Chapitre 3 Le caprice de Severus
Severus Rogue n'était pas un petit garçon… euh homme… heureux du tout.
C'était assez difficile qu'il ait été arraché de la seule chose qui l'ait jamais rendu heureux… encore une fois.
C'était assez difficile qu'il ait été 'déVoilé' – quel autre terme pouvait être utilisé pour décrire ce soudain retour au-delà du Voile des Mystères après tout ? – en tant que simple enfant de cinq ans.
C'était assez difficile que l'une des deux personnes qu'il détestait le plus soit venue avec lui.
C'était encore plus difficile que ce soit la progéniture de James Potter – bien que légèrement plus âgée que la dernière fois qu'il l'a vue - qui les trouve.
Mais c'était absolument intolérable qu'il se trouva en train d'être porté… comme s'il était un bébé au lieu d'avoir cinq ans !
De plus, Potter a eu le culot absolu de véritablement le fesser et le gronder !
Lui – qui a dû être grondé un nombre incroyable de fois étant enfant – a osé lui faire la leçon !
L'outrage de tout ça était simplement trop à supporter pour un petit garçon…euh homme…
Ça l'était vraiment.
Potter les porta hors cimetière et marcha une courte distance de cinq minutes jusqu'à un joli chalet niché derrière une clôture en pierre et un portail blanc.
Severus le reconnu instantanément.
C'était la maison des Potter à Godric's Hollow.
La maison où une fois il avait trouvé le corps mutilé de sa précieuse Lily – et le bébé Le-Garçon-Qui-A-Survécu.
Elle a apparemment été restaurée comme dans son ancienne gloire et apparemment Potter et sa femme (la fille Weasley ?) avaient élu domicile dedans.
Entrant sur la propriété Potter marcha le long du chemin et le déposa lui et Black, mais il continua à leur tenir les mains (encore un outrage). Severus soupira.
« Bien, nous y voilà », leur dit Potter en leur souriant. « Home sweet Home… »
Severus grogna. « Epargnez-nous les platitudes », râla-t-il agacé.
« Tais-toi, Rogue ! », grogna Black envers lui puis en levant les yeux vers l'homme à côté d'eux, « je pense que tu devrais simplement le flanquer hors de son cul maigrichon, Harry. »
« Personne ne sera 'flanqué' nul part », l'informa Harry fermement. « Et surveille ton langage, Sirius. »
Severus souriait. Ah ! Comment on se sent cabot en se faisant gronder par son propre filleul !
Black le foudroya du regard et lui tira la langue.
Bien qu'il sache que c'était complètement immature de faire cela, Severus se sentit obligé de retourner le geste.
Potter soupira. « Arrêtez ça », leur dit-il fermement. « Comportez-vous correctement. »
Sur ces paroles il atteignit et ouvrit la porte. Il les conduisit ensuite à l'intérieur.
Severus se retrouva dans un salon plutôt confortable – décoré dans des tons neutres d'un vert émeraude (les murs), de blanc (les ornements et le manteau) et fauve (les meubles).
De nombreuses photos de personnes à têtes rousses (confirmant que Potter était bien entré dans le clan des Weasley) ainsi que de l'ex-Mademoiselle Granger (qui a sans aucun doute épousé le plus jeune des Weasley) et des photos d'un garçon, qui ressemblait remarquablement à Rémus Lupin, étaient dispersées un peu partout.
Et en parlant de Lupin… il se tenait au niveau du manteau de cheminée, sirotant un thé et s'appuyant sur une canne lorsqu'ils entrèrent.
Une femme qu'il savait être Nymphadora Tonks – sans les cheveux multicolores en épi – était assise sur le sofa à côté d'une femme à tête rousse qu'il savait être la femme de Potter, Ginny.
Ils se tournèrent tous à leur entrée, leurs yeux s'agrandissant à leur vue.
« Harry ? », demanda Ginny en jetant un regard confus à Potter. « Qu'est-ce que – ? »
« Lunard ! », cria joyeusement Black et, se libérant de l'emprise de Potter, il courut à travers la pièce.
