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Libération
- Libération… chuchota Hashirama, faisant écho aux paroles de son chef. Alors nous en sommes là…
Cependant, tous les Capitaines savaient que c'était le moment ou jamais. Cette bataille serait la dernière, alors autant tout donner jusqu'à la fin.
Dans un ensemble parfait, tous les Capitaines présents -à l'exception de Zabuza- posèrent une main fatiguée sur leur masque.
- Je suis sûr que tu as toujours voulu savoir à quoi servait réellement ce masque… murmura Hashirama à l'adresse de Madara, dont le Susanoo brillait d'une lueur orangée.
Madara ne dit rien, et Hashirama mit fin à son monologue.
- En réalité, ces masques sont des réservoirs de chakra, ils possèdent la capacité d'en amasser une quantité pharaonique. Tous les Capitaines initiaux y ont placé un peu de leur chakra tous les jours depuis plus d'un an…
Madara ouvrit des yeux effrayés.
- C'est…
Mais le chef de l'Akatsuki se fit violence et retrouva son impassibilité, teintée d'une légère moquerie.
- Quelque soit la quantité de chakra que tu possèdes, tu ne pourras jamais me vaincre.
- Tout dépend de la façon dont je l'utilise, sourit Hashirama. Le véritable but du masque est de nous permettre de lancer notre technique la plus puissante.
Madara grimaça.
- J'imagine que le jutsu en question sera redoutable, mais tu penses réellement qu'il pourra m'atteindre, moi ?
- Absolument, rétorqua Absolution, avant d'ôter son masque, et de placer sa main droite à l'intérieur. Il brisa alors le sceau qui se trouvait à l'intérieur, et un chakra surpuissant se mit à tourbillonner autour de lui.
Hashirama ne pourrait utiliser cet immense chakra qu'une seule fois, c'était là le défaut majeur du masque. Et c'est pourquoi les Capitaines devaient tout faire pour que la technique en question soit décisive, et donc mortelle.
- Ma technique sera très efficace contre toi, je pense… ricana Hashirama, avant de fermer les yeux en disant dans un souffle :
- Jihi. (Absolution)
Soudain, un orbe de chakra pur s'échappa des doigts du Capitaine, pour se placer au-dessus de la tête de Madara.
Ce dernier, confiant en ses capacités et en son Susanoo pour le protéger, attendait patiemment qu'Hashirama fasse le premier pas. Il était secrètement curieux de voir la technique à laquelle ce dernier avait donné son nom. Cependant, sa patience ne serait pas éternelle, la douleur liée à l'utilisation du Susanoo se faisait de plus en plus lancinante. Madara n'avait jamais aimé cette technique, en raison de la douleur qu'elle infligeait à son porteur.
L'orbe lancé par Hashirama changea ensuite de forme, et un dôme de chakra pur vint bientôt emprisonner Madara.
Ce dernier éclata d'un rire mauvais.
- C'est tout ?
L'Uchiha garda les yeux rivés vers le haut du dôme, et constata que les gouttes de pluie étaient stoppées par le champ de force.
- En tout cas merci beaucoup pour le parapluie, j'avais oublié le mien… ironisa-t-il, avant de composer un unique jutsu.
- Katon : Sen'puu no jutsu ! (la tornade de feu)
Un siphon de flammes l'entoura avant d'exploser contre les parois constituées de chakra. Cependant, lorsque le feu eut disparu, Madara constata que le dôme était comme neuf.
La voix moralisatrice d'Hashirama parvint alors à ses oreilles.
- Tout le monde a une faiblesse, Madara. La tienne, c'est que tu sous-estimes les gens… Tu aurais pu exploiter le temps de démarrage de ma technique pour te téléporter et t'enfuir. Maintenant, c'est trop tard. Tu es déjà mort.
Cette fois-ci, Madara s'alarma. Il ne savait pas ce qui rendait le Senju si confiant.
C'est à ce moment-là qu'il sentit quelque chose de désagréable sur sa main droite.
Il la regarda, et y vit avec à horreur une branche en sortir, et commencer à bourgeonner.
Halluciné, il regarda un peu partout sur son corps et constata que les végétaux poussaient sur tout son corps. Il était parasité par ces saloperies…
En désespoir de cause, Madara essaya d'arracher les plantes, mais celles-ci faisaient déjà partie de son corps. La limite entre le végétal et l'homme avait disparu.
« Ne me dites pas que je vais devenir une sorte de Zetsu… » soupira intérieurement Madara, assez calme malgré sa situation somme toute très mauvaise.
Bientôt, il n'y eut pas un seul centimètre carré de peau qui ne soit occupé par une excroissance végétale. De plus, ces dernières poussaient à une vitesse hallucinante et l'empêchaient déjà de respirer à son aise.
- Saletés… grogna Madara en se débattant inutilement.
Il était en colère contre lui-même. Il avait péché par excès de confiance alors qu'il s'était juré de ne plus jamais répéter cette erreur. De plus, sa prétendue défense ultime, le Susanoo, avait été déjouée par Absolution, les plantes ayant probablement pénétré en lui via des spores invisibles à l'œil nu contenues dans l'air.
- Ces saletés, comme tu les appelles, sont des plantes quelque peu spéciales. Elles se nourrissent de l'énergie obscure, à savoir le yin, et même les sentiments liés au mal. J'avoue que le résultat dépasse toutes mes espérances, s'enorgueillit Hashirama, avant de dire d'une voix méchante :
- Tu dois vraiment être une sacrée ordure, on dirait que la moindre parcelle de chakra qui t'habite est noire comme l'encre.
Madara mit fin à son Susanoo et commença à tourner sur lui-même pour se téléporter, alors qu'Hashirama laissa libre court à son hilarité.
- C'est inutile ! Même si tu t'enfuis, les plantes continueront à pousser, et à se nourrir de ton chakra jusqu'à la fin ! Seul un Hyûga pourrait survivre à cette technique, et il devrait pour cela boucher tous ses tenketsus pour stopper la croissance des plantes. Ce qui le mènerait ensuite à la mort, lui aussi. Tu n'as aucune chance, conclut Hashirama alors que Madara disparaissait avec ses plantes.
Une fois que son ennemi eut disparu, le Capitaine fit disparaître le dôme de chakra puis se tourna vers les combats alentours. Il fallait qu'il aille prêter main forte à Tsunade.
Alors qu'il esquissait un pas dans la direction de sa petite-amie, une voix sardonique l'arrêta.
- Où vas-tu, petit Senju ?
Hashirama pâlit et tourna lentement sur lui-même tout en ouvrant de grands yeux, comme s'il voyait un fantôme.
- Tu… Tu devrais être mort, c'est obligé… lâcha-t-il sur un ton découragé.
- Tu pensais vraiment me battre avec des plantes ? ricana Madara. Je me suis simplement rendu dans une dimension où les végétaux ne peuvent pas survivre. Une dimension sans lumière, sans air, et donc sans dioxyde de carbone. Evidemment, je ne pouvais pas y rester longtemps, mais ça a suffi pour me débarrasser de tous les germes qui me parasitaient.
Hashirama étouffa une exclamation de colère. Cette technique de téléportation n'avait pas fini de leur causer des soucis.
Soudain, il vit Madara disparaître à nouveau. Trop fatigué pour bouger, il savait néanmoins ce que son ennemi allait faire et attendit patiemment le coup final.
L'Uchiha surgit derrière son dos et l'assomma d'un atemi porté à la base du cou.
Le corps d'Absolution s'effondra sans un bruit, et Madara soupira :
- Une technique impressionnante, je dois l'avouer… Sans mon Mangekyou Sharingan j'aurais probablement perdu.
Naruto se releva péniblement et s'extirpa du cratère que sa chute avait creusé dans le sol de l'île. Il regarda brièvement son adversaire qui le toisait du haut du ciel, avant de ressasser ce qu'Itachi venait d'annoncer.
« Cela signifie que je peux enfin utiliser cette technique… Mais pour cela je dois faire en sorte qu'il revienne sur le sol. »
Les lèvres de Naruto s'étirèrent soudain en un sourire ironique sous son masque noir. Il allait utiliser le jutsu que Minato avait eu la bienveillance de lui montrer lors de leur première confrontation.
- Fuuton : Tenchû ! (punition divine)
Minato, qui tendait l'oreille, se glaça en entendant le nom de la technique, et blêmit en voyant que son adversaire était en train de composer la bonne série de mudras.
Pris de panique, il s'élança à toute vitesse vers le sol. Les cieux allaient vite devenir un enfer, il était bien placé pour le savoir puisqu'il avait lui-même mis au point cette technique.
Il mit pied à terre juste à temps, la tornade manquant de le happer, et ses ailes se dispersèrent aux quatre vents.
- Impressionnant… Je pensais être le seul à être capable de copier un technique sans sharingan après l'avoir vu une seule fois. Nous sommes bel et bien de la même famille toi et moi…
Naruto ne dit rien, mais ôta son masque noir uni.
Le manipulant pendant quelques secondes, il finit par le briser, détruisant par là même le sceau qui y était caché.
Un chakra diffus l'entoura aussitôt, sous les yeux d'un Minato déconfit.
« J'ai scellé son bijuu, alors qu'est-ce que ce chakra ? Je n'ai jamais rien vu de tel… »
Les yeux violets de Naruto plongèrent alors dans ceux de son vis-à-vis, et il dit d'une voix terrible :
- Mokushiroku. (Apocalypse)
Alors que sa voix claquait, à la fois terrible et péremptoire, le chakra libéré se rassembla pour donner naissance à une étrange sphère, dont le pouvoir pulsait avec une puissance écrasante.
L'orbe de chakra changea vite de forme, et s'étendit au-dessus de la tête de Minato, jusqu'à former une hémisphère d'une couleur ébène inquiétante.
A la vue du chakra qui constituait la paroi, Minato comprit qu'aucune de ses tentatives ne pourrait en venir à bout. Il y en avait une telle quantité…
Il vit alors Naruto se concentrer comme jamais, puis se mettre à parler d'une voix rauque.
