Bonjour tout le monde!
Désolée pour cet ENORME retard, mais j'ai eu une panne d'inspiration en plus de mes études qui ont prit beaucoup de place ses derniers temps.
Je suis vraiment désolée pour ça!
Comme promis, le retour de James, plus fou que jamais mais aussi du RDV de Bella à l'hôpital avec Edward.
Vous avez adoré le petit moment entre Bella et Edward, et j'en suis ravis! Je ne voulais pas que se soit « fleur bleue », mais personne ne m'a fait la réflexion. OUF!
J'ai été étonnée que personne ne me demande des nouvelles de Renée et Phil, alors que vous l'avez fait pour Jacob, mais oui, ils sont de retour!
Ne pensez pas que je suis sadique de les faire revenir, mais tout le monde sera présent dans ma fiction, alors attendez-vous à d'autre retour de personnage!
Et, pour ce qui est de Jacob, ne vous inquiétez pas, il n'a pas disparut, il reviendra très prochainement...
Comme le dit si bien le dicton: Méfiez-vous de l'eau qui dort!
Merci à: Robangel×2, Aliiice, Bellaandedwardamour, Indosyl, mamoure21, Triskelle sparrow, Em81, Twilightgeneration, SandJr, Timica, xjustemyself, Titie, Krine69, Grazie, MyriamSM, minicath et Anais88×4 pour vos reviews
Merci à: lyraparteor, Sorobkris, S0medayy, Edwardoo7, Eldanoe, Jennii-love-2, SparkHeaven; kikile-78, Grazie, minicath, MounettePendragon, Thomas59640 et Anais88 pour m'avoir mise en story alert, favorite story ou author alert.
Merci à Phika 17 pour sa correction! (L)
/!\ Information importante/!\ : Je tiens à rappeler que je ne fais pas d'étude de médecine, et que mes recherches se font uniquement avec l'aide d'internet. Les médicaments de Bella, contre la Tumeur au cerveau, sont le résultat de mes recherches et je ne suis pas sûre de l'exactitude de mes réponses. Si quelqu'un a plus d'information sur le traitement qu'un patient prend contre cette maladie, et que je suis complétement à l'Ouest, ce qui est sûrement le cas, qu'il n'hésite pas à me laisser une review et me corriger. Merci!
Disclamer: Tout les personnes appartiennent à SM.
Bonne lecture,
Clairouille59.
Chapitre 16 : Des paroles qui changent tout
Lundi 9 novembre 2010
POV James
Il était temps que je trouve un plan avant de l'exécuter au plus vite. J'en avais besoin, c'était un fait que je devais accomplir! Cette jeune femme à l'air frêle et avec la peau blanche me rendait littéralement fou, si bien que pendant les missions que Dieu m'envoyait, j'avais failli manquer de me faire prendre et de laisser des indices derrière moi. Heureusement, je gardais un brin de conscience et me rattrapais au plus vite. J'ai dû revenir plus tôt, à Seattle, au grand bonheur de Victoria qui m'avait fait un plaisir à me montrer à quel point je lui avais manqué, sur la table de salle à manger. Rien qu'à cette pensée, la partie inférieure de mon anatomie frétilla d'impatience mais je devais m'abstenir, car ma chère femme avait la chose que les hommes détestaient lorsqu'ils avaient une envie soudaine: leur cycle mensuel. Dieu était ma vie, celui qui m'avait choisi pour ses missions mais il aurait pu trouver un autre moyen pour que les femmes engendrent des enfants. J'allais être frustré pendant les jours à venir...
-James? M'appela-t-elle. Peut-on venir m'aider?
Je soupirais et allais la rejoindre dans l'arrière boutique du magasin, là, elle avait rangé les cartons de la nouvelle collection de vêtements, ou je ne sais quoi encore. Par chance, le magasin marchait bien, il avait une bonne réputation dans la rue, et le bouche à oreille avait fait son chemin jusqu'à nous. Victoria faisait pas mal de profit grâce à la boutique. Une aubaine. J'arrivais dans l'arrière boutique, où cette dernière s'activait déjà à déballer leurs cartons alors que ses 2 employées étaient à leur pose déjeuner. Voir Isabella, ici, dans ce magasin, avait fait monter des pensées impures dans mon esprit, ce qu'Il n'avait pas apprécié outre mesure. Je secouais la tête alors que mon regard se déroba sur le magnifique fessier de Madame Hunter, qui se dandinait devant moi. Vêtue d'un jeans, de bottes noires et d'un pull en V, j'étais de plus en plus instable dans mon pantalon. Malheureusement. Ma langue caressa ma lèvre inférieure, excitée par la vue qu'elle me donnait. Si je m'écoutais, je la prendrais à même sur le sol, la faisant crier plus que de raison.
-James! Arrête de fixer mes fesses et aide-moi! Se plaignit-elle. Tu ne vois pas que je risque de perdre un muscle de mes bras, à ce rythme là?
-Désolé, ma chérie, mais j'ai un peu de mal à penser à autre chose que tes jolies fesses devant moi, répondis-je.
Elle gloussa et se retourna vers moi, le regard amusé. Sa chevelure d'un roux flamboyant se dégageait de l'élastique qui les retenait, créant une auréole autour de son visage félin et séduisant. Ma femme était séduisante, ça je n'avais pas à m'en plaindre, mais mes pensées me trahissaient de plus en plus souvent surtout lorsque nous faisions l'amour. J'avais toujours l'impression que je le faisais avec elle, et non avec Victoria. Je fis un sourire éblouissant à cette dernière et portais le premier carton vers le rayon adéquat, dans un grognement de douleur. Qu'est-ce qu'il mettait dans leurs emballages? Des briques?
Je me retrouvais rapidement en sueur à la fin de ma tâche, exténué, comme si j'avais fait le marathon de New-York avec un record à la clef. Victoria me tendit un verre d'eau que j'avalais d'une traite, vidé de toute force. Je m'assis sur le comptoir, dégoulinant de sueur alors que 13h30 sonna. Isabella allait revenir. Effectivement, quelques secondes plus tard, la sonnette retentit et la porte s'ouvrit sur Leah, qui m'accueillit d'un regard noir, et de sa sublime copine à ses côtés. Elle était un peu plus blanche qu'à l'accoutume, ses cheveux étaient attachés en chignon lâche, ses yeux marrons étaient vifs et joyeux mais tout son corps criait le fait qu'elle était malade. Déjà, lorsque j'étais venu avec ma sublime Victoria, à l'hôpital, bien qu'Isabella disait que son hospitalisation n'était pas bien grave, je savais qu'elle cachait quelque chose, quelque chose de pas très gaie à mon avis. Et plus les jours avaient passés, plus son état empirait. Qu'est-ce qu'elle pouvait bien avoir?
-Madame, Hunter? Demanda Isabella, timidement.
Ma femme leva la tête vers elle, surprise qu'elle prenne la parole, tout comme moi. Elle ne parlait pas beaucoup pendant qu'elle travaillait, hormis au client et à son amie, Leah, de temps en temps. Elle était timide et réservée, mais elles étaient encore mieux. Je le savais, grâce à mon expérience.
-Oui? S'enquit ma belle rousse.
-Je me demandais, si je pouvais quitter le travail un peu plus tôt aujourd'hui, murmura-t-elle, les joues délicieusement rougies. Je... Je dois aller à l'hôpital, pour un rendez-vous.
-À l'hôpital? Qu'est-ce que c'est cette histoire? Tempéra ma femme.
Victoria et les horaires! Une vraie histoire d'amour! Elle détestait que les gens soient en retard, ou décident d'être malade, ou encore lorsqu'ils demandent un jour de congé, ce que venait de faire ma jolie brune. Cette dernière se mordit la lèvre inférieure et je me sentis me crisper dans mon pantalon. Par tous les Saints! Je vis sa délicate lèvre se faire maltraiter devant moi et je devenais de plus en plus apte à succomber à la tentation suprême, c'est-à-dire, la prendre immédiatement sur le comptoir du magasin.
-C'est important, poursuivit-elle.
-Et qu'est-ce qui est plus important que le boulot? Gronda ma femme.
-Sa santé! Répliqua Leah, revenue de je ne sais où. Je prendrais sa place aujourd'hui, si cela vous perturbe autant. Laissez-là y aller.
-Leah, je... Murmura Isabella.
Leah leva la main, signe qu'elle devait se taire et elle s'exécuta. Hum... Soumise... Mes préférées! Victoria et son employée se mesurèrent du regard avant que la patronne ne cède à cette requête.
-Très bien, Isabella, articula difficilement Victoria. Tu peux aller à ton rendez-vous, mais je veux un mot de ton médecin!
-D'accord. Merci!
Elle paraissait soulagée de la décision de ma femme, je n'imaginais même pas comment elle aurait réagi si elle avait refusé, ou plutôt, comment cette chère Leah aurait réagi. Cette fille était un volcan prêt à exploser à tout moment. Rapidement, cette dernière et Isabella reprirent leur travail en parlant un peu, mais rien de bien méchant. Je reportais mon attention vers ma femme, bien que la brune aux lourdes boucles attirait l'attention comme jamais en moi, ce que je ne devais pas. Comment résister à la pomme du Diable?
O*O*O
L'après-midi se passa très lentement à mon goût, surtout que je n'avais rien d'autre à faire que de rester au magasin avec ma femme, ce qu'en temps ordinaire ne me dérangeait pas, mais j'avais un mal fou à me concentrer ces derniers temps. J'essayais de me distraire avec ma femme, en l'aidant dans une quelconque tâche ou en conseillant des clients, mais rien à faire, cette jolie brune hantait mes pensées les plus noires.
-James? M'appela ma femme. Est-ce que ça va?
Je me retournais vers elle, et lui fis un sourire rassurant avant de la prendre dans mes bras. J'enfouis mon visage dans sa longue chevelure rousse à l'odeur de Jasmin rafraichissant et tentant. Je la serrais tout contre moi, comme si ma vie en dépendait et fermais les yeux, profitant de ces moments de bonheur et de complicité que j'avais avec ma femme. Ce que je faisais, les missions que Dieu me faisait, n'était que pour elle, pour qu'on ait une vie heureuse et remplie de joie, qu'on ait aucun obstacle dans notre vie. C'était dur, si dur de le faire, parce que je devais la quitter mais c'était de la pure joie de la retrouver, heureuse et les cheveux au vent, épanouie. Je devais le faire, c'était une mission sacrée!
-Excusez-moi, Madame, intervint une petite voix timide.
Isabella. Je lâchais ma femme, tout en gardant un bras autour de sa taille, comme pour me dire qu'elle était bien réelle et que tout était vrai. Victoria leva un sourcil, en guise de réponse.
-Il est déjà 16h30, est-ce que je peux y aller? Demanda-t-elle.
-Leah? Cria-t-elle. Ça tient toujours, pour remplacer Isabella?
Cette dernière revint de l'arrière boutique, remettant ses cheveux en place. Qu'est-ce qu'elle a bien pu faire, cette garce?
-Pas de problème, répondit-elle avec un sourire pour sa collègue. Je reste jusqu'à la fermeture.
-Et bien, allez-y, Isabella, dit ma femme. Et à demain.
Elle hocha la tête et alla chercher ses affaires, d'un pas chancelant et maladroit. J'avais remarqué quelques petites choses sur elle, qui n'étaient pas anodines et qu'une personne saine n'avait pas. Son équilibre précaire, le fait qu'elle soit rapidement essoufflée, elle avait toujours de grosses cernes sous les yeux, signe qu'elle était constamment fatiguée et sa peau reflétait la maladie. Qu'est-ce qu'elle pouvait bien nous cacher? Elle revint avec ses affaires, manteau et écharpe autour du cou et sac à main sur l'épaule droite. Elle rougit un peu sous mon regard et je ne pus penser qu'elle était vraiment adorable quand elle rougissait, une vraie enfant.
-À demain, Madame, Monsieur, nous salua-t-elle.
-Comment allez-vous à l'hôpital? M'enquis-je soudainement.
-Euh... À pieds.
-Laissez-moi vous y conduire! M'exclamai-je d'une voix douce. Faire un si long chemin pour aller à l'hôpital, alors que je suis tout disposé à vous y conduire... Enfin, si ma chère femme n'a plus besoin de moi?
Je me retournais vers cette dernière, qui haussa les épaules d'indifférence. Parfait.
-Bien sûr que non, répondit-elle. Si tu me raccompagnes après...
Je lui souris avant de déposer un tendre baiser sur ses lèvres, comme une promesse. Puis, je regardais Isabella qui semblait un peu perdue et nerveuse.
-Je... ne veux pas vous déranger, balbutia-t-elle, et l'air frais me fera sûrement du bien.
-Allons dont! Si je vous le propose, c'est que ça ne me dérange pas! Attendez-moi, je vais chercher mon manteau.
Et je partis à l'arrière boutique, un sourire aux lèvres. Peut-être que ça allait être plus facile que je ne l'avais imaginé, elle est si timide et polie, qu'elle n'aurait sûrement pas refusé mon offre alléchante. Une si gentille fille... C'était tout simplement tentant! Un vrai fruit défendu cette jeune femme! Je me dépêchais de me vêtir et fis signe à la tentatrice d'avancer la première. J'embrassais une dernière fois ma femme, lui promettant de revenir de suite et je sortis du magasin, plus enjoué que jamais. J'avais sûrement l'air d'un enfant devant un sapin de noël, ou un adolescent emmenant une fille à un rendez-vous, pour la première fois, mais j'avais cette sensation de folie qui déferlait en moi, plus puissante et destructrice que jamais. Calme-toi, James! Tu ne pourrais rien faire dans cet état d'euphorie. Oui, il fallait que je me calme, vite. Je désignais ma voiture à Isabella, mon vieux break gris et appuyais sur la sécurité, afin de lui laisser la possibilité de rentrer. Je m'y installais vivement, mis le contact et appuyais sur l'accélérateur.
-Dans quel hôpital allez-vous? M'enquis-je, d'une voix douce.
-Seattle Hospital Center, répondit-elle timidement.
