47
Les reliques du passé
Sasuke marchait avec un manque d'entrain évident. Il descendit l'escalier jusqu'au premier étage, et avança dans un étroit couloir. Il jeta un bref regard sur sa gauche, vers la salle de surveillance, où Deidara était lascivement allongé sur son fauteuil.
L'Uchiha soupira et continua sa route, jusqu'à ce que le couloir bifurque. Sur sa droite, le chemin menait à la salle à manger, au foyer et à la cuisine. En somme, que des pièces intéressantes. Malheureusement, ce n'était pas là qu'il allait…
La regard de Sasuke convergea vers la porte qui lui faisait face, et posa une main ferme sur la poignée.
- Alors, quelle est la mission du jour ? maugréa-t-il en entrant dans la salle de réunion.
Les yeux de Sasuke ne marquèrent aucune surprise lorsqu'il se pencha pour éviter la chaise lancée par Kushina, qui s'écrasa contre la porte.
- Et alors ? On ne dit plus bonjour ? Et ôte-moi tout de suite cet air blasé de ton visage, imbécile !
- Oui maman… murmura Sasuke en souriant légèrement.
Kushina regagna aussitôt le sourire, et Sasuke rougit sans le vouloir. Le sourire de la femme versatile était vraiment magnifique.
Sasori, pour sa part, avait les yeux fixés sur les débris de la chaise qu'il avait construite. Il allait dire quelque chose lorsque Kushina le fusilla du regard.
- Oh ça va, c'est qu'une chaise ! Tu la reconstruiras !
- Ben voyons… marmonna Sasori.
- Pardon ?!
- Evidemment, j'ai dit, oui évidemment que je vais le faire, répondit précipitamment Sasori.
Nagato se racla la gorge comme souvent, et le silence se fit.
- Tout d'abord, je vais aller chercher Deidara. La mission le concerne, après tout. Je vais mettre Ningendô à la salle de surveillance.
Sur ce, l'homme au Rinnegan se concentra, et, quelques instants plus tard, la porte d'un petit local qui se trouvait en face de la salle de surveillance s'ouvrit.
Ce fut Ningendô, le visage aussi inexpressif que d'habitude, qui en sortit avant de se rendre dans la salle de surveillance.
Les six corps de Pain étaient entreposés dans une pièce de taille réduite, les macchabées n'ayant pas besoin de confort particulier.
Ningendô réveilla Deidara, dont la vigilance n'avait pas d'égale, puis lui fit passer le message. Une fois informé, le blond bailla bruyamment, puis s'empressa -selon les critères d'un Deidara au réveil- de rejoindre ses amis.
Lorsqu'il fut entré, et qu'Hinata lui eut sauté dessus comme à son habitude, Nagato commença pour de bon.
- La mission du jour est la destruction d'une portion de voie ferrée entre la gare de Tokyo et l'est du Japon. Et pour cause, Madara attend un arrivage de matériel militaire et d'espionnage. Ce convoi ne doit pas arriver à bon port.
Deidara sourit de toutes ses dents.
- C'est pour moi, ça ! Ça va faire boum !
- Pour cela, je te fais confiance… lui répondit un Nagato un rien blasé. L'équipe chargée de la mission comprendra deux membres de la section Bêta.
Le regard de Nagato balaya la salle, puis il révéla l'identité des protagonistes du futur acte de résistance.
- Hidan et Deidara. Hidan sera la chef d'équipe. Comme vous vous en doutez, cette mission doit être exécutée dans les plus brefs délais. Il faut arrêter -ou détruire si vous le pouvez- le convoi le plus loin possible de Tokyo. Hidan, tu es sûre que ça ira ?
- Oui, répondit cette dernière avec une assurance que démentait son teint pâlot.
- Très bien, conclut Nagato. Partez immédiatement, bonne chance à vous deux.
Deidara embrassa sa dulcinée, et sortit sans tarder de la salle, suivi par la jashinite.
Une fois dehors, Hidan regarda autour d'elle, puis alluma son talkie walkie.
- C'est bon ?
- Absolument, personne ne vous a vu sortir, lui répondit Ningendô par l'intermédiaire de l'appareil.
- Ok. Deidara ?
Ce dernier fit signe qu'il avait compris, et tous deux partirent en courant vers le centre-ville, tout en s'efforçant de rester dans l'ombre. Une fois qu'ils se furent bien éloignés du QG, Hidan leva la main.
- C'est parti, Deidara.
Avec son petit sourire provocateur habituel, Deidara invoqua son oiseau d'argile, tandis qu'Hidan posait la paume de sa main sur le bitume de la ruelle obscure dans laquelle ils s'étaient arrêtés.
- Kuchiyose no jutsu. (technique d'invocation)
Un aigle royal de près de quatre mètres d'envergure apparut dans un nuage de fumée, et, sans autre forme de procès, Hidan sauta sur son dos.
Une poignée de secondes plus tard, les silhouettes des deux immenses volatiles s'éloignaient vers l'est, sous les rayons du soleil matinal.
- Et bien, je pense que c'est tout pour l'instant, déclara Nagato en se grattant la tête. Sasori est en train de préparer un plan d'attaque de l'arsenal japonais, mais ce n'est pas encore au point. Je suggère donc que vous passiez cette journée à vous entraîn…
Avant que Nagato eut pu achever sa phrase, un flash lumineux explosa au milieu de la grande table qui trônait au centre de la pièce.
Toutes les personnes présentes purent alors entendre une voix grave, et Nagato et Han tressaillirent en la reconnaissant. C'était celle de leur défunt maître.
« Votre combat touche à sa fin, révéla la voix. Bientôt, l'élu se montrera et fera face à son destin. Cependant, seul, l'élu lui-même ne pourra pas l'emporter. Il aura besoin de votre aide. »
- Nous le savons bien, maître, mais qu'est-ce que… commença un Nagato chamboulé.
« Nagato » reprit la voix. « J'imagine que tu as beaucoup de questions à me poser mais je n'ai ni le temps ne la force pour y répondre. Si je suis ici, c'est pour vous apporter de l'aide, pour les jours à venir. »
Nagato se tut malgré lui, et ouvrit grand les oreilles, à l'instar de tous ses camarades.
