33
Cratère et Trou Noir
Le nez contre la vitre, Deidara regardait le ciel de Tokyo depuis de longues heures. Il avait vu le ciel prendre une teinte rougeâtre lorsque le Soleil s'était couché, avant de s'obscurcir alors que la nuit tombait. A présent, la voûte céleste était constellée d'étoiles, mais Deidara n'avait toujours pas bougé.
Il cherchait une réponse.
Depuis sa dernière rencontre avec Hinata, son cœur lui criait d'agir tandis que sa raison l'en dissuadait. Il ne faisait aucun doute que toute tentative d'évasion déboucherait sur un échec. Et pourtant il voulait le faire.
« J'ai vraiment perdu la raison… Jusqu'à présent, j'ai mis mes sentiments de côté et j'ai souffert en silence. Mais cette fille… Elle a réduit à néant ma résolution. »
Soudain, Deidara se releva.
« Je vais le faire. Je ne peux plus supporter cette situation. Ce n'est pas pour elle que je le fais, c'est avant tout pour moi » pensa Deidara, comme pour s'en convaincre lui-même.
D'un pas décidé, il redescendit au dixième étage et se rendit au laboratoire. Dans ses yeux se lisait une détermination farouche, ce qui tranchait avec l'attitude nonchalante qu'il avait l'habitude d'adopter. L'arrivée jusqu'à la salle d'opération se déroula sans accrocs, et Deidara pénétra dans la pièce.
Aussitôt, Hinata sursauta. De toute évidence, elle s'attendait à la visite de son bourreau. Ce dernier ne viendrait pas avant demain, mais Hinata l'ignorait. Elle avait déjà perdu toute notion du temps. Pour elle, son train-train quotidien se résumait à présent à « Torture, repas, dodo », ce qui signifiait pour elle « le connard, le blondinet, enfin seule ».
- C'est moi, lâcha Deidara pour la rassurer.
Hinata se ressaisit vite et retrouva son masque de froideur, mais Deidara avait eu le temps de lire du soulagement sur le visage de la jeune femme.
« Au moins, je l'effraie moins que Kakuzu », se réjouit Deidara.
« En même temps, le contraire m'aurait conduit à une sérieuse remise en question » ajouta-t-il en pensée après visualisation de l'infect personnage.
- Levez-vous, dit sèchement Deidara.
Hinata leva la tête, le regardant avec des yeux mi-surpris mi-agacés.
- Et pourquoi je ferais ça ?
- On s'en va.
- On me change encore de cellule ? râla la Hyûga.
- Non. Je m'enfuis d'ici, et vous venez avec moi.
Hinata resta immobile pendant quelques secondes, qui parurent une éternité à Deidara.
« Merde, qu'est-ce que c'est que ce temps de réaction ? Et dire que quelqu'un risque de ramener sa fraise d'un instant à l'autre… »
Deidara lui ôta ses liens, avant de renchérir :
- Allez, dépêchez-vous ! Si un type se pointe, je…
- Ne te fous pas de ma gueule ! s'écria Hinata. Je sais ce que tu essaies de faire !
Deidara la regarda avec des yeux de poisson mort.
- Euh ?
- Tu veux me redonner de l'espoir, c'est ça ? Je m'étais enfin résignée à mon sort. Il m'a fallu du temps pour l'admettre, mais Naruto ne viendra pas. Il n'est pas venu, personne n'est venu. Je vais mourir ici, après que l'on m'ait arraché les yeux. Alors ne me fais pas marcher, ces tentatives pathétiques…
- La ferme ! la coupa Deidara.
Deidara s'était surpris lui-même en perdant ainsi son calme. Cela lui arrivait très rarement, mais ils n'avaient que peu de temps.
- Fais ce que tu veux, mais moi je vais essayer de m'enfuir. Je ne suis pas sûr d'y arriver, mais je vais essayer de sortir de cet immeuble. Je te jure que je dis la vérité Hinata !
Cette dernière cilla.
- Tiens, tu as arrêté de me vouvoyer on dirait…
Deidara balaya la remarque d'un revers de sa main, et regarda sa montre.
« Le vigile va pas tarder à se pointer, il nous reste moins d'une minute… »
- Vite !
Hinata regarda longuement le blond, puis constata avec surprise qu'elle avait envie de le suivre. Si tout cela n'était qu'un piège destiné à la faire souffrir, et bien qu'importe. Elle était prête à courir le risque. Et puis… Les yeux bleus de Deidara lui rappelaient ceux de Naruto. Les yeux d'un homme digne de confiance, des yeux qui ne mentent pas.
- C'est bon, je me dépêche, soupira Hinata en se levant de la table d'opération qui lui servait de lit.
Deidara eut un sourire stressé, et s'empressa de sortir de la salle, Hinata sur ses talons.
Il se mit à courir, mais constata qu'Hinata en était incapable.
« Cette torture l'a diminué, à la fois physiquement et mentalement… Il va lui falloir du temps pour récupérer. »
Sur cette pensée, Deidara revient sur ses pas, et souleva Hinata, la plaçant sur ses épaules.
- C'est bon, ta tête ne cogne pas le plafond ? s'enquit Deidara.
- Non. Pas de risque vu la taille que tu fais…
Deidara bouillonna de rage en son for intérieur. Il en était fier de son mètre soixante seize ! Et le fait que ce soit une fille aussi petite qui lui fasse cette réflexion avait le don de l'énerver…
- Tu es sûr que c'est bon ? demanda-t-il d'une voix mesurée.
- Tais toi et cours.