Je hochais la tête et pris la direction de l'endroit souhaité. Elle était assez discrète en soit, elle osait à peine bouger sur son siège et, intérieurement, cela me fit sourire. Elle avait cette fascination, ce magnétisme qui était flagrant et étonnant, mais elle ne semblait pas le remarquer elle-même. C'était dommage... Au delà du fait que ce soit la fille de l'homme qui voulait me coincer pour ces meurtres, alors que je ne faisais que de les aider, elle aurait pu être une des jeunes femmes qui j'envoyais au royaume de Dieu, mais le sort que je lui prévoyais était beaucoup plus délicieux sous ma langue.
-Alors, Isabella, dis-je, pour détendre l'atmosphère, est-ce que vous avez quelqu'un dans la vie? Un petit-ami? Un fiancé?
Je tournais une seconde les yeux vers elle, et elle rougit. Succulent!
-Non, je n'ai personne, murmura-t-elle.
-Une si jolie fille comme vous? J'ai peine à y croire! Même pas quelqu'un qui vous intéresse?
Il devait sûrement y avoir quelqu'un, un homme qui imaginait qu'Isabella lui appartenait, non? Un salaud! Elle m'appartenait! Isabella Swan était ma propriété, jusqu'à preuve du contraire! Je savais qu'il y avait quelqu'un, ça se voyait rien qu'au rougissement qui apparaissait sur ses joues, ou la lueur joyeuse dans ses yeux. Je crispais les mains sur le volant, tout en poussant un peu plus sur l'accélérateur, en colère. Je n'avais toujours pas de plan pour elle, mais lui poser des questions m'avaient paru une bonne entrée en matière. Mais, maintenant, je le regrettais amèrement. Je devais l'évincer du jeu, et au plus vite!
-Non, personne... qui m'intéresse, souffla-t-elle.
Je hochais la tête, et elle s'engouffra un peu plus dans son mutisme presque impolie. Je n'insistais pas, bien que l'envie était si forte que je devais me mordre la langue pour ne pas combler ce silence. Je devais être patient avec cette perle rare, la brusquer ne ferait que l'enfoncer un peu plus dans la méfiance et la crainte qu'elle portait déjà à mon égard. Trop tôt à mon goût, je me mettais sur le bas côté de l'hôpital avec mes warning en route. Isabella enleva sa ceinture et posa une main sur la poignée.
-Merci, Monsieur Hunter, pour...
-Appelle-moi donc James! Ris-je. Monsieur Hunter, c'est pour mon travail!
-Euh... Oui... James. Hum... Merci de m'avoir accompagné, c'est très gentil à vous.
-De rien, c'est tout naturel! Je n'allais pas vous laisser aller à l'hôpital à pieds! Le trajet est long et puis vous semblez exténuée.
Elle détourna les yeux et ouvrit la portière, lentement.
-J'ai quelques soucis personnel. Encore merci et... au revoir.
Elle ne me laissa pas le temps de répondre qu'elle avait déjà claqué la portière de ma voiture. Merde! Maintenant, je m'en voulais de ne pas avoir approfondi cette entretien, bien que techniquement parlant, je ne pouvais pas le considérer ainsi. Quelques paroles échangées, des regards timides et un « au revoir » bâclé, je n'appelais pas ça une conversation en bonne et du forme! Fais chier! D'un mouvement de rage contre moi-même, et du gros connard que j'étais, j'enclenchais la première, puis la deuxième et fonçais vers le magasin où Victoria devait m'attendre. Pourquoi est-ce que je m'étais dégonflé? J'aurais dû insister, ou dévier mes questions en approfondissant un peu plus, mais rien que de savoir qu'un homme s'intéressait à elle, me mettait dans une rage folle! J'espérais que je ne le rencontre jamais, sinon sa famille aurait peu de chance de retrouver son corps en un seul et unique morceau. Cette me mettait dans de drôle d'état, encore plus étrange que lorsque j'avais rencontré Victoria, dans ce fameux bar. Mais cet homme, quel qu'il soit, et peu importe où il se trouvait, devra comprendre rapidement qu'Isabella Swan m'appartenait. Elle m'appartenait!
POV Bella
Bip! Bip! Bip! Bip!
Qu'est-ce que...? Je me retournai sur moi-même, et me figeai un instant quand je compris que j'étais dans mon lit. lit? Je n'étais pas dans la voiture d'Edward? Je me levais lentement, et fermais les yeux pour ne pas voir les petits points noirs qui avaient surgi de nul part, sans mon consentement. ! J'avais l'impression que la tête me tournait, et que j'allais atterrir dans une autre dimension mais mes maux de tête prirent le relais. Je gémis un peu et me pris la tête entre les mains, massant fermement mes tympans douloureux. Toi, Bella! Tu vas aller à l'hôpital aujourd'hui et tout ira un peu mieux après. Faisant abstraction du fait que j'avais l'impression d'avoir un moteur de camion dans la tête, je passais mes jambes en travers du lit et posais mes pieds nus sur le sol. ? Effectivement, ils étaient bien nus alors que j'étais entièrement habillée sauf de mon manteau, chaussettes et chaussures qui trônaient sur ma chaise de bureau. ...? Mon coeur battit de plus en plus vite alors que je scannais la pièce du regard, tombant sur un papier blanc, posé sur ma table de chevet. Tremblante et hésitante, je le pris des mains et le parcourus vaguement.
Bella,
Si tu lis ce message, c'est que tu dois être réveillée et complètement déboussolée par l'endroit où tu te trouves.
Je te rassure, tu t'es juste endormie sur le trajet, et j'ai pris l'initiative de te déposer dans ton lit.
J'espère que mon geste ne t'a pas affecté outre mesure et que tu vas bien en ce lundi matin, sûrement pluvieux.
N'oublie pas que tu dois venir à l'hôpital aujourd'hui, et n'hésite pas à insister si la femme de l'accueil ne veut rien savoir, elle est juste frustrée que Jasper ne voit pas ses tentatives de flirt raté, ou sinon, appelle-moi, j'ai toujours mon portable sur moi.
Fais bien attention à toi,
Edward.
PS: Je n'ai pas eu l'occasion de te le dire, mais j'ai passé une agréable journée avec toi hier, je ne me suis jamais senti aussi bien en ta présence, et j'espère que mes incessantes questions ne t'ont pas ennuyé. Au plaisir que tu reviennes!
Oh mon Dieu! Je devais ressembler à une tomate à l'heure qu'il est, si rouge qu'on aurait pu me confondre avec un camion de pompier! Je m'étais endormie dans sa voiture, et, au lieu de me réveiller, ce que toute personne saine d'esprit aurait fait, il m'avait portée sur 3 étages, et m'avait couchée? Quelle personne ferait ça de nos jours? J'esquissai un sourire alors que mes doigts glissaient sur les mots qu'il avait écrit avec une attention toute particulière. Moi aussi. Moi aussi j'avais passé une très belle journée hier, je ne m'étais pas autant sentie bien depuis des années peut-être. Bien sûr, il y avait eu mes mains qui tremblaient, et mes maux de tête mais parler avec Edward m'avait permis de penser qu'à tout instant, ma vie pouvait devenir aussi horrible que l'Enfer lui-même. Il était vraiment gentil avec moi, je n'avais pas senti qu'il s'ennuyait quand j'étais venue chez lui à l'improviste alors que d'autres m'auraient trouvé particulièrement ennuyante. Peut-être qu'il jouait la comédie? Oh, la ferme ma conscience!
Toujours le papier en main, et un sourire niais sur le visage, pensant que je ne pouvais pas commencer mieux ma journée, je filais sous ma douche, alors que 7h45 sonnait sur mon réveil. Maudite machine! L'eau chaude me fit du bien, alors que le trajet pour m'y trouver fut des plus douloureux, mes os semblaient si vieux d'un coup... Je secouais la tête, refusant de penser à cela alors que j'avais eu un réveil plus que généreux, récoltant au passage de la mousse sur les yeux. Fichu shampoing à la fraise va! Les yeux rougis, comme si je m'étais shootée à je ne sais quelle substance illicite, la peau plus rosée que d'habitude grâce à l'eau chaude, et ma tête qui continuait à me lancer, je mis mon manteau, aprés m'être habillée très chaudement vu les cordes qui tombaient dehors, pris mon sac et fermai ma porte derrière moi. Par chance, vu l'heure, je ne rencontrais toujours pas Jessica et Mike, bien que j'avais eu l'immense joie de voir ce dernier, il y a quelques jours. Jessica ne le satisfaisait pas au lit, ou quoi? Je m'étais toujours demandée ce qu'ils faisaient ensemble, parce que, à part pour le sexe... ils n'avaient rien en commun! Et ce, depuis le lycée de Forks!
Descendre trois étages à pieds, n'ayant toujours pas d'ascenseur, mais ça ne semblait déranger personne, fut plus laborieux que d'habitude et extrêmement difficile en ce lundi matin. Et puis, avoir la tête qui tournait et les mains qui tremblaient sur la rambarde n'aidaient pas non plus. Pour une fois, je regrettais de ne rencontrer personne dans l'escalier, s'inquiétant pour moi et me faisant l'immense joie de m'aider à descendre jusqu'au hall. Si Edward avait été là... J'ai dit de te la fermer! Je me fustigeais moi-même de mon comportement stupide et puérile envers Edward, alors qu'il n'y aura jamais rien entre nous qu'une amitié naissante. Mais je crois que seul mon cerveau libido avait du mal à le comprendre. Le pauvre, il va être frustré pour un bon bout de temps! Malgré moi, je sentis mes joues rougir à cette pensée alors que je m'engouffrais dans le froid hivernal. Au moins, je n'aurais pas l'impression d'être un cadavre ambulant avec mon teint aussi pâle que la neige qui va bientôt faire son apparition à Seattle. Alice me disait toujours de voir le bon côté des choses, d'être optimiste et qu'on avait qu'une seule vie, qu'il fallait la vivre à fond. Plus facile à dire qu'à faire.
Je poussais un soupir désemparé et commençais ma longue et sinueuse marche vers le « The Maine », mon lieu de travail. Et que j'espérais temporaire, si possible. Mais quand bien même je trouvais une boulot plus décent, mieux rémunéré et attrayant, je n'étais pas sûre de pouvoir suivre la cadence. Déjà vendeuse m'épuisait au plus haut point, alors je n'imaginais même pas quelque chose de plus élaboré ou plus actif. Je mourrais avant l'heure, ou dans l'heure.
Je jetais un regard autour de moi et fus surprise de la densité de population dans le parc que je traversais presque chaque jour depuis plus de 2 mois. Pressé, ennuyé ou nerveux, tout ce monde semblait bien loin de l'endroit où je me trouvais, comme si je n'étais pas de ce monde. À part. Emmett me disait souvent que j'étais une femme hors norme, n'ayant pas de goût pour la fête, l'alcool me rendait malade, encore moins pour les histoires d'un soir, ou histoire tout court d'ailleurs, et préférant un bon livre que sortir en boîte, il m'avait rangé dans la catégorie « Femme restant vielle fille avec 10 chats ». Il avait amèrement regretté ses paroles quand je n'étais pas venue lui faire à manger les 2 semaines suivantes, même si je savais que ses paroles étaient juste pour rire. Sur ce coup-là, il avait ri tout seul. Je baissais la tête vers mes pieds, lorsque mes pensées dérivèrent vers ma famille, le peu de famille que j'avais. Ils me manquaient, plus que de raison, et j'avais ce poing au coeur qui le compressait à chaque fois que j'avais le malheur de penser à eux. Si douloureux!
J'avais bien remarqué qu'Edward parlait d'eux pour me faire réagir, car, d'après ses dires, je leur manquais aussi. Il s'était proposé de m'accompagner chez mon frère, sachant que ma camionnette avait rendu l'âme il y a peu, lorsque le coeur m'en disait et plus j'y pensais, plongée dans mes songes, plus l'idée était tentante. Mais j'avais peur de leur réaction, de leurs dires, leurs avis sur ma tumeur au cerveau, mais je ne voulais pas que ma vie change entièrement pour ça, je voulais que tout reste normal, qu'ils restent eux-même, égales à eux même. Mais, les connaissant, je crois que c'était chose vaine. Est-ce que je pouvais leur en vouloir? Alors qu'ils ne voulaient que mon bien et me savoir en bonne santé? Décidément, non, c'était inconcevable de leur faire une quelconque réflexion sur ça.
Par chance, mon cerveau ayant eu autre chose à penser, je ne m'étais pas rendue compte que j'étais déjà arrivée devant la structure de mon lieu de torture, avec quelques minutes de retard. Ma marche n'était plus ce qu'elle était. Leah fut la première à me saluer, me disant qu'elle avait dû faire l'ouverture car le cinglé était revenu. Et moi qui avais commencé agréablement ma journée... J'aurais pu me passer de le voir, surtout qu'il était vraiment bizarre cet homme, à me regarder comme si j'étais un morceau de viande. Il n'était pas marié? Il me mettait mal à l'aise, et j'étais sûre qu'il le savait pertinemment et qu'il jouait avec, ce crétin de mec bourré d'hormones insatisfaites. Mon amie, aussi, trouvait ça louche la façon qu'il me regardait, alors que la patronne ne semblait rien voir du tout, à moins qu'elle ne voulait pas le croire elle-même. C'était son mari après tout, elle se disait qu'il serait à elle tout au long de sa vie, ou je ne sais quelle autre connerie de ce genre. Déjà, je ne comprenais pas pourquoi elle l'avait épousé, mis à part le fait qu'il avait de l'argent, vu que c'est lui qui a acheté ce magasin pour Victoria, mais aprés... Bon, il était pas mal dans son genre mais ses yeux... Ils me donnaient froid dans le dos rien que d'y penser! Il y avait un truc pas net chez lui, mais, pour être franche, j'étais assez froussarde pour ne pas aller découvrir ce que c'est. On ne sait jamais.
Midi sonna, et je sursautais en même temps, troublée de m'être perdue dans mes pensées depuis plusieurs heures. Heureusement, mes maux de tête devenaient un peu plus supportables et, mis à part mon équilibre précaire, mes mains qui tremblaient, la matinée s'était bien passée. Victoria nous ordonna d'aller déjeuner dehors et je sortis, accompagnée de Leah.
