Il n'y a pas que les démons qui se mêlent de l'histoire.
Bonne lecture ^^
La guerre allait prendre un nouveau tournant. Kureto avait rappelé Guren pour un nouvel entretien. Pendant ce temps, Shinya s'entretenait avec ses Courtisans. Ils avaient déjà détruit certains labos Hyakuya, mais avec la surveillance des démons la tâche restait ardue. Shinya espérait que les vampires pourraient gérer les Hyaluya. Soudain, il perçut une vibration. Quelque chose approchait, mais ce n'était pas humain ni démoniaque. Il se retourna, pour découvrir une jeune fille d'une incroyable beauté. Ses cheveux étaient plus blancs que ceux de Shinya, en revanche ses yeux étaient … dorés.
« Un ambassadeur des anges. Aïe. »
Shinya avança vers elle.
« Bonjour, je suppose que vous êtes un ambassadeur céleste. » dit-il.
« En effet. Je suis Ludoren. Et vous, le gardien vampire. » répondit-elle d'une voix cristalline.
« Correct. Un message pour moi ? »
« Oui. »
« Dans ce cas, permettez que je nous trouve un endroit plus approprié. »
Shinya l'invita donc dans un café. On leur servit un chocolat chaud ainsi que plusieurs gâteaux. L'adolescent se retrouva seul avec elle. Ludoren goûta le chocolat qu'elle apprécia. Son interlocuteur attendait qu'elle s'exprime.
« Le péché des hommes est venu jusqu'à nous. » commença-t-elle.
« Vous parlez de leurs expériences n'est-ce pas. » devina Shinya.
« Exact. Ils essaient à nouveau de créer le séraphin de la fin. Sacrilège ! »
Ludoren avait littéralement poussé un cri sur le dernier mot. Shinya ferma les yeux en constatant qu'ils attiraient l'attention.
« Dites ! Le mot discrétion ça vous parle ? »
« Qu'attends donc le gardien pour réagir et punir les pécheurs ? » questionna Ludoren, inquisitrice.
« Ha ! Je reconnais bien là les anges : moralisateurs toujours, mais jamais acteurs. Bougez-vous si vous souhaitez que les choses s'arrangent. » rétorqua Shinya.
« Oh ? Devons-nous donc nous charger du problème ? Fort bien, en ce cas nous viendrons chercher les Hiiragi un par un, et leur feront connaître notre courroux. » fit Ludoren.
« Le gardien c'est moi, je connais mon travail merci. Mais je ne peux être à partout à fois. Je comptais me charger des Hiiragi alors un peu de patience voulez-vous. » tempéra Shinya.
« Refusez-vous donc notre aide ? » s'enquit Ludoren.
« Votre aide non, votre morale oui. Mais vous savez que si vous intervenez, il y a un camp qui ne pourra le tolérer. Vous allez déclencher une guerre. Encore. Sauf si … » rappela Shinya.
« Voilà pourquoi nous restons à l'écart en général. »
« Et vous ne pouvez pas être discrets franchement ? Pourquoi faut-il toujours que vous arriviez en fanfare ? Izanagi ne vous apprends pas la modestie ? » lança l'ado.
Ludoren afficha une mine pincée, et plongea le nez dans sa tasse.
« Je crois qu'on s'est compris. Je vais faire mon travail, laissez-moi juste du temps compris ? »
« Bien. Chargez-vous des Hiiragi maintenant. Les autres sont déjà pris en charge il me semble ? » fit Ludoren.
« Les Hyakuya ? Oui, les vampires s'en occupent. »
« Fort bien. »
L'ange reposa sa tasse. Elle rappela ce qu'il devait faire, sans quoi les anges interviendraient. Et elle disparut sans que quiconque autour ne le remarque. Shinya serra sa tasse à la briser. Ces anges étaient d'une arrogance … toujours à donner des leçons mais pas question de se bouger le cul. Shinya termina à son tour sa tasse, régla puis quitta le café. Il reprit le chemin de l'institut, quand tout à coup il perçut une présence.
