Aurélia

Fic 28

Juin 2004

Saison : la 7

Genre : Aventure

Disclaimer : les personnages de Stargate ne sont pas à moi…

Avertissement de l'auteur. J'ai pris l'habitude de reprendre des personnages ou des évènements qui se passent dans d'autres de mes fics. Cela fait une sorte de continuité. Quand je parle de Kali, de Jessica Paris, ou de Carolina French ce n'est pas dans la série mais dans mes histoires précédentes. (Tout était calme dans la base, 47 heures pour mourir, Pourras-tu me pardonner ? Cet espoir qui ne veut pas mourir)

Résumé : Cette fic fait suite à Cellule 19, et raconte la lutte contre Bastet.

Classification : Accord parentale souhaitable

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Bastet rentra dans son palais. Elle était furieuse, ces terriens étaient beaucoup plus forts qu'elle ne l'avait pensé. Et pourtant elle aurait du s'en douter.

Quand elle pouvait plonger au cœur des systèmes informatiques de la base, elle avait appris tant de choses sur le SGC. Elle avait eu accès à tous les rapports de missions, aucun code ne pouvait lui résister. Elle s'était plongée avec délectation dans toutes les informations secrètes de la base. Elle avait su toutes les victoires des équipes SG, mais elle avait lu avec rage et fureur comment ils avaient vaincu tant de grands maîtres.

Elle aurait du se douter que cette rencontre avec le SGC s'achèverait par une défaite. Et pourtant elle avait eu tant d'atouts dans sa main. Un plan diabolique qu'elle avait imaginé en consultant les archives de la base. Elle avait découvert que la base avait des ennemis non seulement dans toute la galaxie, mais sur son propre sol. Le NID avec sa branche pourrie, le sénateur Kinsey, et d'autres encore vouaient le SGC aux gémonies. Faire exploser un village sur Ketino, par des explosifs venus de la Terre, quelle merveilleuse idée elle avait eu. Le colonel O'Neill s'était retrouvé enfermé, dans une sinistre prison, dont elle pouvait contrôler le directeur, par des complicités sur place. Elle avait pensé à tort qu'O'Neill soumis à la torture et aux privations ne survivrait pas. Elle s'était lourdement trompée. Elle n'avait pas prévu la ténacité du major, de Daniel Jackson et du sholv'a. Par un tour de force, ils avaient réussi à innocenter leur chef, celui-ci était sorti de sa prison. Elle avait été ravie d'apprendre qu'il avait perdu l'usage de la parole. Comme quoi, il n'était pas invincible.

Arrivée à ce point de ses réflexions Bastet s'arrêta de marcher en long et en large, et appela d'une voix rauque et forte :

-Alicia !

Sa jeune esclave parut aussitôt, et se prosterna devant sa déesse.

-Est-ce que Tarant est arrivé ?

-Oui ma reine, il attend.

-Fais-le entrer !

Alicia disparut aussitôt et revint avec un homme d'une cinquantaine d'années aux cheveux gris épais et au regard rusé.

Il s'inclina devant Bastet, mais très légèrement, juste par politesse. La reine s'en aperçut et ragea intérieurement.

Tarant était un Goa'uld, son rôle principal auprès de Bastet était de s'infiltrer auprès de la Tok'ra. Bastet avait compris depuis longtemps qu'elle avait plusieurs ennemis qu'il ne fallait pas négliger. La Tau'ri, les autres grands maîtres Goa'ulds, et la Tok'ra, sans ordre de priorité. Bastet ne souhaitait pas attaquer sur tous les fronts, elle n'en avait pas la possibilité. Certains grands maîtres étaient trop forts pour elle à l'heure actuelle, mais la Tok'ra était affaiblie, leur nombre diminuait sans cesse, c'était le moment de leur porter un coup fatal. L'infiltration de Tarant leur avait déjà fait beaucoup de tort, puisque de nombreux Tok'ra étaient morts.

La Tau'ri était affaiblie. Le chef de SG1 n'étant pas encore tout à fait rétabli. C'était le moment de leur porter un grand coup. Elle avait su avant les changements dans les ordinateurs de la base, qu'ils n'avaient aucune intention de baisser les bras.

Maintenant tout contact était coupé avec la base. Mais cela ne la tracassait pas beaucoup, elle avait plus d'une arme à sa disposition, il ne lui faudrait pas longtemps pour rétablir le contact. Sa chère amie Kali avait encore des trouvailles dans les profondeurs de son palais, qu'elle s'était empressée d'annexer dès qu'elle avait appris la mort de celle-ci. Elle régnait maintenant sur une dizaine de planètes et prenait grand plaisir à voyager dans toute la galaxie, admirer ses biens, palais et population. Elle possédait plusieurs mines de naquada sur toutes ces planètes. Elle en avait besoin de plus en plus, elle faisait construire d'autres vaisseaux et son armée de jaffas augmentait régulièrement.

Malgré l'échec momentané contre la Terre, elle était assez satisfaite de la tournure des évènements.

-Quelles nouvelles Tarant ?

-Plusieurs Tok'ra sont morts, j'ai réussi à les envoyer sur de fausses pistes, ils ont perdu plusieurs membres importants de leur grand conseil.

-Selmac-Carter ?

-Non ma reine, il a échappé de peu à la mort. Il reste notre priorité. Lui disparu, beaucoup de choses devraient changer chez les Tok'ra et du même coup sur la Tau'ri.

-Bien, il faut intensifier la lutte contre les Tok'ra. Des nouvelles de la Terre ?

-J'ai appris que O'Neill avait été innocenté de la destruction du village.

-Oui, je sais râla Bastet, as-tu d'autres nouvelles plus intéressantes ?

-Non, ma reine, j'ai perdu contact avec les Tauris, je crois que l'espion que nous avions là bas, a été découvert.

-Tant pis dit Bastet. De toute façon, ce plan ne nous sert plus à rien, J'ai voulu détruire le SGC, c'est raté, il faudra trouver autre chose.

Tarant regardait la reine sans un mot. Il la servait depuis très longtemps, et lui était tout dévoué, en apparence seulement, car il avait ses propres ambitions qu'il comptait bien satisfaire un jour ou l'autre.

-Ma reine, je suis sûr que tu as un autre plan pour détruire ces Tau'ris si insolents !

Elle le regarda comme pour jauger sa loyauté.

-Naturellement et je les vaincrai. Mais Tarant, est-ce que je peux compter sur toi ? Je prépare de grandes choses et si tu me sers bien, tu auras une place importante dans mon plan.

Tarant s'inclina servilement :

-Ma reine, je te suis tout dévoué.

-Comment va le colonel O'Neill, docteur ? Dit Hammond en pénétrant dans l'infirmerie.

-Il va bien sur le plan physique, mon général. Ses blessures sont en voie de cicatrisation, et il peut retourner au gymnase se refaire une musculature, ou se faire battre à la boxe par Teal'c ! Tout va bien.

Hammond regardait Janet avec un air qu'elle connaissait bien, quand le général voulait savoir quelque chose et qu'il ne lâcherait pas le morceau.

-Docteur, vous avez dit sur le plan physique ? N'est-ce pas ?

-Oui général, il a encore un peu de mal à parler, bien que cela s'améliore de jour en jour. Sur le plan émotionnel, je suis moins sûre que tout aille pour le mieux. Il n'aime pas parler de lui, vous savez.

-Oui, je sais, mais je veux qu'il consulte un psychiatre de la base. Vous le lui avez dit ?

-Oui, mon général, dit Janet embarrassée

-Et que vous a t-il répondu ?

-Heu…

-Docteur ?

-Il m'a dit que je pouvais aller me … Janet s'interrompit en rougissant, et d'autres mots assez grossiers !

Le général garda son calme, mais sa voix était dure quand il reprit la parole :

-Et vous dites qu'il n'a pas encore retrouvé la parole entièrement ? Je n'ose imaginer ce que ce serait ! Envoyez-le-moi dès que vous le verrez.

-Justement je le vois dans une heure.

Janet n'était pas mécontente qu' O'Neill se prenne un savon par le général. Il la remerciait bien mal de toutes les heures qu'elle avait passées à son chevet, pour le sauver de la mort. Elle lui trouvait la mémoire bien ingrate.

O'Neill frappa à la porte du général Hammond une heure plus tard. Janet l'avait envoyé tout de suite trouver le général. Il n'avait pas compris le petit sourire satisfait de Janet.

-Vous m'avez demandé mon général ? Dit O'Neill en entrant.

-Asseyez-vous colonel.

Le général soupira :

-Qu'est-ce que je vais bien pouvoir faire de vous ?

-Mon général ? Dit O'Neill, surpris.

-Il parait que vous ne voulez pas aller voir le psychiatre ?

-Non, c'est inutile ! Grogna Jack.

-Colonel, ce n'est pas à vous d'en juger. Le docteur Frazier pense avec juste raison que ce serait bon pour vous. D'ailleurs si j'ai bien compris vous avez été grossier avec elle ?

-C'est vrai que je me suis un peu énervé, je le regrette.

- Enervé ! Vous avez été odieux ! Mais c'est à elle qu'il faut dire cela, colonel.

-Je vais aller lui faire mes excuses, mon général.

-Bien, rompez maintenant, vous ne repartirez pas en mission tant que cette histoire ne sera pas réglée. Allez immédiatement à l'infirmerie, prendre rendez-vous avec le docteur Audrey Thomson.

-A vos ordres, dit O'Neill d'un air sombre, pensant que prendre rendez-vous ne l'engageait pas à grand-chose.

Mais le général connaissait parfaitement son bonhomme et il ajouta d'un air sévère :

-Je m'assurerais personnellement que vous suivez bien votre thérapie.

O'Neill prit un air dépité, et le général se retint de sourire, le colonel était vraiment comme un enfant parfois, et si prévisible !

O'Neill répéta :

-A vos ordres mon général !

-Major dit le général Hammond, en s'adressant à Sam, avez-vous fini d'installer le nouveau matériel informatique ?

-Oui mon général. Tout est en place. Nous avons renforcé tous les systèmes de protections, et changer les procédures. Un intrus aura maintenant beaucoup plus de mal à s'introduire dans le système.

Le briefing venait de commencer. Autour de la table il y avait en plus du général, Sam, Daniel et Teal'c.

-J'ai des raisons de croire poursuivit Hammond, que Bastet ne va pas s'arrêter en si bon chemin. Nous avons eu des nouvelles de la Tok'ra, elle vient de lancer une offensive et son traître Tarant a heureusement été démasqué avant qu'il ait pu faire plus de dégâts.

-Comment allons-nous procéder demanda Daniel ? Elle nous connaît maintenant, et nous ne pourrons pas agir ouvertement.

-La Tok'ra a un espion dans les rangs de Bastet, qui lui, n'a pas été découvert. Il prépare le terrain pour nous. Bastet s'est allié avec Shou qui lui ne vous connaît pas. Vous pourrez donc vous infiltrer dans la suite de ce Goa'uld.

-A quel titre mon général ?

-Shou recherche des ingénieurs pour construire un système d'irrigation pour sa nouvelle planète. Vous serez ces ingénieurs.

-Mais on n'y connaît rien en canalisation !

-Vous serez briefés avant de partir, un ingénieur, un vrai celui-là vous donnera quelques cours, juste assez pour faire illusion quelques jours.

-Mais quelle sera notre réelle mission, mon général ?

-Obtenir le plus de renseignements possible sur cette alliance entre Shou et Bastet, naturellement le but final est de détruire cette alliance.

-Il y a quand même un problème mon général dit Sam, pourquoi Shou recherche t-il des humains ? Pas un terrien ne voudrait aller se jeter dans la gueule du loup.

-Vous ne seriez pas des terriens mais des humains natifs d'une des planètes de Shou : Almadon. A ce titre vous serez recrutés tout naturellement.

Docteur Jackson, pouvez-vous nous parler de cette planète.

-Bien, Général.

Daniel montra des images d'une planète au climat désertique.

-Elle est relativement proche de son soleil et la température avoisine les 30 degrés centigrades tout au long de l'année. Il y peu de différences entre l'hiver et l'été, celui-ci est davantage pluvieux. Le climat ressemble à celui de la mousson sur Terre.

-Et la population ? Demanda Sam :

-J'y arrive. Les habitants sont assez peu nombreux répartis dans plusieurs villes et villages. Il y a plusieurs races qui cohabitent à peu près à égalité, des blancs et des noirs. Nous pourrons donc passer inaperçus.

