Bonjour, bonjour!
Me voici de retour pour vous jouez un mauvais tout! Sans commentaire...
J'espère que les fêtes se sont bien passés de votre côtés, et que le père-noël vous a gâtez avec pleins de cadeau! Lol
Réponses aux reviews précédentes:
-midsum: Effectivement, tu as plein de questions! Tes réponses se trouvent pas plus loin que dans ce chapitre, sauf une peut-être...
-soleil83: Un remède miracle? Si seulement je pouvais en avoir un à porté de main, je pourrais sauver des millions de vies...
Delphine94: Pas très gaie, j'avais prévenu et puis la rencontre va s'avérer un peu étrange vu le conteste, je te l'accorde. Tu as bien aimé le POV Edward? Étonnant!
-mimie30: Toujours d'aussi longue review, merci! D'abord, pour les larmes, se ne sera pas les premières que tu verseras, malheureusement. Comme je l'aie dit, je ne sais pas si la fin sera triste ou non alors patience! Et bien, je ne savais pas que c'était aussi crédible pour que tu crois que j'étais dans le médical, pas du tout! Je suis encore dans mes études mais pas médical, malheureusement j'aurai bien aimé. J'espère que mes réponses t'ont aidé.
-Elle: Rencontre Edward/Bella? Pas plus tard que maintenant!
-Twilightgeneration: Et bien venant de celle qui écrit « Apprendre à aimer », je suis touchée! Mon histoire n'est pas ce qui est des plus joyeux, c'est vraie, mais ce ne sera pas toujours noir. Merci de m'avoir lu!
-Mayawa: Merci pour ta review, sa fait plaisir d'avoir de nouveau lecteur!
-Galswinthe: Merci pour tes nombreuses reviews!
-Em81: Merci pour ta très LONGUE review, elle m'a touché! Bisous!
-DavidaCullen: Merci pour ta review! (Côte d'Ivoire?)
Merci à: Nilua, naleysocute, Lilysabella, pimousse, belhotess, Caroline1385, Puky, aelita48, sufferliness, sarahmaman03, lucie21, Twilightgeneration, bambou03, Mayawa, Galswinthe, vatix, DavidaCullen, Liliex7 pour m'avoir mise en favorite story ou story alert.
Disclamer: Les personnages appartiennent à SM.
Merci à ma bêta Phika17 pour sa correction minutieuse! (L)
Le chapitre que vous attendez toutes et tous, la rencontre Bella et Edward!
Et surtout, bonne année à toutes! Plein de bonheur, de joie, d'argent, et surtout la santé c'est le plus important!
Chapitre 8: Droit au coeur
Mercredi 16 octobre 2010 (Quelques heures avant la visite d'Edward)
POV Bella
Je me trouvais dans un endroit sombre, sans lumière ni obstacle. On m'appelait au loin, si loin que les appels n'étaient que des murmures lointains et presque inaudibles. Je commençai à m'affoler, ne sachant pas où j'étais et mon coeur s'emballa douloureusement. Où suis-je ? Alors que mon coeur battait de plus en plus vite, signe que j'étais toujours en vie, ma respiration se fit plus difficile, quelque chose m'empêchait de respirer convenablement, de vivre librement. À peine j'eus pensé à cela que la chose, qui obstruait ma trachée, se détacha d'elle-même, me laissant le soin de respirer par moi-même. Alors que je crus que ce serait chose facile, que respirer était aussi simple que cela, la vérité s'imposa à moi: respirer n'était que souffrance. Ma gorge me brûlait, comme si un fer chauffé à blanc s'était logé à l'intérieur ou, plutôt, c'était mes poumons, mes poumons étaient littéralement en feu et ça faisait si mal... J'avais soif, je devais enlever cette brûlure mais il n'y avait rien autour de moi, rien que je ne connaissais qui pourrait me rassurer.
-Bella ? M'appela-t-il si doucement que ça aurait pu être la brise du vent qui m'aurait ramenée cette voix. Réveille-toi Bells !
Cette voix... Cette voix m'était familière, je l'avais déjà entendue quelque part mais où ? Je me mis à réfléchir mais une douleur au crâne apparut, plus forte que précédemment. Était-il possible que je sois morte mais que les douleurs viennent avec moi ? J'espérais que non, je ne voulais plus souffrir, ça faisait mal, terriblement mal, comme des milliers d'aiguilles qui vous percent la tête de leurs piques venimeux. Je ne voulais pas, je voulais rentrer chez moi... La voix insista encore, ainsi qu'une autre qui m'était étrangère. Un inconnu ? Au bout d'un moment, je finis par obéir parce que le bruit me donnait mal à la tête. Avec un effort surhumain, j'ouvris les yeux pour voir 5 personnes autour de moi. 3 avaient un visage familier, les traits presque communs, hormis une jeune femme aux cheveux noirs en piques qui pleurait dans les bras d'un grand costaud avec les cheveux bouclés brun et des yeux étrangement familiers. Un homme lui ressemblait, d'un âge mur, dans la cinquantaine, les cheveux blancs et des yeux marron chocolat.
-Papa ? Dis-je d'une voix rauque et sourde.
Charlie écarquilla ses yeux embrumés avant de se lever et de s'asseoir prés de moi. Il me caressa les joues avec des doigts tremblants avant de fondre en larmes. Je fus choquée par sa réaction, mon père ne pleurait jamais, même lorsque maman était partie, il n'avait pas pleuré. Un coup d'œil autour de moi et je vis que je me trouvais dans une chambre, peinte dans un blanc cassé qui était plutôt morbide à mes yeux. Je remarquais que j'étais allongée sur un lit inconfortable, toujours blanc et des machines autour de moi. Une seule et unique pensée me vint: j'étais à l'hôpital. Je me retournais vers Emmett, toujours les yeux rouges et consolant ma petite Alice qui n'avait jamais apparue aussi frêle que maintenant.
-Pourquoi suis-je à l'hôpital ? Demandai-je à mon frère.
-Mademoiselle Swan ? Intervint une voix douce et grave.
Je me retournai vers la source de cette voix pour voir un homme étonnement distingué malgré la blouse blanche. Un Médecin. Pensai-je. Il était blond, bien que ses cheveux viraient aux blancs, des yeux d'un vert étrangement pétillant, des traits virils qui lui donnaient un âge moins élevé que ce que prouvaient ses rides. Dans l'ensemble, il avait l'air sympathique.
-Je suis le Docteur Cullen, se présenta-t-il. Avez-vous mal quelque part, la tête, les yeux, la gorge ou autre ?
Je dus mettre quelques minutes avant de rassembler toutes les informations qu'il me demandait.
-Un peu à la tête et à la gorge, j'ai l'impression qu'elle brûle...
-C'est à cause du tube respiratoire, ça fait souvent ça au patient resté un certain temps avec.