Excédé et trop stressé pour protester, Deidara se mit à courir. Il allait atteindre l'ascenseur lorsqu'une voix se fit entendre derrière eux.
- Oh oh ! Que vois-je là… Envisagerais-tu de te faire la malle avec la Hyûga, Deidara ?
Ce dernier se rembrunit. Il avait reconnu la voix, et ce n'était pas pour lui plaire. Non seulement c'était raté pour la discrétion, mais il avait fallu que ce soit lui…
Deidara se retourna lentement, et reposa Hinata à côté de lui.
- Hinata, prends l'ascenseur et sauve-toi. Je vais le retenir.
L'Ombre éclata de rire en entendant la phrase du Capitaine.
- Me retenir ? Tu t'en crois capable, Deidara ?
Il continua de rire tout en s'avançant vers les deux fuyards, tétanisés par l'aura de ce dernier.
« Il est fort », songea Hinata. « Même en pleine possession de mes moyens, je ne pourrais rien contre lui… »
- J'ignorais que l'Akatsuki possédait des shinobis aussi puissants… ajouta-t-elle tout haut. Madara s'est bien foutu de nous avec ses soi-disant Capitaines.
« Merci pour le « soi-disant » » pensa sombrement Deidara.
L'Ombre parut sourire sous son capuchon.
- Et oui ! Les Neuf Ombres sont bien plus puissantes que les Capitaines que vous avez combattu, désolé de vous décevoir !
Deidara se tourna vers Hinata, et lui dit :
- Dépêche-toi, Hinata. Je ne pourrais l'arrêter que quelques instants. Tu dois en profiter pour fuir et…
- C'est inutile Deidara, le coupa l'Ombre.
- Et pourquoi donc ? protesta ce dernier. Vous m'avez toujours sous-estimé, mais je suis sûr que j'arriverai à vous ralentir !
L'Ombre secoua la tête.
- Je n'en doute pas un instant, Deidara.
Le shinobi aux explosifs plissa les yeux.
- Alors pourquoi est-ce inutile ? Je sais que Zetsu a été envoyé au château d'Amaterasu donc…
- Ce qui est inutile, c'est de me retenir. Je n'ai jamais dit que je vous empêcherai de vous enfuir…
Les yeux exorbités, Deidara regarda l'Ombre se diriger vers eux, les dépasser, et appeler l'ascenseur.
- C'est une mauvaise blague, c'est ça ?
L'Ombre ignora le blond, puis marmonna pour lui-même :
« L'ascenseur est au vingt-troisième étage… Il devrait vite arriver je pense… »
- Tu disais ? fit-il ensuite en se tournant vers Deidara.
- Pourquoi nous laissez-vous passer ? Ça ne vous ressemble pas d'aller à l'encontre de la volonté de Madara…
L'Ombre finit par ôter sa capuche et se mit à jouer avec ses mèches bleues.
- Figure-toi, mon cher Deidara, que nous sommes moins différents que tu pourrais le croire… Nous sommes tous les deux des ennemis de Madara. Tu veux quitter son organisation, et je veux le tuer. Nos buts divergent, mais tous deux ne sommes pas là pour obéir à cet enfoiré.
Deidara n'en revenait pas.
- Je n'arrive pas y croire… Vous voulez tuer Madara, vous ? Mais pourquoi…
- J'ai mes raisons, le coupa son supérieur. Mais dépêche-toi, avant que Zetsu ne revienne…
Le blond opina du chef, et se tourna vers Hinata.
- Allons-y !
La Hyûga, un peu perdue par tous ces retournements de situations, s'adressa à l'Ombre aux cheveux bleus.
- Si vous voulez tuer Madara, pourquoi ne pas vous joindre à nous ?
L'Ombre eut un rictus moqueur.
- Intégrer Amaterasu serait totalement contre-productif. Mes chances de combattre Madara et de le vaincre restent minimes. Pour y parvenir, je dois gagner sa confiance, et le tuer en saisissant la première opportunité qui se présentera.
Il fit une pause, puis reprit :
- Madara est certainement le shinobi le plus fort du monde, et ce n'est pas Itachi-san qui réussira à le tuer. Moi, je le ferai.
Hinata acquiesça, puis l'Ombre leva la main, et l'agita devant eux.
- Je place un Genjutsu sur vous, afin que les gardes du rez-de-chaussée ne puissent pas vous voir. Avouez qu'une sortie discrète est plus appropriée…
Deidara opina du chef, et remercia son supérieur silencieusement, avant de s'engouffrer dans l'ascenseur avec Hinata.
Une poignée de secondes plus tard, la sonnerie de l'ascenseur retentissait, et tous deux se mirent à marcher à travers le hall, le plus silencieusement possible.
« Plus que quinze mètres avant la porte… » pensa Deidara.
« Dix mètres… »
« Cinq… »
Soudain, la porte de l'entrée de l'immeuble coulissa, et un homme fit son entrée dans le hall.
Deidara et Hinata se décalèrent sur le côté, afin d'éviter que l'intrus, incapable de les voir, n'entre en collision avec eux.
Mais lorsque l'homme releva sa capuche, ils se glacèrent. L'homme qui venait d'entrer n'était nul autre que Madara.
Ce dernier marchait vers le comptoir lorsqu'il pila net, à quelques mètres des deux shinobis invisibles.
Madara fronça les sourcils, et activa son sharingan.
« Et merde… On n'a vraiment pas de bol… » se lamenta Deidara.
« M'étonnerait qu'il change de camp, lui » ironisa Hinata.
Madara ne mit que quelques instants à se débarrasser du Genjutsu.
