Bonjour à tous,

Je suis ravie de voir que vous êtes de plus en plus nombreux à lire La somme de toutes mes peurs.

Un grand merci à ceux qui prennent le temps de me laisser une review, ainsi qu'à ceux qui mettent cette histoire en alerte. Comme tous les auteurs, j'apprécie énormément toute forme de feed back.

Je prends d'autant plus plaisir à écrire en sachant que mes textes plaisent.

Ce chapitre lance le ton des suivants. Au fil de cette histoire, une lente valse de sentiments contradictoires viendra s'installer entre les deux personnages. Les rapports de force oscillent entre l'un et l'autre, sous le regard troublé de la fille qui lançait des couteaux.

Ce sont ses mots, ses paroles, à vif, jetés, viscérals, comme elle les ressent. Ses pensées nous guident dans les méandres de sa personnalité, depuis ce qui l'a conduit aux jeux jusqu'à ce qu'elle y découvrira.

Plus que jamais, les questions se posent autours de l'étrange tandem du District 2.

Jusqu'où cheminera l'improbable histoire entre Celle qui n'avait besoin de personne et Celui qui ne vivait que dans le regard des autres ?

A la base le rating de ce texte était M. Je l'ai modifié en T car à ce stade de l'histoire, il n'a pas besoin de son M. Mais très vite, les éléments s'enchaineront et la tournure que prendront les choses glisseront vers le M.

Toutes les critiques constructives sur cette fic sont les bienvenues. Qu'elles qu'elles soient.

En espérant vous revoir au prochain chapitre,

Bonne lecture.

Ses yeux me narguent. Il me dévisage, les bras croisés. Je reste de marbre. Il me jauge, m'étudie. Les commissures de ses lèvres s'arquent en un rictus tranchant, provocateur. Je hais ce sourire. Je rêve de lui sauter au visage et de zébrer sa bouche de la signature de mes deux poignards. Abimer sa peau, son expression. L'envie s'insinue en moi comme le sang s'injecte dans mes veines.

_ Ça fait quel effet ? persiffle sa voix.

Je fronce les sourcils, méfiante, perméable au venin de ses mots.

_ Ça fait quel effet de savoir qu'on va bientôt mourir, mh ?

Son regard s'aimante au mien. Il me sonde. Provocateur, encore. Je reste silencieuse.

_ Tu n'aurais pas dû te porter volontaire cette année. Les jeux sont faits, tu le sais. Tu ne gagneras pas.

Je contracte mes muscles, irritée. Je l'observe se pavaner, sûr de lui. Je soutiens son regard mauvais.

_ Mais ne t'inquiète pas, poursuit-il son monologue. Moi, je gagnerai. Je ramènerais l'honneur dans le District 2.

Je serre les poings. L'ombre de ma haine commence à se manifester dans le creux de mon bas-ventre.

_ Si tu me le demande, je donnerai peut être une petite somme à ta famille, histoire de les consoler de ta perte.

Il ricane. Il pense avoir touché un point sensible, mais se désole de me voir indifférente à ses paroles. Je le sens réfléchir à toute vitesse. Puis il regagne contenance et ses yeux se plissent. Il se penche en avant. Sa voix vient se loger dangereusement dans le creux de mon oreille.

_ Je ne vais faire qu'une bouchée de toi. Tu me crieras, tu me supplieras d'en finir. Je verrais la peur s'insinuer dans tes yeux. La terreur figer ton visage de poupée.

Je lève les yeux vers lui, certaine de bien capter son regard. Un rictus malveillant se crée sur mes lèvres. Prisonnière, l'ombre de ma haine cogne contre les parois de mon corps. Mes prunelles lui lancent toute la dimension de ma fureur. Je sens son assurance vaciller un instant. Je l'ai surpris, encore. Il recompose son air intouchable. Les doigts me démangent.

