Chapitre 29

C'était énorme. Bella ne pensait pas avoir déjà vu quelque chose d'aussi grand dans sa vie. Elle essaya de compter les fenêtres et abandonna quand elle atteint la vingtaine. Esmée Cullen devait être absolument riche pour posséder un endroit comme celui-ci. Et c'était seulement sa maison de vacances. Emmett traîna la voiture dans la grande allée, Rosalie ouvrit grand la porte et sauta dehors avec excitement. Bella suivit avec plus de prudence. Elle se sentait malade de nervosité à l'idée de voir Edward une nouvelle fois. Sortant son téléphone portable, elle regarda une nouvelle fois la réponse qu'il lui avait envoyé pour son dernier message, essayant désespérément de voir une sorte de message caché qu'elle avait raté les cent dernières fois qu'elle l'avait lu.

DESOLE JE NE T'AI PAS RAPPELE. SORTI AVEC LEAH SAMEDI SOIR ET AI EU UNE PUTAIN DE GUEULE DE BOIS. ON SE VOIT A LA MAISON DE VACANCES. E x

Bella s'était forcée de ne pas lui répondre. Edward avait finalement pris contact avec elle. Il avait même signé le message avec un baiser. Cela voulait dire qu'il ne la détestait pas et cela expliquait pourquoi il n'avait répondu à aucun de ses appels. Elle supposait que Leah l'avait probablement embarqué dehors pour noyer son chagrin. Elle avait été tentée de prendre son téléphone et de l'appeler directement après, mais elle savait que tout ce qui avait besoin d'être dit devait être dit en face à face. Et elle était complètement terrifiée. Elle prit une grande inspiration, monta les marches jusqu'à la porte d'entrée et appuya sur la sonnette. Cela sembla prendre une éternité avant que quelqu'un ne vienne ouvrir. Bella supposa que dans une maison aussi grande, cela devait prendre un bon moment avant d'arrivée à la porte. Elle s'attendait presque à ce qu'elle soit ouverte par Carson de Downton Abbey. Mais ce ne fut pas un majordome qui apparu pâle et souriant nerveusement à la porte - ce fut Edward Cullen.

- Salut Bella.

- Salut Edward. Elle se sentait muette. Il y avait tellement de choses qu'elle avait besoin de lui dire, mais les mots la quittèrent complètement. Pas vraiment capable de le regarder dans les yeux, elle fixa son regard sur son torse. Il était vêtu d'un pull bleu foncé, qui s'accrochait à sa poitrine légèrement musclée. Bella put voir quelques poils foncés sortant furtivement du profond V de la ligne de son cou. Elle déglutit - sa bouche semblait tout à coup très sèche.

Alors qu'elle se torturait l'esprit pour trouver quelque chose à dire, Emmett brisa le silence gênant en lui passant devant pour entrer dans la maison, chargé avec les bagages de la voiture.

- Les gars, va-t-on rester sur le porche à se geler le cul toute la journée ou allons-nous commencer à faire la fête ? Y a-t-il un bar dans cet endroit, ou quoi ?

- Ravie de te revoir aussi, Emmett, rit Edward.

- Désolé pour lui, dit Rosalie, tandis qu'elle saluait Edward avec deux baisers dans l'air. Il est un peu... excité. Du calme garçon ! rigola-t-elle.

- Ouais, Emmett, ajouta Bella. Certains d'entres-nous ont en fait un travail à faire d'abord, rappelle-toi. Est-ce que les mannequins sont déjà là, Edward ? Elle était soulagée de reprendre le travail.

- Pas encore. Leah a voyagé avec moi, et Alice et Jasper sont arrivés plus tôt. Ils sont partis faire une balade le long de la mer, comme le rêve des jeunes amoureux. Il sourit ironiquement et roula des yeux. Entrez et je vous montrerai vos chambres, puis nous pourrions tout mettre en place.

Bella suivit Edward dans la maison, où il leur fit faire un tour des chambres et ils dirent "salut" à Leah, qui regardait la télé sur un écran plat géant. Tout avait l'air terriblement cher. Bella fit attention à ne pas être aussi maladroite que d'habitude par peur de tomber et de casser quelque chose. Elle sourit en se rappelant qu'Edward était presque aussi maladroit qu'elle. Il avait probablement coûté une fortune à Tante Esmée en ornements de remplacement au fil des années. La première chambre où ils allèrent fut celle de Rose et Emmett, qui jettèrent leurs sacs d'un côté et fermèrent rapidement la porte derrière eux. Bella suspectait qu'ils ne les reverraient pas pendant un moment. Elle sentit une soudaine vague de panique la traverser. C'était juste elle et Edward maintenant.