Un éclair de surprise traversa son visage quand il reconnut les Hinata et Deidara, qui laissa vite la place à son traditionnel rictus déplaisant.
- Dommage, mes petits… Votre voyage s'arrête ici.
Son expression se durcit lorsqu'il regarda Deidara.
- On dirait qu'une fois ne t'a pas suffit, Deidara… C'est regrettable. Vraiment regrettable. La Hyûga ne sera pas la seule à souffrir ce soir… Enfin j'imagine que Kakuzu s'en accommodera très bien, conclut Madara en recouvrant son air moqueur.
Deidara et Hinata ne bougeaient pas, conscients de la futilité d'une tentative de fuite.
Soudain, le sol se mit à onduler non loin de Madara. Hinata était intriguée par le phénomène, tandis que Deidara semblait abattu.
« Il ne manquait plus que lui… »
Un être curieux, au visage mi-blanc mi-noir, et à la tête entourée par deux excroissances évoquant les mâchoires d'une plante carnivore, émergea du sol dallé du hall de l'immeuble, gratifiant les deux adolescents d'un regard apparemment indifférent.
- Bonjour Madara-sama. Que fait la Hyûga hors de sa cellule ?
- Te revoilà, Zetsu. Figure-toi que l'élève de Minato, Deidara, a encore tenté de s'échapper d'ici… Ce traître a même emmené la prisonnière avec lui, cracha Madara.
- Je vois… Au sujet de ma mission…
- Tu as du nouveau ? s'exclama Madara avec impatience.
- Ma mission au château s'est avérée être un succès, révéla Zetsu. Nous connaissons désormais l'emplacement du premier parchemin. Il se trouve, euh… C'est où déjà ? Au Mont Fuji. Un shinobi d'Amaterasu qui se trouvait dans le parc devant le château a laissé échapper cette information. Il semblerait qu'il s'agisse du parchemin d'invocation de l'autel, Madara-sama.
- Parfait, joli travail, Zetsu. Je vais envoyer une équipe sur les lieux. Pendant ce temps-là, occupe-toi de ces deux imbéciles. Tu n'as qu'à les mettre dans la cellule de haute sécurité, je la gardais pour Kyûbi mais il semblerait que ces insectes soient doués pour s'enfuir…
- Hai. A vos ordres, Madara-sama ! Vous pouvez compter sur nous ! La ferme, baka…
répondit Zetsu.
Madara quitta les lieux, et Zetsu se tourna vers les deux prisonniers.
- Suivez-nous sans faire d'histoires… La petite a vraiment l'air délicieuse… Dommage que Madara-sama ait besoin d'elle pour l'étudier. Tu as déjà mangé ce vieux pêcheur tout à l'heure ! Oui mais je préfère la viande tendre. Tu es vraiment un psychopathe, tu sais ? Oui…
Hinata recula instinctivement, tandis que Deidara se mettait devant elle. Le blond avait clairement des intentions belliqueuses, ce qui fit soupirer Zetsu.
- Il va falloir qu'on les force, apparemment… L'homme est ainsi… La violence est la seule chose qui peut le faire obéir, c'est malheureux.
Dès la fin de sa phrase, les dalles qui se trouvaient sous Hinata et Deidara explosèrent, libérant des racines qui s'enroulèrent autour de leur corps, au grand étonnement d'Hinata.
« Le Mokuton ? C'est impossible… Et il n'a fait aucun signe ! »
La surprise passée, un sourire confiant se dessina sur la figure des deux shinobis. Ce n'étaient que de simples racines, ils avaient largement la force de les briser…
Soudain, les deux ninjas sentirent leurs forces les quitter, tandis que les racines se faisaient de plus en plus épaisses.
« Ce truc est en train d'aspirer notre chakra… » pensa Deidara en se débattant, impuissant.
Au bout d'une minute, les deux proies de Zetsu avaient perdu conscience, et l'Ombre schizophrène s'empressa de les porter à leur nouvelle cellule.
- Qui est le génie qui a eu l'idée d'une expédition nocturne ? Ça va être coton pour chercher ce parchemin… se plaignit Kiba, alors que le Fujisan se révélait enfin à leurs yeux.
- Bah… De toute façon, tu te sers plus de ton nez que de tes yeux, donc… répondit Chiyo avec mordant.
- Nous n'avons pas le choix, répondit Sasuke sans s'arrêter de courir. Madara va tôt ou tard se mettre sur la piste des parchemins, et il faut absolument les trouver avant lui. Il n'y a pas une seconde à perdre.
Les six shinobis continuèrent leur course vers le Mont Fuji, qui se trouvait à environ cent kilomètres de Tokyo.
Lee était en tête du groupe, tandis que Chiyo fermait la marche. En effet, Lee était un des ninjas les plus rapides d'Amaterasu, bien que tous les ninjas puissent atteindre une vitesse extraordinaire, du moins du point de vue de « simples » humains.
- Et voilà, nous sommes arrivés au pied du volcan, commenta Neji.
Sasuke hocha la tête et se tourna vers le reste de la troupe.
- Préparez-vous, nous allons commencer l'ascension. Je suppose que Jiraya-sama a caché le parchemin dans le cratère principal, nous nous retrouvons là-haut. Ah, j'oubliais. Essayez de ne pas attirer l'attention…
Kiba fut aussitôt la cible de cinq regards appuyés, qu'il ignora royalement.
Après une courte pause pendant laquelle les shinobis mangèrent un morceau, ils se préparèrent à partir. Ils étaient bien décidés à venir à bout des trois mille sept cent soixante-seize mètres qui les séparaient du cratère.
