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Une bataille sans haine
Caché dans le débarras obscur où il avait coutume de loger les six corps qu'il manipulait, Nagato gardait les yeux clos, les veines saillantes sous la concentration. Comment diable son homologue de l'autre monde était-il parvenu à commander ses six corps simultanément, et aussi longtemps ? Nagato avait l'impression que sa tête allait exploser, tant la pression mentale était énorme. Et pourtant, il ne manipulait que quatre corps, puisqu'il avait mis ceux des invocations et de la résurrection en stand-by.
Les pensées du détenteur du Rinnegan étaient surtout dirigées vers Tendô, le seul des quatre ayant affaire à une adversaire « consentante ». Et cette dernière se révélait beaucoup plus coriace que prévue…
- Tu as fait des progrès… marmonna Tendô en esquivant une nouvelle salve de phalanges.
Kimimaro se contenta d'un rictus méchant.
- Disons que je n'ai pas passé ces deux dernières années à me terrer comme une insecte. Je me suis entraînée comme une forcenée, pour vous battre en ce jour.
Tendô soupira. Encore une de ces fanatiques qui, pour une raison inexplicable, vouait un culte à Madara. Et une haine profonde à l'encontre de Fuki.
Pourtant, son visage n'avait rien de déplaisant. Rien ne révélait la méchanceté, la haine ou la folie dans ses traits finement ciselés.
- Adieu, Pain, fit soudain la Kaguya.
Tendô, surpris, se mit en garde et attendit. Quel nouveau tour lui préparait la kunoichi ?
Kimimaro mit ses bras en croix contre sa poitrine, se recroquevilla sur elle-même, et psalmodia :
- Samenagara Kinome no Mai… (danse de l'éveil du bourgeon)
Au moment où la jeune fille se levait et ouvrait à nouveau ses bras, les os quittèrent son corps. Par dizaines, par centaines, puis par milliers. La centaine d'os contenue dans son corps avait été soudainement décuplée, et un véritable nuage de ces armes atypiques fondit sur Tendô comme un oiseau de proie. Pendant ce temps-là, Kimimaro s'effondrait comme une poupée de chiffon : Il n'y avait plus un seul os dans son corps désarticulé.
Tendô soupira. Cette fois-ci, simplement esquiver serait insuffisant. Il allait devoir arrêter de s'économiser.
- Shinra Tensei ! (répulsion céleste)
La vague de répulsion fut si puissante que des morceaux de bitume furent arrachés du sol, et les os dispersés comme des fétus de paille. De plus, certains d'entre eux furent retournés à l'envoyeur, et les yeux pâles de Kimimaro s'écarquillèrent d'effroi. Alors que Nagato pensait la victoire acquise, la Kaguya parvint à se remettre debout, et à éviter les armes osseuses. La vitesse de régénération de la kunoichi laissa l'homme au Rinnegan pantois, un nouveau squelette avait remplacé l'ancien en une poignée de secondes.
Néanmoins, Kimimaro faisait profil bas. Elle réalisait peu à peu qu'elle était tombée contre le pire adversaire possible. Comment allait-elle passer la garde du maître de la gravité ? Sans compter que ce dernier pouvait contre-attaquer à une vitesse fulgurante en repoussant ses os vers elle.
Soudain, la jeune fille recouvra le sourire. Elle devait bien évidemment utiliser la règle des cinq secondes… Ce fameux intervalle durant lequel Tendô ne pouvait pas utiliser son pouvoir. Et elle avait la solution.
Kimimaro baissa la tête et se mit à charger son ennemi tête baissée.
La voyant courir vers lui, Nagato n'eut qu'un bref instant d'hésitation avant de prononcer les paroles annonciatrices du châtiment divin.
- Shinra Tensei ! (répulsion céleste)
Mais au grand dam de ce dernier, la kunoichi ne bougea pas d'un pouce. Nagato comprit instantanément le pourquoi du comment, ayant lui-même songé à cette éventualité. La Kaguya avait fait croître de façon exponentielle les os de ses pieds, qui s'étaient enfoncés profondément dans le sol. A l'instar d'un arbre dont les racines s'étiraient loin dans les entrailles de la terre, elle était désormais fixée au sol et inébranlable.
Nagato avait naïvement pensé que la Kaguya n'y penserait pas, mais celle-ci n'était pas née de la dernière pluie. De quoi regretter des types comme Kisame…
La surprise de Nagato redoubla quand il vit Kimimaro bondir vers lui comme un guépard. Alors comme ça elle avait déjà rétracté ses os ? La Kaguya avait définitivement une vitesse d'exécution hors du commun.
Tendô ne pouvait pas encore utiliser le Shinra Tensei, elle avait tout prévu.
Le corps de Pain essaya une esquive désespérée mais il était trop tard. Kimimaro sauta sur lui et le larda de coups de poings. Des pointes osseuses avaient poussé au niveau de ses phalanges, et Nagato sentit les os s'enfoncer dans son corps à de multiples reprises.
Au prix de beaucoup d'efforts, Tendô put finalement se dégager en portant un coup de coude à la Kaguya qui recula d'un pas.
Il en profita ensuite pour faire état de ses blessures. Celles-ci étaient peu profondes, mais abondantes. Bien évidemment, aucune ne saignait, le corps de Pain étant un cadavre dont les veines remplies d'hémoglobine n'étaient qu'un vague souvenir.
Cependant, l'énervement commença à gagner Nagato lorsqu'il sentit une longue balafre sur le visage de Tendô. Elle n'y était pas allée de main morte ? Bien, il allait lui rendre la monnaie de sa pièce avec le plan qu'il venait d'imaginer.
Tendô ferma les yeux, et Kimimaro attendit, confiante. Elle avait à nouveau prolongé l'extrémité de ses pieds et était par conséquent certaine de résister à la répulsion céleste.
Soudain, son adversaire s'envola au-dessus d'elle et s'écria :
- Banshou Tenin ! (Le trou noir divin)
Kimimaro sortit du sol comme un bouchon de champagne et monta dans le ciel à la rencontre de Tendô, attirée par ce dernier. Les proéminences de ses pieds s'étaient révélées tout à fait inutiles, cette fois-ci.
Le corps de Pain serra le poing, et Kimimaro sourit. Alors comme ça il pensait qu'elle viendrait bêtement s'empaler sur son poing, sans résistance ?
Lorsqu'elle fut à moins de deux mètres de Tendô, la Kaguya se concocta un impressionnant casque osseux garni de pointes, et se prépara au choc. Qui n'aurait probablement pas lieu, songea-t-elle. Aucun adversaire un tant soit peu intelligent ne frapperait sa protection à main nue. Ce serait comme balancer un caillou sur un bunker. Risible.
Son sourire se mua en grimace lorsqu'elle entendit Tendô murmurer :
- Shinra Tensei… (répulsion céleste)
La kunoichi eut l'impression de prendre un mur en pleine figure, avant de tomber à toute vitesse vers le sol, poussée par les forces jointes de la gravité naturelle et de celle de Tendô.
Elle s'écrasa par terre dans un bruit sourd, et Tendô redescendit lentement vers le sol, sur ses gardes. Il pensait avoir gagné mais la robustesse de Kimimaro pouvait le surprendre une fois encore …
Quelques secondes plus tard, Kimimaro était debout, une flamme de colère scintillant au fond de ses yeux.
Nagato avait beau s'y attendre, il déglutit avec difficulté.
Cette fille avait encaissé le plus puissant Shinra Tensei qu'il ait jamais exécuté. Le décor apocalyptique que formaient les lampadaires arrachés, les voitures retournées, et le sol en bouillie était là pour en témoigner.
Neji essuya la sueur qui ruisselait sur son front d'un geste las. Son arc lui avait pompé beaucoup de chakra au début de la bataille, et il était désormais fatigué, contrairement à l'ancienne porte-parole d'Amaterasu.
Konan, quand à elle, vivait un véritable cauchemar. Il n'y avait que peu de choses auxquelles elle tenait en ce bas monde, mais sa liberté et son indépendance en faisait partie. Madara allait payer pour ça.
