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La mort de Gamataki


Six mois auparavant

- Tu es sûr que c'est ici, Ino ?

- Absolument sûr, Itachi-san.

- Très bien. Kiba, tu ouvres la porte. Ino, mets-toi derrière moi. L'Akatsuki est passé il y a une dizaine de minutes à peine, donc soyez sur vos gardes, commanda Itachi.

- Hai !

Quelques minutes plus tard, le trio inspectait la maison, qui avait été mise sens dessus dessous par l'Akatsuki. Tout avait été renversé. Meubles, objets de valeur, rien n'avait été épargné.

- Rien à signaler, aucun signe de vie, lâcha Kiba. Apparemment, l'Aka a eu raison de lui… On arrive trop tard.

Itachi dissimula sa colère. Une fois encore, les hommes de Madara avaient trouvé la réincarnation juste avant eux…

- Gamataki, tu sens un chakra ?

Le crapaud abandonna à contrecoeur son éternel paquet de chips et se concentra. Il ouvrit alors des yeux surpris.

- Je détecte un chakra, et très puissant !

- Impossible ! s'exclama Kiba. Je ne sens aucune odeur pourtant… et Akamaru non plus.

- Hum…

- Et il se trouve sous nos pieds… dit le crapaud en désignant le parquet.

- Peut-être que cet homme arrive à cacher son odeur, tenta Ino.

- Mouais, peut-être… fit un Kiba boudeur.

Le groupe emprunta des escaliers pour descendre et se retrouva dans une cave.

Itachi alluma la lumière, et il apparut vite qu'il n'y avait nul signe de vie dans la pièce.

- T'es sûr que tu t'es pas trompé, Gama ? demanda Itachi.

- Sûr et certain. Le chakra… vient de là ! s'écria le crapaud en montrant un des murs de la cave.

- Un passage secret ? sourit Itachi. Ça devient amusant.

Kiba grogna.

- C'est tout sauf amusant. J'ai hâte de quitter ce trou moisi…

Itachi s'avança jusqu'au mur et chercha un éventuel interrupteur. Il appuya sur chaque pierre du mur mais rien n'y fit.

- Hum… Il ne me reste plus qu'à utiliser la manière forte… Kiba ?

- Yes ! Enfin un peu d'action, sourit Kiba en retroussant ses manches.

- Attendez ! s'écria Ino. Je crois avoir deviné.

Kiba, interrompu dans son élan, parut extrêmement déçu.

- Oh non ! Je voulais tout casser, moi !

La kunoichi l'ignora, s'approcha du mur et mit sa main sur le chandelier qui y était scellé.

- Regardez ! Vous ne trouvez pas ça bizarre ? C'est un chandelier, et il est éteint ! C'est un peu désuet, non ?

Itachi regarda les lampes fixées au plafond.

« C'est vrai qu'avec un éclairage pareil, un chandelier n'a strictement aucune utilité… »

- Essaie de tirer dessus, lui conseilla Itachi.

La blonde s'exécuta et le chandelier se pencha vers elle dans un bruit métallique.

Aussitôt, le mur s'avança vers eux et coulissa vers la droite, révélant un passage.

Itachi et Ino échangèrent un sourire réjoui, tandis que Kiba faisait part de son mécontentement à son clébard.

- T'as vu ça Akamaru ? On va s'enfoncer dans la terre alors qu'on pourrait courir dehors sous le soleil…

Le chien approuva dans un gémissement et la bande se remit en marche.

Mais quelques mètres plus loin, une mauvaise surprise les attendait, en la personne d'une porte métallique.

- Rohh… J'en ai marre, se plaignit Kiba. J'ai envie de bouger, moi… De m'amuser !

- Kiba, la ferme ou je t'assomme, fit la voix froide d'Itachi.

L'Inuzuka ne dit plus un mot, et Ino put enfin examiner la porte dans le silence.

- Il faut un code… On fait comment ?

Itachi s'avança à son tour et aperçut un petit bouton sur le mur à droite de la porte. Il appuya dessus sans hésiter.

Aussitôt, une voix résonna dans le couloir, via un micro situé sur la porte.

« Qui êtes-vous et que voulez-vous ? »

Les trois shinobis se regardèrent et Itachi répondit :

- Nous ne vous voulons aucun mal, nous voulons juste vous parler.

Un rire se fit entendre dans le micro.

« Me parler ? Et de quoi ? Pour une raison que j'ignore, j'ai pas mal de visiteurs aujourd'hui… Les premiers étaient moins futés que vous puisqu'ils n'ont pas trouvé ce passage secret. En revanche, ces enfoirés ont démoli ma baraque. Bon ce n'est pas que j'y sois souvent, mais c'est un peu chiant quand même… Vous êtes pacifiques vous ? » ricana la voix.

- Nous ne vous voulons aucun mal, l'assura Itachi. C'est à propos de vos pouvoirs. Les hommes qui sont venus tout à l'heure appartiennent à une organisation, Akatsuki, qui tend à répandre le mal dans ce monde et aimerait faire main basse sur vos pouvoirs. Nous sommes leurs ennemis et nous vous offrons une protection.

La voix ne répondit qu'après un certain temps.

« Je n'ai pas besoin de protection. Ils ne me trouveront jamais ici… »

- C'est pourtant ce que nous avons fait, dit Kiba d'un ton moqueur.

- C'est exact… Et bien, je n'ai rien contre une petite discussion après tout. Et peut-être que vous pourrez répondre à mes questions… En revanche, j'aimerais que le crétin fasse gaffe à son chien. Je n'ai pas envie qu'il foute le souk dans mon labo.

- C'est qui le crétin ? hurla Kiba.

La porte s'ouvrit sans un bruit et le trio pénétra dans une grande salle blanche aseptisée et fortement éclairée. Les trois shinobis s'immobilisèrent, stupéfaits. Où que leur regard se porte, ils voyaient des étagères remplies de fioles et d'appareils en tout genre. Tout portait à croire qu'ils avaient pénétré dans l'antre d'un savant fou…

- Bienvenue dans mon labo !

Itachi se frotta les yeux. Ce garçon devait avoir quinze ans… Et tout ceci était à lui ?

- Euh bonjour, fit Ino. Tu dis que c'est ton labo ? Et tes parents, ils sont au courant ?

L'adolescent la regarda avec indifférence, et répondit :

- Je n'ai pas de parents, et ça me va très bien. J'ai vécu à l'orphelinat et maintenant je suis ici…

- Et comment as-tu obtenu cette maison, et ce laboratoire ? Il t'a bien fallu de l'argent, et tu n'as pas encore l'âge pour travailler… ajouta Itachi.

Le garçon sourit et il se passa la langue sur les lèvres.

A la vue de cette langue, Itachi frissonna. Se pourrait-il que ce gosse soit…

- J'ai bossé sur pas mal de vaccins et de sérums et je les ai envoyés à des instituts. Je l'ai fait sous couvert d'une fausse identité, et j'ai reçu pas mal d'argent… En ce moment, je me penche sur le Sida. Non pas que ça m'intéresse, mais j'ai besoin de plus d'argent pour me pencher sur des problèmes plus intéressants…

- Et ben… Tu as l'air d'être calé en sciences et en biologie… Perso j'ai toujours été nulle, se lamenta Julie.

- Je m'en serais douté ku ku ku…

Ino se retint de frapper le rat de laboratoire, et Akamaru aboya.

Kiba se tourna vers le garçon :

- Et pourquoi il n'y a pas d'odeur dans cette pièce, ce n'est pas normal !

- Ah, tu as remarqué. Ce pourrait-t-il qu'à force de traîner avec ton cabot, tu commences à en devenir un toi aussi ? Amusant, ku ku ku…

Itachi soupira. En à peine une minute, ce jeune adolescent avait réussi à énerver les deux shinobis qui l'accompagnaient.

- J'y pense, nous n'avons pas fait les présentations. Je suis Itachi, et voici Kiba, et Ino. Et toi ?

Le garçon ricana.

- C'est amusant. Itachi et Ino… Belette et sanglier. Au final, l'homme-chien est le seul à ne pas porter des noms d'animaux, ku ku ku.

La coupe était pleine, et Kiba fonça sur le maître des lieux, qui écarquilla des yeux. Une telle vitesse… Itachi l'arrêta au dernier moment, lui maintenant le poignet avec fermeté.

- Pas de ça Kiba…

Ce dernier se dégagea et se mit à bougonner.

- Alors c'est vrai… Vous avez des pouvoirs…

- Et toi aussi, l'assura Itachi.

- Mouais… Mais ça ne m'intéresse pas, de me battre. Je préfère faire des expériences, conclut le garçon en retournant à son microscope.

- Nous ne connaissons toujours pas ton nom, lui lança Itachi.

- Je m'appelle Haruko. Onibi Haruko. Sur ce, au revoir et bonne journée.

- Attends ! Je croyais que tu avais des questions à nous poser ! Ça veut dire que tes pouvoirs t'intéressent, ne le nie pas ! s'écria Ino.

Haruko la regarda, blasé.

- Je reconnais bien là les filles, elles veulent toujours avoir le dernier mot, et se targuent d'avoir toujours raison…

Ino eut un rire moqueur.

