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Flashbacks et retour au bercail
Flashbacks
- Prends ça !
En voyant le poing de la brune foncer vers son thorax, l'homme tenta une esquive mais échoua lamentablement. Résultat : une cuisante défaite.
L'arbitre, après une courte délibération avec le jury, désigna Tamara et lui annonça sa qualification pour les tours suivants.
- Et merde… La honte… fit son adversaire défait.
- La honte ? Et pourquoi donc ? intervint la gagnante du combat. Parce que je suis une fille ?
Le silence de son adversaire fut éloquent et Tamara lui donna un coup de poing dans le ventre qui le fit se plier en deux.
- Mademoiselle ! Le match était terminé ! Intervient l'arbitre. En raison d'un acte de violence extérieur au tournoi, j'ai le regret de vous annoncer que vous êtes éliminée.
Avec humeur, Tamara ôta ses gants et les jeta sur le ring sans un regard pour l'arbitre et le vaincu qui arborait un sourire pitoyable.
- Je vois que tu as recommencé, constata un jeune homme qui l'attendait à la sortie.
La fille ne répondit pas et son frère continua d'une voix amusée :
- N'empêche, tu devrais apprendre à contrôler tes émotions, petite sœur.
- Oh toi la ferme ! T'as pas idée comme ces gars-là sont cons ! rugit la brune en désignant l'entrée du complexe sportif.
- Mais alors pourquoi tu continues ?
- Parce que j'aime ce sport ! Le problème, c'est les abrutis qui le pratiquent. Enfin c'est pas une généralité, mais souvent, ce sont des abrutis de mecs élevés à la testostérone et du coup, ils sont rageux de se faire battre par une fille.
- Et pourquoi tu ne joues pas contre des filles ? Je pensais que les combats n'étaient pas mixtes…
- Parce que tu crois que les filles sont mieux ? En plus d'être connes, elles sont nulles, alors je ne te raconte pas… lui répondit sa sœur.
Le frère de Tamara leva les yeux au ciel en soupirant.
- Très bien, fais ce que tu veux. Mais arrête de te plaindre constamment, je n'y suis pour rien, moi.
- Me plaindre ! Mais c'est toi qui a commencé à me faire la morale !
La dispute continua jusqu'à ce que tous deux parviennent à l'immeuble où ils logeaient.
Leur appartement, ce n'était pas le grand luxe, mais c'était à New York. Et rien que ça, c'était déjà pas mal.
Tamara s'assit sur le canapé pendant que son frère faisait la cuisine. C'était son tour et elle n'avait par conséquent rien à faire. Le pied ! La brune mit ses écouteurs, alluma son iPod et sentit ses yeux se fermer.
- Eh Tamara !
- Hm ?
Tamara releva la tête vers son frère qui la regardait, inquiet.
- Tu te sens bien ?
- Ben oui, pourquoi ? Je n'ai plus le droit de dormir, maintenant ?
Son grand frère ne releva pas l'ironie et répondit calmement.
- Tu as vomi, Tamara.
- J'ai quoi ? Zak, tu me charries ?
Son frère secoua la tête et demanda :
- Tu es pétée ? Qu'est-ce que tu as bu ?
Tamara commença à s'énerver, comme à chaque fois qu'elle restait plus de deux minutes avec son frère.
- J'ai rien bu, ok ? cria t-elle.
Zak eut un geste d'apaisement.
- Dans ce cas tu es malade petite sœur.
- Tu sais que t'es un petit génie toi ? se moqua sa sœur en se levant. Je vais très bien ! Je crois même que je ne me suis jamais sentie aussi bien de toute ma vie…
- Et moi Tamara, je dis que tu devrais voir un docteur et… Attends voir. Tu n'es pas enceinte au moins ? Tu n'aurais pas fait une connerie et…
La brune frappa son abruti de frangin de toutes ses forces. Celui-ci fut éjecté à l'autre bout de l'appartement et s'écrasa contre un mur dans un craquement sec.
Tamara, ébahie, resta un moment immobile en regardant fixement son poing dressé, puis courut vers son frère inanimé.
- La colonne vertébrale et la moelle épinière est touchée. Il faut vite l'opérer où il risque la paralysie.
Tamara tourna la tête vers son frère aîné. Elle était au bord des larmes.
- Oh… Comment on va faire, Kyosuke ?
Son frère, qui fixait toujours le médecin, ne lui répondit pas.
- Et combien coûte une telle opération, demanda Kyosuke, s'attendant au pire.
- Dix mille dollars.
Kyosuke baissa les yeux. La couverture santé aux Etats-Unis était très inégale, et très peu accessible aux pauvres…
Tamara laissa échappé une larme. Ils ne pourraient jamais réunir une telle somme, à moins de vendre l'appartement…. Mais où iraient-ils ?
- S'il le faut, on vendra l'appartement, déclara Kyosuke à sa petite sœur sur le chemin du retour.
Tamara acquiesça, avant d'ajouter :
- Tout ça c'est de ma faute… C'est moi qui l'ai frappé…
- C'était un accident Tamara…
- Mais ce n'est pas possible ! Il a volé à travers tout l'appartement ! Je ne suis pas Hulk, merde ! s'emporta la jeune fille.
Son frère se retourna vers elle.
- Arrêtons de parler de ça, tu veux. Le pourquoi n'a aucune importance, tout ce qui compte, c'est de trouver cet argent pour réparer les dégâts.
Sitôt rentrée à l'appartement, Tamara s'enferma dans sa chambre pour pleurer. Elle se sentait si inutile… Son frère allait essayer de trouver de l'argent mais elle ne se faisait pas trop d'illusions. Quand à elle, son boulot de serveuse lui rapportait suffisamment d'argent pour vivre, mais là on parlait de dix mille dollars !
Tamara fit les cent pas, puis sortit sur le balcon. Ce dernier était petit, miteux, et donnait sur la déchetterie… Tamara resta un moment accoudée à la balustrade. Elle serrait la barre si fort que ses poings blanchirent. Soudain, Tamara entendit un craquement et recula, tandis qu'une partie de la balustrade tombait dans le vide et s'écrasait dans la décharge.
Tamara n'en croyait pas ses yeux.
« Je suis peut-être Hulk, finalement… Ou Spiderman.»
La jeune fille recula encore, puis retourna dans sa chambre. Elle venait d'avoir une idée. Pour une fois, sa vidéothèque allait peut-être l'aider : elle allait faire comme dans Spiderman.
Tamara prit le journal qu'elle avait acheté le jour même et se mit aussitôt à la recherche d'une annonce. Lorsqu'elle trouva enfin ce qu'elle cherchait, Tamara poussa un cri de triomphe : la récompense était de dix mille dollars exactement. La brune serra les poings. Pour une fois, elle allait se battre avec une vraie motivation.
Lorsqu'elle arriva devant le bâtiment délabré, elle respira un bon coup et entra. Sans aucune hésitation, elle se dirigea vers l'espèce de gros porc qui prenait acte des candidatures. Après avoir fait la queue pendant une dizaine de minutes, elle parvint enfin face au tas de graisse.
- Désolé Mademoiselle, mais vous avez dû vous tromper d'endroit. Pour les spectateurs c'est là-bas, dit l'homme en désignant une autre file.
Son haleine fit reculer la brune.
« Rectification », songea la jeune fille. « Un tas de graisse puant ».
- Non, je ne me trompe pas, connard, je veux me battre.
L'obèse tiqua, puis partit dans un grand rire.
Tamara le fit taire d'un coup de poing dans le bide, puis prit sa tête et l'écrasa sur la table.
Il y eut un craquement horrible et l'homme se redressa, le nez en sang.
- Putain ! Elle m'a pêté le nez ! (je ne vous le donne pas en VO, il suffit de mettre fucking partout)
Le cachalot regarda Tamara dans les yeux, et celle-ci y vit de la colère, de la peur, et ce qui devait être… du respect.