- Voici venir le jour de l'Apocalypse. Que tout disparaisse dans une grande lumière…
Minato n'eut que le temps d'entamer une série de mudras que la grande faucheuse venait déjà le chercher.
Naruto mit un certain temps à reprendre son souffle. Cette technique n'était pas sensée pouvoir exister, et demandait donc énormément d'énergie. Seul le masque pouvait la lui fournir, Kyuubi lui-même n'étant pas habilité à libérer autant de chakra en une seule fois.
Naruto dissout son dôme, et son regard triste s'attarda un moment sur la surface d'herbe qui y avait été contenue.
Tout ce qui s'était trouvé à l'intérieur du dôme n'était plus. Seul restait le néant. L'herbe avait disparu, et même la terre avait noirci. Bien qu'il ne puisse le constater de ses propres yeux, Naruto savait que le jutsu avait fait plus encore. Il avait exterminé toute vie, et même toute molécule organique du périmètre. Même l'air avait disparu, jusqu'à la disparition du dôme.
Soudain, Naruto sentit que quelque chose n'allait pas. Ses yeux améthystes, résultat de sa fusion avec Kyuubi, balayèrent les environs quelques instants.
« Qu'est-ce qu'il se passe… Pourquoi ai-je ce mauvais pressentiment ? Il est impossible qu'il ait résisté à ça. »
C'est alors que Minato apparut sous ses yeux ébahis.
L'Ombre avait revêtu une forme qu'il n'avait jamais vu. Ce n'était plus un homme, c'était…
- Un élémental d'air… souffla le ninja de l'Akatsuki, avant de s'effondrer, recouvrant du même coup son apparence normale.
L'Ombre semblait avoir pris dix ans, mais il était encore et toujours vivant.
- Pas… mal… Ta… technique… dit-il, haletant.
- Je te retourne le compliment… répondit Naruto, qui n'en revenait toujours pas. Qu'est-ce que c'est que ce truc ?
- Le jutsu que seul peut maîtriser un maître du Fuuton… Changer son corps en vent, révéla Minato. C'est grâce à cela que j'ai pu quitter le dôme, avec difficulté tout de même, je dois l'avouer.
Le jeune homme regagnait peu à peu son souffle, mais l'élémental était de toute évidence plus que fatigant à mettre en œuvre.
- La cohésion du chakra qui constituait la paroi était vraiment forte, et j'ai eu toutes les peines du monde à m'enfuir avant que ta technique ne me réduise en poussière, expliqua-t-il ensuite.
- C'est dingue… murmura le jinchuuriki. Je n'arrive même pas à envisager un truc pareil. Tu es vraiment le maître du vent, c'est vrai, reconnut Naruto, avant de disparaître dans un flash lumineux.
Minato, déjà bien fatigué, ne réagit pas assez rapidement, et le coup de poing de Naruto le fit sombrer dans l'inconscience.
Apocalypse le fixa un moment, avant de dire dans un sourire.
- Un partout. Je compte bien remporter la belle, un autre jour peut-être !
Son sourire s'évanouit lorsqu'il vit Madara vaincre son ami Hashirama. Une rage froide l'envahit. Cet Uchiha était responsable de tous leurs maux, et il allait l'arrêter, foi de Naruto.
Madara ne parut aucunement surpris lorsqu'il vit Apocalypse apparaître entre lui et Hashirama.
- Tiens tiens… Comme prévu, tu as vaincu Minato. Cependant, tu ne peux pas espérer me battre, mon jeune ami. Minato a scellé momentanément le Kyuubi, et tu n'as plus ton masque. Tu es fini, conclut-il sèchement.
Naruto savait qu'il avait raison, mais il s'en moquait. A cet instant, il n'écoutait plus que son cœur.
- Il me reste le pouvoir de l'amour. Ce désir de protéger mes amis… C'est ce qui me donnera la force de te vaincre, monstre !
Madara explosa de rire avant de fusiller du regard le jinchuuriki.
- L'amour n'existe pas, imbécile naïf ! Ce n'est qu'une illusion, une information chimique qui trompe nos sens ! Ce n'est que la faiblesse de l'esprit devant notre corps… Ce n'est rien.
Et c'est avec ce rien, que tu comptes m'envoyer en enfer ?
Naruto eut un petit sourire.
- Intéressant. Tu es donc conscient de ta propre monstruosité vu que tu n'envisages même plus le paradis….
Madara haussa le épaules.
- Paradis, enfer, ce ne sont que des âneries et tu le sais bien au fond de toi. La société a inventé cette notion de bien et de mal pour modeler l'homme à sa convenance. Dans la mort, les hommes sont tous égaux. Comme ils l'étaient à la naissance. Cela ne manque pas d'une certaine symétrie…
Naruto haussa un sourcil.
- Egaux à la naissance ? Tu le penses vraiment, monsieur-je-suis-meilleur-que-tout-le-monde ?
- Dans l'absolu, la valeur n'est jamais acquise à la naissance. Cependant, il est vrai que certains partent avec quelques avantages, en vertu des lois de la génétique. Mais ces avantages ne le sont pas forcément, tout dépend du point de vue…
Naruto soupira.
- Je ne sais pas si c'est commun à tous les Uchiha et leurs réincarnations, mais j'en ai un peu marre de votre tendance à me faire un cours de philo dès que vous ouvrez la bouche.
Madara haussa les épaules et dégaina son sabre.
- Si tu préfères ce langage, je n'ai rien à y redire…
Gaara reculait de plus en plus, son sable suffisant à peine à le protéger de ses ennemis, lorsqu'il entendit l'ordre de son chef.
« Parfait, je n'aurais pas pu attendre une minute de plus. »
Le jinchuuriki d'Ichibi, voyant qu'il était entouré par pas moins de vingt shinobis de la troisième division, décida que le moment était venu de passer aux choses sérieuses.
La main posée sur son masque, il brisa ce dernier, dévoilant de magnifiques yeux violets. Lui aussi avait désormais atteint le stade ultime du jinchuuriki.
« Seijaku. (silence) »
La vingtaine de shinobis parut surprise lorsqu'un bouclier de chakra enveloppa Gaara. Cette surprise se mua en panique lorsqu'ils furent tous enfermés avec Silence dans un deuxième dôme, bien plus grand.
- C'est quoi ce bordel ? cracha celui qui semblait être le chef du groupe de ninjas.
En guise de réponse, Gaara lança sa technique et ferma les yeux. Il n'aimait pas voir souffrir les gens.
Une sorte de nuage de sable se mit à tourbillonner près du sommet du dôme, puis se rapprocha des shinobis mortifiés. Il n'allait quand même pas les étouffer avec du sable ?
Gaara, protégé par son écran de chakra personnel, lut la question dans les yeux apeurés de l'akatsukien, et répondit pour lui-même.
« Hélas non… Ce sera bien plus douloureux j'en ai peur… »
Rassurés par le peu de sable qui lévitait au-dessus d'eux, les ninjas baissèrent un tant soi peu leur garde. Ils avaient beau être enfermés ici, ils ne risquaient rien dans l'immédiat.
Un des hommes, sans doute moins craintif que les autres, poussa l'audace un peu trop loin et commença à discuter avec un des ses camarades. Il signa son arrêt de mort.
Dès lors qu'il ouvrit la bouche pour parler, une parcelle du nuage de sable fut comme attirée, et pénétra dans sa gorge béante.
L'homme hurla comme jamais il n'avait hurlé. Le sable était brûlant, incandescent, et la douleur qu'il ressentait à la gorge était sans précédent.
Cependant, l'homme n'avait pas fini de souffrir. Dans un cercle tout particulièrement vicieux, une nouvelle vague de sable s'engouffrait dans la bouche du malheureux à chaque cri poussé par ce dernier. Sa seule chance de survie aurait été de souffrir en silence, mais c'était impossible.
Un certain nombre de ses camarades, horrifiés par ce qui lui arrivait, émirent un cri de terreur, qui leur valut à leur tour d'être la cible du sable brûlant. Ce dernier consumait successivement la gorge, puis les organes un par un. Les shinobis mourraient dans une souffrance inqualifiable.
Bientôt, tous les shinobis eurent succombé, à l'exception d'un seul. Le chef du groupe. Ce dernier avait aussitôt compris le fonctionnement de la technique et avait par conséquent gardé la bouche hermétiquement close.
Voyant cela, Gaara soupira, et pensa :
« La respiration elle aussi est une offense au silence… Niveau deux… » ajouta-t-il en aiguisant sa concentration.
Le seul survivant ouvrit de grands yeux effrayés lorsqu'un deuxième nuage de sable apparut à l'intérieur de dôme. Cependant, le sable semblait encore plus fin que précédemment, et c'est ce qui causa le trouble du ninja.
« Non… Il ne va quand même pas… »
Alors que le ninja ne faisait qu'inspirer un peu d'air par le nez, le nouveau sable fondit sur lui et pénétra par ses narines.
A l'instar de ses feu camarades, il mourut dans d'atroces souffrances.
Silence marchait avec difficulté. Il était fatigué, et dégoûté de tout ça. Il n'en pouvait plus.
Une fois son dôme disparu, il s'était éloigné du champ de bataille un petit moment.
Malgré la violence qui l'environnait, il ne pensait qu'à une seule chose. Hidan. Il avait souvent pensé à elle, pendant ce long mois. Et il avait compris de nombreuses choses après avoir effectué des recherches sur l'ex-kunoichi de l'Akatsuki.
Elle était malade, et il n'existait aucun traitement miracle qui puisse la sauver. Du moins pas dans ce monde… Gaara avait parlé à Tsunade, et cette dernière lui avait parlé d'une plante rare qui poussait dans le pays du riz, dans le monde de Naruto. Une plante qui pourrait guérir Hidan…
Gaara aurait tant aimé être l'élu, pour sauver celle qu'il aimait.