Elle grimaça en voyant son corps se changer en origamis, puis lorsqu'une partie des feuilles de papier volèrent vers Neji. Le Hyûga avait adopté la garde classique pour un utilisateur du Jôken, et les attendaient de pied ferme, paume dressée.
Lorsque Neji disparut sous la trombe d'origamis, Konan fut envahie par la peur. Et si Neji n'avait plus assez de forces pour lui résister ? Elle ne se pardonnerait jamais d'avoir causé la mort d'un de ses amis.
Mais la haine remplaça vite l'angoisse dans le cœur de la kunoichi. Elle venait de réaliser que c'était là le plan de Madara. En leur redonnant leur conscience, il renforçait ses Ombres et augmentait la réticence de Fuki à les affronter. Mais ce n'était pas tout. L'Uchiha tenait à ce que les Ombres soient conscientes lorsqu'elles abattraient leurs anciens compagnons.
Madara était un véritable génie du mal, qui prenait son pied à faire souffrir tous ses ennemis tout en s'assurant la victoire.
- Kaiten : Le tourbillon divin !
Konan oublia un instant sa colère en constatant que Neji avait encore plus d'une corde à son arc. Il avait utilisé le tourbillon divin pour repousser la vague d'origamis, et attendait à présent la prochaine attaque de Konan avec assurance.
Cette dernière tomba des nues lorsqu'elle se vit projeter à nouveau une nuée de papiers vers Neji.
- Alors lorsque mon attaque échoue, je refais la même… Madara a dû se tromper en me reprogrammant… soupira-t-elle.
Soudain, ses mains se mirent à bouger toutes seules et elle reconnut vite la série de mudras.
- Fuuton : Kazekokyû (Le souffle du vent), indiqua-t-elle au Hyûga, avant d'ajouter, interdite :
- Mais qu'est-ce qu'il me fait faire, ce guignol ?
Elle comprit lorsque le vent rencontra les bouts de papier voletant dans la nuit, et les emporta à pleine vitesse vers Neji. Elle avait… Enfin son salopard de corps avait utilisé le Fuuton pour augmenter la célérité de ses origamis. Neji n'aurait jamais le temps d'exécuter le Kaiten…
La suite lui donna raison. Neji fut englouti par la nouvelle vague d'origamis, qui le momifia en quelques secondes.
Voyant son ami ainsi, en train de suffoquer, Konan mit de côté sa fierté et se mit à crier pour demander de l'aide. Hélas, ses appels se perdirent dans le fracas des combats et restèrent sans réponse.
Alors que Konan improvisait en son for intérieur une sorte de prière, les origamis qui recouvraient le corps de Neji commencèrent à se dissoudre, jusqu'à ce que le Hyûga en soit entièrement débarrassé.
Utilisant une technique de son clan, il avait tout simplement éjecté du chakra par toutes les pores de sa peau afin de perturber celui qui circulait dans les origamis, provoquant leur destruction.
- Fais-moi confiance, dit alors Neji. Je ne mourrai pas, alors arrête de te faire du mouron, ça ne te ressemble pas.
Konan eut un bref sourire, puis recouvra son impassibilité habituelle. De toute évidence, son corps n'avait pas dit son dernier mot.
Alors que ce dernier commençait à se recouvrir de bouts de papier, Neji fonça soudain vers la kunoichi et lui porta un coup à la poitrine, lui bouchant par là même un tenketsu.
Konan fit un bond en arrière, mais Neji n'en avait pas fini avec elle.
Revenant à la charge, il fut sur elle en un instant et lui porta un nouveau coup, bien moins puissant que le précédent. Cependant, le shinobi avait auparavant enveloppé sa main d'une couche d'électricité, et la kunoichi fut électrocutée. Son corps fut agité de violents soubresauts et s'effondra par-terre.
- Désolé Konan… murmura Neji.
Heureusement, il n'aurait plus à attaquer son amie, la décharge électrique l'ayant vraisemblablement envoyée au pays des songes.
Neji s'approchait du corps pour vérifier le pouls de l'Ombre lorsque ce dernier disparut dans une volée d'origamis.
« Un clone… » pensa Neji en réactivant son Byakugan, aux aguets.
Au moment où les nerfs qui entouraient sa pupille se gonflaient, il vit Konan surgir dans son dos. Neji bénit son Byakugan et pivota instantanément pour faire face à la kunoichi, qui avait une fois encore crié pour l'avertir.
Le rythme de la respiration de Neji s'était fait plus rapide et irrégulier, et, épuisé, il ne tenait presque plus sur ses jambes. Pour couronner le tout, il était presque à court de chakra…
« Je n'aurais jamais imaginé qu'il serait si dur de vaincre un ninja aussi puissant sans le tuer... » songea Neji.
Soudain, il sentit le contact du papier sur ses mains, et s'aperçut qu'une centaine d'origamis avait entreprit de s'agglutiner sur celles-ci. Maudissant son manque de concentration, Neji essaya de les dissoudre, mais il dut bientôt abandonner cette idée. Les feuilles de papier arrivaient par milliers, et il n'aurait jamais assez de chakra pour les détruire toutes.
Il fut alors soulevé dans les airs lentement mais sûrement par le grand nombre d'origamis qui entouraient ses poignets. Pendant ce temps-là, Konan volait vers lui un kunai à la main.
- J'ai l'impression d'être un crucifié prêt à être exécuté… ricana Neji.
- Et ça te fait rire ? s'écria Konan, au bord des larmes. Tu ne dois pas perdre, tu me l'as promis ! Je ne veux pas vivre avec ça sur la conscience.
Neji eut un sourire narquois.
- Je tiens toujours mes promesses.
Et dans un « pop », le Hyûga disparut.
Il avait fait le pari audacieux de sacrifier la majeure partie du chakra qui lui restait afin de créer un clone.
Konan n'eut même pas le temps de se retourner. La main droite de Neji se posa sur son épaule, et la décharge électrique l'envoya au pays des songes.
- Et voilà… murmura Neji, le souffle court.
Il sortit ensuite un parchemin d'une de ses poches, et commença à le lire. Kushina lui avait passé ce truc, une sorte de sceau de rétention à base de Fuuton, qui durerait un peu plus d'une heure.
Neji, faisant fi des combats qui se déroulaient à quelques mètres d'eux, utilisa son chakra pour graver des symboles dans le béton autour de Konan. Lorsqu'il eut achevé le cercle, il posa sa paume au cœur de la zone prévue à cet effet, et recula, curieux de voir ce qui allait se passer.
Il ne fut pas déçu. Le corps de Konan se mit à monter dans le ciel, puis à tourner sur lui-même, au cœur de la tornade que le sceau avait généré.
- J'espère qu'elle n'aura pas le tournis en se réveillant, auquel cas ça va chauffer pour mon matricule la prochaine fois qu'on se verra… fit alors Neji en se grattant la tête.
- Alors tu es Kabuto, c'est ça ? Enchantée, moi c'est Kushina.
Le ninja médecin, l'esprit encore brumeux après deux ans d'inactivité cérébrale (à l'instar des autres Ombres, excepté Kiba qui en comptait vingt), mit quelques instants à comprendre à qui il avait affaire.
- Euh… Kushina, la mère de Naruto ?
- Yeah ! lui répondit la femme.
- Et bien ravi de vous rencontrer, Kushina. Bien que mon corps ne semble pas de cet avis, ajouta-t-il en baissant les yeux vers les quatre shurikens que sa main droite venait de saisir.
Les quatre projectiles jaillirent vers la femme qui baissa la tête pour les esquiver. Voyant que de nouveaux shurikens apparaissaient entre les doigts de Kabuto, elle remonta la manche droite de son tee-shirt et posa le pouce sur le sceau qui avait été dessiné sur son avant-bras.
Sans un bruit, plusieurs shurikens apparurent au-dessus du sceau, et Kushina s'empressa de les projeter devant elle.