- Signez et disparaissez ! s'exclama le poids lourd après un temps de réflexion. Et je vous rappelle que nous ne serons pas responsables si vous…
- Je sais ! Mais je ne suis là ni pour perdre, ni pour être blessée. Alors va te faire foutre !
Tamara savait qu'il fallait être agressive et jurer comme un charretier pour être respectée dans ce genre d'endroits…
La brune signa et partit vers le ring.
Elle s'assit à côté d'un colosse aux muscles démesurés, qui la dépassait de deux têtes.
Celui-ci la regarda et ricana. La brune, très concentrée, ne répondit rien.
- Et voilà l'inévitable, le fantastique, l'immortel Killer Joe ! rugit le présentateur dans son micro.
Le public se leva en applaudissant et en hurlant tandis qu'un gorille faisait son entrée dans le ring. Torse nu, le monstre faisait bien deux mètres et devait peser cent trente kilos. Rien que des muscles.
- Je vous rappelle qu'il y a dix mille dollars à gagner pour celui qui, le premier, arrivera à mettre K.O notre bon vieux Killer Joe !
La brute en question fit un tour du ring en levant les bras, faisant redoubler les cris de la foule, perceptibles malgré le hard rock qui passait en boucle.
- Qui veut y aller le premier ? Qui veut tenter sa chance ? s'égosilla le présentateur.
- Moi ! s'exclama aussitôt Tamara, imitée par deux autres. Ceux-ci se concertèrent et décidèrent de laisser passer la fille d'abord. Elle n'avait aucune chance de gagner de toute façon…
Lorsque Tamara s'avança vers le ring, droite et fière mais tremblant légèrement, elle entendit les insultes et les rires des spectateurs, qui brandissaient des pancartes insultantes. La brune serra les dents mais continua son chemin vers la fosse au lion.
- Que le combat commence ! hurla le présentateur, tandis que les deux opposants se mettaient en garde, les gants levés.
- Je vais te bousiller, pétasse, se gaussa Killer Joe. Rien à foutre que tu sois une fille. N'empêche, c'est dommage, t'étais plutôt bien roulée !
Pour seule réponse, Tamara dressa ses poings serrés et partit à l'assaut.
Alors qu'elle parvenait à hauteur du colosse, ce dernier voulut lui porter un coup de poing surpuissant qu'elle évita aisément, avant de sauter. La jeune fille, sous des centaines d'yeux stupéfaits fit un bond de deux mètres et retomba derrière Killer Joe.
Celui-ci, qui n'y comprenait rien, se mit à la chercher et Tamara serra son poing droit. Elle y plaça toute sa haine, toute sa peur, tous ses espoirs.
Lorsque son adversaire tourna enfin son crâne chauve vers elle, Tamara s'élança.
« Maintenant. Maintenant ! »
Le poing percuta la mâchoire du monstre qui s'envola à trois mètres, sonné.
Le public resta pendant quelques secondes en mode bug, puis se mit à injurier la jeune fille et à encourager leur champion.
Tamara, sans attendre, courut vers l'homme à terre et lui balança un coup de pied en pleine tête. Tous les coups étaient permis. Elle se mit alors à larder Killer Joe de coups, jusqu'à ce que l'arbitre, comprenant que c'était fini, n'intervienne.
Il fit reculer la fille et compta dix secondes. Le temps s'écoula, et l'arbitre proclama la victoire de Tamara, à la grande fureur des spectateurs, qui étaient venus pour voir de nombreux combat et la victoire de leur champion. Le présentateur, énervé par la défaite de son bébé qui ressemblait désormais à un puzzle, fit signe à la jeune fille qui le rejoint.
- Voilà ton fric ! Et ne reviens plus jamais connasse !
Tamara partit sous les huées mais son cœur était à la fête : elle avait l'argent !
Une semaine passa, et l'opération eut lieu. Elle fut un succès. Tamara n'avait pas dit à ses frères d'où venait l'argent, car ceux-ci ne l'auraient pas cru…
Néanmoins, elle refusait de recommencer. Elle voulait une vie normale et son job de serveuse lui suffisait amplement. C'est sur cette pensée que Tamara alluma le téléviseur et regarda les infos avant de partir au boulot. Il était bientôt six heures et son patron n'aimait pas qu'elle soit en retard.
« Ce matin, le président des Etats-Unis a annoncé l'inauguration de l'IEPP, un centre spécialisé dans l'étude des personnes dotées de pouvoirs paranormaux. Tout aussi étrange que cela puisse paraître, il semblerait que depuis environ une semaine, de nombreuses personnes à travers le monde présentent d'étranges capacités, comme une force physique bien supérieure à la moyenne. Le cas américain n'est pas isolé, et deux autres IEPP ont déjà vu le jour en France et au Japon. Le président a déclaré que toute personne présentant de pareils pouvoirs devait être au plus vite envoyée à l'institut. Les citoyens et les personnes concernées sont priées de coopérer, afin que… »
Tamara éteignit la télévision, le souffle court. Elle avait frappé son frère une semaine auparavant. Elle possédait cette étrange force depuis exactement une semaine. Et ils allaient essayer de l'enfermer dans ces IEPP…
- Reprends-toi, ma grande, souffla Tamara en se mettant devant la glace pour remettre de l'ordre dans sa tenue.
« Ils ne savent pas que j'ai des pouvoirs, ils ne savent pas. Ils ne peuvent pas savoir… »
Quelques minutes plus tard, Tamara était dans la rue, et prenait un taxi pour Broadway.
Après un trajet qui lui parut long, elle parvint enfin au Hard Rock Café, et alla en cuisine pour se changer.
Une fois la tâche (longue : c'est une fille) accomplie, la serveuse pénétra dans la salle du restaurant et balaya celle-ci du regard.
Son regard s'arrêta sur un brun qui mangeait seul, et semblait mater les serveuses. Tamara attendit un peu pour s'en assurer, puis se dirigea vers le jeune homme le regard flamboyant.
- Attends voir, mon gaillard, quelques secondes et je suis à toi…
Yohan courait à en perdre haleine. Sa sœur lui avait encore piqué la voiture, et il en était réduit à piquer un sprint dans les rues de Cayenne. Déjà que ces derniers temps ça n'allait pas fort entre sa copine et lui, il avait intérêt à arriver à l'heure pour une fois.
Un rapide coup d'œil sur sa montre informa le jeune homme qu'il était déjà en retard.
Yohan accéléra encore le pas, mais il commençait à fatiguer.
« Déjà fatigué ! Je suis encore loin d'être arrivé pourtant… Chier… »
Yohan s'arrêta, les mains sur les hanches. Le Paintball de ce matin l'avait usé. Sans compter la clope et le soleil guyanais…
Après un court répit, le brun s'élançait de nouveau lorsque son portable vibra.
- Manquait plus que ça, ronchonna Yohan.
- Allo ?
- C'est toi Yohan ?
- Oui Sonia, j'arrive bientôt, je suis…
- Désolé, je sais, le coupa la fille. Ne viens pas, c'est pas la peine. Je crois qu'il est temps qu'on fasse une pause.
Yohan s'appuya contre un mur en soupirant. Et merde…
- Tu as raison… Depuis la rupture de nos fiançailles, ce n'est plus vraiment comme avant, hein ? Je pensais que l'on pourrait recommencer à zéro, mais…
Les derniers mots de Yohan moururent dans sa gorge.
- On reste amis, hein ?
- Oui, ne t'inquiète pas.
- Ah au fait, j'ai… Comment te le dire…
Yohan eut un accès d'énervement.
- Dis-le, tout simplement.
- J'en aime un autre. Je suis désolée. Salut… dit Sonia en raccrochant.
Yohan resta immobile pendant quelques instants. Un autre, hein… On peut dire qu'elle l'avait vite remplacé. Il ressentait un peu de jalousie, mais pas plus que ça. Après un rapide examen de ses sentiments, il se rendit compte qu'il était presque soulagé. Il était temps qu'ils cassent…
Soudain, alors qu'il reprenait son souffle après sa longue course, Yohan commença à tousser. Il finit par vomir et tomba dans les pommes sur le trottoir.