-Tu veux manger avec moi? Demanda-t-elle.
-Jacob n'est pas là? Répondis-je.
Jacob... Ce gros crétin qui m'avait servi de petit-ami, un an et demis auparavant et, maintenant, qui était avec Leah. J'avais une folle envie de l'étriper celui-là! Et puis, je n'avais pas vraiment envie de tenir la chandelle alors pendant que ces deux là se font des mamours devant moi. Merci bien!
-Si, il est là, mais j'ai envie de manger avec toi, et non avec cet idiot qui me sert de petit-ami. Alors, partante?
-Avec plaisir! Me réjouis-je faussement, de devoir manger alors que je n'en avais presque plus le goût.
-Allons-y alors! Il y a un petit restaurant sympa à quelques rues!
Elle me prit le bras en m'emmenant à pas de course vers notre lieu de restauration. Malheureusement, ma condition de « malade » revint rapidement et je dus lui demander de ralentir car je sentais mon coeur battre critiquement en mon sein et ma respiration se fit plus difficile.
-Est-ce que ça va? S'enquit-elle, inquiète. Tu es toute blanche et... tes mains tremblent...
Pourquoi maintenant? C'était comme si le destin s'acharnait sur moi, comme s'il fallait que tout le monde soit au courant de la chose que j'essayais de cacher à tout prix. Plus la journée passait, plus les heures s'écoulaient, et plus mon réveil joyeux de ce matin paraissait être un vague souvenir. Putain!
-Je... Je vais bien, bredouillai-je. Je n'ai pas mangé ce matin, ça doit être ça...
-Bella, soupira mon amie. Combien de fois vais-je devoir te dire que c'est primordial de manger le matin?
C'est vrai que ce n'était pas la première fois qu'elle me le disait, car ce n'était pas la première fois qu'elle me voyait dans un état similaire à celui-ci. Je posais ma main sur mon coeur, pour lui dire silencieusement qu'il ne devait pas protester ainsi et que j'étais désolée de lui faire subir des épreuves difficiles. Je fis un léger sourire à Leah, qui fronça les sourcils, suspicieuse. Comme ça, c'est raté.
-Ne t'inquiète pas, quand j'aurais fini de manger, ça ira mieux, mentis-je.
-Hum... On va y aller doucement alors...
J'opinais et elle s'adapta à ma lenteur de marche, sans une remarque de plus, bien que je savais qu'elle n'avait pas cru à mon mensonge de « Je n'ai pas mangé ce matin », comme je lui faisais à chaque fois. Elle devait penser que je la prenais pour une conne... Pendant le reste du trajet, Leah prenait soin de détourner la conversation vers autre chose que mon état de santé précaire. Maintenant, je savais qu'elle avait un frère qui s'appelait Seth et qui travaillait au Seattle Hospital Center en tant qu'Interne. Intérieurement, je me dis qu'il devait sûrement travailler avec Edward. Le veinard! La ferme je t'ai dit! Ça y est, je deviens folle, le diagnostique est sans appel là! J'arrêtais de m'insulter et entrais dans le petit restaurant que me proposait Leah. Nous eûmes de la chance d'avoir une table de suite, vu le monde qu'il y avait mais je crois que le serveur a eu un faible pour Leah. Il nous donna une table étonnamment bien placée et je souris malgré moi. Qu'est-ce que les hommes ne feraient pas pour draguer impunément!
-Et voici pour vous, Mesdemoiselles, nous informa-t-il.
-Merci, murmurai-je.
Leah lui fit un sourire éblouissant en guise de remerciement, et il s'en alla en chancelant légèrement. Je retirais mon manteau et posais mon sac à mes côtés et je m'assis, imitée par ma collègue de travail.
-Le pauvre, lui dis-je, il est en train de faire un malaise dans l'arrière cuisine!
Elle rit et prit le menu, le regard pétillant d'amusement. J'aurais bien aimé voir Jacob tiens! Lui si possessif... Je secouais la tête, refusant de penser à cela, et jouais avec ma serviette de table rouge qui ne ferait sûrement pas long feu.
-Je prendrais bien un steak et une part de gratin, moi! Se réjouit Leah. Et toi, Bella?
-Oh... Euh... Pareil, murmurai-je.
Je sursautais quand elle referma brutalement le menu et qu'elle croisa les mains devant elle. Soudainement, elle me fit penser à Alice, et mon coeur se serra un peu plus.
-Aurais-je le grand honneur de savoir qui te met dans un état pareil? Me demanda-t-elle, le plus sérieusement possible.
-Je ne vois pas de quoi tu parles.
-À d'autres, Bella! Tu sembles si triste et, franchement, tu as une mine horrible!
Ça fait toujours plaisir à entendre!
-Merci pour le compliment mais je vais bien. Je t'assure.
-Et je suis censée te croire? Grogna-t-elle. Je sais qu'on se connait depuis peu, et que tu n'as pas forcément envie d'en parler, mais sincèrement, tu m'inquiètes.
Pourquoi tous les gens autour se sentent obligés de s'inquiéter pour moi? Peut-être parce que tu sembles malade? Je me mordis la lèvre inférieure et commençais à déchirer ma serviette de table nerveusement. Je n'aimais pas parler de moi, trouvant qu'il n'y avait pas forcément grand chose à dire alors à Leah...
-Ah je sais! S'écria-t-elle, faisant grimacer quelques personnes autour de nous. C'est le mec de la dernière fois, n'est-ce-pas?
Le mec de la dernière fois? On parle la même langue, là?
-Euh... Qui?
-Mais si! Le beau brun avec des yeux d'Enfer, qui était venu au magasin il y a plusieurs semaines!
Oh! Lui?
-Edward? Dis-je.
-Oui, Edward, gloussa-t-elle. Il était vraiment pas mal soit dit en passant et je suis sûre qu'il doit être un Dieu au lit...
-Leah!
-Quoi? Ne joue pas ta prude et ose moi me contredire!
-Comment veux-tu que je le sache? Grondai-je. Edward est juste un ami et non mon amant!
Elle voulut répliquer mais le serveur arriva, demandant nos commandes. Mon amie s'en chargea, et dés qu'il fut à une distance raisonnable pour pas qu'il nous entende, elle repartit à la recharge. C'est pas vrai!
-Que des amis? Vous vous dévorez des yeux, Bella! Répliqua-t-elle.
-N'importe quoi! Nous ne nous dévorons pas des yeux, qu'est-ce-que tu racontes? On est juste amis, est-ce-que ce tu comprends encore le sens de ce mot?
Elle rit à ma réponse tout en secouant la tête. Alors que, moi, je fronçais des sourcils par son pseudo raisonnement idiot. Edward avait tout pour plaire, il était gentil, attentionné, drôle, serviable, attachant, à l'écoute et aussi/surtout très beau. Même en réfléchissant bien, je ne suis pas sûre d'avoir vu un homme aussi beau que lui mais, déjà, j'avais vu son géniteur qui n'avait rien à lui envier, alors avec des gênes pareils... Je poussais un soupir de frustration car c'était obligé d'être frustrée à ses côtés, non? Il devait avoir des centaines de femmes à sa porte quand il revenait du travail, alors pourquoi s'intéresserait-il à une femme atteinte d'une tumeur?
Et pourquoi tu te poses la question?
Serais-tu intéressée par hasard?
J'étais définitivement folle! Bonne à faire interner!
-Bien sûr que je comprends le sens de ce mot, Bella, répondit-elle finalement, mais il avait une façon de te regarder qui laissait prédire des nuits torrides!
-Est-ce que tu penses à autre chose qu'au sexe, Leah?
-Bah vu que tu en parles, cette nuit, avec Jacob, j'ai eu droit à...
-Laisse tomber! Je ne veux pas savoir! Paniquai-je, en plaquant mes mains sur mes oreilles.
Non merci pour savoir la position qu'ils préféraient tout deux ou je ne sais quelle allusion sexuelle de ce genre! Surtout que je n'avais pas vraiment besoin d'information sur ça.
-Je plaisantais, Bella! Ce que je voulais dire, c'est que tu ne le laissais pas indifférente, voilà tout!
Je levai les yeux au ciel d'exaspération alors que le serveur revint vers nous, avec nos commandes. Leah devait vraiment lui plaire pour qu'il revienne en si peu de temps! Il déposa mon assiette devant moi et, instinctivement, ou par pure habitude, je grimaçais à sa vue. J'espérais qu'il ne m'ait pas remarquée sinon je serais déjà fichée dans leur liste noire. Leah saliva d'avance devant son plat, avant de l'attaquer littéralement, affamée. Et comment faisait-elle pour garder la ligne en mangeant comme ça? Pas que je m'en souciais ces derniers temps, car j'aurais préféré prendre du poids qu'en perdre mais elle ferait envie à des milliers de mannequins sur Terre! Heureusement, ou malheureusement, Leah était trop occupée avec ce qu'il y avait dans son assiette pour reprendre notre conversation stupide et puérile. Alors que je mâchais plus que j'avalais, me sentant vraiment honteuse de faire ça alors que des gens n'ont même pas de quoi manger dans ce bas monde, ma douleur à la tête reprit de plus belle et je carrai la mâchoire de douleur. C'était comme si des milliers de marteau-piqueur avaient pris place dans mon crâne et qui en faisaient de la bouillie, m'enlevant le peu de force que j'avais déjà. Mes mains se crispèrent d'elles-même sur mes couverts.
-Si tu crois que j'ai oublié notre conversation, tu te trompes ma jolie, me dit soudainement Leah. C'est juste que je mourais de faim. Enfin passons. Est-ce que tu l'as revu?
-Qui? Chuchotai-je, essayant de penser à autre chose qu'à ma tête qui va exploser d'une seconde à l'autre.
-Edward voyons! Est-ce que tu l'as revu ce canon?
-Oui, j'ai passé presque tout le weekend avec lui.
Tu n'aurais pas pu te taire, crétine? Maintenant je vais passer à la casserole!
-Quoi? Tu as passé le weekend avec lui et tu dis qu'il ne s'est rien passé avec lui? Mais tu vis sur quelle planète?
-J'ai des problèmes personnels et... et j'ai demandé son aide, rien de plus, Leah! Alors maintenant, mange et fiche-moi la paix!
Elle me regarda comme deux ronds de flans, étonnée par ma soudaine agressivité. Je lâchais brutalement mes couverts et me levais d'un pas chancelant, avec la tête qui tournait. Ma collègue me regarda d'un œil inquiet mais j'en fis abstraction et pris mes affaires, laissant de quoi payer ma part et m'en allais de ce pas, ne voulant pas me ridiculiser encore plus. J'en peux plus! J'en avais assez, je voulais que tout ça s'arrête, j'étais si fatiguée et si faible que je me dégoûtais moi-même.
-Attend! S'écria Leah, à ma poursuite.
Vu ma lenteur de marche, et ses jambes interminables, elle aura vite fait à me rattraper. Mais qu'est-ce qui me prend tout à coup? Je passe du chaud au froid, comme je change de chemise! J'étais à cran, certes, mais je ne m'étais jamais emballée autant que maintenant. Ce n'était pas mon genre, moi qui était tout l'opposé de mon frère qui partait au quart de tour...
-Bella! M'appela de nouveau Leah. Je... Je suis désolée! Je n'aurais pas dû insister autant avec Edward...
Je m'arrêtais de marcher, de toute façon, je n'aurais aucunement la force d'aller plus vite que ma moyenne actuelle, et respirais un bon coup. Respire, Bella, et tout ira bien. Je me retournais vers mon amie, qui avait l'air complètement affolée par mon comportement.
-Je suis sur les nerfs, excuse-moi, c'est... ce n'est rien, ne t'inquiète pas. Ça te dit de faire un tour? Il y a un parc pas très loin d'ici, à moins que tu aies encore faim.
-Non! C'est parfait, et puis il doit y avoir un marchant de Hot Dog si j'ai un creux.
Je lui souris et nous prîmes la direction de ce fameux parc. Leah ne parla plus de mon agressivité et j'en fus heureuse. Par contre, j'avais eu droit à tout le résumé de sa rencontre avec Jacob, de ses défauts et qualités, ainsi que d'autres choses que je n'avais pas forcément envie d'entendre, vu que je les savais déjà. Intérieurement, je résistais à la tentation suprême de tout lui avouer, de lui dire que Jacob était mon ex et que je l'avais vu avec Lauren, dans notre lit commun. C'était une chouette fille, et je ne voulais pas lui faire du mal ou, pire, qu'elle me déteste pour ça. Et puis, les paroles de Jacob me restaient en tête, lorsque mes pensées divaguèrent d'elles-même: Moi aussi je t'aime, ma Bella! Et je n'abandonne jamais. Jamais! Qu'est-ce qu'il voulait dire? Que j'étais sa propriété? Alors là, il pouvait rêver ce gros salaud! Il a perdu tout « droit » sur moi, quand il baisait avec Miss siliconée!
Lentement, nous nous dirigeâmes vers le « The Maine », d'un pas tranquille et lent. Je me mis à penser à Edward, et à mon rendez-vous avec lui, à l'hôpital bien sûr. Je ne l'avais toujours pas dit à la patronne, et j'avais un peu peur de sa réaction à vrai dire. Elle n'était pas commode, et j'avais remarqué que c'était encore pire quand son mari était prés d'elle. Une vraie furie!
-À quoi tu penses pour avoir une tête aussi contrariée? Me demanda ma collègue.
Je rougis un peu, m'ayant fait prendre comme une idiote. J'étais vraiment si transparente que ça?
-Je me demandais... Est-ce que... Victoria donne des jours de congé lorsque ses employés le lui demandent? Murmurai-je.
-Pas vraiment, non. Elle n'est pas du genre à avoir du coeur et encore moins à donner une faveur à ses employés.
-Génial, maugréai-je.
-Pourquoi? Tu dois aller voir quelqu'un cet après-midi?
Je levai les yeux au ciel, sachant qu'elle pensait à Edward. D'un côté, elle n'avait pas tord.