-Pourquoi... Pourquoi suis-je à l'hôpital ? Demandai-je alerte tout en essayant de me relever.
-Restez allongée Mademoiselle, quelques heures encore, m'ordonna-t-il d'un ton sans appel. Savez-vous quel jour nous sommes ?
Plus j'essayais de réfléchir, plus j'avais mal à la tête, chose qui était inconcevable lorsqu'on y pense. Comment pouvais-je avoir mal à la tête alors que je réfléchissais ?
-Le... Le 5 octobre?
Ma réponse n'avait pas l'air d'être la bonne vu la tête de mon père et de mon frère. Alice était toujours cachée dans le torse d'Emmett.
-On est le 16, Bella, m'informa mon frère d'une voix lourde d'émotion. Ca fait 11 jours que tu es dans le comas artificiel...
11 jours ? Dans le comas artificiel ? Mais... Je paniquai et le moniteur à mes côtés s'emballa nerveusement, suivant mon coeur affolé.
-Calmez-vous Mademoiselle Swan, dit-il d'une voix douce et prenant mon poignet de ses doigts experts.
Le jeune homme qui se trouvait avec lui, tout en hauteur et en muscle, sortit les machines qui étaient autour de moi, dans le couloir, et revint près du Docteur. Qu'avait-il dit déjà le Médecin ? De me calmer ? Comment voulait-il que je me calme alors que je me trouvais dans un hôpital ? Voyant que je ne restais toujours pas dans un état correcte, Emmett vint vers moi, « donnant » Alice à mon père, et prit la place de ce dernier. Il empoigna ma main et commença à faire de petits cercles dessus, comme quand on était enfant et que j'avais peur de l'orage, ce qui était toujours le cas d'ailleurs, et, à chaque fois, ça avait le don de marcher. Les bruits derrière moi s'éteignirent doucement, le moniteur se calma de ses bip fous et je sentis le Docteur pousser un soupir de soulagement. Moi, j'avais les yeux rivés dans ceux d'Emmett, trahissant son émotion, sa peine et son inquiétude de me voir dans un endroit pareil. Pourtant, je devais être habituée, j'étais une catastrophe ambulante. Ça passait du fragment de verre que je prenais dans les pieds aux brûlures d'une poêle sur mes mains car j'avais oublié qu'elle était chaude. J'avais passé pas mal de temps dans les hôpitaux durant ma jeunesse, c'était peut-être pour ça que je n'aimais pas beaucoup ces endroits, trop de mauvais souvenirs...
-Ça va mieux ? S'enquit mon grand frère, doucement.
-Oui... Je... Merci... Murmurai-je.
Il se pencha vers moi pour déposer un baiser rempli d'amour fraternel sur mon front tout en continuant ses petits cercles sur ma main bandée d'une perfusion, je grimaçai à cette vue, ce qui fit légèrement rire Alice. La vue du sang me donnait la nausée et le tournis, je crois que j'allais être gâtée pendant le temps où je resterai ici. Mais, au fait, il ne m'avait toujours pas répondu sur le pourquoi du comment j'étais ici ? Alors que j'ouvris la bouche pour lui demander, il me prit de cours aprés avoir renvoyé son « assistant », prétextant qu'il n'avait plus besoin de lui.
-Vous devez rester allongée, Mademoiselle, pendant quelques heures, j'ai votre parole ? Me demanda-t-il d'une voix intimidante.
-Oui, Docteur, chuchotai-je comme une enfant prise en faute.
-Bien. Nous ne savons pas encore vraiment pourquoi votre état de santé vous a fait entrer ici, nous attendons toujours les résultats de la prise de sang. Il se tourna vers mon père pour continuer, excuse-moi du retard mais le laboratoire est surchargé de travail, comme tu dois te douter.
Tu ? Pourquoi le Docteur tutoyait mon père sans que ce dernier le reprenne ou n'exprime son étonnement ? Emmett aussi avait entendu la familiarité de l'homme en blouse blanche et avait froncé les sourcils vers notre géniteur.
-Oh ! S'exclama ce dernier. Je... Je connais le Docteur Cullen, enfin... Carlisle, il a habité à Forks pendant quelques années avant de déménager, quelques mois avant que vous veniez emménager à la maison.
Le Médecin semblait tout à coup gêné mais ne dit rien, en se contentant de regarder cette fichue machine à mes côtés qui me cassait plus les oreilles qu'autre chose. Il continua pendant un moment avant de parler, enfin, de ce qui m'était arrivé.
-Vous êtes entrée aux Urgences il y a 11 jours, vous étiez en bradycardie et prise de convulsion, comme une crise d'épilepsie, m'annonça-t-il comme si j'avais compris ce qu'il venait de me dire.
Je le regardai en fronçant les sourcils tout en essayant de me rappeler ce qui m'était arrivée et ce qu'il venait de me dire. Ce n'était pas le noir total, j'avais quelques parcelles de souvenirs mais rien de très concluant et compréhensif. Je savais que j'avais fait tomber une assiette sur le sol et que j'avais entendu la voix d'Alice, mais rien de plus. J'en fis part au Docteur qui ne sembla pas étonné. Calme-toi Swan !
-Ça arrive aprés une telle crise que la votre Mademoiselle Swan, votre état était assez... alarmant, je dois dire. Mmm... Est-ce que, Charlie, tu pourrais sortir ? Ainsi que ton fils et Mademoiselle ici présente ?
Mon père me regarda avant de hocher la tête, Emmett embrassa la main qu'il avait toujours sous sa poigne et Alice me regarda intensément, comme si elle voulait lire en moi. Je me tortillai sur le lit rugueux de l'hôpital, sous son regard inquisiteur et me détendis légèrement jusqu'à ce que je comprenne que j'étais seule avec le Docteur Cullen.
-Est-ce que je pourrais m'asseoir, Docteur ? Demandai-je d'une petite voix, mal à l'aise d'être dans une position aussi faible.
-Bien sûr, répondit-il tout en m'aidant à me relever et à mettre le lit dans la même position que moi.
Il prit une chaise dans la chambre, en même temps je remarquais qu'elle était simple donc que j'étais seule, et la plaça prés de mon lit tout en prenant un stylo dans la poche de sa veste et un bloc note. Je déglutis difficilement, pensant que si j'avais été arrêtée par des flics, ils auraient sûrement fait les mêmes gestes.
-Je les ai fait sortir pour ne pas que vous soyez gênée par les questions que je vais vous poser. Elles peuvent être indiscrètes mais c'est pour comprendre votre état de santé, Isabella. Puis-je vous appeler comme cela ?
-Euh... Oui, bien sûr...
Je n'osais répliquer que je préférais Bella, j'étais trop intimidée pour l'instant et, puis, ce n'est pas comme si j'allais rester pendant des mois ici, n'est-ce pas ?