- Comme si tu pouvais connaître quelque chose des filles, en passant tes journées dans ce labo !

Haruko ouvrit la bouche et la referma.

- Je… Partez.

- Orochimaru, dit Gamataki en sortant de la poche d'Itachi.

Une expression d'effroi apparut sur le visage de Haruko, et il s'écroula.

Itachi courut vers lui et l'intercepta avant qu'il ne touche le sol.

- Gamataki ! Qu'est-ce que tu as foutu ? Son pouls… Il ne bat plus !

Tout le monde rejoint Itachi et Gamataki se frotta la tête.

- Je ne comprends pas… J'ai fait comme d'habitude pourtant…

Soudain, Haruko ouvrit les yeux. Ils étaient devenus jaunes. Son visage se crispa sous la douleur et il perdit de nouveau connaissance.

- Je vois, murmura Gamataki. Il semblerait que la révélation de son nom libère la totalité de son héritage, et c'est un héritage assez…

- Spécial, compléta Itachi.

Après une dizaine de minutes qui leur parut une éternité, Haruko se releva.

- Qu'est-ce que vous m'avez fait ? demanda-t-il d'une voix blanche.

- Je t'ai révélé ton nom, Orochimaru, c'est ce que tu es désormais.

- Orochi veut dire serpent, pensa tout haut Orochimaru. Je suppose que ceci explique cela.

- Que veux-tu dire ? demanda Kiba qui n'y comprenait goutte.

Orochimaru se mit à faire les cent pas puis s'arrêta et se tourna vers les trois visiteurs.

- Disons que ça explique pourquoi, depuis six mois, je suis capable de faire… ça !

Il ouvrit la bouche, et cracha un serpent sur le sol. Le reptile rampa jusqu'à son maître et s'enroula autour de son épaule.

Ino et Kiba regardaient la scène d'un air dégoutté. Itachi, lui, restait imperturbable.

- En effet, l'invocation de serpents fait partie de tes nouveaux pouvoirs.

Orochimaru cessa de jouer avec son serpent et regarda Itachi.

- C'est toi le chef, hein ?

- En effet, répondit l'Uchiha.

- Et bien sache que ces pouvoirs ne m'intéressent pas. Je ne désire pas le pouvoir, mais le savoir ! s'exclama Orochimaru en écartant les bras.

- Le pouvoir peut mener au savoir, murmura Itachi. De plus, si tu viens avec nous, tu pourras continuer tes expériences. Je te donnerai un crédit illimité et tu pourras avoir accès à tout ce que tu veux. L'argent n'est pas un problème. Et pense à tout ce que ces pouvoirs représentent en terme de savoir ! N'aimerais-tu pas étudier ces pouvoirs qui vont contre toute logique scientifique ?

Un léger sourire se dessina sur les lèvres d'Orochimaru.

- Tu as éveillé mon intérêt, mais laisse-moi te dire une chose, Itachi. Je sais très bien que vous trois appartenez à l'organisation Amaterasu, qui lutte contre l'Akatsuki. Et je ne veux pas avoir à me battre.

- Même si le sort du monde en dépend ? rétorqua Itachi. L'Akatsuki a pour ambition d'enfermer tous les hommes dans une illusion éternelle. Et toi, qui veux tout savoir, tu voudrais être à jamais enfermé dans l'ignorance ?

Orochimaru plissa les yeux :

- Je n'étais pas au courant de cette histoire…

- Tu n'as pas le choix Orochimaru, tu dois rejoindre un des camps, car cette guerre n'est pas un simple caprice de ma part. De son issue, dépend le sort de l'humanité, déclara gravement Itachi.

- Je vois… C'est vraiment dingue cette histoire !

Soudain, Gamataki et Itachi se raidirent.

- Tu as senti ça, Gamataki ?

- Oui…

Kiba et Ino se tournèrent aussitôt vers leur chef.

- Qu'y a-t-il Itachi-san ?

- Un chakra immense… Il vient de pénétrer dans la maison. C'est la première fois que je sens un tel chakra, répondit le crapaud. C'est comme celui de Naruto, mais en plus maléfique. Et ce n'est pas tout, il y a une autre personne. Son chakra est beaucoup moins important.

- On fait quoi ? demanda Kiba.

- Va refermer le passage secret, ordonna Itachi. Ils ne devraient pas nous trouver ici. Evitons l'affrontement, Orochimaru n'est pas encore capable de se battre, et il nous faut le protéger.

- Hai !

Orochimaru plissa les yeux.

- Je n'ai jamais dit que je…

Itachi lui sourit et la phrase mourut dans la gorge du serpent. Il venait de se rendre compte qu'il voulait les rejoindre. Il en avait assez de fuir, et de se cacher ici, tout seul. Il avait été seul toute sa vie, et il en avait assez.

- On a un problème, Itachi, murmura Gamataki. Ils viennent vers nous, comme s'ils pouvaient sentir notre chakra.

Les trois shinobis se mirent en position de combat derrière la porte métallique et attendirent.

Il y eut bientôt un grand bruit et Kiba se tourna vers ses deux coéquipiers.

- Ils ont cassé le mur…

Le trio entendit des pas se rapprocher, puis s'arrêter de l'autre côté de la porte en métal.

- Tenez-vous prêts, souffla Itachi.

Il y eut un coup sourd et la porte s'affaissa largement.

Orochimaru, qui se tenait derrière eux, pâlit.

- C'est une porte en titane renforcé. Je sais pas qui sont ces types, mais ce sont des forces de la nature !

Itachi activa son sharingan. Ce combat risquait de ne pas être de la tarte.

Soudain, la porte explosa.

Itachi réagit avec une célérité hors du commun et jaillit vers ses coéquipiers, les projetant vers le laboratoire, hors de portée des éclats métalliques.

Itachi serra les dents en enlevant la plaque de titane qui s'était plantée dans sa jambe.

- Kuso…

- Ça va ? lui demanda Ino, inquiète.

- Ça va aller, l'assura Itachi.

Tous les regards se dirigèrent alors vers les débris de la porte. Un grand shinobi se tenait sur le palier. Il portait une immense épée recouverte de bandages qu'Itachi reconnut aussitôt. Samehada…

- Hoshigaki Kisame… C'est la première fois que je te vois à l'Akatsuki, dit Itachi en observant son visage.

Ce dernier ne ressemblait que très peu à celui de l'original, puisqu'au lieu de branchies il n'avait que de légères marques autour des yeux et ses dents n'étaient pas aussi pointues. Pour finir, sa peau n'était pas bleue grise comme il s'y attendait.

- Bien, tu n'as pas la face de requin à laquelle je m'attendais, ricana Itachi.

- C'est en cours, sourit Kisame. Plus je fusionne avec Samehada, plus je me rapproche du poisson. Et toi tu es Uchiha Itachi je présume… Le Seigneur des Corbeaux, hein ? Te faire la peau serait un superbe cadeau de Noël pour Madara-sama…

Itachi se détendit imperceptiblement. Demain c'était Noël… Il avait failli l'oublier, tant la pression de ces derniers jours l'obnubilait.

- Tu sais, j'aimerais vraiment faire plaisir à mon vieux pote Madara, mais je n'ai pas pour ambition de mourir tout de suite. J'ai quelques petites choses à faire avant, comme écraser ta vieille face de mérou par exemple.

Kisame étira ses lèvres dans un sourire horrible.

- En seras-tu capable, Itachi-san ?

- On va voir ça tout de suite. Au fait, qui est le deuxième invité qui se cache derrière toi ? demanda Itachi.

- Ah… Tu veux parler de Karin… Il est assez faible, mais son don de perception est très pratique je dois dire… fit Kisame en s'écartant pour montrer un jeune adolescent effacé. Ses yeux étaient flous, comme s'il avait subi un lavage de cerveau.

- Euh, il s'est shooté ou quoi ? ricana Kiba.

Kisame eut un sourire méchant.

- Il ne voulait pas nous rejoindre, alors on l'a un peu… forcé.

Itachi vissa ses yeux rouges dans les yeux de poiscaille de son vis-à-vis.

- Tu vas le payer cher, face de merlan. Kiba, Ino, occupez-vous de ce Karin. Je m'occupe de l'autre. Les enfants, il y aura du thon au menu ce soir.

- Hey, Itachi-san, arrêtez de faire de l'humour comme ça, je n'ai pas l'habitude ! ironisa Kiba.

Orochimaru serra les dents de colère. Ces malotrus allaient tout casser dans son laboratoire chéri…

Il se dirigea dans le fond du labo, et parvint devant un placard fermé à clé. C'était là qu'il rangeait les plus importants de ses travaux. Il l'ouvrit et en retira plusieurs dossiers ainsi qu'une ribambelle d'éprouvettes. Orochimaru fronça le nez, puis ouvrit la bouche en grand, et commença à avaler chaque dossier et chaque fiole. Il avait découvert cette capacité assez répugnante il y a peu, mais il devait avouer que c'était bien pratique.