« Bientôt, il vous faudra vous battre au grand jour, et pour cela, j'ai décidé de vous offrir un petit cadeau… »
- Attendez ! le coupa Jiraya. Comment ça, nous battre au grand jour ? Nous n'avons aucune chance contre…
« Vous n'aurez pas le choix, j'en ai peur. Bientôt, vous ne pourrez plus vous contenter d'une guerre d'usure, car l'ennemi viendra à vous. »
Les paroles prophétiques du Rikudô glacèrent les personnes présentes. Voilà qui était tout sauf rassurant.
« Bonne chance mes amis, je ne peux pas rester plus longtemps… » susurra la voix
- Attendez ! s'insurgea Hinata. En quoi consiste ce cadeau ?
Après un court instant de réflexion, la voix du Rikudô se fit à nouveau entendre, pour la dernière fois en ce monde.
« Jadis, le Rikudô Sennin a créé cinq armes d'une puissance fantastique. Après avoir caché la plus redoutable d'entre elles dans le monde de Naruto, il est venu dans le votre pour tenter d'apporter la paix, ce qu'il n'avait pas pu faire dans le monde d'où il venait… Dans cette optique, le Rikudô a donné les quatre armes restantes aux hommes les plus sages et les plus méritants. Même si instaurer la paix demeura une chimère, ces armes sont finalement devenues des légendes, et leur possesseurs des héros. Mes amis, songez que beaucoup de mythes possèdent un fond de vérité, et certains plus que d'autres… »
Le silence se fit, jusqu'à ce que Kushina y mette fin.
- J'ai horreur de ces vieux schnocks qui parlent par énigmes.
Nagato se tendit, mais ne dit rien. Il avait beau révérer son feu maître, Kushina avait raison, au fond. En quoi ces paroles les aideraient-ils ?
Soudain, un nouveau flash illumina la pièce.
Lorsqu'ils eurent rouverts les yeux, les shinobis de Fuki restèrent pantois. Un coffre imposant était sorti du néant pour apparaître sur la table où ils s'étaient réunis.
Pendant un moment, nul ne bougea, jusqu'à ce que Lee se lève d'un bond et sauta sur la table.
- Un coffre ! J'ai toujours adoré ce genre de trucs…
Malheureusement pour lui, Kushina mit un terme à son exaltation en l'agrippant par le col, avant de l'envoyer valser sur le sol.
- Couché, toi. Qui c'est qui nettoie la table, après ?
Lee eut un sourire gêné et se gratta la tête.
- Désolé…
Nagato croisa ensuite le regard de Jiraya et lui fit signe de la tête.
- Vas-y.
L'ermite se saisit du coffre, puis sourit.
- Je ne sais pas ce qu'il y a dedans, mais c'est vachement lourd !
- Abrège, répondit Sasuke qui avait lui aussi hâte de voir ce que contenait le coffre.
Jiraya souleva alors le coffre comme s'il ne pesait rien, puis le posa sur le sol.
Il fut alors aussitôt entouré par une marée humaine, et leva les yeux au ciel. On avait peine à croire que cette foule de gamins curieux avait passé les deux dernières années à lutter contre le tyran…
Jiraya ouvrit lentement le coffre, et tous regardèrent à l'intérieur.
En voyant que quatre armes y étaient disposées côte à côte, Kushina murmura :
- Des armes… Ce seraient donc les armes légendaires dont la voix parlait ?
- Il faut croire, souffla Nagato.
Soudain, la porte s'ouvrit à la volée et le dernier membre de l'organisation s'invita dans la pièce.
- Qu'est-ce qui se passe ici ? J'étais peinard en train de travailler dans mon labo quand j'ai entendu une voix bizarre qui venait d'ici… ronchonna un Orochimaru blasé.
- Je croyais que ton labo était insonorisé, répliqua Nagato en haussant un sourcil.
- C'est justement ça le problème…
Orochimaru marcha jusqu'au coffre et contempla le quatre armes qu'il contenait.
- Et ben ! Qu'est-ce que c'est que tout ce fourbi ?
- Une aide du Rikudô… répondit Han. Bon, on va les regarder longtemps, ces armes ? ajouta-t-il avec humeur.
Et avant que quiconque puisse réagir, il sortit du coffre une longue épée de belle facture.
Mais sous les yeux de ses amis interdits, il la lâcha instantanément et la lame tomba sur le sol dans un bruit métallique.
- Bravo, ricana Sasuke, goguenard.
Han ne répondit pas. Livide, il regardait sa main droite, brûlée au troisième degré.
- L'épée t'a brûlé ? Montre-moi ta main, lui intima Sakura, que l'on avait pas entendue jusqu'ici.
- Oui… Mais il n'y a pas que ça, balbutia le jinchuuriki de Gobi alors que Sakura le soignait. Lorsque je l'ai saisie, j'ai senti quelque chose qui battait, comme un cœur. Je crois qu'elle est vivante !
Sasori se leva d'un bond.
- Comme l'étoile de saphir ! Le sage des six chemins avait le don d'insuffler la vie aux objets, et c'est ce qu'il a fait à ces armes !
Tous les autres membres de Fuki ouvrirent de grands yeux.
- C'est vraiment difficile à croire… murmura Jiraya. Il semblerait que le Rikudô Sennin demeure à jamais le plus puissant des ninjas.
- Et ce n'est pas tout… chevrota Han qui reprenait peu à peu des couleurs. L'épée m'a parlé ! J'ai entendu sa voix dans ma tête…
Tous les regards convergèrent à nouveau vers lui.
- Et qu'est-ce qu'elle a dit ? l'interrogea Hinata.
- Elle m'a seulement dit son nom…
Han s'arrêta là, au grand désarroi de ses amis.
- Et résultat des courses ? grogna Nagato. Ne nous fait pas languir, Han…
- Excalibur.