- Qu'est-ce qu'ils me veulent, eux, grogna Yohan en jetant des regards meurtriers aux personnes qui l'entouraient.
- Vous allez bien, jeune homme ?
Yohan se leva, et constata qu'il avait vomi sur la chaussée.
« Qu'est-ce que c'est que cette merde… »
- Je vais bien, merci.
Le regard du jeune homme croisa celui d'une petite fille, qui se cacha aussitôt derrière sa mère.
- Maman, j'ai peur des yeux du monsieur…
« C'est quoi cette embrouille ? Qu'est-ce qu'ils ont mes yeux ? » pensa Yohan en recouvrant ses paupières avec sa main.
- Vous voulez que je vous aide, monsieur ? lui demanda une femme d'une voix timide.
- Je peux marcher tout seul, merci, répondit Yohan assez sèchement.
- Mais vous n'avez pas de canne… ça doit être dur pour un aveugle.
Yohan ouvrit de grands yeux.
- Et qui vous a dit que j'étais aveugle ? fit-il mi-énervé, mi-amusé.
- Vos yeux, reprit la femme. Ils sont blancs.
Après avoir pris une douche, Yohan décida d'aller voir Sonia. Après tout, casser au téléphone c'était moyen… Il enfila sa tenue fétiche, tee-shirt sans manches et pantalon noirs, prit une casquette et sortit.
Une fois parvenu à destination, Yohan baissa un peu plus la visière de sa casquette puis entra dans le hall de l'immeuble, avant de prendre l'ascenseur pour le sixième étage. Une fois arrivé, il tourna à gauche et se retrouva devant l'appartement de Sonia.
Le jeune homme eut un élan de nostalgie puis sonna à la porte.
- Oui ? lui parvint une voix de l'intérieur.
- C'est moi… chuchota Yohan.
La porte s'ouvrit sur une Sonia gênée :
- Pourquoi es-tu venu, je…
- Oui, pourquoi ? renchérit une autre voix.
Yohan pivota sur lui-même et se retrouva face au type qui lui avait piqué sa copine.
Ce mec lui était déjà antipathique.
De taille moyenne, l'homme avait environ trente ans et des cheveux noirs de jais.
Assez mince, ses yeux étaient dissimulés par des lunettes de soleil très noires.
- C'est pas ton problème. Je viens ici quand je veux, répondit Yohan du tac au tac.
- Yohan ! intervint Sonia. Depuis quand tu portes une casquette ? Tu pourrais l'enlever, on ne voit même pas tes yeux.
Yohan hésita quelques instants, avant de se tourner vers l'abruti.
- Ton nouveau mec, il porte bien des lunettes de soleil...
- Sors d'ici ! hurla le type qui commençait à péter un câble.
- Hou la ! Mais c'est qu'il s'enflamme vite, le con ! Tu l'as trouvé où, ce dingue ? ajouta Yohan en se tournant vers Sonia.
Celle-ci ne répondit pas et ôta la casquette du jeune homme. Ce qu'elle vit la cloua sur place.
- Tes yeux… Ils sont blancs !
- Bizarre, hein ? ricana Yohan. J'ai ça depuis ce matin…
- Vraiment hideux, ricana l'homme.
- Tu t'es regardé connard ?
Le copain de Sonia s'approchait d'un air menaçant vers Yohan lorsque Sonia s'intercala entre les deux.
- Pas de ça, les garçons ! Quand à toi, Michael, fais moi plaisir, calme-toi ! Tu as fais un malaise ce matin, je te rappelle !
Bien évidemment, Yohan, qui était vraiment de mauvaise humeur, sauta sur l'occasion.
- Un malaise ? Petite nature va… fit le jeune hypocrite.
Furieux, Michael, essaya de lui donner un coup de poing, mais Yohan l'évita en baissant la tête. Le binoclard, emporté par son élan, vit son poing heurter le mur.
Mais à la grande surprise de Yohan, le mur se fissura, tandis que Michael ne semblait ressentir aucune douleur.
« Apparemment, il est moins nul qu'il ne le paraît », songea Yohan en esquivant un autre coup. Les deux hommes ne prêtaient aucune attention à Sonia qui leur disait d'arrêter.
Yohan, qui en avait marre d'esquiver, donna un coup de poing dans le ventre de Michael, qui fut propulsé à plusieurs mètres.
- Cool… C'est nouveau ça, murmura Yohan en regardant son poing.
Le combat continua, sans qu'un des combattants ne l'emporte sur l'autre. Au bout, d'un moment, Michael éjecta Yohan sur le balcon, et se prépara à se jeter sur lui pour le matraquer de coups. Yohan se releva, s'accrocha à la rambarde, puis sentit ses yeux le piquer, alors que Michael sautait.
Yohan eut alors l'impression qu'un verrou se débloquait dans son esprit, et tout changea.
Sa perception des choses avait tout bonnement changé du tout au tout. C'était incroyable. Il avait souvent imaginé avoir une vue à trois cent soixante degrés, comme les mouches, mais c'était inconcevable pour le cerveau humain. Et pourtant, maintenant qu'il voyait tout, il ne trouvait plus du tout ça étrange.
« Je vois tout… Tout en même temps… C'est incroyable ! »
Yohan mit fin à ses réflexions en constatant que son adversaire n'était plus derrière lui, mais dans les airs, à plus de quatre mètres de hauteur. Il n'était pas le seul à être zarb ! Qu'est-ce que c'est que c'était que ce clown ?
Au moment où son adversaire allait retomber sur son dos, Yohan sauta en arrière.
C'était inutile. Michael avait mal estimé son saut. Et il retombait du mauvais côté de la barrière…
Yohan resta pétrifié pendant quelques instants, puis courut vers la balustrade. Lorsqu'il baissa la tête, ce fut pour voir un camion heurter à pleine vitesse le corps de son adversaire qui s'était écrasé une douzaine de mètres plus bas. Sous le choc, le cadavre de Michael fut projeté contre un mur, tandis que le camion prenait la fuite. Le copain de Sonia ne ressemblait plus à grand-chose…
« Si c'est pas une mort conne, ça… »
Yohan recula et s'assit par terre.
« Je dois être en train de rêver… Ou bien c'est Vidéo Gag. »
C'est à ce moment que Sonia arriva sur le balcon.
- Où est Michael ?
Yohan se contenta de fermer les yeux. Prise d'un doute affreux, Sonia courut vers la rambarde et vit le corps écrasé dans la rue.
- Il…
Livide, la jeune femme se tourna vers Yohan.
- Tu…
- Non… souffla Yohan.
- Tu l'as tué ! hurla Sonia.
Yohan n'eut aucune réaction, tandis que des sirènes se faisaient déjà entendre au loin.
« Ils ne me croiront jamais. Je dois fuir », songea Yohan.
Ce dernier amorça un mouvement vers l'entrée du balcon, mais Sonia lui barra le passage.
Yohan laissa échapper une larme.
- Sonia… C'est un accident. Je te le jure, il est tombé tout seul. Il a voulu sauter sur moi, et je me suis écarté au dernier moment. Il…
Sonia s'effondra sur le balcon, en larmes, et Yohan se força à bouger.
- Je suis désolé, souffla-t-il avant de s'enfuir.
- Myoshin-sama ? Vous me recevez ? Nous en avons trouvé un autre. Il a le Byakugan ! Incroyable, n'est-ce pas ? On a eu pas mal de difficultés à le trouver, mais au bout de quelques heures, un type l'a vendu… Comment ? Oui, bien sûr, la capture a été un jeu d'enfants. Il ne sait pas encore maîtriser ses pouvoirs, donc… L'homme qu'il a tué ? Oui, il avait des pouvoirs lui aussi. Pourquoi, vous avez eu les résultats du test ADN ? Et ça a marché ? Génial ! Qui aurait cru que nos pouvoirs modifieraient notre code génétique ? N'empêche, je me demande pourquoi le boss a détruit la stèle… C'était plus pratique, non ?
