Bonsoir tout le monde!
Depuis le temps que j'en parle de la soirée de Thanksgiving, je l'ai enfin écrite!
Il était temps, non?
James est de retour dans ce chapitre, pour votre plus grand bonheur, avec un petit POV, je n'avais pas la tête à en faire un sadique, bien qu'il y a une part morbide dedans, évidemment.
Je crois que je vais créer des pièces spécial pour torture.
Avec Tanya, Renée, Phil et Jacob, ma chambre commence à être un peu trop petite pour tout ça!
Alors attention, ce chapitre va changer le cours de l'histoire entre Bella & Edward, voir tout à la fin de ce chapitre. Je ne vous en dit pas plus, mais j'ai hâte de lire vos impression. =)
Petit mot aussi pour vous dire que ma bêta part en vacances bientôt, et je n'aurais sûrement pas écrit un chapitre d'ici là, donc celui-ci sera le dernier avant un peu près un mois. Je sais, longue attente, mais c'est mieux un chapitre sans faute, non?
Réponses aux personnes sans compte:
-Martine 16: Jacob est un salaud, n'ayons pas peur des mots! J'ai hésité à faire revenir Edward ou non... Bisous!
-z'ooo et Sam: Merci beaucoup!
-Elo: Ça me fait énormément de bien d'écrire, c'est peut-être pour ça que tu trouves mes fictions super. Après, je ne sais pas. Jacob et Tanya sont 2 cas désespérés, et pas sûr qu'ils en restent là. C'était pas prévu du tout le dialogue entre Rosalie et Bella, mais heureuse que ça ait plu comme même! ;) Bisous!
-crazybells: J'ai pas arrêté le poulet sur le feu? M****! J'ai pas fait attention, j'ai cru que je l'avais stoppé... Je vais rectifier ça de suite! Vicieuse un jour, vicieuse toujours! Lol. Pour ce qui est de la fin triste, c'est à voir, même si je sais comment ma fiction va finir. Il faudra lire la fin pour savoir si ma réputation de sadique tiens la route ou non... Bisous!
-oceanny: Merci beaucoup pour l'intérêt que ton porte à ma fiction. Bisous!
-Mademoiselle Porcelaine: Bonjour nouvelle lectrice! Merci de tout tes compliments, c'est super sympa, ça me touche. Tout dépend de la fin que chaque veut, mais je ne peux rien te dire – comme tu t'en doute – mais elle peut être surprenante... A bientôt!
-Clz: Salut! Merci beaucoup pour ta fidélité et être aussi fan de ma fiction. C'est très gratifiant. A bientôt!
Merci infiniment à: Liline57, Martine 16, z'ooo, mamoure21, chewbacca77, Elo, Em 81, Puky, Grazie, Aliiice, Liliex7, Mayawa, MyriamSM, caropat07, AnaïsB, oceanny, crazybells, Sam, Sloubi, Mademoiselle Porcelaine, SandJr, Anais88 et Cendrillon49 pour vos reviews.
Merci infiniment à: siloechat, Tiger281282, ninimem, SweetBloody, SoSweetySoCrazy, Soleilvert, doudou90, olivia59350, Megy-vampire, Amaya007, ChloeJJ et Love-read pour m'avoir mise en story alert, favorite story ou author alert.
Un GRAND merci à ma bêta, Phika17, qui a du courage de passer derrière moi! (L)
Bravo à caropat07, qui a trouvé ce que Rosalie voulait dire à Bella!
Petite parenthèse: J'ai été voir « Harry Potter et les reliques de morts partie 2 » au cinéma, le jour même, et mon Dieu c'était trop bien! J'ai pleuré avec ma meilleure amie qui était à mes côtés quand certaines personnes mouraient (Je ne dirais rien pour ceux qui n'ont pas lu les livres ou vu au cinéma). C'était vraiment trop bien, mais je suis triste que tout cela soit fini... Harry, on t'aime!
Disclamer: Tout les personnages appartiennent à SM.
Bonne lecture,
Clairouille59.
Chapitre 22: Thanksgiving
Mercredi 25 novembre 2010
POV James
Une avancée?
Le tueur qui sème la terreur auprès des jeunes filles de la ville de Forks, se situant dans l'état de Washington, peuvent-elles reprendre une vie normale? En tout cas, c'est ce que pense beaucoup d'habitants suite à trois nouvelles victimes retrouvées à Port Angeles, Olympia et Lacey, des villes très proches de Forks. Les autorités ont confirmé très tôt ce matin, dont le chef de la police de Forks, Charlie Swan, que c'est très probablement le même tueur à cause du même mode opératoire et de la similitude avec les victimes. De plus, nous avons été informés que l'enquête avait fait un bond suite au témoignage d'une personne qui se trouvait au restaurant où la jeune femme Laura (Nom modifié) travaillait à Port Angeles, avant d'être retrouvée morte le lendemain. Nous n'avons pas pu savoir en quoi s'agissait cet indice, mais le chef Swan confirme le fait que ça aidera l'enquête. Mais la question sur la sécurité des jeunes femmes n'a pas été résolue, maintenant que le tueur semble se déplacer vers un endroit bien précis, et la population, aux alentours de cette petite ville, commence à s'affoler. Devrions-nous prendre peur, nous jeunes femmes habitants dans l'état de Washington, se méfier de tout inconnu à cause de cet homme qui ne semble pas vouloir en finir avec sa route macabre?
Je jetais mon journal dans une poubelle et continuais ma marche dans les rues de la ville. Je ne saurais dire le nom de ce patelin, mais ce que je retenais c'est que je ne trouvais pas mon bonheur dans toute cette masse de femme. Aucune n'attirait un peu mon attention, et je commençais à m'ennuyer drôlement, quoique l'article m'avait fait sourire. Comme s'ils allaient m'attraper! Ah! Et puis, ce témoignage ne servira strictement à rien, je faisais toujours attention à mes arrières, et je ne vois pas en quoi ça changerait. Je trouverais le moyen de parvenir à mes fins, coûte que coûte.
Lentement, je flânais dans les rues, et lorsque mes yeux trouvèrent un parc, je décidais d'y faire un tour. Je n'avais rien d'autre à faire de toute façon. C'était d'un ennui ici, il n'y avait aucune femme qui ressemblait à elle, aucune qui ne pourrait me satisfaire. Je commençais à être de plus en plus frustré, surtout que Thanksgiving approchait, et que je devrais rentrer à Seattle pour rejoindre ma tendre et douce Victoria. Qu'est-ce que je ne ferais pas sans elle. Elle était mon roc parmi ce monde.
Je regardais des adorables enfants gambader et jouer, insouciants face au danger du monde qui les entourait. Que d'innocence! C'était hilarant. Je me délectais de voir ces innocentes créatures vagabonder dans l'herbe quand mon regard fut accaparé par une charmante jeune femme, accompagnée d'un petit garçon. Je fis abstraction de ce dernier, et fixais intensément cette beauté renversante. Magnifique! Elle était assez grande pour une femme, de longs cheveux bruns cascadaient dans son dos, des yeux marrons et une chute de reins à bannir les Dieux de cette Terre. Son corps semblait m'appeler, alors que ses courbes me faisaient face. Une poitrine généreuse, un ventre plat, de longues jambes, un cul rebondi et une silhouette qui faisait réagir mon corps plus qu'il ne l'était permis. Parfait!