-Bien ! Me dit-il avec un sourire réconfortant, me mettant un peu plus à l'aise. Est-ce que vous avez un petit-ami ? Ou quelqu'un qui partage votre vie ?
Je me sentis rougir, comme pour toutes les questions qui se portaient sur ça. Je n'étais pas Alice, extravagante au point de crier sur tous les toits que j'avais eu une partie de jambes en l'air mémorable la vielle. C'est déjà arrivé...
-Non, je n'ai... personne, soufflai-je.
Il nota quelque chose sur son bloc-note et reprit ses questions:
-Avez-vous eu des rapports sexuels ces derniers temps ?
Alors là, Swan, je suis sûre que tu ressembles plus à une pivoine qu'à quelque chose d'autre ! J'essayais de cacher mes rougeurs, en prétextant que mes joues me démangeait mais cela ne sembla pas duper le Docteur Cullen. Il eut un léger sourire, amusé.
-Ne soyez pas gênée, Isabella, sourit-il toujours, je suis un Docteur alors je vous laisse imaginer tout ce que les patients ont pu me dire depuis des années !
J'eus un léger sourire avant de secouer la tête, de façon négative pour sa question.
-Sauriez-vous me dire depuis combien de temps ?
C'est juste une question Bella, ce n'est pas comme s'il allait te violer à la seconde où tu réponds à sa question !
-Plus d'un an, murmurai-je, pensant que la dernière fois c'était avec ce salaud de Jacob.
Le Docteur hocha la tête et écrivit de nouveau sur sa feuille.
-D'accord... Est-ce qu'un Médecin vous a prescrit une ordonnance ? Prenez-vous des somnifères ? Un quelconque médicament ?
-Non.
-Est-ce que vous vous droguez, Isabella ?
J'écarquillai les yeux de stupeur. Me droguer ? Alors-là, Emmett m'aurait fait la peau et Charlie envoyée dans une caserne militaire ! Et puis, je n'étais pas une fille qui sortait beaucoup et qui avait la joie de vivre...
-Isabella ? M'appela-t-il.
-Non, je ne prends rien.
-Vous en êtes sûre ? Je suis dans le secret médical, alors je...
-Bien sûr que j'en suis sûre ! Je ne me drogue pas et, si vous voulez savoir, je n'ai jamais touché à une cigarette de ma vie ! Question suivante !
Mon ton était plus glacial que jamais mais je ne pouvais pas le laisser croire que je touchais à une quelconque connerie de ce genre !
-La question était sur le tabac mais vu que vous avez déjà répondu... S'amusa à répliquer. Travaillez-vous ?
-Oui... Enfin, plus maintenant je suppose...
Effectivement, 11 jours sans venir au boulot, Victoria ne m'avait pas loupé cette fois. J'étais à la porte sans possibilité de venir m'expliquer. Mon cerveau tourna à plein régime d'un seul coup. Plus de boulot voulait dire plus d'argent, plus d'argent voulait dire pas moyen de payer de loyer et pas de loyer voulait dire dehors... Mon coeur fit un bond à cette déduction. J'avais tout fait jusqu'ici pour m'en sortir, même à l'Université j'avais trouvé des petits boulots pour réussir à joindre les 2 bouts, sans ruiner mon père alors qu'il faisait déjà beaucoup avec mon inscription, alors imaginer cela me donna un frisson désagréable dans le dos. J'oubliais un instant le fait que je me trouvais dans un hôpital, ne sachant toujours pas pourquoi soit dit en passant, pour penser à ce qui m'arriverait si...
-Isabella ? M'appela le Docteur. Est-ce que vous allez bien ?
Son ton était inquiet, comme tout Médecin lorsque leur patient ne leur répondait plus depuis un certain moment, je suppose.
-Oui, oui, je vais bien, murmurai-je, juste... Enfin, ce n'est pas important. Est-ce que vous allez me dire pourquoi je me trouve ici ?
-Dois-je vraiment répondre ou vous en avez une petite idée ? Me questionna-t-il du tac au tac.
Je me figeai à ses paroles, incapable d'un quelconque raisonnement car je perdis le sens qui m'était indispensable à ce moment même: la vue. J'agrippai le drap blanc de mes doigts frêles et tremblants, essayant de faire abstraction de l'évènement qui se passait sous mes yeux mais je ne pouvais pas, cela m'était impossible, contre nature. Comment pourrais-je faire abstraction de tout alors que je me voyais défaillir à vue d'œil ? Est-ce pour cela qu'il ne me disait rien ? Car il savait que j'avais quelque chose de grave ? Avait-il mis le doigt sur la chose qui rendait mes jours et mes nuits invivables depuis plus d'un mois maintenant ? Savait-il quelque chose qu'il essayait de me cacher ? Quelque chose de... grave ? J'avais tellement de questions dans ma tête que cela « m'occupa » jusqu'à ce que ma vue redevienne normale et que je vois aussi clairement le Docteur que possible. Depuis ma première perte de vue, c'était devenu de plus en plus fréquent. Quand je rentrais chez moi, faisais la cuisine, me douchais, conseillais du mieux que je pouvais une cliente dans le magasin ou à n'importe quel moment en fait et cela fut l'évènement qui me fit comprendre que mon corps n'allait plus bien, qu'il décrochait de son boulot en quelque sorte. J'avais refusé de croire Emmett ou Alice lorsqu'ils me disaient que je devais aller voir au plus vite un Docteur, que tout cela n'était pas normal et que je devais me soigner mais, maintenant, alors que j'étais allongée dans un lit d'hôpital, je pris conscience qu'un truc clochait chez moi. Mais quoi ?
-Je... Je ne vois pas de quoi vous parlez, chuchotai-je à moi-même.
J'avais beau me dire dans ma tête que je n'allais pas bien, une partie de moi refusait et cette partie était la plus majoritaire dans mon cerveau, celle qui contrôlait mes paroles, mes gestes ou mes décisions. Mais qu'est-ce que tu entends, Swan ?
-Très bien Isabella, termina le Docteur tout en fermant le « dossier » et en se levant, comme vous voudrez. Un de mes confrères viendra vous voir dans peu de temps, finir les examens généraux que nous n'avions pas pu approfondir suite à votre comas artificiel. Reposez-vous, en attendant.
