Hello tout le monde!

Ce chapitre va changer le cours de l'histoire, si je puis dire, d'où le titre « se renfermer ». Comment réagirez-vous si vous apprenez, du jour au lendemain, que vous avez une chance infime de survivre jusqu'à votre prochain anniversaire?

Croqueriez-vous la vie à pleine dent? Comme l'aurait fait Alice par exemple?

Ou est-ce que vous vous enfermerez sur vous même? Comme le ferait Bella?

Retour d'Emmett, plus énervé que jamais.

De Rosalie, qui arrive au bon moment.
De Bella, qui se reconvertie en huitre hermétique.

De Edward, ne comprenant pas totalement la situation.

Réponses aux personnes qui n'ont pas de compte:

-Clairepouetpouet: Comme d'habitude, sa fait plaisir que tu laisses une trace de ton passage!

-Elle: Moi aussi j'ai un petit faible pour ce chapitre mais bon, je n'aie pas encore fini. Bisous!

-Une fan: A la marque de sous-vêtement! Tu ne le seras pas, tu verras dans le prochain chapitre! Lol! Tu es bien la première à me dire que tu apprécies James, et je crois que tu vas être la seule! Heureuse aussi que le rythme te plaise, j'avais peur qu'il soit trop lent par rapport à d'autre fic. Et la rencontre Emmett/Rosalie, pas plus tard que maintenant. Bisous!

Merci à: elo-didie, Aliiice, Cocaine06, Puky, xjustemyself, Virginie-de-TN, Galswinthe, liltitesisi, soleil83, DavidaCullen, mamoure21, Kris-S-Bella, Twilightgeneration, Liliex7, mimie30, alice'n'tom, carlotaa, Em 81, virginie 17 pour vos reviews.

Merci à: chat-de-nuit, Pepsifan, Kris-S-Bella, alice'n'tom, Agew, acoco, loiisl, angebleu34 pour m'avoir mise en story alert ou favorite story.

Bonne lecture,

Clairouille59.

Toujours un grand merci à Phika17 pour sa correction! (L)

Disclamer: Tous les personnages appartiennent à S.M!

/!\ MESSAGE IMPORTANT: Dans le précédent chapitre, j'ai fait une énorme erreur, une erreur impardonnable même. Lorsque Edward dit à Bella qu'ils ne savent pas encore comment la tumeur se manifeste et bien c'est une faute de ma part. Cocaine06, m'a laissé une review pour me dire qu'en faite, et je cite: « Des cellules malades du corps se divisent de manière anarchiques, si l'on peut dire, jusqu'à former la tumeur. » Donc oublié, cette petite confusion de ma part et pensait qu'Edward a simplement voulu dire que ce n'était pas de la faute de Bella si elle a attrapé une tumeur au cerveau. Encore merci à Cocaine06!

Chapitre 10 : Se renfermer

Samedi 19 octobre 2010

POV Emmett

Putain de caractère de merde va! Elle ne pourra pas toujours être comme ça! 4 jours, 4 jours qu'elle ne disait presque plus un mot, à nous, sa famille! Même un mur serait plus causant qu'elle! J'avais dû sortir, pour sa propre sécurité, sinon j'aurais fait quelque chose de regrettable ou aurait dit des paroles blessantes que je ne penserai pas. Elle restait inlassablement dans son mutisme, nous faisant l'honneur de répondre par monosyllabe (*) lorsqu'elle en avait envie. Je voyais qu'Alice se retenait de pleurer devant elle, mais s'effondrait une fois les portes de l'hôpital franchies. Mon père ne disait rien mais son silence en disait autant qu'un discours de candidat pour les présidentiels. Moi, bah, moi je fulminais dans mon coin, avec les yeux qui me sortaient des orbites alors qu'elle regardait ce putain d'arbre dehors, comme hypnotisée. Je ne voyais rien d'attrayant dans un arbre!

Et puis, cette putain de maladie était apparue, là, comme ça alors qu'on lui avait rien demandé en plus! Ma sœur, mon unique sœur, la personne qui comptait le plus dans ma vie avait une tumeur au cerveau. Un coup du sort, un putain de coup du sort qui tombait sur nous, ou plutôt sur ma fragile Bella. Comme si elle n'avait pas déjà assez souffert dans la vie, non, il fallait que le sort, le destin ou appelez le comme vous voulez, s'acharne sur elle!

-BORDEL! Criai-je en tapant un des murs de l'hôpital peint dans un affreux vert.

Des infirmières en blouses blanches se retournèrent vers moi, outrées par mon comportement. Quoi? Elles n'avaient jamais vu le frère d'une patiente maudire la Terre entière car Il voulait reprendre sa sœur? Il fallait que je sorte, que je m'aère sinonj'aillais tout fracasser dans cet hôpital de merde!

Je pris les escaliers, ne voulant pas affronter le monde dans l'ascenseur qui me regarderait comme si j'étais la réincarnation de King Kong. Me défouler, en courant 4 à 4 dans les escaliers, me ferait du bien, j'oublierai un peu ce que cette putain de Terre faisait pour moi, c'est-à-dire, rien. Je percutais des gens sur mon passage, mais j'en avais que faire, je m'en foutais royalement d'eux, tout ce que je voulais, c'était que ma sœur guérisse de cette merde, la voir de nouveau sourire, avoir un but dans la vie, éditer un livre comme elle en avait toujours rêvé et avoir un mari, une famille qui la rendrait heureuse. Mais, au lieu de cela, elle était cloitrée dans une chambre aussi gaie que pouvait l'être une cellule de prison, sans avenir, sans but, juste en train de regarder cet arbre à la noix.

L'air frais me fouetta la visage, le vent glacial de Seattle parcourut mon échine et je tremblai malgré moi. J'avais froid, je n'avais pas pris de manteau mais, qu'importe, je m'en foutais. J'attraperai sûrement le rhume de ma vie, mais je m'en tapais. Je me réfugiais contre un mur de l'hôpital, mes mains à plat dessus - enfin sauf celle qui était bloquée dans un plâtre - et la tête baissée pour reprendre le contrôle de moi-même, plus facile à dire qu'à faire soit dit en passant. J'avais toute cette rage, cette colère au fond de moi qui ne voulait pas évacuer, coulant dans mes veines telle l'adrénaline surpuissante. J'avais besoin d'évacuer mais je ne trouvais pas le moyen. Je ne pouvais pas faire de sport, donc pas moyen de taper sur un punching-ball, ni faire une séance de musculation, ni plonger une tête dans une piscine. Je regardai ma main, ma main valide sur le mur, et elle se contracta contre le ciment de ce dernier. Mes phalanges blanchies par la colère, les ongles rongés par la culpabilité et les doigts tremblants, j'avais trouvé mon défouloir du jour.

