Bonjour tout le monde!
J'ai eu de la chance, je n'ai pas eu de menace de mort sur le précédent chapitre, mais en tout cas, on peur dire que le « presque baiser » entre Bella et Edward vous a mit les nerfs!
Qui veux tuer Emmett?
Ce chapitre énonce le fameux emménagement de Bella chez Edward.
Alice en fera partie?
Rosalie se déplacera tout de même, malgré qu'elle soit en « froid » avec Emmett?
Merci infiniment à : Mayawa, Aliiice, Grazie, Phika17×2, ( ), Estelle, mamoure21, Krine69, Louna21, frimousse30, Anais88, DavidaCullen, Em 81, Sloubi, mimi la souris, Elo, pour vos reviews.
Merci beaucoup à : casupper, Tite-alice, ptitesfrimousses, Cendrillon49, CelineR91, licorneblanche, lula-plume, max2112, ptitekmye, mimi la souris, AnaïsB, Nymphea51, tonie et crepuscule2512, pour m'avoir mise en alert, en favorite story ou author alert.
Réponses aux personnes sans compte ou qui n'accepte pas les MP:
-Mayawa: Merci beaucoup pour tes compliments, et pour le presque baiser, ce n'est que partie remise! ;)
-( ): Frustration? Où es-tu? Lol. Ne t'inquiète pas, Rosalie ne va pas laisser ce pauvre Emmett comme ça, explication il y aura. Alice et Jasper avanceront sûrement grâce aux thérapie. Et Edward te fait craquer? C'est le cas de millions de femme sur Terre quoi! À bientôt.
-Estelle: Merci beaucoup d'apprécier ce que je fais, mais je te rassure, tu n'es pas la seule à vouloir tuer Emmett! À bientôt!
-larsand: Et bien, c'est maintenant qu'ils vivent ensemble, ou en tout cas à la fin de ce chapitre. Bisous!
-Sloubi: J'ai vraiment cru jusqu'au bout que j'allais laisser la passion les emporter, mais je suis trop sadique pour les faire craquer que maintenant. Et pour le grand frère, ça sent du vécu ça! ;)
-Elo: Une lectrice qui me suis depuis mes débuts? Merci beaucoup, j'en suis flattée, très très flattée même. Pour le petit détail, je n'ai pas fait attention, mais je crois que je regarde trop de film où ils prennent le pouls ainsi donc automatiquement je les mis dans ma fiction. En tout cas, un très grand merci pour ton suivit et tes compliments. A bientôt!
J'espère que tout le monde a reçu ses réponses par MP, car comme vous avez pu sûrement le constater, FF a un petit problème donc j'ai dû trouver un autre moyen de vous réponse. Faite-le moi savoir si vous n'avez rien eu dans votre boite e-mail.
Un grand merci à ma bêta Phika17! (L)
Et Bonne Fête à toutes les Mamans, un peu en retard!
Disclamer: Tout les personnages appartiennent à SM.
Bonne lecture,
Clairouille59.
Chapitre 20 : Un emménagement sous questions
Samedi 14 novembre 2010
POV Bella
Bip! Bip! Bip! Bip!
Maudit réveil! Je me levais ce matin, vers 8 heures, avec un mal de dos foudroyant, et, comme par hasard, c'était le jour où je devais emménager chez Edward. C'est bien ma veine tiens! Je roulais sur moi-même... et me retrouvais par terre, poussant un cri. Quelques centimètres de plus, et je me prenais la table de chevet dans la tête. Ce n'était pas le moment de me faire mal aujourd'hui, et même les autres jours d'ailleurs. En grognant, je prenais appui sur mon matelas et me mis debout, massant mon dos toujours, ou plus, douloureux. Fichu lit! Je me frottais les yeux quand mon regard dériva vers mes vêtements que j'avais préparé la veille. Une tenue simple, pour ne pas être encombrée, bien que ma fatigue me reprendrait assez vite et que ma maladie ne me laisserait aucun répit. Je me sentis rougir, lorsque mes souvenirs remontèrent vers hier soir, quand Edward est venu m'aider à faire mes cartons, après être venu me chercher. Lorsqu'il avait critiqué Roméo et Juliette, ma bataille de chaussettes, la torture de chatouilles qu'il m'avait faite et... son regard noir, rempli de désir. Notre, ce qui aurait pu être, presque baiser. Je rougis de nouveau, furieusement, jusqu'à la racine de mes cheveux et sentant encore la chaleur de son corps contre le mien et sa lèvre supérieure contre la mienne. Jusqu'à ce que « Monsieur je fous tout en l'air » arrive, alias Emmett. Crétin! Que se serait-il passé s'il n'était pas venu? Edward m'aurait embrassé avant de me dire qu'il était désolé? Sûrement. Je soupirais, me disant que ce n'était qu'une erreur de parcours. Point. Oh mon Dieu, j'allais devenir folle à cette allure-là!
Décidant que si je ne bougeais pas bientôt, on allait devoir m'enfermer dans un asile psychiatrique, je pris la direction de ma cuisine, le pas lent. Je venais juste de me réveiller! Je pris un verre de jus d'orange avec un biscuit sec, je n'avais jamais très faim le matin, avant de prendre mes médicaments. Je gémis en sentant le rituel matinal dont je me serais bien passé. Je reposais mes boites de médicaments sur mon micro-onde et je fronçais les sourcils en voyant une feuille avec des dates. Qu'est-ce que...? Quand je parcourus la fiche, je me sentis blanchir prématurément. J'avais oublié qu'aujourd'hui, j'avais mes premiers rendez-vous de Radiothérapie... Je me retins contre mon ridicule plan de travail et essayais de reprendre mon souffle, douloureusement. Comment avais-je pu oublier une chose pareille? J'en ai une petite idée, moi, s'amusa à répondre ma conscience, son prénom commence par un E, il a des cheveux où tu as envie d'y passer ta main, des yeux à damner un Saint et, bon Dieu, un corps à... STOP! Stop. J'avais compris que je m'étais laissée distraire par Edward, mais est-ce pas mieux, finalement? J'avais passé de merveilleux moments, j'avais souri, ri et j'allais refaire du piano. Avec un putain de professeur! La ferme! Je me sentais... bien. Avec Jacob, je n'avais jamais ressenti cela, même si je l'avais aimé, sûrement, mais avec Edward tout me paraissait si simple, comme de respirer. Je n'avais pas besoin de m'habiller un peu mieux pour lui plaire, ni préparer à manger, même s'il se moquait pour que je lui fasse le repas quand il rentrerait de son travail, de me maquiller ou me mordre la langue pour m'empêcher de dire des choses qui ne lui plairaient pas. Je pouvais être moi. Même si je n'étais pas en couple avec Edward, chose qui ne risquerait jamais d'arriver, c'était un ami formidable.
Même si tu veux plus.
Même si je veux plus.
Je reprenais un peu de contenance après cet oublie. Je me demandais comment j'allais y aller, et s'ils remarqueraient ma disparition pendant quelques heures. Bien sûr que oui, crétine! Je ne risque pas de partir sans qu'ils le remarquent. J'étais fichue. On peut dire ça comme ça. Je lavais mon verre et le posais sur le comptoir, afin de le mettre dans le carton à vaisselle. 8H10, on avait convenu qu'ils ne devaient pas arriver avant 50 minutes, mais connaissant mon frère et mon père... Je dirais que je n'avais plus d'une demi-heure avant que cet appartement soit vidé de toute présence. La liberté. Quoique, vivre avec Edward me rendait mal à l'aise. Qu'est-ce que ça faisait quand on vivait avec l'homme qu'on aimait, alors qu'il vous considérait comme une nouvelle colocataire? Aucune idée, mais ça ne doit pas être le top du top. Mais c'était mieux que rien, et, même si je ne voulais pas me l'avouer, j'étais plus excitée que jamais à l'idée de vivre sous le même toit que lui. J'étais folle. Sûrement!
Un quart d'heure plus tard, douche prise et vêtements propres sur le dos, je commençais à faire des cartons pour le salon/cuisine, ce qui serait le plus dur à faire. Emmett avait loué un garde meuble, afin que j'entrepose mes meubles jusqu'à ce que je trouve un autre logement. J'avais regardé mon père, qui avait détourné les yeux. Tout le monde avait peur que l'appartement d'Edward soit ma dernière demeure. Et si c'était vrai ? Ne pense pas à ça, Swan, et scotche-moi ce carton! J'étais définitivement pas du matin. Après quelques verres d'emballés et une assiette cassée, mon interphone sonna. Je regardais l'horloge, amusée. Il était 8h35. Pas la peine de demander qui c'était, ce serait ridicule. Je me demandais si Edward serait avec eux... La ferme! Tu me fatigues! Il ne sera pas là, il a dit à mon frère qu'il viendrait à 9heures. Pourquoi viendrait-il plus tôt? Parce qu'il voulait te voir? N'importe quoi! Pourquoi, il a voulu t'embrasser hier soir, non? Il... Il était juste en manque! En manque? C'est l'excuse la plus pathétique que tu as eu jusque là. Je sais...
-Combien de fois vais-je te dire qu'il faut demander qui sonne à ta porte? Gronda d'entrée mon père.
Je levai les yeux, exaspérée.
-Et combien de fois vais-je te dire que ce n'est pas la peine de venir avec une demi-heure d'avance? Rétorquai-je, amusée.
Il grogna en me lançant un regard noir. Il n'aimait pas quand je le taquinais avec ça.
-Mais bonjour quand même! Me réjouis-je.
-Depuis quand ma sœur est de bonne humeur le matin? S'étonna mon frère, qui venait d'entrer
-Depuis qu'elle ne te voit plus chaque matin? S'aventura une voix qui me donna des frissons.