L'homme garda le silence pendant un long moment, puis s'exclama :
- Ce vieux enfoiré avait fait ça ? Je n'en reviens pas… Je pensais qu'il n'y avait que sur le château qu'il avait mis une protection… Au fait, c'était qui le mec que le gamin a tué ?
Une fois de plus, la réponse de son interlocuteur fut longue et Yohan tendit l'oreille, attentif à ce qui allait se dire. Jusqu'à présent, il n'avait pas compris grand-chose…
- Ebisu ? Ah cette blague !
L'homme eut un rire bref, puis décida de mettre un terme à la conversation.
- Bref, nous serons à la base demain matin, avec le prisonnier. A demain, chef !
« J'ai tout entendu, bande d'enfoirés… » songea Yohan. « Et dire que pendant un moment j'ai cru que c'était la police qui me cherchait… Apparemment c'est autre chose… »
Pris d'une colère soudaine, Yohan se leva et donna un grand coup de poing dans la porte en métal qui se trouvait à l'arrière de la camionnette. Celle-ci fut à peine éraflée.
- Cette bande de raclures, ils ne laissent rien au hasard.… Ce truc est solide, constata Yohan en regardant son poing endolori.
- Bienvenue à l'IEPP ! Je m'appelle Ariana et…
Yohan passa à côté de la femme sans la gratifier du moindre regard. D'habitude, il était plutôt cool, sympa, jovial, mais tout ça le foutait en rogne. Toutes ses pensées étaient déjà concentrées sur une seule chose. Foutre le camp d'ici.
Ariana le rejoignit en courant et lui demanda de la suivre. Soi-disant pour lui montrer sa chambre.
« Je te promets que je ne vais pas y rester longtemps dans ta chambre pourrave… ».
Après de longues minutes à errer dans des couloirs illuminés par des néons qui faisaient froid dans le dos, Ariana et Yohan parvinrent devant une grande porte métallique, que la femme ouvrit en composant un code. Yohan ne put le voir, malgré tous ses efforts.
« Et merde… »
Yohan entra dans la salle, alors que la porte se fermait derrière lui.
- Bienvenue… Tu parles ! rugit le jeune homme en balayant la salle de ses yeux perçants.
Soudain, une des portes qui entouraient la salle s'ouvrit, et Yohan vit venir vers lui une femme. Elle était blonde et devait avoir la trentaine.
- Bonjour, je m'appelle Maïté, ravie de te rencontrer !
Yohan marmonna un vague bonjour, tandis que la blonde reprenait de plus belle :
- Bienvenue dans cette prison dorée, dont je n'aurai de cesse de vouloir m'échapper !
Mon cœur me pousse à m'évader, car il adore la liberté !
Yohan resta un moment bouche bée. Cette fois, il n'y avait aucun doute. C'était bien Vidéo Gag…
Maïté émergea lentement d'un sommeil sans rêves. La première chose qu'elle constata fut que les draps étaient tâchés. Du vomi ? Berk !
La femme arracha les draps et les jeta dans la machine, dégoûtée. Depuis quand elle vomissait pendant la nuit ? Elle n'était jamais malade…
« Maintenant, tu ne le seras plus jamais c'est sûr… »
- Qui a parlé ? Montre-toi, étranger !
Pour seule réponse, elle entendit un rire. Et ce rire semblait venir de son esprit.
- En plus d'être marteau, voilà que je deviens schizo… murmura Maïté.
« Je m'appelle Hachibi, et je suis réel. Je suis un des neuf bijuus. Un démon si tu préfères. Je vis en ton esprit, car je suis scellé en toi, gamine. »
- Qui c'est que tu appelles gamine ? J'ai plus trente ans, espèce de démon sénile ! Et si tu me disais ce que tu fous dans mon esprit ? Propriété privée, donc déguerpis ! Hors d'ici !
« Doucement… Tu seras peut-être plus réceptive si je te parle face à face… »
Aussitôt, Maïté sembla perdre le fil de la réalité, et se retrouva dans un endroit bizarre. Sous l'eau. Il y faisait très sombre, mais étrangement, Maïté n'avait aucune difficulté pour respirer. Une sorte d'immense taureau la fixait.
- Bienvenue chez moi, Maïté…
- Yo le taureau ! C'est toi le Hachibi qui vit dans mon esprit ?
- Oui, répondit simplement Hachibi.
- Et bien tu n'as plus qu'a déménager ! Loyer impayé !
Hachibi se mit à rire doucement.
- J'ai bien peur que ce soit impossible… Nous sommes condamnés à rester ensemble. Jusqu'à ta mort.
Maïté encaissa, puis répondit :
- Il n'y a vraiment aucun moyen de…
- Si, la coupa le démon. Avec un certain jutsu, il est possible de m'extraire. Mais tu mourras…
Maïté ferma les yeux.
- Donc on ne peux pas faire autrement… J'espère que tu n'es pas trop chiant !
- Mais non, je suis très gentil, sourit le démon mi-bœuf mi-pieuvre de toutes ses dents. Je pourrais te prêter me pouvoirs en cas de besoin…
- …
- Et je connais plein de rimes, ce n'est pas de la frime ! s'exclama Hachibi.
- Youhou ! Bienvenue chez toi mon frère, et je suis sincère ! hurla Maïté à tue-tête.
Hachibi prit soudain une expression plus grave.
- Veux-tu connaître ton nom ?
Maïté le regarda sans comprendre, et le démon s'avança, approchant son museau du visage de la femme.
- Tu es Killer Bee, ma jolie !
- Tu es vraiment sûre de toi ? demanda Hachibi.
- Carrément, mon grand ! Ce n'est pas en restant à la maison que viendra l'inspiration !
- Peut-être, mais ces types de l'IEPP sont vraiment dangereux…
- Au pire, tu me files ton chakra, papa !
- Oui mais…
- Pas de mais, ça ira, tu verras… L'inspiration me vient déjà ! Je n'aurais jamais pensé qu'une simple camionnette m'aiderait autant dans ma quête !
- Quand même de là à faire exprès de se faire attraper par ces types !
Hachibi soupira en souriant et Killer Bee retourna dans le monde réel.
- Passion et trahison, puis-je vraiment prendre le risque de t'aimer tant ? chantonna Killer Bee en inscrivant des vers sur son bloc notes.
- La ferme ! fit une voix devant.
Imperturbable, la femme continua à fredonner les rimes qui lui venaient à l'esprit.
- Sors d'ici, j'en ai marre ! rugit le shinobi de l'Akatsuki en la poussant vers l'accueil de l'IEPP.
- Ça va, ça va, je sors gros porc…. Non. Trop grossier, murmura la jinchuuriki en rayant la dernière ligne de son bloc notes.
La femme entra dans le bâtiment en chantonnant. Un homme et une femme l'attendait. L'homme était un dans la force de l'âge, ses yeux et ses cheveux étaient noirs comme le charbon. La femme, elle, était une jeune femme brune aux yeux verts.
- Laisse, je m'en occupe, fit l'homme.
- A vos ordres, Madara-sama.
La femme partit, laissant Killer Bee seule avec ce Madara.
« Madara ? Et merde… Cet homme est très puissant. De plus, il a le pouvoir de contrôler les Bijuus… »
« Zut et flûte », pensa Killer Bee. « Je n'aurais peut-être pas du venir ici… Mais pense à la poésie ! »
« Je te l'avais dit ! s'exclama Hachibi. S'il sait que tu es une… »
- Jinchuuriki, hein ? J'attendais ta venue avec impatience. Puis-je parler à ton démon ? demanda Madara.
- Nan, t'es méchant, répondit Killer Bee en croisant les bras.
- Quel dommage. Je n'ai plus qu'à forcer le passage…
- Jolie rime ! s'exclama la blonde en notant la phrase dans son bloc notes.
Madara parut étonné, puis enclencha son Mangekyou Sharingan, et croisa les yeux de Killer Bee.
- Quel endroit étrange… murmura Madara.
- Sors d'ici ! Je ne te pardonnerai jamais ce que tu à fais à Kyûbi !
