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Raid nocturne


A la grande surprise de Tobirama, l'Empereur demeura tout d'abord assez calme à l'annonce de la trahison de son bras droit.

- Tu es sûr de ce que tu avances ? demanda Madara d'une voix autoritaire.

- Hélas oui, votre altesse.

Madara serra son sceptre si fort qu'il explosa. Les débris métalliques volèrent à travers la salle, et Tobirama dut faire appel à ses réflexes pour éviter de se voir gratifié d'une nouvelle cicatrice.

- Deidara, Hidan, Minato… Et maintenant Rai. Tous mes sujets sont-ils voués à me trahir ?! tempêta l'Uchiha en se levant de son trône.

Toute la cour s'empressa de quitter la pièce, terrifiée par la colère du souverain. Seul Tobirama et un homme encapuchonné derrière lui restèrent de marbre.

- Je demeure votre plus loyal serviteur, l'assura la réincarnation du Nidaime Hokage.

Les yeux écarlates de Madara se posèrent sur le visage lardé de cicatrices de son lieutenant.

- Loyal, hein ? Comment pourrais-je m'en assurer ? A chaque fois que j'accorde ma confiance à quelqu'un, il la trahit ! Et de surcroît, comment pourrais-je faire confiance à un chien de Senju comme toi ?

Tobirama se tendit, mais parvint à répondre sur un ton mesuré :

- Le fait que je sois un Senju ne signifie rien. Je suis à vos ordres, votre Altesse, maintenant et à jamais. Quel intérêt aurais-je à dénoncer Rai et à révéler la cachette de Fuki ?

Madara se calma quelque peu.

- Sans doute… Sans doute m'es-tu loyal, mais pourquoi devrais-je courir le risque ?

Tobirama s'efforça de ne pas perdre contenance.

- Je suis votre bras droit désormais. Je suis là pour vous aider, vous avez besoin de moi, votre altesse !

Tobirama déglutit à la fin de sa phrase. Il avait peut-être été un peu trop loin.

- Besoin de toi, hein… Oui c'est sans doute vrai, concéda Madara. Tu m'as toujours été d'une grande aide, Tobirama.

Ce dernier releva la tête, plein d'espoir, alors que Madara poursuivait sur un ton suave :

- Cependant, il existe un moyen pour que tu continues à me servir tout en étant incapable de me trahir…

Tobirama se raidit, une lueur de peur dans ses yeux bleus.

- Attendez, vous ne comptez quand même pas me…

Madara leva son bras droit, et tendit son index vers son lieutenant apeuré. Lorsque le doigt fut recouvert par une petite flamme, Tobirama comprit que ses craintes étaient fondées. Son maître s'apprêtait à le transformer en vulgaire marionnette au moyen de ce sceau maudit.

- Attendez ! s'étrangla Tobirama. Jamais je ne vous trahirai, Madara-sama, je vous le jure ! Je vous en supplie, ne faites pas ça !

Madara leva les yeux au ciel.

- Je suis désolé, Tobirama, mais je ne peux pas te croire. Tout n'est que trahison dans ce monde, et la confiance n'existe pas.

Le cerveau de Tobirama fonctionnait à toute allure, à la recherche d'une quelconque idée qui pourrait le sauver. Par chance, il la trouva juste à temps, alors que le doigt de son seigneur s'approchait dangereusement de son front.

- J'ai une idée ! Vous pourriez utiliser mon sharingan, et vous verriez que je ne mens pas !

Madara s'arrêta, les sourcils froncés.

- C'est en effet un alternative. Tu n'y vois pas d'inconvénient ? Je pourrais profiter de mon contrôle et te faire révéler toute sorte de choses…

- Je n'ai rien à vous cacher, rétorqua Tobirama en posant un genou à terre.

Touché malgré lui par cette marque de confiance, Madara baissa sa main et la flammèche s'éteignit.

Depuis peu, son sharingan lui permettait en effet de contrôler les gens, mais ce contrôle était nettement moins puissant que celui exercé par le sceau du Yondaime. En temps normal, un ninja comme Tobirama n'aurait pas été affecté, mais ce dernier semblait prêt à abaisser ses barrières mentales. Il allait donc forcer son lieutenant à répondre à ses questions, à défaut de lire directement dans son esprit. Cela, seul le Rinnegan en était capable.

Une fois que Tobirama fut sous le contrôle de sa pupille, Madara commença l'interrogatoire.

- As-tu déjà songé à me trahir ?

- Non, répondit aussitôt l'autre d'une voix mécanique.

Un léger sourire se dessina sur les lèvres de l'Empereur. Ainsi, il avait au moins un allié.

- Si je t'ordonnais de te tuer, le ferais-tu ?

La réponse de Tobirama ne fut immédiate.

- Sans hésiter.

Madara écarquilla les yeux malgré lui. Une telle dévotion, c'était à la fois surprenant et inquiétant.

- Pourquoi ? Pourquoi as-tu décidé de te mettre à mon service ? Pourquoi es-tu prêt à aller aussi loin pour moi ?

Cette fois-ci, la réponse de Tobirama fut plus longue à venir.

- Pour me venger de mes anciens amis. Ceux qui m'ont trahi, qui ont trahi Akatsuki, et qui vous ont trahi.

Madara s'autorisa un petit rire. La vengeance, hein ? Décidément, d'un monde à l'autre, les pions de Madara demeuraient animés par le même but.

- Une dernière chose. Rai a-t-il vraiment pactisé avec Fuki ?

- Oui.

Peu après cet interrogatoire, Madara prit à part son nouveau bras droit.

- Tobirama, je te charge de détruire ce nid de cafards une fois pour toute. Prends la moitié de mes shinobis pour l'opération, c'est-à-dire cinq cents hommes. Oonoki sera ton second.

