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Azarai le marchand
Mes ancêtres ont emprisonné deux Aerkalas et je me suis occupé du troisième. Mais enfin de compte, personne n'a trouvé le moyen de les détruire. Et petit à petit, j'en ai peur, ces démons liment les barreaux de leur prison…
- Uzumaki Saishi -
- Il est parti ! Il s'est enfui, 'tebayo ! Merci Dolce ! lança Naruto à l'adresse du fils du Rikudô Sennin, qui lui tournait le dos. Ce dernier n'eut pas le loisir de pivoter vers lui pour lui répondre que déjà, Silence et Karasu surgissaient à ses côtés.
- Effectivement, Dolce, tu as été étonnant… reconnut Karasu avec un sourire mi-figue mi-raisin.
- Pour quelqu'un qui prétendait ne pas être un ninja.
Fait étrange, compte-tenu de son caractère, Dolce continua à leur montrer son dos, comme s'il redoutait de faire face à Silence et aux deux élus. Karasu remarqua que sa tête était baissée depuis toute à l'heure et qu'il semblait plongé dans l'étude de sa main gauche.
- Croyez-moi, je ne suis pas un ninja… Mais cela ne m'empêche pas d'être de taille à les vaincre. Le corps que m'a façonné Saishi est extrêmement rapide et puissant. A dire vrai, j'étais sûr de pouvoir battre Madara moi-même, mais il semblerait que Big Ogama avait raison.
- Dolce ? Ça va ? intervint Karasu.
Comme à son habitude, les émotions de Dolce étaient perceptibles et Karasu était capable de reconnaître chacune d'entre elles. Surprise, regret, et surtout souffrance.
Dolce consentit enfin à se retourner et il leva bien haut la paume de sa main gauche, sur laquelle une marque noire assez menaçante était apparue.
Pire, la marque s'étendait à grande vitesse et il ne lui faudrait sans doute que quelques minutes pour gagner l'épaule, puis la tête.
- Qu'est-ce que c'est que cette chose ? C'est dangereux ?
- C'est le moins que l'on puisse dire… Il s'agit d'un maléfice ancien, une vraie saloperie qui vous tue en cinq minutes. Techniquement, il est en train de provoquer la décomposition de toutes les cellules de ma main, et il passera ensuite au reste du corps…
Dolce baissa les yeux sur sa main, et en frotta la paume. Sa peau morte se détacha par plaques et il ne resta bientôt que l'os mis à nu. Karasu put à nouveau constater que bien que fait de chakra, le corps de Dolce était en tout point semblable à celui d'un être humain normal.
Leur guide toucha la surface blanche de l'os, et éclata d'un rire enfantin.
- Trop cool ! Je vois mes os, les gars !
Les autres étaient loin de partager son hilarité, surtout lorsque la tâche noire apparut sur l'os, qui commença à s'effriter comme la peau avant lui.
- Pas d'inquiétude, les amis, tout baigne ! assura Dolce.
Il fit un moulinet avec son bras et le tendit fièrement vers les autres. Comme par magie, os, peau, tout était revenu à la normale en une fraction de seconde.
- Mon corps est constitué de chakra, leur rappela Dolce. Par conséquent, il me suffit d'en réorganiser la structure pour guérir n'importe quelle blessure.
- Peut-être pas… répondit Silence en pointant du la main du doigt.
Dolce la regarda à son tour et découvrit que la marque était de retour. Le processus avait été réinitialisé à défaut d'être arrêté.
- Impressionnant ! se réjouit Dolce. Ce truc est vraiment très bien pensé, il va falloir que je passe aux choses sérieuses !
Il retroussa ses manches, et se mordit le pouce droit pour dessiner un sceau au niveau du poignet de son autre bras, à quelques centimètres du mal croissant.
A l'instar des sceaux que Karasu avait rencontrés dans la grotte du Passeur, celui-ci, de forme triangulaire, lui était totalement ésotérique. Mais il était efficace, en revanche, puisque la marque stoppa son avancée aussitôt le sceau achevé.
Dolce s'approcha ensuite d'une fougère, qu'il saisit de sa main malade. Il dit quelques mots dans ce qui devait être la langue des Deltanati, et Karasu vit la teinte sombre quitter peu à peu la main de leur guide.
Lorsque Dolce se releva, toute trace avait disparu de sa main. La fougère, elle, était devenue noire. Morte, visiblement.
- Désolé, murmura Dolce en caressant la fougère.
Maintenant qu'il était hors de danger, Karasu extériorisa les questions qui se bousculaient dans sa tête depuis un moment.
- Dolce, cette chose a attaqué la main avec laquelle tu as attrapé Madara. C'est lui, l'auteur de cette technique ?
- Non, non… Aucune chance. C'est beaucoup plus vieux que lui. Beaucoup plus puissant, aussi. Quelque chose le protège, visiblement. De moi.
