Hello tout le monde!

Désolée pour ce retard, mais j'ai eu une coupure d'internet depuis lundi dernier jusqu'au samedi qui m'a empêchait d'envoyer mon chapitre à ma correctrice.

J'espère que ce chapitre vous plaira parce que, même si j'ai eu une petite coupure d'internet, j'ai vraiment eu dû mal à écrire ce chapitre, vous verrez au cours de votre lecture.

Pas de James aujourd'hui, je vous rassure, parce que j'ai vu que la « séance » dans la boutique avec Victoria et lui, vous a choqué!

Réponses aux personnes sans compte:

-Diana: Heureuse que mon chapitre t'es plus! Edward est là pour Bella, mais il y a quelques tâches sur le tableau, n'est-ce-pas? Et désolée, mais James sera toujours là par contre... Je sais, c'est pas drôle... Bisous comme même!

Merci à: Triskelle sparrow, Bellaandedwardamour, Aliiice, mamoure21, soleil83, Robangel, Diana, Mayawa, Virginie-de-TN, Twilightgeneration, Sandjr, Krine69, mimie30, , DavidaCullen, Em 81, caropat07 et MyriamSM pour vos reviews.

Merci à: Sloubi, Lisyliana, mili45, , Louna21, pour m'avoir mise en story alert ou favorite story.

Je vous souhaite une bonne lecture:

Clairouille59.

Merci à Phika17 pour sa correction! (L)

\!/Attention: Arrivé d'un nouveau personnage, qui trouvera qui c'est?

Disclamer: Tous les personnages appartiennent à SM.

Chapitre 14 : Des âmes déchues

Samedi 7 novembre 2010

POV Charlie

Voilà 2 semaines que le fils Cullen a rendu visite à Bella et... toujours rien. Le néant. Le vide total. Ça faisait mal de se dire que sa propre fille ne veut pas vous parler, sous prétexte qu'elle ne veut pas vous faire de mal ni à votre famille. Comment tout ça a pu arriver? Comment tout ce déluge a pu nous tomber sur la tête? Étions-nous de si mauvaises personnes que ça?

Quelle terrible pensée que se dire que votre propre fille refusait de vous voir! C'était un déchirement, surtout que nous n'allions pas non plus la voir, sous ordre de l'ami du fils Cullen, un psychologue, Jasper Withlock. Un chic type et, apparemment, il était tombé sous le charme de notre petite Alice, mais avait été un parfait gentleman en ne tentant rien à cause des récents événements. Mais cette dernière était tellement chamboulée et touchée par Bella qu'elle ne remarquait rien et s'était renfermée sur elle-même. D'habitude, si spontanée, joyeuse et souriante, elle était passée au stade de fade, triste et inactif. Même les magasins ne la stimulaient pas!

Et je ne parlais pas d'Emmett, mon fils, qui, lui, refoulait toute sa colère sur une seule et unique personne: lui-même. Alors qu'il avait déjà le bras cassé à cause d'une intervention, et les doigts de l'autre main complètement explosés car il avait frappé, volontairement, un mur, maintenant c'était sa tête qui avait pris un coup. Le fils Cullen avait dû faire quelques points de suture sur son arcade sourcilière, et dire à Rosalie de le surveiller. D'ailleurs, heureusement qu'elle était là, « l'amie » d'Emmett. Amie? Et puis quoi encore? J'avais bien vu leurs regards, leurs gestes, même lorsqu'elle posait rien que sa main sur son bras pour le calmer, c'était de l'amour où je ne m'y connaissais pas. Bien que je ne disais rien, aprés tout ce n'était pas ma vie mais celle de mon fils et j'avais vu assez de filles défiler, je n'étais pas dupe mais était, d'un certain côté, heureux.

Mais ce n'était pas au goût d'Alice, qui prenait soin de rappeler qu'elle n'était pas de la famille, qu'elle n'avait rien à faire ici et j'en passe, mais, Rosalie ne répliquait jamais, baissant le regard à chaque fois. Qu'est-ce qui a bien plus lui arriver, à cette petite, pour se laisser faire ainsi? Moi, je réprimandais souvent Alice, mais elle s'en fichait, cette petite têtue pas plus haute que trois pommes. Je pensais qu'elle était jalousie d'elle, pas parce que Rosalie était avec Emmett, mais parce qu'il avait, ENFIN, trouvé l'amour, le vrai. Je me disais qu'elle ouvrirait les yeux bien assez tôt sur l'ami d'Edward. Tout le monde avait droit au bonheur aprés tout.

Pour ce qui est de ce dernier, disons que je ne comprenais pas vraiment ses attentions. Il nous avait aidé, plus que n'importe qui, surtout envers Bella et mon instinct de père me disait qu'il y avait anguille sous roche. Je ne sais pas ce qu'il cachait celui-là, mais j'avais un étrange pressentiment. Pas un mauvais, mais juste celui qui vous faisait trop réfléchir. Mais c'était un chouette type, autant que l'étaient ses parents, qui m'avaient appelé pour exprimer leur soutien, alors je ne lui posais pas trop de questions. Et puis, il avait l'air touché par ce qui arrivait à Bella. Il paraissait plus fatigué à chaque fois qu'il venait nous rendre visite, pour savoir si on avait de ses nouvelles, ses cernes s'accentuaient jour aprés jour, son regard était éteint et, souvent, je l'avais vu à la limite de pleurer. Pourquoi un tel comportement?

Et puis, alors que l'absence de Bella se faisait de plus en plus ressentir dans notre famille, et que nous étions tous à cran, je me plongeais dans mon boulot avec la police de Seattle. Vu que je n'étais pas à Forks pour des raisons personnelles, ce que le « grand patron » avait évidemment compris, et encore heureux, l'enquête piétinait littéralement. Aucun indice. Aucun suspect. Aucune description. Mais toujours le même schéma. Toujours en forêt. Toujours violées. Toujours mortes suite à leurs blessures. Mais toujours rien. Pourtant, il y avait des patrouilles dans toute la forêt de Forks, mais le tueur réussissait à accomplir ses crimes infectes sur notre territoire. Il passait tout le temps dans les mailles du filet pour repartir comme un petit poisson dans l'eau. Salaud! C'était une pourriture, et il méritait d'être enfermé et de recevoir la peine de mort (*). J'avais du mal à fermer l'œil la nuit, surtout par le manque de ma fille, mais savoir qu'un malade pareil courait encore les rues, me rendait malade.

C'est vrai que nous n'étions pas des Saints, mais personne ne l'était vraiment, alors pourquoi tout ça? Pourquoi tous ces événements soudains? Pour couronner le tout, alors que Bella était malade, qu'elle voulait se laisser mourir, ne voulait plus nous voir, que la famille était à cran et que l'enquête n'en finissait pas, un coup de téléphone venait envenimer les choses. Comme si j'en avais pas assez! Il a fallu qu'ils nous recontactent, à mon plus grand damne et malheur. J'avais tout fait pour qu'ils vivent loin de nous, loin de leurs idées psychotiques et malsaines de la famille. Alors pourquoi ce retour?

Une seule réponse: Bella. Elle a été la source de leur « retour aux sources » vers chez nous, et cela me dégoûtait. Revenir aprés des années d'absence et d'ignorance, tout ça pour faire bonne figure, me révulsait au point que si je m'écoutais, je les aurais mis dans une cellule moi-même. Des êtres arrogants, infâmes et égoïstes ne méritaient pas la liberté, et encore moins de revenir dans nos vies.

Je n'avais jamais imaginé perdre un enfant, car en toute logique, je partirais avant eux, mais le fait que je savais Bella atteinte d'une maladie grave et que, si elle ne prenait pas rapidement ses médicaments - mots d'Edward -, elle serait condamnée, était une chose déchirante au fond de soi. J'étais le père, je devais mourir avant elle, pas le contraire! Était-ce pour cela qu'ils étaient revenus dans nos vies alors que nous ne les avions pas appelé? Juste parce qu'ils croyaient Bella mourante? Ils me donnaient envie de vomir...

