39

à l'aube de la guerre


L'ambiance était morose dans le hall du château, où une trentaine de shinobis se tenaient silencieux, à l'exception d'Ino qui pleurait à chaudes larmes.

- Je vois, dit finalement Itachi.

La déception et la tristesse avait saisi son cœur, et il fut incapable d'ajouter quelque chose d'autre.

Il tenta, à l'instar de tous les autres, de réconforter Ino mais celle-ci semblait inconsolable.

Finalement, il déclara :

- Je pense qu'il vaut mieux l'enterrer tout de suite. Nous n'aurons peut-être pas le temps dans les jours qui viennent…

Il chercha le regard de la Yamanaka, qui opina du chef avant de se remettre à pleurer.

La totalité des shinobis se rendit au cimetière, Ino et Gaara portant le corps de la défunte.

Naruto échangea un regard avec Itachi, et tous deux commencèrent à creuser, silencieusement, la tombe de Temari. Ils enfonçaient leurs pelles dans le sol humide au milieu des pleurs et des reniflements de certains.

Lorsque la cavité fut prête, Sasori apporta le cercueil qu'il avait fabriqué à la hâte. La meilleure amie et le sensei de Temari échangèrent un regard, puis, sans un mot, y installèrent Temari. La jeune fille ouverte, chaleureuse, rayonnante, était désormais froide comme la glace où elle était tombée.

Les parents de Temari, que Naruto était allé chercher par téléportation, étaient mortifiés.

Sasori ferma le cercueil, puis, à l'aide d'une marionnette, le fit descendre dans la fosse.

Ce fut à ce moment-là que Tayuya commença à jouer de la flûte, un air lent et triste approprié aux circonstances. Le requiem pour Temari plongea les personnes présentes dans une tristesse plus grande encore.

Lorsqu'Ino et ses parents eurent jeté une gerbe de fleurs, accompagnée de l'éventail de la défunte, sur le couvercle du cercueil, Naruto et Itachi reprirent leur pelle et rebouchèrent le trou, chaque pelletée de terre faisant peu à peu disparaître les fleurs et l'éventail.

« Une de plus… » pensa sombrement Itachi en balayant le cimetière de ses yeux cernés.

Tant de morts gisaient ici… Le cimetière avait à peine quatre ans, et pourtant, des centaines de personnes y étaient déjà ensevelies.

Au bout d'un certain temps, la foule se dispersa, et il ne resta bientôt qu'Ino, Itachi, et les parents de Temari.

Pendant qu'Ino se recueillait sur la tombe, Itachi s'efforça de dire quelques mots aux parents.

- Je suis navré... Temari était une fille formidable. Elle ne méritait pas ça…

Itachi se sentit idiot, d'autant plus que ses interlocuteurs demeurèrent muets. L'Uchiha ne savait pas quoi dire.

Le père de Temari finit par partir, de même qu'Ino.

Mais le regard de la mère restait braqué sur la tombe de sa fille. Elle ne semblait pas encore avoir réalisé.

- Madame, je…

- C'est de votre faute, lâcha-t-elle.

Itachi se tendit, et la femme continua :

- Si vous ne l'aviez pas prise dans votre groupe, elle serait encore là ! Vous l'avez tuée !

Elle fondit en larmes, et continua à crier :

- Vous l'avez tuée ! Vous l'avez tuée ! Vous l'avez tuée !

Itachi ferma les yeux. Il vivait un des pires moments de sa vie, et le pire, c'est que la femme avait probablement raison. Ce n'était pas la première fois que ce genre de scène arrivait, de nombreux shinobis ayant perdu la vie au cours de ces dernières années. Parfois, les parents des victimes le frappaient, mais ce n'était rien à côté de ça.

Itachi était assis dans la salle du Conseil et écoutait le rapport détaillé d'Hashirama. Il devait être deux heures de l'après-midi, l'enterrement ayant eu lieu quatre heures auparavant. Il soupira, puis dit au Senju :

- Alors comme ça, Madara était content ?

- Plus que content ! Je ne l'avais jamais vu comme ça. Le contenu de ce parchemin doit être terrible !

Itachi ferma les yeux, puis s'adossa à son fauteuil.

- Si j'ai bien compris, tu es un des seuls à avoir vaincu ton adversaire ?

- Le seul, Itachi-san. Mais Bee n'a pas démérité face à Kisame, et a tenu bon, de même que Kabuto, Ino et Kiba.