- Et comment se fait-il que tu n'aies pas prévu ça ? Grâce à l'Ogama Sennin, tu sembles pourtant connaître tout sur l'avenir…
- Pas tout, le corrigea Dolce. Il faut voir l'avenir comme un sentier dont le début détermine l'arrivée. C'est grâce au crapaud que nous avons trouvé le seul début permettant d'obtenir, à l'arrivée, l'annulation du plan Œil de Lune et la chute de Madara.
- Notre arrivée dans ce monde pour aider Naruto, dit Karasu.
- Exactement. Cependant, entre le début et la fin de ce sentier, il y a quelques zones d'ombre, que même Ogama Sennin ne peut appréhender. On ne peut prévoir l'imprévisible, et ces choses échappent à la compréhension des mortels…
- Les Aerkalas, souffla Karasu.
- C'est ça. A chaque fois qu'ils interviennent dans le cours du temps, l'avenir devient comme flou à cet endroit.
- Ce qui veut dire…
- Que la chose qui protège Madara et m'a infligé cette marque est un Aerkala.
- Zetsu, surveille la grotte, je sors quelques instants.
- Pour quoi faire, sans vouloir être indiscret ?
- Pour lui parler.
Zetsu n'ajouta rien de plus, et Madara quitta la grotte en coup de vent. Il avait besoin de réponses, et lorsque Zetsu n'en avait pas, il n'y avait qu'une personne pour pouvoir l'aider.
Madara marcha quelques minutes, jusqu'à atteindre la lisière d'une forêt. Les bois ne manquaient pas dans cette région, le refuge de Madara se trouvant à la frontière du Pays du Son et du pays des Forêts.
Madara s'enfonça dans la forêt, et s'arrêta lorsqu'il eut trouvé un coin tranquille et isolé, à savoir une petite clairière entourée d'un cercle serré de pins.
L'Uchiha s'accroupit et traça dans le sol meuble un signe constitué de trois faux entrelacées.
A peine eut-il terminé qu'une voix grave retentit dans la clairière.
- Uchiha Madara… Ça faisait longtemps.
- Pas de nouvelles, bonnes nouvelles, répondit sobrement Madara.
- Mais tu n'as pas oublié notre pacte, j'espère ? Tu n'as pas oublié ta promesse ?
- Bien sûr que non. Cependant, il y a eu quelques imprévus dernièrement… Deux hommes sont venus d'un monde parallèle…
- Intéressant mais hors de propos. Qui qu'ils soient ils ne seront pas de taille à nous arrêter.
- Ce qui nous conduit au deuxième problème. Il y a peu, j'ai lança une attaque surprise visant à récupérer Kyuubi, et… Une personne tout a fait étrange m'en a empêché. Vous auriez vu son corps, c'est…
- Son nom ? le coupa la voix.
- Dolce…
- Teru ?
- Vous le connaissez ?
Le rire grave résonna longuement autour de Madara.
- Pas autant que Sharin ! Mais j'en ai entendu parler. Cet homme passait son temps à changer de nom, et Dolce Teru était un pseudonyme qu'il utilisait assez souvent à l'époque... Je le croyais mort.
- Et… Est-il dangereux ?
La voix n'hésita pas un instant.
- Indubitablement.
- Il est plus fort que moi ?
- Oh que oui… ricana la voix.
Madara se releva d'un bond, furieux.
- Je commence à me demander si nous sommes dans le même camp, Aerkala. Si vous voulez que je vous libère, il va falloir m'aider à réaliser mon plan. Et s'il est si puissant que cela, ce Dolce sera un obstacle majeur.
- Calme-toi, humain.
Madara ouvrit la bouche pour répliquer, mais il se retint, et se rassit.
- Dolce est certes dangereux, mais j'avais pris mes dispositions contre lui. Au cas improbable où il aurait survécu. Et on dirait que j'ai eu raison… Tu te souviens du médaillon que je t'ai dit de porter ?
Madara baissa le col de la chemise pour révéler le bijou en question. L'objet représentait trois symboles imbriqués, représentant chacun des Aerkalas : le triangle inversé de Jashin, les faux de Shinin et les virgules de Sharin.
- Oui, et je le trempe dans mon sang tous les mois, comme vous me l'avez demandé. J'espère que ça en vaut la peine… Il n'a pas empêché ce Dolce de me maîtriser en un instant.
L'Aerkala eut de nouveau un petit rire.
- Il t'a touché ?
- Oui, il m'a pris le poignet. Par contre, je me suis dégagé bien facilement. Un peu trop facilement, comme s'il avait desserré sa prise sur moi…
Le rire grave retentit à nouveau, au grand dam de Madara dont la mauvaise humeur refusait toute forme d'hilarité.