-Vous devriez prendre quelques heures de repos, chef Swan, me dit l'inspecteur Smith, un des gars qui était avec moi, pour les meurtres de Forks.

-Vous avez raison, admis-je bien malgré moi, quelques heures de repos me feront du bien. Appelez-moi s'il y a du nouveau.

-Bien sûr, chef.

Mais il n'y aura pas de nouveau, comme toujours... Dehors, les nuages de fumée des véhicules, les klaxons et les paroles de marcheurs courageux perturbaient mes sombres pensées, mais, en y pensant d'un peu plus prés, c'était mieux ainsi. Ma voiture de fonction se trouvait devant moi mais sa vue me donnait envie de faire demi-tour. Pourquoi? Car mon logement temporaire était chez Emmett et que je savais que je ne devais pas garder ce secret plus longtemps pour moi tout seul. Déjà 5 jours Charlie, il faut que tu leur dises! Je sais mais ça va être dur, bien qu'il n'y avait qu'Emmett qui était vraiment concerné, Alice ne sera pas des moindres, et je ne parle même pas de Bella quand elle aura la nouvelle. Est-ce que ça se répercutera sur sa santé, déjà précaire?

Courage Charlie! Je pris mes clefs, ouvris ma voiture et m'y engouffrai avant d'être fauché par un véhicule qui prenait ses aises. Il n'y avait pas de fou du volant à Forks...Ma petite ville tranquille me manquait aussi! Je soupirai et mis la première, direction chez mon fils, avec le coeur battant à tout rompre dans ma cage thoracique. Reprends-toi, Swan! Me donnant une claque mentale, je me garais prestement sur une place de parking libre, pour une fois, devant l'immeuble de mon fils. On peut dire qu'il avait bien réussi dans la vie, il était passé pompier de la ville de Seattle, avait un bel appartement et avait trouvé l'amour, même si les conditions de cette rencontre était assez funeste.

Je pris l'ascenseur jusqu'au 4éme étage, mes vieux os ne me portaient plus, aprés avoir passé le badge pour entrer dans le hall. Lorsque j'arrivais devant l'appartement d'Emmett, je n'entendis pas un chat à l'intérieur. Est-ce qu'ils étaient partis faire un tour? Je mis la clef dans la serrure et pénétrai dans l'antre étrangement silencieux. Le spectacle aurait pu être drôle si les intentions n'étaient pas cruelles. Alice était assise sur le canapé du salon, les genoux ramenés sur elle-même et complètement ailleurs alors qu'Emmett et son « amie » s'étaient réfugiés dans la cuisine ouverte, assis l'un en face de l'autre au comptoir. Emmett avait sa tête entre ses mains, alors que Rosalie passait une main aimante dans ses cheveux coupés courts en lui murmurant des paroles sûrement rassurantes et apaisantes. Lorsqu'elle me vit, elle me fit un sourire timide et parla à Emmett. Ce dernier se retourna et me salua:

-Salut Papa, marmonna-t-il. Alors? Ça avance toujours pas?

Il avait toujours eu le don d'avoir des questions franches celui-là!

-Bonjour fiston! Non, toujours rien, soupirai-je en pendant ma veste et mon arme de service, aprés avoir enlevé les balles, sur un porte-manteau. Et toi?

-Toujours aucune nouvelle d'elle, ragea-t-il.

Ah? Il était passé du chagrin à la colère en une demi-journée?

-Alice? L'appelai-je.

-Bonjour Charlie, chuchota-t-elle entre ses genoux.

Bon, je crois que l'ambiance n'était pas au beau fixe ici. Je me raclais la gorge, mal à l'aise de devoir être le centre d'attention et surtout des questions qui vont fuser aprés ça, ou les cris aussi...

-Est-ce que vous pouvez venir, les 2 tourtereaux? Demandai-je.

-Papa, nous...

-Je ne suis pas idiot, fiston! Grognai-je. Je suis peut-être vieux, mais pas encore aveugle!

Emmett eut un regard embarrassé envers son amie alors qu'elle abordait un sourire heureux. Elle déposa un baiser sur la joue de mon fils et ce dernier rayonna littéralement de bonheur. Qui aurait cru qu'Emmett trouverait chaussure à son pied? Emmett s'assit dans un fauteuil, seul, alors que sa compagne se plaça derrière lui. Alice, n'avait pas bougé d'un pouce, ni fait une quelconque réflexion d'ailleurs...

-Bon alors? S'impatienta Emmett. Qu'est-ce que tu veux nous dire?

Je me grattais la nuque, baissant les yeux vers mes pieds beaucoup plus intéressants tout à coup. Comment allais-je annoncer la nouvelle alors que ce n'était pas vraiment le moment? Certes, ça ne serait jamais le bon moment mais si je tardais trop, ça serait encore pire et ils viendrait directement ici, chose qui était inconcevable.

-Tu as eu des nouvelles de Bella? S'exclama Alice. Elle est venue te voir au commissariat? Elle va venir nous voir, aussi? Est-ce qu'elle va bien? Est-ce qu'Edward a réussi à la convaincre?

C'était touchant de voir à quel point elle comptait sur l'aide du fils Cullen, mais c'était vain et j'espère qu'elle n'était pas si naïve pour le croire.

-Non, non, ce n'est pas à propos de Bella, Alice, répondis-je.

Il y eut un soupir de la part d'Emmett, des yeux fermés pour Rosalie et les larmes perlant aux coins des jolis yeux de notre Alice. Je m'excusais d'un regard, ne voulant pas m'attarder sur ce sujet délicat, bien que celui que j'allais aborder, n'était pas agréable non plus.

-J'ai quelque chose d'important à vous dire, annonçai-je, gravement.

POV Alice

Bella me manquait. Énormément même, mais, ça, elle ne le savait pas. Elle était chez elle en train de se laisser mourir, comme l'idiote qu'elle était. Bella! C'était la seule amie que je n'avais jamais eue, car les autres me trouvaient trop folle pour eux, ou juste différente mais ma Bella, ma petite Bella, m'avait accueillie les bras ouverts, timidement. Nous n'avions que quelques années, 4 ans, tout au plus, mais elle était déjà d'une générosité incroyable et 19 ans aprés, c'était toujours le cas.

Pourquoi vouloir vivre comme une martyr jusqu'à la fin de sa vie?

Comment croire que nous allions mourir alors que nous avions des chances de survie?

Pourquoi se renfermer et vivre tout seul alors que toute une famille était avec nous?

Pourquoi refuser l'évidence?

C'était si dur de vivre sans elle au quotidien! De ne pas la voir furieuse car je veux l'emmener faire du shopping, de pas la voir rire, se mordre la lèvre, rougir quand elle est embarrassée ou juste savoir qu'elle va bien. Ce n'était que ma meilleure amie, mais je la considérais comme la sœur que je n'aie jamais eu la chance d'avoir, une confidente, une épaule sur qui pleurer, une personne sur qui compter lorsque nous avions besoin d'elle, une personne à aimer, tout simplement.

Mais, maintenant, ce n'était plus pareil, rien n'était plus pareil chez les Swan, et ça faisait mal, terriblement mal. Déjà, Bella n'était pas présente avec nous, c'était déchirant, mais le fait de savoir que l'autre poupée Barbie était avec nous, presque tout le temps, me rendait irritable. Elle n'avait rien à faire ici, elle n'était pas de notre famille et puis, comment Emmett a pu « tomber amoureux » alors que c'était un coureur de jupon reconnu jusqu'en Arctique? C'est juste parce qu'elle était bien foutue et qu'elle lui faisait ce qu'il veut, rien de plus. Elle était si aimable, si gentille et si serviable qu'il lui manquait plus qu'un tablier de serveuse pour être la parfaite boniche. Sale peste! Si elle croyait qu'elle pourrait remplacer Bella dans notre famille, elle se trompait royalement car, tant que je serais en vie, cela n'arrivera pas! Foi d'Alice Brandon!

