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Prison Break


Konan rouspétait tout en marchant le long du couloir. Ces abrutis avaient tout gâché… Alors qu'elle était tout proche de remporter sa première victoire contre Tsunade, cette dernière avait été sauvée par le gong, ou plutôt par l'arrivée inopportune des six shinobis envoyés au Mont Fuji. Bien évidemment, Tsunade avait sauté sur l'occasion.

- Ils sont rentrés, va vite le dire à Itachi, Konan ! lui avait lancé la kunoichi.

« Elle ne perd rien pour attendre » pensa Konan.

Tsunade était sa meilleure amie, mais aussi une rivale qu'elle s'était jurée de surpasser un jour.

Konan parvint finalement au bureau du boss, et ouvrit la porte à la volée.

- Itachi-san ! Les équipes Eclipse et Terreur sont rentr…

Le chef d'Amaterasu ne la laissa pas finir sa phrase et sortit de son bureau en coup de vent.

Konan resta immobile pendant quelques instants, proche de l'explosion.

« Merci mon chien… C'est la dernière fois que je fais le messager, moi… »

Elle finit par quitter le bureau en claquant la porte, puis entreprit de regagner le hall où les six tanches avaient fait leur apparition.

Lorsqu'elle eut rejoint le groupe de shinobis amassé devant la porte du château, Konan comprit instantanément que les nouvelles n'étaient pas bonnes.

Les six ninjas avaient la tête baissée, et le regard d'Itachi était éloquent. Une détresse et un désespoir immense se mêlaient dans ses yeux d'ébène.

- Il l'a donc détruit… lâcha le Seigneur des Corbeaux. Il resta silencieux, puis leva les yeux vers le plafond.

- Sans l'Autel, il n'y a plus rien à faire, j'en ai bien peur. Uzumaki Naruto seul est condamné à perdre face à Madara, et le monde sombrera dans les ténèbres de l'illusion…

- Toujours aussi pessimiste à ce que je vois, fit une voix claire.

Itachi reconnut sans mal la voix de son meilleur ami.

- Naruto… Je ne suis pas pessimiste, je suis réaliste. On ne mène pas une bataille perdue d'avance. Si nous nous rendons maintenant, vos vies seront épargnées. J'imagine que c'est ce qu'il y a de mieux à faire…

- Tu as tout à fait raison, Itachi. Il n'y a plus d'espoir, renchérit Sasuke, la tête toujours baissée.

Le sourire de Naruto s'agrandit.

- Arrêtez un peu ! Vous voyez tout en noir mais tout n'est pas perdu !

- La ferme ! hurla Sasuke. Tu ne comprends rien imbécile…

Sakura posa la main sur l'épaule de l'Uchiha.

- Doucement Sasuke… Naruto ne voulait pas…

Sasuke donna un coup de poing fulgurant à la brune qui s'écrasa non loin d'Itachi.

- Akio, qu'est-ce qu'il te prend ? cria Itachi.

- Oh toi la ferme ! Toi aussi tu lui a fait du mal en la rejetant ! répliqua Sasuke. Je ne vois pas pourquoi tu serais le seul à avoir le droit de blesser les autres… C'est si jouissif…

Sasuke releva la tête, et tous purent constater que son œil droit avait pris une couleur noire, et que cette noirceur commençait à s'étendre sur le reste du corps de l'Uchiha.

- Merde, il a utilisé le Meiton ? pesta Itachi. Naruto, vas-y !

Naruto ferma les yeux, et un chakra blanc commença à recouvrir sa main droite.

Il s'élança ensuite vers Sasuke et plaqua sa main sur le front de ce dernier.

Aussitôt, la teinte noire commença à disparaître, et tous soupirèrent de soulagement.

- Heureusement que tu étais là, Naruto, lui dit Itachi.

- Oui je sais, je suis vraiment indispensable, se vanta le blond.

Sasuke, dont le visage avait repris ses couleurs habituelles, se releva péniblement.

- Où suis-je ?

- A la maison, le rassura Chiyo. Tu nous a fait peur avec ta folie meurtrière…

Sasuke plissa les yeux.

- Pardon ?

Puis il se rappela son combat dans le cratère, et il fit vite le lien avec ce qui lui avait dit Chiyo.

- Merde… J'ai succombé au Yin, c'est ça ?

- En effet, répondit Itachi. Je pensais t'avoir dit de ne pas aller au-delà de tes limites…

Son frère baissa les yeux.

- Désolé. Je voulais vraiment en finir avec eux, et j'ai maintenu mon Trou Noir trop longtemps. Mais j'ai quand même eu la peau de l'Ombre nommée Hiruzen.

Naruto lui donna une bourrade.

- Bien joué, vieux, mais la prochaine fois n'en fais pas trop…

Rassuré sur l'état de son petit frère, Itachi décida de retourner à la conversation interrompue.

- Tu disais qu'il restait de l'espoir, Naruto ?

Ce dernier hocha la tête, et dit :

- Jiraya parlait bien d'un deuxième parchemin ?

- Inutile. Premièrement, l'indice qui devait nous permettre de localiser ce parchemin est incompréhensible. Même Shika ne l'a pas compris. Deuxièmement, selon Jiraya, ce parchemin a une fonction différente. En clair, l'autel de l'élu est bel et bien perdu, conclut Itachi.