- Ce n'était pas qu'une impression. Remercie mon pendentif, il t'est enfin utile… Il te protège non seulement de toutes les techniques que Dolce pourrait utiliser contre toi, mais il permet aussi de l'empoissonner en cas de contact direct. Bref, il y a de fortes chances pour que ce problème n'en soit plus un. Et même s'il a survécu…
- Il ne peut ni me toucher, ni me blesser via le Fuuinjutsu et le Ninjutsu. Merci beaucoup, seigneur Shinin. Je suis désolé d'avoir douté de votre omniscience et de votre omnipotence.
- Faire des erreurs est le lot de chaque humain, aussi brillant soit-il.
Il y eut une légère bourrasque de vent, et Madara sentit que Shinin avait rompu le contact.
Qu'importe, il avait eu les réponses qu'il voulait et avait découvert non sans plaisir que Dolce n'était pas aussi menaçant qu'il le pensait.
- A mon avis, c'est signé Shinin, déclara Dolce. A défaut d'être le plus puissant, il est certainement le plus malin et le plus vicieux des trois.
Le fils du Rikudô Sennin eut un brusque accès de colère et donna un coup de pied dans le vide.
- Désolé, vraiment, Naruto, Karasu. Je pensais pouvoir détruire Madara afin de vous libérer du fardeau de ces prophéties…
- Ce n'est pas grave, Dolce. Naruto, Silence et moi, on arrivera à en venir à bout. C'est notre mission. Je suis venu pour ça, dit gravement Karasu.
- Mais tu n'as pas eu le choix. Pas vraiment. Au fond, tout t'a été imposé… regretta Dolce. Si nous l'avions pu, nous aurions fait sans vous, mais on dirait que vous êtes bel et bien notre seul espoir…
- Ça a l'air de te rassurer, c'est fou… écrivit Silence.
La phrase de Silence eut le mérite de rendre le sourire à leur guide, qui retrouva également son entrain et sa vivacité.
- Bien ! Allons-y ! Je suis sûr que Naruto meurt d'impatience de rencontrer le dernier membre de sa famille !
- Ossu ! beugla Naruto en bondissant sur place.
La compagnie se remit donc en route, Silence et Naruto s'attelant à parfaire le mode ermite que Karasu leur avait enseigné. Dolce et Karasu, eux, se remirent à courir l'un à côté de l'autre à travers les forêts et les prairies qui constituaient la majeure partie du pays du Feu.
Cette fois-ci, Karasu ne posa guère de questions à son guide et nouvel ami, mais lui demanda de lui enseigner les bases du langage Deltanati afin de pouvoir lui aussi avoir un contrôle absolu sur la Nature. Ainsi, il ne courrait plus le risque de voir la Nature se retourner contre lui lorsqu'il utiliserait son propre mode ermite.
L'apprentissage de cette langue s'avéra plus simple que Karasu ne l'avait cru de prime abord, le Deltanati ressemblant par bien des aspects au langage commun du monde de Naruto, lui-même étant extrêmement proche du Japonais de son monde.
Dolce lui expliqua qu'autrefois, le royaume Deltanati était immense et comprenait notamment l'intégralité des cinq pays. Après la chute dudit royaume, leur langue évolua au cours des siècles pour devenir un idiome proche du japonais actuel.
- Toutes ces ressemblances entre les mondes sont étranges, et certaines théories ont été avancées pour les expliquer. Selon l'une d'entre elle, les idées seraient capables d'aller et venir entre les mondes, à la manière de Pass' ou des Aerkalas, lui révéla Dolce, tout en ajoutant que la pensée d'idées se baladant en dehors des cerveaux humains et voyageant entre les dimensions lui avait toujours paru inconcevable.
- C'est un philosophe complètement taré qui m'avait parlé de ça… Une idée farfelue, comme je les aime !
Naruto et Silence rejoignirent le monde réel quelques heures plus tard, et déclarèrent non sans fierté qu'ils maîtrisaient parfaitement le mode ermite de la Nature. Désormais, Karasu pouvait passer à la suite de l'entraînement de Naruto.
- Très bien Naruto ! Silence va maintenant s'occuper de la deuxième partie de ta formation.
- Quoi ? s'étrangla le muet, que Karasu n'avait pas mis au courant. Je dois lui apprendre quelque chose ? Mais je déteste enseigner !
- Il le faut pourtant. Je veux que tu apprennes à Naruto ce que Benji t'a appris. Ne faire plus qu'un avec son Bijuu. En temps que jinchuuriki ayant réussi la fusion, personne n'est mieux placé que toi pour faire ça.
- La fusion ? C'est quoi ça ? l'interrogea Naruto.
- La raison pour laquelle j'ai maintenant les yeux violets… dit simplement Silence. Il s'agit d'améliorer la complicité entre toi et ton Bijuu. Vous rapprocher l'un de l'autre afin d'augmenter tes capacités de jinchuuriki.