Une clef tourna dans la serrure, m'informant que Charlie revenait de son travail. J'entendis Blondie discuter avec Emmett, d'un ton doux et calme, j'avais envie de vomir sur ses chaussures de marque Italienne tiens!

-Salut Papa, marmonna Emmett. Alors? Ça avance toujours pas?

Comme si ça allait avancer!

-Bonjour fiston! Non, toujours rien, soupira Charlie. Et toi?

-Toujours aucune nouvelle d'elle, grogna-t-il.

Comme si nous allions avoir de ses nouvelles! C'était de Bella qu'on parlait, gros crétin, pas de ta poupée Barbie!

-Alice? S'enquit le père de mon amie.

-Bonjour Charlie, dis-je tout bas, complètement dans un autre monde.

-Est-ce que vous pouvez venir, les 2 tourtereaux? Demanda ce dernier.

-Papa, nous...

-Je ne suis pas idiot, fiston! Gronda-t-il. Je suis peut-être vieux, mais pas encore aveugle!

Pas besoin de les regarder pour voir qu'ils roucoulaient comme deux vielles pies sur un arbre ceux-là! J'entendis un bruit horrible de bave et je fermais les yeux pour ne pas voir une scène qui me choquerait à vie. Âme sensibles, s'abstenir! Les 2 crétins, s'approchèrent de nous et s'assirent, pour Emmett, dans un fauteuil seul alors que l'autre se tint derrière lui. Je pris soin de ne pas rencontrer son regard faux-cul.

-Bon alors? S'impatienta Emmett. Qu'est-ce que tu veux nous dire?

Charlie se gratta la nuque, baissant les yeux vers ses pieds, mal à l'aise. Tout comme Bella, détestant avoir de l'auditoire! Bella...

-Tu as eu des nouvelles de Bella? M'exclamai-je, soudainement. Elle est venue te voir au commissariat? Elle va venir nous voir, aussi? Est-ce qu'elle va bien? Est-ce qu'Edward a réussit à la convaincre?

Edward... La seule personne qui comprenait un peu ce que je vivais. Pas que j'étais tombée amoureuse de lui, bien qu'il n'était pas mal dans son genre, mais le fil passait bien entre nous et c'était un gars bien. J'avais vu les regards qu'il lançait sur Bella, ou ses yeux qui pétillaient quand il parlait d'elle, il fallait être aveugle pour ne pas voir qu'elle ne l'avait pas laissé indifférent.

-Non, non, ce n'est pas à propos de Bella, Alice, répondit Charlie, coupant court à mes pensées.

Il y eut un soupir de la part d'Emmett, des yeux fermés pour la chose et mes larmes qui menaçaient de couler pour ma part. Charlie s'excusa d'un regard et je voulus lui sourire pour lui dire que ce n'était pas de sa faute mais je n'y arrivais pas...

-J'ai quelque chose d'important à vous dire, annonça-t-il d'un ton sérieux.

Mes sens se mirent en alerte, et un frisson me parcourut de la tête aux pieds. C'était pas bon quand il disait ça, pas bon du tout même, et je l'avais appris à mes dépends.

-Qu'est-ce qui peut être pire que de ne pas voir Bella? Rangea Emmett.

-Peut-être de voir ta poupée Barbie toute la journée? M'aventurai-je.

Je regardais Emmett qui devint rouge de colère, il en fallait peu pour qu'il s'énerve surtout quand je parlais de celle qui devait bien occuper ses nuits. Cette dernière, avait, comme d'habitude, la tête baissée et les mains crispées sur l'appui du fauteuil. Intérieurement, je jubilais de l'effet que je lui faisais.

-Ne recommence pas, Alice! S'énerva Charlie.

-Quoi? Mais c'est vrai! Elle n'a rien à faire là, et tu le sais tout comme moi!

-Elle est de la famille, maintenant, que tu le veuilles ou non!

Je fulminais intérieurement. Ils essayaient de remplacer Bella, ses 2 tarés! Contre... elle? Cette chose bonne à exposer dans une vitrine de magasin de lingerie? Bella était irremplaçable!

-Elle n'est rien pour nous, sauf la nouvelle conquête d'Emmett qu'il va utiliser puis jeter par la suite! C'est un coureur de jupon, un mec qui pense qu'avec ce qu'il a entre les jambes et tu le sais Charlie, mieux que quiconque!

-Tout ce que je sais, c'est que tu as changé. Tu n'es plus la Alice qu'on a connu.

C'était donc ça? C'était moi qui avais changé? Moi qui foutais la merde dans la famille? C'était trop, il fallait que je sorte prendre l'air, changer de lieu et ne plus voir la face sillonnée de l'autre pétasse qui se prend pour la nouvelle Bella. Elle pleure? Bah tant mieux, au moins elle comprenait qu'elle ne sera jamais rien pour moi!

-Ne pleure pas, Rose, je t'en prie, murmura Emmett en la prenant dans ses bras.

Tans de mièvrerie me donnait la nausée, d'amour dégoulinant et de sympathie pour elle était abjecte! Pourquoi n'ouvraient-ils pas les yeux? Pourquoi ne voyaient-ils pas, comme moi je voyais? C'était insensé!

-Tu es contente de toi, je suppose? Me demanda Emmett.

-Oui, et je serais comme ça jusqu'à ce que tu la vois réellement! Criai-je.

-Je la vois comme la femme que j'aime. Est-ce cela qui te dérange? C'est que moi, je suis tombé amoureux et pas toi?

-Qu'est-ce que j'en ai à fiche de l'amour! Ce n'est pas ça le problème, juste que vous essayez de remplacer Bella par elle!

-Comment... Comment peux-tu croire ça? Murmura Charlie, abasourdi. Bella est ma fille, Rosalie est la petite-amie d'Emmett, rien de plus. Comment...?

-Je ne veux pas remplacer Isabella, répliqua l'autre, en pleure. Jamais je ne ferais ça!

-Toi, je ne t'ai pas parlé! Contrai-je.

-Ne lui parle pas comme ça, Alice! Cria Emmett. Ce n'est pas un chien!

-Calme-toi, Emmett...

-Calme-toi, Emmett, imitai-je. C'est pitoyable, tu es pitoyable ma pauvre fille! Tu ne sers à rien et jamais tu ne seras quelqu'un!

Cette dernière se recula d'Emmett, alors qu'un combat du regard s'affronta entre nous 2. Je ne la lâchais pas, même lorsqu'elle se tint devant moi, me dominant d'une tête blonde. Sa main partit comme un boulet de canon sur ma joue, renversant ma tête vers la gauche d'une violence rare. Un grand « clac » s'abattit dans la pièce, avant que le silence s'installe, pesant. Je tins ma joue douloureuse, sûrement rouge par la force qu'elle avait mi alors qu'Emmett la regardait, étonné mais, sans bouger.

Il avait donc choisi.

Ils avaient choisi.

-Je ne te connais pas, Alice Brandon, mais je ne t'ai jamais jugée pour autant alors pourquoi te permets-tu de faire la même chose avec moi? Tu ne sais rien de moi, tu n'imagines pas ce que j'ai dû subir avant de rencontrer le frère d'Isabella alors, maintenant, si tu as quelque chose à me reprocher, c'est maintenant ou jamais!

Je me tus, laissant couler le venin dans mes veines. Je la fusillai du regard et pris mon sac à mes pieds. Sans un mot de plus, je claquai la porte et partis. Voilà la deuxième personne qu'ils avaient perdue et je leur espérais bien du bonheur! Je mis les clefs dans ma voiture et m'y réfugiai dedans, sans savoir où aller, ni que faire. Je me sentais encore plus seule, alors que ma meilleure amie refusait de me voir, que ma seconde famille avait choisi l'autre Barbie, que je n'avais pas le moral pour aller rendre visite à mes parents. Mon portable sonna et, voyant l'expéditeur, j'eus un tilt dans ma tête.

