19
La rose de Broadway
La première chose que fit Itachi en sortant de l'avion fut de consulter son téléphone portable. Même s'il avait prétendu le contraire, il était assez inquiet pour ses amis. Maintenant que Madara savait que le sceau avait été brisé, il allait non seulement tenter de recruter les nouveaux shinobis mais également s'en prendre aux membres d'Amaterasu, ses seuls vrais adversaires à l'heure actuelle.
En effet, avant de prendre l'avion, Itachi avait mené sa petite enquête. Il avait téléphoné au majordome du château qui lui avait révélé que l'Akatsuki causait actuellement des troubles à Tokyo. D'après lui, l'organisation était définitivement devenue criminelle. A la source de nombreux casses, pillages, dommages physiques et matériels, l'Akatsuki était redouté de tous au Japon. Les Yakuzas eux-mêmes craignaient les hommes de Madara.
Pourtant, Itachi n'avait pas trouvé le moindre article dénonçant ces activités criminelles. Du quotidien japonais à Internet, nul article ne mentionnait Akatsuki, que ce soit en bien ou en mal. De toute évidence, la loi du silence avait été décrétée. Madara avait instauré une censure des médias. Avait-il l'appui du gouvernement japonais ? Ou peut-être était-il déjà à la tête de l'Etat ? C'est sur ces noires pensées qu'Itachi lut le sms que lui avait envoyé Naruto.
« Sommes bien arrivés à Tokyo. Serons bientôt au château. Déstresse, il ne nous arrivera rien ! A +, Benji. »
Apparemment Naruto avait une fois encore vu clair en Itachi, et s'était douté que celui-ci s'inquièterait.
« Quel baka… » pensa Itachi en souriant sans s'en rendre compte.
Rassuré, Itachi releva la tête et se dirigea vers la sortie de l'aéroport John Fitzgerald Kennedy.
En chemin, sous l'injonction de Gamataki, il fit un arrêt aux toilettes. Les yeux d'Itachi balayèrent la salle, puis, lorsque le Uchiha constata que cette dernière était vide, il sortit le batracien de sa poche.
- Qu'est-ce qu'il y a, Gama ?
- A ton avis ? Tu sais bien que moi et l'avion ça fait deux !
Itachi se frappa le front. Il avait complètement oublié que le crapaud avait le mal de l'air.
Gamataki plongea donc dans un lavabo où il put vomir à loisir.
Depuis cinq minutes, Itachi jetait des coups d'œil réguliers à Gamataki. Incroyable tout ce que ce crapaud pouvait régurgiter !
« Enfin pas si étonnant que ça quand on voit ce qu'il mange… » se dit Itachi en sentant la nausée l'envahir. L'odeur du vomi de crapaud était vraiment atroce !
Soudain, un homme entra dans la salle de bains et passa devant le lavabo sans voir (et sans sentir) Gamataki. Itachi soupira. Il avait bien fait de lancer un Genjutsu sur le batracien…
- Bon, tu as bientôt fini ? chuchota Itachi.
- Ouais, c'est bon, répondit Gamataki en sautant dans le mouchoir qu'Itachi lui tendit.
Le brun rangea précipitamment le crapaud emballé dans sa poche et quitta les lieux.
Lorsqu'il fut à l'air libre, Itachi respira profondément.
« La prochaine fois que je prendrai l'avion avec Gamataki, il faudra que je pense à prendre un masque à gaz. » pensa Itachi.
Mais l'air pollué qu'il respira le fit tousser. La pollution ! Voilà bien un point commun entre New York et Tokyo !
- Hey, man ! Where do you wanna go ? (Hey, man ! Où est-ce que je peux t'emmener ?)
Itachi reprit ses esprits et vit le taxi driver qui venait de lui poser une question. L'homme en question était basané et parlait avec un fort accent mexicain.
Le brun répondit du tac au tac. Il parlait tout le temps en anglais ou presque depuis la création d'Amaterasu. En effet, Sasuke ne parlait pas français, de même que Hashirama, et Hinata, Shika ou Jean ne parlaient pas un mot de japonais.
- Well… I need to go to Broadway. I have to meet someone at the Hard Rock Café (Euh… Je dois aller à Broadway. J'ai rendez-vous avec quelqu'un au Hard-rock Café), expliqua Itachi.
