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La fureur de l'Oeil blanc


Madara marchait dans les rues de Tokyo. Vêtu de la cape d'Akatsuki, il portait ostensiblement au pouce droit un anneau argenté, sur lequel était gravé sur fond bleu le kanji « Rei » (zéro).

Le shinobi était de toute évidence enfermé dans ses pensées, et ne prêtait aucune attention aux regards des passants, curieux de son accoutrement. Il se dirigeait vers le QG, après un petit séjour sur le Mont Fuji. Lorsque l'on était, comme lui, doté d'un justu de déplacement spatio-temporel, voyager devenait vraiment pratique !

Madara sourit à cette pensée et tourna dans une ruelle adjacente. Le QG était en vue. Il avait obtenu, par des moyens plus ou moins légaux, un des immeubles les plus grands de Tokyo.

Le gratte-ciel, très récent, était composé de cinquante étages, et s'élevait à près de deux cent mètres du sol.

Le bâtiment avait d'abord servi de siège à la Sejiyama S.A, une société bancaire en plein essor. Mais une semaine auparavant, le patron de l'entreprise, lui-même un riche héritier qui avait acheté l'immeuble de sa poche, avait été retrouvé mort, et le légiste avait diagnostiqué une crise cardiaque. Chose assez étrange puisque le directeur était plutôt jeune, et n'avait jamais montré un signe de faiblesse cardiaque. Chose encore plus étrange, le testament de l'homme désignait un certain Miyamoto comme unique bénéficiaire de l'immeuble. Aucun employé de l'entreprise ne connaissait ce Miyamoto, qui, deux jours plus tard, héritait de l'immeuble et déclarait vouloir mettre toute l'entreprise à la porte. Le comble de la bizarrerie fut atteint lorsque les employés sur le départ virent arriver, quelques jours plus tard, une bonne centaine d'hurluberlus vêtues de capes blanches. Certains employés de la société avaient reconnu l'uniforme des Fils du Vent, et quelle ne fut leur surprise lorsque les soi-disant « héros de Tokyo » les éjectèrent littéralement de l'immeuble, sans autre forme de procès.

Alors que Madara s'apprêtait à pénétrer dans le hall de la tour, il entendit un bruit de course derrière lui. Reconnaissant le chakra d'un de ses hommes, Madara rangea le kunai qu'il avait sorti par réflexe.

- Madara-sama !

- Qu'est-ce qu'il y a encore, répondit ce dernier dans un grognement.

Le sous-fifre déglutit. Le chef était de mauvaise humeur. Et ça n'allait pas s'arranger lorsqu'il entendrait ce qu'il avait à dire.

- Euh… Je viens d'avoir notre contact au téléphone. Celui de Paris.

- Et ?

- Il est mort, répondit l'Akatsukien dans un souffle.

Madara se mit à sourire, à la grande surprise de son interlocuteur. Celui-ci réfléchit quelques instants et soudain, prit conscience du quiproquo.

- Euh…Non… Madara-sama… C'est Natsuo qui est mort. Il a échoué, maître.

Le sourire de Madara fondit comme neige au soleil et une lueur écarlate s'alluma au fond de ses orbites. Un scintillement de métal. Une giclée d'hémoglobine. Madara reprit son chemin, alors que le corps du laquais tombait, la carotide sectionnée. Les quelques passants, enfermés dans un Genjutsu depuis le début de la discussion, ne se rendirent compte de rien, tandis que deux shinobis sortaient en toute hâte de l'immeuble, ayant senti que quelque chose clochait.

Ils échangèrent un regard avec leur chef, et comprirent aussitôt. Ils s'empressèrent alors de ramener le cadavre dans l'immeuble, sous le regard énervé de Madara. Sa journée était gâchée.

« Pourquoi est-ce que tu ne veux pas crever, Itachi ?»

Naruto et Sasuke s'entraînaient ensemble depuis deux semaines, et ils en bavaient.