-Et sur le plan de la civilisation docteur Jackson ? Demanda Hammond.

-De la technologie, général Hammond ?

-Oui.

-C'est une planète plutôt agricole. Mais il y a tout de même quelques industries, surtout celles créées par les Goa'ulds pour leur profit. Comme des sites du retraitement du naquada, ou des usines de fabrication vaisseaux.

-Vous avez devant vous un dossier complet contenant votre nouvelle identité. Reprit Hammond, je vous laisse une semaine pour vous imprégner de vos nouvelles personnalités, et prendre des cours de physique hydraulique.

Sur la table il n'y avait que trois dossiers.

-Mon général, le colonel O'Neill ne vient pas avec nous ?

-Non major, il n'a pas encore été déclaré apte au service par le docteur Frazier.

-Il ne va pas bien ? S'inquiéta Sam.

-Il lui reste encore quelques petites choses à faire avant de pouvoir repartir en mission, expliqua le général.

-Les entretiens psychologiques, souffla Daniel à Sam qui eut un large sourire :

-Oh ! Il ne doit pas être ravi !

-Vous pouvez disposer dit le général en se levant. Vous avez du pain sur la planche.

Planète inconnue

Le petit groupe de personnes à la tête de laquelle se trouvait une très belle jeune femme aux cheveux noirs et vêtue très simplement d'une jupe à fleurs et d'un chemisier blanc, se dirigeait vers un temple situé dans les ruines de Lekos. C'était une région désertique et la chaleur d'un soleil rouge pesait comme du plomb au-dessus de leurs têtes. Au bout d'une heure de marche ils atteignirent la cité ancienne. La jeune femme se dirigea sans hésiter vers une immense salle à ciel ouvert et s'arrêta devant une arche de plusieurs dizaines de mètres de haut.

-Nous y sommes dit-elle. Vous avez tous bien reçu vos consignes ?

Il y avait là trois familles, composées chacune d'elle du père de la mère et de plusieurs enfants.

-Oui ma reine nous avons bien compris dit Andrew qui paraissait être l'homme le plus âgé.

Bastet sourit et virevolta sur elle-même entraînant dans ce léger tourbillon les pans de sa jupe fleurie, un sourire éclairait son visage qui aurait pu paraître angélique à cet instant, si ses yeux ne s'étaient mis à flamboyer. Elle tenait dans les mains un dispositif Goa'uld, qu'elle commença à actionner. Le portail s'éclaira, et entre les arches se mit à défiler l'histoire de la Terre. Elle limita sa recherche aux Etats Unis et passa rapidement la première moitié du vingtième siècle et s'arrêta à la fin de la deuxième guerre mondiale, le mouvement des images se ralentit, elle parcourut différents lieux et s'arrêta dans un petit village du nouveau Mexique

-Voici le lieu, Roswell, la date, premier juillet 1947, 23 heures.

En disant ces mots elle bloqua l'appareil et l'image se figea. Puis elle leur rappela leur mission :

-Vous ferez votre vie dans ce pays, Andrew vous habiterez Minneapolis, Sebastian vous vous établirez à Colorado Springs, et vous Josué à New York. Vous rejoindrez le lieu de votre nouvelle habitation par vos propres moyens. Vous irez vous fondre dans le flot des émigrés de Ellis Island et vous demanderez la nationalité américaine. Pour moi le temps ne compte pas, pour vous il passera tout naturellement, vous vieillirez dans ce pays, vos enfants y grandiront, mais n'oubliez jamais votre avez chacun une date à retenir et une seule mission. Josué pour vous c'est le 13 juin 1974, Andrew le 17 juillet 1975, et vous Sebastian le 23 mars 1981. Vous n'avez qu'une seule chose à faire, ne la ratez pas. Bien que je ne reste pas avec vous, vous avez bien compris n'est-ce pas, que de ce portail, je peux surveiller la réussite de vos missions. Naturellement cette ligne du temps est protégée, et ne peut être changée que par vous. Je ne peux pas interférer dans vos missions, mais si vous les ratez, il n'y aura pas de seconde chance pour vous, est-ce que j'ai été assez claire ? Comme vous n'appartenez pas à ce monde, je vous détruirai.

-Oui ma reine.

-Vous pouvez aller maintenant.

Les hommes, les femmes et les enfants chargés d'une redoutable mission pour leur déesse, s'inclinèrent profondément devant elle, et commencèrent à passer la porte. Elle les vit de l'autre côté du miroir temporel, et les regarda s'éloigner.

Puis elle passa son arme de poing sur le dispositif, et bloqua cette ligne du temps. Elle–même ne pourrait rien changer à cette histoire, il le fallait pour éviter de répandre le chaos sur la Terre.

Dans cette nuit très agitée du 1er juillet, où des astronomes amateurs virent des soucoupes volantes un peu partout dans le ciel, des petits hommes verts et autres visions plus ou moins farfelues, qui irait faire attention à un groupe de personnes, des hommes, des femmes et des enfants, surgis de nulle part dans un éclat brillant, perdus sur cette terre désertique, venant d'une autre planète, un peu désorientés, et portant dans leurs bagages des instruments de communication et des armes totalement inconnues sur Terre.

Ils se séparèrent dès leur arrivée. Les adieux furent un peu difficiles, ils se connaissaient depuis toujours, leurs enfants étaient amis, mais ils ne devaient jamais se revoir. Chacun avait sa propre mission dont ils connaissaient les moindres détails.

Ils se jetèrent dans les bras les uns des autres, des larmes coulaient, mais pour leur reine, ils étaient prêts à tout.

Sur un dernier signe de la main, ils prirent des routes différentes. Un seul chemin, Ellis Island. Mais là-bas, ils ne se connaîtraient plus. Leur route serait semée d'embûches, il leur faudrait prendre une barque pour atteindre l'île, et se mêler au flot des émigrés venant d'Europe. Ils avaient tout leur temps, puisque la première mission n'était prévue que dans 27 ans. Ils seraient déjà établis depuis longtemps et ce serait à leurs enfants d'accomplir et de réaliser le rêve de leur déesse.

De nos jours Base de Cheyenne Mountain.

O'Neill arriva à son rendez-vous, il n'avait pas très bien dormi et fait des rêves étranges. Le docteur Audrey Thomson l'attendait. C'était une femme d'âge moyen, grande et mince. Elle posa sur O'Neill un regard calme et lui fit signe de s'asseoir en face d'elle. Elle ne souriait pas.

Plongée dans le dossier médical du colonel, elle le fit attendre un long moment, et de temps à autres elle jetait un regard sur son futur patient. Il était assis, très calme en apparence, mais le docteur Thomson ne s'y trompa, certains signes lui étaient familiers, un regard qui ne se fixait pas, des mains crispées, le front légèrement luisant de sueur. Le colonel était très mal à l'aise, elle le voyait.

-Pourquoi êtes-vous là colonel ?

La question le surprit :

-Heu… le général Hammond…

Elle le coupa :

-Vous venez, parce qu'on vous l'a demandé, n'est-ce pas ? Sa voix était sèche et elle parlait vite comme si elle était pressée.

-Oui, dit-il surpris, en croisant son regard. Elle avait un regard bleu, très clair qui ne reflétait pas grand-chose.

-Vous venez contraint et forcé ?

-Oui, j'obéis aux ordres du général.

-En ce cas je ne peux rien pour vous, vous pouvez disposer.

-C'est tout ? S'étonna t-il, je peux partir ?

-Je viens de vous le dire colonel ! Cependant si vous voulez revenir de votre plein gré je vous recevrais bien volontiers.

« Compte là-dessus pensa t-il. »

-Au revoir Colonel.

-Au revoir Docteur.

Il se retrouva dans le couloir, assez satisfait. Il avait obéi au général, et si le docteur ne voulait pas qu'il reste, il n'allait pas lui faire changer d'avis. Finalement, plutôt sympa la psy !

Le cours de physique sur les fluides, l'hydraulique, et autres matières nécessaires à la formation d'un bon ingénieur, se passait très bien pour Sam. Elle connaissait déjà beaucoup de choses et cela ne constituait en somme qu'une remise à niveaux.

Pour Daniel et Teal'c c'était une autre histoire. C'était pour eux des notions qui leur étaient étrangères. Mais ce serait Sam l'ingénieur en chef, et eux seulement ses aides de camp. Dans ce rôle là ils pensaient pouvoir se débrouiller.

Ils étaient prêts à partir. Ils avaient étudié à fond leur nouvelle identité. Sam était devenue Anna, Daniel serait Anton et Teal'c, Murray.

Le colonel n'était pas là. Un peu plus tôt il avait demandé au général Hammond de partir en mission avec son équipe.

-Puisque le docteur Thomson ne veut pas de moi, je ne vois pas pourquoi je resterais ici mon général ?

Le général l'avait regardé d'un air surpris :

-Etes-vous sûr colonel, d'avoir bien compris ce que voulait dire le docteur Thomson ?

-Oui, elle m'a mis dehors, c'est clair ?

-Jack, ne faites pas celui qui ne comprend pas ! Le docteur Thomson attend seulement que vous vous décidiez à venir de vous-même sans qu'on vous l'ordonne.

-Elle peut toujours attendre longtemps !

Le général soupira, décidément quand O'Neill ne voulait pas comprendre…

-C'est très dommage pour vous colonel ! Parce que vous ne retournerez pas en mission avant.

O'Neill était stupéfait :

-Pardon ? Mon général ?

-Colonel, je vais vous expliquer, parce que c'est vous. Durant les quelques mois qui se sont écoulés, vous avez beaucoup souffert, vous avez été victime d'une injustice, votre état s'en ressent. Le docteur Frazier a été claire sur ce point, vous devez consulter. Maintenant si le docteur Thomson ne vous convient pas, vous pouvez prendre quelqu'un d'autre !

Jack était devenu très pâle. Il était pris au piège, s'il voulait repartir en mission, il lui faudrait bien affronter ces redoutables entretiens qu'il détestait par-dessus tout. Il avait horreur de revenir sur des évènements passés surtout quand ils étaient si douloureux.

Il était au pied du mur. Il réfléchit rapidement :

-Jessica Paris mon général. J'irai voir Jessica, je m'entends bien avec elle, je crois qu'elle pourra me comprendre, et puis nous avons un passé commun.

-Entendu colonel. Je suis d'accord.

Chevron trois enclenché.

Le colonel pénétra dans la salle d'embarquement et vit son équipe prête au départ.

-Ah Jack vous êtes venus nous souhaiter bonne chance

-Oui Daniel, occupez-vous bien de Bastet.

-Pas Daniel, Jack, moi c'est Anton ingénieur de sa majesté : Shou.

-Quoi ?

-Et vous avez devant vous mon colonel, Anna, ingénieur en chef de Shou. Dit Sam.

-Laissez-moi deviner dit O'Neill en se tournant vers Teal'c, vous, vous êtes Murray ?

-Absolument O'Neill, dit Teal'c en réajustant son bonnet de laine sur sa tête.

Chevron 7 enclenché

Après le tourbillon quantique, tous les trois passèrent le vortex après un dernier signe de la main en direction du colonel, qui poussant un gros soupir se dirigea vers l'infirmerie.

Ils avaient prévu d'arriver de nuit, pour passer inaperçus. Ils ne se rendraient pas directement sur Almadon, mais passeraient par plusieurs planètes pour brouiller les pistes. Ils avaient revêtu la tenue des habitants de la planète, un sarouel, une tunique blanche et un turban, vêtements adaptés au climat chaud et sec.

Dès leur arrivée ils se présentèrent au palais de Shou. Ils se nommèrent et furent aussitôt conduits devant le premier conseiller de Shou, un goa'uld redoutable qui savait se faire obéir. Comme la coutume le voulait ils se prosternèrent et posèrent leur front dans la poussière.

Le jaffa les présenta aussitôt à Tonin.

-Conseiller je vous présente Anna qui dirigera les travaux du barrage et Anton et Murray qui doivent l'aider dans sa tâche.

Tonin jeta à peine un regard sur eux et parla au-dessus de leur tête.

-Vous répondrez de votre mission sur votre vie. Sur ses mots il fit un geste du bras. Aussitôt le jaffa les fit sortir et les emmena dans une autre pièce du palais et les y laissa.

-Quel accueil dit Daniel ! Il ne nous a même pas regardé.

-C'est aussi bien dit Sam.

-Que faisons-nous major ? Demanda Teal'c.

-Il faut attendre qu'on nous conduise sur notre lieu de travail.

