Hors-série - La grande aventure !

05 : Malades à bord !

Histoire numéro 5 de mes "hors-série". Comme toujours elle n'aura aucun rapport logique avec l'histoire en cours si ce n'est les personnages et l'histoire de One Piece bien sûr. Aujourd'hui, c'est un jour ensoleillé sur Grand Line, et j'appelle Pierre à monter sur le devant de la scène ! Dédicacé à l'indispensable docteur du Dragon Khan. Huuuum, bon appétit !

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C'était une après-midi tranquille. Rien ne bougeait sur le Dragon Khan. Et pour cause ! Pierre était l'unique personne éveillée sur le petit bout de bois flottant au milieu de Grand Line. Il avait passé la journée à s'occuper de ses malades. Et pas n'importe qui : tout le reste de l'équipage ! À cause d'une maladie contagieuse, ils avaient tous étés cloués au lit dès le matin, et Pierre faisait face aux joies de la navigation seul. Il était la seule personne en forme si on omettait Kitsune qui le suivait partout. Mais elle ne comptait pas, c'était une renarde. S'il n'était pas au lit lui aussi, c'est qu'il portait une attention extrême à l'hygiène. Heureusement, l'état de ses amis était seulement passager, et ils seraient tous debout le soir même, ou le lendemain. Ils avaient simplement besoin d'un peu de repos. Cependant, Pierre était troublé.

« -Pffffffffffffffffffff, soupira le médecin en regagnant l'infirmerie, c'est pas vrai, ils sont tous cloués au lit ! Pourquoi tous en même temps ?

-Konkon !

-Agh, et me voilà tout seul avec le renard... Comment on fait si le bateau est attaqué ?

-Kon ?

-EH ! LES PIRATES ! Hurla une voix venant du pont. SORTEZ !

-Et voilà ! Fit Pierre, à peine étonné. Qu'est-ce que je disais ! »

C'était marrant que les prévisions pessimistes de Pierre finissent toujours par se produire. Bref, il monta à contrecœur à l'air libre. Il n'y avait pas d'autre navire amarré au Dragon Khan, mais plusieurs... choses avaient débarqués. C'était des poissons. Pas des hommes-poissons, juste des poissons. Il y avait de tout, du poisson-clown à la murène, avec quelques soles, des poissons-lunes, diodons et tout le bazar. Ils étaient tous d'une tête plus petite que Pierre, et avaient l'air aussi méchant que les harengs frais qu'on trouvait à l'étal du poissonnier. Pourtant, ils cherchaient la bagarre et s'affairaient avec ardeur à trouver l'équipage. Quelques-uns avaient envahi la cuisine, d'après les silhouettes que Pierre pouvait voir derrière le hublot, et il y en avait quatre qui attendaient que quelqu'un sorte de la cale. Quand ils virent Pierre, ils se mirent en position de défense, brandissant leurs lances contre lui.

« -Stop ! On ne bouge plus ! Capitaine ! Il y en a un ici, avec... Un chat ? »

La rumeur se répandit vite, et les poissons flanchaient, inquiets. Pierre profita de l'avantage et avança sans se soucier des armes. Kitsune, elle, semblait légèrement apeurée et se coucha en se couvrant les oreilles avec ses pattes. Après tout, poiscaille ou pas, ils étaient énormes et pas elle. Il soupira et monta les escaliers jusqu'au pont, Kitsune rampant dans ses pas. Celui qui semblait être le capitaine, un brochet-crocodile fort mince, s'avança vers eux, nullement effrayé par l'allure du petit animal, qui avait dévoré déjà tant de ses compères.

« -Kity, cache bien tes flammes ok ?

-Kon !

-Alors, c'est vous qui êtes en charge ici ? Demanda le poisson sur un ton posé. Qui êtes-vous ?

-Pi... Je m'appelle le docteur.

-Docteur quoi ?

-Non, juste le docteur. »

Vu la tronche de poulpe que tirait l'autre, Pierre avait réussi à déboussoler son adversaire. Et comme il ne faisait pas partie de l'équipage depuis longtemps, ils ne pouvaient pas faire le rapprochement entre lui et les pirates. Il valait mieux qu'il évite la question tant qu'il ne connaissait pas les intentions de l'autre.

« -Et votre bateau ?

-Ah, mon bateau ? Mon bateau s'appelle le... le... l'épuisette.

-Hum... Très bien. Lâcha l'autre, gêné par le nom. Je suppose que vous êtes un navire marchand. Mais je ne vois pas votre équipage ? »

Un petit regroupement s'était fait autour d'eux. Il fallait qu'il se sorte de là. La meilleure solution pour l'instant était de mentir. Tant pis, si ça pouvait lui éviter des problèmes...

« -Ils sont tous cloués au lit après avoir mangé un aliment avariés. Comme je... travaillais sur mes potions, je n'ai pas déjeuné avec eux. »

Il allait devenir un pro du mensonge avec tout ce qui lui était arrivé récemment. Heureusement que Morgan n'était pas là, où il aurait été furieux. Voyant qu'il faisait forte impression, il continua :

« -Et vous, pourquoi attaquez-vous un bateau sans défense ? La mer n'est pas assez grande pour nos deux espèces ?

-Les mollusques nous ont lancé la guerre. Nous avons besoin de tous les métaux que nous pourrons trouver.

-Ah, si vous voulez voler notre chargement, vous vous êtes trompés d'heure ! Nous sommes sur la route du retour, nous n'avons plus rien d'intéressant. »

Pierre eut une seconde pensée pour la tonne d'or qu'ils avaient dans la cale.