« La garce ! » siffla-t-il.
Ses trois Courtisans le retrouvèrent dans une ruelle. Shinya soupira, puis les rejoignit.
La nuit venue, ils se retrouvèrent chacun devant un entrepôt. Comme s'ils communiquaient à distance, les quatre vampires se ruèrent vers l'entrée. La caméra à l'entrée fut détruite, la porte défoncée. Chaque laboratoire fut mis à feu et à sang. Les cris du personnel résonnèrent, les murs repeints en rouge. Dans celui où se trouvait Shinya, des flammes rouges carbonisaient les personnes, certaines furent transpercées, égorgées, éventrées. Il se chargea ensuite de briser le matériel, et avec sa force ce ne fut pas difficile. Toute la nuit, ce ne fut que destruction totale. Personne ne survécut au massacre. Il quitta les lieux peu avant l'aube. Toutefois, ce ne fut pas pour rentrer. Non, le gardien allait poursuivre sa sinistre tâche.
Deux jours plus tard, Kureto appela son frère adoptif sur son portable. Il avait manqué tous les cours, ce qui n'était pas son genre. Mais l'argenté ne répondit pas. Kureto regarda son téléphone l'air contrarié. Sans doute était-il allé combattre un démon, il ne devrait donc pas s'inquiéter. L'engin sonna dans sa main alors qu'il baissait son bras. Le président regarda avec espoir, pour découvrir qu'il s'agissait de son père.
« Oui ? »
« Viens immédiatement au domaine, nous avons un problème. » ordonna Tenri.
« Entendu père. »
Sitôt qu'il eut prononcé cette phrase, Tenri raccrocha. Tout comme son aîné, il disait ce qu'il avait à dire, point. Kureto quitta donc son bureau. En chemin, il croisa Seishirou qui reprenait les cours. Sa mâchoire avait enfin guéri. Ils n'échangèrent qu'un bref regard. Pas un salut, ni de comment tu vas, content de te revoir. Rien. Pas de ça dans la famille Hiiragi. L'aîné pour sa part, arriva en fin de journée. Tenri avait l'air de mauvaise humeur. Allons bon.
« Kureto. Nous avons été attaqués, ou plutôt nos laboratoires où nous expérimentions le Kiju. » annonça-t-il de but en blanc.
Kureto afficha une brève surprise.
« Les Hyakuya ? » interrogea-t-il.
« Non. Nous ignorons ce que c'est. Voici des photos des labos détruits, et un début de vidéo. Toutes les caméras sont systématiquement détruites sans avoir pu filmer quoi que ce soit de significatif. » annonça Tenri.
Kureto eut un mauvais pressentiment. Il examina les photos en tâchant de ne rien laisser paraître. Des traces de brûlures … voilà qui tendait à confirmer ce qu'il pensait. Puis il examina la vidéo. Il vit les scientifiques au travail. Soudain, la porte vola littéralement hors de ses gonds. Kureto distingua une ombre sur le sol. Il dut faire appel à toute sa maîtrise pour dissimuler sa surprise. L'ombre était porteuse d'une lance. Son père lui demanda s'il avait déjà une idée, son fils répondit par la négative. Il fut donc chargé de l'enquête. Kureto annonça se rendre sur les différents sites. On affréta une voiture pour qu'il parvienne au premier, celui ayant conservé la vidéo.
« Shinya … qu'est-ce que tu as fait ? » pensa Kureto durant le trajet.
