Chapitre 36
Edward referma son ordinateur portable et fixa le mur. Cela faisait deux jours depuis qu'il s'était éloigné de Bella au studio et il avait été incapable de penser à autre chose. Peut-être avait-il réagi de façon excessive ? Elle avait fait une honnête erreur. Elle avait entendu deux personnes faisant l'amour dans sa chambre – qu'était-elle supposée penser d'autre ? Elle aurait au moins pu me donner le bénéfice du doute, se dit-il à voix haute. Pourtant il savait qu'il aurait probablement fait la même chose si les rôles avaient été inversés. Il pensa à l'époque où il avait surpris Bella et Riley au studio. Bella avait insisté sur le fait que le mannequin lui avait juste fait un massage, mais la première pensée quand il les avait vu à demi habillés était qu'ils étaient en train de faire quelque chose.
La vérité était qu'il trouvait très difficile de rester en colère après elle. Mais ses sentiments étaient très conflictuels. Quand ils s'étaient embrassés sur le porche, il avait eu l'impression d'avoir gagné au loto. Il avait finalement trouvé le courage de faire un geste et Bella y avait répondu réciproquement. Il ne pensait pas qu'il était possible d'être si heureux. Son petit corps avait semblé si bien dans ses bras, il ne voulait jamais la lâcher. Mais il ne pouvait s'empêcher de penser qu'elle l'avait blessé deux fois et ils ne sortaient même pas ensemble. Etait-il prêt à lui donner son cœur si elle ne pouvait être douce avec ? Tanya l'avait gravement blessé et il n'était pas sûr de pouvoir à nouveau s'en remettre. Mais le célèbre adage disait : « Il vaut mieux avoir aimé et perdu, que de ne pas avoir aimé du tout. »
Les pensées d'Edward furent interrompues par quelqu'un à la porte. Mettant son ordinateur portable de côté, il se leva du canapé duquel il était vautré à s'apitoyer sur son sort durant les dernières quarante-huit heures et alla voir qui s'était. Il ouvrit la porte à son ami Carlisle, tenant un genre de livre dans ses mains.
- Oh, salut Carlisle, c'est inattendu. Nous n'avions pas de match de tennis aujourd'hui, pas vrai ? Mon cerveau ne fonctionne pas très bien pour le moment…
- Non mec, ne t'inquiète pas. Ce n'est pas ce pourquoi je suis ici. Je peux entrer ?
- Oui, bien sûr. Où sont passées mes bonnes manières ? Il fit un geste pour indiquer à Carlisle d'entrer dans la maison. Tu veux prendre un café ? Une bière ?
- Non merci, Edward. Je ne peux pas rester longtemps. J'ai juste promis que je ferai quelque chose pour Bella. Comment s'est passé le séjour à la maison de vacances d'ailleurs ? Edward regarda Carlisle de manière perplexe : Comment savait-il pour la maison de vacances ?
- Oh, c'était mouvementé. Tu as dit que tu faisais quelque chose pour Bella. Est-ce qu'elle t'a envoyé ici ? Edward sentit une lueur d'espoir dans sa poitrine – c'était peut-être sa chance d'arranger les choses avec elle.
- Pas exactement. Elle m'a demandé de te donner quelque chose mais comme tu as annulé le match de tennis je n'ai pas eu l'opportunité de te le donner jusqu'à maintenant. Voilà… Il tendit le livre à Edward, qui de plus près s'avéra être un album photo. Edward ouvrit délicatement la première page et reconnu l'un de ses clichés préférés du blog de Bella – mais avec une petite différence. Un grand morceau de carton était placé au milieu de l'image avec les mots « Edward, je suis désolé… » griffonnés dessus au un feutre noir.
Il feuilleta rapidement le reste de l'album et vit de plus en plus les photos qu'il aimait tant, chacune avec son propre message. « J'ai été aussi aveugle que Dardevil… Je pense que tu es super, mec… Puis-je être ta Lois Lane ? » Edward regarda Carlisle la bouche grande ouverte. Depuis quand Bella sait quelque chose des comic books ?
- Bella a fait ça pour moi ? Quand ?
- La semaine dernière, répondit Carlisle. Elle a dit que vous vous étiez disputés à propos de quelque chose. Son rendez-vous avec Jacob, pensa Edward. J'espère que ce n'est pas trop tard.
