Bonsoir tout le monde! (01:30 du matin)

J'ai un léger retard dans mes publications et j'en suis sincèrement désolée. J'ai essayé d'écrire un peu tout les jours mais je n'avais sois pas réellement le temps ou soit pas d'inspiration. Pour ma part, je ne suis pas très satisfaite de ce chapitre, mais c'est à vous d'en juger.

Comme promis, voici le chapitre avec un POV Emmett, qui se fait (Enfin!) enlever son plâtre, ainsi que son impression sur sa mère.

Un POV Edward, qui va chercher Bella à son dernier jour de travail, ainsi que le début de l'emménagement de Bella.

Et un petit POV Alice que certaines devaient sûrement attendre derrière leurs écrans.

Surprise, surprise, c'était bien Tanya qui a prévenu Renée que sa fille était à l'hôpital, et je crois que la raison était plus qu'évidente, non?

Pauvre Alice, elle s'en prend plein la tête... Comprenez-là, elle est perdue la pauvre!

James vous a fait complétement flipper, le coup de « j'ai tué mon père », vous a achevé! Dérangé, fou, maboule, atteint, bref j'ai eu la total! lol

Et s'il vous plait, faite la queue avec une arme adéquate pour une petite séance de remise à niveau. Pour Renée et Phil, allez à droite, et pour Tanya, allez à gauche. Merci!

Merci à: Krine69, Grazie, crazybells×2, Marine16, Triskelle sparrow, Aliiice, Mayawa, Timica, MyriamSM, DavidaCullen, caropat07, SandJr, Em81, Anais88, Loudna Ben Moumen pour vos reviews.

Merci à: odrey010, crazybells, edochan68, Ginie74, Lovelydidine, sittelle, steh3807, Miss Delou, encreviolette, emrokeuz et manolys pour vos mise en alert, favorite story ou favorite author.

Réponses aux personnes sans compte:

-Marine16: Effectivement, Renée ne va pas en rester là, mais la question est de savoir quand est-ce qu'elle va revenir... Bisous et à bientôt!

Un grand merci à Phika17, ma bêta! (L)

Disclamer: Tout les personnages appartiennent à SM.

Bonne lecture,

Clairouille59.

Chapitre 19: Le bonheur est éphémère

Jeudi 12 novembre 2010

POV Emmett

J'aurais pu dire que j'étais en plein rêve, mais, malheureusement, ce n'était pas tout à fait le cas. À cause de qui? Ma garce de mère. Enfin, si on pouvait la qualifier de « mère ». Pour moi, elle n'était plus rien, et ce depuis une paire d'années! Après ce qu'elle nous avait fait, après l'abandon, elle osait revenir, accompagnée de son larbin de mari! Quel connard lui aussi! Critiquer Charlie, dire qu'on est des vermines et surtout, surtout, dire que Bella était tombée malade pour avoir l'attention sur elle... Il ne m'en avait pas fallu plus pour que je bondisse et explose mon seul poing valide dans sa face de rat. L'enfoiré! Je le jure devant Dieu, que s'il osait revenir, ainsi que sa femme, je n'en ferais qu'une bouchée, quitte à avoir des problèmes avec la justice. Je m'en contre-fiche! Enfin, pas vraiment, car il y avait Rosalie, que je n'avais aucunement envie de quitter, comme le prétendait si bien la parfaite Alice Brandon. Elle m'avait déçu. Elle n'était pas la même et même Bella ne l'avait pas reconnu. Qu'est-ce qui ne tournait pas rond chez elle, hein? On aurait pu croire qu'elle était schizophrène avec ses changements de personnalités! Être adorable pour se changer en vrai furie des bois... Décidément, rien n'allait ces jours-ci, et, sincèrement, je ne crois pas que j'aurais tenu le coup sans ma Rose. Elle était extraordinaire, en tout point différente des autres femmes que j'ai connu, bien que je ne les côtoyais pas très longtemps. Si fraiche, douce, forte mais à la fois fragile, elle était merveilleuse. Mais je savais qu'elle se cachait derrière cette femme forte qu'elle arborait de temps en temps, et qu'elle n'avait qu'une envie, c'est de s'effondrer. Elle cachait quelque chose, un secret, un passé douloureux mais plus je réfléchissais, et plus je m'emmêlais les pinceaux.

-À quoi penses-tu? Me demanda-t-elle, les yeux rivés vers la route.

-À toi, répondis-je du tac au tac.

-Dois-je en être flattée?

-Je crois. Je pensais que tu étais une femme extraordinaire et que j'avais de la chance de t'avoir.

Elle resta muette, mais elle cligna plusieurs fois des yeux. J'étais persuadé qu'elle se battait contre elle-même afin de ne pas se retourner vers moi, mais ce serait trop risqué. On était en chemin pour mon rendez-vous à l'hôpital, afin d'enlever ce fichu plâtre à la noix. Enfin, merci Seigneur! Mais j'étais nostalgique, après tout, je l'ai eu le jour où je l'ai revu. Mais d'un côté, il n'allait pas du tout me manquer!

-Tu ne devrais pas dire ça, Emmett, murmura-t-elle.

-Et pourquoi pas?

-Parce que je ne suis pas une femme extraordinaire, je suis juste... moi.

-C'est ce qui fait ton charme, renchéris-je, tu es toi, Rosalie Lilian Hale, celle dont je suis éperdument amoureux. N'est-ce pas suffisant?

Elle s'engagea sur l'avenue qui menait à l'hôpital, les mains crispées sur le volant de ma Jeep. Depuis qu'elle l'avait conduite, elle ne s'en passait plus! Je fronçais les sourcils, alors qu'elle continuait à faire comme si de rien, alors que je viens de lui dire que j'étais amoureux d'elle. J'essayais de me montrer patient, de ne rien faire qui pourrait la forcer mais elle se terrait toujours derrière un mur de glace. Infranchissable. Le seule changement qui s'était passé, c'était hier, après que j'eus voulu aller faire un paillasson avec les cheveux de la fameuse « Tanya », qui avait balancé à ma mère que Bella était malade. Rosalie m'avait embrassé, de son plein grès. Au début, j'avais été stoïque, mais, rapidement, l'amour soudain que je ressentais pour elle et le désir, que j'avais accumulé en moi, ressortirent, et je lui avais rendu son baiser le plus sauvagement et amoureusement que je n'avais jamais fait dans ma vie. Et ce fut magique. Tout le monde extérieur s'était envolé, comme par magie et seul elle et ses lèvres étaient présentes dans mon univers. Quand, à bout de souffle, j'avais quitté ses lèvres, j'avais eu peur. Peur qu'elle me rejette. Qu'elle prenne peur et s'en aille. Ou qu'elle me gifle. J'avais vraiment cru avoir cette dernière option. Mais finalement, elle m'avait fait un sourire éblouissant et m'avait pris ma main, m'emmenant au parc le plus prés de chez moi et nous avions parlé, sans renouveler l'expérience. J'aurais pu être frustré, si c'était une autre femme que Rosalie, mais avec elle, étrangement, je me retenais dans le moindre fait et geste. Sûrement était-ce le fait que je savais que c'était elle, et personne d'autre.

-On est arrivé, murmura Rosalie.

Je clignais des yeux pour remarquer qu'elle s'était garée sur le parking de l'hôpital, coupant le contact de la voiture. Je devais être complètement à l'Ouest pour n'avoir rien entendu. Je retirais difficilement ma ceinture, sous le sourire amusé de Rosalie, et descendis de la voiture. J'enroulais sa taille de mon seul bras valide, qui ne sera plus seul d'ici quelques instants, et nous nous mîmes en marche vers l'entrée de l'hôpital. Une femme brune, se faisant les ongles, se nommant « Maria », d'après son badge leva la tête vers nous et me fit un grand sourire.

-Bonjours, que puis-je faire pour vous? S'enquit-elle.

-On a rendez-vous avec le Docteur Cullen, siffla Rosalie, le père.

J'allais rencontrer le père d'Edward! Maria la regarda avec un léger soupçon d'étonnement avant de claquer sa lange sur son palais et de taper sur son ordinateur je ne sais quoi.

-Quel nom?

-Emmett Swan, annonçai-je.

Elle se raidit quelques instants avant de me regarder intensément et profondément. Quoi? J'avais un bout de pizza sur la joue? La dénommée Maria secoua la tête et repartit sur son ordinateur. Du coin de l'œil, je vis Rosalie la fusiller du regard pour je ne sais quelle raison. Sûrement une raison féminine ou un truc du genre.

-Très bien, reprit Miss poitrine refaite, il doit vous attendre. Tu sais où se trouve son bureau, n'est-ce pas?

Ma compagne hocha la tête et prit ma main libre, m'éloignant à coup sûr de la femme de l'accueil. Rapidement,, les portes de l'ascenseur se fermèrent sur nous et elle appuya sur le bouton N°3. Elle devait y être aller plus d'une fois.

-Est-ce que ça va, Rose?

-Parfaitement.

Je fronçais les sourcils. En général, quand les femmes faisaient des réponses courtes et cinglantes, ça voulait dire le contraire de ce qu'elles pensaient. En somme, elle n'allait pas bien. Je voulus ouvrir la bouche pour répliquer mais les portes de l'ascenseur se liguèrent contre moi en s'ouvrant devant nous. Rosalie partit au quart de tour et heureusement que j'étais assez grand pour pouvoir la suivre sans courir derrière elle, comme un malheureux toutou. Les couloirs verts et l'affreuse odeur qui régnait me donnaient la nausée et, pour cause, je me souviens quand j'avais vu Bella sur un de ces fichu lit d'hôpital, avec des perfusions partout et un tube respiratoire dans la bouche. Mauvais souvenir. Elle avait l'air d'aller mieux, grâce à son traitement, mais Edward nous avait dit, lorsque Bella s'était endormie dans le fauteuil, hier soir, que nous pourrons être soulagés si son corps accepte la Radiothérapie et la Chimio. J'avais eu du mal à fermer l'œil de la nuit, et, pour une fois, ce n'était pas à cause de mon plâtre. Rosalie frappa à la même porte que la fois où on m'a soigné la main et une voix d'homme s'éleva du bureau.

