43
La bataille finale
Gaara transpirait à grosse goutte. Malgré sa grande réserve de chakra, ainsi que l'apport de celui de Shukaku, il approchait de sa limite. Le chakra ne faisait pas tout, et sa fatigue musculaire augmentait au fur et à mesure des combats.
Outre ses jutsus offensifs ou ceux consacrés à sa défense personnelle, protéger les autres avec son sable lui demandait également beaucoup d'énergie.
Lorsque Gaara cessa d'utiliser son sable au profit du Taijutsu pour se battre contre les shinobis ennemis, Kakashi commença à s'inquiéter pour son ami.
Le ninja copieur enfonça son sabre dans le thorax d'un premier ennemi, fendit le deuxième sur toute sa longueur, avant de décapiter le troisième tout en sautant pour atterrir à côté de Silence.
- Hey, Gaara ! Arrête de protéger les autres, tu n'y arriveras pas… Aie confiance en eux, mon vieux. Ce sont des shinobis, pas des gamins. Tu ne seras pas toujours là pour les protéger.
Silence accusa le coup, d'autant plus que son bijuu fit écho aux paroles d'Amertume.
« Ton pote a raison. Arrête un peu de penser aux autres et sauve ta pomme… »
Gaara finit par accepter, et les protections de sable de tous ses amis tombèrent en poussière.
Aucun d'entre eux n'en voulut à Silence. Ils savaient que ce dernier agissait ainsi par nécessité, et que lui aussi commençait à sentir la fatigue qui les affectait tous.
Après trois tombeaux du désert d'affilée -et par conséquent trois cadavres à la clé- Gaara jeta un coup d'œil rapide autour de lui.
Kakashi était reparti, et traçait un chemin sanglant devant lui. Cependant, le jinchuuriki avait gagné en vue ce qu'il avait perdu en voix. Et il put ainsi remarquer que la vitesse de son collègue Capitaine avait nettement diminué, et que les éraflures apparaissaient à un rythme croissant sur son masque.
A quelques pas de ce dernier se battaient les cinq shinobis qui avaient accompagné Naruto.
Contrairement à leurs amis, ils étaient parfaitement d'attaque et avaient donc encore beaucoup de chakra. Néanmoins, Chalad, Xin et Raphaela étaient encore cruellement inexpérimentés. Et cette différence de niveau se faisait sentir.
Lorsque l'armure de sable conférée par Gaara disparut, Xin et Chalad moururent presque immédiatement, tailladés sans pitié par les ninjas de la troisième division. Voyant cela, Raphaela redoubla de vigueur sous le coup de la rage. Mais elle aussi finit par tomber, non sans avoir emporté avec elle deux de ses adversaires. L'assassin fut promptement châtié par Kiba, d'un coup de griffe qui lui arracha la tête.
L'Inuzuka pratiquait un Taijutsu à la fois violent et primitif, mais tout à fait adéquat à ce genre de situation. Il tranchait de tout côté, alors que de plus en plus d'ennemis se massaient autour de lui.
Pendant ce temps-la, Ino mettait en œuvre un plan bien rodé. Elle avait d'abord lancé son jutsu de possession avancé -qui lui permettait de contrôler sa cible tout en gardant la maîtrise de son corps- avant de plonger dans la mêlée armée de simples kunais. Mais ses adversaires confiants déchantaient vite lorsque ses lames gorgées de chakra Fuuton traversaient leur propre sabre et venaient leur percer le cœur. De plus, l'homme dont Ino avait pris possession de l'esprit faisait aussi du dégât, à la fois mentalement et physiquement. Lorsqu'il fut finalement abattu par ses camarades, un autre prit aussitôt sa place : La Yamanaka, protégée par Kiba, relancerait son jutsu de possession à chaque fois que son hôte mourrait, jusqu'à l'épuisement.
Tsunade, Chôji et Tenten avaient de plus en plus de mal. Le souffle leur manquait et ils se seraient déjà écroulées sans l'adrénaline et leur instinct de survie.
Le poing de Tsunade était à la fois moins puissant et moins rapide qu'avant, et, bien que le nombre de cadavres de ses ennemis continue d'augmenter, elle récoltait de plus en plus de blessures.
Chôji et Tenten souffraient tout autant. L'Akimichi avait utilisé presque tout son chakra ainsi que ses deux premières pilules du clan. Il devait la confection de ces dernières à une recette trouvée dans la grotte de Jiraya et mesurait ce soir leur utilité. Cependant, il ne prendrait la dernière que lorsqu'il ne pourrait pas faire autrement.
Sa coéquipière, Tenten, rencontrait des difficultés encore plus grandes.
Elle avait beau faire pleuvoir une pluie de shurikens sur ses cibles, ces derniers étaient nettement plus doués que les ninjas de la première division. Leur vélocité et leur adresse leur permettait pour la plupart d'éviter le gros de ses attaques.
Voyant qu'elle était encerclée par six shinobis, elle décida de jouer sa dernière carte.
- Kuchiyose no jutsu : Sora kara jisei ! (technique d'invocation : la mort venue du ciel)
Les six shinobis et leurs nombreux camarades blêmirent à la vue du millier de shuriken qui tombait du ciel au-dessus de leur tête. Tous étaient reliés à Tenten par des fils, qui permettrait à la kunoichi de les diriger. Elle s'était d'ailleurs inspirée des marionnettistes de Suna pour mettre en oeuvre cette technique.
Soudain, Tenten tira sur les fils, et ce fut l'hécatombe. En moins d'une seconde, plus de trente shinobis étaient passés de vie à trépas. Chôji était époustouflé par le talent de son amie, qui avait réussi à tuer ses quatre adversaires tout en l'évitant lui.
Tenten reprenait son souffle lorsqu'elle sentit un bruit derrière elle. Elle pivota sur elle-même et ouvrit de grands yeux surpris. Un immense fuuma Shuriken fonçait sur elle, et elle n'aurait pas le temps de l'éviter.
Elle ferma les yeux juste avant l'impact, mais ce dernier n'eut jamais lieu. Intriguée, Tenten ouvrit les yeux, et constata que le large dos de Chôji lui faisait face.
- Sois plus attentive la prochaine fois… articula Chôji, avant de se retourner vers elle.
Horrifiée, Tenten vit les larges pales du shuriken enfoncées dans le ventre de son ami, dont un fleuve de sang s'écoulait.
Elle esquissa un geste, mais Chôji l'arrêta en disant :
- Prend la pilule rouge… dans ma sacoche…
Au moment où Tenten s'exécutait, un nouveau shuriken siffla. Quand la kunoichi releva la tête, ce fut pour voir que Chôji l'avait une fois de plus protégé. Le petit shuriken avait beau être d'une taille ridicule par rapport au premier, il s'était enfoncé dans le poumon gauche du garçon, qui respirait difficilement.
Mais il restait debout.
Tremblante, Tenten lui tendit la pilule, qu'il avala aussitôt, avant de sourire :
- Merci… Je m'occupe du reste.
Alors que de nouveaux ninjas couraient vers eux, il y eut une déflagration de chakra, et tous furent jetés au sol.
Lorsqu'ils se relevèrent, ce fut pour voir un Chôji métamorphosé. Le ninja avait considérablement maigri, et présentait à présent de majestueuses ailes de papillon constituées de chakra.
Bouche bée, les shinobis frissonnèrent en entendant la voix rauque de Chôji.
- Vous… allez… tous… mourir…
Il y eut un éclair, et un homme s'écroula, vite suivi par un deuxième. La vitesse et la force de l'Akimichi avaient augmenté de façon exponentielle, et ses adversaires mourraient avant même de s'en rendre compte.
Lorsque douze d'entre eux furent passés de vie à trépas, les ailes disparurent, et Chôji tomba lourdement au sol.
Sans attendre, Tenten courut vers lui, extrêmement inquiète pour le jeune homme.
Ce dernier eut un nouveau petit sourire en l'observant affairée à ses côtés.
- Inutile, c'est terminé… déclara-t-il, avant d'ajouter dans un murmure : L'ange a les ailes brisées, et va maintenant goûter à un repos bien mérité…
Tenten sourit malgré elle.
- Je pense que Bee l'aurait aimée, celle-la…
Chôji ne répondit pas, mais son sourire s'agrandit, avant que ses yeux deviennent vitreux. Il était mort.
Malgré le danger des combats, Tenten lâcha ses armes et pleura tout son content sur le corps de son ami décédé. Tout à son chagrin, elle n'entendit pas le shinobi arriver, pas plus qu'elle n'entendit le katana siffler. Elle mourut sans même s'en rendre compte.