- Ok ! Let's go ! (Ok ! On y va !) hurla le chauffeur en sortant du taxi et en jetant la valise d'Itachi dans le coffre.
Le brun s'assit à l'arrière et le taxi partit dans un bruit assourdissant.
Sur la demande d'Itachi, le chauffeur fit quelques détours et le chef d'Amaterasu put admirer la haute stature de l'Empire State Building, du Chrysler Building ou encore d'un drôle de gratte-ciel en forme de fer à repasser.
Une fois arrivé à Broadway, Itachi regarda tout autour de lui. Il était une heure de l'après-midi et la place était déjà pleine de monde. Des touristes se pressaient de toute part, prenant les photos de ce qu'ils avaient tant de fois vu au cinéma. Il faisait plein jour mais des dizaines d'écrans étaient allumés, montrant publicités et bandes-annonces. Les couleurs envahissaient peu à peu Broadway, et Itachi avait hâte de voir ce qu'il en était de nuit…
Soudain, Itachi vit le Hard-rock Café. En fait il aurait été difficile de le rater.
Ledit restaurant était placé juste à droite de l'immeuble qui symbolisait l'avenue (celui que vous voyez sur toutes les photos). Un grande guitare entourée de lumières rouges surmontait l'entrée.
Itachi entra, et fut quelque peu étonné en constatant que l'endroit n'avait rien d'un café. Pour Itachi, cela s'apparentait plus à une boutique de souvenirs… le brun passa devant des tee-shirt Hard-rock Café que s'arrachaient un groupe de jeunes touristes coréens.
Itachi soupira. Il ne comprendrait jamais ces touristes qui s'arrachent des souvenirs hors de prix alors qu'une simple photo suffirait à se remémorer toute la beauté de l'instant.
Le brun se rapprocha du comptoir qui trônait au centre de la boutique et ricana en voyant la pile de boîtes qui y étaient exposées. Des Monopoly Hard-rock Café…
Dépassant les deux vendeuses prises d'assaut par une horde de touristes, Itachi marcha vers le fond de la salle, et vit un escalier qui descendait sur sa gauche. Il le prit et trouva enfin ce qu'il cherchait. Le brun eut un bref regard pour les dizaines de guitares électriques qui pendaient au mur puis tourna une fois de plus à gauche, et pénétra enfin dans le restaurant.
Dès qu'il fut entré, il fut alpagué par un homme qui lui demanda aussitôt s'il avait réservé.
- Not really... (Pas vraiment...)
Le « videur » esquissa un geste et Itachi dit précipitamment :
- Actually I would like to talk to Tamara. I was said that she worked here. (Pas vraiment. En fait j'aimerais parler à Tamara. On m'a dit qu'elle travaillait ici).
L'homme eut un instant d'hésitation puis répondit :
- Oh... I'm sorry but she is not yet here. Tamara only works tonight. As far as I am concerned, I think that you should go and do some shopping in the street, and come back this evening. She will certainly be arrived. (Oh... Je suis désolé, mais elle n'est pas encore là. Tamara ne travaille que le soir. Je pense que vous devriez allez faire du shopping dans la rue et revenir ce soir, vers huit heures. Elle sera certainement arrivée).
- Yes, you're right. Thanks ! (Oui, vous avez raison. Merci !) le remercia Itachi.
Une fois de retour sur Broadway, Itachi se maudit. Il aurait dû faire plus de recherches sur cette Tamara… Tout ce qu'il savait, c'était qu'elle travaillait ici. S'il avait su où elle habitait, ou au moins déniché ses horaires de travail, tout aurait été plus simple.
« Maintenant, je dois poireauter six heures. C'est chiant… »
Itachi n'avait jamais été intéressé par le shopping. Pourtant, nul doute que beaucoup de gens auraient donné cher pour être à sa place. Y compris la plupart de ses amis expatriés à Tokyo.
Après un déjeuner rapide au Mc Do où Itachi fut surpris de voir qu'il avait droit à du soda à volonté, il fit néanmoins le tour des boutiques, et acheta quelques cadeaux pour ses amis.
« Si je ne le fais pas, ils vont me tuer » se dit Itachi.
