Titre : Kokoro's cards

Disclaimer : Cette histoire est inventé par mes soins mais prends pour passé l'histoire des CLAMP, Card Captor Sakura.

J'avais la main moite. Ca ne m'aurait certainement pas tant dérangé s'il n'avait pas fallut que je m'accroche subitement à un tuyau métallique. A moins d'un mètre sous mes pieds, il y avait le sol, pourtant mon instinct me hurlait de ne pas lâcher ce fichu tuyau.

J'ai fermé les yeux un instant, essayant de comprendre ce qu'il venait de m'arriver.

Elle était derrière moi, cette personne étrange, elle n'avait pas pu réapparaitre devant moi aussi vite. Un rire jaune a éclaté dans mon esprit, comment savoir ce qui était possible et ce qui ne l'était plus. Haletante, j'ai resserré ma poigne, rire n'était pas conseillé en cas d'effort. Je me suis de nouveau concentrée sur les événements qui venaient de se dérouler, Shaolan l'avait transpercé au lieu de me perforer l'estomac et moi, moi, j'étais tombée.

J'avais une incertitude, étais-je tombée ? M'étais-je téléportée par magie ? Toujours était-il que j'avais atterris dans un parking et que ma main avait réussit à agripper quelque chose dans la panique. Le sol suintait d'énergie sombre, le métal auquel j'étais accrochée semblait lutter sous mes doigts pour se dissoudre, drainant mes forces. Quelque chose me disait que si je tombais, le sol m'aspirerait et que je ne m'en sortirais pas aussi facilement que la fois où j'avais été prise dans les ombres. Les muscles de mon bras droit me lançaient mais ma main gauche étant occupée par mon sceptre, je n'avais pas une grande marge de mouvement.

Mon sac pesait lourd sur mes épaules, il fallait que j'atteigne les cartes à l'intérieur.

Contractant mes muscles, je me suis rapidement rendue compte que jamais je n'arriverais à me hisser à la force d'un seul bras. Amorçant un mouvement de balancier à l'aide de mes jambes, j'ai serré les dents pour garder mon poing fermement serré. Levant une jambe vers le haut, j'ai réussi à la glisser entre des barres métalliques accrochées au plafond, le soulagement dans mes biceps fut immédiat. Insérant ma deuxième jambe, je me suis laissée pendre la tête en bas.

Le parking était assez exigüe, il fallait espérer que je puisse voler correctement, sur cette pensée, j'ai invoqué la carte du vol.

-Fly.

Avec les deux mètres cinquante de hauteur de plafond, je me suis vite rendue compte que le vol stationnaire serait compliqué donc j'ai opté pour voler en cercle, le temps d'analyser la situation. La carte ne semblait pas offensive pour une fois, elle se contentait de m'envoyer ses ondes néfastes sans prendre forme. Observant le sol de béton, je me suis sentie obligée de confirmer mon hypothèse. J'ai regardé ma basket blanche avec une pointe de regret alors que de l'autre je la faisais glisser de mon pied vers le sol. Elle tomba à vitesse égale, sans se préoccuper du fait qu'elle avait déjà à moitié pénétré dans le béton armé, au moins, j'étais sûre de ce qu'il se serait passé si j'avais lâché. Je me suis rendue compte de ce qui me chiffonnait, il n'y avait pas une seule voiture à cette heure de la journée, c'était suspect dans un parking. Elles avaient toutes du être aspirée dans le sol, j'imaginais sans peine l'agitation quand on découvrirait la disparition d'autant de véhicules.

Ce genre d'ennemi passif semblait bien compliqué à battre, je ne savais pas comment m'y prendre pour capturer cette carte. J'ai scruté le sol à la recherche d'une imperfection, d'un signe de présence, de quelque chose contre quoi me battre.

Mais rien, les poteaux du parking avaient beau me masquer partiellement la vue, je savais qu'elle ne s'était pas encore exposée. Le sol était resté sinistrement opaque malgré son manque de consistance, j'ai jeté un coup d'œil sur le plafond puis sur les murs, il était difficile de distinguer jusqu'où allait l'énergie noire avec précision.

