Bonjour!

un nouveau chapitre car j'ai un peu d'avance, et ça vous permettra de voir si cette histoire vaut le coup.

Merci pour les mises en alertes et favoris. Pour deux chapitres je suis satisfaite, ça démarre doucement mais surement :)

merci à lili69 et emelyne pour vos ptits messages :)


POV Bella

Le mercredi et les deux jours suivant filèrent à une allure folle. Je ne vis pas mes journées passer qu'on était déjà vendredi soir. Bien sur, Edward jouait un rôle prépondérant sur cet état de fait, car nous avions passé beaucoup de temps ensemble.

Comme convenu, je l'avais rejoint au studio le mercredi après-midi. J'avais aimé le voir bosser, chose inconnue pour moi, et le voir si concentré sur ces petits boutons, ou battre la cadence d'une basse ou d'une batterie avec sa tête. Ces quelques heures m'avaient dévoilé un peu plus de lui et de sa passion pour la musique. La seule fausse note vint de moi, quand il me demanda de faire les cœurs d'une chanson.

- Hors de questions !

- B… Tu as une très belle voix et tu chantes très bien !

- Que tu dis !

- Rappelle moi qui est producteur/compositeur dans cette pièce ?

- Tu n'es pas objectif !

- Oh que si… Prends ça comme un défi !

- C'est pas bien ce que tu fais ! Me provoquer pour que je le relève, c'est bas Masen.

- C'est pour la bonne cause. A New York, j'ai des choristes, ici non. Je veux juste voir ce que ça donne.

- Tricheur, c'est pour ça que tu m'as fait venir !

- Un peu. Allez vas-y. Et pour te remercier on ira au resto demain soir !

- Avec Aydan ?

- Bien sûr avec Aydan ! Et je suis sûr qu'il sera fier d'entendre sa maman chanter.

J'avais chanté, mal à mon gout, mais Edward avait eu l'air ravi. Le soir même, il avait ramené le Cd à mon fils, qui avait été effectivement très fier d'entendre sa maman sur un CD. Edward avait diné avec nous, et passé une partie de la nuit dans mon lit.

Le lendemain, il m'avait trainée chez Armani, puis dans des visites de maisons.

- Quelle est ta préférée ? m'avait-il demandé pendant notre diner KFC

Et oui, il n'avait pas précisé où aurait lieu notre diner, et son choix avait été vite fait, pour faire plaisir à Aydan.

- Sans conteste la maison de la plage, répondis-je.

- Comme ça m'étonne ! Pour la plage ou pour la maison ?

- Les deux mon capitaine. Elle est grande, lumineuse, et si Esmé te la décore, tu auras une superbe maison pour tes proies !

Il m'avait fait un clin d'œil, et on avait discuté de tout et rien tout le reste du repas. Il avait à nouveau passé la quasi-totalité de la nuit avec moi, et des questions que je ne m'étais jamais posées commencèrent à germer dans ma tête.

D'après les conversations d'amies célibataires ou d'amies de fac, les coups d'un soir, les « plans cul » comme elles disaient, partait une fois leur devoir accompli. Même si l'homme en question était un régulier. Edward, naturellement et sans qu'on en parle, était toujours resté. Il n'était donc pas un « plan cul ».

Nous n'avions pas eu de rencard. Il ne m'avait pas invité au restaurant, fait livrer des fleurs (autre que pour mon anniversaire bien sûr), et on était très discret en dehors de ma maison. Pas un couple donc.

Qu'étions-nous ?

Depuis la première fois presque 6 ans plus tôt, je me posais cette question, qu'étions nous l'un pour l'autre ? Pas un couple, pas des amants non plus, pas des amis, certainement pas des frères et sœurs. Alors quoi ? Et puis que ressentais-je pour lui ? De l'affection, de la sympathie ? De l'amour ? Non, j'avais aimé Jared et ça n'y ressemblait pas. C'était quoi ?

Ces questions me trottaient encore dans la tête quand je déposais Aydan chez Alice et Jasper. Après un baiser très rapide, mon fils fila avec son cousin, tandis qu'Alice et Jasper me regardaient bizarrement dans le couloir.

- Qu'est-ce que j'ai ? demandais-je

- Justement, c'est la question que je me pose, dit Alice. T'as une drôle de tête.