Il prit une casquette noire des New York Yankees pour Kakashi qui le lui avait demandé et des tee-shirts pour les autres garçons. Mais que prendre pour les filles ? Itachi ne voyait pas trop ce qu'il pourrait choisir pour elles, et nul doute que leur acheter des vêtements pourrait se révéler dangereux. En effet, si ces derniers ne leur plaisait pas ou étaient trop grands, il pouvait dire adieu à sa vie…
Itachi se décida finalement pour deux ravissantes paires de lunettes de soleil. Son portefeuille en pâtit, mais il lui restait assez d'argent pour le dîner qu'il prendrait dans quelques heures au Hard-rock Café.
Après quelques heures d'errances dans les boutiques de souvenirs et de vêtements, Itachi regarda sa montre pour la énième fois et fut ravi de constater qu'il était enfin huit heures. « Maudit soit l'imbécile qui inventa le shopping ! »
Cinq minutes plus tard, Itachi avait finalement obtenu une table et jetait des coups d'oeil discrets aux serveuses, se demandant laquelle était Tamara.
- Alors, on se rince l'œil monsieur ? (désormais, traduction directe de l'anglais pour cause de flemme de l'auteur)
Itachi se redressa d'un coup en rougissant et vit la serveuse qui lui avait parlé. Son cœur se mit alors à battre plus vite.
La fille devait avoir dix-neuf ans et ses longs cheveux noirs magnifiques virevoltaient autour de son corps.
Ses cheveux ne parvenaient pas à dissimuler les courbes sublimes de la jeune femme et le teint d'Itachi vira au cramoisi. Son regard se posa ensuite sur les yeux de la serveuse et Itachi eut le souffle coupé. La femme avait des yeux vairons. L'un était vert et l'autre bleu. Itachi en avait entendu parler, puisqu'Alexandre le Grand possédait lui aussi cette étrange mais fascinante dissymétrie. Mais il n'en avait jamais vus auparavant.
Itachi se décida finalement à répondre en bafouillant.
- Euh non… Je ne…
- Vraiment ? Dans ce cas pourquoi regardez-vous ainsi toutes les serveuses ? Dépêchez-vous de répondre ou je serai forcé d'abîmer votre joli visage…
Itachi ne savait plus où se mettre. Il n'avait jamais vu une serveuse pareille. Naruto les matait à chaque fois qu'ils allaient au restau et ne s'en cachait pas. Et aucune ne disait jamais rien.
Soudain Itachi fut envahi d'une joie fugace et inexplicable. La serveuse avait dit qu'il avait un joli visage…
Une fois redescendu sur terre, Itachi répondit :
- C'est assez compliqué. Je viens de France et…
- Et alors ? Ce n'est pas une excuse ! la coupa la brune.
- Je sais, mais laissez moi finir s'il vous plaît, répondit Itachi d'une voix lasse.
A sa grande surprise, la serveuse se tut et le regarda avec des yeux curieux. Ce jeune homme ne ressemblait pas aux imbéciles lourdingues qui la mataient et la sifflaient habituellement.
Ceux-ci formaient des groupes et, dans leur lâcheté, ne se seraient jamais risqués à importuner les serveuses sans l'appui de leur supériorité numérique.
Or, ce jeune garçon était seul. De plus, il était assez jeune, la jeune femme lui donnait maximum dix-huit ans. Il avait dit être français, et tout ceci le rendait assez atypique et mystérieux. Et puis, la serveuse répugnait à l'avouer, mais elle était captivée par ces yeux d'ébène qui semblaient lire en elle. Enfin, il était beau. La brune ne pouvait imaginer qu'un type aussi canon matte des filles puis se mette à rougir une fois pris en faute. Elle se résolut donc à écouter sa réponse. Elle pourrait toujours le cogner ensuite si celle-ci ne tenait pas debout…
Soudain, la jeune fille vit qu'un groupe de jeunes sur sa droite étaient en train de la reluquer. Ouvertement.
- Attends deux secondes, je reviens, lança la serveuse à un Itachi étonné.
La jeune femme se dirigea vers la table des jeunes et commença à les engueuler.
Itachi regarda la scène, amusé. Cette serveuse était vraiment redoutable !
Mais contrairement à Itachi, les jeunes ne semblaient pas vouloir se laisser faire. Passablement éméché, l'un d'eux toucha la poitrine de la jeune femme. Cinq secondes plus tard, il était étalé par terre, le nez cassé.