-Ah, Rosalie! S'exclama-t-il, joyeux. Je suis heureux de te voir. Comment vas-tu?

-Bien, merci Carlisle.

Ce dernier se tourna vers moi et je fus surpris de la ressemblance mais aussi de la différence qu'il avait avec son fils. Il était blond, les yeux d'un vert intense et une mâchoire prononcée. À croire qu'ils ont été faits dans le même moule! J'étais sûr que j'avais l'air idiot à cet instant, en train de le fixer.

-Monsieur Swan, n'est-ce pas? Me demanda-t-il. Docteur Carlisle Cullen, enchanté.

Je lui serrais la main.

-Emmett Swan, répondis-je. Enchanté aussi.

-Bien, allons donc enlever ce plâtre! Je crois que vous êtes impatient, non?

-Oh que oui, soupirai-je. J'en ai marre de ce truc à la noix!

Il se mit à rire alors que je m'assis sur la table d'examen. Rosalie me fit un sourire, avant de s'asseoir sur une chaise et d'attendre que le Docteur Cullen en ait fini avec moi. Bizarre de l'appeler Docteur Cullen alors que je connaissais son fils. Ce dernier, mit le paravent pour avoir de l'intimité dans son travail et commença à ausculter mon bras, qui tressaillit quand ses doigts le tâtèrent. Pendant plusieurs minutes, il me posa des questions sur ma santé avant de revenir avec une sorte de scie médicale. J'écarquillai les yeux. Il rit en voyant mon air inquiet.

-C'est juste pour vous enlever le plâtre, Monsieur Swan, rit-il, pas pour vous charcuter le bras.

-J'espère bien, marmonnai-je, tout de même un peu nerveux.

En quelques minutes, mon plâtre fut de l'histoire ancienne et je retrouvais pleinement l'utilisation de mon bras. Enfin! Le Docteur me demanda de bouger lentement mon bras et, bien qu'une petite douleur était présente, c'était le pied total! Je faillis presque gémir de bonheur, car j'allais pouvoir enlacer Rosalie avec mes 2 bras.

-Tout semble normal mais ne forçait pas trop pendant encore quelques jours, mais ne le laissait pas inerte non plus, m'informa-t-il.

Je hochai la tête et il me montra le lavabo, pour que je nettoie mon bras qui n'avait pas vu d'eau depuis plus d'un mois. Je ne vous dis pas dans l'état qu'il était. Je l'essuyai avec des serviettes en papier et fis glisser la manche de mon pull dessus. Enfin la liberté! Je m'assis sur la chaise, à côté de ma Rosie quand je remarquais qu'ils parlaient d'Edward.

-Il a quoi? S'exclama Rosalie.

-Mise à pied pendant une semaine, maugréa le Docteur Cullen. D'après le chef de service, il n'était pas attentif, se trompait dans les pronostiques et était complètement ailleurs durant les soins des patients.

-Ce n'est pas le genre d'Edward, ça! Qu'est-ce qui a pu le faire réagir ainsi?

-Je crois que tu en as une idée.

La jeune femme à côté de moi ouvrit la bouche et la referma aussitôt, comme un poisson hors de l'eau. J'avais manqué quelque chose? Rosalie m'avait toujours dit que le travail d'Edward était ce qu'il y avait de plus important dans sa vie, mais apparemment, il y avait autre chose qui le poussait à être inattentif à son travail. Mais quoi?

-Tu crois que c'est à cause de... ça? Murmura cette dernière.

-Je ne le crois pas, j'en suis persuadé, soupira l'homme en face de moi. Espérons que tout ceci se finisse bien. Sinon, jeune homme, comment va votre sœur, Isabella?

-Elle a l'air d'aller mieux, avouai-je, mais votre fils a dit qu'il fallait attendre que son corps accepte l'intégralité de son traitement.

-Effectivement, mais gardons espoir.

Je hochais la tête, confirmant ses dires. T'inquiète, moi aussi j'espère que tout ira bien pour Bella... Je ne faisais rien paraître devant elle mais, au fond de moi, je me sentais mal de la voir ainsi, atteinte d'une tumeur. Mais j'étais son grand frère, je l'avais toujours protégée des dangers qui rodaient autour d'elle alors je devais être fort. Pour elle. Même si ça me coûtait de le faire. Nous ne nous attardions pas dans le bureau du Docteur Cullen, après quelques signatures, échanges de papiers et recommandations pour mon bras, Rosalie et moi sortions de l'hôpital, où je pris une goulée d'air fraiche. Heureusement, la standardiste ne m'avait pas vu, trop occupée à faire ses ongles.

-Ça te dit un chocolat chaud? M'enquis-je auprès de ma compagne. Je connais un...

-Non merci, je crois que je vais rentrer à la maison.

Je clignais des yeux, étonné, mais cédais. Elle ne voulait pas. Voilà quelque chose qui n'était pas dans ses habitudes. J'avais beau la connaître depuis plus d'un mois, Rosalie ne refusait jamais qu'on aille se balader quelque part, manger dans le restaurant du coin ou encore prendre un café prés de son lieu de travail. Elle me disait que ça lui faisait du bien de s'échapper et qu'elle était heureuse que ce soit avec moi. Alors, qu'est-ce qui m'échappe?

-Rose? Est-ce que ça va? Murmurai-je.

-Je veux juste rentrer à la maison, Em.

Elle avait baissé la tête, comme soumise à un choix qu'elle était obligée de suivre. Qu'est-ce qu'elle cachait? En soupirant, je levais mon bras, encore endolori, lui faisant signe d'y aller la première. Rosalie courut presque jusqu'à la voiture, où elle s'enferma avec une rapidité déconcertante, du côté passager. Apparemment, je devais conduire. Je ne discutais pas et me mis derrière le volant, m'imprimant de la joie d'avoir la possibilité de pouvoir rouler de nouveau. J'enclenchai la première et me mis en route vers le domicile de ma bien aimée, qui ne dit plus un mot. Je sillonnais les rues de Seattle, doucement, afin de ne pas brusquer mon bras alors que je cogitais intérieurement. Avais-je fait quelque chose qui l'ait blessé? Je mis toutes mes cellules grises en marche mais je ne trouvais pas ce que j'avais bien pu faire pour la rendre si malheureuse. Je n'aimais pas la voir comme ça.

-Ai-je fait quelque chose de mal? M'enquis-je, auprès de ma belle.

Elle secoua négativement la tête, et je vis qu'elle se retenait de pleurer. Bon, d'accord, j'avais fait quelque chose de mal. Mais quoi? Je poussais la voiture à 100km/h et me garais devant chez elle. Je fis le tour de la voiture et lui ouvris la portière. Elle pleurait. Rosalie... Je détachais doucement sa ceinture et la fis sortir de la voiture, la prenant dans mes bras. Après avoir claqué la porte, je l'emmenais vers son immeuble où l'on prit l'ascenseur jusqu'à son étage avant de se laisser guider vers la porte de son appartement. Ses doigts tremblaient, quand elle voulut insérer sa clef dans la serrure, je lui pris des mains et elle renifla. J'ouvris la porte et elle s'engouffra dans son appartement rapidement, enlevant son manteau et son sac qu'elle accrocha sur son porte-manteau. Timidement, ne sachant pas quelle attitude avoir dans ce cas précis. En somme, je me sentais complètement idiot. On peut dire ça comme ça. Celle qui faisait battre mon coeur, beaucoup trop rapidement pour ma santé, s'assit lourdement sur son canapé et prit sa tête entre ses mains. Ne tenant plus, je m'assis à ses côtés et l'enveloppai de mes bras. Elle éclata en sanglots contre moi.

-Rosalie, murmurai-je. Je t'en prie, dis-moi...

Elle secoua la tête contre mon épaule et s'accrocha à mon manteau. Mon Dieu, mais qu'est-ce qu'elle peut bien cacher? Elle a dit que ce n'était pas de ma faute, donc ça pouvait être n'importe qui qu'on a rencontré aujourd'hui.

-C'est le père d'Edward? Repris-je doucement. Quand il a parlé de son fils?

Elle hocha la tête de droite à gauche. Bon... Avant, on avait vu Miss Silicone à l'accueil, qui me faisait de l'œil. Était-elle jalouse?

-Est-ce à cause de la femme de l'accueil, parce qu'elle essayait de me draguer? Je t'assure que je n'aime que toi, Rose, toi et seulement toi! Ne crois pas que...

Elle s'écarta de moi en se frottant les yeux rougis par ses larmes, avec un sourire triste à ses lèvres si tentantes. Tu crois vraiment que c'est le moment de penser à ça?

-Non, Emmett, dit-elle d'une voix rauque, ce n'est pas ça. Ne cherche pas à savoir.

-Mais Rose! M'exclamai-je. Tu pleures et je ne sais pas pourquoi! Je ne peux pas te consoler parce que je n'ai aucune idée de ce qui se passe là.

Je posais doucement une main sur son coeur, battant lentement. Rosalie baissa son regard vers mes doigts, là où ses larmes coulaient de nouveau. Encore. Je me mordis la lèvre inférieure presque à sang pour ne pas lui prendre les épaules et la secouais volontairement. Elle ne me disait rien, jamais, c'était toujours moi qui parlait en premier, comme si elle avait peur de quelque chose. Mais de quoi?

-Je ne veux pas que tu me détestes après ça, murmura-t-elle.

-Et pourquoi te détesterai-je? Je t'aime, et tu le sais, non?

-Oui, je le sais, confirma-t-elle, mais ce que j'ai fait et...

-Ce que tu as fait, où ce que tu as subi, Rose?