- Cool ! merci d'être mon sensei Silence !
- De rien, c'est un vrai plaisir…
Bien évidemment, Naruto vit pas l'ironie, et les deux jinchuurikis retournèrent s'isoler dans la dimension de Karasu, qui du coup, n'avait pas trop l'occasion de leur parler.
De même, il regrettait de ne pas avoir le loisir de s'entretenir avec tous les ninjas de Konoha qu'il avait déjà vus dans le manga, en particulier les jeunes comme Shikamaru, Chôji, Hinata, Neji, Lee, Kiba, Sakura… Seulement voilà, Konoha était en guerre et il était peu probable qu'ils aient le temps de faire connaissance.
Karasu tourna la tête vers Dolce, qui semblait chantonner tout en courant.
Ce dernier le regarda à son tour et son sourire s'élargit alors qu'il chantait à pleins poumons :
- Ils se balancent, de branche en branche, macaques, macaques, et rutabagas !
Sur ce, Dolce éclata de rire et fit un salto tout en continuant d'abreuver Karasu de paroles de plus en plus incohérentes, mêlant calamars, scolopendres et pâte à tartiner.
- Je crois qu'on est arrivés ! s'exclama Dolce en s'arrêtant brusquement après de longues heures de course.
Karasu remercia le ciel en son for intérieur car cela signifiait la fin des élans lyriques de son guide hyperactif.
- Super. Par contre, Dolce, ne chante plus jamais. S'il te plaît.
Son interlocuteur fit une moue déçue.
- Pourquoi ?
- Plus jamais.
- Roh…
Karasu fit sortir Naruto et Silence de sa dimension, et constata que le muet n'y était pas allé de main morte. Naruto semblait avoir dépassé le stade de l'épuisement, ce qui n'était pas courant chez lui.
Suivant son regard, Silence haussa les épaules.
- J'aime pas enseigner, mais quand je le fais, c'est pas pour rien.
- C'est ici ? Il habite dans ce village ? s'exclama malgré tout Naruto.
- Yep ! Ce patelin s'appelle Saifu. Azarai voyage souvent, mais il passe quelques jours ici tous les deux mois.
- Et il est là maintenant ? Comment tu le sais ?
- Comme toujours, grâce à Ogama.
Patelin, le mot était faible. Le village dont ils venaient d'atteindre les abords comptait une dizaine d'habitations à peine, et ne devait pas avoir l'habitude des visiteurs puisque un attroupement de villageois se forma dès leur arrivée. Ils étaient une douzaine en tout à les fixer du regard, et Karasu nota que la moyenne d'âge de ses habitants devait avoisiner les quatre-vingt ans.
- De mieux en mieux, râla Silence. J'aimerais mieux être interné en asile psychiatrique que passer une semaine dans ce trou perdu.
Sans marquer la moindre hésitation, Dolce combla la distance qui les séparait des villageois.
- Salut la compagnie ! Nous sommes bien dans le village de Saifu ?
Deux hommes incroyablement ridés échangèrent un regard surpris, comme si le simple fait d'entendre le nom de leur village dans la bouche d'un étranger relevait du miracle.
- Oui, répondit une vieille femme d'une voix rauque et éraillée.
- Parfait ! Est-ce que vous cultivez toujours les abricots ? Je me souviens que les vôtres étaient absolument divins et je donnerais tout pour y goûter à nouveau !
La femme roula des yeux.
- Les abricots ? Nous avions déjà arrêté du temps de mes arrière-grands-parents ! Qui vous a parlé de ça ?
- Euh, et bien c'est une longue histoire mais…
- Nous souhaiterions parler à un habitant de ce village, intervint Karasu.
La femme cessa de dévisager Dolce et posa les deux fentes qui lui faisaient office d'yeux sur Karasu. Elle nota ensuite la présence de Naruto, et eut un hoquet de surprise.
- Vous cherchez le petit Azarai, c'est ça ? La ressemblance entre vous deux est vraiment incroyable. Je parie que vous êtes de la même famille…
- C'est exact, la viei… euh madame, se reprit Naruto après avoir essuyé le coup d'œil sévère de Karasu. Il vit vraiment ici ? Non pas que ce village ne soit pas chouette mais…
Naruto se gratta la tête, comme souvent lorsqu'il était gêné.
- Oui, oui, il habite ici, même si on ne le voit pas très souvent. Et s'il s'est installé dans ce village perdu et peuplé de vieux croûtons, comme vous avez pu le voir, c'est pour échapper aux contrôleurs d'impôts… Aucun d'entre eux ne s'aventure jamais dans cette province reculée, car il est facile de s'y perdre…
La vieille dame toussa si fort que Karasu crut qu'elle allait cracher ses poumons.
- Je suis d'ailleurs étonnée que vous ayez réussi à trouver le village…
- Nous avons un bon guide, sourit Karasu en désignant Dolce.
