Titre : Kokoro's cards

Disclaimer : Les personnages sont simplement le fruit de mon imagination (à part quelques exceptions) mais les lieux et le contexte appartiennent aux auteurs de la série. Les auteurs étant les membres de CLAMP.

Il n'habitait pas très loin du collège pourtant la route m'avait semblé bien longue. Mes bras étaient douloureux à cause de l'effort fournit durant ma course boiteuse. Dylan m'expliquait ce que son oncle lui avait dit au téléphone quelques secondes avant.

-Mon oncle m'a dit qu'il t'avait vu mettre le feu au gymnase...

Outrée, j'ai répondu fermement par la négative entre deux halètements.

-Je sais bien, tu étais avec moi. Écoute moi jusqu'au bout. À ce moment là, quand il a essayé de t'attraper, tu lui as jeté une pierre à la tête.

Bouche bée, je me suis arrêtée de courir.

-C'est une blague ?

-Continue de courir.

J'ai continué avec beaucoup moins d'entrain.

-Il est à l'infirmerie, il faut qu'on le rejoigne. De toute façon tu as des béquilles, tu n'as pas pu faire ça et tu étais avec moi. Quelqu'un qui te ressemble fait visiblement n'importe quoi à ton insu.

Bouillant de rage, j'ai eu un regain d'énergie. Mon esprit a essayé de trouver un possible coupable sans succès, il fallait que j'élucide ça rapidement. Le soleil était bas, il devait être aux alentours de dix-neuf heures, peut être que cet oncle avait tout simplement mal vu. Que le soleil couchant avait faussé sa vision. C'était un raisonnement optimiste mais pas impossible.

Les rues finirent par déboucher sur notre établissement, pianotant sur le tableau de sécurité Dylan ouvrit le portail arrière. Arrivée devant la porte de l'infirmerie, j'étais à bout de souffle mais bien décidé à entendre la version complète des faits pour savoir exactement ce qu'il s'était passé.

Poussant la porte avec un peu trop de force, celle-ci claqua contre le mur faisant sursauter celui qui s'y trouvait. Je n'avais jamais vu le gardien, peut être de loin une fois ou deux. C'était un homme imposant, il partageait la teinte de cheveux inhabituelle de son neveu, un blond cendré accompagné de deux yeux bruns foncé. Mes yeux s'arrêtèrent sur son front, un bandage mal noué soulevait ses cheveux poisseux de sang. J'ai dégluti pendant que Dylan s'approchait de lui pour resserrer la bande qui commençait à tomber. L'oncle observa mes béquilles d'un air surpris puis regarda son neveu en hochant la tête à une affirmation muette.

-Je suis Hugo Cordelier, j'ai demandé à mon neveu de t'amener ici, mais je crois bien qu'il avait raison et que je t'ai prise pour une autre. Désolé pour ça.

Il souleva les épaules en mimant un air désolé.

-C'est rien ne vous en faites pas.

Jetant un œil vers son front, j'ai demandé sans trop réfléchir.

-Ça va votre tête ?

-Je suis plutôt du genre costaud.

Soudain une parole me revint à l'esprit, paniquée, je me suis précipitée vers la fenêtre. Ma béquille ripa sur le sol, glissant vers la gauche. Malheureusement, mon corps suivit sans trop de résistance. J'ai serré les dents quand me cheville a percuté le sol sans ménagement et Dylan s'est précipité pour m'aider, je l'ai repoussé d'une main, furieuse d'être tombée.

-Le Gymnase ! Il a vraiment brulé ?

Surpris par tant de véhémence, il sourit moqueusement.

-Je suis gardien, s'il était en feu tu crois peut être que je me lézarderais tranquillement sur un lit d'infirmerie ?

Les joues rosies, j'ai laissé Dylan me remettre sur pied en bredouillant un « non » gêné. En parfait camarade attentionné, il me ramassa ma béquille manquante et se racla la gorge après s'être assis à côté de son oncle.

-Tu veux que je te raccompagne chez toi ou tu as un peu de temps ?

Cette histoire me turlupinait, quelqu'un me ressemblant assez pour semer la confusion et essayant de détruire un bâtiment scolaire, c'était intriguant autant qu'effrayant. Dans ma situation un peu « spéciale », je n'avais pas particulièrement envie d'être surveillée par la police au risque de me faire découvrir. Sortant mon téléphone, l'heure me parut satisfaisante alors j'ai accepté de rester. Hugo avait appuyé sa tête dans le creux de sa main pensif.

-Tu as une idée sur un élève de l'école qui te ressemblerait ?

