Une très belle année 2013 à celles et ceux qui passeront par là.
Merci pour les mises en alertes
merci à guest et à lili69 pour vos petits encouragements ! ;)
POV Bella
Quand Edward était venu me voir le lundi matin, j'avais pété un plomb. Les magazines encore à la main, je l'avais laissé partir. J'étais en colère, effrayée, et paniquée.
Je n'avais pas prévu d'avoir ma tête dans les magazines.
Je n'avais pas prévu de m'être autant accrochée à lui et d'avoir autant besoin de lui.
Bref. Tout ça n'était pas prévu au programme.
J'avais emmené Aydan à l'école stressée, ignoré les texto d'Alice, et j'étais rentrée me cloitrer chez moi. Alice avait fini par venir chez moi, utilisant sa clé d'urgence pour me voir.
- Je n'ai pas envie de parler Alice !
- C'est pas mon problème, moi je veux te parler et tu vas m'écouter ! Tu les as lu ?
- Non. Et je n'en ai pas l'intention.
- Fais comme tu veux. Ils ne savent pas qui tu es.
- Quoi ?
- Pour eux t'es une inconnue. Ils ont sorti les photos sans avoir ton nom.
- Ils l'auront bientôt, soufflais je
- Et ça fera quoi ? ce sont des photos ou vous marchez dans la rue !
- On fait plus que ça et tu le sais, et ça finira par se savoir, avant même qu'on l'ait décidé ! m'exclamais je
- Et en quoi c'est gênant ?
- Je ne suis pas prête Alice ! J'accepte tout juste de passer la seconde avec lui ! Je ne veux pas ça en plus de la pression familiale.
- Tu veux que ça reste secret pour pouvoir tout lâcher sans que ça se sache !
- C'est pas sympa ça …
- Peut être, mais apparemment c'est vrai.
- Non ce n'est pas ça, dis je en me calmant. Mais j'ai peur… Peur de le perdre… Comme Jared.
- Ca n'arrivera pas sis'.
- Tu ne peux pas prédire l'avenir… Je dois surmonter ça, et pour l'instant je n'y arrive pas.
Alice m'avait comprise, et avait tenté de m'aider. Mais Rosalie était arrivée. Comme un ouragan, dès que j'eu ouvert la porte, elle entra en furie dans le couloir.
- Il se passe quoi avec Edward ? demanda-t-elle en jetant les magazines sur le meuble de l'entrée
- Bonjour Rose ! dis je avec tout mon énervement qui remontait.
- Je suis énervée Bella, je n'ai pas envie d'être polie.
- Et je suis énervée aussi donc il va falloir que tu fasses un effort !
Elle soupira et Alice sortit du salon pour nous rejoindre, certainement alertée par les éclats de voix.
- Bonjour Bella, peux tu me dire ce qu'il se passe entre Edward et toi ?
- Je ne crois pas que ça te regarde, dis je sèchement.
- Ce ne sont que des magazines, dit Alice pour tenter de calmer Rosalie.
- Ne t'en mêle pas Alice. Tu es là pour ça toi aussi j'en suis sure ! s'exclama Rose
- T'as bouffé quoi ce matin ?! râla Alice
- Arrête Alice, dis je. Rose vraiment…
- Réponds simplement à ma question Bella ! me coupa Rosalie
- Ca ne te regarde pas, dis je en articulant chaque syllabe.
- Si ça me regarde. C'est mon cousin, ma famille !
- Et alors ? Il est majeur !
- Pas ce genre de discours avec moi !
- Nan mais tu me fais quoi là ? Tu débarques comme une dingue et tu m'agresses ?!
- Tu vas le faire souffrir ! cria-t-elle. Tu ne peux pas t'engager, tu vis avec ton fantôme dans ta tête ! Et toute la famille va en subir les conséquences !
- Pour qui tu te prends ?! criais je à mon tour. C'est ma famille aussi ! Et je m'en soucie quoi que t'en penses ! Quand à Jared, tu ne sais rien ! RIEN ! Alors ne vient surtout pas me parler de lui. Et maintenant va-t'en…
- Donc tu vas persister dans quelque chose qui…
- VA T'EN ! criais je rouge de colère
Elle était partie, toujours énervée elle aussi, mais certainement moins que moi. Elle n'aurait jamais dû me parler de Jared. Elle ne savait rien de ce que je ressentais, ni ce qu'il s'était passé, ni ce que je vivais aujourd'hui.