Deidara et Hidan volaient vers l'est aussi vite qu'ils le pouvaient. Il leur fallait détruire la voie ferrée le plus loin possible de Tokyo, afin de repousser l'acheminement du convoi à dans plusieurs semaines.
Cependant, le voyage n'avait rien de très intéressant pour les deux ninjas accoutumés à sillonner le ciel nippon. Insouciant, Deidara s'était allongé sur le dos de sa création volante, tandis qu'Hidan se retournait fréquemment pour regarder derrière elle. A tous les coups, le système d'espionnage de l'Empire les avaient repéré. Et ils étaient sans doute déjà pris en chasse.
Soudain, alors qu'elle surveillait ses arrières, Hidan vit apparaître deux hélicoptères de combat.
« Comme prévu » songea-t-elle, avant d'avertir Deidara.
L'artiste se contenta de lever le pouce. Il connaissait la musique.
Malgré la vitesse de leurs invocations respectives, les deux ninjas perdaient du terrain, les hélicoptères se rapprochant peu à peu.
Sans crier gare, Hidan se retourna subitement et s'écria :
- Katon : Gouryuuka no jutsu (le grand dragon de feu)
Le dragon fondit sur un des deux hélicoptères, mais un voile aqueux l'entoura juste avant que le choc n'ait lieu.
Les deux jutsus se dissipèrent, et Hidan vitupéra toute à son aise.
- Fait chier ! Il y a un type calé en Suiton dans l'hélico de gauche…
C'est alors qu'une sorte de liane sortit de l'hélicoptère en question, et essaya de s'enrouler autour de l'aigle d'Hidan. Celui-ci fit une embardée, et Hidan dut se cramponner de toute ses forces pour ne pas tomber.
- Qu'est-ce que c'est que ce truc ? cria Deidara en constatant que la liane se rétractait.
- Une attaque Mokuton… murmura Hidan dans son talkie-walkie. C'est Hashirama.
- Il ne manquait plus que ça, geint Deidara. Maintenant, on ne peut même plus détruire cet hélico, sinon on risquerait de le tuer…
- On a un souci, énonça la chef d'équipe dans le micro. Nous sommes suivis par deux hélicoptères, et l'un d'eux contient une Ombre.
Le silence radio se fit, pendant lequel Deidara et Hidan durent esquiver plusieurs rafales de mitrailleuse. Lorsque deux missiles à tête chercheuse de chakra sortirent de l'hélicoptère de droite, Deidara sourit.
- Lancer une bombe sur un missile… J'en ai toujours rêvé !
Le shinobi lança successivement une créature d'argile sur chaque missile, ces derniers disparaissant dans une explosion inouïe.
Les oiseaux géants furent ballottés par le souffle de l'explosion, tandis que les hélicoptères étaient eux littéralement balayés.
Une expression d'horreur se peint sur le visage de l'artiste en voyant le véhicule d'Hashirama se rapprocher du sol à vitesse grand v.
Heureusement, un bras constitué d'eau sortit de l'hélicoptère en question, et s'accrocha au sol, stabilisant l'engin avant qu'il ne s'écrase.
« Dieu merci » songea Deidara en reprenant son souffle.
- Mais t'es complètement malade ! tempêta Hidan. T'as failli tuer tout le monde !
- Parce que t'avais une autre solution pour stopper ces missiles ?
Hidan ne pipa mot, et Deidara poussa son avantage.
- Et puis de toute façon, je n'aurais pas pu tuer tout le monde, voyons. Toi, tu aurais survécu, non ? ricana-t-il.
Hidan le foudroya du regard, puis détourna les yeux.
Derrière eux, l'hélicoptère d'Hashirama avait repris de l'altitude, mais son homologue avait eu moins de chance, au vu du brasier qui consumait la prairie en dessous d'eux.
Voyant que leur adversaire se lançait à nouveau à leur poursuite, Hidan réitéra sa question.
- Ici Hidan. Que fait-on, QG ?
La voix de Ningendô lui parvint malgré le bruit que faisait l'hélicoptère derrière eux.
- Pensez-vous être capables de vous en débarrasser sans blesser l'Ombre ? Terminé.
La réponse d'Hidan ne fut pas longue à venir, pleine d'ironie.
- C'est à vous de voir… Pensez-vous que Deidara et moi soyons capables de capturer quelqu'un sans l'abîmer ?
L'aigle dut esquiver une nouveau pluie de balles, puis la corps de Pain délivra sa réponse.
- Je comprends. Faites en sorte qu'il vous lâche, et rentrez au QG. La mission est annulée…
- Nagato-san ? fit Sakura d'une voix inquiète.
L'homme au rinnegan cilla, puis revint finalement à la réalité.
- C'est Hidan et Deidara…
Toutes les personnes présentes quittèrent des yeux les quatre objets qui avaient été posés sur la table, et attendirent la suite.
- Ils ont été poursuivis par Hashirama. En hélico… Je leur ai dit de rentrer.
Il se tut, et Neji s'exclama, hors de lui.
- Mais ce n'est pas croyable, enfin ! Comment les Ombres peuvent-elles être aussi réactives ? C'est à croire que Madara anticipe tous nos mouvements…. Qu'il y a des fuites…
Nagato regarda chaque membre de l'organisation droit dans les yeux, puis déclara :
- Je ne pense pas que quelqu'un nous a trahi. A mon avis, il faut chercher autre part. Quand à Rai, il a toute ma confiance.
Etant donné que nul n'avait d'explication à proposer, Nagato décida de retourner à leurs moutons du moment.
Excalibur, Durandal, l'arc d'Apollon et Mjöllnir, le marteau de Thor. Ces quatre armes irradiaient de puissance, la dernière tout particulièrement.
Sasuke et Nagato ayant été les seuls à être parvenus à se saisir d'Excalibur sans se brûler et de Mjöllnir sans se faire électrocuter, les shinobis de Fuki avaient vite compris que ces deux objets ne pouvaient être maniés que par des shinobis de l'affinité correspondante.
Cependant, Durandal et l'arc ne semblait pas nécessiter le contrôle d'un élément précis, puisque tout le monde avait pu les porter sans dommage.