- Vraiment ? Je ne savais pas que vous vous entendiez si bien… En même temps, ce n'est pas moi qui ait fait du tort à Kyûbi. Je ne suis que sa réincarnation.
- Que ce soit toi ou l'autre qui ait blessé le renard, t'es quand même un salopard, chantonna Killer Bee qui se tenait assise sur le museau de Hachibi.
Madara eut un petit rire puis regarda fixement le bijuu à huit queues.
Ce dernier frémit, tandis que la voix de Madara résonnait dans son esprit.
« Hachibi, je t'interdis de te servir de ton chakra pour vous évader de l'institut ou pour agresser un membre quelconque de l'IEPP, murmura Madara ».
La puissante pupille eut raison de la volonté du démon, qui baissa la tête, les yeux flamboyants.
- Tu me paieras ça Madara…
Killer Bee sortit de la salle le sourire aux lèvres. Ces yeux rouges lui donnaient vraiment de l'inspiration.
« Et Hachi ? C'est quoi le but de ces séances zarbi ? »
« Ils essayent de modifier ton esprit, pour te plier à leur volonté. Ils utilisent des illusions, mais je peux t'en protéger. Ça, Madara a oublié de me l'interdire. »
Killer Bee sourit et reprit son chemin.
« Je commence à en avoir un peu ras le bol », avoua la jinchuuriki à son hôte. « Après tout, la liberté m'est indispensable, et je vais bientôt péter un câble… ».
« Et tu as un plan ? Parce que moi je ne peux rien faire pour t'aider, lui rappela tristement Hachibi. »
« Inutile de t'inquiéter, je finirai bien par trouver ! Je devrai peut-être aller voir ce Yohan un soir… Il parait qu'il veut quitter cet endroit, mais il ne faut pas le crier sur tous les toits ! »
« Tu as raison. Mais jusqu'à présent il a toujours échoué… »
« C'est pourquoi nous devons l'aider mon petit démon adoré »
« Je ne suis pas petit et… »
« Et quoi ? »
« Il n'y a que Kyûbi qui a le droit de m'appeler comme ça. »
Killer Bee éclata de rire.
« Waahh ! je n'y crois pas ! Toi et Kyûbi ? C'est une plaisanterie ? »
Le démon ne répondit rien, vexé.
Quelques jours plus tard, Maïté était assise sur son lit lorsqu'elle entendit la porte métallique s'ouvrir. Elle se leva avec nonchalance pour aller voir qui s'était. Elle n'avait rien à faire et pas d'inspiration. Et c'était en rencontrant des gens que l'on trouvait de l'inspiration ! Elle ouvrit la porte de sa chambre et dirigea ses deux yeux gris vers la personne qui venait d'entrer.
Un nouveau. Et vu la tête qu'il faisait, il n'était pas venu de son plein gré. Elle se dirigea vers lui en sautillant.
- Coucou et bienvenue chez les reclus ! Je m'appelle Maïté, et toi bébé ? cria la blonde à tue-tête.
Le nouveau passa de la surprise à la gêne puis répondit d'une voix brisée par la fatigue :
- Adrien…
Adrien marchait sur la plage, les mains dans les poches. Il sirotait un coca en regardant l'océan. C'était une nuit magnifique…
« Si toutes mes tentatives de drague n'avaient pas échoué, ça aurait été encore mieux » se dit le jeune pornichétin de vingt-deux ans.
- Eh Adrien ! Qu'est-ce que tu fais là, tout seul ?
Ce dernier se retourna vers ses deux meilleurs amis. Un jeune homme basané et une jeune fille rousse le fixaient en souriant.
- Eh ! Tu as l'air bizarre… Ça va ? s'enquit la jeune fille.
- Ma chère Carine, ça va, ça vient… Et quand ça vient ça va très bien ! lui répondit Adrien du tac au tac.
- …
- …
Soudain, le dernier des trois fêtards explosa de rire, tandis que la seule fille du groupe semblait elle aussi amusée.
- Tu ne changeras jamais, mon vieux. Toujours à balancer ce genre de blagues…
Adrien sourit lui aussi, puis lança aux autres :
- Mais qu'est-ce que vous attendez ? Tous à la fiestaaaaa !
Le brun courut vers les lumières et les feux allumés sur ma plage en agitant les bras comme un malade mental.
A un moment donné, Adrien s'arrêta de courir et se retourna vers ses amis.
- Vous foutez quoi ! Il faut vous tâter ! Euh… vous hâter pardon !
Il éclata de rire en esquivant la bouteille de bière que lui avait lancé Carine.
D'où ils étaient, les membres du trio pouvaient déjà sentir l'odeur de l'alcool. Une soirée normale, en somme…
Adrien était connu pour mettre de l'ambiance, et c'est pourquoi on l'invitait à toutes les fêtes. Néanmoins, il avait l'alcool en horreur. Pour rien au monde on l'aurait forcé à boire une bière, alors une vodka…
Ses amis aimaient le charrier avec ça, mais le lendemain, c'était lui qui rigolait. Il est toujours très drôle d'embêter les gens qui ont la gueule de bois lorsque l'on est en pleine forme…
- Réveille-toi Adrien ! fit la voix de sa mère.
Ce dernier l'ignora et retourna sous la couverture. Il avait un mal de tête horrible. Mais ça ne pouvait pas être une gueule de bois, il n'avait rien bu hier soir. Il ne buvait jamais. Il était sans doute malade…
- Adrien ! répéta sa mère.
- J'ai compris ! répondit Jiraya en se redressant sur son lit.
Le jeune homme se hâta d'enfiler un short baggy vert kaki et un tee-shirt à manches courtes jaune.
- Qu'est-ce qu'il y a ?
- Ton père veut que tu l'aides pour le jardin !
Adrien soupira. Il avait le jardinage en horreur, et n'avait pas la main verte.
- C'est toujours sur moi que ça tombe, grogna Adrien en sortant de sa chambre.
Bon gré, mal gré, il sortit dehors pour le calvaire hebdomadaire.
Il réquisitionna immédiatement la tondeuse, sans doute le truc le moins fatigant et le moins chiant…
Adrien commença à passer la tondeuse et constata que son mal de tête s'était miraculeusement évaporé, d'un seul coup. Il se sentait merveilleusement bien…
Au bout d'une dizaine de minutes à trimbaler l'engin tout autour de la maison, il sentit quelqu'un lui tapoter l'épaule.
Il se retourna, vit son père, et arrêta l'engin bien trop bruyant.
- Oui ?
Les voisins ont encore coincé leur ballon dans la haie. Le gosse demande qu'on le leur revoie.
- Pff…
Adrien parvint à la haie et constata que le ballon se trouvait à plus de trois mètres de hauteur. Fichue haie…
- Dis Adrien ? Tu peux me rendre mon ballon, s'il te plaît ? fit le garçon de onze ans qui se trouvait de l'autre côté de la haie.
« Tu crois que je suis venu pour quoi ? Cueillir des pâquerettes ? »
- Bien sûr, Raoul. Je suis le meilleur, tu le sais bien ! Je vais l'attraper en un rien de temps ta balle ! fit Adrien dans un grand sourire.
Le jeune homme avait vraiment la flemme d'aller chercher un escabeau.
« Peut-être qu'en sautant… » songea Adrien en estimant la hauteur.
- C'est un nouveau ballon, expliqua Raoul. C'est pour ça que j'aimerais bien le récupérer.
« La prochaine fois tu n'auras qu'à t'acheter un bon pied à la place… Ça t'évitera de faire des Cissé… (en gros de tirer au-dessus pour ce qui ne connaissent pas le foot) »
- Tu veux bien faire ça, Adrien ? C'est gentil, ajouta la mère du mioche qui se trouvait à côté de lui.
- Comptez sur moi ! s'écria Adrien, tout sourire malgré sa verve intérieure.
Adrien prit son élan, puis fonça sur la haie en sautant. A sa grande surprise il rata le ballon de deux mètres. Il avait sauté deux mètres trop haut.