_ Mmh, quel regard ! Tu me veux du mal ? Regarde-toi. Tu es tellement petite. Et tu as l'air tellement fragile. Juste inoffensive. Comme un petit animal. Un tout petit agneau.

Le spectre de ma haine est terrifiant. Je suis à deux doigts de défier les lois du Capitole. J'entends mon sang qui palpite. Il me hurle de planter mon couteau dans sa gorge, là, maintenant, tout de suite.

Il fait le tour de ma silhouette, son regard planté dans le mien.

_ Tu ne parles pas beaucoup, pas vrai ? A part pour jouer les enfants sages devant Brutus.

Je plisse les yeux. Je comprends bien qu'il considère ma distance, mon indifférence, mon sang froid comme des signes évidents de faiblesse. Je lève la tête avec mépris.

_ Je n'ai rien à dire aux gens comme toi.

Ma voix brusque tranche le silence entre les murs.

Il ricane encore. Mon regard l'avertit une dernière fois. Une provocation de plus et je ne réponds plus de rien.

_ Aux gens comme moi ? C'est-à-dire les loups ?

Il prend mes menaces à la légère et approche son visage du mien.

_ Tu sais ce que font les loups aux agneaux comme toi, petite Clove ? Ils les dévorent. Ils les attaquent et les attrapent, juste par là.

Sa main se referme sur ma gorge. Mon sang ne fait qu'un tour. Il n'a pas le temps de cligner des yeux que ma lame s'abat sur l'artère de son cou.

Deux Muets se précipitent vers nous pour nous séparer. Ils s'immobilisent. Mon regard meurtrier les dissuade d'intervenir.

Cato se recompose un faciès confiant.

_ Bien joué. Pose ce couteau maintenant, avant que l'un d'entre nous ne se blesse.

Je raffermis la prise de ma lame sur sa gorge. Je veux l'assaillir de doutes. Ses prunelles trahissent l'ampleur de sa méfiance. Il me sait maître du jeu. J'exulte. Sa voix m'aboie des ordres.

_ Arrête ça.

Un sifflement de douleur. Il ferme les yeux. Tactique stratégique. Plaisir incontournable. Appuyer ma menace par une démonstration. Un mince filet de sang me coule le long des doigts.

La Muette trouve le courage de s'approcher de moi. Son regard terrifié me supplie de lâcher prise.

Je l'entends ricaner, les yeux ivres d'une leur fébrile, méprisante. Jubilatoire.

_ Tu fais peur aux serviteurs.

Je soupire. L'envie me démange. Mon sang le demande. Mais ma raison l'emporte. Poursuivre dans cette voie me ferait aller au-devant de gros ennuis. J'apaise ma respiration. L'ombre de ma haine s'endort, pour le moment.

_ Menace-moi encore une fois et tu le regretteras, est-ce que c'est clair ?

Mes mots tranchent son sourire satisfait. Un dernier regard froid, glacial, féroce et je relâche ma prise.

Je quitte la pièce, le pas nonchalant et me retire dans ma chambre. Je m'allonge en travers du lit.

De l'autre côté de la porte, je l'entends cracher sa rage. Des bruits de vaisselle heurtant le sol. L'écho de pas précipités.

Il perd son aplomb. Il vient de réaliser. Les muets subissent les foudres de sa colère. Je le méprise tant. Je sens le désarroi dans la faiblesse de son sang-froid.

Je referme ma main autours de mon poignard. Je souris discrètement dans la pénombre. Je suis certaine d'être amenée à revoir couler sur mes mains le sang de Cato.

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Brutus plante son regard dans le mien. Je fronce les sourcils. Il me commande de lui sourire. Je resterai de marbre.

L'homme en face de moi me montre la face cachée de sa dentition parfaite. Il me tend la main. Je l'observe fixement dans la prendre. J'entends Brutus grogner et lui lance mon regard imperturbable.

_ Ça ne fait rien. Elle ne peut pas être pire que mon tribut des 68èmes. Elle mâchait tout le temps des bouts de tapisserie, où qu'elle aille. Elle était juste abominable.