Ses mains tremblèrent et elle enroula ses bras autour d'elle, comme un cocon protecteur. Elle se balança d'avant en arrière, marmonnant des paroles incompréhensibles et qui me faisaient flipper à vrai dire. Elle paraissait si fragile, si frêle, lorsqu'elle se comportait ainsi. Comme si elle était brisée de l'intérieur. Elle l'était. Puis me vint en mémoire la prudence de son frère, envers moi ou un quelconque homme qui la regardait, hormis Edward et mon père, le fait qu'il ait pété un câble quand Alice allait trop loin ou simplement le fait qu'il ne laissait jamais Rosalie très longtemps seule. C'était un comportement étrange pour un frère, même moi je n'en faisais pas autant avec Bella alors que cette dernière me réprimandait souvent que je ne lui laissais pas assez de liberté. Mais Jasper était sans cesse derrière elle, la protégeant même s'il n'y avait pas spécialement de danger, lançant des regards noirs aux hommes qui la détaillaient un peu trop, moi aussi d'ailleurs, et que leur passé soit un mystère pour moi et ma famille. J'étais sûr aussi que Edward n'avait rien dit à Bella. Pour le dernier point, il fallait que j'en parle sérieusement à Edward. Comme si je ne l'avais pas vu lorgner ma sœur! Crétin!

-Il s'est passé quelque chose aujourd'hui, qui t'a fait penser à ton passé? Tentai-je.

Je la vis se tendre alors que ses sanglots partirent de plus bel. Mon Dieu, j'avais touché son point faible. Son passé. C'était quelque chose de grave, de lourd à porter et à assumer. Elle ne m'avait jamais parlé de ses parents...

-Tu ne m'as jamais parlé de tes parents, chuchotai-je.

-Arrête, Emmett! ARRÊTE! Cria-t-elle en se levant du canapé. ÇA SUFFIT!

Je sursautai violemment, manquant de tomber lamentablement par terre. J'avais été trop loin. Je me sentais vraiment idiot, mais je ne voulais que son bien! Je pensais qu'en me parlant, elle se libérerait d'un poids qu'elle maintenait depuis longtemps sur ses épaules. Je voulais lui prouver mon amour aussi, chose qu'elle, et j'en étais sûr, avait dû mal à croire.

-Rosalie, je...

-Et ne me dis pas que tu es désolé, car tu ne l'es pas! Cracha-t-elle.

-Je ne voulais pas insister, juste...

-Juste quoi, hein? JUSTE QUOI!

Je fermais la bouche, stupéfait par tant de colère et de rage cachés au fond d'elle. Mais ce n'était pas plus surprenant que ça.

-Rosalie, dis-je doucement, je ne veux que ton bien. Juste ton bonheur et rien d'autre.

-Va-t'en, soupira-t-elle.

Mon coeur rata un battement.

-Quoi! M'étranglai-je.

-Tu m'as très bien comprise, Emmett.

-S'il te plait, ne...

-Sors de chez moi, articula-t-elle lentement, maintenant.

Éberlué et peiné, je pris mon manteau et, après un dernier regard vers elle, je claquais la porte. Où était passée ma Rosalie? Tremblant par son rejet, je refermais, avec le peu de force qu'il me restait, ma portière et posais mon front sur le volant. Vidé de toutes forces. Mais quel con! Pourquoi avais-je insisté alors que je voyais sur son si joli visage que mes questions la faisaient souffrir? Pourquoi étais-je aussi con? Je n'aurais pas pu me la fermer une bonne fois pour toute? C'est pas vrai! Je n'étais vraiment bon à rien, et je crois que ça me collera à la peau pendant le restant de mes jours. Putain mais c'est pas vrai! Alors que je me fustigeais moi-même pendant déjà plusieurs bonnes minutes, je sursautais quand mon téléphone sonna dans ma poche de manteau. C'est juste un téléphone pauvre idiot! Je décrochais sans savoir qui était fou pour m'appeler à cet instant.

-Allo? Marmonnai-je.

-Wow, vive l'enthousiasme! Rit le frère de celle qui m'en veut à mort à l'heure actuelle.

C'était bien ma veine ça, avoir Jasper au téléphone.

-Désolé, m'excusai-je. Que me vaut l'honneur de ton appel?

-Suite à une fameuse discussion qu'on a eu tous ensemble hier, j'ai la grande chance de devoir consulter la meilleure amie de ta sœur mais, je n'ai pas son numéro. Tu pourrais me le donner?

Hein? Ah oui, il est psy et il doit aider Alice dans sa folie. J'ai failli oublier.

-Ouais, je t'envoie ça par SMS. Je ne le connais pas par coeur, elle change tellement souvent...

-Pas de problème. Dis, est-ce que ça va, tu as une voix à réveiller les morts.

-Merci du compliment, maugréai-je.

-Profite, c'est gratuit. Alors? Est-ce que tout va bien? C'est à propos de Rose?

Bordel, comment il sait tout ça? Je soupirai et il prit ça pour un oui.

-Je te jure que si tu lui as fait du mal... Me menaça-t-il.

-Crois-moi, je le mérite.

-Avant que je prenne ma voiture pour te casser la gueule, dis-moi ce que tu as fait, pour savoir si j'ai une bonne raison de me briser les phalanges pour toi.

-Rosalie m'a accompagné à mon rendez-vous à l'hôpital, afin d'enlever ce fichu plâtre, et quand on est sorti elle paraissait... triste. Je lui ai proposé de prendre un chocolat chaud quelque part mais elle a voulu rentrer chez elle, alors j'ai abdiqué. J'ai voulu savoir ce qu'elle avait mais elle m'a envoyé balader et je ne sais pas pourquoi!

Il y eut un silence de mort à l'autre bout du fil, si bien que je me demandais s'il ne m'avait pas raccroché à la tronche pour venir directement me démembrer. Ce que j'aurais amplement mérité.

-Elle ne t'a rien dit, n'est-ce pas? S'enquit Jasper.

-Non, elle m'a jeté dehors sans plus d'explication.

Je l'entendis soupirer. Savait-il ce que Rose cachait? Sûrement.

-Je crois pas que ce soit à moi de te le dire, annonça-t-il.

-À me dire quoi, putain!

-Je dois te laisser, oublie pas de m'envoyer le numéro de l'autre folle. À plus.

-Attends...

Bip! Bip! Bip! Il m'avait vraiment raccroché à la tronche. Et, moi, j'étais toujours aussi frustré! Sachant que, de toute façon, la journée était belle et bien fichue pour de bon, je me mis en route vers la caserne de pompier où je devais rapporter mon certificat de je ne sais quoi, que le Docteur Cullen m'avait dit de rapporter, après avoir envoyé le message à Jasper. La journée allait être des plus ennuyantes. J'allais peut-être aller chez Bella finalement.

Vendredi 13 novembre 2010

POV Edward

Sale garce! Vraiment une salope de première! Une... Je n'arrivais même pas à la qualifier tellement ma haine et ma colère contre elle était si démesurée que les mots me manquaient. Comment avait-elle pu faire une chose pareille, sans se douter des conséquences? Soit elle était conne ou soit vraiment conne! Je votais pour la deuxième option. Je poussais mon énième soupir de la journée et m'affalais sur mon canapé, télécommande en main. J'aurais dû travailler pour mes examens de noël, mais j'en avais eu aucunement le courage, ni la volonté. Ou les deux. Possible. Le fait que la mère et le beau-père de Bella soient de retour à Seattle n'arrangeait rien du tout à sa situation, on en avait eu la preuve mercredi, quand elle était tombée dans mes bras, inconsciente. L'angoisse et le stress n'étaient pas bon dans son état, surtout que la tumeur au cerveau amplifiait les sentiments et les sensations. Je devrais garder un œil sur Bella.

Et puis, Tanya s'est ajoutée à tout ça. Même si je n'avais pas les preuves formelles, la désignant être coupable de ce geste infâme et grossier, les réflexions de Jasper n'étaient jamais à prendre à la légère. Ça sent le vécu. Je confirme. Mais de là à penser que c'était une cinglée dans son genre qui a fait ça... J'avais repoussé les avances de Tanya plus que je ne m'en souvenais, et quand elle me disait que j'allais le payer, je n'avais pas imaginé qu'elle s'en prendrait à Bella. Et comment avait-elle su que Bella avait une place importante dans mon coeur? Je n'en avais jamais parlé, ni même exprimé le moindre soupçon de doute. Rien. Elle ne l'avait vu qu'une seule fois, lorsqu'elle est intervenue dans sa chambre alors que j'auscultais Bella. Était-elle aussi folle que ça? Ou maligne? Elle ne pouvait pas avoir deviné comme ça que j'étais tombé amoureux de Bella, elle n'était ni sur-douée, ni dotée d'un sens de l'énigme hors du commun! Déjà que je me demandais comment elle avait bien pu devenir infirmière... Tout ça était à s'arracher les cheveux!

J'éteignis la télévision, pour au moins la 50 éme fois de l'après-midi. Avec tout ça, toutes ces pensées tournées vers Bella et sa famille, immédiatement mon cerveau se mit en marche sur cette dernière. Isabella. J'allais devenir fou aussi, à force de penser à elle, mais pouvais-je faire autrement? Ma vie tournait autour d'elle, sans qu'elle le voit, bien évidemment, mais aussi parce que ces derniers temps je profitais plus de sa famille que de la mienne. J'étais égoïste. Depuis combien de temps n'avais-je pas parlé à grand-père? Mangé chez mes parents? Soupirer devant ma mère car elle s'inquiétait trop pour moi? Ou parler de boulot avec mon père? J'avais peur de les laisser sur le bas-côté, alors que je tracerais ma route sur un chemin verglacé. Car avec Bella, je ne savais pas sur quel pied danser, ni savoir où je serais dans 5 ans. Je l'aimais, c'était irrémédiable, elle avait touché mon coeur à un endroit que personne n'avait franchi jusque là mais... ce n'était pas réciproque. C'était peut-être aussi dur à accepter que n'importe quoi. Et puis, son état de santé était préoccupant. Même si elle prenait enfin son traitement, j'avais peur que cela soit trop tard et qu'elle soit déjà condamnée. Je secouais la tête, refusant de penser à des choses pareilles. Je ne pouvais pas vivre dans un monde où elle n'y était pas. Plutôt mourir.

I'm on the highway to hell

Highway to hell

I'm on the highway to hell

Highway to hell

Quand est-ce que je changerais cette putain de sonnerie? D'un geste las, je tendis le bras vers mon portable et appuyai sur cette fameuse touche verte dont je ne voyais aucune utilité à cet instant.

-Allo? Soupirai-je.