En effet, la curiosité puis l'attirance qu'il avait d'abord éprouvé pour elle s'était vite muée en amour fou. Et pourtant, il le savait, ce baiser ne signifiait rien. Et cela, il l'avait compris au cours de ses recherches sur la maladie dont souffrait Hidan. Un problème de respiration qui engendrait une douleur immense.
Elle aurait dû mourir depuis longtemps, mais le pouvoir de Jashin la maintenait en vie. Néanmoins, le dieu sombre ne la protégeait pas de la douleur, et Gaara savait qu'un jour ou l'autre, elle arrêterait tout. Elle arrêterait de sacrifier ses victimes à son dieu, pour qu'enfin tout s'arrête. Le baiser qu'elle lui avait donné n'avait été qu'un moyen pour elle de prendre un peu de plaisir dans cette vie de souffrance.
Et étrangement, il ne lui en voulait pas. Il la comprenait. Et il la sauverait.
Sur cette pensée, Gaara vit Karin échapper de peu à un shuriken et il comprit qu'Hidan n'était pas la seule qui comptait pour lui. Il avait des amis. Et contrairement à Hidan, il pouvait les aider maintenant. Il pouvait les sauver, en cet instant.
Chancelant, Gaara se jeta pourtant derechef dans la mêlée, aux côtés de Karin qui avait beaucoup de mal à s'en sortir.
Kakashi se battait seul contre plus de trente ninjas. Il avait bien entendu Itachi gueuler son « Libération ! » mais il n'avait pas encore eu l'occasion de balancer la sauce. Il était harcelé par les multiples attaques de ses ennemis, et n'aurait jamais le temps de briser le sceau de son masque.
Lorsque Kiba surgit de nulle part et en dézingua deux, faisant du même coup reculer les autres, Kakashi remercia intérieurement la providence et le maître chien.
Comprenant qu'il n'aurait pas d'autre chance, le ninja copieur brisa son masque.
Mais contrairement aux autre Capitaines, Kakashi ne modela pas le chakra en un dôme. Il se contenta de le laisser se disperser vers le ciel.
Voyant cela, Kiba rejoignit Kakashi sous les quolibets adverses.
- Ça a foiré ? demanda-t-il, inquiet.
- Nan. Mais je te conseille de te tirer d'ici, et rapidement…
Ni une ni deux, Kiba prit Akamaru avec lui et tous deux partirent en hâte.
Amertume les suivit de ses yeux bruns, puis jeta un bref coup d'œil vers le ciel orageux. Décidément, quel temps de merde…
Il prit alors la parole.
- Bon, revenons à nos moutons. Je vous présente ma technique la plus puissante.
Devant une assemblée perplexe, il fit une révérence puis déclara sur un ton volontairement emphatique :
- Ukime ! (Amertume)
Au même moment, une sorte de brume commença à se former autour des shinobis présents. Ces derniers se tinrent sur leurs gardes. Kakashi allait probablement essayer de les attaquer dans ce brouillard, en se servant de son sharingan ou de ses invocations de chiens pour les localiser…
Bientôt, la purée de pois devint tout à fait opaque, à tel point que la trentaine d'hommes étaient incapables de distinguer leurs propres mains.
Le temps passa, et la température baissa légèrement. Quelques ninjas frémirent à l'idée d'un jutsu qui les gèlerait, mais c'était impossible. Il ne faisait pas encore assez froid, et Kakashi ne maîtrisait pas le Hyôton. Mais alors qu'est-ce qu'il mijotait ? Aucun cri de surprise ou de douleur n'ayant été poussé, le ninja copieur n'était pas encore passé à l'attaque.
« Et bien s'il compte gâcher son chakra, laissons-le faire » pensa un des ninjas en souriant.
Lorsque le brouillard s'évapora finalement, son sourire en fit de même.
A l'instar de ses camarades qui se tenaient non loin de lui, ses yeux lui sortaient des orbites.
- Oh le con ! fit un des hommes, partagé entre une terreur sans nom et un émerveillement enfantin.
Ils étaient suspendus dans le ciel, à plus de cinq cent mètres du sol. Devant leurs visages livides brillaient les étoiles, auparavant dissimulées par les nuages gris de cette nuit pluvieuse.
La brume les avait, par un quelconque prodige, soulevés jusqu'ici, et le nuage continuait à les soutenir. Mais pour combien de temps ?
La réponse ne tarda pas à venir, et le nuage disparut subitement, laissant les trente hommes en chute libre dans le ciel nippon.
Tous fermèrent les yeux, attendant le choc terrible mais fugace qui allait précéder la venue de Shinigami.
A chaque bruit sourd causé par l'atterrissage brutal d'un des corps, Kakashi fermait les yeux. Il avait honte de ce qu'il était devenu. Il avait beau se battre pour la liberté, la paix, et la justice, il n'en pouvait plus. Cela faisait plus d'un an que l'odeur de la mort avait envahi la moindre parcelle de son corps, et il ne le supportait plus. Le ninja copieur tomba au sol, le corps secoué par les larmes.
« Je vous en supplie, arrêtez de vous battre. Arrêtez… »
Paradoxalement, Ino, Anko et Suigetsu reprenaient peu à peu espoir à mesure que leurs forces décroissaient. En effet, leurs ennemis n'étaient plus qu'une vingtaine, et, pour la première fois, il pensaient pouvoir décrocher la victoire. Cependant les hommes qu'ils affrontaient étaient tous des ninjas confirmés et dotés d'un bon esprit d'équipe, chose peu courante à Akatsuki.
Après de longues minutes passées à esquiver, sabrer et lancer des jutsus, le trio s'aperçut que le dernier des combattants adverses venait de tomber.
Les trois ninjas se permirent un petit sourire fatigué, avant de se tourner vers les derniers shinobis de la troisième division. Ces derniers affrontaient Karin et Gaara, qui paraissaient pouvoir s'effondrer à tout moment.
Réunissant leur courage et leur volonté à deux mains, Suigetsu et les deux kunoichis coururent vers ce qui serait probablement leur dernier combat.
A la vue de ces renforts inespérés, Gaara fit un petit signe à Karin. Son élève comprit instantanément le message tacite. Ils allaient en finir maintenant, avec une seule attaque.
- Formation Dragon ! cria Karin à l'adresse des nouveaux arrivants.
Parmi ces derniers, seul Suigetsu ne comprit pas le code. De toute évidence, cette fameuse formation ne le concernait pas. A regret, l'épéiste s'éloigna de la mêlée et regarda ses amis en finir avec les quinze derniers shinobis.
« Katon : Hiryuu no Hontai. (le corps du dragon) » pensa Gaara en réunissant tout le chakra qui lui restait.
La boule de feu qui jaillit de sa bouche prit aussitôt la forme du corps d'un dragon, mais sans ailes ni tête. Ses compagnons allaient palier à ce problème.
- Katon : Hiryuu no Tsubasa ! (les ailes du dragon) rugit Anko.
Aussitôt, des ailes de flammes se soudèrent au corps du dragon, et le feu gagna encore en vigueur, étant alimenté par deux sources différentes.
- Katon : Hiryuu no Atama. (la tête du dragon) formula alors Karin, dont l'émerveillement était sans cesse renouvelé à chaque fois qu'il voyait cette technique.
Le crâne du reptile de feu conclut l'œuvre, donnant naissance à un monstre incandescent de plus de six mètres de haut.
Ce fut Ino qui apporta son ultime pierre à l'édifice.
- Fuuton : Hiryuu no Kanki ! (l'éveil du dragon) tempêta-t-elle.
La bourrasque de vent qu'elle créa eut pour effet de doper les flammes de la créature, ces dernière gagnant en taille et en chaleur.
Mais ce n'était pas tout.
Le vent d'Ino lui permettait aussi de diriger le dragon. Les yeux mi-clos, la jeune fille modifia légèrement la courbe de son souffle Fuuton et le canalisa entièrement sur les ailes.
Elle vit Anko se raidir sous la puissance du vent. En effet, Ino savait que l'élève d'Orochimaru devait se concentrer pour maintenir la cohésion entre les ailes et le reste du dragon.
Lorsque le dragon s'envola vers eux, les ninjas de l'Akatsuki ne se posèrent pas de question et prirent leur jambes à leur cou. L'honneur, l'honneur, il y avait certaines situations où tout ces concepts disparaissaient, remplacés par la nécessité de survivre.
Mais ils n'eurent pas la moindre chance. Le dragon les fauchait tous, poursuivant même les fuyards qui changeaient de direction. Ino maîtrisait à merveille ce qui était devenu son navire, et le silence revint bientôt sur cette portion du champ de bataille.
Exténués, les quatre shinobis tombèrent à genoux, alors que le dragon partait en fumée.
Suigetsu battit des paupières, impressionné malgré lui. Quel jutsu ! Mais il retourna vite au combat qui l'intéressait le plus. Celui des deux maîtres sabreurs Zabuza et Kisame.
Anko, elle, priait de toute son âme pour le salut d'Orochimaru. Elle était trop faible pour l'aider et même pour le regarder se battre, mais elle était de tout corps avec lui.
- Le mode Sennin obscur… ricana Orochimaru. Un sacré truc ! Tu es vraiment un type étrange Zetsu… Une sorte de Hyûga qui aurait fusionné avec la nature.
Bien entendu, Orochimaru n'était sûr de rien, mais il avait plus ou moins fait mouche sans le savoir.
Zetsu ignora la phrase de son adversaire, mais demanda d'une voix atone :
- Qu'est-ce que la libération ?
Orochimaru éclata de rire.
- Ah, la libération… Et bien c'est ce qu'Itachi nous a demandé d'utiliser. J'imagine qu'ils s'est rendu compte que nous étions tous dans la panade, ku ku ku…
L'ophidien n'avait pas répondu à la question de l'homme-plante, et les deux hommes en étaient parfaitement conscients.
- Tu es très très énervant… murmura Zetsu d'une voix rauque alors que des volutes de brume noire tournaient autour de lui.
- On me le dit souvent, rétorqua Orochimaru.
En dépit de son apparente confiance en toute circonstance, Orochimaru fut totalement pris de court par l'attaque de Zetsu.