Je l'observe fixement. Il est pâle, enjoué, un chapeau melon sur le sommet crâne. Ses iris ont la couleur de l'argent et trois zébrures noires apportent leur touche d'extravagance sur ses joues. Il a tout d'un être bienveillant. Je le déteste déjà.

Il pose son doigt sur sa lèvre et me contemple, rêveur.

_ On fera de toi quelqu'un d'inoubliable, princesse.

Je contracte mes poings en souvenir du sort qu'a subi la dernière personne en date pour m'avoir appelée princesse. J'ai du mal à me dire qu'un homme dans son genre puisse avoir mes intérêts à cœur. Je surpasse l'envie de le tuer tout de suite et pose mon regard sur Cato.

Une petite femme perchée sur d'immenses talons lui tourne autours comme une girouette. J'observe son sourire en coin lorsqu'elle lui tâte les muscles du bras. Je vois ses lèvres remuer. Elle éclate de rire. L'entente semble cordiale.

Stark, l'homme du capitole, les invite à s'asseoir. Je finis par prendre place, au centre de la table, contre ma volonté, entre Cato et le Zèbre.

Un Muet me sert du champagne. Les hommes du Capitole lèvent leur verre en l'honneur de leurs tributs du District 2. L'arôme est sucré, pétillant. Je ne l'avais plus senti sur ma langue depuis mon dernier Litige. Tout ce que ce que rencontre mon palais est délicieux. J'en oublierais mes bonnes manières si les atours du Capitole n'étaient pas là pour me rappeler au milieu de qui je me trouvais.

La conversation s'oriente autours des Jeux précédents. On ne parle que d'Aaron, le vainqueur de la 73ème édition. Je me fais discrète. J'apprends qu'il réside au centre-ville, à quelques pas de nos murs.

Cato finit par se joindre à la discussion. Les rires fusent, ainsi que les compliments. Je reste en retrait. Je réprouve ce petit jeu hypocrite. A tous les observer, je sais déjà tout d'eux. Je sais déjà que Brutus se passerait volontiers de son rôle de mentor, que le Zèbre aurait préféré s'occuper de Cato, que la femme n'a d'yeux que pour Stark et que l'homme du Capitole souhaite la mort de Brutus à peu près autant que je souhaite celle du Zèbre.

Et puis, mon nom finit par tomber au cœur de la discussion. La conversation s'articule autour de mes critères physiques, leurs regards à peine posés sur moi. Ils me passent en revue, parlent de moi, agissent comme si je n'étais pas là.

_ Clove est peu bavarde.

_ C'est vrai, ça. On en sait si peu sur elle.

_ C'est parce qu'il n'y a pas grand-chose à en dire, à part qu'elle sera une proie facile, pour une Carrière.

Mes muscles me trahissent. Je reste silencieuse, imperturbable, la longueur de mes cils en direction de la chaise de Cato. Je ne cherche pas son visage. Je sais déjà tout de l'expression qu'il arbore en ce moment.

Brutus ne dit rien. La femme ne me quitte pas des yeux.

Le Zèbre s'éclaircit doucement la voix.

_ 57èmes Hunger Games. Une petite du Un avait gagné. Elle avait terrorisé son partenaire qui faisait pourtant deux fois sa taille.

Des commentaires fusent en même temps. J'entends Cato éclater de rire.

_ Pas Clove. Personne ne la connait dans le District. Elle ne leur manquera pas. Si vous voulez l'entendre, profitez de sa présence maintenant. Car je ne la laisserai pas revenir vivante.