Bien évidemment, Lee ne manqua pas de lancer un défi, que Kiba releva sans hésiter.
- Le premier arrivé en haut a gagné ! clama Lee.
Les garçons chez lesquels la flamme de la jeunesse brûlait si ardemment partirent comme des fusées, décoiffant Sakura au passage.
Celle-ci les poursuivit pour leur faire payer et ce fut bientôt toute la compagnie -de bras cassés- qui s'élança à l'assaut du Mont Fuji.
Lorsque que Lee eut parcouru la moitié de la distance, Kiba sur ses talons, il aperçut un homme devant lui. Lee se raidit, mais l'inconnu ne semblait pas appartenir à l'Akatsuki. Il portait une tenue de sport et semblait avoir du mal à mettre un pied devant l'autre.
« Ce genre de randonnée est une promenade de santé pour un ninja… J'imagine que ce doit être un civil… » pensa Lee en ralentissant sa course. « Mais un randonneur à onze heures du soir… »
- Bonsoir monsieur ! le salua Lee en se plaçant à sa hauteur. Vous avez besoin d'aide ? renchérit-il en se penchant vers l'homme qui reprenait son souffle.
- Non merci… haleta ce dernier.
Le japonais d'une vingtaine d'année se releva, et observa Lee. Une ride apparut sur son visage tandis que ses yeux se durcissaient. Il semblait agacé…
- Comment faites-vous pour avoir encore autant d'énergie ?
Lee prit un air gêné.
- Nous sommes des shinobis d'Amaterasu. Nous avons quelques pouvoirs et une force peu commune…
L'homme opina du chef, puis se retourna lorsqu'il entendit du bruit derrière lui.
- Hey Lee ? Pourquoi tu t'es arrêté ? Déjà fatigué ? se moqua Kiba en parvenant jusqu'à son camarade.
Celui-ci lui répondit que non, qu'il avait rencontré un homme dans la montée et s'était étonné de le voir courir à une heure si tardive.
Sasuke plissa les yeux. Lui aussi trouvait ceci bizarre. Peut-être était-ce un agent de l'Akatsuki…
- Monsieur ? Pourquoi courez-vous à cette heure-ci ? demanda le frère d'Itachi, un sourire engageant sur les lèvres.
- Pour devenir fort. Mon idole est Shin Seijurô ! Je dois accomplir l'ascension de ce volcan tous les jours, afin de battre Eyeshield 21 ! Et gagner le Christmas Ball ! s'exclama l'homme avant de repartir de plus belle.
Le fan de Shin se mit à courir comme un dératé dans la montée, sous six paires d'yeux stupéfaits.
Le silence s'installa parmi les shinobis de l'Akatsuki.
- Je crois qu'on a trouvé un type plus taré que Lee et Kiba réunis… lâcha Chiyo.
- En voilà encore un qui lit trop les mangas… dit Sakura en pensant à un certain ninja copieur.
Les deux équipes se remirent néanmoins rapidement en route. Le temps pressait. Après avoir ranimé le barge qui avait trop lu Eyeshield 21, ce dernier s'étant effondré un peu plus loin, tous les six augmentèrent encore leur vitesse, afin d'arriver au sommet une poignée de minutes plus tard.
- C'est abusé… se plaignit Kiba. Il se trouvait à côté du panneau qui félicitait les randonneurs courageux, et observait le cratère couvert de neige en grelottant.
- Itachi aurait pu nous dire qu'il ferai aussi froid ! reprit-il avec plus d'ardeur. En courant je ne m'en étais pas rendu compte, mais il doit faire moins vingt ici !
- Ce n'est pas comme si Itachi se souciait des autres, rétorqua Sakura avec aigreur.
Neji la regarda, interloqué. Itachi et Sakura se seraient-ils disputés ? Il chassa immédiatement ce problème de son esprit. Ce n'était pas le moment. Il était là pour trouver un parchemin au milieu d'un cratère gigantesque, sous un froid de canard.
- Il ne fait pas si froid… tempéra Sasuke.
- Normal, pour un glaçon, répondit sèchement Chiyo. Bon, on le cherche ce parchemin ? Je compte me tirer d'ici le plus vite possible.
Tous firent écho à ses paroles, et se mirent à la recherche dudit parchemin.
- Pour avoir résisté aux éruptions, il doit être protégé par une boîte métallique, je suppose. Et encore, je ne suis pas sûr qu'un truc de ce genre puisse résister aux coulées de lave… fit remarquer Sasuke.
Neji acquiesça.
- Sakura, Kiba et moi allons chercher le parchemin. La force de Sakura, le flair de Kiba, et mes yeux seront utiles pour le débusquer. Pendant ce temps-là, Sasuke-san donnera son chakra à Chiyo, qui le redistribuera à nous trois. Sasuke-san ayant beaucoup de chakra, nous pourrons utiliser nos compétences plus longtemps.
Les remarques ne se firent pas attendre.
- Je ne compte pas rester longtemps, lança Chiyo.
- Nous resterons aussi longtemps qu'il le faudra, répondit Sasuke. Neji, c'est un bon plan. On fait comme ça.
- Et moi ? intervint un Lee au bord des larmes. Je n'ai rien à faire ?
Neji se tourna vers lui, et lui dit :
- Tu feras le guet, Lee. Il est possible que les espions de l'Akatsuki aient eu vent de notre mission, il faut donc rester aux aguets. Notre sort repose entre tes mains. Tu es notre seul espoir, Lee.