J'avais demandé à Alice de me laisser seule. Elle avait compris et m'avait laissée, me faisant promettre qu'on passerait la soirée ensemble. Et j'en avais eu grand besoin après la visite des parents de Jared. Ils m'avaient sermonnée sur ma vie qu'ils trouvaient négative pour Aydan, me disant que m'afficher dans les magazines n'était pas sain. Ils avaient été jusqu'à me menacer de demander la garde. Je m'étais énervée, encore, leur disant qu'ils ne me retireraient jamais mon fils. Et qu'ils n'avaient de toute façon aucuns droits sur lui. Jared était décédé avant de pouvoir le reconnaitre. Officiellement il n'était que mon fils.
C'était une de ces fameuses journées où il faudrait rester dans son lit, ne pas en sortir et se couper du monde. Alors le soir venu, j'avais bu, encore et encore, et malgré la présence de Tanya que je ne connaissais pas, j'avais vidé mon sac. Dit tout ce que j'avais sur le cœur, pleuré. J'avais libéré mes démons de peur et d'angoisse.
Et je m'étais levée avec un mal de crane carabiné.
Jasper avait emmené les garçons à l'école, et j'avais été à la fac dans un état assez similaire aux jeunes de mes cours qui sortaient. Je n'avais pas surpris de regards ou de chuchoteries, ce qui me soulagea. Je n'avais pas du tout envie de gérer ça, et je fus heureuse que les magazines n'aient pas mon nom, ou simplement que mes collègues étudiants ne lisent pas ces journaux.
En sortant, j'eu la surprise de voir Jasper. Il m'attendait sur un banc, assis avec deux cafés. Je l'embrassais, et il m'en tendit un, ainsi qu'une boite de cachet.
- Alice en a eu besoin, je pense que toi aussi ?! rit il.
- Tu es un homme parfait, le remerciais je.
J'avalais deux cachets avec une gorgée de café, et je m'assis à ses côtés. Je me doutais que ce petit entretien en tête à tête avait un but précis, alors j'attendais qu'il démarre la conversation.
- Je ne vais pas tourner autour du pot. Tu te doutes que je suis au courant de ta journée d'hier, ET je sais par Anthony que tu n'as pas donné signe de vie à Edward.
- Tu demandes rien mais on te dit tout à toi, dis je d'un ton morne.
- C'est l'histoire de ma vie… Mais Rosalie a déconné, les parents de Jared sont des cons et tu dois avoir plus confiance en mon frère.
- J'ai confiance en Edward, dis je en occultant le reste. Et je tiens plus à lui que ce que je croyais.
- Je le sais depuis son retour ça moi.
- Et bien pas moi…
- C'est déjà super que tu l'admettes... Il n'est pas en grande forme tu sais.
- Je m'en doute… Mais la journée d'hier… J'ai besoin de prendre du recul et avec lui je ne peux pas.
- Je comprends… Je ne vais te dire qu'une chose, et ensuite j'irai bosser. Jared et Edward sont des personnes différentes, et tu n'éprouveras jamais les mêmes choses pour l'un et l'autre. Et les histoires ne sont pas et ne seront pas les mêmes. Tu es différente toi aussi de celle que tu étais. Et les excuses que tu te donnes, en dehors de la peur classique de perdre un être aimé, t'empêcheront toujours d'avancer si tu ne les surmontes pas. Que ce soit Edward ou un autre mec. Tu ne peux pas rester seule toute ta vie.
Ses paroles faisaient écho à tout ce que j'entendais déjà dans ma tête. Je savais déjà tout ça. J'en étais pleinement consciente, mais j'avais un mal de chien à le surmonter.
Bien sur que la famille s'y ferait.
Bien sur qu'Aydan accepterait un « papa » de cœur.
Et bien sur que je n'étais pas responsable de la mort de Jared.
- Ca fait plus d'une chose tout ça… dis je d'un ton toujours terne.
- Je parle peu, mais quand je m'y mets…
- T'as raté une vocation de psy toi !
- Avocat ça fait mieux sur les cartes de visites, plaisanta-t-il.
Je souris avec lui avant de le remercier.
- Pas de quoi ! Et quoi que tu décides, ne le laisse pas trop longtemps sans aucune nouvelle.
