Dernier sort des hommes se décide en cet instant. Merci à ceux et celles qui ont suivi cette fic.

J'en ai une autre de prête -que je mettrais dans la foulée- et encore une en écriture.

Bonne lecture ^^


Lorsqu'ils découvrirent le dieu Izanagi, les anges fusillèrent Shinya du regard. Comment osait-il déranger leur maître ? Mais ce dernier leur retourna un regard de mépris. Invoquer le dieu faisait partie de ses privilèges. Les anges n'avaient pas leur mot à dire là-dessus. Izanagi demanda au gardien la raison de sa présence dans le monde des vivants. Shinya lui raconta alors toute l'histoire en commençant par la bataille d'il y a quatre ans.

« Je vois. Les anges n'ont pas entièrement tort de vouloir punir les hommes. » fit Izanagi.

« Merci Seigneur. Leur orgueil est allé trop loin cette fois. » reprit Soriel.

Éole transmit alors une foule de souvenirs à Shinya. Ce dernier sut ainsi comment contre-attaquer.

« Soriel, aurais-tu oublié qui a combattu à vos côtés il y a 900 ans en Europe, quand les portes du ciel ont manqué d'être conquises par les démons ? Qui grâce à sa magie les a retenus le temps que j'arrive ? »

Soriel plissa les yeux. Non, il n'avait pas oublié. Les druides de l'Ordre du Chêne et du Coudrier. Des hommes, des femmes.

« Vous avez une dette envers eux depuis ce jour, tu l'as proclamé toi-même, môssieur le Chérubin. Une dette qui au passage n'est toujours pas honorée. » riposta le gardien.

Ce dernier finit par soupirer. Il reconnut en effet la valeur de l'argument et la dette envers l'humanité. Ainsi, il annonça se soumettre au verdict d'Izanagi quel qu'il soit. Le dieu leur annonça alors qu'ils pouvaient quitter les lieux. Il deviserait seul avec le gardien de ce qu'il convenait de faire. Shinya savait que les hommes avaient très mal agi. Izanagi lui demanda donc ce que d'après lui, il convenait de faire, par curiosité. Shinya ferma les yeux, le temps de réfléchir.

« Je suis celui qui équilibre. Si les humains disparaissent, ils emporteront les vampires avec eux. Deux peuples sur quatre périront. Et quelle sera ma raison de vivre ? S'il n'y a plus de gardien, qui se chargera des démons ? » répondit-il.

Et qui les empêchera d'essayer de franchir les portes célestes ? Izanagi argua qu'en effet, il en résulterait plus de mal que bien. Dans ce cas, quelle punition leur infliger ? Shinya demanda déjà qui punir : le décideur ou ceux qui avaient fait pression pour recommencer ? Ceux qui sans doute, auraient œuvré dans la clandestinité ?

« Je te sens tendu mon enfant. Connaîtrais-tu des humains parmi ceux-là ? » devina Izanagi.

« Le décideur. Il est ma Source et celui que j'aime. » fit franchement Shinya.

« Aaah. Voilà qui est problématique. Mais je sais qu'il a résisté tant et plus, mes anges m'ont rapporté qu'il a imploré leur aide et leur refus. Je me doutais que face au désespoir, les mortels se tourneraient vers une autre solution, fut-elle néfaste pour eux. » dit Izanagi.

« Donc, dois-je le considérer comme innocent ? » s'enquit Shinya.

« Oui, dans la mesure où il a tout tenté pour ne pas céder au péché et n'a pas eu le choix en fin de compte. »

Shinya ne put dire combien cette réponse le soulageait. Jamais il n'aurait pu punir Kureto. Izanagi ajouta que pour les autres … le gardien se doutait de ce qu'il lui faudrait faire. Il hocha la tête. Le dieu marcha ensuite en direction du séraphin mort. Il aurait préféré que Shinya l'épargne, ainsi aurait-il pu le guérir. Ce qui était fait était fait. Izanagi remercia le gardien pour son travail, s'avérant une fois encore satisfait. Shinya s'inclina profondément pendant que la divinité regagnait sa demeure céleste. Ceci fait, il chancela sur ses jambes et chuta sur un genou.