Ils n'attendirent pas longtemps, une femme de petite taille aux cheveux bruns coupés très court, pénétra dans la salle. Ses yeux brillaient et de sa voix rauque elle dit :

-Vous êtes Anna, Anton et Murray ? Suivez-moi. Et sans attendre de réponse elle les fit sortir dehors. Elle marchait légèrement en retrait.

-Je suis Mina, de la Tok'ra, leur souffla t-elle, votre guide pour cette mission. Officiellement je surveille les travaux de construction du barrage. Nous aurons l'occasion de nous revoir souvent. Vous vivrez au palais, avec les autres techniciens.

Ils arrivèrent devant le chantier qui n'était qu'à quelques centaines de mètres du palais. Les travaux étaient commencés, mais ils avaient été interrompus pour une raison que Mina ne connaissait pas.

-Votre réel but est de faire parler Shou sur son alliance avec Bastet.

-Mais interrompit Daniel, je ne vois pas comment on va faire, en travaillant ici, on ne verra pas Shou !

Mina se permit un léger sourire :

-Mais je viens de vous dire que vous habiterez au palais ! Vous verrez Shou tous les jours. Ah, j'oubliais, le Dieu n'aime pas les femmes en tenue d'homme. Ce soir vous serez invités à la table du Dieu, il a l'habitude de bien traiter ses ingénieurs. Vous trouverez des tenues préparées pour l'occasion.

Sam fronça les sourcils :

-Mina, si j'ai bien compris vous voulez me faire jouer un rôle un peu particulier auprès de Shou ?

-Vous êtes intelligente Anna, vous en sortirez très bien !

Sam était furieuse :

-Il n'avait pas été question de ça du tout ! Elle se tourna vers ses amis qui la regardaient d'un air malicieux :

-Vous, vous étiez au courant !

-Pas du tout dit Daniel, mais à la réflexion, je ne suis pas surpris, il parait que Shou est très séduisant !

-Oh vous alors ! Et Vous ne dites rien ? Dit-elle en se tournant vers Teal'c,

-J'ai confiance en vous major Carter, vous vous en tirerez très bien.

Sam se sentait trahie et lâchée par ses amis. Mais à la réflexion elle se dit que faire semblant de séduire un homme ne devrait pas être trop difficile, il lui suffirait de savoir s'arrêter à temps. Elle fit contre mauvaise fortune bon cœur, et sourit à ses amis.

-Bon et si maintenant on travaillait sur ce barrage ! Dit-elle.

La journée avait été épuisante. Ils n'étaient pas habitués à travailler dehors sous un tel soleil. Le soir ils étaient fatigués et avaient pris des coups de soleil sur le visage. Une corne retentit dans la soirée juste avant la nuit cela marquait la fin du travail pour les ouvriers. Shou n'était pas un homme pressé, le barrage était commencé depuis longtemps, mais il n'utilisait pas des moyens modernes, seulement un nombre considérable d'esclaves. Une main d'œuvre sans cesse renouvelable. Ils passaient leur temps à creuser un trou gigantesque qui recevrait bientôt les eaux de la rivière, un petit torrent sauvage, qui deviendrait le plus grand barrage de la planète.

Mina les attendait à leur entrée dans le palais, quand elle les vit, elle parut mécontente :

-Non, ça ne va pas du tout, dit-elle.

-Qu'est-ce qui ne va pas ? Demanda Sam.

-Vous avez pris des coups de soleil et vous n'avez pas bonne mine. Vous avez l'air épuisé.

-Pour être épuisés, on l'est dit Daniel en se laissant tomber sur un siège. On pourrait peut-être se changer, prendre un bain par exemple. Toute cette poussière … dit-il en montrant ses vêtements qui avaient pris une teinte ocre.

Mina prit les choses en main.

-Vous deux dit-elle à Daniel et à Teal'c vous traversez les salles et dans la troisième vous retrouvez les techniciens qui travaillent avec vous. Il y a tout ce qu'il faut pour vous rafraîchir et vous changer. Vous pourrez aussi vous restaurer.

-Mais s'étonna Daniel je croyais que nous étions invités ce soir ?

Mina eut un petit rire :

-Pas vous, elle, dit-elle en pointant un doigt vers Sam qui prit un air outré.

-Vous êtes folle, je ne vais pas aller dîner seule avec Shou.

Au même instant Shou arriva et Mina escamota rapidement Sam, le dieu ne devait la voir que dans l'éclat naturel de sa beauté. Mina s'en voulait un peu d'avoir à jouer un rôle qui s'apparentait à s'y méprendre à celui d'une mère maquerelle, mais elle n'avait pas le choix. Shou n'avait accepté ces ingénieurs que parce qu'il savait qu'il y avait une très belle femme parmi eux. Mina avait su lui présenter la beauté de Sam. Maintenant il y avait du travail à restaurer cette beauté un peu abîmée par le rude travail dans la fournaise du chantier.

Elle conduisit Sam à travers le palais dans une immense pièce où elle put se détendre dans l'eau fraîche et parfumé d'un bassin qui en occupait le centre. Elle y resta un long moment. Mina l'aida à se laver les cheveux, et regretta qu'ils ne soient pas plus longs.

-Shou adore les femmes aux cheveux longs dit –elle comme avec une pointe de regret dans la voix.

-Il faudra qu'il se contente des miens répondit Sam sèchement.

-Vous avez l'air fâchée, dit Mina avec un soupçon d'étonnement dans la voix.

-Et ça vous surprend ? Dit Sam avec hauteur. C'est vrai qu'avec vous, les Tok'ras, on n'a jamais les détails d'une mission avant de s'y engager ! C'est curieux, mais pourquoi vous n'avez pas jugé bon de me donner ces détails avant le départ.

Mina préféra ne pas répondre, elle ne comprenait pas ces Tau'ris qui faisait la fine bouche pour des détails insignifiants. Une mission pour être menée à bien demandait des sacrifices ! Si Sam avait accepté la mission, elle devait être prête à tout.

Une heure plus tard, Sam vêtue d'une longue robe bleue qui mettait en valeur ses yeux, fit son apparition dans la grande salle à manger où le dieu Shou s'apprêtait à dîner.

Celui-ci se leva à l'apparition de la jeune femme, elle était vraiment belle, Mina l'avait parée à la perfection de bijoux aussi beaux que discrets.

Sam se prosterna dans une profonde révérence, mais le dieu ne lui laissa pas le temps de la finir, il lui prit la main, et comme elle baissait les yeux, il lui leva le menton d'un doigt ferme. Leurs yeux se croisèrent.

Shou était un homme encore jeune, d'une quarantaine d'années peut-être, il était brun, de peau et de cheveux, et son regard vert brûla d'un éclat particulier quand il plongea dans les yeux de Sam.

Daniel avait raison, cet homme-là était séduisant, se dit Sam. Il la fit asseoir en face d'elle. Une petite table était dressée pour deux personnes, le couvert soigné et des fleurs odorantes garnissaient la table.

Shou parlait avec une voix normale, il ne portait pas d'arme de poing et ne faisait pas briller ses yeux. Il ne ressemblait pas du tout à un Goa'uld.

Une jeune esclave faisait le service avec toute la discrétion voulue. Shou lui parlait avec gentillesse. Sam se détendait un peu, elle avait craint d'aborder un tyran, elle se trouvait devant un homme affable, qui était très cultivé, et pouvait aborder toute sorte de domaine. Il la fit parler de son métier d'ingénieur. Sam bénit les quelques cours de formation qu'elle avait eu à la base avant son départ. Cela lui permit de ne pas dire trop de sottises du moins elle l'espérait.

Après quelques verres de vin, elle se sentait plus détendue, et rit sans trop savoir pourquoi aux quelques plaisanteries qu'il lui disait. Elle se sentait bien, il faisait bon dans le palais, qui était protégé des ardeurs du soleil.

Elle osa aborder le sujet qui lui tenait tant à cœur :

-Quand j'observe le ciel, j'aime regarder les étoiles et les planètes lui avait-elle dit vers la fin du repas.

-Moi aussi j'aime regarder le ciel, voulez-vous que nous le regardions ensemble dit Shou, je possède un puissant télescope.

-Avec joie dit Sam.

Shou la conduisit sur le toit du palais et l'invita à regarder dans la lunette,

-Je vois plusieurs planètes que je connais, là bas il y a Ketino, dit-elle, une planète à vous je crois ? Ajouta t-elle, innocemment.

-Non, cette planète est à Bastet.

-Bastet ? Risqua Sam, qui est-ce ?

-Vous ne connaissez pas Bastet ? Une puissante déesse, c'est surprenant ?

Il la regardait d'un air soupçonneux

Elle rit :

-Vous savez, sortie de mon travail, je ne connais pas grand chose à part ce que je vois dans le ciel, et puis je suis votre fidèle sujette, dit-elle en faisant une petite révérence tout à fait à propos.

Il sourit à la belle jeune femme

-Je peux vous apprendre beaucoup de choses si vous voulez… je ne sais même pas votre nom ?

-Anna, Monseigneur.

-Anna si vous voulez me suivre nous allons redescendre, dit-il en serrant sa main dans la sienne.

Sam qui avait un peu bu se sentit tout à coup fiévreuse. Le contact de la main de l'homme ne lui était pas du tout désagréable.

-Mon dieu, qu'est-ce qu'il y avait dans la boisson ? Il m'a droguée, elle eut un léger vertige, Shou eut un petit sourire et lui soutint la taille. Mais bientôt ses jambes se dérobaient sous elle, et elle serait tombée s'il ne l'avait pas pris dans ses bras.

Elle perdit presque connaissance tandis que Shou la conduisait jusque dans sa chambre où il la déposa sur le lit avec douceur et commença à la dévêtir. Sam eut à ce moment-là conscience qu'elle n'avait rien obtenu de lui, et que pour elle c'était trop tard, beaucoup trop tard.

13 juin 1974

-Danny tu es prêt ? Maria va bientôt arriver.

-Oui, Papa.

L'enfant se préparait, il devait aller à l'école avec la voisine Maria, qui le prenait tous les matins devant chez lui.

Madame Jackson regardait sa montre toutes les cinq minutes.

-Elle est en retard, ce n'est pas son genre ! Ecoute Chéri, si elle n'est pas là dans deux minutes, tant pis on emmène Dany avec nous au muséum, on ne va pas le laisser tout seul !

-Chic, dit Danny, je ne vais pas aller à l'école ! Je préfère le muséum maman !

Madame dit en riant :

-Si on t'écoutait Dany, tu viendrais toujours au muséum avec nous.

-Oui, je veux être archéologue !

Les Jackson attendirent encore un peu, puis ils finirent par aller au muséum avec leur fils.

-Dany tu restes dans le grand hall, et tu ne touches à rien lui recommanda sa mère.

L'enfant aimait se promener dans les salles, le matin de bonne heure le musée n'était pas encore ouvert, et le personnel qui le connaissait bien le regardait passer avec indulgence.

M et Mme Jackson passèrent une partie de la matinée à reconstituer un temple. Celui-ci ferait partie de la nouvelle salle du musée qui devait être ouverte au public le mois prochain.

Il y eut soudain de l'effervescence, Dany arriva en hurlant jusqu'à ses parents, il se précipita vers eux, au moment ou le plafond du temple s'effondrait sur les archéologues et l'enfant.

Les parents de Daniel furent tués et celui-ci grièvement blessé fut transporté immédiatement à l'hôpital le plus proche dans un état critique.

Personne n'avait vu l'homme en noir tenant dans sa main une arme étrange. C'était cet homme qui avait fait si peur au petit Dany. Celui-ci s'était alors précipité vers ses parents où l'attendait son funeste destin.

Bastet souriait devant le portail temporel. Le petit Dany était mort, ou du moins sur le point de mourir. De toute façon sa vie serait changée par cet accident. Il serait bien étonnant même s'il survivait qu'il puisse faire son service militaire, et par la suite être embauché dans le programme porte des étoiles, sa santé ne le permettrait pas.

17 juillet 1975

Jonathan O'Neill devait prendre une décision. Depuis qu'il avait dix huit ans, il était libre de quitter ses parents. Mais il hésitait, qu'allait-il faire de sa vie ? Il n'avait pas de diplôme. A la maison c'était des disputes sans fin entre ses parents. Son père rentrait ivre la plupart du temps. Sa pauvre mère n'en pouvait plus de supporter tout cela. Le jeune homme avait lui aussi souffert de cette violence, mais ce temps-là était révolu. Un jour qu'il avait quinze ans, son père avait porté la main sur lui pour la dernière fois. En effet Jonathan avait été pris d'une colère noire et l'avait frappé à la tête, si violement qu'il était tombé inanimé sur le sol. Il avait serré sa mère dans ses bras.