Le spécialiste du Taijutsu se mit à danser de joie, tandis que Sasuke gratifiait son homologue d'un petit sourire.
- Bien joué… Tu sais parler aux gens, toi.
- Pas à tous les gens, seulement aux cons, sourit Kiba.
Dès lors, une routine se mit en place. Le chien et son maître faisaient l'inventaire des odeurs aux alentours, sans rien dénicher de notable pour l'instant. Dans le même temps, Sakura tapait au hasard, sa force herculéenne creusant des multitudes de petites cratères à l'intérieur du grand.
- Euh… Tu devrais peut-être y aller un peu moins fort, suggéra Chiyo. Tu risque d'écraser le parchemin, ou pire : réveiller le volcan…
Cet avertissement n'eut aucun effet sur Sakura, qui semblait bien décidée à reporter toute sa colère sur le malheureux volcan.
Soudain, Neji, écarquilla les yeux.
- Je crois que j'ai trouvé quelque chose ! s'exclama-t-il en regardant dans un des trous creusés par Sakura.
Tout le monde se rua autour de lui, et Neji ricana.
- Inutile d'essayer de voir, le truc que j'ai vu est à dix mètres sous terre…
- Jiraya l'avait sûrement enterré peu profond, mais les coulées de lave ont dû le recouvrir au fil des siècles… nota Sasuke.
Sakura fit signe à ses cinq coéquipiers, qui s'écartèrent prudemment.
La jeune femme dressa alors son poing, qu'elle recouvrit de chakra, avant de balancer des coups de butoir.
A chaque coup porté par la kunoichi, la terre tremblait, de même que les jambes des cinq autres.
« Elle est vraiment… Effrayante. »
Au bout d'une minute de bourrinage intensif qui aurait fait passer Rambo pour une mauviette, Sakura leva le pouce en signe de victoire.
- Et voilà ! Je crois que c'est bon.
Neji s'approcha avec prudence, tandis que Chiyo transmettait son chakra à la kunoichi épuisée.
Le Hyûga était estomaqué. En moins d'une minute, un trou d'un mètre de profondeur et de deux mètres de diamètre s'étant transformé en cratère aux proportions dix fois plus grandes.
Le Hyûga descendit dans le trou, et revint vite avec un grand sourire sur le visage.
- Je crois que c'est bon, déclara-t-il en exhibant une sorte de boîte métallique recouverte de motifs étranges.
- Ces motifs… Ce sont des sceaux. J'imagine qu'ils protégeaient le récipient de la chaleur, dit Sasuke.
Il fut totalement ignoré. Les cinq autres paraissaient beaucoup plus intéressés par l'intérieur de la boîte.
- Comment on l'ouvre ? demanda Lee.
- J'avais pensé à ta tête mais elle est bien trop creuse, elle se briserait sous le choc. Quoique ce ne serait pas plus mal… répondit Chiyo.
Sakura s'empara de l'objet, et esquissa un sourire démoniaque.
- Je vais le faire…
Tout le monde recula instinctivement, et Sakura abattit une fois de plus son poing sur la boîte, qui fut pulvérisée sous le choc.
Une goutte de sueur perla sur le front de Neji.
« Cette boîte a résisté à un volcan pendant mille ans, et elle l'a pulvérisée à mains nues… Itachi, comment fais-tu pour être encore vivant ? »
Sakura attrapa au vol le contenu de la feu boîte.
- Hum, voyons voir… Il y a deux parchemins.
Tout le monde se précipité pour lire par-dessus son épaule, et Sakura dut faire appel à toute sa patience pour ne pas leur envoyer une patate.
« Qu'ils sont lourds… »
- Le premier comporte un sceau bizarre et compliqué, commenta Sakura en le jetant avec désintérêt.
Sasuke le rattrapa au vol.
- Ne jette pas ça comme ça ! Ce parchemin est celui que nous cherchions ! s'exclama Sasuke. De toute évidence, c'est ce sceau qui nous permettra d'invoquer l'Autel.
Imperturbable, Sakura continua son examen du deuxième parchemin.
- Le deuxième est encore plus bizarre. Une suite de mots incompréhensibles…
Elle s'éclaircit la gorge, puis commença à lire :
- L'état ne change pas. Pars du Fer et trouve les autres. Trois au nord, sept à l'ouest. Trois au nord, sept à l'ouest. Deux au nord, huit à l'est. La CPE t'aidera.
Sakura roula le parchemin et le rangea calmement dans son sac.
- Si jamais je dois croiser Jiraya au paradis, je lui dirai ce que je pense de ses énigmes à la con…
- Pas de risque, tu iras sûrement en Enfer, plaisanta Kiba.
Sakura le prit mal. Résultat des courses, Chiyo dut rafistoler un Kiba bien amoché.
- On y va, fit Sasuke en rangeant le parchemin de l'autel dans son sac.
- Je ne pense pas… lui répondit une voix nasillarde.
Le six shinobis se tournèrent simultanément vers les nouveaux arrivants. Quatre shinobis leur faisaient face, appartenant vraisemblablement aux trouble-fêtes réputés, j'ai nommé l'Akatsuki.
- Lee, tu n'étais pas censé faire le guet ? l'agressa Chiyo.
- Bah, euh, tout le monde regardait les parchemins, et je me sentais un peu isolé, donc…
- Taisez-vous, ordonna Neji. Et préparez-vous à vous battre.
- Au vu de leurs tenues, deux de ces quatre abrutis sont des Ombres, chuchota Sasuke. Ne prenez aucun risque.
- Ne me fais pas rire, lui répondit Kiba à mi-voix. Pas question qu'on leur laisse ce parchemin.