Je lui dis un vague au revoir, bien qu'il n'avait rien mérité pour ça, et il ferma la porte derrière lui, là où se trouvaient toujours mon père, mon frère et Alice, qui était terrorisée. Je clignai plusieurs fois des yeux, ce que je voulais faire depuis mon trouble de vue mais, pour rien faire paraître, je m'étais abstenue devant le spécialiste. Mes yeux me faisaient un mal de chien, et je ne parlais pas de mon crâne qui semblait faire concurrence avec ses derniers. On aurait dit qu'une fanfare jouait dans ma tête ou qu'un marteau piqueur s'était installé là-dedans. Réprimant une envie irrépressible d'appuyer sur le gros bouton rouge de l'interphone afin d'appeler une infirmière, je regardai autour de moi, scannant la pièce au passage. Une chambre typiquement hospitalière, pensai-je. Mur blanc, un lit, où je me trouvais, en plein milieu, un moniteur qui m'agaçait plus qu'autre chose, une table avec une chaise à l'opposé de celle-ci, aussi triste terne que le reste de la chambre et une autre table mais cette fois-ci, à roulette, là où on me rapportera sûrement de quoi me substituer. En gros, c'était aussi gaie qu'une cellule de prison. La seule différence ? La personne à l'intérieur était libre, sauf de son corps. J'eus un léger sourire quand je remarquais que j'avais une fenêtre à ma chambre, simple mais suffisante pour que je vois un immense arbre, fleuri de centaines de fleurs roses pâles (*), qui était encore éclos malgré le temps maussade de l'État de Washington. Il était absolument magnifique, tout ce qu'il y avait de plus innocent et pur sur cette Terre et, comme hypnotisée, ou simplement pour oublier, je me mis à le contempler sans vergogne.
O*O*O
Un léger coup à la porte me fit revenir à la réalité, à cette triste réalité, devrais-je dire, et un jeune homme fit son apparition. Peau mâte, regard doux et sympathique et habillé d'une blouse blanche, à croire que c'était la dernière mode dans cet hôpital.
-Bonjour, me dit-il. Mademoiselle Swan, c'est ça ?
-Isabella, s'il vous plait, murmurai-je.
-Isabella, répéta-t-il avec un sourire prévenant. Je m'appelle Sam, je suis celui qui vous emmène faire les examens qu'a demandé le Docteur Cullen.
-Euh... Oui... D'accord...
Il me fit un second sourire tout en faisant avancer un objet qui me donna des frissons: un fauteuil roulant. Le dénommé Sam dut s'en rendre compte car il eut un léger rire avant de le poster prés de mon lit.
-Ne vous en faites pas, Isabella, me prévint-il, c'est juste une règle de l'hôpital. Chaque patient doit être escorté en fauteuil roulant, rien de plus. Vous voulez un coup de main ?
Je fis non de la tête et m'extirpai de mon lit, en prenant soin de ne pas débrancher les milliers de fils qui étaient accrochés sur mes bras tremblants. Avec une infinie douceur, Sam, enleva mes perfusions m'informant que, là où nous allions, ce ne sera pas nécessaire. Il mit des bandages à mes bras et m'emmena je ne sais où, longeant des dizaines de couloirs verts pour arriver à un ascenseur qui nous emmenait dans le quartier de radio. Génial, une radio, rien que ça...
-Êtes-vous claustrophobe, Isabella ? S'enquit-il.
-Non, répondis-je d'un ton morne alors qu'on m'injecta, une fois de plus je suppose, un liquide dans le corps (*).
-Parfait ! Vous allez passer un IRM cérébral (*), une radio en quelque sorte. Vous ne devez pas bouger pendant le processus, d'accord ?
Je hochai la tête et on m'emmena dans une salle blanche, avec seulement une grosse machine au milieu que j'identifiai comme être l'IRM. On me demanda d'enlever les objets métalliques sur moi et quand je répondis que je n'en avais pas, on me proposa des bouchons d'oreilles, pour le bruit.
-Isabella ? L'examen va commencer, surtout ne bougez pas et détendez-vous. Je sais que c'est plus facile à dire qu'à faire mais c'est primordial pour ce genre d'examen.
-Combien de temps vais-je devoir rester immobile ?
-Une trentaine de minutes. À tout à l'heure !
Sur ce, on me laissa en plan dans la salle, seule et allongée sur cette fichue machine qui commença à tourner autour de ma tête. Heureusement que j'avais accepté ces bouchons d'oreilles, sinon j'aurais les tympans explosés à l'heure qu'il est. Je pris mon mal en patience et attendis, toujours immobile, que cela se termine.
O*O*O
Cela m'avait paru des heures. Ce truc était un Enfer, et encore, je pesai mes mots là. J'étais restée dans un gros tube avec l'interdiction de bouger pendant prés de 30 minutes, l'horreur, surtout quand ma douleur au crâne avait fait son apparition. J'avais eu un mal fou à ne pas bouger afin de prendre ma tête entre mes mains. Arrête de t'apitoyer sur ton sort Swan ! Il y a des gens pires que toi dans le monde alors arrête de te plaindre ! Je fis taire ma conscience quand Emmett, Alice et mon père firent leur apparition, leurs visages fermés et tristes. Je n'aimais pas les voir dans un tel état et sachant que c'était à cause de moi me dégoutait au plus haut point.
-Bonjour ma Bella ! Comment tu te sens ? Me demanda Alice tout en prenant la seule chaise de la chambre.
-Ça peut aller, répondis-je. Vous devriez rentrer chez vous, je...
-Il en est hors de question ! Gronda mon frère. On reste jusqu'à ce qu'ils nous virent de là avec un coup de pied aux fesses !
Je me fis toute petite aprés ça, alors que je me sentais de plus en plus fatiguée, que mes membres s'engourdissaient et que ma tête était sur le point d'exploser. Une caresse tendre dans mes cheveux me fit sursauter dans mon lit.
-On doit y aller Bella, m'annonça mon père, toujours une main dans mes cheveux. On revient demain matin à la première heure. Je t'aime.
-Moi... aussi... Soufflai-je avant de tomber dans les bras de Morphée.
Je dormis quelques heures, pas vraiment beaucoup alors que je tombais littéralement de fatigue, mais on ne pouvait pas dire que les lits des hôpitaux venaient d'un grand hôtel Parisien ! Le dénommé Sam était revenu, demandant comment j'allais et m'injectant quelque chose dans un des tuyaux de mon bras. Je n'avais pas demandé ce que c'était, ce n'était pas comme s'il allait m'empoissonner de toute façon, et il était reparti, avec un sourire bienveillant. C'est pour ça que je n'aimais pas les hôpitaux, avec eux, j'avais l'impression que j'allais mourir dans la seconde qui suivait ! J'entendis le moniteur s'accélérer dangereusement et les « Bip » se firent plus rapide. Calme-toi Bella ! Tout va bien ! Me dis-je à moi-même.
Je pensai à Alice, sûrement chez Emmett pour les prochains jours, morte de peur de me voir une fois de plus à l'hôpital. Emmett qui devait tourner dans son appartement comme un lion en cage, en train de se morfondre en pensant que c'est de sa faute. Et mon père, toujours avec ses dossiers d'enquête policière, se maudissant de ne pas être plus souvent avec moi. Ne pouvaient-ils pas comprendre que tout cela n'était pas de leur faute mais juste le destin ? Perdue dans mes réflexions, et surtout en train de contempler l'arbre de ma fenêtre, je n'entendis pas tout de suite les petits coups frappaient à ma porte.