C'est là que je l'ai vu. Une femme au regard fou sortait du mur, ses deux bras prenant appui contre lui pour se propulser vers moi. Les mains tremblantes, j'ai cherché frénétiquement la carte de l'épée, hurlant son nom alors que la carte se jetait sur moi, je me suis sentie basculer. Elle essayait de me plonger dans le ciment, certainement qu'elle pourrait annuler son pouvoir une fois que j'y serais enfouie. Son apparence humaine me troublait, je savais que ce n'était pas vraiment une humaine pourtant, c'est seulement au moment où j'ai commencé à tomber sous le niveau de la terre que j'ai pu me résoudre à enfoncer ma lame. De façon bestiale, avec force sans sa voir où frapper ni si cela serait efficace. Son corps est tombé en arrière, comme une feuille morte et elle s'est changée en carte.

Son pouvoir s'est figé à ce moment là, mon corps aussi, dans le sol jusqu'au bas ventre.

La carte s'est posée devant moi en voletant doucement, mon sceptre avait reprit son apparence normale, à deux mètres de moi. Je me suis penchée, la pression sur mon ventre me faisait grimacer, les os de mon bassin protestaient, le béton les empêchant de suivre le mouvement. Même mon bras tendu à l'extrême, il m'était impossible de couvrir la distance qui me séparait du sceptre.

J'étais terriblement mal à l'aise dans ma gangue de ciment, j'avais beau me tortiller, ça ne bougeait évidemment pas d'un millimètre. J'ai foudroyé la carte du regard, tapé du poing contre le sol, essayé de toutes mes forces de sortir, mais rien. Le bruit de la porte à résonné dans le parking amplifié par l'absence d'obstacle, quelqu'un approchait. Les pas se sont rapprochés et j'ai commencé à m'agiter, la seule chose qui me camouflait était un grand poteau en béton. La disparition des voitures était une chose, mais trouver une fille enfoncée dans le sol en plein milieu d'une place de parking, j'étais à peu près sûre d'entendre des cris d'effroi. Voir même, d'assister à un évanouissement en direct.

La personne continuait d'approcher lentement, le spectacle des voitures évaporées ne semblait pas encore l'avoir frappée. Un instant, je me suis dis que si je ne faisais pas de bruit, si je ne bougeais pas, on ne me remarquerait pas. Idée absurde, il était difficile de me louper.

Une ombre devança celui qui marchait, me laissant le temps de déglutir une dernière fois.

Deux yeux bleus pétillant d'amusement me fixèrent brièvement avant qu'un demi-sourire moqueur naisse sur le visage de l'observateur.

-Je savais que quelque chose ne tournait pas rond, mais je ne m'étais pas attendu à un truc pareil.

Ma bouche resta grande ouverte sans trouver quoi répondre, Steven me tournait autour d'un œil sceptique. Finalement, il s'est accroupit devant moi pour me fixer, essayant de passer ses doigts entre mon corps et le ciment, sans succès. Il a essayé plus fort, un couinement de douleur m'a échappé.

-Qu'est ce que tu fous ? Tu te prends pour Saint Thomas ? Tant que ta main ne m'aura pas traversée tu n'arrêteras pas d'appuyer ?

Il s'est mit à rire, se laissant tomber en arrière.

-Pas de doute, c'est bien toi.

J'ai froncé les sourcils à cette remarque et il a laissé échapper un murmure.

-Dommage.

Il s'est relevé, tapotant son pantalon au dessus de ma tête pour en faire partir la poussière. D'un geste vigoureux de la main, j'ai brassé l'air pour écarter les saletés qui commençaient à me chatouiller le nez.

-Hé. Tu veux bien m'apporter le truc là bas.

J'ai tendu un doigt vers le sceptre, son regard s'est posé sur l'objet avec un air de dégout.

-C'est plutôt moche, je ne savais pas que tu aimais le rose.

-La ferme, idiot. Donne le moi et c'est tout.

Il a haussé les épaules me ramenant docilement le bâton, tout du moins c'est ce que je croyais. Il avait suspendu son geste refusant finalement de me remettre le sceptre. Il s'amusa à le faire tourner entre ses doigts comme une majorette, quoiqu'avec moins de grâce, une certaine adresse tout de même.

-C'est tout. Pas d'explication ?

Silencieuse, je ne m'attendais pas à ce qu'il pose de question mais finalement n'aurait-il pas été anormal qu'il ne le fasse pas ? Il n'avait jamais été d'un naturel curieux mais ce qu'il se passait été au-delà de la curiosité, c'était un miracle qu'une personne reste aussi calme après une telle vision. Pourtant, je n'avais pas envie qu'il sache. Il était mon dernier lien normal avec le monde, celui sur qui je pouvais me reposer sans avoir à me justifier, j'avais envie que ça continue.