Lorsque tout fut en sûreté à l'intérieur de son corps, Orochimaru se rapprocha des shinobis pour observer le combat. Mais pas trop près, car le jeune homme tenait à la vie…

Kisame et Itachi se tenaient face à face, sans savoir que dans un autre monde, quelques années auparavant, un certain Itachi avait ainsi affronté son futur coéquipier Kisame pour intégrer Akatsuki. La scène se répétait. Mais pas pour les mêmes raisons.

Le Seigneur des Corbeaux ne resta que quelques secondes dans le champ de vision de Kisame, avant de s'évanouir complètement.

« Merde ! Il est plus rapide que Madara-sama ? » pensa Kisame alarmé.

Le shinobi de l'Akatsuki se retourna vivement, pour faire face à… son chef, Madara.

L'homme-requin resta béat pendant quelques secondes, avant d'être brutalement ramené à la réalité par la douleur. Et l'odeur… du sang. De son sang.

Kisame rugit de colère, et frappa Madara, qui venait de lui planter un kunai dans la jambe.

Madara disparut aussitôt dans une volée de corbeaux, et Kisame secoua la tête. Un Genjutsu, bien sûr… Il aurait dû le deviner bien avant… Celui-ci était extrêmement puissant, apparemment.

« Samehada ? Tu sais ce que tu as à faire » pensa Kisame en exerçant une petite poussée sur son épée.

Itachi s'approcha de son adversaire enfermé dans l'illusion et leva son sabre. Il n'aurait aucune pitié pour celui-ci…

Mais Kisame intercepta le sabre de l'Uchiha avec sa propre épée, envoyant valser Itachi par la même occasion.

« Quelle force ! » pensa ce dernier. Mais ce n'était pas ça qui l'inquiétait le plus…

- Eh, toi ! Comment as-tu pu briser ce Genjutsu ? Cette illusion est presque aussi puissante que mon Tsukiyomi… dit Itachi à haute voix.

Kisame sourit.

- Tu connais les propriétés de Samehada j'imagine ? Tous comme les Bijuu, elle me permet d'être immunisé aux Genjutsus, puisqu'elle peut me donner du chakra à tout moment. Cet excédent de chakra perturbe alors ton illusion et la réduit à néant.

Itachi fronça les sourcils. Non seulement cette épée était chiante, mais en plus la face de saumon défraîchi n'était pas aussi idiote qu'elle en avait l'air…

« Comme c'est chiant… J'en connais une qui dirait « galère »… »

- Très bien, passons au Ninjutsu alors, face de hareng…

- Comme tu veux ! répondit l'autre sans relever l'insulte.

Ce fut Itachi qui commença :

- Suiton : Baku Suishouha !(La vague explosive)

La vague commença à déferler dans le laboratoire, au grand mécontentement d'Orochimaru.

« Tout mon matos va y passer, fait chier ! J'avais découvert un nouveau bacille et j'ai même

pas pu l'observer au microscope… C'est vraiment une journée de merde » conclut le serpent.

- Suiton : Mizuryuu Heki ! (le mur aqueux) riposta Kisame.

La vague explosa en rencontrant le mur, qui protégea Kisame mais pas les étagères d'Orochimaru qui explosèrent sans autre cérémonie.

Le scientifique ne réagit même pas et continua à regarder le combat. Il avait accepté le fait qu'il ne pourrait plus vivre ici, et que son laboratoire ne serait bientôt qu'un vague souvenir.

Les deux shinobis utilisèrent tour à tour une pléiade de jutsus aqueux mais aucun n'avait raison de leur adversaire respectif. Ils se valaient.

« Fait chier… Mon Katon ne sert à rien, et mon Genjutsu non plus… J'ai pas le choix, c'est le Suiton ou le Taijutsu. Ou le Mangekyou… » pensa sombrement Itachi.

Il n'avait pas envie de devenir aveugle et n'utiliserait la pupille que lorsqu'il ne pourrait plus faire autrement.

De leur côté, Kiba et Ino avaient commencé un petit duel de Taijutsu contre Karin, qui perdait peu à peu du terrain malgré une résistance acharnée.

Mais le shinobi de l'Akatsuki porta soudain un atémi à Ino qui fut envoyée au tapis.

Kiba ouvrit des yeux ronds. Ce garçon paraissait faible pourtant… Et Ino était une excellente kunoichi. Tout ceci était bizarre. Kiba détailla son adversaire et constata que ce dernier n'était que très peu musclé, comme s'il ne s'était quasiment jamais entraîné.

« D'où tire-t-il une telle force ? »

Karin ne lui laissa pas le temps de réfléchir et bondit sur Kiba et Akamaru, qui l'évitèrent de justesse. Le poing de Karin s'écrasa sur le sol dallé du labo, qui vola en éclats.

Kiba n'y comprenait rien. Rien du tout…

« Ce n'est pourtant pas la technique de Sakura et Tsunade… Rah mais c'est quoi son problème ?! » pensa Kiba en évitant une nouvelle attaque de Karin.

Kiba se força à appréhender la situation plus calmement. Il devait mettre ce mec K.O, il lui fallait juste un peu de temps…

Le jeune shinobi, Wolfgang de son vrai nom -Wolf pour les intimes- était une recrue très récente puisqu'il était arrivé il y a quelques semaines. Mais il progressait vite.

Bien que de nationalité belge, Kiba vivait autrefois au Brésil, en raison du travail de son père, qui travaillait pour une firme d'exploitation minière. Au contraire du Kiba du monde de Naruto, celui-ci était assez réfléchi.

« L'autre aurait sans doute foncé sur ce Karin sans se poser de questions » pensa Kiba dans un sourire crispé.

- Akamaru ? C'est parti mon chien. On fait un Gatsuga…

Aussitôt, Akamaru, dans un grand nuage de fumée, prit l'apparence de son maître, qui lança aussitôt l'attaque :

- Gatsûga. (Les doubles crocs lacérants)

Ino, qui avait décidé de laisser faire son coéquipier, fut surprise à l'écoute du nom du jutsu. Kiba venait d'arriver et il connaissait déjà une technique de ce niveau !

Les deux Kiba partirent en vrille à toute vitesse en direction d'un Karin imperturbable.

Les tornades de griffe percutèrent Karin, puis cessèrent de tourner.

Les deux Kiba ouvrirent de grands yeux. Ce mec les maintenait par le bras tous les deux ! Il avait stoppé la rotation a main nue !

« Ce n'est pas possible ça… Il y a un truc… » pensa Ino.

Soudain, les lèvres d'un des Kiba s'étirèrent pour former un rictus moqueur. Puis il disparut dans un nuage de fumée, alors que l'autre était toujours maintenu par l'autre Kiba.

« Un clone ? » fit Ino, étonnée. Il avait probablement profité de la transformation d'Akamaru pour le créer…

Soudain, le dernier Kiba restant, attrapa le bras de Karin, le maintenant fermement.

Au même moment, le sol explosa sous Karin.

Kiba sortit de la terre comme un lapin d'un chapeau de magicien, et percuta Karin qui s'écrasa un peu plus loin.

- Bien joué Akamaru ! s'exclama Kiba.

Ino sourit. Alors ainsi, le Kiba caché sous terre était en fait Akamaru… C'était plutôt bien joué !

Mais à la grande surprise de Kiba, Karin se releva lentement. Son visage était toujours exempt d'expressions, et Ino se rappela les paroles de Kisame.

« Ils ont modifié son esprit… Je dois faire quelque chose.

- Kiba ! Laisse-moi faire.

Comme à regret, Kiba s'éloigna de Karin. Il ne supportait pas de ne pas gagner. Il avait sa fierté voyez-vous…

Ino prit sa place et sans attendre, Karin s'élança vers elle.

Mais cette fois-ci, Ino l'évita aisément. Elle l'avait sous-estimé, et ne referait pas deux fois la même erreur.

Elle composa des mudras puis porta ses mains à ses lèvres.

- Fuuton : Asasoyokaze no kan'goku (emprise de la brise matinale)

Un vent se leva et entoura Karin, qui se mit soudain à léviter, porté par le vent. Le vent, bien que doux, était irrésistible et Karin était dans l'incapacité de se mouvoir.

Ino créa alors un clone pour maintenir la prison de vent, et s'agenouilla par terre.

Elle lança alors le jutsu qui faisait sa force.

- Shintenshin no jutsu ! (jutsu de la possession)

La kunoichi s'effondra immédiatement, mais Kiba avait prévu le coup et la rattrapa avant qu'elle ne touche le sol.

- Bonne chance, Ino, je ne peux plus rien faire maintenant, souffla Kiba.

Lorsqu'Ino pénétra l'esprit de Karin, son cœur se serra. Elle n'avait jamais ça… L'esprit qu'elle avait sous les yeux semblait brisé, et la noirceur avait envahi la place.

Ino vola à travers l'esprit de Karin, épouvantée devant les dommages qu'il avait subi.

C'était une sorte de viol, et Ino n'en haït que plus l'Akatsuki.

Elle parvint enfin devant une grande porte. Ino lévita vers le centre de cette dernière et examina le sceau de protection qui y avait été apposé.