- J'ai mis plus de maquillage que d'habitude, ça doit être ça.

- Non y a autre chose…

- Passe une bonne soirée Bella, me dit Jasper en me faisant une bise. Très sympa ta robe.

Je baissais la tête vers cette nouvelle robe, achetée avec Edward chez Dior. Elle était très simple, sans bretelle, bleue, arrivant mi-cuisse. Edward avait tenu à m'acheter les ballerines assorties, que je portais forcément, avec.

- La robe est trop… demandais je à Alice alors que Jasper appelait les garçons tout en allant au salon.

- Non ! Il a essayé de te dire que t'es sexy. Mais Jasper n'a pas toujours le vocabulaire le plus adéquat.

- Mouais…

- Tu te poses des questions hein ?

- Hein ? de quoi ? Non ! Pourquoi des questions ? sur quoi ? répondis-je trop vite et trop mal

Je m'étais clairement enfoncée là, au vu du sourire d'Alice. Elle se moquait littéralement de moi, en hochant de la tête.

- Vous vous êtes vu tous les jours…

- C'est pas une question ça, dis je

- Non, je le sais, donc c'est une affirmation. Il rentrait au petit matin d'après la rumeur.

- Mais qui t'a dit ça ?

- Liz. En bonne mère qu'elle est, elle a demandé à Jasper et Antho si Edward voyait quelqu'un.

Je tombais des nues. Il s'était fait repéré, ne le savait pas, et avait éveillé les soupçons de sa mère.

- Elle a dit quoi d'autre ?

- Qu'il semblait très heureux, un sourire un peu niais sur le visage par moment…

Je ne su pas quoi répondre à ça. Y avait rien qui puisse récupérer les dires d'une mère connaissant son fils.

- Tu te doutes bien qu'ils vont remarquer ce qu'Antho et moi voyons quand vous êtes ensemble au repas de dimanche.

- Y a pas de raisons, Alice.

- Oh si, vous n'avez jamais participé à ce genre de festivités après avoir passé autant de temps ensemble.

Un point pour elle. A chaque fois qu'on avait fait les repas du dimanche ensemble, il était en vacances chez ses parents, ce qui était quand même assez rare, et on ne se voyait pas beaucoup et rarement seuls, sauf certaines nuits.

- Je vais y aller je dois le récupérer.

- Chez Antho je suppose ?

- Je ne me voyais pas frapper chez Liz et Keith, alors qu'ils ne savent même pas qu'on est proche.

- Ca pour être proches…

Je fis une grimace, et Alice ne rajouta rien. Elle me connaissait assez pour savoir où s'arrêter. Elle avait sa propre idée de ma « relation » avec Edward, et je n'étais pas d'accord avec elle. Alors on évitait d'en parler, restant sur des bases superficielles du sujet.

- Passe une bonne soirée, me dit-elle alors que je lui faisais une bise.

- Pas de soucis. Je t'appelle avant de passer chercher Aydan demain ?

- Vient dans la soirée, tu dineras avec nous. On passe la journée à la plage.

- Ok. A demain.

Je filais à ma voiture, la tête encore plus chamboulée de questions qu'avant d'arriver. Il fallait que je me reprenne, que je ne gâche pas cette soirée, et surtout qu'Edward ne détecte rien.

Anthony m'ouvrit la porte en souriant, bière à la main, et se mit à siffler.

- De la part d'un gai ça n'a aucune valeur, dis-je.

- Je sais apprécier les bonnes choses ! répliqua-t-il sans se départir de son sourire.

- Bonne ? vraiment ? Belle serait vraiment plus gentleman !

- Ouais mais là c'est plutôt sexy bomba que belle.

Il me fit un sourire toutes dents dehors, plutôt fier de lui. Je l'ignorais et allais vers le salon où je pensais trouver Edward. Il était là, affalé dans le canapé avec une bière lui aussi, zappant avec la télécommande. Il se tourna vers moi et me fit un sourire furtif avant de lever un sourcil.

- On y va ? demandais je

- Ouais, dit il en se levant.

Il me fit un baiser sur le front avant de me suivre dans le couloir. Anthony nous regarda passer, un sourire idiot sur le visage, pensant clairement des choses qui ne me plairaient pas. Alors qu'on allait refermer la porte derrière nous, il nous arrêta.