-Entrez ! Dis-je, me demandant bien qui pouvait venir en dehors des heures de visite.
Un homme entra de ma chambre pour la refermer presque immédiatement. Il se retourna vers moi et ce que je vis me coupa le souffle. Il était assez grand, cheveux d'une étrange couleur cuivrée en bataille, un nez fin et droit, une mâchoire carrée et prononcée, des lèvres généreuses et des yeux d'un vert hypnotique, vert émeraude. Il était... magnifique. Il ressemblait à un Ange avec les traits doux et fins de son visage, un visage parfait tout à l'image de son corps. Comment un être pareil avait-il pu finir Médecin, d'après sa blouse blanche, alors qu'une carrière d'Acteur ou de Mannequin aurait pu lui convenir ? Je ne sais pas depuis combien de temps j'étais en train de le déshabiller du regard mais je me sentis brusquement rougir violemment alors que je baissais les yeux sur le sol, beaucoup plus intéressant d'un coup.
-Mademoiselle Swan ? Me dit-il d'une voix basse, grande et, nom de Dieu, affreusement sensuelle. Je... Je suis le Docteur Cullen, enfin... Je suis un Interne mais... Cela n'a pas d'importance !
Je le regardai à nouveau pour voir qu'il passait une main dans ses cheveux en désordre, complétement nerveux vu ses balbutiements. Il se racla la gorge alors que son nom de famille me vint à l'esprit.
-Cullen ? Répétai-je. Comme le vrai Docteur Cullen ?
J'avais appuyé sur le mot « vrai » pour voir sa réaction et cela sembla l'amuser un peu, enlevant la gêne qui s'était installée entre nous. C'est pas vrai !
-Mmm... Oui, le Docteur Cullen est mon père, me dit-il en s'approchant un peu vers moi. Il était débordé alors je suis votre nouveau Médecin. Cela vous gêne-t-il ?
-NON ! M'écriai-je du tac au tac. Enfin... Je... C'est très bien comme ça...
Il me transperça de ses yeux vert émeraude et me fit un léger sourire, vite remplacé par un air de chagrin sur son visage. Était-ce moi qui le rendait ainsi ? Aurait-il préféré ne pas s'encombrer d'une patiente de plus ? J'eus un mauvais pressentiment...
-Mademoiselle Swan, murmura-t-il d'une voix lente, trahissant son émotion, je... j'ai une mauvaise nouvelle à vous annoncer...
POV Edward
Comment pourrai-je lui annoncer cela ? Comment avoir l'honnêteté de la regarder en face pendant que je lui dirais le sort qu'il l'attend ? Ma main toujours appuyée sur le mur vert de l'hôpital, mon coeur reprit peu à peu un rythme cardiaque normal bien qu'il tressaillit de temps à autre. Il fallait que je rentre à l'intérieur de cette maudite chambre mais mon coeur n'avait pas le courage nécessaire, il était un lâche tout comme son propriétaire...
Je respirai un bon coup, prenant mon courage à 2 mains et toquai à cette fichue porte. J'entendis patiemment avant de retenter l'expérience, n'ayant pas de réponse.
-Entrez ! Me dit une voix féminine, douce.
J'entrai rapidement dans la chambre pour la refermer presque aussitôt. Tu as l'air d'un ado de 15 ans, qui en pince pour une fille pour la première fois. Pathétique Cullen! J'hésitai comme un idiot pour finalement me retourner vers elle, mon coeur fit un bond dans ma poitrine.
Alors que la première fois que je l'avais rencontrée était des pires façons qui soient, elle sur un brancard avec la vie tenant qu'à un fil, je lui avais trouvé toutes sortes de charme et de beauté. Là, assise sur un lit d'hôpital, bien que son teint était assez pâle et triste, sa beauté simple mais unique me coupa le souffle. Ses longs cheveux bruns, et légèrement bouclés, tombaient en cascade dans son dos et sur le devant de son visage... et quelle visage ! Une peau douce, bien que trop blanche à mon goût, un nez parfait au milieu de son visage, de grands yeux expressifs marron chocolat tournés vers moi, comme je l'avais si souvent imaginé, et l'effet fut immédiat dans le reste de mon coeur. Ma respiration se fit saccadée, mon coeur palpitait et mes veines étaient consumées d'un feu d'envie irrépressible de la toucher. En d'autre terme, c'était la plus belle femme que je n'avais jamais eu l'occasion de voir dans ma vie. Une beauté simple, sans superflu ni arrangement quelconque sur elle, une beauté à l'état pur. Je ne croisai pas son regard mais elle le détourna quelques secondes aprés m'avoir vu, pour fixer le sol avec un froncement de sourcils. Un éclat de chagrin traversa ma poitrine et s'intensifia quand le dossier en main me revint en mémoire. La seule chose qui aurait pu gâcher le bonheur de l'avoir devant moi...
-Mademoiselle Swan ? Lui dis-je d'une voix chevrotante. Je... Je suis le Docteur Cullen, enfin... Je suis un Interne mais... Cela n'a pas d'importance !
Bien, Cullen, maintenant tu as l'air d'un parfait idiot ! Elle me regarda alors que je passais une main dans mes cheveux indomptables, me sentant complètement idiot en cet instant. Je me raclai la gorge, mal à l'aise, et, alors que je voulus prendre la parole, elle me coiffa au poteau.
-Cullen ? Répéta-t-elle de sa voix aussi douce qu'une femme pouvait avoir.. Comme le vrai Docteur Cullen ?
Elle prononça distinctement mon nom de famille et je compris qu'elle pouvait croire que j'étais un imposteur, vu que je n'étais pas le seul Cullen dans l'hôpital. Tout à coup, je me détendis un peu, lui faisant un léger sourire, amusé.
-Mmm... Oui, le Docteur Cullen est mon père, l'informai-je en m'avançant un peu vers elle, ne pouvant rester trop loin. Il était débordé alors je suis votre nouveau Médecin. Cela vous gêne-t-il ?
-NON ! S'écria-t-elle aussitôt. Enfin... Je... C'est très bien comme ça...
Sa réaction me fit sursauter alors que je plongeai dans son regard chocolat. Mon coeur palpita de nouveau, comme s'il voulait me dire quelque chose mais, bien vite, tout fut remplacer par du chagrin, de la peine mais surtout par de la colère. J'étais entré dans cette salle pour lui faire part des diagnostiques, pour lui dire que sa vie ne sera plus comme elle l'était. Comment pourrais-je faire comme si de rien n'était alors que tout mon corps la réclamait, elle ? Je pris une inspiration, comme si elle allait me donner du courage et me lançai:
-Mademoiselle Swan, murmurai-je d'une voix lente, je... j'ai une mauvaise nouvelle à vous annoncer...