J'ai secoué la tête négativement, personne ne me ressemblait au point de nous confondre à ma connaissance. Il posa la même question à Dylan, qui comme moi, ne voyait pas de possible coupable.

-Vous devriez appeler la police pour qu'ils fassent une patrouille de nuit.

-C'est déjà fait, on verra bien ce que ça donne. Il faudrait être idiot pour revenir cela dit.

S'assurant une dernière fois de l'état de santé de son oncle, Dylan me raccompagna chez moi. Arrivé devant ma maison, il leva un sourcil dans ma direction.

-Tu habites plus près du collège que moi.

Un sourire espiègle aux lèvres, j'ai haussé les épaules. Ouvrant le portillon, je lui ai fait un signe de la main.

-A demain.

Il m'a répondu d'un bref signe de la main et a fait demi-tour en direction de chez lui cette fois. La porte grinça dans mon dos, ma grand-mère m'attendait un papier à la main.

-Alors, on n'aurait pas oublié de me faire signer quelque chose, par hasard ?

Les mains derrière le dos et l'expression angélique, je lui ai fait le plus beau sourire dont je sois capable.

-J'allais te le dire ce soir, c'est pas comme si c'était une mauvaise note, non ?

Elle ferma les yeux émettant avec sa langue un bruit de désapprobation.

-Rentre vite, il fait froid dehors.

Elle marmonna que le chauffage coutait cher tout en me poussant délicatement vers l'intérieur. Kero attendait sur le canapé, en me voyant, il agita la patte à mon intension, visiblement trop occupé avec la voiture adverse. J'hésitais à parler de l'incident à ma grand-mère, s'il était clos, ça ne servait pas à grand-chose. Me laissant tomber de tout mon poids sur le divan, Kero glapit alors que le casque de simulation qu'il portait tombait. Un magnifique « Game Over » rouge sur fond noir orna l'écran.

Il me lança un regard excédé.

-Mais tu pouvais pas faire attention non ! J'étais en train de jouer avec un Américain super doué et maintenant...

Il soupira plaintivement.

-Ta journée s'est bien passée ?

J'ai fais la moue, incertaine, son regard me signifia qu'il avait comprit de travers.

-Non Kero. Pas de carte aujourd'hui mais Namie est tombée malade.

L'expression radoucie, il me demanda ce qu'elle avait, peu après, ma grand-mère se joignit à la conversation avec des pancakes maison au miel de lavande. Ce ne fut qu'en soirée avant de me coucher que j'ai eu un tête à tête avec mon ami à poil jaune.

-Agressé le gardien à coup de pierre ?!

J'ai mimé le silence tout en soufflant sur mon doigt pour qu'il baisse le volume. Chuchotant bruyamment il continua néanmoins ses protestations.

-C'est complètement ridicule de t'avoir accusé dès le début !

J'ai acquiescé bien d'accord avec lui sur ce point.

-J'espère qu'ils vont vite attraper ce sale plaisantin !

J'ai souris à sa remarque l'esprit plus léger, c'était un bon confident, il ne devait pas se rendre compte combien ces échanges étaient importants pour moi. Éteignant la lumière, mes paupières se sont fermées d'elles même.

Ouvrant les yeux avec un sourire immense, j'ai jeté un coup d'œil triomphal à mes béquilles, elles et moi c'était fini. Posant prudemment mon pied au sol, ma cheville ne sembla pas protester. Un mouvement de victoire silencieux puis je me suis précipitée dans la salle de bain, toujours avec prudence. Mon sac sur l'épaule, mon skateboard sous le bras, je sortais tranquillement quand un mur de roc s'était imposé entre moi et la porte d'un air sans équivoque. Le skateboard ce ne serait pas pour aujourd'hui.

Toutes pensés négatives envolées à la vue de la voiture qui attendait moteur vrombissant, je me suis embarquée à bord en un éclair.

J'ai agité la main jusqu'à ce que le pare choc arrière disparaisse au loin. Namie ne semblait pas être là ce matin, guettant son éventuelle arrivée en retard, mon regard a capté tout autre chose. Une main foudroyante s'abattit sur ma joue déclenchant une vague de douleur pulsant au rythme de mon cœur affolé. Raide comme un piquet, ma tête s'est tournée avec lenteur dans la direction de la claque magistrale que je venais de me prendre. J'ai cligné des yeux hébétée. Shaolan se tenait devant moi cramoisi, des compresses scotchées en guise de pansement sur la joue.

-Sale conne ! Je...