- Si elle me pose des questions, je dis à maman que tu es chez moi ? demanda-t-il toujours avec ce sourire pénible

- Fais ça ! dit Edward en lui rendant son sourire

- T'es au courant ? dis-je en fermant la porte sous les rires d'Anthony.

- Antho m'en a parlé ce matin, et Jay m'a appelé ce midi. C'est pour ça que t'es tendue comme ça ?

- Aurais tu oublié que je suis le quelqu'un en question ?

- Tu sais que je suis un grand garçon, majeur et vacciné ?

- Pas pour ta mère. Pour Liz tu seras toujours le petit garçon à sa maman.

Je lui tendis les clés, et on monta en voiture.

- Tu sais qu'elle n'a rien à voir avec Sherlock Holmes ? me demanda-t-il en bouclant sa ceinture. Elle ne va pas faire une enquête.

- Je sais ça mais je crois que tu oublies ce dont elles sont capables une fois réunies avec ma mère et ta tante. Renée a un 6ème sens, elle ressent des choses, elle me fait peur parfois quant à Esmé, elle a l'œil.

- Et ce serait si grave que ça qu'on se voit ?

- Que tu passes tes nuits chez moi ? Alors qu'ils ne sont au courant de rien et qu'on leur ment depuis des années ? Je dois vraiment répondre à cette question Masen ?

Je commençais à m'énerver, et il le savait. Je ne sais pas ce qui me poussait dans mes retranchements : la peur, sa réaction, ou simplement le retour de boomerang de mes questions.

Il mit le contact et ne dit plus rien. Mais je me rendis compte qu'il n'allait pas vers L.A, et je lui demandais où on allait.

- Chez toi, dit il fermement. On doit parler un peu je crois.

- Mais…

- Au diable cette soirée ! On verra plus tard si J'y vais ou si ON y va.

Il était énervé lui aussi maintenant.

Arrivés chez moi, il descendit rapidement de voiture, tandis que je refusais de descendre. Pourquoi ? J'en sais rien. Mais il vint ouvrir ma portière, et m'intima de descendre. Devant mon manque de réaction, il défit lui même ma ceinture.

- Masen…

- Tu préfères vraiment discuter dehors ?

- J'ai pas le choix ?

- Non.

Je descendis de mauvaise grâce avant d'aller vers la porte. Je l'ouvris et il me poussa doucement l'intérieur, refermant la porte et se collant contre, regardant le sol.

- C'est pas comme ça que tu m'empêcheras de sortir.

- Je ne veux pas t'empêcher de sortir. Je reste juste à distance.

- Pourquoi ? m'étonnais-je.

- Parce qu'on doit parler, et qu'actuellement ce n'est pas du tout à ça que je pense.

J'eu un hoquet de surprise : j'avais très bien compris, mais c'était la première fois que ce genre de paroles sortait entre nous. Il releva la tête et on s'affronta du regard.

- Alors maintenant explique moi ce soudain problème. Quand j'ai passé une semaine ici, tu ne t'es pas souciée que quelqu'un sache.

- J'avais couvert mes arrières, et personne n'était au courant de ta venue !

- Où est le problème Bella ? Nous sommes tous les deux célibataires, on ne fait de mal à personne ! s'énerva-t-il

- Ca n'a pas toujours été le cas je te rappelle ! Que vont penser les parents en sachant que depuis 5 ans on couche ensemble dès qu'on se voit ?

- Je ne vois pas comment ils le sauront si ni toi ni moi ne le disons.

- 3 autres personnes sont au courant pour ce qu'il s'est passé au mariage de Rose et Emmet, ET de ce qu'il se passe aujourd'hui.

Son regard changea, et je ne su pas si c'était bon ou mauvais. Mais dans la seconde suivante il était devant moi, nos visages à quelques centimètre l'un de l'autre.

- D'où vient cette soudaine prise de conscience ? dit-il plus calmement

- Edward… murmurais je en fermant les yeux.

- Regarde-moi, B.

Je rouvrais les yeux et vit son regard : il était différent lui aussi. Je me posais peut être des milliers de questions, mais il était plein de doutes lui aussi. Je ne savais juste pas encore lesquels.

- Dis moi.

Mais je ne savais pas quoi dire. Comment lui expliquer sans paraitre moitié folle ?