Mais au-delà de ce premier constat, Nagato ne voyait pas ce que ces armes avaient de si extraordinaires en soi. Il sentait qu'elles renfermaient une grande puissance, mais celle-ci demeurait scellée et inaccessible.
Soudain, Sasori lit fin à son examen de l'épée Durandal, et parla à ses camarades.
- Ces armes sont vivantes. Par conséquent, il faut leur parler, les convaincre de nous aider, à mon avis.
Sans attendre, Neji attrapa l'arc d'Apollon, et ferma les yeux.
« Aide-nous, s'il te plaît ».
Rien ne se passa mais le Hyûga ne baissa pas les bras et essaya plusieurs variantes.
« Libère ton pouvoir ».
« Vole ! Emporte-moi toile emporte-moi ! » (tentative bidon réservée à ceux qui ont vu Spiderman)
« Arc d'Apollon, prête-moi ta force ! »
Soudain, Neji sentit l'arc dégager une chaleur rassurante, et il entendit la voix de l'arc dans sa tête.
« C'est d'accord. Mais avant cela, il va falloir que je teste ta valeur. Es-tu prêt ? »
« Euh… Oui » répondit Neji sans trop savoir ce que l'arc entendait par là.
Lorsque que la salle de réunion fut remplacée par une colline ensoleillée, il déglutit. Tous ses amis avaient disparu, il était seul. Seul sur cette colline, armé de son arc habituel.
C'est alors qu'il sentit une présence derrière lui. Le Hyûga se retourna, et vit une femme marcher jusqu'à lui.
- Ceci est un test de précision et d'habilité, révéla-t-elle en se passant une main dans ses cheveux blonds.
Neji plissa les yeux.
- Comment…
- Ceci est un genjutsu que j'ai créé. Il va me permettre d'étudier tes capacités, le coupa la femme.
- Mais qui êtes-vous ?
- Je suis l'arc d'Apollon, ça me paraissait évident, soupira la femme. Sur ce, que le test commence.
Aussitôt, une cible apparut à vingt mètres de Neji.
- Voici la première cible. Tu dois placer ta flèche dans le mill…
Avant même qu'elle eut fini sa phrase, une flèche avait quitté le carquois de Neji et s'était logée au cœur de la cible.
Bien évidemment, le Hyûga fanfaronna tout à son aise.
- Alors, ça t'en bouche un coin, hein ? Maintenant dépêche-toi de me donner la dernière épreuve. Je n'ai pas de temps à perdre, c'est trop facile.
- Intéressant… Tu es talentueux, en effet. Mais prends garde à ne pas être présomptueux, jeune homme.
- Je pèse mes mots, rétorqua Neji. Le tir à l'arc n'a plus aucun secret pour moi.
La femme garda le silence un instant, puis ses lèvres esquissèrent un léger sourire.
- Très bien… Pour la dernière épreuve, tu n'auras le droit qu'à dix flèches.
Neji vida son carquois des flèches supplémentaires, puis écouta la suite.
- Dans quelques secondes, dix cibles en bois vont tomber du ciel, et tu devras toutes les détruire avant qu'elles ne touchent le sol.
Neji haussa un sourcil.
- C'est tout ?
- Non… Les cibles tomberont tout autour de toi, à plus d'un kilomètre de distance.
Neji pâlit. Ce test n'était pas si facile, après tout.
Cependant, le Hyûga n'hésita pas longtemps. Il en allait de son honneur et de sa réputation après tout.
- C'est d'accord.
La femme sourit. Ce test était en réalité bien plus difficile que la dernière épreuve qu'elle avait initialement prévue. Elle était consciente de lui demander quelque chose d'impossible, mais c'était bien fait pour lui. Il allait payer son impertinence et sa vantardise.
Neji activa son byakugan, et prit une première flèche de son carquois avant de bander son arc. Il était prêt.
Lorsque la première cible tomba du ciel à plus d'un kilomètre derrière son dos, le Hyûga fit volte-face à une vitesse inouïe et décocha une flèche sans prendre le temps de viser.
Avant même de vérifier s'il avait fait mouche, il se retourna à nouveau pour tirer sur sa seconde cible.
Il n'avait encore jamais rencontré d'exercice aussi difficile, et ses pupilles saignaient sous l'effort.
Lorsque la première flèche s'enfonça au cœur de sa cible, l'avatar de l'arc haussa un sourcil. Lorsque la deuxième fit de même, un zeste de doute l'envahit un instant.
Lorsque la dernière cible fut perforée par le dernier trait du shinobi, ses yeux s'ouvrirent en grand. Jamais. Elle n'avait jamais vu un tel archer. Pâris, ou même Apollon, dont la renommée l'avait élevé au rang de dieu, ne lui arrivaient pas à la cheville. Non seulement Neji avait à ça dans le sang, mais il s'était de plus entraîné comme jamais.
- J'ai… réussi, murmura Neji en s'essuyant les yeux.
Le femme ne répondit rien, mais pour la première fois un sourire se peint sur son visage. Ce jeune homme se la jouait, mais il pouvait se le permettre...
- Joli travail. Tu es désormais le nouveau maître de l'arc d'Apollon. Je suis convaincue que tu en seras digne, déclara la femme sur un ton solennel.
Bien qu'il eut montré une certaine assurance au cours de l'épreuve, Neji avait été à deux doigts de manquer sa dernière cible. Même pour lui, ce n'avait pas été du gâteau, et il ferma les yeux pour apprécier sa victoire.
Lorsqu'il les rouvrit, il constata qu'il était de retour dans le monde réel. Ses camarades le regardaient avec une expression intriguée, presque comique.
- Alors ? lui demanda finalement Sakura.
- J'ai acquis le droit de maîtriser l'arc d'Apollon, se vanta Neji. Mais ce n'est pas aussi simple qu'il n'y parait, vu qu'il y a une sorte de test à passer. Tout se passe dans un genjutsu si j'ai bien compris.