L'équipe formée par Bjorn, Helga et Karin était toujours aussi efficace, mais commençait à fatiguer. Avec la fatigue venait la déconcentration, et ils oubliaient peu à peu toutes leurs stratégies d'équipe.
Mais ils tenaient malgré tout. Karin et les deux danois donnaient des maux de tête aux ninjas ennemis, qui ne parvenaient ni à les blesser ni à les encercler.
C'est alors qu'un nouveau ninja se porta à leur encontre.
- Bonjour… Je suis le chef de la troisième division, énonça-t-il en guise de bonsoir.
Karin ne dit rien, mais resserra ses doigts sur la garde de son épée. Celui-ci était plus fort que les autres.
- Je suis la réincarnation de Baki…
Karin fit une grimace. La réincarnation d'un Juunin n'était jamais à prendre à la légère.
… Mais je suis nettement plus fort que l'original, ajouta l'homme dans un sourire méchant.
En un clin d'œil, il fut derrière les trois shinobis, et porta un premier coup de katana.
Bjorn se raidit, puis tomba au sol, presque coupé en deux.
- Un… dit Baki, avant de frapper à nouveau.
Helga n'eut pas le temps de pleurer l'homme qu'elle aimait, et expira en un instant.
- Deux… poursuivit l'homme, avant de faire siffler son sabre vers Karin.
- Tr…
Dans un bruit clair et un giclement d'étincelles, son sabre Fuuton fut paré par une épée.
- Trois ? fit Suigetsu d'une voix nasillarde. Toi, plus fort que l'original ? Laisse-moi rire… Tu n'es pas si rapide, c'est nous qui sommes trop fatigués.
Karin, remercia chaleureusement Suigetsu, avant de reporter un regard chagriné sur ses camarades abattus en quelques secondes.
- Fais attention, Suigetsu, il est fort…
- Pff…
Baki écarquilla les yeux en voyant le katana du jeune homme passer à travers son épée, et s'enfoncer dans sa poitrine. Comble de la bizarrerie, il ne ressentait aucune douleur.
- Qu'est-ce que…
- La lame spectrale, ricana Suigetsu. Mirage-sama me l'a enseignée. Adios…
Le katana redevint solide, et Baki hurla lorsque son cœur explosa de l'intérieur.
Suigetsu jeta un regard désabusé au cadavre de son ex-adversaire, avant de tomber à genoux.
- Putain… Je n'ai presque plus de chakra… Je n'aurais peut-être pas dû utiliser la lame spectrale tout de suite. Et dire que je dois aller aider Anko…
Karin se mordit la lèvre, puis s'avança vers lui en retroussant la manche de son bras droit.
- Mords-moi…
Dans un ballet meurtrier, Anko faisait la démonstration de ses capacités d'élève de Capitaine. Bien qu'elle n'utilisât que le Taijutsu pour s'économiser, nul n'était capable de l'atteindre. A l'image du maître de la kunoichi, le katana de cette dernière sifflait comme un serpent avant de prendre la vie de ses ennemis. Les ninjas de la troisième division ne pouvaient voir qu'une traînée argentée tant la vitesse de l'épée était grande. Résignés à leur infériorité, ils ne pouvaient qu'attendre qu'Anko se fatigue enfin, afin de l'achever sans difficultés.
Sur les remparts, Kimimaro continuait à résister à ses deux opposants. Ces derniers avaient beau dominer le combat du point de vue offensif, aucune de leurs attaques ne parvenait à blesser la Kaguya. Son armure osseuse la rendait invulnérable. De plus, la Capitaine avait plus de chakra que ses ennemis, et avait décidé d'en profiter en menant une guerre d'usure.
C'est ainsi qu'elle se contenait d'esquiver et parer, en attendant une occasion propice, un instant de faiblesse.
A l'intérieur du château, dans l'infirmerie, Kuzaku s'éveilla. L'éclaireur se leva et fut d'abord surpris en constatant que la pièce était vide. Pas le moindre bruit, pas le moindre bavardage au loin. Les lieux étaient déserts.
La vérité s'imposa vite à son esprit. Ses amis étaient en train de se battre, et sans lui.
Kuzaku ne prit même pas le temps de réfléchir et sortit en toute hâte pour leur prêter main forte. Il courut le long du couloir sombre faiblement éclairé par un halo lunaire, puis ouvrit la porte et sortit.
Pétrifié, il vit successivement les nombreux shinobis en train de se battre, puis les centaines de cadavres qui jonchaient le sol. Et il y en avait sans doute encore bien d'autres sur les murailles…
Kuzaku dégaina et courut vers le premier shinobi qu'il vit. Quelques bottes et feintes plus tard, il tuait son ennemi, avant de lui-même s'écrouler. Il n'était pas encore remis, et n'avait pas senti arriver le type derrière lui. Kuzaku le paya de sa vie, mais n'en éprouvait aucun regret. Il aurait donné mille fois sa vie pour Amaterasu et Itachi, celui qui lui avait donné une raison de vivre en faisant de lui un ninja.
Tobirama, un instant décontenancé, se reprit bien vite et ricana.
- Très drôle… Akasuna no Sasori, tu n'as aucune expérience des combats, et je suis une Ombre. Aussi puissant que tu puisses être, tu n'as pas une chance.
Sasori secoua la tête.
- Ton esprit est borné par les préjugés et les déductions hâtives. Je ne me suis peut-être jamais battu en temps que shinobi, mais je faisais déjà la guerre lorsque tu tétais le sein de ta mère.
Partagé entre la colère et l'incompréhension, Tobirama fronça les sourcils.
- Quel âge as-tu donc, enfoiré ? Zetsu m'a dit que tu étais jeune…
- Je suis plus vieux que tu ne le seras jamais, vu que tu vas mourir ici et maintenant… souffla Sasori.
Aussitôt, la marionnette qu'il habitait projeta une centaine d'aiguilles sur Tobirama, qui sauta pour les éviter. L'Ombre savait que les armes étaient empoisonnée, et que la moindre blessure serait probablement fatale.
Tobirama riposta sans laisser à Sasori le temps de lancer une nouvelle attaque. S'il le laissait mener la danse, il risquait gros.
- Suiton : Mizu Rap…
Il n'eut pas le temps de finir les signes qu'un épieu fondait sur lui.
A son grand dam, il dut abandonner son jutsu pour esquiver le projectile.
A peine reposait-il les pieds sur le sol de la grotte qu'un nouveau piège s'enclenchait : plusieurs kunais jaillirent des parois de la grotte et il dut se contorsionner pour les éviter.
Les attaques de Sasori s'enchaînaient à un rythme incroyable sans que ce dernier ait à lever le moindre petit doigt. Le pouvoir d'un marionnettiste de talent était extraordinaire.
Au bout d'un moment, Tobirama explosa.
- Je suis une Ombre bordel, ton manège ne prendra pas avec moi !
En plein vol, il composa un jutsu à toute vitesse.
- Suiton : Mizu Insei ! (météore aqueux)
La boule d'eau compacte qui sortit de sa bouche vint percuter Sasori, faisant exploser sa marionnette dont les copeaux volèrent en tous sens.
Tobirama blêmit lorsqu'il constata que la marionnette était vide.
- Ce n'est pas…
Le sol de la grotte bougea, et Sasori en émergea lentement. Il se trouvait dans une marionnette identique à celle que Tobirama avait détruite.
- Depuis le début je manie cette marionnette d'en dessous… expliqua Sasori.
Soudain, une deuxième marionnette surgit du sol derrière Tobirama et l'envoya valser comme un insecte. L'Ombre s'écrasa contre le champ de force de l'Autel, qui frémit sous le choc, avant de disparaître.
Tobirama tiqua, tandis que la marionnette de Sasori s'immobilisait, de stupeur probablement. Alors ce n'était que ça, le fameux champ de force du Rikudô Sennin ?
Une deuxième pensée prit naissance dans son esprit.
« Et si j'étais l'élu ? »
Mais il balaya vite cette hypothèse. Il n'était pas assez puissant pour cela.
Avant que Sasori ne puisse réagir, Tobirama se jeta sur l'autel et le frappa de toutes ses forces.
L'œuvre de Sasori fut réduit en miettes, et l'Ombre exulta. Madara lui serait éternellement reconnaissant pour ça.
C'est alors que son cœur manqua un battement. En examinant les décombres, il s'aperçut que l'autel était vide à l'intérieur. Il devait pourtant bien y avoir un mécanisme ou quelque chose de ce genre…
Dans un cliquetis, Sasori sortit de sa marionnette, se montrant enfin au grand jour. Tobirama put ainsi constater qu'il avait l'apparence de quelqu'un de très jeune.