Il avait pourtant spécifié qu'il s'occuperait de cette famille. Cependant, il n'imaginait pas que ce serait si brutal. Kureto avait même espéré le faire changer d'avis. Hélas, trop tard. Il avait du mal à concevoir que Shinya soit capable de violence. Pas avec sa bouille d'ange. Il était un peu plus froid en vampire, un peu plus effrayant aussi. La voiture s'arrêta. Kureto en sortit. Il se dirigea avec appréhension dans le laboratoire. L'électricité avait été coupée. Il alluma une puissante lampe-torche. Ses yeux s'arrondirent. Des corps avaient été carbonisés. Kureto s'approcha d'un autre à la peau intacte, et examina la plaie au ventre. Large devant, fine derrière. La marque d'une lance. Mais pas de sang. Yuugure contenant le pouvoir du soleil et donc du feu, devait cautériser immédiatement les plaies. Un autre présenta comme des traces de griffures. Il n'avait pas utilisé exclusivement son arme. Toujours est-il que les dégâts étaient impressionnants.
Devant une table de commande, à la façon dont elle était pliée Kureto devina que Shinya y avait abattu son pied. L'impact était profond. Un écran d'ordinateur était transpercé, un autre tranché et une tour défoncée. Le jeune homme chercha des clés USB. Écrasées bien sûr, les CDs réduits en miettes. Il avait veillé à détruire toutes les recherches. Il se mit en quête des sujets d'expérimentation, humains et armes. Les premiers étaient morts, les seconds brisés et brûlés, ou plutôt fondus. Kureto soupira. Qu'allait-il bien pouvoir tirer de tout cela ? Une pensée lui vint. Shinya irait-il jusqu'à s'en prendre au patriarche ? Et les autres ? Irait-il jusqu'à attaquer Kureto ?
« Non … on s'entend bien. Il n'a pas de raison de … »
Il se revit offrant une arme démoniaque à Guren, et l'expression contrariée de Shinya. Il baissa les yeux. Peut-être que si, il en avait une. Kureto secoua la tête. Non, cela ne se pouvait. Kureto sentit qu'il n'aurait jamais la force de se battre contre Shinya. Il ne pourrait pas. Le jeune homme acheva son inspection, puis repartit. Mais il se sentait abattu. Il alla voir les autres sites. Ceux-là avait dû être visités par ses Courtisans. Ce n'était que sang et ruines. Il repéra des traces de magie, mais peu. Ils avaient dû expédier leur affaire, pourtant ils avaient été attentifs à ne rien laisser derrière eux.
Kureto rentra à l'académie. Seishirou vint à sa rencontre.
« On a été attaqué ? » demanda-t-il.
« Oui. »
« Qui a osé ? Et pourquoi je n'ai pas été prévenu plus tôt ? » dit-il, agacé.
« Je ne sais pas, et tu demanderas à père. » répondit Kureto, laconique.
« Mais je suis un Hiiragi ! Je devrais être en charge d'une partie de l'enquête ! » protesta Seishirou.
Surtout pas, songea Kureto. Si par malheur il apprenait la vérité pour Shinya, il irait aussitôt le rapporter à leur père. Il rêvait de se couvrir de gloire. Tenri interrogerait forcément son aîné, et Kureto ne savait comment protéger Shinya.
« Je te l'ai dit, adresse-toi à notre père. » reprit le concerné.
« Et la pièce rapportée elle est passée où ? Il ose sécher les cours ce moins que rien ? » reprit Seishirou.
Kureto se retint de ne pas lui retourner un revers. À la place, il renvoya un regard noir son frère, puis lui signifia qu'il avait autre chose à faire que d'écouter ses jérémiades. Il n'avait qu'à se rendre utile au lieu de se plaindre. Seishirou serra les poings, mais ne broncha pas. Arrivé dans son bureau, Kureto appela son frère adoptif.
Posté sur le toit d'un immeuble, sa lance calée contre l'épaule, une jambe pendant dans le vide l'autre repliée et le coude reposant dessus, Shinya sortit son portable. L'écran affichait Kureto. L'ado le regarda un moment, puis rangea l'appareil.
« Nous avons terminé notre tâche, maître Éole. » annonça Leslie.
« Encore trois labos de détruits ? » demanda Shinya.
« Correct. Si cela n'arrête pas les recherches, ça les ralentira énormément. »
La petite vampire vint s'asseoir à côté de lui, les pieds dans le vide.