Les membres de Fuki gambergèrent un petit moment, puis Sasuke décida de relever le défi. Une fois que Neji lui eut expliqué la méthode, il posa une main ferme sur Excalibur, et pensa :
« Excalibur, prête-moi ta force ! »
Le lieu dans lequel Sasuke se retrouva n'avait rien en commun avec celui de Neji. Les flocons de neige tombaient dru sur ses épaules, alors qu'il contemplait la neige qui s'étendait à perte de vue.
Soudain, quelque chose troubla l'uniformité du paysage, la silhouette d'un homme s'approchait.
Sasuke, comme par réflexe, porta sa main au-dessus de son dos et y trouva un katana. Il le saisit et constata qu'il s'agissait bel et bien de son arme de prédilection. Il l'avait pourtant laissée dans sa chambre… Apparemment, Neji avait raison, il s'agissait d'un genjutsu, et brillant qui plus est.
- Bienvenue, jeune sabreur, fit le nouvel arrivant en effectuant une parodie de révérence. Je suis Excalibur.
L'avatar de l'épée était un homme assez grand, svelte, à la crinière noire de jais. Sasuke éprouva un petit pincement au cœur en regardant ses yeux. Des prunelles bleu océan qui lui rappelaient cruellement Naruto, un rival et un ami qui était présumé mort depuis deux ans.
- Uchiha Sasuke. Je viens pour…
- Je sais très bien pourquoi tu es là… le coupa l'homme en ricanant. Mais si tu veux mon pouvoir, tu devras me vaincre dans un duel de sabre !
Dans un geste élégant, l'homme se débarrassa de sa cape noire et dégaina une épée que Sasuke reconnut immédiatement. C'était bel et bien celle qu'il convoitait. Ainsi, la lame et le sabreur ne faisaient qu'un, Excalibur… Sasuke savait que le combat serait difficile pour cette raison. Au fil des combats, son propre katana était devenu une élongation de son bras, mais son adversaire du jour le dépassait encore. Le bretteur était son épée. Nul doute que sa maîtrise devait être incroyable. Ceci dit, Sasuke aussi avait un atout en la personne du sharingan. La pupille lui permettrait de tenir le rythme dicté par Excalibur. Probablement…
Dès la première passe d'armes qu'il échangea avec son adversaire du jour, Sasuke comprit qu'il avait très peu de chances de gagner. Même avec son sharingan, il voyait à peine les mouvements de son vis-à-vis, qui possédait de plus une puissance extraordinaire.
Sasuke fut très vite acculé, se contentant de parer les enchaînements d'Excalibur, à la fois inédits et somptueux.
Si l'Uchiha n'avait pas encore été vaincu, c'était parce qu'il s'était longuement entraîné au sabre au cours de ces dernières années. Et qu'il en avait retiré des réflexes et une certaine expérience. Mais face à celle de l'épée millénaire, il ne faisait vraisemblablement pas le poids.
En voyant son opposant lever son sabre à nouveau, Sasuke décida de jouer le tout pour le tout. Sa seule chance de remporter le duel était l'effet de surprise, et il venait justement d'avoir une idée.
Il vissa ses yeux ébène dans ceux de son adversaire, et un rictus dérangeant s'installa sur ses lèvres.
- C'est parti ! s'écria-t-il en guise d'encouragement, avant de lancer son sabre au-dessus de lui.
L'homme qui maniait Excalibur eut un moment d'hésitation, déconcerté par cet acte irréfléchi.
Cependant, fort de son expérience, il se reprit rapidement et chargea Sasuke.
- Jeter son épée… Ceci prouve définitivement que tu n'est pas digne de me manier !
Excalibur s'abattit sur l'Uchiha, mais celui-ci avait déjà disparu.
L'homme leva les yeux au ciel, et y vit Sasuke qui s'envolait dans un bond formidable.
- Utiliser ton chakra pour décoller du sol et récupérer ton épée… Et après ?
L'homme leva Excalibur pour parer l'attaque qui allait suivre. Cet imbécile avait agi bêtement en sautant, la gravité l'obligeant à retomber à un endroit précis.
Du coup, il n'avait plus qu'à l'y attendre, et à le recevoir dignement à coup d'Excalibur.
Les yeux du bretteur, fixés sur Sasuke, s'arrondirent lorsqu'il vit que l'Uchiha ignorait son épée qui tombait à côté de lui, sans chercher à la saisir. Mais que comptait-il faire au juste ?
C'est à ce moment-là que le frère d'Itachi fit soudain volte-face, et posa ses pieds sur son épée, qui était en train de tomber. En moins d'un dixième de seconde, il prenait appui sur le tremplin improvisé et s'envolait à nouveau.
L'avatar d'Excalibur se retourna et le vit atterrir sur le sol avec souplesse.
- C'est pathétique… A quoi cette petite acrobatie a-t-elle servi, si ce n'est à perdre ton arme ?
Sans un regard, l'homme para l'épée de Sasuke qui arrivait au-dessus de sa tête, l'envoyant du même coup derrière lui.
Le sourire de Sasuke s'agrandit.
- Je le savais… Tu as bel et bien une faiblesse. Tu penses trop.
Son adversaire fronça les sourcils.
- Je te demande pardon ? Ce n'est pas une faiblesse, c'est plutôt une force.
- Pourquoi as-tu projeté mon sabre derrière toi ? lui demanda Sasuke à brûle-pourpoint.
L'incompréhension de l'homme allait grandissant, et il haussa les épaules.
- Pour la mettre la plus loin possible de toi.
- Exact. Et ce qui va causer ta perte, déclara un Sasuke sibyllin.
Il leva alors le bras droit et tira d'un coup sec.
Comme si elle répondait à cet appel, l'épée de Sasuke jaillit vers son propriétaire à une vitesse folle, et donc vers le dos de son adversaire qui se tenait entre les deux.
Alors que l'Uchiha se réjouissait de sa victoire imminente, il y eut un éclair et son épée retomba dans la neige dans un bruit mat.
Sasuke ouvrit de grands yeux. Que s'était-il passé ?
Il passa de la surprise à l'ébahissement en constatant qu'Excalibur avait paré son attaque.