Adrien atterrit dans le jardin des voisins, qui le regardaient stupéfaits.
- Euh… Désolé, je l'ai pas eu. Je peux réessayer si vous voulez, ajouta le jeune homme qui n'en revenait pas. Il aurait pu avoir une médaille d'or aux JO avec un saut pareil. Aurait-il enfin trouver sa vocation ? Un bon pied de nez à tous ses copains qui lui disaient qu'il passerait toute sa vie à errer de bar en bar à mater les serveuses…
Finalement, Adrien parvint à mettre la main sur ce maudit ballon, mais ses pensées étaient ailleurs.
Il rentra chez lui et fila dans sa chambre. La porte était à peine fermée qu'il était déjà devant son PC.
« Avec tout ça, j'ai failli rater le nouveau scan de Naruto ! »
Il commença à lire mais fut surpris de voir qu'il n'arrivait pas à se concentrer.
« Je n'ai vraiment pas la tête à ça… Il faudrait d'abord que je comprenne ce qui m'est arrivé tout à l'heure…»
Adrien commença à arpenter sa chambre, jetant de temps en temps des coups d'œil aux multiples posters de Naruto qui ornaient sa chambre. Il avait des posters de quasiment tous les personnages, sauf Sasuke. Celui-là, il pouvait pas le saquer. (c'est bon ça…)
« Le problème, c'est que je ne vois pas à qui je pourrais m'adresser… Personne ne me croira. A part les voisins, bien sûr… »
Une semaine plus tard, Adrien était allongé sur son lit les yeux rivés sur le plafond lorsqu'il entendit la sonnerie de la porte d'entrée.
- Ça doit être Paul et Carine…Ils ont en mis du temps, cette bande de crevards… lâcha Adrien en sautant du lit.
Adrien descendit les escaliers quatre à quatre et ouvrit la porte à la volée.
- Vous êtes en ret…
Adrien s'arrêta net. Deux personnes se tenaient sur le seuil de la porte. De toute évidence, ils s'agissaient de jumeaux. Et ils portaient des robes de l'Akatsuki.
- Euh bonjour, reprit Adrien, se retenant de rire. Des Cosplayers dans son jardin ?
- Bonjour monsieur, répondit un des deux hommes.
Adrien les fixa tour à tour, puis reprit d'une voix sérieuse :
- Juste pour information, la Japan Expo c'est à Paris, pas à Pornichet. Je sais, c'est dingue ! Après tout Paris c'est minuscule à côté d'une mégapole comme Pornichet, hein ?
- Vous ne comprenez pas, monsieur, nous faisons partie de l'IEPP, le nouvel institut. C'est passé aux infos ce matin, ajouta son interlocuteur.
- Waouh ! Votre machin est à peine ouvert et vous faites de la pub ! Vous êtes rapides les gars ! Et c'est quoi comme institut, pour que vous portiez des robes tirées d'un manga ?
- Notre institut, qui se trouve à Paris, se consacre à l'étude des pouvoirs paranormaux. Comme celui que vous avez…
Adrien se raidit. Comment savait-il ?
- Veuillez nous suivre, nous allons vous y amener, continua l'homme.
Adrien agita les mains, histoire de tempérer leurs ardeurs.
- Olé ! Doucement, messieurs ! Je n'ai jamais dis que je venais avec vous !
- On ne vous demande pas votre avis, lui répondit l'homme qui n'avait pas parlé jusqu'à présent.
Adrien fronça les sourcils et esquissa un geste vers la porte. Mais avant même qu'il l'ait atteinte, il fut projeté et immobilisé contre la façade de la maison.
Adrien se débattit, mais il n'arrivait pas à échapper à la poigne de fer du shinobi.
- Veuillez nous suivre, répéta l'autre homme, alors qu'Adrien louchait sur le bel objet qui taquinait sa gorge.
« Un katana… »
- S'il vous plaît, dit l'homme.
- S'il vous plaît, le singea Adrien. Vous êtes d'une remarquable politesse, vraiment ! Si l'on fait abstraction du fait que vous m'avez projeté contre le mur et mis un sabre sous ma gorge, bien entendu.
Aucun des deux frères ne répondit, mais l'un d'eux hocha la tête imperceptiblement, puis assomma Adrien d'un geste fluide.
Son agresseur plaça ensuite le jeune homme sur ses épaules et se dirigea vers la camionnette qui attendait devant la maison, talonné par son frère jumeau.
- Eh ! Qu'est-ce que vous avez fait à mon frère !
Les deux hommes se tournèrent vers la fille qui venait de crier.
« Et merde, la sœur est rentrée » pensèrent les deux shinobis.
- Je suis désolé, mais nous travaillons pour le gouvernement, plus précisément pour l'IEPP. Et il semblerait que votre frère possède des pouvoirs paranormaux. Ne vous en faites pas , c'est pour son bien…
La jeune fille blêmit. Elle revenait de chez son amie, et avait vu les infos…
- Mais c'est faux ! Il n'a pas de…
- Hélas si, j'en ai bien peur. Votre frère a fait un saut de cinq mètres de haut, précisa l'un des deux membres de l'IEPP. Ses voisins nous ont téléphoné.
La sœur d'Adrien n'en croyait pas ses oreilles. Ils avaient fait ça ?!
Elle serra les poings et se rapprocha des deux shinobis.
- Je ne vous laisserai pas faire, rien à foutre que vous soyez du gouvernement, bande de malades mentaux !
La jeune fille courut vers les deux frères qui échangèrent un regard ennuyé.
Moins d'une minute plus tard, il n'y avait plus aucune trace du camion. La rue était déserte, mis à part la jeune femme qui gisait sur le goudron, inconsciente.
Fin des Flashbacks
Pendant que les quatre nouveaux membres d'Amaterasu étaient plongés dans leurs souvenirs, Itachi, lui, pensait à ses amis laissés à Tokyo. C'était le moment d'aller les rejoindre.
Soudain, le Seigneur des Corbeaux s'aperçut qu'une certaine personne le regardait fixement, comme dans l'attente d'une réponse.
- Alors, comment tu t'appelles ? Tu es anglaise, vu ton accent, non ? demanda Itachi à la fille qu'il venait de sauver du camion.
- Oui, je m'appelle Julie Redaway, fit la jeune fille en se redressant sur la banquette. Je suis anglaise, mais je parle assez bien le français.
- C'est parfait ! Nous parlons tous en anglais ou en français à l'intérieur de l'organisation, donc pas de problème là-dessus, expliqua Itachi.
- D'accord, répondit la blonde. Sinon, j'ai dix-sept ans, j'aime le Rock, le chocolat et foutre des vents aux gens.
Neji eut un petit rire, puis fit signe à Julie de continuer.
- Je n'aime pas les légumes, la viande et le poisson…
- Et les cinq fruits à légumes par jour ? fit Jiraya, amusé.
- Rien à foutre. Tu peux te les mettre là où je pense.
Jiraya, resta muet, la bouche ouverte, puis retourna à sa conduite.
- Bien joué Julie ! rit Sakura, que Jiraya foudroya du regard.
- Que dire de plus sur moi ? J'ai perdu ma mère dans un accident de voiture et je n'ai plus de nouvelles de mon père, reprit Julie.
Itachi fronça les sourcils. Encore une orpheline.
« C'est la mode ou quoi ? En tout cas, si je tenais le père… »
- Ah au fait ! s'écria-t-il. Il est temps de savoir qui tu es ! Gamataki ?
Le crapaud sortit de la poche du garçon, devant une Julie effarée.
- Qu'est-ce qu'elle a la gamine ? Tu n'as jamais vu de crapaud, c'est ça ?
Les yeux de la jeune fille s'agrandirent encore plus.
- Et oui, je sais, je parle, soupira le batracien, blasé.
- Gamataki ? intervint Itachi. C'est pour aujourd'hui ou pour demain ?
Le crapaud mangea une chips puis déclara :
- Mwayankaéno.
- Quoi ? Ne parle pas la bouche pleine, imbécile !