Ses Courtisans accoururent aussitôt. Ils s'étaient respectueusement tenus à l'écart. Ils entourèrent leur maître. Celui-ci les rassura sur son état, et surtout les remercia de leur aide et soutien. Il devait maintenant se rendre dans la cité des hommes parachever son travail.

Dans la cité justement, Kureto avait regagné son appartement où il ne cessait de faire les cents pas, et de se triturer l'esprit avec la réaction de Shinya. Il lui en voulait c'était sûr. Sans doute devait-il croire que Kureto l'avait trahi. Pire, qu'il avait profité de lui et lui avait brisé le cœur ensuite. Il se demanda pour la énième fois s'il accepterait de l'écouter, s'il pourrait le convaincre qu'il n'avait jamais voulu le blesser, si enfin Shinya lui pardonnerait. Et … s'il l'aimerait encore après ça.

« Je ne peux pas le perdre. Il est ce qui m'est arrivé de mieux dans ce monde de fous. Ma vie a enfin un sens grâce à lui. Je me croyais enfin sorti des ténèbres … je refuse de perdre ma lumière. »

Kureto leva la tête au ciel. Il se sentait désemparé pour la première fois depuis quatre ans. Il imaginait comment s'adresser au gardien. Aucune des phrases qui lui vinrent ne lui parut assez satisfaisante. C'était mort c'est sûr. Se sentant soudain étouffer, il marcha en direction de sa terrasse et sortit sur le balcon. Il s'appuya sur la rambarde, avec un soupir. Mais que faire ? Lorsque Kureto ouvrit les yeux, il découvrit Shinya en bas. Le gardien se tenait appuyé sur ses genoux. Il se redressa en même temps que le brun. Puis il fléchit les genoux et bondit. Il franchit la rambarde en s'appuyant dessus. Kureto remarqua qu'il était hors d'haleine. Il sortit aussitôt son sabre, se coupa et tendit son bras au gardien.


Shinya but le liquide avec soulagement. Il lécha ensuite la plaie. Puis à la grande surprise de Kureto, il déposa un baiser sur le poignet et dans la paume de sa main. Le brun en était si étonné qu'il en resta la bouche ouverte lorsque le gardien se releva.

« Mais … pourquoi t'as fait ça ? » questionna Kureto.

Shinya fronça un sourcil, surpris par la question.

« Ok, qu'est-ce qui est arrivé à ton cerveau ? Tu t'es cogné la tête dans la voiture c'est ça ? »

« Non mais … mais enfin je … j'ai autorisé la fabrication du séraphin de la fin. » rappela Kureto.

« Ça j'ai vu oui. Les anges aussi d'ailleurs. T'as le chic pour te mettre à dos les bonnes personnes toi. » répondit Shinya en croisant les bras.

Kureto cligna des yeux, perdu. Shinya n'était-il donc pas en colère contre lui ? Ce dernier pouffa de rire devant l'expression de son aîné.

« Il n'y a rien de drôle Shinya. Je croyais que tu m'en voudrais, que … même que tu me détesterais. » reprit Kureto.

Shinya se rapprocha de lui.

« Au début, c'est vrai que j'étais en colère. Je me suis demandé comment tu avais pu me cacher une chose pareille. Mais je ne suis pas non plus bête au point de ne pas comprendre la responsabilité qui pèse sur tes épaules. Des centaines de vies dépendent de toi. Et Aoi a raison : je n'étais plus là pour te soutenir. »

S'apercevant que son poignet saignait toujours, Shinya lui prit la main et l'entraîna à l'intérieur. Il ne le lâcha pas jusqu'à l'armoire à pharmacie des toilettes, d'où il prit un pansement. Kureto retint sa main. Shinya sourit et entrecroisa ses doigts aux siens. Le brun se sentit soulagé. Il ne lui en voulait pas, et mieux il lui retournait ses marques d'affection.

« Alors … c'est bon c'est réglé ? » demanda le brun.

« Pas encore. Je dois … punir les chercheurs. » avoua Shinya.

Kureto fronça un instant les sourcils.

« Et … seulement eux ? »

« Oui. J'avoue que … lorsque j'ai réalisé que les anges voulaient te tuer … j'ai eu très peur. Je ne l'aurais jamais supporté. » fit Shinya, avec tristesse.