Ma main forma un poing, un poing faible contre la maladie de ma sœur, un poing qui ne servait à rien. Je frappai le mur d'un coup sec et la douleur se propagea dans tout mon être. Une échappatoire. Je frappais, encore et toujours, comme si ma vie en dépendait, comme si la vie de Bella en dépendait, mais une partie de moi me disait que tout cela ne servait à rien. Avait-elle raison? Sûrement... Je recommençai, encore et inlassablement, rendant ma chair à vif, ce qui me fit grincer des dents avec le vent qui faisait des siennes dessus. Le mur était en sang aussi, des traces nettes et éclaboussées en étaient la preuve mais j'en avais que faire. Bella, Bella, Bella, Bella... C'était ce que me criait mon subconscient à chaque poing donné à ce putain de mur d'hôpital de merde! Ils ne pouvaient rien faire pour elle, elle était condamnée et bla bla bla... Je m'en foutais, m'en tapais royalement de ce qu'ils disaient! Ils allaient sauver ma sœur, ils devaient sauver ma sœur...

Ce qui devait arriver arriva lorsque je ne sentis plus les doigts de ma main droite et que mon bras gauche cria grâce de cette agitation non désirée, une voix me parvint aux oreilles. Une voix connue, trop connue à mon goût car elle hantait mes autres pensées noires aussi...

-Monsieur! Mais arrêtez de faire ça, regardez votre main!

Je fermais les yeux, pensant un instant, un court instant, que j'avais rêvé de cette voix. Cette voix qui me faisait sourire lorsque j'étais seul chez moi en pensant à elle, ce qui m'empêchait de tout démolir dans mon appart en pensant à Bella. Je sentis sa main se poser sur mon épaule, aussi doucement qu'aucune femme ne l'avait fait sur moi, et la même sensation, que la dernière fois où je l'avais eue contre moi, m'envahit tout entier. Je ne l'avais vu que 2 fois, dont une aussi brièvement que lorsque j'allais chercher une baguette mais c'était toujours aussi étonnant et fort, plus imposant que la fois précédente. Comment une seule personne peut vous mettre dans un état pareil?

J'ouvris les yeux, doucement, ne voulant pas rompre ce contact, aussi infime soit-il, pour voir que ses grands yeux bleus étaient pointés vers moi, aussi surpris que je l'étais par son apparition soudaine. Nous nous toisâmes quelques instants, qui me parurent des secondes, avant qu'elle ne prenne ma main et me force à avancer vers l'hôpital, cet endroit damné. Je ne compris pas sa démarche mais j'en avais que faire, si c'était le seul moyen de rester avec elle un peu plus longtemps et d'oublier que, quelques étages au-dessus, il y avait Bella droguée à la morphine. C'était égoïste de dire ou plutôt penser à cela mais c'était au-dessus de mes forces, je ne pouvais pas affronter la réalité. J'avais toujours été là pour elle, la protégeant contre la brutalité du monde extérieur, intimidant la moindre personne qui se moquait de son côté littéraire à l'école, des pimbêches blondes qui lui faisaient croire qu'elle était une erreur de la nature, des mecs qui s'aventuraient trop prés d'elle à mon goût avant ce connard de Jacob Black qui l'avait rendue aussi mal dans sa peau qu'avant. Je lui avais fait sa fête à celui-là, je crois bien qu'il avait été à l'hôpital aprés mon passage mais j'en avais que faire, je n'avais pas réussi à la protéger de lui non plus. Et puis, maintenant, la Nature s'acharnait sur elle, son cerveau se rebellait contre elle en lui faisant vivre un Enfer désormais. Comment vivre en sachant que nous avions des chances de survie minimes?

J'avais été con. Je m'étais comporté comme un enfant pourri gâté qui n'avait pas eu ce qu'il voulait. Évidemment que Bella s'était refermée sur elle-même. Elle était la sagesse et la timidité même, une vraie huitre sur son rocher. Elle avait toujours été comme ça, alors pourquoi une annonce pareille lui aurait changé son mode de fonctionnement? Je raffermis la prise de la belle entre mes doigts et elle me jeta un regard triste. Savait-elle ce que ma famille endurait depuis le jour où je l'avais sauvée de cet incendie J'en doutais, comment l'aurait-elle su? Nous prîmes un énième couloir, j'avais perdu le compte au bout de 10, dans cette teinte verte immonde qui me donnait plutôt envie de vomir que d'être joyeux, et la femme, qui tenait toujours fermement ma main dans la sienne, s'arrêta devant une porte où l'on pouvait voir écrit : Salle réservée aux Internes. Connaissait-elle un Interne? Est-ce que c'était son petit-ami? Se pouvait-il que le sort s'acharne aussi sur moi ainsi?

Elle toqua plusieurs fois et un homme blond, les yeux d'un bleu similaire aux siens et à l'air sympathique, ouvrit la porte et jugea la personne en face de lui, suivie de prés par moi. Je détournais les yeux, je n'avais pas besoin que l'on me regarde de la sorte aujourd'hui, surtout aujourd'hui.

-Rosalie? Mais... que fais-tu ici? Demanda-t-il d'une voix à la fois étonnée et douce.

Alors, comme ça, elle s'appelait Rosalie? Rosalie Hale. C'était un prénom parfait pour elle, aussi doux qu'était son visage et son âme. C'était moi qui avais parlé?

-Est-ce qu'Edward est là? J'ai besoin de lui, comme tu le vois.

Le « mec sympathique » me regarda une seconde fois avant de héler une personne derrière lui. Edward? Comme le Médecin qui s'occupait de Bella ? Est-ce que le monde était aussi ridiculement petit qu'il en avait l'air? Décidément, il était bel et bien la même personne que l'homme qui m'avait soigné le bras 2 semaines plus tôt et celui qui s'occupait, actuellement, de ma sœur, il trônait au côté du « mec sympathique » avec un air estomaqué.

-Qu'est-ce que...? S'enquit-il avant de remarquer ma main en charpie.

Je baissais mon regard sur cette dernière et ce n'était pas beau à voir. Je ne ressentais aucune douleur, car toute ma douleur était comprimée au fin fond de mon être et j'en étais surpris moi-même. Mes phalanges étaient d'un rouge sang et, pour cause, je saignais abondamment sur le sol du couloir. Mes doigts étaient recouverts de ce liquide pourpre alors que des éclaboussures se faisaient voir sur mon avant-bras recouvert d'un pull beige. Je n'avais rien ressenti lorsque j'avais frappé délibérément ce mur, j'avais trop mal en plein coeur pour ça, mais, maintenant que Rosalie se tenait à mes côtés, mon esprit reprit vie et la douleur circula dans tout le bras droit jusqu'à mon épaule. Je grimaçai légèrement et le Docteur Cullen me prit en charge.

-Reste ici, Rosalie, lui dit-il en montrant la salle de pause du personnel du menton, j'emmène Monsieur ici présent se faire soigner.

-Je te suis, trancha la magnifique blonde à mes côtés.

Je n'osais pas lever les yeux, peur de voir ce que je ne voulais montrer à personne, peur de leurs jugements peut-être, ou autre chose... Je suivis le Médecin de Bella, avec toujours la main de Rosalie dans la mienne, la tête baissée, les yeux dans le vague. Nous arrivâmes dans une salle, sûrement un boxe, où était écrit « Cullen » sur une plaque collée sur la porte.

-On va dans le bureau de Carlisle? S'étonna Rosalie.