Mon sang ne fait qu'un tour. Je sens l'ombre de ma haine cogner contre les parois de ma chair. Les gens du Capitole se mettent à rire. Ma main se referme autours de ma fourchette. Tout s'enchaine très vite. Du sang gicle sur mon chemisier. Il hurle de douleur. Je viens de planter ma fourchette dans la main de Cato. J'ai le temps d'enfoncer sa chair à vif encore et encore. Puis l'univers vacille. Son poids m'empêche de me débattre. Son regard n'a plus rien d'humain. Ses mains s'enroulent autour de mon cou. Je ne peux plus respirer. Il m'a bloquée au sol, à sa merci, avant qu'aucun d'entre eux n'ait pu réagir.

Ils mettent plusieurs secondes avant de nous séparer. Ils s'étonnent de ne pas me trouver au bord de l'inconscience. Ils commentent la teneur du regard que je fixais sur mon agresseur tandis qu'il me basculait vers la mort. Je reprends lentement mon souffle sans briser le contact oculaire avec Cato. Il tient sa main pleine de sang contre sa poitrine, essoufflé, luttant pour regagner contenance. Brutus se dresse entre nous deux. Je l'entends hurler que ce n'est pas de cette manière-là que nous obtiendrons des sponsors.

Le Zèbre pose sa main sur mon épaule et la conduit doucement à s'asseoir sur le canapé. La femme reste en retrait. Un air de désastre souffle dans la pièce. Deux chaises renversées, de la vaisselle brisée, des tâches de sang sur la moquette dorée…

Stark pose ses yeux sur moi et se malaxe le front, contrarié. J'entends Brutus hurler sur Cato dans l'autre pièce. Le Zèbre glisse ses doigts vers mon cou, pour examiner l'ecchymose. Je l'en dissuade de mon regard noir. Il retire ses mains, comme brûlé par le feu. Brutus fait irruption dans la salle. Il marche vers moi, le visage déformé par la colère.

_ Toi ! Encore un petit numéro dans ce genre, et je ne suis plus ton mentor !

Il s'attend à ce que je baisse les yeux. Mais je soutiens son regard, prenant bien soin de ne pas le défier. Il se détourne de moi, attrape la silhouette de Cato, grogne deux commandements à Stark, et disparait derrière la porte. Mon regard se fixe droit devant moi. J'entends l'homme du capitole prier les deux invités de s'en aller. J'entends le Zèbre me souhaiter une bonne nuit. J'entends les hauts talons de la femme quitter la pièce. J'entends le silence autour de moi.

Les Muets s'activent pour ramasser les dégâts. Je me lève et m'avance jusqu'à la table. Le garçon esquisse un mouvement de recul. La fille me regarde m'asseoir, terrifiée. Je termine mon dessert en silence.

Je pense à la grande impression que j'ai faite, ce soir. Aux regards méfiants qu'ils posent sur moi à présent, tous autant qu'ils sont. Au sang de Cato, qui a coulé deux fois aujourd'hui à quelques heures d'intervalle. Je souris dans le brouillard de ma satisfaction.

Au bout d'un moment, personne ne revient. L'intervention doit prendre du temps. J'ai pu entailler sa chair profondément. Timidement, une des Muettes trouve le courage de s'avancer vers moi. Je la détaille de mon œil rocailleux. Les cheveux roux, la peau diaphane. C'est celle qui avait tenté de me séparer de Cato lorsque mon poignard s'appuyait sur sa gorge. Je balaye la pièce de mon regard. Ils baissent tous les yeux. Sauf elle. Je décide de bien l'aimer.

Je me laisse conduire vers ma chambre. Elle met mes draps en place et glisse ses mains vers moi dans l'idée de m'aider à ôter mes vêtements. Mon regard l'en dissuade. Ses yeux me demandent ce qu'elle peut faire de plus pour moi. Je lui sollicite un verre d'eau et une coupelle de fraise. Ses pas silencieux disparaissent.