- Yep ! J'ai un sens d'orientation du tonnerre ! Pour en revenir à Azarai, je suppose qu'il s'est fait la malle dès notre arrivée ?
Les lèvres craquelées de la femme se fendirent en un sourire et Karasu put voir que plusieurs dents manquaient à l'appel.
- Vous avez l'air de bien le connaître. Il est parti se cacher, au cas où vous viendriez pour l'impôt ou pour ses dettes.
- Ses dettes ?
La vieille femme haussa les épaules.
- Il emprunte souvent, et bien qu'il fasse souvent fructifier cet argent, il oublie souvent de rembourser ceux qui le lui ont prêté…
Le groupe prit finalement congé de l'assemblée du troisième âge, et se mit à la recherche d'Azarai. Comme souvent, grâce à ce qu'il savait de l'avenir, Dolce leur fit gagner du temps.
- Ce forban se cache dans la cave de sa maison. C'est celle-ci.
Naruto ouvrit la porte en question et regarda autour de lui. Les murs de pierre étaient vierges de toute décoration, et l'ameublement était réduit au strict minimum. Il était évident qu'Azarai ne vivait pas souvent ici…
- C'est tout droit… chantonna Dolce en les menant vers la cuisine.
Leur guide farfouilla dans les placards dans l'espoir de trouver quelque chose de comestible et de goûteux, mais ne trouva rien d'autre que du pain rassis et du riz.
- Il vit vraiment n'importe comment, déplora Dolce en agitant un morceau salade moisie du bout des doigts, comme s'il craignait d'être infecté.
- Bon, elle est où cette cave ? s'impatienta Naruto.
- Sous mes pieds, répondit Dolce en lui faisant un clin d'œil.
Il glissa sur le côté en dérapage contrôlé, et Karasu découvrit la présence d'une trappe en bois qui se confondait parfaitement avec le plancher. Il ne l'aurait peut-être pas remarquée sans Dolce.
Naruto souleva la trappe, et, faisant fi de l'échelle, sauta à l'intérieur de la cave.
Malgré l'obscurité, Naruto put distinguer la silhouette d'une personne se tenant debout juste devant lui. Et ses yeux, brillant d'un éclat bleu ciel. Comme les siens.
Karasu, qui l'avait suivi, trouva une torche et l'alluma avec un jutsu Katon.
Azarai et Naruto échangèrent un long regard, le visage de Naruto vibrant d'émotion tandis que celui de son oncle restait indéchiffrable.
Effectivement, ils se ressemblaient énormément. Mais à l'instar de Minato dont il était le frère jumeau, Azarai possédait un visage plus fin et ses joues étaient vierges des marques que le jinchuuriki avait héritées de Kyûbi. Ses cheveux étaient quant à eux plus longs que ceux de Naruto, et ils étaient coiffés de façon analogue ceux de son feu frère.
Naruto ouvrit la bouche pour parler, mais il n'en eut pas l'occasion. Vif comme l'éclair, Azarai fit un unique signe, et il disparut dans une lumière jaune.
- Hiraishin no jutsu… murmura Karasu, un peu hébété. Je croyais qu'il n'était pas ninja…
- Décidément, Dolce et lui ont plus en commun qu'ont pourrait le penser, ajouta Silence, pince-sans-rire.
Dolce se contenta d'en sourire.
- Il est à l'entrée du village. Il y avait enterré un kunai de téléportation.
Dolce, Naruto et Silence sortirent en toute hâte de la maison d'Azarai pour l'intercepter avant qu'il ne se fasse la belle définitivement, mais Karasu fut plus rapide.
Il utilisa son Mangekyô sharingan pour se téléporter à l'entrée du village et surgit devant Azarai, trop surpris pour réagir.
Karasu ne perdit pas une seconde et donna un léger coup de poing sur le thorax d'Azarai qui effectua un vol plané avant de s'écraser sur le sol.
Les vieux villageois n'avaient rien perdu de la scène et commençaient sans doute à se demander s'ils n'étaient pas plutôt venus pour forcer Azarai à payer ses dettes…
L'oncle de Naruto se releva avec difficulté, anormalement meurtri étant donné le peu de puissance que Karasu avait placé dans ce coup.
Dolce, Naruto et Silence arrivèrent à ce moment-là, et le fils du Rikudô Sennin confia à l'élu :
- Fais attention, il n'est vraiment pas un ninja. Même s'il maîtrise la technique du Hiraishin, sa condition physique est celle d'un simple citoyen…
- Compris…
A peine s'était-il remis de bout qu'Azarai effectua à nouveau le signe du Hiraishin no jutsu. Sans succès, cette fois-ci.