-Salut Angela! M'exclamai-je en cachant mon chagrin.

-Hé ma jolie! Comment vas-tu depuis le temps? Ça fait un bail qu'on ne s'est pas vues!

-Je vais bien, et toi? Toujours avec Ben?

-Toujours! Rit-elle. Et tu sais quoi? On va se marier!

D'habitude, j'aurais déjà sauté au plafond et prévu toutes sortes de tissus pour les tables, mais là... rien...

-C'est génial! Félicitation!

-Merci! Est-ce que tu es toujours à Seattle?

-Oui, pourquoi?

-On réside dans un appartement de la famille de Ben, tu ne voudrais pas rendre visite à une vielle connaissance?

-Oui, bien sûr! Dis-moi l'adresse et j'arrive de suite!

-Je n'ai pas réussi à joindre Bella, si tu es avec elle, elle est la bienvenue aussi!

Bella... Non, elle n'était pas disponible pour le moment...

-Elle travaille, mentis-je minablement. Mais je lui donnerais ton adresse pour qu'elle vienne te rendre visite.

Après quelques autres messages de politesse et d'autres conneries de ce genre, je mis plein gaz vers Angela et son copain, les larmes coulant lourdement sur mes joues.

POV Edward

Je me noyais littéralement dans mes révisions pour les examens de pré-noël, sinon j'avais les pensées tournées vers la personne qui hantait déjà mes nuits. Isabella Swan. Voilà 2 semaines que je ne l'avais pas vue, 2 putain de longues semaines que je regardais mon téléphone toutes les 3 secondes et 2 putain de semaines que je n'avais toujours aucune nouvelle. Je me faisais peut-être des idées, peut-être que sa promesse n'était que du vent, ou qu'elle avait pris sa décision bien avant que je lui donne mon numéro. M'étais-je trompé de chiffre?

Mes parents s'inquiétaient, Jasper aussi, ainsi que Rosalie, qui étaient venus me voir quelques jours plus tôt, n'ayant pas de mes nouvelles. Je m'étais excusé auprès de mon père, trouvant que mon comportement était lamentable, mais, contre toute attente, il s'était excusé lui-même en m'avouant qu'il était heureux que son fils touche enfin à l'amour. J'avais légèrement souri, mais il n'était pas dupe, il savait mon histoire. Jasper m'avait balancé, et je ne fus pas du tout surpris qu'il ait deviné ce qui me tracassait depuis 1 mois, maintenant. Il était psychologue, il ne voulait que le bien de ses patients, même si je lui avais rappelé que je n'en étais pas un. Il m'avait gentiment chambré en me disant que mon tour viendrait aussi. Sympa l'ami! Rosalie et Esmée rayonnaient littéralement de bonheur, et, croyez-moi, je ne mâche pas mes mots. Venant de ma mère, je n'en fus pas surpris car depuis le temps qu'elle voulait une belle-fille mais Rosalie était si heureuse que c'était dur de ne pas l'être aussi. Un peu...

Dire que je devenais fou était un doux euphémisme car je crois que plus les jours passaient, et plus je perdais les neurones que j'avais encore. Je savais que ce n'était pas une bonne idée de me morfondre comme ça, mais je n'avais goût à rien. J'avais envie de ne rien faire, juste de me plonger dans mes révisions, ou mon boulot d'Interne, lorsque j'étais de garde, et ça me faisait du bien. Bella n'était jamais très loin dans mon esprit, ça c'était une certitude, mais les patients tournaient mes pensées dans un autre champ de vision beaucoup moins sombre que les miens. Elle me rendait fou! Lorsque j'en avais vaguement parlé à Jasper, il m'avait dit que j'étais complètement accro à elle et que, si elle refusait de me voir, j'allais finir en dépression. J'adore ce genre de diagnostic!

Mon téléphone fixe sonna et je n'eus aucun mal à savoir qui c'était. Je décrochais, soupirant en étant sûr d'avoir la morale de la part de ma mère:

-Bonjour maman!

-Bonjour mon chéri. J'ai eu peur que tu ne décroches pas. Comment vas-tu?

J'ai envie de sauter d'un pont mais tout va bien maman! Non, beaucoup trop direct.

-Ça peut aller, murmurai-je. Et à la maison?

-Le lieu où tu n'es pas venu depuis plus d'un mois?

Qu'est-ce que j'avais dit?

-Maman...

-Oui je sais, excuse-moi mon chéri, c'est juste que... que je m'inquiète pour toi! C'est normal, non? Je suis ta mère et mon bébé ne va pas bien.

-Je ne suis plus un bébé maman, je peux me débrouiller tout seul!

-Pas à moi, Edward! Je sais que tu vas mal et que tu te plonges corps et âme dans ton travail et tes prochains examens.

-Quand est-ce que papa arrêtera d'être la concierge de l'hôpital? Grognai-je. Je peux me débrouiller, je t'assure.

-Hum... Je ne vais pas poursuivre sur ce sujet, car tu auras toujours le dernier mot, bouda-t-elle.

-Alors pourquoi cet appel?

-Viendrais-tu manger à la maison, ce soir? Il y a Eleazar et Carmen qui viennent aussi, ils profitent de leurs jours de congés.

-D'accord, cédai-je. À quelle heure?

-19h? Ça va?

-Je serais là. Je te laisse, j'ai encore du travail qui m'attend...

-Oui, bien sûr. Edward?

-Hum?

-Tu devrais aller la voir, tu sais. Ce n'est pas bon, pour vous deux. Imagine cette pauvre petite toute seule, alors qu'elle a...

Je raccrochais au nez de ma mère. La première fois depuis... toujours en vrai dire. J'avais assez d'éducation pour savoir que ce que je venais de faire était impoli mais, je refusais d'entendre quoique ce soit à propos de Bella, sauf quand c'était mes pensées qui me le disaient. J'étais idiot, certes, mais je ne le supporterais pas. Savoir Bella seule, sans traitement, travaillant alors que sa maladie devait refaire surface de jour en jour m'était insupportable. Je crois que le pire dans tout ça, c'était que je l'aimais et qu'elle ne le savait pas, pourtant, j'aurais pu le lui dire mais j'étais un lâche et me rétractais à la dernière minute. Pathétique!

Je posais mes dossiers sur la table du salon, et mon regard dériva vers ma main où se tenait la seule chose que j'avais d'elle: un misérable stylo à bille noir. Quand j'étais entré dans mon appartement, 2 semaines plus tôt, aprés avoir vu Bella peut-être pour la dernière fois, ce stupide stylo ne m'avait pas lâché d'un pouce. Comme si, c'était une relique inestimable que je détenais entre mes mains, pourtant ce n'était qu'un simple stylo, qu'on trouve dans le supermarché du coin mais lorsque je le tenais, j'avais cette étrange impression de l'avoir prés de moi, que j'étais avec elle alors qu'elle était seule. C'était étrange mais rassurant, d'un certain côté, alors qu'il n'y avait aucune raison de l'être.

Je me sentais étouffer dans mon appartement, il fallait que je sorte, que je fasse un tour. J'avais besoin de prendre l'air, et au plus vite. Je lâchais tout, alors que je devais absolument réviser pour mes prochains examens, je me sentais plutôt d'humeur à marcher dehors, quelque part où chaque souvenirs disparaitraient au fur et à mesure de mes pas. Je fourrai mon stylo dans ma poche, mis mes chaussures, mon manteau d'hiver et me retrouvai dans le froid du mois de novembre. 2 semaines avaient passé et la température baissait, comme si la Terre elle-même me rappelait l'état critique de Bella.