- Je… Je suis perdue…

Il se mit à jouer avec mes cheveux, détournant son regard. Ce fut plus facile pour moi, même si la proximité commençait à énerver mes sens jusque-là en sommeil.

- Je ne sais plus quoi penser… Je n'arrive pas à nous définir, et… Putain on est tout le temps ensemble ! Dès qu'on peut… Dès qu'on est seul…

- J'ai envie d'être avec toi, me coupa-t-il. Je ne me pose pas cette question, mais je cherche ce qui a changé la donne.

Il plongea ses beaux yeux verts dans mon regard certainement encore plus perdu.

- Quelque chose a changé, j'ignore quoi. Je n'ai rien dit, je ne savais pas comment t'en parler…

- Qu'est ce qu'on est ?

- J'en sais rien… Mais je ne veux surtout pas que ça s'arrête.

Sans plus attendre, je plaquais mes lèvres sur les siennes, et il me rendit mon baiser avec ferveur. La tension entre nous devait trouver une échappatoire, et c'était la meilleure fuite pour moi, et pour lui, vu la façon qu'il avait de me serrer contre lui. Nous n'étions pas doux, nous n'étions pas tendres : on était fiévreux.

Aucune réponse n'était sortie de cette conversation. Mais tandis qu'il me portait, tandis que j'encerclais du plus fort que je pouvais sa taille avec mes jambes et qu'il me plaquait contre le mur, je savais que j'étais bien et que je ne voulais pas non plus que ça s'arrête.

On ne retrouva notre calme et nos esprits qu'après avoir cédé à l'appel de nos corps. Je voyais dans son regard qu'il était apaisé, et j'étais moi-même plus sereine. On se succéda rapidement à la douche, avant de partir à cette soirée, sans parler de notre conversation initiale. Pour ma part, je savais que les réponses ne viendraient pas, et qu'il ne servait à rien de s'affronter encore.

La soirée était déjà bien entamée, et Edward trouva beaucoup de connaissances. On passa du temps à slalomer de groupes en groupes, et je fus présentée à la fameuse Kate. Elle semblait aussi sympathique que Garret.

- Voici donc la fameuse amie ! s'exclama-t-elle pour taquiner Edward

- Kate…

- Quoi c'est bien comme ça que tu l'as présentée à Garret ? Ravie Bella, dit-elle à mon intention en me tendant la main

- Merci pour l'invitation, répondis-je.

- Tu penses ! Garret était bien trop content qu'Irina soit sortie du décor, rit elle.

- Mais Edward et moi…

- Pas la peine de me dire que vous n'êtes pas ensemble, vous respirez le sexe à plein nez !

Je piquais un fard, alors qu'Edward éclatait de rire.

- J'ai oublié de te préciser que Kate est pire qu'un taser, me dit Edward toujours rieur. Elle est « no filtre » et ça pique !

- Plains toi, dit elle. Comment va Tanya ?

- Aux dernières nouvelles bien, dit Edward. Mais je crois qu'elle a hâte que je rentre.

- En même temps, elle gère le label, la crise médiatique Irina vs Edward et en plus elle gère tes contrats de beau gosse. Je me demande quand elle trouve le temps de dormir ! Tu la connais Bella ?

- Non, on ne s'est jamais rencontré.

- Ca ne devrait pas tarder. Elle compte bien venir se dorer la pilule elle aussi !

- Ma mère l'a invitée plusieurs fois à la maison, m'expliqua Edward.

- Allez je file, on se verra plus tard, dit Kate. Amusez-vous, dansez, buvez, et goutez le buffet, il est génial.

Elle nous fit un baiser volant avant de nous laisser seuls. On passa notre soirée à écouter ses conseils, sans l'alcool pour moi devant ramener la voiture.

Au retour à 5h du matin, je ne me posais pas de questions, et je filais vers ma maison sans déposer Edward. Ce n'est qu'une fois arrivés, quand il resta sur le pas de la porte, que je réalisais que notre petite « conversation » avait laissé des traces. Il resta sur le tapis, les bras contre le chambranle.

- Tu veux que je te ramène ? demandais-je

Je n'en avais pas envie, mais tout ne dépendait pas de moi.

- Tu veux vraiment que je reste ? demanda-t-il

Son coté sur de lui avait complètement disparu.