« Toujours faire gaffe aux épines de la rose » pensa Itachi.
Malheureusement, les amis de la victime devinrent violents et la jeune femme se trouva bientôt entourée par cinq types menaçants. Itachi, inquiet, regarda autour de lui.
« Que font les mecs de la sécurité ? »
Ces derniers se faisaient attendre, aussi Itachi se leva et se jeta au secours de la serveuse.
Il étala deux types en deux secondes, tandis que la serveuse donnait un coup de pied à un autre. Le coup de pied toucha un point sensible. Très sensible. L'homme tomba à genoux, les mains appuyées sur son bas-ventre.
Itachi et la jeune femme se tournèrent ensuite vers les deux derniers, qui reculèrent, intimidés.
C'est à ce moment là que les deux colosses chargés de la sécurité arrivèrent et maîtrisèrent les deux hommes.
- Et voilà la cavalerie… dit Itachi.
- Toujours en retard… ajouta la jeune femme en riant.
Voyant qu'Itachi la regardait mi curieux mi admiratif, la serveuse ajouta :
- Je suis assez forte en arts martiaux. Mais je te remercie quand même pour ton aide.
- Ce fut un plaisir, répondit le brun.
Itachi regagna sa table, suivi par la serveuse vers qui convergeait désormais tous les regards. Une rixe dans un restaurant ne passe jamais inaperçue…
- Maintenant, passons aux choses sérieuses, déclara la jeune femme. Tu as vu de quoi je suis capable alors j'attends tes explications pour tout à l'heure.
Itachi déglutit.
- En réalité, je ne suis pas à New York pour le tourisme. Je suis là pour quelqu'un. Et cette personne travaille ici. C'est une serveuse, et… Je ne sais pas à quoi elle ressemble, avoua le brun.
- Vous cherchez une personne… Et vous ne savez pas à quoi elle ressemble.
La jeune femme, dubitative, regarda le brun de travers.
- Vous avez son nom, au moins ?
- Oui. Elle s'appelle Tamara. Tamara Kagamine.
La serveuse sursauta mais Itachi, sans en tenir compte, continua à parler. La compagnie de la brune le rendait étrangement plus loquace.
- C'est une jeune fille d'origine japonaise. Elle a dix-sept ans et…
- Chut ! s'exclama soudain la serveuse en jetant des coups d'œil apeurés autour d'elle.
- Pourquoi…
- Ils ne savent pas que je n'ai que dix-sept ans, vous comprenez… Je leur ai dis que j'avais dix-huit ans pour avoir ce job…
Itachi eut une expression de surprise.
- Alors… Vous êtes Tamara ?
La jeune fille acquiesça.
- La vache, reprit Itachi. Je ne l'aurais jamais cru. Moi qui vous donnais minimum dix-neuf ans…
- Oui on me le dit souvent. Et que me veux-tu au juste ? demanda Tamara, passant subitement du vouvoiement au tutoiement
- Je suis au courant que tu as des pouvoirs. C'est grâce à eux que tu as remporté un tournoi de catch il n'y a pas longtemps, n'est-ce pas ?
La jeune fille réagit au quart de tour. Elle attrapa Itachi par le col et le tira vers l'entrée de service sous les yeux ébahis des personnes présentes.
Une fois arrivée dans la pièce, elle claqua la porte et projeta le brun contre un mur.
- Si tu parles, je te tue !
Itachi ouvrit de grands yeux étonnés.
- De quoi tu parles, au juste ?
Tamara, surprise, lâcha le brun et recula.
- Tu… Tu n'es pas là pour me dénoncer ?
- Te dénoncer ?
Le brun n'y comprenait rien. De quoi parlait cette fille ?
- Bah oui ! Je possède des pouvoirs donc j'ai cru que tu voulais me dénoncer à l'IEPP !
- A l'IEPP ? Qu'est-ce que c'est que ce truc ? demanda Itachi, interloqué.
- L'Institut d'Etudes des Pouvoirs Paranormaux ! Tu ne regardes jamais les infos ? Il y a eu un flash spécial ce matin. Des centres viennent d'ouvrir un peu partout dans le monde.