« Hmm… Enfantin. »

Ino se concentra et le sceau se désintégra, alors que la porte s'ouvrait en grand. La kunoichi continua son périple à travers cette curieuse dimension, et finit par arriver dans le Hall des Souvenirs, comme elle se plaisait à l'appeler.

Après un instant d'hésitation, Ino céda à la curiosité et plongea dans le flot de souvenirs.

Karin devait avoir quatre ou cinq ans. Il était en train de faire un puzzle, et semblait en intense concentration.

- Walid ! A table, c'est l'heure !

Ino sourit. Elle était anglaise, mais elle avait bien reconnu la langue de Molière. Alors comme ça Karin était français ? Décidément… Ino quitta le souvenir pour un autre plus récent, celui qui l'intéresserait.

Karin avait seize ans. Il se trouvait dans un fourgon qu'Ino reconnut aussitôt. Celui de l'IEPP…

« Alors comme ça il a déjà reçu ses pouvoirs. Voilà qui est intéressant » pensa Ino, avant de s'immerger pour de bon dans le souvenir.

Walid était assis à l'arrière du véhicule, repensant aux récents évènements. Aux pouvoirs qu'il avait reçu, et à son enlèvement la nuit dernière, par ces hommes.

Le camion roulait depuis des heures, et le jeune homme était tenaillé par la faim.

Lorsque le véhicule s'arrêta quelques secondes plus tard, il ressentit un soulagement mêlé de peur. La porte arrière s'ouvrit et un de ces types vêtu d'une robe noire aux nuages rouges l'aida à sortir.

Walid regarda les environs, et constata qu'il se trouvait… en Allemagne. En effet, une inscription était gravée sur le grand bâtiment qui lui faisait face :

« Münchens Institut für Studium den paranormalen Phänomen » (Institut d'Etudes des Phénomènes Paranormaux de Munich)

Walid habitant à Bordeaux, il comprenait mieux pourquoi le voyage avait été aussi long.

Un homme sortit du bâtiment et vint à leur rencontre. Lui aussi portait une cape, et commença à parler en anglais avec les deux kidnappeurs. Walid ne comprenait rien, contrairement à Ino qui était tout ouïe.

- Qu'est ce que vous faites ici ? Je n'ai pas été prévenu de…

- Changement de plan, le coupa le conducteur du fourgon. Ce gosse devait être amené au centre de Paris mais il y a eu un problème. Il semblerait qu'un groupe de prisonniers se soit évadé et ait tué pas mal de gardes… Il parait qu'Itachi est en cause, chuchota-t-il.

Toujours est-il que ce centre est en rénovation. Vous avez assez de place ici ?

- Oui, aucun problème.

- Très bien. Nous devons y aller, faites gaffe au prisonnier !

L'homme hocha la tête et les deux autres retournèrent au fourgon puis partirent.

Sous l'injonction du troisième larron, Walid entra dans le bâtiment. Ils marchèrent pendant un moment, jusqu'à ce qu'ils arrivent à une grande porte métallique.

L'homme composa un code et celle-ci s'ouvrit. Walid le suivit alors à l'intérieur puis s'arrêta net. Une vingtaine de personnes le regardait avec une curiosité mêlée de méfiance.

L'homme qui avait ouvert la porte se retourna et partit sans un mot en refermant la porte derrière lui.

Walid demeura immobile, totalement perdu. On ne lui avait rien dit, tout ce qu'il savait c'est qu'il se trouvait en Allemagne, dans une sorte d'institut.

« Je parie que ça a un rapport avec ces chose bizarres qui me son arrivées… » pensa le jeune homme.

La foule se dissipa peu à peu, et il ne resta bientôt plus que deux personnes devant Walid.

L'un devait avoir à peu près son âge, et venait de toute évidence d'Asie. Un coréen ou un japonais, supposa Walid. L'autre était très grand, et devait avoir entre vingt et trente ans.

- Salut, dit ce dernier en anglais. Je m'appelle Ray. Je viens des Etats-Unis et je suis la réincarnation de Zabuza,.

Walid plissa les yeux.

- La réincarnation ?

Le jeune asiatique secoua la tête.

- Encore un noob, j'ai la flemme d'expliquer…

Zabuza sourit et commença ses explications.

- Alors comme ça je suis aussi la réincarnation d'un personnage de Naruto ? C'est dingue, souffla Walid.

- Ouaip, répondit Zabuza. Tu es sûr qu'on ne t'a pas dit qui tu étais ?

Walid réfléchit, puis répondit.

- Et bien il y a bien le type aux yeux rouges…

Zabuza et son ami échangèrent un regard de connivence puis l'encouragèrent à continuer.

- Il m'a regardé dans les yeux, et c'était vraiment désagréable. J'avais l'impression qu'il lisait en moi. Et puis il a prononcé un nom. C'était Karin. J'ai alors été pris de convulsions et j'ai failli faire un malaise… murmura Walid.

- Donc tu es Karin. Si c'est bien la Karin à laquelle je pense, tu as des pouvoirs très pratiques ! l'assura Zabuza.

Le géant se tourna ensuite vers l'asiatique :

- Tu ne t'es pas présenté, Muriuki…

Ce dernier soupira et dit à toute vitesse :

- Je m'appelle Muriuki, je suis japonais, et je suis la réincarnation de Haku.

- Au fait, Muriuki. Ce mec n'est pas encore devenu un robot comme les autres, on pourrait peut-être le prendre avec nous… murmura Zabuza.

- Non, c'est mort, répliqua sèchement Haku. Il n'a aucune notion de Ninjutsu ou de Taijutsu. Il ne serait qu'un fardeau pour nous…

Karin se frotta la tête.

- De quoi parlez-vous au juste ?

Zabuza lui jeta un coup d'œil et chuchota :

- On va s'évader d'ici. Ce soir.

Karin ouvrit de grands yeux.

- Vous avez un plan ?

- Ouaip, tout est planifié, déclara Zabuza, visiblement fier comme un paon.

- Tout est planifié pour deux, souligna Haku.

Zabuza soupira.

- Muriuki, tu veux vraiment le laisser ici, se faire lobotomiser alors qu'on pourrait l'éviter ? En plus, ses pouvoirs de perception pourraient être utiles ! On pourrait repérer les gardes de loin.

- Mouais... Mais si il nous gêne, il gicle, répondit un Haku péremptoire.

Après un repas frugal pris dans le réfectoire du centre, les prisonniers furent reconduits à leurs chambres, sous bonne garde.

Haku parvint tout de même à prendre un peu d'avance sans que cela ne se remarque et une fois arrivé devant le clavier numérique de la porte composa quelques signes.

Il souffla alors un courant d'air frais, et le clavier se couvrit d'une fine couche de buée.

Satisfait, Haku rejoignit les autres, et sourit lorsque le garde composa le code. Quelques secondes plus tard, alors que ses compagnons s'engouffraient dans la salle, Haku parvint à jeter un coup d'œil au clavier et mémorisa les touches qui portaient des traces de doigt.

« Ce sera encore plus simple que prévu », se félicita-t-il.

En effet, il n'y avait que deux traces, sur la touche huit et la touche trois. Ce qui laissait peu de choix de combinaisons…

C'est ce que révéla Haku à ses deux comparses. Zabuza le félicita, mais Karin demeura assez réservé.

- Il y a quand même pas mal de possibilités, déclara le jeune français.

- Que veux-tu dire ? demanda Zabuza en se grattant la tête.

Karin lui répondit aussitôt :

- Puisqu'il y a quatre chiffres dans le code, il y a dix combinaisons possibles : Huit-Huit-Huit-Trois, Huit-Huit-Trois-Trois, Huit-Trois-Trois-Trois, Huit-Trois-Trois-Huit, Huit-Trois-Huit-Trois, Trois-Trois-Trois-Huit, Trois-Trois-Huit-Huit, Trois-Huit-Huit-Huit, Trois-Huit-Trois-Huit et Trois-Huit-Huit-Trois.

Les deux autres le regardèrent bizarrement puis Haku ricana :

- Heureusement qu'il n'y avait que deux chiffres différents…

Zabuza rit de soulagement. Ils avaient eu de la chance sur ce coup-là.

- Prêts ? chuchota Haku.

- Oui, mon Genjutsu est en place, les caméras ne nous verrons pas pendant… une minute environ, lui répondit Karin.

- Je me grouille, lâcha Haku en courant vers le boîtier numérique.

Il composa les différentes séries possibles, les unes après les autres, tout en jetant de rapides coups d'œil à sa montre. Comme les secondes s'écoulaient vite !

Alors qu'il ne restait plus que dix secondes, la porte s'ouvrit et tous retinrent un cri de triomphe. Ils se dépêchèrent de sortir de la pièce, et une fois à l'extérieur, se permirent une petite pause.

- On a fait le plus dur, les assura Haku. Maintenant, il faut éviter les patrouilles…

Karin opina du chef et se concentra. Il scanna les environs et déclara :

- Il y a trois gardes, mais postés assez loin. De plus, aucun ne se trouve sur le chemin de la sortie. C'est presque trop beau pour être vrai…

Les trois fuyards se remirent à courir tout en s'efforçant de faire le minimum de bruit possible.

Soudain, Karin pila net.