-Bonjour mon bébé, c'est maman! Me salua ma mère.

Combien de fois lui avais-je dit de ne pas m'appeler « bébé »? Un bon millier de fois, voir plus.

-Maman, grognai-je, je ne suis plus un bébé.

-Oh, tu resteras toujours mon petit bébé. Mais je ne t'ai pas appelé pour qu'on fasse un débat sur le surnom que je t'ai attribué depuis ta naissance.

-Ça m'aurait étonné que tu ne m'appelles que pour ça. Alors, pourquoi m'appelles-tu? Tu n'es pas au travail à cette heure-ci?

-Si tu écoutais ce que je disais de temps en temps, Edward, tu saurais que je suis actuellement en vacances. Mais je crois que tu as les idées trop prisses par une certaine personne pour te soucier de ta pauvre mère.

Je levais les yeux au ciel.

-Et ne lève pas les yeux au ciel! Comme ton père, c'est affligeant. En parlant de ton père, tu sais ce qu'il m'a dit?

-Non, mais je crois que je vais bientôt le savoir.

-Depuis quand tu as eu ce fameux blâme qui te renvoie pendant une semaine de l'hôpital?

Carlisle la commère est réapparu. De toute façon, ce n'était plus qu'une question d'heures avant que ma mère ne m'appelle. Et merde!

-Depuis mardi, soupirai-je. Désolé.

-Mon bébé, murmura-t-elle, quelque chose ne va pas? Ce n'est pas ton genre de perdre toute raisonnement quand il s'agit de ton travail.

-J'ai beaucoup de choses en tête et... Je n'ai pas su toutes les gérer.

-Edward...

-S'il te plait, maman.

Elle soupira de déception, comme elle le faisait régulièrement depuis plusieurs semaines. Je savais que ne rien le lui dire devait lui faire du mal, mais pour l'instant c'était le mieux.

-Ne m'en veux pas, la suppliai-je.

-Quelle idée! Bien sûr que je ne t'en veux pas mais je m'inquiète, c'est tout.

-Comme d'habitude...

-Edward Anthony Cullen! Le jour où vous aurez des enfants, vous comprendrez quel effet ça fait de voir son enfant ailleurs que sur la planète Terre!

-Je suis sur Terre voyons! Où veux-tu que je sois?

-Chez une certaine Isabella Swan, par hasard?

C'EST PAS VRAI! Comment...? Oh et puis je ne cherchais plus à savoir, avoir une vie privée dans les environs était mission impossible, ou il fallait être James Bond pour pouvoir avoir cette chance. Et puis, comment allais-je répondre à ma mère? Il fallait vraiment que je change de pays... avec Bella dans mes valises.

-Si on revenait sur l'objet de ton appel? Contrai-je.

-Tu n'y échapperas pas! Mais la raison de mon appel était que nous fêtions Thanksgiving à la villa de Forks et que tu as intérêt à être là.

-Maman, je t'ai dit que je ne pouvais pas cette année, je travaille à l'hôpital.

-Je m'en fiche, je veux tes fesses sur ma chaise de salle à manger le 27 novembre et il n'y a pas de « mais ».

Comment vouloir avoir une tactique de défense quand on avait une mère pareille? Elle avait réponse à tout même sans avoir ouvert la bouche. Mon père m'avouait que, des fois, il n'osait même plus parler. Ça devait être beau à la maison.

-J'essayerai de venir, maugréai-je.

-Bien. Et puis, on a des invités cette année et je veux que tu sois là.

-Des invités? Qui a réussi à entrer dans le célèbre cercle des Cullen?

-Des gens qui me tiennent à coeur alors, par pitié, fais-nous l'honneur de ta présence!

Je soupirais avant de confirmer ma venue. S'il n'y avait que ça pour lui faire plaisir... Après quelques banalités, ma mère raccrochait, souhaitant une bonne fin de journée à son bébé. C'était pathétique. J'avais l'impression de retourner en enfance, quand j'avais 4 ans et que ma mère m'appelait pour manger. Des parents, il y en a pas de 2 sortes. Je regardais ma montre pour constater qu'il n'était que 17 heures trente, et que j'avais encore 2 heures et demi devant moi. Sachant que rien ne pourrait m'occuper l'esprit pendant ce laps de temps restant avant de revoir Bella, je m'assis sur le banc du piano et entamai une nouvelle mélodie, qui m'était venue à l'esprit cette nuit.

O*O*O*O

Derrière le volant de ma Volvo grise, mon coeur tambourinait douloureusement contre ma cage thoracique. Encore. J'avais toujours cette impression d'être un adolescent de 15 ans qui va rencontrer celle qu'il aime pour la première fois et, sincèrement, Bella a été la seule à me faire ressentir ça et j'espère n'avoir jamais à changer. Bella était unique en son genre, douce et aimante, un vrai ange tombé du ciel et je m'estimais heureux d'être, pour elle, son ami. Même si elle était bien plus que ça pour moi. J'esquissais un sourire en me remémorant ses rougeurs sur son visage, cette fameuse lèvre inférieure qu'elle coinçait entre ses dents, sa maladresse et son sourire sincère sur ses lèvres. Elle était parfaite, et elle ne le voyait pas. Il y avait des femmes qui se prenaient pour plus que ce qu'elles étaient, croyaient être Miss monde alors qu'elles n'étaient que de pauvres filles sans personnalité ni âme. Mais Bella, ne se voyant pas comme elle devait se voir, telle une femme créée sur mesure, sans défaut apparent et parfaite. Ça me tuait à le dire, mais elle n'était pas pour moi. Définitivement pas faite pour moi. Je réprimais l'envie de claquer ma tête contre le volant et me garais sur une bonne place, prés de son futur ex lieu de travail. Ce n'était pas le moment d'avoir des pensées négatives alors que j'étais sur le point de la revoir. J'ai cru devenir fou pendant ces 2 jours sans la voir alors, Cullen, la ferme et profite! Exactement, profiter, surtout que demain, elle allait emménager chez moi. Rien qu'à cette pensée, je rayonnais littéralement de bonheur. T'as vu, c'est pas bien compliqué, n'est-ce pas? Je soufflai un bon coup et mis l'alarme de ma voiture. J'oubliais tous les tracas de la vie quotidienne, faisant abstraction de cette garce de Tanya, de la mère de Bella qui ne lui voulait que du mal, de Alice qui n'était pas au mieux de sa forme et de mon coeur qui risquait d'exploser d'une minute à l'autre. Juste Bella.

Une petite sonnette retentit quand je poussais la porte d'entrée du magasin, avec un nom incroyable soit dit en passant. La boutique était vide, mais à cette heure proche de la fermeture c'était plus qu'une évidence. Il n'y avait personne à la caisse, et dans les rayons le plus proche c'était le désert de Sahara. Où était Bella?

-Bonjour Monsieur, roucoula une voix féminine.

Je me retournais vers cette femme et fus étonné de voir une grande silhouette tout en cheveux roux, presque rouge, qui me souriait avec beaucoup trop d'entrain à mon goût. Avec la description que m'avait faite Bella, je pouvais assurément dire que c'était sa patronne. Pourquoi fallait-elle qu'elle soit comme toutes les autres, en train de limite baver devant moi? Elle n'était pas mariée?

-Oh, bonjour Madame, la saluai-je poliment.

-Puis-je faire quelque chose pour vous aider?

-Oui, j'en suis sûr. Serait-il possible de voir Isabella Swan?

Je vis sa mine se décomposer en un temps records. Apparemment, elle ne s'attendait pas à ça. Bella ne l'avait-elle pas prévenue que je venais la chercher?

-Isabella? Que lui voulez-vous? Attaqua-t-elle.

Elle commençait à m'énerver, tiens!

-Je ne crois pas que ce soit vos affaires, Madame, dis-je froidement. Alors je repose ma question, serait-il possible de voir Isabella Swan?

Elle haussa les épaules, indifférente.

-De toute façon, c'est son dernier jour, marmonna-t-elle. ISABELLA!

Je plissais les yeux de colère, serrant furieusement les poings le long de mon corps. J'entendis un bruit de pas et fus surpris de voir un homme, d'une trentaine d'années arriver, nonchalant. James. Bella m'avait avoué qu'il lui faisait peur, et, avec un regard aussi pervers et dangereux, je comprenais pourquoi. Lui aussi me détailla, avant de murmurer quelque chose à sa femme qui lui répondit de la même manière. Super sympa ici!

-Enchanté, me dit-il soudainement. James Hunter, mari de cette magnifique jeune femme.

Cette dernière gloussa. Magnifique, il ne fallait pas exagérer. Devrais-je lui dire qu'elle m'avait fait de l'œil il y a moins de 2 minutes? Je tendis la main, par pure politesse.

-Edward Cullen, répondis-je.

Il écarquilla les yeux avant de regarder sa femme toute aussi surprise. Quoi?

-Vous êtes celui qui a fait la lettre pour Isabella! S'offusqua la femme de James.

-Oui, affirmai-je, et alors?

-Comment puis-je savoir si le document est vrai! Elle m'a roulé cette...

J'ouvris la bouche pour répliquer mais, déjà, une silhouette tentante apparut de l'arrière boutique, apparemment, un carton aussi lourd que son propre poids dans les bras.

-Vous m'avez appelé, Madame? S'enquit-elle d'une douce voix.

J'aurais presque gémi rien qu'en l'entendant. Comme toujours, elle était magnifique. Elle avait laissé ses cheveux lâchés, ses lourdes boucles tombant en bas de son dos, habillée d'un pantalon blanc et d'un pull col roulé bleu nuit, elle était la tentation incarnée. Ses yeux contrastaient admirablement avec cette couleur qui lui allait à merveille. Un péché.

-Oui, il y a quelqu'un pour toi. Veux-tu bien prendre ce carton mon chéri, et le poser dans le rayon des enfants, s'il te plait?

-Avec plaisir, susurra son mari.