Ses armes invoquées rencontrèrent tous celles de Kabuto dans un bruit métallique, et le sol fut bientôt jonché de dizaines de shurikens. Kushina lançait ses étoiles à un rythme soutenu, jusqu'à ce qu'un des shurikens de Kabuto ne trompe sa vigilance et s'enfonce dans son bras.
Kushina poussa un petit cri, et recula de quelques pas.
- Je suis désolé… murmura Kabuto, anéanti.
- Tu n'y peux rien, répondit la kunoichi en arborant un sourire forcé.
Elle avait fait preuve d'un peu trop d'audace en cherchant à parer les shuriken de Kabuto avec les siens. En effet, l'exercice était cent fois plus difficile pour le défenseur que pour l'attaquant, ce dernier se contentant de balancer ses armes vers le corps de l'adversaire, cible bien plus grande et statique.
Dans le monde de Naruto, Itachi y était parvenu lors de son combat contre Sasuke, mais l'Uchiha lui était bien entendu supérieur dans ce domaine, le sharingan n'arrangeant rien à la donne.
- Bon, de toute évidence, je ne suis pas assez balèze avec les armes, il va falloir passer à autre chose, sourit la membre de Fuki.
- Le Ninjutsu ? suggéra Kabuto.
Kushina partit dans un grand éclat de rire, surprenant son adversaire et les ninjas qui se battaient à côté d'eux.
- Le Ninjutsu ? Des choux mon vieux, ce truc là c'est pour les nazes ! Sache, pour ta gouverne, que je suis la reine du Fuuinjutsu !
Au vu de l'air ahuri qu'arborait Kabuto, Kushina crut bon d'ajouter :
- Le Fuuinjutsu, l'art des sceaux !
- Je sais bien, rétorqua Kabuto, vexé, alors que son corps repartait à l'assaut. J'avais juste du mal à…
Il se tut lorsque son kunai manqua de décapiter Kushina, qui avait esquivé au dernier moment.
- … Du mal à concevoir que quelqu'un puisse être un maître dans l'art du Fuuinjutsu. Vu que je suis une grosse blague dans ce domaine et que ça me fait royalement chier.
Kushina tiqua, mais esquiva sans mal une nouvelle attaque.
- Alors la mon coco… Dès que tu seras redevenu l'humain que tu étais avant d'être lobotomisé par Madara, on réglera quelques petites choses…
Kabuto déglutit. Pour la première fois depuis qu'il avait repris conscience, une petite partie de lui n'avait plus tellement envie d'être délivré du sceau du Yondaime.
Kushina parla alors avec emphase :
- Pour la peine, je vais abréger ce combat, et faire en sorte que tu reconnaisses le Fuuinjutsu pour ce qu'il est. Le plus puissant des arts ninjas et…
Elle fut interrompue par une nouvelle volée de shurikens, et soupira quand Kabuto se répandit de nouveau en excuses.
Lorsque ce fut au tour d'une dizaine de senbons de s'envoler vers elle, Kushina n'essaya même pas d'esquiver.
Les aiguilles explosèrent sur le bouclier d'énergie qui venait d'apparaître devant elle.
- Les sceaux, c'est ça mon gars ! Et crois-moi c'est la grande classe !
Kabuto n'était pas aussi impressionné par la protection de la jeune femme que par son caractère. D'un monde à l'autre, Kushina restait une folle hyperactive en fin de compte.
Voyant que ses mains se remettaient à bouger toutes seules, Kabuto se concentra et reconnut les mudras du jutsu qu'il s'apprêtait à lancer.
- Raiton : Chidori ! (Les mille oiseaux)
Le ninja médecin se rua alors vers Kushina, brandissant son bras chargé d'électricité devant lui.
Réalisant que sa protection ne suffirait pas, Kushina sortit un parchemin d'une de ces poches, et assimila rapidement le sceau qui y était contenu, le motif se dessinant sur la paume de sa main. Elle leva ensuite les yeux vers Kabuto, une lueur farouche dans ses yeux clairs.
Ce dernier projeta son bras vers Kushina, qui le para… avec sa main.
Une expression d'horreur recouvrit le visage de Kabuto, il allait sans aucun doute déchiqueter la chair de Kushina, et il ne pouvait rien y faire !
Son visage passa ensuite de l'horreur à la surprise, puis de la surprise au soulagement. Aussi incroyable que cela puisse paraître, la main nue de Kushina avait réduit le Chidori à néant.
Pour seule explication, Kushina leva sa main et montra le sceau qui s'y était dessiné.
- C'est un sceau d'absorption, un des plus puissants que j'ai conçu.
Bien que sa fierté mal placée du ninja médecin l'empêchait de l'admettre, le Fuuinjutsu pouvait bel et bien se révéler surpuissant…
Poussant son avantage, Kushina décida d'en finir.
Elle exécuta une série de signes très complexe, puis exhiba un nouveau rouleau de parchemin qu'elle déroula sur le sol.
Quelques instants plus tard, une sorte de dôme de chakra recouvrait un Kabuto étonné. Ce type de jutsus comptait parmi les plus puissants, mais était très coûteux en chakra…
- L'avantage des sceaux, c'est qu'ils nécessitent beaucoup moins de chakra que le Ninjutsu. Le désavantage, c'est qu'ils ne servent qu'une seule fois, et qu'ils sont très difficiles à concevoir, déclara Kushina, répondant à la question muette de l'Ombre.
Kabuto nota l'information, puis demanda à la rousse :
- Et comment penses-tu t'y prendre au juste ? Ce n'est pas en m'enfermant dans cette bulle que…
- Tais-toi et apprends, sourit Kushina.
Elle composa les ultimes sceaux de sa technique, et Kabuto cessa de bouger, comme paralysé.
C'est le moment que choisit Neji, qui venait de terminer son combat, pour courir vers elle.
- Alors, tu t'en es sortie ?
- Comme tu peux le voir, répondit sobrement Kushina.
Neji plissa les yeux pour distinguer Kabuto dans l'obscurité, puis lança :
- Un sceau de paralysie ?
- Raté. Je pensais qu'un Hyûga verrait la différence entre un bête sceau de paralysie et cette œuvre d'art, rétorqua Kushina, offensée.
Bon gré mal gré, Neji surmonta sa fatigue pour activer son Byakugan, et ce qu'il vit le stupéfia.
- Incroyable… Tu y es donc arrivée ? Jiraya s'était pourtant cassé les dents sur ce projet…
Kushina sourit de toutes ses dents.
- Mais moi je suis la meilleure, yeah !
Neji désactiva son Dôjutsu en hochant la tête. Kushina avait créé un sceau de contrôle du temps. Au moment même où ils parlaient, Kabuto était en train de se rapprocher d'eux, mais une seconde pour lui équivalait à plusieurs heures pour un observateur extérieur. Le ninja médecin bougeait désormais au ralenti.
- Tayuya… La dernière fois que je t'ai vue, c'était à la grotte lorsque je réparais l'autel, entonna Sasori.
- Oui je me souviens bien de toi, beau gosse…
Le marionnettiste sourit, jusqu'à ce que Tayuya ajoute :
- Tu es le lâche qui nous a abandonné à notre sort.
Sasori fit une grimace et protesta :
- Je me suis battu…
- Parce que tu n'avais pas le choix, compléta Tayuya d'une voix amère. Moi, je me suis battue non pas pour sauver ma peau mais pour Amaterasu et le monde entier.
Et au final, je suis prisonnière d'un corps qui ne m'obéit plus, une marionnette… Mais bien entendu, tu adores ça, les marionnettes, alors tu ne voies pas le problème évidemment.
Sasori eut un geste de recul.
- Que me vaut tant de hargne ? J'ai peut-être agi bêtement par le passé, mais j'ai passé ces deux dernières années à résister contre l'Empire.
- Peuh, rétorqua Tayuya, dubitative.
Les deux ninjas s'affrontèrent du regard quelques instants, puis Sasori baissa les yeux.