A ces mots, l'homme encapuchonné se rapprocha du trône et s'inclina devant l'Empereur.

- Nous n'envoyons pas de soldats ? Uniquement des shinobis ? s'enquit ensuite Tobirama.

Madara se gratta le menton.

- Oui, uniquement des ninjas. J'ai besoin de l'armée japonaise pour la guerre contre la Corée, et j'ose espérer que vous n'en aurez pas besoin.

Tobirama hocha la tête. Il était confiant en leurs capacités à détruire le petit groupe de résistants.

- Et les cinq cents autres ninjas ?

- Ils assureront ma protection et celle du palais, déclara Madara.

Tobirama ouvrit de grands yeux, et comprit que l'Empereur était toujours aussi paranoïaque.

Cinq cent ninjas pour protéger un seul homme, c'était du jamais vu.

- Ah j'oubliais, prenez toutes les Ombres avec vous. Je suis sûr que les membres de Fuki adoreront combattre leurs anciens camarades, conclut l'Uchiha en ricanant.

- A vos ordres, votre altesse, s'exclamèrent Oonoki et Tobirama dans un ensemble parfait.

Les deux ninjas quittèrent en hâte le château sous les yeux perçant de leur souverain, et ce dernier reporta son attention sur un de ses conseillers qui se tenait en retrait.

- Je vais me coucher, vous pouvez disposer.

Le laquais ne parvint pas à dissimuler son expression soulagée, et déguerpit en vitesse pour annoncer la bonne nouvelle.

Madara regagna ses quartiers et s'assit sur son lit, un pâle sourire sur son visage fatigué. La rébellion mourrait cette nuit, c'était certain.

Bien décidé à mettre toutes les chances de son côté, Madara sauta du lit et sortit un rouleau de son coffre, sur lequel était inscrite une technique de Fuuinjutsu lui permettant de diminuer l'emprise du sceau qu'il avait placé sur les anciens shinobis d'Amaterasu.

En effet, Madara avait découvert que le sceau de Minato, bien qu'il lui permit de contrôler n'importe qui, affaiblissait son esprit mais aussi ses pouvoirs.

Une fois qu'il eut bien mémorisé le contenu dudit parchemin, Madara se concentra et commença à exécuter une série compliquée de mudras.

Au bout du soixante-sixième signe, il cessa l'incantation et se releva lentement. Il avait réussi. Pour la première fois depuis deux ans, ses Ombres allaient retrouver leur conscience et leur vraie puissance, et ce n'avait rien de plaisant. Cependant, il gardait le contrôle sur les Ombres, et il avait hâte de les voir se confronter à Fuki…

Jiraya avait réunit tous se comparses dans la salle de réunion, afin de leur faire part des nouvelles dont-il était porteur. Rai, qui venait juste d'arriver, était également de la partie.

- J'ai une bonne et une mauvaise nouvelle.

- Commence par la mauvaise, grogna Orochimaru, qui n'avait pas apprécié d'être dérangé dans une de ses expériences.

- Et bien le monde de Naruto est dans une situation catastrophique. Madara a même obtenu Kyuubi et possède désormais tous les Bijuus.

L'annonce fit l'effet d'une douche froide sur les résistants.

- Ça semble mal parti pour l'élu, grimaça Sasuke.

- Nous devons continuer à y croire ! s'insurgea Kushina. Et de toute façon, nous ne pouvons rien faire pour l'autre monde, alors concentrons-nous sur nos propres problèmes.

Jiraya opina du chef, et poursuivit son petit speech.

- La bonne nouvelle, c'est que je pense pouvoir délivrer deux personnes du sceau. Et je dis bien deux personnes, pas plus !

Cette fois-ci, la déclaration de l'ermite provoqua un élan de joie chez les personnes présentes.

- Sérieux ? s'écria Sakura tout sourire. Et comment comptes-tu t'y prendre ?

- Et pourquoi ne peut-on libérer que deux personnes ? demanda Lee qui s'efforçait de suivre.

- Et bien, je suppose que vous savez tous à quoi servait le masque des Capitaines d'Amaterasu ? demanda Jiraya.

L'assemblée répondit à l'affirmative. Il continua :

- A l'instar d'Hinata, je ne l'ai pas encore utilisé et j'y ai encore ajouté du chakra depuis la chute d'Amaterasu. Je peux donc utiliser deux fois le jutsu que j'ai mis au point il y a quelques années.

Personne ne pipa mot, et Jiraya décida de couper court au suspense.

- Extase est le nom de ce jutsu. Il permet de… Enfin disons que la cible est submergée par un plaisir et un bonheur intense, au-delà de tout. Une véritable tempête d'émotions qui pourrait mettre hors jeu le plus valeureux des combattants, un orgasme puissance mille ! conclut Jiraya en agitant les mains.

Sasori leva les yeux au ciel. Jiraya resterait toujours Jiraya.

- Et le rapport avec le sceau du Yondaime ? intervint Hinata avec impatience.

- Et bien ce sceau tend à priver un homme de ses sentiments, et de sa conscience. Je pense que ce flux de plaisir sera si puissant que le sceau ne pourra pas le contenir, et explosera.

Kushina réfléchit quelques instants, puis dit :

- Ça se tient. Oui je pense que ça pourrait marcher. Et tu ne pourrais vraiment pas le faire plus de deux fois ?

- Non, gémit Jiraya. Il me faudrait un an de plus pour réunir le chakra nécessaire à la libération d'une personne de plus… Et une quinzaine d'années pour libérer tous nos amis.

Kushina acquiesça, puis prit à la parole à son tour.

- A propos du sceau, j'ai également une remarque à faire.

Tout le monde se tut et ouvrit grand ses oreilles. La rousse détestait qu'on ne l'écoute pas.