- Objection votre honneur ! s'exclama Kiba. Avec le premier parchemin, il y avait ce message, ajouta-t-il en tendant la main vers Sakura.

Sakura ne dit mot, mais sortit le parchemin et le lança à Kiba, qui le lut à haute voix.

- L'état ne change pas. Pars du Fer et trouve les autres. Trois au nord, sept à l'ouest. Trois au nord, sept à l'ouest. Deux au nord, huit à l'est. La CPE t'aidera.

Kiba s'éclaircit la gorge.

- Sasuke pense que ce message complète l'indice du deuxième parchemin, puisque l'on retrouve le mot « fer ».

Itachi acquiesça, tandis que Naruto arborait un sourire béat.

- Je n'ai rien pigé ! s'écria le blond. On dirait que le vieux nous a laissé un autre message incompréhensible. En plus, il parle de CPE…

Naruto se gratta la tête, et reprit :

- Pas question que je retourne au bureau du CPE, j'ai l'impression d'y avoir passé le plus clair de mon temps lorsque j'étais à l'école !

- Ce n'est pas qu'une impression, répondit Itachi en se remémorant sa vie d'autrefois.

Seulement quelques années s'étaient écoulées, mais il avait l'impression que ces souvenirs dataient de plus d'un siècle…

Itachi réfléchit quelques instants, puis déclara :

- Quoiqu'il en soit, ce deuxième parchemin n'est pas le plus important dans l'immédiat. Nous devons nous préparer pour la guerre qui s'annonce et…

- Hop hop hop ! intervint Naruto. Je viens de penser à quelque chose.

Chiyo lui lança une regard étonné.

- Depuis quand tu penses toi ?

Naruto ignora la remarque et suggéra :

- On pourrait peut-être réparer l'autel de la grotte…

Tout le monde leva les yeux au ciel.

- Naruto, tu as vu l'état dans lequel il se trouve ? C'est irréparable ! s'exclama Sakura.

Le blond croisa les bras.

- On ne peut pas savoir tant que l'on a pas essayé !

Itachi baissa les yeux, et murmura :

- Naruto…

Le jinchuuriki de Kyuubi se retourna vers lui :

- Quoi, c'est vrai, je…

- … Tu es un génie, le coupa Itachi.

Un sourire se dessina sur les lèvres de l'Uchiha. Naruto lui avait redonné l'espoir, comme d'habitude.

- C'est complètement débile, s'insurgea Kiba. C'est irréparable ce truc. Irréparable ! L'Autel est issu d'une technologie inconnue ici ! Vous comprenez ce que ça veut dire ? Personne ne peut réparer un truc pareil ! Personne !

- Il y aurait bien quelqu'un, répondit pourtant Itachi.

Tout le monde le considéra avec étonnement, et Itachi les fit mariner quelques temps avant de lâcher le morceau.

- Sasori.

Le regard de Naruto s'éclaira.

- Je l'avais complètement oublié celui-là ! C'est sûr que si il existe quelqu'un capable de faire une telle chose dans ce monde, c'est bien lui !

Sakura fronça les sourcils.

- Vous parlez du marionnettiste ? Vous avez trouvé sa réincarnation ?

- Ouaip ! répondit Naruto. C'est un vioque qui…

- Un artisan, le coupa Itachi. Un véritable génie dans tous les travaux manuels. Avec Naruto et Gamataki, je lui ai rendu une petite visite, il y a un peu plus d'un an. Mais il a refusé de nous rejoindre. Il ne voulait pas s'impliquer dans une guerre. Il est contre la violence, mais n'a pas voulu entendre parler des desseins de Madara.

Kiba haussa les épaules.

- Encore un type qui se voile la face, en somme. Un peureux comme lui ne voudra jamais nous aider.

- En tout cas, il en serait capable je pense. Je lui ai laissé des rouleaux de parchemins concernant l'art du marionnettiste, et diverses autres choses. J'imagine qu'il aura cédé à la curiosité. Il doit donc être devenu assez puissant, et avoir acquis le savoir-faire indispensable à la réparation de l'autel… souffla Itachi.

- On ira le voir dès demain ! fit Naruto en sautillant.

- Voir qui ? fit une voix morne.

Tout le monde se tourna vers l'escalier que Kakashi était en train de descendre.

- Toujours en retard, Kakashi, ironisa Kiba.

Le ninja copieur ne répondit pas, et fit face à Itachi.

- Itachi, je crois que Shika a disparu.

L'entrain contagieux de Naruto laissa la place à un silence pesant.

- Comment ça disparu ?

Kakashi se gratta la tête, gêné.

- Et bien, elle s'est levée tôt ce matin, et on s'est disputés. Elle est ensuite sortie du château. Je pensais qu'elle voulait seulement se changer les idées, mais je ne la trouve nulle part…

- Ah la la… geint Itachi. Tous mes Capitaines se font la malle les uns après les autres. Hinata, Jiraya, et maintenant Shika…

Soudain, au moment où Itachi prononçait le nom le nom de la Nara, l'Uchiha eut une sensation étrange.

- Hey, Itachi-san ! s'écria Kiba. Votre ombre... Elle a bougé !

Itachi se baissa, et posa la main sur son ombre, qui s'étalait sur le sol.

Aussitôt, cette dernière se mit à s'élever et quitta le sol. Elle fut parcourue d'une onde, puis retrouva son état normal.