« Ne prends jamais le cas d'un patient sur toi, Edward !» m'avait prévenu mon père, le premier jour où j'étais entré ici. « Fais-le et ça te détruira à tout jamais ! » Je lui avais fait la promesse, ne jamais prendre un cas sur moi mais je venais littéralement de rompre cette promesse. Cette jeune femme m'avait fait perdre mes moyens, pour le peu de temps où je l'avais vu, inconsciente ou non, elle chamboulait tout sur son passage. Le dossier était là, ouvert devant moi avec le résultat de sa venue ici mais les mots ne sortaient pas, ils restaient bloqués dans ma gorge, trop dur à sortir.
-Monsieur ? Est-ce que ça va ? Me dit une voix, me réveillant de ma torpeur.
Je secouai la tête, pour voir son si beau visage, tordu par de l'inquiétude et de peur. Inquiétude ? Peur ? 2 sentiments qui allaient bien ensembles en ces temps noirs.
-Oui, je vais bien, excusez mon absence de réactions, c'est juste que... Je... Je n'aime pas faire ce que je vais faire, surtout pour...
… vous. Finis-je dans ma tête. Je savais qu'on pouvait lire sur mon visage la tristesse qui me traversait, chose qui n'était pas arrivée depuis des années à vrai dire, chose qu'elle avait fait resurgir en moi sans vraiment m'en rendre compte. Qu'est-ce qu'elle avait bien pu me faire d'autre ? Je déglutis maladroitement, pris une chaise rangée sous le petit bureau de la chambre et l'installai prés du lit où elle se trouvait. Les preuves devant moi me frappaient aux yeux, me faisant mal au plus profond de mon être. J'étais touché par ce sentiment que je ne connaissais pas, que je n'avais jamais vécu non plus, quelque chose qui me faisait mal et contractait ma poitrine.
-Je ne vais pas sortir d'ici de si tôt, n'est-ce-pas ? Me demanda-t-elle, sans l'ombre d'un chagrin ni de doute.
Savait-elle qu'elle avait cette putain de maladie en elle ? Savait-elle qu'elle avait peu de chance de survivre ? Savait-elle que ça me faisait mal de lui répondre « oui » ?
-Non Mademoiselle Swan, chuchotai-je, vous n'allez pas sortir d'ici de si tôt.
Les mots me faisaient mal, c'était comme un venin que je lui administrais dans les veines, en plein coeur. Elle hocha gravement la tête en tournant celle-ci vers la seule et unique fenêtre de sa chambre, le regard perdu au loin. Je suivis son regard, sans vraiment savoir pourquoi et je me sentis légèrement sourire quand je vis le grand arbre à fleurs roses, trônant juste devant sa fenêtre. Cette arbre était un miracle, en plein milieu de Seattle. Normalement, il n'aurait jamais dû pousser dans ce terrain vague qu'il était avant de devenir un hôpital. Il avait besoin de soleil, de lumière et de chaleur, chose que cet endroit du pays ne pourrait lui fournir mais il était toujours là, florissant chaque printemps jusqu'au mois de novembre, bientôt ses jolies fleurs seront un joli souvenir jusqu'au prochain printemps.
-Docteur Cullen, me supplia-t-elle, s'il-vous-plait...
Son appel était déchirant mais bienfaisant, je l'avais gardé pour moi jusqu'à maintenant, mon père l'avait gardé jusqu'à maintenant, devrais-je dire. De mes doigts tremblants, je refermai le dossier, sachant déjà ce que j'allais lui dire.
-Vous êtes atteinte d'une tumeur au cerveau (*). Elle s'est répandue assez rapidement sur toute la surface de votre cerveau, elle est... elle est plutôt rare et éprouvante pour la personne atteinte. Elle peut être ralentie ou stoppée pendant plusieurs mois mais... mais les chances de survie sont minimes vue l'étendue de votre cas.
Je n'avais pas été dans les détails de sa tumeur, de toute façon, c'était du pareil au même pour elle. Je me dégoutais pour ce que je venais de lui annoncer, mais est-ce que j'avais un autre choix ? Mon père m'avait mis au pied du mur en me confiant ce dossier, j'avais eu à faire le sale boulot. La bile me monta à la bouche mais, aussi écœurant soit-il, je la ravalai, ne voulant pas de nouveau sombrer dans le noir complet pendant des heures comme l'autre fois. La jeune femme, allongée dans ce lit, n'avait toujours pas dit la moindre parole, mais est-ce que je pouvais vraiment la blâmer ? Elle venait d'apprendre qu'elle avait de forte chance de ne pas survivre jusqu'à son prochain anniversaire, comment avoir une réaction aprés cela ? J'aurai voulu rester plus longtemps, ne pas lui avoir fait part de cette nouvelle et de lui parler pendant des heures de tout et de rien mais ce n'était pas le moment, ça ne sera jamais le moment de toute façon.
Je poussai un soupir, impuissant face à la situation et, surtout, me sentant de trop dans cette chambre bien que je partageais la peine et la colère de cette belle jeune femme. Je voulus me relever mais une petite main tiède m'en empêcha, timidement, une décharge électrique traversa mon corps entier bien malgré moi. Je plongeai dans un océan de chocolat et ma respiration eut plusieurs ratés.
-Merci, souffla-t-elle.
J'étais hypnotisé par ses 2 yeux marrons, incapable de m'en détacher, comme 2 aimants. Je serrai ma main dans la sienne, elle me parut bien fragile par rapport à la mienne mais quoi de plus normal ? Dans cette petite étreinte, je lui transmettais toute ma tristesse, ma confusion mais aussi ma joie de l'avoir rencontrée sous d'un peu plus meilleurs jours que la dernière fois. Elle me fit un léger sourire, comme si elle me comprenait et sa main glissa de la mienne. Je me sentis vide lorsque sa chaleur vitale disparut de la mienne, un trou immense au tréfond de ma poitrine, une douleur sans égale.
-Merci à vous, Isabella, répondis-je avant de partir.
Je voulais lui répondre « Je suis désolé » mais à quoi bon lorsque tout espoir s'était envolé de cette personne ? On aurait dit qu'elle abandonnait tout combat avant qu'il n'est déjà commencé. Je fermai la porte derrière moi alors que j'aurais dû rester, pour lui dire comment son traitement, ou plutôt ses lourds traitements allaient se passer mais, pour l'instant, j'en avais pas la force et elle non plus. Je me laissai jusqu'à demain pour venir la voir, réalisant que maintenant, j'aurai « la chance » de faire partie de sa vie. Je remarquai que sa famille attendait dans le couloir, juste en face de la porte. Les traits tirés, les yeux rougis par les larmes à peine séchées et remplis de désespoir.