Ce dernier surgit à une vitesse folle et sa paume siffla.
Le excellents réflexes d'Orochimaru lui permirent d'esquiver le coup, du moins le crut-il.
Alors que la paume de Zetsu passait à quelques millimètres de sa joue, une onde de choc le heurta et le projeta en arrière.
Le scientifique s'écrasa dans le sol, et cracha une gerbe de sang. Surpris, il se passa la langue sur les lèvres. Pour la première fois, il sentait le goût de son propre sang.
- Quelle force… On dirait que ton mode Sennin est en tout point identique à l'autre, dit Orochimaru.
- Les katas des Ténèbres, dit Zetsu de sa voix caverneuse.
- Ouaip… Et ben ça va vite me saouler en fait… soupira Orochimaru en se levant.
Le Capitaine enleva son masque d'un geste résolu, révélant son visage pâle et ses yeux jaunes.
- Il est temps d'utiliser « le » jutsu.
Orochimaru secoua sa longue crinière de cheveux ébène, puis ajouta.
- Les Capitaines ont tous une technique surpuissante, mais la mienne est différente. Elle est toute ma vie. C'est donc à contrecoeur que je vais l'utiliser aujourd'hui.
Zetsu ne montra aucun signe de surprise ou de peur. Il était désormais plus proche de la plante que de l'homme.
Orochimaru brisa son masque et chanta :
- Risoukyou… (Utopie)
Rapidement, un dôme de chakra blanc se mit en place et recouvrit un Zetsu décontenancé.
Orochimaru était lui aussi prisonnier de l'hémisphère, ce qui fit sourire l'hybride.
- C'est donc ça ta stratégie ? T'enfermer avec moi ?
Orochimaru ne pipa mot, mais il dévoila un sourire inquiétant qui ne devait plus le quitter par la suite.
Enervé par ce rictus reptilien, Zetsu chargea à nouveau le Capitaine avec la ferme intention d'en finir. Mais à sa grande surprise, il tomba à terre avant d'atteindre son but.
Il se releva rapidement et constata que ses pieds avaient été gelés.
« Quand ? Et depuis quand maîtrise-t-il le Hyôton ? »
Rassemblant son énergie, Zetsu repoussa ces question sans réponse au fin fond de son esprit. Qu'importe. Ce n'est pas ce qui allait l'empêcher d'obtenir la victoire.
La glace explosa et il fonça à nouveau.
Au moment où il allait parvenir au contact d'Orochimaru, Zetsu se mangea un mur.
Abasourdi, il se frotta les yeux mais l'illusion ne se dissipait pas. Un mur d'acier venait d'apparaître devant Orochimaru. Sans qu'il n'ait eu à effectuer de signes…
Soudain, Zetsu sentit un danger et il se jeta sur le côté. Juste à temps. L'énorme bloc de roche qui le visait s'écrasa à l'endroit où il se trouvait moins d'une seconde auparavant.
Zetsu dut à nouveau sauter pour esquiver une dizaine de flèches de glace, puis une boule de feu.
Plus le combat durait, moins Zetsu y voyait clair. Comment Orochimaru était-il capable de faire tout ça ? Outre le Doton, le Fuuton et le Kinton, il utilisait le Katon et le Hyôton, et ce sans mudras !
Soudain, Orochimaru apparut devant son adversaire en levant la main.
Une longue épée y apparut comme par enchantement, et Zetsu manqua d'être décapité. Sans le mode ermite, il serait mort.
« Voilà qu'il crée des épées maintenant… »
- Tu n'as toujours pas compris ? se gaussa Orochimaru.
Zetsu ne répondit rien. Il avait des doutes, mais aurait mille fois préféré se tromper.
- Ceci est ma réalité, déclara pompeusement Orochimaru en embrassant le dôme du regard. Mon utopie. A l'intérieur de ce dôme, tout ce que j'imagine devient réalité.
Le teint de Zetsu s'assombrit. Il avait donc vu juste. Orochimaru possédait une technique qui ressemblait à l'Izanagi inventé par Kishimoto Masashi. Et contrairement au jutsu que le mangaka avait inventé pour Danzou, Jiraya ayant arrêté son récit avant un hypothétique duel entre Sasuke et le Rokudaime Hokage, celui-ci avait semble-t-il une durée illimitée.
- Ici, à l'intérieur de ce dôme, je suis tout puissant, se vanta Orochimaru. Et mon Eden sera ton tombeau.
Le serpent ferma les yeux, et un une vague de flammes afflua vers un Zetsu tétanisé.
Il faisait face à la technique la plus puissante qu'il n'ait jamais vue, et qu'il ne verrait jamais. Il n'avait aucune chance. Mais il devait quand même essayer.
Zetsu utilisa le peu de végétation se trouvant dans la zone pour stopper l'attaque d'Orochimaru, puis lança un dernier jutsu :
- Shizen no kuraoumyou : Akuma no Kane. (arcanes obscures de la Nature : le carillon diabolique)
Pareille à l'explosion d'une bombe, le souffle noir dévasta tout sur son passage. L'énergie sombre de Zetsu avait une puissance incommensurable. Orochimaru ne put s'empêcher d'avoir peur avant que l'onde ne l'atteigne.
« Zetsu… Et moi qui le prenait pour un faible… Il va falloir que je revoie mon jugement. » pensa-t-il.
Même l'auteur du manga s'était laissé prendre, en déclarant par l'intermédiaire de la bouche de Madara que Zetsu n'était pas fait pour le combat.
Zetsu avait le souffle court après avoir lancé sa technique la plus puissante. Orochimaru serait certainement mort après ça.
Plein d'appréhension, ses yeux entièrement noirs convergèrent vers l'endroit où se tenait Orochimaru un instant plus tôt, et qui était désormais occupé par un mur de granit.
« Merde… » pensa Zetsu. « Il a réussi à se protéger ? »
Soudain, le mur en question se fissura et s'effondra, révélant un deuxième mur, de glace cette fois. Ce dernier éclata à son tour en morceaux, dévoilant ainsi la dernière des poupées russes.
Un mur de diamant.
A la grande surprise d'Orochimaru, le mur constitué de la matière la plus solide de toutes finit aussi par s'effondrer.
Orochimaru avait résisté à la technique de son adversaire, mais il était passé très près de la mort, et ce malgré le fait qu'il puisse faire tout ce qu'il voulait.
- Mon imagination a bien fallu ne pas être assez rapide pour contrer ta technique… C'est absolument incroyable. Zetsu… Je n'oublierai jamais ce nom, murmura Orochimaru.
L'Ombre hocha la tête, avant de s'effondrer dans une mare de sang, une épée fichée dans son dos. La dernière pensée d'Orochimaru avait invoqué le sabre, et Zetsu n'avait pas été assez vif pour l'éviter.
Utopie mit fin à son jutsu, à regret. S'il n'y avait eu Anko et la limite de chakra, il aurait volontiers passé l'éternité ici…
Le Capitaine se livra alors à un petit examen de ses propres réserves de chakra, et constata qu'il avait presque atteint sa limite. Il avait juste assez de chakra pour s'enfuir en cas de nécessité. Mais il ne partirait pas sans Anko.
Shika retint un sourire en entendant l'annonce d'Itachi. Elle avait totalement oublié cette technique, mais elle devait admettre que cette dernière était sa dernière chance.
- Tu as reçu ce Bijuu il y a peu, n'est-ce pas ? demanda Shika à la jinchuuriki.
La question rhétorique prit Mei de court.
- Je l'ai déjà dit, ne me fais pas croire que tu as oublié…
- Parfait… ricana la Nara.
Mei ne contrôlait pas encore son bijuu, et elle ne pouvait donc pas bénéficier de la protection contre le Genjutsu qu'offraient ces derniers.
« Seule une bonne entente avec le Bijuu permet d'être immunisé contre les illusions… »
Shika retira son masque et brisa le sceau sans plus attendre. Le chakra qui en découla prit aussitôt la forme d'une sorte de mur d'eau qui se mit à onduler devant une Mei plus que blasée.
- Un mur d'eau… Un mur d'eau ! Et moi qui m'attendait à une technique intéressante…
Soudain, le mur disparut, et Mei vit que Shika ne se trouvait plus derrière.
« Où est-elle passée ? »
C'est alors que Mei se rendit compte que le chakra de Yonbi l'avait quittée. Elle ne sentait plus la présence du démon à ses côtés. Que se passait-il donc ?
Mei retint une exclamation lorsque le décor changea radicalement.
Le parc et la nuit d'orage avait laissé place à un lieu paradisiaque. Un ciel bleu surmontait un bassin d'eau douce entouré de galets blancs.
Mei avait compris qu'elle se trouvait dans un Genjutsu, mais ne parvenait pas à en sortir. Elle était pourtant douée pour y résister d'habitude… Elle entendit alors la voix de Shika derrière son dos.
- Parmi les Capitaines...
Une deuxième Shika apparut devant elle, en disant :
- Je suis la seule dont…
Une troisième reproduction de la jeune fille sortit du néant.
- La technique la plus puissante soit…
- Un genjutsu, conclut une quatrième Shika.
Lorsque Mei fut entourée par cinquante Shika, elle vit une analogie avec le Tsukiyomi d'Itachi.
- Shinkirou. (Mirage) Cette technique est un Genjutsu du même niveau que celui des arcanes lunaires du sharingan. Tu n'arriveras jamais à en sortir, l'avertit Shika.
Mais contrairement au genjutsu du Mangekyou sharingan, celui-ci n'immobilisait pas la cible, se réjouit intérieurement Mei.
Elle se jeta sur la première Shika qui passait à sa portée et lui donna un coup de poing terrible.
Mais le poing ne fit que traverser la kunoichi, dont le corps avait prit la consistance de l'eau.
- C'est inutile ! ricanèrent les cinquante femmes d'une même voix amusée. Tu ne peux pas nous toucher. Mais nous, nous le pouvons.