Je réfléchis quelques instants à un plan pour l'approcher, mais ce fut comme si Dieu était avec moi, parce qu'elle parla sérieusement à son fils, avant de s'écarter de lui, qui repartit jouer, et d'aller vers les voitures garées non loin de là. Merci Seigneur! Je me levais, étant un peu mal à l'aise par l'érection naissante qui s'installait dans mon pantalon et la suivis. Elle s'arrêta devant une BMW break et ouvris son coffre, cherchant quelque chose de particulier. Je regardais autour de moi, pour voir les passants qui ne firent aucunement attention aux gens autour d'eux. Je sentis l'excitation couler dans toutes les veines de mon corps, alors que dans ma poche de manteau, j'agrippais le couteau familial. Je me glissais derrière elle, aussi silencieusement qu'un chat et respirais son odeur envoûtante. Hum, elle sentait bon. Puis, je m'approchais jusqu'à ce que son corps frôle le mien, la faisant se tendre. Elle se retourna vers moi, écarquillant les yeux à ma vue.
-Est-ce... Est-ce que je peux... vous... vous aider? Bafouilla-t-elle, visiblement anxieuse.
-Je crois bien que oui, ma jolie, si on allait faire un tour?
Vendredi 27 novembre 2010
POV Edward
Choc et colère. Voilà les deux mots qui résument le mieux ce qui s'est passé il y a 9 jours exactement.
Le choc, car je ne m'étais pas attendu à ça en entrant dans mon appartement, bien au contraire. Toutes les thèses possibles avaient traversé mon esprit, aussi morbides les unes que les autres, mais sûrement pas le fait que Bella embrasse un homme, chez nous. Je crois que mon cerveau s'était déconnecté pendant plusieurs secondes, avant que mon corps ne prenne les commandes. Ils avaient tout deux reculer l'un de l'autre, un peu sonné par mon intrusion et j'avais été déboussolé par le fait que Bella avait le regard triste à mon égard. Pleins de questions m'avaient assailli avant de me demander si quelqu'un ne lui avait pas dit pour les sentiments que j'avais pour elle. Mon coeur avait redoublé d'intensité, avant que je lâche ce que j'avais dans les mains, oubliant totalement ce que c'était, et de m'enfuir, comme un lâche.
Puis, de la colère, une minute après, à tout cassé, en attendant Bella crier mon nom. Je n'avais pas réfléchi, et j'avais foncé jusqu'à mon appartement. Même si le choc était toujours là, même si j'étais encore perturbé, ou triste, de ce que je venais de voir, le son de la voix de Bella m'obligeait à faire demi-tour. Elle avait peur. Et ce que je vis me donna raison, ce salaud était sur le poing de la frapper, ayant sûrement reçu un coup, car il se tenait la mâchoire. La rage s'était emparée de moi, je n'avais pas réfléchi une seconde, avant de lui tordre le bras et de lui ordonner de partir. J'aurais voulu lui faire mal, comme il l'avait fait à Bella, mais une partie de mon subconscient me rappela que Bella était là, terrifiée sur le sol de la cuisine. Et il était parti, laissant Bella dans la terreur. J'avais eu peur qu'elle ne me reconnaisse pas, mais, elle par chance, elle m'avait laissé la mettre dans son lit sans trop de mal.
Je pouvais encore voir la douleur dans ses yeux, cette confiance qu'elle m'accordait, et quand elle était venue se blottir contre moi, cherchant un peu de réconfort, j'en avais été troublé. Aucune femme ne m'avait touché à ce point. Alors, je l'avais bordé, caressant ses cheveux et fredonnant une mélodie qui me venait en tête, à chaque fois que mes pensées dérivaient vers elle. Et lentement, elle s'était endormie contre moi. Je ne savais pas combien de fois j'avais rêvé de ça, mais j'aurais préféré que ça se passe en d'autres circonstances, surtout après que je dus appeler Emmett, pour lui dire...
Flashback, 9 jours plus tôt
Elle s'était endormi, mais la rage était toujours présente en moi. Ce connard avait osé la toucher de ses sales pattes de cabot puant! Je ne sais pas ce que j'aurais fait si Bella avait été dans une autre pièce... Je fermais les yeux et reprenais une respiration normale, afin de ne pas réveiller Bella. Elle avait besoin de dormir, après ce qu'elle avait vécu. Doucement, alors que ça me coûtait de faire ça, je détachais sa main de mon pull et reculais d'elle, alors qu'elle gémissait de frustration. Nom de Dieu, qu'est-ce que je ne donnerais pas pour rester là! Me blottir contre elle, sentir la chaleur de son corps, entendre sa respiration lente, sentir son odeur de freesia et de fraise... Je ferais n'importe quoi pour elle, littéralement.
Il était un peu plus de 21h30, quand je réussis à m'extraire de ce lit qui m'appelait à grand cri, mais pour Bella, et surtout pour que ce connard ne revienne plus, je devais prévenir son frère. Charlie n'était pas en ville, et je n'étais pas sûr qu'il réponde de suite, alors qu'elle avait besoin de sa famille autour d'elle. Il allait le payer ce salaud de première! Je pris mon portable dans la veste de ma poche, et filai vers le salon, après m'être assuré que Bella dormait toujours, me délectant quelques secondes de ce spectacle dont je ne me passerais jamais, j'appuyais sur la touche appel, de mon téléphone, en soufflant longuement pour me détendre. Au bout de 3 tonalités, Emmett répondit:
-Allo?
-Salut, Emmett, c'est Edward. Comment ça va?
Commençons par quelques paroles basiques, avant d'entrer dans le sujet.
-Je suis au boulot, alors ça peut aller. En quoi ai-je l'honneur de ton appel?
-Euh... Est-ce que tu pourrais te libérer, ce soir? M'enquis-je, peu sûr de moi.
-Qu'est-ce qui se passe? Bella ne va pas bien?
De toute façon, je ne pourrais pas lui mentir bien longtemps.
-Elle aura besoin de toi, le plus vite possible.
-J'arrive.
Je n'eus pas le temps de rajouter un mot qu'il me raccrocha au nez, sans plus de cérémonie. J'aurais dû peut-être le prévenir? Et qu'il te tue par téléphone? Sûrement pas! Ouais, c'est mieux de lui dire en face. Profitant que Bella dorme, je rangeais un peu le bazarre qu'il y avait dans le salon, avec le fauteuil qui n'était pas à sa place, du tapis qui s'était enroulé, d'un ou deux verres qui s'étaient brisés par terre. J'eus le temps de faire le plus gros, tout en réussissant à me couper la main, et d'aller voir Bella qui s'agitait un peu avant que l'on sonne à l'interphone en bas, comme un forcené. Tu vas la réveiller, crétin! J'accourus vers le bouton pour l'ouvrir, quand je tombais sur la fleur que j'avais ramassé pour elle, à la fin de mon service. Avec ce que j'avais vu, je n'avais pas fait attention à elle. Doucement, alors que ses pétales tombèrent les uns après les autres, je la pris dans ma main, déboussolé par les événements.
-Dépêche-toi d'ouvrir cette porte, Edward! Cria Emmett, de l'autre côté.
-Mais tais-toi dont! Le réprimanda une voix féminine. Ils ne sont pas tout seul dans l'immeuble!
Rosalie? Mais qu'est-ce qu'elle fichait ici?
-Mais qu'est-ce que je m'en balance des autres! Bella est...