-Monsieur Swan, dis-je. Je tiens à vous dire que... que je suis sincèrement désolé pour ce qui arrive à votre fille, elle...
-Qu'est-ce que j'en ai à foutre de vos excuses ? S'écria-t-il soudainement. Vous n'êtes pas à ma place alors allez au Diable avec vos excuses !
Sur ce, il passa prés de moi, manquant de me faire tomber au passage, et entra dans la chambre de sa fille, sans un mot de plus. Les 2 autres semblaient un peu perdus par le comportement de ce dernier mais je ne pouvais que le comprendre, j'étais comme lui, même si je ne le faisais pas voir. L'homme que j'avais soigné quelques jours auparavant, Emmett Swan, s'approcha de moi et posa sa grosse main sur mon épaule, quelques instants avant de rejoindre son père et sa sœur. Un geste bien futile pour me réconforter. La jeune femme devant moi, aussi menue qu'apeurée, vint à ma rencontre, les yeux toujours humides de chagrin.
-C'est ma meilleure amie, me dit-elle d'une voix rauque, je la connais depuis ma plus petite enfance et je tiens à elle, plus qu'elle ne l'imagine. Ne me dites pas qu'elle va mourir car je ne vous croirai pas. Je sais que vous pouvez la sauver. Ne pensez pas médecine, Docteur, oubliez ça pour Bella parce que ça ne servira à rien.
Sur ces mots, elle me contourna pour rejoindre la chambre funèbre et de refermer derrière elle. Que voulait-elle dire dans ces propos ? « Ne pensez pas médecine, Docteur, oubliez ça pour Bella parce que ça ne servira à rien. » Je devais penser médecine dans son cas, c'était le seul remède que je connaissais pour avoir une chance de la sauver, le seul...
Je marchai vers la salle réservée au personnel, d'un pas las. Je n'avais pas vraiment de but, juste que je voulais partir d'ici, au plus vite, pour aérer ma tête de tous ses maux douloureux que je ne pouvais supporter plus longtemps. Je rangeai ma blouse, ainsi que le dossier noir d'Isabella Swan, Bella comme l'avait dit sa meilleure amie. Un diminutif qui lui va à ravir... Je claquai tout derrière moi, alors que j'avais une garde aujourd'hui mais je n'aurais pas la force de la faire. Au parking, je démarrais ma voiture et roulais sans savoir où j'allais, toujours mes pensées dans cette chambre 72 où Isabelle régnait en victime. Au bout de plusieurs kilomètres, je me rendis compte où mes instincts m'avaient emmené et, en y pensant, vu mon état c'était plus que préférable.
Je m'engageai dans l'allée, sortis de la voiture sans me préoccuper d'avoir oui ou non fermé derrière moi et marchai comme un zombie vers la porte blanche de la villa. Ma mère ouvrit la porte bien avant que je ne sonne à cette dernière et se figea en me voyant. Étais-je si mal que cela ? Mon corps reflétait-il la douleur que j'avais au coeur ?
-Edward ? M'appela-t-elle doucement.
Je ne répondis pas, qu'est-ce que j'aurais bien pu lui dire de toute façon ? Rien déloquant ni de parfaitement compréhensible. À la place, je m'effondrai à ses pieds et, pour la première fois depuis aussi longtemps que je m'en souvienne, je pleurai.
POV Jasper
Madame Frances, Monsieur Stills, Monsieur Jackson (*)... Rien que ça en moins de 4h ? Absolument merveilleux ! En plus, ce n'était pas des patients renfermés sur eux-même, bien sûr que non, c'était toutes les commères de l'hôpital à eux tout seul ! Je ne sais même pas si j'aurais le temps d'aller voir Edward pendant ma pause déjeuné, parce que je ne sais même pas si j'en aurais une de pause déjeuné ! Et je devais m'occuper du cas d'Edward, pas normal qu'il soit comme ça ! Je poussai un énième soupir de désolation avant de bifurquer vers un de ces couloirs hideux de l'hôpital. Il faudrait vraiment qu'ils pensent à remettre un petit coup de peinture... Mes 3 dossiers en main, m'attardant sur celui de Madame Frances, atteinte de Schizophrénie (*) bien qu'elle était vraiment adorable comme patiente. De toute façon, c'était plutôt rare d'avoir des patients assez turbulents ou nerveux, dans le sens qu'ils nous balançaient des trucs en pleine face ou nous insultaient de tous les noms possibles. C'est déjà arrivé. Je pris l'ascenseur pour le deuxième étages, mon étage devrais-je dire quand je sentis une masse chaude s'étaler sur moi. Par réflexe, ou plutôt par instinct de survie, je lâchai mes dossiers et retins la personne en question pour ne pas qu'elle fasse une chute. Je fus étonné de constater que ce n'était pas une grande masse jusqu'à ce que je tombe sur ses yeux.
-Oh... Excusez-moi ! Dit-elle d'une voix rauque mais empreint de sincérité. Je n'ai pas fait attention, j'ai l'esprit ailleurs et... Désolée...
-Ce n'est pas grave Mademoiselle, répondis-je avec un sourire plus que vrai sur mon visage.
Je la détaillais alors qu'elle m'aidait à ramasser mes dossiers. D'une taille bien plus inférieure à la moyenne mais qui ne gâchait en rien sa beauté. Des cheveux noirs coiffés en petits piques sur sa tête, un visage rond mais bien dessiné, des petits yeux qui semblaient transpercer mon âme et une bouche à damner un saint... Pour être plus clair, elle était magnifique !
Mais, bien vite, la magie de cette rencontre fut assombrie par mon raisonnement. Elle ne travaillait pas ici, ne portait pas de blouse et ses yeux étaient rougis par les larmes qui avaient récemment coulées sur ce magnifique visage, un visage de lutin mais adorable. Elle devait être ici à cause de quelqu'un, quelqu'un qui venait d'arriver. Mon soleil de bonheur se coucha littéralement derrière une grosse montagne de tristesse.
-Excusez-moi encore..., elle regarda le badge sur ma blouse, Docteur Withlock. Je ne suis pas maladroite d'habitude mais je... Ça n'a pas d'importance !
-Ne vous inquiétez pas, ce n'est pas grave ! J'en ai connu d'autre !
-Oui, sûrement... Murmura-t-elle. Je dois... y aller, excusez-moi encore !
Je voulus répondre mais elle partit à la vitesse de la lumière vers l'ascenseur qui venait d'ouvrir ses portes... qui se refermèrent derrière elle. Je suis sûr que j'avais l'air d'un idiot vu comment je devais être: la bouche grande ouverte comme un poisson-chat. Je secouai la tête, essayant de faire sortir cette vision de ma tête et, pris d'une folle idée, j'accourus dans les escaliers, comme un dératé pour l'étage numéro 5. Je fonçai entre les gens, comme si ma vie en dépendait et regardai l'horloge dans la salle des infirmières: 16h50. Edward devait être en pause à cette heure-ci et je pourrais lui...