- Edward, tu es ici… Si j'avais voulu te déposer je l'aurais fait.

- Ce n'est pas ma question… Veux-tu vraiment que je reste ce soir ? dit-il en avançant vers moi dans le vestibule.

- Tu veux rester ?

- Je ne suis pas le seul à en décider.

- J'ai… J'ai envie… bafouillais je

J'avançais à mon tour de quelques pas vers lui, et prenant mon courage et une profonde inspiration je repris la parole.

- Reste avec moi cette nuit.

- Avec plaisir…

Il ouvrit les bras et me serra contre lui, le visage dans mon cou, me donnant quelques frissons au passage. On se coucha, et l'un contre l'autre on s'endormit.

Le lendemain matin, je me réveillais seule, mais avec une bonne odeur de café et de toast flottant dans la chambre dont la porte était ouverte. Un coup d'œil sur le réveil m'appris qu'il était déjà 11h. Je me levais le sourire aux lèvres et descendit à la cuisine. Edward était là, appuyé contre le plan de travail, dans un bas de survet qu'il n'avait pas hier, torse nu, en train de boire un café. Ses cheveux étaient humides.

- Hey ! fis je pour qu'il relève la tête.

- Salut… répondit-il sur un ton morne.

Ce petit déjeuné n'allait pas être des plus agréables, c'était certain.

- Ca ne va pas ? demandais je en me servant un café

- Je ne sais pas encore… Ca va dépendre de toi.

- Oh…

Ca n'était vraiment pas bon signe. J'allais m'asseoir au bar, attendant qu'il poursuive.

- J'ai eu le temps de faire le point pendant que tu dormais.

- Oh… Tu n'as pas dormi ?

- Je me suis réveillé à 7h.

- Oh…

Décidément, j'avais de la conversation ! Je sentais la pression qui montait en moi, et je devinais maintenant son appréhension.

- Je suis allé chez Antho, j'ai couru quelques km… Et j'ai compris certaines choses. Des choses que je ne réalisais pas vraiment avant. Ou que je refusais d'admettre.

- Je ne répondais rien, c'était toujours mieux que « oh ».

- Toi et moi… Je crois qu'on refuse d'admettre la simple conclusion qu'on est très attiré l'un par l'autre et qu'on veut être ensemble.

Là par contre je flippais. Il venait de me dire de but en blanc l'une des hypothèses que j'avais envisagées, sans la prendre trop au sérieux. Je n'avais jamais eu d'homme dans ma vie hormis Jared, et ça me flanquait une peur bleue.

- Ton silence parle pour toi… dit-il sombrement.

- Ne peut-on pas simplement revenir en arrière ? Je veux dire… On était très bien y a encore quelques jours et là…

- Là je crois que soit on tente quelque chose, soit on doit tout arrêter. Ce n'est plus viable.

- Qu'est ce qu'il s'est passé ? demandais-je. Qu'est ce qui a changé ?

- Toi. Moi. Nous deux. Y a rien à chercher de plus. Moi qui revient en célibataire, toi qui te remets à peindre à mon retour.

- Comment tu sais ça ? le coupais-je

- Tu m'as dit que tu ne peignais rien d'intéressant. Alors que tu as fait une toile merveilleuse à peine sèche. Je l'ai vue ce matin.

Il avait raison, c'était vrai. Depuis son retour, une flopée de sentiments était sortie de moi.

- Toutes ces questions que tu as eues c'était juste par peur d'admettre ce que tu avais sous le nez.

- C'est dans des situations comme ça que je regrette de ne plus fumer, dis je en posant ma tasse sur le bar pour marcher vers lui. Et toi dans tout ça ?

- Comment ça moi ?

- Pourquoi tu ouvres les yeux aujourd'hui ?

- Bella tu es particulière pour moi. Une vraie relation signifie un total changement de vie, plus de responsabilités, et surtout tenter de passer outre Jared. Je n'y pensais pas car ça n'a rien à voir avec ma vie actuelle.

- Et tu es prêt à ça maintenant ? Je veux dire Aydan, moi et mon ex décédé, et tout ça ?

- Si tu es prête à admettre que tu as autant besoin de moi que j'ai besoin de toi.