- Dans l'ensemble, on s'est quand même pris une branlée… rétorqua Itachi, amer. Heureusement que Konan a transformé ce massacre en une simple débâcle… Que peux-tu me dire sur ce Zetsu ?

- Il est vraiment étrange… répondit Absolution, pensif. Il maîtrise la nature, le bois, les plantes, et ce sans effectuer le moindre mudra. Mon Mokuton est totalement inefficace contre lui.

- C'est embêtant… Autre chose ?

- Oui… Il semble avoir des points communs avec les Hyûga. Il possède un champ de vision à trois cent soixante degrés et maîtrise le Jûken.

Naruto ouvrit de grands yeux.

- Zetsu, un Hyûga ? C'est vraiment possible ?

- Je n'en sais trop rien, mais il possède le Byakugan, c'est un fait, lui répondit Hashirama.

Itachi se gratta le menton, puis demanda d'une voix étranglée :

- J'allais oublier, tu m'as dit que Tobirama pouvait désormais utiliser le corps de quelqu'un d'autre pour se battre, le tout à pleine puissance ?!

- Oui. Heureusement qu'il est le seul à connaître ce jutsu…

Orochimaru se redressa, soudain intéressé.

- Passionnant ! Enfin ça ne m'étonne pas du Nidaime Hokage, l'inventeur de l'Edo Tensei… Ce Kage a toujours possédé une part sombre. J'imagine que le temps de préparation doit être long ?

Hashirama mit quelques instants à comprendre que le serpent s'adressait à lui. Ce dernier avait la sale habitude de passer du coq à l'âne.

- Oui, il est d'une semaine environ.

Itachi se réjouit de ce détail. Si comme il le pensait Akatsuki passerait bientôt à l'offensive, Tobirama n'aurait pas eu le temps de renouveler la technique. Maigre consolation…

- Très bien, déclara Itachi. Passons à la suite. Naruto ?

Pour une fois, Apocalypse n'avait pas des airs de conquérant et faisait profil bas. Sa première défaite depuis qu'il était Capitaine l'avait un tant soit peu refroidi.

- Minato est un véritable génie. Il maîtrise le Fuuton et le Fuuinjutsu à la perfection, et compense son manque d'éléments par une vitesse et une intelligence hors du commun. Je l'ai sous-estimé, et je l'ai payé…

- Oui, je ne pensais pas que quelqu'un d'autre que Madara pourrait te battre, Apocalypse… marmonna Itachi. Akatsuki est décidément beaucoup plus fort que nous l'imaginions.

Et tes élèves ?

- Cette Mei est également redoutable, et maîtrise autant d'éléments et de Kekkai que moi. Cependant, il semblerait qu'elle soit moins puissante et rapide. Selon mes élèves, sa seule faiblesse est son mental. Bien que résistante au Genjutsu, elle succombe assez facilement à la colère.

Itachi nota l'information, puis interrogea les autres Capitaines concernés. Il se dégagea de leurs comptes-rendus que le Raikage était très dangereux, de même que Kakuzu. Cependant, Hanzou, bien que extrêmement puissant, était beaucoup plus gentil que les autres.

- A se demander ce qu'il fout là-bas ce con-la… maugréa Kakashi.

Itachi sourit, puis se leva.

- Désormais, notre priorité est l'entraînement ! Madara attaquera bientôt, et il nous faudra être prêts. C'est pourquoi tous les shinobis seront répartis dans des groupes spécifiques à un aspect des arts Ninja. L'entraînement aura lieu dans les salles réservées à cet effet, ou dans l'arène, par manque de place.

Itachi mit ensuite fin à la séance et partit vaquer à ses occupations, c'est-à-dire l'entraînement.

Soudain, un shinobi essoufflé l'accosta.

- Itachi-san ! Venez vite à la porte ! Quelqu'un demande à vous voir.

Le Seigneur des Corbeaux leva les yeux au ciel. Il en avait plus que marre qu'on l'empêche de s'entraîner.

Il se retint d'étrangler le messager, qui n'y était pour rien, et se rendit à la porte en marchant à grands pas.

Lorsqu'il passa l'embrasure du portail, il cilla.

Trois personnes vêtues de rouge se tenaient devant lui.

- Bonjour, Itachi… Je suppose que tu sais qui je suis.

Le regard d'Itachi s'attarda sur les rinnegans du shinobi.

- Je pense que tu es Nagato… Ou un de ses corps.

- Tout à fait. Mon corps est celui de Tendô, premier des six Pain. Et voici Shiro, la réincarnation de Han, ainsi que Haku.