Toutes les personnes qui ont des pouvoirs sont envoyées dans ces centres. De gré ou de force…
- Et on dit que les Etats-Unis sont le pays de la liberté… dit tristement Itachi. Désolé mais ce matin, j'étais dans l'avion, expliqua le brun. Mais dis m'en plus sur ces centres s'il te plaît.
- Pour l'instant, il y en a trois. Un à New York, un à Paris et l'autre à Tokyo. Il paraît que l'initiative vient du gouvernement japonais. Celui-ci aurait fait pression sur les Etats-Unis et la France…
- Pourtant, je ne vois pas une puissance telle que les Etats-Unis se soumettre au Japon, la coupa Itachi.
Le brun réfléchit et soudain, comprit.
- C'est encore Madara, souffla-t-il.
- Quoi ?
Tamara, décontenancée, regarda Itachi faire les cent pas dans la pièce.
Au bout d'un moment, le brun croisa le regard de la jeune fille et lui avoua :
- Moi aussi, j'ai des pouvoirs. Tu te doutes donc que je ne vais pas te dénoncer.
La jeune fille passa de la surprise au soulagement, alors qu'Itachi continuait ses explications.
- Je suis venu ici afin de te demander de rejoindre notre organisation, Amaterasu. C'est une organisation basée au Japon, et uniquement constituée de personnes comme toi et moi.
- On est des mutants ? le coupa soudain Tamara. J'ai vu X Men et je trouve l'analogie assez frappante…
Itachi secoua la tête, amusé.
- Non non, pas du tout. Nos pouvoirs proviennent d'un monde parallèle. Euh… Tu connais Naruto ?
- Non. Je connais de nom mais je ne lis pas de mangas, répondit la jeune fille.
- Ce n'est pas grave. Vois-tu, nous possédons les pouvoirs des personnages de ce Manga.
La jeune fille ouvrit de grands yeux et Itachi s'empressa d'ajouter :
- Je sais, c'est difficile à croire. Mais je n'ai pas le temps de t'expliquer. Je te demande juste de me faire confiance.
Tamara regarda le brun dans les yeux.
- Non.
La réponse claqua comme un fouet et le cœur d'Itachi se serra.
- Très bien, dit finalement Itachi. Dans ce cas reste ici et cache tes pouvoirs. Tu ne dois en aucun cas te rendre à l'IEPP car…
- Non, répéta Tamara en souriant.
Itachi fronça les sourcils. Essayait-elle de le faire tourner en bourrique ?
- Je ne peux pas te faire confiance… si je ne connais pas ton nom !
Itachi sourit à son tour.
- Ne me dis pas que j'ai oublié ça ! Excuse-moi… Je m'appelle Karasu, mais au sein de mon organisation, on m'appelle Itachi.
- Ravie de te connaître Itachi. Je te fais confiance.
- Tu m'as appelé Itachi… Ça veut dire que tu veux bien intégrer Amaterasu ? lui demanda le brun.
- Oui. Je n'ai pas envie de renier mes pouvoirs, et je pense que faire équipe est le seul moyen de s'en sortir.
Itachi eut un immense sourire. Sans qu'il ne sache pourquoi, le fait que Tamara les rejoigne le remplissait de joie.
- Tamara, je te souhaite…
Soudain, Itachi s'arrêta net. Il avait failli oublier.
Le brun sortit Gamataki de sa poche et le tendit vers une Tamara stupéfaite.
Celle-ci eut un moment d'hésitation puis saisit le crapaud. Aussitôt ce dernier sauta sur sa tête puis se baissa et lui chuchota son nom à l'oreille :
- Haruno Sakura...
Tamara eut un spasme, et fut secouée par des tremblements. Puis elle se redressa en regardant ses mains.
- C'est bizarre… Je me sens si bien…
- C'est normal, lui répondit Itachi. Tu connais désormais ton nom de shinobi et tu as désormais recouvré la totalité de tes pouvoirs. Reste plus qu'à les maîtriser !
- Sakura… C'est un joli nom. Ça ne veut pas dire…
- Cerisier en japonais. Oui, c'est ça, la coupa Itachi. Tu porteras désormais le nom de Sakura au sein de l'organisation. Ça ne te dérange pas ?
- Non, pas du tout. C'est bizarre mais ce nom m'est familier. Comme si je l'avais porté toute ma vie.