-Oui, je ne suis pas encore Médecin alors je n'ai pas mon cabinet, alors je le partage avec lui. Entrez, Monsieur Swan.

Monsieur Swan... Je me sentais vieux d'un coup, j'avais pris au moins 30 ans en quelques minutes. Affligeant... Une main douce m'obligea à m'asseoir sur un lit d'hôpital, et on m'enleva mon pull en prenant soin de ne pas toucher mon bras dans le plâtre et ma main blessée.

-Que lui est-il arrivé? S'enquit le Médecin.

-Je suis venue voir Jasper et je l'aie vue se frapper la main contre le mur, criant le prénom « Bella ».

Bella... Que qu'allait-elle penser de moi si elle me voyait comme ça?

-Il est en état de choc, sûrement pour la maladie de sa sœur, ça arrive, des fois, à la famille du patient.

Je sentis qu'on me relevait la manche de mon tee-shirt manches longues et qu'on tâtait ma main douloureuse, je grimaçais légèrement. J'entendis des bruits de bouteilles déplacées, d'outils médicales et de paroles, ça encombrait mes pensées, me faisant oublier un peu le chagrin que j'éprouvais.

-Est-ce qu'il va aller mieux? Demanda la jeune femme.

-Ça dépend des personnes. Il pourrait aller consulter Jasper, ça peut l'aider, ou se contrôler lui-même. Mais je ne crois pas que ça soit seulement à cause de sa sœur, bien que ça soit une grande partie de sa colère, mais je crois qu'il y a eu autre chose pour que ses nerfs lâchent comme ça.

-Peut-être...

Le Docteur Cullen soigna ma main ensanglantée avec toute la douceur du monde. Je me demandais s'il était aussi gentil avec Bella mais la question ne se posait même pas. Il était l'homme le plus sympa que je n'avais jamais rencontré, et son père l'était tout autant. Ils se préoccupaient vraiment de Bella, de sa santé, de sa guérison et tout le reste, des hommes d'une extrême bonté.

-Et bien, Monsieur Swan...

-Emmett, murmurai-je, appelez-moi Emmett.

-Et bien, Emmett, on ne peut pas dire que vous faites dans la douceur. Je vais devoir mettre un bandage pour vos doigts et, surtout, ne les bougez pas, et faites attention de ne pas le mouiller. Je vais devoir rallonger votre arrêt maladie.

-Bien.

-Bon... Je vous laisse seuls quelques minutes, je dois aller... faire quelque chose!

La porte claqua doucement aprés quelques secondes et je me retrouvais seul avec la deuxième personne qui hantait mes jours et mes nuits, aprés Bella. Une main douce se posa sur mon épaule, appuyant légèrement ses doigts dessus, comme si elle voulait me donner tout son courage afin que je n'abandonne pas. Je savais que c'était elle, que je pouvais avoir confiance, que toutes mes peurs elle pourrait les affronter avec moi. Je posai ma tête sur le haut de sa poitrine, son thorax, et me mordis la lèvre pour ne pas montrer ma faiblesse. Elle aurait pu me rejeter, se raidir face à ce geste mais, à la place, elle enfouit son autre main dans mes cheveux en m'approchant plus d'elle. C'était la première fois que je me comportais ainsi avec une femme, d'habitude je tirais mon coup et c'était fini mais, là, lorsque j'avais posé mes yeux sur elle, il y avait eu un déclic dans ma tête, une alarme me signalant que je ne devais pas la laisser partir. Je ne l'avais pas fait mais, aujourd'hui, elle était là.

-Je suis là, murmura-t-elle d'une voix tendre, je suis là...

-Ne me laisse plus, répondis-je en fermant les yeux.

-Plus jamais, renchérit-elle.

POV Bella

4 jours avaient passé mais ça m'avait paru une éternité à chaque heure qui passait. Je ressemblais plus à un zombie qu'à une humaine atteinte d'une maladie mortelle, mais mon corps, mon coeur et mon âme refusaient de me donner 1 minute de répit depuis le jour où j'avais appris cette nouvelle. Je savais que ça faisait mal à ma famille, Alice, mon père et Emmett mais je ne me voyais pas capable de combattre contre quelque chose de mille fois plus fort que moi et mon petit corps frêle. Je n'étais plus qu'un corps, parmi tant d'autres dans cet hôpital, qui n'avait plus la force de quoique ce soit. Je ne parlais pas, ou très peu, et, en général, c'était qu'à une seule et unique personne: Edward. Allez savoir pourquoi je ne parlais qu'à lui, car je ne le savais même pas moi-même, mais notre première vraie conversation y était sûrement pour quelque chose...

Flashback, 4 jours plus tôt

Je regardais cet arbre, encore et toujours, en espérant que, peut-être, il pourrait faire quelque chose pour moi mais, aprés mure réflexion, ce n'était qu'un arbre parmi tant d'autres... On toqua à la porte, un léger tapement qui me fit sursauter malgré moi et le moniteur à mes côtés émit un bip de protestation. Je répondis par un petit « Entrez » et il entra dans ma chambre d'hôpital. Il me regarda intensément, comme s'il analysait mon comportement, me transperçant de ses 2 yeux émeraudes.

-Bonjour, me salua-t-il poliment.

J'eus un sursaut et le moniteur eut un raté à cause de l'intonation de sa voix. Personne ne devrait avoir une voix comme celle-ci, c'était intolérable... Je le vis se crisper alors que je plantais mes yeux dans les siens, éberluée par sa façon de réagir en ma présence.

-Oh... Bonjour Docteur, répondis-je, maladroitement.

Docteur... Je n'avais jamais beaucoup aimé les Docteurs, car j'allais constamment à l'hôpital dans ma jeunesse à cause de ma maladresse quasi handicapante. J'avais été un nombre incalculable de fois et cela avait empiré lorsque Alice avait décrété que je devais porter des talons hauts. Je frissonnai à ce souvenir.

J'accaparais mon attention sur la personne debout dans la même salle que moi et il me fit un sourire, qui se disait rassurant, avant d'aller au pied de mon lit pour regarder cette fichue fiche de soin. Chaque personne qui entrait ici allait lire cette fiche, comme si c'était un rituel avant de parler au patient. Ce n'est pas comme s'il était écrit le produit miracle, si? Son visage se contracta et je pouvais voir que ses joues se creusaient au fur et à mesure de sa lecture. Je fronçai les sourcils mais ne dis rien.

-Alors, comment allez-vous aujourd'hui? Me demanda-t-il, gentiment.

-Je... Je vais bien.

-Pas de nausée, d'étourdissement, de perte de vue, de tremblement, de maux de tête? Rien de cela?

Je secouai la tête pour dire « non » alors que je me mordis la lèvre inférieure, pour le convaincre de mon mensonge pitoyable. Pour la seconde fois en quelques minutes, il se figea à ma vue. Quoi ? J'avais fait quelque chose qui fallait pas ? Sa respiration s'envola rapidement alors qu'il secouait la tête, discrètement.

-En êtes-vous sûre? Ça ne sert à rien de me mentir, je le saurais un jour où l'autre...