-Je suis grand, maman, je te protégerais maintenant.

-Tu ne seras pas toujours là mon fils avait répondu sa mère.

-Mais pourquoi tu ne le quittes pas ? Ce n'est qu'une brute !

-Jonathan tu parles de ton père !

-Et alors ! Avait répliqué le jeune homme. Je n'ai pas de père.

Maintenant qu'il avait dix-huit ans il hésitait à partir à cause de sa mère et de sa petite sœur. Elle avait seize ans et une petite mine triste d'enfant battue. Le divorce n'était pas encore prononcé, et sa mère n'avait pas encore quitté la maison et cherchait du travail avant de partir.

-Maman, tu fais les choses à l'envers, tu pars d'abord et on verra.

-Mais je vais vivre de quoi ? Demanda t-elle plaintivement.

Le jeune homme poussa un soupir :

-Je vais travailler et je t'enverrai de l'argent !

-Mais tu n'as pas de métier ! Tu ne fais que des petits boulots !

-J'ai une idée, mais je ne sais pas si ça va marcher, je ne t'en parlerais qu'après.

Le soir il revint et annonça triomphalement

-Je rentre dans l'armée, dans l'Air Force. Je pourrais t'aider.

-Je ne veux pas, tu dois faire ta vie, je ne veux pas te prendre ton argent.

-On en reparlera.

Il prit sa veste et s'apprêtait à ressortir.

-Où vas-tu ?

-Je vais arroser ça avec des copains, ne t'en fait pas maman je ne rentrerais pas tard.

Il courut hors de la maison, il était heureux et soulagé il avait trouvé un métier, même s'il ne savait pas trop ce qui l'attendait. Comme il traversait la rue, il ne vit pas l'homme qui le visait dans sa lunette depuis le toit voisin. Il tira deux fois, atteignant le jeune homme à la poitrine et au ventre.

Et de deux se dit Bastet, celui-là était le plus dangereux.

23 mars 1981

Samantha était seule ce soir-là, son père n'était pas là. Il devait aller chercher sa mère à l'aéroport et était encore en retard.

Mais cela ne l'inquiétait pas, elle était en train de faire des gâteaux, elle adorait cuisiner et se réjouissait de les faire goûter à sa mère qui était assez gourmande.

L'enfant chantonnait tout en mettant les cookies dans le four. Aujourd'hui à l'école elle avait eu une très bonne note en maths, et en physique. Ses deux matières préférées. Elle aimait beaucoup l'école et se demandait si ses parents auraient le temps de venir assister à la fin de l'année au gala de gymnastique. Elle avait appris à faire le saut périlleux et se débrouillait plutôt bien. Sa discipline préférée en gym c'était le sol et les barres asymétriques.

Elle regardait l'heure de plus en plus souvent et commençait à s'inquiéter. Ce retard n'était pas normal. L'avion avait peut-être eu une panne ? Ou peut-être qu'il s'était écrasé à l'atterrissage ?

-T'es folle de penser un truc pareil ! Se dit-elle. Puis elle entendit la clé tourner dans la serrure, elle poussa un ouf de soulagement. Les voilà !

Elle se précipita dans l'entrée et ne vit que son père qui avait l'air triste :

-Où est maman dit-elle d'une voix tremblante ?

-Ma chérie… Jacob ne trouvait pas ses mots pour expliquer l'accident. Il n'avait pas eu le temps d'aller chercher sa mère, elle avait pris un taxi qui avait eu un accident… Sam hurla et sortit comme une folle dans la rue toute à sa douleur. Elle ne vit pas la voiture qui fonçait sur elle à toute allure, le choc fut terrible, elle fut projetée en l'air et retomba sur le sol comme un pantin désarticulé. Le temps que les gens réagissent, la voiture avait déjà tourné le coin de la rue.

La vie de Sam était en danger, elle avait un important traumatisme crânien et de nombreuses fractures, elle tomba rapidement dans le coma.

Et de trois se dit Bastet.

Maintenant elle était dans la nouvelle ligne du temps. Elle bloqua le système pour figer cette ligne et y rester.

Cette nuit-là Sam fit un rêve étrange, elle se revit le jour de la mort de sa mère. Son père lui avait dit qu'elle avait eu un grave accident de voiture. On n'avait jamais retrouvé le chauffard. Dans son rêve elle n'avait pas d'accident, elle se souvenait être sortie de la maison, mais son père l'avait rattrapé à la porte du jardin. Il l'avait prise dans ses bras, et ils avaient pleuré longtemps dans les bras l'un de l'autre.

Elle se réveilla dans le lit de Shou, la bouche amère des drogues absorbées. Son rêve était encore très présent, et elle se demandait pourquoi elle rêvait de cela maintenant.

Elle n'avait plus le souvenir de la nuit passée. Il était tard et le soleil était déjà haut dans le ciel. Elle se leva en titubant et se plongea dans une baignoire d'eau parfumée. Ses idées étaient maintenant plus claires. Elle n'était pas très fière d'elle. Elle reprit les vêtements qui avaient été laissés à son intention. Elle mangea un fruit et partit à la recherche de ses amis.

Base de Cheyenne Mountain.

Le docteur Jessica Paris sourit en voyant arriver O'Neill à petits pas.

-Alors Jack, on vient voir son psy ?

-Jessica n'en rajoute pas ! Dit-il d'un air un peu excédé.

-Allez viens, je ne vais pas te manger.

Il la suivit un peu contre son gré. En fait il avait une frousse bleue. Il détestait être obligé de parler de lui, de se livrer. Il préférait de beaucoup être sur le terrain à « casser du Goa'uld » comme il aimait le dire.

-Bon Jack on va commencer. Je vais d'abord te faire un examen physique complet.

-Mais tu m'as soigné ! Tu sais ce que j'ai eu comme blessures !

-Je t'ai soigné au début, mais c'est surtout Janet qui s'en est chargée. Maintenant je veux voir de mes propres yeux.

-Tu me rappelles Carolina French, elle aussi voulait tâter, toucher, palper…Elle disait que cela l'aidait à comprendre son patient.

-Je n'ai pas connu le docteur French, mais j'ai lu quelques-uns de ses ouvrages, une personnalité brillante.

-Oui,

-Elle te manque ?

-C'était quelqu'un de bien

-J'ai lu sur ton rapport, qu'elle était décédée dans tes bras.

-Oui. Tu sais que je l'ai revue, il y a quelque temps ! Elle est comme Daniel, elle a fait l'ascension. Elle reviendra peut-être comme lui.

Après un moment de silence Jessica reprit, voyant qu'il n'en dirait pas plus.

-Maintenant tu t'allonges que je puisse commencer.

Après l'examen elle lui dit :

-Il faudra bien que tu me parles de ta détention.

-Ca m'étonnerait dit-il.

-Pourquoi ?

-Chaque fois que j'y repense, je redeviens muet. Je ne vois pas comment je pourrais faire pour te parler.

Elle le regarda attentivement, il était toujours allongé, les mains derrière la nuque et lui parlait sans la regarder.

-Je peux te donner des médicaments qui te décontracteront, cela pourra t'aider à lever tes inhibitions.

-Quelles inhibitions ?

-Toutes.

-Vraiment toutes ? Dit-il d'un air surpris.

-Jack ! Tu peux pas être sérieux cinq minutes !

-Franchement, Jessica, je ne suis pas trop d'accord, pour les drogues. J'ai peur que ça ne marche pas. Et puis j'en ai eu tellement de drogues !

-Ça n'a rien à voir avec un lavage de cerveau. Ne crains rien. Ça ne te fera pas mal, je te le promets, ça te détendra c'est tout. Tu me fais confiance Jack ?

-Absolument. Vas-y, fais-le, dit-il après un instant.

Elle lui posa une perfusion et quand le liquide commença à s'écouler dans ses veines, il se détendit.

Planète Almadon

Les travaux avaient repris. Daniel regardait Sam avec inquiétude, il lui trouva les traits tirés.

-Ca va Sam ?

Elle était furieuse :

-Je me suis fait avoir en beauté, et je n'ai rien appris du tout !

-Comment ça vous vous êtes fait avoir ? S'étonna t-il ?

-Devinez !

Il rougit mal à l'aise

-Oh ! Je suis désolé, Sam. Je pense qu'on devrait annuler cette mission et rentrer. Qu'en pensez-vous Teal'c ?

-Tout dépend du major, mais effectivement je crois que ça ne sert plus à rien de rester.

-On va voir Mina dit Daniel.

Dans l'après-midi Mina reparut, elle fut tout de suite harponnée par Daniel

-Vous saviez ce qui allait se passer, et vous n'avez rien fait pour l'empêcher ! Pourquoi ?

-Parce que les confidences sur l'oreiller donnent souvent de bons résultats, mais je n'avais pas prévu que le major serait droguée. Il vaut mieux en effet que vous repartiez dit-elle quand Daniel lui eut fait part de leur décision. Vous partirez dans la nuit.

Un peu plus tard dans la soirée, Sam prit Daniel et Teal'c à part.

-J'ai honte de moi, je me suis fait avoir comme une débutante, je ne voudrais pas que ça paraisse sur les rapports.

-Naturellement dit Daniel.

Base de Cheyenne Mountain

De retour à la base, le général Hammond fut surpris de les voir revenir aussi vite :

-Que s'est-il passé ? Vous deviez rester une semaine ?

-Nous avons été repérés, dit Daniel rapidement avant que Sam ne prenne la parole.

-Dans ce cas vous avez bien fait de rentrer. Allez à l'infirmerie, débriefing dès que vous serez prêts.

A l'infirmerie, c'était Jessica qui était de garde. Dès qu'elle vit le visage de Sam elle comprit tout de suite que quelque chose de grave s'était passé.

Sam pleura et lui raconta sa soirée avec Shou, elle se sentait coupable de n'avoir pas mené à bien sa mission.

-Vous n'êtes aucunement responsable des actions de ce Goa'uld lui dit-elle, il vous a manipulée, droguée. Malgré ce que vous en dites, malgré ses aspects agréables et sympathiques, cela reste un Goa'uld. Vous n'étiez pas de taille, Sam.

Il ne faut pas culpabiliser.

Le général Hammond regardait son équipe, et trouvait que quelque chose clochait.

-Docteur Jackson que s'est-il passé sur Almadon ?

Daniel hésitait

-Heu mon général… nous …

-Bon Daniel ça va ! Le coupa Sam, mon général, c'est de ma faute si tout a raté. Elle raconta à nouveau son histoire.

-Je vous remercie de votre franchise major ! Nous allons réfléchir à un autre plan pour contrer Bastet, en attendant je vous mets tous les trois au repos quelques jours. Rompez !

Sam alla directement dans son laboratoire dont elle referma la porte. Elle se sentait perdue, et son rêve revenait la tourmenter en plein jour. Pourquoi pensait-elle sans arrêt à la mort de sa mère. Elle alla trouver Daniel.

-C'est curieux ce rêve qui me hante ? Lui dit-elle.

-Ce qui est le plus curieux c'est que j'ai fait un rêve analogue, je revois la mort de mes parents et je ne suis pas blessé. Pourtant j'ai failli mourir dans cet accident ! Je suis resté plus de huit mois dans un fauteuil roulant. C'est vraiment étrange. Vous en avez parlé à Janet ?

-Non, mais on devrait peut-être y aller tous les deux. Cela me rappelle de très mauvais souvenirs.

-Vous avez entendu frapper ? Dit Daniel un peu plus tard

La porte s'ouvrit sur le colonel.

-Déjà rentrés ?

-Oui, on était entrain de parler des rêves bizarres que l'on fait en ce moment.

-Tiens donc !

-Vous aussi vous rêvez Jack ?

-Oui.

-Et c'est quoi votre rêve.

-Un truc bizarre, que je croyais vrai et qui n'est jamais arrivé.

Daniel lui expliqua qu'ils avaient l'intention d'en parler au médecin. Ce à quoi Jack répondit que les médecins il en avait jusque là, et qu'ils pouvaient y aller s'ils le souhaitaient mais qu'ils ne comptent pas sur lui pour les accompagner.

Sur ces mots il sortit sans attendre de réponse.