Un peu plus et j'aurais vomi. Il s'avança tel un félin sur Bella et lui prit le carton des mains, la faisant sursauter. Je dus me contrôler de lui foutre une droite en pleine gueule à celui-là! Connard! Il lui effleura les mains, la faisant grimacer alors qu'elle détourna les yeux. Mon Dieu, c'était un taré ce mec! Je me promis d'éloigner Bella le plus loin de ce psychopathe en puissance. Ce James la regarda avec une insistance telle que je m'étonnais que sa chère et magnifique femme ne le réprimande pas. Le monde ne tournait pas rond ces derniers temps. Soudain, je rencontrais le regard chocolat de Bella et, déjà, je me sentais divaguer dans un autre monde beaucoup plus voluptueux que là où j'étais.

-Bonjour Bella, la saluai-je en souriant.

Pour mon plus grand bonheur, elle se mit à rougir.

-Bonjour Edward, souffla-t-elle.

-Tu en as mis du temps, Isabella, la réprimanda sa patronne. Puis-je savoir ce qui t'a pris autant de temps à venir?

J'écarquillai les yeux sous le ton employé par cette dernière. Elle se croyait où? Au temps du Moyen-Âge?

-Je suis tombée dans les escaliers, avoua Bella.

-J'ai jamais rencontré une employée aussi pathétique enfin, fort heureusement, c'est ton dernier jour parmi nous!

Je sentis la colère monter en moi, aussi sûrement que ravageuse. De quelle droit lui parlait-elle ainsi? Je savais qu'elle n'était pas très sympathique comme patronne mais de là à penser qu'elle lui parlait comme une moins que rien et se prenait pour plus que ce qu'elle était... Je comprenais pourquoi on surnommait Bella « Miss catastrophe ».

-Ce charmant jeune homme est venu te voir, l'informa-t-elle.

-Effectivement, intervins-je, je suis venu la chercher. Je crois que Bella a fini sa journée et en l'occurrence, son travail dans ce minable établissement.

La maîtresse des lieux devint aussi rouge que ses cheveux alors que Bella ouvrit grand la bouche, surprise par mes propos.

-De quel droit vous...?

-C'est plutôt vous qui n'avez aucun droit de parler de la sorte à vos employés! Vous vous croyez où? De retour au XVII éme siècle?

Elle balbutia quelques mots par-ci par là mais j'en fis abstraction, trouvant qu'elle ne valait pas la peine que je l'écoute. Comparée à Bella, elle n'était rien. Tout le monde était rien comparé à Bella. Vrai. J'étais pathétique, ou plutôt, comme l'avait si bien dit Jasper hier avant que je ne l'interrompe, j'étais un amoureux transis. Et puis, Bella avait assez de problèmes pour en plus avoir une patronne tyrannique sur le dos. Fort heureusement, sa journée finissait dans... je regardais ma montre, et bien elle était finie.

-Si vous avez fini de critiquer mon établissement, je vous somme de partir, me pria-t-elle.

-Ça serait avec plaisir, souris-je, mais sûrement pas en laissant Bella ici.

Nous nous tournâmes vers l'intéressée qui nous regarda à tour de rôle, comme si elle regardait un match de tennis. Ça aurait pu être drôle dans d'autres circonstances.

-Alors, Swan, qu'est-ce que vous attendez pour aller chercher vos affaires et déguerpir d'ici avec votre... ami? Gronda sa patronne.

Elle remet ça en plus! J'ouvris la bouche pour répliquer mais Bella me supplia du regard de me la fermer. Ses yeux marrons étaient limite larmoyants, priant pour que je me taise. Et je le fis. Je crois que j'aurais pu lui donner tout ce que j'avais rien qu'avec ce regard, c'est pour dire. Sans un mot, elle fit demi-tour pour, sûrement, aller chercher ses affaires dans l'arrière boutique. Me laissant seul avec l'autre mégère. Quelle chance! Fort heureusement, je ne me sens pas obligé de lui faire la conversation et, de toute façon, si j'ouvrais la bouche ce serait juste pour l'insulter et rien d'autre. Qu'est-ce qu'on peut dire à une cruche pareille? Et puis, pour couronner le tout, son mari revint de je ne sais où, tournant plusieurs fois la tête pour poser ses yeux sur sa femme. Pas sûr qu'il cherchait sa femme, tiens! Je crispais mes poings, m'empêchant de les lui foutre dans la tronche, et soupirais presque de bonheur en voyant Bella arriver, accompagnée de sa collègue, ou plutôt ancienne collègue de travail qui avait les larmes aux yeux. Je me souvins des dires de Bella, comme quoi Jacob était avec elle juste pour tirer son coup. C'était vraiment un salaud ce mec, j'espérais ne jamais devoir le croiser mais seul l'avenir nous le dira.

-Tu me téléphoneras, hein? Pleura son amie.

-Bien sûr! S'exclama Bella. As-tu cru que j'allais t'oublier?

-Je sais pas...

Bella la prit dans ses bras tout en lui murmurant des paroles, sûrement réconfortantes, à ses oreilles. Au bout de quelques secondes, elles se relâchèrent et des larmes coulaient le long des joues de son amie, Leah si je me souvenais bien. Elles devaient vraiment être proches pour qu'elle soit dans un état pareil, et, en plus, elle devait se taper l'autre cinglé de patronne, avec son mari psychopathe. Vive l'ambiance de travail!

-Passe quand tu veux à... enfin... Je... Chez Edward, bredouilla Bella.

Leah écarquilla les yeux rougis en ma direction. Apparemment, elle ne lui avait pas dit. Ça devenait une manie dans le coin.

-Tu vas habiter chez Edward? S'étonna-t-elle.

-Oui, pendant quelque temps, avoua son amie.

Autant que tu veux! La ferme conscience à la noix! Un raclement de gorge se fit entendre et on se retourna tous vers l'intéressée qui nous jugea de façon peu sympathique.

-Voici ton chèque, annonça-t-elle froidement.

Bella prit l'enveloppe et la plongea dans son fidèle sac en bandoulière. Leah la prit une dernière fois dans ses bras avant qu'elle ne vienne à mes côtés. Je lançais un regard peu amène au mari de la patronne, le menaçant silencieusement que s'il ouvrait la bouche mon poing allait rencontrer sa joue plus vite que prévu. Je hochais la tête vers Leah, qui renifla, et ouvris la porte pour Bella, le coeur battant. J'avais gagné cette partie, Bella avait quitté son travail. Elle pourrait se reposer tranquillement... chez nous. Mon Dieu, si quelqu'un m'aurait dit que j'aurais emménagé avec une femme dans les années futures, je lui aurais ri au nez! Et il y a de quoi! Je n'aurais jamais pensé avoir un appartement commun avec quelqu'un du sexe opposé, et encore moins avec Bella. C'était juste un bon concours de circonstance et je ne m'en plaignais pas.

Silencieusement, après que je l'eus invitée, Bella se réfugia dans ma voiture, grelotante de froid. Heureusement que j'avais eu une place de voiture pas très loin de l'endroit où elle travaillait. Directement, je mis le chauffage avant de démarrer ma Volvo et de mettre ma ceinture. Le silence commençait à peser, et je me doutais que Bella devait se remémorer ses derniers instants à son travail.

-Quelque chose ne va pas? M'enquis-je prudemment.

-Je me demandais ce que j'allais faire à présent, alors que je viens de quitter mon emploi, murmura-t-elle.

J'eus peut-être tort de la forcer à quitter son emploi, mais est-ce qu'elle avait une autre option? Tous ses sens et ses capacités motrices devenaient de plus en plus instables, elle ne pouvait se risquer à continuer ainsi, et encore moins faire plus de 20 minutes de marche à pied matin et soir pour se rendre à son travail. À moins que tu sois trop protecteur? Non, c'était pour son bien, je l'aurais dit à n'importe quel autre patient.

-Je suis désolé, m'excusai-je.

Elle se retourna subitement vers moi, étonnée.

-Mais pourquoi?

-Je n'aurais pas dû agir ainsi, te priver d'une chose qui t'est chère. Maintenant, tu regrettes. Et puis, mon comportement envers ta patronne était déplacé, je n'aurais pas dû mais elle te parlait comme un chien et...

-Edward, me coupa-t-elle, je ne t'en veux pas, je me sens soulagée même!

Hein?

-Je n'aimais pas ce que je faisais mais j'y étais bien obligée si je voulais avoir un toit sur ma tête et pouvoir manger à peu prés à ma faim. Je n'avais pas le choix. Mais ce que je veux dire, c'est que je n'aime pas rester à ne rien faire et, maintenant que j'ai la chance d'avoir un toit sans avoir peur que mon propriétaire débarque à tout moment, je me sens inutile.

Inutile. C'est donc comme ça qu'elle se voyait, inutile? Il y avait des gens inutile, dans tous les milieux sociaux et dans n'importe quelle branche de travail mais dire que Bella était inutiles...

-Tu n'es pas inutile, voyons! Qu'est-ce que ferait Alice sans toi? Ou Charlie? Et ton frère? Même si tu ne le vois pas, tu es utile à chacun d'entre nous, plus que nous ne l'imaginons même. Et si tu ne sais pas quoi faire quand tu auras emménagé, je ne serais pas contre un ou deux petits plats...

-Je ne suis pas ta cuisinière attitrée! Rit-elle.

Je souris et démarrai en trombe vers son immeuble qui sera bientôt qu'un mauvais souvenir. Alors que Bella mettait la radio, comme à chaque fois qu'elle entrait dans ma voiture, je me mis à penser à ses paroles. Je n'avais encore jamais rencontré quelqu'un qui se disait inutile. C'était triste de se dire que des personnes pensaient ça d'eux, alors qu'ils ne l'étaient pas, c'était parce qu'ils n'avaient pas trouvé leur voie, rien de plus. Navrant de se dire qu'ils pensaient à mettre fin à leur jour, comme Bella l'avait pensé il y a encore peu de temps. Je soupirais de tristesse. Bella ne sera pas heureuse tant que sa maladie l'attaquerait, elle sera souriante de l'extérieur, mais vide de l'intérieur. Qu'est-ce qui pourrait la rendre heureuse? Soudain, Bella augmenta le volume de la radio, chanson que je ne connaissais pas, ou peut-être vaguement.