- Yamanaka Ino.
Julie cligna des yeux, et Neji s'écarta prestement de la jeune fille. Il allait éviter de faire la même connerie qu'Itachi…
Pourtant, Julie se redressa très vite, en pleine forme.
- Merde ! C'est dégueulasse ! Elle n'a rien eu ! s'insurgea Neji.
Gamataki sourit et répondit :
- En réalité, tout dépend de qui tu es la réincarnation. Les Hyûga et les Jinchuuriki vomissent souvent car l'apport est très grand et les changements importants : dans un cas ils reçoivent une pupille permanente, dans l'autre un démon.
- Ce n'est pas juste, lâcha Neji en faisant la moue.
Ino le regarda en souriant puis se tourna vers Itachi, et déclara :
- Je me suis présentée, mais je ne sais toujours pas qui vous êtes. Si je vous ai suivi, c'est parce que vous m'avez sauvé de la camionnette, mais j'avoue ne pas trop sa voir si je peux vous faire confiance.
- Tu as bien raison, lui répondit Neji, assis à côté d'elle. Prudence est mère de sûreté.
- Très bien ! fit le chef d'Amaterasu. Je m'appelle Karasu, mais tu m'appelleras Itachi…
- Et merde, ça recommence, soupira Sakura. Toujours la même rengaine…
- Eh ! Je n'y peux rien, moi ! Je préfèrerais n'avoir à le dire qu'une seule fois ! s'écria Itachi, outré.
- N'empêche tu vas un peu vite en besogne, chef ! s'exclama Jiraya. Elle n'a jamais dit qu'elle rejoindrait notre organisation.
- Toi la ferme ! Concentre-toi plutôt sur ta conduite.
Jiraya obéit, les yeux rieurs.
Itachi se retourna vers Julie et continua son speech.
Bien qu'ayant voyagé en première classe, les cinq nouveaux membres de l'organisation et leur chef étaient assez fatigués. Ces derniers jours avaient été éprouvants pour chacun d'eux…
A peine sorti de l'avion, ils se hâtèrent d'aller chercher leurs bagages sur le tapis roulant. Une fois les bagages placés sur les chariots, Jiraya prit son chef à part.
- Itachi… Tu sais, je connais bien l'univers de Naruto. En fait je suis presque incollable.
Itachi ne voyait pas où le brun voulait en venir.
- Ce que je veux dire, c'est… Comment vont tes yeux ?
Itachi se raidit, et Jiraya reprit :
- Tu as utilisé plusieurs fois Amaterasu, et à supposer que le risque soit le même que dans le manga…
- Ne t'inquiète pas. Mes yeux sont impec, mentit Itachi. Bon, on y va ?
Le chef d'Amaterasu partit rejoindre les autres, suivi par un Jiraya dubitatif.
Le groupe se dirigeait à présent vers la sortie pour prendre le bus qui les mènerait près de l'île du château.
- Pas si vite… fit une voix en japonais.
Itachi s'arrêta net. Cette voix… Il l'entendait chaque nuit dans ses cauchemars.
Itachi se tourna lentement vers l'homme qui se tenait derrière lui.
- Madara…
- Bonjour Itachi. Ou devrais-je dire… Le Seigneur des Corbeaux, c'est ça ? Je vois que tu as pris la grosse tête.
Itachi ne jugea pas utile de répondre et se contenta de fixer son adversaire, les yeux mi-clos.
- Itachi… C'est ta dernière chance. Rejoins-nous, ou tu mourras. T'opposer à moi est stupide. Ensemble, nous pourrions régner sur le monde !
Itachi resta silencieux puis répondit sans l'ombre d'un sourire.
- Madara… Dis-moi… Combien de tes shinobis devrai-je tuer avant que tu comprennes que jamais je ne te rejoindrai ?
Madara ferma les yeux, déçu. Lorsqu'il les rouvrit, ses yeux étaient rouges et flamboyants de haine.
- Imbécile !
Madara s'apprêtait à charger l'inconscient lorsqu'Itachi leva la main.
- Pas ici. Je refuse de blesser des innocents, déclara le Seigneur des Corbeaux en dévisageant les voyageurs qui regardaient la scène bouche bée.
- Pff. Si tu veux, ricana Madara.
Les deux hommes sortirent de l'aéroport, talonné par les nouveaux amis d'Itachi.
- Ce lieu vous convient-il, mon cher Seigneur des Corbeaux ? ironisa Madara en désignant le petit parc qu'ils avaient trouvé non loin de l'aéroport.
- C'est parfait. Les amis ?
Itachi se tourna vers les cinq personnes qui l'écoutaient attentivement.
- N'intervenez pas. En aucun cas. Et éloignez-vous. Ce sera encore plus dur si je dois vous protéger… En fait je préfèrerais que vous partiez devant. Je vous rejoindrai plus tard.
- Pas question ! On se battra avec t…
Itachi croisa le regard de Sakura, qui cessa de parler. Les paupières de la brune se fermèrent et elle tomba dans l'herbe, endormie.
Neji regarda Itachi, les yeux pleins d'incompréhension.
- Elle est juste endormie, dit Itachi. Un Genjutsu. Partez maintenant. Voici les instructions pour se rendre au château.
Adrien attrapa le dossier, et tous partirent à contrecoeur, Neji portant Sakura.
- Enfin tranquille ! s'exclama Madara en faisant des moulinets avec son sabre.
- …
- Maintenant, voyons voir, si tu as progressé, mon petit Itachi…
Sur ces mots, Madara disparut. Itachi se retourna et para in extremis la lame du chef d'Akatsuki.
- Prévisible, Madara… souffla Itachi.
- Ah oui ?
A la grande surprise d'Itachi, il fut frappé dans le dos et éjecté au sol. Se relevant péniblement, Itachi constata que Madara n'avait pas invoqué de clone. C'était juste de la vitesse.
« Qu'est-ce que c'est que cette vitesse… Il ne s'est même pas téléporté… »
Itachi se levait lorsqu'il sentit qu'on lui touchait la nuque.
« Impossible… Comment peut-il être aussi rapide… »
Itachi se dégagea, puis s'assura qu'il ne s'agissait pas d'un Genjutsu.
- Depuis quand es-tu aussi fort ? demanda Itachi d'une voix rauque.
- Je ne suis pas fort. C'est toi qui est faible, Itachi, commenta Madara. Pense-tu que j'avais déployé toute ma puissance lors de ce combat dans la grotte ?
Madara lui jeta un regard plein de mépris, puis s'exclama :
- Alors ? Qu'est-ce que tu attends ? Utilise ton Mangekyou ! Tu ne pourra jamais me battre, sans ça. Déjà que ma pupille est supérieure…
- Non. C'est trop dangereux, et tu le sais. Le Mangekyou Sharingan perdra la lumière, ajouta Itachi.
Madara éclata d'un rire dément.
- Bravo ! Tu as bien appris ta leçon ! Mais je suppose que tu connais aussi la parade ? Tu n'as qu'à tuer ton frère, et lui prendre ses yeux.
C'en fut trop pour Itachi qui fonça sur Madara et abattit son sabre sur la tête de son adversaire.
Itachi fut envahi par la stupeur lorsqu'il constata que sa lame avait été bloquée à main nue par Madara. Et ce dernier ne saignait même pas.
- Tel est l'écart de puissances entre nous d'eux, murmura Madara.
Itachi sauta en arrière et souffla :
- Katon Goukakyuu no jutsu…
Madara évita l'immense boule de feu avec une facilité déconcertante et resta immobile, en gratifiant Itachi d'un sourire moqueur.
- Katon : Man'Otaru no jutsu. (Les mille lucioles de feu) dit Itachi en composant une longue série de signes.
Madara perdit instantanément son sourire et se mit en garde. Il ne connaissait pas ce jutsu donc prudence…
Cette fois-ci, ce ne furent non pas une mais des centaines de boules de feu qui se dirigèrent à toute vitesse vers Madara.
Ce dernier conserva son calme et se contenta de faire un bond sur le côté. Mais à sa grande surprise, la nuée de petites flammes effectua une courbe pour le suivre.