Les deux ninjas ôtèrent leur capuche, et Itachi reconnut facilement Haku. En revanche l'autre lui était étranger, mais, au vu de ce que lui montrait son sharingan, possédait un Bijuu.

- Le jinchuuriki de Gobi, hein ?

Le dénommé Han acquiesça, puis Itachi reprit :

- Bref, qu'est-ce que vous voulez ? Madara risque d'attaquer d'un instant à l'autre et nous avons besoin d'entraînement, conclut-il, péremptoire.

Tendô sourit.

- Ça tombe bien, nous sommes là pour ça.

Alors que les ninjas s'affairaient dans le dojo et à l'extérieur du château, Itachi et Tendô échangèrent quelques mots devant un café. A cette heure-ci, la salle à manger était vide et ils ne furent pas dérangés.

A la fin de la discussion, Nagato rappela la raison de sa venue.

- Bien que je ne puisse pas intervenir dans votre combat, je sais distinguer le bien et le mal, expliqua-t-il à travers les lèvres de Tendô. Je veux vous aider à vous entraîner.

- Trop aimable… répondit Itachi d'un ton mordant.

Il avait beaucoup de mal avec Rikudô et toute sa clique, cette bande de donneurs de leçon qui vivaient confortablement pendant qu'Amaterasu allait au casse-pipe.

- Je comprends ta rancune, déclara Tendô, mais je n'y peux rien.

- Ça me fait une belle jambe… Vous êtes forts j'imagine ?

Ravi de pouvoir aborder un sujet moins glissant, Nagato s'empressa de répondre.

- Je suis un peu moins puissant que Madara, Haku fait jeu égal avec Zabuza, tandis que Han… il doit avoir le niveau de vos meilleurs Capitaines je pense.

- Je vois… Et bien c'est parti pour les combats ! se réjouit Itachi.

A la perspective de s'entraîner enfin, sa mauvaise humeur se dispersait comme les nuages gris sous le soleil.

Tendô invoqua les autres Pain, et les six corps se joignirent à différents groupes d'entraînement.

Itachi en avait formé onze. Cinq étaient consacrés au jutsus de chaque élément, tandis que les six autres accueillaient les personnes voulant améliorer leurs compétences respectives en Taijutsu, Genjutsu, Fuuinjutsu, invocations, soins et armes blanches.

Il avait donné à chaque Capitaine la charge de l'un des groupes, prenant lui-même la tête du groupe Genjutsu.

Itachi sourit en voyant un des Pain rejoindre son groupe d'entraînement.

- Un petit duel, ça te dit ? Histoire de faire une petite démonstration pour les newbies…

Les shinobis autour d'Itachi firent une moue vexée tandis que le corps de Pain souriait.

- Entendu. Je suis Ningendô, la voie humaine. Mon domaine est l'esprit, la pensée, et le Genjutsu.

- Je vois.

Itachi enclencha immédiatement sa pupille et fixa le Rinnegan de son adversaire. Il commença par une illusion assez simple, et regarda la dizaine de shinobis spectateurs essayer de s'en dépêtrer sans succès. Il soupira. Parmi les quelques soixante-dix membres restants, beaucoup n'étaient que des débutants.

Sans surprise, il vit que Ningendô avait balayé le genjutsu comme s'il n'existait pas.

- Comme prévu tu es loin d'être mauvais, ricana Itachi avant de mettre fin à l'illusion.

Sur ces paroles, il mit en place une nouvelle illusion, héritée du Shodaime Hokage : la plongée dans les ténèbres. Celle-ci était d'un tout autre niveau.

Les ninjas alentours furent saisis de panique lorsqu'ils se retrouvèrent subitement dans une obscurité complète. Mais Itachi eut la mauvaise surprise de voir qu'une fois de plus, son adversaire avait tout simplement ignoré l'illusion.

« Comment fait-il pour y arriver si facilement » se demanda-t-il, interloqué.

- Je vois. Tu es vraiment très fort… Comment fais-tu pour échapper à ces genjutsus aussi vite ? Même Madara n'y arriverait pas, ajouta tout haut le Seigneur des Corbeaux.

- Tu es un Uchiha, se contenta de dire Ningendô.

Cette remarque eut le don d'énerver Itachi.

- Et alors ?

- Les Uchiha ont une faiblesse. Ils sont trop fiers. Fiers de leur sharingan.

Itachi fronça les sourcils. Où voulait-il en venir ?