Itachi la regarda pensif, avant de remarquer un bout de papier posé sur le sol, au milieu de son ombre. Itachi le ramassa, et l'envoya à Naruto.

- Lis…

Naruto s'exécuta sans attendre.

- Je suis partie sauver Hinata. Ne cherchez pas à m'aider. Faites-moi confiance.

Ce fut un Madara enthousiaste qui quitta son bureau pour aller manger. Sa bonne humeur était perceptible des shinobis qu'il croisa, le maître s'abstenant de leur jeter ses habituelles remarques désobligeantes.

En effet, le chef de l'Akatsuki, désormais convaincu de la défaite d'Amaterasu, savourait son triomphe et l'arrivée prochaine du Madara originel.

« L'avènement de notre règne est proche… » songea-t-il, avant de se remémorer la discussion qu'il avait eu avec Zetsu.

« Le message que Zetsu a enregistré doit être un indice pour le deuxième parchemin… Il nous faut le trouver au plus vite. Je ne connais pas son utilité, mais il pourrait être utile dans la bataille qui s'annonce. Le Zetsu noir est intelligent, il devrait vite résoudre cette énigme. »

- Madara-sama…

Madara fit volte-face et considéra Zetsu, étonné.

- Tu as déjà fini ?

- Non, Madara-sama. Nous sommes attaqués. Le Capitaine Mirage est dans le hall de l'immeuble et est en train de se débarrasser des gardes. Voulez-vous que je…

- Je m'en occupe, le coupa Madara, avant de disparaître de la façon habituelle.

Shika avait déjà tué trois gardes, et se dirigeait vers le dernier shinobi, qui lui barrait vaillamment le chemin de l'ascenseur.

- Kage Nui… (l'entrelacement des ombres) murmura Shika, alors que son ombre se séparait en plusieurs piques d'ombre, et clouaient au mur le malheureux shinobi.

Shika se dirigeait vers l'ascenseur, lorsque trois personnes lui barrèrent la route. Elle reconnut sans peine Madara, qui se trouvait au centre, mais les deux autres lui étaient inconnus.

- Capitaine Mirage… Je pensais que vous étiez un fin stratège, mais je suis déçu. Il semblerait que vous ayez perdu la raison en venant seule attaquer notre QG, dit Madara d'une seule traite. Minato, Kakuzu, escortez-la jusqu'à la cellule HS. Je suppose qu'elle se fera une joie d'y retrouver son amie…

Minato et Kakuzu s'inclinèrent, et s'apprêtaient à exécuter les ordres de Madara lorsque ce dernier ajouta :

- J'allais oublier. Enlevez votre masque, Mirage. Ou je le ferai moi-même.

Shika l'ôta immédiatement. Elle ne voulait pas que cette ordure salisse son masque avec ses mains…

- Et bien ! Une jeune fille, en voilà une surprise… N'y aurait-il que des jeunots à Amaterasu ?

Emmenez-la… conclut Madara avant de disparaître.

Après l'avoir fouillée, les deux Ombres escortèrent la kunoichi jusqu'à ses « appartements ». Minato ouvrait la marche, tandis que Kakuzu s'était placé derrière Shika. Aucun des deux shinobis ne pouvait voir le sourire satisfait de Shika, qui ne semblait pas le moins du monde appréhender ce qui allait suivre.

Minato déverrouilla la cellule, et Kakuzu propulsa la Nara dans la pièce d'un bon coup de pied au derrière.

- Je vous souhaite un excellent séjour dans cet hôtel cinq étoiles, ironisa Minato en claquant la porte derrière Shika.

Aussitôt, celle-ci fut heurtée par un objet non identifié.

- Shika ! C'est bien toi ?

La manipulatrice d'ombres reconnut la voix d'Hinata, et lui rendit son étreinte.

- Oui, c'est moi. Il fait toujours aussi sombre là-dedans ?

- Oui…

Hinata se sépara de sa sœur d'armes, puis lui lança :

- Qu'est-ce que tu fais là ? Ils t'ont eu, toi aussi ?

- Non, je suis là pour te sauver, répondit Shika en s'efforçant vainement de voir dans l'obscurité de la cellule.

- Et tu as un plan ? fit une voix. J'espère que tu es intelligente parce que se jeter dans la gueule du loup me parait assez téméraire.. Et inutile.

- Mon dieu, quel optimisme, on dirait mon ex… se lamenta Shika en regardant au plafond. A qui ai-je l'honneur ?

- Deidara, insignifiant moucheron qui rêvait de liberté et qui fut piégé dans la toile de l'araignée. J'ai nommé, Madara…

Shika cligna des yeux. Encore un original…

- C'est un ancien Capitaine de l'Akatsuki, tu sais…

- Ouais, je m'en souviens, la coupa Shika. Mais je ne l'imaginais pas aussi… zarb.

Deidara émit un grognement :

- Je n'aime pas être enfermé. Je suis claustrophobe ! C'est pour ça que je dis des conneries…

Shika l'ignora, et se tourna vers l'endroit où se trouvait Hinata. Elle commençait à la distinguer apparemment ses yeux s'habituaient déjà aux ténèbres environnants.

- Il est fiable ?

Hinata hésita quelques instants, puis répondit par l'affirmative.

- Je pense que oui. Il a essayé de me sauver. C'est pour ça qu'il est au trou avec moi, d'ailleurs…

Shika éclata de rire.