-Qu'est-ce qui lui prend ! Dit Daniel.

-Je ne sais pas, mais je trouve qu'il a changé depuis son retour. Il est encore plus brusque et moins causant qu'avant, dit Sam pensivement.

Planète inconnue.

Bastet était de retour chez elle dans son palais. Elle se sentait si bien, un de ses ennemis était à terre. Il n'y avait pas de SGC, il n'y en aurait jamais. Elle seule se rappellerait le changement de l'Histoire. Ses agents sur Terre avaient parfaitement travaillé. Si Sam Carter, Daniel Jackson et Jack O'Neill n'étaient pas morts, leur vie avait du être bouleversée par leurs terribles blessures. Elle ne résista pas au plaisir de regarder dans l'arche les grands évènements qu'avait vécu la Tau'ri.

Elle actionna le dispositif, et passa très lentement l'histoire de la Terre des trente dernières années. On ne parlait pas de la porte des étoiles. Mais c'était normal puisque c'était un projet secret. Les évènements qu'elle vit n'étaient pas intéressants pour elle. Quel dommage que je n'ai plus de contact direct avec la base, j'aurai tout de suite vu si elle existait encore !

Le doute s'insinuait dans son esprit, il lui fallait une preuve, mais ce ne serait pas facile à obtenir. Et puis dans son projet elle ne regrettait qu'une chose, c'est de n'avoir pas pu tuer de ses propres mains, cet insaisissable SG1.

Base de Cheyenne Mountain.

Sam et Daniel attendaient leur tour à l'infirmerie. Il y avait eu des blessés. SG5 avait essuyé des tirs et Janet venait de finir d'opérer le major Necker. Celui-ci était dans un état grave.

-Je suis à vous tout de suite dit-elle en passant près d'eux.

Pendant qu'ils attendaient ils eurent la surprise de voir arriver le colonel.

-Mon colonel ! Vous venez à l'infirmerie ?

-Je ne pensais pas vous trouver là dit-il sans répondre à la question de Sam. Qu'est-ce qui vous arrive ?

-Les rêves.

-Quels rêves ?

-Ceux dont a parlé tout à l'heure dit Daniel.

-Ah oui ! Je vois.

Et sur ces mots il rentra dans le bureau du docteur Paris.

-Il est malade ? Dit Sam

-Vous savez Sam les entretiens psychologiques !

-Il y va vraiment ! C'est étonnant !

-Il n'a pas vraiment le choix dit Daniel, c'est ça ou plus de missions.

Janet revenait vers eux :

-Que puis-je pour vous ?

-C'est au sujet de rêves bizarres que l'on fait !

-Des rêves ? Ce n'est pas trop mon domaine, allez voir le docteur Paris.

-C'est-à-dire … dit Daniel, je crois que Jack…

Janet eut un petit sourire,

-Venez avec moi.

-Jessica tu peux t'occuper d'eux, ils ont fait des rêves bizarres.

-Oui, entrez, la pièce était vide, pas de colonel. Daniel était un peu surpris, il ne l'avait pas vu sortir.

Ils racontèrent les rêves étranges qu'ils faisaient depuis quelque temps, toujours le même.

Sam se voyait dans le jardin avec son père, elle n'avait pas d'accident de voiture. Et Daniel voyait ses parents mourir sous ses yeux, mais il était assez loin et n'avait pas été blessé.

-Et moi, dit O'Neill en sortant de la salle d'examen, je rêve que j'arrose mon incorporation dans l'USAF, avec des amis. Or je n'y suis jamais allé, puisque je me suis fait tirer dessus juste avant.

-Parce que tu as rêvé aussi Jack ? Pourquoi tu ne m'en as rien dit demanda Jessica.

-Il me semble qu'on avait autre chose à faire de plus important. Mais comme ces deux-là sont venus te voir et que ça leur parait important, je me mêle à ce joyeux débat. C'est grave Docteur ?

-A première vue non, il y quand même quelque chose d'étonnant vous avez tous les trois rêvé qu'un traumatisme vécu n'avait pas eu lieu. C'est tout de même étrange. Je vais me renseigner pour savoir si d'autres personnes ont fait des rêves du même genre.

Et comme ils ne bougeaient pas :

-Allez Oust j'ai du travail !

-C'est tout ? Dit Daniel déçu.

Ils se dirigèrent vers la porte :

-Pas toi Jack ! Dit Jessica. On n'a pas fini tous les deux. Celui-ci poussa un gros soupir, et fit taire Daniel d'un geste brusque et d'un regard crucifiant.

-On se retrouve au mess Jack ? À plus tard, dit Daniel avec un petit sourire.

-Oui c'est ça, à plus tard, bougonna Jack.

Bastet était insatisfaite, elle voulait toujours plus. De planète en planète elle partit à la recherche de dispositifs pouvant lui permettre de rentrer en contact avec la Terre. Elle avait annexé toutes les planètes de Kali après la mort de celle-ci, et cela constituait un immense royaume qu'elle écrasait de sa puissance. Elle arriva sur une petite planète peu peuplée et pas connue des grands maîtres Goa'ulds. Cette planète était une des anciennes possessions de Kali. Elle pénétra dans le palais qu'elle faisait entretenir pour un éventuel retour. Elle avait exigé que tout soit prêt. Elle voulait être accueillie comme une reine partout où elle passait. Devant elle, ses esclaves étaient prosternés, elle sourit, voilà comment elle aimait les gens, prosternés à ses pieds, à l'écoute du moindre de ses désirs. Elle se fit porter des rafraîchissements, un repas léger et renvoya tout le monde, elle ne garda près d'elle qu'Alicia qu'elle emmenait partout avec elle.

Alicia la servit et alla se reposer dans un coin du palais mais à proximité de voix de sa maîtresse.

Kali explora ce palais qu'elle connaissait peu. Il y avait de nombreuses salles. Dans un meuble de la chambre plusieurs dispositifs étaient mis en évidence comme des œuvres d'art. Certains qu'elle connaissait, d'autres dont elle ne comprenait pas l'utilité. Elle reconnut le dispositif d'invisibilité. Il lui sera bien utile pour réaliser son plan.

Elle avait conscience que ce qu'elle faisait était un peu fou. Elle voulait se rendre sur la Terre pour voir si vraiment le SGC n'existait pas. Elle ne pouvait pas prendre la porte des étoiles, elle ne savait pas dans la deuxième histoire si elle était en service ou non. Une fois sûre que son plan avait réussi elle attaquerait la Tau'ri. Elle ne voulait pas prendre le risque d'un échec, elle n'en avait pas les moyens.

Elle emporta dans son sac le dispositif d'invisibilité, ainsi que des drogues pour dissimuler le symbiote, et d'autres dispositifs précieux pour le piratage informatique. Elle partit un peu sur un coup de tête dans un petit vaisseau, qui mettrait une dizaine de jours pour se rendre sur Terre.

Dans les ordinateurs de la base elle avait pioché tout ce qu'elle devait savoir sur les hommes du SGC, mais c'était dans la première histoire, il fallait qu'elle s'attende à des changements importants.

Elle avait changé son apparence physique, s'était teint les cheveux en châtain et s'était fait une coiffure courte à la mode terrienne. Elle portait des lunettes et se grima habilement le visage. Elle avait revêtu des vêtements qui ne la feraient pas remarquer.

Son vaisseau qu'elle avait mis en mode furtif atterrit pendant la nuit. Elle le dissimula dans les arbres d'une épaisse forêt. Elle avait choisi son point de chute, ce serait le Minnesota et plus particulièrement la forêt qui entourait un petit lac où autrefois dans l'autre histoire un certain Jack O'Neill possédait un petit chalet.

Il faisait frais presque froid, elle tapa à la porte du chalet et fut à peine surprise de voir le propriétaire lui ouvrir. Elle le reconnaissait.

Il parut surpris de trouver une jeune femme inconnue sur le pas de sa porte.

-Excusez-moi de vous déranger je me suis perdue.

-Perdue ? Vous êtes à pied ?

-Oui, dit-elle j'avais entrepris une grande balade en forêt et n'étant pas de la région…. Elle s'arrêta au milieu de sa phrase et lui fit un grand sourire.

-Oui c'est facile de se perdre, où est votre voiture ?

-…ma voiture… je n'en ai pas, elle hésitait et se maudissait de ne pas trouver une bonne réplique, mais il ne s'était aperçu de rien.

-Entrez dit-il, Jack O'Neill et il lui tendit la main.

-Merci, je m'appelle Belinda Lanquist.

-Vous avez soif peut-être ? Une bière ?

-Oui volontiers. Elle ne savait pas ce qu'était une bière, mais elle essaierait. Elle ne devait en aucun cas se faire remarquer.

Il faisait frais dans le chalet et O'Neill prit des bûches pour faire une flambée, et comme il remontait ses manches c'est à ce moment-là qu'elle les vit. Elles s'étalaient sur ses poignets les marques infamantes des chaînes. Elle se sentit mal tout à coup, rougit, puis pâlit. Elle était debout au milieu de la pièce et serait tombée s'il ne l'avait pas retenue.

-Qu'est-ce qui vous arrive demanda t-il inquiet ?

-Ce n'est rien du tout parvint-elle à articuler. Son cerveau tournait à trois mille tours minute, cela avait été un fiasco, tout son plan si ingénieux n'avait servi à rien. S'il avait ces cicatrices c'est que le programme Porte des étoiles existait.

Il avait dû aller dans cette fameuse prison, où il avait été maltraité et torturé. On lui avait dit qu'il avait perdu l'usage de la parole, pourtant cet homme-là parlait normalement ! Il fallait qu'elle sache.

Il la soutint jusqu'à un fauteuil où elle s'assit lourdement.

-Vous voulez que j'appelle un médecin ?

Il fallait qu'elle se reprenne tout de suite, elle fit un violent effort sur elle-même et parvint à dire d'une voix calme :

-Ne vous inquiétez pas cela m'arrive assez souvent. J'ai des médicaments, mais je crois que je les ai oubliés ce matin.

Il avait vraiment l'air inquiet pour elle, et ne ressemblait pas du tout à ce qu'elle avait imaginé. Etait-ce le même homme ? Celui–là lui paraissait gentil, ridiculement gentil, il n'avait rien de ce chef militaire qui avait avec son équipe vaincu tant de grands maîtres !

-Vous êtes vraiment très aimable dit–elle avec un grand sourire. Il ne répondit pas et alluma le feu.

Elle jeta un regard circulaire autour d'elle, et aperçut une photo de lui avec une femme et un enfant.

-Vous êtes marié dit-elle en montrant la photo.

-J'étais …

-Ah… excusez-moi.

-Il n'y a pas de mal.

Son cerveau continuait d'enregistrer des détails, il y avait un meuble dont plusieurs rayons contenaient des livres. Elle se leva :

-Vous permettez dit-elle en se dirigeant vers la bibliothèque. Elle regarda les titres et trouva plusieurs livres sur le sport, l'aviation, des bandes dessinées aussi, quelques livres d'enfant. Elle prit un livre sur l'aviation et le feuilleta, et dit négligemment

-Vous êtes aviateur ?

-Oui, dans l'armée.

Son cœur rata un battement, il était donc militaire, colonel sans doute, elle était atterrée

-Quel grade ?

-Colonel. Et vous, vous faites quoi dans la vie ?

La question la surprit, mais elle réagit très vite et dit la première chose qui lui passait par la tête

-Informatique.

-Une scientifique ? Dit –il avec un léger sourire.

-Oui, et elle répondit à son sourire.

Il était temps de prendre congé. Elle se leva et le remercia de son hospitalité.

-Vous comptez aller où comme ça ? Vous êtes toujours à pied ? Non ? Se moqua t-il.

-Heu, oui …

-Je peux vous emmener en ville si vous voulez ?

-Ne vous dérangez pas pour moi.

-De toute façon, mon congé est fini, il faut que je rentre. Vous habitez où ?

Elle se jeta à l'eau, il fallait bien tenter le tout pour le tout.

-Colorado Springs dit–elle avec aplomb.

Il ne broncha pas. Ne lui dit pas où il allait lui-même, et l'emmena à la gare la plus proche où il la laissa.

Arrivée à Colorado Springs. Elle sortit de la gare, ne sachant où aller. Il faudrait qu'elle apprenne les coutumes des Tau'ris si elle voulait vivre dissimulée parmi eux. Elle prit un hôtel et passa la nuit à réfléchir. C'était une vie totalement nouvelle pour elle. Habituée à être servie elle avait du mal à ne plus avoir d'esclaves autour d'elle, et jugeait la vie terrienne bien misérable. Heureusement pour elle l'argent n'était pas un problème.