Cela suffit à ce que Kureto le prenne dans ses bras cette fois. Shinya lui rendit son étreinte avec force, la tête au creux de son épaule.

« Heureusement que je suis arrivé à convaincre Izanagi de t'épargner ! Il a bien vu tes efforts pour ne pas céder, mais qui sait. » fit Shinya.

Le gardien inspira profondément le parfum de Kureto, pendant que ses mains se refermaient sur le tissu de son uniforme. Le brun sourit, caressant son dos. Comme quoi, il avait rudement bien fait de s'entêter à l'époque.

« Et les anges ? Ils sont au courant ? » s'enquit soudain Kureto.

Shinya s'écarta de lui, gardant ses bras autour de sa taille.

« Oui, rassure-toi. Ils avaient une dette envers les hommes, que je n'ai pas manqué de leur rappeler. Cela a suffi à les convaincre de lâcher l'affaire. »

« Tant mieux. Je ne veux plus revoir une seule créature surnaturelle avant longtemps. » fit Kureto.

Shinya appuya son front contre le visage de Kureto. Ce dernier y déposa un baiser, avant de descendre doucement pour rejoindre la bouche. Ils s'embrassèrent un moment, heureux de se retrouver et que la menace soit enfin écartée. Shinya lui murmura enfin ce que Kureto rêvait d'entendre, et il lui répondit ce qu'il rêvait de lui dire. Les deux hommes passèrent le reste de la journée ensemble. Kureto ne retint pas un sourire menaçant de fendre son visage en deux lorsque Shinya décida de rester aussi dormir.


Le jour suivant, Shinya se réveilla le premier avec le soldat dans les bras. Il sourit avec tendresse. Ils avaient simplement dormi ensemble, se pelotonnant l'un contre l'autre. Profitant de ses yeux de vampire, il le regarda un moment. Puis Kureto bascula sur le dos. Shinya se leva, et s'éclipsa. Il déjeuna rapidement et sortit. Il avait encore une tâche à effectuer. Il marcha dans les couloirs, direction le département scientifique. Kureto lui avait indiqué la direction. Malgré qu'il soit encore tôt, on s'activait déjà dans le coin. Aoi croisa le gardien dans un escalier, elle qui montait lui qui descendait. La blonde s'arrêta. Shinya stoppa quelques marches au-dessus.

Ils se fixèrent.

« Vous êtes de retour. Le problème angélique a été réglé ? » demanda-t-elle.

« Tout à fait. En revanche … Kureto m'a dit hier que vous étiez désormais au courant de ma fonction. » répondit Shinya.

« En effet. Je vous remercie au passage de m'avoir épargnée la peine capitale autrefois. » reprit Aoi.

« De rien. S'il vous fait confiance, alors moi aussi. »

« Bien. Resterez-vous parmi désormais ? » s'enquit Saguu.

« La plupart du temps oui. » fit l'argenté avec un sourire.

Shinya descendit et passa à côté d'elle. Aoi le regarda s'éloigner, puis poursuivit son chemin. Ainsi, ils étaient réconciliés si tant est qu'il y ait eu dispute. Elle ne pouvait pas dire que la situation lui plaisait. Mais elle ne pourrait rien y faire, et surtout Aoi n'était pas assez sotte pour essayer. Elle avait vu Kureto s'emporter lorsque certains avaient tenté de ternir la mémoire de l'argenté. Même s'il avait interdit qu'on en parle devant lui à l'époque, il n'avait laissé personne médire de lui. Et cela par la violence, afin que tout le monde comprenne. Aoi soupira.

De son côté, Shinya arriva à destination. Il observa un instant la porte. Yuugure apparut dans sa main. En haut, Kureto remarqua le lit vide, et surtout l'heure. Il se leva avec un juron et fonça s'habiller. L'appartement était vide. Shinya était déjà parti. Il avait ouvert les volets et laissé un petit-déjeuner pour son petit ami. Le brun sourit avec un soupir. Mais au moment où il s'assit, il entendit la sirène incendie retentir. Sauf que cela ne dura qu'un très court instant. Kureto fronça les sourcils. Il avala son café d'un trait, saisit sa veste sur le porte-manteau et sortit en trombe de l'appartement sans verrouiller la porte. En même temps, qui oserait sachant qu'il y risquait sa tête. Kureto rejoignit Aoi au moment où les douchettes s'activaient. La blonde l'informa que les civils évacuaient déjà.