- Décidemment ! Tu as la côte ma chère ! Naruto, ce Deidara, et maintenant moi, tout le monde fait la queue pour venir te délivrer !

Hinata la rejoint dans son hilarité. Apprendre que Naruto avait essayé de la sauver l'avait beaucoup rassurée.

Les deux filles furent ramenées à la réalité par l'artiste Deidara.

- Tu parlais de nous sortir de là ? Mais vois-tu, cette prison est la cellule HS, c'est-à-dire « cellule de…

- … Haute Sécurité ». Elle se trouve au vingtième étage, et rend inopérantes toutes attaques physiques venant de l'intérieur. Aucune technique ne peut venir à bout des parois de cette cellule, récita Shika. Je suis bien informée, tu sais. Je ne suis pas venue ici pour faire du tourisme…

Deidara croisa les bras, vexé. Il détestait ces filles qui avaient réponse à tout.

Soudain, il eut une idée.

- Dites les filles, ça vous dirait un peu de lumière ?

- Volontiers, répondit Shika. Tu as un briquet ?

Deidara ricana.

- Un briquet ? J'ai mille fois mieux que ça…

En deux temps trois mouvements, Deidara créa une sculpture d'argile qu'il lança sur un des murs de la paroi.

Le choc ne donna lieu qu'à une faible explosion, mais les flammes engendrées tenaient bon, et dansaient sur le mur malgré l'absence de combustible.

Deidara prit une pose de vainqueur et s'écria :

- Et voilà le travail ! Je vous présente C-Bêta, mon dernier né ! Egalement baptisé « le feu follet » ! En temps normal, je préfère les sculptures qui pètent, avec un max de bruit et un souffle de malade, mais il faut avouer que ce truc peut être bien pratique. Afin d'obtenir ce rendu, j'ai compressé l'agile avec plus de douceur, afin de diminuer la violence de l'explosion, tout en utilisant de l'argile plus solide, et donc plus long à…

Deidara mit fin à son monologue. Il venait de prendre conscience que les deux kunoichis ne l'écoutaient pas, et bavardaient tranquillement devant la lumière qu'il avait généré.

- Rah… Qu'est-ce que c'est chiant…

Deidara rejoint les filles, et Shika se tourna vers lui. Elle le dévisagea quelques instants, puis livra son verdict.

- Mouais… Tu n'es pas trop mon genre…

Deidara repartit en sens inverse, comme une âme en peine.

« Ça fait toujours plaisir à entendre… »

- Reste là, le blondinet ! le héla Hinata. Shika voulait nous dire quelque chose d'important.

Deidara leva les yeux au ciel. Les filles étaient comme ça. Impitoyables et autoritaires.

« Vive le célibat, et vive la liberté … » songea Deidara en retournant auprès d'elles.

- Nous partons immédiatement, leur dit Shika.

Hinata et Deidara échangèrent un regard teinté d'incompréhension. Comment diable la Nara comptait-elle s'y prendre ?

- Kage no Nashoido (le Puits secret de l'Ombre), prononça Shika, avant de se baisser.

Sa main traversa le sol et plongea dans son ombre, à l'ébahissement général.

« Dingue ! » pensa Deidara.

Lorsque Shika retira sa main, cette dernière agrippait un sac à dos.

- Et voilà ! Tout ce qu'il faut se trouve là-dedans.

Shika ouvrit le sac et en sortit une liasse de papiers.

- Voici le plan des caméras. Il y en a à tous les étages. Ce plan nous permettra de les éviter… Il y a également le plan des canalisations. Nous en aurons besoin, annonça Shika.

- Cool… murmura Deidara. Mais comment fait-on pour sortir de cette cellule ? Ce ne sont pas tes bouts de papier qui…

D'un geste, Shika le fit taire et sortit de son sac un petit flacon.

- La dernière invention d'Orochimaru. Cette petite merveille peut dissoudre n'importe quel métal.

Deidara se gratta l'oreille. Il n'y croyait pas vraiment.

- C'est vraiment possible un truc pareil ?

- Puisque je te le dis…

Shika se dirigea vers la porte et ouvrit le flacon.

- Deidara, pourrais-tu me refaire ton truc ? J'ai besoin de lumière…

- A vos ordres Majesté… râla ce dernier.

Il créa une nouvelle sculpture d'argile, puis la lança sur le mur qui encadrait la porte.

Mais cette fois-ci, le shinobi s'était un peu laissé emporter. Le souffle ardent de l'explosion les projeta contre les murs de la pièce avec violence.

Une fois qu'ils eurent repris leurs esprits, Hinata se hâta de passer un savon à l'apprenti sorcier, qui se défendit avec un timide « J'aime quand ça fait boum », qui lui valut un nouveau coup de poing.

Personne n'était blessé, mais Shika gardait la tête baissée.

- Shika ? Qu'y a-t-il ? s'enquit Hinata.

Pour seule réponse, Shika exhiba ce qui restait de ses plans. Les feuillets avaient été calcinés par l'explosion, et étaient à présent illisibles.

- Merde… lâcha Hinata. Comment va-t-on faire pour les caméras, maintenant… Le blondinet, t'es vraiment un abruti !

Deidara se passa la main sur les yeux.

- Désolé, j'ai un peu merdé, mais ce n'était pas volontaire, je vous jure.

Shika finit par se relever, en souriant.

- Ce n'est pas grave, le principal est sauf. La fiole d'acide n'a rien.

