Philtre d'amour
Des bulles voleuses de souffle, un bouillonnement porteur de mort.
Une odeur soufrée qui s'élève, s'éprend des narines.
C'est un venin perfide qu'on mitonne, écarlate et sanglant, qui enferme sa victime dans un monde d'illusions.
Cet amour brumeux qui s'installe, poison de l'âme imposé, à la lueur d'une chandelle, une petite fiole versée.
Flammes douloureuses d'une langueur nouvelle, invisible perdition, c'est la naissance inéluctable d'un artificiel sentiment, artificiel bonheur, malheur à la clé.
Senteur particulière, indolentes effluves associées à l'être convoité. Un parfum, une atmosphère, un endroit peut-être, une fleur, un souvenir embrouillé.
Le philtre est pernicieux, insidieux, produit d'un esprit égaré, image d'un désespoir cruel qui ne saurait être consolé.