« Est-ce que tu as vu Shinya ? » demanda Kureto.

« Oui, je l'ai croisé dans un escalier. Mais je ne sais pas où il allait. »

« Merde ! Va superviser l'évacuation, je vais le chercher. » dit Kureto.

« Sauf votre respect Monsieur, c'est une mauvaise idée. Nous ignorons totalement où il se trouve et surtout où se trouve l'incendie. Il est peut-être même en train d'évacuer, vous vous mettriez en danger pour rien. » contredit Aoi.

« Mais … »

Pourtant elle n'avait pas tort. Seulement, la craindre de le perdre fut la plus forte. Il se rua donc vers l'appartement du jeune homme. Il s'agissait du seul autre endroit où il aurait pu se trouver. Chemin faisant, Kureto se trouva idiot. Shinya n'était pas bête, il savait bien qu'en cas d'incendie il fallait évacuer. Que croyait-il ? Qu'il serait tapi de peur dans un coin ? Mais il devait s'en assurer. Une fois arrivé devant la porte du logement de Shinya, les douchettes s'arrêtèrent. Kureto frappa à la porte. Pas de réponse. Bon, c'est donc qu'il était sorti. Pensant que l'eau avait eu raison du feu, il rebroussa chemin avec moins de hâte. Ce fut ainsi qu'il le retrouva, dans un grand couloir désert.

Shinya était trempé comme une soupe, mais ce fut son regard sombre qui interpella Kureto. Il remarqua également des traînées rouges sur ses habits. Le brun se rendit rapidement auprès de lui.

« Shinya ? »

« … »

« Bébé, qu'est-ce qu'il y a ? » insista Kureto.

Shinya inspira, bloqua un instant avant de lâcher :

« C'est fait. »

Kureto ne comprit pas. Qu'avait-il donc fait ? L'incendie ?

« Je les ai tués. Tous. Les scientifiques. »

« Ah. » comprit enfin le brun.

Il lui avait pourtant dit qu'il lui restait encore cette tâche à exécuter. Donc, c'était certainement lui qui avait désactivé l'alarme ainsi que les douchettes.

« L'incendie … »

« Yuugure. C'est terminé maintenant. » soupira Shinya

Kureto le prit par les épaules. Il le reconduisit chez lui. Une fois dans la salle de bain, il déposa une serviette sur sa tête. Pendant qu'il se séchait, il annonça aller donner la fin de l'alerte. Il reviendrait le voir aussitôt après. Tâche qu'il se hâta d'exécuter. Il glissa un mot à son assistante au sujet des scientifiques, recommandant la discrétion. L'eau dans les couloirs commença à être aspirée, pendant que les civils regagnaient leur foyer. Une fois la bonne marche lancée, Kureto retourna chez Shinya. Ce dernier s'était changé et avait complètement séché ses cheveux.

« Navré pour le désordre. » dit-il.

« Broaf, les enfants font toujours du désordre, c'est dans leur nature. » répondit Kureto.

« Faut bien occuper les anciens, sans quoi ils se rabougrissent. » répliqua Shinya avec un sourire.

« Hmmm, attends un peu toi, je vais te mettre au pas. »

« Haha ! »

Shinya s'approcha puis l'embrassa.

« Au fait, sur une note plus sérieuse il nous reste encore à mettre fin au conflit avec les vampires. »

« En effet. Tu as une idée ? » questionna Kureto.

« Pas vraiment. Ils ont besoin du sang des enfants pour survivre. Je me disais qu'on pourrait récupérer les plus âgés pour qu'ils vivent ici. Mine de rien, ils y auront un futur et on aura besoin de bras pour rebâtir un peu le pays. »

« Il faut arrêter cette guerre, je suis d'accord. Je … maintenant que tu es revenu dans ma vie, je ne me vois pas attaquer les vampires. J'aurais l'impression de te combattre. » dit Kureto.

« J'irais les voir. Nous devons d'abord mettre en place ce qu'il faut pour accueillir les enfants. Et on ne peut laisser les plus jeunes dans l'enfer des cités. »

Kureto acquiesça.