- Bonjours à tous ! fit l'une des Ombres en s'avançant. Nous ne vous voulons aucun mal ! Nous sommes juste là pour le parchemin, que vous avez eu la gentillesse de déterrer pour nous, et que vous aurez la gentillesse de nous donner.
Kiba toussa bruyamment, tandis que Sasuke s'avançait.
Le Uchiha regarda l'Ombre d'un regard dépourvu d'émotion.
- Tu ne serais pas Hiruzen ?
L'Ombre aquiesça.
- En effet. De toute évidence mon nom est parvenu aux oreilles du Capitaine Terreur, le prestigieux Uchiha Sasuke. Quel honneur ! sourit Hiruzen.
- Itachi m'a parlé de toi. Tu es donc le type qu'il a éclaté et qui s'est enfui la queue entre les jambes ?
Le sourire condescendant de l'Uchiha irrita Hiruzen au plus haut point.
- Rah, je vais le tuer !
La deuxième Ombre lui agrippa l'épaule.
- Garde ton calme, Hiruzen. Il est fort.
- Oh la ferme, Tobirama. Je ne suis pas un gosse, je sais ce que je fais…
- Mouais… répondit Tobirama, dubitatif. Utakata, prépare-toi à passer à l'attaque.
Tobirama entreprit alors d'ôter son capuchon, révélant ses traits au grand jour.
C'était un adolescent d'environ dix-sept ans aux cheveux gris et aux yeux bleus. Son visage était barré d'une étrange cicatrice qui le traversait en diagonale.
- Bonjour, je suis Tobirama.
- On s'en balance, répondit Kiba d'une voix chantante. Et puis si tu voulais ressembler à Kakashi c'est raté. La cicatrice, c'est au niveau de l'œil gauche, pas en travers de la tronche.
Tobirama passa outre la provocation et garda son calme.
- Je n'ai aucunement cherché à imiter Hatake Kakashi. Mes cheveux sont naturellement gris.
Kiba le regarda bizarrement mais garda le silence, ce qui lui valut des regards surpris de la part de ses compagnons.
« C'est donc possible qu'il la ferme. J'aurais au moins appris quelque chose aujourd'hui… » pensa Neji.
Hiruzen fit également signe à son propre élève.
- Kimimaro, tiens-toi prête.
Sasuke serra le poing.
- Je ne vous laisserai pas attaquer les premiers.
Katon : Goukakyuu no jutsu !
Hiruzen esquiva la boule de feu avec aisance.
- C'est tout ce que tu as ?
Sasuke ne perdit pas de temps à répliquer et enchaîna :
- Katon : Jigoku no honoo ! (les flammes de l'Enfer)
Hiruzen fut bouche bée lorsqu'il vit des flammes noires affluer vers lui.
- Amaterasu ? Mais ce n'est pas possible… Il n'a même pas le Mangekyou…
- Ce n'est pas Amaterasu, répondit Tobirama. En revanche, ces flammes ne doivent pas être très bonnes pour la santé…
Le quatre shinobis de l'Akatsuki se dispersèrent pour éviter les flammes noires, mais Kimimaro ne réagit pas assez vite, et fut brûlée à l'épaule.
Elle s'écroula à terre, et les trois autres coururent au secours de la blessée.
Tobirama examina sa blessure, et livra le verdict :
- Ces flammes sont très différentes d'Amaterasu. Elles ne durent pas longtemps, et on peut les éteindre. De plus, elles ne nous suivent pas à la trace. En revanche…
Tobirama montra aux deux autres la plaie béante de Kimimaro.
- Malgré son armure d'os, elle a été grièvement blessée. Ces flammes brûlent plus vite, avec plus d'intensité que l'Amaterasu. Ne vous faites surtout pas toucher !
Au même moment, Neji parlait avec Sasuke.
- Tu es sûr de ce que tu fais ? Utiliser le Yin peut être dangereux, non ?
- Je gère, répondit Sasuke en se forçant à sourire. Pendant que je combats, essayez de récupérer de vos efforts de tout à l'heure.
- Entendu…
Sasuke réitéra son attaque, les trois shinobis de l'Akatsuki l'évitant in extremis. Kimimaro, quand à elle, avait été allongée un peu plus loin. Ses blessures étaient trop importantes pour qu'elle puisse prendre part à un combat.
Lorsque Sasuke relança le justu pour la troisième fois, Tobirama décida de réagir. Il avait trop de fierté pour simplement attendre que son adversaire se fatigue.
- Suiton : Tengoku no Taki. (les chutes du Paradis)
A la grande surprise de Sasuke, une immense chute d'eau fit son apparition devant les ninjas de l'Akatsuki. L'eau tombait du ciel, comme si le torrent prenait sa source directement au Paradis.
Les flammes noires s'abattirent contre la chute d'eau, ce qui provoqua une explosion qui souffla les ninjas alentours.
Lorsque la vapeur se dissipa, Tobirama constata que la chute d'eau avait disparu, de même que les flammes.
« Impressionnant… Personne n'était jamais venu à bout de ce jutsu… » pensèrent simultanément Sasuke et son adversaire.
Sasuke baissa la tête. L'ennemi était fort, il lui fallait utiliser cette technique…
Chiyo le lut dans ses yeux, et tenta d'intervenir :
- C'est inutile, Sasuke-san ! Nous sommes six, nous pouvons…
- Deux de ces ninjas ont le niveau de mon frère, la coupa Sasuke. Nous ne devons pas prendre de risque.