Et si j'achetais quelque chose dans le coin ? Se dit –elle.

Trois jours plus tard elle s'installa dans une petite maison, proche des habitations de Sam, de Daniel et du colonel. Elle acheta du matériel informatique performant et commença à travailler. Elle avait apporté avec elle plein de petites choses fort intéressantes et qui pourraient lui être très utile, et qu'elle coupla avec les ordinateurs.

Au bout de deux jours elle s'était familiarisée avec le matériel terrien, et commença un petit travail de piratage qui lui parut d'une facilité déconcertante.

Puis elle pénétra dans les ordinateurs de la base. Elle entra dans une rage folle. Il fallait absolument qu'elle se calme ! Sinon elle allait tout faire rater.

Elle devait revoir son plan, peut-être les tuer elle-même ? Mais elle ne pouvait entrer en contact avec le major Carter. Celle-ci verrait tout de suite sa vraie nature. Elle pouvait cacher son symbiote, mais pas dissimuler le naquada qui coulait dans ses veines. Quoique… Elle avait apporté des drogues, mais ne les avait pas encore testées sur elle. Au point où elle en était, il fallait bluffer, oser, quitte à risquer de tout perdre.

Elle sortit se promener dans la ville et repéra les domiciles de ses ennemis. Ils n'habitaient pas très loin les uns des autres. Elle passa plusieurs semaines à les espionner, tout connaître de son ennemi est un bon moyen de le vaincre.

Elle cherchait un moyen naturel d'entrer en contact avec eux. Mais il ne fallait pas cela ait l'air trop fortuit non plus. Cela devrait rester vraisemblable.

Après tout pourquoi se presser ? Elle pouvait rester sur Terre un moment, sans problème. Comme elle n'utilisait pas beaucoup le sarcophage, elle n'aurait pas trop de phénomène de manque, et puis au cas où, elle avait tout un tas de drogue à sa disposition, qu'elle connaissait parfaitement.

-Ouverture non programmée de la porte hurla le sergent, les alarmes firent sortir SG1, de leurs quartiers, ils se retrouvèrent dans la salle surplombant la porte.

-C'est la Tok'ra

-Ouvrez l'iris dit Hammond.

Mina descendit de la rampe et s'avança vers le général

-Général Hammond ? Je suis honorée de faire votre connaissance, dit-elle.

Dans la salle de briefing Mina prit la parole sans qu'on l'y invite. C'était une jeune femme autoritaire, et qui savait parfaitement aller à l'essentiel.

-Bastet a disparu.

-Disparu dit Daniel étonné, comment ça disparu ?

-Personne ne sait où elle est. Elle n'est sur aucune de ses planètes. Nous avons rencontré des personnes de sa suite, ils n'ont rien pu nous dire.

-Et Alicia dit Daniel, son esclave personnelle ?

-Justement c'est très étrange, Alicia la suit dans tous ses déplacements, et elle est dans son palais sur Ketino et ne sait pas où est sa reine.

-Serait-elle morte ? Dit Teal'c, on ne va pas pleurer !

Sam évitait de croiser le regard de Mina. Elle n'aimait pas cette femme qui l'avait quasiment jetée dans les bras de Shou.

-Vous n'êtes venue que pour nous annoncer cela ? Dit Hammond, en regardant la jeune femme.

-Non, en fait le plus étonnant dans cette histoire c'est que même Shou ne sait pas où elle est. Moi je pense qu'elle est peut être sur Terre.

-Sur Terre ! Dirent en même temps Sam et Daniel ! Qu'est ce qui vous fait penser une chose pareille.

-La jeune esclave Alicia dit qu'il manque le petit vaisseau personnel de la reine. Comme elle n'est sur aucune de ses planètes, elle pense qu'elle est peut être allée sur la Tau'ri.

-Sur quoi se base –t'elle ?

-Elle était avec Bastet quand celle-ci a manipulé un portail temporel. Malheureusement je n'en sais pas plus. Cette pauvre Alicia est assez sotte, et elle s'est mise à pleurer en me disant que Bastet la tuerait si elle apprenait qu'elle m'avait parlé.

-Un portail temporel ? S'étonna Sam ? Elle veut changer l'histoire de la Terre ?

-C'est possible cela major ? Dit Hammond.

-Je ne sais pas si c'est réalisable mais théoriquement oui, c'est possible.

-La question est de savoir : va-t-elle le faire ? Ou l'a-t-elle déjà fait ? Dit Daniel.

Voyant que Mina n'en savait pas plus, le général Hammond lui proposa de passer la nuit à la base et de se reposer.

-Merci Général Hammond, mais je dois repartir immédiatement pour Almadon. Je ne voudrais pas m'absenter trop longtemps.

Bastet était allongée sur son lit et essayait en vain de se reposer. Elle en était sûre maintenant son plan n'avait pas fonctionné, c'était la deuxième fois qu'elle était mise en échec. Mais il lui en fallait plus pour se décourager. Une autre idée folle lui traversa l'esprit. Elle se débrouillait plutôt bien en informatique, et si elle se faisait engager au SGC ? Elle s'endormit sur cette pensée et se réveilla le lendemain prête à l'attaque.

Bastet avait une personnalité des plus étranges, elle était une Goa'uld extrêmement intelligente, et savait reconstruire sur des ruines. Elle avait aussi l'art de la dissimulation et les drogues l'aidaient à dissimuler son caractère parfois emporté. Il lui fallait préserver sa couverture, qui, pour ce qu'elle voulait faire était excellente.

-Excusez-moi madame, je ne vous avais pas vue !

La jeune femme venait de bousculer le major Carter, elle avait traversé la rue presque en courant et avait fait tomber Sam qui ne s'y attendait pas du tout.

-Vous vous êtes fait mal ?

-Non je crois que ça ira répondit Sam un peu énervée, elle s'était écorché le genou.

-Vous saignez ! Je suis vraiment désolée, j'habite tout près, venez je vais vous faire un pansement.

-Je ne voudrais pas vous déranger dit Sam, ce n'est rien du tout.

-J'insiste madame, vous ne pouvez pas rester comme ça.

Quelque chose dans l'attitude de la jeune femme troublait Sam, mais elle se laissa guider, en fait elle s'était vraiment fait mal au genou, plus qu'elle ne pensait.

-Je m'appelle Belinda Lanquist, dit la jeune femme, je viens d'arriver dans le quartier et je ne connais pas grand monde.

Belinda soutenant Sam, elles arrivèrent dans la maison que la jeune femme venait d'acheter. Elle avait commencé à la meubler, mais dans le salon il n'y avait que deux fauteuils et un canapé et une table basse sur laquelle un vase de fleurs mettait une touche de gaîté.

-Asseyez-vous madame,

-Samantha Carter dit–elle.

-Asseyez-vous Samantha, répéta t-elle, je m'occupe de vous tout de suite.

Elle lui nettoya le genou, la plaie était profonde.

-J'ai bien peur de ne pas être en mesure de vous soigner complètement, il faudrait vous recoudre, dit-elle.

-Ne vous inquiétez pas, j'irai voir mon médecin dit Sam.

Ses préjugés contre Belinda, tombaient au fur et à mesure de la conversation. Elles s'étaient trouvé une passion commune pour l'informatique. Au bout d'une heure elles avaient sympathisé, et Sam se rendait compte qu'elle pouvait avoir des conversations scientifiques de haut niveau que la jeune femme était capable de soutenir.

Belinda faisait très attention de ne pas parler de techniques Goa'ulds ce qui aurait mis la puce à l'oreille de Sam immédiatement. Mais depuis maintenant plusieurs semaines qu'elle était sur Terre, elle savait à peu près tout ce qu'il fallait savoir sur les sciences terriennes primitives.

-Mais j'y pense, demain je pends la crémaillère avec mes voisins, vous voulez vous joindre à nous ?

-Je ne voudrais pas vous déranger, répondit Sam

-Au contraire j'en serais ravie, je ne connais pas grand monde encore et si vous pouvez venir avec deux ou trois personnes, n'hésitez pas !

Sam réfléchit un moment, et ne voulant pas s'engager :

-Demain, vous dites ? Je suis désolée mais je travaille, ce ne sera pas possible.

Elle vit une telle déception dans les yeux de Belinda qu'elle reprit aussitôt :

-Mais on peut se voir une autre fois si vous voulez ?

-J'en serais ravie.

Quelques jours plus tard, Sam sonna à la porte de Belinda.

-Tenez lui dit-elle en lui offrant un bouquet de fleurs, c'est pour vous remercier. Vous allez bien ? Lui demanda t-elle en voyant les yeux gonflés de la jeune femme.

-C'est rien du tout, je suis juste un peu fatiguée. Mais entrez un instant, vous voulez du café ?

-Volontiers dit Sam.

Les deux jeunes femmes buvaient leur café en silence. Puis Belinda se mit à parler.

-Je me suis installée ici pour être plus proche de mon nouveau job, en fait ils ne veulent pas de moi sur ce poste. J'avais mis mes plus grands espoirs sur ce travail, mais il parait que j'ai trop de diplômes.

-Ca arrive quelquefois dit Sam.

-Je ne vous ai pas demandé où vous travailliez ? Interrogea Belinda.

-Je suis dans l'armée, l'USAF

-C'est vrai ? C'est marrant il m'est arrivé une histoire invraisemblable, figurez-vous que je m'étais perdue, et je sonne à la porte d'une maison isolée et je tombe sur un colonel de l'USAF. Vous le connaissez peut-être, d'ailleurs ?

-C'est possible, il s'appelle comment ?

-O'Neill.

-En effet j'en ai entendu parler dit Sam prudemment. Mais vous savez l'USAF est une grande famille.

-Vous êtes basée sur Colorado Springs ?

-Oui, mais je n'y suis pas souvent c'est pour ça que je n'ai pas pu accepter votre invitation.

-Ils n'ont pas besoin d'informaticien dans votre armée demanda t-elle ?

-Peut-être dit Sam, faites une demande !

-Il faut être pistonnée pour ça, non ?

-Non, ce n'est pas nécessaire. Si vous avez des compétences ils vous prennent. Mais vous n'êtes pas obligée d'être militaire vous savez, l'armée emploie des civils.

-Vous pensez que je peux demander ? Dit Belinda de l'espoir plein les yeux.

-Bien sûr. Bon il faut que je vous laisse dit Sam, bonne chance !

Bastet se frottait les mains elle avait lancé un hameçon, elle ferait une demande dès demain à la base.

Si elle était prise, il lui resterait un gros souci, la visite médicale. Mais les drogues qu'elle employait étaient indétectables et suffiraient sans doute à masquer les différences de sa chimie sanguine.

Bastet avait usurpé la personnalité de quelqu'un d'existant et qui était mort. Une jeune femme célibataire de 31 ans, surdouée en informatique, ayant obtenu des postes prestigieux dans l'industrie nucléaire, dans l'aviation civile, et la construction aéronavale. Elle avait en poche tous les diplômes nécessaires. Par Internet elle posa sa candidature, se fabriqua de faux certificats élogieux, ainsi que des diplômes.

Huit jours après elle reçut un e mail l'avertissant qu'elle était attendue à la base de Cheyenne Mountain pour un entretien.

En pénétrant dans la base Belinda était tout sourire. Son plan était fabuleux. Elle rencontrerait certes les membres du SGC, Daniel et Teal'c, mais puisque Sam ne l'avait pas reconnue, les autres ne la reconnaîtraient pas non plus. Il lui restait à convaincre le général Hammond qu'elle était absolument indispensable.

Cela ne lui prit qu'un quart d'heure. Elle savait déjà à peu près tout, elle fit l'ignorante pour certains petits détails, et le général Hammond eut l'impression d'embaucher la perle du siècle.

On lui attribua des quartiers. Elle commencerait dès demain.

Belinda referma la porte de ses quartiers, elle jubilait, je les tiens pensa t-elle. Il fallait qu'elle se calme. Elle se fit une injection et se sentit nettement plus détendue. Restait la grande épreuve, celle qui allait décider de tout, la visite médicale. Elle décida s'abattre cet obstacle sur-le-champ. Elle n'était pas obligée d'y aller maintenant mais elle préféra avoir l'air de faire du zèle.

-Bonjour dit-elle en se présentant à Janet, je suis le docteur Belinda Lanquist, je viens pour la visite.