- Impossible… Une dizaine de gardes… Ils convergent tous vers nous !

Haku jura.

- On a pourtant évité les caméras… Comment est-ce possible ?

- Ils arrivent, et ils sont huit, révéla Karin.

Haku et Zabuza se mirent en garde et attendirent.

Les shinobis de l'Akatsuki arrivèrent bientôt et se mirent en ligne devant les trois prisonniers.

- Heureusement que Madara-sama t'a muté ici, Toshino ! s'exclama un des ninjas.

Le dénommé Toshino, acquiesça, et Haku jura en voyant les yeux de ce dernier. Le Byakugan…

- Bordel… Il a fallu qu'il ramène sa fraise maintenant, ce sale Hyûga…

- Rendez-vous ! s'écria celui qui devait être le chef. Ou nous…

L'homme se tut à tout jamais. Son corps s'effondra, baignant déjà dans l'hémoglobine.

Zabuza essuya sa main trempée de sang et cracha :

- Un autre volontaire ?

Les sept shinobis restants échangèrent un regard effrayé. Ils étaient loin de faire partie des meilleurs membres de l'Akatsuki, mais ces prisonniers étaient censés n'être que des débutants…

- La prochaine fois, réfléchissez-y à deux fois avant de vous attaquer à des génies, dit Haku en apparaissant dans leur dos.

Karin devait faire appel à toute sa volonté pour ne pas vomir. La vision de ces sept ninjas morts…

- On n'avait pas le choix, lui expliqua Zabuza en courant à côté de lui.

Haku ne dit rien, mais lui aussi ne semblait pas dans son assiette, même s'il essayait de faire croire le contraire.

Soudain, Haku leur fit signe de s'arrêter. Zabuza le rejoint et vit la porte.

- On y est arrivé ! C'est la sortie Muriuki !

- Non... répondirent Haku et Karin d'une même voix.

En effet, un shinobi sortit de l'ombre et se plaça devant la porte.

- C'est fini les enfants. Arrêtez tout ou je serai forcé de vous tuer.

Haku serra les dents en voyant la cape de l'individu.

- On peut savoir ce qu'un Capitaine fout ici ?

- Madara-sama avait prévu cette tentative depuis longtemps. Vous n'êtes pas aussi discrets que vous ne le pensez, mes chers génies… ricana l'homme.

- Et qui êtes-vous ? le coupa Zabuza.

- Je m'appelle Kakuzu et je suis le plus puissant des Capitaines de l'Akatsuki, fit l'autre dans un grand sourire.

Kakuzu les regarda tous à tour de rôle, puis dit :

- Avant tout, je vais m'assurer que personne ne puisse fuir…

Katon : Akuma no Honoo ! (Les flammes du Diable)

Aussitôt, des flammes s'élevèrent devant la porte du bâtiment.

Haku et Zabuza échangèrent un regard, et s'élancèrent sans attendre vers leur adversaire.

- Suiton : Suiryuudan ! (le dragon aqueux)

- Hyôton : Fubuki no jutsu ! (technique de la tempête de neige)

« Comment ? Mais qui sont-ils vraiment ? pensa Kakuzu. « C'est assez impressionnant quand même… »

Puis Kakuzu sourit.

« Mais c'est tellement insuffisant… »

- Doton : Oni no jishin' (le séisme démoniaque)

Il y eut une explosion et le dragon d'eau et la neige de Haku furent repoussés au loin.

Puis la terre se souleva, et une onde de choc balaya la pièce, projetant les trois prisonniers sur le sol.

- C'est inutile, se gaussa Kakuzu.

Haku se releva pourtant et s'exclama :

- Suiton : Mizu Yari ! (la lance aqueuse)

Cette fois-ci, Haku avait visé les flammes. Le projectile aqueux explosa contre le mur de feu, mais une fois que la vapeur se fut dissipée, tous purent constater que les flamme brûlaient plus que jamais.

Soudain, une voix se fit entendre à l'extérieur :

- Suiton : Mizu Rappa ! (la vague déferlante)

La vague pulvérisa la porte, éteignit le feu, et mouilla les chaussures de Kakuzu, au grand dam de ce dernier.

- Qui es-tu ? rugit-il.

- Je m'appelle Shiro, enchanté ! sourit le nouveau venu, un jeune homme vêtu d'une curieuse armure rouge.

Il se gratta le menton puis ajouta :

- Excusez-moi, mais vous ne savez pas où je pourrais trouver un distributeur de boisson ? J'ai hyper soif et tous les magasins sont fermés à cette heure-ci…

Kakuzu eut un geste d'humeur et rugit de colère. Les quatre masques fixés dans son dos se libérèrent, formant quatre entités reliées par des tentacules noires.

Shiro fronça le nez.

- Berk ! T'es Kakuzu, c'est ça ? Tu dois être balèze, j'ai vraiment envie de t'éclater…

- Non, Shiro.

Ce dernier se retourna vers Angel et soupira :

- Quoi encore ? On n'a pas le droit de s'amuser ?

- Nous devons rester neutres, je te l'ai déjà dit mille fois, dit le plus puissant des corps de Pain d'une voix ferme.

Shiro soupira, puis dit :

- Mais c'est dégueu ce qu'ils font à ces gens dans ce centre. On pourrait au moins prendre ces trois là avec nous !

Pain soupira.

- D'accord, mais laisse-moi faire. Je ne veux pas que tu t'en prennes à ce Kakuzu. Cela risquerait de créer un incident diplomatique.

- Pff… répondit Shiro. J'en ai marre de fuir, moi.

- Le Rinnegan ne doit pas interférer dans la prophétie, Shiro ! Tu peux rejoindre un des camps si tu le veux, mais si tu veux rester avec moi, tu devras rester neutre.

- C'est bon, je sais tout ça. Et je ne veux pas te laisser tout seul, comment ferais-tu sans moi ?

Tendô sourit, puis se retourna vers Kakuzu qui les regardait méchamment.

- Alors vous êtes l'Ange et le Démon, Pain et Gobi c'est ça ? Et comment comptez-vous récupérer ces prisonniers sans me passer sur le corps ?

Pain ne répondit rien, et leva le bras :

- Banshou Tenin ! (Le trou noir divin)

Aussitôt, Zabuza, Karin et Haku s'envolèrent vers lui. Vers la sortie.

Gobi eut un grand sourire. Pain était vraiment le meilleur. Quel dommage qu'il ne puisse pas intervenir dans cette fichue prophétie…

Soudain, Tendô écarquilla les yeux, puis fronça les sourcils.

Madara, qui venait d'arriver par téléportation, avait attrapé Karin par le bras. Les deux autres étaient arrivés à bon port mais Madara l'avait empêché de ramener le dernier garçon.

- Toi ! cracha Madara. Je croyais que tu devais rester neutre…

- Je ne fais que sauver ces trois garçons de ton infâme institut, répliqua Pain. Laisse-moi partir avec ces trois-la. Tu as bien assez de shinobis, tu n'es pas obligé de briser leur vie à eux aussi.

Madara ricana :

- Emporte ces deux-la si ça te chante. Ils ne m'intéressent pas, contrairement aux pouvoirs de ce garçon. Par conséquent, il n'est pas question que j'accède à ta demande. Mais si tu y tiens tant, tu n'as qu'à m'affronter…

Pain resta silencieux. Il ne pouvait pas faire ça. Il l'avait déjà combattu une fois, et son maître lui avait dit qu'il avait mis en danger la prophétie. Il ne pouvait pas se permettre de recommencer.

- On s'en va, déclara Pain.

- Mais, et Karin ? s'insurgea Zabuza.

- Nous n'avons pas le choix, on doit partir sans lui, répondit Pain. Je ne peux pas combattre Madara, et aucun de vous n'a le niveau pour l'affronter. Si vous essayez de sauver votre ami, vous ne trouverez que la mort !

Zabuza baissa la tête, et Pain composa les signes de son jutsu de déplacement rapide de groupe.

Les quatre personnes commencèrent à disparaître, et Karin entendit la voix de Haku.

- Karin ! Je te jure qu'on te sauvera ! Quoiqu'il arrive, on deviendra assez forts pour te sortir de là, vieux !

Une fois qu'ils furent partis, Madara se tourna vers Karin.

- Il n'est pas question que tu t'échappes. Je détruirai ton esprit s'il le faut, mais tu ne me désobéiras plus jamais !

Itachi s'était séparé de Kisame et haletait, à l'instar de son adversaire. Ils commençaient à être à court de chakra, même si Kisame avait un peu plus de réserves.

- Allez, Taijutsu maintenant, ricana Kisame. « Je vais lui piquer ce qui lui reste de chakra avec Samehada et ce sera terminé ».

Les deux shinobis s'élancèrent et le sabre d'Itachi rencontra Samehada dans un grondement de tonnerre. Mais Itachi sentait qu'il ne ferait pas longtemps le poids. Cette épée exerçait une pression extraordinaire, et son propre katana risquait de céder à tout moment.

Au moment où il se faisait cette réflexion, Kisame attaqua derechef et brisa net la lame d'Itachi.

Ce dernier jura puis s'écarta rapidement de son ennemi.