Edward. Tu as vu, il est venu plus tôt! Mon Dieu, je devenais folle... Mais, pourtant, Edward était toujours à côté de mon frère, qui bougonnait après la répartie d'Edward. Ses yeux verts se tournèrent vers moi, transperçant ce qui me restait de neurones au passage. Habillé d'un jean et d'un manteau noir, j'aurais vendu mon âme pour qu'on soit seul tous les deux et qu'on finisse ce qui aurait dû arriver hier soir. Ça y est, ma libido est de retour. Un raclement de gorge me coupa dans ma contemplation d'Edward, et je me sentis rougir, surtout en pensant à ce qui s'est passé hier soir... dans mon lit.
-Dites si on vous dérange? Grogna Emmett.
-On se regarde, je ne vois pas ce qui a de mal, frère-ours, rétorqua Edward.
-Très drôle, gueule d'ange. Mais oublie pas ce que je t'ai dit hier!
Edward haussa les épaules avec un sourire au coin, énigmatique. Qu'est-ce qu'ils se sont dits hier soir? Et c'est quoi de ce surnom de frère-ours?
-Qu'est-ce que tu m'as dit hier? Se moqua de plus belle Edward. Enfin, si ça ne te dérange pas, on a des choses à faire aujourd'hui, alors même si Rosalie t'a fait je ne sais quoi, trouve-toi quelqu'un d'autre à emmerder, c'est clair?
J'écarquillais les yeux sous le spectacle qui se jouait devant moi. Emmett et Edward qui se menaçaient du regard... alors que Charlie et moi étions complètement perdus. Mais de quoi est-ce qu'ils parlaient nom de Dieu? Et pourquoi Edward était aussi énervé?
-Bonjour la compagnie! Nous salua Jasper. J'espère que... Wow!
Il tomba nez à nez avec les deux gladiateurs qui ne ce lâchaient pas du regard. Jasper était arrivé en plein champ de bataille, dommage pour lui.
-Bon, intervint mon père, si vous voulez faire vos preuves de virilité c'est dehors, sinon arrêtez-moi immédiatement ce genre de chose! Non mais, vous avez quel âge?
-Techniquement, dit Jasper, les hommes ont toujours été mentalement inférieurs aux femmes, donc je dirais que...
Il se tut quand il reçut un regard noir venant de son meilleur ami, mais ce n'était pas mieux du côté de mon frère. Les hommes, vraiment!
-Si vous avez fini, il y a des cartons et des meubles qui vous attendent! Dis-je, innocente.
Ça sembla les réveiller car les deux crétins marmonnèrent dans leur barbare alors que je me retins de rire.
-Mais qu'est-ce que tu fiches là, au faite? Demanda Edward à Jasper.
C'est vrai ça, il nous avait pas dit qu'il travaillait aujourd'hui?
-J'ai pris une journée de congé, après la semaine que j'ai eu... Souffla l'intéressé. Et puis, j'ai eu une patiente qui était aussi têtue qu'un âne et, sincèrement, j'ai bien cru que j'allais l'égorger au moindre mot qu'elle prononçait.
-Ah? S'étonna Emmett. On la connait?
-Secret professionnel les gars! Bon, commençons par la chambre de la charmante Demoiselle.
Il me fit un clin d'œil alors que je rougissais violemment. J'ai l'impression d'avoir 4 ans des fois... J'entendis un grognement venant d'un des autres hommes de la maison, et, étrangement, il ne m'était pas familier. Je secouai la tête, me trouvant encore plus folle que d'habitude, et me remis dans mes cartons de vaisselle. J'espérais que rien n'allait casser, mais avec ma maladresse qui s'était accrue à cause de ma tumeur, je n'en étais pas sûre. Alors je me mis à empiler assiettes, verres, plats, fourchettes, cuillères, couteaux, poêles, casseroles... Si bien que lorsque j'eus vidé une bonne partie de mes armoires, mes mains tremblaient à cause de l'effort. Saleté de maladie! Je ne pouvais même pas faire correctement mon propre déménagement, c'était lamentable. J'étais lamentable.
-Ça va, Bell's? S'inquiéta mon frère.
Je me tournais vers Emmett, afin de lui faire un sourire rassurant. Moi même je n'y croyais pas.
-Je vais bien, pourquoi?
Il roula des yeux, n'étant pas dupe dans ma démarche pour le ménager.
-Que tu as 6 ans, ou 23 ans, tu mens toujours aussi mal petite sœur. Est-ce que tu es fatiguée? Tu veux que je te remplace pendant que tu te reposes?
-Bella? Est-ce que ça va? Me demanda Edward, qui arriva à son tour dans la cuisine/salon.
-Elle est fatiguée mais elle ne le veut pas l'admettre, se renfrogna Emmett.
Je le fusillais du regard, alors qu'Edward s'approcha de moi, les yeux plissés.
-Bella, soupira-t-il, tu sais que tu n'arriveras à rien me dissimuler, ou du moins pour ce qui est de ta santé, alors ménage-toi et ne te force en rien. N'oublie pas que là où tu vas aujourd'hui va être plus éprouvant que tu ne le penses alors, surtout, ne te fatigue pas, sinon tu seras à ramasser à la petite cuillère ce soir.
-Quoi? Mais tu vas où aujourd'hui?
-À sa séance de Radiothérapie, gronda mon père, qui vint de je ne sais où. Comment peux-tu oublier cela? À croire que Bella est une étrangère pour toi.
Emmett baissa la tête, comme honteux.
-Mais je vais bien! M'exclamai-je, n'aimant pas ce cercle qui s'était formé autour de moi. C'est juste... Ça n'a pas d'importance.
-Tes mains tremblent, renchérit Edward, alors ne nous dit pas que tu vas bien.
-Mais...
-Assis! M'ordonna-t-il. Et pas bougé!
-Je ne suis pas un chien!
Sans que je ne le voie venir, Emmett me prit comme un sac de pommes de terre, sous mes cris et protestations, avant de poser mes fesses sur un tabouret de la cuisine, sans délicatesse. Je dus me rattraper de justesse, afin de ne pas me ramasser pitoyablement. Emmett était aussi doux qu'un éléphant! Je le fusillais du regard et croisais les bras sur ma poitrine, boudeuse.
-Tu restes là et tu nous laisses faire, me dit-il.
-Hors de question! Et arrête de me parler comme ça! M'écriai-je.
-Tu n'as rien à dire, je suis ton frère et tu...
-ET JE QUOI?
Nous nous affrontâmes du regard avant que mon père ne calme le jeu. Espèce de crétin!
-Emmett, je ne crois pas que tu sois le mieux placé pour dire ce que doit faire Bella, dit-il calmement.
-Ah! Rétorquai-je, victorieuse, commençant à me lever.
-Mais, releva mon père, posant une main sur mon épaule, afin que je m'assois, nous devrions demander l'avis d'un professionnel. Edward?
QUOI? Mais tout le monde était contre moi ou je rêve? Ce dernier fit la navette entre mon père, mon frère et moi, la mine soucieuse et légèrement mal à l'aise. Il s'approcha de moi et me pris la main, la laissant tombée afin que tout le monde remarque que je tremblais plus que de raison. Je relâchais ma prise et baissais les yeux, énervée.
-N'en fais pas trop, Bella, soupira-t-il.
-Ah! Se réjouit mon frère, comme un gros débile.
Il m'énerve!
-Tu peux nous aider en restant assisse, tu sais, continua Edward. Tu peux mettre la vaisselle dans le carton sans bouger du tabouret.
-Ah oui? Cinglai-je. Et comment je fais pour les prendre? Avec mes bras de 3 mètres?
-Je te les donnerais, intervint Jasper, un sourire discret aux lèvres. De toute façon, je n'ai pas autant la forme que ces 3 là donc, je me ferais un plaisir de t'aider à emballer la vaisselle.
-C'est réglé, capitula Charlie. Et que je ne te vois pas debout, sinon je demande à Edward de t'injecter un calmant.
J'écarquillai les yeux, alerte, en regardant Edward. Il n'oserait pas...? Il leva un sourcil et repartit vers ma chambre, avec Emmett afin de démonter mon lit. Mon Dieu, je suis entourée de fous alliés! Je le suppliai du regard, pensant qu'il n'était pas aussi fou que les 3 autres et, surtout après ce qu'on avait vécu ensemble ainsi que ce qui aurait pu se passer hier, il aurait fait un geste pour moi mais rien. À croire qu'il avait oublié... Je soupirai et abdiquai, n'ayant pas vraiment le choix si mon meilleur allié n'était plus avec moi. Emmett, fier comme un paon, sourit et repartit dans ma chambre, accompagné de Charlie et d'Edward, qui grimaça quand il rencontra mon regard meurtrier. Et il voulait faire ami-ami aprés ça? Dans ses rêves! Je lui tournais le dos, comme une gamine de 4 ans et commençais à empaqueter la vaisselle que me donnait Jasper.
O*O*O*O
Quand l'estomac d'Emmett gronda, faisant un bruit surhumain, tout le monde décida de faire une pause afin de déjeuner. Mon père nous offrit des sandwichs, et nous nous posâmes dans le canapé, ou carton pour Jasper et Edward, en les dévorant. Enfin, c'était plutôt le cas des 3 hommes à mes côtés, parce que, pour ma part, au bout de quelques bouchées, mon estomac cria grâce. Charlie gronda Emmett quand il se proposa de le finir à ma place, chose très étonnante, prétextant que je n'avais pas fini. Je me forçais, mais, quelques minutes plus tard, je me retrouvais la tête au-dessus des toilettes, avec mon frère qui engueulait mon père et Edward qui retenait mes cheveux. Encore une fois.
-Ça ne sert à rien de la pouponner! S'exclama Emmett. Tu as vu comment elle est maintenant?
-Jusqu'aux dernières nouvelles, tu es mon fils, s'écria Charlie, et non mon père alors, Emmett, tais-toi!
Quand je m'eus vidé l'estomac, mon Médecin attitré me donna de l'eau, ainsi que mes médicaments que je devais prendre, toutes les 6 heures. Il me demanda si j'allais mieux et quand je hochais la tête, pour une réponse positive, me demanda juste de rester assise sur le canapé, le temps que mes vertiges et mon mal de crâne passent.