La Shika que Mei avait attaquée lui donna un coup de poing qui traversa la peau de l'Ombre, mais toucha un poumon.
Mei blêmit sous la douleur.
« Ils ne touchent que les organes… Ce sont… »
« Nous sommes des lames spectrales. » déclarèrent les Shika.
Lorsque Mirage retourna à la réalité, elle jeta un bref coup d'œil au cadavre de la jinchuuriki. Comme prévu, Mei n'avait pas résisté aux soixante-douze heures de torture. Elle n'avait pas eu le malheur d'y survivre, pensa alors la kunoichi avant de s'effondrer.
La lassitude l'envahissait, irrésistible, alors que ses yeux se fermaient sans un bruit. Elle n'avait plus de chakra, et la mort l'attendait, elle le savait.
Lorsque ses doigts froids touchèrent les débris de son masque posés sur le sol, elle sentit quelque chose d'étrange. Elle saisit le morceau de masque d'une main tremblante et le porta devant ses yeux.
Un petit sceau avait été dissimulé sous l'autre.
Shika réunit tout son courage pour résister au dernier sommeil qui venait la prendre, puis appuya sur le sceau.
Aussitôt, elle sentit une onde de chakra pénétrer son corps dans une chaleur rassurante. Un chakra qu'elle connaissait bien…
Kakashi avait prévu cette situation et avait caché un peu de son propre chakra dans le masque sa petite-amie. Et il lui avait sauvée la vie.
- Baka… dit Shika en souriant, avant de sombrer dans un sommeil réparateur, alors que la faucheuse s'éloignait d'elle, déçue.
Zabuza était complètement acculé. Il avait fait illusion pendant quelques temps, mais ce n'était que maintenant qu'il prenait conscience de l'écart de puissance. Kisame le dominait de la tête et des épaules.
Ce qui avait d'abord été un combat statique, marqué par l'opposition de deux forces égales, était à sens unique.
Lorsque Samehada lui griffa l'épaule, Zabuza comprit qu'il allait mourir. Il n'était presque plus capable de bouger.
Dans un grand sourire, il leva son sabre bien haut, invitant ainsi Kisame à en finir avec lui.
Comprenant les intensions de Zabuza, le visage de Kisame se ferma. Alors comme ça, il avait déjà atteint sa limite… Quelle déception.
Samehada fondit sur sa victime et le transperça de part en part. Bien que la lame du requin soit initialement vouée à déchirer la peau de ses ennemies, elle pouvait également les empaler lorsqu'elles étaient maniées par une montagne de muscles comme Kisame.
Alors que Kisame retirait tranquillement son sabre du cadavre, il sentit un chakra particulièrement agressif arriver derrière lui. Plus surpris qu'inquiet, il se tourna pour faire face à Suigetsu.
Kisame comprit aussitôt son identité.
- Alors voici le troisième épéiste… On dirait que la boucle est bouclée.
Fou de rage, Suigetsu dégaina son propre katana.
- Tu vas payer pour ce que tu viens de faire, prophétisa-t-il.
A sa vue, Kisame éclata de rire.
- Avec ce jouet ? Ne me fais pas rire, gamin… Tiens, prends ça et bats-toi. Je veux un vrai combat, pas un jeu entre le chat et la souris.
Suigetsu hésita un instant, puis saisit d'une main ferme le sabre que lui tendait Kisame. L'épée de Zabuza.
Le jeune homme n'avait que peu connu Zabuza, mais son caractère enjoué et sa valeur à l'épée lui avaient tout de suite plu. Et il s'était très vite attaché à l'américain.
Suigetsu avait beau être fatigué, il restait lucide. Il savait que Kisame avait beaucoup plus de chakra que lui, et que par conséquent le combat devait se finir le plus vite possible.
Sans prévenir, il souleva le katana pesant de Zabuza et se rua vers l'ennemi.
Kisame fut étonné par la puissance du shinobi, pourtant d'apparence frêle. La force de Suigetsu le forçait même à reculer, ce qui n'était pas donné à tout le monde.
- On dirait que la colère te rend plus fort… sourit le requin.
Suigetsu garda les dents serrées et projeta Kubikiri Houchou sur la droite. Malheureusement, Kisame anticipa l'attaque et mit Samehada en opposition, à la verticale.
- Tu n'y arriveras pas…
Suigetsu n'entendait même pas les embryons de provocations de son adversaire. Il frappait, frappait, comme si chaque coup serait le dernier.
Sidéré par cette déferlante de puissance, Kisame recula de plus en plus.
Soudain, Suigetsu sabra de nouveau. Un coup de taille qui venait de la gauche de Kisame.
Pour la première fois de sa vie, Kisame eut vraiment peur. Il n'avait encore jamais vu de coup aussi puissant, et son bras trembla, alors qu'il sautait pour esquiver.
S'avisant de cela, les yeux farouches de Suigetsu s'illuminèrent.
- Dès lors que la peur t'envahit, tu as déjà perdu dans ton cœur.
Suigetsu banda ses muscles comme un forcené et parvint à stopper son mouvement alors que Kisame était encore en l'air.
Une expression horrifiée se peint sur le visage du squale.
- Attends… commença-t-il sur un ton craintif.
Le retour de la lame trancha la tête de Kisame avant qu'il ne touche le sol.
Samehada, deuxième du nom, s'écrasa sur le sol dans un bruit sec, alors que son feu maître s'écroulait à ses côtés.
Suigetsu resta longtemps immobile, puis tomba à son tour. Tous ses muscles hurlaient de douleur mais il souriait. Il en avait trop fait, comme d'habitude.
Rai s'approcha lentement du corps de Bee. L'avait-il tuée ?
Lorsqu'il fut tout près, un stylo recouvert de chakra Raiton jaillit et lui égratigna la joue.
- Pas très original, répondit Rai, le cœur battant.
Le stylo n'était pas passé bien loin…
Bee se jeta sur ses pieds et lui adressa un geste de défi.
Son frère de réincarnation haussa les épaules, puis décida d'utiliser le même jutsu que précédemment.
« On ne change pas une équipe qui gagne ».
- Raiton : Inazuma no Nami. (la vague d'éclairs)
Mais cette fois-ci, Bee ne répondit pas avec le même jutsu. Elle fit tourbillonner trois des ses sabres devant elle, formant ainsi une hélice chargée d'électricité.
Le bouclier peu conventionnel parvint cependant à stopper la technique d'un Rai énervé.
« Elle utilise ses sabres pour tout… Je ne sais pas pourquoi, mais ça m'énerve. »
Comprenant qu'un jutsu de ce niveau ne servirait à rien, Rai décida de passer au niveau supérieur.
- Raiton : Kirin !
Levant une main chargée d'électricité vers les cumulonimbus qui s'en donnaient à cœur joie, la réincarnation du Raikage désigna Bee de son doigt tendu, tel l'avatar terrible de la justice divine.
Suivant les ordres du ninja, l'éclair changea sa trajectoire initiale et descendit des cieux à la vitesse de la lumière.
Lorsque la terre explosa à l'endroit où se trouvait la jinchuuriki, Rai eut le cœur serré.
- Cette fois-ci, c'est sûr, elle est morte… Quelle tristesse.
Soudain, il sentit un chakra puissant à l'endroit où le tonnerre avait frappé.
« Comment est-ce possible ? » se demanda-t-il, un poil irrité.
Il comprit en voyant le chakra rouge qui enveloppait la femme.
Bee avait utilisé le manteau des huit queues d'Hachibi, et s'était servi de cette énorme quantité de chakra pour se protéger de la foudre.
Lorsque Bee se mit à grandir, et prit l'apparence du démon en personne, Rai était prêt. Il lança un nouveau projectile de foudre, mais le bijuu ne sourcilla même pas.
- Ne fais pas le malin, petit humain… Face au grand Hachibi, tu n'es qu'une petite souris !
Sur cette rime, le bijuu ouvrit la bouche, devant laquelle une boule de chakra commença à se former.
Lorsque Hachibi l'avala, puis souffla son rayon destructeur, Rai avait déjà revêtu son armure Raiton, et évita l'attaque en filant comme l'éclair.
- Tu as beau être rapide, ta vie est insipide ! Si tu veux être heureux, petit, tu dois quitter Akatsuki !
Rai leva les yeux au ciel puis répondit d'une voix ferme :
- Je ne rejoindrai jamais votre groupe de traîtres.
Sur cette phrase, le poing de Rai se recouvrit d'une gigantesque quantité de chakra Raiton, et il courut vers Hachibi.
Le démon pieuvre eut largement le temps de réagir, et dressa un mur de chakra contre lequel Rai vint s'écraser dans un craquement répugnant.
L'Ombre s'écarta du mur en question, et posa sa main sur son épaule. Déboîtée. Sans aucune hésitation, il la remit en place d'un geste précis. Seul un spasme de son visage trahit la douleur qu'il ressentit à ce moment-là.
Rai était à peine remis qu'il vit huit tentacules converger vers lui. Ces derniers étaient d'une vitesse étonnante et il ne parvint pas à se faufiler entre tous.
Un des membres finit par le saisir, et les huit tentacules s'enroulèrent autour de son corps, le condamnant à l'étouffement.
Rai essaya de se dégager, mais rien n'y faisait. La pression était bien trop forte. Comprenant qu'il allait mourir, l'Ombre décida de jouer le tout pour le tout. Il essaya de sortir ses bras mais ils étaient bien trop serrés. Comprenant qu'il n'avait pas le choix, il se redéboîta l'épaule, afin de pouvoir sortir le bras de l'étreinte qui l'immobilisait.
Lorsqu'il eut sorti ses deux bras, le bijuu eut un rire gras.
- Les deux épaules déboîtées, tu ne pourras pas les bouger !
Rai l'ignora et leva les bras, sous les yeux ronds du démon.
L'Ombre composa alors une longue série de mudras. Malgré la douleur lancinante qui le transperçait à chacun de ses gestes, il ne se trompa pas une seule fois.