- C'est impossible ? Une attaque aussi rapide… Et qui venait de derrière toi qui plus est ! s'étrangla-t-il.
L'avatar de l'épée légendaire répondit par une question.
- Comment as-tu fait pour faire bouger ton épée à distance ?
- Une technique de marionnettiste. J'ai relié mon arme à ma main par un fil de chakra, expliqua l'Uchiha. Je n'ai jamais jeté mon épée, j'ai juste augmenté ma portée, et ce sans que tu le saches. Ce n'était pas très loyal, mais je n'avais pas le choix. Et ça n'a pas suffit… J'ai perdu.
L'homme garda le silence un certain temps, puis murmura :
- Impressionnant… Uchiha Sasuke, je pense que tu as bien mérité de devenir mon nouveau maître. Le nouveau maître d'Excalibur.
L'Uchiha lui décocha un regard surpris, puis noir.
- Je n'ai pas besoin de pitié. J'ai échoué, je ne la mérite pas.
Pour la première fois, un sourire aimable se peint sur le visage de l'homme.
- Détrompes-toi, jeune homme. Tu ne pouvais pas gagner, de toute façon. Ta prestation, que ce soient ton habilité ou ton intelligence dépassent toutes mes espérances.
Sasuke accepta les compliments sans rien dire, puis souffla :
- Pourquoi étiez-vous si certain de ma défaite en ce cas ?
L'interlocuteur de Sasuke disparut soudainement, et Excalibur tomba au sol, avant de se relever d'elle-même. L'épée se mit alors à parler d'une voix grave :
- On dirait que tu ne connais pas la légende d'Excalibur. On dit que quiconque me manie ne peut être vaincu en combat singulier. C'est un de mes pouvoirs…
Han se gratta la tête. L'endroit dans lequel il était atterri n'avait rien d'accueillant. A première vue il s'agissait d'une grotte, très sombre. Un vrai paradis pour claustrophobes…
- Salut à toi jeune voyageur ! Alors tu es celui qui penses pouvoir me contrôler ?
Han fit volte-face et se trouva nez à nez avec une fille sublime aux yeux violets et aux cheveux d'un noir d'encre.
- Euh… C'est-à-dire que…
- Oui ou non ? s'impatienta la jeune femme.
- Oui mais…
- Alors suis-moi, et dépêche-toi !
Quelques instants plus tard, la fille et Han se trouvaient devant une énorme crevasse, qui donna le vertige au jinchuuriki.
- Oh, quelle idiote ! s'exclama la femme. J'ai complètement oublié les présentations. Je suis l'épée Durandal, et toi ?
Han mit un moment à réagir.
- Ça veut dire que vous n'êtes pas réelle ?
- C'est le principe d'un genjutsu, répondit l'avatar de Durandal en soupirant. Tu as l'air déçu en tout cas !
Han rougit, tout honteux d'avoir été si facilement percé à jour.
- Je m'appelle Han, dit-il subitement, dans l'espoir de changer de sujet.
Le regard moqueur de la femme le fixa un instant, puis elle haussa les épaules.
- Le défi que tu devras surmonter pour devenir mon maître est une épreuve de courage.
Dans un geste théâtral, elle se tourna vers le gouffre et tendit son bras.
- Traverse-le.
Han haussa un sourcil, puis concentra du chakra dans ses pieds. Mais alors qu'il s'apprêtait à sauter, il fut arrêté par Durandal.
- Ah j'oubliais. Tu n'as pas le droit au chakra.
Le sourire confiant du jinchuuriki disparut instantanément.
- C'est une blague ? Ce ravin fait au moins…
- Cinquante mètres de largeur, compléta la femme. Et je ne te parle pas de la profondeur, c'est indécent…
Han reprit son souffle avec difficulté.
- Un test de courage hein ? Donc je suppose que ce gouffre n'en est pas vraiment un.
Ses paroles furent accueillies par un sourire mystérieux de la part de Durandal.
- Qui sait ?
Les jambes légèrement flageolantes, Han marcha jusqu'au bord de la crevasse.
« Ce n'est pas réel. C'est un pont. Je peux marcher dessus. »
Lentement, Han leva son pied droit, mais fut incapable d'aller plus loin. S'imaginer un truc pareil, c'était beaucoup plus facile à dire qu'à faire…
Il ferma les yeux, puis prit une formidable inspiration.
« Je peux y arriver ! »
Les yeux clos, il fit un pas… puis tomba dans le ravin.
La chute dura longtemps, puis tout devint noir.
Lorsqu'il revint à lui, Han constata qu'il se trouvait à nouveau devant le gouffre. Et il était toujours du mauvais côté.
- Fermer les yeux, ce n'est pas du jeu ! claironna Durandal en mordant dans une pomme. Ceci est une épreuve de courage, tu ne dois donc pas avoir froid aux yeux !
Han soupira.
- Je n'y arriverai jamais, j'ai le vertige… Pourquoi ne testez-vous pas plutôt mon aptitude au combat ?
Le ton de Durandal se durcit alors qu'elle répondait :
- Si tu n'es pas capable de vaincre tes peurs, tu ne pourras jamais venir à bout de tes ennemis.
Le cœur battant, Han s'approcha à nouveau du ravin.
« Je peux le faire… Je dois le faire… Je vais le faire ! »
Le jinchuuriki n'essaya même pas de s'imaginer un pont, cette fois-ci. Il était résolu à gagner dans les règles.
Décoller son pied droit du sol fut un supplice pour Han, mais il le fit. Il plongea le regard dans le vide, et fut à nouveau envahi par le vertige.
Tout son corps refusait de faire un pas de plus, son cerveau lui ordonnait de s'asseoir et d'oublier ce projet insensé. Et pourtant, Han savait qu'il allait le faire.
Lorsque son pied gauche se posa sur le vide apparent, Han retint son souffle. Il n'avait pas encore réussi, il lui fallait se détacher complètement de la terre ferme.
Etrangement, lever son pied droit fut plus facile que précédemment, et Han se retrouva bientôt suspendu dans le vide.