-Je compte sur toi, me dit-il, ne bouge surtout pas et, si tu te sens fatiguée, va t'allonger dans mon lit, le temps qu'on monte le tien.
-D'accord...
Il me fit un sourire compréhensif et partit vers la porte d'entrée, me laissant seule avec Jasper, qui devait commencer à monter mon armoire. J'avais l'impression de retourner des années en arrière, alors que je n'étais qu'une enfant, seule avec moi-même. Ma mère et mon beau-père qui ne s'occupaient pas de moi, Emmett qui était dépassé par les évènements et Charlie qui souffrait de notre perte, ainsi que celle de Renée. J'étais complètement perdue à cette époque, est-ce que je l'étais encore aujourd'hui? Des fois, lorsque j'étais avec mon frère, Alice, Angela ou d'autres personnes, j'avais toujours l'impression d'être à part, ailleurs, sur une autre planète. Je me sentais différente tout en étant moi-même, que personne ne me comprenait. Il a fallu qu'Edward débarque dans ma vie pour que tout s'illumine et que, enfin, j'ai cette impression d'être moi. Simplement moi.
Sans extravagance.
Sans superflue.
Sans artifice.
Sans faux sourire.
Juste moi, et j'étais bien. Trop bien, même. J'avais peur que tout ceci s'arrête du jour au lendemain, que tout me soit enlevé. Que je meure aussi. Car toute personne sensée a peur de la mort, et j'étais comprise dedans, surtout depuis que j'ai compris que si je partais vers un autre monde, je manquerais à des gens. Ma famille. Mes amis. Et peut-être Edward. Ça faisait mal de se dire que des personnes pleureraient pour vous, que vous leurs ferez du mal si vous ne survivez pas. Mourir était un acte égoïste, même si ce n'était pas notre faute. Serais-je égoïste si je mourais? Je ne savais pas, car je n'avais pas demandé à avoir une tumeur au cerveau, mais, dans un sens, si je ne l'avais pas eue, je n'aurais jamais rencontré Edward. Et ça m'était inconcevable. Car, même si les sentiments que j'éprouvais pour lui n'étaient pas réciproques, pour x raison, il me faisait du bien. Il ne me faisait pas penser à ma maladie constamment, il était lui-même et je vivais.
Je sursautais quand la sonnette de l'appartement d'Edward retentit, enfin mon appartement désormais. Il fallait que je m'habitue à me dire que c'était chez moi à présent. Ça allait être difficile.
-J'y vais, Jasper! Criai-je en me dirigeant vers la porte d'entrée, du magnifique appartement.
On pouvait dire que j'avais de la chance d'habiter un si bel immeuble, dans un appartement lumineux, spacieux, doté de ma chambre personnelle, une cuisine que je n'aurais jamais imaginé dans mes rêves, d'un piano et, aussi, d'un colocataire à tomber. Depuis quand tu penses qu'Edward est un colocataire à tomber? Je soupirai, exaspérée par moi-même, et ouvris la porte. Je clignais plusieurs fois des yeux pour voir si ce n'était pas l'effet de mon imagination.
-Rosalie? M'enquis-je. Mais qu'est-ce que tu fais là?
-Salut, Bella, me répondit-elle d'une voix lourde. Je t'avais dit que j'allais venir t'aider pour ton déménagement, excuse-moi pour le retard.
-Oh, ne t'en fait pas, c'est gentil à toi de venir, surtout après... Enfin, ça n'a pas d'importance.
-Il m'en veut, n'est-ce pas?
Fais comme si tu ignorais de quoi tu parles, Bella. Mens bien pour une fois!
-Qui ça?
-Emmett m'a dit que tu mentais mal, mais là, ça dépasse l'imagination. Si tu veux que je te croie, il va falloir que tu arrêtes de rougir, sourit-elle.
Quoi? Je palpai mes joues et sentis la chaleur de ma trahison sous mon épiderme. J'étais vraiment lamentable. Je n'arrivais même pas à mentir.
-Rose? Est-ce que ça va? S'inquiéta son frère, qui était revenu de ma future chambre.
-Oui, ça va. J'ai juste mal dormi cette nuit.
Je fronçai les sourcils et la détaillai un instant. Ses vêtements étaient froncés, ses cheveux coiffés en une queue bancale alors qu'ils étaient toujours impeccables, le teint pâle, des cernes sous les yeux et une lueur dans ses prunelles qui me disait qu'elle était aussi bien qu'Emmett.
-C'est à cause de ce con d'Emmett? Rangea Jasper.
Je me retournais vers lui, surprise. Je ne savais même pas pourquoi ils ne se parlaient plus. Un jour, ils s'aimaient à la folie, et, ensuite, ils allaient chacun dans leur coin, ne se parlant plus. Comprendre les humaines était impossible.
-C'est moi, murmura Rosalie, je... J'ai paniqué... et... et je l'ai envoyé balader alors qu'il voulait m'aider.
-Et je dois te croire?
-Emmett ne ferait pas de mal à Rosalie! Défendis-je mon frère. C'est un ours sans manière mais il l'aime Rosalie, comme il n'a jamais personne.
Jasper me regarda avec des yeux ronds. Il ne s'était sûrement pas attendu à ce que je défende mon frère avec tant de conviction après le coup qu'il m'a fait tout à l'heure. Ma vengeance sera terrible, et pas seulement pour tout à l'heure... Et puis, il n'était pas mieux placé non plus.
-Je n'ai jamais prétendu qu'il ne l'aimait pas, renchérit Jasper, mais il a été trop loin, il faut qu'il le comprenne!
-Ce n'est pas à nous d'en décider.
Je fis un sourire rassurant à Rosalie, qui me le rendit avec toutes les peines du monde, je dois bien avouer. Depuis que je l'avais rencontrée, j'avais vu toute la souffrance qu'elle avait subie dans ses prunelles azur. On ne pouvait pas manquer une pareille souffrance au fond des yeux. Était-ce pour ça qu'Emmett et elle s'étaient disputés? Sûrement, je ne voyais pas sur quoi d'autre, et puis Jasper était catégorique: Emmett avait été trop loin. Connaissant mon frère, il a voulu savoir ce qui chagrinait sa bien-aimée et lui avait posé des questions... avant qu'il ne se fasse jeter par elle. Rosalie était une femme adorable, elle n'aurait pas rejeté Emmett sans raison apparente.
-Est-ce qu'il y a des cartons à déballer? Demanda Rosalie, coupant court à mes réflexions intérieures. Ou quelque chose à faire?
-Oh, oui bien sûr! Si tu es venue pour travailler, alors tu vas être servie, répondis-je. Tout le monde a à faire ici.
-Techniquement, tout le monde sauf toi, s'obligea à rajouter Jasper.
Je lui lançais un regard noir pour avoir vendu la mèche. Idiot de psy à la noix! Sa sœur nous regarda à tour de rôle, un sourcil levé.
-Pourquoi Bella ne peut pas participer à son propre déménagement? S'enquit-elle, au bout d'un certain moment.
-J'ai...
-Edward l'a obligée! Déballa Jasper avant moi.
Je fermais la bouche, comme un poisson hors de l'eau. Mais quelle balance! Tout le monde était aux petits soins avec moi, mais je voulais avoir une vie normale et non qu'on me pouponne comme un nourrisson. Pourtant, tu n'as pas relevé quand c'était Edward... Stupide conscience qui se rappelle de tout.
-Mais alors, qu'est-ce que tu fais debout? S'affola Rosalie. Il faut que tu ailles t'asseoir avant qu'Edward ne revienne!
Elle posa ses mains sur mes épaules et me poussa jusqu'au fauteuil, où mes fesses atterrirent lourdement sur les coussins. Bien qu'il était mieux rembourré que mon ancien fauteuil. C'était mes fesses qui parlaient là.
-Toi aussi? Boudai-je. Mais je ne vais pas rester là sans rien faire!
-Si tu bouges, je te scotche au canapé, me gronda Rosalie.
Je lançais un regard paniqué à son frère, mais ce crétin de service abordait un sourire triomphant. Laminée à mon propre jeu. Je hochais la tête, bien malgré moi, et m'enfonçais dans le moelleux fauteuil, soumise. Rosalie me menaça une dernière fois et, quand elle fut apparemment satisfaite du résultat, s'en alla dans ma future chambre pour aider son frère, avec la porte ouverte afin d'entendre le moindre bruit suspect de ma part. Comme si j'allais me mettre à danser la salsa dans le salon! Je ne pourrais même pas de toute façon... Je soufflai de frustration, étant condamnée à rester assise dans ce maudit fauteuil alors que tout le monde s'affairait à monter mes meubles et à ranger mes affaires personnelles. Vive l'intimité dans tout ça. J'espère que Rosalie allait s'occuper de mes vêtements, ou qu'ils me laisseraient au moins faire ça.
Je poussais un cri quand je sentis une main se poser sur mon épaule, et je tombais les fesses par terre. Pour changer. Le rire tonitruant d'Emmett embauma la pièce alors que je lui lançais un regard noir. Qu'est-ce qu'ils avaient tous contre moi? Évidemment, c'était lui qui m'avait fait une peur pareille alors que j'étais perdue dans mes pensées. Quoi de plus étonnant?
-Bella? S'inquiéta Rosalie, qui revint en trombe de la chambre. Est-ce que ça va? Qu'est-ce que...?
Elle ne finit pas sa phrase car elle fut écrasée par une grosse masse blanche, dénommée Emmett, qui s'était rué vers elle en se fondant en excuse et se traitant de crétin, idiot, con et j'en passe des meilleurs. Jasper grogna avant d'aider Charlie à porter mon bureau, qu'Edward avait laissé, reprenant son souffle. Alors que les deux amoureux se dirent des mots doux à l'oreille et s'écartant du salon, je me remis sur pieds avec l'aide d'une main beaucoup trop familière. J'esquissais un sourire en empoignant cette main bienfaitrice.