- Raiton : Kamiryuu ni Dogou. (le rugissement du dragon divin)
Une décharge électrique titanesque parcourut le corps de Rai puis se transmit à Hachibi via ses tentacules. La décharge était d'une intensité incroyable, et Rai la fit durer le plus longtemps possible.
Le bijuu fit trembler la terre lorsqu'il s'y écroula de tout son poids. Dès qu'il eut touché le sol, sa taille diminua et il se métamorphosa de nouveau en Bee.
Cette fois-ci, la jeune femme avait son compte, Rai en était certain. Assommée et bien assommée. Cependant, le jutsu l'avait également affecté et il se sentait plus faible que jamais.
- Quel combat… murmura-t-il avant de s'asseoir sur le sol. Les gouttes de pluie tombaient dru sur son visage, se mêlant à la sueur et aux larmes de fatigue. Brûlé par l'électricité, il était à plat. Il laissait le reste aux autres, il en avait assez fait.
Il lui restait cependant une dernière chose à faire. Et ce n'était pas très agréable.
Avec un sourire idiot, Rai remit ses épaules en place, puis la douleur lui fit perdre connaissance.
Danzou était totalement surpassé. Konan anticipait tous ses coups et les lui rendaient au centuple. Il n'avait pas les armes pour lui faire face.
Tous ses jutsus, et même son sabre, passaient à travers l'ange de papier.
- On dirait que le porte-parole de l'Akatsuki n'est vraiment pas fait pour le combat… se moqua Konan, avant de renchérir sur un ton moins acide :
- Vous pouvez peut-être vous le permettre, mais pas nous. A Amaterasu, nous sommes peu nombreux, et tout le monde doit s'entraîner durement pour devenir plus fort. Toujours plus fort.
Danzou serra les dents. Elle l'avait percé à jour si facilement, lui qui ne s'entraînait jamais.
Pour la troisième fois, il mit du chakra Fuuton dans son épée et chargea la kunoichi.
Celle-ci, qui commençait à se lasser d'esquiver les attaques de son homologue, décida d'en finir une fois pour toute.
Elle se sépara en deux parties et Danzou échoua à nouveau à la toucher.
- Maudite ! Comment peux-tu faire un truc pareil ! Séparer son corps, ce n'est pas humain !
Konan l'ignora, et leva les bras.
En réponse à ce geste, une centaine de papiers de couleur bleue s'envolèrent à ses côtés, sous les yeux d'un Danzou surpris.
- Qu'est-ce que c'est que ces papiers ?
- Ils réagissent au chakra, expliqua Konan.
Comme par magie, la centaine de papiers se jeta sur le sabre de Danzou, l'enveloppant comme une momie.
- Comme des papillons de nuit attirés par la lumière, sourit Konan. Tu ne peux plus te servir de ton sabre, désormais.
Mais Danzou ne l'entendait pas de cette oreille, et il commença à arracher les papiers collés sur l'épée, le tout sous l'œil amusé de Konan.
« Comme prévu, il a compris que son sabre est sa seule chance, vu que le Fuuton et le Doton ne peuvent rien contre moi. Quel imbécile… »
Danzou arracha les papiers un par un, et eut un temps d'hésitation en voyant le dernier, qui arborait un sceau.
- Tu aurais mieux fait de jeter ton sabre… soupira Konan avant de faire un signe.
Le parchemin explosa, provoquant du même coup la destruction de l'épée et la mort de son porteur.
- Quelle mort stupide… lâcha Konan.
Digne, elle s'éloigna du cadavre la tête haute. Mais derrière cette force extérieure, se cachait une grande fragilité. Et surtout une énorme fatigue. Konan avait dut affronter quantité d'ennemis, dont un jinchuuriki et le porte-parole de l'Akatsuki. Elle attendait juste de trouver un endroit où personne ne la verrait, afin d'y tomber enfin.
Kimimaro suait à grosses gouttes. Ses adversaires se montraient de plus en plus embêtants. Bien que sa protection soit d'une apparente inviolabilité, elle demandait beaucoup de chakra. La Kaguya, qui avait toujours préféré la défense à l'attaque, était dans l'obligation de passer à l'offensive.
- Yanagi no Maï. (la Danse du Saule)
Des pointes osseuses sortirent de ses paumes, de ses coudes et de ses genoux, et la kunoichi passa à l'attaque.
Kabuto, surpris de ce changement de stratégie, reçut un coup à l'omoplate qui l'envoya valser.
Tayuya se retourna vers lui, inquiète, et le vit tomber de la muraille, les yeux apeurés.
La flûtiste voulut se précipiter pour l'aider, mais Kimimaro lui barra la route.
- On ne passe pas.
Folle de rage, Tayuya utilisa ses deux invocations pour forcer le passage et elle sauta au bas du mur. Une fois en bas, elle découvrit avec soulagement que Kabuto était encore en vie, et qu'il ne risquait rien. La chute lui avait juste brisé quelques os, et l'avait envoyé au pays des songes.
Sentant Kimimaro arriver derrière elle, Tayuya se retourna vers elle et s'apprêta à lui lancer son genjutsu le plus puissant. Elle joua d'une mélodie entraînante et captivante, et elle vit son adversaire chanceler, avant de tomber au sol, endormie.
La flûtiste se permit un sourire réjoui. Ce genjutsu était vraiment redoutable.
Elle s'approchait de son ennemie pour en finir, lorsqu'un projectile osseux jaillit vers elle.
L'os se logea dans son bras, et elle hurla de douleur. Serrant les dents, elle comprima son bras et retira l'arme, provoquant ainsi une coulée de sang.
- Comment as-tu fait pour résister à cette illusion si facilement ? cria-t-elle à l'adresse de Kimimaro, qui se relevait, la main sur les oreilles.
La Kaguya eut un rictus.
- Votre Shika n'est pas la seule qui sache se servir de sa matière grise… Depuis le début, je me méfiais du son de te flûte, et j'ai donc fait pousser des os à l'intérieur de mes oreilles, de façon à me rendre sourde. Ils m'ont été bien utiles.
Tayuya lui lança un regard noir. Kimimaro l'avait bien eue.
Soudain, cette dernière apparut derrière elle.
« Merde, elle est rapide ! » songea la flûtiste dépassée.
La Capitaine de l'Akatsuki frappa Tayuya plusieurs fois, la mettant finalement hors de combat. Elle aurait pu la tuer, mais elle avait ses ordres. Madara lui avait ordonné de ne pas tuer les ninjas les plus puissants. Il avait semble-t-il le projet de les faire prisonniers.
Lorsque Tobirama eut finalement atteint le château, la première personne qu'il vit fut Itachi. Le Seigneur des Corbeaux n'avait pas d'adversaire, et il s'en étonna.
Se dirigeant jusqu'à lui, la réincarnation du Nidaime engagea la conversation.
- Bonsoir, Itachi… Tu n'as pas d'ennemi ?
Itachi haussa les épaules.
- J'en avais un, dit-il sur un ton las en désignant la météorite écrasée dans le sol à côté de lui.
Tobirama vit un morceau de masque par terre et le reconnut immédiatement. Il appartenait à un des cœurs de Kakuzu.
- Tu as tué Kakuzu ? s'étonna Tobirama. Je n'ai jamais pu le blairer, mais il était assez fort. Il a sans doute du te fatiguer, je vais donc finir le boulot...
Instantanément, la tension fut de retour entre les deux shinobis, et Itachi acquiesça calmement.
- Comme tu voudras. Mais tu n'iras pas te plaindre après…
- Suiton : Mizu Yari ! (la lance aqueuse) s'écria l'Ombre.
Itachi l'imita et dit à son tour :
- Suiton : Mizu Yari. (la lance aqueuse).
Les deux projectiles aqueux s'annihilèrent dans une explosion d'eau, et Tobirama lança un nouveau jutsu.
- Suiton : Suikoudan no jutsu ! (le requin aqueux)
- Suiton : Suikoudan no jutsu ! (le requin aqueux)
Fou de rage, Tobirama cracha sur le sol.
- Tu vas arrêter ça ?
- Arrêter quoi ? lui demanda Itachi d'une voix innocente.
- De me copier, sale Uchiha ! Bas-toi sérieusement, que je puisse te battre dans un vrai combat !
Itachi ferma les yeux. Le dernier vestige de patience qui l'habitait s'était envolé.
- Je vois… Itachi est aveugle… Il n'a pas le niveau des Ombres… Ce sera un jeu d'enfant de le battre. C'est ce que Madara vous a dit, hein ?
Tobirama ne répondit rien mais le Seigneur des Corbeaux savait qu'il avait vu juste.
- Je vois… Et bien, il ne me reste plus qu'à vous montrer… Ce que l'infirme sait faire.
Itachi disparut, et se retrouva dans le dos de son ennemi en un instant.
Tobirama ne put éviter le coup de poing qui lui cassa le nez.
Sonné, l'Ombre ne vit même pas le coup qui lui brisa trois côtes, ni celui d'après qui le fit s'écraser tête la première dans le sol mouillé.
- Alors ? Qui est celui qui sous-estime l'autre, maintenant ? rugit Itachi.
Tobirama essaya de se remettre sur ses jambes, mais Itachi était déjà là, et lui enfonça la tête dans la boue.
- J'en ai marre de tout ça. J'en ai marre de vous !
Le prenant par le cou, Itachi balança l'Ombre comme s'il ne pesait rien, l'envoyant s'écraser à nouveau à quelques mètres de là.
Itachi dégaina son katana. Il allait tuer Tobirama, c'était le moment où jamais. Il avait profité du fait que ce dernier le sous-estimait pour lui infliger de graves dégâts physiques et mentaux. Il n'aurait pas de meilleure chance.
Alors qu'il levait son sabre au-dessus du cou de l'Ombre, un kunai surgit et para la lame.
Itachi soupira en voyant à qui elle appartenait.
- Minato… Je pensais que tu affrontais Naruto ?
- Il m'a battu, avoua ce dernier.
Le sondant avec son sharingan, Itachi se rendit compte que Minato avait encore du chakra, mais était physiquement épuisé.