Je ne lui laissais pas le temps de continuer sa phrase, parce que j'ouvris la porte sur eux, après avoir jeté la fleur à la poubelle. Je pus remarquer qu'Emmett était toujours en tenue de pompier, la mine furieuse, alors que Rosalie semblait être en chemise de nuit sous son manteau d'hiver. Emmett me poussa et entra dans mon appartement, cherchant Bella du regard. Rosalie fut plus douce, mais tout aussi inquiète.
-Où est-elle? Où est Bella! Beugla son frère.
-Tu veux bien arrêter de hurler? Grondai-je, en fermant la porte sur Rosalie. Elle dort pour l'instant, ne la réveille pas.
-Edward, chuchota mon amie, est-ce qu'elle va bien?
Je passais une main dans mes cheveux, nerveusement. Emmett me jeta un regard noir, tout en faisant les cent pas dans mon salon. Il me donnait mal à la tête celui-là!
-Ce n'est pas à cause de sa maladie, mais d'autre chose, les informai-je. Et arrête de tourner en rond, tu me donnes mal à la tête, Emmett!
-Dis-moi ce qu'elle a mon Dieu! Siffla-t-il entre ses dents. Si tu lui as fait quelque chose, tu...
-Emmett! S'offusqua Rosalie. Edward ne lui fera jamais rien voyons, sinon crois-tu qu'il t'aurait appelé? Maintenant, assis-toi et je ne veux plus t'entendre jusqu'à ce qu'il nous ait dit ce qu'il s'est passé, c'est clair?
Il grogna mais abdiqua en s'asseyant et prit sa tête entre ses mains. Je n'osais imaginer ce qu'il lui traversait l'esprit en ce moment. Déjà que j'avais l'impression qu'une irruption volcanique s'était logée en moi, alors lui...
-Merci, Rose, soufflai-je.
-Raconte ce qui s'est passé, Edward, tu nous inquiètes là.
Je pris ma respiration et fermai les yeux, faisant abstraction du fait que la colère reprenait le dessus sur mon corps. Reste calme, Edward, pour Bella. Pour Bella.
-Quand j'ai fini mon service ce soir, vers 20 heures, je revenais vers mon appartement, et quand j'étais devant ma porte, j'ai entendu du bruit. J'ai cru que Bella faisait une crise, ou je ne sais quoi, mais quand j'ai ouvert, elle... elle était en train d'embrasser un homme.
-ELLE A QUOI? Tonna un Emmett rouge de colère.
-La ferme! Lui ordonna Rosalie. Donc, Bella embrassait quelqu'un?
-Oui, enfin c'est ce que j'ai cru, alors je suis parti, j'étais un peu sous le choc à vrai dire, mais rapidement, Bella a hurlémon prénom, elle semblait complètement paniquée. Quand je suis revenu, ce crétin a voulu la frapper, alors je me suis interposé et l'ai foutu dehors. Elle était complètement effrayée par ce qu'elle venait de vivre, elle pleurait et s'accrochait à moi comme à une bouée de sauvetage. Tout ce qui m'est venu à l'esprit, c'est de la coucheret de la faire dormir.
Quand j'eus fini de parler, Emmett transpirait de rage et ça faisait vraiment peur à voir. Ses 90 kilos de muscles ressortaient encore plus avec son uniforme. Je savais qu'il ne fallait pas toucher à sa sœur, c'était trop précieux à ses yeux. Et moi dont! Rosalie, elle fermait les yeux, les poings crispés sur ses genoux. Elle n'aurait pas dû revenir, ça lui rappellerait de mauvais souvenirs.
-Est-ce qu'il a tenté autre chose sur elle? Marmonna Emmett.
-Non, je ne pense pas, avouai-je, mais il en a fait beaucoup trop à mon goût.
-Mon Dieu, mais qu'est-ce qu'elle a bien pu faire pour que le ciel lui tombe sur la tête? Sanglota Rosalie, surprenant Emmett par la même occasion. Seigneur...
Elle éclata en sanglots, et avant que je ne pus faire le moindre geste, Emmett avait enroulé ses bras autour d'elle, lui caressant les cheveux, tendrement. Je détournais le regard, me sentant de trop tout à coup. J'aurais aimé faire pareil avec Bella, sans qu'il y ait d'ambiguïté entre nous.
-Calme-toi ma chérie, murmura Emmett, ce n'est rien, elle va s'en remettre. Bella n'est pas ma sœur pour rien, n'est-ce pas?
-Je sais, excuse-moi.
-Ce n'est rien, tout va bien maintenant.
Rosalie renifla et prit un mouchoir dans son sac, en me jetant un regard rempli de tristesse. Je n'arriverai jamais à oublier ce que Royce lui avait fait, même après 50 ans.
-Je te remercie, pour ce que tu as fait pour Bella, me dit Emmett. Sincèrement.
-Il n'y a pas de quoi, murmurai-je. Sache que ta sœur compte... beaucoup pour moi.
Il se renfrogna. Tu n'aurais pas pu te taire, crétin? Maintenant, il va te faire la peau!
-Ouais, j'ai remarqué ça, grogna-t-il, je ne suis pas idiot. Mais si tu lui fais du mal, je te jure que même ta propre mère ne te reconnaîtra pas après que je t'aurais passé à tabac, c'est clair?
Quoi? Lui aussi le savait? Mais comment j'avais fait pour me mettre dans un pétrin pareil, moi?
-Emmett, je...
-Non, je ne veux rien savoir! Trancha-t-il. Je veux juste qu'elle soit heureuse, même si c'est avec toi, mais n'oublie pas ce que je t'ai dit, à la moindre larme, je te pète ta gueule.
Je voulus répliquer, dire que Bella ne m'aimait pas donc qu'il pouvait garder ses poings au chaud, mais Rosalie me lança un regard étrange et menaçant. Ouvre la bouche, et tu le regretteras! Je levai un sourcil, mais elle détourna rapidement les yeux, esquissant un sourire aux lèvres. Comment pouvait-elle passer des pleurs aux rires?
-A quoi ressemblait, ce connard? S'enquit le frère de Bella.
Je me grattais la tête, essayant de me souvenir des caractéristiques qu'il avait.
-Hum... Grand, musclé, les cheveux noirs, la peau mâte, énumérai-je.
Je vis Emmett se tendre et se retourner lentement vers moi, alors qu'il avait le regard plantait dans la vue de ma fenêtre.
-Tu es sûr de ce que tu dis? Cheveux noirs et peau mâte?
-Oui, bien sûr. Pourquoi?
-PUTAIN DE MERDE! Hurla-t-il. JE VAIS L'ENVOYER À LA MORGUE, CE FILS DE PUTE!
Il s'était déjà levé, respirant difficilement et repoussa Rosalie qui voulut le calmer avec ses faibles moyens. Il le connaissait? Il voulait l'envoyer à la morgue? Mais qu'est-ce que..?
-Oh mon Dieu, soufflai-je. C'était l'ex de Bella?
-Jacob? S'étonna Rosalie. Jacob Black?
-Il va s'en mordre les doigts, je vais le buter cet enfoiré! Je vais le réduire en charpie, le faire saigner et...
Un cri dans ma chambre coupa son monologue morbide. Bella! Je laissais les deux autres en plan, et accourus jusque dans ma chambre, où Bella était assise dans mon lit, les yeux rougis, tremblante. Je m'approchai lentement, pour ne pas l'affoler.
