Je crains que la situation ne s'améliore pas …

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Dédicace aux fidèles mousquetaires :

Paige0703, Jade181184, CoolMhouse, Coljayjay, Rochelle 17, Val81, Daniela

Et à notre Nourann

Lorina merci pour ton commentaire !

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Bonne lecture

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-« Tu crois qu'il va venir ? » demanda Alexander anxieux

-« Je pense que oui. Il vaudra protéger ses secrets » répondit Cortez qui avait suivi l'échange

-« Ouais. Sauf que s'il vient il doit se douter qu'on les lui fera avouer »

-« C'est clair qu'avec mes méthodes il nous dira très vite ce que nous voulons savoir ! » se vanta Gabriel

-« Donc il ne viendra pas » grogna le hacker contrarié

-« Ses associés… »

-« Il n'en a rien à faire ! » l'interrompit Alexander « Tu as lu ses messages ?! »

-« Pourquoi ne pas faire lire ses réponses à ses employés ? Cela les rendrait peut être moins loyaux ? » Suggéra une voix venue du fond de la pièce. Sa jeune propriétaire quitta le canapé où elle était étendue et s'approcha des deux hommes

-« Tu es toujours bien inspirée ma douce » affirma Cortez en la prenant par la taille

-« Tu devrais rester en dehors de ça Chris » protesta le hacker

-« Elle est de bon conseil Alex ! Je vais afficher les sms pour qu'ils les lisent. Enfin… tu peux faire ça ? »

-« Evidemment. Mais tu crois vraiment que ça les influencera ? »

-« Essayons »

Le hacker fit quelques manipulations. Un écran se déploya sur l'un des murs de la cellule

Fusco releva la tête en entendant un bruit de glissement

-« C'est quoi ce truc ? » interrogea t-il « Ils nous invitent au ciné ? »

Un premier message apparu. Puis les réponses défilèrent lentement

-« Ce sont des sms » chuchota Fusco

-« Ils ont localisé Harold » souffla John. Il du faire un violent effort sur lui-même pour garder l'air impassible

-« Merde » répondit Lionel « Il va se faire piéger »

-« Il est plus malin que ça » répliqua Reese sans quitter l'écran des yeux, lisant anxieusement les messages

Fusco écarquilla les yeux devant leur contenu :

[Ils sont juste mes associés]

Lorsqu'il lut le message suivant :

[Je pourrais chercher une autre alliance avec un autre inspecteur. Et un employé est facile à remplacer]

Il jeta un regard inquiet vers son comparse mais John resta parfaitement calme

« Il ne va pas croire ça » se rassura t-il. Il lut la suite en s'attendant au pire. Il ne put s'empêcher de tressaillir en lisant l'allusion à son fils. Puis la réponse de Finch apparut :

[Pourquoi me soucierais-je du fils davantage que du père ?]

Il sentit alors la main de Reese presser discrètement son bras. Il se tourna légèrement et hocha la tête pour lui faire comprendre que tout allait bien. Il n'allait pas croire pareille réponse ! Pas après tout ce qu'ils avaient affronté ensemble

-« La lecture fut-elle intéressante messieurs ? » interrogea Cortez

-« Instructive » commenta Reese. « Toutefois il n'y a rien dans ces messages que nous ne sachions déjà » ajouta t-il. Fusco lui adressa un regard circonspect mais garda le silence, lui faisant confiance.

-« Vraiment ? »

-« Fusco n'est pas le seul inspecteur de New York et je ne suis qu'un homme de main parmi d'autre »

Lionel devina l'intention et renchérit

-« Ca fait partie du contrat »

-« Vous voulez me faire croire que vous êtes de simples employés ? »

-« Et alors ? Vous devez en avoir aussi ? » Interrogea Fusco « Vous copinez avec eux ? »

L'autre mit quelques secondes à répondre

-« Dans ce cas pourquoi ne pas me dire ce que je veux savoir puisque vous n'êtes rien ? »

-« N'être rien ne veut pas dire que nous n'avons pas de parole » répliqua Reese « Même les voyous ont un code d'honneur »

-« Et si j'y mettais le prix ? J'en ai les moyens » suggéra Cortez

-« Je te rappelle que t'as l'intention de nous liquider mon gars, alors qu'est ce que je ferais de tes billets ? » ricana Fusco

La communication fut brutalement coupée et l'écran se replia

-« Je crois qu'il est vexé » jugea Lionel

Reese eut un mince sourire

-« Il ne faut pas croire tout ce qu'on lit »chuchota t-il

-« Ouais. Je suis bien d'accord » approuva l'inspecteur sur le même ton. Ils échangèrent un regard entendu. Il en faudrait plus pour ébranler la confiance que chacun des trois hommes portait aux deux autres