-Je... Je dois aller à l'hôpital... pour... pour un bilan de santé!
Elle leva un sourcil, peu convaincu. Mets-y un peu du tiens, Bella!
-Un bilan de santé? Est-ce que tout va bien?
-Oui! Oui, tout va bien mais l'hôpital voulait savoir comment j'allais depuis mon dernier séjour... Enfin, rien d'important quoi!
Tu es toujours aussi nulle pour mentir ma vielle! Pitoyable! Et puis, maintenant, il fallait que je convaincs ma patronne de me laisser une demi-journée de libre car j'allais à un rendez-vous à l'hôpital. Ça allait être périlleux, surtout que lorsqu'elle est venue me rendre visite à l'hôpital, elle a bien cru que j'avais tout manigancé pour avoir une chambre et bla bla bla... J'aurais vraiment préféré le contraire!
Nous entrâmes, Leah et moi, à 13h30 précise dans le magasin, où Victoria et son mari discutaient prés du comptoir. Toujours là lui? Je baissais les yeux quand je rencontrais les siens, dotés d'une étrange lueur dans le regard qui me donnait la chair de poule à chaque fois. Leah me disait toujours que je ne devais pas rester seule avec lui, et, heureusement, je n'avais pas encore eu la grande chance d'être en tête à tête avec cet individu. Merci Seigneur! Leah et moi, rangeâmes nos effets personnels dans l'arrière boutique, alors que la patronne rouvrait le magasin aux nouveaux clients. Courage, Bella, tu peux le faire!
-Madame, Hunter? L'appelai-je, d'une voix timide.
Cette dernière, leva la tête vers moi, surprise par ma prise de parole, tout comme son mari. C'est vrai que je ne leur adressais pas beaucoup la parole hormis pour mon travail et par politesse.
-Oui? S'enquit-elle.
-Je me demandais, si je pouvais quitter le travail un peu plus tôt aujourd'hui, murmurai-je, sentant mes joues chauffer. Je... Je dois aller à l'hôpital, pour un rendez-vous.
-À l'hôpital? Qu'est-ce que c'est cette histoire? Gronda ma patronne..
Qu'est-ce que j'avais dit? C'était perdu d'avance pour qu'elle me croie mais c'était la vérité! Comment ne pouvait-elle pas me croire? Ce n'était pas comme si j'allais rejoindre mon amant pour passer une après-midi de sexe intensif, si? Je me mordis la lèvre, quand je pensais de nouveau à Edward. AH! Tu le voudrais, n'est-ce pas? NON! Edward était un ami. Edward était un ami.
-C'est important, dis-je d'un ton ferme..
-Et qu'est-ce qui est plus important que le boulot? Grinça ma patronne.
-Sa santé! Répliqua Leah, que je n'avais pas remarqué tout de suite. Je prendrais sa place aujourd'hui, si cela vous perturbe autant. Laissez-là y aller.
-Leah, je... Murmurai-je, mal à l'aise qu'elle prenne le travail à ma place.
Leah leva la main, signe que je devais me taire tout de suite et j'obéis. Je me fis toute petite alors que les 2 femme présentes s'affrontaient du regard.
-Très bien, Isabella, articula difficilement Victoria. Tu peux aller à ton rendez-vous, mais je veux un mot de ton Médecin!
-D'accord. Merci!
Intérieurement, je poussais un soupir de soulagement. Finalement, ça n'a pas été si horrible que ça, si on oublie le fait qu'elle croit que je mens. Surtout qu'elle aurait dû se rendre compte que je suis une calamité pour ça. Je repris mon travail, rougissant légèrement quand je m'imagine en train de demander un « mot » de mon Médecin, c'est-à-dire, Edward. Pourquoi est-ce que je rougissais? Stupide réaction physique! J'avais l'impression d'avoir 4 ans et mes dents de lait qui tombaient. C'était pathétique.
Edward... Il est si gentil avec moi, que s'en est presque déroutant. Je ne sais pas vraiment pourquoi il fait ça, à part qu'il m'avait avoué qu'il en avait besoin. Mais pourquoi? Je n'avais rien à lui offrir, rien à lui donner en échange de ses attentions et son amitié. Le mot qu'il m'avait laissé ce matin ne faisait que de passer en boucle dans ma tête, on pouvait bien voir qu'il tenait vraiment à ce que je vienne à l'hôpital cet après-midi, qu'il s'inquiétait pour moi, mais je ne voyais pas la réelle raison. Il y avait bien autre chose qu'il cachait non? Je ne sais pas, peut-être que... que... Que quoi? Je n'arrivais pas à trouver une réponse convenable, ou une réponse qui me satisfaisait dans toutes celles qui traversaient mon esprit douloureux.
C'est ainsi que se passa le reste de l'après-midi, avec des milliers de questions qui tourbillonnaient dans ma tête, toutes aussi folles les unes que les autres et inconcevables. Je voyais souvent Leah me regarder intensément, comme si elle voulait savoir ce que je cachais au fond de moi, mais je lui souriais et je me taisais. Comme d'habitude. Puis, les musiques qui étaient passées tout au cours de la journée, m'avaient fait penser à ma famille. J'avais encore une fois entendu Kiss de Prince, me renvoyant des images d'une Alice surexcitée devant des paires de chaussures, Time is running out de Muse avait résonné dans mes oreilles, me faisant penser à Emmett, en train de beugler devant un match de football à la télévision, ou encore Satisfaction de The Rolling Stones pour qui mon père louait un culte incomparable, me ramenant aux plus belles années de ma vie, lorsque j'avais été vivre avec lui, à Forks. Ils me manquent tellement!
Je soupirai quand mon regard dériva vers l'horloge du magasin. 16H30. Temps que j'y aille, une demi-heure aura largement passé, vu le trajet que je dois faire en métro et à pieds. Admettons 1h30 plutôt. Je me dirigeais vers la caisse, traversant quelques rayons au passage, et tombais sur une scène en tout point opposée à la dernière fois. J'en rougis d'embarras. James avait enlacé Victoria par derrière, et avait le visage enfoui dans la chevelure de sa femme, les yeux fermés. Je me sentis de trop tout à coup...
-Excusez-moi, Madame, les coupai-je dans leur moment de douceur.
James lâcha sa femme et me regarda. Sa femme me lança un regard glacial, y mettant toute la colère pour avoir interrompu leur moment de tendresse et leva un sourcil en guise de réponse.
-Il est déjà 16h30, est-ce que je peux y aller? Demandai-je.
-Leah? Cria-t-elle. Ça tient toujours, pour remplacer, Isabella?
Cette dernière revint de l'arrière boutique, remettant ses cheveux en place et me regardant malicieusement. À quoi pensait-elle encore?
-Pas de problème, répondit-elle, en me souriant. Je reste jusqu'à la fermeture.
-Et bien, allez-y, Isabella, dit Victoria. Et à demain.
Plus sympathique tu meurs. Maintenant je comprends peut-être pourquoi ils se sont mariés ces deux-là. Je hochai la tête et partis chercher mes affaires dans l'arrière boutique, d'un pas tremblant. Satanée tumeur! Quand je mis la main sur mes affaires, ma tête se mit à violemment tourner et je dus m'accrocher au porte manteau, pour éviter de tomber au sol. Je voyais des étoiles autour de moi et ma respiration se fit sifflante. Pas maintenant! Je fermais les yeux, pensant que ne rien voir autour de moi m'aiderait et me mordis fortement la lèvre pour ne pas succomber à la tentation et appeler Leah pour qu'elle vienne m'aider. Je pouvais me débrouiller, je l'avais toujours fait, n'est-ce pas? Alors pourquoi tu as appelé Edward il y a 3 jours? Merci conscience, toujours là pour me remonter le moral à ce que je vois! Lentement, mais sûrement, je commençais à reprendre la sensation temporelle et d'être sur pieds. J'ouvris lentement les yeux, et je poussais un soupir de soulagement quand je vis que je me sentais mieux et que la pièce n'avait pas bougé. Merci Seigneur! Je me dépêchai de m'habiller et revins dans la boutique. Inévitablement, je rencontrais le regard de James et je rougis un peu, plutôt mal à l'aise.
-À demain, Madame, Monsieur, les saluai-je tout en me dirigeant doucement vers la porte.
-Comment allez-vous à l'hôpital? Me demanda James.
C'est pas le moment d'être curieux! Qu'est-ce que ça peut lui faire si je vais à pieds ou à cheval?
-Euh... À pieds.
-Laissez-moi vous y conduire! S'exclama-t-il d'une voix suave. Faire un si long chemin pour aller à l'hôpital, alors que je suis tout disposé à vous y conduire... Enfin, si ma chère femme n'a plus besoin de moi?
Hein? Oh non, non, non! Pas toute seule avec lui! Je cherchais discrètement Leah du regard, mais je ne la vis pas. Merde! James se retourna vers moi et j'essayais de montrer mon indifférence en haussant les épaules. Pourquoi t'as fait ça, crétine! Il demanda à Victoria si ça la dérangeait et je priais tous les Saints du monde entier pour qu'elle fasse une crise et qu'elle refuse.
-Bien sûr que non, répondit sa femme. Si tu me raccompagnes après...
MAIS NON! Mon coeur s'emballa sous le fait que j'allais être seule, dans un espace exiguë, avec lui. Je déglutis tout en jouant avec mes mains, nerveusement. Qu'est-ce que j'allais faire, maintenant?
-Je... ne veux pas vous déranger, bredouillai-je, utilisant ma dernière chance, et l'air frais me fera sûrement du bien.
-Allons dont! Si je vous le propose, c'est que ça ne me dérange pas! Attendez-moi, je vais chercher mon manteau.
Et il partit à l'arrière boutique, me tournant le dos, me laissant seul avec sa femme qui était absorbée par ses papiers de compte. Quelle chance d'être tombée sur une patronne aussi sympa! Quelques minutes plus tard, il revint habillé, embrassa sa femme et m'ouvrit la porte, comme un vrai gentleman. Non, Edward était un gentleman, lui il était fou! Je respirais un bon coup, ne voulant pas lui montrer que je n'avais qu'une seule envie, c'était de partir en courant, loin de lui. Et puis, voyons le côté positif, je n'aurais pas besoin d'y aller à pieds, et j'irais beaucoup plus vite en voiture. Avec un fou. Tais-toi! Il me montra une voiture qui ne semblait plus toute jeune, et j'eus un point au coeur en pensant que ma voiture avait rendu l'âme. Vraiment pas de chance, Swan! Il déverrouilla cette dernière et je me précipitais à m'y engouffrer et de mettre ma ceinture, me sentant plus en sécurité d'un coup. Lui, il prit son temps, lentement il commença son petit rituel avant de démarrer la voiture sous un silence pesant. Mais, franchement, je ne voyais pas lui faire la conversation, comme avec un ami.
-Dans quel hôpital allez-vous? Demanda-t-il, lorsque nous avions parcouru les premiers mètres.
-Seattle Hospital Center, répondis-je.
Il hocha la tête et mit son clignotant pour prendre le boulevard, la voie la plus rapide. J'espérais qu'il ne me fasse pas la conversation, priant de nouveau tous les Saints que Dieu avait fait, car j'étais de plus en plus nerveuse et je me crispais sur mon siège, n'osant plus bouger. Je n'étais pas de nature très sociale, mais, avec lui, je pouvais faire concurrence avec une huitre, tellement son aura me donnait la chaire de poule.
-Alors, Isabella, dit-il, joyeusement, est-ce que vous avez quelqu'un dans la vie? Un petit-ami? Un fiancé?
Oh non! Pourquoi fallait-il toujours que les gens posent ces question? Et pourquoi est-ce qu'il voulait me faire la conversation? Et puis, ce n'est pas comme si j'avais une liste de prétendants, n'est-ce pas? Alors pourquoi tu penses à Edward? Je me sentis rougir comme une idiote, quand son image me vint en tête.
-Non, je n'ai personne, murmurai-je.
-Une si jolie fille comme vous? J'ai peine à y croire! Même pas quelqu'un qui vous intéresse?
Une si jolie fille? Il devrait s'acheter des lunettes, ou se faire soigner, ou encore les deux... Je n'étais pas jolie. J'étais simple, banale et ordinaire. Une fille qu'on ne remarque pas dans la rue car je me glissais dans la foule pour ne pas me montrer. Je n'étais pas le genre de fille qui se pavanait comme les reines de beauté, chaussées d'échasses et d'habits aussi ridicules qu'indécents. J'étais simple, dans mes tenues vestimentaires comme dans ma vie de famille. Oublions le couple vu que je n'en avais pas. Alice me disait souvent que j'étais jolie, que j'attirais le regard dans la rue, mais j'avais peine à le croire ou je me sous-estimais. Au choix. Pour preuve, si j'attirais le regard, comme elle le disait, j'aurais eu d'autres amants que ce gros connard de Jacob, non? Edward ferait l'affaire, non? Oh que oui! Je me donnais une claque mentale à cette pensée qui était totalement folle. C'était un ami! Un homme bien qui voulait aider une femme malade. Point barre. Nous serons juste amis, alors pas besoin de s'imaginer des choses, n'est-ce pas? Alors pourquoi j'avais cette boule au ventre? Je posais ma tête sur la vitre, réprimant le mal être qui avait pris possession de mon corps, et je remarquais que nous roulions beaucoup plus vite que la normale. Je lui jetais un coup d'œil, et vis qu'il avait les mains crispées sur le volant, en colère. Il était comme ça parce que je ne lui avais pas répondu?
-Non, personne... qui m'intéresse, chuchotai-je.
Il hocha la tête et il ne répondit pas. Silencieusement, je remerciais tous les Dieux de cette Terre quand il se tut jusqu'à la destination. Je ne voulais pas être impolie, en l'envoyant bouler. Il se gara sur le bas-côté, mit les warning alors que je détachais rapidement ma ceinture. Heureuse de pouvoir m'éclipser de cet Enfer.
-Merci, Monsieur Hunter, pour...
-Appelle-moi dont James! Rit-il. Monsieur Hunter, c'est pour mon travail!
-Euh... Oui... James. Hum... Merci de m'avoir accompagné, c'est très gentil à vous.