« Bien. Je vais devoir vous éloigner un peu. Le pays compte d'autres endroits appartenant aux Mikado no Oni. Moi, je dois rester ici au cas où les démons tenteraient d'ouvrir la porte. Et ils le feront j'en suis certain. De plus, il y a toujours cette guerre avec les Hyakuya et Mahiru au milieu de tout ça. » annonça Shinya.
« Entendu maître. Mais n'hésitez pas à nous rappeler en cas de besoin. Nous aurons des téléphones nous aussi. » répondit Leslie.
« Oui. Allez va à présent. » conclut Shinya.
« Bon courage Éole-sama. »
« Vous aussi, et soyez prudents. »
Leslie hocha la tête avec un sourire, et s'en alla. Shinya soupira. Il se demandait comment il allait expliquer cette pagaille à Kureto. Quoiqu'il devait déjà avoir compris. L'argenté ne s'en était pas caché après tout. Bref. Il étira ses mains au-dessus de sa tête. Puis il se figea les yeux ronds. La présence … il ne la sentait plus. Bon ou mauvais signe ? Shinya ne se sentait pas tranquille. Bon, théoriquement son action avait dû la calmer comme il l'avait prévu. Il se releva. La nuit était tombée à présent. Il avait encore quelques visites à faire.
Deux jours plus tard, Kureto essaya encore de joindre Shinya. Voilà bien cinq jours qu'il avait disparu, et à l'école on en discutait. Kureto avait toutefois détourné les rumeurs en annonçant qu'il était en mission. Ce qui à dire vrai, n'était pas complètement faux. Apercevant soudain Guren dans la cour, Kureto se demanda si Shinya l'avait prévenu de quelque chose. Sans doute devrait-il l'interroger. Pourtant il savait que le brun ne cracherait pas facilement le morceau. Cependant, l'absence de Shinya l'inquiétant plus qu'autre chose, il se décida à aller lui parler.
« Shinya ? » fit Guren.
« Oui, est-ce qu'il t'a dit quelque chose sur son absence ? » répéta Kureto avec une pointe d'agacement.
« Non. Je ne l'ai pas revu depuis sa disparition. Je le croyais à la chasse au démon. Après les évènements du zoo, j'ai simplement pensé que les choses s'accéléraient pour lui. » avoua Guren.
Kureto eut envie de croire qu'il mentait, que Shinya l'avait mis dans la confidence et non lui. Il aurait alors pu passer ses nerfs sur le brun. Pourtant, il devinait des accents de vérité dans ses paroles. Guren n'en savait pas plus que lui, et sûrement moins même. Kureto laissa s'échapper un soupir, puis s'en alla. Les cours étaient finis, tout le monde partait. Le jeune homme pensa aller dans une salle d'entraînement pour évacuer sa tension. Shinya lui manquait. D'ailleurs, les émotions qu'il avait à son sujet depuis quelque temps le tourmentaient, et il en percevait la raison sans oser l'admettre. Une fois dans la salle, il entreprit d'ôter ses chaussures devant les tatamis, quand tout à coup il entendit le cri de Seishirou. Eh bien, il le savait poltron mais en principe rien ne devrait l'effrayer ici. Kureto remis sa chaussure noire à la hâte, puis quitta la salle en courant.
En se rapprochant, il entendit des fracas. On se battait visiblement. Heureusement qu'il portait toujours son sabre sur lui. En arrivant dans un couloir, il découvrit son frère fuir devant … une fille avec des ailes. Kureto stoppa. Elle portait une paire d'ailes blanches et luisantes, affichait des yeux dorés, une chevelure blanche ainsi qu'une épée.
« C'est un ange ? » songea Kureto.
Il était si surpris qu'il ne réagit pas quand Seishirou passa en gémissant près de lui. L'ange le remarqua.
« Hiiragi. » dit-elle.