Il me regarda trop attentivement à mon goût. J'emmêlais mes doigts entre eux, nerveuse, alors que je me sentis rougir. Et voilà, tu réagis comme une idiote maintenant. Bravo, Bella!

-Je... Je tremble et j'ai mal à la tête, avouai-je, doucement..

Il nota quelque chose dans son dossier, mais je n'en fis pas attention, trop obnubilée par lui. Réveille-toi, Bella! Il ne faut plus croire au prince charmant, c'est fini tout ça!

-Les maux de tête, sur une échelle de 0 à 10, vous mettriez combien?

Je fronçais les sourcils en me mordant, une fois de plus, ma lèvre inférieure.

-Ça dépend, aprés que l'infirmier soit venu ou non, au bout de quelques heures j'ai très mal...

-Votre médicament ne fait plus effet, j'augmenterai la dose mais, sinon, vous n'avez pas mal quand on vous le met?

-Non vu que je dors tout le temps! Enfin presque...

J'étais agacée de dormir tout le temps, c'était énervant, horripilant ! Où était passée la Bella dynamique et heureuse ? Perdue depuis longtemps...

-Ce sont les effets secondaires, effectivement. Pour vos tremblements, ça ira mieux lorsque votre corps acceptera pleinement votre traitement, ils vont avec votre maladie. Et vous devriez manger aussi, ça aide.

Beaux rougissements, Swan! Comment avais-je pu me douter qu'on ne verrait pas mon manque d'appétit?

-Ce n'est pas très... bon, murmurai-je, honteuse.

Il partit dans un éclat de rire absolument sexy alors qu'il regardait l'électrocardiogramme pour voir la courbe de mon coeur. Mon Dieu, ce rire! Aucun homme ne pouvait avoir un rire pareil, c'était impossible!

-Vous savez que les Médecins aussi mangent comme vous? Alors je sais ce que c'est, croyez-moi! Sinon, demandez à votre famille de vous apporter quelque chose en plus, lorsqu'ils viennent pour les visites.

Je hochai la tête, subjuguée par chaque fait et geste qu'il faisait. Les infirmières, qui passaient par ici, n'avaient pas une telle précision ou... une telle souffrance lorsqu'elles effectuaient leur travail. Pourquoi avait-il l'air de souffrir?Et pourquoi rougissait-il?

-Pourquoi avez-vous choisi de devenir Médecin? Demandai-je sans m'en rendre compte... Vous... vous avez l'air de souffrir à chaque geste que vous faites en ce moment...

Son visage eut une grimace de souffrance dont je n'osais demander l'origine.

-J'avais 7 ans quand mon père m'a emmené ici à cause de son travail et j'en suis tombé littéralement amoureux. Comme tous les petits garçons, je voulais devenir pompier ou pilote de ligne, il rit légèrement, enfin un truc qui ne me correspondait pas mais, au bout du compte, la médecine me plaisait. J'aime savoir que j'ai la chance de pouvoir sauver des vies, de rendre un enfant souriant alors que je lui mets un plâtre ou avoir le bonheur de dire à la famille du patient que tout va bien. Il y a des contraintes dans mon métier, comme tous les métiers du monde, je suppose, et je suis en train d'en vivre une en ce moment, Mademoiselle Swan.

Je le regardais, effarée par ce que je venais d'entendre aprés son discours aussi touchant fut-il. Lui aussi me regardait étrangement, comme s'il avait peur d'avoir dit des choses qui me blesserait ou plutôt, me choquerait. Ses dernières paroles étaient troublantes pour un Médecin. C'était les risques du métier, comme aurait dit Charlie. « Il y a des contraintes dans mon métier, comme tous les métiers du monde, je suppose, et je suis en train d'en vivre une en ce moment, Mademoiselle Swan. » Qu'est-ce que cela voulait dire?

-Je ne voulais pas être indiscrète, chuchotai-je.

-Vous ne l'avez pas été, rassurez-vous! Sourit-il. Je crois bien que vous êtes la seule patiente qui m'ait demandée ça jusqu'à maintenant!

-Pourquoi, on vous demande autre chose?

Je levai un sourcil, suspicieuse et amusée. Un si bel homme comme lui, devait avoir des rencards tous les soirs, non? J'ai pensé ça? C'est les médicaments qui te font délirer, ne t'inquiète pas! Je préfère ça...

-Je m'occupe de personnes de sexe féminin et je crois que les médicaments leurs montent à la tête alors...

-Il n'est pas rare qu'elle demande quelle marque vous mettez comme sous-vêtements?

Il se figea. Je me figeai. Ai-je... Ai-je vraiment dit... cela? Oh non mais c'est pas vrai! Tu est vraiment idiote, Swan! Idiote! Je me retournais vers lui, en même temps que cet homme qui troublait les battements de mon coeur.

-Ne dites pas que j'ai dit ça à voix haute? Le suppliai-je.

-Euh... Je crois que si...

-Oh mon Dieu! Je suis désolée! Je ne voulais pas vous dire ça, je m'en contre fiche... Enfin, c'est pas ce que j'ai voulu dire mais... Et puis, c'était logique qu'elles demandent toutes ça parce que vous n'êtes pas désagréable à regarder et... Oh mon Dieu, j'ai encore dit ça à voix haute! Désolée! Il faut que j'arrête de parler, je...

Il se mit à rire alors que je ne savais plus où me mettre. Je ne vois pas ce qu'il y a de drôle! Je sentis mes joues rougir, mon coeur émettre des battements rapides alors que je détournais le regard.

-Calmez-vous, Mademoiselle Swan! Me dit-il. Ce n'est pas grave, je vous assure!

-Désolée! Je suis vraiment une idiote et puis... Oh et puis, tais-toi Swan!

Je m'insultais encore moi-même, me trouvant totalement idiote de me comporter ainsi. Je jouais avec mes doigts, les tordant dans tous les sens à cause de ma gêne jusqu'à ce que 2 mains chaudes s'en emparent. Je me figeai net et je pus sentir mon coeur, protégé dans sa cage thoracique, rater plusieurs battements d'affilée. Je sentis mes joues chauffer sous ce geste, ma respiration s'accélérer en pensant qu'un homme, qui pouvait faire concurrence avec Apollon lui-même, me prenait les mains entre les siennes. Ce geste était peut-être anodin pour certains, mais, moi, je n'en avais pas l'habitude. Je pouvais sentir son regard appuyé sur moi alors que je me fustigeais pour ne pas rencontrer son regard émeraude. Je savais que, si je le faisais, je n'allais pas pouvoir m'empêcher de regarder ses lèvres tentatrices. Dieu! Ce fut peine perdue, quelques secondes plus tard, nos yeux se rencontrèrent et je fus accaparée par une telle intensité dedans, une attirance extrême et divine. Le moniteur me trahit en émettant des bip de plus en plus irréguliers en protestant rageusement. Comment un être tel que lui pouvait...?

Nous sursautâmes d'un seul homme quand on toqua brutalement à la porte et il relâcha mes mains, comme si j'avais la peste. Sans que je m'en rende compte, j'eus une boule au ventre et un trou dans mon coeur. Pourquoi cette réaction?

-Est-ce que tout va bien, Edward? S'enquit une voix absolument hideuse.