Rémus Lupin, d'âge moyen avec de minces cheveux grisonnants et deux cicatrices sur le visage qui semblaient venir un compère loup-garou, était plus que surpris de trouver une version miniature de son ancien meilleur ami enroulé autour de lui.
« Sirius ? », haleta-t-il, tirant maladroitement le garçon aux cheveux bouclés loin de lui. Il leva les yeux dans les yeux sombres de Severus. « Severus ? C'est… C'est impossible ! »
Severus renifla et retira également sa main de l'emprise de Potter. Il croisa ses bras sur son petit – hum sous-développé – torse.
« Apparemment ça l'est », grogna-t-il sournoisement.
« Severus », dit Potter en lui jetant un regard furieux.
« Harry, chéri, qu'est-ce qu'il se passe ?, lui demanda l'ex-Mademoiselle Weasley en fronçant les sourcils.
Potter haussa les épaules.
« J'apportais mes respects à leurs tombes quand soudainement ces deux 'vortex tourbillonnants' s'ouvrirent et ils en sont sortis. »
« Es-tu certain qu'ils sont ceux qu'ils semblent être ? », lui demanda Tonks en levant un sourcil.
Severus lui jeta un regard mauvais mais fut ignoré.
« C'est bien eux », répondit Potter en toute confiance.
« Comment peux-tu en être sûr, Harry ? », lui demanda curieusement Lupin.
« Parce qu'ils savent des choses qu'eux seuls peuvent savoir », l'informa simplement Potter. « Sans oublier qu'ils m'ont donné un mal de tête avec toutes leurs querelles… »
Severus le fusilla du regard. Un mal de tête, en effet !
Les outrages ne cessent d'arriver n'est-ce pas ?
« C'est incroyable », déclara Ginny les yeux écarquillés et regardant alternativement entre lui et Black.
« Oui ça l'est », dit Lupin en regardant affectueusement le cabot. Il tendit la main pour lui toucher délicatement le visage.
« C'est moi, Lunard », dit Black en souriant. « Tu veux que je te le prouve ? »
Lupin sourit. « Comment prévois-tu de faire ça ?
« Et bien, tu te rappelles de la cicatrice que j'avais ? Celle sur mon… euh, tu sais… ? »
« Oui », lui dit Lupin d'un air pensif. « Tu m'avais dit que tu l'avais depuis l'âge de trois ans. »
Black hocha la tête. « C'est exact. Je peux te la montrer si tu veux. »
Il s'apprêta à attraper la ceinture du pantalon de pyjama que Potter leur avait transformé.
« S'il te plaît, non », grogna Severus en fronçant le nez, « Te voir nu une fois était plus qu'assez, Cabot ! »
Black le foudroya du regard. « Je t'ai dis de te taire, Snivellus », grogna-t-il. « On ne t'a rien demandé ! »
« Vous voyez ce que je voulais dire », soupira Potter. Il se massa les tempes.
« C'est bon Siri, je te crois ». Lupin plaça une main au-dessus de sa tête.
« Super ! », sourit Black. « Je suis content. Tu m'as manqué, Lunard. » Il l'enlaça une nouvelle fois.
« Et tu m'as manqué également. »
Severus pensa qu'il était sur le point de vomir. L'excès de sentimentalité à l'instant présent était tout simplement révoltant, et pourtant… un petit pincement de jalousie surgit en lui.
Je n'ai manqué à personne, j'en suis sûr, pensa-t-il amèrement.
« Où sont les garçons ? », demanda Potter curieux à Ginny.
« Dehors, en train de jouer », l'informa-t-elle.
« Teddy et Jamie ont insisté pour venir immédiatement », sourit Tonks. « Apparemment le fait qu'ils vous aient vu pas plus tard que ce matin au petit-déjeuner ne comptait pas… »
Potter sourit tendrement. « Alby aussi. Il nous a harcelé pour qu'on vous invite de toute manière. »
Lupin hocha la tête en jetant un regard à Severus. « Bonjour Severus », dit-il tranquillement.