Le regard clair et résolu, il continua à marcher. Pour la première fois, il avait fait face à sa peur, il l'avait affrontée, et il l'avait vaincue.
Lorsque Han parvint à la fin de son périple, Durandal était là pour l'attendre.
- Pas mal du tout pour quelqu'un qui avait le vertige, dit-elle en souriant. Le pouvoir de l'épée Durandal est à toi, jeune Han.
- C'est une histoire complètement dingue ! s'extasia Deidara. J'ai hâte de voir ces armes à l'œuvre ! Et tu dis que personne n'a réussi le test du marteau ?
- Personne, répondit Jiraya. Et n'y songe même pas, il faut être d'affinité Raiton.
Deidara haussa les épaules.
- Bah de toute façon un marteau, ça ne m'intéresse pas. Ce n'est aucunement de l'art !
L'ermite sourit, puis sortit du foyer, la salle de repos où les membres de Fuki oubliaient leurs tracas quotidiens.
Il marcha d'un pas rapide vers la cage d'escalier, et monta à toute vitesse les marches qui conduisaient au deuxième étage.
Une fois arrivé, il entra dans sa chambre et s'agenouilla sur le tapis central. C'était l'heure de son rendez-vous mensuel avec Fukasaku.
- Kuchiyose no jutsu ! (technique d'invocation).
Le vieux crapaud apparut dans un nuage de vapeur, et la première chose qu'il fit fut d'engueuler Jiraya.
- Tu es en retard, imbécile !
- Mille pardons, Fukasaku-sama, répondit l'ermite d'une voix apaisante. J'ai eu un empêchement… Quelles sont les nouvelles de votre monde ?
Le visage du batracien se durcit.
- De pire en pire…
Jiraya s'assit sur son lit et s'adossa au mur, s'attendant au pire.
- Après la mort de Killer Bee il y a deux semaines, Madara a finalement lancé la grande offensive sur les troupes de l'alliance et…
Jiraya se raidit.
- Et ?
- Un vrai massacre… Kakashi, Tsunade, le Raikage ont notamment été tués, ainsi que plus des trois quart de nos forces. Nous avons été submergés par le nombre des ennemis…
Jiraya eut un geste d'humeur.
- Comment est-ce possible ? Madara possède donc cent mille Zetsu, comme l'a écrit Kishimoto Masashi ?
L'ermite crapaud eut un rire sans joie.
- Qu'est-ce que c'est que ces conneries ? Il n'y a qu'un Zetsu, et c'est déjà bien assez, car c'est une véritable plaie dans son genre.
- Mais alors d'où viennent tous ces hommes ? s'enquit Jiraya.
- Je ne sais pas… soupira Fukasaku. Ces hommes ne ressemblent à rien de ce que je connais. Tous des grands gaillards aux cheveux blonds, qui viendrait de l'ouest, d'après les rumeurs. Ils auraient franchi l'océan pour se joindre à Madara… Apparemment, cet enfoiré a pas mal voyagé durant toutes ces années où nous l'avons cru mort. Et il est devenu le roi d'un peuple de ninjas jusqu'alors inconnu.
Le crapaud toussa, et sa moue s'étira plus encore.
- Quoi qu'il en soit, la situation est critique, et je n'ai pas encore parlé du plus important…
Jiraya tendit l'oreille. Quelque chose de plus grave que la destruction quasi-totale de l'alliance ?
- Madara a pris Kyuubi au gamin…
Jiraya ouvrit des yeux effarés.
- Naruto est mort ?!
- Non, mais c'est tout comme. C'est un Uzumaki et il survécu à la perte de son bijuu, mais il a perdu la volonté de se battre. Nous l'avons caché au mont Mobyoku, mais il ne sera bientôt plus en sécurité. Madara sera bientôt là, Jiraya. Et avec Juubi.
L'ermite se leva, livide.
- Alors tout est perdu ?
Le crapaud eut un soupir à fendre l'âme.
- Il semblerait mon garçon, il semblerait…
Allongé sur son lit, Jiraya broyait du noir. Les récents évènements n'auguraient rien de bon pour l'avenir…
D'après le Rikudô Sennin, ils devaient s'attendre à une attaque frontale de l'Empire dans les prochains jours. Et malgré les gadgets que le vieux avait eu la bonté de leur accorder, la bataille semblait perdue d'avance… Sans compter que le vrai Madara, armé de Juubi envahirait bientôt leur monde pour le mettre à sa botte.
Si au moins leurs amis n'étaient pas prisonniers du sceau de Madara, ils auraient peut-être une chance… Mais il n'y avait rien qu'il puisse faire pour ôter ce sceau.
Soudain, le regard sombre de l'ermite s'illumina. Comment n'y avait-il pas pensé avant ?
Il n'en était pas encore sûr à cent pour cents, mais il pensait avoir trouvé le moyen de se débarrasser de ce sceau.
Porté par une bouffée d'espoir, Jiraya sauta du lit et dévala les marches de l'escalier pour annoncer la bonne nouvelle.
Comme le voulait la coutume officieuse, ce fut au président américain d'ouvrir la réunion.
- Mes amis, je déclare ouvert ce sommet du G8. La plupart d'entre-vous se demandant pourquoi tout ceci se fait dans le plus grand secret, je vais laisser à l'empereur Miyamoto le soin de vous répondre.
Le président des Etats-Unis se rassit, et Madara se leva sans un bruit, avant d'entonner dans un anglais parfait :
- Chers amis, je comprends que le secret de cette réunion vous intrigue, car c'est une première, mais c'est une précaution nécessaire. Je suis navré de vous apprendre qu'un groupe de terroristes sévit dans mon pays, et que je ne compte plus les tentatives d'attentat sur ma personne et sur celles que je côtoie. J'ai donc agit pour notre sécurité.
Les personnes présentes acquiescèrent, et Madara soupira. Il avait assez joué la comédie. Les gardes du corps étaient partis, il pouvait passer aux choses sérieuses.