Une jeune femme entra dans la chambre, sans ma permission. Elle avait mon âge, tout au plus, grande, blonde, à forte poitrine et le regard de braise. Pas de doute, elle essayait de le draguer. Est-ce que ça marchait? Le Docteur se releva et lui lança un regard, qui me surprit tout d'abord, avant qu'elle ne lui donne un sourire éblouissant. Je vis les poings du Docteur trembler de rage, et ça me chamboulait car je n'en connaissais pas la cause.

-Oui, tout va bien. Autre chose? Répondit-il si glacialement que j'en frissonnais..

-Euh... Un verre aprés le boulot? Tenta la Barbie.

Hein ? Est-ce qu'elle avait osé lui demander ce que j'avais bien entendu? Non mais elle se croit où celle-là ? Dans un speed dating ou quoi? Pourquoi est-ce que je réagissais comme ça? Ce n'est pas comme si j'étais avec lui, n'est-ce-pas? Il pouvait aller boire un verre avec qui il voulait, je n'étais rien pour lui, hormis une patiente parmi tant d'autres...

-Je vais faire comme si je n'avais rien entendu, maintenant aurais-tu l'obligeance de sortir pour que je puisse parler avec ma patiente?

Bizarrement, je crois que celle-là pouvait toujours rêver pour avoir un malheureux verre. Intérieurement, je jubilais alors qu'elle me lança un regard rapide mais meurtrier. Bah, qu'est-ce que j'ai fait?

-Mais... Je... J'ai entendu le...

-Sors! Grogna-t-il.

La seconde suivante, la porte claqua brutalement et je pus entendre les talons aiguilles partirent au loin. Pourquoi avais-je toujours cette boule d'appréhension alors qu'elle, et sa voix de crécelle, était partie?

-Elle aussi, elle a demandé quelle marque de sous-vêtement vous portez? Demandai-je, timidement.

Il posa ses yeux sur moi, alors que j'étais bel et bien perdue sur les sentiments et sensations qui déferlaient dans tout mon corps condamné. Comment pouvais-je imaginer une quelconque relation avec un homme alors que j'avais 1 chance sur un million de survivre? N'était-ce pas un acte d'égoïsme de demander à quelqu'un de nous aimer alors que nous allions l'abandonner d'ici peu?

-Je... Oui, mais vous savez-quoi?

Je hochai négativement la tête et le monde sembla s'arrêter à cette éventualité.

-Je préfère les brunes et naturelles.

Je relevais les yeux vers lui alors que mes entrailles dansaient la salsa à l'intérieur de mon être. Je lui fis un léger sourire qu'il me rendit aussi et cela fit accroitre la samba dans mon ventre. Qu'est-ce que tu crois, Swan? Qu'il va t'embrasser et jurer amour et fidélité jusqu'à ce que la mort vous sépare? Mes pensées me trahissaient tout autant que le faisait le moniteur sur les battements de mon coeur. Comment ce dernier pouvait-il émettre une telle intensité devant cet homme que je ne connaissais à peine?

-Désolé de cette... intrusion, elle est assez... Enfin, ça n'a pas d'importance maintenant vu qu'elle est partie. Parlons de choses plus sérieuses qu'elle.

-Ma maladie, c'est sérieux pour vous?

Je fronçais les sourcils, septique. Ne jamais prendre ses rêves pour des réalités.

-À mes yeux, oui, m'avoua-t-il du tac au tac. Maintenant, je dois vous parler de ce qui va se passer dans les prochaines semaines, Mademoiselle Swan. Ce... Ce n'est pas très réjouissant, et je n'aime pas le faire, mais c'est mon travail.

Je baissais les yeux vers les draps du lit, tout beau moment imaginé envolait. Je ne voulais pas parler de ça, pas en sa compagnie. J'aurais voulu discuter de tout et n'importe quoi, mais sûrement pas de cette maladie qui me rongeait de l'intérieur. Une conversation normale et civilisée, portant sur la baisse de la bourse ou sur le pays qui s'effondrait, mais pas de ma maladie. Je ne voulais pas voir ce masque de pitié sur son visage, je le voyais suffisamment sur celui de Charlie, Emmett ou Alice. Il s'assit sur la même chaise de tout à l'heure et posa ses mains sur mon lit, comme s'il demandait silencieusement de reprendre mes mains dans les siennes.

-Vos traitements sont lourds, vu votre maladie vos médicaments auront des effets secondaires désagréables, sommeil, vomissement ou encore problème de vessie.

Je me mis à rougir sous les derniers effets de mes médicaments. Génial, j'aurais en plus besoin d'une assistante!

-Les médicaments seront associés à de la radiothérapie ainsi qu'à la chimiothérapie. Une opération sera envisageable plus tard, si tout cela ne fonctionne pas contre votre tumeur. Je donnerai les séances au radiophysicien qui vous accompagnera à chacune de vos séances. Cela peut vous faire peur, je peux le comprendre, si vous le souhaitez quelqu'un de votre famille peut vous accompagner, ce n'est pas interdit.

-Non, non... Soufflai-je, torturée par ses dires. Je ne veux pas qu'ils me voient dans un état pareil, je ne veux pas qu'ils souffrent à cause de moi.

-Ce n'est pas votre faute, Mademoiselle Swan, vous n'avez aucune raison de vous en vouloir. Je... Ce n'est pas votre faute si cette maladie s'est déclarée sur vous, en aucun cas vous devez vous en remettre la faute.

Je hochais la tête mais je ne le croyais pas. Toute ma vie, j'avais cherché quelque chose, une chose qui rendait triste car elle était inaccessible alors que je ne savais pas son nom. Aujourd'hui, le destin avait choisi d'en finir et elle me punissait durement. La vie est dure alors que la mort est paisible. Mais jusqu'à quel degré? Il y eut un bip dans la pièce, autre que celui de mon fichu moniteur à la noix et il regarda son bipeur. Il fronça les sourcils avant de pousser un soupir et de se lever tout en rangeant la chaise qu'il avait prise.

-Je viendrais vous voir ce soir, Mademoiselle Swan, et je saurais si vous mangez ou non! Me gronda-t-il gentiment.

Je souris un peu et mon regard se porta de nouveau vers la fenêtre, contemplant l'arbre aux belles fleurs roses. C'était comme si tout l'espoir que j'avais avant s'était réfugié dans cet arbre. Idiot, certes, mais je m'accrochais à cette idée que, comme lui, un jour moi aussi je pourrais être libre et au grand air.

-N'hésitez pas à appuyer sur le bouton d'Urgence si vous sentez que vous n'alliez pas bien. À la moindre sensation d'étourdissement ou autre, d'accord?

-Oui, Docteur.

-Appelez-moi, Edward, Docteur me fait penser à mon père.

-Alors appelez-moi, Bella, répondis-je inconsciemment..

-Alors à ce soir, Bella.