- Un nouvel examen du sceau m'a appris qu'en plus de priver le ninja de sa personnalité et de sa liberté, le sceau limite ses pouvoirs, révéla-t-elle.

Jiraya baissa les yeux. Il aurait dû s'en douter. Même s'il avait fait beaucoup de progrès, sa victoire contre Kakashi avait été bien trop facile.

- Il est vrai que toutes nos confrontations avec les Ombres se sont avérées assez aisées, fit Nagato en se mordant la lèvre inférieure. Et tu penses que…

- Oui, le coupa Kushina. Madara peut probablement faire varier la puissance du sceau. Plus il l'affaiblit, plus l'Ombre devient à la fois puissante et plus « humaine ».

- Intéressant, fit Deidara en s'adossant au dossier de sa chaise. Si Madara agit ainsi, les Ombres seront plus coriaces mais l'efficacité du sort de Jiraya en sera améliorée, c'est ça ?

- Exactement.

Soudain, Nagato jura, et tous se tournèrent vers lui, alarmés. Leur chef détestait la grossièreté et ne se livrait presque jamais à cette extrémité.

- Rai, tu as été suivi.

Ce dernier blanchit.

- C'est impossible ! J'ai toujours fait attention.

- Ils ont dû te mettre un traceur… grommela Sasori. Qu'as-tu vu sur les écrans exactement ?

Nagato ferma les yeux. Par l'intermédiaire de Ningendô, il avait très bien reconnu l'homme qui avait suivi Rai.

- Tobirama… C'est lui qui a suivi Rai, et il l'a vu parler avec Ningendô. Ils ont découvert notre planque. Et il est trop tard pour l'intercepter.

Sakura plaqua une main sur sa bouche, horrifiée, tandis que Sasuke lâchait sur un ton fataliste :

- Comme l'avait prévu le Rikudô, le danger vient à nous.

Les membres de Fuki retrouvèrent assez vite leur calme. Ils n'avaient plus rien des gosses apeurés qui découvraient jadis leurs pouvoirs, et la guerre.

Nagato leur dit quelques mots, et tout le monde partit se préparer. Tous savaient que les soldats de l'Empire seraient là ce soir. Tobirama et Madara n'attendraient pas le lendemain, ils étaient bien trop impatients d'en finir une bonne fois pour toute avec la résistance.

Une fois prêts, les résistants se rassemblèrent à nouveau dans la salle de réunion, où Nagato allait donner ses directives pour la bataille à venir.

- Très bien, je vois que vous êtes tous là… marmonna ce dernier en balayant l'assemblée du regard.

Rai était lui aussi présent, et paraissait impatient d'en découdre. Jouer les agents doubles était certes risqué, mais cela faisait très longtemps qu'il n'avait pas eu de combat à se mettre sous la dent.

Nagato baissa les yeux sur la feuille de papier qu'il avait dans les mains, son plan de bataille. Il n'était pas génial, mais c'était mieux que rien considérant le peu de temps qu'il avait eu pour le faire.

Il avait assigné à chacun de ses hommes une position particulière, selon les aptitudes de chacun.

Les shinobis de la division Alpha -le terme « division » étant d'ailleurs un bien grand mot compte tenu de la pauvreté de leurs effectifs-, portés sur le corps à corps, occuperaient ainsi la première ligne de défense que constituait le rez-de-chaussée de l'immeuble.

La division Bêta était la division tactique, et comportait des combattants spécialisés dans les pièges et dans les embuscades, et serait par conséquent située en hauteur, afin d'harceler à distances les rangs ennemis. Enfin, la division Gamma s'occuperait de soigner les éventuels blesser, ou tout simplement de prêter main forte aux shinobis en difficulté.

Bien que les membres de la division Gamma ne se soient pratiquement jamais battus, Nagato se dit que cette fois, ils ne pourraient pas y couper. Il espérait d'ailleurs que Sasori veuille bien abandonner son rôle d'ingénieur, forgeron et tacticien de la division Gamma pour l'occasion, afin de renforcer les rangs la division Bêta en temps que marionnettiste de combat.

Cependant, Sasori avait toujours refusé de se battre jusqu'à présent… Son dernier combat datait de la fin d'Amaterasu, il y a plus de deux ans de cela.

- Bien, reprit Nagato, commençons par la division Alpha. Pour vous, le plan est simple : vous vous placerez au niveau de la porte d'entrée de l'immeuble, afin de foncer sur les ennemis dès qu'ils auront détruit la porte.

Rai, Sasuke, Han, Lee et Hinata hochèrent la tête comme un seul homme. Personne ne passerait tant qu'ils seraient capables de se battre.

- Passons à présent à la division Bêta. Neji, tu te posteras à la fenêtre de la salle de muscu, au troisième étage. Ta mission sera de descendre le plus d'ennemis possible à l'arc jusqu'à ce qu'ils te forcent au corps à corps.

Le Hyûga acquiesça, et Nagato se tourna ensuite vers Hidan.

- Hidan, tu te posteras devant une des fenêtres de la salle à manger, au premier étage. Je compte sur toi pour faire cramer ces salopards.

- Hai, répondit la jeune femme.

Nagato passa ensuite au maniaque des explosifs.

- Deidara, tu te posteras sur le toit de l'immeuble avec Jiraya. Ce dernier te protègera pendant que tu pratiqueras ton activité préférée.

L'ermite pervers leva innocemment le doigt.

- Ah bah non, il ne pourra pas, vu que tu as posté Hinata au rez-de-chaussée.

Sakura fut la première à comprendre la blague grivoise, et décocha un coup de poing à Jiraya.

Ce dernier avait beaucoup mûri en deux ans, mais ses blagues n'avaient pas changé…

Nagato toussa, et s'empressa de corriger :

- Deidara, Jiraya te protègeras pendant que tu balanceras des bombes sur tout ce qui bouge…

- Ok, c'est noté, répondit Deidara en souriant.