L'empereur activa sa pupille rouge, et regarda tour à tour ses sept confrères dans les yeux.
- Moi, Uchiha Madara, vous ordonne de m'obéir.
- A vos ordres ! s'écrièrent les sept chefs d'état.
Le pouvoir du sharingan de Madara s'était encore accru au fil des ans, et il exerçait désormais une emprise quasi-totale sur le commun des mortels, pour peu qu'ils croisent son regard.
- Je veux que vous utilisiez les médias pour prétendre à la réunification de la Corée. La Corée du Nord aurait annexé la Corée du Sud, et projetterait désormais d'utiliser l'arme nucléaire contre les Etats-Unis d'Amérique. Le gouvernement japonais, dans sa grande magnanimité se propose d'écraser la menace coréenne, et de rattacher le pays dissident à son empire.
Les sept présidents s'inclinèrent, et Madara sourit de toutes ses dents. La Corée serait bientôt à lui. Il en avait marre des négociations. Rai était intelligent, mais trop timoré. Quand à Tobirama, il voulait faire la guerre mais ne réfléchissait pas. Aucun d'entre eux n'était digne d'être son bras droit…
Tobirama, tapi dans l'ombre, attendait que Rai quitte le palais. Cette fois-ci, il réussirait à savoir à où son rival se rendait secrètement tous les vendredi soirs. Avec un peu chance, ce serait suffisamment compromettant pour l'écarter du pouvoir…
Lorsque Rai sortit et se mit à courir sur la surface de l'eau vers Tokyo, Tobirama se jeta à sa poursuite. La vitesse de la réincarnation du Yondaime Raikage était hallucinante, mais il ne le perdrait pas.
Soudain, Rai disparut purement et simplement, et Tobirama s'arrêta net.
- Pas mal, pas mal… Mais ne crois pas que ça va m'arrêter…
L'homme à la cicatrice -ou Scarface-, comme on le surnommait, avait plus d'un tour dans un sac. En effet, il avait glissé un sceau émetteur de chakra sous la cape de son collègue, afin qu'il puisse le tracer.
- Hiashi ?
La silhouette du Hyûga apparut derrière Tobirama. Toute trace d'humanité avait déserté son visage, ce n'était qu'un mort que Tobirama avait ressuscité avec l'Edo Tensei. Et les Hyûga décédés ne manquaient pas, Naruto les ayant tous éliminés durant la guerre de l'élu. A l'exception de Neji et Hinata, bien entendu. Ces sales cafards continuaient à le narguer, mais il sentait que bientôt, le vent allait tourner. Bientôt Fuki disparaîtrait, c'était inévitable.
Répondant à l'ordre de Tobirama, le Hyûga ressuscité activa sa pupille et s'élança vers Tokyo, suivi par son maître.
Ce dernier, un grand sourire sur le visage, savourait son succès à venir.
Alors que le soleil se couchait sur le port de Tokyo, Hiashi pila soudainement devant une ruelle insalubre.
Tobirama le rejoignit, et s'engagea dans la ruelle.
Lorsqu'il vit Rai devant la porte d'un immeuble désaffecté, il se mordit la lèvre. Que venait-il faire ici ?
Caché derrière une poubelle, la réincarnation du Nidaime vit la porte s'ouvrir, et son cœur s'arrêta lorsqu'il reconnut celui qui l'avait ouverte.
Il s'agissait de Ningendô, un des corps de Nagato. Un des corps du chef de Fuki.
Tobirama s'effondra sur lui-même, secoué par un rire diabolique. La pêche avait été bonne, très bonne ! Madara ne le remercierait jamais assez pour ça. En une nuit, il avait débusqué un traître et le refuge de tous les terroristes du pays.
L'élu et son compagnon étaient assis à même le sol dans ce qui semblait être une bibliothèque. De nombreux parchemins et livres anciens et sans prix jalonnaient les étagères, pour le plus grand plaisir des deux hommes -en particulier de l'élu-.
Parmi ces livres, certains traitaient des arts ninjas, et étaient l'œuvre du Rikudô Sennin. Ce dernier les avait rédigé en arrivant dans leur monde, et avait constitué ce véritable trésor de savoir. Malheureusement il n'y avait pas ce que cherchaient les deux hommes.
- C'est quand même étrange que le Rikudô Sennin n'ait presque rien écrit sur les sceaux… se lamenta l'ami de l'élu. Ce n'est pas les quelques ouvrages pour débutants que nous avons trouvé qui vont nous aider à détruire le sceau du deuxième parchemin…
- Oui… D'un autre côté nous n'avons pas encore tout fouillé, répondit l'élu en embrassant la bibliothèque du regard.
Soudain, son regard s'arrêta sur un livre en particulier.
Pris d'une impulsion subite, il le saisit, sous les yeux étonnés de son camarade.
- Euh… Sans vouloir te vexer, au vu de son état, ce livre est bien trop récent pour nous intéresser…
L'élu le savait bien, et pourtant il émanait de ce livre une aura qui lui était familière. Il l'avait déjà sentie quelque part…
Il ouvrit le livre et poussa une exclamation. Ça y est, il savait à qui appartenait cette aura, et il n'avait pas besoin de lire la page de garde pour savoir qui était l'auteur du livre.
- C'est pas croyable… Il a dû apporter ce livre ici avant de mourir… Peut-être qu'il voulait éviter que Madara ne mette la main dessus.
- De quoi tu parles ? ronchonna l'autre garçon.
Son ami avait la désagréable habitude de parler par énigmes.
- Regarde qui a écrit ce livre…
L'ami de l'élu se pencha et ses yeux s'arrondirent en voyant le nom.
- Ce ne serait pas…
- Bien sûr que c'est lui, idiot… le réprimanda gentiment l'élu. Et apparemment, ce livre comporte des trésors d'informations sur les sceaux. Je suis certain qu'il va nous permettre de détruire le sceau de contrôle du Yondaime !
- Espérons-le, murmura l'autre. Ce sceau est vraiment dangereux. Je ne comprends pas que Namikaze Minato ait jamais pu concevoir de truc aussi horrible…