Lorsque le marionnettiste explosa de rire, Tobirama prit un air courroucé. Que se passait-il ?
Soudain, il comprit. Sasori avait fabriqué un faux autel. Mais où avait-il mis le vrai ?
- Pas mal, n'est-ce pas ? se vanta Sasori. J'aurais du faire le champ de force plus résistant, mais j'avais envie de voir ta tête lorsque tu comprendrais que tu t'étais trompé d'autel.
- Très drôle… murmura Tobirama avec un air mauvais.
Soudain, une flamme s'alluma dans les yeux de Sasori.
- Mais oui ! Voilà la solution !
C'est un Tobirama sur le cul qui vit son ennemi sortit un carnet et y dessiner le croquis d'une quelconque invention.
- Et là, je mettrais une planche doublée d'acier… marmonna Sasori.
- Hé ! beugla Tobirama. Arrête de m'ignorer, nous sommes en plein combat je te rappelle !
Sasori lui jeta un regard ennuyé. Ce Tobirama le faisait royalement chier. Il avait beaucoup mieux à faire que de se battre avec ce type. Il était peut-être puissant, mais il était bêtement tombé dans son piège.
- Bon…
Le marionnettiste se leva, puis dit :
- Ce combat m'ennuie, abrégeons.
Tobirama se permit un sourire.
- Tu te rends ?
Sasori leva les yeux au ciel avant de baisser les yeux vers l'homme à la cicatrice.
- Tu n'est vraiment pas une lumière, scarface… Ce que je veux dire, c'est que je vais t'exploser direct. C'est plus clair, là ?
Il leva la main, et des milliers d'aiguilles fusèrent de toute part. Elles sortaient des murs, et de tous les endroits possibles.
Lorsque tous les projectiles eurent été lancés, Sasori constata que Tobirama était toujours debout.
- Tu as beau être con, tu es coriace, avoua-t-il en voyant l'armure Suiton de l'Ombre.
Soudain, une des parois de la grotte se tordit et s'abattit sur un Tobirama dépassé.
« Impossible ! Un jutsu Doton ? Je ne l'ai pas vu composer les signes… »
Ce fut ensuite au tour d'un morceau de roche du sol de s'enrouler autour de ses jambes, le faisant chuter.
- Tu n'as toujours pas compris ? ricana Sasori. L'autel et le champ de force n'étaient pas mes seules créations…Toute la grotte est ma marionnette.
Les yeux de Tobirama faillirent sortir de ses orbites.
- Quoi ?
- J'ai créé une fausse grotte, et j'ai dissimulé la vraie. Histoire que des imbéciles dans ton genre tombent dans un piège aussi grossier.
Tobirama serra les dents de colère, et Sasori marcha vers la sortie.
- Sayonara, vieux. Je n'ai plus rien à faire dans cette grotte, ni sur cette île ou même cette ville. J'en ai marre de me battre.
Sasori quitta la grotte, et Tobirama s'arracha à l'étreinte du sol.
- Ce salopard m'a bien eu… lâcha-t-il, avant de reporter son regard sur le plafond. C'était lui ou...
Son visage se tordit en un masque de frayeur. Le plafond de la grotte était en train de se rapprocher du sol. Ce salopard de Sasori allait l'écraser comme un crêpe dans sa gigantesque marionnette !
Un instant pantois, Tobirama courut ensuite comme un dératé vers la sortie. Cinq mètres avant l'arrivée, il dut se baisser : la hauteur de la grotte n'était plus que d'un mètre.
Tobirama marcha courbé, puis accroupi, puis rampa.
Il réussit à sortir in extremis, et s'effondra sur la plage de l'îlot, où il adressa une prière silencieuse à tous les dieux qui lui passaient par la tête.
Après s'être relevé et constaté que Sasori était parti depuis longtemps, il fila vers le château. Qu'importe l'autel, sa priorité était d'aider ses compagnons. S'il perdait son ami Minato, il serait seul au monde.
Dans un silence tranchant avec le fracs des combats en dessous d'eux, Naruto et Minato se faisaient face, suspendus dans les cieux obscurs. Alors que les nuages sombres déversaient de plus en plus de pluie et que les premiers grondements de tonnerre résonnait au-dessus de l'île, les deux anges ne faisaient que se défier du regard.
Soudain, Naruto se jeta à l'attaque sans prévenir, mais Minato l'évita d'un plongeon en piqué.
- A ce que je vois, tu as déjà acquis une maîtrise parfaite des Ailes de l'Ange. Et en si peu de temps… commenta Naruto.
- En effet. Ceci ne fait que confirmer ma supériorité… Du moins si l'on fait abstraction de Kyuubi. J'avoue qu'il me fait un peu peur.
Naruto ne pipa mot. Il avait la flemme de le reprendre sur le sexe de Kyuubi, il n'en voyait pas l'intérêt.
En un éclair, Minato fut devant Naruto, et posa sa main sur le torse de celui-ci.
- Et voilà ! Kyuubi scellé. Une bonne chose de faite.
D'un coup de poing sauvage, Naruto l'envoya voler.
- Enfoiré !
Minato ne cacha pas son hilarité.
- Tomber deux fois dans le même piège. Tu es décidément aussi con que le vrai Naruto !
Naruto ne répondit pas à la provocation, et disparut dans une traînée jaune. Minato para de justesse un sabre Fuuton qui lui aurait coupé l'oreille, puis soupira :
- C'est vraiment chiant d'affronter quelqu'un qui maîtrise le Hiraishin comme moi…
- C'est vraiment chiant d'affronter quelqu'un qui maîtrise les Ailes de l'Ange comme moi…
rétorqua Naruto.
Les deux hommes sourirent malgré eux, puis ce fut au tour de Minato d'utiliser l'Hiraishin.
Naruto l'évita en utilisant la même technique, et le combat devint vite invisible.
Dans le ciel, on ne pouvait que voir deux traînées jaunes qui se croisaient, s'emmêlaient, et se percutaient. La vitesse des deux shinobis était exceptionnelle.
Au bout d'un moment, Naruto perdit patience et composa une longue série de mudras alors que Minato s'apprêtait à le charger.
- Meikaiton : Bokumetsu no Hikari ! (la lumière de l'extermination)
Tous les ninjas présents levèrent la tête. La voûte céleste obscure avait laissé sa place à un ciel azuré, alors qu'un nouveau soleil l'éclairait.
L'illusion ne dura qu'un instant, et l'obscurité retomba sur eux. Le paradis avait disparu au profit d'un enfer d'éclairs, de pluie et de noirceur.
Soufflé par l'explosion lumineuse, Minato tomba de plusieurs mètres, avant de se reprendre. Ses ailes de vent battirent, puis il revint à la hauteur de Naruto.
Il présentait quelques brûlures sur son corps, et gardait son œil gauche fermé. Le jutsu ne l'avait pas rendu borgne, mais il avait eu la mauvaise idée de regarder l'explosion avec son œil gauche. La lumière du soleil l'avait ébloui, et il serait probablement aveugle de cet œil pour quelques heures encore.
- Fuuton : Fuuryuudan ! (dragon venteux) rugit alors Minato dans l'espoir de se venger de l'affront.
Naruto sourit. Ils étaient sans nul doute les deux maîtres du vent, mais Minato le surpassait tout de même dans ce domaine. Il avait une meilleure idée pour le contrer.
- Hyôton : Makyô Hyô Shô ! (les démoniaques miroirs de glace)
Minato frémit. Il s'agissait de la technique d'Haku.
Les miroirs encaissèrent le dragon de vent sans aucune difficulté, puis entourèrent Minato, comme prévu.
L'Ombre promena un regard blasé sur la dizaine de panneaux de glace qui faisaient cercle autour de lui.
- Voyons voir comment tu vas t'en débarrasser, ricana Naruto.
Le jinchuuriki n'eut pas le temps de plonger dans les miroirs pour attaquer Minato, que ce dernier lançait déjà un nouveau jutsu.
- Fuuton : Bigguban… (Big Bang)
Une sphère de vent recouvrit Minato, puis il y eut une gigantesque détonation.
Naruto, qui s'était pourtant éloigné, fut soufflé au loin par le jutsu.
Lorsque le jinchuuriki retrouva son équilibre, il vit que les miroirs n'étaient plus. Ils n'avaient pas été simplement soufflés, mais réduits en cendres.