Constatant qu'il avait fait le tour de la division Bêta, l'homme au Rinnegan se tourna vers Sasori.

- Sasori, j'ai vraiment besoin que tu te battes aujourd'hui. Nous avons tous besoin de toi.

Le marionnettiste fronça les sourcils.

- Tu m'avais pourtant assuré que…

- Juste pour cette fois ! s'exclama Nagato. Nous avons besoin de tes marionnettes pour renforcer nos effectifs, sans quoi nous seront submergés !

Sasori plissa les yeux, puis soupira.

- Bon, c'est d'accord. Mais je te jure que c'est la première et la dernière fois ! J'ai déjà fait couler bien trop de sang au cours de mon existence.

Fort de son succès, Nagato poussa son avantage :

- Tu invoqueras le plus de marionnettes possibles, et tu te posteras au rez-de-chaussée avec la division Alpha. Je compte sur toi !

- Hn.

- Bref, passons maintenant aux autres membres de la division Gamma. Orochimaru.

L'interpellé leva des yeux ennuyés.

- Moui, on m'appelle ?

- Oublie deux secondes ton labo et tes expériences. Tu te posteras devant une des fenêtres de ma chambre, au deuxième étage. Utilise le Ninjutsu ou tes serpents pour des attaques à distance.

Le serpent obtempéra malgré lui, mais posa soudain une question :

- J'y pense, lesquels de nos amis allons-nous libérer ?

Le regard du chef de Fuki s'assombrit. Il la redoutait cette question.

- Je…

Il ne dit rien de plus, pensif. Le choix était difficile, mais il lui semblait préférable de délivrer en premier lieu les deux shinobis les plus puissants. Cependant, Orochimaru allait sans doute mal le prendre, puisque sa petite amie, Anko, faisait partie de ces Ombres enchaînées.

- Ecoute, intervint soudain Orochimaru. Je sais ce que tu penses, et tu as raison. Anko n'est pas la priorité pour l'instant…

Nagato releva des yeux surpris, alors que l'ophidien ajoutait :

- Je conseille de commencer par Hashirama. C'est un des plus puissants et son attribut génétique est unique. Pour ce qui est du deuxième… Je pense que nous devrions prendre Gaara ou Bee. Un jinchuuriki ne serait pas de refus.

Nagato guetta un tressaillement sur le visage de son ami, mais rien ne laissait transparaître une quelconque détresse à l'idée d'abandonner à nouveau Anko, sans certitude de la sauver un jour. Ce type avait vraiment scellé la moindre de ses émotions, un véritable mur.

Au final, tout le monde se rangea aux arguments d'Orochimaru, et Bee fut choisie comme deuxième shinobi à sauver. En effet, si Gaara avait pu s'exprimer, il aurait sans aucun doute fait preuve de galanterie et passé son tour…

- Bref, fermons là cette parenthèse et revenons à nos moutons, déclara Nagato. Sakura, tu te posteras au rez-de-chaussée, en retrait de la division Alpha. Tu te battras avec eux si nécessaire, et soignera les blessés dans la mesure du possible.

La kunoichi opina du chef, alors que Nagato concluait le plan de bataille :

- Kushina, tu resteras en retrait au deuxième étage. Je sais que tu aimerais te battre avec les autres -il coula l'air de rien un regard un brin moqueur et accusateur vers Sasori- mais tu as pour mission de maintenir les protections de l'immeuble avec tes sceaux. Car Madara n'hésitera pas à détruire ce bâtiment s'il peut nous enterrer sous les décombres, même s'il devait pour cela sacrifier tous ses ninjas. Tu es la clé de voûte de notre défense.

Sur ces ultimes paroles, Nagato eut un sourire forcé.

- A présent, je vous souhaite bonne chance à tous. Battez-vous pour la liberté !

- Hop hop hop, le coupa Deidara, et toi ? Tu seras posté où ?

- Excuse-moi, j'avais oublié, répondit le chef en se grattant la tête. La division Omega s'éparpillera un peu partout dans l'immeuble. Tendô se placera sur le toit en soutien de Deidara et Jiraya, et bénéficiera ainsi d'une position idéale pour utiliser sa technique de répulsion.

Ningendô sera au troisième étage, pour aider Neji si jamais il devait en venir aux mains. En outre, il pourra dissimuler notre cher archer avec un genjutsu.

- Cool ça ! s'exclama Neji en levant le pouce.

Lee s'empressa aussitôt de l'imiter, tout en l'abreuvant de compliments.

- Yeah ! Enfin tu te décides à adopter la posture Nice Guy, tu as du goût finalement ! Dans mes bras mon frère !

Profitant du fait que Lee ne le regardait pas, Neji fit mine de vomir et Sakura éclata de rire. Tout le monde avait besoin de décompresser, ils appréhendaient leur première confrontation directe avec l'Empire.

Une fois que l'hilarité se fut dissipée, Nagato reprit son compte-rendu.

- Shûrado sera posté au deuxième étage avec Orochimaru. Il utilisera notamment ses bras lance-missiles pour transformer l'armée ennemie en gruyère.

Deidara applaudit, le visage rayonnant. Il aimait bien Shûrado, ou plutôt l'arsenal que possédait ce Pain.

- Gakidô se joindra aux combattants du rez-de-chaussée, afin d'absorber le gros des attaques de l'ennemi, quant à Jigokudô, il se cachera au deuxième étage avec Kushina, en attendant de ressusciter mes corps si besoin est. Voilà.

- Et le corps des invocations ? fit Deidara en se grattant le menton.

- Chikushôdô nous permettra de fuir si jamais ça tourne mal. Je vais l'envoyer dans notre base de secours.