- Vous les Uchiha êtes dépendants de votre pupille, et vous attachez beaucoup trop à vos yeux. Je suppose que tu utilises toujours ton sharingan pour lancer un genjutsu ?

- Souvent, admit Itachi.

- Contre un adversaire normal, c'est une bonne technique. Mais le rinnegan est l'ancêtre de votre Dôjutsu. Pour cette raison, mes yeux voient à travers toutes tes illusions.

Répondant à la question muette d'Itachi, il ajouta :

- Si Jiraya a réussi à lancer un Genjutsu sur Pain, c'est parce qu'il se fondait sur le son. Mais tu ne pourras pas nous piéger avec une illusion fondée sur la vue.

Itachi hocha la tête, notant l'information.

- Maintenant, c'est à mon tour, dit Ningendô d'une voix neutre.

Aussitôt, la réalité sembla se distordre autour d'Itachi. Ce salopard n'y était pas allé de main morte !

Sa vue était encore plus troublée que d'habitude, et le monde environnant était en train de disparaître dans un maelström. Un tourbillon qui l'entraînait lui, et toutes choses autour de lui.

Soudain, il sentit le froid de l'acier contre sa nuque.

- Tu as perdu, lâcha Ningendô.

- Intéressant. Alors c'est ça le Rinnegan… répondit Itachi d'une voix pensive.

Soudain, son adversaire se raidit. Itachi venait de se changer en une volée de corbeaux.

Ningendô se concentra, mais rien n'y faisait. Il ne voyait Itachi nulle part. Lorsque les tatamis de la salle et les autres shinobis se transformèrent à leur tour en corbeaux, il utilisa toutes ses techniques de Genjutsu pour essayer de retourner l'illusion contre son utilisateur, mais toujours sans succès.

Quelques instants plus tard, entouré par une nuée d'oiseaux noirs, il rendit les armes.

Au même moment, le kunai d'Itachi se posa contre son cou.

- Tu as perdu.

Lorsque l'illusion disparut, Ningendô le regarda avec un étonnement non dissimulé.

- Comment as-tu fait ? Comment as-tu lancé cette illusion ?

Pour seule réponse, Itachi désigna ses pupilles pourpres.

- Ne vends pas la peau du sharingan avant de l'avoir tuée… ajouta-t-il ensuite d'une voix traînante.

- Mais mes yeux auraient dû…

- Le plus puissant des Dôjutsu ne t'apportera pas la victoire à tous les coups dans un duel d'illusions… Le Genjutsu, c'est avant tout beaucoup d'entraînement, conclut-il en se tournant vers les apprentis pendus à ses lèvres.

Neji, le chef du groupe Taijutsu, ne revenait pas du niveau de son adversaire.

- Ta maîtrise est étonnante. Et tu possèdes tout comme moi un champ de vision à trois cent soixante degrés apparemment…

- Je te remercie. Mais il n'en est rien. Je partage simplement le champ de vision de mes clones, répondit Tendô en montrant les cinq clones disséminés autour du tatami.

- Intéressant comme technique, mais le byakugan est plus pratique ! sourit Neji en tentant une nouvelle attaque.

Tendô l'évita avec souplesse en répondant :

- Le byakugan n'est qu'une mutation du rinnegan. En moins bien…

Neji serra les dents de colère, et cria :

- Kaiten : Le tourbillon divin !

Tendô fut repoussé à deux mètres, puis se releva lentement.

- Intéressant comme technique, mais j'ai mieux.

Il fit un signe puis murmura :

- Shinra Tensei. (répulsion céleste)

Neji s'envola hors du tatami et s'écrasa contre le mur.

Fou de rage, il bondit vers son adversaire, qui le regardait avec une moue moqueuse.

Sa paume se dirigea vers le cou de Tendô, qui avait lui-même décoché un coup de poing vers la tête du Hyûga. Leurs deux attaques ne touchèrent jamais leur but.

Les deux shinobis baissèrent les yeux vers Lee qui se tenait entre eux deux. Ce dernier avait bloqué leurs bras et les regardait avec sévérité.

« Rapide… » pensèrent Neji et Tendô.

Lee prit alors la parole, d'une voix plus sérieuse que d'habitude.

- Arrêtez ça tout de suite. Il s'agit d'un entraînement, et il nous faut mettre nos antagonismes de côté. De plus, je vous rappelle que vous n'avez le droit qu'au Taijutsu, ajouta-t-il en direction de Pain. Par conséquent, les clones et la répulsion céleste n'ont pas leur place ici.