-J'ai cru devenir fou avec ces deux-là, me dit Edward en levant les yeux au ciel.
-Ils ont encore fait des leurs?
-Si tu penses que le silence est quelque chose de condamnable alors oui. Je me suis jamais autant senti mal à l'aise de toute ma vie. Mais, maintenant, tu es devant moi, c'est le principal...
J'écarquillai des yeux à ses derniers mots et relevai brusquement la tête vers lui. Lui aussi n'avait pas fait attention à ce qu'il disait car des rougeurs apparurent sur ses joues et il fuit mon regard. Mon coeur battit à mille à l'heure, me donnant l'impression qu'il allait sortir de sa cage de chair, sous sa sincérité. Je lui manquais. Ne rêve pas trop, Swan, c'était juste pour dire que tu étais beaucoup plus agréable que ton vieux père et ton crétin de frère. À moins que j'avais mal entendu mais j'en doutais, surtout qu'Edward semblait mal à l'aise. Pourquoi? Je voulus lui poser ce simple pronom interrogatif, pour répondre à mes questions ainsi que de savoir si j'étais folle ou complètement perdue avec son comportement, mais mon père arriva à ce moment-là, prenant une bouteille d'eau, aprés avoir demandé à Edward. Ce dernier en profita pour s'éclipser, me laissant en proie au doute et à l'incompréhension.
-Il va peut-être nous fiche la paix maintenant, grogna Charlie.
-Qui? Murmurai-je.
-Emmett voyons! Si c'était pas mon fils, je crois que je lui aurais dit ses 4 vérités, mais je me suis mordu la langue plus d'une fois.
-Il est amoureux, souris-je en voyant mon frère nicher son visage dans le cou d'une Rosalie souriante.
-Ouais, bah, j'espère que ça ne t'arrivera pas tout de suite, hein? Parce que je ne suis pas sûr que mon pauvre coeur supportera les crises dans vos couples respectifs.
Je me figeais de suite. Amoureuse... Je l'étais, irrévocablement, mais il ne le savait pas et c'était mieux ainsi. Moins il s'attache, mieux c'est. Vraiment? Et puis, qui aimerait une fille comme moi? Atteinte d'une tumeur? Pas un homme sensé en tout cas. J'avais un peu de mal avec le comportement d'Edward en ce moment, surtout qu'il se montrait assez... proche de moi, même avec ses paroles, comme il venait de me le prouver. Je ne pouvais pas le laisser faire ça, pas après tout ça, pas aprés qu'il m'est vue sous toutes mes facettes aussi bonnes que mauvaises. Surtout mauvaises. Je n'avais que de la malchance dans ma vie, alors penser que enfin ma bonne étoile avait fait son boulot m'était impensable. Je devais laisser Edward vivre sa vie, sans être un boulet. J'allais vivre chez lui, certes, mais hors de question que je devienne un fardeau, pas pour lui, par pour un homme aussi quasi-parfait que lui. Je me le refusais. Il aurait son espace de vie, et j'aurais le mien, sans pour autant être désagréable avec lui, juste polie et sociale, rien de moins, rien de plus. Ça allait beaucoup me coûter, mais les choses devenaient plus étranges que prévu.
-Hum... Bella? M'appela mon père. Est-ce que tu veux que je t'accompagne pour... enfin, tout à l'heure?
Je le regardais, surprise premièrement, car j'aurais pensé qu'Emmett s'en serait chargé ou même... Edward. Je soupirais, frustrée de penser encore et toujours à lui, mais ma conscience me jouait de beaux tours en ce moment.
-Tu m'as déjà aidé pour le déménagement papa, répondis-je, je croyais plutôt que tu allais te reposer, tu n'es plus tout jeune...
Il grogna, une fois de plus, détestant là encore que je lui rappelle son âge avancé.
-Je ne suis pas si vieux que ça, et puis c'est mon rôle de père, je veux te soutenir Bella, et non te faire ressentir que tu es toute seule et que je m'en fiche de toi. Tu es ma fille, Bella, même dans les moments les plus durs.
J'étais émue par ses propos. Charlie n'était pas du genre à être un papa gâteau, mais il avait toujours été là pour nous, même encore aujourd'hui. C'était un père génial. Je déposais un baiser sur sa joue, le faisant rougir par la même occasion.
-J'en serais ravie, souris-je.
Il se racla la gorge et bredouilla une excuse pour aller voir Emmett. Enfin, c'est ce qu'il disait, parce que je n'en croyais pas un seul mot. Je savais de qui je tenais pour être aussi pitoyable quand j'essayais de mentir. Je profitais que tout le monde était occupé pour me servir un verre d'eau, tout en plongeant dans mes pensées. Je me mis à cogiter sur ce que j'allais subir tout à l'heure. Ma Radiothérapie. Comment ça va se passer? Qu'est-ce qu'on va me faire? Combien de temps ça va durer? Si je vais avoir mal ou non? La seule chose que je savais, c'est que, aprés ma séance, je serais fatiguée et malade. Géniale comme information. J'avais peur. Quoi de plus normal, n'est-ce pas? Qui n'avait pas peur de l'inconnu? C'était logique, un pur sentiment humain mais, au cours de ma vie, je n'avais jamais vraiment été confrontée à ce genre de chose, ou à quelque chose de similaire. J'avais peut-être de l'appréhension à aller au lycée, pensant que j'allais rater mon examen de math, mais pas grand chose en somme. Des bricoles. Mais ce que j'allais vivre dans quelques heures n'était pas pareil, c'était l'inconnu, le brouillard et c'était affreusement déprimant. Surtout que je ne serais pas seule à être dans la salle d'attente, à patienter pour avoir mon tour. Entrer dans une pièce blanche, impersonnelle, froide et vide.
-Bella? M'appela Rosalie.
-Hum?
-Tu peux aller dans ta chambre, si tu veux, afin de commencer à ranger tes affaires. Pas besoin que je te montre le chemin, n'est-ce pas?
-Non, pas besoin. Merci.
Je mis mon verre vide au lave-vaisselle, me délectant un instant du fait que la vaisselle ne serait plus d'actualité. Merci Seigneur! Edward m'en aurait voulu lorsqu'il aurait vu que ses assiettes et verres avaient diminué dans ses armoires. Je laissais mon père en compagnie de son fils et de sa belle-fille, qui me fit un sourire éblouissant, sûrement parce qu'elle avait retrouvé Emmett, avant de filer vers le couloir qui menait à ma chambre. Au fil de mes pas, peu assurés, j'entendis des voix venant de mon prochain lieu de vie. Je voulus me manifester en me raclant la gorge ou en toquant à la porte, mais, quand j'entendis le sujet de leur conversation, je me figeais.
-Emmett n'est pas si idiot que ça, Jazz, soupira Edward.
-Effectivement, il n'est pas idiot, mais c'est un gros con! Il a fait pleurer Rosalie, Ed! Ce n'est pas rien.
-Je le reconnais, mais je suis sûr que ce n'était pas intentionnel. Qu'est-ce qu'il lui a dit?
-Ils ont été à l'hôpital, mardi je crois enfin ça n'a pas d'importance, et Rosalie a vu Maria à l'accueil qui a, entre parenthèses, essayé de draguer Emmett.
-Tu ne vas pas me dire qu'il a flirté lui aussi? Tonna Edward.
Oh mon Dieu, sa voix était encore plus envoûtante quand il était en colère. Je secouais la tête, exaspérée par mes hormones en folie.
-Non, sinon il serait 6 pieds sous terre à l'heure actuelle. Quand elle a vu la scène, ça lui a fait rappeler Royce, qui lui ne se gênait pas pour répondre aux avances des autres femmes qu'ils rencontraient. Après que ce crétin s'est fait enlever son plâtre, Rosalie a voulu rentrer et il a cédé. Quand ils sont rentrés à l'appartement, Emmett a insisté pour savoir ce qu'elle avait et elle...
-Jasper, l'interrompit son ami, c'est du passé, elle peut aller de l'avant avec Emmett, c'est un chouette type, même s'il est vraiment exaspérant des fois.
-Du passé? Elle le vit encore tous les jours, Edward! Chaque putain de jour qui passe la fait revivre ce moment!
-Je sais, ne t'énerve pas. Crois-tu que ça ne me fait rien de la voir ainsi? C'est ma meilleure amie, une sœur pour moi mais elle est forte, elle peut s'en sortir. C'est une battante.
-Ce que ce connard de Royce a fait... J'aurais dû le tuer quand j'en avais l'occasion! Susurra haineusement Jasper.
Qu'est-ce qu'elle a bien pu subir Rosalie? Est-ce que j'allais le découvrir comme une voleuse, à son insu? Non... Déterminée, ne voulant pas savoir sans qu'elle le veuille elle-même, je toquais à la porte faisant sursauter les 2 hommes qui finissaient de monter mon lit.
-Bon Dieu, Bella! Souffla Jasper, une main sur le coeur. Tu veux ma mort ou quoi?
-Désolée, murmurai-je. Rosalie m'a dit que je pouvais commencer à ranger mes vêtements dans l'armoire mais si je dérange je peux repasser.
-Ne t'inquiète pas, tu peux entrer, on a presque fini, me répondit Edward. Enfin si ce truc veut bien rentrer dedans et que Jasper en fasse autant de son côté...
-Hé! Je ne suis pas un bricoleur du dimanche, moi!
-J'ai l'air de l'être, peut-être?
Je me mis à sourire devant leurs gamineries. Les garçons... Qu'ils ont 4 ou 23 ans, ils sont toujours pareils! Et j'en avais la preuve avec Emmett.
-Mais avec ton blâme d'une semaine, tu as très bien pu t'entrainer alors que, moi, j'ai travaillé cette semaine!