- Et pour les caméras ?

- Je pense pouvoir me débrouiller. J'ai une bonne mémoire.

Hinata et Deidara la regardèrent bizarrement. Mémoriser le champ de vision des caméras de chacun des cinquante étages de l'immeuble… C'était impossible.

- Hinata ? Sonde les environs avec ton Byakugan s'il te plaît, lui demanda Shika.

La Hyûga secoua la tête.

- Désolé, mais c'est impossible. Les parois de cette cellule bloquent mon Dôjutsu.

Shika fit la moue.

- Tant pis. Il n'y a plus qu'à prier pour que la patrouille suive son horaire habituel.

- Tu connais les heures de ronde par cœur ? s'exclama Deidara.

- Oui.

Deidara ne pipa mot.

« Cette fille c'est Einstein réincarné, ce n'est pas possible autrement ! »

- On y va ! dit Shika après avoir consulté sa montre.

Elle versa le contenu du flacon sur la porte, qui commença à fondre. Littéralement.

- Pas mal, pas mal ! C'est moins marrant que les explosions, mais ça marche bien ! reconnut Deidara.

Dix secondes plus tard, il ne restait plus grand-chose de la porte en titane renforcé.

Les trois prisonniers passèrent à travers l'ouverture, avant de s'arrêter net sur le palier.

Mirage se retourna et utilisa ses talents d'illusionniste pour placer un Genjutsu sur la porte, de façon à ce qu'elle ait l'air intacte.

- On fait quoi maintenant ? demanda Hinata.

- Suivez-moi, se contenta de répondre la Nara.

Mettez vos pieds dans les miens et ça devrait aller…

Shika commença à marcher en zigzag à travers le couloir, les deux autres prenant garde de bien l'imiter.

Lorsqu'ils furent arrivés au bout du couloir, Shika s'arrêta.

- Je pense que l'on a réussi la première étape. L'alarme n'a pas sonné, les caméras ne nous ont donc pas repéré…

- Génial, répondit le seul garçon du groupe. Et on fait quoi maintenant ?

Shika soupira, avant de faire volte-face.

- Tu la ferme. Vous n'avez qu'à me suivre et ça ira.

Hinata et Deidara se mirent au garde à vous, et Shika leva la tête vers les canalisations.

- Bon, ces canalisations font un mètre de diamètre. Heureusement que nous sommes loin d'être obèses, parce que ça va être juste…

Shika composa des mudras, et des piques d'ombres surgirent de la sienne pour agripper la grille d'aération qui se dressait au-dessus de leurs têtes. Les fils d'ombre s'enroulèrent autour des boulons, et entreprirent de les dévisser. Une minute plus tard la grille tombait vers le sol, retenue in extremis par les lianes d'ombre de Shika.

- Bien, la porte est ouverte… Servez-vous de mes cordes d'ombre pour grimper, vite ! Les gardes seront là dans quarante-sept secondes !

Hinata et Deidara coururent jusqu'aux cordes noires qui pendaient, et grimpèrent à la force de leur bras. Shika les suivit prestement, et tous se retrouvèrent dans les canalisations, en file indienne faute de largeur.

- Les gardes arrivent dans dix secondes, souffla Shika.

- Merde ! La grille ! chuchota Hinata.

Shika ne perdit pas de temps et tira sur la grille avec ses ombres, la remettant en place.

- Il n'y a plus de boulons, il faut la maintenir, dit Deidara à mi-voix. Je m'en charge.

Désireux de rattraper son erreur d'il y a peu, Deidara utilisa son argile pour sceller la grille, et Shika put enfin relâcher son jutsu, au moment où les gardes apparaissaient au coin du couloir.

« C'était juste… » pensa Hinata.

Une fois que les deux vigiles furent passés, sans rien avoir remarqué, les trois fugitifs se mirent à ramper à l'intérieur des tuyaux, Shika ouvrant la marche.

Les embranchements étaient nombreux, mais Shika semblait savoir où elle allait.

« Elle connaît le plan par cœur, c'est complètement dingue… » pensa Hinata.

Au bout d'une quinzaine de minutes à arpenter les canalisation, les trois ninjas commencèrent à fatiguer. La chaleur et le stress les faisaient transpirer plus que de raison.

- Deidara, tu sens la transpiration, dit Hinata entre ses dents.

- Ouais je sais. Je n'ai pas arrêté d'y penser, dans la cellule. 'Tin, Dei, pourquoi as-tu oublié de mettre du déo ? Se faire torturer, mourir, ce n'est pas grand-chose ! Mais le déo… Ah la la que de regrets…

Hinata ne put s'empêcher de rire, avant d'être aussitôt rappelée à l'ordre par Shika.

- On est bientôt arrivés... Il nous faudra probablement nous battre, puisque notre destination est la salle des gardes.

- La salle des gardes ? Pourquoi va-t-on là-bas ? demanda un Deidara alarmé.

- C'est le seul moyen. L'autre chemin vers l'ascenseur est cerné par les caméras. Nous devons passer par là.

- Ok…

- Ils jouent aux échecs… pouffa Shika. Ils ont l'air concentrés en plus. Voilà qui nous arrange.

Shika sortit de son sac un deuxième flacon d'acide, qui fit disparaître la grille d'aération en une poignée de secondes, à l'insu des deux gardes qui se trouvaient en dessous.