Les passants étaient peu nombreux dans la rue, bien que là où j'habitais été assez dynamique à cause des routes nationales menant aux belles banlieues de Seattle. Ils marchaient la tête baissée, lutant contre le froid, avec ou sans sac de commissions, seul ou accompagné, ils ne se rendaient pas compte des autres autour d'eux. On ne pouvait même plus dire bonjour sans risquer de se faire frapper de nos jours. Le soleil était présent, bien que ses rayons ne dégageaient que peu de chaleur mais illuminaient les rues de la ville qui tombera rapidement dans le noir de la nuit. Le jour fera place au monde de la nuit où l'alcool coulera à flots dans les bars et boites de nuit, où les produits illicites circuleront autour des tables et où des couples d'un soir ou d'une vie prendront leurs pieds dans des hôtels du coin. C'était ça la vie, maintenant, et ça m'avait toujours plus, je vivais au jour le jour mais tout avait changé quand mon œil rencontra un Ange qui me fit voir tout de nouveau autour de moi...

Alors, pour oublier tout ce qu'il y avait autour de moi, car c'était ce que je voulais pas dessus tout, je marchais, sur les trottoirs de la ville de Seattle, sans un regard, sans un sourire, sans un geste pour personne. Je touchais le béton sale et dur des semelles de mes chaussures, pensant que le seul moyen était de me vider la tête mais j'eus tort à la première intersection de ma rue. Comment se vider la tête quand elle est remplie d'une femme brune dotée d'une incroyable beauté?

J'avais pensé plus d'une fois à aller la voir, aprés tout, je savais où elle habitait, mais quand je franchissais mon palmier, je faisais de suite demi-tour, comme un idiot. Je voulais la voir, pouvoir la regarder en chair et en os, et non avec de vieux souvenirs, la voir rougir, ou sourire, même légèrement mais je devais attendre. C'était ce que Jasper m'avait dit: attendre. J'étais patient, c'était une règle d'or dans la médecine, mais, avec Bella, ne pas la voir devenait vite une torture. Je n'avais pas vraiment compris ce qui me tombait sur la tête, le jour où je l'ai vue sur un brancard de l'hôpital, prise de convulsions violentes mais une part de moi regrettait de ne pas être resté au lit ce jour-là. Si j'avais fait ça, ma vie serait restée telle qu'elle l'était, sans grand problème à l'horizon, mais elle serait toujours aussi monotone, fade et inutile. Est-ce que ça en vaut encore vraiment la peine, tout ça?

Je me retrouvais rapidement au parc près de chez moi, où quelques enfants, accompagnés de leurs mères, jouaient aprés l'école. Ils s'amusaient, innocents, alors que le monde tournait dans le chaos total. De quelle monde parles-tu, Cullen? La Terre? Ou ton monde? Je votais plutôt pour le deuxième, car c'était ma douleur mais mon monde était aussi ce monde alors, dans un sens, c'était du pareil au même. Je m'assis sur un banc, où le bois avait déjà bien pris le froid extérieur et ruminai mes pensées. Assis sur le banc, toujours froid, avec mes pensées noires et l'air morose, regardant les passants traverser le parc sans grand intérêt ou pendus au téléphone, je me rendis compte que je n'aurais jamais pensé vivre ça un jour.

Aimer quelqu'un.

Voir la personne qu'on aime rongée par le chagrin.

Voir la personne qu'on aime mourir à petit feu sans avoir la possibilité de trouver un moyen de la sauver.

Voir la personne loin de soi, sans pouvoir avoir la chance de la contempler un moment.

Je n'aurais jamais imaginé ma vie adulte ainsi, bien que, depuis mes 18 ans, tout allait pour le mieux mais c'était un mal pour un bien, si je puis dire, car Isabella Swan m'avait changé et m'avait fait connaître l'amour, chose à laquelle je n'avais jamais crue. Le vivre, c'est autre chose que de l'entendre dire par des amis, ou le lire dans un bon roman à l'eau de rose, ou encore le voir dans un stupide téléfilm, c'était indescriptible. C'était comme si toutes les petites choses auxquelles on ne faisait pas attention auparavant, nous tombaient en pleine face, que tout ce qu'on avait vécu jusque là était superflu et inutile, que d'aimer était aussi simple de respirer ou encore que d'être auprès de l'être aimé vous rend tellement heureux que vous avez peur que votre coeur aille rejoindre le sien. Ça, c'était un coup de foudre ordinaire, normal, mais celui que je vis était différent dans certaines catégories. Je ne contredisais pas le fait que je l'aimais, ça non car c'en était presque douloureux et fou, mais le fait que ce ne soit pas réciproque, que je ne la voyais pas quand je le souhaitais, qu'elle était gravement malade et aussi fragile que de la porcelaine, renforçait le lien que j'avais avec elle, comme si je ressentais sa douleur. J'avais constamment un poing sur le coeur, compriment ce dernier de façon à me rappeler que je n'étais pas seul à souffrir ou que je n'étais pas capable de penser à autre chose qu'à elle et, ça, depuis 1 mois, à présent. Jusqu'à où l'amour peut nous mener?

I'm on the highway to hell

Highway to hell

I'm on the highway to hell

Highway to hell...

Je n'avais toujours pas changé de sonnerie... Je dois être vraiment à côté de la plaque moi! Je sortis mon portable de ma poche, alors que les marcheurs qui étaient près de moi avaient des mines sévères dues au bruit que faisait mon portable. Ils n'avaient jamais vu un portable sonner? Bienvenue au 21éme siècles! Je fronçais les sourcils devant le numéro qui s'affichait, il m'était inconnu. Je soufflais, pensant que ce n'était vraiment pas le moment de me téléphoner, et me maudis de ne pas l'avoir laissé à mon appartement.

-Allo? Dis-je, hésitant.

Il y eut une seconde d'attente avant qu'on me réponde.

-Allo, Edward? C'est Bella...

POV Bella

Voilà déjà 2 semaines que je me coupais littéralement du monde. Je ne parlais presque à personne, exception faite pour Leah, Victoria ou des clients, mais je n'avais pas ceux qui m'étaient cher en mon coeur. Ils me manquaient. Je ne pouvais pas dire que ma vie était comme je l'avais souhaitée, lorsque j'ai quitté le cocon familial, car ça serait mentir. Je souffrais. Je ne pouvais pas me le cacher, j'étais malade et plus les jours passaient, plus c'était pire voir invivable. Mon calvaire quotidien commençait dés que je me levais pour finir jusqu'à ce que Morphée décide que j'avais eu ma dose de douleur pour la journée. Et, la plupart du temps, ça tardait à venir. J'avais mal.

Mes tremblements devenaient de plus en plus fréquents, au point que toute ma vaisselle y passait. Lire un livre, un article de journal ou autre sans voir ma vue devenir instable, floue, était quasiment rare. Le moindre effort me coûtait, j'étais essoufflée comme jamais, mon équilibre déjà précaire s'intensifiait de jour en jour et, le pire, alors que déjà ces symptômes me coûtaient, c'était mes maux de tête omniprésent. Je me mordais les lèvres à sang pour ne pas hurler quand mes crises faisaient des leurs, alors que ma tête était sur le point d'exploser. Finalement, Edward avait raison, ça sera de pire en pire et aucun humain ne peux supporter ça.

Edward... C'était sûrement le seul point positif dans ma chienne de vie. Edward... Un homme que je ne connaissais presque pas mais qui s'inquiétait pour moi comme pas deux. Bien sûr, je ne doutais pas qu'Alice, Emmett et mon père se faisaient du sang d'encre mais je serais presque obligée de dire que c'était « normal ». C'était ma famille, ma chair, mon sang et ce depuis que je suis née mais, lui, il n'était rien pour moi. Rien n'était peut-être pas le bon terme à employer car quand mes pensées dérivaient vers lui, chose qui se passe assez fréquemment ces 2 dernières semaines, j'avais mon coeur qui palpitait, la respiration haletante, les mains moites et des rougeurs qui apparaissaient sur mes joues. Et j'avais peur que ce que j'éprouve, pour mon ancien Médecin, soit un sentiment que je ne voulais plus goûter de ma vie. J'avais peur de souffrir à nouveau mais surtout de me faire des illusions plus grosses que moi.