Éric Clapton {Tears in heaven}:

Would you know my name / Connaîtrais-tu mon nom

if i saw you in heaven? / Si je te voyais au Paradis?
Would it be the same /Ressentirais-tu la même chose

If i saw you in heaven? / Si je te voyais au Paradis?
I must be strong / Je dois être fort

And carry on / Et continuer à vivre
Cause i know i don't belong / Car je sais que je n'ai pas ma place

Here in heaven / Au Paradis

Would you hold my hand / Me tiendrais-tu la main

If i saw you in heaven? / Si je te voyais au Paradis?
Would you help me stand / M'aiderais-tu à tenir

If i saw you in heaven? / Si je te voyais au Paradis?
I'll find my way / Trouverais mon chemin

Through night and day / À travers la nuit et le jour
Cause i know i just can't stay / Car je sais que je ne peux pas rester

Here in heaven / Au Paradis

Time can bring you down, time can bend your knees / Le temps peut de faire désespérer, le temps peur faire fléchir tes genoux
Time can break your heart, have you begging please / Le temps peut te briser, te pousser à supplier

Begging please / Te pousser à supplier

Behind the door / Derrière la porte

There's peace i'm sure / Je suis convaincu que la paix règne
And i know there'll be no more / Et je sais qu'il n'y aura plus de larmes

Tears in heaven / Au Paradis

La chanson se termina sur plusieurs accords de guitare, alors qu'un lourd silence s'était abattu dans l'habitacle de la voiture, pensant aux tristes paroles de la chanson. Il y a plus gaie comme chanson. On aurait dit que la chanson avait été faite pour Bella, si elle ne survivait pas à sa tumeur, et je sentis un poing de fer me contracter le coeur. Que ferais-je si elle disparaissait? Je ne deviendrais plus que l'ombre de moi-même, me cherchant désespérément alors que mon identité s'était envolée au loin. Bella serait partie au loin.

-Crois-tu au Paradis, Edward? Me demanda cette dernière.

Je clignais des yeux en sa direction, revenant rapidement vers la route, un peu dérouté par sa question. Si je croyais au Paradis? Tout était relatif, ou question de croyance.

-Je ne sais pas, avouai-je. Mes parents y croient, ils m'ont élevé ainsi mais j'ai fait abstraction de la religion.

-À vrai dire, je ne sais pas moi non plus mais depuis que je sais que je suis atteinte d'une tumeur, je me pose de plus en plus de questions.

Je figeais mes poings sur le volant, menaçant de le faire exploser entre mes doigts. Elle pensait à la mort. Lentement, je me garais prés de son immeuble n'ayant pas de place devant chez elle. Que dire du Paradis, quand la personne à laquelle vous tenez le plus risquait de s'y trouver?

-Penses-tu souvent à ce genre de chose? M'enquis-je.

-Oui, quand je suis seule.

-Tu ne devrais pas, soufflai-je. J'ai bon espoir que tu guérisses, Bella, et tu pourras vivre une vie normale et rempli de bons moments.

-Je crois que tu m'as déjà promis ça, Edward.

Sur ce, elle sortit de la voiture, sans plus de cérémonie. Oui, je lui avais promis, mais, maintenant, je n'étais plus sûr de mes paroles. Comment pourrais-je promettre une chose aussi incertaine qu'est la santé à un être humain? Même si c'était Bella, même si je donnerais ma vie pour elle, je ne pouvais pas jouer avec ce genre de chose. Jamais. Quand je vis sa silhouette apparaître devant mon rétroviseur, marchant d'un pas chancelant et sans aucune assurance, je me dis que, peut-être, je pouvais faire quelque chose pour elle. Bella avait retrouvé sa famille mais elle était toujours aussi seule. Seule avec ses pensées. Je sortis de ma transe et lâchai tout. Volant, ceinture, clef et courus derrière elle, juste au moment où la porte se fermait sur moi. À ce moment-là, une voiture démarra à toute allure dans la rue, me faisait sursauter. Bizarre. Bella ne s'aperçut même pas de ma présence, plongée dans ses souvenirs. C'est quand elle mit un pied sur la première marche des escaliers, qu'elle se retourna, sûrement par réflexe, et sourit en me voyant. Avait-elle prévu que je la suivrais?

C'est ainsi que je l'aidais à monter les escaliers. Comme à chaque fois que je me retrouvais dans son appartement, le manteau affalé sur le canapé, en train de scotcher des cartons qu'elle replissait au fur et à mesure. Les joies du déménagement! Nous avions fait abstraction de notre précédente discussion, après tout, tout le monde pouvait se poser des questions, n'est-ce pas? Alors on s'était tus puis demandés comment s'était passée la journée de l'autre, ce qu'on avait fait hier et tout un tas de trucs qu'un couple se serait demandé, sauf qu'on n'était pas en couple et ça me faisait mal de l'admettre. On était juste amis et ça le restera sûrement ainsi. Même si Jasper ou Rosalie pensaient que je devais tenter ma chance, je me retenais plus par pudeur qu'autre chose à vrai dire. Et puis, j'avais peur aussi. Si elle ne ressentait pas les mêmes sentiments que moi, est-ce que je perdrais tout ce que j'avais déjà eu avec elle?

-Edward? M'appela-t-on. Edward?

Je clignais des yeux et levais la tête vers la plus belle femme que je n'avais jamais vu. Bella. Elle s'était changée, sans que je ne m'en rende compte. Un jogging noir et un débardeur de la même couleur l'habillaient et, malgré le contraste que cela offrait avec sa peau, je ne pus m'empêcher de la détailler plus largement que je ne l'avais fait jusqu'à présent. Pervers! Je me raclais la gorge, reprenant de la contenance. Je clignais des yeux et levais la tête vers la plus belle femme que je n'avais jamais vu. Bella. Elle s'était changée, sans que je ne m'en rende compte. Un jogging noir et un débardeur de la même couleur l'habillaient et, malgré le contraste que cela offrait avec sa peau, je ne pus m'empêcher de la détailler plus largement que je ne l'avais fait jusqu'à présent. Pervers! Je me raclais la gorge, reprenant de la contenance.

-Désolé, tu dirais? M'excusai-je.

-Je te demandais si tu avais eu Rosalie dernièrement.

-Pas depuis mercredi, pourquoi?

Une ligne d'anxiété apparut sur son front, comme toujours quand elle se mettait à cogiter.

-Emmett est venu hier soir.

-D'accord, dis-je lentement, sans savoir où elle venait en venir. Et...?

-Il paraissait soucieux, voire triste, ce qui n'est pas habituel chez Emmett. Il est toujours joyeux!

-Tu crois que...?

-Qu'il s'est disputé avec Rosalie, ou qu'il s'est passé quelque chose entre eux. Enfin, ce n'est pas mes affaires mais je n'avais jamais vu Emmett aussi triste, sauf...

Sauf quand il t'a vu à l'hôpital, pensai-je. Je ne pouvais que le comprendre, j'avais eu un état pire similaire au sien, même pire.

-Tu as essayé de lui en parler? M'enquis-je, changeant de sujet.

-Oui, mais il n'a rien dit. Aussi muet qu'une tombe.

-Ils se sont sûrement disputés, comme tout les couples de cette Terre. Et je ne crois pas que ce soit aussi grave tu sais, sinon, Jasper m'aurait appelé pour qu'on ailler casser la gueule à Emmett.

Bella blanchit à vu d'œil, les yeux écarquillés. J'aurais peut-être dû m'abstenir.

-C'était une blague, Bella, la rassurai-je, même si je ne le pensais pas vraiment. Relaxe.

-Euh... Oui, désolée. Tu... Tu as l'air très proche de Rosalie, bredouilla-t-elle.

-Comme un frère envers sa sœur, pourquoi?

J'étais sur la défensive, parce qu'il fallait que je contrôle chaque parole qui sortait de ma bouche au risque de faire une erreur monumentale. Comme le crétin que j'étais.

-J'ai remarqué que Jasper et toi surveillez le moindre geste que faisait Emmett, comme si vous craignez qu'il ne l'agresse ou lui fasse du mal. Est-ce que... c'est à cause du précédent petit-ami de Rosalie?

Je me braquais, automatiquement. Elle ne pouvait pas savoir, je lui en avais fait la promesse et ceux depuis le début. Ne rien dire était la règle N°1 que j'avais faite à Rosalie. Se taire. Une petite main douce et chaude se posa sur mon bras, me ramenant au présent.

-Je ne t'oblige pas à le dire, sourit-elle doucement, je comprends. Est-ce que tu as faim?

-Euh... Oui, un peu.

Pour prouver mes dires, mon ventre gargouilla faisant rire Bella alors que je rougissais comme un adolescent. Il fallait que tu te fasses remarquer, hein? Mais attends...

-Tu as fait à manger? M'étonnai-je.

Elle marcha vers la cuisine, et je laissais le carton que j'étais en train de faire pour la suivre.

-Vu que j'emménage chez toi, dit-elle, je dois voir si j'ai les compétences pour devenir ta cuisinière attitrée.

-Tu as dit que tu ne voulais pas le devenir, remarquai-je.

-Vrai, mais sauf quand tu m'apprendras le piano donc... goûte et tais-toi!

Je levai les yeux au ciel avant d'appuyer les coudes sur le petit plan de travail. Déjà, une douce odeur de cuisine me vint aux narines et j'en salivais d'avance. Goinfre! Bella prit une cuillère à soupe et la plongea dans la casserole avant de la ressortir, toute fumante et de me la présenter. Affamé, je gobais presque la cuillère mais restais correcte en picorant le contenu, plus qu'alléchant. Bon Dieu, mais c'est trop bon!

-Je te nomme officiellement ma cuisinière attitrée, annonçai-je.

Bella resta figée, le regard vrillé dans le mien. Quoi, j'avais de la sauce dans les cheveux? Soudain, je la vis rougir violemment et détourner son regard de moi. D'accord... Elle posa la cuillère dans l'évier, brusquement, les mains tremblantes.

-Bella! Est-ce que ça va?

-Oui, excuse-moi, je pensais à autre chose. Est-ce qu'il manque quelque chose, dans la sauce?

Elle avait tendance à changer de sujet aussi rapidement que de chemise. C'était effarant!