Il serra la mâchoire, mon regard se fixa sur ses phalanges blanchies qui menaçaient de partir une nouvelle fois vers ma figure. Les gens autour de nous parlaient bruyamment, il finit par faire demi-tour lançant une dernière phrase, brûlante comme de l'acide.

-Tu finiras brisée.

Muette comme une tombe, j'ai cherché à comprendre ce qui venait de se passer. Ma main posée sur l'élancement de ma joue des larmes d'indignation m'ont brûlé les yeux. La sonnerie retentie, Namie ne viendrait pas aujourd'hui. Tel un automate, je me suis installée sur ma chaise, ignorant les regards médusés de mes camarades face à la trace rouge qui me lançait furieusement. Amélie et Sophie firent mine de s'approcher mais d'un geste de la tête, je les ai dissuadé de le faire. Dylan me fixait perplexe, un regard noir suffit à fixer son centre d'attention ailleurs. Regardant fixement devant moi, je refusais de rentrer dans le jeu étrange qui se mettait en place à mon insu.

Mon portable vibra fébrilement dans ma poche, d'un geste discret, je l'ai glissé dans ma main pour lire le message qui y était inscrit. Namie m'envoyait un message pour me dire qu'elle serait en retard, mais pas absente toute la journée. Une vague de soulagement apaisa la tension qui s'était emparée de mon corps.

Je complétais un graphique depuis quelques minutes quand une vague de magie submergea mes sens. Tout s'arrêta net.

Les yeux exorbités, j'ai regardé autour de moi. Personne n'ayant rien senti, Shaolan était celui qui avait le plus de chance de paraitre déconcerté. Me retournant sur ma chaise sans plus faire attention à la classe, je l'ai vu les mains crispées sur son bureau.

J'entendis Madame Joubert parler au loin, puis sa voix se fit plus claire.

-Jeune fille on se concentre sur sa feuille ! Deuxième fois !

Bégayante, ma bouche ne sortit que quelques bruits sans queue ni tête. Plongeant mon nez dans mon exercice, je n'ai pas pu occulter cette sensation. J'ai attendu l'heure suivante, rien. Le pouvoir qui s'était manifesté ne revenait pas, mais j'avais clairement eut le temps de l'identifier. L'énergie noire des cartes de Sakura.

La récréation ne durait que quinze minute mais ce serait largement suffisant pour tirer les vers du nez de Shaolan. Ma joue n'avait pas encore oublié ce qui s'était passé ce matin.

Enfournant mes affaires dans mon sac sans douceur, j'ai coincé mon rival à la sortie, une discussion s'imposait. Rechignant à me parler, il tenta de s'esquiver. Je l'ai attrapé par la manche en le tirant quand une voix derrière moi m'a interrompu.

-Les enfants, enfin qu'est ce que vous faites ?

Blême, Madame Joubert nous regardait avec anxiété. Shaolan attrapa mon poignet fermement pour le rejeter sur le côté.

-Rien Madame.

Il s'engagea dans le couloir comme une flèche, il ne me distancerait pas. Courant à moitié, je l'ai une nouvelle fois attrapé, des deux mains cette fois, pour le retourner vers moi. Son regard assassin ne m'avait pas échappé, qu'importe.

-Toi.

-Silence. J'ai besoin d'explications, et tu vas me les donner.

Il se dégagea une nouvelle fois de mon emprise, les lèvres pincées, sa main toucha la compresse ornant son visage.

-C'est toi qui me dois des explications plutôt que le contraire.

Perdue, une idée folle m'a un instant traversé l'esprit mais je l'ai balayée d'un revers de main.

-A quel sujet ?

Croyant visiblement que je me moquais de lui, ses joues se tintèrent d'une fureur écarlate. Il montra son pansement d'un doigt accusateur.

-Celui là peut être ?!

Mon expression d'hébétude totale le désarçonna un instant, il avait plissé les yeux pour regarder les miens fixement. Le couloir était vide, les élèves étaient tous dans la cour mais la sonnerie n'allait pas tarder à les rappeler.

-Tu te fiches de moi ?

Son ton était incertain. J'ai vivement secoué la tête pour démentir.

-Mais qu'est ce qu'il s'est passé ?

De nouveau imperméable, il réfléchit un instant.

-Tu m'as attaqué ce matin.

Mon esprit fusa dans tous les sens, la personne qui avait agressée Hugo hier et Shaolan ce matin, j'étais sûre que c'était la même. Mais qui ?

Oubliant totalement le garçon en face de moi, les mains posées sur les yeux, j'ai commencé à réfléchir intensément. Il fallait que j'aille au gymnase.