Le premier jour, Itachi les avait fait courir pendant six heures dans le jardin, sans s'arrêter. La tâche n'avait rien d'impossible, puisque les shinobis possédaient une constitution physique bien au dessus de la moyenne. Elle en était néanmoins éprouvante. Alors que les deux jeunes garçons, au bout de deux heures, se réjouissaient de tenir le coup, Itachi avait eu l'idée saugrenue de corser les choses. Apparemment inspiré par un rouleau de la grotte intitulé « Techniques d'Entraînement selon Maito Gai », il avait décidé d'ajouter des poids. Et ce de plus en plus.

A bout de cinq heures, les deux élèves s'étaient écroulés de façon quasi-simultanée.

Les poids de cinquante kilos les avaient vaincus. Itachi était conscient de la difficulté de l'entraînement, mais ses apprentis devaient progresser le plus vite possible, afin d'être capables de se défendre contre Akatsuki.

Les jours suivants, les deux garçons avaient dû marcher sur un mur puis sur l'eau. Sasuke y était parvenu assez vite, mais Naruto avait eu un peu plus de problèmes. En content les longues séances de torture (de course avec des poids) qu'Itachi leur avait prescrit quotidiennement, ils s'entraînaient douze heures par jour. Au bout de quatre jours, le chef d'Amaterasu avait décidé d'accélérer la cadence. La durée de travail avait ainsi été rehaussée à seize heures par jour (on est loin des trente-cinq heures). Lorsqu'au bout d'une semaine d'extrême torture physique, Itachi avait jugé qu'ils avaient les bases, ils étaient passés aux choses sérieuses. Désormais, Naruto et Sasuke s'affrontaient au Taijutsu toute la matinée, l'après-midi étant consacré à la théorie puis la pratique du Ninjutsu, ainsi que du Genjutsu.

Un clone d'Itachi surveillait l'entraînement en permanence, intervenant dès que l'un de ses élèves risquait de se blesser, tandis que l'original effectuait des recherches sur Internet.

Pendant ce temps-là, Gamataki, avachi sur le sofa, regardait la télé à longueur de journée en mangeant des chips ou des Ramen.

« Combien de temps ça va durer ? » se demanda Naruto en son for intérieur.

Avec tout ça, il n'avait pas vraiment eu le loisir de parler à son ami. Alors que Sasuke était surtout un rival, Itachi était son meilleur ami, ce qui était très différent. En fait, Naruto avait l'impression qu'Itachi l'évitait. Ou plutôt les évitait. Car les deux frères ne se parlaient pas plus, sinon moins.

Tout à ses pensées, Naruto avait oublié Sasuke. Et celui-ci, voyant une ouverture, en profita immédiatement. D'un crochet du droit, il envoya le blond à l'autre bout du salon réaménagé qui leur servait de salle d'entraînement.

- Espèce de lâche ! J'étais en train de réfléchir, baka, dit Naruto.

- Tu ne vas pas me faire croire qu'il t'arrive de réfléchir, dit Sasuke dans un petit sourire. Si c'est le cas, et bien c'est un jour à marquer d'une pierre blanche, digne de figurer parmi les faits les plus marquants de l'histoire !

- Attends voir, Sasuke, tu as fais une phrase, là ? Tu ne te sens pas trop fatigué, ça va ?

Le clone d'Itachi intervint aussitôt pour empêcher Sasuke de répondre.

Sasuke baissa alors les yeux, qu'il posa sur Naruto. C'est alors qu'il les vit. De profondes coupures jalonnaient le bras gauche du blond. Le clone d'Itachi les avaient vues lui aussi.

« Alors c'est pour ça qu'il porte des manches longues, se dit le clone… »

Naruto remonta précipitamment sa manche, mais le mal était fait.

- Qu'est-ce que tu as sur le bras ? lui demanda Sasuke, perplexe.

- Rien, rien…

Soudain, le clone d'Itachi partit en fumée, alors que quelques secondes plus tard, l'original faisait irruption dans la pièce.

- Wow Karasu, t'as de ces cernes ! On croirait voir Hayate, ou L dans Death Note ! Tu passes trop de temps devant le PC, mon vieux ! s'exclama aussitôt Naruto.