- Je suis désolé… J'espère que vous pourrez un jour me pardonner.
- Pour l'instant, j'avoue éprouver un peu trop de rancœur pour ça, mais sait-on jamais… Tu es si mignon que je devrais un jour pouvoir passer l'éponge. Et…
Tayuya s'interrompit lorsqu'elle s'empara de sa flûte.
- On dirait que les hostilités vont commencer…
Dans un nuage de fumée blanche, cinq créatures fantasmagoriques apparurent autour de Tayuya, leur apparence surnaturelle étant amplifiée par l'obscurité.
- Tu peux en contrôler cinq ? s'étonna Sasori.
- Ouaip. Je sais que tu peux manipuler bien plus de marionnettes que ça, mais l'avantage et que la liaison entre mes invocations et moi ne peut pas être coupée.
Voyant que Sasori ne comprenait pas, elle reprit :
- Tu as besoin de fils de chakra pour diriger tes marionnettes. S'ils sont coupés, tes marionnettes ne seront plus qu'un tas de bois inutile. Les ondes sonores, elles, ne peuvent pas être bloquées aussi facilement.
Sasori sourit.
- Impressionnant, je vois que tu as potassé le sujet. Mais… Comment comptes-tu t'y prendre pour couper mes fils ? Ce n'est pas si évident…
- J'ai un plan. J'espère que mon corps n'y pensera pas aussi…
Tayuya reporta son attention sur la main qui tenait la flûte, et grimaça. Elle ne supportait pas de voir son corps toucher à sa flûte sans son autorisation !
Dans un ensemble parfait, les cinq créatures difformes se jetèrent à l'assaut de Sasori, qui se contenta d'écarter les bras.
Il y eut une déflagration, et les cinq corps volèrent en éclat, déchiquetés par les explosifs que Sasori avait caché sous terre à l'insu de tous.
Malgré leurs différends, la vie de Sasori avait plus de valeur que celles des invocations de Tayuya, et cette dernière se contenta d'un petit soupir.
- Je vois que Deidara a eu une mauvaise influence sur toi… Il me semblait que tu préférais les pièges plus discrets, avant.
- Les gens changent… Et moi aussi, j'ai changé. C'est pourquoi j'ai cessé de me cacher et que je me bats aujourd'hui, répondit Sasori en invoquant une douzaine de marionnettes.
Soudain, Tayuya écarquilla les yeux en sentant le flux de chakra qui remontait sa gorge.
- Et merde, on dirait qu'il connait bien mon plan, tout compte fait… Dis adieu à tes marionnettes mon coco, conclut Tayuya en se mordant les lèvres.
Sasori avait beau gamberger, il ne voyait pas ce que comptait faire la flûtiste.
Sentant qu'elle passerait bientôt à l'offensive, Tayuya s'empressa de le mettre au parfum.
- Il y a quelques temps, j'ai découvert quelque chose d'extraordinaire… J'ai soufflé dans ma flûte tout en envoyant une certaine dose de chakra dans a flûte. Les résultats ont dépassé toutes mes espérances, j'ai carrément créé un nouveau type de son.
Ses yeux se perdirent au loin, puis elle continua :
- C'était mon petit projet secret, et j'ai fait beaucoup d'expériences, en variant les notes et la quantité de chakra envoyée dans la flûte. Et selon le dosage… Ce son a potentiellement le pouvoir de dissoudre le chakra.
Au moment où Tayuya finissait sa phrase, sa flûte s'enfonça dans sa bouche, et elle commença à jouer. La mélodie qui s'échappa de l'instrument pétrifia Sasori. Il n'avait jamais rien entendu de tel. Ce n'étais pas particulièrement beau, mais c'était… différent. Quelque chose dans cette musique le faisait frissonner.
Lorsque la mélodie cessa, Sasori eut l'impression d'avoir été réveillé en sursaut. Il tourna la tête en tous sens, et vit que ses marionnettes s'étaient toutes effondrées. Ses fils de chakra avaient disparu.
- Incroyable… souffla-t-il.
Sasori eut à peine le temps de se remettre en garde que Tayuya reprenait sa flûte. Une fois encore, l'étrange musique s'échappa de l'instrument, faisant tourner les têtes des autres combattants de Fuki, curieux.
Mais cette fois-ci, la mélodie était différente, et Sasori supposa que le dosage de chakra et les notes devaient être différents.
Lorsque Tayuya commença à léviter, avant de tout bonnement voler, le marionnettiste déglutit. Il n'aurait jamais cru cela possible.
Une nouvelle mélodie provoqua l'apparition d'une série de boules de feu qui manquèrent Sasori de peu.
Ce dernier comprenait peu à peu la portée de la découverte de Tayuya. Cette dernière avait tout simplement révolutionné le monde shinobi. Elle avait inventé un nouveau grand art ninja, l'Onpujutsu (Art des techniques musicales). Avec sa flûte, elle était virtuellement capable d'utiliser tous les éléments du Ninjutsu, et plus encore…
Comprenant qu'il y avait danger, Sasori décida d'entrer tout de suite dans le vif du sujet.
De multiples lames jaillirent de ses bras, et il s'élança à l'encontre de la jeune fille.
Tayuya avait beau savoir que le marionnettiste ne lui ferait pas de mal, la vision de son adversaire la chargeant était assez effrayante.
La kunoichi se contenta de prendre de l'altitude pour éviter Sasori, son jutsu de vol étant toujours actif.
Lorsque Sasori fut de retour sur la terre ferme, elle utilisa sa flûte pour générer une bourrasque de vent, qui frappa le marionnettiste à pleine puissance. Il percuta un lampadaire, et ne bougea plus.
Inquiète, Tayuya se rapprocha du corps de Sasori, un kunai à la main.
- Réveille-toi ! s'exclama-t-elle au comble du désespoir en levant son kunai pour l'abattre sur la nuque du ninja.
Sasori ne bougea pas, et le kunai s'enfonça dans la chair.
Tayuya voulait arracher le couteau et le jeter au loin, mais elle ne le pouvait pas. Ses doigts demeuraient serrés autour du manche de l'arme, envers et contre tout.
- Décidément, Tayuya fait les même erreurs dans un monde comme dans l'autre, fit la voix moqueuse de Sasori.
La flûtiste, surprise, se retourna, et n'eut pas le temps d'esquiver le câble d'acier qui s'enroula autour de sa flûte, et la lui arracha des mains.
- Pour battre Tayuya, il faut la forcer à se battre au corps à corps, à utiliser un kunai plutôt que sa flûte, dixit Shikamaru, expliqua Sasori.
- Comment as-tu fait pour te retrouver derrière-moi ? Un clone ? s'enquit Tayuya en coulant un regard vers le deuxième Sasori qui avait pris le lampadaire en pleine tronche.
- Exactement, et ce depuis le début du combat. Pendant ce temps, je me cachais sous terre…
- Toujours aussi trouillard, lança Tayuya d'une voix narquoise. En tout cas, tu m'as bien eue…
Sasori se permit un sourire victorieux.
- Et oui. Qui aurait cru que le marionnettiste s'abaisserait à utiliser des clones ? Je ne sous-estime jamais mes adversaires, et je suis tout à fait conscient de la vulnérabilité des fils de chakra.
Soudain, Tayuya bougea à une vitesse surprenante et d'un coup de kunai, trancha le câble qui lui avait subtilisé sa flûte. Elle récupéra rapidement son instrument, sous l'œil tétanisé de Sasori. Cette vitesse…
- Apparemment, tu avais oublié que le jutsu de vol étais toujours actif, et ce jutsu augmente énormément ma célérité, se moqua gentiment Tayuya. Tu disais quoi à propos de sous-estimer tes adversaires ?
Sasori se tut, puis sourit :
- Tu aurais pu me prévenir, non ?
- Ça aurait été moins amusant, et je n'aime pas qu'on touche à ma flûte, répondit la kunoichi en lui tirant la langue.