-Le général Hammond m'a prévenue. Mais vous n'auriez pu venir que demain.

-Je n'avais rien à faire ce soir, autant y aller dit–elle avec un grand sourire.

-Bien, dit Janet installez-vous docteur.

-Laissez tomber les titres, appelez-moi Belinda.

Pour une première visite Janet prit son temps. Il fallait constituer un dossier à la nouvelle arrivante. Elle lui fit le grand jeu, radios, prise de sang, auscultation approfondie.

-Bon, tout à l'air bien. Vous n'avez pas de problèmes de santé particuliers ?

-Tout va bien, docteur, je n'ai jamais été malade de ma vie.

-Vous êtes une patiente parfaite, dit Janet en souriant. J'aurais les résultats du labo demain matin. Mais je pense que vous êtes bonne pour le service. Une seule chose me surprend pourquoi portez-vous des lunettes ? Vous n'en avez pas besoin !

-Ah ! Belinda se maudit, elle avait oublié ce détail qui bien entendu n'avait pas trompé le docteur ! Je n'en ai plus besoin ? Ça me surprend ! Mais tant mieux !

-De toute façon ce ne sont pas des verres correcteurs que vous portez.

-Je sais, c'est juste des verres teintés car je suis très sensible à la lumière. Mais si vous dites que ça va mieux …

Belinda prit beaucoup sur elle-même pour avoir l'air heureux de quelqu'un à qui on vient d'annoncer qu'elle n'avait pas besoin de lunettes. Elle dut y réussir, car Janet ne remarqua rien d'anormal.

Le lendemain elle eut un long briefing sur le programme porte des étoiles. Naturellement elle eut l'air étonné qui convenait et sut parfaitement donner le change. Sa journée se passa à explorer toute la base, elle devait en effet tout connaître, pour être efficace dans son nouveau travail. Le général Hammond lui fit signer un engagement de non-divulgation, et on lui fit comprendre que si elle ne respectait pas le secret elle se mettrait hors la loi et en subirait les conséquences.

Elle ricanait intérieurement, « pauvres petits secrets, si tu savais ce que je compte en faire ! » Elle souriait de plus en plus souvent, elle avait remarqué que les Tau'ris adoraient les gens souriants. C'était une façade bien facile à prendre pour elle. Elle voulait se rendre sympathique et indispensable.

-Belinda !

Elle releva la tête et vit Sam qui l'interpellait

-Bonjour Sam, j'ai suivi votre conseil et j'ai obtenu un poste d'informaticienne.

-Bien ! Dit seulement Sam. Elle s'étonna de la rapidité avec laquelle la jeune femme avait été embauchée. Elle devait vraiment être très douée, car le Pentagone n'engageait que des civils hyper compétents.

-Vous êtes bien installée ?

-On m'a donné des quartiers, aujourd'hui j'ai été briefée, quelle histoire ! Je n'en reviens pas !

-C'est étonnant, n'est-ce pas ? Dit Sam en souriant. Je conçois que tout avaler d'un coup ça doit être dur !

Elle regarda sa montre,

-Oh comme le temps passe ! Vous avez mangé ?

-Non, mais si vous voulez m'accompagner au mess, ce serait sympa ?

-Allons-y dit Sam. Je vais vous présenter SG1.

Le cœur de Belinda battit un peu plus vite. Non tout ira bien calme-toi pensa t-elle.

Sam se dirigea vers le coin de la salle où se tenait SG1 .

-Tiens dit Daniel un nouveau visage !

Sam fit les présentations. O'Neill jeta un regard surpris à Belinda :

-Ce n'est pas vous qui vous perdez dans les forêts ?

-Si, fit –elle en riant, je suis heureuse de vous revoir colonel O'Neill. Teal'c se contenta de s' incliner en silence.

Belinda dut faire un gros effort sur elle-même, elle décida d'éviter le plus possible Teal'c. Le voir lui était pénible, elle essaya de l'ignorer au cours du repas. Heureusement pour elle, il quitta la table assez vite, et elle put souffler un peu.

-Et vous faites quoi comme travail ici à la base ? Demanda Daniel.

-Je suis informaticienne, docteur en informatique plus précisément.

-Qu'est-ce que je vais devenir ? Je ne suis entouré que de docteurs, dit O'Neill avec une grimace. Cela fit rire tout le monde.

Le lendemain elle commença réellement son travail, elle fut tout de même un peu surprise de la compétence de Sam. Pour une humaine c'est pas mal pensa t-elle. Elle était chargée de résoudre tous les problèmes qui pouvaient se présenter. Et Dieu sait qu'il pouvait y en avoir des problèmes dans ce programme porte des étoiles. Etant sur place cela lui fut très facile de fausser les données et d'envoyer les équipes au casse pipe. Cependant elle devait faire très attention que ça n'ait pas l'air de venir d'elle.

Elle prit son temps pour saboter tranquillement tout le système, tout avait l'air parfaitement naturel, il n'y eut que Daniel pour remarquer que les ennuis avaient commencé justement à l'arrivée de Belinda. Il en parla à Sam qui ne le crut pas, Belinda était tellement compétente, que pour une erreur qu'elle faisait volontairement, elle en réparait dix. C'était subtil et habile à la fois.

Le briefing ce matin-là fut houleux. Le général Hammond était furieux et peiné, le lieutenant Parish et le capitaine Turner étaient morts tous les deux dans une de ces missions catastrophes comme semblait vouloir les accumuler le SGC.

-Qu'est-ce qui s'est passé au cours de cette mission dit Daniel ?

-Il y avait beaucoup plus de jaffas que prévu, dit Hammond sombrement. Les deux hommes sont tombés très rapidement d'après le colonel Grayr. Ils ont réussi à passer la porte de justesse. Il aurait pu y avoir beaucoup d'autres victimes.

-Général Hammond dit Daniel, il me semble que l'on a des ennuis depuis que Belinda Lanquist est là.

-Je ne suis pas d'accord avec vous Daniel, dit Sam, Belinda est hyper compétente, je la vois travailler tous les jours, je vous assure que c'est un cerveau. Elle voit tout de suite ce qui ne va pas, et trouve une solution très rapidement. Je ne l'ai encore jamais vu en échec. Depuis qu'elle est là notre système informatique s'est beaucoup amélioré. Elle a des idées innovantes dans pas mal de domaines.

-Mais vous ne trouvez pas étrange que tous nos problèmes aient commencé peu de temps après son arrivée.

-C'est une coïncidence, Daniel, rien d'autre.

Hammond regardait Sam et Daniel attentivement. Il s'adressa à o'Neill.

-Qu'en pensez-vous colonel ?

-Je suis incapable d'apprécier les performances de cette femme, mais j'aurais tendance à me méfier, je la trouve un peu étrange.

-Qu'est-ce que vous entendez par là colonel ? Dit Hammond :

-Je ne sais pas, elle est venue chez moi par hasard, elle bouscule le major dans la rue, par hasard. Et toujours tout à fait par hasard, elle habite Colorado Springs, et elle se fait engager à la base. Elle aurait voulu investir le SGC elle ne serait pas prise autrement. Ça fait beaucoup de coïncidences.

-Et puis ajouta Daniel, elle est toujours dans nos pattes. C'est curieux, elle vient me voir dans mon labo me demander ce que je fais.

-Moi aussi elle vient me voir dit Sam, mais c'est toujours dans le cadre du travail. Je ne vois pas où est le problème. Elle est plutôt sympa !

-Colonel, gardez un œil sur elle.

-A vos ordres, mon général.

Belinda s'aperçut très vite que quelque chose avait changé. Daniel gardait sa porte fermée, Sam la regardait parfois d'un air étrange, et elle ne pouvait pas faire trois pas sans tomber sur le colonel. Auraient-ils des doutes ?

Il était peut-être temps de passer à la phase B.

Elle envoya un message à Shou, lui expliquant la marche à suivre pour pénétrer dans le SGC. Pas besoin du code de l'iris, elle avait trouvé beaucoup mieux.

Cela prendrait deux ou trois semaines avant que Shou ne soit prêt. Cela lui laissait largement le temps de peaufiner son plan.

Elle sentait sur elle le regard de O'Neill, cela l'agaçait. Elle craignait d'être découverte.

Il ne la lâchait pas d'une semelle. A la fin n'y tenant plus, avec le style direct qu'elle prenait quand elle était en colère :

-Colonel, vous me suivez partout, il y a quelque chose qui ne va pas ? Où est-ce mon charme naturel qui vous intéresse ?

Elle eut la satisfaction de le voir un peu gêné. C'était sans doute la deuxième solution. Il doit me trouver à son goût pensa t-elle. Elle décida de pousser son avantage.

-On peut aller prendre un verre si vous voulez ?

-Volontiers dit-il

Au mess il n'y avait personne. Ils s'assirent à une table et Belinda vit à nouveau les poignets du colonel.

-Qu'est-ce qui vous est arrivé ? Demanda t-elle en prenant un air compatissant

-Un mauvais souvenir dit-il simplement.

-Je conçois que ça n'a pas dû être drôle !

Ils continuèrent à parler de chose et d'autres puis Belinda lança son pavé :

-Vous me surveillez n'est-ce pas ?

-Pas plus que quelqu'un de nouveau dans la base dit-il froidement. Son regard était dur et il cherchait à savoir ce qui se cachait derrière ce joli sourire.

Elle ne se démonta pas :

-Je vois, vous avez peur que tous ces jolis secrets ne filtrent au dehors.

-Il y a un peu de ça dit-il.

Elle décida d'interrompre là cette conversation :

-Je dois retourner au travail, si vous voulez bien m'excuser.

Daniel retrouva O'Neill.

-Alors cette surveillance ? Dit-il.

-Elle plus fine mouche que je ne pensais. Enfin, j'ai réussi à lui faire croire, que j'étais attiré par elle. Je ne sais pas si elle est dupe, elle a au moins fait semblant. Mais je ne lâche pas ma surveillance. Vous aussi soyez prudent, Daniel, je vais essayer d'en apprendre un peu plus sur elle.

Malgré ce qu'il laissait croire O'Neill n'était pas si mauvais que ça en informatique, il savait parfaitement se servir d'un ordinateur, et il passa son après-midi à parcourir les archives de l' Etat Civil, des différents organismes qui l'avaient employée, à la recherche de renseignements sur une certaine Belinda Lanquist. Il finit par trouver ce qu'il cherchait. Il en fit un tirage et mit le papier dans sa poche.

La mission suivante devait les conduire sur P8X435. Une mission de reconnaissance. Les images fournies par la sonde montraient une planète de type agricole, au climat tempéré. La porte n'était pas gardée et il ne semblait pas y avoir d'occupation Goa'uld.

-Autre chose sur cette planète ? Docteur Jackson dit Hammond.

-Il semble que la civilisation est de type 19ème siècle de la Terre. Ils n'en sont qu'au début de l'ère industrielle. Du naquada en quantité importante dans le sol, mais la planète n'a pas vu de Goa'ulds depuis plusieurs siècles.

-La planète regorge de naquada et il n'y a pas de Goa'ulds ? C'est étrange dit Sam.

-D'où tenez-vous ces informations dit O'Neill ?

-Ce sont les données de la sonde et de l'UAV.

-Et qui a trié ces données ?

-C'est le service de Belinda Lanquist.

-Je l'aurai parié dit O'Neill.

Le général Hammond le regarda avec inquiétude :

-Que se passe t-il colonel ?

-J'ai des doutes sérieux sur Mademoiselle Lanquist. Et il sortit une feuille de sa poche.

-J'ai fait quelques recherches…

-Vous avez fait des recherches Jack ! Se moqua gentiment Daniel.

O'Neill ne répliqua pas et se contenta de jeter un regard noir à Daniel qui se tassa sur son siège.

-Mon général, j'ai fait une recherche sur les établissements fréquentés par Belinda. Tout ce qu'elle a dit est exact.

Ah vous voyez bien, sembla dire le regard de Sam.

-Le seul problème mon général, c'est que Belinda Lanquist est décédée il y a six mois.

-Décédée ! J'avais pensé à tout sauf à cela, dit Daniel. Alors dans ce cas qui est cette personne ?

-C'est ce que nous devons découvrir dit Hammond. Je suspends la mission sur P8X435, et je vais demander au docteur Frazier le dossier médical de la jeune femme.

Sam était restée silencieuse pendant tout ce dialogue, elle s'en voulait un peu de son manque d'objectivité, sans la clairvoyance de Daniel et de O'Neill, le SGC courait à la catastrophe.