Kiba, qui était lui aussi dans ce groupe d'entraînement, le regarda bouche bée. Il ne l'avait jamais vu comme ça. Sans compter les mots utilisés… Il avait toujours pris son ami pour un simplet, mais c'était loin d'être le cas apparemment.

« Et antagonisme… Qu'est ce que c'est que ce truc ? Une maladie ? »

Neji et Tendô échangèrent un long regard puis hochèrent la tête en faisant un petit sourire.

Un instant plus tard, ils échangeaient avec grâce de nouveaux coups de poing, de pied et de paume.

De son côté, Naruto s'était porté volontaire pour le groupe consacré au Fuuinjutsu. Tout naturellement, cette branche puissante mais peu attirante des arts shinobis avait fait très peu d'émules.

Il soupira en voyant les trois filles assises en cercle autour de lui. Apparemment, ce n'était pas le Fuuinjutsu qui les intéressait…

Il continua néanmoins son exposé sous le regard ardent des trois kunoichis.

Itachi n'aurait pas aimé être à sa place. Jiraya par contre…

- Pour la majorité d'entre-vous, les invocations, c'est du chinois, lança Orochimaru à une assemblée nettement plus grande. Le serpent avait amené son groupe au milieu de l'arène, à l'extérieur, afin de bénéficier de plus de place.

Orochimaru continua son discours :

- Et pour cause, c'est difficile et dangereux. Bref définitivement déconseillé aux noobs comme vous. Les invocations font partie des techniques les plus dévastatrices qui soient. Cependant, de puissantes créatures demandent beaucoup de chakra, et je vous préviens : la plupart d'entre vous n'en seront pas capables.

L'entrain diminua nettement parmi les shinobis, mais le serpent sembla ne pas en être conscient.

- Avant tout, il vous faut signer un pacte avec les animaux que vous souhaitez invoquer, par exemple les chiens, les crapauds, les serpents, et les limaces. Son regard se dirigea vers Tsunade qui avait également choisi ce groupe.

- Tsunade, fais leur une démo…

La blonde sourit, puis se tourna vers le public.

- Kuchiyose no jutsu !

Un immense limace fit son apparition au milieu du terrain, et Tsunade déclara :

- Je vous présente Katsuyu.

- Bonjour Tsunade, murmura la limace d'une petite voix. Tu sais que je suis un peu timide…

Les shinobis éclatèrent de rire, ce qui augmenta la confusion, mais aussi la colère de la limace, qui cracha un jet d'acide, faisant fondre un bon morceau des gradins.

Instantanément, les shinobis retrouvèrent leur calme, et Tsunade révoqua sa créature.

Chikushôdo, le corps invocateur, s'entraînait lui aussi à invoquer des créatures de formes diverses et variées, du chien bicéphale à l'iguane.

Les shinobis présents n'en croyaient par leurs yeux.

- Impressionnant, n'est-ce pas ? commenta Orochimaru. Bon, maintenant, vous allez choisir votre type d'animal pour signer le contrat avec votre sang.

Il se passa la langue sur les lèvres, puis ajouta :

- Vous faites ce que vous voulez mais par contre je vous préviens. Celui qui ne prend pas les serpents je lui casse la gueule.

Il éclata aussitôt d'un rire machiavélique qui fit se dresser sur leurs têtes les cheveux des personnes présentes.

Le serpent fut finalement « calmé » par Tsunade. La méthode douce avait une fois de plus fait ses preuves…

- Rien n'est plus important qu'un sabre. Votre sabre, c'est votre vie. Il doit devenir un prolongement de votre bras, mais aussi votre confident et votre ami. Vos proches vous trahiront peut-être un jour, mais pas lui. Jamais.

Zabuza, les larmes aux yeux, leva son tout nouveau sabre, forgé par Tenten en personne. Une réplique du hachoir de Kiri, l'épée de l'autre Zabuza.

Il la caressa amoureusement, sous les yeux ahuris des apprentis.

S'en suivit un combat entre Suigetsu et lui, puis une séance de lancers de kunais et autres armes orchestrée par Tenten.

Sakura, elle, s'occupait du groupe dédié aux soins médicaux. Chiyo et elle avait porté leur dévolu sur une petite salle d'entraînement mais qui avait l'avantage de posséder des tables. Une fois qu'Orochimaru leur eut donné quelques animaux blessés, elles aidèrent les personnes présentes à consolider leurs acquis afin qu'elles puissent au moins soigner les blessures moyennement graves.