Voyant que Nagato avait fini son speech, Hidan s'empressa de lever la main.

- Et qu'en est-il de nos envoyés spéciaux ?

Le chef de Fuki se caressa le menton, songeur. Il y a trois mois de cela qu'il avait envoyé Shino et Haku en Corée afin d'y récolter des informations et de pouvoir agir sur place. Fallait-il les rapatrier afin qu'ils puissent leur prêtent main forte ?

Au bout d'un moment, Nagato donna sa réponse :

- Oui, je vais les faire rentrer. Nous aurons besoin de toutes les personnes capables de combattre dans la bataille qui s'annonce. Shino et Haku, de la division Bêta, se posteront avec Ningendô et Neji au troisième étage.

Cette déclaration du chef de Fuki fut accueillie par les sourires des membres de l'organisation, tandis que Chikushôdo surgissait devant Nagato et posait la paume de sa main sur le sol.

- Kuchiyose no jutsu. (technique d'invocation)

Dans un nuage de fumée blanche, les silhouettes de Haku et Shino se dessinèrent peu à peu dans la pièce. Les deux shinobis avaient été invoqués de façon assez cavalière, et semblaient déboussolés, à juste titre. Haku était d'ailleurs en pyjama et avait un air particulièrement ahuri, une brosse à dent dans sa bouche entrouverte. Pendant que leur amis se précipitaient à leur encontre pour leur souhaiter la bienvenue, Nagato posa son regard sur Chikushôdo. Nul besoin de paroles, ils partageaient le même esprit après tout…

C'est ainsi que Chikushôdo opina du chef et disparut dans un nuage de fumée. Nagato, comme prévu, l'avait envoyé au QG de secours, qui deviendrait leur nouveau foyer si jamais ils survivaient à cette bataille…

Constatant que la séance de poignées de main et d'embrassades avait cessé, Nagato fit un bref résumé de la situation aux deux nouveaux arrivants, puis leur révéla le rôle qui leur avait été assigné.

Une fois que ce fut fait, il se racla la gorge, puis demanda à l'assemblée s'il y avait des questions. Devant le mutisme général, il enjoignit à tous ses amis de rejoindre le poste qui leur avait été affecté. L'ennemi ne tarderait pas à arriver.

Anko battit des paupières et regarda machinalement autour d'elle, sans résultat. Tout était flou, comme si ses yeux avaient perdu l'habitude de voir, ou comme si elle sortait d'un trop long sommeil. Où était-elle ? Et qui était-elle d'ailleurs ?

Tout lui revint soudain dans une déferlante de souvenirs. Elle s'appelait Anko… Elle s'était découverte des pouvoirs, et avait rejoint une organisation de shinobis, Amaterasu. Elle y avait aussi découvert Orochimaru. Mais au final, Amaterasu avait perdu, Itachi avait été tué, et ils avaient été fait prisonniers par Madara. Et ensuite… La dernière chose dont elle se souvenait était le doigt de Madara qui se posait sur son front, pour la marquer comme une bête avec le sceau du Yondaime. Répugnant…

- Anko ? articula une voix faible à côté d'elle.

La kunoichi constata avec soulagement qu'elle avait recouvré la vue, et s'empressa de se tourner vers la voix en question.

- Shika !

Une succession de cris soulagés envahit le port de Tokyo, et tous savourèrent le plaisir simple d'être en vie.

Mais Ino mit vite fin à la liesse pour signaler l'absence de Naruto.

- Et Minato ! ajouta Tsunade. Ces deux-là manquent à l'appel apparemment.

Après quelques minutes de recherche infructueuse, tous se rendirent à l'évidence. Les deux shinobis avaient disparu.

Parmi les personnes présentes, Gaara excepté, seul Hashirama avait gardé le silence, le teint sombre.

Tsunade avait bien essayé de le tirer de son mutisme, mais c'était peine perdue. Alors qu'elle commençait à désespérer, le Senju se tourna finalement vers elle et lui dit d'une voix morne :

- Regarde ta montre, mon ange…

Interdite, Tsunade déchiffra l'heure indiquée par le cadran numérique.

- Huit heures du soir et des brouettes… Et alors ? Je ne vois pas le prob…

Tsunade se tut, les yeux écarquillés. Elle venait de lire la date, et la vérité s'imposait peu à peu dans son esprit. Ils avaient perdu conscience pendant plus de deux ans.

Alors que tous s'efforçaient de digérer la nouvelle, Shika se posait une multitude de questions. Pourquoi aucun d'entre eux n'avait-il changé physiquement au cours de ces deux ans ? Le sceau aurait-il figé leur croissance en même temps que leur esprit ? En tout cas, à en juger par l'absence de pilosité sur le menton de son cher Kakashi, ils n'avaient pas vieilli d'un iota.

une voix sèche les rappela à l'ordre.

- Calmez-vous, Ombres, ou je demanderai à l'Empereur de vous retirer cette petite liberté qu'il vous a octroyé pour la soirée…

Shika se tourna vers la voix, les poings serrés.

- Kimimaro, hein ? Et qu'est-ce que c'est que cette histoire d'Empereur encore ?

La Kaguya s'avança vers eux et les lampadaires du port de Tokyo la révélèrent aux yeux de tous.

Contrairement à eux, celle-ci avait beaucoup changé, elle avait grandi et il devait en être de même pour ses pouvoirs.

- Ah la la j'oubliais que vous avez deux ans de retard… J'ai franchement la flemme de vous expliquer, alors sachez juste que Madara-sama est devenu l'empereur du Japon, et que vous, ses Ombres, le servez quotidiennement dans sa lutte contre Fuki, un groupe de rebelles constitué de vos anciens amis.

Kimimaro avait dit cela tout d'une traite, et les Ombres mirent un certain temps à réaliser la portée de ces mots.