Il y eut un blanc, seulement troublé par le tournevis que Jasper utilisait. Il a eu quoi? Un blâme?
-Edward, murmurai-je. Je croyais que tu étais en vacances...
Il fusilla son ami du regard, qui lui répondit par un sourire hypocrite avant de ce tourner vers moi, affolé. Je n'allais pas lui donner la fessée tout de même. Quoique... La ferme, merde!
-Euh... Je... C'est possible que j'ai omis de te dire que... Oh et puis, merde, ça n'a pas d'importance! Bredouilla-t-il.
-À ta guise.
Sans un regard, je pris le premier carton d'habits posé sur le bureau et l'ouvris à l'aide d'un ciseau qui trainait là. Espérons que je ne me coupe pas un doigt avec, mais ça c'est qu'un détail. À cause, ou grâce à Alice, j'avais des vêtements pour toute l'année, elle détestait que je porte un vêtement qui était de la mode de l'année dernière. Alice... Je n'aurais pas dû penser à cela. Elle me manquait beaucoup, énormément même. Je me mis à sourire en me disant que si elle avait été avec nous, elle aurait fait une crise en voyant ma chambre dans cet état encore précaire, avec mon matelas par terre, les cartons éparpillés un peu partout et elle aurait sautillé en tapant des mains, exigeant qu'on se dépêche de ranger tout ça. Une petite pile électrique. Alors que, d'ordinaire, ça me tapait sur le système, là ça me manquait. Je sentis mes mains trembler alors que je tenais quelques pulls entre mes bras. J'en fis abstraction. Je n'allais pas m'arrêter de vivre à chaque fois qu'un symptôme apparaissait, sinon je ne pourrais vivre à peu prés normalement. J'ouvris la porte de mon armoire à l'aide de mon pied et rangeai mes premiers vêtements, satisfaite. Je secouais mes mains, innocente, afin que les tremblements cessent et surtout pour que ni Jasper, ni Edward, qui se chamaillaient toujours pour savoir qui travaillaient le plus vite, ne le remarque. Sinon, j'étais bonne pour retourner sur ce fichu canapé.
-Tu peux pas faire attention, espèce d'idiot? Tu as des pieds à la place des mains ou quoi? Pesta Jasper.
-Tais-toi, espèce de chochotte et soulève ça avec moi!
-Rêve mon pote! C'est pas marqué boniche sur mon front. Et puis, tu m'as amputé de mon bras gauche là!
-Pauvre petite chose, railla Edward. Tu veux que je te fasse un bisous magique peut-être?
-Trop drôle, Cullen! Vraiment, très mature tout ça.
-Sincèrement les gars, intervins-je en riant tout en raplatissant le premier carton vidé, aucun de vous 2 n'est mature.
-La Dame a parlé, maintenant soulève!
Jasper grogna de plus belle mais s'exécuta tans bien que mal, afin de mettre mon matelas sur mon sommier remonté à bloc. Je crois que mon lit va être mon meilleur ami ce soir. Edward soupira avant de s'allonger dessus, ou plutôt, s'écrouler dessus comme une larve. Affligeant. Je levai les yeux au ciel et cherchais le carton qui abritait mes draps, ma couette et mes oreillers dans tout ce tas. Je n'avais jamais remarqué que j'avais autant d'affaires. J'avais entassé trop de choses ces dernières années, aprés ma rupture avec l'autre. Tiens, je ne l'avais toujours pas revu ce salaud. Espérons que Leah n'ait pas dit ma nouvelle adresse... Croisons les doigts. Quand je tombais sur mon nécessaire de literie, je demandais à Edward de m'aider à faire mon lit, Jasper ayant une blessure de guerre au bras. Ce dernier grommela dans sa barbe avant de s'enfuir dans le salon, pestant contre ma personne. Je me mis à rire et dépliai mon draps qu'Edward attrapa lestement. Vivre seul doit l'avoir aidé dans ce genre de chose, pensai-je en souriant. Après notre tâche accomplie, ma respiration était difficile et Edward m'ordonna de m'allonger, alerte.
-Ça va, Edward, je vais bien, dis-je.
-C'est sûr, tu as une pêche d'enfer. Ça te dit un petit footing? Railla-t-il.
-Tu as fait une carrière dans le cirque sans que personne ne le sache?
Il leva les yeux au ciel.
-Respire par le nez, détends-toi et surtout, tais-toi.
Je lui lançais un regard mauvais mais m'exécutais. Mon coeur battait tellement vite que j'avais peur qu'il ne s'échappe de mon corps. J'avais la mauvaise impression de revenir d'un marathon, alors que je n'avais fait que mon lit! Qu'est-ce que ça va donner dans quelques semaines? Je sentis quelque chose de chaud et de doux sous ma main, et je sursautais derechef. Je tournais la tête vers ma main et je sentis un de ses doigts faire de petits cercles sur ma peau, comme le faisait Emmett pour me rassurer. Mais, avec lui, il fallait un certain temps avant que le concept fonctionne alors qu'au bout de quelques secondes, je sentis mon coeur se calmer et ma respiration revenir à la normale. Incroyable... C'est comme si ma peau reconnaissait la sienne et se comprenait d'elle-même. Soudain, je sentis une profonde envie de dormir, mon corps se relâchait complètement sous son toucher doux et affreusement troublant alors que mes paupières devinrent lourdes. Terriblement lourdes... En peu de temps que je l'aurais prédit, Morphée vint me chercher, me donnant un peu de répit...
O*O*O*O
Je me sentais bien, trop bien même, alors que je ne devrais pas l'être normalement. J'étais au chaud, confortablement installée et je n'avais mal nul part. Étrange... Je roulais sur mon flanc droit, difficilement, en enfouissant ma tête dans un objet souple et moelleux. Un oreiller? Je tâtais avec ma main afin de confirmer mes dires. Je dormais? Pourquoi je dormais alors que j'étais précédemment allongée dans mon lit et que... Je m'étais encore endormie. Je ne comptais plus le nombre de fois où la fatigue m'avait emportée, surtout quand, en rentrant du travail, je me mettais devant la télé. Je le regrettais par la suite, parce que j'oubliais de prendre mes médicaments et c'était la douleur qui me réveillait. Un bon réveil! Soudain, un chose douce et étrangement familière glissa dans mes cheveux, à la fois rassurante et douce. Je gémis de protestation et marmonnai que ça disparaisse. J'entendis un rire féminin au loin.
-Ne m'oblige pas à te lancer un seau d'eau, Bella! Me dit quelqu'un.
-Laisse-moi dormir, me plaignis-je.
-J'aurais bien aimé, crois-moi, mais tu as ton rendez-vous. Tu te souviens?
Mon rendez-vous. L'hôpital. J'ouvris les yeux, clignant plusieurs fois afin de m'habituer à la lumière de la pièce, de ma nouvelle chambre. Les murs étaient d'un blanc cassé, très peu personnel, des cartons trainaient encore sur le sol ainsi que sur mon bureau et quelques poussières volaient dans l'air. Je tournais la tête vers Rosalie qui me sourit gentiment.
-Bien le bonjour, sourit-elle. Bien dormi?
-Je crois que oui... Quelle heure est-il?
-Un peu plus de 16 heures et quart. Un coup de main?
-Non, merci, ça va aller.
Je me relevais doucement, évitant par la même occasion de ressentir ces affreux vertiges ainsi que d'avoir des nausées à tout va. J'avais eu ma dose, merci bien. Je posai mes pieds sur le sol et fus surprise de ressentir le froid gagner mes orteils. Je n'avais pas de chaussures.
-Edward a enlevé tes chaussures aprés que tu te sois endormie. Il a pensé que tu te sentirais mieux ainsi, m'informa Rosalie.
-Oh... D'accord, murmurai-je.
-La salle de bain est au fond du couloir, si tu veux te rafraichir...
Je hochai la tête et elle me laissa seule. Je baillais lourdement, passant une main dans mes cheveux qui devaient ressembler à un nid d'oiseau vu que j'avais l'habitude de beaucoup bouger en dormant. Je me relevais et allais chercher des vêtements propres ainsi que ma trousse de toilette, pour ne pas ressembler à une souillon en allant... à mon rendez-vous. Je ne l'aurais pas qualifié comme ça mais bon... Je sortis de ma chambre et suivis les indications de Rosalie sur la fameuse salle de bain. Déjà, j'étais submergée par la beauté des lieux. Je n'avais pas tout visité de chez Edward lorsque je venais chez lui, mais cette partie de son appartement était surprenante. Sa mère faisait des miracles! Timidement, j'ouvris la porte de la salle de bain et j'écarquillai les yeux. Rien à voir avec mon ancienne salle d'eau! Tout était éclatant, propre et... grand. Il y avait une douche au fond, à droite, une baignoire à l'opposé style roi de France. Deux lavabos l'un à côté de l'autre, en-dessous d'une grande glace et des spots au-dessous, des meubles noirs et blancs et du carrelage partout. Wow... Je n'avais jamais vu une pièce aussi grande, je n'avais même jamais vu un appartement aussi luxueux, moderne et pouvant facilement contenir une équipe de baseball.
Je me remis de mes émotions et fis un brin de toilette, me brossant les dents, les cheveux et changeant de vêtements assez vieux et délavés. En sortant, je me secouais les mains, encore tremblantes et endolories par mon réveil imprévu. Je posai mes vêtements sur mon bureau et rejoignis les autres dans le salon, où ils m'attendaient, légèrement tendus.
-La bête au bois dormant s'est réveillée? Se moqua Emmett.
Il n'eut même pas le temps de rire qu'il reçut une tape sur l'arrière de sa tête, de la part de sa compagne.
-Aïe, ça fait mal! Bougonna mon frère.
-Arrête de dire des conneries alors, marmonna-t-elle.
-Bien dormi? S'enquit mon père, inquiet.
-Ça va, désolée de m'être endormi...