Les groupes d'entraînement au Katon, Suiton, Fuuton, Doton et Raiton étaient respectivement menés par Sasuke, Shika, Gaara, Hashirama et Kakashi, et se trouvaient pour la plupart à l'extérieur du château.

Sasuke se montra particulièrement intransigeant avec ses élèves, et voulut s'assurer que tous maîtrisent la boule de feu suprême -qui était loin d'être une technique de débutant- avant la nuit. Karin et lui s'entraînèrent à des exercices plus difficiles, ce dernier parvenant même à maîtriser le jutsu du phénix d'Itachi pour la première fois.

Shika et les ninjas venus s'entraîner aux jutsus aqueux quittèrent le château pour la plage, afin de bénéficier de l'eau de mer pour alimenter leurs jutsus. Haku et Han, le jinchuuriki de Gobi, vinrent se joindre à son groupe, ce dernier affrontant Shika dans un combat épique qui vit la victoire de l'ami de Nagato.

Gaara et Ino s'occupèrent des shinobis venus perfectionner leurs jutsus Fuuton. Le jinchuuriki décida de leur apprendre en priorité les jutsus les plus efficaces et peu coûteux en chakra à défaut d'être dévastateurs. Des jutsus comme la lame de vent (Kaze no yaiba) pourraient faire la différence contre leurs ennemis.

Pendant ce temps, Hashirama laissait de côté son Mokuton afin de s'entraîner, et d'aider ses apprentis d'un jour à maîtriser le Doton. Tsunade, à l'instar de nombreux shinobis, changeait régulièrement de groupes en fonction de ses envies. Elle passa un long moment dans le groupe de son petit ami, en profitant du même coup pour provoquer un tremblement de terre qui jeta tout le monde au sol. Toute contente de son petit effet, elle ajouta en levant le poing :

- Bah… De toute façon, je n'ai pas besoin du Doton pour faire trembler la terre.

Plusieurs ninjas déglutirent et se promirent de ne jamais se trouver à moins de deux mètres de la kunoichi.

Enfin, Kakashi et les quelques ninjas possédant cette affinité s'entraînèrent au Raiton, bien évidemment à l'extérieur et loin du bord de la mer. Killer Bee, qui avait estimé que son niveau à l'épée était acceptable, avait décidé de consacrer cette journée aux jutsus de foudre.

Néanmoins, lesdits jutsus lui donnèrent une inspiration hors du commun, et elle passa plus de temps assisse à griffonner des pages de vers plutôt qu'à s'entraîner.

Voyant cela, Kakashi se dit que certaines choses ne changeraient jamais, avant de sortir son Hentai. Son bouquin dans les mains, il entama les vérifications d'usage.

Son regard balaya les shinobis autour de lui. Nulle trace de Shika, ou de Tsunade. Un petit sourire idiot s'installa sur son visage, et il commença à lire tout en s'entraînant.

Tous les membres de l'organisation s'entraînèrent jusqu'à l'épuisement, voire même au-delà. Tard dans la nuit, on entendait encore le fracas des sabres, ou le souffle puis la chaleur d'un jutsu Katon. Tous savaient qu'ils viendraient bientôt. Et que la bataille à venir serait la dernière.

A deux heures du matin, dans une des salles d'entraînement de château, Itachi laissa glisser son sabre et s'allongea sur un tatami. Naruto l'y rejoint et tous deux fermèrent les yeux, pensant à ce qui les attendait.

- Tu penses qu'on va mourir Karasu ?

Ce dernier fut surpris par la question, mais finit par répondre :

- Il y a des chances…

« Certains plus que d'autres », ajouta-t-il pour lui-même.

Naruto ne dit plus rien, et il sembla s'écouler une éternité jusqu'à ce qu'Itachi prenne à nouveau la parole.

- Cependant… Si jamais il s'averrait que nous n'ayons plus aucune chance, je ne vous laisserai pas mourir. Un sacrifice inutile n'a pas lieu d'être. Si cela devait arriver, il faudra nous rendre.

Naruto fit la moue, et Itachi, bien que gardant ses yeux clos, perçut son désappointement.

- Ça ne me plaît pas plus que toi, mais je suis sûr que tu comprends.

- Hn…

- Et ne me vole pas mes répliques ! rit Itachi avant de se mettre à somnoler sur le tatami. Naruto suivit son exemple, et s'endormit rapidement.

Pourtant, Itachi ne parvenait pas à s'endormir. Quelques minutes plus tard, il se releva et marcha jusqu'aux cuisines. Peut-être que manger un petit quelque chose l'aiderait à trouver le sommeil.