Je ne comprenais pas ce qui m'arrivait, car j'étais une novice dans ce monde de brutes, mais lorsque je pensais à lui, je me sentais... joyeuse, en oubliant les effets physiques qu'il me faisait à distance. C'était bien plus fort que ce que j'avais vécu avec Jacob, dont je n'avais eu aucune nouvelle depuis son passage, et je ne m'en plaignais pas, mais ça m'était inconnu. Je devais me faire des idées, j'étais folle, ou ma tumeur au cerveau me faisait délirer car je n'avais rien pour moi. J'étais brune, les yeux marrons, de taille moyenne, j'adorais faire souffrir ma famille pour rien, intéressante et surtout, le plus important, j'allais mourir. Edward avait beau m'avoir avoué que j'avais des chances de guérison, j'étais septique là-dessus. Comment guérir d'une maladie qu'on ne soigne pas? Je n'avais pas pris mon traitement, ne parlons pas de mes séances de Radiothérapie et de Chimio, que j'avais annulé il y a plus de 2 semaines. Pourtant, les derniers moments que j'avais eus avec lui, si on pouvait appeler ça « moment », me revenaient sans cesse en tête, comme si mon cerveau sonnait une alarme.

Flashback, 2 semaines plus tôt

Comme une lâche, j'avais tourné le dos à la seule personne suseptible de m'aider dans le combat contre ma maladie. Et pourquoi? Pour rien. Juste parce que je n'arrivais pas à me mettre en tête que je n'étais pas toute seule, et surtout pas condamnée à mourir. Je marchais d'un pas rapide dans la rue, fuyant lamentablement, tête baissée, quand une main s'empara de la mienne. Je n'avais pas besoin de me retourner pour savoir qui c'était, mais voir son visage pointer vers moi, était peut-être aussi doux que douloureux que de sentir la chaleur de sa main contre la mienne. Edward semblait peiné. Peiné par ce qu'il m'avait dit, mais, ce n'était pas la vérité?

-Je suis désolé, Bella, me dit-il, gardant doucement sa main dans la mienne, je ne voulais pas. Ce que je t'ai dit à l'hôpital, ne veut pas dire que tu... tu vas mourir, juste que tu auras besoin de beaucoup de temps pour guérir, rien de plus. Je te le jure! Mais il faut que tu te soignes, il le faut...

J'aurais aimé croire à ses paroles, mais ça faisait trop mal au fond de moi...

-Il me faut du temps, murmurai-je, les yeux rivés sur nos mains entrelacées. J'ai besoin de faire le point et de réfléchir.

Du temps... Juste du temps...

-D'accord, répondit-il, alors qu'il pensait le contraire, est-ce que tu aurais un stylo dans ton sac par hasard?

Un stylo? Je le regardais avec un sourcil levé, mais, devant son air déterminé, je lui en sortis un de mon sac. Il écrivit au dos de ma main, d'une belle écriture ronde et fine.

-Appelle-moi quand tu prendras ta décision, d'accord?

-Pourquoi? Chuchotai-je, perdue par cette attention.

-Parce que c'est important... pour moi.

Je le regardais et hochais légèrement la tête, faisant battre mon coeur de façon déraisonnable. Je repris ma main de la sienne, et sentis un froid parcourir mon corps quand notre contact physique se rompit.

-Au revoir, Edward.

-Au revoir, Bella.

Je tournais les talons, sans oser me retourner pour lui dire ce que j'avais sur le coeur. Mon regard braqué sur ma main où son numéro me sautait au nez, je me demandais ce que j'allais faire, maintenant.

Fin du Flashback

J'avais toujours cette pensée quand j'étais dans la douleur et le noir, ou quand je pensais à lui, et j'avais peur que mon cerveau interprète mal cette information. Le temps me semblait long sans lui, alors que je ne l'avais vu que peu de fois et dans des circonstances sombres. Comment savoir ce qu'il pense, lui? Comment savoir, ce que je pense, moi? Un célèbre écrivain Français, dont le nom m'échappait, a dit un jour: Tout le temps est perdu que l'amour ne prend pas(*). Est-ce que, pour moi aussi, ça marchait? Est-ce que mon cerveau essayait de me dire, inconsciemment, que... que j'étais tombée amoureuse d'Edward Cullen? Que j'avais eu une sorte de coup de foudre? Est-ce que c'était encore possible de nos jours?

Je regardais ma main, vierge de toute inscription, puis pris le bout de papier que je gardais dans ma poche, signe que je n'avais finalement pas perdu tout espoir dans ce bas monde. Un numéro. Une réalité. Une vérité. Je crois que j'avais déjà utilisé toute ma force physique, j'étais complétement fatiguée, et amorphe, incapable de faire le moindre geste ou mouvement, marcher me devenait difficile, mais si j'avais une possibilité de vivre à peu prés normalement, de tout réparer autour de moi, d'avoir la chance de vivre une vie, normale, ou que j'ai un espoir de guérison, pourquoi ne pas la prendre? Cette chance? J'empoignais mon portable, et mon courage aussi, car j'en aurais besoin et composais le numéro. Mes yeux me piquaient, j'allais pleurer, j'allais lâcher toute résistance.

555-358-123

Je n'attendis pas 2 tonalités avant qu'on ne me réponde.

-Allo?

Je pris une inspiration.

-Allo Edward? C'est Bella...

Il y eut un moment de silence, court mais intense, comme si j'étais une apparition et qu'il n'avait jamais cru que je téléphonerais. Avait-il espéré que je le ferais?

-Bella...

Mon coeur rata un battement, désordonné et douloureux dans ma poitrine. Pourquoi je me sentais heureux quand il disait cela? Pourquoi?

-Oui, je... J'ai un peu tardé et je suis désolée.

-L'important c'est que tu m'aies appelé.

Je fermais les yeux, savourant ses paroles, sûrement inconscientes, de son propriétaire.

-Tu en as mis du temps pour t'en rendre compte. J'avais peur que tu fasses le mauvais choix, reprit-il.

Quel était le mauvais choix pour lui? Qu'est-ce qu'il avait espéré pendant ces 2 dernières semaines? Pourquoi mon cerveau sonnait de nouveau cette alarme douloureuse?

-J'ai besoin que tu viennes, Edward, murmurai-je, alors que je sentis mes yeux s'embrumer de plus en plus. Je n'en peux plus...

Les mots étaient sortis et étrangement, je ne les regrettais pas le moindre du monde. Je n'avais pas honte de lui dire ce genre de chose, alors que j'étais de nature timide mais il ne me jugerait pas, je le savais.

-Laisse-moi 15 minutes et je serais en bas de chez toi, m'informa-t-il d'une voix douce. Est-ce que ça va aller? Jusque là?

-J'ai vécu 23 ans sans te rencontrer, Edward, je crois pouvoir m'en sortir pendant 15 minutes, tu sais.

Il eut un léger rire, qui me fit sourire. Comment faisait-il pour faire ça?

-D'accord. À tout de suite, Bella.

-À tout de suite.

Je raccrochais la première, sinon j'allais rester pendue comme une idiote à mon portable. J'allais faire venir un parfait inconnu chez moi alors qu'Alice, Emmett ou mon père, aurait pris cette charge à coeur. Pourquoi est-ce que je me tournais vers lui? Pourquoi je me sentais comme attirée par son aide? C'était un homme bon, d'une bonté incomparable, la preuve, il avait aidé ma famille quand j'étais partie de l'hôpital, et cette chance était pour moi. Je ne pouvais pas dire que j'étais malchanceuse, car ce n'était pas vraiment vrai, mais j'attirais les ennuis et les chutes à des kilomètres à la ronde, ce qui exaspérait très souvent ma famille. Je souris à ses souvenirs, un peu flous mais présents dans mon esprit. Ils me manquaient. J'aurais dû les appeler, peut-être avant Edward mais je ne m'en sentais pas capable. Après tout ce que je leur avais fait subir, je ne les méritais plus, aucun des 3.