-De rien, c'est tout naturel! Je n'allais pas vous laisser aller à l'hôpital à pieds! Le trajet est long et puis, vous semblez exténuée.
Et qu'est-ce que ça peut te faire? Je me repris et ouvris la portière, prestement, ne voulant pas m'attarder sur le sujet.
-J'ai quelques soucis personnel. Encore merci et... au revoir.
Je claquai la porte, sans plus de cérémonie et respirer l'air frais. Enfin! Les roues de la voiture crissèrent sur le trottoir et la voiture fila à toute allure, comme si la police le poursuivait. Je remis mon sac sur les épaules, et marchai vers l'entrée de l'hôpital, d'un pas lent. Je me sentis sourire quand je vis le grand arbre à fleurs roses, se dressant devant moi, encore fleuri. Je le regardais quelques instants, profitant du vent qui soufflait dans mes cheveux attachés, et des branches qui bougeaient par la force naturelle. Cet arbre était magnifique. J'en planterais un, un jour, dans mon jardin. Sous ses paroles pleines de promesses, j'entrais dans le hall de l'hôpital, quelques personnes se trouvaient déjà là, et j'avançais vers l'accueil. Je me souvins du mot d'Edward, de ce matin, et me retrouvais devant « Miss frustrée », alias Maria, d'après son badge. La femme typiquement refaite de partout. Des seins à ses lèvres, je me demandais ce qui était naturel chez elle, à part son cerveau. Elle ne se releva pas de sa manucure improvisée quand elle vit que j'étais en face d'elle.
-Bonjour, en quoi puis-je vous aider, demanda-t-elle, d'une voix aussi horrible que l'était celle de Jessica.
-Bonjour... Serait-il possible de... de voir le Docteur Cullen?
-Le père ou le fils?
Ah oui, c'est vrai. J'avais oublié ce détail.
-Le fils.
-Avez-vous rendez-vous?
Et voilà la question que je redoutais. Bingo! Je mâchais ma lèvre, nerveusement, avant de prendre mon courage à 2 mains.
-Non, mais il sait que je suis là, et c'est important.
-Si vous n'avez pas de rendez-vous, alors je ne peux rien faire pour vous, lâcha-t-elle, peu aimable. Appelez l'accueil et voyez ce qu'ils peuvent faire pour vous.
-Mais vous êtes l'accueil!
Elle daigna lever les yeux vers moi, et me jugea de ma poitrine jusqu'à mon visage. En gros, ce qu'elle pouvait voir. Je vis une lueur amusée dans son regard et je serrais les poings pour éviter de lui foutre dans sa face de rat. Elle se prend pour qui? Miss Amérique peut-être?
-Ne voyez-vous pas que je suis occupée, là? Et puis, sans vous offenser, je ne vois pas en quoi le Docteur Cullen peut vous aider.
Mon sang bouillonna dans toutes les veines de mon corps, et comme je le craignais, je partis au quart de tour.
-Occupée? Raillai-je. Se faire les ongles, s'appelle être « occupée » pour vous? Vous êtes ici pour prendre rendez-vous pour des patients, et non essayer de draguer un Psychologue qui ne veut pas d'une flaque à silicone dans son lit! Alors, appelez Edward. Et maintenant!
Elle avait écarquillé les yeux quand j'avais fait appel au moyen « Jasper » pour mon cas. Je la vis faire un sourire hypocrite avant qu'elle ne décroche le téléphone, à l'aide de ses doigts manucurés de fond en comble, et appuyer sur un bouton. Je crus avoir gagné la partie, mais je déchantai vite lorsque son regard devint aussi meurtrier qu'une mitraillette.
-La sécurité? Dit-elle d'une voix suave. J'aurais besoin de vous à l'accueil, il y a une femme qui fait du grabuge dans le hall, prétextant que j'ai mal pris son rendez-vous.
QUOI? J'ouvris la bouche pour protester, mais déjà 2 armoires à glaces arrivèrent vers moi, les muscles saillants. Miss Silicone me fit un sourire éblouissant tout en me désignant de ses ongles crochus, que je rêvais de casser en mille morceaux. Un des hommes m'empoigna le bras et je grimaçais sous la force de sa poigne.
-Veuillez quitter les lieux, Mademoiselle, m'annonça-t-il d'une vois grave et menaçante. Sinon, nous allons utilisé la manière forte.
-Parce que vous utilisez la manière douce, là! Cinglai-je en montrant mon bras douloureux. Lâchez-moi espèce de brutes! C'est la frustrée qu'il faut virer, pas moi!
-S'il vous plait, Mademoiselle, nous le dirions pas deux fois.
Ils m'emmenèrent de force vers la sortie, alors que la garce me fit un signe de la main et me fit un sourire éblouissant de cruauté. Elle ne perd rien pour attendre celle-là! Je fus éjecté dehors, sans ménagement, avec le bras qui devait sûrement ressembler à de la charpie maintenant.
-Allez voir un autre hôpital, et ne revenez plus ici, gronda le collègue de Monsieur Musclor.
Je fronçais les sourcils en sa direction et ils repartirent tous deux vers l'hôpital. Et maintenant, qu'est-ce que je fais? Je m'assis sur le banc le plus proche, devant mon arbre, quand je sortis le mot d'Edward, que j'avais gardé toute la journée.
« N'oublie pas que tu dois venir à l'hôpital aujourd'hui, et n'hésite pas à insister si la femme de l'accueil ne veut rien savoir, elle est juste frustrée que Jasper ne voit pas ses tentatives de flirt raté, ou sinon, appelle-moi, j'ai toujours mon portable sur moi. »
Je souris tout en sortant mon portable préhistorique de mon sac en fouillis. Je cherchais le numéro d'Edward dans mes deniers appels et appuyais sur la touche appel. J'avais l'impression d'être une gamine de 10 ans qui va demander de l'aide, mais, là, je n'avais pas d'autre choix. Je me mordis les lèvres quand les tonalités passèrent, sans que quelqu'un décroche. Allez...
-Allo?
Mon coeur fit un bon lorsque le son de sa voix me parvint à mes oreilles. Pourquoi est-ce que j'avais cette réaction?
-Bonjour Edward, c'est Bella, répondis-je. Je ne te dérange pas?
-Bonjour, Bella! Non, bien sûr que non, tu ne me déranges pas!
Je devinais qu'il souriait, vu le ton enjoué qu'il abordait.
-En quoi puis-je t'aider? Ne me dis pas que ta patronne n'a pas voulu que tu viennes!
-Non, non, j'ai réussi à passer cette étape mais pas le hall de l'hôpital.
-Tu es ici?
-Oui, mais je n'ai pas pu franchir le hall sans que 2 ours ne viennent m'attraper pour me fiche dehors.
-Pardon? Gronda-t-il.
-La femme de l'accueil était plus frustrée que je ne le pensais...
-Elle a appelé la sécurité? Grogna-t-il de nouveau.
-Euh... Oui... Est-ce que tu peux venir me chercher? Je suis devant l'entrée.
-Oh, oui, bien sûr! J'arrive dans 2 minutes. Ne bouge pas!
-Aucun risque...
Il raccrocha et je me mis à contempler l'arbre devant moi. Je ne sais pas ce que cet arbre représentait pour moi, sûrement rien, ou une quelconque fascination stupide de ma part mais lorsque je l'avais contemplé, de ma chambre d'hôpital, il m'avait de suite fasciné. Allez savoir pourquoi. Le vent m'ébouriffa les cheveux, et je frissonnais par le froid qui piquait le peu de peau qui était découvert. J'aimais la neige, car c'était magnifique à voir, mais je détestais le froid qui allait avec. J'étais une frileuse née.
-Isabella Swan? M'appela-t-on.
Je relevais la tête, et tombais nez à nez avec un homme blond avec de grands yeux bleus. Il me fit un sourire amical alors qu'il tendit la main vers moi. Mais d'où connaissait-il mon nom?
-Je me présente, Docteur Jasper Withlock, psychologue de l'hôpital. Le Docteur Cullen m'a demandé de venir vous chercher.
Jasper? L'ami d'Edward? Je lui rendis timidement son sourire et me levai difficilement. Je me demandais s'il savait pour moi, mais aprés mûres réflexions, il était le meilleur ami d'Edward, donc...
-Est-ce qu'Edward va bien? M'enquis-je soudainement. Je viens de l'avoir, et...
-Ne vous inquiétez pas, Mademoiselle Swan, il est juste occupé à passer un savon à la réceptionniste.
J'écarquillais les yeux en sa direction et il eut un sourire amusé. Je me hâtais de marcher vers le hall, bien que ma vitesse actuelle était aussi lente qu'une tortue. Jasper ne semblait pas s'en conformer, car il prit le même pas que moi, et avait une main dans le creux de mon dos. Pourquoi tans de précautions? Nous franchîmes les portes coulissantes, et le spectacle me figea de suite. Edward dominait la femme de l'accueil de toute sa taille, son regard était aussi froid qu'un iceberg et sa mâchoire était carrée, les poings fermés. Alors que l'autre pimbêche tremblait littéralement sur son fauteuil, le regard peureux et fuyant.
-Je... Je... Elle m'a attaqué! Se défendit-elle minablement. Elle m'a... Elle m'a insulté lorsque j'ai vu sur l'écran qu'elle... n'avait pas de rendez-vous...
-Espèce d'idiote! Comment Bella a pu faire ça alors que c'est la gentillesse incarnée? Je suis sûr qu'elle t'a rembarré et que ça n'a pas plu à ton égo surdimensionné! Et combien de fois je t'ai dit de m'appeler lorsque des patients cherchaient à me joindre? Hein? Combien!
-Je... Je... ne sais pas... Mais... Elle a...
-Elle a rien du tout! La coupa-t-il, cinglant. Estime-toi heureuse que je ne fasse pas un rapport à la direction, sur ton comportement exécrable envers les patients, Maria. Car je ne suis pas sûr que tu trouves un autre emploi après que tu sois viré de celui ci! Alors, si tu recommences, je te jure que je te jette moi-même dehors, c'est clair?
-Tu n'as pas le pouvoir de me virer, Cullen! Grogna-t-elle. Tu n'es qu'un Interne!
-Dois-je te rappeler qui est mon père? Et qui est-ce qu'il croira quand je lui raconterais cette histoire?
C'était peut-être l'effet de mon imagination, mais je la vis blanchir prématurément. Apparemment, le père d'Edward avait le bras long dans cet hôpital. Je sentis une main me pousser vers l'avant et Jasper me fit un sourire encourageant, quand je le regardai. Je fis quelques pas hésitants vers mon ami et la garce de l'accueil me lança un regard haineux.
-Bien, reprit Edward. Je vois que tu as compris. Et j'espère pour toi que je n'entende pas d'autre chose à ton sujet, car je n'ai jamais frappé une femme, mais l'idée de faire une exception est vraiment tentante.
Une telle colère venant de sa part est plus que surprenante. Je n'aurais pas aimé être à la place de Miss frustrée, quoique je n'avais aucune pitié pour elle, elle ne méritait même pas que je m'arrête pour elle. Tout à coup, Edward se retourna vers moi et me percuta de plein fouet, me faisant perdre l'équilibre. Alors que je préparais mes fesses au choc, des grandes mains me rattrapèrent par les coudes, me sauvant, par la même occasion, d'un énorme bleu sur le postérieur. Instinctivement, mes mains attrapèrent sa blouse blanche et je me retrouvais collée contre son torse. Quand mon cerveau percuta l'information, je me mis à rougir violemment.
-Bella? Est-ce que ça va? Je ne t'ai pas fait mal? S'enquit Edward, inquiet.
Je me remis maladroitement sur mes pieds et lâchai prestement sa blouse, avec toujours les joues rouges.
-Je vais bien... Merci, bredouillai-je.
Il me fit un grand sourire tout en me lâchant à son tour. Je ressentis un grand manque, un froid lorsque aucun de mes membres ne le touchaient. J'étais perdue.
-Comment as-tu su que j'étais arrivé?
-Ton...
Je me retournais pour désigner son ami Psychologue mais je ne trouvais aucune trace de lui. Je me tordis le cou pour le chercher mais il avait disparu.
-Bella?
Je revins vers lui, et je me surpris à le détailler sous toutes les coutures. Ses cheveux d'une étrange couleur cuivre semblait me dire qu'il venait juste de se réveiller, sa mâchoire carrée montrait bien qu'il avait passé l'âge de « jeune homme », sa peau blanche comme de la craie qui dégageait une chaleur rassurante, ses yeux d'un vert incandescent qui transperçait mon âme à chaque regard, et sa musculature fine, tout ça me fit rougir violemment. Edward m'attirait. Je me donnais une claque mentale, pour reprendre mes esprits. Il ne devait pas m'attirer!
-Ton ami, Jasper, est venu me chercher, vu que tu étais occupé, répondis-je difficilement.
-Jasper? S'étonna-t-il en fronçant les sourcils. Il faudrait que je le remercie... Désolé de t'avoir fait attendre, mais... Enfin, ça n'a pas d'importance. Allons-y, tu as l'air frigorifié.
Je hochais la tête et il prit le même pas que le mien, silencieusement, m'emmenant vers l'ascenseur. Au moins, ici, il y avait un ascenseur! Marre des escaliers! Edward dut sûrement remarquer mon air soulagé, car je le vis esquisser un sourire en coin, absolument charmant. Absolument magnifique ouais! Je me sentis rougir et entrai dans l'ascenseur, bien bondé, à côté d'Edward et essayant d'oublier le combat qui déferlait en moi. Le « Ding » de l'ascenseur retentit de nouveau et Edward posa une main en bas de mon dos, afin que j'avance. 4 éme étage. Je frissonnais quand je me remémorais mes moments ici, là où j'avais vu ma famille pour la dernière fois, aprés les avoir gentiment envoyé balader sans ménagement. Tu es vraiment conne des fois, Swan. Seulement des fois?
-Viens, c'est par là, me dit Edward en frôlant mon bras.