En marchant, il se surprit à faire deux fois plus attention que d'habitude à ce qui l'entourait. Il savait que ce jour serait peut-être un de ses derniers, et il comprenait enfin la valeur de la vie, et la richesse des choses qui l'entouraient.

Alors qu'il parvenait au fond du couloir, il se figea.

A quelques pas devant lui, à l'entrée de la salle à manger, son frère et Sakura s'embrassaient. Pétrifié, il entama un pas en arrière, sans succès. Les voir ainsi lui causa une douleur sans nom.

Au fond, il ne pouvait s'en prendre qu'à lui-même, puisqu'il avait de lui-même mis fin à sa liaison avec Sakura. Cependant -et ça elle ne le savait pas- c'était à contrecoeur.

Soudain, son frère l'aperçut, et se dégagea, gêné.

- Oh… Itachi, je ne t'avais pas vu…

- Tu étais occupé, répondit Itachi d'une voix froide. Désolé de vous déranger.

- Je suis désolé mais… commença Sasuke.

- Tu n'as pas à l'être, le coupa Sakura. Entre moi et Itachi, c'est fini. Je ne vois pas où est le problème.

Elle accrocha le regard d'Itachi, en attente d'un accord, mais celui-ci baissa les yeux, avant de partir sans un mot.

« Elle m'a facilement remplacé… A moins que ce ne soit pour me rendre jaloux… En tout cas ça marche drôlement bien. » pensa sombrement l'Uchiha.

Mais une fois dans son lit, à tête reposée Itachi sourit. Après tout, Sakura et son frère seraient heureux de cette manière. C'était tout ce qui comptait.

Il enfouit sa tête dans l'oreiller, et la petite voix lui murmura la vérité qu'il s'efforçait d'ignorer.

En dépit du bonheur qu'il souhaitait pour ces deux-la, il aimait Sakura aussi fort que jamais, et il devrait supporter cette brûlure jusqu'au dernier jour. Qui ne tarderait pas.

Madara était debout dans son bureau, et regardait Tokyo par la porte fenêtre. Bientôt cette ville serait à lui. Le dernier obstacle entre lui et le pouvoir allait tomber et il serait enfin le maître.

Madara comprenait très bien les agissements d'Amaterasu, pour la bonne et simple raison qu'il était comme eux. Il y a quelques années, la perspective d'être prisonnier d'une illusion éternelle l'aurait rebuté au plus haut point. Mais il avait ensuite goûté au pouvoir. Madara comprenait désormais ces politiciens, qui, en dépit de leurs promesses, se laissaient aller à des excès. Le pouvoir. Depuis qu'il était shinobi, depuis qu'il était devenu le second du Général, il en voulait toujours plus. Sa première étape serait le Japon, puis viendrait le tour du monde. Mais pour cela, il avait besoin de l'aide de l'autre, il devait l'avouer. Contrôler le Japon, ou même tous les gouvernements ne lui donnerait pas le pouvoir ultime. Il avait besoin de Juubi, ce démon qui le rendrait capable d'asservir la Terre.

« Et ensuite, il me faudra écarter l'autre. Du moins j'espère en avoir la force. Mais comment lui arracher le contrôle de Juubi ? »

Tout à ses réflexions, Madara n'entendit pas Zetsu pénétrer dans son bureau.

- Madara-sama ? On ne vous dérange pas ?

Madara sourit. Madara-sama. Il ne se lasserait jamais de cette marque de respect, voire même de soumission.

- Non. Qu'y a-t-il ?

Il se félicita du fait que la partie noire de Zetsu avait plus que jamais pris l'ascendant sur l'autre. Et ce grâce à un petit traitement au Mangekyou.

- Notre mission d'espionnage quotidienne nous a apporté de nombreux éléments, cette fois. Ces abrutis se sont dispersés pour s'entraîner et nous avons pu surprendre quelques conversations à l'extérieur. Nous avons deux renseignements assez importants. Je vous préviens, ce sont de mauvaises nouvelles.

Madara soupira, puis répondit :

- Je t'écoute.

- En premier lieu, le vieillard en rouge…

Madara se raidit et ouvrit grand ses oreilles. Sa seule confrontation avec ce personnage énigmatique s'était soldée par une défaite écrasante. Il l'avait d'ailleurs oublié, et pensait que ce vieux schnock avait claqué. Apparemment il avait fait preuve d'un trop plein d'optimisme…

- Il s'agit en réalité du Rikudô Sennin.