Il se leva et me laissa après un petit au revoir de la main. Il était discret, réservé et peu loquace d'ordre général. Mais il était toujours là et je savais que quoi qu'il puisse m'arriver il serait toujours là.
Je récupérais Aydan à l'école, et pour changer je lui proposais d'aller manger une glace plutôt que de rentrer. Les vacances approchaient, et le soir même il partait avec son parrain. J'avais besoin d'un petit moment avec lui, ne l'ayant pas vu depuis la veille.
Assis autour d'une table devant le front de mer, je lui demandais ce qu'il avait fait avec Jay et Owen.
- On a fait des tas de jeux ! dit il en mangeant un peu de son énorme coupe de glace surmontée de chantilly. Je me rappelle pas tous les noms, mais pleins. On a joué à la console aussi. Tonton Jay il a plein de jeu trop bien. On a mangé des pizzas aussi.
- C'était une bonne soirée alors !
- Ouais. Et toi t'as fait quoi ?
- J'ai passé la soirée avec Sisi et Tanya.
- Et c'était bien ?
- Très ! mentis je.
- Vous avez fait quoi ?
- On a parlé…
- C'est pas drôle ça !
- Pour nous si, mais pour un ptit mec comme toi, les jeux vidéo c'est mieux… Tu sais, je vais t'emmener chez Jake et Léah, mais ce sera la dernière fois avant un petit moment. On en a déjà parlé, tu te rappelles ?
- Oui pour que tatie Léah se repose avant que ses bébés naissent.
- Donc tu le verras moins… Et tu ne dormiras plus là bas avant quelques temps, ajoutais je. Mais ça veut aussi dire que tu ne verras pas ton papi et ta mamie avant quelques temps…
- Je sais maman, dit il après avoir avalé une autre cuillère de glace. Mais c'est pas grave tu sais ! Je préfère aller chez papi au ranch, ou chez papi Keith ou Carlisle.
Bien que je ne m'entende plus avec Sue et Harry, je tiquais un peu qu'il me dise qu'il préférait être chez mes parents, ou chez ses papis et mamies bonus.
- Pourquoi ? Tu ne joues pas là bas ?
- Si…
- Ils ne sont pas gentils avec toi ? osais je craignant le pire
- Si ils sont gentils…
- Qu'est ce qu'il y a mon bébé ? demandais je doucement en posant ma main sur son bras.
- Ca va te rendre triste…
- Non ça ne me rendra pas triste, tu peux me parler de tout ce que tu veux.
- Je les ai entendus se disputer avec parrain. Ils ont dit qu'ils t'aimaient pas.
Je soupirai, déçue qu'il ait entendu ça, mais soulagée que ce ne soit rien de plus grave.
- Ce n'est pas grave bébé, je le savais déjà. Tout le monde ne peut pas s'aimer. C'est normal, c'est le monde qui est comme ça.
- Mais t'es ma maman, ils devraient t'aimer !
- Ce n'est pas aussi simple que ça, répondis je en ravalant mes larmes.
Mon petit garçon ne pouvait pas comprendre. Dans son monde d'enfant, avec sa naïveté et sa candeur, il était impossible qu'on n'aime pas sa mère.
- Et il ne faut pas que tu changes quoi que ce soit avec eux pour moi… Ils sont quand même ton papi et ta mamie.
- Alors pourquoi tu viens jamais les voir ?
Les questions tueuses des enfants. Quoi lui répondre maintenant ?
- On est un peu fâchés. Alors on ne se parle plus. Mais toi tu n'es pas fâché alors tu y vas avec Jake. Ton papa leur manque et ils sont très contents de te voir.
Il opina mais ne me dit plus rien et continua de manger sa glace. J'aurai aimé être dans sa tête pour pouvoir lui faire bien comprendre qu'il n'avait pas à se soucier des rancœurs des adultes.
Une fois la glace finie, je l'emmenais chez Jacob et Léah pour sa dernière nuit. Arrivés devant la porte je frappais et entrais. Jake m'avait prévenu que Léah devait restée allongée au maximum pour accoucher le plus tard possible.
- Léah c'est nous !
- Au salon ! cria-t-elle.
On alla au salon, ou Léah lisait des magazines avachie dans le canapé.
- Bonjour tata, dit Aydan en se penchant pour lui faire un bisou.