- Oui, c'est la même chose pour tout le monde.
Sakura redressa la tête et son regard se posa sur Gamataki, à présent installé sur l'épaule d'Itachi.
- Mais au fait… Un crapaud qui parle ?!
Gamataki leva les yeux au ciel tandis qu'Itachi se retenait de rire.
- C'est fou ce que les humains sont prévisibles…
Soudain un cri retentit dans la pièce. Itachi se retourna et vit une deuxième serveuse qui montrait le crapaud du doigt en hurlant.
Aussitôt, Itachi s'avança vers Sakura et posa sa main droite sur l'épaule de la jeune femme.
Celle-ci, surprise, se tourna vers lui en rougissant.
- Que…
Itachi, lui aussi troublé, composa quelques signes et ils disparurent.
Une minute plus tard, les deux adolescents et le crapaud étaient à l'aéroport.
- Bon, on ne va pas tout de suite au Japon, expliqua Itachi. Je dois encore aller chercher une personne. Elle habite en France.
- En France ? Super, j'ai toujours rêvé d'y aller ! s'exclama Sakura, enthousiaste.
- …
- Mais au fait ! Et mes affaires ?! cria Sakura alors que le brun s'apprêtait à procéder à l'enregistrement.
Itachi se retourna en jurant.
- Merde… J'ai complètement oublié, avoua-t-il.
La brune réfléchit quelques instants, puis déclara :
- En réalité, je n'ai pas grand-chose de valeur… Je suis tout sauf riche ! Mais j'aurais besoin de vêtements. Je ne compte pas garder cette tenue cent sept ans !
Itachi reluqua la jeune fille, constatant que sa tenue de serveuse la rendait tout à fait attirante. Un peu trop même…
- Ta tenue est très bien, dit Itachi. Surtout le décolleté…
Sakura rougit, puis frappa le brun, qui se demandait pourquoi il avait sorti un truc pareil. Ce n'était pourtant pas son genre…
Itachi se releva, tout en se massant la joue. Cette Sakura tapait vraiment fort.
« Qu'est-ce que ça va être quand elle aura appris à maîtriser ses pouvoirs… »
- Désolé… C'est sorti tout seul, dit le brun en grimaçant.
- Va pour cette fois. Mais ne recommence pas !
- Hn. Pour les vêtements, ne t'en fais pas. J'ai pas mal d'argent, je t'achèterai tout ce que tu veux.
- Tout ? fit Sakura, une lueur bizarre dans les yeux.
Une goutte apparut derrière la tête d'Itachi. Il n'aimait pas du tout, mais alors pas du tout la lueur qui était apparue dans les yeux de la jeune femme.
Il ne le savait pas encore, mais son portefeuille allait déguster.
- Comment as-tu fait ? Pour le passeport ? demanda Sakura à Itachi lorsqu'ils furent assis dans l'avion.
- Et bien comme tu n'en avais pas, j'ai utilisé un sort d'illusion pour leur faire croire que tu en avais un. On appelle ça un Genjutsu.
- Super pratique ton truc ! fit la jeune femme.
- Oui, mais il ne faut pas abuser de ses pouvoirs et…
- Tu sais que tu es rabat-joie, toi ? le coupa Sakura en faisant un moue adorable.
Itachi tourna la tête vers le hublot. Il ne fallait pas qu'il la regarde. Cette fille lui faisait décidément beaucoup trop d'effet. Il n'aimait pas du tout cette sensation de ne plus avoir le contrôle de la situation.
- Au fait, qu'est-ce qu'on va faire pour les IEPP ? Pour ceux qui y ont été envoyés ?
- On verra ça plus tard, répondit le brun. Ça me désole, mais j'ai bien peur qu'on ne puisse rien faire pour l'instant. Madara aura certainement mit le paquet pour protéger ces centres…
La jeune fille ne répondit rien, et Itachi s'enferma dans ses pensées.
Après un voyage long et éprouvant, Gamataki ayant vomi pendant tout le vol, les deux adolescents prirent un en-cas rapide dans un bar de l'aéroport.
- Au fait, où est-ce qu'il habite, le type qu'on doit recruter ? demanda Sakura entre deux bouchées.
- A Pornichet. C'est prêt de la Baule. Dans l'Ouest de la France.