-Calme-toi, Bella, tout va bien, murmurai-je près d'elle, tu es en sécurité, tu te souviens? Il est parti, il ne te fera plus aucun mal.
Son regard rencontra le mien, et mon coeur se fissura en deux en découvrant toute la douleur que j'y voyais. Comment avait-il pu faire une chose pareille? Elle hoqueta et chercha ma main, que je lui tendis sans aucune forme d'hésitation. Jasper m'avait souvent dit qu'avec des personnes ayant reçu ce genre de sévisse, il fallait être patient, ne pas les brusquer et les laisser contrôler. Derrière moi, j'entendis Rosalie murmurer à son cher et tendre qu'il ne fallait pas la brusquer, et me laisser faire. Pour ma part, j'étais tellement accaparé par le regard de Bella, montrant toute sa peine, que je n'osai faire le moindre geste à son égard. Doucement, je fis de petits cercles à l'aide de mon pouce, sur la peau tendre du dos de sa main, montrant qu'elle n'était pas seule et qu'il ne la toucherait plus jamais. Si je le revois, je le démembre! La porte se referma derrière eux, me laissant seul avec Bella. Des larmes coulèrent sur ses joues, et je dus me faire violence pour ne pas la prendre dans mes bras et les essuyer. Mais elle ne sembla pas de cet avis, car elle se dégagea des couvertures et plongea sur moi, m'obligeant à me retenir sur le matelas. Elle pleura à chaudes larmes dans mon cou, alors que je l'encerclais de mes bras, lui chuchotant des paroles bienveillantes à son oreille. Son odeur envoûta mes sens, et je fermais les yeux en enfouissant mon nez dans ses cheveux, avec un bonheur infini. J'aurais tellement voulu que ça se passe autrement, que je la rencontre dans un parc, un magasin ou dans un bar, qu'importe, mais le destin avait été si cruel envers moi, envers elle surtout, que je ne pus m'obliger à le haïr de tout mon être. Elle n'aurait jamais revu sa mère, ni Jacob si elle n'avait pas une tumeur au cerveau, rien de cela ne serait arrivé. Bella aurait pu vivre une vie heureuse en parfaite santé. Au lieu de ça, elle était dans mes bras, en train de pleurer parce que son ex avait voulu la frapper, et sûrement plus si je n'étais pas intervenu.
-Est-ce que tu veux quelque chose? Tu as soif? Faim? Murmurai-je.
Elle secoua négativement la tête, refusant de me lâcher.
-Très bien, mais tu dois prendre tes médicaments. Tu veux me lâcher pour que j'aille les prendre?
Elle refusa d'un signe de la tête. Malgré moi, je me sentis sourire. Je ne pouvais nier que de sentir son corps, sa chaleur et son odeur contre moi faisait battre mon corps de façon déraisonnable, et le fait qu'elle ait assez confiance en moi pour me laisser la toucher nourrissait mon égo. Tu n'es qu'un crétin, Cullen. Vu que Bella refusait de me laisser, je me remis sur les pieds alors qu'elle enroulait ses jambes autour de ma taille. Je pris ses comprimés sur son bureau, et la bouteille d'eau se trouvant à côté.
-Ne bois pas trop vite, lui conseillai-je, alors que je lui tendais le tout.
Elle se soutint par les jambes et avala rapidement ses cachets, avant de laisser la bouteille choir sur le bureau, et revenir contre moi. Ne pouvant la laisser dans un tel désarroi, et ne me sentant pas capable de faire ça, je me mis dans mon lit, sur mon dos, l'obligeant à détacher ses jambes de ma taille. Distraitement, mes doigts trouvèrent ses cheveux emmêlés, et je jouais avec, alors que mon autre main s'était placée en bas de son dos, sagement. Avec ses médicaments, elle ne devrait plus tarder à s'endormir de nouveau. Au moins, quand elle dormait, elle ne pensait pas. Bella appuya sa tête contre mon torse tout comme ses mains, se calmant peu à peu, complètement allongée sur moi.
-Tout va bien se passer, Bella, je te le promets, la rassurai-je. Tu n'es pas seule, ta famille est là.
-Tu es là, chuchota-t-elle.
-Et je suis là, confirmai-je avec un sourire. Je serais toujours là.
-Merci...
Puis, elle était tombée dans les limbes de l'oubli, en s'endormant sur moi, sereinement.
Fin du Flashback
Je m'étais endormi peu après, Rosalie avait laissé un mot sur le comptoir de la cuisine m'informant qu'elle n'était pas sûre de retenir bien longtemps Emmett et ses envies meurtrières, et qu'il avait appelé Charlie, qui reviendrait dans 2 jours. Le lendemain, et les jours suivants, Bella semblait aller de mieux en mieux, mais hors de question qu'elle reste seule dans mon appartement, il y avait toujours quelqu'un avec elle. Elle avait raconté ce qui s'était passé, que Jacob confirmait qu'il avait encore des sentiments pour elle et j'en passe des meilleurs. J'ai cru que Emmett allait exploser ma chaise quand elle nous avait raconté qu'il l'avait embrassé, croyant qu'elle voulait coucher avec lui. Croyez-moi, en cet instant, il n'a pas été le seul à vouloir la mort de ce Jacob Black. Mais elle nous avait fait promettre, comptant Jasper qui était venu en catastrophe, de ne rien lui faire et d'oublier cette histoire. Plus facile à dire qu'à faire. Et ne parlons pas de Charlie, qui était venu 2 jours plus tard, comme promis, les yeux injectés de sang face à son ancien gendre. Charlie avait pris discrètement son arme de service quand il eut pendu sa veste au porte-manteau. Je ne crois pas que c'était le moment qu'il aille en prison.
Heureusement, si je puis dire, 9 jours plus tard, Bella avait complètement oublié cet incident, jusqu'à redevenir elle-même et m'adresser la parole. Sur ce coup-là, j'en avais été plus que soulagé. J'allais au travail, sachant qu'il y avait quelqu'un avec elle, finissais ma journée, ou mes gardes, revenant chez moi en sachant qu'elle allait bien et, qu'avec l'aide de quelqu'un, elle avait fait à manger, et attendais qu'elle s'endorme pour plonger dans le sommeil à mon tour. Ce qui m'avait fait sourire, c'est quand, un soir, je m'étais mis au piano, pendant une journée de congé, voulant penser à autre chose qu'à mes futurs examens et mettant en pratique la mélodie qui me trottait à l'esprit depuis quelques semaines. Elle avait demandé si mes cours étaient toujours d'actualité, les joues rougies d'embarras. Depuis ce jour-là, chaque fois que je rentrais, j'essayais de lui remémorer Claire de lune de Debussy, jusqu'à ce que ses doigts, et son corps, ne nous obligent à arrêter. C'était les pires moments de la journée, quand sa maladie reprenait le dessus, et avec ses séances de Radiothérapie et de Chimio, ça n'allait pas mieux. Le soir après sa séance, je veillais sur elle, la voyant vidée de toutes forces, malade comme un chien, et se tortillant de douleur dans son lit. Plus d'une fois, j'avais voulu être à sa place.
-Cullen, tu ne devrais pas déjà être sur la route pour rejoindre ta famille? Me demanda Embry.
Je secouais la tête, me remettant les idées en place. Tout allait mieux maintenant.
-Oui, je devrais y aller, murmurai-je. Bon Thanksgiving à toi.