- Je ne te laisserai pas tuer mon meilleur ami, déclara Minato d'une voix grave.
Itachi se glaça. Mon meilleur ami… Il savait ce que c'était que de le perdre. Et il ne souhaitait cela à personne.
Itachi baissa la tête. Madara avait provoqué la mort de son meilleur ami. Deviendrait-il comme lui ?
Dégoûté contre lui-même, il jeta son sabre au loin.
- Allez vous-en.
Tobirama fila aussitôt sans demander sans reste, mais Minato ne bougea pas d'un pouce.
- Je n'ai pas envie de m'en aller. Ce combat m'intéresse, et je compte bien y assister… murmura-t-il en désignant deux personnes.
Itachi avait beau ne pas voir de qui il s'agissait, il le savait très bien. Naruto et Madara. C'était dans l'ordre des choses.
Naruto et Madara se faisaient face, dans un tableau si manichéen que ça en devenait ironique. La silhouette sombre de l'Uchiha aux cheveux noirs, aux yeux de braise, vêtu d'une cape noire comme la nuit qui l'environnait jurait avec un Naruto débarrassé de sa cape noire, ses cheveux blonds volant au vent et ses yeux violets brillant de mille feux.
Le combat avait commencé depuis quelques minutes, sans qu'aucun des deux protagonistes n'ait pris l'avantage.
Naruto avait beau utiliser ses kunais spéciaux, Madara parvenait à le suivre avec son sharingan. Cette maudite pupille contrebalançait la vitesse de l'éclair jaune.
Mais Naruto avait compris depuis longtemps que Madara n'était que ténèbres. Avant de le rencontrer, il ne pouvait pas concevoir -naïvement peut-être- qu'un homme fut aussi maléfique. Et pour vaincre la nuit, il lui fallait la lumière.
- Meikaiton : Nikkô no Kousai ! (éclat du rayon de soleil)
Le rayon de lumière embrasa la cape de Madara, qui dut se téléporter pour ne pas être brûlé.
Le ninja insaisissable fut vite de retour et lança une boule de feu vers Naruto.
Celle-ci mourut derrière le blond qui avait utilisé son Hiraishin no jutsu pour l'éviter.
Les deux shinobis entamèrent alors une danse meurtrière, alternant jutsus et coups de sabre, jusqu'à ce que Naruto distingue une faille chez son adversaire.
Son katana jaillit vers cette dernière mais Madara ne chercha même pas à se protéger. Il préféra contre-attaquer, et les flammes de l'Amaterasu s'échappèrent de son oeil droit pour converger vers Naruto.
Le jinchuuriki réagit à la vitesse de l'éclair, et changea la trajectoire de son sabre pour bloquer les flammes.
Comprenant que ça ne suffirait pas pour arrêter Amaterasu, il composa une série de signes de sa main gauche.
- Hyôton : Eikyuu Geru ! (le gel éternel)
A la stupéfaction de Madara, la technique de Naruto fit plus que stopper les flammes, elle les gela. Les flammes éternelles avaient été vaincues.
« Incroyable… Kyuubi est toujours aussi imprévisible. » pensa Madara.
Madara enchaîna par une technique Doton, mais Naruto avait lui aussi commencé à exécuter des signes.
- Doton : Doshakuzure ! (éboulement)
- Meikaiton : Saigono kôsen ! (ultime rayon lumineux)
Sans surprise, la technique de Naruto pulvérisa les rochers qui tombaient du ciel au-dessus de sa tête.
Madara n'eut pas le temps de réagir que Naruto remettait ça.
Le rayon fusa vers l'Uchiha, qui se baissa juste à temps, son dos recevant un ou deux coups de soleils par la même occasion.
Dépassé, Madara tourna la tête en tout sens, et son regard s'arrêta sur Minato. L'Ombre comprit le message tacite. Son chef avait besoin d'aide.
Itachi n'eut pas le temps de réagir que Minato quittait le banc des spectateurs et se jetait dans l'arène.
L'Ombre utilisa toute sa vitesse pour fondre vers Naruto, sous les yeux d'un Madara satisfait.
L'Uchiha reporta alors son regard pourpre sur le jinchuuriki de Kyuubi, et ne vit pas Minato modifier sa course.
Itachi n'en revenait pas de ce qu'il voyait, et il n'était pas le seul surpris.
Madara regardait avec une incompréhension totale la main de Minato qui sortait de sa poitrine.
- Tu…
- La ferme ! tempêta l'Ombre en envoyant voler son chef.
Madara s'écrasa par terre dans un cri de souffrance.
Minato ne bougea pas, mais sentit un autre regard surpris fixé sur lui. Celui de Tobirama.
Son meilleur ami n'en revenait pas. Minato, l'Ombre la plus puissante, la plus fanatique, qui aurait donné sa vie pour Madara, avait trahi.
Minato passa une main dans ses cheveux bleus.
- Madara, espèce d'ordure… Si tu savais depuis combien de temps j'attends ce moment… Le jour où tu as tué mon père, j'ai juré de te faire la peau, et tu n'y as vu que du feu ! Madara-sama par-ci, Madara-sama par-là… Oh oui je devais te donner l'impression d'un petit chien loyal et obéissant. Mais mon cœur, lui, brûlait de rage pendant tout ce temps.
Madara se leva lentement, le dos courbé.
- Ton père ?
- Evidement, tu n'as pas idée de qui il s'agit… Il travaillait à l'IEPP de Paris. Il travaillait sous tes ordres !
- C'est bien de suivre les traces de son père, ricana l'Uchiha.
Minato inspira profondément. Il ne devait pas le tuer tout de suite, il voulait d'abord entendre ce qu'il avait à dire.
- Lorsqu'Itachi a attaqué cet IEPP, il a laissé de nombreux corps derrière lui. Mais mon père n'en faisait pas partie… Mon père était vivant à ce moment-là… murmura Minato, secoué par la colère.
Soudain, Madara comprit. Il voyait enfin de qui Minato voulait parler.
La révélation le fit éclater d'un rire entrecoupé d'une toux rauque.
- Noooon… Ce bon à rien était ton père ? Ce n'était qu'un laquais, et je me suis passé les nerfs sur lui ! Lorsque l'on m'annonce de mauvaises nouvelles, il m'arrive de péter les plombs, dit Madara d'une voix amusée.
- Mais il n'y était pour rien ! s'étrangla Minato. Il n'était pas là au moment des évènements et…
- Tais-toi… Ce type n'était qu'un déchet. Un ninja aussi puissant que toi ne devrait pas faire attention à ces ridicules fourmis que sont les humains sans pouvoir, répondit Madara, acide.
La fureur de Minato éclata, et il fonça sur Madara pour l'achever.
Cependant, ce dernier évita le coup, ce qui surpris son assaillant.
- Tu peux encore bouger ?
La remarque eut pour effet de faire disparaître le sourire de Madara.
- Tu… Et dire que tu me tutoies maintenant, toi qui me parlais avec tant de respect. Tu es un très bon acteur, ricana-t-il.
Minato ne répondit rien. Il était en colère contre lui-même. Il avait raté le coche. En effet, son poing n'avait transpercé que le poumon gauche, alors qu'il visait le cœur. Madara ne mourrait pas de ça.
De plus, il avait gâché le surprise, et il savait que son chef serait désormais intouchable.
- Ce satané jutsu de téléportation… lâcha Minato.
- Je ne te le fais pas dire ! répondit Naruto en se grattant la tête. Ça te dit un peu de travail d'équipe ?
Minato secoua la tête.
- C'est ma vengeance.
Itachi leva les yeux au ciel d'un air désolé. La vengeance était le pire des maux, elle changeait la personnalité des gens du tout au tout.
Minato exécuta une série de mudras, puis fondit à nouveau sur sa proie, et parvint à le toucher juste avant qu'il ne disparaisse.
Madara regarda le sceau que Minato avait placé sur son torse de ses deux mains, et il sourit.
- Un sceau de paralysie… Pas mal, mais inutile….
- Ce n'est pas un sceau de paralysie. C'est un sceau de fixation spatio-temporelle. Tu ne peux plus te téléporter.
Un éclair de colère fugace traversa la visage de son adversaire, puis fut remplacé par un sourire rassuré.
- Cependant, comme pour tous les sceaux de paralysie, il cessera de fonctionner dès que tu cesseras de le toucher. Or, tu ne peux pas m'attaquer car tes deux mains sont prises, et les autres ne peuvent pas le faire puisque c'est ta vengeance…
Minato avait pesé le pour et le contre, et s'était rendu compte qu'il le désirait plus que tout au monde. Venger son père et délivrer le monde d'un fléau. Voilà une cause pour laquelle il mourrait volontiers.
- Imbécile, je le sais très bien… Mais au cas où tu ne l'aurais pas vu, j'ai lancé un jutsu avant de te foncer dessus.
Madara se souvint que Minato avait en effet composé une suite de mudras. Etrangement, le jutsu n'avait rien donné de visible mais Madara savait que Minato n'était pas du genre à faire des erreurs aussi grossières. Quand à cette suite de signes… Elle lui disait quelque chose, mais quoi ?
Ce fut Minato qui lui donna la réponse.
- Fūin Jutsu: Shiki Fūjin. (L'emprisonnement des morts)
Madara ouvrit de grands yeux terrifiés. L'invocation du dieu de la mort ? Minato était donc prêt à tout pour le tuer ?
Minato se tourna vers la gueule du dieu de la mort, que lui seul pouvait voir.
- Dieu de la mort, j'offre ma…
Soudain, Minato fut heurté par quelque chose et jeté à terre. Lorsqu'il se releva, il réalisa successivement trois choses. Le dieu de la mort avait disparu, Madara s'était envolé, et c'était Itachi qui l'avait frappé.
Minato lui jeta un regard de haine pure.
- Pourquoi m'as-tu empêché de le tuer ? N'est-ce pourtant pas ce que tu veux ?
Itachi répondit d'une voix calme.