Shika se laissa ensuite tomber au centre de la table, faisant valser les pièces du jeu d'échecs.

Les gardes stupéfaits furent mis hors de combat en quelques secondes par la Capitaine Mirage.

- Il y a deux moyens de quitter cette salle, annonça Shika à ses deux camarades. Les gardes utilisent un code, que je ne connais pas. En revanche, ces abrutis n'ont pas désactivé l'ancien système. Un système de cartes.

Shika sortit une carte magnétique de son sac, et la lança à Deidara.

- Passe-là, vite !

- Tu l'as eue comment ?

- Grouille !

Deidara courut à la porte et fit glisser la carte, provoquant l'ouverture immédiate de la porte.

- On continue ! les encouragea Shika. Marchez dans mes pas !

Le trio fit irruption dans un nouveau couloir et Hinata ne put s'empêcher de soupirer.

« J'espère qu'elle sait ce qu'elle fait… Cet immeuble est un vrai labyrinthe ».

Après un périple à travers un couloir surchargé de caméras, les trois shinobis atteignirent cet Eden, cette destination tant attendue.

- L'ascenseur ! s'écria Deidara.

Deidara s'empressa d'appeler l'ascenseur, qu'Hinata sonda aussitôt.

- C'est bon, il est vide. Il monte vers nous.

- Parfait, répondit Shika.

Lorsque l'ascenseur ouvrit ses portes, tous les trois se précipitèrent à l'intérieur.

Deidara allait appuyer sur le zéro lorsque sa main fut happée par celle de Shika.

- Tu voulais faire quoi, là ? Si on va au rez-de-chaussée, on se fera cueillir comme des fleurs…

- Mais…

Shika appuya sur le bouton du quarante-deuxième étage en souriant.

- C'est là qu'il faut aller.

Les deux autre étaient sceptiques, mais Shika semblait savoir ce qu'elle faisait.

Alors que l'ascenseur commençait à s'élever, Shika ouvrit la trappe qui trônait au centre du toit de la cabine.

- Qu'est-ce que…

Shika ne tint pas compte de l'interruption et se hissa hors de la cabine.

- Suivez-moi !

Deidara et Hinata haussèrent les épaules, puis l'imitèrent.

- C'est marrant… C'est un peu comme un monte-charge, sourit Deidara . Par contre, heureusement que tu n'as pas cliqué sur le terminus… On aurait fini aplatis comme des crêpes.

- Tout à fait, répondit Shika. Quoiqu'il en soit, sortir de la cabine était nécessaire, afin d'éviter toute surprise à l'arrivée, et surtout, pour éviter les caméras. L'ascenseur du quarante-deuxième étage est entièrement filmé. On ne pourra pas en sortir sans se faire repérer.

- On fait comment alors ? demanda Deidara.

Shika mit son index sur sa bouche pour le faire taire.

- Tu verras bien…

Lorsque l'ascenseur s'arrêta, Shika marcha jusqu'au bord de la cabine, et y accrocha une corde qu'elle venait de sortir de son sac à dos.

Elle descendit alors le long de la corde, jusqu'à ce qu'elle atteigne un petit porche qui se trouvait en dessous de la porte de la sortie de l'ascenseur.

- Venez ! s'écria Shika. L'ascenseur risque de repartir d'un instant à l'autre ! S'il va vers le haut, vous êtes mal…

Hinata et Deidara se hâtèrent de la rejoindre, le blond trouvant plus judicieux d'utiliser son oiseau d'argile.

- Tu veux monter, Hinata ?

Le kunoichi accepta, et tous deux volèrent en contrebas jusqu'à Shika.

- Vous auriez pu décrocher la corde, se lamenta Shika. Quel gâchis…

- Bah, ce n'est qu'une corde… répliqua Deidara. On est où là ?

- C'est une bouche d'aération. En l'empruntant, on pourra rejoindre les canalisations de l'étage. C'est le seul moyen de ne pas se faire repérer.

- D'accord. Mais pourquoi cet étage ? demanda Hinata.

Shika répondit par une autre question.

- Le quarante-deuxième, ça ne te rappelle rien ?

- Euh…

- C'est à cet étage que se trouvait ta première cellule. Celle où se trouve le kunai de Naruto.

Hinata sourit. Elle commençait à comprendre le plan de la Nara.

- Tu te souviens du numéro de ta cellule ? lui demanda Shika.

- Oui ! Soixante-quatre, comme les poings du Hakke ! s'écria Hinata. Ça, je m'en souviens.

- Très bien. Bon, il faut juste que je me rappelle du chemin maintenant…

Au bout de quelques minutes de réflexion, Shika s'engouffra dans la bouche d'aération, les deux autres sur ses talons.

Commencèrent alors dix longues minutes à se frayer un chemin à travers la tuyauterie, exercice que les trois compagnons apprirent vite à détester.

- On y est ! annonça finalement Shika.

Tout le monde s'extirpa des tuyaux, et atterrit devant une porte en métal qui portait l'inscription « soixante-quatre ».

Shika sortit une troisième fiole de son sac.

- C'est ma dernière, annonça-t-elle d'une voix prophétique.

- Merde, ton sac est une vraie caverne d'Ali Baba ! plaisanta Deidara.

Shika l'ignora et versa la précieuse mixture sur la porte qui n'en demandait pas tant.

Une fois que cette dernière eut rendu l'âme, Hinata, Deidara, puis Shika pénétrèrent dans la pièce.