Itachi sourit, puis répondit :

- Bien essayé, mon vieux. Maintenant, montre-moi ton bras.

Naruto blêmit, et lentement, commença à tendre son bras droit devant lui.

- Eh baka ! Je sais que c'est le bras gauche, pas le droit ! dit Itachi. Alors ne joue pas au plus malin.

A la grande surprise des deux bruns, Naruto retira immédiatement son bras droit, sans chercher à argumenter. Saisi d'un doute, Itachi saisit les deux bras du blond, et remonta les manches. Ce qu'il vit le glaça. Les deux bras de son ami étaient recouverts de griffures, de morsures, et d'autres coupures dont il ignorait l'origine. Le sang perlait encore, les plaies étaient encore fraîches.

- Je présume que ce n'est pas Gamataki qui a fait ça, hein ? soupira Itachi.

- …

- Sasuke, entraîne-toi encore dix minutes, et va manger. Je crois qu'il reste des pizzas dans le frigo. Naruto, suis-moi.

Le brun et le blond se rendirent dans le bureau, et Itachi fit s'asseoir Naruto sur une chaise, alors que lui-même s'asseyait sur le bureau.

- Qu'est-ce qui t'est arrivé ? demanda Itachi à brûle-pourpoint.

- Je… J'en sais rien.

- Ne me cache rien, Benji. Si tu as un problème, dis-le moi.

Naruto se leva immédiatement, énervé.

- Ah parce que toi, tu nous dis tout, peut-être ? Depuis deux semaines, impossible de t'arracher un mot ! Alors que ton frère commence à peine à comprendre le mécanisme de la parole, toi tu t'enfermes et tu ne dis plus rien ! Ça saute aux yeux, que tu as un problème, mais ce n'est pas une raison pour couper les ponts avec ton frère et ton meilleur ami. Enfin, je dis meilleur ami, mais j'ai des doutes. On dirait que tu m'évites, Karasu !

Itachi pâlit, mais resta silencieux.

- Karasu… Tu as un ami et un frère qui t'aiment. Ne t'enferme pas dans la solitude…

- C'est que… Je n'ai pas envie de ressentir ça à nouveau, dit Itachi. La perte d'un ami, de proches… Je ne veux plus jamais avoir à vivre ça.

- Et donc tu crois que couper tous les liens que tu as avec les autres, c'est la solution ? lui demanda Naruto. Karasu… Tu me fais pitié.

Itachi recula comme si le blond l'avait frappé. Néanmoins, ce dernier n'en resta pas là.

- On dirait Sasuke dans le manga… Tu t'es toujours foutu de lui, en disant qu'il comprenait tout de travers, mais comme lui, pour ne pas ressentir la douleur, tu fais une croix sur l'amitié, l'amour et tout le reste. Tout comme Madara et son plan Œil de Lune qui croit que la paix s'obtient en réduisant l'humanité en esclavage. Finalement, tu es comme lui…

Naruto partit en claquant la porte.

Itachi resta immobile pendant de longues minutes, à digérer les paroles du blond. Il savait que ce dernier avait raison, mais avait du mal à l'accepter.

Deux heures plus tard, alors que Naruto et Sasuke, qui avaient fini de manger, s'apprêtaient à reprendre leur entraînement, Itachi entra dans la salle. Il s'avança de quelques pas, puis s'agenouilla.

- Pardon. Je vous demande pardon à tous les deux. J'ai enfin ouvert les yeux, et je vous demande d'excuser ma conduite des derniers jours. J'ai été si stupide.

- J'ai l'impression de passer mon temps à t'excuser, ricana Naruto.

Il y eut un blanc, vite suivi par le rire d'un Itachi transfiguré.

- Oui, tu as raison, ajouta-t-il.

- Bah voilà ! Voilà le Karasu que je connais ! s'exclama Naruto. Sasuke, ou plutôt Akio, je te présente ton frère, Karasu alias Itachi.

Akio rit également, et les trois compères s'assirent sur le tatami qui trônait au centre de la pièce.