Naruto fut soudain envahi par la peur.
« Comment a-t-il pu faire ça avec du vent ?! Je n'en aurais jamais été capable… »
Fort de son avantage, Minato continua à utiliser le Ninjutsu mais changea d'élément.
- Suiton : Suishouha. (le Raz-de-marée)
Naruto se surprit à sourire en voyant la trombe d'eau s'élancer vers lui. Lancer un tsunami en plein ciel… Même lui n'était pas assez taré pour faire ça. Conscient du danger que représentait la technique, Naruto réagit immédiatement.
- Hyôton : Eikyuu Geru ! (le gel éternel)
Un souffle glaciaire s'abattit sur la vague, qui gela instantanément. Il se passa alors quelque chose que les deux shinobis n'avaient pas prévu. Le bloc de glace tomba.
Naruto, conscient du danger que représentait la vague congelée pour ses amis en dessous, cria aussi fort qu'il put :
- TIMBER !
Les ninjas apeurés désertèrent aussitôt le périmètre, et l'énorme glaçon s'écrasa sur l'herbe sans dommage.
Naruto eut à peine le temps de reprendre ses esprits que Minato attaquait à nouveau.
- Fuuton : Daitoppa !
Naruto allait éviter le souffle de vent lorsqu'il eut une meilleure idée.
- Katon : Honoo no Hankei… (rayon de flammes)
Le rayon enflammé qu'il souffla fut renforcé par le vent de Minato, et ce dernier paniqua lorsqu'il vit la fournaise converger vers lui.
Il n'eut pas le temps d'éviter, et fut englouti par la vague de feu.
Naruto regarda sans émotion son père de réincarnation disparaître dans les flammes.
Soudain, un ricanement se fit entendre derrière son épaule.
- Tu croyais que j'étais mort ? Kage Bunshin… Je pensais que tu étais le maître incontesté de cette technique !
Naruto n'eut pas le temps de réagir que Minato le frappait au cou d'une manchette.
Apocalypse tomba du ciel et s'écrasa au sol, y creusant un cratère de taille conséquente.
- Senju, ton périple prend fin ici. Il semblerait que tu sois voué à me mettre des bâtons dans les roues, mais c'est ter-mi-né, déclara Madara d'une voix tranchante.
Amaterasu
Hashirama jura. L'Uchiha sortait le grand jeu directement, sans échauffement.
- Doton : Doryuu Mikageishi no Heki. (le mur de granit)
La terre se souleva devant lui, le protégeant des flammes noires.
Les flammes noires envahirent le mur, mais ne pouvaient atteindre Hashirama car celui-ci était hors du champ de vue de Madara.
Soudain, Madara vit avec stupeur le mur nimbé de flammes noires lui foncer dessus.
L'Uchiha en était réduit à fuir ses propres flammes, pensa-t-il ironiquement.
Madara se jeta sur le côté, mais il eut la mauvaise surprise de voir le mur faire une courbe et continuer à le suivre. Ce satané Senju avait une sacrée maîtrise du Doton, il lui fallait le reconnaître.
Finalement, la vitesse du mur s'accrût, et Madara n'eut plus le temps de l'éviter. Juste avant que les flammes ne l'atteignent, il tourna sur lui-même et se téléporta.
Voyant cela, Hashirama soupira. Cette faculté de Madara, le Kagegensô, était vraiment embêtant.
Lorsque Madara réapparut sur sa droite, il était prêt à réagir. Mais l'Uchiha attaqua le premier.
- Katon : Hiryuu Muchi ! (le fouet de feu)
Il cracha une langue de feu, qui vint s'enrouler autour de son épée. Lorsqu'il eut craché toutes les flammes du jutsu, le sabre de Madara avait changé d'apparence. Sa taille avait quintuplé, de même que sa nature. Le katana avait laissé place à un fouet incandescent, dont le sabre initial constituait le manche.
Alors que l'arme s'abattait sur Hashirama, ce dernier composa les signes qui pourraient le tirer de ce mauvais pas.
- Suiton : Chikyuu no jutsu. (le globe aqueux)
Le fouet s'enroula autour de la bulle, qui tint bon.
Madara se concentra, et les flammes redoublèrent d'intensité, faisant s'évaporer la bulle.
Mais Hashirama réagit suffisamment vite, et d'un seul signe, toute l'eau de la bulle s'enroula autour du fouet, avant de l'envelopper sur toute sa longueur.
Le fouet eut bientôt disparu, remplacé par un katana classique. Cependant, Hashirama avait perdu sa protection aqueuse dans l'opération.
- Pas mal, Senju, reconnut Madara.
Sur ces mots, il rangea son katana, puis écrasa ses deux paumes contre le sol.
- Doton : Chidoki ! (Fureur terrestre)
Le tremblement de terre jeta Hashirama au sol, mais, avant même de songer à se relever, ce dernier contre-attaqua aussitôt en posant ses mains sur le sol mouvant.
- Mokuton : Shinnyuu no ne. (l'infiltration des racines)
Les racines s'enfoncèrent devant lui avant de sortir aux pieds de Madara, qui dut sauter pour les éviter, ce qui mit fin au séisme.
D'un revers de katana, l'Uchiha trancha les racines, puis jeta un regard courroucé à Hashirama.
- Tu as épuisé ma patience, Senju.
Il baissa la tête, puis la releva. Ses deux Mangekyou brillaient plus fort que jamais.
Un chakra rouge s'assembla autour de lui, prenant peu à peu la forme d'un immense combattant armé d'un arc.
Susanoo…
- Alors c'est donc toi, Orochimaru… murmura Zetsu en le détaillant des pieds à la tête. Madara-sama dit de toi que tu es un très grand scientifique. Il brûle de t'arracher le secret du sérum K-13.
- Un scientifique ne révèle jamais ses secrets, ricana le serpent, avant de se gratter le menton et de marmonner :
- Ah non merde, c'est le magicien qui fait ça… Oh et puis merde. De toute façon je vais te tuer, schizophrène. Et ensuite je te dissèquerai. J'avoue que tu es un spécimen extrêmement intéressant… ajouta-il en se passant sa longue langue sur les lèvres.
Sans attendre, Zetsu passa à l'offensive. Des plantes s'enroulèrent aux pieds d'Orochimaru qui les trancha avec Kusanagi. Il avait réagi avec une très grande vitesse, songea Zetsu. C'était bel et bien la réincarnation d'un Sannin, pas qu'un rat de laboratoire…
Zetsu continua de déchaîner les forces de la nature sur Orochimaru, qui se contentait de se défendre.
L'herbe, la terre, et même les arbres s'animaient puis attaquaient un Utopie ébahi.
- Tu es encore plus intéressant que je ne le pensais ! s'exclama-t-il. Comment fais-tu tout ça ?
Zetsu le regarda un moment sans rien dire, puis lâcha d'une voix amère.
- Je ne sais pas… L'autre m'a transmis ses pouvoirs, mais pas sa mémoire. Je ne sais pas pourquoi je suis comme ça. Je ne sais pas pourquoi j'ai le Byakugan, je ne sais pas.
Percevant son énervement, Orochimaru sourit.
- Tu es comme moi, hein ? Tu ne supportes pas de ne pas tout savoir… Enfin, si jamais Madara triomphe, le vrai Zetsu le suivra sûrement dans ce monde, et vous pourrez en parler…
La déclaration de l'ophidien parut revigorer Zetsu, et il s'empressa d'ajouter :
- Cependant, ça n'arrivera jamais puisque je vais te tuer ce soir et que l'élu tuera Madara.
Dans un cri de rage, Zetsu envoya encore plus de lianes à l'assaut de son ennemi, qui jubilait. Il avait remporté la bataille psychologique, avec une certaine aisance, il devait l'avouer.
Au bout d'un moment, Orochimaru fut las d'esquiver les attaques de Zetsu et décida de contre-attaquer.
« J'en ai assez vu… Je suppose que le Doton est risqué contre un type qui manipule la nature, je vais donc utiliser ceci… »
Orochimaru se baissa, et vomit une centaine de serpents.
Zetsu se gaussa ouvertement.
- Des serpents ? Ridicule…
Il les écrasa sous un bloc de terre, et se tourna derechef vers Orochimaru.
- Alors, c'est tout ?
Le Capitaine se contenta d'un signe de tête vers les serpents écrasés.
Zetsu regarda l'endroit indiqué, et constata que les serpents s'extirpaient sans mal du bloc de terre. Et qu'aucun n'était blessé.
Stupéfait, Zetsu utilisa son byakugan pour les examiner, et tomba des nues.