Je restais bouche bée : il avait préparé son sujet pendant que je dormais. Moi j'étais cueillie à froid ! Bien sûr j'avais peur des relations sérieuses, d'où celle que j'entretenais avec Edward qui ne menait à rien. Du moins jusqu'à maintenant. Il n'y avait eu que lui depuis Jared. Et il le savait.

- Alors j'ai juste le choix de te voir partir ou te garder ? Mais les conséquences de tout ça ? Tu y as pensé ?

- Je ne te demande pas de m'épouser demain, je te demande d'essayer de passer à la vitesse du dessus. Qu'on soit vraiment ensemble ! Ca ne veut pas dire le clamer sur tous les toits !

Je n'étais pas plus rassurée, mais je me rendais compte que rien n'y changerais. Je resterais pétrifiée.

- Bella…

Il était juste devant moi : tellement aux prises avec mon monologue intérieur, je ne l'avais pas vu arriver.

- Tout ce que je souhaite c'est essayer. Je ne veux pas perturber Aydan, ou subir nos familles. Je veux juste qu'on soit ensemble sans se poser toutes ces satanées questions. Qu'on vive les choses. On verra ou ça nous mènera.

- Ça peut ne pas marcher !

- Et ça peut aussi marcher. Mais on ne le saura jamais si on essaye pas.

- Ca veut dire exclusivité pour toi…

- Et ca ne me pose aucun problème…

Son regard exprimait tous les doutes qu'il avait me concernant, mais aussi sa franchise et son envie. J'avais vraiment le choix : enfin pas vraiment car je n'imaginais pas ne plus avoir de ses nouvelles, ou encore ne plus le toucher ou le sentir près de moi. Là d'ailleurs, j'avais qu'une envie c'était de poser mes mains sur ses pectoraux.

- Ok, murmurais je.

Et je m'autorisais à poser mes mains sur lui.

- Maintenant je peux répondre à ta première question, dit il en posant ses mains sur mes joues. Je vais très bien.

On se sourit avant qu'il ne m'embrasse doucement, marquant notre nouvelle relation.

POV Edward

Lorsque je m'étais réveillé ce matin là avec Bella, j'étais complètement paumé. Notre comportement des derniers jours, nos discussions de la veille, le besoin qu'on avait de faire l'amour… Nous n'étions pas comme ça avant. Pour preuve, on s'était couché l'un contre l'autre et nous n'avions rien fait. Ce n'était jamais arrivé.

Quand j'étais venu 6 mois plus tôt dans un grand secret, nous avions passé une semaine cloitrés chez elle : une semaine de rires, de conversations normales, et de sexe. Mais je ne m'étais posé aucune question. J'étais reparti pour New York, pardonnant Irina, et reprenant ma vie avec elle, même si au fond de moi c'était avec une femme comme Bella que je voulais être.

Bella. La femme la plus agréable, douce et drôle que je connaissais. On s'était toujours bien entendu, et ce depuis notre rencontre 8 ans plus tôt. Elle avait 18 ans, elle était avec Jared, et dès la première fois qu'on s'était touché, j'avais senti une petite décharge d'adrénaline. Elle m'avait toujours plu. Mais bien sûr, elle était amoureuse et je vivais à New York, je n'avais donc rien essayé.

1 an plus tard, elle annonçait ses fiançailles et sa grossesse. Les décharges entre elle et moi ne changèrent pas, mais nous n'étions pas sur les mêmes planètes.

Puis le drame, l'accident de voiture causant la mort de Jared. Bella m'en avait parlé plus tard, mais elle avait été au plus mal. Elle avait accouché de son fils, qui avait ramené la gaieté dans sa vie, mais sans être au courant de tout, je savais que beaucoup de choses avaient changées pour elle.

On s'était revu au mariage de son frère Emmet et ma cousine Rosalie i ans. J'étais venu seul, sans ma petite amie de l'époque, Jane, que j'avais laissée à New York. Je m'étais toujours promis de ne pas présenter n'importe qui à mes parents, préférant attendre d'être sûr à 100 %. Bref, j'avais revu Bella, et cette fois, on avait laissé les choses déraper. Ça avait été un sacré chamboulement, vite perçu par mon frère Anthony et Alice. Et à partir de là, à chaque fois que je descendais, on recommençait. Il y avait toujours un instant, un regard ou un geste qui nous faisait nous jeter l'un sur l'autre.