- Comment ça, on le sert quotidiennement… commença Kakashi sur un ton dégoûté.

- Le sceau que l'Empereur a placé sur votre front vous a transformé en marionnette, résuma la Kaguya avec un rictus méchant sur le visage.

Hashirama baissa la tête. Il s'en doutait… Les faire dormir pendant deux ans n'aurait été d'aucune utilité pour Madara.

- Et pourquoi nous rendre notre liberté aujourd'hui ? s'enquit-il.

Kimimaro explosa de rire.

- Vous rendre votre liberté ? Parce que vous pensez être libres, désormais ? Ne rêvez pas, Ombres ! Vous êtes à nouveau vous-mêmes, mais votre liberté ne vous sera jamais rendue ! Jamais !

Kiba, qui fulminait depuis un moment s'élança vers la Kaguya plein d'intentions belliqueuses.

Mais il fut stoppé net à quelques mètres de sa cible. C'était comme si son corps refusait de bouger. Il ne pouvait pas attaquer cette ordure… Et il en était de même pour Akamaru apparemment… Le chien n'avait pas de sceau sur le front, mais ses pupilles luisaient d'un reflet rouge inhabituel.

« Genjutsu » songea le maître chien. Madara avait tout prévu.

- Où sont Naruto et Minato ? demanda alors Ino, alors que Kiba rejoignait les autres, la queue entre les jambes.

Le regard de Kimimaro se voila.

- Aucune idée. Personne ne le sait, mais n'ayez pas trop d'espoir. S'ils ne sont pas morts, il sont prisonniers de l'Empereur, c'est certain.

Soudain, une multitude de voix se fit entendre à proximité du groupe de shinobis, et ceux-ci virent affluer plusieurs centaines de ninjas vêtus de blanc. Un emblème situé au niveau de leur poitrine gauche tranchait avec le blanc uniforme de leur uniforme. Le symbole ne laissait aucun doute sur l'identité des ninjas, puisqu'il s'agissait d'un sharingan surmonté d'une couronne.

- Voici le nouveau drapeau japonais, commenta Kimimaro, qui avait suivi leurs regards.

La pupille et les virgules du sharingan ont été ajoutées au coeur du cercle rouge du soleil levant, et la couronne de notre bien-aimé souverain est venue parachevée l'œuvre.

- Splendide, ricana Konan en levant les yeux au ciel.

Kimimaro l'ignora, et avança d'une démarche raide vers l'armée de Madara. Elle s'inclina avec ferveur devant le commandant de l'unité, qui n'était autre que Tobirama.

- Seigneur, je suis à vos ordres.

Tobirama lui jeta un regard condescendant puis en jeta un autre plein de mépris sur les Ombres stationnées derrière la Kaguya.

- L'attaque commence sur le champ. Tu commanderas le premier escadron, c'est-à-dire cent shinobis. Je m'occuperai du deuxième escadron, constitué des Ombres et de deux cent shinobis. Oonoki sera le commandant du troisième escadron, fort de deux cent ninjas.

- L'Emissaire du Désespoir est ici ? s'étrangla Kimimaro.

Aussitôt, une silhouette encapuchonnée fut aux côtés de Tobirama, et la kunoichi s'inclina devant elle avec crainte.

- Kaguya Kimimaro… souffla Oonoki. Tu n'as rien à craindre de moi… Tant que tu seras loyale à notre empereur.

Kimimaro l'assura de sa loyauté, et l'Emissaire du Désespoir se tourna vers Tobirama.

- Bon, on y va ?

Tobirama tiqua devant cette marque de familiarité, mais ne dit rien. Il arriverait sûrement à vaincre Oonoki, la réincarnation du Sandaime Tsuchikage, mais il laisserait des plumes.

Ce type avait acquis une sacrée réputation et était devenu le symbole de la peur dans l'Empire. Il pouvait surgir de n'importe où dans un nuage de poussière, et les citoyens vivaient dans l'angoisse permanente d'être sa prochaine victime. Pourtant, Oonoki n'avait rien d'un psychopathe, et ne frappait pas au hasard. Seuls les médisants et les traîtres à l'Empire finissaient sous sa lame.

« On se croirait de retour à l'inquisition » pensa Tobirama en soupirant, avant de s'écrier :

- Oui, on y va, !

L'armée se mit en branle et s'élança vers le centre-ville de Tokyo comme un seul homme.

Les Ombres elles-mêmes se mirent à courir alors que tout leur être s'y opposait. Elles étaient bel et bien les marionnettes de l'empereur, des sortes de robots programmés pour agir à sa convenance.

Partout où les ninjas de l'Empire passaient, les fenêtres claquaient, les portes étaient verrouillées au double tour, et les lumières s'éteignaient. Le passage de l'armée était devenu synonyme de couvre-feu. Les Ombres furent très peinées à la vue de ce Tokyo qui avait sombré dans la peur. Des tracts et des affiches de propagande voletaient autour d'eux, chacun d'entre eux condamnant Fuki ou glorifiant l'Empire.

- Quel enfoiré… susurra Kakashi en découvrant le visage de Madara sur une affiche, malgré l'obscurité. Il n'y a donc personne pour lui faire la peau ? Et l'élu ? Il fait la grève ?

Nul ne répondit. Tous partageaient la même crainte, celles qui marqueraient l'enterrement de tous leurs espoirs. L'élu existait-il vraiment ? Et si oui était-il encore vivant ?

Au bout d'une dizaine de minutes, Tobirama leva la main et l'armée fit halte dans une petite ruelle bordée par une poignée d'immeubles insalubres. Chaque centimètre carré de la ruelle était occupé par les quelques cinq cent shinobis.

- Nous sommes arrivés.