- Je veux tuer Madara. Mais cet homme… Ce n'est pas Madara. Tu serais mort pour rien.
Un ricanement sardonique répondit aux paroles du chef d'Amaterasu.
- Impressionnant, Itachi. Tes yeux sont devenus très puissants pour pouvoir distinguer la différence… sourit celui qui semblait être Madara.
- Je n'aurais jamais dû faire confiance à Tobirama, rétorqua Itachi. Alors comme ça il te l'a appris…L'ultime Shôten no Jutsu (Technique de transfert de forme).
Tobirama, qui assistait lui aussi à la scène, ouvrit des yeux exorbités.
- Impossible ! Je n'en ai jamais parlé à personne !
- Mais rien ne m'échappe, ricana Madara. Zetsu t'a vu exécuter cette technique, et je l'ai apprise. Je peux désormais utiliser un cadavre et en faire un double de moi-même, qui conserve la totalité de ma puissance par-dessus le marché. Une technique merveilleuse Tobirama…
L'Ombre opina du chef.
- Cependant, la prochaine fois que tu me caches quelque chose, je te tue. En dissimulant cette technique à tes homologues, tu as volontairement agi contre le bien de l'organisation, poursuivit un Madara sévère.
Soudain, le chef d'Akatsuki se figea, avant de s'effondrer, mort. Naruto l'avait frappé dans le dos avec son bon vieux Rasengan.
Le jinchuuriki baissa les yeux sur sa victime et vit que le corps avait changé d'apparence, prenant celle d'un homme qu'il ne connaissait pas.
- Voilà ce que c'est de ne pas se tenir sur ses gardes, mon vieux, ricana Apocalypse, avant d'ajouter gaiement :
- Allez, Madara, maintenant il ne reste qu'une seule vie ! Amène-toi !
Soudain, Minato laissa échapper un râle de souffrance, et tomba à son tour.
Comme un seul homme, Itachi et Naruto pivotèrent sur eux-mêmes.
Madara -le vrai cette fois-ci- venait de faire une apparition remarquée en plantant un kunai dans le dos de Minato.
- Voilà le sort réservé aux traîtres…
- Tu ne le tue pas ? s'étonna Itachi, en constatant que l'homme était hors de combat mais aussi hors de danger.
- Non… fit Madara sur un ton sibyllin.
Soudain, Naruto s'élança sur Madara et reprit le combat. Le corps était différent mais il n'y avait aucune différence entre les pouvoirs des deux Madara qu'il avait eu à combattre. Les deux étaient de redoutables shinobis.
Itachi allait se joindre à son ami pour affronter son ancêtre de réincarnation lorsqu'une sirène résonna dans la nuit.
Surpris, il tourna la tête vers l'origine du bruit, et vit la silhouette de plusieurs hélicoptères se profiler à l'horizon, ainsi que ce qui semblait être des bateaux. Avec sa vue, il n'était sûr de rien.
Itachi, jugeant que Naruto était assez fort pour résister à Madara, partit à la rencontre de ce qui s'avéra être les forces de police de Tokyo.
Alors qu'il s'avançait sous les projecteurs d'un hélicoptère, Itachi sentit les balles crépiter à ses pieds. On lui tirait dessus.
L'Uchiha préféra ne pas s'éterniser, et courut rejoindre Naruto et Madara.
- Madara ! hurla-t-il, interrompant un temps le combat entre les deux ninjas. Qu'est-ce tu as fait encore ? Pourquoi la police s'en mêle ?
Le chef de l'Akatsuki rit aux éclats.
- Imbécile, le gouvernement japonais est déjà sous mon contrôle, et il en est de même pour la police de Tokyo !
Vous allez devoir les affronter… Je leur ai donné l'ordre d'abattre tout personne vêtue de votre uniforme et refusant de se rendre. Vous êtes faits !
Itachi partit en courant, les dents serrées. Il devait aller voir si ses amis étaient en état de se battre.
Balayant le champ de bataille, il se rendit vite compte que malgré la libération, ses hommes n'étaient pas hors de danger. Les ninjas de l'Akatsuki avaient presque tous été vaincus, mais les membres d'Amaterasu étaient tous hors de combat. Pire, certains étaient même incapables de se défendre, comme Bee ou Shika.
Itachi réfléchit quelques instants, puis comprit qu'il n'avait pas le choix. Lui aussi allait devoir utiliser sa botte secrète. Il n'avait pas de masque mais sa technique avait un tout autre prix. Ses yeux.
Susanoo… murmura l'Uchiha.
Naruto crut rêver lorsqu'il vit un chakra rouge l'envelopper. Et ce n'était pas Kyuubi.
- Susanoo ? s'exclamèrent Madara et Naruto d'une même voix.
Le chef d'Akatsuki regarda autour de lui, et constata que tous les shinobis d'Amaterasu encore vivants étaient eux aussi protégés par un Susanoo.
- Impossible… Il ne devrait pas pouvoir faire ça… lâcha Madara, soufflé.
La douleur représentée par un Susanoo était déjà incroyable, alors une quinzaine de Susanoo contrôlés à distance…
- Peut-être que l'amour est une force, finalement… admit Madara en revenant à son propre combat.
Naruto opina du chef, et s'élança à nouveau, le mode Sennin activé. Il frappa Madara plusieurs fois sans que l'Uchiha ne puisse riposter, incapable de passer outre le Susanoo.
- Fuuton : Rasen Shuriken ! (le shuriken de vent tourbillonnant) dit Naruto d'une voix forte.
Le Rasengan amélioré frappa Madara de plein fouet, mais l'Uchiha se releva vite, lui aussi protégé par une silhouette au chakra rouge.
- Susanoo ? Ça devient une mode, sourit Naruto.
Itachi suait à grosse goutte. La technique ne lui demandait pas de chakra, mais la douleur qu'il ressentait était impossible à décrire avec des mots. Il ne savait pas par quel prodige il gardait sa concentration intacte, mais c'était le cas. Pour rien au monde, il ne laisserait ses amis sans défense.
Lorsqu'il vit les balles de la police et les épées des vingt derniers ninjas ennemis ricocher sur les Susanoo, la résolution d'Itachi ne fit que gagner en vigueur. Il tiendrait.
Sur cette pensée qui occupait tout son esprit, il reporta ses yeux fatigués sur le combat opposant Naruto et Madara.
Il était déjà aveugle, mais il pouvait encore les distinguer à leur chakra. Du moins tant qu'il aurait la force d'activer le sharingan…
Naruto commençait à perdre espoir Madara déjouait toutes ses attaques. Cependant, il lui restait son joker. Et il lui fallait l'utiliser avec intelligence, car il ne servirait qu'une seule fois.
Ce cher Minato avait cru sceller Kyuubi une deuxième fois… Comme il se trompait !
- Kage Bunshin no jutsu ! (multiclonage)
Une centaine de clones prirent d'assaut un Madara amusé. Ce serait un jeu d'enfant de les détruire.
Avec un air désabusé, l'Uchiha fit exploser les clones un par un, jusqu'à ce que l'un d'eux pare sa lame.
Profitant de cette aubaine, Naruto sauta sur Madara, tout en pensant :
« Maintenant ! »
« Je sais, gamin… »
Le chakra de Kyuubi envahit son jinchuuriki, et le poing rouge de Naruto traversa le Susanoo de son adversaire.
Madara reçut le coup de poing de plein fouet, et tomba à la renverse.
« Il est encore vivant… Pourtant ce coup aurait dû lui arracher la tête » pensa Naruto.
« C'est ce Susanoo. Ce truc nous a beaucoup ralenti, et la perte d'énergie cinétique a permis à cet enfoiré de s'en tirer » expliqua le bijuu.
Madara se releva, fou de rage. Un gros bleu lui traversait désormais le visage de long en large.
- Alors comme ça Minato a trahi jusqu'au bout… rugit Madara.
- Non, répondit Naruto. Mais j'ai été prévoyant. Il avait déjà scellé Kyuubi une fois, j'ai donc placé un deuxième sceau sur celui de Kyuubi, afin d'annuler n'importe quel sceau qui se surajouterait par la suite.
- Joli mon garçon… Mais j'imagine que tu connais le pouvoir du Mangekyou Sharingan.
Naruto serra les poings.
- Je sais. Je ne pourrais plus utiliser Kyuubi maintenant que vous êtes au courant, car je risque de perdre le contrôle.
- Tu as bien appris ta leçon, mon garçon, déclara Madara.
Il ferma ensuite les yeux, et murmura d'une voix étrange :
- C'est ici que tout s'achève, Naruto. Kyuubi, le mode Ermite, Susanoo, rien ne pourras te sauver cette fois-ci.
Plein d'appréhension, Naruto attendit la technique de Madara.
Ce dernier le fit mariner pendant quelques secondes de plus, puis, las de tous ces combats, décida d'en finir une fois pour toute.
- Katon Doton : Zenshou no Jimen' (destruction totale de la surface de la terre)
La terre s'effrita puis partit en miettes alors qu'une vague de flammes consumait tout autour de l'Uchiha. La puissance du jutsu était telle que les bateaux de la police stationnés sur la côte tanguèrent fortement sous l'onde de choc.
Itachi, pour sa part, faillit perdre le contrôle des autres Susanoo lorsque celui de Naruto fut littéralement explosé par la technique.
Naruto gisait allongé sur le sol. Son cœur battait à un rythme régulier, mais il n'était plus conscient.
Comme dans un rêve, Itachi vit alors le chakra de Madara s'approcher de Naruto, et il comprit que son meilleur ami allait mourir. Encore une fois.
Les visages de Shisui et de Naruto se superposèrent dans son esprit, et Itachi prit son visage dans ses mains, alors que tous les Susanoo s'évaporaient.
- Tout recommence… Encore… murmura Itachi, les yeux écarquillés.
Soudain, il cria de toutes ses forces, de toute son âme. Naruto ne devait pas mourir. Et, à court de solutions pour empêcher la mort de son ami, il ne lui restait que ça. Hurler sa douleur à la face de l'humanité.