Sur ce, elle souffla à nouveau dans sa flûte, et un nouvel air parvint aux oreilles de Sasori. Cette fois-ci, il lui semblait qu'il y avait beaucoup moins de chakra que précédemment. Que préparait-t-elle au juste ?
L'avertissement de la jeune fille vint trop tard.
- Genjutsu !
Tayuya s'approcha de Sasori, qui gardait les yeux clos, pris dans un Genjutsu très puissant.
Elle cria à pleins poumons, mais rien n'y faisait, le marionnettiste ne bougeait pas, et Tayuya dégaina à nouveau son kunai.
« Encore cette erreur de chercher le corps à corps, mais cette fois, je doute que ça suffise à le sauver » pensa-t-elle avec effroi.
Alors que Neji et Kushina, qui en avaient fini avec leur adversaire respectif, s'élançaient à la rescousse de Sasori, ils s'arrêtèrent subitement, le sourire aux lèvres.
Tayuya ne comprenait pas leur réaction, et allait se remettre à crier pour leur dire de se bouger lorsque la voix grave de Sasori chuchota à son oreille.
- Bravo, tu as été formidable.
Un instant plus tard, elle perdait connaissance, assommée par la manchette de son ancien sempai.
Neji et Kushina s'empressèrent de rejoindre le marionnettiste, le Hyûga s'exclamant :
- Alors Sasori, on a du mal contre la petite Tayuya ? Tu rouilles, mon vieux.
Son vis-à-vis lui lança un regard noir.
- Tais-toi, crétin. Elle t'aurait peut-être battu si tu avais dû l'affronter…
Neji rigola, puis retrouva son sérieux lorsqu'il comprit que Sasori ne plaisantait pas.
Pendant que ses deux amis regardaient les autres combats en cours, le marionnettiste s'assit pour reprendre son souffle. Il avait bien fait de prendre deux précautions plutôt qu'une… Au début du combat, il avait laissé un clone pour prendre sa place puis s'était caché sous terre.
Par la suite, lorsqu'il avait eu l'opportunité de prendre Tayuya par surprise, Sasori avait préféré envoyer une marionnette jouer le rôle de l'original. La kunoichi pensant probablement qu'il n'utiliserait plus de marionnettes du fait de la menace de son jutsu de dissolution du chakra, il aurait une fois encore l'effet de surprise, au cas où Tayuya ferait preuve d'une résistance inattendue.
Et c'est ce qui s'était passé. Le deuxième avantage de la marionnette était qu'elle était insensible au Genjutsu. Ainsi, pendant que Tayuya perdait son temps à envoûter le pantin, il était enfin sorti du sol pour lui porter le coup de grâce. Une tactique pas très loyale, mais efficace.
- J'ai pas tout compris, mais ça pète ! s'enthousiasma Neji lorsque Sasori lui eut expliqué le déroulement de son combat.
Sasori leva les yeux au ciel, puis se tourna vers le combat qui opposait les deux amoureux, Orochimaru et Anko.
Depuis de longues minutes, Anko frappait dans le vide, Orochimaru se contentant d'esquiver les coups de sa dulcinée.
Orochimaru n'avait pas encore eu le temps de dire le moindre mot à Anko, cette dernière s'étant aussitôt ruée à l'assaut de son petit ami. Le serpent n'attendait qu'une chose, que le corps d'Anko cesse de l'attaquer et qu'ils puissent enfin se parler, qu'il puisse enfin entendre le son de sa voix. Mais il savait qu'aucune occasion de ce genre ne se montrerait d'elle-même. Il devait immobiliser Anko pour que cette dernière puisse s'exprimer sans crainte de le déconcentrer.
Sur cette pensée, Orochimaru cracha un serpent qui s'envola jusqu'à Anko et s'enroula autour de ses bras. Il courut ensuite à la rencontre de la kunoichi et la prit par les épaules.
- Anko, mon amour, tu dois te dépêcher de me parler, nous avons si peu de temps et tant de choses à partager…
Mais tout ce qu'Anko exprima, ce fut une petite larme qui coula sur sa joue.
Les yeux jaunes d'Orochimaru s'ancrèrent dans ceux de la kunoichi, et il comprit. Madara avait modifié le sceau et l'avait privée de la parole… Et il l'avait fait à elle, et seulement à elle. Inutile d'être un génie pour comprendre pourquoi… Madara cherchait à l'atteindre lui à travers elle. Un coup d'une bassesse rare, qui collait parfaitement au personnage.
Pourtant, il y avait quelques minutes à peine, Anko lui avait parlé, la modification était donc récente. Sûrement programmée, puisque Madara ne contrôlait pas les Ombres en temps réel. L'Uchiha avait tout prévu pour lui causer le plus de mal possible, dans sa déception de n'avoir pu rallier le scientifique à sa cause.
Orochimaru recula de quelques pas, puis poussa un hurlement de rage. Son insouciance habituelle n'était plus qu'un vague souvenir. Le masque s'était brisé, laissant libre court à toute sa haine.
- Madara, sale enfoiré !
Mais il croisa à nouveau les yeux d'Anko, et se calma immédiatement. Qu'importe, il n'avaient pas besoin de mots pour communiquer. Et les yeux magnifiques de sa petite-amie lui criaient d'oublier sa colère pour profiter de l'instant présent, du peu de temps qu'il leur restait.
- Tu as raison, ma puce, murmura Orochimaru. Tu ne peux pas parler, et bien soit, je parlerai pour deux…
Soudain, le serpent qui entravait Anko explosa, libérant la jeune fille qui joignit aussitôt sa main. De toute évidence, le corps d'Anko avait décidé de passer au Ninjutsu…
- Fait chier…
Une boule de feu s'échappa des lèvres de la jeune fille, mais Orochimaru l'esquiva d'un simple mouvement de tête. Cependant, Anko l'avait prévu et Orochimaru ne vit la deuxième boule de feu qu'au dernier moment. Cachée derrière la première…
Ses doigts bougèrent tout seuls, malaxant le chakra nécessaire au jutsu qui le protégerait.
- Doton : Doryuu Heki ! (le mur de terre)
La boule de feu s'écrasa contre le mur, qu'Orochimaru s'empressa de faire disparaître ensuite. Pas assez vite cependant, puisqu'il ne vit le serpent qu'au dernier moment. L'ophidien invoqué par Anko lui sauta au cou et le mordit.
Orochimaru laissa échapper un rictus puis l'arracha et le lança au loin.
- Essayer de m'empoisonner moi… Tu n'aurais jamais fait quelque chose d'aussi inutile, Anko… murmura Orochimaru pour lui-même.
Cependant, même si les attaques d'Anko ne l'avaient pour l'instant que fort peu affecté, il avait toujours un temps de retard, ce qui était pour le moins inhabituel. Et fort désagréable.
- Je n'aurais jamais cru que ne faire que se défendre serait si difficile, maugréa-t-il.
- Katon : Goukakyuu no jutsu ! (La boule de feu suprême) lança Anko à l'adresse d'Orochimaru pour le prévenir.
Ce dernier contempla la sphère enflammée un instant. Ce jutsu était très célèbre et assez commun, mais il faisait partie des jutsus Katon les plus puissants. Il ne fallait jamais le sous-estimer.
- Kinton : Kinryuu Heki. (le mur d'acier)
Le feu fut bloqué par le Kekkai Genkai, et Orochimaru profita du laps de temps que lui avait procuré sa parade pour songer à un plan pour la suite.
Mais il fut pris de court par la vitesse d'Anko qui sauta par-dessus le mur d'acier et se jeta sur lui, le lardant de coups de poings. Orochimaru ferma les yeux, essayant d'oublier la douleur, et surtout, le fait que celle qui l'aimait en était la raison.
Soudain, la douleur s'arrêta, et il ouvrit lentement les yeux. Pour une raison ou une autre, le poing de sa petite amie s'était arrêté en vol.
- Anko ?
La main de la kunoichi trembla, et Orochimaru comprit que cette dernière avait réussi à contrer l'influence du sceau. C'était donc possible !