C'est avec grand plaisir que Karasu répondit à son regard interrogateur :
- Je ne frappe jamais quelqu'un gratuitement…
L'esprit d'Azarai était aussi affûté que celui de son frère et il comprit immédiatement. Baissant les yeux sur son ventre, il vit que Karasu en avait profité pour y dessiner un sceau, qui, visiblement, l'empêchait de se téléporter.
- Et merde… grommela Azarai, dont ils entendaient la voix pour la première fois.
- Tout doux, Azarai, on ne te veut aucun mal, entonna Dolce, rayonnant de gentillesse et de bonnes intentions.
Cependant, et bien qu'il dut percevoir lui aussi les sentiments de ce dernier, ils n'amadouèrent pas l'oncle de Naruto qui resta de glace.
- Vous êtes qui d'abord ? Et qu'est-ce que vous me voulez ?
- Je pense que tu le sais déjà, Azarai…
Si Minato était aimable et souriant, Azarai semblait doté d'un caractère totalement opposé et sa voix était sèche lorsqu'il daignait répondre à ses interlocuteurs.
Ses yeux froids se posèrent à nouveau sur Naruto.
- Ouais. C'est la progéniture de Minato, et alors ? On n'a strictement rien à se dire…
Karasu sentit la colère monter et Dolce lui donna une légère bourrade pour le calmer.
- Vous êtes les derniers Namikaze et contrairement à toi, il n'a jamais connu Minato et Kushina. La moindre des choses serait…
- Désolé, mais je ne veux pas parler d'eux. Ils appartiennent au passé et j'ai tourné la page. Et tu devrais en faire autant, gamin, lança Azarai à l'adresse de Naruto. Et vous, les vieux, cassez-vous !
Les villageois étaient à nouveau sortis de chez eux pour écouter cette conversation qui venait apporter un peu de nouveauté à un quotidien monotone et déprimant. L'intervention du Namikaze dispersa immédiatement les badauds, qui regagnèrent en hâte leur logis et tirèrent les rideaux.
- Ce n'est pas grave, dit alors Naruto tout sourire. Tu n'es pas obligé de parler de mes parents, mais j'aimerais bien qu'on fasse connaissance. Ça me fait vraiment plaisir d'avoir un oncle, d'avoir de la famille !
- Ah ouais ? Et bien moi je m'en moque. Alors si vous n'avez rien d'autre à me dire, laissez-moi partir. J'ai un commerce à faire marcher, moi !
- Ouais, on a autre chose à dire, rétorqua Silence qui semblait aussi énervé que Karasu par le personnage. En plus d'être un enculé, t'es une raclure de voleur. T'as piqué l'héritage de Naruto et tu vas le lui rendre fissa, compris ?
Azarai le regarda longuement avant de répondre :
- Pourquoi t'écris avec du sable, toi ? T'as pas de langue ?
- Essaie pas de changer de sujet, espèce de…
- Du calme, Silence, l'interrompit Naruto. Azarai, j'aimerais que tu retournes avec nous à Konoha.
- Quoi ?! s'étrangla Azarai. Mais t'es déformé de la toiture, c'est pas possible ! Pourquoi je ferais ça ?
- En échange, je te laisse l'héritage de mon père. Sauf ses rouleaux de techniques.
Son interlocuteur haussa un sourcil.
- Y a pas à dire t'es carrément nul en affaires… T'es au courant que Minato t'avait légué une petite fortune ?
- L'argent ne m'intéresse pas, j'ai déjà tout ce qu'il me faut, affirma Naruto. Mes amis…
Azarai renifla de mépris.
- D'accord, d'accord, je vois le tableau. Un idéaliste sentimental et un benêt, comme son père. Donc tu es sérieux ? Je m'installe à Konoha et tu me laisses le pognon de ton vieux ?
- C'est ça. Et je voudrais qu'on fasse connaissance, aussi, et que tu m'enseignes la technique de téléportation de mon père.
- Pas compris dans le marché, répondit immédiatement Azarai.
- En échange, je t'achète une maison à Konoha.
Azarai en resta bouche bée.
- Y a pas à dire, si tous mes clients étaient comme toi, je roulerais sur l'or.
- Marché conclu ?
Azarai n'hésita pas bien longtemps.
- Ouais, ouais, c'est bon. Par contre, il y a longtemps que je me suis débarrassé des rouleaux de techniques de Minato, j'ai tout vendu. Il va falloir que je les retrouve…
- C'est faux. Tu les garde bien au chaud dans la cave où nous t'avons trouvé, sourit Dolce. En mémoire de ton frère.
Azarai parut partagé entre la surprise et la gêne.
- Ouais bon, ok. Mais si j'ai encore toutes ces vieilleries, c'est juste parce que je n'ai toujours pas trouvé preneur !
Le sourire de Dolce s'agrandit.
- Allons, allons, tu as beau tout faire pour le cacher, tu es un grand sentimental, au fond…
Azarai l'ignora et retourna vers sa maison.