Au bout d'un moment, Chiyo se rendit à ses arguments, et s'éloigna à toute vitesse, vite imitée par Lee et l'équipe d'Eclipse.
Tobirama regardait la scène, intrigué.
« Il aurait un jutsu encore plus puissant que celui-ci ? Personnellement, j'en doute…
Sasuke ferma les yeux.
- Meiton : burakkuhooru ! (le Trou Noir) s'écria-t-il en levant le bras.
Lorsqu'il l'abaissa, ce fut pour projeter une étrange sphère d'énergie noire vers ses adversaires.
Tobirama, Hiruzen et Utakata s'écartèrent le plus possible de la boule. Les ninjas d'Amaterasu, pour leur part, avaient préféré s'éloigner d'un kilomètre.
« Mieux vaut prévoir large », songea Chiyo. « Être pris dans cette technique, c'est la mort assurée. »
Soudain, Sasuke serra le poing, et le boule sembla se ratatiner sur elle-même.
Tobirama s'éloigna un peu plus, alors qu'Hiruzen restait de marbre. Il était assez curieux à l'idée de voir ce jutsu.
Lorsque la boule eut pris la taille d'une perle, elle explosa, libérant d'étranges vapeurs obscures qui tournaient autour d'un disque d'une couleur qui semblait plus noire que le noir.
Aussitôt, les trois de l'Akatsuki se sentirent attirés par le trou noir. Une force invisible et irrésistible les poussait à avancer vers le jutsu.
Tobirama se laissa tomber à genoux et planta ses doigts dans la cendre sous la neige, mais rien n'y faisait. Il était irrémédiablement aspiré vers le centre du trou noir, tout comme ses deux autres coéquipiers.
Seul Sasuke semblait immunisé.
La force d'attraction était elle qu'Hiruzen fut obligé de lâcher prise, et il s'envola littéralement vers le trou noir. Lorsqu'il fut à quelques mètres du centre, il se mit à tourner autour de ce dernier, à toute vitesse.
« Super, je suis en orbite… » pensa Hiruzen, sans s'affoler. Après tout, il lui restait une solution de secours…
L'orbite d'Hiruzen rétrécissait de plus en plus, il se rapprochait peu à peu du fond du lavabo.
« J'ai intérêt à me grouiller… »
Il composa une série de mudras et hurla :
- Godai no arashi ! (la tempête des cinq éléments)
Hiruzen ne maîtrisait pas tous les éléments à la perfection, mais il était capable de les réunir dans ce qui était sa plus forte attaque.
un flux multicolore se forma au bout de son poing, qu'il projeta vers Sasuke.
- J'ai remarqué que tu as gardé le point serré depuis l'activation de cette saloperie de tourbillon ! cria Hiruzen. Donc pour arrêter ça, suffit que je te bute !
Mais alors qu'il s'approchait de Sasuke, le jutsu d'Hiruzen commença à perdre de l'altitude et de la vitesse. Hiruzen constata avec horreur que son jutsu était lui aussi attiré par le trou noir.
- Mais ce n'est pas vrai !
Lorsqu'elle parvint au niveau du centre de la spirale ténébreuse, la tempête élémentaire s'arrêta complètement, et fut aspirée par le trou noir.
- Mon jutsu ! s'égosilla Hiruzen.
Sasuke fut rassuré lorsqu'il vit l'attaque disparaître, mais quelques secondes plus tard, il se raidit.
« C'est impossible… Ce jutsu est en train de détruire mon trou noir de l'intérieur… C'est pourtant scientifiquement impossible ! L'énergie serait-elle trop importante pour être aspirée ? Je… »
La sueur envahit le front de Sasuke. Son poing lui criait de le laisser s'ouvrir, mais il ne pouvait pas relâcher le jutsu maintenant.
« J'ai gaspillé trop de chakra… Je dois tenir le coup jusqu'à ce que ces enfoirés aient été emportés. »
Hiruzen était tout proche de l'œil du cyclone désormais, et il faisait pâle figure. Il était impuissant face à une telle attaque.
« Ce jutsu n'était pas invincible, mais j'ai réagi trop tard bordel… Je n'aurais pas dû sous-estimer ce morveux ! » enragea-t-il.
Tobirama, lui, tenait bon. Il s'était éloigné un peu plus qu'Hiruzen, et l'attraction était par conséquent moins importante. Utakata, pour sa part, était parvenu à s'extirper du maelstrom en se servant du chakra se son bijuu, et assistait à la scène, impuissant.
Au bout de quelques secondes, qui semblèrent une éternité pour Sasuke, Hiruzen fut finalement aspiré et disparut dans les ténèbres. Un instant plus tard, le trou noir se mettait à trembler, comme s'il peinait à se maintenir dans ce plan.
« Mon trou noir est mourant… » constata Sasuke. « Ce Hiruzen était fort. Si il avait visé directement le cœur du trou noir, mon jutsu aurait pris fin avant de l'aspirer… »
Le trou noir disparut subitement, et Tobirama accueillit le relâchement de la pression avec soulagement. Un soulagement tempéré par la perte de son camarade Hiruzen. Ce dernier lui avait sauvé la vie en utilisant son attaque élémentaire.
« Merci Hiruzen. Tu l'as sans doute fait pour sauver ta vie mais merci quand même » pensa Tobirama.
Dès que son jutsu eut disparu, Sasuke s'effondra, alors que son œil prenait une teinte noirâtre.
« Les conséquences de ce maudit Kekkai Genkai… » pensa Sasuke. « Sa puissance est extraordinaire, mais il puise dans le Yin plus que de raison. Si ça continue… »
- … Son âme sera consumée, conclut Chiyo. Il ne doit pas utiliser cette technique à outrance.