Mais jamais je ne m'étais posé de question.

Je voyais ça comme un intermède.

J'avais ma vie, elle la sienne, et elles ne pouvaient se trouver.

Je ne voyais pas ma vie avec un enfant, ni posé avec une femme dans une maison avec chien, et le fantôme d'un autre. Car c'était ce dernier point le plus difficile : Jared. Elle l'avait aimé, il lui avait fait un enfant, et pour des raisons inconnues elle n'avait pas refait sa vie. Alors j'avais laissé les choses comme elles étaient.

Irina n'avait pas tenu sa promesse, et j'étais à nouveau trompé. J'avais alors remis en question toute ma vie à New York et très sérieusement envisagé de me rapprocher de ma famille. Et donc de Bella.

Là, elle dormait à coté de moi. Et j'avais vraiment envie d'avoir ça tous les jours.

Toute la semaine, on avait partagé de très bon moment, passant beaucoup de temps ensemble. Et après nos conversations de la veille, je pris conscience que j'étais prêt à changer de vie : j'étais prêt à être avec elle, son fils, son chien, et passer outre Jared. Je voulais être avec elle.

Je m'étais levé, avait pris sa voiture et j'étais allé chez mon frère. Dès mon entrée dans la maison, il avait vu que quelque chose n'allait pas. Il m'avait rejoint dans son dressing, moitié endormi.

- Tu as ouvert les yeux ? demanda-t-il simplement alors que je lui empruntais des fringues pour courir.

Je n'avais pas eu besoin de lui répondre. Il m'avait juste demandé de le rejoindre dans la cuisine, ce que je fis après m'être habillé. Il était assis, buvant un café, et il me fit signe de m'asseoir devant une tasse visiblement prévue à mon intention.

- Désolé de t'avoir réveillé.

- T'inquiète, répondit-il. Raconte…

Je lui avais déballé mon sac, lui racontant du début à la fin mes rapports avec Bella. J'en avais besoin, et il me fallait une aide.

- Ouhaou ! dit-il visiblement surpris. On était loin de savoir le quart de la moitié de la vérité. Putain vous êtes balèze.

- On ne peut pas dire que vous soyez concerné non plus.

- Un point pour toi. Mais maintenant, tu comptes faire quoi ?

- Si je veux faire dans le plus simple, j'arrête tout. Je repars à New York et on stoppe toute relation : mail, téléphone et j'en passe.

- Peut être simple en apparence, mais dans la pratique… Option 2 ?

- Je lui dis que je veux être avec elle.

- Elle va flipper… Option 3 ?

- Je joue carte sur table et la laisse décider.

- Un ultimatum quoi.

- Tu m'aides pas Antho…

- C'est pas une question d'aide, je te préviens, rien de plus. Tu prendras ta décision tout seul ptit frère.

- J'ai vraiment envie d'essayer avec elle… Ça pourrait vraiment donner quelque chose…

- Je suis le premier à y croire. Mais elle est vraiment fermée aux relations, dit mon frère.

- Je sais. Elle n'a jamais eu que quelques rencard, et n'a jamais ne serait ce qu'embrasser un autre type que Jared.

- Sauf toi.

- Ouais… Mais c'est quoi le truc avec Jared ?

- Je sais pas. Alice dit qu'elle flippe de perdre à nouveau quelqu'un… Mais y a aussi une histoire avec sa famille à lui. Depuis le décès ils lui ont tous tourné le dos. Et ne me demande pas, je n'ai pas l'explication.

- Je vais courir…

Ca avait clos la conversation. J'avais couru plusieurs km, tentant de me vider la tête, mais je ne savais toujours pas comment tourner les choses.

Une bonne douche plus tard, je savais ce que j'allais faire, mais craignait vraiment les conséquences. Je rentrais chez Bella, préparait le petit déjeuné, et attendait son réveil.

J'avais choisi l'option 3 et ça avait plutôt bien réussi. Elle avait accepté, et même si je la sentais sur la réserve, elle me prouvait quand même qu'elle me voulait dans sa vie. Bon point. Tout restait à faire, mais on avait posé la première pierre.


Et voilà. j'attends vos avis avec impatience. Est ce que ça vaut le coup que je continue? Ca vous intéresse toujours? Prochain chapitre au plus vite si ça vous plait