- Maintenant, dis-moi, Benji. Qu'est-ce qui est arrivé à tes bras ?

- Sérieusement, je n'en sais rien, répondit Naruto. Depuis un peu plus de deux semaines, quand je me réveille, mes bras sont couverts de blessures de ce genre. Elles cicatrisent dans la journée, et le lendemain, j'en ai de nouvelles. Franchement, ça me fout les jetons. C'est comme si j'avais une deuxième personnalité qui prenait le contrôle de mon corps pendant la nuit !

Itachi écarquilla les yeux. Non, ce n'était pas possible. Et pourtant…

- Naruto, j'ai peut-être une piste… Mais pour la vérifier, je dois faire une truc que j'ai horreur de faire.

- Et c'est ?

- Pénétrer ton esprit, répondit laconiquement le brun. Mais je déteste le faire, parce que c'est un peu comme une violation de ta vie privée, vu que j'ai accès à tes souvenirs et tout et tout. Je ne l'ai fait qu'une seule fois, et à contrecœur crois-moi.

- En tout cas, ce sera la première fois pour Naruto aussi, dit Sasuke, le sourire aux lèvres.

- Pourquoi tu dis ça ? répondit le blond, perplexe.

- Et bien ton esprit est encore vierge, ricana Sasuke. Vu que tu ne t'en es jamais servi !

Les deux bruns se mirent à rire, vite suivi par le blond lui-même.

- Alors, tu acceptes ? demanda Itachi à son meilleur ami.

- Vas-y, je suis prêt.

Aussitôt, Itachi activa son sharingan, et leva les yeux vers son ami. Il plongea dans les deux gouffres bleus océans. Ces yeux… Itachi n'avait jamais remarqué à quel point leur couleur était magnifique. Tous en eux faisait penser à la mer, Itachi sentait presque le bruissement des vagues, le clapotement de l'eau à ses pieds. Non. Ça il l'entendait vraiment !

Itachi ouvrit les yeux et constata avec surprise qu'il pataugeait dans l'eau. Très sale. Malgré l'obscurité de l'endroit, cela il pouvait le voir.

- Quel endroit insalubre… C'est vraiment mauvais signe…

Itachi avançait à travers l'étendue aqueuse, lorsqu'une bulle s'éleva dans les airs et s'immobilisa en parvenant à sa hauteur. Itachi s'approcha et vit, à travers la bulle, une scène de la vie réelle, plus vraie que nature.

- Les souvenirs de Benji…

Estimant qu'il n'avait pas le droit d'inspecter ces souvenirs, Itachi continua son chemin, jusqu'à ce que l'eau s'éclaircisse. Elle quittait sa teinte brunâtre, et devenait rouge. Rouge sang. Itachi soupira. Apparemment, il ne s'était pas trompé…

Au bout de quelques minutes, il arriva devant une cage impressionnante, qui contenait une créature encore plus impressionnante. Kyûbi.

Itachi déglutit. Le manga n'était pas à la hauteur de la réalité. Le regard du démon renard l'effrayait malgré lui, et ses crocs luisant dans l'obscurité, enveloppés de la salive du démon, rendaient le tout assez terrifiant. Itachi continua néanmoins à s'approcher.

Alors qu'il se rapprochait du démon, il vit Benjamin sur sa gauche. Celui-ci était accroupi et avait les yeux clos. Il semblait dormir. Sans réfléchir, Itachi courut vers lui.

Alors qu'il allait l'atteindre, une voix grave et pleine de haine retentit autour de lui.

- Que viens-tu faire ici, Uchiha ?

Itachi ne répondit pas et toucha Naruto. Celui-ci se réveilla immédiatement, et, en voyant Itachi fut d'abord étonné. Lorsqu'il vit le renard, son visage se décomposa.

- Ce truc… est vraiment en moi ?

- Ne me demande pas pourquoi sale humain, je n'en sais pas plus que toi, grogna le renard.

- Vraiment ? Et bien moi, je pense le savoir, répondit Itachi, le visage fermé.

- Parle, Uchiha. Mais si tu me fais perdre mon temps, je te bouffe les tripes !