Tout le monde laissa libre court à son étonnement. Alors c'était là que Fuki se terrait ? Les ninjas eurent un brin de pitié pour ces hommes qui avaient sacrifié leur bien-être pour une cause perdue d'avance.

- Cet immeuble est leur quartier général, dit Tobirama en désignant un bâtiment de trois étages qui se trouvait au milieu de la rue.

Tous les ninjas dégainèrent leurs armes, et les Ombres eurent la désagréable surprise de voire leur corps agir de même.

Tobirama sourit. Ils étaient si nombreux qu'il n'était nul besoin de tactique. Foncer dans le tas suffirait pour anéantir l'adversaire.

Soudain, trois personnes apparurent sur le toit de l'immeuble, et Tobirama les reconnut sans difficulté. Jiraya, Deidara et… Tendô.

- Feu ! hurla Tobirama, l'index tendu vers les trois shinobis de Fuki.

Aussitôt dit aussitôt fait, un nuage de shurikens projetés par l'armée stationnée en contrebas s'élança vers eux.

- Ils doit y en avoir au moins mille… murmura Deidara sur un ton rêveur.

- Tu veux peut-être que je te laisse le temps de les compter pour t'en assurer ? lança Tendô en levant les mains vers la pluie d'armes de jet qui leur tombait dessus.

- Nagato qui fait de l'humour… Merde c'est une première ! répliqua le blond en éclatant de rire.

Tendô l'ignora et ses paupières se fermèrent, dissimulant la pupille du Sage des six chemins.

- Shinra Tensei ! (répulsion céleste)

Tobirama vit avec surprise les shurikens repartirent en sens inverse, et beaucoup de ses hommes n'eurent pas le temps d'éviter le retour de flamme. Le bras droit de Madara compta au moins trente morts rien qu'au cours de cette première passe d'armes. Voilà une bataille qui commençait bien.

- Bon, je suppose que ça ne sert à rien de continuer comme ça… marmonna Tobirama. Nous allons…

Soudain, la réincarnation du Nidaime Hokage s'interrompit. Qu'est-ce que c'était que ça, encore ?

Jiraya avait un grand drapeau blanc à la main, et le tenait de côté de façon à ce que l'armée de Tobirama ne puisse n'en voir qu'une seule face.

- Quoi ? Ils comptent se rendre ?! s'écria Tobirama, estomaqué.

Après réflexion, il se rendit compte que c'était impossible. Ça ne ressemblait pas à Fuki, cette bande de kamikazes dégénérés.

C'est alors qu'Oonoki tapota l'épaule de Tobirama.

- Il y a quelque chose d'écrit sur ce drapeau.

Tobirama fronça les sourcils et prit une paire de jumelles dans son sac.

Il zooma sur le drapeau, et constata qu'Oonoki avait raison.

- C'est écrit… « Ka ».

Tobirama baissa ses jumelles et échangea un regard plein d'incompréhension avec l'Emissaire du Désespoir.

- Tu y comprends quelque chose toi ?

- Rien du tout, répondit Oonoki en se grattant la tête à travers sa capuche.

Lorsque Jiraya retourna le drapeau, Tobirama reprit ses jumelles et regarda à nouveau. Ce qu'il vit le glaça. Sur l'autre face du drapeau, il y avait écrit « Boom ».

- Ka… Boom, murmura Tobirama. C'est pas vrai… Il a quand même pas…

Tout parut alors aller très vite. Un Deidara aux anges joignit ses mains et Tobirama sauta comme au ralenti en hurlant à pleins poumons :

- Sautez ! Ce taré a mis des bombes partout !

La ruelle fut pulvérisée dans une explosion fantastique. Tous les immeubles du quartier furent rasés en un éclair, à l'exception du QG de Fuki, protégé par le puissant champ de force créé par Kushina.

Lorsque la poussière retomba, Deidara perdit peu à peu le sourire. Des cris de douleur se faisaient entendre dans les décombres, et une centaine de shinobis avaient vu leur corps déchiqueté par les mines spéciales de Deidara. Heureusement que Fuki avait fait évacué les habitants du quartier peu avant la bataille…

- Hum… Ils ont perdu moins d'hommes que prévu mais je préfère cela, avoua Tendô. Tes méthodes sont efficaces mais…

- D'une rare bassesse, compléta Deidara. Je sais.

Recouvert de cendres et de poussière, Tobirama, les yeux exorbités, était hors de lui. Les mines de ce taré avait détruit presque un quart de son armée en un instant. Heureusement qu'il avait eu le temps de dire à ses hommes de sauter.

Aucune Ombre n'avait été blessée, Gaara ayant instinctivement déployé un imposant bouclier de sable sous leurs pieds, et ce fait renforçait encore le ressentiment de Tobirama.

- Si au moins un d'entre eux avait claqué, ça aurait pu être un bonne journée…

- Je suggère d'attaquer la porte principale de l'immeuble, suggéra alors Oonoki qui venait, comme à son habitude, d'apparaître subitement derrière Tobirama.

- Je sais ! s'exclama ce dernier avec humeur. C'est ce que je comptais faire lorsque ce débile de Deidara a subitement décidé de réaménager le quartier !

Tobirama se tourna alors vers ses hommes, dont le moral avait évidemment baissé en flèche.

- Cet attentat sournois ne nous arrêtera pas, hommes de l'Empire ! Notre cible est désormais le rez-de-chaussée de l'immeuble. Tous à la porte ! A l'assaut !

Tobirama n'était pas un grand orateur, mais en cet instant, son discours eut l'effet recherché.

Tous les shinobis de l'Empire hurlèrent à leur tour et se ruèrent vers la porte de l'immeuble décrépi.