-Tu n'as pas à l'être, me dit Jasper. Si ton corps le veut, ne lui refuse pas ce plaisir va!
J'esquissais un léger sourire tout en fouillant dans mon sac à la recherche des papiers nécessaire. Par chance, Emmett avait déposé le chèque de ma paye d'hier en allant chercher mes meubles, ce qui me permettrait de payer mes soins pendant quelques temps. Je ne savais pas comment j'allais faire par la suite...
-Prête? Demanda Charlie.
-Oui, je crois que j'ai tout ce qu'il faut. Allons-y.
Je sentis la tension monter d'un cran, au fur et à mesure que j'avançais vers la porte d'entrée. C'est pas comme si j'allais à la mort tout de même. Enfin, je suppose. Je me retournais quand mon frère me héla.
-Fais... Fais attention à toi.
-Tout ira bien Em. Je te le promets, le rassurai-je.
Il hocha la tête, les lèvres pincées et rigides. Edward s'approcha de moi et mon coeur commença déjà à battre à tout rompre. Pas maintenant, crétin! Il me tendit un trousseau de clefs, ainsi qu'un badge noir.
-Ce sont les clefs de la maison, ainsi que le pass d'en bas. Bienvenue à la maison!
J'émis un petit rire et le remerciai d'un baiser sur la joue.
-À tout à l'heure colocataire, souris-je.
Il me sourit et mon père claqua la porte derrière moi, séparant notre contact visuel. Je remarquais qu'il n'avait rien dit sur la Radiothérapie, peut-être ne voulait-il pas me faire peur, ou se taire devant ma famille. Charlie m'emmena en voiture de patrouille pour être le plus discret possible. Génial. Moi qui n'aimais pas me faire remarquer, c'est plutôt raté. Mais je me tus et m'assis sur le siège passager, dans un silence religieux. C'est ce que j'aimais avec mon père, il ne se donnait pas le besoin de remplir les blancs. Avec Emmett, il se serait presque senti obligé de monopoliser la parole, pour que j'ai la tête ailleurs que sur ma première séance. C'est une des choses que j'avais hérité de mon père. Ce dernier s'était tu pendant tout le trajet, les mains crispées sur le volant de sa voiture de fonction. Je me dis que ce ne devait pas être facile pour lui d'emmener sa fille à l'hôpital pour des soins contre une tumeur. Si je devais emmener mon enfant là-bas, je serais dans le même état que lui. Charlie se gara sur le parking de l'hôpital, payant les 1$50 demandé. Ne sachant pas où se trouvait l'étage des séances, nous nous dirigions vers l'accueil, où je retrouvais ma grande amie aux ongles manucurés.
-Que puis-je faire pour vous? Demanda Maria, alias Miss frustrée, qui n'avait pas daigné lever les yeux vers nous.
-Bonjour, nous voudrions savoir où se trouve l'étage pour... pour... Bafouilla-t-il, baissant les yeux.
-L'étage où l'on doit passer les Radiothérapies, terminai-je, posant ma main sur l'épaule de mon père.
Elle se figea avant de lever la tête vers moi, les yeux plissés. Bravo ma petite, 10 secondes pour reconnaître quelqu'un grace à sa voix! Crétine va!
-Qu'est-ce que tu fiches ici, toi? Cracha-t-elle. Je croyais avoir réussi à te faire virer!
-Il faut croire que non, et, ça me donne le droit d'être ici, idiote, répondis-je en lui mettant le papier sous son nez, tout comme le fait que je connais assez bien le Docteur Cullen, aussi bien le fils que le père. Alors tu as intérêt à me dire où se trouve ce fichu étage, avant que je fasse un scandale dans ce fichu hall d'hôpital!
-Mais, qu'est-ce que...? S'étonna mon père, nous regardant l'une aprés l'autre, en fronçant des sourcils.
Je crispais ma main sur son épaule, lui disant silencieusement de se taire. Faut pas flancher devant cette garce! Cette dernière me scruta avant de claquer sa langue contre son palais et de montrer l'ascenseur.
-Quatrième étages, première à gauche.
-Merci bien. Dis-toi que pour une fois dans ta vie, tu as fait ton boulot!
J'emmenais mon père dans mon sillage, le visage aussi rouge qu'une tomate sous l'effet de la colère. Maintenant je savais d'où je tenais aussi mes rougeurs stupides. Nous prenions l'ascenseur, étrangement vide et là, mon père explosa.
-C'était quoi cette scène, Bella? S'emporta-t-il. Qu'est-ce que c'est que cette histoire de renvoi de l'hôpital?
-Papa, calme-toi, ce n'est rien de grave.
Sa moustache frémit de colère. C'était pas bon signe ça.
-Je suis venue à l'hôpital, lundi afin d'aller voir Edward pour mon traitement. La... secrétaire, même si je l'aurais qualifié autrement, m'a envoyé balader parce que je n'avais pas de rendez-vous selon elle, alors qu'Edward m'attendait. Je lui ai affirmé le contraire et quand je lui ai dit... des paroles regrettables, elle l'a mal pris et la sécurité m'a fait sortir. Pas de quoi s'énerver.
-Pas de quoi s'énerver? Mais, dis-moi, c'était quoi ces « paroles regrettables »?
Je me mordis la lèvre, mal à l'aise. Comment dire à son père, proche de la quarantaine que j'avais diné chez un homme en ne mentionnant pas le fait qu'il me plaisait, que lors de ce dîner entre amis, il m'avait avoué que l'autre voulait mettre Jasper dans son lit? Je ne voulais pas lui donner une crise cardiaque.
-J'attends! S'impatienta-t-il.
-Elle en pince pour Jasper, qui lui refuse ses avances. Donc, j'ai peut-être dit quelque chose là-dessus...
-Non mais, franchement, Bella...
-Elle m'a fait virer de l'hôpital! Ça ne compte pas dans l'addition?
-Si, bien sûr que si, mais...
-La discussion est close, papa. Je suis majeure, vaccinée et je suis capable de me débrouiller devant ce genre de femme superficielle et inintéressante.
Le « ding » de l'ascenseur coupa net notre conversation et je sortis la première de cet endroit exigüe. Dans les couloirs, il y avait des Infirmiers, des Médecins qui déambulaient parmi d'autres de leurs collègues, des dossiers en mains. Les murs d'un ton blanc cassé, ressemblant étrangement à ma chambre, me donnaient froid dans le dos, surtout qu'une odeur, bien digne d'un quelconque hôpital, entrait dans mes narines et imprégnait mes vêtements. Une douche s'imposait quand je rentrerais, enfin, si je n'étais pas trop fatiguée. Il y avait des panneaux qui indiquaient les lieux spécifiques, tout aussi joyeux les uns des autres. La main de mon père, dans mon dos, me guida vers l'endroit que l'autre cruche nous avait indiqué. Première à gauche. Là, une seconde hôtesse d'accueil nous invita à nous asseoir, aprés présentation des papiers et un sourire d'encouragement.
Une salle d'attente, tout aussi froide et triste, nous attendait, et je dus retenir mes larmes pour ne pas craquer devant le monde qui y était déjà installé. Il y avait une petite dizaine de personnes, de tout âge, qui se tenaient, assis sur des sièges d'une simplicité ordinaire. Dans un petit coin de la salle, un espace pour les enfants y était aménagé avec livres, jouets et coloriages à la clef, où 3 enfants s'occupaient. Je sentis la main de mon père qui me soutenait, derrière moi, réconfortante. Ces 3 enfants avaient un bandana ou une casquette qui recouvrait leur crâne, nu de tout cheveux et leurs peaux étaient si pâles qu'on pouvait voir les veines de leurs bras apparaitre. Mon Dieu, où étais-je tombée? Mon père et moi prîmes place sur deux chaises, l'une à côté de l'autre, alors que je plongeais mon regard vers la seule fenêtre de disponible, afin de ne pas avoir ces images d'horreur. Je savais que je n'étais pas la seule, mais, le voir en vrai, le vivre était à la fois particulier et horrible. Ça faisait peur... J'avais peur, je ne pouvais faire autrement. Je me demandais si, moi aussi, j'allais perdre mes cheveux mais, à en croire les personnes autour de moi, ça serait inévitable. La main de mon père emprisonna la mienne et je la serrai le plus fort que possible.
45 minutes étaient passées et la salle commençait à se vider peu à peu. Il n'y avait plus d'enfant, ni même toutes les personnes que j'avais vu en entrant, seulement ceux arrivés aprés moi, et je savais que c'était bientôt mon tour. Mon coeur s'affola douloureusement en mon sein. La peur me gagnait, la nausée montait sans que j'arrive à me calmer.
-Mademoiselle Swan? M'appela-t-on.
Je levais la tête du sol pour voir un homme d'une quarantaine d'années, les cheveux grisonnants par endroit et l'air chaleureux au visage.
-Oui? Répondis-je, d'une voix étranglée.
-Vous pouvez me suivre, s'il vous plait?
Je relâchai la main de mon père et pris mon sac sur mes genoux. Mes mains tremblèrent un peu mais je ne saurais dire si c'était à cause de l'angoisse, ou de ma tumeur. Mon père se leva aussi, déposant un baiser sur mon front avec toute la tendresse qu'il était capable. En effet, la seconde secrétaire nous avait informé qu'il ne pouvait me suivre dans la salle, mais qu'il avait le droit de m'attendre.
-Je t'aime, souffla douloureusement Charlie à l'oreille, me laissant m'en aller.
Je lui fis un pauvre sourire et suivis le Médecin, qui m'attendit patiemment. Il devait avoir l'habitude. Il me serra la main, se présenta comme être le Radiophysicien Marcus Volturi qui s'occuperait de moi pendant mes séances. Il m'ouvrit la pièce qui semblait être son bureau, plus personnalisé que les couloirs, et m'invita à m'asseoir. Il prit place à son tour et ouvrit un dossier qui devait être le mien, car il le parcourut rapidement avant de revenir à moi.
