Hors-série - La grande aventure !

06 : Les cookies croustillants du cuistot !

Histoire numéro 6 de mes "hors-série". Comme toujours elle n'aura aucun rapport logique avec l'histoire en cours si ce n'est les personnages et l'histoire de One Piece bien sûr. Aujourd'hui, c'est au tour du cuistot de passer sous les projos ! Dédicacé à Morgan bien sûr !

Ce jour-là, la brise était légère et le soleil présent. L'équipage du Dragon Khan profitait d'une journée de repos bien méritée pour trainer sur le pont. Une ambiance joyeuse planait sur le navire pirate et rien, je dis bien rien ne pouvait déranger cette journée magnifi-

« -Mais c'est DEGEULASSE ! Tu peux pas faire quelque chose qui à du GOÛT pour une fois ?

-DEGEULASE toi-même ! Si tu détestes ma bouffe tant que ça, ben fait-là sans moi ! »

Ah oui. Rien, sauf les batailles quotidiennes de Pierre-André et Morgan. Aujourd'hui, ils avaient décidé de se battre au sujet des cookies du cuistot. Les nakamas ne se dérangeaient même plus dans leurs activités, ils étaient à présent habitués à ce bruit de fond constant.

« -On t'a engagé pour faire la CUISINE cuistot à deux balles ! Pas pour te tourner les pouces !

-PARDON ? Ah, peut-être que le palais de MONSIEUR Paggy n'est pas assez raffiné pour l'exquise subsistance que j'aposte à vos assiettes ?

-QUOI ? Tu m'as traité de QUOI ?

-De CRETIN, crétin !

-J'y peux rien si tu veux nous faire manger des DETRITUS ! Il n'y à que tes COOKIES pour être plus durs que ta TÊTE DE MULE !

-… »

Un silence accueillit l'accusation de Pierre-André. Il s'attendit à une baffe, à une claque, un coup de poing, une réplique aiguisée, n'importe quoi, mais rien. Le cuistot le regarda bouche bée, puis ferma le gosier et se retourna, claquant les talons et la porte de la cuisine derrière lui. Le blond, toujours en position de combat, sentit un courant d'air froid passer et il frissonna en se redressant. Jamais une de ses batailles avec Morgan ne s'était terminée de cette façon. Il cligna des yeux, pour être sûr que tout ceci était réel, mais oui, la porte était bien fermée et le cuistot bien parti.

Le plateau de cookies renversé résumait la brutalité de la scène qui venait de se passer. Un cookie se jeta à la mer, assommant un poisson qui passait. Pour une fois, Pierre-André avait raison : les cookies du cuistot étaient immangeables. Seulement, personne n'avait encore eu le courage de lui dire.

« -C'était brutal. Résuma Alexandre. Efficace mais brutal. La prochaine fois, essaye la persuasion. Ça marchera peut-être mieux.

-J'irais le voir si j'étais toi. Conseilla Kemi. Il avait l'air vraiment énervé. »

Pierre-André appliqua sa recommandation sur-le-champ. Il se retourna quelques secondes vers ses nakamas qui le fixaient avec des yeux ronds, et avança lentement vers la cuisine. De l'extérieur, l'oreille collée à la porte, il pouvait entendre des casseroles s'entrechoquer avec violence et des jurons à demi-compréhensibles marmonnés par un cuisinier toujours en colère. Il entrouvrit la porte et passa son nez dans l'embrasure.

« -Heum… Morgan ?

-TU DEGAGES ! »

Ne demandant pas son reste, le mécano s'enfuit.

Le laisser refroidir était peut-être une meilleure idée au final.

Ce soir là, alors que le repas se passait dans une ambiance glaciale (on se serait cru en pleine tempête de neige à Drum Island), Pierre-André tenta une nouvelle fois de s'excuser. Il commença par se racler la gorge, un œil fixé sur la réaction du cuistot et l'autre évaluant ses chances de réussite.

« -Hum hum… Recommença le mécano. Désolé, j'ai quelque chose dans la gorge, ça doit être le repas qui… Enfin la boisson qui à du mal à passer. Morgan, tu veux bien me passer une serviette, s'il-te-plait ? »

Le cuistot s'exécuta sans un mot, et Pierre-André le remercia d'une toute petite voix très aigüe. Apparemment, le cuistot ne voulait définitivement pas parler à Paggy. Camille, assise à côté du grand silencieux, engagea une conversation muette avec le blond :

-C'est tout ce que t'as trouvé ?Ah bravo !