- Enfin seuls, plaisanta-t-il, remettant ses lunettes sur son nez avec son index. Bella rigola nerveusement.

- J'imagine que je ne peux me retenir plus longtemps, dit-elle, à moitié pour elle-même. Edward ne demanda pas quoi - il continua juste à marcher le long du grand corridor, les yeux au sol. Edward, je te dois des excuses. De grosses. Je suis tellement, tellement désolé si je t'ai fait croire d'une certaine manière que nous étions en rendez-vous, et j'ai été une idiote finie lorsque je t'ai quitté pour aller voir Jacob. Je-

- Bella, c'est bon, la coupa-t-il. Je suis désolé aussi. J'ai mal réagi et je n'aurais pas dû t'en vouloir. Ce n'est pas comme si j'avais clarifié mes intentions. J'étais juste très embarassé. Je le suis toujours, à vrai dire. Comment s'est passé ton rendez-vous avec Jacob de toute façon ? Edward eut l'air de ne pas vraiment vouloir connaître la réponse.

- Honnêtement, c'était... terrible, sourit-elle, soulagée au plus au point qu'Edward ait accepté ses excuses. Ce gars est un abruti.

Il lui rendit son sourire, clairement ravi.

- Cool, dit-il, hôchant la tête. J'en suis heureux.

- Tu es heureux que j'ai passé un mauvais moment ? Merci beaucoup ! Bella rigola et donna gentiment un coup de coude dans les côtes d'Edward. Elle était tellement contente qu'ils aient repris leur amitié. En fait, je me suis beaucoup plus amusée à mon rendez-vous-qui-n'était-pas-un-rendez-vous avec toi...

- Vraiment, Bella ? Il la regarda, inquisiteur. Elle remarqua des cernes noirs sous ses yeux dorés. Clairement, elle n'était pas la seule à avoir passé des nuits blanches dernièrement. Que se faisaient-ils l'un à l'autre ?

- Oui, vraiment. C'était sympa.

- Ca l'était, pas vrai ? Il lui fit un sourire en coin. Peut-être que nous pourrions recommencer un de ces quatres. En tant qu'amis, je veux dire. Pas un rendez-vous. Je veux juste mettre les choses au clair à l'avance. Pour éviter un quelconque futur embarassement.

- En fait, Edward, je- Elle voulut lui dire qu'un rendez-vous lui aurait été, mais il mit un doigt sur ses lèvres avant qu'elle ne puisse finir. Elle sentit un frisson le long de sa colonne vertébrale et résista à l'envie de le mettre dans sa bouche et de le suçer.

- Vraiment Bella, s'il te plait. N'en parlons pas davantage. C'était vraiment un mauvais moment. Je veux juste oublier que c'est un jour arrivé et passer à autre chose. Et de plus, voici ta chambre. Je t'ai gardé la meilleure. Il ouvrit la porte pour elle et la fit entrer. C'était magnifique. Un large lit à baldaquin était plaçé au centre de la pièce, recouvert par des oreillers. Elle put voir une autre porte ouvrant sur une somptueuse salle-de-bains, et au fin fond de la pièce un ensemble de fenêtre à la française ouvertes sur un balcon donnant sur la plage. Même malgré l'hiver approchant, la vue était à couper le souffle.

- Wow, Edward, merci ! C'est incroyable ! Elle se jeta et lança ses bras autour de lui en une étreinte. Il la rapprocha de son corps et murmura dans ses cheveux : "De rien, Bella." Elle se sentit rougir au contact inattendu de son corps. Son coeur battait la chamade dans sa poitrine et elle était sûre qu'Edward pourrait le sentir à travers la laine fine de son pull. Elle desserra son emprise de lui et recula, ses mains glissant de son dos pour se mettre sur ses hanches. Elle sentit ses yeux attirés par les siens et commença à voir qu'il la regardait intensément. Allait-il l'embrasser ? Elle déglutit et ouvrit la bouche pour parler.

- Edward, je-

Ding-dong.

- C'est la sonnette, dit bêtement Edward, ses yeux toujours bloqués avec ceux de Bella. Je devrais y aller.

- Hum, ouais, tu devrais. Elle mit fin à leur échange de regards, brisant le charme en même temps. Edward quitta la pièce et Bella se laissa tomber sur le luxueux lit, s'émerveillant de l'ironie. Il semblait qu'Edward était passé d'emmerdeur l'empêchant de s'envoyer en l'air à... s'en faire lui même empêché.