-Bien, Mademoiselle Swan, c'est la première fois que vous venez pour vos séances à ce que je vois. Les personnes qui s'occupent de ce genre de chose prennent toujours le temps d'expliquer aux patients ce qu'ils attendent, essayant de les rassurer sur ce qui va suivre . Mais d'abord, avez-vous des questions à me poser? Qui vous trottent en tête?
-Hum... Non, pas vraiment, murmurai-je.
-Vous pouvez tout me demander, je suis à votre écoute, me rassura-t-il.
Je secouais négativement la tête et il me fit un sourire, entendu. Pourquoi est-ce que je me dégonflais?
-Si vous n'avez pas de question, je vais commencer les explications de base. Tout d'abord, les séances de Radiothérapie ou de Chimiothérapie ne durent que quelques minutes, le temps que les radiations fassent effet sur la partie du corps souhaitée. C'est sans douleur, mais comme vous vous en doutez, il y a des conséquences plutôt désagréables. Les maux de tête, la fatigue, les angoisses, la perte de poids et de cheveux seront de plus en plus fréquents au fur et à mesure de votre traitement. Il est très important que vous vous reposiez beaucoup, chaque jour, que vous fassiez toutes vos nuits afin que votre corps récupère. Avoir une alimentation équilibrée et variée, ne pas faire trop d'effort et que vous vous détendiez. Ce sera dur, éprouvant et plus d'une fois vous aurez envie de baisser les bras mais votre famille est là, comme je viens de le voir avec le Monsieur qui attend actuellement en salle d'attente. Le soutien de votre famille, amis ou petit-ami, est très important, elle vous permettra de penser à autre chose qu'à votre maladie. Est-ce que vous comprenez ce que je dis?
-Oui, je... comprends.
-Cela peut vous faire peur à cause des conséquences, mais croyez-moi, si votre guérison est à la clef c'est une bonne chose à faire. Toujours pas de question?
Je secouais la tête.
-Dans ce cas... si vous voulez bien me suivre. Vous pouvez laisser vos effets personnels ici, la salle est juste à côté.
Je lui obéis et je découvris une porte, juste sur le mur derrière moi. Un couloir, où se trouvait des placards en tout genre, menait à la pièce de radiations. On m'ordonna de détacher mes cheveux, d'enlever tout objet métallique, argenté ou autre, et de me déchausser. On m'installa sur une table, juste devant une sorte de sillon tout en masse et intimidant. Peur de l'inconnu. Le Docteur me recouvrit d'une sorte de couverture, assez lourde, afin que les rayons ne viennent que sur mon crâne.
-Ne vous inquiétez pas, Mademoiselle Swan, tout va très bien se passer. Vous voyez la vitre au dessus de vous? C'est là où je serais, avec mes collègues. Nous vous parlerons à l'aide d'un micro et si quelque chose de va pas, agitez vos pieds, nous arrêterons. Ne bougez pas pendant l'opération et même si c'est plus facile à dire qu'à faire, relaxez-vous. On se voit dans quelques minutes.
Puis, il me laissa seule avec cette machine monstrueuse. La porte claqua et les lumières s'éteignirent. Malgré l'ordre du Médecin, mon coeur s'affola devant cet endroit inconnu et sur ce qui allait arriver.
-Détendez-vous, Mademoiselle Swan, dit la voix de ce dernier. Pensez à quelque chose de joyeux, ou à quelqu'un que vous appréciez.
Je fermais les yeux, alors que la table où j'étais allongée commença à reculer sur les railles. Mon Dieu...
O*O*O*O
J'étais de retour dans la voiture de fonction de mon père, il était 18 heures 30. Je ne me sentais plus moi-même, comme si la machine avait pris une partie de moi. Je me sentais faible. Le Docteur m'avait assuré que ça passerait au bout de quelques jours et que je devais me reposer, ne pas faire d'effort. Je lui avais demandé si ça serait de pire en pire, et il m'avait fait un sourire triste. Comme prédit, mes maux de tête étaient présents, et la seule chose que je souhaitais en cet instant était de retrouver mon lit, mais, ça, je m'étais abstenue de le dire devant mon père, déjà déboussolé de me voir revenir tremblante et la respiration hachée. Je ne sentis même pas que la voiture s'était arrêté et que ma portière s'ouvrait sur moi, ni même qu'on cherchait mon pass dans mon sac et encore moins qu'on prenait l'ascenseur. Tout était devenu secondaire autour de moi, sauf la douleur présente aussi bien physique que morale. J'avais mal à l'intérieur de moi. Et dire que la semaine prochaine, tout recommencera...
-Bella? On est arrivé, me murmura mon père à l'oreille.
Je hochais la tête, pas très sûre d'avoir entendu ce que mon cerveau m'avait communiqué. Mais, effectivement, la porte d'entrée de mon nouvel appartement s'ouvrit. Mon père m'aida à enlever mon manteau, et déposa mon sac sur la console à l'entrée. Des voix se firent entendre, et, quand mon regard se posa sur les personnes présentes, je fus surprise de voir que tout le monde était encore là. Emmett me regarda, inquiet, avant de détourner le regard vers mon père et, d'après son visage qui se décomposa, je n'étais pas belle à voir. Jasper et Rosalie me fixèrent avec une peine naissante alors que je croyais qu'Edward allait pleurer sous nos yeux.
-Comment... Comment ça s'est passé? Demanda maladroitement mon frère.
Notre père ouvrit la bouche, mais je le pris de court:
-Je vais bien, je suis juste fatiguée, murmurai-je. Si Edward me le permet, je vais aller dormir...
-Tu es ici chez toi, Bella, me répondit l'intéressé. Fais ce que tu veux. Je... Je viendrais te voir tout à l'heure, afin de vérifier si tu vas bien.
Je hochais la tête, et, sans un mot pour personne, je me réfugiais dans ma chambre. J'enlevais mes chaussures, chaussettes ainsi que mes vêtements alors que je venais de trouver un de mes pyjamas. Tout me parut plus lourd, plus suffoquant à faire. Tout était différent maintenant. Je relevais ma couverture et glissais dans mon lit, gémissant de douleur. Quand ma tête toucha mon oreiller, je me permis de pleurer les larmes que j'avais contenu depuis la salle d'attente de l'hôpital. Je pleurais pour tout ces gens qui devaient subir ça, pour ces enfants qui étaient beaucoup trop jeunes pour vivre une telle chose et pour moi, sous ma douleur. J'entendis les voix de ma famille et amis dans le salon, juste un chuchotis mais tout ce que je voulais, c'était dormir, et oublier.
Une douleur lancinante foudroya mon crâne, me faisant grimacer. Ça revint par vague, me donnant par la même occasion le haut de coeur et rendant ma respiration difficile. J'ouvris les yeux pour voir qu'il faisait noir dans ma nouvelle chambre, que la nuit était tombée. Je sentis ma gorge bruler un peu sous la soif. Je me relevais de mon lit, mais n'ayant pas vu les cartons éparpillés partout, je me ramassais lamentablement par terre, accentuant par la même occasion ma migraine. Il manquait plus que ça tiens! La porte s'ouvrit à la volée, faisant apparaître une silhouette dans l'encadrement de la porte et la lumière par la même occasion. Je clignais des yeux, afin de m'habituer à la luminosité quand deux mains me prirent par la taille afin de me remettre sur les pieds.
-Bella, ça va? Me demanda un doux ténor inquiet.
-Je suis juste tombée, dis-je. Je n'ai pas vu le carton.
Je relevais la tête vers lui et fus surprise de le voir encore habillé, alors que la nuit devait être avancée.
-J'aurais dû les enlever quand je suis passé te voir, excuse-moi.
-C'est pas de ta faute, ça va. Je voulais juste prendre à boire et... mes médicaments, je les ai oublié.
Les mains d'Edward me forcèrent à m'asseoir alors que j'essayais de garder mon équilibre, en vain.
-Ne bouge pas, j'y vais. Où sont-ils?
Je passais une main dans mes cheveux, massant ma tête.
-Dans mon sac je crois, à l'entrée.
Il partit comme une flèche dans l'entrée et revint quelques secondes plus tard, accompagné de mes médicaments et d'une bouteille d'eau fraiche. Je crois que je lui avais arraché le tout de ses mains, tellement la douleur à ma tête était persistante et mes nausées fulgurantes. Je vidais bien la moitié de la bouteille avant de la poser sur ma table de chevet, la respiration sifflante. Edward ne m'avait pas quitté des yeux, alors que je rougissais légèrement sous son regard pénétrant. Il ne fallait pas qu'il fasse ça. Je détournais le regard alors qu'il prit une mèche de cheveux entre ses doigts pour la replacer derrière mon oreille droite.
-Tu devrais aller mieux, me dit-il. Dors maintenant.
Je gémis de contentement et ma tête toucha une seconde fois l'oreiller. Je rabattis les couvertures sur moi, me nichai dans la chaleur du tissu, bien au chaud. Je fermais les yeux, rassurée malgré moi qu'Edward soit toujours là. J'aurais aimé qu'il soit toujours là, avec moi... Doucement, le sommeil reprit place et, comme dans un rêve, une douce mélodie me parvint à l'oreille, chantée par une voix familière...
Dimanche 15 novembre 2010
POV James
Elle devait me craindre, et savoir qu'un danger la guettait. Je devais lui donner l'impression que sa vie ne tenait qu'un un fil, qu'elle n'était qu'une moins que rien, mais aussi fascinante qu'unique. Elle était mon obsession. Ma douce obsession.
Il fallait peut-être que je m'éloigne de Forks?
NON! Forks est ton lieu de vie, c'est à cause de cette ville que tu fais ça.
Mais ce n'est pas la seule ville où j'ai tué.
Tu n'as pas tué, James, tu as sauvé des jeunes femmes.