-Je fais ce que je peux, désolé !

-T'as intérêt à faire mieux. Maintenant !

Ponctuant sa phrase par un regard meurtrier, elle se leva, ramena son assiette à l'évier et s'excusa. Les autres ne tardèrent pas à faire pareil. Pierre-André resta à table tandis que Morgan rangeait. Il ne savait toujours pas quoi dire.

« -Tu vas rester là longtemps ? Demanda tout à coup Morgan.

-Heu… Moi ?

-Non, l'autre crétin assis à côté de toi. »

Pierre-André se retourna : Personne. Fronçant les sourcils, il revint vers le cuistot, mais la présence de ce dernier nonchalamment appuyé sur la table à deux centimètres de lui le fit sursauter. Morgan eut un rictus :

« -Humf… »

Le mécano ne bougeant toujours pas, Morgan prit son assiette et retourna à la cuisine.

« -J'espère que tu ne comptes pas rester là toute la soirée. Continua Morgan. J'ai du travail, moi.

-Non, je voulais… Je voulais juste m'excuser. Pour ce matin, tu sais ?

-Quand tu m'as bousculé ?

-Heu… Non. Enfin oui, aussi, mais ce n'est pas ça que-

-Quand tu m'as fait rater mon plat en faisant n'importe quoi ?

-Laisse-moi parler !

-Où alors quand tu-

-ARRÊTE ! Tu le fais exprès !

-Et pas toi ?

-Ça suffit ! J'étais venu m'excuser, mais tu me fais tourner en bourrique ! Tu es invivable, tu le sais ça ?

-Autant que toi ? J'ai du souci à me faire.

-GRRRRR… ! »

Pierre-André fulminait, mais ne répliqua pas. Il se leva d'un geste et sortit de la pièce. En poussant la porte trop vite, il renversa Camille et Alexandre, qui étaient bien trop près pour que ce ne fût un accident.

« -Et vous là, barrez-vous ! »

Ils décampèrent sans demander leur reste. Le mécano décida de se calmer et d'attendre encore un peu avant de réessayer. Ça risquait d'être long.

De son côté, Morgan passa la tête dehors et, voyant qu'il n'y avait personne pour le dénoncer, recommença à travailler. Il avait une idée.

Une semaine. Cela faisait une semaine que Morgan s'enfermait tous les jours dans la cuisine sans en ressortir de toute la journée. Il participait bien sûr à la vie du navire, mais au strict minimum. C'est-à-dire qu'il était sorti aider les autres quand ils avaient subi cette tempête, et avait rempli son quota de marines descendus quand un bateau de garde les avait accostés, mais autrement, on savait où le trouver. Il partait très tôt le matin et ne venait se coucher que très tard après les autres. Quand les repas ne se passaient pas sur le pont mais dans la cuisine, à cause du mauvais temps ou autre, ils étaient tendus. Et au lieu de tarder un peu dans la salle à manger comme ils le faisaient le plus souvent, les nakamas sortaient et se trouvaient d'autres occupations. Un jour, pour voir la réaction du cuistot, Antoine était resté un peu plus longtemps, mais Morgan était venu le voir pour lui demander gentiment de partir.

Tout le monde regardait Pierre-André d'un mauvais œil. Le mécano ne pouvait pas croiser le visage d'un de ses amis sans devenir rouge de honte. Il s'était promis d'y retourner très vite, mais à chaque fois qu'il entrait dans la cuisine, il se faisait éjecter aussitôt par Morgan.

Les pirates avaient essayé de mener l'enquête sur ce que Morgan pouvait bien faire à la cuisine, mais sans succès. Toutes sortes d'odeurs étaient camouflées, les fenêtres cachées la plupart du temps et interdiction formelle de pénétrer sur le territoire du féroce cuisinier.