Mon visage changea lorsque je vis que la salle des Internes était vide, pas âmes qui vivent. Je marchai vers les casiers, pensant qu'il y en aurait qui profiteraient de leur pause pour téléphoner ou je ne sais quoi d'autre mais personne. Peut-être qu'ils avaient changé d'heure de pause...
-Salut Jasper! Me dit joyeusement Seth.
-Salut Seth. Dis, tu n'aurais pas vu Edward ces temps-ci ?
-Edward ? Non, pourquoi ?
-Pour rien... Ce n'est pas grave...
Je fronçai les sourcils, contrarié. Ce n'était pas le genre d'Edward de ne pas venir à sa pause ou de ne pas laisser signe de vie à ses collègues. Il était très mature et prévenant comme gars. Inconsciemment, je m'étais assis sur une des chaises inconfortables de la salle de pause quand une main s'abattit sur mon épaule.
-Et bien, Jasper, quel bon vent t'amène ici ? Me demanda Carlisle.
-Votre fils, mais je vois qu'il n'est pas là...
-Non, il est parti voir une patiente que je viens de lui confier.
-Quel cas ? M'enquis-je, soudain curieux.
Carlisle poussa un soupir désolé avant de s'effondrer sur une chaise à mes côtés. Il passa une main fatiguée sur son visage.
-Une patiente, arrivée il y a 11 jours, prise de crise d'épilepsie et de bradycardie. Pas très joli à voir soit dit en passant... Enfin, bref, elle s'est réveillée il y a quelques heures et les tests sanguins ainsi que l'IRM ont confirmé mes doutes. Elle est atteinte d'une tumeur au cerveau, une tumeur rare et très mortelle...
-Et cette patiente, Edward l'a soignée... il y a 11 jours ?
-Oui, je l'ai appelé pour venir m'aider dans le bloc, pourquoi ?
-Non... Pour rien...
Tout se forma dans ma tête. Il y a déjà une dizaine de jours qu'Edward n'était plus le vrai Edward, celui que j'ai connu. Distant, perdu dans ses pensées, la mine triste... Maintenant, je comprenais parfaitement pourquoi, il avait failli à la règle de l'hôpital... EDWARD ETAIT TOMBE AMOUREUX D'UNE PATIENTE ! C'était fou mais carrément plausible ! Il n'avait jamais rien fait dans la norme, alors pourquoi changer ses habitudes ?
-En parlant d'elle, me coupa Carlisle dans mes pensées. Il faudrait que tu ailles la voir, je m'arrangerai avec la direction pour ça mais tu es un très bon psychologue et je crois qu'elle en aurait besoin, ainsi que sa famille... Je connais le père, depuis des années en fait, et ça me brise le coeur de les voir tous ainsi... C'est injuste ce qui leur arrive...
-Pas de problème, Carlisle, répondis-je tout en me levant, j'attends le coup de fil des responsables.
Sur ce, aprés lui avoir dit au revoir, ainsi qu'à Seth, je filai vers mes prochains patients que j'avais laissé tomber pour mes idées folles.
Mais, alors que j'aurais dû être à nouveau tourné vers le cas de Madame Frances, j'avais dû mal à sortir Edward de ma tête. Comment s'était-il misdans un pétrin pareil ?
POV Bella (Suite du premier POV)
Il avait fermé la porte derrière lui mais ma main était toujours paralysée et chaude, là où il l'avait touchée. Ce contact bref et rapide m'avait fait perdre le peu de moyen que j'avais, le peu de pensée que j'avais pour dire vrai. Il m'avait annoncé ce que je redoutais le plus, mais dire que j'étais étonnée était faux. J'avais eu un pressentiment lorsqu'il était entré dans ma chambre d'hôpital, fraichement renouvelée, la 72 maintenant, comme si mon cerveau me mettait toutes les évidences sous les yeux. Je ne pouvais plus me voiler la face, plus maintenant.
Peu de temps aprés, j'entendis la porte s'ouvrir de nouveau mais ne fis pas attention à qui venait me voir, ni même qui me parlait car je n'avais plus la force pour. Le bip du moniteur, seul, troublait le silence que mon cerveau avait fait car, maintenant, je savais, je savais quel destin m'attendait.
Moi, Isabella Marie Swan, âgée de 23 ans, était condamnée à mourir...
Et voilà pour le chapitre 8!
Enfin, THE rencontre Bella/Edward, bien qu'elle ne soit pas sous de meilleur jour.
J'espère qu'elle ne vous a pas déçu, que vous n'espériez pas d'effusion de joie parce qu'il n'en aura pas pour eux, enfin pas pour l'instant.
Maintenant, vous savez aussi de quoi est atteint Bella, bien que certaines avait déjà une idée sur la question.
Il y a eu aussi la rencontre Alice/Jasper, pas non plus sous de meilleur jour mais comme vous l'avez constaté, Jasper doit s'occuper de Bella, du point de vu psychologique, ainsi que de sa famille. Un rapprochement? Possible...
Pour Emmett et Rosalie, je ne sais pas comment je vais encore faire ni même si ils vont revenir, ne vous inquiétez pas.
Prochain chapitre, peut-être la semaine prochaine, je ne sais pas encore en tout cas, tout ce que je peux vous dire, c'est qu'il y aura les POV Edward/Bella ainsi que James (Ce bon vieux James! Lol). Peut-être plus, je ne sais pas...
En tout cas, j'espère que vous appréciez toujours autant!
Merci de m'avoir lu,
Clairouille59.
-(*) L'arbre avec des fleurs roses = C'est un Tulipier « magnolia » à fleurs roses; Si vous voulez le voir, le lien sur mon profil. Vous devez vous dire que c'est idiot de mettre un arbre mais vous verrez qu'il aura de « l'importance » au fil des chapitres.
-(*) IRM cérébral = Lien sur mon profil.
-(*) Produit injecté = Colorant « inoffensif », des fois sa peu être de l'Iode ou autre chose.
-(*) Tumeur au cerveau de Bella = C'est une Glioblastome, elle représente 20% des tumeurs aux cerveaux. Elle s'étend rapidement dans ce dernier dans plusieurs zones du cerveau, en même temps. On peut la ralentir ou la stoppé pendant quelques mois grâce à la chirurgie ou à la radiographie.
-(*) Monsieur Jackson = Un petit clin d'œil au « King of pop », Michael Jackson, car je suis une grande fan!
-(*) Schizophrénie = Psychose qui se manifeste par des signes de dissociation social, de discordance affectif et d'activité délirante, ce qui a pour conséquence l'altération de la perception de sois-même, des troubles cognitifs et des dysfonctionnements sociaux et comportementaux allant jusqu'au repli autistique.