Durant les jours qui suivirent, des locaux furent donc aménagés pour recueillir les adolescents devenus trop grands pour les cités vampires, et d'autres pour les plus jeunes. Shinya se rendit à Sanguinem signifier la fin des hostilités avec les humains. Ses conditions tendirent à choquer Krul ainsi que le reste du Conseil des Hauts Géniteurs. Le gardien roula des yeux, et décida d'adopter des arguments plus porteurs.

« Oh allons ! Vous savez aussi bien que moi que tous ces enfants vont grandir un jour ! Vous ferez quoi quand il n'y en aura plus ? Le monde extérieur leur convient bien davantage. Vous aurez toujours votre part de sang, mais je ne peux vous laisser vous en occuper. Enfin, si tant est que vous en soyez capables. » riposta-t-il.

« Éole-sama, c'est bouleverser tout un système que vous demandez là. Les humains n'ont eu que ce qu'ils méritaient, à s'approcher ainsi du grand interdit. Garder leur progéniture le leur rappellera. » intervint Lest Karr.

« Et nous trouvons toujours des enfants dehors. Preuve que les humains continuent à se reproduire. » ajouta un autre.

« Certes, mais pour ceux qui reverront la lumière du jour sachez qu'ils n'oublieront jamais ce qu'ils ont vécu. Ils chercheront un moyen de se venger, de libérer les autres. Donc, de recommencer. Je ne peux laisser pareille opportunité se présenter, et vous non plus. La seule chose dont vous ayez besoin c'est du sang, et vous en aurez. Seulement, vous ne garderez plus les humains avec vous, comme c'était le cas autrefois. » reprit Shinya.

Si ça continuait, il allait leur rappeler quel était son rang et ce que cela impliquait pour eux.

« Mieux vaut prévenir que guérir en quelque sorte. Je comprends ce point de vue. De plus, étant donné que votre rang est celui de 1er géniteur, nous n'avons guère le choix n'est-ce pas ? » dit Urd Geales.

« Bien vu, content de voir que l'un de vous comprends vite. Je vous propose là une autre alternative. Soyez tout de même assurés que je veillerais personnellement au bon déroulement de cette solution. Ainsi, je viendrais voir chacun de vous pour constater sa mise en place. Par la suite, vous m'enverrez tous un rapport détaillé de la situation. Bien sûr, je viendrais également voir de mes propres yeux ce qu'il en est. J'interviendrais si besoin, mais ne me dérangez pas pour rien. » précisa le gardien.

Le Conseil n'eut d'autre choix que d'accepter. Shinya les remercia, puis quitta la salle. Krul soupira. Elle n'avait pas été ravie du tout qu'il choisisse d'emmener les Hyakuya lors de sa dernière visite. Elle s'était pourtant bien gardée de protester, bien consciente qu'elle ne pourrait rien y changer. Peut-être pouvait-elle parler de son problème au gardien. Krul craignait cependant qu'il n'y voie qu'une traîtrise de sa part. Mais c'était probablement sa dernière chance. La souveraine rattrapa donc Shinya, et indiqua son souhait de s'entretenir avec lui. Shinya hocha la tête. Quelques instants plus tard, Krul se décida à tout lui avouer. Le gardien l'écouta patiemment sans l'interrompre.

« C'est un problème délicat. Je vais y réfléchir. » dit-il simplement.

Krul ouvrit la bouche, puis la referma. Elle ne pouvait rien exiger du gardien, seulement espérer son aide. Aussi le reconduisit-elle dehors. Shinya ne retourna pas tout de suite à Shibuya. Il se rendit en dehors de la capitale, direction la maison où ses Courtisans résidaient. Là, il les informa du dénouement de leur affaire, à savoir l'exécution des scientifiques ayant participé au projet Owari no seraph. Ceci fait, il interrogea Mahiru au sujet du frère de Krul. Ayant été en contact avec les démons, elle avait peut-être une idée.

« Hmmm … j'avais une épée qui contenait un ancien démon, appelé Asuramaru. » dit-elle après réflexion.

« Ça ressemble au nom du frère de Krul. Si c'est lui cela explique qu'elle ait voulu le séraphin, afin de le ramener à la vie. » dit Shinya.