- C'est impossible…
- Et si… Ce ne sont pas de simples serpents.
Zetsu se mordit la lèvre. Les serpents en question étaient protéges par une épaisse couche d'acier en lieu et place de leurs écailles. Kinton…
- Alors comme ça, tu as aussi utilisé le K-13 sur toi-même…
- Evidemment ! fit Orochimaru en souriant de toutes ses dents.
Soudain, la centaine de serpents passa à l'assaut, mais Zetsu réagit à une vitesse folle.
- Kaiten ! (le tourbillon divin)
Les reptiles d'acier volèrent à travers le champ de bataille, repoussés par la défense du possesseur du Byakugan.
Orochimaru n'eut pas le temps de réagir que Zetsu se trouvait déjà devant lui. L'Ombre savait qu'elle devait en finir vite, Orochimaru était plus fort que prévu.
- Hakke Rokujûyon Shô(les 64 poings du Hakke)
Orochimaru se souvint de ce que Tsunade leur avait dit. Non seulement Zetsu pouvait toucher les tenketsus mais il infiltrait des sortes de parasites dans le corps de ceux qu'ils touchaient.
Zetsu balança ses paumes à une vitesse folle, touchant à chaque fois les tenketsus d'Utopie.
A la fin de la série, Orochimaru tomba au sol, et le schizophrène savoura son succès.
- Finalement, il n'était pas si fort que ça…
Soudain, Orochimaru se releva et nota -avec une certaines satisfaction d'ailleurs- l'étonnement dans les yeux blancs de son adversaire.
- Comment peux-tu te relever ? s'écria Zetsu.
- Comment, comment… C'est bien beau de poser des questions, mais ça ne mène nulle part si on n'essaie pas d'y répondre.
Sur cette phrase sibylline, Orochimaru porta la main au front, et tira sur sa peau, dont un morceau se décolla.
- Comme tu le vois, je mue. Mais il y a une petite variante…
Zetsu comprit lorsqu'il vit les lambeaux de peau qui tombaient. Ils étaient eux aussi revêtus d'une couche d'acier.
- Je vois… A l'image de l'armure de sable de Gaara, tu possèdes ton armure Kinton.
- Bingo, sourit Orochimaru. Elle a protégé mes tenketsus.
Contre toute attente, Zetsu sourit.
- Cependant, j'ai bel et bien inséré soixante-quatre larves à l'intérieur de ton corps. Bientôt tu…
Orochimaru éclata de rire, puis toussa. Il eut rapidement expulsé par sa bouche la totalité des larves.
- Tu me fais rire… Mon corps est parasité par une myriade de serpents, et tu voudrais m'infecter avec des larves ? Ridicule…
Une goutte perla sur le front de Zetsu. Il ne pouvait pas tomber sur pire adversaire.
Mais il se reprit rapidement. Qu'importe, il lui fallait juste passer à la vitesse supérieure.
Zetsu ferma les yeux quelques instants. Lorsqu'il les rouvrit, Orochimaru constata un changement. Les pupilles blanches avaient changé de forme, et ressemblaient à présent aux pupilles de crapaud de Naruto lorsqu'il utilisait le mode Sennin. A la différence que celles de Zetsu étaient noires. Il énonça d'une voix monocorde :
- Shizen no kuraoumyou : Honogurai Sennin. (arcanes obscures de la Nature : ermite sombre)
- Killer Bee… murmura la réincarnation du Raikage. Ta réputation n'est plus à faire, mais j'aimerais t'affronter.
- Quoiqu'il en soit, je n'ai guère le choix, ironisa la jinchuuriki, avant d'ajouter :
- Frères dans un monde, mais dans l'autre ennemis, le tonnerre gronde, riant de l'ironie.
Rai hocha la tête, et attaqua sans prévenir. La poésie l'avait toujours saoulé…
Le poing enveloppé d'électricité, il frappa le torse de la kunoichi mais perdit l'équilibre et tomba au sol. Il avait traversé le corps de son adversaire… Un clone d'électricité.
- Joli, reconnut Rai. Les jinchuurikis ont assez de chakra pour se permettre autant de clones qu'ils le désirent…
Soudain, Killer Bee apparut dans son dos, et abattit trois de ses sabres sur le dos de l'Ombre. Cette fois-ci, les rôles s'inversèrent, et ce fut au tour de Bee de tomber. Elle avait cru traverser le corps de Rai, mais il n'en était rien. Ce dernier s'était contenté de fuir à toute vitesse.
- Quelle célérité ! Je suis surpassée, reconnut Bee.
Elle rangea ensuite son carnet dans une de ses poches. La jinchuuriki venait de comprendre que Rai faisait partie de ces adversaires qu'il ne fallait pas sous-estimer.
Un instant plus tard, elle surprit Rai en s'élançant sur lui à toute vitesse, tout en faisant virevolter ses sept katanas autour d'elle. Toutes les armes frappèrent l'Ombre successivement, mais Rai réussit l'impossible en les parant toutes. A la main. Ses poings, nimbés de chakra Raiton, parvenaient à stopper les lames chargées d'électricité sans mal.
Le combat tourna vite à de l'attaque défense, mais Rai ne cédait pas un pouce de terrain, et Bee commençait à perdre sa concentration à force de voir ses offensives détournées.
Soudain, du chakra Raiton recouvrit le corps entier de Rai, ce qui décupla sa vitesse. Il en profita pour enfin riposter en balançant un de ses terribles coups de poing.
Bien que Bee n'ait rien vu venir, elle réussit à parer, deux de ses sabres ayant par chance croisé la route du poing dévastateur. Elle déchanta lorsque les deux épées se brisèrent sous la puissance du coup.
Pour une des premières fois de son existence, une expression de colère envahit le visage de la blonde. On avait osé toucher à ses épées… De quoi avait-elle l'air, maintenant, avec « seulement » cinq katanas ?
L'épée qu'elle tenait dans le creux de son bras droit jaillit d'un seul coup, et Rai dut reculer. Pas assez vite, cependant, se dit l'Ombre en se passant la main sur l'estafilade toute neuve qui zébrait sa joue.
Il regarda ensuite ses doigts rouges de sang, et se mit à réfléchir.
« De toute évidence, c'est une as en Taijutsu, comme prévu… Réussir à parer mon poing malgré le fait que j'ai doublé ma vitesse et ma puissance, et réussir à me faire ça. Il y a des chances pour que ça tourne mal si je reste sur son terrain. Passons au Ninjutsu… »
Rai recula de quelques pas, puis composa une suite de mudras assez compliquée, que Bee s'empressa de copier. Elle aussi connaissait cette technique, que lui avait appris son sempai Amertume.
- Raiton : Inazuma no Nami (la vague d'éclairs)
Dans un ensemble parfait, des éclairs jaillirent des doigts des deux shinobis, et se rencontrèrent dans un faible crépitement, qui prit peu à peu de l'ampleur. Au bout d'une dizaine de secondes, le bruit était insoutenable, et pouvait faire penser à une multitude d'oiseaux.
Aucun des deux ninjas ne montrait de signe de faiblesse, et les éclairs s'annihilaient dans une sorte de nuage électrique.
Soudain, les éclairs de Rai gagnèrent en intensité, et Bee perdit ce bras de fer à distance. Elle fut repoussée à plusieurs mètres, puis électrocutée. La jinchuuriki ferma les yeux, comme si elle avait perdu connaissance.
- Je te préviens, je compte en finir le plus vite possible, dit Shika d'une voix morne.
« Je dois aller aider Kakashi, s'il lui arrivait quelque chose… » pensa-t-elle ensuite.
Mei leva les yeux au ciel.
- Je reconnais bien là l'arrogance d'Amaterasu… Tu crois réellement pouvoir me vaincre, toi qui ne possède que le Suiton ? Je possède trois éléments et deux Kekkai Genkai. Ce combat n'a pas le moindre intérêt…
Shika esquissa un sourire ironique.
- Dans ce cas, pourquoi as-tu voulu te mesurer à moi ?
- Bonne question, je le regrette déjà, répondit la femme d'une voix traînante. J'imagine que c'est parce que tu es la seule fille parmi les Capitaines…
Shika voulut protester, avant de se souvenir qu'Hinata n'était pas là. Elle avait du mal à s'y faire…
- En tout cas, tu te méprends sur un point, répliqua la Nara. En plus du Suiton, je manipule les ombres…
Mei passa une main dans ses cheveux, blasée.