- C'est bien là, déclara Hinata. J'en suis certaine.

Elle courut alors vers l'endroit où elle avait caché le kunai, mais n'y trouva rien.

- Je comprends pas… Le kunai n'est plus là…

Shika soupira.

- Ça aurait été trop facile… Il faut qu'on se dépêche de le retrouver, notre train part dans sept minutes.

La Nara fit une pause, puis ajouta :

- J'imagine que le kunai a été trouvé par les matons. Il doit donc se trouver dans la salle des gardes de l'étage. On est repartis !

Deidara râla, mais Hinata le persuada -à sa manière- de se remettre en marche.

- Ah la la, toujours la violence… se lamenta-t-il en se massant la joue. Vous n'avez pas besoin de moi, de toute façon…

- Ouais, tu as raison. Attends ici, et essaie de ne pas faire de bêtises ! lui lança Hinata en partant rejoindre son amie.

Quelques minutes passèrent, pendant lesquelles Deidara ruminait en silence. Sa claustrophobie le rendait particulièrement grincheux. Bien que d'un naturel chaleureux et amical, passer de longues heures dans un cachot, des canalisations, puis un ascenseur l'avait plongé dans un état de chiantise particulièrement avancé.

Deidara croisa les bras, puis regarda sa main. Il avait vraiment envie d'une petite explosion. Une toute petite… A ce moment-là, la voix d'Hinata s'imposa dans son esprit.

« Essaie de ne pas faire de bêtises ! »

Deidara eut un petit sourire.

« Il faut que je me retienne… Bientôt je serai libre ! Et je pourrais alors consacrer ma vie à mon art ! »

Lorsque les deux Capitaines furent arrivées devant la porte de la salle des gardes, Shika laissa libre court à sa satisfaction.

- Une simple serrure ! Et ben, ils n'ont pas tout modernisé, apparemment…

Shika composa des signes puis chuchota :

- Kage Nui… (l'entrelacement des ombres)

L'ombre de Shika s'étira et forma une corde très fine, qui vint se loger dans le trou de la serrure. Elle commença alors à s'adapter à la forme de celle-ci, et il y eut bientôt un cliquetis.

La porte était déverrouillée.

Shika se tourna vers Hinata, mais celle-ci n'étais plus là. Etonnée, la Nara se retourna vers la porte, désormais ouverte.

Elle pénétra dans la salle, au centre de laquelle se trouvaient les trois cadavres de ses anciens occupants, ainsi qu'Hinata.

- Toujours aussi rapide, la félicita Shika. Et moi qui te croyais affaiblie…

- Ça va mieux, la rassura Rédemption. Et puis il faut dire que ces trois là n'étaient que du menu fretin !

Sur ces paroles, les deux Capitaines se mirent à fouiller la pièce à la recherche du kunai de Naruto. Hinata le débusqua au bout de dix secondes.

- Le Byakugan est toujours aussi utile, sourit Shika en contemplant l'étrange kunai. Allons rejoindre Deidara, vite !

Elles sortirent en hâte de la salle, et retournèrent à la cellule soixante-quatre, où les attendait l'artiste des explosions.

- Plus que quarante secondes avant l'arrivée de la prochaine ronde ! haleta Shika.

Les jeunes filles furent dans les temps, et Shika lança à nouveau un Genjutsu sur la porte.

- Vous l'avez trouvé ? leur demanda Deidara.

- Pas grâce à toi… fit une Hinata mordante.

Kakuzu savourait chacun de ses pas qui l'amenaient vers la cellule HS. Il avait tellement hâte de lui annoncer…

« L'effroi dans ses yeux, quand je lui dirai que c'est aujourd'hui… Quelle jouissance ! Et dire que c'est à moi que reviendra le privilège de lui arracher les yeux… »

Kakuzu gambada jusqu'à la porte de la cellule, avant de s'arrêter subitement.

« Cette impression… »

- Kai !

Quelle ne fut pas la surprise, et la fureur de Kakuzu, lorsqu'il vit le trou dans la porte, et les oiseaux envolés !

Il attrapa son talkie-walkie et cracha :

- Alerte générale ! Prisonniers évadés du vingtième étage ! Bloquez toutes les issues !

Lorsque l'alarme retentit, Shika se figea.

- Merde ! Ils ont dû dissiper le Genjutsu de la cellule HS… Sortons d'ici, vite !

- Pourquoi ? demanda Deidara en se levant d'un bond.

Soudain, une grille de métal s'abattit dans l'embrasure de la porte, leur bouchant toute sortie.

- Pour ça… soupira Shika. La procédure de l'alerte générale inclut la fermeture des grilles annexes, afin de s'assurer que les prisonniers ne puissent pas s'échapper. En clair, on est baisés…

- Pourquoi ? s'insurgea Deidara. Pas besoin de sortir, on a le kunai de téléportation !

- Oui mais Naruto a eu des problèmes pour sortir d'ici la dernière fois. cette salle est inhibitrice de Ninjutsu. En gros, il va en chier, ajouta-t-elle pour Deidara qui la regardait avec des yeux de merlan frit.

- Ah d'accord ! Dit comme ça, c'est plus simple !

Hinata soupira. Ce type lui rappelait de plus en plus son Naruto, qu'elle avait hâte de retrouver.

- Shika ? Il arrive quand ?

