Chapitre 8 - Spartans

Rosalie redoubla d'hystérie, tandis qu'Alice s'étranglait avec son verre de vin blanc, des larmes coulant de ses yeux.

Après leur désastreuse soirée avec Carlisle, Bella avait senti qu'il fallait d'urgence qu'elle voit ses amies. Rose avait obtenu des tickets pour l'ouverture d'un bar en ville, les filles étaient donc en train de se préparer dans l'appartement de Bella, où Rose et Alice prenaient un malin plaisir à rire de son malheur.

- Putain les filles, ce n'est pas drôle ! gronda Bella. Le pauvre pourrait être effrayé à vie ! Elle se rappela le visage d'agonie et de honte de Carlisle lorsqu'il avait quitté l'appartement pour retourner à l'hôpital où il allait se faire consulter pour traiter ses parties carbonisées par le piment.

- Bella, il va s'en remettre, la rassura Rosalie. La même chose est arrivée à un mec que je connais, mais c'était un autre type de piment. Bien sûr, il a dû aller aux urgences, mais il n'y avait eu aucun dommage permanent. Crois-moi, je devrais savoir... Elle lui fit un clin d'œil, sirotant son vodka tonic.

- Allez, Bella, tu ne peux pas abandonner maintenant, insista Alice. Jusqu'à maintenant tous les mannequins ont été attirés par toi, tu n'as juste pas eu de chance. Et au moins tu as eu un massage et un baiser. C'est plus d'action dans ta vie amoureuse que ces derniers mois.

- Merci de me le rappeler, Alice. Bella bût le reste de sa boisson avec frustration. Les filles n'allaient pas la laisser tranquille.

Bella ne put cependant rester longtemps énervée contre ses amies, elle était vraiment contente de se préparer pour une soirée avec elles. Elle ne pouvait se rappeler la dernière fois qu'elles avaient fait cela - certainement pas depuis qu'elle avait emménagé avec Mike. C'était comme avant. De plus, qui ne voudrait pas d'Alice comme styliste personnelle ? Bella avait laissé tomber son idée de sortir avec son habituel skinny jean et un tee-shirt. A la place, Alice avait choisi une magnifique robe bustier dans ses tons de bleu favoris. Elle s'admira dans le miroir - elle était vraiment sexy, elle devait l'avouer.

Les filles hélèrent un taxi et se rendirent directement au nouveau bar, Spartans. Après être sorti du taxi, Rose les amena directement vers l'avant de la longue file et fit un sourire brillant pour flirter avec le portier.

- Rosalie Hale du magazine Eclipse. Le plus grand des deux baraqués regarda sa liste et les laissa entrer (Bella nota qu'il n'avait pas défait ses yeux du magnifique corps de Rose pendant tout ce temps).

Le bar était déjà rempli d'une foule de médias, de jeunes riches et de célébrités. Bella fit une grimace à Alice derrière le dos de Rosalie, tandis qu'elle les menait à une table vide avec le signe « Réservé ». Ce n'était pas vraiment leur genre d'endroit. Pourtant, s'il y avait des boissons gratuites et de la bonne compagnie, elles ne pouvaient pas vraiment se plaindre. Rose vérifia rapidement que personne ne regardait avant de glisser la petite pancarte « Réservé » dans son sac à main.

- Rosalie ! s'écria Alice, choquée mais pas surprise par l'action de son amie.

Rose sourit malicieusement et fit signe à une serveuse portant un plateau remplie de flûtes de champagne.

- Quoi, tu penses qu'il y a des gens plus important que nous ? Bella et Alice rirent, s'assirent, et se saisirent d'un verre.

- Mmm, dit Rosalie. Ce truc est toujours meilleur quand c'est gratuit. Les filles tintèrent leurs verres en portant un toast.

- A Bella embrassant un homme !

Bella sourit et secoua la tête. Les bulles du champagne, ajoutées aux verres du before dans son appartement, avaient commencé à lui monter à la tête, enlevant le désespoir qu'elle ressentait après ses trois tentatives infructueuses. Elle était forte, elle était sexy... et elle commençait à être assez ivre.

Alice s'interrompit brusquement de boire, ses yeux se concentrant sur quelque chose au loin, derrière Bella.