Il me sourit et je sortis des vestiaires, d'un pas trainant. Par je ne sais quel moyen, espérant que mon père n'y soit pas pour quelque chose, j'avais réussi à avoir ma soirée de libre pour Thanksgiving, si je travaillais à noël, ce qui ne me gênait pas plus que ça. Ma mère avait été folle de joie, quand je le lui avais annoncé hier soir, au téléphone, mais elle me rappela qu'aucun retard ne serait toléré. Étonnant. Mais même si j'étais heureux de fêter Thanksgiving avec mes parents, grand-père, que je n'avais pas vu depuis un bail, Jasper et Rosalie, je rechignais à laisser Bella. Pourtant, c'était idiot parce qu'elle serait avec son père et son frère, mais j'avais l'impression que je ne la reverrais plus pendant des années, au lieu de quelques heures. Elle m'avait ordonné de m'amuser un peu, me trouvant triste ces derniers temps, et que tout ira mieux. J'aurais voulu sceller cette promesse d'un baiser, mais je n'étais qu'un ami pour elle, rien de plus, rien de moins.
Je soupirais et souhaitais bonne fête à quelques connaissances que je croisais, alors que je me dirigeais vers le parking. Par chance, Tanya était portée disparu depuis mon altercation avec elle, mais je me sentais plus victorieux que gêné. C'était une folle cette fille! Rapidement, je mis le contact de ma voiture et fonçai vers Forks, avec mon sac de vêtements de rechange pour demain. Demain. Il était déprimant ce mot! Je mis la radio, espérant que ça occupe mes pensées pendant les 3 heures de route qui m'attendaient. Au bout de 2 heures, une pluie fine s'abattit sur mon part-brise, et je souris en pensant que j'étais bientôt arrivé à Forks. Il n'y avait que là où il pleuvait toujours autant. Là aussi, où j'avais passé une enfance merveilleuse, rencontré Jasper et Rosalie aussi. J'avais été malheureux en quittant cet endroit où il pleuvait 360 jours par an, mais je n'avais que 13 ans, je ne pouvais dire non à mes parents. Puis, mon sourire s'élargit en me disant que si je n'avais pas quitté ce patelin, je n'aurais jamais rencontré Bella. Complétement accro mon vieux!
La ville de Forks vous souhaite la bienvenue
Quand je lus l'écriteau, je me mis à bailler disgracieusement, sentant la fatigue de la journée et du voyage faire son chemin dans mon organisme. Je me frottais les yeux quand des lumières bleues et rouges attirèrent mon attention. La police? À Forks? Je me donnais une claque mentale quand je me rendis compte que c'était pour le tueur en série qui s'en prenait qu'aux femmes de 20 à 25 ans. Cinglé! En quelques secondes, les trois voitures de police garaient sur le bas-côté m'arrêtèrent pour un contrôle d'identité. Un homme de taille moyenne, d'un certain âge, lunette au nez, petite moustache et avec une petite bedaine arriva vers moi.
-Bonsoir Monsieur, me salua-t-il, papier du véhicule et d'identité je vous prie.
-Bonsoir, marmonnai-je, un peu grognon d'être arrêté si prés de la maison de mes parents.
Je pris ma veste sur le siège passager et cherchai mon porte-feuille, où mes papiers se trouvaient. Je tendis mon permis et ma carte grise à l'agent.
-Vous êtes de la famille du Docteur Cullen? Me demanda-t-il.
-Oui, je suis son fils.
-Je ne savais pas qu'il avait un fils...
-Maintenant vous le savez! Répliquai-je, froidement. Puis-je m'en aller?
Il me tendit mes biens et m'obligea à ouvrir le coffre de ma voiture. Un de ses collègues vint l'aider. C'est vrai que j'ai l'air d'un grand criminel! Un terroriste même! Appuyé sur mon capot de voiture, les bras croisés, je tapais du pied d'impatience. J'allais y passer la nuit, ou quoi?
-Et puis-je savoir où vous allez comme ça? M'interrogea-t-il de nouveau.
Il commençait à me les briser celui-là!
-Je vais chez mes parents, pour fêter Thanksgiving, soufflai-je.
-Vous venez souvent, ici?
Je levai les yeux au ciel, afin d'éviter de faire quelque chose de regrettable.
-Non, pas vraiment. Je suis Interne en médecine au Seattle Hospital Center, alors non je n'ai pas vraiment le temps.
-Interne, hein? Se moqua-t-il. Vous en avez pas l'allure.
Contrôle-toi, Edward, c'est un flic!
-Je suis désolé que je ne ne reflète pas votre l'image que vous vous fessiez d'un Interne, mais je dois vraiment y aller. J'ai fait 3 heures de route pour venir jusqu'ici, parce que ma mère voulait absolument ma présence à ce dîner. J'ai commencé à 6 heures, et je peux vous dire que la seule chose que dont j'ai envie et de manger les bons petits plats de ma mère et de m'effondrer dans un lit. Alors si vous n'avez rien pour me mettre en garde à vue, je voudrais bien continuer ma route. S'il vous plait.
Il abdiqua, après que son supérieur le lui ait ordonné et je pus remonter dans ma voiture. C'est pas trop tôt! J'aurais dû lui dire que je connaissais le Chef Swan, ça aurait été plus vite. Crétin!
-Je vous ai à l'œil, me menaça-t-il.
-C'est ça.
Sans plus de cérémonie, j'appuyais sur l'accélérateur afin de retrouver mon ancien chez moi. Et c'est avec eux que Charlie travaille? Ils ne doivent pas faire grand chose de leur journée ces crétins-là, surtout s'ils questionnent les honnêtes gens. Je poussais un soupir de soulagement quand je tournais vers l'allée de la maison, entourée d'arbres qui perdaient leur éclat à cause de l'hiver qui approchait. À peine j'eus coupé le contact, que la porte d'entrée s'ouvrit sur ma mère qui accourut vers moi.
-Mon bébé, je suis si heureuse de te revoir! Me dit-elle en m'étreignant. Tu as fait bon voyage?
À quoi bon la reprendre sur ce surnom?
-Bonjour maman, répondis-je. Des policiers ont cru que j'étais un dangereux criminel, mais sinon j'ai fait bonne route.
-Qu'est-ce que c'est que cette histoire? Bon, rentrons avant qu'on n'attrape une pneumonie.
Je crois que ma mère a trop entendu mon père parler de son travail. Pendant le chemin, je lui expliquai ma « discussion » entre les policiers en moi, et j'entendis mon père rire alors qu'il arrivait.
-Tu dois avoir une tête qui leur revient pas, rit-il. Comment va mon fiston?
Lui aussi n'arrête pas sur les surnoms.
-Fatigué mais ça peut aller. Où sont les autres?
-Dans le salon, se réjouit ma mère de voir tout le monde réunit. On t'attendait. Est-ce que tu veux boire quelque chose?
-Une boisson qui m'aide à tenir toute la soirée, c'est possible?
-Ton père va te servir ça. Regardez qui voilà!
Autour de la table basse du salon, posée devant la cheminée qui brûlait du bois, Jasper, Rosalie et grand-père levèrent leur tête en me voyant. J'étreignis Jasper en premier, étant le plus prés, ainsi que Rosalie, habillée d'une robe qui lui allait à ravir, ce que je lui fis remarquer.
-Ça ne marche pas avec moi, Cullen, s'amusa-t-elle à répondre.
Je levai les yeux au ciel avant de saluer la dernière personne devant moi.