Severus le regarda fixement. Tu ne me remarques que maintenant, n'est-ce pas ?
« Loup-garou », grogna-t-il durement. Il refusa de le regarder dans les yeux.
« Severus », gronda Potter, commençant visiblement à s'énerver.
« Je continue à dire que vous devriez l'ensorceler ou autre chose du genre », dit Black à personne en particulier.
Lupin secoua la tête. « Siri, personne ne va ensorceler quelqu'un », désapprouva-t-il.
« C'est juste Rogue, Lunard. » Le cabot haussa les épaules. « Personne ne se soucie de lui. »
« Sirius Orion Black ! », dit Tonks en foudroyant du regard son neveu miniature. « Ce n'est pas une chose à dire ! »
Severus déglutit, sentant les larmes piquer ses yeux, mais il refusa de les laisser sortir.
Il n'était pas un bébé qui pleurerait pour quelques mots blessants – rendus ainsi d'autant plus du fait qu'ils étaient vrais.
Il n'a pas dû cacher son mal-être aussi bien qu'il le pensait car Potter – satané Potter ! – s'agenouilla pour le regarder à nouveau dans les yeux.
Severus tressaillit sous ce regard vert mais fut obligé de regarder à cause de la prise ferme sur son menton.
« Severus », lui dit gentiment Potter. « Regarde moi. »
Malgré lui, Severus regarda – ses yeux clignant contre sa volonté, ou presque, alors qu'il se souvenait que c'était les tous derniers mots échangés entre eux avant qu'il ne traverse le Voile.
Alors que l'Obsidienne rencontra l'Emeraude, il vit dans ces brillantes orbes vertes trois choses : compassion, inquiétude et… attention.
Pour lui ? Certainement pas…
« Ce n'est pas vrai, Severus », lui dit Potter, doucement mais fermement. « Ce que Sirius vient de dire – Ce n'est pas vrai. »
Severus déglutit, sentant encore ces satanées larmes. Quelques-unes s'échappèrent avant qu'il ne puisse les stopper, glissant le long de ses joues.
« Comment peut-il en être autrement ? », demanda-t-il tranquillement. « Les seules personnes qui se soient jamais préoccupées de moi sont maintenant mortes… »
« Je tiens à toi, Severus », lui dit Potter en continuant à le regarder dans les yeux.
Severus secoua la tête d'incrédulité. « Tu me détestes ». Et quelques larmes de plus coulèrent.
« Je t'ai mal jugé », lui répondit-il tristement. « Tu ne sauras jamais assez combien je regrette ça. »
« J'ai été méchant envers toi », lui rappela Severus.
« Et pourtant tu m'as protégé quand j'en avais besoin. Tu t'ais soucié de moi que je vive ou que je meurt – et la raison est bien plus importante que le fait que je pouvais vaincre le Seigneurs des Ténèbres. »
« Grâce à elle », murmura Severus. « Parce que tu as ses yeux… »
Potter hocha la tête. « C'est exact, je les ais. Et je ne suis pas le seul non plus. »
Il se tourna vers sa femme. « Gin, peux-tu appeler Alby un instant ? »
Ginny hocha la tête et passa une porte qui reliait apparemment le salon à la cuisine.
Elle revint quelques instants plus tard avec un jeune garçon d'environ quatre ans qui était le portrait craché de son père – à l'exception des stries rousses dans ses cheveux sombres et indisciplinés.
« Alby, viens là une minute », lui dit Potter en tendant un bras vers le garçon.
« Est-ce que j'ai des ennuis, papa ? »
« Non mon fils, il y a juste quelqu'un que j'aimerai que tu rencontres », lui répondit-il en passant un bras autour de ses épaules. « Alby, c'est Severus. »
« 'lut », dit Alby en le fixant. Les yeux de Lily se fixèrent sur lui.
« Severus, c'est mon fils, Albus Severus Potter. »
Severus renifla. « T-Tu lui as donné mon nom ? », demanda-t-il surpris. Les larmes coulaient librement désormais.