Oui, j'ai sauvé des jeunes femmes. Pour leur bien. J'étais un homme bon et j'allais le rester... après que j'aurais joué avec Bella. Elle devait avoir peur de son destin. Que devrais-je faire? La seule chose qui me venait en tête était de la kidnapper dés maintenant et de m'amuser avec, mais ce n'était pas le moment, pas encore... Non. Patience. À moins de faire en sorte que sa coquille de protection soit percée par la peur. Il fallait que je rapproche mes crimes. Mais bien sûr! M'approcher de Seattle, peu à peu, avec des victimes qui lui ressemblaient. Elle devait savoir que c'était elle qui était visée, et non ces pauvres filles inutiles et ternes. Elle était mon salut. Celle de Forks devrait permettre aux policiers qui me recherchaient d'être occupés pendant un moment, j'avais encore le temps. Je mis en route ma voiture et sortis de Forks. Comme d'habitude, il y avait un agent de police à la sortie, mais il me connaissait, m'ayant vu plus d'une fois entrer et sortir de Forks pour mon travail. Quel idiot! Je ris intérieurement et quand il ne fut plus en vue dans mon rétroviseur, j'appuyais sur l'accélérateur. Je ne mis pas longtemps avant de trouver la prochaine ville aprés Forks. Port Angeles. Ça fera l'affaire.
Il était déjà tard et je commençais à avoir les crocs. Je m'arrêtais devant un bar-restaurant, espérant qu'il y ait ce que je cherchais dedans. Dieu était avec moi. Je rentrais dans le bar rempli de fumée en tout genre. L'endroit était vieux, assez miteux, mais pour ce que j'étais venu chercher, ça sera parfait. Je m'assis sur une table vide, le plus loin possible du comptoir, jetant un coup d'œil à la salle. Des têtes d'animaux étaient accrochées aux murs ainsi que des fusils de chasse, des tableaux de marques d'alcool ou de femmes assez dénudées. Apparemment, pas beaucoup de personne de la gente féminine se retrouvait là, car nous étions 5 dans la salle et nous n'étions que des hommes. C'était mal parti. Je pris la vulgaire carte qui était déposée sur l'extrémité de la table et la parcourus d'un œil distrait.
-Qu'est-ce que je vous sers?
Je levais les yeux vers cette personne et le destin frappa sur moi. Elle était comme ce que je cherchais. Brune, les yeux marrons, d'une taille moyenne. Parfaite. D'après son badge, elle s'appelait Jude. On va s'amuser, Jude. Je lui fis un sourire qui se disait enjôleur, ce qui la surpris.
-Qu'est-ce que vous me proposez? Répondis-je en susurrant presque.
-Euh... Le plat du chef est bien, mais...
-Ça sera parfait!
Elle hocha la tête, légèrement perdue et commanda mon plat au cuisinier. Vue de dos, elle avait une chute de rein à tomber par terre et des fesses plus que magnifiques. Finalement, c'était une bonne idée de s'arrêter ici...
POV Charlie
-Chef Swan! Me héla un des policiers de Seattle. On a retrouvé un corps dans la forêt de Forks et l'autre à Port Angeles! Ce malade a remis ça!
Mon Dieu... Deux corps cette fois-ci, il devient de plus en plus instable, c'est pas bon signe. J'enfilai rapidement mon manteau et sortis du commissariat, laissant un message sur la boîte vocale d'Emmett, lui disant que j'étais retourné à Forks pour plusieurs jours. Je ne serais pas là pour Bella samedi prochain, alors que je m'étais promis intérieurement de rester auprès d'elle. J'étais lamentable comme père.
Je soupirais, fermant précautionneusement mon manteau alors que la nuit était tombée depuis un bout de temps sur la ville. Les gyrophares de la police de Seattle se mirent en marche, et je les imitai, les suivant sur la route. Nous ne mîmes pas plus de 2 heures pour rejoindre tout d'abord Forks, la victime était là depuis plus longtemps que l'autre victime. Je me trouvais prés du corps, d'une blancheur cadavérique, ne contrastant à peine avec le drap qui était sur elle, afin de cacher sa nudité.
-Ashley Silvers, 22 ans, nous informa un de nos collègues. Elle travaillait dans le magasin de sport de la ville. Casier vierge, sans problème apparent et aimait par tous ceux qui la connaissaient. D'après le Médecin légiste, qui est reparti vers Port Angeles, elle est morte Jeudi en fin d'après-midi vers 18 heures. Blessure par arme blanche, dans l'estomac, elle s'est vidée de son sang.
-Est-ce que qu'il l'a violée? Demandai-je, le regard vrillé vers cette jeune femme qui n'avait même pas eu le temps de vivre le quart de sa vie.
-Le Médecin légiste confirme qu'il y a eu pénétration et lésion des parois vaginales. Il a même pu rajouter qu'il l'a violée aprés l'avoir poignardée. On en saura plus dans quelques jours.
Le salaud! C'était un malade cet homme, dérangé. C'était de pire en pire et il ne se lassait pas de faire autant de mal à de pauvres femmes innocentes, ainsi qu'à leurs familles et amis. Je repliais le draps sur le visage de la victime et posais les questions habituelles à nos collègues. Toujours aucune trace d'ADN jusqu'à maintenant, pas de témoin, ni de vidéo montrant le tueur. Rien.
Je repris ma voiture en direction de Port Angeles, là où se trouvait la seconde victime. Il ne fallut que quelques kilomètres pour y être. Je me demandais si c'était le même tueur, là nous n'étions plus à Forks, son terrain de jeu favori. La Victime s'appelait Jude Meyers, 25 ans, elle travaillait dans un bar-restaurant à une centaine de mètres d'ici. Il ne savait plus se contrôler. Elle a été mutilée de partout, chevilles, cuisses, ventre, poitrine, cou et visage. Des dizaines de coupures plus ou moins importantes la défiguraient. Mon collègue m'annonça que c'était bel et bien le même homme par la prétendue ressemblance de marques laissées par le couteau. Mon coeur se serra. Il avait changé de lieu, comme pour narguer... Salaud! Quand il opérait à Forks, nous avions toujours l'espoir de le coincer mais s'il sillonnait les routes en quête de victime, on avait de minces chances, sauf s'il y avait des témoins, où une victime.
-Chez Swan? M'appela-t-on. On a une piste.
Je me relevais de suite, le coeur battant et le cerveau prêt à recevoir l'information. Il me conduisit vers un homme d'une cinquantaine d'années, ayant l'air d'avoir un peu bu mais qui semblait déboussolé par ce qui venait d'arriver.
-Bonjour Monsieur, je suis le Chef Swan, de la police de Forks. Il paraît que vous avez des éléments qui pourraient nous être utile.
-Ce n'est pas grand chose, répondit-il d'une voix terne, mais c'est tout ce que j'ai retenu.
-Le moindre détail est important dans une enquête, Monsieur. Dites-moi ce dont vous vous souvenez.
Il hocha la tête, comprenant ce que je lui expliquais. J'espérais que ce qu'il allait nous dire serait utile.
-Il y avait un homme qui draguait ouvertement Jude.
-Pouvez-vous nous le décrire?
-Il était brun, les cheveux courts, de taille moyenne et je crois que ses yeux étaient clairs.
-Seriez-vous capable de faire un portrait robot?
-Non, je n'ai pas bien fait attention aprés. Vous savez... l'alcool...
-C'est déjà bien, ne vous inquiétez pas. Est-ce que vous vous souvenez de quelque chose de particulier? Une cicatrice sur la joue, une tache de naissance visible?
Il secoua négativement la tête, alors que je notais tout ce qu'il m'avait dit dans mon calepin. C'était pas grand chose, mais c'était mieux que rien. Je le remerciais sincèrement et lui souhaitais une bonne fin de journée, même si elle était mal partie.
-Il avait une voiture! S'écria-t-il soudainement.
-Une voiture? M'enquis-je, intéressé.
-Oui, un break gris, j'en suis sûr.
Je regardais mon collègue, tout aussi surpris que moi. Ça c'était une bonne piste!
-Avez vous la plaque d'immatriculation? Ou du moins une partie? Demandai-je.
-Pas vraiment...
Je soupirais, déçu, mais je ne pouvais rien y faire. Cet homme nous avait déjà beaucoup aidé.
-... mais je sais que, sur sa plaque, il y avait les numéros de Seattle.
Le retour de ce bon vieux James!
Il vous avez manqué, n'est-ce pas?
Toujours aussi fou pour votre plus grand plaisir!
Mais n'ayez crainte, Charlie est à ses trousses!
Rosalie n'a pas pu résister bien longtemps au beau Emmett, hein?
Beaucoup d'entre vous m'ont dit qu'ils ne comprenaient pas la réaction de Rosalie, et qu'elle était « méchante » avec ce dernier mais elle a subit un choc, même si ça remonte à quelques années et elle a dû mal à s'ouvrir aux autre, surtout à Emmett qui lui a littéralement prit son coeur sans qu'elle le veuille. Mais elle va finir par lui avouer, dans peu de temps même.
Et voilà aussi le déménagement de Bella et son premier rendez-vous pour ses séances de Radiothérapie et de Chimio. Je tiens à préciser, si je ne l'avais pas déjà fait que pour ce type de traitement, il faut alterner: une fois Radiothérapie et une semaine plus tard la Chimio. Bella va en baver pendant son traitement, beaucoup souffrir car comme vous vous en doutez, ou si vous avez connu une personne qui a dû faire ce genre de chose, comme moi, les personnes qui reçoivent les radiations ne sont pas en grande forme par la suite. Vous avez remarqué que je ne suis pas entrée dans la « salle » qui donne ses soins car je ne voulais pas m'aventurer trop loin. Certaines trouveront que j'aurais dû mais je resterais sur ma position, je n'écrirai pas les séances de Bella en elle-même; trop de mauvais souvenir et trop « gord » pour moi. Je m'excuse d'avance si cela perturbe quelqu'un.
Merci de votre passage et donnez-moi votre avis,
Clairouille59.