Je m'assois en travers du lit et tombe nez à nez avec une série de gadgets électroniques dont je ne connais pas l'utilité. L'heure à ma montre est précoce et je sens que le sommeil tardera à venir m'habiter. La muette est de retour. Elle dépose son plateau sur ma table de chevet et s'en va dans une courbette. Je la retiens par le poignet. Elle sursaute, apeurée. Je lui demande son nom. Elle me sourit, glisse sa main dans sa poche et en sort un carnet. Ses doigts graciles dessinent frénétiquement les lettres d'un prénom qu'elle me tend. « Alvina ». J'hoche la tête. Je décide de n'avoir à faire qu'à elle et d'ignorer le reste des serviteurs pathétiques. Je lui prononce mon prénom. « Clove ». Elle me sourit. Elle le connaissait déjà. Ses yeux me souhaitent bonne nuit et sa présence se fond dans les murs.

Je soupire. La nuit sera longue. J'ouvre ma fenêtre. La fête fait rage, en bas. Je peux entendre les voix de la clameur scander le nom des Hunger Games. Des lumières brillent de toutes les couleurs. Munis de leurs pires extravagances, les habitants se retrouvent dans les rues. De délicieuses odeurs s'échappent de plusieurs échoppes. De la musique pollue l'oxygène. Je tends l'oreille. Personne ne nous enseigne l'art de la mélodie dans le District 2. Mais ce que j'entends résonne en moi et produit un drôle d'effet sur mon corps. Je m'accoude à la fenêtre, rêveuse. L'immensité du Capitole s'empare de moi. Je brûle de voir au-delà des bâtiments. Je m'imagine, anonyme, au beau milieu d'eux, en train de rire, moi aussi. Happée par les mouvements de foule. Ondulant mon corps au rythme de leurs instruments, comme eux.

J'entends des bruits de pas dans le salon. Ils sont de retour. Je soupire, et ferme la fenêtre, à l'écoute de leur discours.

La porte de Cato claque sèchement derrière lui. Brutus et Stark conversent un moment. Je perçois quelques mots mais renonce à comprendre leurs sens. Lorsque le bruit de leurs pas les conduisent dans leurs chambres, je laisse le temps s'écouler, certaine qu'ils n'aient plus besoin d'en sortir. Je rouvre la fenêtre. Les minutes passent et deviennent des heures. Le sommeil ne me fait pas l'honneur de sa présence.

Mes yeux balayent le parvis du Capitole une dernière fois. L'idée qui germe dans ma tête me parait folle. Mais je brûle de savoir. L'envie s'en insinue au plus profond de moi. Fouler le sol du Capitole. Seule. Libre. Mon cœur bat la chamade. Je sais ce désir possible, réalisable. Deuxième étage. Je dois pouvoir saisir ma chance. Ma stratégie se met en place. Un de ses rouages demande vérification.

Il faut que j'en aie le cœur net. Je déambule dans le salon à pas feutrés. Le faste de l'argenterie scintille sur la table. Les tissus de soie reflètent la clarté de la lune qui perce depuis la baie vitrée. Je contourne les meubles et fixe mes yeux sur la porte d'entrée. La seule issue. Le bon sens la veut gardée. L'envie d'en être sure dirige mes pas. Je retiens mon souffle et me penche en avant. Je fais couler dans mes doigts graciles toute la délicatesse dont je suis capable. Sans un bruit, je bascule la poignée. Un mince filet de lumière apparait au sol. Je jette un coup d'œil furtif. Deux silhouettes gardent l'étage. Deux pacificateurs. Mes espoirs s'envolent. Je referme lentement la poignée.

Puis l'air gagne en densité. Brusquement, le poids d'une présence apparait dans mon dos.

_ Tu vas quelque part ?

Mon sang se glace. Une rangée de dents scintille dans l'obscurité. Son sourire malveillant transpire les tourments de sa haine. Une boule de terreur se forme au creux de mon estomac. Mon couteau. Je l'ai laissé dans la chambre. Je suis sans défense. Il l'a déjà deviné.

_ J'espère que tu sais où sont rangées les fourchettes.

Ses muscles se tendent. Son corps s'élance en avant. Mes yeux cherchent un moyen de sauver ma vie.