-Je n'ai pas envie de t'en donner, qu'est que tu vas faire ? Me laisser dans le sol ?

Il m'a regardé avec froideur, abandonnant son attitude joviale, ce n'est pas la réponse à laquelle il s'attendait. Je le savais, mais je n'étais pas disposée à parler, peut être que je faisais une erreur. Ses phalanges ont blanchi un instant puis il a fini par me donner le sceptre.

-Namie sait pas vrai ? C'est pour ça que vous vous êtes rapprochées.

Il était furieux, je l'avais rarement vu comme ça, tournant en rond comme un lion en cage. Il m'a attrapé le visage, le tournant sans ménagement pour exposer ma joue encore légèrement rougie.

-Lui aussi le nouveau il sait, pas vrai ?

Surprise qu'il évoque Shaolan, je suis restée ébahie devant son impressionnant sixième sens, à moins que ce ne soit que de l'observation, ce qui n'en restait pas moins impressionnant.

-Alors pourquoi moi non ?

Il avait les joues rouges, je ne savais pas quoi répondre sentant les miennes prendre la même teinte, j'ai répondu un truc bête puis j'ai regretté.

-Tu me fais quoi là ? Une crise de jalousie ?

Il a ouvert la bouche, il n'a pas parlé, il s'est contenté de secouer la tête puis de s'éloigner les mains dans les poches.

-Je me casse, il faut que j'aille me calmer. Démerde-toi pour sortir de ton trou.

-Hé !

J'ai crié mais il ne s'est pas retourné, si je le laissais comme ça, il était capable de ne plus me parler pendant des mois. Il ne fallait pas que ça arrive, surtout pas en ce moment, j'avais besoin d'aide morale, pas qu'on m'abandonne.

-Attends Steven, t'en va pas ! J'ai besoin de toi reviens !

Il s'est arrêté tournant la tête vers moi, un peu surpris par véhémence mais pas encore décidé à revenir sur ses pas. J'ai pris une grande inspiration, mon cerveau travaillait à toute vitesse sur ma phrase suivante.

-J'ai peur, ok. En ce moment, il m'arrive des trucs pas croyables, je sais que toi tu me croirais.

« Mais je suis égoïste, je ne veux pas que tu changes d'attitude vis-à-vis de moi. Si tu savais, tu voudrais m'aider mais ce serait à moi de protéger plus le contraire et je n'ai pas envie. »

J'ai ravalé mes pensées, continuant un peu plus fébrilement sur ma lancée.

-J'ai besoin que quelqu'un ne sache pas, pour avoir l'impression que tout va bien. Tu peux faire ça pour moi ?

Je me suis mordue la lèvre inférieure et à mon grand soulagement, il s'est rapproché. Debout devant moi, il me surplombait de toute sa hauteur, un sourire canaille de nouveau affiché sur son visage.

-Bon, en quoi je peux t'être utile ?

-Je vais faire un truc mais je n'ai absolument aucune confiance dans le résultat.

Perplexe, il a acquiescé mollement.

-Je vais te donner la main et tu vas me tenir comme si ta vie en dépendait, par ce qu'il est bien possible que la mienne en dépende justement.

Je lui ai tendu le bras et il s'est exécuté sans rechigner.

-Maintenant ferme les yeux.

Il a haussé un sourcil sceptique mais devant mon insistance, il a fini par céder. J'ai pris le sceptre, placé la carte que je venais de capturer devant moi et invoqué son nom.

-Through.

Le ciment est devenu à la fois malléable et solide, ma peur de tomber dans les entrailles de la terre n'était visiblement pas justifiée. Extrayant mes jambes l'une après l'autre en m'aidant de Steven, je suis sortie sans encombre. Étirant mes jambes avec délice, j'ai signalé à Steven qu'il pouvait de nouveau ouvrir les yeux, et quels yeux. Il regardait le sol éberlué, en me retournant, j'ai vite vu à mon tour de quoi il en retournait. Le ciment avait gardé la trace de mon corps, comme si le sol avait été coulé autour de moi et qu'on m'avait ensuite enlevé. C'était presque ça en réalité.