- Tout d'abord, comment sais-tu que je suis un Uchiha ?

Le renard sembla réfléchir quelques instants, puis rugit :

- Je n'en sais rien ! Tu es censé m'expliquer, pas me poser des questions, espèce de larve !

- Très bien. Il y a un peu plus de deux semaines, Benjamin a reçu les pouvoirs de Naruto, un shinobi qui se trouve dans une autre dimension. En lui est scellé le démon renard, Kyûbi. Il semblerait donc que tu sois la réincarnation de Kyûbi, et vu que tu étais scellé en Naruto, tu es maintenant scellé en Benjamin. Je suis moi-même la réincarnation d'un Uchiha, un clan de shinobis dont l'un des pouvoirs les plus puissants est le contrôle d'un Bijuu.

Itachi se tut, puis dit à Naruto :

- Benji, je présume qu'un sceau est apparu sur ton ventre depuis que tu as reçu tes pouvoirs.

Tu aurais dû me le dire ! Je suis sûr que tu as compris depuis le début que tu avais Kyûbi en toi !

Naruto rougit et hocha la tête en bredouillant des excuses.

- En gros je suis condamné à rester emprisonné à l'intérieur de cet humain ? C'est ça ? Je suis sûr que je pourrais vous bouffer, pourtant, rugit Kyûbi.

Aussitôt, le renard essaya de donner un coup de griffe à Itachi, qui l'évita. Celui-ci mit alors sa main sur le museau de l'animal et se concentra. Le corps de Kyûbi se désintégra alors en de multiples petites bulles, et disparut totalement dans l'ombre.

- Il est mort ? demanda Naruto.

- Hélas non… répondit son ami, avant de disparaître lui aussi.

Lorsqu'Itachi revint à lui, il croisa aussitôt le regard de Naruto, qui baissa les yeux.

- Alors ? demanda Sasuke, curieux.

- Kyûbi… répondit son frère.

- Merde, lâcha Sasuke, comprenant aussitôt.

- Ne t'inquiète pas, Benji, tu es fort, dit Itachi. Tu arriveras à le maîtriser.

Sasuke acquiesça et Naruto eut un faible sourire.

Puis Itachi reprit :

- Ça va ?

- Tout est ok, répondit le blond en souriant.

- Super. Bon, je crois que vous vous êtes suffisamment entraînés comme ça, leur dit le chef de l'organisation.

- Sérieux ? Youpi ! hurla Naruto en sautant partout.

Sasuke se contenta de sourire. Lui aussi en avait peu marre. Ce n'était pas qu'il était fatigué… Ou si peu… On a sa fierté Uchiha ou on l'a pas.

Itachi réclama le silence et s'apprêtait à continuer lorsque Gamataki entra dans la salle.

- Alors ? On faisait une petite réunion sans votre crapaud préféré ?

- Je te déteste ! hurla Naruto en souriant, ce qui ne le rendait pas très crédible. T'as bouffé tous les Ramen, et tu ne m'as rien laissé !

- Hé hé… La prochaine fois tu profiteras de la vie, comme moi ! Se la couler douce, il n'y a rien de tel ! répondit le crapaud, un sourire goguenard inscrit sur les lèvres alors qu'il se remémorait les entraînements plus qu'éprouvants du blond.

- Hey ! Je peux parler ? demanda Itachi.

- Yo, chef… dit Gamataki en sortant une autre chips du paquet qu'il tenait à la main.

- Bon, je voulais vous dire que j'ai fini les recherches ! J'ai trouvé pas mal de gens qui sembleraient avoir les mêmes pouvoirs que nous. Le problème c'est qu'ils sont répartis un peu partout dans le monde. Par chance, ou pour une raison que je ne connais pas, la plupart se trouvent en France, donc on commencera par ceux-là.

- Ok ! dirent les trois autres en cœur.

- Et quand est-ce qu'on part ? demanda Naruto, qui peinait à dissimuler son impatience.

- Ça va te plaire. MAINTENANT ! Donc tout le monde se prépare, vite les gars !