- Dans moins d'une minute…

Naruto était allongé sur son lit, lorsqu'il ressentit quelque chose d'étrange.

Il sauta du lit, et constata que son ombre était en train de changer de forme. Le Capitaine Apocalypse fit vite le lien avec ce qui était arrivé à Itachi, et s'empressa de ramasser le message de Shika.

« Kunai – Hinata – 10 h 20 »

Ce message, bien que succinct, fut immédiatement compris du jinchuuriki. Il regarda sa montre, et, à l'heure prévue, composa les mudras du Hiraishin no jutsu du Yondaime.

- Naruto !

Ce dernier accueillit l'étreinte de sa petite amie avec bonheur. Enfin il la retrouvait…

Shika les regardait avec une pointe de nostalgie, tandis que Deidara était envahi par un sentiment amer qu'il ne connaissait pas. Pour une raison qu'il lui était inconnue, il avait envie de balancer tout son stock d'explosifs à la tête de ce blondinet ahuri.

Au bout d'un moment, Deidara se racla la gorge.

- Euh… Vous ne pourriez pas remettre ça à plus tard ? Ce n'est qu'une question de temps avant que l'on se fasse choper…

Comme à regret, les amoureux se séparèrent, et Naruto leur fit signe d'approcher. Il était étonné de la présence de Deidara, mais il ne posa aucune question. Il apprendrait tout en temps utile…

Naruto se concentra, puis soupira :

- C'est toujours aussi dur… Cette maudite pièce me pose bien du souci. Et je n'ai pas le temps de réunir de l'énergie naturelle. Je vais donc essayer de forcer le verrou, dit Naruto en fermant derechef ses paupières.

Il était si concentré que ses veines ressortaient. Hinata commençait à avoir peur.

« A ce rythme, il va éclater… »

Soudain, Naruto ouvrit les yeux.

- Maintenant !

Tous s'accrochèrent au blond, puis disparurent dans un flot scintillant.

- Euh… On est où là ? fit Deidara en regardant autour de lui.

Un froid mordant l'agressait de toute part, tandis que des flocons de neige tombaient en rafale autour de lui.

« C'est quoi ce bordel… »

- Naruto ?

Deidara reconnut la voix d'Hinata et courut vers elle.

- Hinata ! Tu es là…

La Hyûga sembla légèrement déçue, puis sourit à son tour.

- Heureusement que tu es là, je ne me voyais pas seule au milieu d'un tel déluge… Où sommes-nous à ton avis ?

- Je me posais la même question figure-toi…

D'un accord tacite, les deux shinobis se mirent à marcher, main dans la main. Ils étaient perdus dans un enfer blanc, et se perdre de vue était la pire des choses à faire.

Après une longue marche à travers la tempête, Deidara laissa libre court à sa joie.

- Un feu ! Il y a un feu là-bas !

Les deux adolescents se mirent à courir vers la lueur, qui se trouvait être une sorte de feu de camp à moitié éteint.

D'un signe de tête, Hinata indiqua à son nouveau camarade la maison qui se trouvait près du feu.

- On va pouvoir se réchauffer là-dedans…

Les deux shinobis se dépêchèrent d'entrer dans la maison en bois, qu'ils supposaient être un refuge pour voyageurs égarés. Ce qu'ils étaient sans aucun doute…

Soudain, un vieillard hirsute jaillit à leur rencontre, et entonna un discours incompréhensible des deux shinobis. L'idiome était tout à fait étranger à Deidara, mais Hinata se surprit à reconnaître quelques mots.

- Je sais où on est, souffla Hinata. En Russie. J'ai appris quelques mots de cette langue, car je devais y rejoindre une amie. Mais c'était avant qu'Itachi vienne chez moi, et m'invite à le rejoindre.

Deidara baissa la tête.

- En Russie… Mais qu'est-ce qu'on fout là ?!

Le vieillard de son côté, imperturbable, continuait à délivrer son sermon, dont la quasi-totalité des termes échappait aux jeunes shinobis.

Hinata était déjà fatiguée à l'idée du dialogue de sourds qui s'annonçait…

- Ce n'est pas de ta faute, Naruto… Tu ne pouvais pas prévoir un truc pareil, lui dit Itachi, faisait écho aux paroles de Shika qui s'efforçait de le consoler.

Kakashi mit également son grain de sel dans l'histoire.

- Dis-toi qu'au moins, elle est libre, indemne, et en vie, et ce grâce à toi ! Il semblerait qu'elle ne risque pas grand-chose avec ce Deidara, hein Shika ?

La Nara ignora le ninja copieur, et préféra adresser la parole à Hashirama et Tsunade, qui venaient de les rejoindre.

- Comment ça va vous deux ?

- Comme sur des roulettes, l'assura Tsunade. Au fait, Itachi, Orochimaru a un truc à te dire. Il semblerait qu'il ait réussi là où Shika a échoué…

Shika se redressa, étonnée.

- Il a retrouvé Hinata ?

- Mais non, banane, ricana Hashirama. Apparemment, il a compris l'indice du deuxième parchemin, enfin celui que l'on a trouvé au Mont Fuji.

Itachi s'efforça de sourire.

- C'est une bonne nouvelle. Le deuxième parchemin et Sasori sont notre priorité désormais. Pour ce qui est d'Hinata, ou de Jiraya, il ne reste plus qu'à espérer qu'ils seront rentrés à temps pour la bataille qui s'annonce…