Fin Flashback

Edward... Ce nom hantait mes nuits longues et souvent douloureuses depuis 4 jours. À présent, chaque visite qu'il faisait me donnait un peu de bonheur bien que je savais que cela ne durerait pas longtemps. Je ne savais pas vraiment pourquoi mais j'avais une confiance en lui aveugle, pas pour ma guérison car je savais que s'en était fini pour moi, mais je ne me sentais pas obligée de faire attention à chaque parole que je lui disais. Je me sentais à l'aise, moi-même, sans pour autant en faire trop et, à chaque fois que je regardais les magnifiques traits de son visage ou ce fameux sourire en coin ou encore le son de son rire, mon coeur faisait des bonds féroces. C'était le seul qui me faisait vivre un temps soit peu... Pensai-je, amèrement. Même ma famille ne me faisait pas sourire comme lui le faisait, même eux n'arrivaient pas à me faire sortir la moindre phrase alors que je lui racontais tout et n'importe quoi sur ma vie d'antan et eux non plus n'arrivaient pas à faire bondir le moniteur... Chaque jour avait son lot de surprise et, pour moi, ça avait un seul nom: Edward.

Emmett désespérait de mon comportement, Alice pleurait en silence et mon père était aussi muet qu'une tombe, et, tout ça, à cause de moi. J'en étais désolée mais je n'avais pas la force, pas cette force indescriptible et inhumaine qu'avait certaines personnes lorsqu'elles se savaient condamnées. Moi, je n'étais pas elles et plus les jours passaient, plus je savais que ce serait pire. Je n'avais pas de réelle raison de me battre, personne pour qui je voulais remettre mon heure à plus tard, personne pour qui je voulais rester. Si j'avais la chance de vivre encore des dizaines d'années, je savais que tout serait comme avant. Mon père retournerait à Forks, pour résoudre ses meurtres macabres, Alice irait plonger son nez dans ses créations et Emmett courrait aprés les jolies blondes à fortes poitrines. Tout redeviendrait normal alors que je serais détruite de l'intérieur à tout jamais.

Ce dernier était parti en furie aprés mon silence pesant de tout à l'heure. Il avait crié, hurlé des choses que je n'avais pas retenues avant de claquer la porte violemment et sans un mot de plus. Alice avait pleuré, une fois de plus, et Charlie l'avait réconfortée, comme toujours. Je leur faisais du mal, j'en étais consciente mais ce n'était pas eux qui étaient condamnés à vivre leurs derniers instants dans d'atroces souffrances.

-Elle n'est plus Bella, Charlie, murmura Alice. Ce n'est plus Bella...

Elle en a mis du temps avant de s'en rendre compte.

-Ne t'inquiète pas, Alice, tout va s'arranger, répondit mon père dans son éternel optimisme, tout va s'arranger.

Rien ne va s'arranger, Charlie, rien du tout.

J'étais à 2 doigts de perdre mon boulot si je ne revenais pas rapidement, car Victoria ne comprenait pas que j'allais mourir d'une tumeur au cerveau, j'allais perdre aussi mon appartement aussi vu que je n'avais pas d'argent sur mon compte et j'allais perdre ma vie aussi. Triste équation, n'est-ce-pas?

Je ne sais même pas comment je faisais pour rester ici car je n'avais pas d'assurance maladie et que les journées à l'hôpital coûtaient cher tout comme les soins que j'avais et allais avoir. Comment je faisais pour être encore ici? Je n'avais pas d'économie, pas d'argent placé sous le matelas et je n'avais encore moins reçu mon salaire de ce mois n'ayant pas travaillé. Je n'osais penser qu'ils avaient dépensé de l'argent pour moi, c'était un sacrifice idiot et inutile. Pour la première fois depuis des jours, je pris la parole volontairement:

-Comment suis-je encore ici?

Il y eut un silence, alors que mon regard était toujours plongé dans la contemplation de l'arbre en face de ma fenêtre.

-Co... Comment? S'enquit Alice.

-Tu as très bien entendu, répondis-je, glaciale.

J'entendis un hoquet de surprise puis des reniflements avant que la porte ne claque de nouveau. C'était mieux qu'elle parte, elle ne me verra plus comme ça.

-Qu'est-ce qui t'arrive, Bella? Demanda mon père avec une pointe de colère. Pourquoi es-tu comme ça? On ne veut que t'aider et, toi, tu...

-Je ne veux pas de votre aide! Dis-je avec haine.

Je le regardais, pour la première fois depuis des jours.

-Oh, ça suffit maintenant avec ta réaction de gamine de 5 ans! S'énerva-t-il en se levant de sa chaise.

-Ma réaction de gamine de 5 ans? C'est comme ça que tu me vois? Comme une gamine de 5 ans qui n'a pas eu ce qu'elle voulait? Comme une minable et horripilante gosse qui geint sur son lit d'hôpital? C'est ça, Charlie?

-Non... Je... Je ne voulais pas dire ça... Excuse-moi, je...

-JE M'EN FICHE DE TES EXCUSES! JE M'EN CONTREFOUS SI TU SAVAIS! JE VAIS MOURIR, CHARLIE! TU COMPRENDS, CA? MOURIR! JE NE VEUX NI VOTRE PITIE, NI VOTRE SOUTIEN ALORS ALLEZ-VOUS EN. TOI, ALICE ET EMMETT, NE REVENEZ JAMAIS PLUS ME VOIR, C'EST CLAIR! JAMAIS! Hurlai-je à m'en brûler les poumons.

Il avait les larmes aux yeux mais je m'en fichais, complètement. Personne ne méritait de voir des personnes qu'ils aiment mourir à petit feu et surtout pas eux. Je carrais la mâchoire et le moniteur s'emballa, comme s'il soutenait mon action de les faire sortir de cet Enfer. Charlie prit sa veste et claqua la porte aussi violemment que son fils l'avait fait.

J'étais de nouveau seule avec mes démons, et, pour l'instant, ça me suffisait. Mon regard se porta automatiquement sur l'arbre et je vis une fleur tomber lentement de sa branche, comme dans un ralenti de film. J'avais tout perdu, tout ce qui m'était cher et j'en souffrais silencieusement, comme je l'avais toujours fait. Je luttais contre les larmes, jusqu'à ce que la porte s'ouvre...

POV Edward

Soupir.

Énième soupir de la journée mais c'était comme ça depuis 4 jours maintenant. Elle n'arrivait pas à sortir de ma tête, c'était techniquement impossible. Pourtant, ce n'était pas faute d'essayer, en prenant plus de patients que la règle l'exigeait, en essayant de ne jamais rester seul sous peine que mes pensées me trahissent ou encore faire le ménage chez moi, alors que je n' étais pas vraiment un adepte. Mais qu'est-ce qui m'arrive bon sang? Comment ai-je pu tomber sous le charme de cette femme en moins de temps qu'il faut pour le dire?

Encore un soupir.

Décidément, j'étais vraiment mal barré ! Vraiment, vraiment mal! Ce n'était pas à cause de la « loi » de l'hôpital, ça j'avais fait une croix dessus depuis un bon moment, mais c'était le fait que, pour elle, je n'étais que le « Docteur Cullen » et rien de plus. J'avais perdu espoir, bien que son comportement me désarçonnait plus d'une fois, surtout la fois où Tanya avait mis son nez où il ne fallait pas. Quelle...! Je me retenais souvent de la jeter par la fenêtre, alors qu'elle essayait de me séduire, chose vaine mais elle n'avait pas compris, mais lorsqu'elle avait fait irruption dans la chambre 72, j'avais cru devenir fou!