Après avoir rapidement préparé leurs affaires, toute la bande s'installa dans la voiture, Naruto au volant.

- Et où on est-ce qu'on va précisément, demanda Naruto, un sourire Colgate imprimé sur le visage.

- Direction Strasbourg !

- Quoi ! s'étrangla le blond. C'est ce qu'il y a de plus près ?!

- Non, bien sûr… Il y en a à Paris, mais on doit d'abord aller là-bas, dit calmement Itachi.

- Et pourquoi s'il vous plaît ?

- Je suis allé sur le blog de cette fille, et…

- Une fille ! Génial ! cria Naruto, promptement frappé par Itachi.

- Arrête de m'interrompre !

De son côté, Sasuke était à l'arrière, en train de lire un tome de Naruto, regardant de temps en temps les deux abrutis de devant se chamailler.

« Désolant »

- Bref, je continue, reprit Itachi pour la énième fois. Je suis allé sur son blog, et j'ai vu qu'elle déménageait demain matin. Pour aller vivre en Russie !

- En Russie ! C'est quoi ce plan tordu ? demanda le blond halluciné.

- Si j'ai bien compris, une des ses amies vit là-bas, et elle voudrait aller vivre en coloc avec elle. C'est pas vraiment de gaîté de cœur, mais elle a pas vraiment le choix. Apparemment, c'est l'enfer chez elle. Tout le monde la rejette, et même ses parents la traitent comme une pestiférée.

- Et pourquoi ? demanda le blond.

- T'en as pas marre de poser des questions ? C'est parce qu'elle a les yeux blancs depuis deux semaines, et que ses parents l'ont vue faire un saut de six mètres de haut.

- Des yeux blancs ? Elle a le Byakugan ? s'exclama Naruto.

- Ouais… Tu comprends vite, toi… Bref, du coup, ils la voient un peu comme une extra-terrestre. Enfin, si j'ai bien compris, c'était déjà le cas avant. Elle a eu l'air d'avoir une enfance difficile.

- Bienvenue au club, dit Sasuke, et tous trois s'esclaffèrent.

Question enfance, ils avaient été gâtés…

Les trois shinobis (et le crapaud) partirent en fin d'après-midi, et après un voyage éprouvant marqué par les blagues à répétition d'un certain blond, parvinrent à Strasbourg, en plein milieu de la nuit. Ils passèrent le reste de celle-ci à dormir dans la voiture.

C'est ainsi qu'à six heures pétantes trois individus se dirigèrent vers la maison de la fille.

Naruto, en parfait imbécile qu'il était, appuya à tire larigot sur la sonnette.

C'est ainsi que quelques minutes plus tard, la porte s'ouvrit. A la volée.

- Qui est l'abruti qui s'amuse à sonner comme ça à six heurs du matin ?! hurla la silhouette qui se trouvait sur le perron.

Naruto leva la main, la tête basse.

- Désolé, madame, je le ferai plus…

- Madame ?! J'ai dix-sept ans espèce de demeuré ! dit-elle en frappant le blond qui tomba à terre.

La jeune fille sortit de l'ombre, et tous purent voir son visage.

Celui-ci était un véritable tableau à lui tout seul. Une chevelure noire ébène, ponctuée de mèches rouge, verte et bleue surmontait deux yeux magnifiques d'un blanc laiteux.

Ce sont ces yeux qui monopolisaient tout l'attention. Naruto s'y perdait. Ces yeux étaient de véritables perles de lait, semblables à des flocons de neige à la fois gelés et brûlants.

Ce fut Naruto qui brisa le silence.

- C'est quoi cette coiffure ? On dirait un perroquet ! dit-il en rigolant.

La jeune fille inspira profondément, et Itachi crut même voir de la fumée qui s'échappait de son nez. Ça allait barder. Les deux bruns reculèrent pour faire bonne mesure, abandonnant le blond téméraire à son funeste destin.

- Je vais te tuer ! hurla la brune en fonçant sur Naruto, qu'elle frappa derechef. Celui-ci fit un vol plané, s'écrasant à trois mètres de là.