Pris d'un espoir fou, Orochimaru lui saisit délicatement le poignet, et vissa ses yeux dans les siens.
- Anko, tu m'entends ?
Orochimaru lut la réponse dans ses yeux, mais il y lut aussi une grande concentration. Il avait rarement décelé une telle volonté dans le regard de quelqu'un, et il comprit qu'Anko serait la seule à pouvoir résister à l'emprise du sceau parmi les Ombres présentes. Car c'était une volonté inébranlable, dictée par la force de ses sentiments pour Orochimaru qui retenait la main de la kunoichi.
- Le pouvoir de l'amour… ricana Orochimaru d'une voix faible. On se croirait dans l'happy end d'un navet américain.
Soudain, le poing d'Anko trembla plus fort, et Orochimaru comprit qu'elle allait perdre le contrôle. Ainsi, échapper à cette saloperie était vraiment impossible…
Mais à la grande surprise d'Orochimaru, Anko ne fit qu'accentuer sa concentration, à tel point qu'elle commença à saigner du nez. Et lentement, très lentement, son poing pivota sur lui-même.
Et à une vitesse phénoménale, il percuta la joue de la jeune fille.
Lorsque le corps d'Anko s'effondra sur lui-même, Orochimaru était trop abasourdi pour réagir.
Comprenant qu'Orochimaru en serait incapable, elle avait réuni tout son courage et sa force mentale pour se mettre K.O elle-même.
Les larmes aux yeux, le serpent sortit une bague de sa poche et la fit bondir dans sa main ouverte. Ce n'était que partie remise. Un jour, lorsque tout ça sera terminé, il la lui passerait au doigt et ils vivraient heureux pour l'éternité.
Il caressa une dernière fois la joue d'Anko, puis se tourna vers Kushina qui comprit le message. La maîtresse des Sceaux concocta rapidement un sceau de rétention, qui paralyserait l'Ombre au cas où elle se réveillerait.
- Elle est parvenue à résister au sceau, déclara Orochimaru à brûle-pourpoint. Je ne pensais pas que ce serait possible.
- Moi non plus, admit Kushina. Mais elle ne pourra jamais s'en débarrasser de son propre chef. Il lui faudrait nécessairement une aide extérieure, un sceau par exemple. Ou bien le jutsu que Jiraya va essayer sur Hashirama.
Orochimaru se leva puis se força à détourner les yeux du corps de sa petite-amie. La voir ainsi lui faisait mal.
Ses lèvres se retroussèrent en un demi-sourire lorsqu'il vit Sakura et Tsunade s'affronter dans un duel de Taijutsu.
- Le maître et l'élève… Et toutes deux de grosses bourrines, ajouta-t-il lorsque Tsunade pulvérisa un mètre carré de béton comme s'il s'était agit de papier mâché.
- Tu es toujours aussi forte, Tsunade, commenta Sakura en souriant.
- Je te retourne le compliment, ma vieille. Tu m'étais déjà supérieure, avant. Alors maintenant…
Sakura sourit à nouveau, puis dit :
- Je suis désolé de ce qui vous arrive… Je n'aurais jamais pensé que vous endureriez un tel traitement, que Madara ferait de vous ses jouets… Je voulais que tu saches que si je l'avais prévu, je serais restée avec vous jusqu'à la fin, quitte à perdre le contrôle de mon corps moi aussi.
Tsunade leva la main :
- Ne dis pas de bêtises, tu as fait ce qu'il fallait. Vous êtes notre dernier espoir, vous savez. Même si l'élu ne montrera jamais le bout de son nez, j'ai foi en Fuki, j'ai foi en les membres d'Amaterasu qui sont encore libres. Vous allez nous sortir de là.
Sakura plissa les lèvres. De tout son cœur, elle le souhaitait, mais Jiraya et Kushina piétinaient sur le sceau d'annulation depuis plus d'un an…
La kunoichi repoussa ses soucis dans un coin de sa tête en s'apercevant que Tsunade revenait à la charge.
Tsunade concentra son chakra dans son poing droit, comme elle en avait l'habitude, et Sakura en fit de même.
Les deux poings s'entrechoquèrent dans un bruit terrible, et les deux filles furent repoussées de plusieurs mètres par l'onde de choc. Sakura, une fois de plus, avait vu juste, et avait su doser parfaitement son chakra de façon a annuler le coup de son adversaire, et ce sans lui causer de dommages.
Avant que Tsunade ne puisse recommencer à frapper, Sakura joignit ses mains et ferma les yeux. Elle allait utiliser son plus puissant Genjutsu pour mettre son amie hors d'état de nuire.
Lorsqu'elle rouvrit les yeux, ce fut pour constater que Tsunade continuait d'avancer comme si de rien n'était.
- Comment...
Soudain, tout devint clair pour la kunoichi. Madara, au moyen de son sharingan ou du sceau, avait protégé les Ombres contre le Genjutsu.
- Il a pensé à tout… Il vous a protégé du Genjutsu, révéla-t-elle à Tsunade.
Celle-ci accusa le coup, avant de bondir à nouveau le poing levé.
Sakura s'écarta en vitesse, et put voir Tsunade démolir tout une section de bitume.
La rue dans laquelle ils se trouvaient serait marquée à jamais par cette nuit fatidique. Après les explosifs de Deidara, elle goûtait à présent à la douceur de Tsunade.
En entendant le cri de douleur de Rai à quelques pas d'eux, Sakura se souvint que sa fonction première était de soigner les blessés. Elle devait de toute urgence porter secours à ses amis, et par conséquent en finir avec Tsunade.
Sakura plissa les yeux, et concentra une grande quantité de chakra dans ses pieds. Elle avait toujours été la meilleure pour gérer son chakra. Peut-être pas du niveau d'Itachi mais lui, il trichait avec son sharingan…
Penser à son défunt petit ami ferma le visage de Sakura, et renforça sa résolution. Elle ne laisserait aucun de ses amis mourir.
Au moment où Tsunade se tournait vers elle, Sakura relâcha tout son chakra d'un coup, ce qui eut pour effet de lui conférer une vitesse extraordinaire, du fait de la poussée du chakra.
Elle heurta Tsunade comme un missile, l'envoyant instantanément au pays des songes.
On avait beau dire, il n'y avait rien de tel que la force brute. Les petits grigris et le Ninjutsu, c'était bien beau, mais ça ne garantissait jamais la victoire.
Sakura prit le pouls de son amie assommée, et, rassurée, partie à la rencontre de Rai. Ce dernier lui avait semblé en difficulté, ce qui n'étais pas improbable puisqu'il affrontait un cador, en l'occurrence Gaara.
Rai était complètement dépassé. Contre un tel adversaire, sa vitesse ne lui était d'aucun secours, le sable affluant de toute part. Trois fois, il avait frappé le sol de son marteau, trois fois les vagues de sable avaient été éparpillées. Mais à chaque fois, le sable était revenu à l'offensive.
Le seul motif de satisfaction pour Rai, c'était que Shukaku n'était pas intervenu, et n'interviendrait sûrement pas. Apparemment, le sceau ne pouvait pas contrôler le bijuu qui sommeillait en son porteur, il n'avait pas la puissance nécessaire.
- Ce diable de marteau ne me servira à rien. Sans compter qu'il pompe énormément de chakra… nota Rai tout haut.
La réincarnation donna un dernier coup de marteau sur le sol -pour la route-, avant de le jeter derrière lui. En dépit de tout le respect qu'il avait pour la relique, il n'avait pas le temps de la poser en douceur.
L'onde de choc créée par le marteau propulsa le sable au loin, et Rai profita de l'ouverture. Il bondit au maximum de sa vitesse et fut dans le dos de Gaara en un éclair.
A cette vitesse, le sable ne pourrait pas le suivre, mais la dépense de chakra était exorbitante. Rai avait beau avoir de grosses réserves, elles n'égalaient pas celle d'un Jinchuuriki et il ne pouvait donc pas se permettre de voir le combat durer.