Voilà qui sortit Kureto de son étonnement. Elle était là pour eux. Il sortit donc son sabre, puis se mit en garde. Mais au moment où elle allait l'atteindre, la fenêtre explosa. Kureto crut voir Shinya empoigner l'ange au cou, puis la pousser dans la salle de classe en passant au travers de la porte. Kureto se précipita dans la salle. Les pupitres étaient pêle-mêle, et la vitre en face côté cour explosée. Le jeune homme se rua dehors. Le combat entre l'ange et le gardien était féroce. Shinya lui avait déjà abîmé une aile. La lance et l'épée s'entrechoquaient en projetant des étincelles partout. Apparemment, Shinya était plus expérimenté qu'elle en matière de combat. Il lui envoya plusieurs coups de poings ainsi qu'un coup de pied phénoménal au ventre qui la projeta loin en arrière. Shinya fonça alors qu'elle était toujours dans les airs, la saisit au cou et la plaqua si violemment au sol qu'il se fissura.
Après quoi, il planta Yuugure dans son autre aile. L'ange poussa un cri qui relevait du crissement. Shinya la maintenait au sol, un genou sur son thorax.
« Comment oses-tu ? » gronda-t-il.
« Et toi ? Tu as failli à ta tâche gardien ! » répliqua Ludoren.
Shinya serra davantage. Un humain serait déjà mort depuis longtemps.
« Écoute-moi bien sale peste : une seule personne peut me dire si j'ai échoué ou non, et ce que je dois faire. Et TU N'ES PAS … cette personne, compris ? » s'exclama Shinya.
« Les Hiiragi doivent périr … ils ont … menés des recherches interdites … » articula Ludoren.
« Ce ne sont pas tes oignons ! » s'écria Shinya.
Soudain, Kureto remarqua deux présences derrière son frère. Il voulut l'avertir, mais l'ado les avait déjà repérés.
« Gardien je vous en supplie, relâchez notre sœur ! »
Un homme et une femme, ressemblant à l'ange. La même engeance sans doute. Shinya les toisa.
« Nous sommes désolés. Ludoren a outrepassé ses droits et sa mission. » intervint l'homme.
« Quoi ? » fit Ludoren.
« Aidu a raison. Le gardien connait sa tâche, et tu n'avais pas à t'en mêler. Tu as failli provoquer un grave conflit Ludoren. Il aurait pu te tuer et aurait été dans son droit de le faire. Que dirais-tu si un étranger à ton monde s'était mêlé de ta mission ? » reprit la femme.
Ludoren eut la décence de baisser les yeux.
« Tu es une ambassadrice, une messagère et rien de plus. En aucun cas, il ne t'a été demandé de tuer. C'est le genre de chose qui peut provoquer la déchéance d'un ange quand il n'y est pas autorisé. » rappela Aidu.
Ludoren parut soudain terrifiée. Visiblement elle n'avait pas pris en compte ce détail. Shinya songea qu'il pouvait la relâcher. Il reprit également Yuugure, et laissa la femme ange s'occuper de sa semblable.
« Nous sommes profondément navré des agissements de Ludoren gardien. Nous vous assurons qu'aucun de nous ne lui a ordonné la mort des Hiiragi. Nous connaissons l'homme et son penchant pour l'interdit. En détruisant leurs laboratoires, vous les avez punis et retardés. Nous saurons nous contenter de cela pour le moment, et vous prions de bien vouloir garder un œil sur eux. Dans la mesure du possible bien sûr. » reprit Aidu.
L'autre ange pressa Ludoren de s'excuser à son tour.
« Mes plus plates et sincères excuses gardien, je me suis très mal comportée. Je croyais agir au mieux et prévenir une catastrophe. J'ai interféré dans votre travail, j'en suis très désolée. » dit-elle, tête basse.
« Que cela ne se reproduise plus, et que je ne vous revoie plus. » rétorqua Shinya encore sur les nerfs.
« Ce sera le cas, sauf urgence. » assura Aidu.
Ils repartirent en compagnie de Ludoren, déconfite. Shinya soupira en levant la tête, une main dans les cheveux.