- Coucou ptit loup.
- Salut ! dis je en imitant mon fils
- Tu m'en veux pas de pas me lever hein ?! me dit elle. Pourtant j'en rêverais !
- Courage ma belle, tu tiens le bon bout !
- J'en ais trop marre… Aydan, Jake est dans le jardin derrière si tu veux y aller. Il installe un nouveau truc.
Il sourit et partit en courant vers l'extérieur.
- T'es sure que ça va aller ? Il peut comprendre…
- T'inquiète pas, Jake a tout prévu, il gère tout. Dis moi plutôt toi…
- Quoi moi ?
Elle me brandit l'un des magazines avec un grand sourire, alors que moi j'avais envie de me cacher.
- J'en revenais pas quand ma sœur m'a ramené ça ce matin !
- Ca ne veut rien dire tu sais…
- Oh non, me gâches pas ça ! Tu sais que ces magazines sont la seule excitation de mes longues journées ?! Ca et les Feux de l'Amour ! Aies pitié de moi !
Je ne pu m'empêcher de rire.
- Jake m'a dit que c'était le beau frère d'Alice ?
- Ouais…
- Et il est producteur/compositeur pour son propre label « New Moon records » ?
J'opinai.
- Et il est là depuis quand ?
- Un peu plus d'une semaine…
- Faut il vraiment que je pose toutes ces questions et que tu répondes si laconiquement ? Bella je suis enceinte ! Tu ne sais pas qu'il faut tout céder à une femme enceinte ?!
- Et toi tu sais que c'est pas beau de faire ça ?
- Ouais, mais ça marche, et bientôt je devrais trouver d'autres excuses… Alors ?
J'inspirai profondément et soupirai, vaincue.
- On est très proche… Et on s'entend vraiment bien…
- Mais ?
- Mais j'ai du mal. Ce n'est pas de sa faute, c'est moi. Je suis morte de peur.
- Je vois… Je ne connais pas ta peur, mais je sais par contre que Jared aurait détesté te voir si seule toute ces années.
- Je n'étais pas seule.
- Aydan n'est pas ton conjoint que je sache !
- Je sais ce que tu veux dire… Mais je ne manque de rien. J'ai des amis, une belle famille, un fils génial. Un mec c'était un luxe.
- Peut être mais après 6 ans tu peux te le payer quand même. En plus il est vraiment sexy ce luxe !
- Léah ! riais je
- Quoi ? J'ai déjà vu des pubs de lui en boxer Calvin Klein ! Et même si Jake n'a rien à lui envier… Il est quand même plus que potable !
- Je ne te dis pas le contraire.
- Alors écoute moi. Tu ne trahis personne en aimant quelqu'un d'autre et tu mérites d'être avec quelqu'un de bien. Et je pense vraiment que ton fils aimerait avoir un homme à la maison. Quand je le vois jouer avec Jake… Tu auras beau faire de ton mieux, tu ne pourras pas être le père et la mère.
- Je sais. Je le vois bien quand il est avec des hommes. Je ne joue pas aux jeux vidéos, et je suis incapable de viser avec un ballon… Mais…
- Arrête de chercher des mais ! Tu sais pourquoi Aydan était triste la dernière fois ?
- Non, Jake devait lui en parler.
- Ses grands parents lui ont montré des photos de Jared petit. Il jouait avec son père, il allait voir des matchs, il l'applaudissait à ses matchs. Aydan était triste de ne pouvoir avoir ça. Et tu peux lui donner.
Les larmes retenues avec Aydan menaçaient de sortir. J'étais triste de ne pas pouvoir remplacer ce père absent, et que mon fils en ressente le manque.
- Pleure pas je vais pleurer ! dit Léah en reniflant. J'ai encore pleuré ce matin quand j'ai fait tomber la télécommande par terre !
- Tu l'as cassée ? reniflais je à mon tour
- Nan même pas ! pleurnicha-t-elle. J'ai juste pleuré parce que je l'avais fait tomber.
Je ris, les yeux embués, de la sensiblerie des femmes enceintes.
- Salut Bella !
Jake entra avec Aydan dans le salon. Il fit une drôle de tête en nous voyant toutes les deux un peu larmoyantes.
- Je vais y aller, dis je. Je reviendrais demain soir.
Je fis un gros câlin à mon fils, qui se contorsionnait pour ne pas avoir l'air d'un bébé.