Une brusque chaleur traversa mon épiderme et j'avais l'impression qu'un fer chauffé à blanc s'abattait à l'endroit où il m'avait touché. Ce n'était pas désagréable, comme je le décrivais, mais j'avais l'étrange sentiment que ça ne m'était jamais arrivé. J'avais même envie de me rapprocher rien que pour sentir sa peau contre la mienne, et... Holà! Tu dérives encore là! C'est juste mon cerveau, juste mon cerveau... Edward me conduisit jusqu'à une porte où il était écrit « Docteur Cullen » dessus, et je tiquais.
-C'est le bureau de mon père, m'expliqua Edward. Je me suis dit que tu préférerais être au calme ici. Mais si ça te dérange, je peux très bien aller...
-Non, le coupai-je. L'endroit me convient parfaitement, merci.
Il me fit un sourire éblouissant, ce qui n'échappa pas à mon coeur qui s'emballa douloureusement. Edward m'ouvrit la porte et je tombai sur le bureau de médecin le mieux décoré que je n'avais jamais vu. Et pourtant, j'avais été à l'hôpital à cause de ma légendaire maladresse, et jamais, au grand jamais, un bureau avait été aussi attrayant pour les yeux. Je m'avançais timidement et regardais autour de moi. Peint en beige claire, qui donnait à l'espace une dimension plus large, un grand bureau en verre trônait au milieu de la pièce, avec une immense bibliothèque derrière, qui prenait tout le mur. Dans l'autre moitié de la pièce, il y avait le coin auscultation, avec un paravent en bois, et une table d'examen et des machines de dernières technologies. Tout était très moderne, mais chaleureux, ce qui était le plus de cette salle.
-Impressionnée? S'enquit Edward, amusé.
-Un peu, avouai-je. Ta mère a vraiment bon goût...
-Je ne peux pas te contredire! Si tu avais vu l'état de cette salle avant son passage, tu en aurais frissonné.
Je ris un peu et me détendis doucement. Edward traversa la pièce et déplaça le paravent, de façon à l'appuyer contre le mur et de laisser plus d'espace à l'endroit où je devais me poser. Je me sentis complètement idiote en cet instant, plantée au milieu de la pièce, droite comme un piquet, alors qu'il s'activait pour installer le matériel pour moi. Alice avait raison, des fois, j'étais irrécupérable.
-Tu peux enlever ton manteau, me dit Edward, je ne vais pas te mordre.
-Euh... Oui... Désolée... Balbutiai-je.
Il eut un sourire amusé par ma réponse aussi intellectuelle qu'une gamine de 4 ans, et je déboutonnai mon manteau tout en enlevant mon sac, que je déposai sur la chaise, incertaine. Bien que j'avais pris la décision de me faire soigner, de faire en sorte que ma vie ne soit plus un cauchemar permanent, je ne me sentais pas prête à faire ça toute seule. Aller aux rendez-vous de Radiothérapie et de Chimio sans avoir la chance de tenir la main de quelqu'un avant que mon tour de vienne, supporter les effets secondaires de mon traitement en ayant personne sur qui compter et ne pouvoir en parler à personne. Edward n'allait pas rester avec moi indéfiniment, il devait juste m'aider à prendre conscience qu'il fallait que je me soigne, rien de plus. Alors pourquoi cette boule au ventre?
-À quoi tu penses? Murmura le doux ténor d'Edward.
Je me retournais pour me trouver devant lui, le visage tiré par l'inquiétude. Pourquoi il s'inquiétait autant de mon sort?
-À ma famille, répondis-je sur le même ton. Sur ma maladie aussi, mon traitement... et toi.
-Moi? En quoi ai-je l'honneur d'être dans tes pensées?
Je souris face à sa réplique. Il avait des façons de parler des fois, qui me projetaient un siècle en arrière. Plus personne ne parle comme ça de nos jours.
-Tu m'as aidé alors que ce n'était en aucun cas une obligation. Tu m'as tenu compagnie alors que j'étais seule et tu as pris l'initiative d'occuper le bureau de ton père car tu sais que je n'aime pas beaucoup la foule. Je... J'ai dû mal à te comprendre des fois, et ça me perturbe.
-N'ai-je pas le droit d'aider qui je veux? Nous sommes dans un pays libre et démocratique, n'est-ce-pas? Et puis, je t'ai déjà donné mes raisons, Bella. J'en ai besoin, et c'est tout. Je t'ai dit que je t'aiderai, et je le ferais jusqu'à ce que tu sois guérie, tu as ma promesse. Maintenant, aurais-tu l'obligeance de venir t'asseoir sur cette magnifique table d'examen?
Son ton était catégorique, il n'ira pas plus loin dans les explications. Mais pourquoi avais-je le sentiment qu'il cachait autre chose que de la simple générosité? Laisse tomber, Bella! Je soupirai et marchai difficilement vers la table d'examen, qui me paraissait être à des milliers de kilomètres de moi. Soudain, je sentis la main d'Edward sous mon coude, et l'autre sur mes reins. Ma peau s'enflamma et ma respiration devint bruyante. Ma théorie de tout à l'heure me revint en tête, à savoir qu'Edward me plaisait. J'avais beau me persuader que c'était juste mon corps qui réagissait au sien, qui était beaucoup plus qu'attrayant, j'avais toutes ces petites choses qui me vinrent en tête. Le fait qu'il me fasse rougir, le fait qu'il me fasse sourire ou rire, que mon coeur s'emballe quand je croise son regard et, surtout, le fait que je me sente moi-même en sa présence. Je n'avais pas besoin de me cacher derrière quelqu'un quand j'étais avec lui, car j'étais Bella. J'étais moi. Ses mains me portèrent sur la surface plate de la table d'examen, sans aucune difficulté. Et en plus il est musclé. Tout pour rendre mes hormones en ébullition! Je me donnais à nouveau une claque mentale pour avoir toute ma tête.
-Avant que je ne commence, me dit-il derrière moi, je voudrais te dire que je suis désolé pour Maria et le fait que tu sois restée dehors. J'aurai peut-être dû rester à proximité de l'entrée et t'attendre mais j'avais beaucoup de travail...
-Tu ne vas pas t'arrêter de vivre pour moi, Edward! Souris-je. Et puis, elle ne m'a rien fait, c'est plutôt moi qui l'ai énervée.
-Je me demandais... Qu'est-ce que tu as bien pu lui dire pour qu'elle appelle la sécurité? D'habitude, elle ne fait que envoyer les gens balader.
-J'ai fait une allusion sur le fait qu'elle était frustrée à cause de ton ami Jasper.
Je me retournais quand je l'entendis rire. Son rire était unique au monde. Chaud, chaleureux, doux et mélodieux. Un son que j'avais dû mal à me passer maintenant.
-Ça n'a pas dû lui plaire, effectivement! Reprit-il, quand sa crise de fou rire fut passé.
Je hochais la tête, et me mis à jouer avec la manche de mon pull, nerveusement.
-Je... Hum... Pour hier soir, je... Merci de m'avoir déposé dans mon lit et... pour le mot.
-De rien, chuchota-t-il. Je n'allais pas te réveiller alors que tu manques affreusement de sommeil.
Je me figeai d'un coup, surprise. Comment...?
-Tes cernes, Bella, reprit-il. Tu as des cernes dignes du grand Canyon, et tu as la peau plus blanche que d'habitude. N'oublie pas que tu es en compagnie d'un futur Médecin.
-J'ai juste... des choses à penser et...
-Ta famille te manque, je le sais. Je ne vois toujours pas pourquoi tu ne vas pas les voir.
-Aurais-tu oublié que je n'ai plus de voiture? Et que je ne me vois incapable d'y aller à pieds?
C'était une réponse stupide, car je savais qu'il allait me proposer de m'accompagner, comme il me l'avait promit, quelques jours plus tôt.
-Bella...
-Emmène-moi! Le coupai-je.
Je me retournais brusquement vers lui, mettant tout mon corps en face de l'homme qui faisait battre beaucoup trop rapidement mon coeur. Il plongea son regard dans le mien comme pour y lire quelque chose, ou avoir une réponse.
-Tu... Tu veux que je t'y emmène? Répéta-t-il.
-Oui. Je ne veux pas être seule dans ma maladie, je ne veux pas attendre mes rendez-vous de Chimio seule alors que tout le monde sera accompagné, je veux qu'on me dise que je vais m'en sortir, bien que j'ai l'intime conviction du contraire et puis ils me manquent tellement! La folie du shopping d'Alice me manque, les blagues douteuses d'Emmett aussi, et puis le comportement maladroit mais plein de tendresse de mon père! Je n'aurais personne d'autre sur qui compter après ça. Déjà, je ne vois pas pourquoi je m'étais éloignée, c'était stupide et je ne m'en rends compte que maintenant. Je sais que tu ne seras pas toujours là pour moi, Edward, même si tu affirmes le contraire, je le sais. Tu as bientôt tes examens, tu as ton travail d'Interne qui te prend beaucoup de temps, une vie sociale, une famille et peut-être une future Madame Cullen et je ne veux pas être un boulet que tu traînes car tu m'as fait cette promesse. Tu es un homme extraordinaire, doux, patient, passionné et unique. Je suis fière et heureuse de me dire que j'ai rencontré Edward Anthony Cullen au cours de ma vie mais je ne veux pas empiéter sur la tienne.
Il cligna des yeux, étonné, étrangement humide. Son corps s'était figé tout au long de mon monologue, et j'avais eu peur de le blesser. Loin de moi cette idée, jamais je ne pourrais lui faire ça. C'était inconcevable. J'aurais voulu le retenir avec moi, mais une part de moi me disait que c'était égoïste de le faire rester à mes côtés, alors qu'il avait tant de choses à faire...
-Tu as raison sur une seule chose, dit-il. Que c'était stupide de t'éloigner de ta famille. Comment puis-je te faire prendre conscience que... que... que j'ai besoin de faire ça? Que je ne compte pas te lâcher comme un vulgaire animal de compagnie au bord de la route? Dans quelle langue dois-je te le traduire? Même si j'ai mes examens, mon travail d'Interne, une vie sociale limitée, une famille et une future Madame Cullen qui n'arrivera pas demain la vielle, je serais toujours là pour toi et je fais un pacte de sang si tu ne me crois pas! Ne cherche pas à comprendre pourquoi je le fais, mais accepte juste mon aide et tu feras de moi l'homme le plus heureux sur cette Terre, d'accord?
Si je m'écoutais, je l'embrasserais sur le champ, savourant sa bouche contre la mienne. Et il était célibataire? Des fois, j'avais dû mal à le croire car il était l'homme que toutes femmes rêveraient d'avoir avec elle. Ses explications étaient claires, il resterait avec moi jusqu'à ce que je guérisse, que je le veuille ou non. Aucun problème pour moi! Je sentis mes joues chauffer et mes yeux s'humidifier quand toutes ses paroles se bousculèrent dans mon esprit. Il avait besoin de m'aider. Je ferais de lui l'homme le plus heureux de la Terre si je le laissais faire.
Edward me regarda et passa ses doigts sur une de mes joues rouges, délicatement et sans aucune brutalité. Sa peau avait un pouvoir extraordinaire sur moi, si douce et chaude, que je m'en délectais le plus possible. Je levais les yeux vers lui, et je me figeais en voyant les siens. Noirs. Ma respiration s'emballa rapidement, devenant si bruyante que j'en fus gênée, mais il ne fit aucun commentaire, car il me regardait droit dans les yeux, me transperçant de son âme verte. Tout autour de moi, c'était comme si nous étions dans une bulle invisible, hermétique à toutes les futilités alentours. La chaleur était présente, ainsi que le bourdonnement électrique qui était présent entre nous 2, s'intensifia. Curieusement, je n'éprouvais aucune gêne d'être regardée ainsi, d'être mise à nue en quelque sorte car il n'y avait aucune gêne entre nous, tout était révélé au grand jour et c'était étrange. Comment ai-je pu m'habituer à une personne, un homme, avec autant de facilité? Pourquoi est-ce que je ne m'étais jamais autant sentie bien qu'avec lui? Je n'eus pas le temps de répondre à cette question, car les doigts qui étaient sur ma joue, s'engouffrèrent dans mes cheveux, attachés en chignon, avec douceur. Je vis la pomme d'Adam d'Edward, bouger de bas en haut, nerveusement, alors que mes narines respiraient son odeur à plein poumons.
-Bella... Je... Je... Bredouilla-t-il.
Il n'eut pas le temps de finir sa phrase, tout comme je n'eus pas le temps de reprendre mes esprits, car on toqua à la porte, nous faisant sursauter tout deux. La main d'Edward quitta mes cheveux, et je sentis encore une fois, un vide en moi. Non... Non! Non! Non! Pas ça! Je ne pouvais pas... Je ne pouvais pas!
La porte s'ouvrit sur le Docteur que j'avais vu pour la première fois, le père d'Edward. Carlisle je crois, si ma mémoire est encore bonne. Il avait un dossier en main, une blouse blanche sur son dos, et avait ce charme qu'Edward avait hérité à coup sûr. Ses yeux verts se posèrent sur son fils, puis vinrent vers moi, exprimant de l'étonnement, avant de me sourire chaleureusement.
-Excuse-moi, Edward, dit-il d'une voix grave. J'ai oublié un dossier sur mon bureau.
-Étonnant, marmonna son fils.
Son père ne sembla pas l'avoir entendu car il vint vers moi et me tendit la main.
-Heureux de vous revoir, Mademoiselle Swan, me salua-t-il.
Je lui serrais la main, heureuse qu'il ne me demande pas comment j'allais, comme tout le monde. Je ne cherchais pas à comprendre comment il avait réussi à se souvenir de moi.
-De même, Docteur Cullen.
-Appelez-moi Carlisle! Je connais votre père après tout.
Voilà la réponse.
-Très bien... Carlisle. Appelez-moi Bella, alors.
Il hocha la tête, avec toujours ce magnifique sourire aux lèvres, avant de reporter son attention vers son fils, tout en marchant vers son bureau impeccablement rangé.
-Je croyais que tu avais besoin de mon bureau pour ausculter une patiente? Sans vouloir être malpoli, qu'est-ce que Bella fait ici?