- Tu es peut-être intelligente, mais ne me prends pas pour une gourde. La lune est cachée par les nuages, et la lumière des étoiles est trop faible. Par conséquent, il n'y pas d'ombre. Game Over avant même d'avoir commencé, soupira Mei.
Shika plissa les yeux. Elle espérait que son ennemie n'aurait pas fait attention à ce détail, afin de l'avoir au bluff. Du coup, il ne lui restait plus qu'à utiliser ce jutsu, malgré la grosse quantité de chakra qu'il nécessitait.
- Suiton : Mizu no Yokusei. (contrôle de l'eau)
Une poignée de secondes plus tard, voyant que rien ne se passait, Mei inclina sa tête sur le côté, jetant un regard moqueur à son ennemie.
- Très impressionnant, bravo ! Je n'aurais pas fait mieux, assurément…
Shika les yeux fermés, ne pipa mot, alors qu'une veine battait sur son front.
Mei, certaine de sa victoire, la laissa faire. Elle était curieuse de voir ce jutsu étrange et invisible. En effet, malgré son attitude envers Shika, elle connaissait la valeur de cette dernière. La technique n'avait pas échoué, loin de là…
Soudain, un halo argenté illumina une Mei abasourdie. La lune…
Ses réflexes la sauvèrent, et elle recula juste à temps pour échapper à la manipulation des ombres.
Elle leva ensuite les yeux vers le ciel, et constata que ce dernier était désormais entièrement dégagé.
- C'est impossible… lâcha-t-elle. Comment ?
- En me servant de l'eau contenue dans les nuages, je les ai déplacés. Cependant, ce jutsu est limité dans le temps, et les nuages reviendront dans quinze minutes, ahana une Shika épuisée.
- Ho ho… commenta Mei. Et pourquoi me parler de la faiblesse de ton jutsu ?
- Parce que je te battrai avant, répondit Mirage, sûre d'elle.
Mei éclata de rire.
- Même si la lune est apparue, tu n'as pas une seule ombre sous la main mis à part la tienne ! Tu n'arriveras jamais à m'avoir, l'assura l'Ombre.
Shika se mordit la lèvre. En effet, c'était un problème. Essayer de piéger Mei avec son ombre était condamné à l'échec dans la situation actuelle. Elle avait agi avec précipitation, et avait commis une grave erreur. En dispersant tous les nuages, elle s'était également privée de l'ombre que ces derniers pouvaient offrir.
En attendant, elle allait entamer les hostilités avec le Suiton, et on verrait bien…
- Suiton : Suikoudan no jutsu ! (le requin aqueux) cria-t-elle en composant les mudras en question.
Mei se mit hors de danger en invoquant un imposant mur d'eau.
En raison de la quantité faramineuse d'eau qui tombait du ciel, ainsi que de la présence de la mer à quelques centaines de mètres de là, les deux femmes n'utilisaient que peu de chakra pour les jutsus Suiton. Malheureusement pour Shika, elle possédait beaucoup moins de chakra que son adversaire. Déjà qu'à la base, l'Ombre la surpassait dans ce domaine, les combats qu'elle avait mené sur la tour Nord l'avait proprement vidée.
« Je n'ai pas intérêt à faire durer ce combat… Mais comment faire ? Je possède moins de chakra qu'elle, et je n'ai que le Suiton pour faire face à l'eau, le feu, la terre, la lave et la vapeur.
Les épaules de Shika s'affaissèrent imperceptiblement. Elle avait beau se triturer les méninges, elle ne voyait rien qui puisse la sauver…
En désespoir de cause, elle décida de continuer au Suiton en espérant un faux pas de son adversaire.
- Suiton : Tsunami ! (raz-de-marée) s'écria-t-elle.
Mei ne fut pas longue à réagir, et dressa aussitôt une nouvelle protection.
- Doton : Doryuu Heki ! (Le mur de terre)
Le mur de terre stoppa la vague sans trembler, avant d'exploser dans un bruit assourdissant.
Mei resta stoïque en regardant sa protection s'effondrer.
- Un kunai explosif caché dans la vague, hein…
Shika ne l'entendit même pas. Elle s'efforçait de gagner du temps, le temps de trouver une stratégie. Elle trouvait toujours une solution.
Soudain, ses yeux s'écarquillèrent. Elle avait trouvé, et plus vite que prévu.
- Merci Sasuke… souffla-t-elle, avant de composer de nouveaux mudras :
Suiton : Umiuma… (le cheval des mers)
L'eau de pluie que capta Shika prit alors la forme d'un grand destrier aquatique, sur lequel elle sauta. Elle avait toujours aimé les chevaux…
Elle donna des coups d'étrier imaginaires, et sa monture effectua un bond prodigieux vers une Mei soufflée.
Celle-ci se reprit néanmoins assez vite.
- Suiton : Mizu Bakudan. (bombes aqueuses)
Elle souffla alors une volée de sphères d'eau qui explosèrent dans le ciel autour de Shika, qui faisait une cible parfaite.
Juste avant de redescendre, Shika jura en son for intérieur.
« Et merde… Il faut que je recommence, elle finira bien par le faire… »
Le cheval atterrit derrière Mei, à la surprise de cette dernière qui pensait être chargée. A peine Shika était-elle de retour sur la terre ferme, qu'elle sautait de nouveau au dessus de la tête de Mei.
Celle-ci, que ce manège commençait à échauffer, décida de changer de gamme de jutsus. A l'image de son caractère du moment, elle allait prendre un élément un peu plus… ardent.
- Katon : Goukakyuu no jutsu ! (La boule de feu suprême)
Le jutsu rasa le cheval, mais Mei ne laissa pas à Shika l'occasion de s'en réjouir, et relança le même jutsu, après avoir fait une brève estimation de la trajectoire du saut.
Cette fois-ci, la boule de feu entra en collision avec le cheval, qui explosa dans un gerbe de vapeur. Heureusement pour la Capitaine, le saut en était à sa phase descendante, et elle ne tomba « que » de trois mètres, face contre terre.
Mais à la grande surprise de Mei, elle se releva tout sourire.
Un éclair de peur fugace traversa l'Ombre. Elle n'aimait pas du tout ce sourire…
- Tu prends une dérouillée et tu fais la banane ? s'enquit-elle. Es-tu maso ?
Shika se contenta de répondre négativement, avant de se saisir de son kunai.
- Je t'attends…
Comme l'avait dit Naruto au conseil, l'Ombre était assez instable émotionnellement, et se laissait emporter assez facilement. Shika saurait exploiter cette faiblesse.
Ainsi, lorsqu'elle commença à provoquer son adversaire, celle-ci devint comme enragée, et utilisa tout un panel de jutsus tous plus puissants les uns que les autres.
Lave, vapeur, feu, eau et terre, tous les éléments y passaient, mais Shika se contentait de les éviter, afin d'économiser son chakra. Mei ne se rendait pas compte que Mirage la menait par le bout du nez. A l'image d'un toréador, cette dernière agitait son fanion rouge -en l'occurrence quelques piques bien senties- auxquelles son adversaire répondait par une rage sans bornes.
Soudain, Shika regarda le sol et annonça victorieusement :
- Kage mane no jutsu ! (la manipulation des ombres)
Horrifiée, Mei se rendit compte qu'elle ne pouvait plus bouger. Son regard glissa jusqu'à la grande ombre qui se trouvait entre elle et Shika. Celle d'un nuage…
Elle leva la tête vers ce salopard de cumulonimbus qui la narguait.
- Je vois… Les quinze minutes, c'étaient du flan ! explosa-t-elle.
Shika secoua la tête -imitée en cela par Mei contre sa volonté- et répondit calmement :
- Même pas… Tu n'es pas complètement idiote, tu auras donc compris, au vu de la vitesse du vent, que les nuages ne pourraient pas revenir aussi vite.
Mei se mordit la lèvre. Elle détestait cette sensation d'impuissance.
- Alors comment as-tu fait ?
Shika répondit dans un large rictus.
- J'ai lu Naruto… Et j'ai utilisé la technique de Sasuke pour créer les nuages. Tu te souviens ? Pour lancer Kirin…
Tout devint subitement clair pour Mei.
- Le coup du cheval, c'était pour me forcer à balancer un jutsu Katon dans le ciel, le réchauffer, et ainsi provoquer la création d'un cumulonimbus.
- Exact. Maintenant, adieu… fit la voix tranchante de Mirage.
Sur cette phrase terrible, elle marcha vers Mei, qui faisait de même.
Lorsque les deux kunoichis furent face à face, Shika leva son kunai, alors que Mei levait son poing vide.