« Pourquoi est-ce qu'il pleu'e, papa ? », demanda Alby perplexe. « Est-il triste ? »
« Il a juste eu un jour un peu difficile, fiston », lui expliqua Potter gentiment.
« Oh », dit Alby en tournant de nouveau son regard vers Severus. « Veux-tu tenir Bucky ? Il me fait sentir mieux lorsque je suis triste… »
Il tendit son hippogriffe en peluche vers lui. Severus pleura encore plus fort mais secoua la tête.
« C'était vraiment très gentil de ta part, mon pote. Je pense qu'il ira bien cette fois sans Bucky. Pourquoi ne retournerais-tu pas dehors et jouer. »
« Est-ce que Severus peut venir aussi ? », demanda-t-il curieux.
Potter sourit. « Peut-être qu'il te rejoindra un peu plus tard. Vas y maintenant. Amuse-toi avec Bucky. »
« Okay, papa », dit le petit garçon d'un ton solennel puis il se tourna pour ressortir avec sa mère.
Une fois qu'il fut parti, Potter le regarda de nouveau. « Est-ce que tu me crois maintenant, Severus ? », demanda-t-il gentiment.
Severus hocha la tête malgré lui. 'O-Oui. », renifla-t-il en essayant d'essuyer les larmes.
Potter lui sourit. « Je suis heureux », lui dit-il en tendant une main pour la placer sur le dessus de la tête.
Il remarqua le léger tressaillement et savait – d'après les souvenirs qu'ils avaient partagés – ce que cela signifiait.
Il se releva et tourna son regard vers son ancien parrain.
« Je pense que tu dois une excuse à Severus, Sirius », lui dit-il fermement.
« Quoi !? », déclara Black indigné. « Harry tu dois devenir fou ! Je ne vais pas faire des excuses à ce… ce Mangemort miniature ! »
« Severus n'est pas un Mangemort », lui dit Harry avec colère. « Il ne l'a jamais été. »
« Mais… mais… », bafouilla Sirius, en colère et confus. Il leva les yeux vers Lupin pour avoir son soutien.
« C'est vrai, Siri », l'informa ce dernier. « Severus est mort en sauvant la vie d'Harry – il s'est sacrifié, tout comme Lily, afin de le garder en sécurité. »
« Je l'aurai fait aussi ! », répliqua Black obstiné. « C'est juste que… Bellatrix m'a surpris… »
« Là n'est pas la question », l'informa Lupin. « Tu viens de dire une chose très méchante et blessante et maintenant tu dois t'excuser. »
« Mais – », commença à arguer Sirius mais il fut stoppé par le regard sévère de son vieil ami.
« Maintenant Sirius », lui dit Lupin d'un ton sévère.
Black semblait assez fou pour se mettre à cracher du feu mais regarda vers lui à contrecœur.
« Désolé, Sni-euh Rogue », dit-il d'un ton maussade. « Apparemment je me suis trompé. Quelqu'un se soucie de toi – bien que pourquoi je ne le sache foutrement pas ! »
« Sirius », grogna Lupin en secouant la tête. « Tu dois toujours avoir le dernier mot n'est-ce pas ? »
Black haussa simplement les épaules. « Est-ce que tu t'attendais à autre chose de moi Lunard ?, lui demanda-t-il en souriant malicieusement.
« Non », admit Lupin. « Mais à partir de maintenant si tu n'as pas quelque chose de gentil à dire, ne dis rien. Compris ? »
Black soupira. « Yeah ». Mais il continuait à le fixer l'air de dire 'tu vas payer pour m'avoir mis dans le pétrin'.
Severus grogna. Il aurait pu moins se soucier de ce que le cabot pensait de lui.
« Je me demande pourquoi ils ont ces âges-là ? », demanda Tonks curieuse. « Sirius semble avoir sept ans alors que Severus semble être d'environ cinq ans. »
« Peut-être que cela a à voir avec leur magie », leur dit Ginny qui les avait rejoint.