-Bella est ma patiente, papa. Tu te souviens que tu m'as donné son dossier, non? Répondit Edward.
Carlisle se figea, alors qu'il avait la main sur son précieux dossier. Je fronçais les sourcils alors que son père plongea le regard dans celui de son fils, qui lui, avait les joues légèrement rougies. Il rougit! Je me délectais de cette vision, mais je me pris pour une voyeuse et reportai mon attention vers son père, qui semblait avoir reprit vie.
-Oui, je m'en souviens, chuchota-t-il. Je suis vraiment désolé de ce qui vous arrive, Bella.
Et moi dont.
-Ce n'est pas de votre faute, l'informai-je.
-Peut-être... Bon, je vous laisse, je crois que je suis de trop dans cette pièce. J'espère vous revoir dans d'autres circonstances, Bella, et toi, Edward tu manques à ta mère, surtout que tu ne lui donnes pas de tes nouvelles.
-Tu sais bien, papa, que maman s'inquiète, même quand je l'appelle. Mais je me ferais pardonner ce soir, promis.
-Bien. Au revoir, Bella.
-Au revoir, Carlisle.
Il me fit un sourire tout aussi éblouissant que celui de son fils et ferma la porte derrière lui. Wow! Je ne savais pas ce qui venait de se passer entre le père et le fils, mais quelque chose me dit que je n'y étais pas pour rien. Tu n'es pas légèrement prétentieuse, là? Hum... Peut-être... Inexplicablement, mes joues rougirent alors que je fuyais le regard d'Edward. Ça faisait 2 fois qu'on avait un comportement similaire, et que nous étions interrompus par quelqu'un qui toquait à la porte. La première fois remontait à des semaines, alors que j'étais dans ma chambre d'hôpital et qu'il m'auscultait. J'avais encore dit n'importe quoi, pour changer, et m'étais fondue en excuse avant qu'il me prenne la main pour me calmer. Toute cette électricité, cette chaleur et cette douceur m'avaient enveloppée jusqu'à ce que l'Infirmière siliconée se ramène pour je ne sais quelle raison d'ailleurs. Edward avait semblé déçu, et moi aussi par la même occasion. Et là, c'était la même chose, dans les mêmes circonstances sauf que, cette fois, j'avais été touchée par ses paroles, pleines de promesse, avant que son père n'aille chercher un dossier sur son bureau. Que se serait-il passé s'il n'était pas venu? Qu'est-ce qu'Edward m'aurait dit? Ou avoué?
-Désolé pour mon père, me coupa Edward dans mes pensées. Il a tendance à oublier ses affaires un peu partout.
-Ce n'est pas grave, ne t'inquiète pas. Ce n'est pas comme s'il nous avait vraiment interrompu, n'est-ce-pas?
Mon ton n'avait pas fait de trémolo, car je ne voulais pas lui faire montrer à quel point l'interruption de Carlisle m'avait chamboulé. Je sentais encore mon coeur battre à tout rompre sous sa proximité, ma respiration devenir bruyante, et mon nez, se délectait de l'odeur prodigieuse de son corps. Je ne pouvais pas! Comment tout ça était arrivé? Comment est-ce que je m'étais fait prendre dans ses filets, ainsi?
-Je... Je vais commencer à t'ausculter, et à te poser des questions, m'informa-t-il ne répondant pas à ma question par la même occasion.
-D'accord, murmurai-je.
-Enlève ton pull, ça sera plus pratique pour moi.
Je m'exécutais, avec plus de difficulté que je ne l'aurais cru, mais je sentis 2 autres mains m'aider dans cette tâche des plus complexes. Je lui fis un sourire de remerciement, qu'il me rendit timidement avant de poser son stéthoscope dans ses oreilles et de rougir un peu. Je croyais qu'il n'y avait que moi pour rougir à tout bout de champ. Je vis ses doigts se faufiler jusqu'à l'ourlet de mon tee-shirt et je pus sentir son épiderme sur la mienne. Pourquoi est-ce que je me sentais si bien quand il me touchait? Pourquoi avais-je cette sensation de bien-être au fond de moi, que je n'avais jamais connu avec d'autre homme? Quelque chose de froid entra en contact avec ma peau, et je réprimais un frisson.
-Désolé, s'excusa-t-il.
Je secouais la tête pour lui faire part de mon indifférence, et ma respiration se coupa quand sa paume frôla mon sein droit, pour se diriger vers mon coeur. Je ne sais pas si c'était accidentel ou non, bien que j'eus des doutes sur sa perversité, mais je devins rouge pivoine en moins d'une seconde. Je fermais les yeux, et respirais profondément alors qu'il me le demandait. Il bougea le stéthoscope sur le haut de ma poitrine, avant de faire le tour de la table d'examen et le poser sur mon omoplate.
-Je suppose que tu t'essouffles plus vite? Que ton coeur s'emballe très rapidement, n'est-ce-pas? S'enquit-il.
-Oui, c'est... de plus en plus fréquent.
Il quitta ma peau, à ma plus grande frustration, et revint vers moi, la mine soucieuse.
-C'est normal, ton corps travaille trop alors que tu ne lui donnes rien en retour.
Je me sentis honteuse de mon comportement, mais pourtant, son ton n'était pas des plus doux, comme s'il me réprimandait de mes choix. Et ça serait tout à son honneur. Il posa son stéthoscope sur une table à roulettes, derrière lui, et posa ses mains sur mes tempes, délicatement. Il pressa doucement ses doigts au niveau de ses dernières.
-As-tu mal quand j'appuie là?
-Non.
Il fit naviguer ses doigts sur mon crâne, jusqu'à ce qu'il arrive sur le côté et que je me mord la mâchoire de douleur. Ce n'était pas vraiment une souffrance insupportable, mais assez pour me sentir mal. Il tâtonna encore un peu partout, enlevant mon élastique de mes cheveux, et je grimaçais plusieurs fois.
-Des migraines fréquentes?
-Oui, et plus... douloureuses.
Il hocha la tête et l'examen continua pendant plusieurs minutes, sous son professionnalisme, et son silence. Ce silence était exactement le même qu'hier, lorsqu'il avait joué Claire de lune de Debussy. Calme, doux, mais rassurant, sans être gênant. Comme si parler était devenu une chose des plus absurdes dans ce bas monde, qu'un simple regard suffisait pour que nous nous comprenions. C'était fascinant de voir à quel point j'étais moi-même en sa présence.
-Tu peux remettre ton pull, Bella, me conseilla Edward. Tu veux de l'aide?
Je rougis immédiatement, sous son amusement. Je passai un premier bras et il m'aida pour le second ainsi que pour passer ma tête, tout ça avec une infinie douceur. Puis, j'essayais de recoiffer mes cheveux, mais c'était peine perdue. Edward rit sous mon air désemparé, et je le fusillais du regard. Il arrêta de rire et prit un air grave, se tordant quand même la bouche pour ne pas exploser de rire. Je devais avoir une de ces têtes! Il me tendit la main, je glissais la mienne dedans, sentant sa chaleur se répandre dans ma paume, et il m'aida à me remettre sur pieds. Il finit par me lâcher la main, et me fit signe de m'asseoir sur la chaise, en face du bureau de son père. Intérieurement, je soupirais de tristesse. Je dégageais mon sac et mon manteau, et m'assis avec lenteur. Edward prit place de l'autre côté, tout en écrivant une ordonnance, apparemment, et imprimant une feuille.
-Si tu veux tout savoir, j'avais demandé à mon père pour le traitement de ta tumeur au cerveau, c'est pour ça qu'il savait que j'aurais une patiente, en l'occurrence toi, dans son cabinet, m'avoua-t-il.
-Oh! Euh... Oui, d'accord.
-Hum. Comme je te l'avais déjà dit, quand tu es entrée ici, le traitement est très lourd, ils vont te fatiguer, avoir des effets secondaires difficiles et ça peut être aussi... douloureux.
Je hochais la tête, sachant pertinemment ce qui m'attendait. Mais je devais le faire, c'était indéniable.
-Je te conseille vraiment d'arrêter de travailler, Bella, me dit-il d'un ton grave. Tu ne pourras plus supporter d'être debout, ni même de marcher aussi longtemps que tu ne le fais tous les jours. Déjà, c'est un miracle que tu ne sois pas entrée d'urgence à l'hôpital alors que tu es malade et que tu n'as pas de traitement.
-Et je fais comment pour survivre, hein? Je ne peux pas me permettre de ne rien faire, je n'ai pas d'argent de côté, tout a été dans mes études et...
-N'as-tu pas exprimé l'envie de revoir ta famille? Me coupa-t-il.
Je le regardais bouche bée. Je ne pouvais pas leur demander ça!
-Je... Oui... Je voudrais les revoir, m'excuser pour tout ce que j'ai pu leur faire, mais je ne peux pas leur demander de faire ça pour moi!
-Et comment vas-tu faire, Bella? Comment comptes-tu te soigner sans leur aide? Tu ne pourras pas, tout coûte cher dans tes traitements, et tu n'as pas d'assurance non plus. Tout ton salaire passera dans tes soins, et encore, je ne suis pas sûr que tu aies assez. Tu as besoin d'eux, comme ils ont besoin de toi.
Je baissais la tête, honteuse. Je ne voulais pas revenir vers eux, et leurs demander dans la même heure que nos retrouvailles s'ils pouvaient m'aider financièrement! Et si je ne survis pas? Comment vais-je faire pour les rembourser?
-Je sais ce que tu penses, murmura Edward. Mais ils ne t'en voudront pas de leur demander de l'aide, Bella, financière ou non, ils n'attendent que ça! Laisse-les t'aider, Bella...
Les laisser m'aider? M'aider à payer un traitement qui a des chances de ne pas fonctionner? Je ne suis pas ce genre de personne, je ne veux pas profiter d'eux... Quelque chose de doux, et de chaud, toucha ma main. Ses doigts. Je relevais la tête, et plongeais dans un océan émeraude. La Terre cessa de tourner. Ma respiration se coupa. Mon coeur ralentit ses battements.
-Tu ne dois pas porter ce fardeau toute seule. Tu as besoin de ta famille.
Ses yeux changèrent de couleur, et noircirent un peu plus, optant pour le vert foncé. Je me réveillais à ce changement physique. Je secouais la tête, qui était complétement retournée.
-D'accord, soufflai-je. Je... Je... J'arrête de travailler et... emmène-moi voir ma famille, si tu y tiens toujours.
Un immense sourire s'élargit et ses doigts patinèrent une de mes joues, qui ne tarda pas à devenir rouge sous son toucher. Aucun homme n'avait été aussi tactile que lui, envers moi.
-Merci, chuchota-t-il si bas, que je n'étais pas sûre de l'avoir entendu.
Il lâcha ma joue et remplit les papiers qui étaient devant lui, avec rigueur et concentration. Suite à cela, il me les tendit, aprés avoir signé et mis le tampon de l'hôpital. Enfin, je supposais.
-Ce sont tes ordonnances, renouvelables pour 3 fois, ainsi que tes rendez-vous pour la Radiothérapie et la Chimio. J'ai été moi-même prendre rendez-vous, en tant qu'Interne, ça va plus vite. Je les ai inscrit pour samedi, est-ce que ça va?
-Oui... Oui, ça va.
-D'accord, mais n'hésite pas à dire si quelque chose te dérange, d'accord?
Je hochais la tête, et il semblait soulagé. Il fouilla dans un des tiroirs du bureau, et surtout plusieurs flacons, 3 pour être plus précise.
-Lorsqu'un patient quitte l'hôpital pour se soigner chez lui, nous lui donnons des sortes d'échantillons, si je puis dire, avant qu'il n'aille à la pharmacie. Tu n'auras pas tes médicaments tout de suite, il faut attendre quelques jours, mais tu pourras tenir avec ça, jusqu'à ce que ta commande arrive.
-D'accord. Est-ce que je dois payer quelque chose? M'enquis-je, avec des sueurs froides.
-Non, pas besoin que tu avances quoique ce soit. Pour tes rendez-vous, je te conseille d'y aller accompagnée, ou plutôt, je t'oblige à venir avec quelqu'un. Tu seras fatiguée après tes séances...
-Oui, hum... Je viendrais avec quelqu'un.
Il hocha la tête et me tendit les papiers, un peu mal à l'aise et le regard fuyant.
-Est-ce que ça va, Edward? Tu es tout blanc!
-Hein? Oh... Euh... Oui, je vais bien. Juste que je viens de me rendre compte que mon père avait raison.
Son père? Qu'est-ce que son père venait faire là dedans?
-Et en quoi ton père avait raison?
-Rien, ce n'est pas important.
Pourquoi avais-je l'impression du contraire?
-Avant que tu ne partes, il faut que je t'explique les doses de tes médicaments.
Il prit un stylo, une boite de médicaments et commença à m'expliquer ce qui serait pour moi, l'Enfer.
-Tu as 3 types de médicaments à prendre, tous on des particularités différentes, mais ils ont le même but, te soulager. Du Valprorate de sodium (*), réduira tes crises d'épilepsie. Fentanyl (*), c'est un dérivé de la morphine, il te soulagera aussi, mais qui te fera beaucoup dormir. La Dexaméthasone (*), diminuera tes maux de tête et la fatigue, bien que tes séances enleveront cette effet-là. J'ai noté quand il faut que tu les prennes, ainsi que les doses. Avec ça, tu te sentiras mieux, mais très fatiguée. Un minimum d'effort, du repos et... tout devrait bien aller.
-Qui essaies-tu de convaincre, Edward? Toi? Ou moi? Murmurai-je.
-Tu iras bien, je te le promets.
Je soupirai et pris mes médicaments, ainsi que les ordonnances et rendez-vous, quand le mot de Victoria me vint en mémoire. On dirait que je revenais des années en arrière, lorsque j'étais en primaire et qu'il fallait que je ramène un mot de ma mère pour prouver que j'étais malade, et non que j'ai été au parc pendant des heures.
-Est-ce que... tu pourrais prouver à ma patronne que je suis bien venue ici cet après-midi? Demandai-je, timidement.
-Pardon? S'étonna-t-il.