- Ah la la… Pourquoi faut-il que les meilleurs jutsus aient toujours des effets pervers pour l'utilisateur ? C'est vraiment chiant… geint Kiba.
- Oui… Mais le Meiton, c'est-à-dire l'art de la manipulation des ténèbres, demeure un des Kekkai Genkai les plus meurtriers, répondit Lee.
- Ne fais pas ton savant, le morigéna Chiyo. Je te rappelle que tu es incapable de lancer le moindre jutsu.
- Merci de me le rappeler…
- Ce n'est pas le moment de parler de ça, intervint Neji. Il faut aller aider Sasuke. Je ne pense pas qu'il soit en état de se battre…
Les cinq ninjas se hâtèrent de rejoindre Sasuke, qui gisait inanimé au fond du cratère enneigé.
Lorsqu'ils furent tout près, Neji pila, à la grande surprise de Kiba qui le heurta de plein fouet.
- Chauffard ! beugla-t-il en se frottant le front. Préviens quand tu freines.
- Madara… souffla Neji. Cet enfoiré est ici.
Le capitaine et les cinq élèves se hâtèrent et parvinrent bientôt aux côtés de Sasuke. Madara était paisiblement assis à côté de lui. Son éternel rictus moqueur avait laissé place à un visage inexpressif.
- Chiyo, Lee, Sakura, Kiba, et Neji. Ou devrais-je dire Eclipse, récita Madara.
Neji haussa un sourcil. Sa promotion était récente, comment Madara était-il au courant de tout ça ?
- Je possède de bons informateurs, sourit Madara en désignant le sol.
Au même moment, Zetsu sortit du cratère pour faire son rapport.
- J'ai tout enregistré, Madara-sama.
- Parfait. Pour ma part, j'ai le premier parchemin. Celui de l'Autel, se vanta Madara en agitant l'objet.
Kiba poussa un cri de rage alors que les autres serraient leur poings.
- Tu n'as pas intérêt à avoir touché Sasuke, vieux con, où j'te déboîte ! menaça Kiba.
Comme prévu, Madara ne fut pas le moins du monde effrayé par la menace, qui le fit sourire.
- Le tuer serait la moindre des choses, puisqu'il a lui-même provoqué la mort de l'une de mes Ombres. Hiruzen n'était pas le plus puissant, mais le perdre est un coup dur pour l'Akatsuki.
Néanmoins, je serai magnanime. Je vais vous laisser en vie et je vais vous laisser repartir.
Tobirama, qui avait jusqu'alors gardé le silence, s'insurgea :
- Vous allez les laisser partir ? Mais…
- Ombre… Contesterais-tu mes ordres ?
Tobirama ne put soutenir le regard de son chef, et s'inclina.
- Non, maître. Mais j'aimerais comprendre.
Ce fut le moment que choisit Sasuke pour reprendre conscience et se mettre debout.
- Ça va Sasuke ? s'enquit Sakura.
- Le pied… répondit sombrement le frère d'Itachi. Cet enfoiré m'a piqué le parchemin, hn ?
Madara sourit et se tourna vers lui.
- En effet. De plus, si je vous laisse en vie, c'est non seulement parce que vous êtes trop faibles pour m'inquiéter, mais aussi parce que vous me rejoindrez bientôt. Amaterasu a perdu. C'est terminé.
Madara fit quelques signes puis leva sa main gauche, désormais entourée par les flammes.
- Et après ? se moqua Sasuke. Vous n'êtes pas le seul à savoir faire mumuse avec le feu.
La main droite de Madara plongea dans sa poche et en sortit le parchemin de l'Autel.
Sasuke était pétrifié.
« Il ne va quand même pas… »
- Que se passera-t-il si ce parchemin prend feu ? demanda Madara d'une voix suave. Plus d'Autel, plus d'élu. Plus d'élu, plus d'Amaterasu. J'ai gagné, conclut Madara en abattant sa main gauche sur le parchemin.
Cinq heures plus tard, au Château d'Amaterasu
- Shika ! Shika ! Anne !
La kunoichi des ombres tourna la tête, ennuyée.
- Qu'est-ce que tu me veux ? demanda-t-elle d'une voix qu'elle voulait agressive.
- Il est cinq heures du mat', et tu es déjà levée ? s'étonna Kakashi. D'habitude, tu fais toujours la grasse mat'…
Shika répondit en serrant les dents.
- Toi aussi, crétin…
- Moi c'est parce que je n'ai pas pu dormir de la nuit, tu…
- Rassure-toi, ce n'est pas toi qui m'empêche de dormir, répliqua Shika avec sécheresse.
Kakashi baissa la tête.
- Je suis désolé mais…
- Ce que je voulais, c'était un amour sincère. C'est tout. Et vu que tu ne peux pas t'empêcher d'embrasser tout ce qui bouge, c'est fini entre nous.
Shika commençait à descendre les escaliers, lorsque Kakashi posa la main sur son épaule.
- Shika…
La claque résonna dans le hall.
Lorsque Kakashi reprit ses esprits, Shika avait disparu. Mais le ninja copieur savait qu'il n'avait pas rêvé. La douleur et la marque rouge sur sa joue était bien réelles.
« Je l'ai méritée, je suppose » pensa Kakashi. « Bon bah je vais me recoucher… Je n'ai pas trop envie de zieuter mon Hentai du coup… » pensa Kakashi en refermant le précieux ouvrage, avant de se diriger vers sa chambre.