« D'accord, mais concrètement que peut-on faire ? On ne va tout de même pas utiliser un séraphin ou autre chose. Ça reste une résurrection et on sait tous ici les conséquences que ça a. » intervint Guren.

« De plus, nous ne sommes pas certains à 100% qu'il s'agisse bien de lui. » fit Leslie.

« Si tel est le cas, nous ne pourrons que lui offrir cette arme. » continua Sudri.

Shinya se demanda si c'était une bonne idée. Krul avait été prête à commettre un tabou, s'il lui remettait l'arme, n'était-ce pas l'encourager dans cette voie ? De l'autre, ils avaient été séparés depuis si longtemps qu'il peinait à lui refuser cette réunion. Le gardien demanda à Mahiru si elle pourrait retrouver le sabre. Elle hocha la tête, puis s'en alla. Le gardien retourna à la base informer Kureto de son entrevue avec la reine des vampires. Le soldat annonça qu'il diffuserait l'information dans la journée. Le gardien lui parla aussi du sabre démoniaque, mais Kureto n'en savait rien :

« Tu plaisantes ? Je sais très bien que tu me dévisserais la tête si jamais je m'en approchais. » sourit-il.

« Content que tu t'en souviennes, malgré ton âge. »

Kureto grogna, amusé. Shinya quitta son bureau sur cette bonne note. Durant la nuit, le gardien fut tiré de son sommeil par Éole, qui l'informa qu'un message attendait. Il s'extirpa de son lit, et ouvrit sa porte-fenêtre. Un shikigami en forme d'oiseau se trouvait perché sur son balcon. Il entendit la voix de Mahiru l'informant qu'elle détenait le sabre. Shinya rentra se vêtir, puis prit le chemin des portes de la cité qu'il franchit d'un bond formidable. Il fila ensuite à la rencontre de sa Courtisane qui l'attendait au temple. Mahiru attendait assise sur le haut portique rouge. Shinya l'y rejoignit. Près d'elle, le sabre supposé contenir le frère de Krul Tepes.

« Bien joué Mahiru. Maintenant, comment être sûr que c'est lui ? » fit Shinya.

« Hélas je l'ignore. » fit Mahiru.

« Hmm … Éole ? »

La vampire apparut devant ses yeux, observant le sabre. Elle conseilla ensuite au gardien de faire sortir le démon. Shinya demanda à Mahiru de rester derrière lui. Après quoi, il toucha le sabre avec la pointe de sa lance.

« Gwaaaah ! Mais qu'est-ce qui se passe ? » s'exclama Asuramaru, se matérialisant hors de son sabre.

Il avait l'apparence d'un enfant, vêtu d'une longue robe qui lui donnait une allure androgyne. Ses très longs cheveux avaient l'air hérissés comme la fourrure d'un chat.

« Bonsoir, Asuramaru c'est ça ? » dit Shinya.

« Oui, et toi qui es-tu ? »

« Je suis le vampire gardien Shinya. Ou Éole comme préfèrent m'appeler les vampires. » se présenta l'argenté.

« Et que me veut le gardien ? » questionna le démon.

« Juste vérifier ton identité. »

Asuramaru haussa un sourcil. Soudain, il se sentit plongé dans deux abysses rouges. Plusieurs images se matérialisèrent : lui en démon, puis remontant à des siècles en arrière lui en tant que vampire. Il se tenait auprès d'un homme encapuchonné. Derrière lui, une jeune fille qui le suppliait de ne pas le quitter. Krul Tepes. Ainsi, ils avaient visé juste. Asuramaru se tint la tête, une main sur son œil lorsque Shinya le relâcha.

« Que m'as-tu fait ? » siffla-t-il.

« J'ai vu tes souvenirs, Ashera Tepes. Ta sœur, Krul, te cherche. » annonça le gardien.

« Les démons n'ont pas de famille ! » protesta Asuramaru.

« Alors comment explique-tu ce que nous avons vu ? Il s'agit de toi avant que tu ne sois démon. Et je pense que tu le sais très bien. » répondit Shinya.

« Oui et alors ? Même si c'est bien ma sœur que veux-tu que j'y fasse maintenant ? » reprit le démon.

« Hélas je l'ignore. Je pensais te ramener à elle pour ma part. » répondit Shinya.