John s'assit et resta immobile dans son coin, concentré. Prêt à toute éventualité pour fuir et surtout s'efforçant de garder son calme et sa lucidité devant la menace qu'il sentait planer dangereusement sur son compagnon, à chaque instant plus proche. Il ne doutait pas un instant que Finch allait venir les rejoindre. A quoi bon espérer le contraire ? Il savait qu'il tenterait de le secourir, il ne pourrait pas s'en empêcher. Il le savait parce qu'il aurait agit de même…

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Parvenu devant la porte, Finch prit une profonde inspiration pour se donner du courage. Il remarqua la caméra braquée sur l'entrée

« Sans doute savent-ils déjà que je suis là » songea t-il. Comme pour lui donner raison la porte s'ouvrit et un garde armé apparut sur le seuil. Finch le toisa un instant puis pénétra dans le couloir. Le bruit de la porte se refermant derrière lui résonna comme un sinistre présage mais il se força à ne pas y prêter trop d'attention. L'homme le fouilla pour s'assurer qu'il n'était pas armé puis lui fit signe d'avancer. Il marcha droit devant lui en suivant le couloir, descendit quelques marches puis l'homme l'arrêta

-« A droite » intima t-il

L'informaticien obéit et entra dans une petite pièce éclairée seulement d'une sorte de soupirail trop haut pour être accessible et bien trop étroit pour servir d'issue. Une chaise, une table, un fauteuil, c'était sommaire, gris, froid…

-« Assis » ordonna le garde en désignant le fauteuil

Finch prit place et se tint droit, l'air aussi calme que possible au vue des circonstances. L'homme quitta la pièce en le laissant seul mais il n'eut pas à attendre longtemps avant qu'une autre porte au fond de la salle ne s'ouvre. En même temps il capta le faisceau d'un laser, preuve qu'un tireur gardait une arme pointée sur lui. Un homme entra dans la pièce et s'avança lentement vers lui. Il fit le tour du fauteuil, le dévisageant d'un air perplexe, puis se planta devant lui. Finch détailla son vis-à-vis, un visage aux traits juvéniles, une silhouette mince qu'on devinait seulement puisqu'il portait une ample cape qui le dissimulait.

-« Ainsi donc voici l'homme qui a réussi à contrer toute mes attaques ? Je ne vous imaginais pas aussi insignifiant ! »

-« L'habit ne fait pas le moine » remarqua Finch d'un ton docte

-« J'aurais presque du mal à vous croire mais c'était votre portable et vous êtes venu »

-« En effet. Je suis celui que vous cherchez »

-« Si j'étais vous je ne m'en vanterais pas autant ! » affirma Alexander

-« Qu'ai-je à perdre ? » rétorqua Finch « Il me semble que de toute façon vous ne comptez pas me laisser repartir d'ici vivant »

-« Non c'est vrai » approuva l'autre

-« Il vous en a fallu du temps pour vous décider » constata le hacker

-« Ne m'aviez vous pas laissé trois heures ? »

-« En effet. Et je peux comprendre que vous n'aviez pas envie de me rejoindre mais je suppose que le besoin de préserver vos secrets a été le plus fort »

Finch lui lança un regard en coin mais ne répondis pas

-« N'espérez pas recevoir de secours. Personne ne viendra vous sortir d'ici ! » Cru bon d'ajouter Alexander

-« Je n'ai aucune illusion à ce sujet M Standen. Mais vous aviez promis de relâcher mes associés »

-« Et vous m'avez cru ?» ricana le hacker

-« Non. Je me doutais que vous n'auriez pas de parole »

-« C'est faux ! » protesta Alexander « Je n'ai qu'une parole envers ceux que je choisis. Et d'ailleurs je n'ai pas menti. Tout à l'heure je laisserais partir vos complices, seulement ce sera en compagnie des gardes de mon beau frère et je doute qu'il leur réserve un sort enviable »

Finch pinça les lèvres mais ne répondit pas. Il ne voulait pas laisser voir son inquiétude. Pourtant toutes ses pensées allaient à John et il avait peur pour lui.

