires. Mais ces rêves ne se réalisent pas toujours, surtout chez un oracle inexpérimenté.

Son ton s'était voulut rassurant mais sa deuxième phrase sonnait faux, lui-même ne semblait pas convaincu de ce qu'il avançait. Rangeant cet épisode de ma vie dans un coin sombre de mon esprit, je suis revenue à ma vie normale, une fois encore pour une durée aléatoire.

J'avais envoyé un SMS à Namie et Steven pour m'excuser de ma fuite spontanée la veille mais aucun des deux ne semblaient m'en tenir rigueur. Afin d'occuper Kero et de me changer les idées, j'ai joué tout l'après midi à la console de jeux. Kero ne cessait de s'extasier sur les progrès dans le domaine, visiblement la 3D n'était pas courante auparavant. Mon dimanche après midi passa rapidement, c'est seulement après avoir prit mon repas du soir que je me suis souvenue.

Je n'avais pas fait mes devoirs pour le lendemain.

C'est avec une lampe torche sous mes couvertures que j'avais fait mon travail pour ne pas me faire, une fois de plus, enguirlander par ma grand-mère.

Le lendemain matin se passa comme tous les autres, douche, petit déjeuné avec ma grand-mère et Kero puis, m'habiller. J'avais pris mon skateboard, Kero lui, était sagement resté à la maison. Devant la grille d'entrée Namie m'attendait comme chaque matin. D'un grand signe de la main, j'avais attiré son attention. Je lui avais raconté mon week-end et elle le sien puis, nous nous étions dirigé vers la classe d'histoire de Monsieur Shriver que nous avions de huit à neuf heures. C'était un homme polyvalent qui enseignait pas moins de quatre matières différentes : l'Allemand, l'histoire, la géographie et l'éducation civique. Bien que les trois dernières formaient une seule et même matière officiellement, cela n'enlevait rien à son prestige.

La classe était déjà bien remplie et au fond Amélie m'avait fait un signe de la main pour m'inviter à venir. Curieuse, je suis allée jusqu'à elle pour entendre ce qu'elle avait à me dire.

-Il parait qu'on va avoir un nouvel élève de transféré dans notre classe.

Sophie une petite blonde décolorée avait acquiescé en m'en disant un peu plus.

-Des rumeurs circulent comme quoi sa famille aurait tellement de puissance que le directeur a cédé sous pression.

J'ai pris les informations qu'elle venait de me donner avec des pincettes après tout, tout le monde savait qu'elle adorait les rumeurs, suspectant même qu'elle en invente une partie. La deuxième sonnerie a retentit et je suis allée m'assoir à ma place. Le professeur est entré dans la salle un élève à ses côtés. Un sourire amusé s'était dessiné sur mes lèvres, mon rival était venu au contact cependant j'étais à présent, prête mentalement à le recevoir. Peu importe qu'il me pousse dans le vide ou qu'il essaye de me voler mes cartes, je ne céderais pas.

12 jours Lundi 15 Septembre