-Ne la prenez pas de front, surtout dit le général Hammond. Tant qu'elle ne se méfie pas, nous pourrons agir. Major, surveillez-là de près.

-A vos ordres, mon général.

Belinda fut furieuse quand elle apprit que la mission était annulée. Elle y avait préparé avec l'aide de Shou, un si beau piège pour eux ! Quelle déception !

-Pourquoi la mission est-elle annulée demanda t-elle à Sam dans la soirée, il y avait un problème ?

-Nous voulions simplement préciser quelques informations lui répondit–elle.

-Quel genre d'informations ?

-Et bien dit Sam en hésitant un peu, c'est une planète qui regorge de naquada et apparemment il n'y a pas de Goa'ulds.

Dans ses quartiers Belinda tournait comme un ours en cage. Ils avaient déjoué ses plans ! Quelle erreur avait-elle faite ? Elle se fit une injection pour se calmer. Elle ne pouvait pas réfléchir au milieu d'humains si elle ne se calmait pas.

Elle s'allongea un instant le temps que la drogue agisse. Il était temps d'avancer son programme. Tant pis, elle ne devait pas prendre le risque de tout rater.

Elle reprit contact avec Shou et lui dit d'agir la nuit même. Elle lui donna l'heure qui convenait le mieux 3 heures de la nuit. Les noctambules de la base étaient couchés et les lève-tôt pas encore. C'était le bon moment.

Elle retourna à son poste et mit la touche finale à son plan. Personne ne se doutait de ce qui allait déferler au cœur de la nuit.

Les alarmes restèrent silencieuses. La porte des étoiles fut ouverte, mais elle était enfoncée si loin dans la montagne que les vibrations n'atteignirent pas les étages supérieurs. Les techniciens de service n'avaient pas été oubliés dans le plan de Belinda, elle les neutralisa elle-même. Elle descendit l'escalier qui menait à la porte et seule dans sa puissance retrouvée, elle accueillit Shou et ses jaffas qui entraient dans la base, par une porte dont l'iris avait été neutralisé. Elle eut un petit sourire de triomphe quand elle vit Shou.

-Vois-tu, je t'offre la Tauri sur un plateau.

-Qui es-tu ?

-Bastet, bien sûr dit-elle de sa voix retrouvée. J'ai du changer mon apparence, ils m'avaient vue et me connaissaient.

-Il ne t'on pas reconnue, ricana Shou ?

-Non, mais j'ai du avancer mes plans, car ils commençaient à avoir des doutes. Je les ai entendus parler du NID. Ils s'imaginent que j'appartiens à cette ridicule organisation ! Combien as-tu de jaffas ? Dit–elle en jetant un regard étonné aux quelques hommes qui entouraient le dieu.

-Tu m'as obligé à partir plus tôt, je n'ai pu avoir que cette dizaine de soldats, mais ils peuvent faire beaucoup de dégâts, et j'en aurai d'autres dès demain.

-Attention, dis à tes hommes de ne faire aucun bruit, il faut qu'on les surprenne chacun dans leur quartier. Tu as apporté ce que je t'ai demandé ?

-Oui, avec ça ils dormiront suffisamment longtemps pour que nous puissions nous emparer de la base.

-Bien dit Bastet, commencez à répandre le gaz dans les systèmes d'aération. Tu dis bien que les Goa'ulds et les Jaffas ne seront pas touchés ?

-C'est un gaz qui n'agit que sur les humains. Nous serons protégés par nos symbiotes.

Le gaz se répandit dans toute la base. Il filtra dans les quartiers, tous les recoins en furent imprégnés. Tout le monde dormait profondément.

-L'effet dure combien de temps ? Demanda Bastet.

-Une heure environ.

-C'est suffisant, je veux voir tous les responsables Hammond et SG1 surtout, ligotés devant moi et à mes pieds. Allez me les chercher, dit-elle aux jaffas.

Bientôt quatre personnes furent amenées, ligotées aux pieds de la reine,

-Où est le major Carter ? Dit Bastet, furieuse.

-Nous ne l'avons pas trouvée, elle n'était pas dans ses quartiers.

-Trouvez-là.

Les prisonniers reprenaient conscience, ils se retrouvèrent bientôt à genoux et la tête lourde.

-Vous êtes plus malins que je ne pensais Tau'ris, mais là c'est moi qui triomphe.

-Qui êtes-vous dit Hammond ?

-Silence Tau'ri !

Et se tournant vers Shou :

-Tout m'appartient, l'informatique n'a plus de secrets pour moi.

Elle donna un grand coup d'arme de poing à Daniel qui fut projeté en l'air et retomba lourdement sur le sol

-C'est pour avoir émis des doutes sur ma personne, Tau'ri !

Belinda avait retrouvé toute son agressivité, sa personnalité de Goa'uld un moment bridée par les drogues, reprenait toute sa rage et son arrogance. Elle les haïssait ces Tau'ri qui s'étaient méfiés d'elle, surtout Daniel Jackson, par dépit elle lui octroya un coup de pied dans le dos, qui le fit gémir de douleur.

Carter n'était pas couchée quand l'attaque eut lieu. Dès qu'elle entendit des bruits suspects, elle éteignit la lumière dans son labo, Elle tâtonna et trouva son portable. Elle avait un numéro d'urgence à faire en cas d'attaque. Elle sortit dans le couloir et rapidement alla à l'armurerie dont elle avait le passe magnétique. Elle prit deux zats quelle mit dans sa ceinture et avec beaucoup de précaution elle se dirigea vers la porte des étoiles. Elle entendit les voix, et respira un gaz qui l'étourdit un peu mais ne la fit pas s'évanouir. Un poison goa'uld pensa t-elle. Elle composa le numéro, dans exactement dix minutes une équipe de secours passerait par les puits à l'extérieur de la base, et une trentaine d'hommes armés jusqu'aux dents et déterminés envahiraient la base, telles des ombres silencieuses.

Elle se glissa dans les couloirs, prit les ascenseurs qui fonctionnaient et monta sans se faire voir jusqu'à la surface où elle attendit les soldats qui devaient venir en renfort.

La porte des étoiles s'était refermée, la situation était délicate pour le SGC. Il n'y avait plus d'iris en état de marche. Une vingtaine de personnes étaient attachées aux pieds des dieux. Bastet tournait comme un lion en cage, elle fulminait :

-Tu ne pouvais pas amener plus de jaffas !

-Imbécile ! Pourquoi as-tu démarré ton attaque si tôt. Tu ne pouvais pas attendre !

-Attendre quoi, qu'ils m'aient démasquée ! Ils sont loin d'être idiots, tu sais dit-elle en proie à une fureur noire.

Ils se disputaient se rejetant la responsabilité de leur situation délicate.

Au même moment la porte s'ouvrit, à nouveau.

Quelques jaffas supplémentaires arrivèrent en renfort. Bastet fit conduire Hammond et SG1 en cellule. Elle se les réservait. Shou prit la tête de la troupe et les combats commencèrent quand les hommes venus de la surface entrèrent dans la bataille.

Dans la cellule, ils étaient trois : Hammond, O'Neill et Daniel. Elle avait fait mettre Teal'c dans une autre cellule, elle ne voulait absolument pas lui parler. Elle se réservait le privilège de le tuer de ses propres mains dans d'horribles souffrances.

Tandis que les combats faisaient rage, elle ne put résister à l'envie de les voir tous les trois à ses pieds.

Hammond était assis, O'Neill tournait comme un ours en cage, et Daniel se prenait la tête dans les mains, à la recherche d'une solution.

-Alors on fait moins les fiers maintenant ! Prisonniers dans votre propre base. A genoux !

Le jaffa, qui l'avait accompagnée, les poussa pour qu'ils tombent à genoux.

Daniel courageusement prit la parole :

-Excusez-moi, mais maintenant que nous savons que vous êtes la plus forte, on aimerait bien comprendre.

Bastet comme tous les Goa'ulds était très orgueilleuse, et elle ne put s'empêcher d'être flattée de la question de Daniel.

-Comprendre quoi ? Pauvre Tau'ri !

-Vous avez voulu remonter dans le temps ?

-Je l'ai fait mais ça n'a pas marché comme je voulais. Mes agents ne vous ont pas tués, toi l'archéologue, le colonel et le major !

-C'est pour ça qu'on a fait des rêves bizarres ? Poursuivit Daniel, toujours à genoux :

-Quels rêves ?

-Moi j'ai rêvé que je n'étais pas blessé dans l'accident qui a coûté la vie à mes parents.

-Tu te rappelais simplement la première histoire dit-elle. Je venais sans doute de faire le changement et le basculement a fait réagir ton subconscient.

O'Neill ne disait rien il ruminait un moyen de s'échapper, mais à genoux ce n'était pas facile.

Sam était redescendu au cœur de la base et ne participait pas au combat, elle avait vu les gardes emmener SG1 et le général, et avait repéré les cellules dans lesquelles on les avait enfermés

Grâce à quelques coups de zat elle les délivra, sans difficulté. Pendant ce temps, les combats faisaient rage dans toute la base, mais les jaffas n'étaient pas assez nombreux. Il y eut des morts des deux côtés, mais l'avantage resta au SGC.

Shou et Bastet avaient perdu, grâce à Sam qui protégée par le naquada de son sang, avait pu donner l'alerte à temps.

Ils furent enfermés chacun dans une cellule de force.

-Qu'allons-nous faire d'eux ? Demanda Daniel une fois l'ordre revenu.

-C'est un problème dit Sam en se tenant le bras, elle avait reçu un coup de lance qui lui avait effleuré l'épaule et sortait juste de l'infirmerie.

-Si seulement ils avaient pu être tués dans la bagarre, ça nous aurait arrangés dit O'Neill.

-Nous allons les garder un moment ici, le temps que la situation se détériore sur leurs planètes respectives, dit Hammond. Après on les renverra chez eux, et ils tomberont sur un Goa'uld qui aura pris possession de leurs biens. A mon avis il ne faudra pas attendre très longtemps.

-C'est une excellente idée général Hammond, répondit Teal'c. Je connais un certain Tarant qui ne demande pas mieux que de se placer sur les rangs. Et puis si Tarant n'a pas les épaules assez solides, il y en aura d'autres qui arriveront pour se repaître des dépouilles des vaincus.

-Vous ne dites rien colonel, demanda Hammond en se tournant vers O'Neill, vous êtes bien pensif.

-Oui je regrette qu'on ne puisse pas s'occuper nous-mêmes de ces Goa'ulds.

Et puis je n'aime pas trop les savoir sous nos pieds, si proches. Pour moi un bon Goa'uld est un Goa'uld mort.

Hammond fit la grimace, la réflexion de O'Neill ne lui plaisait pas, mais il regrettait aussi qu'on ne puisse pas les passer en jugement.

Après un instant de silence, O'Neill reprit :

-Mon général, j'aimerais bien repartir en mission.

Hammond sourit, il avait vu le docteur Paris, qui lui avait dit qu'O'Neill n'était pas très régulier aux séances de psychothérapie.

-Colonel, vous savez bien que cela ne dépend que de vous.

-Comment ça de moi ?

Le général haussa légèrement le ton :

-Allez à vos entretiens régulièrement, et disons que dans un mois ou deux, vous serez prêt !

-Un mois ou deux, vous plaisantez mon général !

-Le général ne plaisante jamais sur ces choses, Jack, vous le savez bien, dit Daniel ironiquement.

-Oh vous ! Ne vous en mêlez pas ! Dit O'Neill en le fusillant du regard. Il chercha une aide morale du côté de Teal'c qui resta impassible et du côté de Carter, qui lui fit une grimace d'impuissance, assortie d'un petit sourire moqueur qui le rendit furieux.

-Mon général, si vous le permettez, j'aimerais prendre congé.

-Naturellement, et je peux savoir où vous allez ?

-Mais à l'infirmerie mon général, dit Jack d'un ton lugubre, où voulez-vous que j'aille ?

Et il sortit pour ne pas entendre le rire moqueur de Daniel.

Quelques mois plus tard, deux prisonniers passèrent la porte des étoiles en direction d'Almadon. Et selon les prévisions de Hammond, l'empire des deux alliés Goa'ulds était entre les mains d'un seul : Baal, qui a la réception de ces deux colis encombrants, s'empressa de les faire exécuter.

Ainsi se terminèrent les règnes de Shou et de Bastet, dans la honte et le déshonneur.

FIN

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