Je soupirais et me levais de mon canapé, dans un grincement de dents, et m'y retenais, pour ne pas m'étaler par terre. Je repris mon souffle, qui se faisait erratique, et entrepris de marcher vers ma cuisine, si on pouvait appeler ça ainsi, pour boire un verre d'eau. Même ce simple geste, que je faisais au quotidien, devenait un supplice, alors me laver, m'habiller et marcher vers mon travail était un véritable Enfer personnel. C'est toi qui l'as voulu, me murmura ma conscience, et elle n'avait pas tort. C'est bien moi qui aie coupée les ponts avec tout le monde, qui me réfugie dans mon appartement miteux, qui travaille dans un magasin de vêtements alors que je déteste ça ou qui veux se laisser mourir pour le bien de tout le monde. Pour le bien de tout le monde? Tu parles! Décidément j'avais pris des décisions géniales! C'était ironique...

Mais, au fait, comment Edward allait-il venir à la maison? Il ne connaissait pas mon adresse et je ne lui avais pas donné non plus. À peine j'eus cette pensée que mon interphone m'indiqua qu'une personne cherchait à me joindre. Je regardais l'horloge accrochée sur le mur de mon salon, pour voir qu'un quart d'heure était déjà passé depuis mon appel. Je fis quelques pas, difficiles, vers ma porte pour décrocher l'interphone tout en m'appuyant pour ne pas m'écrouler.

-Troisième étage, appartement 25, Edward, dis-je avec une boule au ventre. Oh et ne prends pas l'ascenseur, il ne marche pas.

J'entendis son rire grave et sensuel à travers le combiné avant de le reposer sur son socle. Grave et sensuel? Non mais ça ne va pas, Bella? D'où tu sors des trucs pareils? Sûrement dans les livres que tu lis, voyons! Ouais, pas bête... Mon Dieu, je vais devenir complètement folle si ça continue! Pourquoi est-ce que je réagissais comme ça à chaque fois que je pensais à lui. C'était absurde, non? Je n'eus pas plus le temps de cogiter sur mon état qu'on tapa doucement à la porte. Même ses gestes étaient le reflet de sa gentillesse, c'était troublant... J'enlevais la sécurité de ma porte et, lorsque j'ouvris celle-ci, mon coeur fit le grand huit dans sa cage de chair et d'os. Bien que mes pensées se tournaient, trop souvent, vers lui, je n'avais pas une image très nette de lui mais là...

Il se tenait devant moi, droit et le regard vrillé dans le mien. Ses cheveux éternellement en bataille, d'une couleur étrange mais fascinante, sa mâchoire dure et carrée, ses lèvres charnues et pleines, ses yeux d'un vert qui m'hypnotisaient, et les traits pleins de douceur sur son visage, je me demandais pour la énième fois, pourquoi il était célibataire. Il était un homme parfait, ou l'homme parfait que je m'étais imaginé, alors cette question était légitime, non?

-Bonjour, Bella, me dit-il avec un léger sourire.

-B... Bonjour, Edward. Entre, je t'en prie.

Je m'écartais de la porte, grimaçais de douleur et de fatigue. Cela n'échappa pas à Edward qui fronça les sourcils mais entra sans un mot. Comment veux-tu duper un Médecin, Bella? Je soupirais, exaspérée contre moi-même quand je remarquais le regard insistant d'Edward. Mon souffle se bloqua et je rougis violemment, répandant mes rougeurs jusqu'à la base de mon cou.

-Est-ce que tu veux quelques chose à boire? Demandai-je poliment. Je ne sais pas ce que j'ai... Hum... Je n'ai pas d'alcool, désolée...

-Un verre d'eau suffira.

Tout en me tenant contre le mur, je rampais sur celui-ci jusqu'à mon réfrigérateur, quasi vide car je n'avais pas la force de faire les courses et que manger me paraissait une torture. J'entendis le soupir d'Edward et lorsque je lui jetais un coup d'œil, il avait les poings serrés le long de son corps et la mâchoire serrée de colère. Qu'est-ce que j'avais fait? Je déposai un verre d'eau sur le comptoir et lui fis signe de s'asseoir sur un des tabourets autour alors qu'il enlevait son manteau.

-Merci.

Je lui fis un léger sourire et m'appuyai contre le comptoir pourri de la cuisine. Je me sentis honteuse de l'accueillir dans ma noble demeure ou trou à rat, comme l'aurait défini Alice. Mais au fait...

-Comment as-tu su où j'habitais? Demandai-je, coupant cours à ses questions mentales.

Il cligna des yeux, désarmé par mon changement de discussion et se gratta la nuque, nerveux.

-Il y a 2 semaines, avant que j'aille te voir à ton lieu de travail, Alice m'a donné ton adresse.

-Oh... Ça explique bien des choses, effectivement.

-Et tu sais que ta voisine est vraiment bizarre? S'enquit-il.

-Jessica? Elle t'a fait des avances?

Il écarquilla les yeux, d'étonnement. S'il savait tout ce que Jessica m'avait fait depuis le lycée de Forks!

-Comment l'as-tu su? Elle te l'a dit?

-Bien sûr que non, je l'évite autant que je peux mais disons qu'elle saute sur tout ce qui bouge, alors voir un homme en bas de l'immeuble, c'est comme noël avant l'heure pour elle!

Il grimaça de dégoût et pour la première fois depuis des semaines, je ris un peu. Depuis combien de temps n'avais-je pas ri de la sorte?

-Elle est... spéciale, déglutit-il. J'ai dû prendre ma voiture pour lui échapper!

-Elle a toujours été comme ça, très portée sur... Enfin... Tu sais quoi, balbutiai-je. Son fiancé n'est pas mieux.

-Elle a un fiancé en plus? Et bien, je le plains, sincèrement...

-Tu ne devrais pas, il n'est pas mieux qu'elle! Grognai-je en pensant à toutes ses avances.

-Je vois que tu n'as pas échappé à leurs avances non plus, constata-t-il avec une pointe de colère.

-Malheureusement, non. Mais on s'y fait, à force.

Il fit glisser son doigt autour de son verre d'eau, distraitement, comme ailleurs. Il avait de longs doigts, des doigts de musicien. Jouait-il d'un instrument?

-Bella...

-Edward...

Nous avions parlé en même temps, d'une voix terne et murmurée. Nous nous regardions quelques instants, mal à l'aise, avant de sentir mon mal de crâne revenir alors que je ne l'avais pas appelé. Je me frottais ma tête, intensément, pensant que, de toute façon, j'avais toutes les chances de me faire repérer. Et ça ne manqua pas, car les yeux émeraudes de mon invité me scrutèrent attentivement.

-Quoi? Murmurai-je, en détournant de son regard trop dangereux pour ma santé déjà précaire.

-J'aurais dû te forcer à rester à l'hôpital, m'avoua-t-il, blessé. Je suis devant toi et j'ai l'impression d'être la pire personne qui soit...

-Ne dit pas ça! Ce n'est pas vrai! Tu m'as dit toi-même que la décision me revenait entièrement et... et je me rends compte que j'ai fait une bêtise, une monstrueuse connerie même! J'aurais dû t'écouter, Edward, parce que je m'aperçois du malheur que je répands autour de moi, maintenant, et ça ne me plait pas.

-Alors, ce n'est pas pour toi, que tu m'a appelé? Gronda-t-il.

-Si mais... je ne veux plus faire souffrir ma famille. Ils me manquent plus que de raison et... et je ne pourrais pas affronter tout ça, seule.

-Pourquoi maintenant, Bella? Pourquoi me téléphoner 2 semaines plus tard?

Je baissais la tête, toujours douloureuse, de honte. J'avais eu un semblant de révélation tout à l'heure, assise sur mon canapé, comme si je savais ce que je devais faire depuis tout ce temps où je l'ai laissé devant le restaurant, il y a 2 semaines. Je me sentis comme une gamine prise en faute, j'étais vraiment dérangée en ce moment.