-Ah mon petit, ça fait longtemps que je ne t'ai pas vu! S'exclama grand-père. Comment vas-tu? Pas trop dur de suivre les pas de ton père?
-Bonjour, grand-père, souris-je. Je suis fatigué, mais ça doit être le métier qui rentre. Mais c'est plutôt à toi qu'il faut demander comment tu vas.
Il me donna un petit coup de cane sur mon tibia, me faisant grimacer. Ça fait mal ces trucs là!
-Je suis peut-être vieux, mais j'ai la forme!
Tout le monde rit de sa réplique, alors que je me frottais discrètement ma jambe. Il avait encore de la force!
-On n'en a jamais douté, papa! Dit Carlisle. Tiens, Edward, ton verre.
Je le pris machinalement et bus une gorgée, que je faillis recracher aussitôt. OH PUTAIN! C'est quoi ce truc qui m'arrache la gorge? Je sentais une main taper mon dos, afin que je ne meurs pas asphyxié.
-Qu'est-ce qui t'a pris de lui donner ça? Gronda ma mère, à mon père.
-Il a demandé un quelque chose qui le ferait tenir la soirée, murmura ce dernier.
Je repris ma respiration, sentant toujours la désagréable brûlure le long de mon œsophage. Il a pas été de main morte!
-C'était quoi, ça? Soufflai-je.
-Du Whisky, m'informa mon père.
-Ah non, ce truc n'a pas le goût du Whisky! J'ai bu de l'acide, c'est ça?
-Bien sûr que non, mon bébé, me rassura à moitié ma mère. C'est du Whisky qui vient d'Écosse (*), il est un peu fort...
-Un peu? Vous rigolez, je ne suis même pas sûr de pouvoir avaler quelque chose de la soirée.
Je massais ma gorge comme un crétin, pensant que ça allait passez, mais ça me faisait un mal de chien! Du Whisky d'Écosse? Il ne manquait plus que ça!
-Bois un peu d'eau, ça va passer, me conseilla Rosalie, amusée.
-Ne rigole pas, c'est dégueulasse ce truc!
-Edward! Me réprimanda ma mère.
Je levai les yeux au ciel. Même à 50 ans, je ne pourrais dire ce genre de mot. Affligeant.
-Ce n'est pas tout, mais, quand arrivent nos invités? S'enquit grand-père, tout en s'asseyant.
Tout le monde l'imita, et je bus d'une traite le verre d'eau que mon père me rapporta, un peu penaud d'avoir faillit tuer son fils unique. Rêve pour que je te pardonne!
-Ils devraient arriver, ils nous ont téléphoné pour nous dire qu'ils auraient quelques minutes de retard, dit ma mère. Un problème dans l'organisation apparemment.
-On ne peut toujours pas savoir qui c'est? Demandai-je avec peu d'espoir. Ils viennent chez nous, amis, c'est le mystère absolu!
-Sais-tu que la patiente est une très belle vertu? Intervint Jasper.
Je lui lançai un regard noir. Tout le monde en avait après moi, ou quoi? Du coin de l'œil, je pouvais voir ma mère avec un sourire digne d'une pub de dentifrice, alors que son mari lui parlait à l'oreille, tout aussi heureux. Pourquoi est-ce que je sentais le coup fourré? Je plissais les yeux dans leur direction, mais ils firent semblant de rien, parlant avec le reste de la famille.
-Comment va, Bella? Me demanda discrètement Rosalie, picorant un biscuit apéritif.
-Elle a l'air d'aller mieux, répondis-je. Je crois que ça l'affecte beaucoup plus qu'elle ne le laisse paraître.
-Quoi de plus normal? Elle s'est faite agresser par son ex.
Je la vis baisser les yeux vers ses mains, qu'elle tordait douloureusement. Même après toute ses années, le souvenir était toujours là.
-On aurait pas dû parler de ça, m'excusai-je.
-Je vais bien, ne t'en fais pas. C'est juste que voir Bella ainsi, m'a rappelé comment j'étais, et j'aimerais l'aider, mais je m'en sens incapable. Tu sais que j'étais chez elle, quelques heures avant que l'autre connard débarque?
-À l'appartement?
Elle regarda Jasper qui était en train de discuter guerre avec mon grand-père, et elle me prit la main pour nous déplacer plus loin, à l'abri des oreilles trop indiscrètes. Rosalie fit face à la baie-vitrée, le regard vague.
-Oui, j'avais fini ma journée à l'école alors j'ai voulu profiter que tu n'étais pas là pour aller lui parler. Je nous ai fait des sandwichs, et puis on a commencé à parler. Bella m'a raconté son histoire avec ce chien galeux, elle paraissait triste mais sans l'être vraiment, puis elle m'a avoué qu'elle avait trouvé son bonheur dans le coeur de quelqu'un d'autre. À ce moment-là, voyant que toutes barrières étaient tombées de son côté, j'ai voulu lui demander quelque chose, à propos d'Emmett.
Je sentis mon coeur faire un bond douloureux dans ma poitrine. Bella avait trouvé quelqu'un qui la rendait heureuse. Ma respiration se fit hachée, alors que je me retins de tout casser ce qui se trouvait à ma portée. C'était fini... Plus d'espoir... Aucune chance... Elle appartenait à quelqu'un d'autre... Je n'étais qu'un ami... Comment ai-je pu penser le contraire? C'était une femme magnifique, quoi de plus normal qu'un autre homme profite de sa beauté?
-Edward? Edward? Chuchota Rosalie.
-Je vais faire un tour dans le jardin, marmonnai-je, sentant que le Whisky allait encore faire des siennes.
-Attends, je...
Mais je refermais la vitre derrière moi, espérant que l'air frais me remettrait les idées en place. Mais quel idiot je fais! Tu n'es qu'un con, Cullen! Un arbre près de moi en paya les frais, mon poings s'abattit dessus à la fois violemment et douloureusement. Je continuais, encore et encore, jusqu'à ce que ma main crie grâce. Je m'affalais au pied du tronc, vidé de toute force, de toute émotion. Une enveloppe éteinte. Voilà ce que j'étais. Comment ai-je pu penser une seconde que Bella m'appartenait? Elle avait le droit de faire sa vie, je n'étais qu'un simple ami pour elle, quelqu'un chez qui elle hébergeait parce qu'elle n'avait pas le choix. Elle n'était pas ma Bella. Je n'étais rien pour elle. Je l'avais trouvé, celle qui me donnait envie de faire des projets, de vivre, d'être heureux, d'aimer et de finir mes jours avec, mais elle n'était pas pour moi. Quelqu'un a dit que les âmes soeurs étaient deux parts d'une orange, et que leur vie se résumait à chercher l'autre moitié.
-Edward? M'appela une voix douce, inquiète, sonnant de façon mélodieuse à mes oreilles.
Je levai la tête, et fus surpris de voir celle qui tourmentait mes jours en mes nuits depuis plus de temps que je ne m'en souvienne. Bella. Elle était magnifique dans cette robe bleu nuit, lui arrivant jusqu'aux genoux, alors qu'un fin gilet recouvraient ses épaules. Ses cheveux étaient lâchés, comme très rarement, tombant parfaitement dans son dos. Pendant un instant, j'oubliais tout ce qui me rendait malheureux.
-Bella? Qu'est-ce que tu fais, ici? Demandai-je.
De légères rougeurs apparurent sur ses pommettes, sublimant son visage.