-« Mais peut être leur sort sera-t-il finalement meilleur que le votre ? » ajouta t-il après un instant de réflexion

-« Pourquoi ? Vous allez me tuer comme M Cortez tuera mes associés» remarqua l'informaticien

-« Sans doute. Mais avec lui se sera rapide, quelques jours, une semaine ou deux… vous ce sera autre chose, je compte vous faire réaliser ce que j'ai subit à cause de vous ! Ce que j'ai perdu ! Et je prendrais le temps qu'il faudra» cracha Alexander

-« Je ne suis responsable de rien » répondit tranquillement Finch

-« Vous m'avez contré ! »

-« Je n'ai fait que riposter lorsque vous avez attaqué mon associé. Vous auriez pu choisir le bon côté de la Loi »

-« Celui des gagnes petits ? » ricana Alexander « Moi je voulais une vraie vie. Satisfaire toute mes envies, que ma sœur soit traitée comme une princesse après la misère dans laquelle nous avons grandit »

-« C'était possible en travaillant » remarqua Finch

-« Et attendre des années ? Quand quelques mois suffisaient en sachant utiliser mes talents ? » demanda Alexander avec un haussement d'épaules « Mais vous avez tout gâché ! » S'exclama t-il brutalement. Il arpenta nerveusement la salle « d'abord cet inspecteur hargneux qui s'est acharné à arrêter Gabriel et puis cet homme qui a fait échouer son évasion ! Il a du rester dans cette prison infecte et ma sœur était malheureuse ! Et puis enfin quand il retrouve une vie normale vous intervenez à nouveau pour m'empêcher de détruire ce fichu flic ! Vous avez foutu en l'air tous nos plans et nous nous sommes retrouvés avec toutes les polices du pays sur le dos par votre faute ! »

-« Nous n'avons fait qu'arrêter des criminels » estima Finch « Votre beau frère est un assassin M Standen. Il tue des gens avec la drogue qu'il vend »

-« Mon beau frère est juste un commerçant »

-« Il vend de la mort » murmura Finch

-« Il n'oblige personne a en acheter. S'il peut en vendre c'est que des clients sont intéressés pour en consommer. A cause de vous et de vos complices Gabriel a perdu la moitié de son réseau et nous devons vivre terrés comme des rats » Il se pencha brièvement vers l'informaticien qui ne put retenir un mouvement de recul devant la lueur de colère dans son regard « Jamais personne n'avait su me contrer comme vous l'avez fait ! »

-« Il faut une première fois » contra Finch qui s'efforçait de rester parfaitement calme devant l'agressivité de son vis à vis

-« Vous allez le regretter » grinça le hacker. Il tourna lentement autour du fauteuil. « Je commencerais par vous casser les doigts un a un et vous ne contrerez plus jamais personne, fini le clavier ! Vous verrez que lorsque les fractures guérissent ils n'ont plus la même mobilité »

-« Je crains de ne pas avoir le temps de guérir M Standen » remarqua Finch toujours stoïque

-« Au contraire. Je vous l'ai dit. Je compte vous garder un petit moment. D'abord vous allez m'enseigner vos techniques, cela complétera mes connaissances »

-« Jamais » Répliqua l'informaticien d'un ton ferme

-« Oh vous ne direz pas cela longtemps ! Je connais des techniques qui vous délierons la langue »

-« Vous oubliez que je n'ai rien à perdre M Standen »

L'autre hésita, contrarié par sa résistance

-« Et si je vous proposais de garder vos associés en vie quelque temps ? »

-« Vous n'êtes pas le maître de leurs destins M Standen, ce serait un marché de dupe »

Le hacker le fixa, furieux

-« Pourquoi n'avez-vous pas peur ? » s'énerva t-il

-« La peur s'apprivoise quand on la côtoie quotidiennement » constata Finch

-« Vous changerez d'avis » hurla Alexander exaspéré « Et vous deviendrez comme moi ! » ajouta t-il en dégrafant sa cape. Finch écarquilla les yeux en voyant le bras gauche de son adversaire, qu'il gardait replié, entouré d'une sorte de voile.

-« Une explosion lors d'un assaut mené par la police pour capturer mon beau frère. J'ai survécu mais ce sont des brulures au troisième degré. Les nerfs ne fonctionnent plus. Alors est ce vraiment survivre ? » Il le fixa, une lueur meurtrière dans le regard « Bientôt ce sera votre tour et je serais vengé ! » Affirma t-il

-« Cela ne vous rendra pas votre bras » remarqua l'informaticien

-« Nous savoir à égalité sera ma consolation ! » répliqua Alexander

Finch ne répondit pas, lui lançant simplement un regard indifférent. Parce qu'au fond, qu'importaient les tortures qu'il lui promettait. Elles ne l'atteindraient pas. Ce que cet homme ne savait pas c'est qu'à l'instant où il perdrait son compagnon rien ne pourrait plus le blesser…

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OoooooooooO

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Cortez pénétra dans la cellule l'air triomphant.