L'agacement de Madara allait grandissant à mesure qu'il changeait de chaîne. En France comme aux Etats-Unis, en Angleterre comme en Allemagne, et même en Corée, rien. Absolument rien. Rien n'était dit sur la réunification de la Corée ou sur leur intention d'attaquer les Etats-Unis.

- C'est impossible ! s'emporta Madara en envoyant valser sa maîtresse.

Cette dernière, une actrice américaine sur laquelle il avait toujours fantasmé, avait été réduite à l'état de marionnette par le sceau du Yondaime et satisfaisait désormais le moindre de ses désirs. Mais à contrecoeur, et cela, il ne pourrait jamais le changer. Ne supportant plus ses yeux éteints, Madara lui avait par ailleurs rendu sa conscience, mais lui avait ôté la parole lorsqu'il avait constaté que la femme l'insultait à tout bout de champ.

Madara prit son visage dans ses mains, et se mit à réfléchir.

« Les ordres que j'ai donné durant ce sommet du G8 ont pourtant été clairs… Que s'est-il passé ? Mon sharingan serait-il en train de s'affaiblir ? ! »

L'Uchiha se leva et marcha jusqu'à son fauteuil, sur lequel il s'assit. Entre temps, sa maîtresse s'était relevée et il lui ordonna de danser devant lui.

Tant de pouvoirs, c'était tout de même grisant. Il ne remercierait jamais assez le Yondaime pour ce sceau qui lui garantissait la loyauté sans failles de ses sujets.

Madara continua à réfléchir mais sans succès. Il ne comprenait pas.

Ses yeux fatigués s'attardèrent sur le corps dénudé de sa maîtresse qui avait entamé une danse lascive. Elle était la tentation à l'état pur.

Au bout d'un moment, Madara y céda et lui sauta dessus avant de la prendre sauvagement.

Au diable la Corée et ses autres problèmes. Le monde était à lui, ce n'était qu'une question de temps.


L'élu entra dans la bibliothèque en souriant, et son ami se précipita à sa rencontre.

- Alors ?

- C'est fait. Un jeu d'enfant, révéla le jeune homme habillé de blanc. J'ai délivré tous les hommes politiques de l'emprise de Madara. J'imagine la tête qu'il fera quand il se rendra compte que son plan a échoué…

- Je payerais pour voir ça ! se réjouit son ami en riant.

- Moi aussi, admit l'élu en prenant une chaise pour s'asseoir. Sinon, tu as eu du nouveau ?

Son ami haussa les épaules.

- Et bien j'ai continué à lire ce bouquin, comme tu me l'avais demandé, et j'ai trouvé un truc assez intéressant… Attends je te lis le passage.

Le jeune homme s'éclaircit la voix et commença sa lecture :

- Après de nombreux mois de recherches dans la grotte de Jiraya et dans la bibliothèque du Temple des Nuages, j'ai finalement trouvé la réponse à la question qui me taraudait depuis longtemps. Pourquoi un homme aussi noble que le Yondaime Hokage a-t-il inventé cet horrible sceau ?

Il fit une pause, et l'élu lui jeta un regard impatient.

- Ne me fais pas languir, et dépêche-toi de lire la suite !

- Ouais ouais… Tout d'abord, il convient de rappeler les spécificités de ce sceau. Le sceau du Yondaime permet à celui qui l'applique sur la cible de contrôler celle-ci. Il peut modeler son comportement à sa convenance, et même sceller l'esprit de ce dernier. De plus, si jamais la personne qui a posé le sceau meurt, celle qui l'a reçu continue à se comporter comme ordonné par son feu maître. En effet, le contrôle ne se fait pas en temps réel, comme Pain, mais constitue plutôt en une sorte de programmation initiale. Enfin, la personne qui reçoit le sceau cesse de vieillir. Cette particularité s'explique lorsque l'on considère que le Yondaime a utilisé certaines arcanes d'Orochimaru pour concevoir ce sceau.

- Le sceau du Yondaime est fondé sur les expériences d'Orochimaru ! s'écria l'élu. C'est vraiment difficile à croire…

- Ouais, répondit son ami, avant de poursuivre :

Ainsi, le sceau du Yondaime a été créé dans un seul but : sceller à jamais un bijuu. En effet, il suffisait d'apposer ce sceau sur le front d'un jinchuuriki pour que ce dernier devienne à la fois immortel, docile, et incapable de succomber à ses émotions, et donc de libérer le bijuu. Le Yondaime Hokage avait en effet l'intuition que les bijuus pourraient se révéler dangereux si jamais quelqu'un de mal intentionné parvenait à les contrôler. Peu avant la naissance de Naruto et l'attaque de Konoha par Kyuubi, Minato a cependant envoyé le parchemin contenant le sceau à Jiraya pour qu'il le cache dans l'autre monde. Minato savait depuis longtemps que ce sceau pourrait s'avérer dangereux, mais ce n'est pas pour cela qu'il s'en est séparé. Le Yondaime Hokage a tout simplement décidé que l'emprisonnement d'un bijuu et la paix valaient moins que la vie et la liberté d'agir et de penser du jinchuuriki. Un homme ne devrait jamais avoir à aliéner sa liberté, même pour le bien de tous les autres.

C'est beau, conclut l'ami de l'élu en simulant la tristesse.

- En effet… En tout cas je comprends mieux les intentions du Yondaime, désormais… murmura l'élu.

- Ouaip ! Bon ok c'était pas une flèche mais c'était bel et bien un type bien !

L'élu secoua la tête en souriant. Pas une flèche, le génie entre les génies ?

- Bien, je pense qu'il sera bientôt temps d'envoyer ce livre à nos amis de Fuki… ajouta-t-il tout haut.

- Pas maintenant ?

L'expression de l'élu se teinta de tristesse.

- Non, ce n'est pas le moment… A l'heure où nous parlons, Fuki affronte les armées de l'Empire, et sans moi…