-Je devais fêter Thanksgiving avec Emmett et Charlie, mais ils m'ont dit qu'on était invité autre part, et me voilà. J'aurais dû peut-être me douter de quelque chose quand Rosalie m'a forcé à mettre cette robe ridicule...
-Tu es magnifique, soufflai-je.
Elle me regarda avant de fuir mon regard et de rougir encore plus. Comment être en colère devant une telle créature?
-Euh... Merci, enfin je crois. Est-ce que tu vas bien?
-Oui, pourquoi? Mentis-je.
-Pour rien. On devrait rentrer avant que l'on ne tombe malade... Enfin, sans jeu de mot.
Je fermais les yeux, me rappelant que la sublime femme devant moi risquait sa vie à chaque pas qu'elle faisait. Carrant la mâchoire, je pris appuie sur le tronc d'arbre et me relevai pour être à sa hauteur.
-Edward, ta main, souffla-t-elle.
Je baissais les yeux vers cette dernière, qui était en piteuse état. Le sang coulait sur mes doigts, alors que mes phalanges ressortaient de façon assez morbide. Pas très belle à voir.
-Mais qu'est-ce que tu as fait? S'affola-t-elle. Tu as cru bon d'essayer de faire de la boxe à cette heure-ci? Tu es complètement malade, ma parole!
Sans en rajouter plus, elle prit ma main intacte dans la sienne et m'emmena rapidement, aussi vite que son corps le lui permettait, à l'intérieur de la maison.
-Allons soigner ça! Non mais franchement, à quoi tu pensais en te faisant ça? Des fois j'ai peur pour ta santé mentale, Edward, sincèrement.
-Edward! S'écria ma mère. Mais qu'est-ce que tu as fait à ta main?
-Ce n'est rien, maman, dis-je, j'ai... j'ai trébuché et je me suis mal retenu contre un tronc d'arbre.
-Salut, Eddy! Oh là! Tu as frappé sur quelqu'un sans moi ou quoi? Se moqua Emmett en me voyant.
-C'est moche à voir, commenta le chef Swan.
-Ne lui donne pas des idées, Emmett! Gronda Bella. Est-ce que je pourrais savoir où se trouve la salle de bain?
Ma mère lui fit un grand sourire, alors que je me retenais de lever les yeux au ciel. C'était pas ma journée.
-Deuxième étage, première porte à gauche, l'informa ma mère tout sourire.
Bella me fit avancer durement, mettant toute sa force dans ce toucher. Si seulement elle savait que je ne voulais pas quitter sa main d'aussitôt. Carlisle et grand-père froncèrent les sourcils simultanément en me voyant monter les escaliers accompagné de Bella. Je n'ose imaginer ce qu'ils étaient en train de penser les deux commères de la famille. Cette dernière ouvrit la porte de la salle de bain et m'y poussa dedans, me jetant un regard noir par la même occasion. Bon Dieu, je devrais la mettre en colère plus souvent! Un vrai petit chaton enragé.
-Tu peux me dire à quoi tu jouais? Gronda-t-elle en fouillant dans la pharmacie nerveusement. Et l'excuse que tu as sorti à ta mère ne marche pas avec moi, gros crétin! Trébuché? Et puis quoi encore? Que tu t'es battu contre un extraterrestre?
Je ris doucement, alors qu'elle me balança un tube de dentifrice sur la tête. Aïe!
-Hé, ça fait mal! Me plaignis-je en me frottant le front.
-J'espère bien, idiot! Ah voilà.
Elle sortit du désinfectant, du coton et des pansements de l'armoire. Elle m'obligea à relever la manche de mon pull et à m'asseoir sur le rebord de la baignoire de mes parents.
-Qu'est-ce qui t'a pris de faire ça, hein? Tu as perdu la tête pendant le trajet jusqu'ici?
Elle prit un gant de toilette dans le tiroir que je lui indiquais, et le gorgea d'eau avant de nettoyer ma main ensanglantée, folle de rage. Pourquoi est-ce que j'ai fait ça? Parce que tu me brises le coeur! Comment peut-elle faire ça, alors qu'elle ne sait rien des sentiments que j'éprouve pour elle?
-Je ne sais pas, soufflai-je.
-Tu ne sais pas? Répéta-t-elle. Je ne sais pas de quelle planète tu viens, mais sûrement pas de la Terre!
Je souris alors qu'elle balança le gant de toilette devenu rouge dans le lavabo plein d'eau, nous arrosant au passage. J'éclatais de rire quand elle regarda l'objet en question avec une mine outrée, se demandant sûrement comment il pouvait la trahir. Comment être en colère contre elle? Elle se vengea en posant du coton imbibé de désinfectant sur une de mes plaies, me faisant jurer entre mes dents, alors qu'elle souriait.
-Tu viens de te fracasser la main contre un arbre, et tu as mal pour ça? Emmett te dirait que tu es une mauviette.
-Je ne suis pas une mauviette, mais ça fait mal, gémis-je en regardant avec attention ce qu'elle faisait.
Elle secoua la tête, désespérée alors qu'elle continuait sa tâche, sans perdre un seul instant à m'insulter de « crétin », « idiot », « irresponsable », « chochotte » et j'en passe et des meilleurs. Mon égo en prenait un coup. Doucement, elle commença à poser les pansements sur mes blessures, alors que je vis ses mains trembler. Oh non... Bella ne sembla pas, ou ne voulait pas, le remarquer, car elle continua comme si de rien, alors que je la voyais se battre contre ça.
-Bella, murmurai-je.
-Ce n'est rien, ça va passer.
-Bella...
-Ça m'arrive souvent quand je suis angoissée, ou que les émotions deviennent trop fortes. J'ai l'habitude.
-Arrête, Bella.
Elle lâcha tout ce qu'elle avait dans les mains et éclata en sanglot devant moi. Paniqué, je fis la seule chose qui me vint en tête à ce moment-là, la faire asseoir sur mes genoux et la bercer, comme une enfant malheureuse. Elle était malheureuse. Je lui caressais ses cheveux, son visage afin de la calmer, et ça me rappela que j'avais eu les même gestes des jours plus tôt. Était-ce pour ça qu'elle pleurait? Elle craquait? Bella joua avec un de mes boutons de chemise, alors que les larmes avaient cessé et que sa respiration devenait normale. Je ne pus m'empêcher de sentir ses doigts trembler contre moi.
-Je vais bien, Bella, tout va bien, chuchotai-je à son oreille, humant son odeur floral au passage. Calme-toi, ne pleure plus, je t'en prie...
-Pourquoi... Pourquoi tu t'es fait ça? Renifla-t-elle.
-Ne me demande pas quelque chose dont tu ne voudrais pas avoir la réponse.
-Est-ce que c'est de ma faute? J'ai encore fait quelque chose de mal? S'affola-t-elle.
Pas de ta faute, mais le connard qui a pris ton coeur. Attend... Encore?
-Encore?Qu'est-ce qui t'a dit que tu avais fait quelque chose de mal? Tu es la personne la plus...
-J'ai téléphoné à Alice, juste avant de partir, après avoir demandé à Jasper si je pouvais le faire il y a quelques jours, afin de lui souhaiter un bon Thanksgiving, car je sais qu'elle va chez ses parents, à Miami, et... et...
-Elle t'a reproché quelque chose?
-Non! Non, elle n'a pas fait ça, mais elle m'a supplié de la revoir, parce que je lui manquais, elle a même pleuré Edward, et... et j'ai été incapable de lui répondre! Je suis une garce...