« Shinya ! »
Kureto accourait vers lui. Ah. L'heure des explications.
« C'était des anges. La fille a attaqué Seishirou. Et toi tu … les labos … » lâcha Kureto.
« Oui. Elle s'appelle Ludoren. Elle est venue me trouver en début de semaine pour me porter un message. Sur vous. Apparemment, votre bêtise est parvenue jusqu'au monde céleste. Et elle est venue me signifier d'y mettre un terme. » commença Shinya en faisant tournoyer Yuugure.
Kureto écarquilla les yeux. Le ciel … savait pour leurs expériences ?!
« J'ai donc commencé à détruire vos labos afin de la calmer, et de gagner du temps. Et surtout, parce qu'elle s'est permise de me surveiller. Je n'ai donc pas pu te contacter, car cela l'aurait incitée à croire que j'avais l'intention de vous épargner. » continua Shinya.
« Et elle aurait attaqué plus tôt. » comprit Kureto.
« Exact. Elle m'a lâché les baskets il y a deux jours, mais je n'ai pas pu m'empêcher de trouver ça suspect. J'ai eu raison visiblement. J'ai regardé l'avenir et l'ai suivie ici. »
Kureto sentit son cœur battre, et soulagé. Shinya n'avait agi que pour les protéger. Il pourrait également mettre la destruction des laboratoires sur le dos des anges, et tenter de persuader son père d'abandonner les recherches. Il ramassa une plume perdue par Ludoren. Et une preuve, une. Il exposa son idée à Shinya, qui approuva.
« Bon ! Ce sera tout pour moi. » décida-t-il en s'étirant.
« Je vois ça, tu dois être fatigué. Tu as besoin d'un peu de sang ? » reprit Kureto.
« Nop. Mais je vais me rentrer. »
Kureto le regarda alors qu'il lui tournait le dos et avançait de quelques pas. Quoi c'est tout ? il s'absentait pendant près d'une semaine, et déjà il s'en allait ?
« Shinya attends ! »
« Hm ? »
« Euh … je … j'ai un nouveau jeu, si tu veux venir l'essayer. »
« Eh ? Toi le si sérieux président du conseil des étudiants, tu joues aux jeux vidéo ? » sourit Shinya, dévoilant ses canines.
« Bah quoi ? » fit Kureto embarrassé.
Shinya se mit à rire devant sa gêne. Il se demanda ensuite si c'était une bonne idée, alors qu'il avait tant à faire. D'un autre côté, s'il ne s'amusait pas pendant sa jeunesse quand le ferait-il ?
« D'accord, par contre j'aurais besoin d'une bonne douche. » reprit l'argenté en se rapprochant.
« Pas de problème, tu n'auras qu'à utiliser la mienne, tu gagneras du temps. »
« Ok. Hé au fait, où est passé Seishirou ? »
« Tiens, je l'avais complètement oublié celui-là. »
Ils se mirent donc à sa recherche. Ils l'appelèrent. Le concerné finit par sortir d'une salle de classe. Shinya avait repris son apparence humaine, après avoir pisté son odeur.
« Tiens, voilà Rémi sans famille. » lança Seishirou, acide.
« Tiens, voilà Michel Vaillant. » rétorqua Shinya, non moins cassant.
Seishirou tiqua devant cette allusion à son manque de courage.
« Où t'étais passé ? Tu as abandonné les cours parce que t'as eu peur d'être mal classé ? »
« Ferme-la Seishirou ! Contrairement à toi, il n'a pas fui en piaillant comme un gamin devant le danger ! Quand vas-tu te comporter avec dignité ? » siffla Kureto.
Son frère se tendit et serra les poings. Mais que pouvait-il répondre ? Il avait réellement fui.
« Ah ? Parce que lui il a pu lutter contre cette chose peut-être ? M'étonnerait. » répliqua Seishirou.