« C'est certainement une possibilité », dit Lupin pensif. « Siri n'avais-tu pas sept ans quand tu as commencé à montrer des signes de magie accidentelle ? »
« Ouais », dit fièrement Sirius. « J'ai fait voler mon modèle préféré d'avion tout seul ! »
Potter regarda Severus.
« Et te concernant Severus ? », demanda-t-il curieux. « Quel âge avais-tu quand tu as commencé à montrer des signes de magie ? »
« Cinq ans », admit Severus en soupirant. « J'ai mis le feu au canapé par accident – mon, euh, mon père n'était pas content… »
Potter le regarda avec sympathie. « C'est bon Severus », lui dit-il gentiment. « Il est mort depuis longtemps maintenant. »
Severus hocha la tête. « Les souvenirs sont toujours là. »
« Au moins tu n'auras pas à les supporter seul », dit tranquillement Harry – je veux dire, Potter.
« Alors », dit Black. « Je crois que cela signifie que nous avons nos magies maintenant, pas vrai ? »
Les yeux de Severus s'élargirent à cette déclaration. Il avait sa magie ?
Il pouvait faire de la magie sans baguette s'il le voulait ? Il n'y avait qu'un moyen de le savoir…
« Potter », dit-il en jetant un regard à l'homme debout devant lui.
« Oui Severus ? », demanda l'homme avec curiosité.
« Je suis désolé », lui répondit-il doucement.
« Pour quoi ? », demanda Harry – Potter – confus.
« Ça », répliqua Severus et il leva ses deux mains vers l'homme.
Comme s'il avait été frappé par une forte rafale de vent, Harry – Potter – se trouva projeté en arrière de plusieurs mètres.
« Harry ! », s'exclama Ginny en se précipitant en avant pour aider son mari à se redresser. « Est-ce que ça va ? »
« Je vais bien », grogna-t-il en le fixant. « Severus Tobias Rogue ! Pourquoi as-tu fais ça au nom de Merlin ? »
Severus le regarda. Il savait que sa magie était plus forte quand il était en colère. Il serra les poings.
« Parce que j'en avais envie », constata-t-il en ricanant.
Les sourcils d'Harry se haussèrent et il fit un pas vers lui.
Une paire de vases placés de part en part de lui se brisa, sa magie se renforçant avec son état émotionnel accru.
« Severus », dit Harry, commençant à s'énerver. « Arrête ça tout de suite ! »
« Non ! », hurla Severus, brisant par la même occasion d'autres choses en verre. Les fenêtres commencèrent à s'ouvrir et à se fermer toutes seules.
Harry fit un pas de plus en avant, seulement pour s'arrêter lorsque les éclats de verre quittèrent le sol et commencèrent à tourner autour de Severus.
« Harry ! », haleta Ginny. « Si ces éclats le coupent… »
« Je sais Gin », dit Harry en déglutissant. « Severus, pourquoi fais-tu ça ? »
Severus dit la première chose qui lui vint à l'esprit.
« Parce que », lui dit-il, une larme solitaire coulant sur son visage, « je ne le ferai pas. »
Harry fronça les sourcils. « ne fera pas quoi ? », lui demanda-t-il doucement.
Le tournoiement des éclats se rapprochait de plus en plus de lui.
Trop proche en fait.
Mais il s'en moquait.
« Vivre sans elle une nouvelle fois », dit Severus, ses cheveux volant autour de son visage. Les éclats commencèrent à tourner plus vite.
« Elle ? », demanda Tonks, les yeux écarquillés et un air confus sur le visage.
« Il veut dire Lily. » Lupin semblait plutôt pâle.
« Nous devons faire quelque chose ! », cria Ginny, son instinct maternel reprenant le dessus. « On ne peut pas se tenir là pendant qu'un enfant de cinq ans se suicide ! »
Cette seule pensée retourna l'estomac d'Harry. « Severus », essaya-t-il une nouvelle fois. « S'il te plait, écoute… »
« Tu ne m'as jamais écouté », lui dit-il en reniflant. « Pourquoi devrais-je t'écouter ? »
« Parce que je me soucie de toi, Severus », l'implora Harry. « Je me soucie de ce qui peut t'arriver ! »
« Et bien, moi pas. » La spirale d'éclats se trouvait désormais à quelques centimètres seulement de son visage.