- Ton épée est vraiment embêtante, face de sardine à l'huile.

Orochimaru vit qu'Itachi n'avait plus trop de solutions, et s'en alarma.

« Si la poiscaille gagne, il battra facilement la blonde et le crétin au clébard… Je vais être obligé de l'aider. »

Le serpent ouvrit alors grand la bouche, et une épée sortit bientôt entièrement de son corps.

Kiba, qui avait vu la scène, lui lança un regard dégoûté mais Orochimaru l'ignora.

Il lança le sabre à Itachi qui s'en empara par réflexe.

- Merci…

Itachi examina le katana et le reconnut assez vite. C'était l'épée de Kusanagi. On pouvait dire qu'elle tombait à pic celle-la…

Itachi para le nouvel assaut de Kisame, qui, malgré sa force herculéenne, ne put briser le nouveau sabre d'Itachi.

Soudain, Kusanagi s'allongea et zébra la joue de Kisame.

Ce dernier frémit. Lui aussi venait de reconnaître l'arme.

« C'est chiant, cette épée peut à la fois me contrer et m'attaquer… Je risque ma peau là… »

Voyant que l'issue du combat était en passe de changer, Kisame se ressaisit. Il devait simplement attaquer sans cesse, et ne laisser aucune ouverture à cette épée. Malgré la solidité de l'arme, la force de l'homme-requin l'obligerait à lâcher le katana.

Kisame multiplia alors des coups de taille surpuissants, qui obligeait Itachi à tenir Kusanagi verticalement, afin de parer efficacement. Du coup, il ne pouvait plus attaquer et défendre simultanément…

« Ce type est plutôt malin », se dit Itachi.

Au bout d'un moment, ce qui devait arriver arriva. Samehada rencontra Kusanagi avec une puissance extraordinaire, et l'arme d'Itachi s'échappa de sa main pour aller se planter dans un mur derrière lui.

« Que faire contre une telle force ? » songea l'Uchiha acculé.

Itachi essaya d'utiliser sa vitesse pour le déborder mais Kisame avait prévu sa tentative, et se mit aussitôt en opposition. Son épée heurta Itachi, qui sentit son chakra décliner à vue d'œil.

A mesure que le chakra d'Itachi emplissait Samehada, celle-ci gagnait en volume.

L'épée grandissait, de même que les sortes d'épines qui la constituaient.

D'un seul coup, ces dernières s'agrandirent brusquement et s'enfoncèrent dans le corps d'Itachi, qui serra les dents et sauta en arrière.

Les épines l'avaient surtout touché à la jambe et au ventre, il s'en sortirait. Une des sortes d'échardes avait failli lui perforer l'abdomen, pour finalement transpercer la poche de son pantalon. Il avait eu chaud…

Soudain, Itachi se glaça. Cette poche…

Avec un lenteur infinie, il enfonça sa main dans sa poche et en sortit un paquet de chips. Le paquet était transpercé en son centre.

Itachi plongea sa main à l'intérieur du paquet et en retira Gamataki. Le crapaud saignait abondamment, la poitrine transpercée de part en part. Mais le batracien respirait encore, et il se hâta de l'apporter à Kiba, qui se trouvait un peu plus loin. Ce dernier ne connaissait pas de jutsu de guérison, mais il pourrait au moins retenir le flot de sang en compressant la blessure.

Pendant ce temps-là, Kisame attendait, appréciant le spectacle qui s'offrait à ses yeux de requin. Alors comme ça il avait touché ce fameux crapaud, celui que Madara voulait mort ou vif.

« Quelle chance ! » se félicita Kisame.

C'est un Itachi toujours désarmé qui vint se mettre face à Kisame. En effet, Kusanagi se trouvait derrière ce dernier, et la récupérer semblait impossible.

- Katon : Goukakyuu no jutsu ! s'exclama Itachi.

Le jutsu prit Kisame de court, et il fut brûlé un peu partout.

Mais Itachi s'effondra juste après, le souffle court. Il avait mal évalué ses réserves de chakra. Il ne pensait pas que Samehada était si vorace ! Il ne lui restait plus une goutte de chakra désormais…

C'est ce que Samehada fit comprendre à Kisame, qui exulta littéralement. Il tenait Itachi.

Kisame s'approcha du Seigneur des Corbeaux agenouillé, et leva son immense sabre.

- Sayonara, Itachi-san.

Samehada plongea vers la nuque d'Itachi, avant d'être bloqué par une protection invisible.

Kisame recula, plein d'incompréhension. Itachi aurait-il encore un atout dans sa manche ?

La protection d'Itachi prit une teinte rougeâtre et se mit à grandir, prenant peu à peu une forme humaine.

Kisame blêmit en reconnaissant le jutsu.

Susanoo…

Le Susanoo d'Itachi évoluait de plus en plus vite. Le squelette fut recouvert par des muscles, puis l'ultime couche se mit en place. Susanoo avait pris son ultime apparence, constata Kisame en voyant le long nez du géant immatériel.

Soudain, le bras de Susanoo se mua en un grand arc.

Une seconde plus tard, Susanoo le mettait en joue et tirait. Kisame n'eut que le temps de se déplacer de quelques centimètres vers la droite, qu'il recevait la flèche en pleine épaule gauche.

La flèche de chakra déchiqueta l'épaule, et Kisame hurla de douleur. Son bras gauche gisait désormais sur le sol dallé du laboratoire.

Itachi devait lui aussi faire face à une terrible douleur, celle que subissait tout utilisateur du Susanoo. Plus le jutsu était évolué et perfectionné, plus la douleur était intense. Et bien qu'il n'ait pas encore utilisé l'épée de Totsuka, il était déjà tout près de la forme finale du Susanoo.

Kisame ramassa son bras, puis leva la tête. Le Susanoo le visait à nouveau.

Le shinobi déglutit. Il ne pourrait pas l'éviter celle-ci…

Au moment où Kisame recommandait son âme à Kami-sama, un frisson parcourut la silhouette fantomatique, et l'arc disparut. Puis le Susanoo sembla régresser d'un niveau.

Itachi, la main sur les yeux, jura. Sa volonté avait vacillé sous la douleur et le Susanoo s'était affaibli.

Avant qu'Itachi ait pu se ressaisir, Kisame, son bras gauche sous le bras droit, disparut dans un nuage de fumée. Il était parti.

Ino émergea du souvenir assez brutalement, et mit quelques secondes pour se souvenir où elle était.

« Le temps presse, je dois trouver ce sceau et le détruire ».

Ino vola à pleine vitesse à travers l'enchevêtrement des diverses couches de l'esprit du garçon, avant de finalement trouver ce qu'elle cherchait.

Devant elle, se tenait un Karin fantomatique, qui semblait inconscient. Ino s'approcha et vit le sceau à l'intérieur de son corps, à l'endroit où aurait dû se trouver le cœur.

Sans hésiter, elle plongea son bras à travers le corps immatériel et apposa sa main sur le sceau.

Elle se concentra alors pour le détruire.

Malgré ses efforts répétés, elle n'arrivait à rien. Ino n'avait pas assez de connaissances en Fuuinjutsu.

Itachi, qui venait de terminer son combat, se rendit auprès de Kiba pour s'informer de l'état de la mascotte d'Amaterasu.

- Il est vivant mais… commença Kiba.

Gamataki avait ouvert les yeux et regarda Itachi.

- Itachi… Ne t'en fais pas, vous vous débrouillerez très bien sans moi. Amaterasu est devenue puissante, déclara le crapaud.

Il cracha du sang puis dit :

- Ma vie s'achève, mais ne sois pas triste. J'ai échoué dans ma mission, je n'ai pas trouvé l'élu. Mais je sais que tu y arriveras, toi. Tu y arriveras Karasu.

- Ne dis pas ça, Gamataki, tu dois vivre ! s'écria Itachi.

Kiba tapota alors de son chef, qui se retourna.

- Oui ?

- Regardez Karin, il…

Itachi regarda Karin s'avancer vers lui. Le clone d'Ino avait disparu, et Karin était par conséquent libre de ses mouvements.

« Ino n'ayant pas regagné son corps, elle doit contrôler celui de l'autre » espéra Itachi.

Karin s'avança vers eux puis leva son doigt. Ce dernier se recouvrit d'une couche de chakra et Kiba recula instinctivement.

- Reculez Itachi-san ! Vous n'avez plus de chakra et abuser de Susanoo risquerait d'abîmer vos yeux !

- Ne t'inquiète pas, répondit ce dernier. Il ne nous fera aucun mal. Je pense qu'Ino veut nous dire quelque chose.

Karin se baissa puis utilisa son doigt pour graver un sceau sur le sol. Le chakra laissait comme des traces de brûlures par terre, et Itachi et Kiba se penchèrent pour observer le dessin lorsqu'il fut achevé.

C'était un sceau assez compliqué, et Itachi réfléchit quelques instants.

- Hum. Apparemment c'est un sceau à deux fonctions. Si Naruto ou Jiraya étaient là nous irions plus vite mais bon… La première fonction du sceau concerne l'esprit. Elle emprisonne la conscience du sujet, et le rend obéissant aux ordres. Ce type est donc un pantin… La deuxième fonction est une sorte de sceau d'ouverture, qui permet à ce shinobi de dépasser ses limites. J'imagine qu'il vous à donné pas mal de fil à retordre ?