-Non, c'était parfait. Tu as pris tes médicaments?

-Quand tu étais passionné par les cartons, ne t'inquiète pas.

Je hochais la tête, septique. Des fois, j'avais peur que son cerveau se déconnecte parce qu'elle faisait ça de plus en plus souvent. C'était peut-être un effet secondaire des médicaments...

-D'accord. Si on mangeait? Je meurs de faim et je dois dire que ce que tu as préparé et des plus appétissants. Il faut juste que j'évite de le dire devant ma mère.

Elle se mit à rire et ouvrit ses placards à la recherche d'assiettes alors qu'elle m'indiquait où étaient les couverts ainsi que les verres. Elle me proposa une bière et je souris en pensant qu'elle avait dû penser à moi pour l'alcool. J'avais retenu qu'elle n'aimait pas ça. Ce qu'elle avait fait était simple mais, avec les cartons qu'elle avait à faire, elle n'avait pas eu beaucoup de temps. Sincèrement, je m'en fichais complètement, si c'était pour être avec elle encore quelques minutes de plus. Je l'aidais pour la vaisselle, enfin je m'étais battu pour l'aider à faire la vaisselle et, après un énième argument, elle soupira et accepta mon offre. Plus têtue, tu meurs. Et alors que la radio émettait des musiques en tout genre, surtout quelques tubes des années quatre-vingt qui me firent sourire, Bella et moi commençâmes à empiler les objets venant de sa chambre. Pour son intimité personnelle, et ce que je comprenais totalement, elle pliait ses vêtements, laissant des affaires de rechange pour demain, alors que je rangeais son bureau. Je ne faisais pas vraiment attention à ce que je rangeais, quand je tombais sur un livre, qui m'aurait surpris si ce n'était pas Bella qui lisait ça.

-Roméo et Juliette? M'enquis-je, amusé.

Elle se tourna vers moi et leva un sourcil.

-Vu le ton que tu as employé, tu n'aimes pas ce genre de livre, répondit-elle.

-Disons que Roméo me tape sur les nerfs mais c'est vrai, ce n'est pas ce que j'ai dans ma bibliothèque.

-Comment peux-tu trouver Roméo agaçant? Il... Il est parfait!

-Tu le trouves parfait? Il est juste énervant ce mec! D'abord, il est fou amoureux de Rosaline et puis dans un énième bal qu'il a dû fréquenter, en un regard il tombe sous le charme de Juliette. Puis vint cette stupide scène au balcon où ils déclarent tout deux leur amour avant que Juliette trouve un stratagème pour ne pas se marier avec le compte de Paris, grâce à l'aide du frère Laurent et tout ça pour qu'ils meurent tous les deux, dans un caveaux, à cause d'un contre-temps et d'une haine entre deux familles. Franchement, je ne vois pas ce qu'il y a de parfait ou de romantique là-dedans. C'est juste... pathétique.

Bella resta médusée devant mes propos, avant de me lancer une paire de chaussette en pleine tête, grommelant dans sa barbe. J'éclatais de rire alors qu'elle me foudroyait du regard. Attaqué par 2 chaussettes! Après ma crise de fou rire, je me mordis l'intérieur de la joue afin de ne pas avoir une nouvelle vague de rire mais quand je reçus plusieurs paires de chaussettes sur la tête, je m'écroulais carrément.

-Et arrête de rire, Edward Anthony Cullen! Ce n'est pas drôle! Bouda-t-elle.

-Tu verrais ta tête! Ris-je.

Elle me bombarda de nouvelles chaussettes.

-Bon Dieu, mais tu en as combien! M'écriai-je.

-Une bonne centaine si tu n'arrêtes pas de rire!

Je secouais la tête en me protégeant avec mes bras avant de la prendre par la taille et de la plaquer sur le lit, sous ses cris de protestations. Alors là ma jolie, tu vas le regretter. Immédiatement, mes mains trouvèrent ses côtes et elle aussi rit au éclat par mes chatouilles. Emmett m'avait dit que c'était son point faible. Je me délectais de la voir rire ainsi, libre et sans aucune arrière pensée morbide.

-A... A... Arrête... Ed... Edward! Me supplia-t-elle.

-Si tu dis que Roméo est le dernier des crétins, contrai-je.

-J... Ja... Jamais!

Je la torturais encore pendant plusieurs secondes, avant de voir ses joues rougies et d'entendre son souffle court. Il ne vaut mieux pas tenter le diable comme on dit. J'arrêtais ma torture et posais mes mains sur le matelas, un sourire aux lèvres. Alors que Bella reprenait difficilement son souffle, mes yeux dérapèrent vers où je n'aurais jamais dû les poser; sa bouche. Légèrement entrouverte, d'une couleur rouge naturelle, sa lèvre supérieure plus pleine que sa voisine du bas et le plus prés de la mienne qu'elle ne l'avait jamais été jusqu'à maintenant. Elle me donnait envie. Un appel au baiser. Une torture. Je n'aurais qu'à me baisser pour presser mes lèvres sur les siennes, les goûter, les savourer comme je me l'étais imaginé des milliers de fois dans mon esprit. Une folie. Mes yeux étaient tellement accaparés par cette magnifique bouche que je n'avais pas entendu la respiration de Bella revenir à la normale. Elle, aussi, me fixait, silencieusement, les yeux brillants. Je pouvais presque sentir son coeur battre tout prés du mien, à l'unisson. J'étais pris d'une frénésie soudaine, ou d'une pure folie, mais je voulais essayer, juste pour voir sa réaction et... profiter de ce moment si elle me rendait mon baiser. Alors, doucement, mon visage se baissa vers le sien, alors que mon regard voyageait de ses yeux à ses lèvres, pour avoir son consentement. Mais elle ne fit rien. Je tentais le tout pour le tout, même si ce que j'avais à perdre était énorme. Juste une fois... Je pus sentir son souffle chaud sur mes lèvres, que j'humectais par réflexe. Je crus entendre Bella gémir mais mes tympans bouillonnaient tellement à cet instant que je n'étais plus sûr de rien. Et puis sentir son corps chaud sous le mien n'aidait pas non plus. Tout doucement, avec une infinie tendresse, comme lorsqu'un homme tergiversait avant d'embrasser une femme, ma lèvre supérieure frôla la sienne cherchant un dernier retranchement. Et lorsque, enfin, j'allais poser ma bouche sur la sienne, et profiter de ce pur moment de bonheur, pouvoir assouvir ce besoin que j'avais depuis des semaines, j'entendis la serrure de la porte d'entrée cliqueter. Bella sursauta sous moi avant de me pousser gentiment et de filer vers le salon.

Putain! Merde! Fais chier! Et toutes les autres insultes me passaient à l'esprit en cet instant. J'avais été à deux doigts de l'embrasser, de sentir sa bouche se mouvoir contre la mienne, de... de l'aimer tout simplement et, là, un gros con venait de tout gâcher! Et, le pire de tout, c'était que Bella n'avait pas semblé être contre! Putain! Je retombais lourdement sur le lit, faisant grincer les lattes du sommier. Je poussais un cri muet de frustration avant de décider de voir à qui j'allais poser une bombe anonyme sous sa voiture. Je pris une inspiration et franchis le salon. Et pourquoi ne suis-je pas étonné de le voir débarquer à une heure pareille?

-Oh, salut Edward! Me salua Emmett.

Salut connard!

-Salut Emmett, répondis-je, comme ça va?

-Il y a eu mieux.

À qui le dis-tu!

-Puis-je savoir pourquoi tu débarques aussi tard chez moi, grand frère de mon coeur? Lui demanda Bella.

Ouais, pourquoi tu ramènes ton cul ici, hein? J'aimerais bien le savoir!

-Je me sentais seul alors je suis venu te voir. Et, toi, qu'est-ce que tu fais là, Edward?

Emmett me regarda, menaçant, alors que je haussais les épaules. Mais, sincèrement, même s'il avait beaucoup plus de muscles que moi, j'aurais bien aimé me défouler sur lui!

-Edward est venu m'aider à faire les cartons.

-Oh... Cool. Je peux servir à quelque chose?

Non, dégage!

-Tes muscles seront utile pour une fois, marmonna Bella.

Q...Quoi? Mais non! Je veux revenir en arrière!

-Hé! Ils sont toujours utiles! Bougonna Emmett.

Sa sœur leva les yeux au ciel avant de repartir vers la chambre, d'un pas lent. J'étais maudit! Vraiment maudit. Alors que j'allais la suivre, afin de continuer mes fameux cartons, évidemment, une grosse main lourde me barra le passage. Emmett vrilla son regard dans le mien. C'est de famille ou quoi?

-J'espère que je n'ai rien interrompu, lâcha-t-il.

-Qu'est-ce que tu aurais interrompu à part mon montage de carton? M'énervai-je.

-Nous sommes tous les deux majeurs et vaccinés, je suis sûr que tu en as une idée.

Évidemment, coucher avec Bella. Mais je décidais de nier.

-Je ne vois pas de quoi tu parles, rétorquai-je. Et occupe-toi de Rosalie au lieu de t'occuper de mes affaires.

-Bella est mes affaires, gronda-t-il. Tente quoique ce soit et...

-Mais qu'est-ce que tu vas imaginer? J'aide Bella, point barre.

-Et j'espère que tu l'aides juste avec tes mains, et rien d'autre.

Je soufflai un bon coup, évitant de lui répondre qu'on peut faire beaucoup de choses avec des mains. Bella nous appela tout deux depuis la chambre. Je lui montrai l'antre de sa sœur et, après un dernier regard menaçant, alla à la rencontre de cette dernière. La soirée allait être longue, surtout que j'étais plus frustré que jamais.

-Bon Dieu, qu'est-ce qui c'est passé ici? S'étonna Emmett, fixant les dizaines de paires de chaussettes de Bella éparpillées sur le sol.

-Euh... Je... Il a commencé! M'accusa-t-elle, évitant mon regard.

Emmett se tourna vers moi, me questionnant du regard.

-Je lui ai donné mon point de vue sur Roméo et Juliette, car je rangeais les livres, et elle m'a lancé des chaussettes, me prouvant son désaccord. Ce n'est pas un drame.