J'avouais préférer cette alternative à l'autre que j'avais imaginé, me retrouver pulvérisée par le béton au moment où il aurait reprit consistance.

J'ai lâché sa main, me souvenant soudain de la raison pour laquelle j'étais tombée jusqu'ici.

-Tu n'aurais pas vu des gens dans la cour ?

Il secoua la tête en dénégation, après lui avoir crié un « merci », je suis remontée à la surface en attrapant mon sac d'une main. Qu'étaient devenu Shaolan et l'étrange jeune fille ?

Vide.

La cour était vide, il n'y avait plus personne. Comment allais-je pouvoir retrouver Namie sans l'aide de mon double, une vague de panique m'a submergée. La porte s'est ouverte à la volée derrière moi, Steven le souffle un peu court venait de la dépasser.

-Tu m'as dis de te rappeler d'aller chercher la fille du ravin au kilomètre quatre-vingt-douze sur l'autoroute. Donc, n'oublie pas.

J'ai cligné des yeux un instant avant de comprendre qu'il avait du voir mon double, elle m'indiquait où trouver Namie. Un soupir de soulagement sortit bruyamment, les yeux bleus me fixant avec une pointe d'inquiétude ne m'atteignaient déjà plus, je devais rapidement aller la chercher. Je ne savais pas dans quel état j'allais la retrouver, les pouvoirs effrayants de cette fille, si elle les avait utilisé sur Namie. J'ai serré les poings, fulminante.

-Steven !

Il m'a fixé, se redressant imperceptiblement au ton d'urgence de ma voix.

-Je sais que ton oncle t'a offert sa vieille Honda. Il faut que tu m'emmènes sur l'autoroute.

-Qu'est ce que tu racontes ? Tu as oublié que même si je fais un mètre soixante-dix-sept, j'ai le même âge que toi ?

Je le savais pertinemment.

-Avec un casque sur la tête personne ne se doutera de ton âge.

Il fronça les sourcils, choqué par ma désinvolture.

-C'est hors de question.

Je me suis mordue la lèvre inférieure, notre amitié avait pour limite le code pénal. J'étais en colère contre lui, injustement, mais en colère. D'un geste ample de la main, j'ai balayé ma proposition.

-Oublie. Je vais me débrouiller.

Je l'ai vu faire la moue, mal à l'aise mais il ne pouvait pas se résoudre à enfreindre la loi. Je suis partie en lui tournant le dos et j'ai fais une chose que j'aurais préféré ne pas faire. J'ai impliqué ma grand-mère dans mes histoires magiques. C'était une sorte d'accord muet entre nous, je me débrouillais avec mes problèmes paranormaux et elle ne s'en mêlait pas.

Évidemment, elle était venue dès que je l'avais appelée.

Elle m'avait fait passer les détails, me demandant uniquement où elle devait me conduire. Je lui ai dit qu'il fallait récupérer Namie sur l'autoroute, ajoutant qu'il était possible qu'elle ne soit pas en forme. Mon visage avait blêmit mais elle n'avait rien dit. Kero était venu avec elle pour m'épauler, sa présence me rassurait, quoiqu'en cas d'attaque, je n'étais pas sûre qu'il soit vraiment utile.

Le péage approchait au loin, ma grand-mère a froncé les yeux et Kero et moi avons senti une force sombre se mettre en action. Loin de freiner, la voiture s'était mise à accélérer en direction de la barrière, obstinément baissée. Comment était-il possible qu'en une seule journée, autant de cartes se manifestent ? Les yeux grands ouverts, j'ai vu la barrière voler en éclat alors que la voiture prenait encore de la vitesse, une sirène a retentie derrière nous. La police nous prenait en chasse, ma grand-mère était livide et Kero me hurlait de me réveiller, de faire quelque chose, mais quoi ?

Mot de l'auteur : Alors je tiens à m'excuser pour le temps que je vous ai fait attendre pour avoir ce chapitre, mais j'ai été admise en prépa alors j'ai eu beaucoup de choses à faire et je n'ai pas pris le temps de venir ici poster la suite. Donc pour cela vraiment désolée.

Mon rythme de parution sera un peu plus lent maintenant mais je vais reprendre assidument l'écriture !

J'espère que ce chapitre ne vous déçoit pas trop après l'attente que vous avez eu mais il est nécessaire de mon point de vue, vous aurez la suite d'ici une semaine environ alors sur ce au chapitre suivant !