Une fois assise dans ma voiture, je pris une profonde inspiration et démarrais pour aller chez Anthony.
Mes retrouvailles avec Edward se passèrent mieux que je ne l'aurai espéré. Même après mon silence, il ne m'en voulait pas. Il comprenait. J'avais une chance inouïe qu'un homme tel que lui veuille être avec moi et fasse preuve d'une telle patience. Je ne sais pas si j'aurai été aussi indulgente à sa place.
Nos ébats de la soirée furent tendres et doux, comme si nous avions besoin de retrouver l'autre. Les sensations procurées furent bien entendue merveilleuses, et j'avais savouré de pouvoir toucher à nouveau sa peau, le sentir, et le caresser.
Aucun de nous ne chercha à parler de ces 2 derniers jours. L'instant méritait d'être apprécié. Et reparler de mon pétage de plomb reviendrait bien assez tôt.
Je nous improvisais un diner avec ce que je trouvais dans le frigo et dans les placards : pommes de terre sautées, salade verte, poulet à la moutarde, et glaces en dessert. On mangea le tout sur le canapé, devant la télé. On y était encore vers 1h quand on entendit la porte d'entrée.
- C'est moi !
On se remit correctement sur le canapé, et Anthony ne tarda pas à nous rejoindre, suivant certainement le bruit de la télé.
- Tiens tiens, dit il en souriant. Il semble que les retrouvailles ont eues lieu ?
Il se pencha pour me faire une bise, avant de nous regarder en souriant.
- Il reste à manger dans la cuisine, dit simplement Edward.
- C'est toi ou c'est Bella ?
- D'après toi ?!
- Cool, je vais me régaler, répondit Anthony en se frottant les mains. Merci Bella !
- De rien, répondis-je alors qu'il partait se servir. Je devrais peut être rentrer, ajoutais je pour Edward.
- Tu n'es pas obligée.
- Je n'ai pas prévu d'affaires, et j'ai vraiment besoin de sommeil.
- Comme tu veux, me dit il en passant sa main sur ma joue.
- Tu peux venir si tu veux… osais je.
- J'en serai ravi, répondit il aussitôt.
Je lui souris et avançais mon visage pour l'embrasser. Je sentis son sourire tandis que mes lèvres se posaient sur les siennes.
- Par pitié arrêtez de faire ça, pensez au pauvre célibataire que je suis, dit Anthony en s'asseyant avec son assiette.
- Aucune pitié Antho, mais tu as raison, on y va, dit Edward en se levant du canapé.
- Vous partez ?
- Oui, dis je.
- Et où est Tanya ?
- Si tout va bien, tu ne devrais la voir qu'au petit déj', elle avait un rencard.
- Ok, alors à plus !
Il se mit à manger comme si nous n'étions déjà plus là. J'étais plus qu'étonnée de n'avoir pas eu plus de commentaires que ça, pas de sarcasmes ou de plaisanteries douteuses. Mais bon, c'était pas plus mal, et ça n'allait pas m'empêcher de dormir.
Lorsque je me réveillais le lendemain matin, Edward dormait encore. Pour marquer le coup, j'allais lui préparer un petit déjeuné et faisais réchauffer des viennoiseries surgelées. Je montais le café noir, jus d'orange et les croissants chaud vers la chambre, et essayait de le réveiller en douceur. Je posais le plateau à terre et remontais dans le lit pour l'embrasser doucement. Il remua un peu, avant d'ouvrir les yeux vers moi et de me sourire.
- Bonjour, dit il la voix ensommeillée.
- Bonjour.
Je pris le plateau et lui déposais sur les genoux, avant de m'asseoir en tailleur à coté de lui.
- Ouahou merci. En quel honneur ?
- Aucun. Juste envie de te faire plaisir, et te souhaiter la bienvenue ici.
- Message reçu merci.
Il se pencha et me fit un léger baiser.
- Je vais devoir aller en cours, mais tu peux rester ici si tu veux, je devrais être de retour vers 14h.
- Je vais plutôt aller chez Antho. Ma guitare est là bas…
- Ok. Au sujet de notre histoire…
- Je ne vais pas te brusquer B, me coupa-t-il.
- C'est fou cette manie de me couper alors que tu ne sais pas ce que je vais dire ! souris je.