- Ce serait pas... Edward ? Elle hocha la tête en direction de la cabine du DJ. Là-bas en tee-shirt bleu.

- Edward ? Tu veux dire le neveu emmerdeur d'Esmée ? demanda Rosalie. Alice hocha la tête, rigolant. Attendez les filles, vous ne m'aviez pas dit qu'il était mignon !

- C'est parce qu'il ne l'est pas ! dit Bella, tendant le cou pour essayer de repérer son assistant.

- Je ne sais pas, Bella. Il a l'air plutôt bien, dit Alice, qui à la grande horreur de Bella s'agitait et essayait d'attirer l'attention d'Edward. Elle devait assez le voir au travail, elle ne voulait pas qu'il la harcèle aussi lors d'une soirée.

Bella repéra finalement Edward, au moment où il retourna ses gestes à Alice et commençait à marcher vers leur table. Même si elle détestait l'admettre, son amie n'avait pas tort. Edward était pas mal. Ok, peut-être un peu mieux que « pas mal ». Finie la casquette de baseball, les vieux tee-shirts minables et ringards qu'il portait tous les jours au studio. Au lieu de cela, Edward était vêtu d'une délicieuse chemise bleu pâle, qui contrastait joliment avec la couleur bronze inhabituelle de ses cheveux ébouriffés. Alors qu'il approchait, il ajusta ses lunettes noires - un geste qui fit penser à Bella qu'il était un peu nerveux.

- Bella, Alice, quelle belle surprise ! Je ne savais pas que vous seriez ici ce soir, dit Edward, se penchant pour faire une bise à Alice.

Eh bien, tu te pointes à tous les endroits où je ne veux pas que tu sois, donc pourquoi pas aussi ici, pensa Bella, offrant elle aussi ses joues pour une bise.

- Rose avait trois tickets gratuits. Elle travaille avec ta tante Esmée, expliqua-t-elle, présentant Rosalie et Edward. Qu'est-ce qui t'amène ici ? Je ne pensais pas que c'était ton genre d'endroit. Tu ne vis pas dans les cafés et les magasins de BD ? Elle ignora le regard choqué qu'Alice lui lança.

- Tu m'as eu, dit Edward, levant les bras comme s'il se rendait. Il abaissa la voix et se rapprocha de l'oreille de Bella. Mais c'est juste une couverture pour ma double vie en tant qu'international millionnaire playboy. Putain, il sent bon ! Chuut, ne le dis à personne. Bella rit, malgré elle. Ce mec avait la fâcheuse habitude de la faire sourire lorsqu'elle n'en avait pas envie.

- Non, sérieusement, dit Edward, l'un des co-propriétaires est un vieil ami. Je suis juste là pour le soutenir. Clubs de Tennis, propriétaires de bar, éditeur de magazine pour une tante - tu ne tournes pas en rond, pas vrai Edward ? pensa Bella. Elle n'arrivait pas à comprendre ce gars. Il n'était certainement pas comme tous les autres gosses de riches qu'elle avait rencontré avant.

- Te voilà, Edward ! Je vais nous chercher des verres et tu me fuis. Une grande, jolie fille avec une peau caramel et de courts cheveux noirs tendit une bouteille de bière à Edward. En plus, je vois que tu as trouvé bien meilleure compagnie. Salut, au fait je m'appelle Leah. Elle sourit chaleureusement aux filles.

- Leah, je te présente Rosalie et Alice, et voici Bella Swan, la photographe que j'assiste. Edward plaça gentiment sa main sur l'épaule nue de Bella en la présentant. Elle sentit sa peau en contact devenir soudainement très chaude. Ça doit être le champagne, se dit-elle.

- Donc voici la fameuse Bella, sourit Leah. Ce mec n'arrête pas de parler de toi. C'est vraiment sympa de finalement placer un visage sur le nom.

Bella sourit maladroitement. Génial, pensa-t-elle. Edward a probablement raconté à sa petite-amie toutes les histoires de quelle pute venue de l'enfer je suis.

Les pensées de Bella furent interrompues par Alice qui attrapa son bras.

- Oh mon dieu, Bella. Regarde qui est là ! glapit-elle. Mr. Janvier en personne. Et il vient par-là !