Le couteau descendit dans un sifflement vers la gorge de Mei, avant d'être inopinément arrêté par… un chakra rouge.
Shika ouvrit de grands yeux, puis fut expulsée loin de l'Ombre. Cette dernière sourit de toutes ses dents.
- Je te présente Yonbi…
Mirage était totalement perdue.
- Yonbi ? Mais... C'était Rôshi qui le possédait, non ? Et Tsunade l'a tué !
- Mais lors de combat, mon cher apprenti ne possédait déjà plus de bijuu. Il était pathétiquement faible, et Madara-sama a décidé de me transférer le démon.
Mais l'esprit de Shika refusait encore d'admettre l'indéniable.
- Mais Rôshi aurait dû mourir pendant l'opération ! Ce n'est pas un Uzumaki que je sache…
- Tu as réponse à tout, ricana Mei. Pour ta gouverne, sache que mon chef a trouvé la parade. Il a utilisé le Mangekyou Sharingan sur Yonbi pour le forcer à se séparer de son hôte sans lui faire de mal, et a ensuite plongé Rôshi dans un Genjutsu apaisant. Cette forme d'anesthésie révolutionnaire a permis à mon apprenti de réchapper de l'opération.
- Je vois… lâcha faiblement Shika. Elle n'avait presque plus une goutte de chakra. Elle ne put cependant s'empêcher de conclure par une petite raillerie.
- Et puis… Ne me fais pas croire que Madara est capable de créer quelque chose d'apaisant. Tout est pourri chez lui !
Mei ne répondit pas, mais son aura de chakra rouge redoubla d'intensité.
Kisame était dans l'incapacité totale de dissimuler son sourire de squale. Un duel d'épéiste. Il n'existait rien qu'il aimât davantage.
Lui et Zabuza échangèrent quelques passes d'armes, et Kisame put juger le niveau de son adversaire. Son œil exercé lui livra le verdict.
- Tu es bon.
Rêve n'eut aucune réaction si ce n'est un faible hochement de tête. Lui aussi reconnaissait la valeur de l'épéiste.
Kubikiri Houchou contre Samehada. Pour la première fois, leurs deux possesseurs légitimes allaient pouvoir se mesurer l'un à l'autre.
Kisame avait remplacé son ancienne épée par une rigoureusement identique, qu'il avait également appelée -l'originalité du personnage n'étant plus à démontrer- Samehada.
Cependant, le katana n'avait pas la faculté de sa grande sœur, celle d'aspirer le chakra de son ennemi, et surtout de pouvoir fusionner avec son porteur. Elle restait cependant idéale pour déchiqueter les adversaires.
Kisame avait en effet prévu l'éventualité de perdre son sabre et avait par conséquent scellée sa remplaçante dans un parchemin qui l'accompagnait partout.
Pour un épéiste comme Kisame, il n'y avait qu'une seule chose de pire que de perdre son sabre. Ne pas avoir d'autre sabre, et ainsi ne plus pouvoir se battre.
Ce fut Zabuza qui, le premier, passa aux choses sérieuses. Son immense katana cingla l'air avant de s'abattre sur le sol dans un bruit sourd. Kisame, immobile, arborait un sourire crispé. Le hachoir de Kiri n'était passé qu'à quelques millimètres de son bras gauche.
Comprenant que la valeur de l'épéiste allait encore au-delà de ses premiers pronostics, Kisame ôta les bandelettes de Samehada, libérant le sabre dans toute sa splendeur.
« Ce n'est vraiment pas une beauté… A l'image de son porteur » pensa Zabuza, que la poiscaille rebutait.
Cette fois-ci, Kisame prit l'initiative et porta un puissant coup horizontal, qui obligea Zabuza à se baisser. Il se surprit lui-même en agissant ainsi. D'ordinaire, il parait les coups et ne les esquivait pas, sa force herculéenne l'assurait de remporter la passe d'armes. Cependant, et pour la première fois, Rêve faisait face à un colosse dont la force physique l'égalait. Et il comprit, en voyant le regard déçu de Kisame, que ce dernier attendait ce duel de force.
- Désolé, dit Zabuza, prenant de court son adversaire.
- Comment ?
- Je ne chercherai plus à esquiver. C'est la première fois que je rencontre quelqu'un d'aussi costaud, et je compte bien lui faire honneur, expliqua l'américain.
- Moi de même ! s'écria Kisame. Je suis content que tu penses la même chose. Combattons, et que le plus fort gagne !
Zabuza poussa un grognement en guise d'assentiment, et s'élança à l'assaut de Kisame.
Les deux sabres se rencontrèrent dans un bruit terrible, mais pas un ne céda. Leurs muscles tendus à l'extrême, les deux bretteurs souriaient en s'engageant dans ce bras de fer terrible.
- Danzou… Tu sais, je t'ai toujours détesté, espèce d'ordure. Tu ne vaux pas un clou, et tu joue le chienchien de Madara juste parce qu'il t'a permis de donner un sens à ta vie minable de lombric.
Konan reprit son souffle et continua à le descendre en flèche.
- Ta vie est merdique, tu t'es toujours trompé, tu as toujours échoué depuis l'heure de ta naissance à celle de ta mort, qui en passant ne va pas tarder. A chaque fois que je te regarde, deux pensées envahissent mon esprit. Primo, comment Dieu -s'il y en a un- a-t-il pu merder autant. Secundo, où est-ce que je vais pouvoir trouver une bassine pour y vomir à mon aise.
Danzou garda le silence pendant un certain temps, puis applaudit poliment.
- Joli, tu as un don pour la provocation et l'insulte tout en finesse.
Le sourire de circonstance de l'homme disparut alors qu'il ajoutait :
- Mais voyons si ton sabre est aussi acéré que ta langue…
A une vitesse insoupçonnée chez lui, le porte-parole de l'Akatsuki surgit devant Konan et lui porta un violent coup de sabre. L'arme traversa le corps qui avait déjà pris sa texture de papier.
Konan ressouda les deux parties de son corps d'origami, et se concentra. Elle avait sous-estimé son homologue. Peut-être Kishimoto avait-il vu juste en prêtant de puissantes facultés à Danzou…
- Je n'utilise jamais de katana pour me battre, dit-elle alors, en réponse à la dernière phrase de Danzou. Je n'en aurai pas besoin pour mettre un terme à ta vie.
Son adversaire eut à nouveau son faux sourire. Les menaces de la jeune fille ne lui faisaient ni chaud ni froid. Il savait qu'elle n'avait presque plus de chakra de toute façon…
- Fuuton : Daitoppa !
Konan se sépara en centaines d'origamis, que le souffle dispersa. Une fois que la technique de Danzou eut prit fin, tous les morceaux de papier se réunirent et formèrent à nouveau le corps de l'ange de papier.
Voyant cela, le laquais de Madara décida de faire une petite pause « réflexion ».
« Je vois… On dirait que le vent est totalement inefficace contre elle. Mais je ne pense pas que cette faculté de transformer son corps en origamis soit gratuite en chakras. Dois-je continuer sur cette voie jusqu'à ce qu'elle épuise toutes ses réserves ? »
L'homme étudia l'idée sous tous les angles avant de prendre une décision.
« Trop risqué. Mon chakra n'est pas illimité, et je ne connais pas la dépense exacte de chakra de cette technique. Utiliser ce genre de stratégie risque de me conduire à la ruine. Mais alors, que faire ? »
- Tu réfléchis trop, se moqua Konan en surgissant dans son dos.
Surpris, Danzou ne put éviter le coup de pied de la kunoichi, suivi d'une rafale d'origamis qui lardèrent son bras de petites entailles.
Jurant et pestant, Danzou décida de mettre de côté la stratégie. Il allait en faire des rondelles avec son sabre. Il aurait donné cher pour maîtriser le Katon ou le Suiton en cet instant, mais il n'avait que le vent et les bases du Doton.
« En somme, tous les éléments les plus inutiles contre cette femme. Fait chier… »
- Uchiha Itachi… Le fou qui, le premier, s'est opposé à Madara. Maintenant que tu es à moitié aveugle, cette lutte perdue d'avance s'apparente presque au combat entre David et Goliath, murmura Kakuzu.
- Et rappelle-moi qui a gagné à la fin ? ricana Itachi.
Le visage de l'homme aux cinq cœurs se ferma.
- Les miracles ne se répètent jamais.
Les deux ninjas se fixaient du regard, à l'image de deux fauves, et se déplaçaient de côté en décrivant un cercle sur le sol, tout en prenant soin de conserver la distance avec leur adversaire.