De son énorme poing, Rai pulvérisa la jarre de Gaara. Il n'eut pas le temps de savourer cette petite victoire, car le sable contenu dans la jarre enveloppa sa main droite, et commença à la broyer.
Rai essaya de se dégager, mais rien n'y faisait. La pression exercée par le sable de Gaara était trop forte. En désespoir de cause, il réunit une quantité gigantesque d'électricité dans la main entravée, et se mit à chauffer le sable. Il ne maîtrisait pas le Suiton et ne pouvait donc pas mouiller le sable pour l'alourdir. Il ne pouvait pas non plus utiliser les jutsus Katon qui lui auraient permis de faire monter le sable à la température nécessaire à la transformation en verre. Mais qu'importe, la foudre aussi pouvait brûler.
La concentration du chakra Raiton dans la main de Rai était telle que la paume de cette dernière avait été brûlée au troisième degré. Le shinobi avait compris que le sable ne le lâcherait plus, et donc que sa main était perdue. Mais qu'importe, celle-ci allait emporter cette saleté de sable dans la tombe.
Dans une décharge d'énergie fantastique, la totalité du sable de Gaara fut instantanément vitrifiée, et Rai put retirer sa main. Du moins ce qu'il en restait… En effet, de la puissante main du shinobi, il ne restait plus qu'un lambeau de chair pendant sur un moignon.
Rai utilisa sa main gauche pour trancher ce qui restait de l'autre, le tout sans manifester une quelconque souffrance.
Lorsqu'il releva les yeux, il comprit que Gaara s'en voulait terriblement. La réincarnation du Kazekage était sans doute celui qui vivait le plus mal sa situation actuelle, puisqu'il avait perdu sa seule façon de communiquer. En effet, le muet ne pouvait plus utiliser son sable pour écrire. Mais nul besoin de mots pour Rai, la douleur dans les yeux violets de Gaara lui suffisait.
- Ne t'en fais pas, tu n'es pas responsable, lui assura Rai. En tout cas, voilà un point commun de plus entre le Raikage de l'autre monde et moi... ajouta-t-il dans un sourire.
Rai contempla une dernière fois son bras amputé avec intérêt, puis regarda à nouveau son adversaire. Celui-ci n'était plus protégé que par un minuscule écran de sable, tout entier concentré à l'avant.
Rai lança alors en direction de Gaara :
- J'ai peut-être perdu ma main, mais toi, tu n'as presque plus de sable, et ce n'est pas ici que tu vas en trouver…
Le jinchuuriki fit la moue, signe qu'il désapprouvait Rai. De toute évidence, il semblait capable de trouver du sable en plein centre-ville de Tokyo…
Gaara leva les deux mains, et la terre se mit à trembler.
C'est avec horreur que Rai comprit ce que le jinchuuriki avait l'intention de faire. Ce taré était en train de faire remonter le sable contenu dans le sol à la surface. De toute évidence, il se pensait capable de traverser la couche de béton… Et étrangement, quelque chose disait à Rai que son ancien ennemi y arriverait.
Rai devait agir très vite, car lorsque Gaara aurait récupéré son sable, ils se retrouverait dans la situation initiale, mais avec moins de chakra et une main en moins…
Il ramassa le marteau de Thor, et le projeta de toutes ses forces vers Gaara.
Ce dernier baissa les bras pour éviter le marteau, stoppant ainsi l'extraction puis la remontée du sable.
Mais la joie de Rai fut une fois encore de courte durée, car Gaara releva les bras aussitôt après avoir esquivé, et reprit sa folle entreprise.
Cependant, l'agent double avait atteint son but… Il restait assez de sable à Gaara pour le protéger d'une attaque frontale, mais pas par derrière…
Rai ferma les yeux et fut bientôt enveloppé par un champ électrique, sous l'œil curieux et plein d'espoir de Gaara.
Soudain, le sol fut comme frappé par un marteau-pilon géant, et Rai comprit que le sable était arrivé sous la couche de bitume. Ce dernier constituait le dernier rempart à sa défaite. Et il devait tenir encore un tout petit peu.
Au bout de trois secondes qui lui parurent éternelles, Rai poussa un cri de joie.
Aussitôt, un lampadaire se plia vers Rai, et fut presque arraché du sol, à la grande surprise de Gaara qui n'y comprenait goutte.
Le ninja du sable ne connut jamais le fin mot de l'histoire puisqu'il fut percuté par le marteau de Thor en personne. L'arme le frappa au dos, le sable le protégeant en catastrophe, mais pas assez. Gaara tomba, vivant mais inconscient.
Mais étrangement, le marteau de Thor ne s'arrêta pas là et s'envola à toute allure vers Rai qui déglutit. Il se concentra à nouveau, et le marteau ralentit sa course, Rai put alors l'attraper sans danger.
Il avait utilisé un champ électrique pour devenir une sorte de super aimant vivant, le tout pendant quelques secondes. C'était pour cette raison que le marteau avait foncé vers lui, frappant le pauvre Gaara qui se trouvait sur le passage.
Rai s'était inspiré du récit que Sasuke lui avait fait de son combat contre Excalibur, et ça avait plutôt bien marché. Il faudrait qu'il songe à remercier l'Uchiha un de ces jours…
Pendant ce temps-là, Han faisait jeu égal avec Oonoki. Les deux ninjas s'étaient lancés dans un duel de Ninjutsu de très haut niveau, et même les Kekkai Genkai étaient de la partie.
Cependant, les ninjas se battaient depuis bientôt un quart d'heure, et l'Emissaire du Désespoir sentait poindre le poids de la fatigue, et du manque de chakra. Son adversaire, un jinchuuriki, n'avait pas ce problème.
- Tu sais, Madara a promis de me donner ton bijuu, si jamais tu étais capturé, lança Oonoki. Cependant, je ne sais pas si j'arriverai à retenir mes coups…
Han ne répondit rien. Il en avait plein le dos de ce Madara qui jouait avec la vie des gens comme s'il s'agissait d'objets.
- Je ne comprends pas… fit Han avec tristesse. Comment peux-tu suivre Madara ? Tu n'as pas conscience de faire le mal autour de toi en obéissant à ce type ?
Oonoki lui répondit par un regard condescendant.
- Un gamin comme toi ne peut pas comprendre… Tu n'as aucune expérience de la vie et ça se voit. Le bien et le mal, hein ? Alors tu penses vraiment que moi et l'Empereur sommes le mal et que toi et tes amis servez le bien ? Quelle illusion… Le bien et le mal n'existent pas, mon pauvre ami.
Oonoki soupira et ajouta :
- La religion et la société ont créé ces deux principes de toutes pièces, afin de réguler le comportement des hommes, et de leur donner une conscience coupable. Non, il n'y a ni bien ni mal en ce bas monde, mon garçon. Seulement deux choix : celui de détruire et celui de créer. Et même là, la frontière est tenue…
Han fronça les sourcils, mais ne répondit rien. Il n'avait jamais vraiment réfléchi à tout cela, mais il était sûr et certain que le bien et le mal existaient, quoiqu'en dise cette homme. Cependant, il était vraisemblablement difficile de les discerner et de les dissocier.
- Akatsuki a toujours détruit pour arriver à ses fins. Vous, Amaterasu, avez préféré créer.
- Je n'ai jamais fait partie d'Amaterasu…
- C'est du pareil au même. Cependant, en y repensant, la situation peut être vu de façon radicalement différente, tu ne crois pas ? Madara et ses hommes ont créé l'Empire, et Fuki cherche à le détruire... Tu comprends maintenant ?
Han réfléchit un moment, puis donna sa réponse :
- Oui. Tout le monde est à la fois créateur et destructeur. La différence entre nous deux, c'est que je crée le bien et que je détruis par bien. Toi, tu crées le mal et tu détruis par mal.
Oonoki lui décocha un regard blasé et déçu.