« Et comment ! Non seulement il a combattu mais en plus il l'a fait fuir. Alors le jour où tu te décideras à faire preuve de courage, tu pourras parler. En attendant, tu ferais mieux de lui montrer du respect. Lui au moins il ne fait pas honte à la famille. » rétorqua Kureto, glacial.
Seishirou recula devant l'air menaçant de son frère. Il était humilié. Par sa couardise, par le fait que Kureto reconnaisse que Shinya, dont le sang des Hiiragi ne coulait pas dans les veines, avait plus de valeur que lui. Shinya, qui était véritablement plus fort que lui. Kureto lui tourna les dos avec mépris. L'argenté de son côté soupira, puis après un dernier regard à Seishirou suivit son aîné.
Il passa rapidement prendre des vêtements chez lui, puis arriva chez son frère. Kureto lui indiqua la salle de bain tandis qu'il installait le jeu. Il ne l'avait pas encore testé. À vrai dire, il avait pensé l'essayer avec Shinya. Un moyen sans doute, d'être seul avec lui. Kureto rougit dès que l'idée germa. Il secoua la tête et continua son installation. Sauf que … il n'avait encore jamais touché à la console, offerte par son frère adoptif pour son anniversaire. Kureto s'empêtra dans les câbles.
« Alors tu t'en sors ? Je t'entends pester comme une vieille fille. » fit une voix dans son dos.
Kureto tourna la tête, et crut qu'il allait avoir une crise cardiaque. Shinya sortait tout juste de la salle de bain, avec une simple petite serviette autour des reins. De l'eau coulait de ses cheveux et cascadait sur ses muscles.
« Euh … bâcles. » répondit Kureto.
Shinya pencha la tête. Son frère leva une main avec les câbles de la console.
« Mais tu ne l'as pas encore branchée ? » s'étonna Shinya.
Kureto secoua la tête, muet.
« Bon, bouge pas. »
Shinya attrapa un boxer ainsi qu'un jean, qu'il enfila sous sa serviette avant de la défaire. Passant de l'autre côté du canapé, il prit les câbles de la main de Kureto, puis s'assit pour effectuer les branchements. Pendant ce temps-là, môssieur Hiiragi en profita pour se rincer l'œil, et tenter de résister à l'envie de promener sa main sur cette peau laiteuse. Shinya passa derrière la télé, et brancha le dernier câble. Saisissant ensuite la télécommande, il mit le bon canal.
« Nah là. » dit-il.
Son ventre gargouilla juste après. Shinya posa sa main dessus.
« Euh … t'aurais pas un truc à grignoter par hasard ? »
« Si, y'a des abdos dans la cuisine. Des TRUCS ! »
« Ah bon, tu m'as fait peur. »
Kureto eut envie de se cacher sous son canapé. Shinya le laissa finir son installation, et alla chercher de quoi manger. Il ouvrit les placards, se demandant si son frère adoptif connaissait les chips, ou le pop-corn. Mais non, que des conserves. Shinya tira la langue. Bon, plan B. Il attrapa son t-shirt puis sortit de l'appartement en demandant à son aîné de patienter.
« Hm hm ! » acquiesça celui-ci, encore cramoisi.
Bonne idée, cela lui donnerait le temps de se remettre. Forcément, puisqu'il se battait et s'entraînait il avait un physique des plus agréables. À vrai dire, Kureto songea qu'il n'avait fait qu'embellir depuis son arrivée dans le clan. Mahiru était bête ou quoi ? Kureto soupira tête en arrière. Non, elle préférait Guren. D'ailleurs, Shinya aussi vu l'intérêt qu'il lui portait. Le jeune homme sentit son humeur s'assombrir.