C'est un soir comme un autre que tout changea :

« -Tout le monde est appelé à la cuisine ! S'écria soudain Morgan, surprenant ses amis. Même toi Paggy, ramène tes fesses ! »

Les pirates, interloqués, obéirent sans demander pourquoi. Ils s'assirent autour de la table, suivant les ordres du cuisinier, et se virent remettre un bandana, qui leur masqua la vue. Même Kitsune eu droit à son petit foulard. Perdue, la renarde tenait le nez en l'air pour se repérer aux odeurs. Alex avait bien essayé d'escroquer Morgan en le baratinant à propos de ses lunettes, mais il n'y avait gagné qu'un double nœud bien serré derrière la tête. Ils entendirent des bruits provenant de la cuisine et Morgan, toujours aussi silencieux, en fit sursauter quelques uns quand il posa un plat sur la table avec grand bruit. Il rit doucement en voyant Pierre-André, Pierre et les deux filles tressaillir.

« -Qu'est-ce que c'est ? Demanda la cartographe, trop curieuse. Ça sent bon.

-Du sucre… Peut-être du caramel… Devina Pierre.

-C'est pour nous ? C'est quoi, ça se mange ?

-Evidemment voyons, soupira Alexandre, sinon on ne serait pas dans la cuisine avec un bandeau sur les yeux. Tu joues à quoi, le cook ?

-Vous allez voir. Tenez. »

Morgan les servit un par un et les regarda se dépatouiller avec un grand sourire. Heureusement qu'ils avaient leurs bandanas, ils ne pourraient pas le voir se moquer d'eux ! Antoine y alla franco. Un voilà un qui n'avait pas peur de ce qu'il y avait dans son assiette. Pierre le suivait de près, plus prudent. Les autres étaient hésitants. Il empêcha Camille de jeter un œil à son plat en lui frappant la main et en la menaçant du même traitement qu'Alexandre. Elle se calma. Kemi palpa l'assiette un instant avant de trouver ce qui avait été placé dedans. Alexandre y alla trop vite et fit basculer son plat, envoyant tout valser sur lui. Bon… au moins ce n'était pas de la soupe. Aucun problème pour Kitsune, à qui le flair avait été d'une grande aide. Seul Pierre-André n'avait pas bougé.

« -Tu as peur de ce qu'il y a dans ton assiette le mécano ? Remarque, ce serait bien la première fois. Se moqua Morgan.

-Je sais pas… Tu serais bien capable d'empoisonner mon repas.

-Tu te fiches de moi ? Pourquoi je ferais ça ? »

Pierre-André s'apprêtait à répondre, quand les exclamations de joie de ses amis l'interrompirent :

« -Huuuum ! C'est trop bon !

-Délicieux !

-Kiiiii kiiiii !

-Je dois bien avouer que l'attente valait le coup.

-Un régal. »

Il entendit les autres piocher dans un plat que Morgan avait préalablement posé au milieu de la table. Intrigué, Pierre-André se dépêcha de plonger la main dans son assiette. Quelque chose de dur et croustillant l'attendait au milieu du plat. Un gâteau. Il le prit. C'était rond. Le mécano commençait à se douter de quelque chose. Il croqua dedans.

Merveilleux.

« -Alors ? Demanda Morgan. »

Pierre-André ne répondit pas. Il leva son bandeau et le regarda droit dans les yeux. Le cuistot avait un petit air de victoire brillant dans les yeux, et un léger sourire dessiné sur les lèvres.

« -Je suis vraiment désolé. S'excusa le mécano. »

Le sourire de Morgan s'élargit.

« -Mais je croyais que tu étais fou de rage ? Repris Kemi.

-Oui. Pendant vingt minutes à peu près.

-Alors pourquoi tu nous évitais et que l'accès à ta cuisine était prohibé ? Demanda Antoine.

-Pour que ce soit une surprise. Désolé, mais si je vous avais parlé, j'aurais tout avoué !

-Et comment as-tu fait pour camoufler les odeurs ? Continua Pierre.

-Ça, c'est un secret !

-Dit, Morgan ! Morgan !

-Oui ?

-Tu nous feras d'autres cookies ? »

Le cuistot enleva le plat à présent vide, si ce n'était pour quelques miettes ça et là, et tourbillonna sur lui-même pour retourner en cuisine :

« -Pas de problème. »

*A la base, les cookies de Morgan devaient rester hyper mauvais, même après une semaine de travail dessus. Mais je me suis dit que c'était injuste, lol. Morale : il faut s'entrainer pour devenir un bon cuisinier !