« -Ah bon ? Pourtant j'ai bien l'impression que tu me mens sans vergogne depuis tout à l'heure ! Et puis, qu'est-ce qu'il nous coûte de vérifier ? Fouillez-moi ce bateau de fond en comble bande de Prostites !

-Yaaaaaaa !

-Aaaah, tant pis. Soupira Pierre. Je m'en doutais après tout. »

Les ennemis se jetant sur lui, il se dépêcha de prendre sa potion favorite. Et, sous les yeux ébahis d'une dizaine de toute la friture ici présente, une énorme bête se mit à les attaquer. Un loup immense et rugissant et éjectait par poignées les poissons et les envoyaient valdinguer dans l'eau.

« -Aaaaaah ! Il fait de la magie noire ! Capitaine, qu'est-ce qu'on fait ?

-Attachez-le ! Vite ! »

Les ennemis se lancèrent des cordes de tout coté, et Pierre fut vite ligoté. Mais alors qu'il se faisait plaquer au sol, le renard lui sauta dessus pour le protéger et grogna envers leurs adversaires. Ces derniers reculèrent, leurs lances tremblotant devant eux.

« -Oooooh, un chat ! Gémit l'un des pirates. Pchhhhhhh ! Ouste ! Ne nous gêne pas mon petit. »

Des piques avancèrent vers Kitsune, tentant de la faire bouger comme on essayait de faire fuir un tigre.

« -Hé. Les interrompit Pierre. Y'a certains trucs que vous devriez savoir.

-Hu ?

-Déjà, c'est une nana, et ensuite, même si c'est pas un chat, elle adore le poisson grillé.

-Koooon ! »

Une explosion de feu en direction des ennemis les fit reculer. Des poissons calcinés tombèrent, cramés jusqu'aux arrêtes. Le docteur se protégea comme il put. Cependant, le feu ne le brûlait pas lui, mais seulement ses liens déjà entamés par le sel marin.

« -Hé, mais c'est bien ma grande ! La complimenta Pierre en se débarrassant de ce qui lui restait de corde. Je retire ce que j'ai dit, tu es extraordinaire.

-Konkon kon !

-Allez, repris le docteur, il faut vite les battre, et je pourrais retourner m'occuper des autres. »

Pierre enchaîna les ennemis et les potions sans se soucier des blessures qu'il gagnait aussi rapidement qu'il n'en infligeait. Tantôt il était loup, tantôt invisible, tantôt hyper musclé...

C'était épique.

C'était long.

Ça a duré jusqu'au soir.

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Bien plus tard.

Pierre s'était allongé deux minutes sur le pont. Autour de lui, des centaines de cadavres de poissons tanguaient en fonction du navire. Il avait bien dû décimer tout l'armée des poissons. Le pont était dégoutant, mais Pierre n'y avait pas prêté attention quand il s'était effondré par terre épuisé. Kitsune était retournée se reposer dans un endroit un peu plus chaud. Il faisait très bon ce soir, mais elle avait besoin de refaire son stock de feu. Pierre était tellement bien qu'il s'endormit rapidement, ne se préoccupant guère des reflux d'odeurs nauséabondes que lui renvoyaient les poissons. En tant que chimiste, il s'était accoutumé à toute sorte d'odeur.

Quand ses nakamas montèrent sur le pont, reposés et en pleine forme, il ne les entendit même pas. C'est l'archéologue qui le réveilla en l'appelant :

« -Pierre ? Pierre ! Réveille-toi.

-Hein ? Quoi ? Je me suis endormi ? »

Épuisé, le docteur s'assit à peine quand Antoine le secoua. C'était pour sûr le contrecoup de ses attaques. Cependant, il n'y avait personne sur le pont, plus aucun cadavre ne trainait, et Pierre se demanda ce que faisait l'archéologue seul ici.

« -Tu vas mieux ?

-ON va mieux. Tu t'es bien occupé de nous. Pour nous requinquer, Morgan a préparé un repas avec plein de vitamines ! Tu viens ? »

Pierre ne se fit pas prier. Quand il rentra dans la cuisine, les nakamas étaient trop occupés à dévorer le festin du cuistot pour l'accueillir. Il reçut seulement une tape dans le dos de Morgan et un regard satisfait de Kemi. Il s'assit à côté d'Antoine, et sauta sur le repas que lui apporta le cuisinier. Il avait tellement faim après cette longue bataille !

« -Ah, Pierre ! Lança Alexandre. T'es enfin là. Quel bazar t'as foutu sur le pont !

-Ouais, désolé. Je vous ai laissé tout nettoyer…

-Fais attention la prochaine fois que tu voudras pêcher, continua le sniper, c'est délicieux mais t'en as vraiment mit partout. »

Pierre pâlit.

« -Pêcher ?

-Oui, c'est bien toi qui a remonté tout ces poissons ? Rajouta Camille. Ils sont pas sortis tous seuls de l'eau ! »

Pierre regarda son assiette. Il reconnu la tête cuite de l'ex-capitaine, le brochet-crocodile. Il sentit qu'il devenait vert et porta la main à la bouche en se penchant en avant, se retenant de recracher tout son repas. Pierre-André eut un petit sourire en coin.

« -Eh ben ? Rit le mécano. Tu supportes pas le poisson ? »

Le docteur se retint de cogner à mort le blond. C'aurait été contre-productif.