- C'est zarb comme nom, répondit la brune en mordant dans son sandwich.
- Je te l'accorde, dit Itachi en enfournant une frite dans sa bouche.
- Et on y sera dans combien de temps ? demanda soudain Sakura. Je ne veux pas rater Les Experts Manhattan !
Itachi réprima un rire moqueur.
- Les Experts Manhattan ? Mais c'est complètement naze ! Regarde plutôt les Experts tout court, c'est largement mieux !
- Même pas vrai ! répliqua la brune. Mais tu n'as pas répondu à ma question.
- Hn. On y sera en deux minutes. Environ.
Sakura parut surprise, puis comprit.
- On va encore utiliser ta téléportation ?
- Oui. Tout à l'heure, en sortant de l'avion, je suis allé à l'espace wifi et j'ai pris des photos de la ville sur Internet. Figure-toi que les voisins du garçon que nous allons voir déménagent et vendent leur maison. J'ai donc trouvé la photo sur Internet. Du coup on a qu'à s'y téléporter et on y est illico.
- Ok !
Trois minutes plus tard, les deux adolescents atterrissaient dans une petite ruelle sombre.
- C'est ici ? demanda Sakura en désignant une maison à leur gauche.
- Je crois, répondit Itachi en s'approchant de la maison.
Celle-ci était assez grande, et agrémentée d'un jardin spacieux et bien entretenu. Tout dans cette demeure respirait le confort et la sérénité. Pourtant, Itachi demeurait taraudé par un mauvais pressentiment.
Une fois parvenu devant la porte, il sonna deux fois et attendit qu'on vienne leur ouvrir.
Au bout de quelques minutes, il se retourna vers Sakura.
- On s'est peut-être trompé de…
La porte s'ouvrit à ce moment-là.
- C'est pourquoi ? fit une voix de femme.
Itachi fit volte-face et regarda son interlocutrice. Agée d'une cinquantaine d'année, la femme avait les yeux rouges, comme si elle avait pleuré.
- Bonjour Madame, dit Itachi. Je viens voir Adrien Fillaut. Il habite bien ici ?
A peine Itachi avait-il fini sa phrase que la femme fondit en larmes.
- Ils l'ont pris… Ils ont enlevé Adrien !
Sakura et Itachi étaient dans le salon et faisaient face aux parents d'Adrien, unis dans la douleur.
- Adrien a été envoyé à l'IEPP, n'est-ce pas ? lança soudain Itachi.
Les deux parents échangèrent un regard surpris, puis regardèrent Itachi avec suspicion.
- Comment le savez-vous ? demanda le père. Vous aussi, vous vouliez le vendre, c'est ça ? Et bien c'est trop tard ! Nos voisins l'ont déjà fait ! cria l'homme en se levant.
Itachi se leva à son tour et lui fit face.
- Non. Nous sommes là pour vous aider.
- Mensonges ! hurla le père en projetant son poing vers Itachi.
Ce dernier l'arrêta avec son petit doigt, et un grand silence s'installa dans le salon.
- Ecoutez, je suis comme lui. J'ai des pouvoirs, et je voulais qu'il rejoigne mon organisation.
Jamais je ne l'aurai vendu. Sakura et moi sommes là pour vous aider. Nous avons le même objectif. La destruction des IEPP.
- Vous êtes là pour nous aider, hein ?
Itachi et Sakura se tournèrent vers la fille de dix-neuf ans qui venait de pénétrer dans la pièce.
- Que les IEPP disparaissent ou pas, j'en ai rien à faire, reprit cette dernière. Tout ce que je veux, c'est que vous sauviez Adrien. Rendez-moi mon frère ! Je vous en supplie !
Les parents d'Adrien reprirent les supplications de leur fille et Itachi serra les poings, une flamme dans les yeux.
- Ne vous en faites pas, je vais sauver votre fils. Et tous les autres. Je ne le fais pas seulement pour vous, mais aussi pour moi. J'en ai marre de subir, d'être celui qui se défend. Il est temps de contre-attaquer !
Itachi sortit aussitôt de la maison, talonné par Sakura.
Les regards pleins d'espoirs, de la famille d'Adrien étaient gravés dans la mémoire du brun, et il ferait tout son possible pour qu'ils ne soient pas déçus.