-Moi aussi j'ai eu le droit à ce truc-là, mais j'ai eu des coussins en pleine tête.

-Tu l'as cherché!

-J'ai juste dit que Forest Gump était pour les mauviettes et ça m'a valut une pluie de coussins. Bella a tendance à être violente.

Heureusement que ça ne s'est pas passé dans la cuisine, sinon j'aurais reçu des couteaux! Je souris en la regardant. Qui aurait cru qu'il y avait une tigresse caché au fond d'elle? Je cherchais son regard, essayant d'y lire quelque chose sur ce qui s'est passé tout à l'heure mais tout ce que je pus voir c'est ses rougeurs aux joues, pour ma plus grande joie. Après avoir tapé des mains, Emmett nous motiva pour encore quelques cartons que je pourrais transporter jusqu'à mon appartement quand je rentrerais chez moi. En d'autre terme, ne compte pas dormir ici ce soir. Je levais les yeux au ciel et me mis au travail.

Quand minuit sonna et que mon dos cria grâce, j'empilais le dernier carton prés de la porte d'entrée. Emmett s'écria qu'il avait besoin d'une bière et moi de mon lit, au risque de m'effondrer au sol. Le cher frère de Bella me conseilla de rentrer chez moi pour ne pas risquer que je m'endorme sur la route. Sympa le frangin! Bella le réprimanda mais je la coupais en lui disant qu'il avait raison, pour une fois, et que, de toute façon, il se faisait tard. Emmett me proposa de descendre un ou deux cartons avec moi, pour débarrasser le plus gros, et j'acceptais en sachant ce que je risquais. J'empilais deux gros cartons dans les bras d'Emmett et il m'attendait sur le seuil de l'appartement de Bella. J'enfilais rapidement mon manteau et pris un lourd carton. Joueuse, Bella m'en mit un deuxième, et je manquais presque de tomber.

-Je n'ai pas autant de muscles que ton frère! Me plaignis-je.

-Ça c'est sûr! Grogna Emmett en réponse.

Bella le fusilla du regard avant de déposer un baiser sur ma joue, souriante.

-Merci pour tout, murmura-t-elle.

Ça me rappelait quelque chose... Je lui souris et suivis son frère dans la cage d'escalier, manquant de tomber plus d'une fois. Après avoir chargé la voiture, Emmett me mit en garde de ne pas jouer avec sa sœur et bla bla bla. Il me donnait mal à la tête à force de répéter la même chose. Je lui promis de la rendre heureuse et je fonçais jusqu'à chez moi, avec le peu de neurones qu'il me restait. Ce presque baiser me trottait dans la tête, beaucoup plus que je le voudrais à vrai dire, mais tellement grisant que je ne m'en lasserais sûrement jamais. Ma chance était passée, je l'avais manquée. Fin de l'histoire. Je me garais devant mon immeuble et entrepris de monter les cartons. Je bloquais ma porte d'entrée et mon ascenseur avant de monter le tout et de le déposer dans la chambre d'ami, qui sera celle de Bella demain soir. Rien qu'à cette idée, mon coeur tambourinait douloureusement. Je pris une douche, enlevai la sueur que j'avais accumulé depuis ce matin et me glissais avec un plaisir non dissimulé dans les draps de mon lit. Merci Seigneur. Alors que je crus que Morphée m'emmènerait rapidement dans les songes, je me surpris à me retourner encore et encore dans mon lit. Je me levais en grognant et allais boire un verre de lait, espérant qu'il m'aide à m'endormir. En passant devant la chambre d'ami, je repensais au fameux livre, Roméo et Juliette, et je fus pris de curiosité. Qu'est-ce que j'avais à perdre? Rien. Je cherchais le carton le plus lourd et l'ouvris, cherchant ce bouquin. Après tout, je ne l'avais pas lu depuis le lycée. Mon sésame trouvé, je me glissais une fois de plus dans mes draps et ouvris le livre.

PROLOGUE

LE CHOEUR

Deux familles, égales en noblesse,

Dans la belle Vérone, où nous plaçons notre scène,

Sont entraînées par d'anciennes rancunes à des rixes nouvelles

Où le sang des citoyens souille les mains des citoyens.

Des entrailles prédestinées de ces deux ennemis

A pris naissance, sous des étoiles contraires, un couple amoureux

Dont la ruine néfaste et lamentablement

Doit ensevelir dans leur tombe l'animosité de leurs parents.

Les terribles péripéties de leur fatal amour

Et les effets de la rage obstinée de ces familles,

Que peut seule apaiser la mort de leurs enfants,

Vont en deux heures être exposés sur notre scène.
Si vous daignez nous écouter patiemment,

Notre zèle s'efforcera de corriger notre insuffisance.

La nuit va être longue...

POV Alice

Folle. Voilà comment me voyait ma meilleure amie.

L'étais-je? C'était une question intéressante.

Est-ce que je croyais l'être? Pas vraiment.

Assise dans cette salle d'attente aussi charmante que l'était celle des Pompes Funèbres, je me mis à désespérer. J'en avais encore le droit, non? Après ce fameux coup de fil, hier en fin d'après-midi, j'avais senti mon monde s'écrouler autour de moi, comme une violente tempête qui se serait abattue. Jasper, le frère de l'autre cruche blonde, m'avait appelé prétextant qu'il voulait me voir dans un cadre professionnel. En somme, ceux que je considérais comme ma famille m'avait envoyé chez un psy pour me faire soigner. Quoi de plus normal? Moi qui avais espérer qu'après mûres réflexions ils seraient de mon côté, et bien je me mettais le doigt dans l'œil! La blondasse avait de nouveau gagné, et ça m'énervait! Pourtant, ma plainte était légitime, non? Elle prenait tout ce que j'avais de plus cher autour de moi, en un claquement de doigts, je n'avais plus rien! Où était le Emmett farceur qui adorait m'énerver sur ma petite taille? Le Charlie bourru mais toujours là pour me soutenir, alors que mes parents étaient à l'autre bout de la planète? Et Bella... Ma Bella qui était de son côté alors que j'avais toujours été là pour elle, parce qu'elle était la sœur que je n'avais jamais eu, parce que je l'aime comme telle et qu'elle était ma meilleure amie aussi. On s'était tout dit à deux, la première fois qu'on avait eu nos règles, notre premier baiser, notre première fois... Tout. Maintenant, je l'avais perdu pour de bon, et qu'est-ce qui pourra y remédier?

-Mademoiselle Brandon? M'appela une voix féminine. Le Docteur Withlock est prêt à vous recevoir.

-Merci, soufflai-je presque exaspérée.

Elle me sourit gentiment avant de se remettre à taper je ne sais quoi sur son ordinateur. Je me levais, plissais ma jupe noire, quelle ironie, et marchais vers le bureau du célèbre Docteur Withlock. Pathétique. Je toquai à la porte, peut-être plus fort que je ne l'aurais dû car quelques membres du personnel hospitalier se retournèrent vers moi. Quand un « Entrez » se fit entendre, j'ouvris la porte pour la refermer aussitôt. Je scannais la pièce du regard, remarquant qu'elle était là pour apaiser le patient, en l'occurrence moi, et qu'elle était moderne et très sophistiquée. Un bureau d'angle au milieu en bois foncé, une grande armoire où il devait entreposer des médicaments, ses diplômes de psychologue accrochés derrière lui, des étagères avec des centaines de livres sur le sujet, un grand sofas couleur crème contre un mur, un fauteuil de la même couleur et les murs couleur marron chocolat, qui me faisaient penser aux yeux de Bella. Ne pas penser à Bella, ne pas penser à Bella.

-Mademoiselle Brandon, me dit le frère de l'autre idiote. Asseyez-vous, je vous prie.

-Bonjour, marmonnai-je.

S'il espérait que je sois sympa avec lui, c'était raté mon coco! Je m'asseyais lourdement sur l'une des deux chaises en face de son bureau et posais mon sac sur mes genoux. Autant être à l'aise car je crois que ça risque d'être long. Le psychologue, bien que gigolo ou gros con lui irait mieux, remplissait des papiers sur son magnifique bureau, s'occupant absolument pas de moi. Chose qui ne me surprit guère. Au bout de quelques minutes, il referma son dossier, qui paraissait beaucoup plus épais qu'un magazine de mode, et le rangea derrière lui, dans des armoires triées. Jasper revint vers moi, avec un dossier vierge, et écrivit ce qui semblait être mon nom. Rien que ça! Je crispais mes poings en pensant que je serais une patiente de ce crétin blond. Rien que ça! Je crispais mes poings en pensant que je serais une patiente de ce crétin blond.

-Je crois que nous savons tous les deux pourquoi vous êtes là, n'est-ce pas? Me demanda-t-il.

-Oui, parce que votre sœur veut prendre ma place.

Il ne s'arrêta pas d'écrire mais je pus voir sa mâchoire se contracter de rage. Tats mieux, comme ça il m'enverra balader plus tôt que prévu.

-Et qu'est-ce qui vous fait dire ça? Que Rosalie veut prendre votre place?

Je soupirais et lui expliquais tout ce qui s'est passé, dans les moindres détails. Tout ça allait être plus long que prévu...

Je sens, une fois de plus, la frustration d'ici, n'est-ce pas?

Mais pas d'inquiétude, la prochaine c'est la bonne, il faut voir quand ça arrivera.

Emmett est arrivé au mauvais moment, mais après ce qui c'est passé avec Rosalie...

Je me doute que ce passage là doit vous paraître trouble mais il y aura des réponses en temps venu.

Je sais que je devais mettre un POV Bella, mais en écrivant ce chapitre, je me suis dit qu'autant mettre un long point de vu de cette dernière dans le prochain chapitre qu'un petit bout, comme Alice.

J'espère que tout ceci vous à éclairer.

Merci de votre passage et donnez-moi votre avis,
Clairouille59.

-La musique est sur mon profile, comme toujours.

-Et pour ceux qu'ils n'ont pas le livre Roméo et Juliette chez eux, j'ai mis un lien qui mène directement au lien pour le lire. Si ça intéresse quelqu'un...