Oublions ces pensées, et faisons le chemin inverse afin de laisser Rosalie s'expliquer avec son pompier. Comme si je n'avais pas vu comment elle le regardait! Et puis, ce n'était pas le genre de Rosalie de ramener un homme pour que je le soigne, surtout depuis qu'elle avait quitté ce connard de Royce. Ça avait été l'effarement pour Jasper, lorsqu'elle avait frappé à sa porte, mutilée, battue et violée. Je réprimais un frisson dans le dos alors que je vis ce dernier, appuyé contre le mur prés de la salle réservée au personnel, le visage fermé. Avait-il vu, lui aussi, comment Rosalie le regardait avec adoration? Bien sûr que oui, Edward, c'est son frère! Crétin!

-Alors? Me dit-il alors que j'étais arrivé à sa hauteur.

-Sa main est amochée, mais ça va.

-Je ne parlais pas de lui, me coupa brutalement Jasper.

Et bien, savoir que sa sœur est tombée sous le charme d'un pompier ne le ravit pas tant que ça finalement...

-Ah... Et bien, elle est restée avec lui donc...

À peine avais-je fini ma phrase qu'il fonçait déjà vers le cabinet de Carlisle. Je voulus le retenir mais je savais très bien qu'il ne m'écouterait même pas, je pouvais le comprendre. C'était sa sœur, il l'avait vu souffrir plus qu'il n'avait pu le supporter et il avait peur que le prochain, sur qui elle tomberait, serait autant salaud que Royce. Mais Emmett Swan n'était pas comme ça, et Jasper s'en rendra vite compte. Je regardais l'heure à ma montre, et j'eus un sourire en voyant que c'était le moment que j'attendais depuis prés de 5 heures. Je pris rapidement son dossier et marchai vers la chambre d'Isabella Swan, afin de demander ce qui s'était passé avec son frère.

Prés de la porte de la chambre, je pus voir Alice, son amie, pleurant tout en s'appuyant contre un des murs de l'hôpital et des cris venant de la porte. Je me figeai d'effroi quand le père de Bella sortit en trompe de la chambre, le visage fermé et les yeux brillants. Il prit Alice dans ses bras et cette dernière s'effondra sans aucune retenue. Elle parla à Charlie Swan, mais je n'entendis rien de là où j'étais et puis j'étais un minimum éduqué pour leur laisser de l'intimité. Ce dernier releva la tête lorsqu'il me vit et ses yeux montraient toute la peine qu'il éprouvait pour ne pas pleurer à chaudes larmes. Qu'est-ce qui a bien pu arriver pour que tout le monde autour d'elle s'effondre d'un coup? Ce n'était sûrement pas que à cause de sa maladie, autre chose devait être en cause, mais quoi?

-Bonjour, Docteur Cullen, murmura le chef de police de Forks.

Alice releva la tête et essuya ses larmes. Je lui fis un sourire rassurant, essayant de ne pas montrer mon anxiété face à ces crises de colère et m'approchais d'eux.

-Bonjour, dis-je d'une voix hésitante. J'allais demander comment vous alliez mais je crois que la question sera plus absurde que polie.

-En effet, mais c'est gentil de votre part.

-Est-ce en rapport avec votre fille? Je peux comprendre que cela est dur a accepté mais...

-Je ne sais plus quoi faire, m'avoua-t-il, désemparé. Elle ne nous parle plus depuis des jours et, là, elle refuse notre aide sous prétexte qu'elle... qu'elle croit que sa vie...

Il finit sa phrase dans un sanglot étouffé. Était-ce à cause d'elle tout cela? Le malheur de son entourage? Je fronçais les sourcils, plus surpris qu'autre chose. Lorsque je lui rendais visite, toujours seul avec elle, elle me parlait et ne montrait aucun signe de colère. Est-ce que je devais le dire, au risque d'inquiéter la famille ou non?

-Ne vous inquiétez pas, dis-je prenant la décision qu'il fallait, c'est souvent comme ça lorsque le patient apprend une nouvelle aussi lourde que celle de votre fille, Monsieur Swan, il faut qu'elle assimile elle-même cette information. Prenez du recul quelques jours, je vous appellerai pour vous tenir au courant de son état de santé, cela vous convient?

Il hocha la tête gravement alors qu'Alice hocha timidement la tête.

-Prenez soin d'elle, Docteur Cullen. Tu viens, Alice? Me demanda-t-il.

-Juste une minute, Charlie.

Il lui fit un petit sourire et partit en direction des ascenseurs de l'étage.

-Vous vous souvenez de ce que je vous aie dit, il y a quelques jours? S'enquit-elle d'une voix tremblante.

-Oui, déglutis-je.

-Ne perdez pas espoir, Docteur, Bella est têtue mais elle ouvrira vite les yeux. Bonne journée.

Elle s'en alla, me laissant en plan, totalement perdu pas ses paroles. Elle aurait pu être une voyante, ça aurait été encore plus clair!

-Attendez! L'appelai-je en me retournant.

Mais elle avait déjà disparu de la circulation. J'aurais pu la suivre, courir derrière elle pour lui demander des explications mais une partie de moi me disait que je devais m'abstenir, alors je l'écoutais. Les gens, qui passaient prés de moi, me regardaient comme si j'étais le dernier des crétins, ils ont pas vraiment tort, avec des yeux grands ouverts ou les sourcils froncés. Je lançais un regard glacial pour ceux qui avaient eu le malheur de me croiser et toquais à la chambre 72. Personne ne répondit et mon coeur fit un bond. D'habitude, j'avais toujours le droit à un « Entrez » timide mais là... rien, le néant vocal dans la chambre. Ça promettait! J'entrais quand même, bien que je n'avais pas vraiment l'habitude de faire ceci, et fermais rapidement la porte. Elle se trouvait toujours là, celle qui hantait mes journées, assise dos contre le lit de l'hôpital, le regard encore et toujours plongé dans cette fenêtre mais l'expression de son visage trahissait une réelle émotion. Avait-elle peur ? Était-elle en colère aprés les paroles blessantes qu'elle avait dites à ses proches? Triste du mal qu'elle leur faisait? Ou simplement éreintée de l'hôpital?

Je fis quelques pas vers elle, hésitant du tout de même à m'approcher, quand sa voix s'éleva dans la chambre:

-Bonjour, Edward.

Mon rythme cardiaque ralentit pour repartir à vive allure, comme à chaque fois qu'elle m'appelait par mon prénom. C'était idiot, car tout le monde m'appelait Edward dans le service mais la mélodie de sa voix me faisait penser que j'avais un prénom merveilleux à ses yeux. Sa y est, on reperd encore Cullen là!

-Bonjour, Bella. Comment vas-tu?

-Il y a des jours meilleurs, m'avoua-t-elle tristement.

Il y eut une alarme dans ma tête qui prévoyait que tout cela n'allait pas être de tout repos. Alerte!