- En fait, tu n'as rien compris…
Le ninja fit de nouveaux signes, et cracha :
- Doton : Oni no jishin' ! (le séisme démoniaque)
Han avait reconnu la technique de Kakuzu, et connaissait donc parfaitement ses effets et sa puissance.
Sans attendre, il sauta dans les airs, et utilisa une technique Futton pour léviter un court moment. De cette manière, il ne serait pas affecté par la distorsion du sol.
Voyant cela, Oonoki eut un méchant sourire.
- Trop prévisible, gamin.
L'homme joignit ses doigts de façon à former un triangle, et un frisson parcourut l'échine de Han. Cette technique… Il la connaissait bien pour l'avoir vue dans le manga Naruto.
Oonoki l'avait bien eu… La lévitation l'empêchant de se mouvoir efficacement, il ne pourrait pas éviter le jutsu.
- Jinton : Genkai Hakuri no jutsu ! (technique du démantèlement atomique / technique du détachement du monde primitif)
Han fut aussitôt entouré par les parois d'un cube, et déglutit. C'était fini pour lui.
Un instant plus tard, il avait disparu dans un nuage de poussière.
Oonoki s'assis à même le sol, exténué. Si un autre ninja de Fuki venait l'affronter pour venger leur ami, l' Emissaire du Désespoir n'aurait aucune chance. Il avait utilisé tout ce qui lui restait de chakra pour cette dernière attaque, à laquelle il était impossible de réchapper.
Il ferma les yeux un moment et se remémora les meilleurs moments de ce superbe combat. Ce jinchuuriki s'était avéré être un combattant d'exception, et son Futton avait à chaque fois paré son Kekkai de poussière, et ce même dans sa maîtrise la plus évoluée, le Jinton. La vapeur contre la poussière… Ces deux éléments de moindre densité pouvaient s'infiltrer partout, et c'était là leur force.
De plus, son feu adversaire maîtrisait à merveille son bijuu, comme le prouvait ses yeux violets.
Le regard d'Oonoki glissa jusqu'à la grande épée qui traînait par terre. La claymore était Durandal, l'épée de légende. Son maître n'en aurait plus besoin, songea-t-il en s'en emparant.
C'est alors qu'il entendit une voix dans sa tête.
« Bas les pattes ! »
Le lieutenant de Madara comprit vite qu'il s'agissait là de la voix de l'épée.
« Je suis navré mais ton maître est mort… Désormais, tu es à moi ».
La réponse de l'arme fut un rire froid.
« A toi ? Tu n'as pas ce qu'il faut pour me maîtriser, tu ne réussirais jamais l'épreuve… Et de toute façon… »
Oonoki s'était raidit en entendant les derniers mots de l'épée, et n'osait se retourner. C'était impossible…
« De toute façon, mon maître est toujours vivant… regarde derrière-toi, si tu ne me crois pas. »
Lentement, Oonoki fit volte-face, et son cœur manqua un battement. Han se tenait devant lui, comme si de rien n'était.
- C'est… C'est impossible ! geignit la réincarnation du Tsuchikage. Personne, hormis Madara, ne pourrait survivre à cette technique !
- Allons, allons, sourit Han. Tu devrais être content, je croyais que tu avais besoin de moi vivant pour recevoir ton bijuu ?
Oonoki avait le teint blême, et le sourire de Han grandit.
- Ta technique a un point faible. Tout comme le Chidori de Kakashi en avait un autrefois…
Ce jutsu utilise énormément de chakra, et pour cette raison, tu dois être certain de toucher l'original. Et pour cela, le Sharingan t'aurait utile, afin de t'assurer que le chakra de la cible est bien celui de l'original.
Le visage d'Oonoki blanchit encore.
- Un clone ? Impossible. Où te serais-tu caché pendant ce temps-là ? Tu ne maîtrises pas le Doton, tu ne pouvais donc pas te dissimuler sous terre…
Han eut un rictus.
- Je maîtrisais bien la vapeur, avant de contrôler mon bijuu… Mais maintenant que moi et Gobi ne faisons qu'un, il m'aide pour mes Kekkai, et j'ai par conséquent atteint un niveau jamais atteint dans la maîtrise du Futton. Je peux changer mon corps en vapeur… Et par conséquent devenir…
- Invisible… compléta Oonoki, blanc comme neige.
- Tu n'as pas à rougir de ta défaite, tu t'es bien battu, déclara Han, bon seigneur. Je serais honoré si tu rejoignais Fuki plutôt que de mourir ici…
Oonoki releva la tête et sourit tristement.
- Navré, mais ce serait contre mes principes. Achève-moi, Han.
Le jinchuuriki de Gobi cilla. C'était la première fois que son adversaire prononçait son nom, comme s'il reconnaissait pour la première fois sa vraie valeur.
Han prit son sabre à demain, et le planta directement dans le cœur d'Oonoki, lui assurant une mort immédiate dans un minimum de douleur.
Les dents serrées, il se détourna du cadavre, et vit ses amis courir vers lui.
- Alors ? s'enquit-il avec angoisse.
- Tout le monde s'en est sorti, à l'extérieur, lui répondit Kushina. Tendô n'a pas fini son combat, mais bon dans le pire des cas, il n'est pas vraiment vivant n'est-ce pas ?
- C'est vrai, répondit Sasori. Maintenant, il nous faut aller prêter main forte à ceux qui se battent à l'intérieur du bâtiment… Sakura ?
Cette dernière répondit évasivement, concentrée dans ses soins. Il lui fallait impérativement soigner la blessure béante de Rai, sans quoi il pourrait mourir.
- J'arrive avec Rai dès qu'on a fini.
Au moment où Sasori hochait la tête en signe d'accord, un cri de joie et de soulagement retentit en provenance de l'intérieur de l'immeuble.
Tous se regardèrent avec espoir, car ils avaient bien reconnu la voix de Jiraya. Etait-il parvenu à libérer Hashirama ?
- Yo, ça va ?
L'élu tourna la tête vers son interlocuteur, et sourit.
- Oui…
- Pas de mensonges avec moi !
L'homme en noir sauta sur le lit de l'élu et posa la main sur l'épaule de ce dernier.
- Ne t'en fais pas pour tes amis, et pour celle que tu aimes… Il vont tous s'en sortir mon vieux !
L'élu ne répondit rien. Il n'était pas d'humeur à discuter. Tout ce qu'il savait, c'est qu'il donnerait cher pour sortir de ce temple et se battre avec ses amis.
Lorsqu'il eut cessé de broyer du noir et relevé la tête, il posa une question à son vieil ami.
- Sinon, tu es toujours d'accord pour le leur apporter ?
L'homme en noir leva le pouce bien haut en criant qu'il était prêt, qu'il ne faillirait pas, et diverses autres choses qui auraient tout aussi bien pu être dites à voix basse.
- Parfait, reprit l'élu. Fuki a vraiment besoin de ce livre, tu sais. Il contient la clé qui leur permettra de triompher de ce sceau maudit.
L'élu fit une longue pause, puis ajouta à voix basse :
- Au fait, j'aurais une petite question à te poser…
- Quand tu veux.
- As-tu déjà entendu parler d'une organisation nommée « le Triangle » ?
Son ami se frotta le menton pensivement, puis répondit à la négative.
- C'est quoi ce truc ?
- Le principal informateur de l'Empire… Il leur fournit énormément d'informations depuis plus d'un an…
L'homme en noir haussa les épaules.
- Et alors ? On s'en fout de ça, non ?
- Des informations sur Fuki, sur les membres qui la composent, leurs aptitudes, voire même ce qu'ils prennent au petit dej… Seul détail étrange : la seule information qu'ils n'ont jamais donné est la localisation du quartier général de Fuki. Heureusement d'ailleurs…
L'ami de l'élu se mordit la lèvre.
- Un traître ?
- J'y ai pensé… Mais je n'y crois pas. Ou plutôt, je ne veux pas le croire. Après tout, je considère tous les membres de cette organisation comme mes frères, et je suis sûr et certain qu'ils sont tous dignes de confiance !