« Pour ce que ça va changer. »

Asuramaru rentra dans son sabre. Shinya échangea un regard avec Mahiru. Ni l'un ni l'autre ne savait si cela était le meilleur choix. Le gardien ramassa l'arme, puis sauta. Lui et sa Courtisane se rendirent ensuite à Sanguinem.


Shinya fut conduit devant la souveraine pour lui apprendre le fruit de ses recherches. Mahiru tendit le sabre qu'elle tenait sur ses deux mains. Shinya avertit la souveraine que son frère ne la reconnaissait plus. Krul prit le sabre qu'elle serra contre elle.

« Bienvenue chez toi, mon frère. » dit-elle à voix basse.

Krul releva la tête vers Shinya.

« N'y a-t-il rien que l'on puisse faire ? » questionna-t-elle.

« J'exorcise et tue les démons, je ne les ramène pas à la vie. Mais Krul, ne tentez rien de ton côté non plus sans m'en informer. Sinon … gare à moi. » répondit Shinya.

Shinya l'informa que d'autres que lui pouvaient venir la voir et qui, puis il la laissa seule avec l'arme. Durant le chemin du retour, il retourna l'histoire dans sa tête sans trouver de solution. Il avait songé à demander l'aide du dieu Izanagi, toutefois cela ne changerait rien au fait que pour être démon, Ashera avait dû mourir. Il serait donc ressuscité ce qui allait à l'encontre de toutes les règles. Quant à le sortir du sabre … et après ? Il resterait démon avec le danger qui allait avec. Fatalement il croiserait la route du gardien. Il soupira, remercia Mahiru pour son travail et retourna à Shibuya. L'aube était proche lorsqu'il franchit les portes. Shinya retrouva son appartement en passant par le balcon. Là, il s'appuya dos à la rambarde.

Le soleil perça l'horizon. Shinya resta un moment dehors. Un toc toc à sa porte le tira de ses pensées.

« Bonjour … tiens c'est bien la première fois que tu m'accueilles en vampire. » fit Kureto.

« Oh pardon chéri. »

Shinya revint en mode humain, et s'écarta pour le laisser entrer. Le brun l'embrassa sur le front, avant de lui demander s'il s'était passé quelque chose. Shinya lui parla de son escapade nocturne.

« Aaah. Eh bien, nous n'avons plus qu'à espérer qu'elle s'en tiendra à tes recommandations. » dit Kureto à la fin de l'histoire.

« Moi aussi. Je lui ai fait part de ce qu'elle risquait, notamment que d'autres risquaient de venir lui rendre visite. Elle est donc prévenue. Nous verrons bien. »

En attendant, Kureto allait accueillir un premier contingent d'adolescents en provenance de Sanguinem. Shinya l'accompagna. Les jeunes clignèrent des yeux et les fermèrent presque sous la lumière du soleil. Ils furent amenés dans leur nouveau foyer que les anciens camarades de Guren allaient gérer avec d'autres cadres de la famille Hiiragi. Les jeunes y recevraient une instruction et un suivi psychologique. Shinya se rendit à Sanguinem voir ce qu'il en était des enfants. Visiblement, certains étaient sur le départ. Il fit un crochet par le palais. Là, il découvrit que le sabre avait été placé dans une vitrine, non loin du trône mais dans un recoin.

« Êtes-vous déjà venu me surveiller ? »

Krul vint à sa rencontre.

« Je venais plutôt voir comment vous alliez, ainsi que si les enfants étaient prêts à partir. » répondit Shinya.

« Merci. J'ai mis le sabre près de moi, mais pas trop. Je ne sais si je supporterais sa vue longtemps. Là, je le sais proche sans le voir sans arrêt. Quant aux enfants, oui une première fournée s'en va aujourd'hui. Cette idée n'enchante pas grand-monde cela dit. » répondit Krul en croisant les bras.

« C'est pourtant la meilleure solution pour éviter la création d'armes démoniaques, du moins pour l'heure. »

« Je sais. Elles sont un danger pour nous. »

Shinya remercia Krul et lui souhaita bon courage. La reine vampire le remercia de lui avoir rendu son frère. Le gardien lui retourna un sourire avant de se diriger vers la sortie.