« Stupéfiez le, renifla Black. « Seul Snivellus peut faire d'une crise de colère une situation de vie ou de mort. »
« Silence, Sirius », siffla Harry. « Tu n'aides pas ! »
« Harry », lui dit tranquillement Lupin. « La seule personne que Severus a jamais vraiment écouté était ta mère… »
« Je sais. » Harry se sentait impuissant.
Il ferma les yeux, serrant les paupières fermement. Maman, j'aurais vraiment besoin de ton aide là tout de suite…
Ginny haleta. « Harry, ta cicatrice ! » La cicatrice en forme d'éclair commença à briller.
Il ouvrit ses yeux et cette fois entendit l'exclamation de Tonks. « Ses yeux… ils brillent ! ».
Soudainement en face de lui apparut une magnifique femme aux cheveux roux et aux yeux d'un vert émeraude.
Elle fixa Severus, ses yeux verts sondant les siens noirs avec une intensité si forte que c'était presque palpable.
« Severus Tobias Rogue ! », s'écria sévèrement Lily Evans-Potter. « Tu arrêtes ça immédiatement ! »
Les yeux de Severus s'élargirent et les éclats tombèrent une fois de plus au sol.
« Lily ! », s'écria-t-il choqué de voir sa meilleure amie d'enfance – et l'amour de sa vie – se tenir devant lui. « Qu'est-ce que tu fais ici ? »
« C'-C'est ce que j'aimerai savoir aussi », dit Harry, grimaçant alors que sa tête palpitait douloureusement. « Maman ? »
Lily se tourna vers son fils désormais adulte.
« Excuse-moi mon chéri mais je ne pouvais traverser qu'à travers toi. »
Harry sourit faiblement. « C'est rien. Merci d'être venue. »
Lily sourit puis se tourna vers son ami d'enfance.
« Sev », dit-elle en utilisant le surnom qu'elle utilisait pour lui. « Pourquoi fais-tu un caprice ? »
Severus déglutit, refusant de croiser son regard dans ses magnifiques yeux – des yeux qu'il adorait plus que tout.
« Severus regarde moi », lui dit-elle fermement.
Comme si elle avait placé un sortilège de contrainte sur lui il s'aperçut qu'il ne pouvait pas plus désobéir à sa requête qu'il ne pouvait voler sans un balai.
« On t'a accordé une seconde chance Sev, une seconde chance d'avoir une vie plus heureuse. »
« Ma vie ne peut pas être heureuse », répliqua-t-il obstinément. « Pas sans toi. »
« Je sais, c'est pourquoi je vais revenir aussi. »
Les yeux de Severus s'agrandir à cela. « T-Tu vas revenir ? Seras-tu un de nouveau un enfant également ? »
Lily hocha la tête.
« Oui », lui dit-elle en souriant. « Nous allons grandir de nouveau ensemble – seulement cette fois les choses vont être différentes. Je te le promets. »
« Nous allons… être ensemble ? », demanda-t-il avec espoir. « Pour toujours ? »
« Pour toujours. »
« Qu'en est-il de James ? Est-ce qu'il va revenir aussi ? », demanda soudainement Sirius.
Lily le regarda. « James s'est déjà réincarné, Siri. »
« Déjà ? », demandèrent en même temps Harry, Sirius et Rémus.
Lily hocha la tête. « Oui. Et il est déjà là. » Elle lança un regard appuyé à Rémus.
« Jamie », murmura-t-il les yeux écarquillés. « Jamie est la… réincarnation de James ? »
Lily hocha la tête. « Oui. »
« Pourquoi est-ce différent pour lui ?, demanda Ginny curieuse.
« James n'a pas de regrets, il n'a pas besoin d'une seconde chance », expliqua-t-elle. « Il est revenu dans une vie complètement nouvelle – libéré de la précédente. »
« Pourquoi est-ce que cela n'a pas été le cas pour toi alors ? », demanda Harry.