Madara ouvrit de grands yeux. Des lucioles, hein…
Madara effectua lui aussi des signes d'un air nonchalant et un immense mur de feu se dressa devant les lucioles.
Celles-ci entreprirent aussitôt d'en faire le tour, mais le mur de Madara se mit aussitôt à s'étendre, des flammes surgissant pour happer les insectes de flammes, qui disparurent rapidement.
Lorsque tous les insectes furent détruits, Madara annula son jutsu et regarda Itachi avec un air supérieur.
- C'est tout ce que tu as, Itachi ? C'est tout ce dont tu es capable ?
Madara marcha d'un pas lent vers son adversaire, qui était tombé à genoux.
« Merde… Je suis déjà fatigué ? »
Itachi se releva et tenta un dernier jutsu :
- Katon : Fushichô no jutsu ! (le Phénix ardent)
Itachi regarda avec espoir son dernier atout s'envoler vers Madara.
Celui-ci fut prompt à réagir
- Katon : Un'mei no Honoo. (Flamme du destin)
Alors que le phénix était à mi-chemin, une énorme boule de feu de couleur bleue quitta la bouche de Madara et percuta l'oiseau, qui explosa immédiatement.
Sans un regard pour l'explosion, Madara continua à se diriger vers Itachi qui tomba à genoux.
- Veux-tu savoir pourquoi tu es si faible ? souffla Madara lorsqu'il fut tout près de son adversaire.
- La ferme… dit faiblement Itachi.
- J'ai l'impression que tu es moins fort qu'avant, mon cher Itachi. Si tu ne t'entraînes pas, tu ne pourras jamais me battre.
Itachi ne répondit rien. Madara avait raison. Il n'avait pas eu le temps de s'entraîner ces temps-ci. De plus, lors de son dernier combat, il n'avait pratiquement utilisé que le Mangekyou. Et il en subissait les conséquences : au fur et à mesure que sa fatigue augmentait, sa vue devenait floue.
Madara empoigna Itachi par le col et leva son sabre.
- Arrêtez.
Madara tourna la tête vers le fou qui avait osé l'interrompre au meilleur moment.
L'homme qui avait parlé possédait une longue cape rouge et un capuchon de la même couleur qui dissimulait entièrement son visage. Au vu du timbre de sa voix, il devait être très âgé.
- Posez ce garçon, ordonna le vieil homme.
Après un instant d'hésitation, Madara décida d'en rire. Qui était cet imbécile pour lui donner des ordres ? Madara ne discernait aucune aura chez lui. Il pouvait le tuer d'un claquement de doigt…
Soudain, Madara vacilla et lâcha Itachi.
« Qu'est-ce qui m'arrive ? ».
L'aura du mystérieux individu avait soudainement pris des proportions gigantesques, à tel point que Madara ne pouvait s'empêcher de trembler. Itachi, qui assistait lui aussi à la scène était tétanisé par la puissance de son sauveur.
La tension retomba aussi vite qu'elle était apparue, et Madara envoya un regard incendiaire au trouble-fête.
- Je ne sais pas qui vous êtes, mais occupez-vous de vos oignons.
A sa grande surprise, l'homme se mit à rire.
- De mes oignons… De mes oignons ? Pauvre imbécile… Jamais je n'ai pensé à moi une seule seconde. Et je ne vis que pour une seule chose. Le monde dans son ensemble. C'est lui que je veux sauver, dit l'homme en écartant les bras.
- Rien que ça… Et vous voulez me tuer, c'est ça ? Pour empêcher Œil de Lune ?
- Non. Là n'est pas ma mission. Tu n'es qu'un homme Miyamoto. Tout ce que je veux, c'est que tu laisses Karasu. Ce combat n'a pas lieu d'être. L'heure n'est pas encore arrivée.
Madara considéra l'homme encapuchonné avec plus d'attention.
« Comment ce type connaît-il nos noms ? Peut-être est-ce quelqu'un que je connais ?».
- Non, Miyamoto, fit l'étrange shinobi. Je l'ai simplement lu dans vos esprits.
Madara recula d'un pas. Ce type était dangereux. Le chef de l'Akatsuki eut soudain un accès de fureur et se tourna vers Karasu en abattant son sabre.
Mais ce dernier fut intercepté par l'inconnu, qui se trouvait déjà entre les deux adversaires. Il avait attrapé la lame avec ses deux doigts, sans même la regarder.
Madara eut un frisson. Ce type était-il seulement humain ? Il se ressaisit néanmoins assez vite et recula pour s'exclamer :
- Katon : Un'mei no Honoo ! (Flamme du destin)
Une fois encore, il invoqua une flamme bleue qui fonça sur les deux hommes. Itachi la voyait fondre sur lui, impuissant tandis que son sauveur, de dos, semblait ne pas la remarquer.
Itachi essaya de crier pour l'avertir mais au moment où il le faisait, l'inconnu, d'un geste négligent de la main, créa un grand mur d'acier qui stoppa la boule de feu sans dommages.
A peine Madara commençait-il à se remettre de sa surprise que son mystérieux adversaire passa à l'attaque.
Il composa une série de signes si vite que Madara, le Mangekyou sharingan activé, ne put les copier.
« Impossible ».
L'homme venait d'invoquer un énorme dragon élémentaire qui fondit sur Madara. Katon, Fuuton, Suiton, Doton, Raiton. Tous les cinq éléments avaient été réunis dans cette attaque.
Madara, les yeux exorbités, commença à disparaître. Il y parvint juste à temps. Une fois de plus, son jutsu de téléportation l'avait sauvé. Sans lui, il était mort.
Madara, qui était apparu dans son QG de Tokyo, se mit en quête de ses sous-fifres, afin de passer sa colère sur eux. Mais qui était ce type, bon sang ?
Itachi eut un soupir de soulagement. Cet homme avait facilement repoussé Madara et l'avait sauvé.
- Merci, dit le Seigneur des Corbeaux dans un souffle.
C'est alors qu'il constata que l'homme encapuchonné avait disparu. Itachi le chercha quelques instants, puis se rendit à l'évidence. Il n'était plus ici.
Itachi se releva et effectua un jutsu pour accroître quelque peu sa vitesse, avant de partir retrouver ses amis.
- Tu me le paieras, Itachi ! rugit Sakura en essayant d'étrangler ce dernier.
- Et encore, c'est moi qui ai dû me la coltiner ! renchérit Neji.
Aussitôt, Sakura lâcha son chef et se tourna vers le shinobi au Byakugans.
- Insinuerais-tu que je suis lourde, Neji-kun ? demanda-t-elle d'une voix mielleuse.
Neji nia tout en bloc et fut tout surpris de voir la brune le laisser indemne. Comme quoi, elle pouvait être calme, parfois.
- Moi, elle m'aurait tapé, intervint Jiraya.
- Oh mon pauvre chéri ! s'exclama Ino qui s'intégrait très bien au petit groupe.
Itachi regarda la scène avec amusement, puis son regard se posa sur la porte qui se tenait en face s'eux.
- Bon, on entre ou pas ?
Les autres semblèrent soudain se rappeler qu'ils étaient arrivés, et se dépêchèrent de pénétrer dans le château.
En entrant, Itachi eut un accès de joie en reconnaissant ce qui lui avait tant manqué. Il vit le hall, les escaliers… et une fille. Itachi pensait bien qu'il serait accueilli par les cris d'un blond mais par les larmes d'une brune.
- Itachi… Je suis si content que tu sois de retour, dit Hinata en se jetant dans ses bras.
Itachi, un peu gêné par tout ça, se dégagea lentement, tandis que Sakura gratifiait la Hyûga d'un regard meurtrier.
- Euh... Hinata, c'est parce que je suis rentré que tu pleures ?
Le sourire qui était apparu sur les lèvres de la brune fondit comme neige au soleil.
- Non… C'est Kakashi… C'est terrible, il…
Hinata se tut et Itachi s'attendit au pire.