- Tu n'allais pas dire qu'on allait avancer doucement ? fit il sur de lui
- Non figure toi ! J'allais dire que je ne veux pas me cacher. Tant pis pour les magazines, les parents ou qui que ce soit d'autres, dis je en pensant à Rosalie. Enfin presque. Il y a une personne dans cette équation qui peut te perturber toi, et qui doit être préservée.
- Qui ?
- Aydan. J'ai appris hier qu'il était triste de ne pas avoir de papa qui joue avec lui, l'emmène voir un match ou ce genre de chose. Il risque, avec le temps bien sur, de vouloir que tu joues ce rôle par substitution.
- Et c'est sensé me perturber ça ? s'étonna-t-il
- Aux dernières nouvelles tu étais un homme à femmes juste un peu calmé avec Irina.
- Aux dernières nouvelles je tente une histoire avec toi, ton fils et ton chien, répondit il sérieux. Je sais pertinemment que m'engager avec toi c'est m'engager avec Aydan. Il fait partie du lot.
Il était sur de lui et de ce qu'il disait. Il respirait la franchise.
- Tout semble couler de source pour toi…
- Parce que c'est le cas. B, je ne peux pas prédire l'avenir. Je peux pas te dire ce qu'on sera dans 5 ans ou même dans 3 mois. Mais je suis sur de moi et confiant.
- Sous entendu plus que moi…
- Nous n'avons pas le même passé ni la même histoire. Je n'ai pas tes peurs ni tes doutes. Je peux juste t'aider à les surmonter.
- Et tu es très patient avec moi à ce sujet.
- Parce que j'y crois.
Il était sincère et je me surpris à y croire très fort moi aussi. De toutes façons, que ça fonctionne ou pas entre nous, je serai forcément amenée à le revoir et Aydan aussi. La famille n'allait pas cesser tout lien à cause de nous c'était impossible. Alors peut être qu'il fallait simplement se jeter à l'eau une bonne fois pour toute. Parler à Aydan, faire une annonce officielle à la famille, et vivre cette histoire à fond. C'est ce qu'une fille normale ferait. Et j'étais normale. Peut être un peu perturbée mais normale.
- Ok alors voilà ce que je te propose. Je parle à Aydan, on parle aux parents et on fonce.
Il manqua de s'étouffer avec son jus d'orange, et se mit à tousser violemment.
- Tu es sérieuse là ?
- 100%.
- D'un coup comme ça ? Hier encore…
- Je sais Masen, j'ai pété un plomb et j'ai fui. Mais tu as raison. Alice, Jay, Anthony et Léah ont raison.
- Léah ?
- La femme de Jake. Mais bref. Je dois arrêter de faire un pas en avant et 3 en arrière.
Il posa son verre sur le plateau, et il déposa le tout par terre. Il se rapprocha de moi, et s'assit face à moi, à genou, ses fesses sur ses pieds.
- Je ne veux pas que tu te forces à faire quelque chose que tu n'es pas prête à faire.
- Je suis prête. Je le suis depuis longtemps, même si ça me fait peur. Si je ne le fais pas je resterai bloquée jusqu'à la fin de ma vie.
- Ok. Je te suis…
- Je parle à Aydan ce soir ?
- Comme tu veux. Je dine chez ma mère ce soir.
- Ok va pour ce soir.
Il sourit, tout en me disant que j'étais bien pressée maintenant.
- Je me prends en main ! Te moque pas !
- Je ne me moque pas, rit il encore en passant ses mains sur mes cuisses. Je suis plutôt tellement content que je souris comme un crétin.
- Tu es le plus charmant crétin que je connaisse, répondis je en souriant.
- Merci…
Son sourire s'effaça et il reprit.
- Je vais plomber l'ambiance, mais je dois te dire certaines choses.
- C'est pas bon signe…
- Ce n'est rien de grave B. Je préfère juste que tu le saches. Emmet nous a vus nous embrasser dimanche, et Tanya a parlé à Anthony de votre soirée et j'ai tout entendu.
J'encaissais ces informations sans rien dire. Pour Emmet, je m'en fichais un peu. Il n'allait pas me faire un scandale, et avec son caractère si conciliant, il ne s'en soucierait pas. Il était un peu comme Jasper pour ce genre de choses. En revanche, que Tanya ait parlé me gênait un peu plus. Je ne lui en voulais pas, c'est moi qui avais tout lâché sous l'effet de l'alcool. Mais qu'Edward ait entendu, enfin quoi qu'il ait pu entendre, j'allais devoir lui expliquer moi-même. Et je n'aimais pas parler de tout ça.