- Venez, ça fait un sacré tas de babioles et je pourrai pas tout porter…
Effectivement, Minato avait laissé à son fils un nombre incalculable de rouleaux de techniques et autres objets en tout genre, et Naruto resta longuement immobile dans la cave, obnubilé par ce qu'il voyait.
Si Dolce et Karasu avaient voulu l'accompagner, Silence avait préféré rester à l'extérieur avec Azarai.
Les deux hommes, adossés au mur, s'emmurèrent dans un silence tendu, jusqu'à ce que l'oncle de Naruto se grille une cigarette.
- Tu m'en files une ? Je suis à court…
- L'enculé te dit merde, répondit Azarai en exhalant un nuage de fumée, après un bref regard sur la phrase écrite par le jinchuuriki.
- Et rancunier avec ça… Désolé si je t'ai blessé, mais tu avoueras que c'est la vérité : t'es un gros enfoiré.
A la grande surprise de Silence, Azarai sourit pour la première fois.
- Ouais, c'est pas faux.
- Alors, tu veux bien m'en donner une ? lui demanda Silence, plein d'espoir.
- Ouais. Ça fera cent Ryôs.
- Quoi ? Mais j'ai pas d'argent ! Prête m'en une, je te la rendrai !
- Désolé, mais je ne fais pas dans le prêt. Seulement dans l'emprunt, ricana Azarai.
Le Namikaze continua de fumer tranquillement, sans se formaliser du déluge d'insultes que Silence écrivait à présent avec son sable.
Les trois autres finirent par sortir de la maison, et Silence s'étonna de les voir arriver les mains vides.
- Ils ont tout scellé dans des parchemins, crétin. Je suis pas ninja et pourtant, je le sais, se moqua Azarai.
- A ce propos, c'est vraiment vrai ? Tu n'es pas un shinobi ? le questionna Naruto.
- Ouais. Comme la plupart des gens.
- Pourtant, tu connais la technique de téléportation…
- Ouais.
- C'est simple, dit Dolce. Azarai n'est pas un ninja mais il en a le potentiel. Je pense que son chakra est plus puissant encore que ne l'était celui de Minato !
Azarai lui décocha un regard circonspect.
- Vous en savez des trucs, vous… Mais ouais, c'est pas faux. Tout le monde disait que je ferais un bon ninja et tout mais moi, ça ne m'intéressait pas. Je suis le premier de l'histoire du clan à avoir refusé la voix du Ninjutsu, dit Azarai d'une voix morne, sans que Karasu sache s'il éprouvait du regret ou de la fierté pour ça.
- Quoiqu'il en soit, j'ai un peu regardé les rouleaux de techniques de Minato et j'ai appris toutes celles qui pourraient m'être utiles dans mon job. Les sceaux et la technique de téléportation sont incroyablement pratiques pour transporter les marchandises, et je me fais un max de blé grâce à ça !
Dolce éclata de rire.
- C'est malin ! Comme quoi le Ninjutsu peut servir à autre chose que faire la guerre !
- Exactement. Je suis le premier à y avoir pensé, mais ça semble évident, pourtant…
La discussion s'arrêta là, et Karasu leur proposa de les téléporter directement à Konoha pour gagner du temps.
Cependant, au grand dam de tous et surtout d'Azarai qui avait hâte de prendre congé d'eux, Dolce refusa tout net.
- Avant cela, il y a un autre endroit où nous devons aller. Nous avons amplement le temps, ajouta-t-il à l'adresse de Karasu, en référence au nombre de jours que Kakashi leur avait accordé.
- Et où est-ce donc ? s'enquit Naruto.
- Au Sud-est. A Uzushio.
Azarai glapit.
- Uzushio ! Mais c'est super loin ! Et je n'ai même pas de kunai repère dans cette région !
- Nous irons assez vite. Karasu vous aspirera toi et Naruto dans sa dimension pour que vous puissiez faire connaissance. Et de cette façon, tu ne nous ralentiras pas…
- Quelle dimension ? C'est quoi ce bordel ?!
En réponse, Karasu utilisa sa technique pour l'aspirer, et fit de même avec Naruto.
- Ça fait du bien, remarqua Silence une fois Azarai parti.
Karasu, lui, semblait assez soucieux.
- J'espère qu'ils ne vont pas s'étriper là-dedans…
- Aucun risque, lui promit Dolce. Sur ce, je vous propose de nous mettre en route. La route est assez longue jusqu'à Uzushio…
- Avant toute chose, c'est quoi Uzushio ? Et pourquoi on doit y aller ? J'ai l'impression de courir sans arrêt depuis qu'on est arrivés dans ce monde…
- Uzushio était autrefois le village caché du pays des tourbillons. Le pays entier a été détruit durant la grande guerre ninja, mais le village a été reconstruit… Cependant, il n'y a plus de shinobis dans ce pays, qui a pris le nom de Pays des Vagues.