Itachi s'avança alors en disant :

- Ne t'en fais pas, il est toujours comme ça… Ne fais pas attention à ce qu'il a dit sur tes cheveux. Ils sont très b…

Itachi ne put finir sa phrase : le poing de la fille l'avait percuté et il tomba à terre, surpris.

- Vous allez me le payer ! hurla la brune, tandis que Sasuke entamait un repli stratégique.

Ce dernier fut un échec, et Sasuke vint rejoindre le reste d'Amaterasu, par terre.

- Ça vous apprendra à venir déranger les gens comme ça ! lança la fille aux trois garçons qui se massaient la joue.

Itachi se releva, et dit :

- Je suis désolé, je…

Soudain, Gamataki sortit de la poche d'Itachi et sauta à terre. A sa vue, la fille s'immobilisa, puis poussa un hurlement, et partit en courant vers la maison.

Itachi la suivit à l'intérieur. Au diable la politesse ! Il devait lui parler.

- Patti-Sue ? Patti-Sue Engel ?

- Oui ? lui répondit une voix hésitante.

- Je suis désolé pour tout ça, mais nous avons besoin de te parler. C'est à propos de tes pouvoirs, et de tes yeux.

Après un silence, la dénommée Patti-Sue vint le rejoindre dans l'entrée.

- Le crapaud, il n'est pas avec toi ? demanda-t-elle aussitôt.

- Non, non. Il est resté dehors.

Patti-Sue soupira de soulagement, puis leva les yeux vers le brun.

- D'où est-ce que tu connais mon nom ?

Itachi prit une inspiration et commença à lui raconter toute l'histoire, ou presque.

Une dizaine de minutes plus tard, les deux adolescents sortaient, et Itachi fit les présentations.

- Naruto, Sasuke, voici Pattie-Sue.

- Bonjour, dit Sasuke.

- Salut ! s'exclama Naruto.

Patti-Sue rougit. Le blond était assez beau, tout à fait son genre. Elle commençait à regretter de l'avoir cogné. Les deux bruns furent étonnés de ne pas être la cible de l'attention de la gente féminine, pour une fois, mais ne s'en plaignirent pas, loin de là.

- Bonjour ! dit-elle.

- Je te préfère comme ça, rigola Naruto. Tu m'as fais peur, tout à l'heure !

- T'as qu'a te tenir à carreau ! cria-t-elle aussitôt.

- Ok, ok, ok… répondit précipitamment le blond en faisant mine de se protéger. Pas taper, Sue, pas taper par pitié.

Tout le monde se mit à rire tant l'attitude de Naruto était comique.

Une fois les présentations achevées, Itachi lança un genjutsu sur Gamataki, qui se trouvait dans sa poche. C'est ainsi qu'il sortit un corbeau de cette dernière.

- Patti, seul Gamataki peut te donner ton vrai nom. Vu que tu as la phobie des crapauds, j'ai fais en sorte que tu ais l'impression qu'il soit un corbeau, expliqua Itachi.

La jeune fille acquiesça, et reçut bientôt son vrai nom, qu'elle révéla avec un grand sourire.

- Hinata…

- Sans déconner ! s'exclama Naruto. Hinata n'est pas censée être timide est gentille ?

Pattie-Sue se dirigea vers Naruto avec un air menaçant.

- Non… Non, je ne voulais pas… Je.. Aïe !

La réincarnation d'Hinata lui donna un coup de poing, puis lui caressa la joue, avant de rougir aussitôt.

Naruto n'y comprenait rien, tandis qu'Itachi arborait un grand sourire. Qu'il perdit aussitôt quand Patti-Sue se tourna vers lui.

- Veux tu faire partie d'Amaterasu, Patti-Sue ?

La jeune fille accepta, et Itachi s'exclama :

- Hinata, je te souhaite la bienvenue à Amaterasu !

Soudain, le genjutsu se dissipa, et le corbeau, posé sur l'épaule de Pattie-Sue, redevint crapaud. Le long cri qui suivit acheva de réveiller le quartier…