Kiba acquiesça et Itachi, sous l'oreille attentive de Karino (Ino dans le corps de Karin), continua son exposé :

- En revanche, un tel sceau affaiblit le corps qui l'utilise. Madara compte utiliser ce pion, puis le jeter. C'est vraiment ignoble.

Itachi entreprit ensuite d'expliquer à Ino comment ôter le sceau, puis il retourna aux côtés du crapaud mourant.

Au bout de quelques minutes d'essais infructueux, Ino parvint enfin à briser le sceau. Elle quitta aussitôt l'esprit de Karin. En effet, si elle restait trop longtemps, son corps d'origine allait manquer de chakra et elle n'aurait plus aucun moyen de le retrouver.

Elle fit donc le chemin inverse et rejoignit prestement son enveloppe charnelle.

Karin s'effondra au moment où Ino se levait. Kiba se précipita vers elle, mais la jeune fille semblait aller bien. Elle n'avait presque plus de chakra mais elle avait regagné son corps à temps.

Karin se leva à son tour, et tous purent constater que ses yeux avaient changé. Il avait quitté son regard vide, et semblait être un autre homme.

- Où suis-je ?

Kiba soupira et commença à le lui expliquer.

Au moment où Kiba achevait son histoire, la voix de Gamataki se fit entendre :

- Karin…

Ce dernier leva la tête, surpris.

- Un crapaud qui…

- Tais-toi et viens, le coupa Kiba.

Tous se rendirent auprès du crapaud, et eurent le cœur serré. Gamataki semblait plus faible que jamais.

- Karin, tu es celui que j'attendais. Tu as un fantastique pouvoir de perception, et Amaterasu a besoin de toi, murmura le petit batracien.

Karin regarda les autres, puis dit :

- Je me joindrai à vous.

Le crapaud sourit, puis dit :

- Tu es le seul à pouvoir me succéder, Karin. Nos pouvoirs sont compatibles. Grâce à toi, mes pouvoirs survivront. Je continuerai à vivre à travers toi.

Gamataki leva sa main, et fit signe à Karin de s'approcher.

Ce dernier hésita quelques instants puis s'exécuta. Le crapaud lui toucha alors le front, et Karin sentit une onde de chaleur lui traverser le corps. Il frissonna, puis tout devint noir. Il se toucha les yeux, alarmés. Il était devenu aveugle !

- Ne t'inquiète pas, cet état n'est que temporaire, le rassura Gamataki. Tu recevras bientôt le pouvoir de mes yeux.

Karin attendit, puis la lumière réapparut progressivement. Tout était revenu à la normale ! A un détail près. Karin cligna des yeux, éberlués. Il voyait un nom inscrit au dessus de la tête d'Itachi ! Il tourna la tête, et vit les noms « Kiba » et « Ino » au dessus de la tête des deux autres.

- C'est incroyable… souffla-t-il.

- Tu as désormais le don de voir les noms de réincarnation des shinobis, et donc de leur révéler. Fais en bon usage…

Gamataki se tourna ensuite vers les trois autres.

- Je suis désolé, mais je ne peux plus résister. Je vais devoir vous quitter, mes amis. Adieu.

Ino se mit à pleurer et Itachi versa une larme unique. Celle-ci toucha le sol au moment où Gamataki rendit son dernier souffle.


Fin du flashback

« Merci Gamataki, merci pour tout ce que tu as fait. Mais je ne suis pas sûr de réussir la mission que le Général et toi m'avez confiée. Amaterasu a subi de telles pertes ! » pensa Itachi en se balançant sur son fauteuil.

- Itachi-sama !

Itachi se redressa et vit une jeune fille devant lui. Il la reconnut rapidement.

- Tu es Tayuya c'est bien ça ?

- Oui, Itachi-sama. Je venais juste vous dire que les unités du Capitaine Apocalypse et du Capitaine Eclipse sont prêtes à partir.

- Merci, Tayuya. Et oublie le « sama » ! Un simple « san » suffira, sourit Itachi, avant de quitter la salle.

- Bonjour Kakuzu-san, murmura Deidara en croisant son supérieur. Que faites-vous dans ce secteur, sauf votre respect ?

- Je m'occupais de la prisonnière, grogna Kakuzu. Depuis que Hidan est partie, c'est moi qui m'occupe des interrogatoires… Et cette satanée Hyûga n'a rien lâché !

Deidara se figea.

- Une Hyûga ? Comment est-ce possible ?

- Merde, tu n'es pas au courant ? Si tu consacrais moins de temps à ton « art », tu pourrais faire attention à ce qui se passe autour de toi.

Deidara baissa la tête, et Kakuzu continua à se plaindre.

- En plus, torturer les gens est vraiment une perte de temps.

Deidara releva la tête, surpris. Kakuzu-san aurait-il du cœur ?

- Il vaudrait mieux les tuer tout de suite, ce serait plus rentable. En plus, je ne suis même pas payé pour ce boulot !

Deidara baissa les yeux, déçu. Cette organisation était vraiment un repaire de psychopathes. Mais qu'est-ce qu'il foutait là ?

- Ah au fait, tu dois lui apporter son repas, ricana Kakuzu. C'est toi qui a été désigné par le chef. Fais gaffe, Kisame s'est fait cogner et Madara-sama s'est fait mordre ! se gaussa Kakuzu.

- Kisame s'est fait cogner ? Elle est si forte que ça ? s'étonna Deidara.

- Ouaip, c'est une Capitaine. Tu sais, la mystérieuse Rédemption. C'était une Hyûga, en fait.

Les deux shinobis se séparèrent et Deidara partit chercher le repas pour la prisonnière.

Il se rendit ensuite aux cellules de haute sécurité et ouvrit la porte de la cellule numéro 64.

Il alluma la lumière et regarda à l'intérieur.

Ce qu'il vit le fit hoqueter de stupeur. C'était la fille de la dernière fois ! Celle qu'il avait rencontré le jour où il avait soigné le type au Mokuton.

- Toi ?

Hinata ne répondit pas et Deidara s'approcha. Il constata que le corps de la kunoichi avait été tailladé de toutes parts. La jeune fille avait les yeux clos et Deidara s'approcha un peu.

Il examina le corps de la prisonnière et vit des traces de fouet, des brûlures, et de multiples coupures. Mais Kakuzu semblait avoir été assez tendre. En effet, ce dernier avait une réputation de tortionnaire. En général, il commençait par sectionner les doigts de la main un par un.

« Je suppose que cette fille est précieuse pour Madara-sama » songea Deidara.

Le shinobi mit sa main sur le bras de la prisonnière et commença à soigner se blessures.

Soudain, Hinata ouvrit les yeux et frappa Deidara en pleine poitrine. Ce dernier vola jusqu'à la porte, et s'y écrasa avec fracas.

Il se releva difficilement, et dit :

- Je voulais juste soigner tes blessures…

- Je n'ai pas besoin de ton aide, ordure ! Me soigner pour me torturer ensuite, je trouve ça dégueulasse !

Deidara ne répondit rien, et se rappela le but premier de sa visite.

- Je t'apporte ton repas.

- Il y a quoi au menu ? rétorqua sèchement la Hyûga.

- Du poulet avec…

- Tu peux te le garder, le coupa Hinata. Je suis végétarienne, et il serait temps que ça entre dans le crâne de votre fichu cuisinier.

- Euh, oui, mais il ne pouvait pas savoir et…

- Rien à foutre ! Il avait qu'à deviner !

Deidara se gratta la tête, puis soupira :

- Et les frites qui sont avec ?

- Envoie.

Deidara s'assit alors qu'Hinata se mettait à manger.

- Qu'est ce que tu veux ? demanda-t-elle la bouche pleine.

- Comment tu t'appelles ? Moi c'est Deidara.

Hinata le regarda.

- Tout ce que tu as besoin de savoir, c'est que je serai celle qui te tuera, chien de l'Akatsuki !

- Je ne suis pas comme eux, se défendit Deidara.

- Alors qu'est-ce que tu fais avec eux ?

Deidara ne sut pas quoi répondre. Il ne pouvait quand même pas tout dire à cette fille ! Sans compter que Zetsu pouvait traîner dans les parages…

Il ne répondit rien et sortit finalement de la cellule.

« Drôle de type », songea Hinata. « Il est pas mal, et paraît gentil, mais c'est un capitaine de Madara. Si ça se trouve, il se moque de moi pour me blesser… »

Elle continua à avaler ses frites, puis se rendit compte que Deidara avait laissé la lumière allumée.

- En tout cas il est plus attentionné que Kisame, grogna Hinata en pensant à la face de mérou.

Soudain, la porte s'ouvrit, et l'humeur d'Hinata s'assombrit.

« Quand on parle du loup… »

Kisame marcha jusqu'à elle, et lui dit :

- Alors comme ça tu as aussi frappé Deidara ? Tu es vraiment pire qu'une lionne ne cage…

Hinata continua à manger comme si de rien n'était, et Kisame reprit :

- Dépêche-toi de finir ton repas, tu dois sortir d'ici.