- B ?
- Pardon j'étais dans mes pensées. Ecoute, je ne cherche pas à éviter le sujet Jared, mais je préfèrerais attendre un peu pour te parler de ça. Replonger dans mes souvenirs…
- Aucun problème ! répliqua-t-il. Et Emmet ?
- Ca ne me perturbe pas plus que ça. Il ne va pas se soucier de nous.
- Et je sais aussi pour Rosalie… lacha-t-il
- Elle m'en veut, et la connaissant ça va durer un moment… Mais c'est entre elle et moi.
- Ok...
Je me penchais vers lui et l'embrassais. Il était temps d'en finir avant que cette conversation ne dérape je ne voulais pas parler ni de Rose ni de Jared et je devais aller en cours.
Le soir venu, après le diner, je me lançais pour parler à mon fils. Je ne savais pas du tout comment tourner la chose, et le peu que j'avais grappillé sur internet ne m'avait pas aidée plus que ça. Incroyable que même internet sèche ! Je sortais dans le jardin, où il jouait avec Cochise, notre golden. Je l'appelais pour qu'il aille se préparer pour aller au lit.
- Déjà ? souffla-t-il
- Et oui, y a école demain. Mais les vacances approchent…
Il monta aussitôt dans la salle de bain et il se brossa les dents, tandis que je l'attendais devant son lit. Il me rejoignit et monta l'échelle pour grimper sur son matelas, et se mit sous sa couette.
- Tu me lis une histoire ?
- Oui. Mais d'abord je dois te parler de quelque chose.
Il attendit, ses grands yeux noirs bien ouvert.
- On a déjà parlé des adultes qui s'aiment… qui sont amoureux.
- Oui.
- Comme papi mamie, ou Sisi et Jay.
- Ou comme Rose et Emmet.
- Oui. Ou comme ton amoureuse Haley.
Il me fit un grand sourire et opina.
- Et bien j'ai trouvé un amoureux moi aussi.
- C'est vrai ?! demanda-t-il tout content.
- Ben oui si je te le dis !
- C'est tonton Edward ?!
Là je tombais sur le cul. Comment il pouvait savoir ça alors que nous n'avions jamais eu aucun geste devant lui ?
- Oui c'est lui, avouais je. Comment t'as deviné ?
- Ben chuis pas bête quand même. Et pis tonton Emmet il dit que pour avoir une fille faut l'inviter à manger et la faire rire. On a mangé au KFC et tu riais tout le temps de ce qu'il disait.
Futé mon fils ! Et bravo à mon frère de lui apprendre ça !
- Il va venir vivre à la maison ?
- Pas tout de suite. Il faut du temps avant de s'installer avec quelqu'un.
- Mais je dois l'appeler comment maintenant ? me demanda-t-il.
- Tu peux l'appeler comme tu veux. Il restera toujours ton tonton.
- D'accord ! Tu crois qu'il pourra venir pour la fête des papas à l'école ?
J'eus un petit pincement au cœur, me rappelant des paroles de Léah.
- On verra mon ange… On verra…
J'attrapais l'un des livres pour lui lire son histoire. J'en lisais un bout, puis il lisait, et je finissais. Ca permettait aussi de faire travailler sa lecture. Après un dernier baiser, je sortais de sa chambre et allais prendre mon portable pour prévenir Edward.
« J'ai parlé à Aydan. Je te raconte plus tard. Tu peux venir après ton diner si tu veux. Bisous »
J'allais me faire un thé, avant de m'installer dans le canapé pour lire mes mails. Mon téléphone vibra.
« Je te rejoins dès qu'on a fini. Bisous »
Aussitôt il vibra à nouveau. Alice.
« Je ne sais pas ce que tu lui as dit, mais il sourit comme un imbécile ! T'as intérêt à passer me voir au bureau demain avec les meilleurs macarons de la ville pour un débriefing complet de tout ce que j'ai raté ! TM »
Je souriais moi aussi, et je me sentais bien. Pas de stress, pas d'angoisse. Tout allait bien.
merci d'être passés par là. Laissez moi une trace de votre passage ;)