« N'empêche, qu'est-ce qu'il lui trouve à ce mioche ? »
Alors attends que je réfléchisse, fit une voix dans sa tête. Déjà, t'as vu ses yeux ? Belle améthyste, et ces cheveux noir brillant qui retombent devant, conférant une aura de mystère supplémentaire à ce regard déjà perçant. Ensuite, il est talentueux comme t'as pu le constater quand tu l'as évalué, le seul à t'avoir tenu la dragée haute en combat en dehors du clan. Ensuite, sa situation donne envie de le protéger, de lui venir en aide surtout pour quelqu'un qui déteste l'injustice. Et qui dans tes connaissances est justement comme ça ? Bien vu, Shinya.
« Mggrrrr ! Saleté d'Ichinose ! » bougonna Kureto.
Il saisit un coussin qu'il envoya voler.
« Me revoilà ! » claironna Shinya en rentrant.
Il saisit le coussin avant qu'il n'atteigne son visage, et le balança droit sur Kureto qui se tournait pour le voir. Le jeune homme le reçut en pleine face.
« Qu'est-ce qui te prends de me balancer des coussins, toi ? » demanda Shinya.
« Cela ne t'était pas destiné. » fit Kureto en remettant le projectile à sa place.
« J'espère bien. Bon j'ai pris des trucs à grignoter. »
Shinya déballa des chips, pomme de terre et à la crevette, des nouilles instantanées et quelques sucreries. Kureto apporta des saladiers où il déversa des chips. Une fois prêts, ils entamèrent une partie de course de karts, tout en piochant de temps à autre un chips. Shhinya se mit à siffloter, ce qui alerta son frère. En général, quand il faisait ça il préparait un coup. Et effectivement, au bout de quelques minutes il éjecta son adversaire de la piste.
« Argh ! » grogna Kureto.
« Hahaha ! »
Un chips de réconfort pour l'un, un pour célébrer pour l'autre. En même temps, ils tendirent la main vers le même bol. Le contact fit rougir Kureto, qui détourna immédiatement la tête. Shinya ne laissa rien transparaître. Il regarda pourtant sa main un instant plus tard, s'étonnant de toujours ressentir le contact. La partie se poursuivit un moment. Kureto proposa un autre jeu. Shinya acquiesça, la tête lourde. Le temps que son frère charge le cd, l'ado s'était endormi. Kureto l'observa, puis éteignit télé et console. Il quitta le salon pour sa chambre, et revint. Après avoir contemplé un instant le bel endormi, il le fit basculer contre lui et le souleva. Kureto déposa Shinya sur son lit. L'ado se retourna pour se mettre sur le côté. Son aîné rabattit la couverture, puis revint au salon où il prit place sur le canapé.
Le lendemain, le réveil sonna. Shinya tendit la main, tâtonna un peu et l'éteignit. Puis après un instant il redressa la tête.
« Une minute, c'est pas mon réveil ça. »
Avec sa vue vampirique, il découvrit que la chambre n'était pas non plus la sienne.
« Mais où suis-je ? »
Shinya sortit de la chambre, puis reconnut l'endroit. Ah, il s'était endormi chez Kureto. Bon. En silence, il alla faire son lit, prépara le couvert pour le petit-déjeuner de son aîné, griffonna un merci sur un papier qu'il posa sur la table de la cuisine, et se sauva. Kureto pour sa part, se réveilla une bonne heure plus tard. Il ouvrit les volets, avant de constater le retard sur la pendule.
« Zut ! »
Il fila dans sa chambre, pensant réveiller Shinya quand il découvrit le lit vide. Kureto fut un peu déçu, mais sourit en découvrant la petite attention ainsi que le merci sur le papier. De son côté, Shinya avait retrouvé sa salle de classe. Mito vint vers lui, et lui demanda si sa mission s'était bien passée. Shinya répondit par l'affirmative, avec le sourire. Guren l'observa du coin de l'œil.
Il tenta de s'imaginer à son service. Il avait eu un aperçu des pouvoirs des Courtisans, et en effet ils étaient forts. Mais n'était-ce pas aussi dû à leur nature de vampire ?
« Non, la magie qu'ils utilisent est forte. Cela vaudrait peut-être le coup. »
Il tâcherait de lui en parler plus tard. En attendant il avait d'autres projets.