-« Et bien messieurs, nous allons passer aux choses sérieuses. Je vais pouvoir m'occuper de vous ! »

-« On n'a besoin de rien, merci » répliqua Fusco

-« Pourquoi maintenant ? » interrogea Reese qui redoutait plus que tout la réponse

-« Parce que je n'ai plus d'autres préoccupations. Votre associé a daigné nous rejoindre et mon beau frère va pouvoir s'occuper de lui à sa façon »

Reese serra les poings sentant la colère monter en lui dangereusement.

-« Vous serez heureux d'apprendre qu'il l'a fait pour préserver ses secrets, mais aussi contre la promesse que vous seriez relâchés sans être interrogé. Je vous laisse juge de ses priorités »

-« Promesse que vous ne tiendrez pas évidemment ? » jugea l'inspecteur

-« Au contraire. C'est mon beau frère qui l'a faite et il la tiendra parce qu'il n'en a rien à faire de vous. En fait c'est moi qui aurait du promettre mais je ne risque pas de le faire ! » Ricana Cortez

-« C'est donc Standen qui s'occupe de notre boss ? » interrogea Lionel l'air de rien. Il sentait la tension de son partenaire et redoutait un geste inconsidéré. Cortez était accompagné de trois gardes lourdement armé, ce n'était pas vraiment le bon moment pour attaquer.

-« Ouais. Ils vont régler leurs comptes entre eux »

-« Je ne savais pas que ce gamin employait vos méthodes »

-« Non. Il est plus subtil. Mais s'il ne s'en sort pas je lui donnerais bien volontiers un coup de main, il est de ma famille après tout » ajouta Cortez avec un sourire mauvais « Mais assez parlé d'eux. Voici le programme en ce qui vous concerne : dans deux heures je vous emmène dans une de mes propriétés, là où personne ne vous retrouvera et je vous y enseignerais les bienfaits de ma marchandise »

-« Tu dérailles ? » s'exclama Fusco sans pouvoir se contenir

-« Non. Vous allez apprécier vous verrez. Sauf lorsque vous serez vraiment dépendant et que je serais, comme par hasard, en rupture de stock » ricana Cortez « J'aurais plaisir à vous entendre me supplier de vous aider. Ensuite… je ne sais pas. Je vous tuerais surement ou peut être que j'organiserais un combat entre vous, ça pourrait être drôle ? Mais le vainqueur n'aurait qu'un sursit. Dans tous les cas n'espérez pas vous en sortir vivant, je ne garde pas mes ennemis en vie c'est trop dangereux »

-« T'es vraiment cinglé ! » affirma Fusco

-« C'est possible » jugea Cortez. Il se tourna vers l'ex agent étonné de son mutisme « Et vous ? Vous êtes muet M le justicier ? »

Reese esquissa un mince sourire mais lui adressa un regard glacial

-« Je n'aime pas parler pour ne rien dire. Je préfère attendre une bonne occasion pour agir » affirma t-il sur de lui

-« Je crains que vous n'attendiez longtemps » répliqua Cortez

-«En êtes vous sur ? » demanda tranquillement John sans cesser de sourire

Cortez parut un instant désarçonné par la froideur de son vis-à-vis, son assurance que rien ne semblait devoir ébranler. Puis il haussa les épaules

-« Nous partons dans deux heures » lança t-il en quittant la pièce « Ca vous laisse le temps de réfléchir »

Dès qu'ils furent seuls Fusco tourna le dos à la caméra et s'approcha de Reese pour chuchoter :

-« Ils ont pris Finch. Faut vraiment trouver le moyen de sortir d'ici ! »

-« Je sais Lionel. S'ils touchent à un seul de ses cheveux ils le paieront très cher »

-« Ouais. Pas de doute là-dessus ! » Il observa le regard sombre de son partenaire, son maintient rigide, il sentait la colère qui couvait en lui, brulante, meurtrière.

-« John ? »

-« Oui ? »

-« N'oublie jamais que je suis de ton côté tu veux ? »

-« Entendu Lionel » approuva Reese avec un sourire moqueur. Il refit le tour de la pièce. Fusco le vit s'arrêter un instant et plaquer ses mains contre la porte comme s'il espérait que cela suffirait à l'ouvrir. Il devinait la détresse sous le masque d'impassibilité et enrageait de ne pouvoir l'aider.

Reese s'efforçait de rester concentré, prêt à saisir la moindre opportunité, essayant de maîtriser ses craintes, sa peur de perdre son compagnon. Finch était à la fois force et fragilité, il savait que ces hommes ne le briserait pas, en tous cas moralement parce que physiquement… Il se rappela ces minutes insupportables lorsqu'il pensait l'avoir perdu à cause du père Miguel. Il se jura que cela ne se reproduirait plus. S'il le perdait il ne lui resterait rien. Le vide l'appellerait et cette fois il n'hésiterait pas à lui répondre …