Karasu commençait à comprendre pourquoi Dolce voulait qu'ils se rendent là-bas.
- Le Pays des tourbillons… Vous voulez parler des Uzumaki ?
- Oui, le clan Uzumaki vivait autrefois à Uzushio. Mais il a disparu en même temps que le village. Cependant, il y a encore là-bas quelques personnes qui se souviennent du clan Uzumaki, et je pense que Naruto à besoin de leur parler. Pour connaître ses origines.
Silence tapa dans une pierre, qui explosa littéralement, réduite en poussière par sa force de shinobi.
- En gros, y en a vraiment que pour le blondinet… Vous voulez qu'il fasse un retour aux sources auprès des deux clans auquel il appartient, c'est ça ?
- En effet. Naruto a besoin de savoir qui il est, et qui étaient ses ancêtres.
A peine Madara avait-il posé le pied dans son repaire que la voix de Zetsu parvint à ses oreilles.
- Alors ? Du nouveau Madara-sama ?
- Oui, Zetsu. Shinin connaissait Dolce Teru. Il semble puissant mais grâce à cet Aerkala, il ne peut rien contre moi. Peut-être est-il déjà mort à l'heure où nous parlons…
- C'est une bonne nouvelle. Allez-vous réessayer de capturer Kyûbi ?
- J'y ai pensé, mais non. Dolce, même s'il n'est plus un danger pour moi, constitue un avertissement et je dois cesser de prendre des risques. De plus, mon corps s'use de plus en plus vite…
- Vous avez encore utilisé cette technique ? Celle qui vous permet d'augmenter votre vitesse mais provoque la dégradation des cellules de votre corps ? C'est trop dangereux, Madara-sama…
- Je n'avais pas le choix, Zetsu. Le double d'Itachi, et même le jinchuuriki de Kyuubi sont sans doute capables de suivre ma vitesse normale… Je supporte de moins en moins la faiblesse de ce corps... Nous devons vite mettre la main sur Itachi, puisqu'il s'est avéré que cet incapable de Sasuke ne possède pas l'épée de Totsuka.
- Oui, mais c'est plus facile à dire qu'à faire… répondit Zetsu. Itachi est fort, et il se trouve à Konoha en ce moment-même. Et je ne vois pas comment nous pourrions le force à utiliser Totsuka…
- Nous trouverons un plan, dit Madara avec assurance.
Il reprit sa marche jusqu'à son bureau et se rassit sur son siège, les yeux baissés sur la silhouette de Sasuke prostrée contre le mur. A l'aide de son sharingan, il l'avait enfermé dans une illusion dont il ne parviendrait pas à s'échapper. Pas sans le Mangekyô éternel, que seuls lui, Itachi et son double possédaient.
- C'est tout de même du gâchis, dit Zetsu en réapparaissant derrière lui. Nous devrions utiliser Sasuke au combat…
- J'en ai bien l'intention. Une fois que tu auras fini de déchiffrer le parchemin du Quatrième.
En effet, vers la fin de ses longues années d'errance et peu avant la naissance de Naruto, le vieil Uchiha était parvenu à mettre la main sur un parchemin de la main de Namikaze Minato. Un projet de sceau capable de transformer une personne en esclave, et il allait sans dire que Madara était très intéressé. Le parchemin qu'il avait volé n'était malheureusement qu'un croquis inachevé du sceau en question, mais Madara faisait confiance à Zetsu pour le compléter. L'hybride n'était pas la science infuse mais presque, grâce à la Nature.
- J'ai presque terminé, Madara-sama, ce n'est qu'une question de jours… Vous comptez l'utiliser sur Sasuke ?
- Bien sûr ! ricana Madara avec un sourire démoniaque.
Mais il retrouva bien vite son sérieux. Zetsu avait parlé de jours, et il est vrai que le temps passait de plus en vite en ces temps de guerre. Il était temps pour lui de contacter ses alliés.
- Zetsu, je pense que l'heure est venue pour moi de réveiller l'armée que j'ai laissée en sommeil. Celle que j'ai mis tant d'années à bâtir et qui me donnera la victoire finale.
- Les ninjas du pays du bois sont déjà prêts, lui apprit Zetsu. Ils n'attendent que votre signal. Quant aux Nukenins, la moitié d'entre eux est déjà arrivée, et le reste sera là demain.
Madara se frotta les mains, radieux. Qu'il était appréciable de voir que tout se passait conformément à ses prévisions !
- Et encore, ceux-là ne sont que de la chair à canon ! Lorsque le reste de mon armée déferlera sur le monde, ces cinq nations qui se sont autoproclamées grandes tomberont de leur piédestal. Et par-dessus-tout, je veux voir Konoha rasé et son Hokage jeté à bas avant que ma pupille ne se reflète sur la Lune !