-Je... C'était une question idiote... Excuse-moi... Je...

-Non, c'était une question subtile surtout que je suis sur un lit d'hôpital dans l'étage des soins intensifs.

Son ton était froid, sec, aussi dur que ça m'atteignit directement au visage. Je n'avais pas l'habitude qu'elle me parle comme cela, d'habitude elle était chaleureuse et il lui arrivait de rire à mes paroles, bien que c'était rare mais, là, toute joie s'était envolée de son corps. Disparue.

-Euh... Oui... Désolé.

-Et arrêtez de vous excuser tout le temps, nom de Dieu! Vous êtes tous pareils, à vous excuser pour rien!

-C'est peut-être parce qu'on le pense réellement, Mademoiselle Swan, et qu'on ne le fait pas par pure charité, répliquai-je piqué au vif.

Elle se retourna vers moi en plantant son regard dans le mien. Contraste fulgurent avec son humeur massacrante. Je pouvais voir que ses yeux étaient humides de chagrin, qu'ils étaient ternes et non lumineux comme j'avais eu l'occasion, à maintes reprises, de le voir. Je m'en voulus de suite pour mes propos déplacés. Comment avais-je pu élever la voix contre une patiente? Et surtout contre elle? Tu n'es qu'un idiot!

-Je suis désolée, murmura-t-elle, c'est... c'est les nerfs qui lâchent... Je... Pardonne-moi...

-Ce n'est rien, je comprends que la situation t'échappe.

Elle ne répondit rien, mais c'était inutile. Je côtoyais assez de malades pour savoir un minimum ce qu'ils ressentaient pendant ces moments-là, bien que je n'étais pas vraiment eux, que ce n'était pas moi le patient. Je compris qu'elle se renfermait sur elle-même, que savoir que le monde extérieur tournait sans elle devait être insupportable, que de savoir qu'elle faisait de la peine autour d'elle devait lui paraître injuste. Certains patients se plaignaient d'eux, envoyant balader les gens autour d'eux car, d'après eux, ils ne les comprenaient pas, se fichaient d'eux et j'en passe. C'était triste, en somme, mais, pour moi, le cas d'Isabella Swan restait à part.

-J'ai soigné ton frère, repris-je tout en me postant contre un des murs ternes de la chambre.

-Tu... Tu as quoi? Balbutia-t-elle.

-J'ai soigné ton frère car il s'est fracassée sa main, celle encore valide, contre un mur.

Elle pâlit d'un coup et je crus qu'elle allait faire une syncope sous mes yeux. Elle cligna plusieurs fois des yeux, complétement hébétée et elle détourna les yeux quand ils rencontrèrent les miens.

-Je... Je ne... voulais... pas faire ça, souffla-t-elle, épuisée. Je ne veux pas leur faire de mal, ils sont trop précieux à mes yeux pour ça, mais... J'ai tellement mal que je n'ai pas la force de me battre. Je suis fatiguée, Edward, et je veux que ça s'arrête...

Et moi dont! Je donnerais n'importe quoi pour que tu sois en bonne santé, n'importe quoi...

-Je ne peux pas te dire que je comprends ce que tu ressens, Bella, car je ne suis pas à ta place, mais tu dois te battre, pour tes amis, ta famille et pour ton avenir. Tu as encore la vie devant toi, tellement de choses que tu n'as pas encore vécues, ne voudrais-tu pas les vivre? Ne voudrais-tu pas avoir un petit-ami? Te marier? Avoir des enfants? Avoir un travail que tu aimes? Ne voudrais-tu pas tout cela, Bella?

Elle n'avait pas bougé, toujours les yeux rivés sur le drap de l'hôpital mais les sourcils froncés à l'extrême. Depuis quelques jours, j'avais appris quelques unes de ses mimiques, entre autre que lorsqu'elle faisait ce geste-là, c'était le signe qu'elle réfléchissait profondément.

-Si, j'aurais voulu tout cela mais, maintenant, à quoi bon? Je suis condamnée, tu me l'as dit toi-même, je n'ai presque aucune chance de survie, je ne sais même pas si je pourrais fêter mon prochain anniversaire. Je fais du mal au peu de gens autour de moi par mon comportement, et ce n'est pas ce que je veux. Je ne peux pas faire comme si de rien n'était mais je voudrais vivre ma vie, enfin le peu de temps qui me reste, à peu prés normalement. J'ai une vie, aussi ennuyeuse soit-elle, à l'extérieur de ses murs et je compte la récupérer. J'ai un travail, bien que je ne compte pas faire ça toute ma vie, un rêve et un appartement à payer alors... alors je... je crois que j'ai assez vu ces murs blancs hideux pour le restant de mes jours.

Je me figeais d'effroi à ses paroles. J'avais effectivement dit qu'elle avait une chance infime de survivre mais... mais c'était avant, maintenant je... Tu quoi? Tu n'as pas le médicament miracle dans ta blouse blanche, Edward, et tu le sais. Elle avait une si piètre opinion d'elle que s'en était désespérant. C'était la femme la plus désarmante qu'il m'est donné de voir mais cela ne changeait en rien le fait qu'elle soit exceptionnelle à mes yeux. Elle préférait ruiner sa santé pour que sa famille ne soit pas malheureuse de la voir dans un hôpital. Quelle personne censée ferait ça ? Mais bien vite, tout bascula vers un mauvais côté. « … je crois que j'ai assez vu ses murs blancs hideux pour le restant de mes jours...» Avait-elle l'intention de...? NON!

-Tu... tu veux dire que...? M'enquis-je en perdant mes mots.

-Je voudrais avoir les papiers de sortie, Edward. Il est temps pour moi de reprendre ma vie telle qu'elle l'était avant.

Ta dam!

Vous ne vous entendiez pas à cela, n'est-ce-pas?

D'abord, Emmett/Rosalie, comment trouvez-vous leurs « retrouvailles »?

J'ai mis pas mal de temps avant de trouver un moyen de les mettre ensemble mais cette idée m'a plu. Ils pensaient à l'autre presque constamment et ils sont tout les 2 en pleines détresse. Les réunir pourraient leurs faire s'aider mutuellement.

Ne vous inquiétez pas, le rapprochement Alice/Jasper va se faire d'ici peu. Je sais comment mais je ne sais pas encore où le placer, enfin vous verrez bien.

Et pour Bella? Ça, c'est une autre histoire me diriez-vous et c'est vrai car les 2 tourtereaux ne sont pas prés à être ensemble, en tout cas pas dans le prochain chapitre, ça c'est sûr.

Je vous rappel que les personnes qui sont à l'hôpital, atteint d'une maladie grave ne sont pas obligé de rester là-bas, ils peuvent se soigner – ou pas – chez eux.

Comment va réagir Edward, face à cela?

Et Bella, va-t-elle reprendre sa vie d'avant, comme elle le souhaite?

Charlie, Alice et Emmett?

Toutes les réponses, dans le prochain chapitre!

Merci de votre passage et n'hésitez pas à donner votre avis,

Clairouille59.

-(*) Monosyllabe = Une petite dédicace à mon amie Maud, elle a une fâcheuse tendance à répondre de cette manière...