- Non, sourit Edward. Ce n'est pas trop tard.
- Elle est complètement folle de toi, mec, dit Carlisle, lui retournant son sourire.
- Ouais… Je suis complètement fou d'elle aussi.
~X~
- Rose, il a tous les droits d'être en colère contre moi. J'ai sauté à la pire conclusion possible et je le regrette chaque seconde de chaque jours. Bella soupira en se recroquevillant sur le canapé, tenant son téléphone à l'oreille. Elle avait finalement tout dit à ses amies et elles faisaient toutes les deux leur possible pour qu'elle se sente mieux. Ça ne marchait pas. Elle prenait l'entière responsabilité pour avoir tout foutu en l'air une nouvelle fois avec Edward.
- C'est des conneries, Bella, dit Rosalie à l'autre bout de la ligne. Bordel, qu'est-ce que tu étais censée penser d'autre ? Il a besoin de se remettre et d'arrêter d'être une telle tapette. Tu sais, quand j'ai trouvé un string dans la boite à gant de la voiture d'Emmett, je l'ai immédiatement accusé d'aller baiser ailleurs. Il s'est avéré que c'était mon sous-vêtement et qu'il le gardait juste dans sa voiture pour pouvoir se branler avec quand il est coincé dans des embouteillages. Est-ce qu'il s'est mis en colère parce que je l'avais mal jugé ? Non. Je lui ai juste donné le soutien-gorge qui va avec et puis nous avons baisé dans sa voiture.
- Eum, Rosalie, ce n'est pas vraiment la même chose, dit Bella. Elle ne se lasserait jamais d'entendre les petites histoires de son amie.
- Qu'importe. Tu vois ce que je veux dire. Appelle-le. Je sais que je pensais que c'était un emmerdeur un peu crétin… Enfin, avouons-le, tu as pensé que c'était un emmerdeur un peu crétin. Mais je pense que vous seriez parfait ensemble, vous devez juste arrêtez vos conneries et commencer à communiquer. Emmet et moi faisons toujours-
- Attends, Rose, je dois y aller. Il y a quelqu'un à la porte. Je te rappelle, d'accord ? Attendant à peine que son amie réponde, Bella raccrocha le téléphone et marcha jusqu'à l'interphone. Son cœur s'arrêta quand elle entendit la voix à l'autre bout de la ligne.
- Salut Bella, c'est Edward.
Elle débloqua la porte et l'ouvrit quelques secondes plus tard. Il semblait un peu à bout de souffle. Ils se regardèrent pendant ce qui sembla l'éternité, jusqu'à ce qu'Edward brise le silence.
- Je peux entrer ?
- Oh. Ouais. Bien sûr. Il passa près d'elle en entrant dans l'appartement et alla s'asseoir sur le canapé, approchant la table basse de ses genoux.
- Ok Bella, donc je commence à penser que nous avons de sérieux problèmes de communication. Bella rit, se rappelant les derniers mots de Rose. Edward sortit son vieux jeu de Scrabble de son sac à dos et installa le plateau sur la table. Donc je vais juste l'écrire. Après avoir fouillé dans le sac de lettres, Edward écrit les mots 'JE SUIS DESOLE' sur le plateau. Bella sourit et ouvrit la bouche pour parler. Edward l'arrêta en mettant un doigt sur ses lèvres et lui passa le sac de lettres.
Peut-être qu'il avait une bonne idée. Il y avait eu trop de non-dits entre eux, trop de malentendus, trop d'occasions manquées. Peut-être que la seule façon d'arranger cela était grâce à un plateau de Scrabble. Elle sortit sept lettres et les plaça à côté du 'O' d'Edward pour écrire 'MOI AUSSI'. Elle leva les yeux pour voir sa réaction et sentit une chaleur nouvelle émanant de ses yeux magnifiques.
Croisant le 'I' de 'JE SUIS DESOLE', Edward écrit son prochain message : 'JE TAIME BIEN'. Il sourit et ajouta huit lettres pour ajouter 'BEAUCOUP'.
Sans un mot, le cœur débordant de bonheur, Bella prit les lettres d'Edward, et utilisa son 'A' pour écrire les mots 'EMBRASSE MOI'.
Il n'eut pas besoin de se le faire dire deux fois.