- Pour aller où ? s'insurgea la kunoichi.

Kisame eut un sourire méchant.

- Au labo. Madara-sama veut étudier ton tatouage. Celui qui vous permet de traverser le champ de force du château. Et il va aussi procéder aux tests préliminaires.

Les lèvres de Kisame se retroussèrent plus encore.

- Pour l'ablation de tes yeux. C'est dans trois jours.

Hinata frissonna, et Kisame lui passa une paire de menottes.

- Tu ne pourras pas utiliser de jutsus avec ça, l'informa ce dernier.

- Ravie de l'apprendre. Je vous fais peur apparemment…

L'homme-requin ne jugea pas utile de répondre et tous deux quittèrent la pièce.

Après avoir expliqué le plan aux deux équipes, et prodigué force encouragements, Itachi laissa les Capitaines et leurs élèves à leur mission.

- Tu n'as pas intérêt à crever, baka, lâcha Itachi.

- Ne t'en fais pas, vieux, j'ai bien trop de trucs à faire ! rit Naruto.

Itachi s'en alla et Naruto se tourna vers ses élèves.

- Vous êtes prêts ?

- Hai sensei !

De son côté, Neji leva le pouce. Son équipe était fin prête pour le départ.

Apocalypse mit son masque, puis s'éclaircit la voix.

- Bon, écoutez-moi bien. Nous allons nous téléporter directement dans la cellule d'Hinata. Pour cela, je vais utiliser la technique de téléportation du Yondaime. Vous allez donc devoir vous accrocher à moi.

Naruto fit une pause, puis les avertit :

- Surtout, ne me lâchez pas ! Vous risquez d'être un peu secoués mais si vous me lâchez, vous risquez la mort !

Un silence succéda à cet avertissement, puis tous se réunirent autour de Naruto.

Ce dernier se concentra et murmura :

- Hiraishin no Jutsu. (technique de téléportation)

- Il fait super sombre là-dedans, se plaignit Kiba.

Neji activa son Byakugan, se dirigea vers l'interrupteur, et alluma la lumière.

- Et la lumière fut ! ricana Kiba.

- La ferme, imbécile… fit Shino en réajustant ses lunettes.

- Qu'est-ce que tu m'as dit, là ?

- Taisez-vous, dit Naruto.

Le silence revint dans la cellule et Naruto examina les murs et la porte.

Le jinchuuriki était de mauvaise humeur. Hinata n'était pas dans sa cellule, et en plus…

- C'est bien ce que je pensais.

- C'est-à-dire ? lui demanda Sakura.

- On est dans la merde, fit le blond en donnant un coup de poing dans le mur.

Kiba eut un sourire narquois.

- Je me sens vachement plus rassuré tout d'un coup.

- Kiba ?

Le maître-chien, Akamaru juché sur sa tête, se tourna vers Naruto.

- Ouaip ?

- Tu veux faire plus ample connaissance avec le mur ?

- Nope.

- Alors ferme-la.

Apocalypse se tourna ensuite vers Neji et déclara :

- Le mur et la porte sont équipés de sceaux à champ de force, et devinez à quoi sert ce champ de force ?

Personne ne tenta sa chance et Naruto continua :

- C'est un inhibiteur de malaxage de chakra.

Il y eut un silence et Kiba demanda :

- Et en français ça donne quoi ?

- On ne peut plus malaxer de chakra, ce qui veut dire qu'on ne peut plus utiliser de jutsus, expliqua Sakura.

- Merci, Sak'.

Sakura, qui n'appréciait visiblement pas ce diminutif, s'empressa de colle son poing dans la figure de Kiba.

- C'est ta façon de dire « de rien » je suppose… se lamenta le jeune homme en caressant son chien.

Neji prit alors la parole :

- Peut-on détruire cette porte, Naruto ?

- Il faut essayer le Taijutsu, c'est notre seule chance, soupira Apocalypse. Sakura ?

La kunoichi s'avança devant la porte et réunit son chakra autour de son poing.

Puis elle frappa de toutes ses forces. Il y eut un bruit terrible, mais la porte ne bougea pas d'un pouce.

- Pas une éraflure, constata la brune.

- Et Kyuubi ? proposa Neji.

- Vous allez rire… Il y a aussi un sceau contre ça. Apparemment cette cellule était supposée accueillir un jinchuuriki.

- C'est bizarre, mais je n'ai pas du tout envie de rire, répliqua Kiba. Qu'est-ce qu'on va faire ?

- On ne peut rien faire, mais il y a pire : Je ne suis pas sûr de pouvoir utiliser la téléportation à cause de ce champ de force…

Il y eut un instant de flottement, puis Kiba s'écria :

- Tu veux dire qu'on est prisonniers ici ! Mais c'est pas vrai ! Je dois promener Akamaru, moi…

Ino leva les yeux au ciel, et dit :

- Tu es sûr que tu ne peux pas utiliser ce jutsu, Naruto ? Après tout il me semble que le malaxage de chakra est assez réduit pour cette technique. C'est surtout une affaire de concentration, non ?

Le visage de Naruto s'illumina.

- Mais oui, tu as raison ! Et en plus je crois que j'ai une idée… Je vais essayer. Touchez-moi, tous.

Naruto s'assit en tailleur, jusqu'à ce qu'il atteigne le mode Sennin. Il allait utiliser l'énergie naturelle pour éviter de malaxer son chakra. De plus, il serait alors dans un état de parfaite concentration.

Au bout de dix minutes, Kiba commença à s'impatienter, mais Sakura lui intima, par la force, d'arrêter de bouger.

Au même moment, Naruto ouvrit les yeux.

- A cause de ces sceaux, c'est beaucoup plus dur de réunir l'énergie naturelle, mais j'y suis arrivé ! On va pouvoir rentrer… déclara Naruto en baissant la tête.

Neji vit la tristesse dans ses yeux et dit :

- Ne t'inquiète pas, on va sauver Hinata, d'une façon ou d'une autre !

Naruto hocha la tête, et utilisa son jutsu.

Itachi sortit le kunai que lui avait donné Naruto de sa poche. Le kunai était chaud, ce qui signifiait…

Les deux équipes apparurent devant Itachi, et Naruto s'avança vers son ami.

- C'est la merde, Itachi.

Itachi fronça les sourcils.

- D'habitude tu ne baisses pas les bras aussi facilement… Que s'est-il passé ?

- Un champ de force anti-Ninjutsu, expliqua Naruto. De plus, un sceau m'empêche d'utiliser Kyuubi. L'infiltration est donc inutile.

- Il ne nous reste donc plus qu'une seule solution ! s'écrièrent Itachi et Naruto d'une même voix.

Itachi sourit et dit :

- Toi d'abord.

- Attaquons l'Akatsuki de front ! Un raid sur leur QG !

Ino écrasa sa main sur son front. Naruto n'avait pas tellement changé en réalité…

- C'est impossible, même pour toi, lui expliqua Itachi. Je suppose que tu es en es conscient ?

A regret, Naruto acquiesça et Itachi eut un sourire énigmatique.

- Pour ma part, je pensais à autre chose.

Itachi et Naruto se dirigeaient vers le laboratoire d'Orochimaru. Naruto n'en revenait toujours pas.

- Des négociations ? Tu comptes négocier avec Madara ? Mais tu es complètement malade ! Il n'acceptera jamais...

- Je pense le contraire, répondit Itachi. Nous avons quelque chose qui pourrait l'intéresser.

Les deux shinobis prirent l'ascenseur et pénétrèrent dans le laboratoire.

- Orochimaru ! Tu es là ? fit Itachi.

- Yop, Itachi-san, je suis là… répondit Orochimaru en se levant dans un bruit de chaise.

Orochimaru vint à la rencontre des deux shinobis et demanda d'un ton plein d'espoir :

- Vous venez m'aider dans mes expériences ?

- Non, non… répondit Itachi. J'ai besoin des flacons B1 et B2.

Orochimaru les regarda tour à tour, intrigué.

- C'est pour quoi faire ?

- On va les échanger contre Hinata, expliqua Naruto.

- Je vois… J'arrive tout de suite.

- Konan ?

Konan cessa sa série de pompes et se releva pour faire face à son chef.

- Itachi-san ?

- J'ai besoin de toi, Konan. Pour un échange. Itachi lui tendit les flacons et Konan eut une expression de dégoût.

- Des yeux ? Ce sont des Byakugan ?

- Ceux que Naruto a pu récupérer, oui.

Konan eut un pâle sourire.

- Ces yeux contre Hinata, c'est ça ? L'infiltration a donc échoué…

Itachi opina, et Konan soupira :

- Ce n'est pas trop tôt. Je commençais à rouiller moi. Je savais que j'aurais dû faire partie des équipes de Capitaines, l'action me manque…

- Tu as le niveau, c'est sûr… On verra ça, répondit Itachi. Pour l'heure tu es le Porte-parole d'Amaterasu, et tu as une mission. Tu es prête ?

Konan sourit et répondit :

- Je prends ma douche et j'y vais, patron.