- Je vois que tu as récupéré tous tes cœurs, nota distraitement Itachi.
- En effet. J'aurais préféré celui de cet enfoiré de Kakashi, mais il s'est fait la malle lorsque je l'ai battu, sur cet iceberg.
- Pas de chance, répondit Itachi en pensant tout l'inverse.
Soudain, Kakuzu pila, et Itachi en fit de même.
Sans aucun avertissement préalable, l'Ombre se tendit, et quatre de ses cœurs s'extirpèrent de son corps gangrené par d'étranges tentacules noires.
« Il n'a plus rien d'humain » songea Itachi en s'appesantissant sur le physique de l'être immonde.
Les quatre cœurs, dotés eux aussi de lianes noires ainsi que d'un masque, se déplacèrent suivant une logique très précise. Un instant plus tard, l'Uchiha était encerclé par Kakuzu et ses cœurs.
- Diable je suis fait, ironisa Itachi.
Ses cinq adversaires formaient un pentagramme parfait, du moins l'était-il aux yeux d'Itachi. Au milieu de cette obscurité légèrement atténuée par le récent retour de la lune, il voyait encore moins bien que d'habitude.
Soudain, Kakuzu attaqua, à l'instar de ses cœurs. Tous les cinq lancèrent un jutsu au même moment.
- Doton : Doryuu Hashira ! (le pilier de terre) fit la voix d'outre-tombe de Kakuzu.
Les cinq jutsus donnèrent naissance à un pilier, chacun étant d'un élément différent.
Une fois les piliers sortis de terre, chacun d'entre eux projeta un rayon élémentaire vers le pilier à sa droite.
A la fin de l'opération, Itachi était entouré par cinq murs, respectivement composés de flammes, de pierre, de vent, d'éclairs et d'eau. Le dôme, constitué des cinq éléments plus ou moins mélangé, était parcouru d'énergie violette.
- Godai no Kangoku, déclara Kakuzu, avant de traduire en anglais : « La prison des cinq éléments. »
Itachi resta pantois quelques instants, avant de se tourner vers Kakuzu.
- Et après ? J'ai tout mon temps, moi…
L'Ombre eut un sourire vicelard.
- En es-tu certain ?
C'est à ce moment-là que les murs se mirent à bouger, et à se rapprocher d'Itachi.
L'Uchiha pâlit.
« Il cherche à m'écrabouiller… Comme c'est déplaisant. »
- Tu n'arriveras jamais à sortir, tu es trop faib... commença Kakuzu.
- Katon : Saigonoshinpan. (le jugement dernier)
L'explosion titanesque qui en résulta fit trembler la terre, jetant du même coup Kakuzu au sol.
Lorsque la fumée se dissipa, le shinobi aux cinq cœurs vit que sa prison n'était plus. Un unique jutsu avait suffi pour la détruire…
- Impossible ! tempêta Kakuzu. Et cette technique… C'était celle d'Hanzou ! Comment as-tu fait pour la copier, tu n'étais pas là !
- Copier, copier, copier… Les Uchiha ne sont pas tous des pies voleuses tu sais. J'ai simplement dû lire le même parchemin qu'Hanzou, vu que ce dernier se trouvait dans la grotte.
Kakuzu faillit s'étouffer de colère. La technique dont il était si fier avait été tournée en ridicule.
- Mes cœurs, à l'attaque ! ordonna-t-il d'une voix rauque.
- Tu devrais dire « mes petits cœurs », ça fait plus lyrique, sourit Itachi. Et puis tu sais, il faut assumer sa sexualité. J'ai connu un type zoophile qui le vivait très bien jusqu'à ce qu'il soit bouffé par un croco. Alors des cœurs, pourquoi pas ! Si on fait abstraction des lianes noires dégueulasses, ça peut être sympa…
Fou de rage, Kakuzu s'apprêta à lancer un nouveau jutsu, sous les yeux d'un Itachi amusé. Etrangement, les ninjas qui provoquaient leur adversaire étaient toujours ceux d'Amaterasu, et souvent, leurs ennemis les suivaient bêtement dans leur petit jeu. La raison était simple : Akatsuki ne connaissait pas l'humour, la faute à un chef autoritaire et prêt à punir ses sous-fifres à la moindre incartade.
La seule exception devait être Minato, qui s'était occasionnellement amusé aux dépends de Naruto.
Les jutsus pleuvaient autour de l'Uchiha, mais aucun ne parvenait à le toucher. Katon, Suiton, Raiton, Doton, Fuuton, quelque soit l'élément, Itachi esquivait inlassablement. Les cœurs s'échinaient à toucher l'intouchable.
« Et dire qu'il est à moitié aveugle… Je l'ai peut-être sous-estimé. » reconnut Kakuzu.
Mais tout aussi fort qu'il soit, Itachi restait un être humain, et par conséquent sujet aux affres de la fatigue. Sans s'en rendre compte, sa vitesse diminua peu à peu, jusqu'à ce qu'il soit touché par le jutsu Katon d'un des cœurs.
Itachi comprit alors qu'il n'avait plus les jambes pour continuer ainsi, et décida lui aussi de recourir aux arcanes du Ninjutsu. Parcimonie oblige, cependant, la faute à un taux de chakra qui se rapprochait dangereusement de zéro. Mais l'Uchiha avait encore de la marge.
Il utilisa successivement le Katon, le Suiton, et même le Youton afin de contrer les jutsus qui venaient de cinq endroits différents.
Soudain, les quatre cœurs explosèrent dans une gerbe de sang.
Kakuzu n'en revenait pas, et pourtant la vérité était là. Itachi venait de lui détruire quatre cœurs, et il n'avait rien vu.
L'Uchiha, pour ça part, arborait un sourire suffisant qui avait le don de faire sortir Kakuzu de ses gonds.
- Comment as-tu fait ça ?
- Top secret ! fit Itachi sur un ton volontairement enfantin.
En désespoir de cause, Kakuzu se concentra et rétracta ses cœurs en lambeaux. Il s'assura de la destruction de chacun d'eux, et n'eut aucune bonne surprise. Il était redevenu un homme normal. Un mortel.
- Merde ! hurla-t-il soudain. Il allait attaquer avec une technique Doton lorsqu'Itachi disparut, remplacé par un vol de corbeaux.
Kakuzu ouvrit de gros yeux lorsque tout autour de lui commença à disparaître.
- Genjutsu ? s'étrangla-t-il.
- C'est ma spécialité… lui parvint la voix lointaine d'Itachi.
Lorsque tout eut disparu, Kakuzu retourna à la réalité, et vit Itachi qui lui souriait, à quelques pas de lui.
- Je t'ai eu.
Kakuzu fronça les sourcils.
- Absolument pas. Ton Tsukiyomi ne m'a pas brisé, je suis frais comme un gardon.
- Ce n'était pas le Tsukiyomi, le corrigea Itachi.
Kakuzu fit une moue moqueuse.
- Quoiqu'il en soit, ton truc n'a servi à rien.
- Faux et archi-faux, ricana Itachi. Je voudrais bien t'expliquer, mais vu que tu vas mourir…
Kakuzu, qui n'y croyait pas trop, dit crânement :
- C'est ça, oui…
- Regarde ton ventre… murmura alors le Seigneur des Corbeaux.
Kakuzu fit ce qu'on lui disait, et devint blanc comme neige. Il avait rétracté ses quatre cœurs en lui, et ils étaient intacts.
- Je t'ai fait croire que tes cœurs avaient été détruits pour que tu les rétractes. Puisqu'ils t'obéissent par la volonté, tu les a rétractés dans mon illusion mais aussi dans la réalité.
- Et alors ? A quoi bon ? sourit Kakuzu.
La réponse d'Itachi ne fut pas longue à venir.
- Pour faire d'une pierre cinq coups. Ou plutôt cinq cœurs dans notre cas…
Au moment où l'Uchiha finissait sa phrase, la météorite s'écrasa sur Kakuzu dans une déflagration inouïe.
- Katon : Nagareboshi. (Etoile filante) murmura Itachi. Et pour une fois, ce n'est pas une illusion…
L'Uchiha regarda un moment la météorite qui avait englouti l'Ombre, puis regarda les combats autour de lui. Il constata amèrement que ses amis n'avaient presque plus une goutte de chakra, et qu'ils étaient tous sur le point de perdre.
Soudain, il décida qu'il était grand temps d'utiliser leur dernière carte.
- Capitaines ! Libération ! hurla-t-il alors que la pluie se remettait à tomber, les nuages ayant enfin retrouvé leur place dans le ciel.