Madara fut comme foudroyé. Il s'essuya le front, puis murmura :

- Le Rikudô Sennin… Un tel monstre parmi nous. La victoire n'est plus si sûre que ça finalement…

Zetsu sembla réfléchir un instant.

- Mais Madara-sama, le Rikudô Sennin n'a-t-il pas dit qu'il resterait neutre ?

Madara reprit contenance. Ce salopard de vieux avait en effet dit ça. Ainsi que ses deux crétins d'apprentis.

- C'est vrai, c'est vrai. Continue.

- Il a réparé l'autel, et l'a protégé de toute attaque.

La révélation plongea Madara dans une grande colère. Il écrasa son poing sur le mur, y creusant un cratère de cinquante centimètres de diamètre.

- Pourquoi a-t-il fait ça, cet espèce de…

- Calmez-vous s'il vous plaît, Madara-sama. Cela ne change rien.

Madara lui jeta un regard mauvais mais se calma. Zetsu avait raison. Lorsque Amaterasu aurait disparu, il mettrait des vigiles jour et nuit devant ce satané autel. Et aucun élu ne lui mettrait les bâtons dans les roues.

- Tu peux continuer, lâcha-t-il en s'effondrant dans son fauteuil.

- La deuxième nouvelle concerne Hidan.

- Comment ? Elle n'est pas morte ? s'étonna Madara.

- Vous avez deviné. Elle est en vie.

Madara jura.

- Ce n'est pas possible, elle a été décapitée. Ne pouvant plus faire de sacrifices, elle aurait dû perdre son immortalité.

- Orochimaru l'a soignée apparemment.

Madara serra son poing si fort que les jointures blanchirent. Ce salopard de serpent était un vrai génie… Il le lui fallait absolument.

- Ensuite, elle est partie avec Jiraya. Ce dernier va se convertir à la religion Jashinite et obtenir l'immortalité.

Fou de rage, Madara baissa la tête sur son bureau.

- Je n'aurais jamais dû la laisser là-bas.

- Je ne comprends pas pourquoi vous l'avez fait, surenchérit Zetsu.

- Elle n'était pas nécessaire à la réalisation de mes plans. Et je ne pensais pas que ces salopards de l'Amaterasu la rallierait à leur cause.

- Elle n'est pas avec eux, corrigea Zetsu. Une fois que le rituel concernant Jiraya sera achevé, elle compte rester seule de son côté je pense.

Madara apprécia l'information. Hidan possédait des capacités extrêmement ennuyeuses et mieux valait ne pas l'avoir contre soi…

- Puis-je vous poser une question Madara-sama ?

Madara fit un signe de la main, et Zetsu s'exécuta :

- Pourquoi ne pas avoir utilisé le rituel de Hidan pour tuer nos ennemis à distance ? Par exemple, vous auriez pu recueillir un peu de sang d'Itachi, et Hidan aurait fait le reste…

Madara soupira longuement.

- C'est une méthode qui va à l'encontre de mes principes. Ce serait d'une lâcheté impardonnable.

Zetsu ouvrit grand son œil blanc.

- Pourtant, vous êtes allés à l'encontre du traité sur les armes à feu, et nos hommes ont tiré les leurs comme des lapins. Ce n'était pas très noble…

- Ce n'étaient que des sbires, de la racaille, se défendit Madara. Je ne les considère même pas comme des shinobis. En revanche, des ninjas comme Itachi méritent de mourir dignement.

Zetsu opina du chef, surpris. Il ne connaissait pas cette facette de son chef.

Alors qu'il était sur le point de partir, Madara lui lança :

- Est-ce que tout le monde a reçu le tatouage ?

- Oui, Madara-sama.

Pour faire bonne mesure, l'Ombre montra le sien, qui représentait un dragon chinois, motif choisi par Madara. Le dessin n'était qu'accessoire, seuls comptaient le sceau et l'enzyme qui était intégrés. Ces deux éléments conjugués leur permettraient de passer la principale défense du château.

Madara rêvassa quelques instants, puis dit abruptement :

- Transmets cette information à tous les ninjas. C'est pour demain.

Zetsu cilla.

- Vous voulez dire que…

- La bataille décisive… dit Madara dans un souffle, en se levant de son fauteuil.

Il se rendit à nouveau à la fenêtre, et dit sans se retourner :

- Dis leur de se préparer. Demain soir, nous dormirons au château d'Amaterasu.