-Elle ne m'a pas cru quand je lui ai demandé mon après-midi afin de me rendre à l'hôpital, et elle m'a demandé un mot du Médecin qui me prend en charge.
Il écarquilla les yeux, surpris. Et oui, ma patronne est ma mère. Il secoua la tête, tout en marmonnant des phrases indéchiffrables, et prit un bloc note. Edward me tendit le papier qui confirmait que je n'étais pas partie en boîte de nuit cet après-midi et je le pliais, avant de le ranger avec mes autres papiers.
-Elle mériterait la palme de l'emmerdeuse, ta patronne! Gronda Edward.
Je ris et me levai en m'appuyant sur le dossier de la chaise. Edward fit le tour et il me proposa de m'accompagner jusqu'au hall. Le trajet fut silencieux, mais bienvenu.
-Comment est-ce que tu vas rentrer? S'enquit-il.
Pourquoi tout le monde me posait des questions sur mes moyens de transport? Et pourquoi ma fichue voiture était tombée en panne?
-À pieds, je n'ai pas le choix.
-Hors de question, je vais voir s'il reste une ambulance.
-Edward...
Il était déjà parti, me laissant en plan, toute seule, devant les portes automatiques. Pourquoi est-ce qu'il faisait toujours ça! Je détestais quand il faisait un truc pareil! Je soupirais et allais prendre une chaise de libre, en attendant que Monsieur ne revienne avec sa fichue ambulance. Crétin! Je mis mon sac sur mes genoux, et jouai avec sa sangle, distraite. Je pensais à ma famille, que j'allais revoir très bientôt. Le fait que je devais quitter mon travail, le plus rapidement possible. À Jacob, qui ne me disait rien de bon. À James, qui me donnait des frisons dés que je le voyais. Et à Edward. Pour ce dernier, mes pensées étaient plus ou moins chastes, qui me faisait perdre la raison. La raison serait que j'ignore tous les facteurs physiques qui montrent que j'étais attirée par Edward, que je fais mon chemin et que, si je guéris de ma tumeur, que j'essaye d'approfondir avec lui. Enfin, si c'est réciproque. Tant qu'à faire. Et l'autre, serait de vivre ma vie, à fond, même si mes jours étaient comptés. Je me mordis les lèvres, alors qu'un combat intérieur faisait rage.
-Excusez-moi, Mademoiselle, m'appela-t-on.
Je tournais la tête pour rencontrer les yeux marrons d'une dame âgée, aux longs cheveux blanc et au visage ridé.
-Pourriez-vous me donner un magasine prés de vous, s'il vous plait?
-Oui, bien sûr! Une préférence? Répondis-je.
-Peu importe, de toute façon, nous savons qu'il date de matusalem, n'est-ce pas?
Je me mis à sourire et tendis le bras pour prendre un magazine, pas trop ennuyant pour la dame à mes côtés. Passons les revues automobiles, les guides pour ado et les oui-oui. Je lui donnais un magazine qui me semblait à peu prés potable, et elle me sourit.
-Merci bien, Mademoiselle.
-De rien, rougis-je.
Je repris mon passionnant jeu avec ma sangle de sac, alors qu'elle feuilletait quelques pages du magazine que je lui avais donné. Je me mis à regarder l'heure, et fus surprise de voir qu'il était bientôt 18 heures et que le jour allait bientôt se coucher. Edward avait légèrement tendance à s'en faire pour moi, même beaucoup trop pour mon propre bien. Si Alice était là, elle pourrait traduire le moindre geste que faisait Edward à mon égard.
-Il doit être vraiment charmant, ce jeune homme, dit la vielle dame, me coupant dans mes pensées.
-Pardon? M'étonnai-je, en portant mon attention sur elle.
-Vous avez un sourire aux lèvres, et les yeux brillants! Je suis sûre que le jeune médecin qui vous accompagnait y est pour quelque chose.
Je souriais? Effectivement, j'avais un grand sourire plaqué aux lèvres, et je rougis instantanément. Si je souriais pour rien maintenant!
-Oh! Non! C'est... C'est juste un ami, rien de plus.
-Un ami? Vu la façon dont la façon qu'il vous regardait quand vous êtes arrivés, j'aurais dit que vous étiez fiancés.
Fiancés? Le regard qu'il me portait?
-Que voulez-vous dire? Murmurai-je.
-Croyez-moi, Mademoiselle, cet homme-là, vous aime à en perdre la raison.
Je n'eus pas le temps de répondre, ou peut-être pas le temps d'assimiler l'information car Edward marchait vers moi, la mine soulagée. Il avait trouvé une ambulance. Et comment je vais la payer, moi? Il se posta devant moi, tout sourire, en me tendant la main.
-Oh, bonjour Docteur Cullen! Se réjouit la vielle dame devant moi.
Je la regardais estomaquée, alors qu'elle souriait à Edward. Mais...
-Combien de fois vous ai-je dit de m'appeler Edward, Madame Porkins? Répondit-il.
-Que voulez-vous, je suis de la vielle école!
Il rit sous sa réplique, alors que je me levais lentement de ma chaise.
-Je suis à vous dans quelques minutes. Laissez-moi le temps d'accompagner cette jeune femme à son ambulance, et je suis à vous.
-Bien sûr! J'ai tout mon temps, vous savez.
Je la regardais éberluée. Elle connaissait Edward et me disait ce genre de choses. Madame Porkins me fit un clin d'œil significatif alors qu'Edward m'emmena vers le sous-sol. Dire que je planais entre 2 eaux étaient encore trop doux à mon goût, car les paroles de la vielle dame tournaient en boucle dans ma tête. Je devais rêver, ou j'étais en plein délire. À moins que j'avais pris quelque chose d'illicite sans que je ne m'en rende compte?
-Ton carrosse est avancé, m'annonça Edward.
Hein? Je relevais la tête de mes pieds, pour voir l'ambulance juste en face de moi, avec à ses côtés, les 2 infirmiers qui m'avaient accompagnés la dernière fois.
-Edward, je n'ai pas les moyens de me payer les frais de l'ambulance et...
Je m'arrêtais quand je vis qu'il abordait un sourire amusé.
-Ne t'inquiète pas, Bella, sourit-il. Riley et Éric doivent aller chercher une personne prés de chez toi, c'est sur leur route! Maintenant, tu vas me faire le plaisir de monter dans cette ambulance et de te reposer, d'accord?
Je tentais de répliquer mais il me lança un regard qui ne me disait rien qui vaille. Et en plus, il m'énervait!
-Oh, j'ai failli oublier! Si ça tient toujours pour ta famille, est-ce que tu veux que je t'accompagne mercredi soir? Je ne peux pas avant et puis, on n'avait prévu de ce voir pour...
-C'est parfait! Me réjouis-je soudainement, coupant court à ses excuses. J'ai hâte d'y être, murmurai-je vers la fin.
-Je suis heureux que tu aies pris rapidement ta décision, tu leur manquais énormément.
-Tu allais les voir?
-Oui, j'y vais régulièrement, ou je leur téléphone. Ton frère est vraiment un cas, tu le sais au moins?
Je me mis à rire, quand j'imaginais Emmett raconter une énième blague salace à Edward. J'aurais donné n'importe quoi pour être une petite souris à ce moment là.
-Oh que oui! Je sais qu'il peut être parfois... Hum...
-Complètement obsédé par le sexe? Termina Edward. Je crois que je l'avais deviné.
-Et sur la nourriture aussi. Quand on a emménagé chez Charlie, ce dernier devait faire 2 fois le plein dans la semaine. Ça l'a vite ruiné.
Edward sourit tendrement et j'en fus un peu perturbée. Un homme ne devait pas sourire comme ça, c'était nocif pour la santé des femmes.
-Je viens te chercher mercredi, vers 18 heures, ça te va? Me demanda-t-il.
Mon coeur me hurlait que c'était trop tard. Ma conscience me criait que je devais faire quelque chose de stupide avant ce moment là.
-Oui, c'est très bien.
-Alors à mercredi et n'oublie pas tes médicaments, et ce que je t'ai dit sur ton emploi, Bella. Si tu veux, je lui fais un dossier, à ta patronne, pour qu'elle comprenne que tu dois quitter son stupide magasin, d'accord?
-Oui, oui, ris-je. Promis.
On se regardait dans les yeux, comme si les 2 ambulanciers, qui m'attendaient, n'étaient pas là, que l'hôpital était à des kilomètres de nous et que plus rien ne comptait hormis l'homme qui était en face de moi. Il fut le premier à rompre le contact visuel, et je compris que j'avais bloqué ma respiration. Je remplis mes poumons d'air et repris peu à peu un rythme cardiaque normal. Je le voyais qu'il avait les mains en forme de poing, alors qu'il marmonnait je ne sais quoi dans sa barbe. Et nom de Dieu, qu'est-ce qu'il était beau! Pris d'un élan fou, j'avançais vers lui et me mis sur la pointe des pieds. Je pris appui sur une de ses épaules, et déposais un baiser sur une de ses joues, profitant de la chaleur que dégageait sa peau sous mes lèvres. Une sensation des plus grisantes et bienfaitrices. Je crus même l'entendre gémir, mais je crois que je me faisais trop de film à l'eau de rose en ce moment. Mes lèvres quittèrent sa peau, à regret, et je me remis sur mes pieds, en rougissant. Pour changer.
-Merci pour tout, Edward, chuchotai-je.
Je lui fis un grand sourire et marchai vers les 2 ambulanciers qui semblaient être amusés par la situation. Je les saluais poliment, étant beaucoup plus sympathique avec Éric, que Riley, qui n'avait toujours pas compris que je n'étais pas intéressée par lui. Ce dernier m'aida à monter dans l'arrière de l'ambulance, me fit asseoir sur un siège et m'ordonna d'un ton aguicheur de m'attacher. Je ne voyais que ce qu'il y avait d'excitant à me demander de m'attacher mais bon. Je m'exécutais quand même, ne voulant pas me retrouver projetée contre le part-brise du camion et regardais à travers l'une des vitres de l'arrière du véhicule. Edward était toujours complètement figé, et... perdu. Je lui fis un signe de la main et il leva les yeux au ciel, amusé par mon comportement. Il me fit signe à son tour, avant que l'ambulance ne commence à rouler et qu'il ne me devienne invisible.
Je me calais dans mon siège, le plus confortablement qu'il pouvait me donner, et mes pensées se bousculèrent dans ma tête. Inévitablement, je pensais à Edward, à qui d'autre pouvais-je bien penser, alors que j'allais chez moi, seule, et que je venais de passer 2 heures avec lui? Plus je passais du temps avec lui, alors qu'on ne faisait que parler de nos années de collège et de lycée, de nos vies, nos envies ou simplement de tout et de rien, et plus mon esprit était embrumé par sa présence. C'était comme si j'étais de nouveau entière et moi-même en sa seule et unique présence. Comme si j'avais besoin de lui pour me sentir bien. D'autres personnes auraient tourné autour du pot encore un peu, ou se seraient cachées la vérité, mais à quoi bon la cacher, alors qu'elle se trouvait en face de moi? Pourquoi redouter l'inévitable, alors que ce sentiment était recherché et envié par des millions de gens sur cette planète?
« Que des amis? Vous vous dévorez des yeux, Bella! »
« Croyez-moi, Mademoiselle, cet homme là, vous aime à en perdre la raison.»
C'était les paroles même de la vielle dame, la parole de la sagesse peut-être? Qui sait? Je ne savais pas qui elle était, comment elle s'appelait, hormis, Madame Porkins, ni même ce qu'elle faisait à l'hôpital, mais une chose est sûre, c'est qu'elle m'a fait ouvrir entièrement les yeux sur moi. Et Leah, qui affirmait que nous n'étions pas indifférent l'un envers l'autre. J'avais beau être bientôt sans emploi, à cours d'argent, avec un rêve qui ne se réalisera peut-être jamais, une mère qui n'était pas à mes côtés, une famille aimante, une tumeur au cerveau qui pourrait m'être fatale, je ne pouvais pas renier la vérité qui était sous mes yeux.
Moi, Isabella Marie Swan, âgée de 23 ans, habitant dans un miteux appartement de Seattle, aussi simple que banale, avait réussi à découvrir cette sensation qui habitent des milliards de gens sur cette Terre. J'aimais.
Ouf, j'ai fini!
Heureusement que je n'ai pas mit le POV de James dans le précédent chapitre, n'est-ce-pas?
Il aurait fait légèrement tâche.
Enfin, Bella prend son traitement, on y est!
Et comme vous l'imaginez, il y aura les retrouvailles dans le chapitre 17, c'est logique.
J'appréhende de l'écrire mais bon, j'ai réussit jusque là, non?
Alors nous y sommes aussi, Bella se rend compte des sentiments qu'elle éprouve pour Edward!
Pour celle qui se le demande, le baiser n'est pas dans le prochain chapitre.
Comme me l'a dit Twilightgeneration, ainsi que Em 81, il faut suivre l'évolution des choses, et ne pas se précipités.
Imaginez que c'est vous à la place de Bella (On ne bave pas sur l'écran!), je ne crois pas que vous sauterez sur Edward, et inversement.
Afin, il y a toujours des gens qui sautent les étapes. Lol
Une dernière chose avant de vous laisser, pas de pronostique sur la personne qui a appelé Renée? Même pas une petite, riquiqui et minuscule idée?
Merci de votre passage et laissez-y une trace,
Clairouille59.
-Les chansons sont sur mon profil.
-Valprorate de sodium : Prescrit pour traiter l'épilepsie généralisée c'est-à-dire dans sa forme classique ou dans sa forme partielle (quand l'épilepsie est limitée à un seul membre : le bras par exemple)
-Fentanyl : Prescrit pour des douleurs chroniques stables, intenses résistantes aux autres antalgiques et d'origine cancéreuse. Le Fentanyl est dans la plupart des pays une substance réglementée assimilée aux stupéfiants.
-Dexaméthasone : Peut réduire l'œdème péritumoral (par un réarrangement de la barrière hématoméningée), diminuant l'effet de masse et réduisant la pression intra-crânienne, entraînant une diminution des maux de tête et de la somnolence.