« Parce que, comme Severus et Sirius, j'ai des regrets. » Elle lança un regard à l'enfant de cinq ans. « Et Severus a besoin de moi. »
« Oui c'est vrai », dit doucement Severus. « Quand Lily ? Quand reviendras-tu avec moi ? »
« Bientôt. Comme tu le sais, avec la magie tout est dans le timing. Je ne peux revenir du Voile que le jour où je suis morte. »
« Jamie est né le jour d'Halloween », réalisa Tonks en regardant son mari. « La même nuit où James Potter est mort. »
Lily hocha la tête.
« Mais », dit-elle en parlant à Severus, « c'est encore dans plusieurs mois. Jusque là, Sev, tu dois écouter Harry et faire ce que lui et Ginny te disent. Tu as peut-être tes souvenirs mais tu es physiquement et mentalement de nouveau un enfant. »
« Je ferai n'importe quoi Lily. Je ferai tout si cela signifie que tu me reviendras. »
« Même être gentil envers Sirius ? », lui demanda Lily curieuse.
Severus remua son nez, regardant Sirius à travers la pièce.
« Si je suis obligé », répliqua-t-il maussade. « Mais il a plutôt intérêt à ne pas commencer ! »
« Il ne le fera pas, n'est-ce pas Rémus ? », demanda Lily.
Rémus hocha la tête. « J'y veillerai, personnellement », dit-il en plaçant une main sur la tête de son ancien meilleur ami.
« Euh ? », demanda Sirius perplexe. « Qu'est-ce que c'est censé signifier ? »
« Cela signifie que tu vas venir vivre avec Dora et moi. »
« Tu le penses vraiment ? », répliqua Sirius en souriant. « Je peux ? »
« Bien sûr, tu es de la famille après tout », répondit Tonks.
Severus déglutit. Tout était très bien pour Black… mais en ce qui le concerne ?
« Je n'ai aucune famille », dit-il doucement.
Lily le regarda. « Si, Severus », lui dit-elle fermement. « Tu en as une. N'est-ce pas Harry ? »
Harry sourit à sa mère, comprenant ce qu'elle faisait.
« Tu as raison ». Harry s'agenouilla devant l'ancien Maître des Potions. « Tu vas vivre avec moi, Ginny et Alby. Nous allons être ta famille désormais. »
Severus cligna des yeux pour retenir ses larmes. « T-Tu ne seras pas méchant avec moi ? Co-Comme je l'ai été avec toi ? »
« Bien sûr que non. Mais comme toi je vais insister pour que tu nous respectes – et fasses attention à nous et aux règles que l'on te définira. »
« Je, euh, je suppose que je peux essayer », lui dit Severus en regardant Lily. « Tu vas me manquer Lily. »
« Nous n'allons pas être séparés très longtemps, Sev. Je te le promets. Saisis cette seconde chance. »
« Je vais le faire », lui dit doucement Severus. « Pour toi. »
Lily hocha la tête. « A Halloween alors ». Elle regarda Ginny. « Prenez soin d'eux ma chère, vous le ferez ? »
Ginny sourit à sa belle-mère. « Je le ferai, promesse de Sorcière ! »
« Au revoir maman. A bientôt je suppose. »
Lily hocha la tête puis, regardant directement Severus, elle lui envoya un baiser. Elle disparut ensuite de la pièce.
Severus déglutit en reniflant.
Harry le souleva dans ses bras et le tint proche de lui.
« C'est normal de pleurer Sev », lui murmura-t-il.
Ce simple mot suffit et l'enfant de cinq ans commença à sangloter de tout son saoul sur l'épaule d'Harry.
Harry le tint simplement serré contre lui, caressant doucement ses cheveux et prononçant des mots apaisants à son oreille.
« Tu es en sécurité, Sev », lui murmura-t-il. « Tu es en sécurité… et tu es désiré. »
Severus cria plus fort. C'était plus que ce qu'il avait jamais eu…