Sans attendre, j'ai couru vers le bâtiment qui avait faillit brûler la veille. Un bras puissant m'a pourtant stoppé net quelques mètres plus loin. Deux yeux bruns me fixaient, interrogateurs.

-Suis moi si tu veux mais ne me fais pas perdre du temps ! La récrée est presque finie !

Bousculant quelques badauds qui s'étaient appuyés contre la porte d'entrée, nous avons courut vers ce qui me semblait la piste la plus sûre. Apercevant l'arbre au loin, j'ai ralenti le pas, qu'est ce que j'espérais trouver ? Quelque chose assurément.

Marchant jusqu'à ce que ma main effleure, la porte noircie, c'est là que le feu avait commencé à prendre. Rien de bien méchant juste une ombre noire sur la porte, un coup de peinture et tout le monde oublierait. Fermant les yeux, je me suis concentrée cherchant une trace, une présence inhabituelle.

-Qu'est ce que tu fais ?

Mes dents grincèrent tandis que ma concentration volait en éclats.

-Je cherche. Maintenant laisse moi tranquille.

Fermant les yeux de nouveau, la seule chose que je percevais c'était le bruissement d'une respiration essoufflée derrière moi. Énervée contre moi-même, j'ai tapé du plat du pied contre la porte provoquant un sursaut chez Shaolan. Ça aurait pu être comique si je n'avais pas tant été stressée. La situation était urgente, j'en étais persuadée, cette énergie un peu plus tôt était à coup sûr en relation avec les événements. Inspirant longuement, j'ai occulté les bruits alentours pour me concentrer sur la partie brûlée de la porte mais rien. Jurant contre moi-même alors que la sonnerie appelait à rentrer en classe, j'ai fais comme tous les autres, je me suis rendue à mon prochain cours. Suivie de Shaolan qui avait renoncé à me poser la moindre question.

L'heure du repas avait sonné depuis une dizaine de minute et je m'étais de nouveau rendue au gymnase cherchant une trace que l'imposteur avait pu laisser. Ma patience commençait à faiblir, il fallait que je trouve quelque chose. Que j'avance.

Levant une nouvelle fois le pied en arrière pour évacuer ma frustration sur le mur, j'ai expiré bruyamment pour me calmer. Adossé au mur, je me suis laissée tombée au sol, je n'avais pas encore vu Namie. Elle n'était pas venue de la matinée, peut être qu'elle était plus malade que ce qu'elle croyait. Sortant mon portable, j'ai composé un sms rapide pour lui demander si elle allait mieux.

Avec un vague espoir, je me suis rendue au portail espérant la voir arriver. Assise sur un muret, j'ai regardé les voitures passer sur la route, leurs faux bruits chantant en rythme dissonant.

J'ai fermé les yeux, mes cheveux bercés par la brise fraiche caressaient mes joues.

Une note dissonante attira mon attention, j'ai plissé les yeux sentant à chercher mieux ce qui n'allait pas. Un filet d'énergie presque effacé était présent devant l'entrée, une énergie noire.

Je me suis redressée en clignant des yeux me dirigeant d'un pas décidé vers l'arbre d'où partaient ces filaments magiques. Le surveillant à l'entrée s'interposa me demandant mon carnet, mon cri de rage contenu le surpris suffisamment pour que j'ai le temps de m'éclipser. J'ai crié à son intention que j'en avais pour cinq minutes et que Monsieur Shriver se portait garant de mes bonnes intentions. Je n'avais plus qu'à espérer qu'il n'aille pas confirmer auprès de Shriver sa surprise passée.

A une dizaine de mètre de l'entrée, cachée par les buissons et un arbre se trouvait la source de la magie que j'avais senti. La trace n'avait pas l'air de correspondre à celle de tout à l'heure, c'était trop ténu. Pourtant l'origine semblait la même.

Me concentrant un peu mieux, j'ai essayé de visualiser l'endroit visé. Droit devant, c'était le mur à gauche du portail, là où Namie m'attendait tous les matins. J'ai eu un sourire amusé, c'était stupide.

Mot de l'auteur : Mon but n'est pas de finir sur des moments frustrants mais je dois avouer que les prochains chapitres finiront certainement tous dans le même genre de situation ambigüe.

En relation avec ce chapitre j'en ai écrit un autre, d'un point de vue diffèrent, que je posterais plus tard surement en complément bonus.

J'espère que l'histoire vous plait et profitez bien de celui-ci car je pars en vacance donc le prochain ne sera pas pour tout de suite o/

20 jours Mardi 23 Septembre

Voyage = Lundi 29 Septembre