-Je ne sais pas, répondis-je au bout d'un moment, je... je crois que j'ai eu un déclic lorsque je... Enfin, ça n'a pas d'importance, n'est-ce-pas?

-Ça en a pour moi.

Pourquoi avais-je l'impression d'avoir déjà entendu ça quelque part?

-Je vais voir ta famille, et dire qu'ils sont malheureux est un euphémisme, Bella, reprit-il. Parce qu'ils ne te voient pas, c'est sûr, mais aussi en pensant que tu souffres inutilement, car tu es têtue.

-Je ne suis pas têtue, grommelai-je.

-Oh que si! Et la femme la plus têtue que je n'aie jamais rencontrée! Mais ne change pas de sujet! Ce que je veux dire, c'est qu'il faut que tu le fasses pour toi, et non pour ta famille car ça ne servira à rien.

Je massais mon crâne douloureux, honteuse de mon comportement. J'avais peut-être mérité tout ça, aprés tout, ma famille était triste à cause de moi mais... mais... je ne sais pas, je ne sais pas pourquoi je l'avais appelé. Les blagues d'Emmett me manquaient, le comportement bourru de mon père me manquait, Alice et sa folie des magasins me manquaient mais ce qui me manquait le plus était une vie, une vie normale et saine. Je savais que je ne pouvais plus revenir en arrière, mais j'avais un espoir, un minuscule espoir qui me dictait ma conduite.

-Comment vont-ils? M'enquis-je, morose.

-Ton père se morfond dans son travail, sur l'enquête du tueur à Forks, Alice semble éteinte et Emmett garde espoir grâce à sa nouvelle copine.

-Emmett a une copine?

-Euh... Oui... C'est la sœur de mon meilleur ami, Jasper, qui a des vues sur Alice si tu veux savoir. J'ai l'impression d'être un concierge, je déteste ça!

J'eus un léger sourire face son comportement. Il était spontané, ne jouait pas la comédie, comme les autres, il était lui-même et ça me plaisait. Beaucoup trop même...

-Tu n'es pas un concierge, Edward, juste un homme gentil qui donne des nouvelles de ma famille.

-Je n'aurais pas à le faire si tu te décidais à aller les voir, Bella. Rien ne t'en empêche.

-Je le sais...

-Laisse-moi t'aider, Bella, laisse-moi... Laisse-moi te rendre ta vie d'avant, je sais que je le pourrais!

Sa ténacité était touchante mais irréaliste. Avais-je la moindre chance de survie, alors que ma maladie avait déjà bien pris possession de mon corps? Et pourquoi voulait-il m'aider? Pourquoi un simple Médecin voulait-il m'aider? Pourtant, il ne l'était plus, il pouvait prendre un autre patient, alors pourquoi me « suivre » en dehors de l'hôpital?

-Pourquoi fais-tu cela, Edward? Pourquoi... Pourquoi vouloir m'aider?

Je le regardais et papillonnais des yeux de surprise quand je le vis légèrement rougir. Rougir? Je n'avais jamais vu un homme rougir mais on pouvait dire que ça avait son charme, surtout venant d'Edward... STOP! On se concentre sur la question principale! Ce dernier passa une main nerveuse dans ses cheveux, déjà décoiffés, et se pinça l'arrête du nez. J'avais déjà remarqué qu'il faisait cela lorsqu'il était angoissé ou quand il ne savait plus quoi dire.

-Il faut que tu saches Bella que tu... ton cas... me tient à coeur. Je ne sais pas pourquoi mais c'est comme ça! Je ne le fais pas par bonté d'âme, par charité ou juste parce que ma conscience me le dit mais parce que je veux t'aider, j'en ai besoin. J'ai ce besoin de... de te protéger et c'est inexplicable, c'est comme ça. Alors tu peux me prendre pour un psychopathe, ou quelque chose dans ce genre, mais tout ce que je veux c'est t'aider, te soigner et avoir la chance de te voir guérir sous mes yeux, tu comprends? Laisse-moi faire ça, Bella... Laisse-moi t'aider à guérir...

Mes yeux brûlèrent des larmes qui menaçaient de couler le long de mes joues frêles et blanches. C'était la première personne qui me disait une chose aussi sincère, touchante et gentille depuis toujours et il fallait que mon coeur, ma respiration et mes larmes fassent des siennes à ce moment-là. Il a fallu que ce soit mon ancien Médecin, une personne que je ne connaissais pas, un inconnu parmi tant d'autres que je croisais dans la rue, mais pourquoi? Il y avait bien une raison à son aide, non? Il ne pouvait pas tomber du ciel, comme un Ange de Dieu qui voulait m'aider, moi, Isabella Swan, la fille la plus banale du monde? Mais il sembla si franc, si sincère que c'était impossible de le prendre pour un psychopathe, comme il le disait lui-même, ou une personne qui voulait nous nuire, c'était inconcevable. Il était la bonté même, tout comme son père, c'était de famille, sa gentillesse était naturelle chez lui. Je voulais que tout cela se termine, que tout redevienne comme avant, j'en avais tellement envie...

Je ne sentis pas tout de suite une présence à côté de moi, mais, quand ce fut le cas, je sursautais si violemment qu'une main chaude et rassurante me retint de justesse. Mon avant-bras dans une grande paume de main me fit me sentir bien et moi-même, je n'avais pas besoin de me cacher avec lui et c'est ça que je ne comprenais pas. Pourquoi est-ce que je me sentais aussi bien avec lui?

-C'est moi, Bella. Edward, murmura-t-il de son ténor envoûtant.

-Edward...

Son autre main se balada dans mes cheveux pour enlever les mèches folles qui obstruaient ma vue et je fus instantanément parcourue de frissons intenses. Je me remis sur pieds et, naturellement, mes doigts s'agrippèrent à son pull, m'accrochant à lui comme à une bouée de sauvetage. J'entendis une respiration s'accélérer, et je me demandais si c'était la mienne mais qu'importe, car une troisième guerre mondiale pouvait éclater en plein Seattle, je ne m'en serais même pas rendue compte. Un bras ferme et hésitant s'enroula autour de ma taille pour me ramener vers lui, doux et protecteur. Les larmes coulèrent pour de bon mais je n'eus pas honte de ma faiblesse, car c'était la preuve que, dans ce bas monde, quelque chose ou plutôt quelqu'un me retenait à la vie et il se trouvait juste devant moi, me tenant tout contre lui. J'enfouis mon visage contre son torse et laissais libre court à mes sanglots et peurs, car j'avais peur de mourir, de faire de nouveau du mal à ma famille et... et de le perdre. J'avais peur de perdre Edward et, ce, pour une raison inconnue.

-Pleure, Bella, pleure, chuchota-t-il à mon oreille, dans un souffle chaud. Laisse-toi aller, ça te fera du bien.

-Aide-moi, Edward, sanglotai-je de plus belle. Aide-moi...

-Je t'aiderais, je t'en fais le serment.

Ce n'était pas des paroles en l'air, c'était une promesse.

Est-ce que mon retard est pardonné avec ce chapitre?

On peut dire qu'il était riche en émotion, non?

Alors je vous vois venir, vous devez pester contre Alice, n'est-ce-pas?

Mais ne vous inquiétez pas, elle va redevenir notre Alice nationale dans quelques temps, pas de panique.

Et puis, enfin, Bella décide de se faire soigner, et tout ça sous le compte du beau docteur.

Vous me diriez, il était temps, mais comme a dit Victoria à James, dans le précédent chapitre: Plus on attend, mieux c'est! Lol

En espérant que la discussion entre Bella et Edward soit au-delà de vos attente,

donnez-moi votre avis et à bientôt,

Clairouille59.

-(*) La peine de mort est encore en vigueur dans l'état de Washington.

- (*) Citation de Victor Hugo.