-Oh, Bella, tu n'es pas une garce voyons! Qu'est-ce que tu me racontes là? C'est normal que tu n'aies pas pu lui répondre, Jasper t'empêche de la revoir et tu es encore troublée parce qu'elle t'a dit. Quoi de plus logique? Laissez-vous du temps, tout rentrera dans l'ordre après.
-Elle me manque, murmura-t-elle, elle me manque tellement.
-Je suis désolé, j'aurais voulu que ça se passe autrement.
Elle hocha la tête, et se dégagea de moi, les joues rouges et séchant ses larmes. Comme si de rien.
-Je n'aurais pas dû t'en parler, excuse-moi.
-Ce n'est pas grave, Bella, tu la reverras.
Je tendis le bras vers son visage afin d'écarter une mèche qui obstruait sa vue. Elle rougit et détourna les yeux. Elle termina ce qu'elle avait commencé, silencieusement, quand on toqua à la porte de la salle de bain. Nous sursautâmes d'un seul homme.
-Je peux entrer? S'enquit ma mère.
Qui d'autre? Je levai les yeux au ciel alors que ma mère fit son apparition, et que Bella s'éloigna de moi.
-Est-ce que tout va bien?
-Oui, Madame Cullen, votre...
-Esmée, coupa-t-elle, appelez-moi dont Esmée. Madame me fait penser à ma belle-mère.
-Euh, oui... Esmée, bafouilla Bella, tout va bien, j'avais fini justement. Je... Je vous laisse.
Elle déposa sur le lavabo, le coton avec lequel elle m'avait soigné ainsi que le désinfectant laissant tomber une bonne moitié sur le sol et referma la porte derrière elle. Je me sentis sourire, alors que je remettais mon pull correctement. Du coin de l'œil, je vis ma mère avec les yeux doux, un grand sourire aux lèvres.
-Vas-y, soupirai-je, dis ce que tu as à dire.
-Oh mon bébé, elle est adorable! Gémit-elle. Et vraiment très jolie, ton père n'avait pas tord là-dessus. La belle-fille rêvée!
Wow, wow, wow. Belle-fille?
-C'est juste une amie, et rien n'y changera, la calmai-je.
-J'en suis pas si sûre! Sais-tu qu'elle a demandé si tu étais là, à peine avait-elle franchi le pas de la porte?
Je roulais des yeux.
-Quoi de plus normal? Elle savait que je passais Thanksgiving ici, elle devait bien se douter que j'y étais aussi.
-Bien sûr mon chéri, sourit-elle. On descend?
Je hochai la tête et suivis ma mère, de bien bonne grâce. Espérons que les autres invités n'étaient pas aussi curieux, mais je craignais le pire. C'était vraiment pas ma journée.
O*O*O*O
Les présentations s'étaient bien passées, seul mon grand-père ne connaissait pas la famille Swan, mais il semblait les apprécier. Personne n'avait relevé le fait que Bella et moi étions montés précipitamment à l'étage, sauf peut-être Rosalie, qui me lançait de drôles de regards. Qu'est-ce qu'ils avaient tous à me regarder ainsi? Mais trop rapidement à mon goût, ma discussion avec elle me revint en mémoire, et je devais ressembler à un mort vivant de l'extérieur. Bella aimait un homme. Ça faisait mal, terriblement mal, encore plus que lorsque je me suis fait opérer de l'appendicite et que j''ai cru mourir. Rien à voir. L'amour était la pire douleur qui soit, surtout quand c'était à sens unique. Mais c'était la fête, c'était Thanksgiving, je ne pouvais pas exposer mes émotions ainsi, alors que toute ma famille était là. Alors, comme à chaque fois, je souffrais en silence.
Ma mère souriait constamment quand elle voyait Rosalie et Emmett se regarder avec les étoiles d'amour dans les yeux, et je crois bien que c'est pour ça qu'elle a avancé le repas, pour faire plaisir à Emmett qui mourrait littéralement de faim. Comme toujours. Carlisle semblait tout aussi heureux pour Rosalie. Après Royce, personne n'aurait cru qu'elle retrouverait quelqu'un, qu'elle aimerait de nouveau un homme sans avoir peur. Mais ça se voyait dans les gestes qu'elle faisait, aussi infimes soient-ils qu'ils rayonnaient de bonheur et d'amour. Ça ne paraissait même plus déplaire à Jasper, qui souriait de temps en temps, en les voyant. Quoi de plus beau que de voir sa sœur amoureuse? Charlie aussi était heureux, bien que je pouvais voir dans ses yeux qu'il s'inquiétait constamment pour Bella, et il n'était pas le seul.
C'est ainsi qu'au bout d'une heure d'apéritif, nous nous retrouvâmes tous à table, en train d'aider ma mère à mettre les plats sur la table de la salle à manger, rallongée pour l'occasion. Mon père se trouvait au bout, à côté de son père et de ma mère, alors que je me trouvais en face de Bella alors que Jasper était en face de Charlie, Rosalie avec Emmett fermant la marche. Je me sentais légèrement viser par cette charmante attention, mais jefis comme si de rien. Discrètement, j'étais aller chercher les médicaments de Bella, qu'elle avait encore oublié, dans sa poche de manteau, afin de lui poser prés de son verre. Tout le monde était au courant pour elle, sauf grand-père mais il faudrait un miracle pour qu'il remarque quoique ce soit qui était en dehors de son assiette. Un vrai estomac ambulant aussi, il devrait bien s'entendre avec Emmett.
La table fut envahie de mets tout aussi délicieux, préparés par ma mère. De la sauce de canneberge, un saladier de purée de patates douces, de petits pois aux champignons et une grosse dinde près de mon père, qui avait l'honneur de la couper. Je sentis mon ventre se contracter d'appétit. Je devais avouer que j'étais devenu un habitué des bons petits plats maison avec Bella. Bien qu'elle disait qu'elle n'était pas ma cuisinière attitrée, quand je revenais du travail, j'avais toujours de quoi manger dans le four. Quand je lui faisais la remarque, elle boudait dans son coin en me jetant des regards noirs. Elle était adorable. Et c'était bien la première fois que je pensais qu'une femme était adorable lorsqu'elle était en colère. Un vrai petit chaton. Je souris en me remémorant ce souvenir.
-Carlisle, tu veux bien couper la dinde s'il te plait? Et j'ai bien dit la dinde, pas toi, d'accord? Demanda ma mère, avec une pointe d'inquiétude.
Rosalie expliqua à ceux qui n'étaient pas là l'année dernière, que Carlisle avait trop joué avec le couteau de cuisine d'Esmée et que j'avais dû le soigner en urgence. Emmett se mit à rire bruyamment, avant de baisser les yeux quand il rencontra ceux de sa bien-aimée.
-Vas-tu me répéter cela jusqu'à la fin de ma vie, ma chérie? Bouda mon père.
-Il y a de grandes chances, mon amour.
Je grimaçais en entendant les surnoms stupides que s'étaient attribués mes parents. Nous fîmes passer les assiettes des autres, afin que ma mère les remplisse, et du coin de l'œil, je vis Bella peiner devant son assiette. Comme à son habitude, ma mère en mettait des tonnes, si bien que je revenais avec des maux d'estomac chez moi, le lendemain ou le soir même. Même après 23 ans, mon estomac ne s'y était toujours pas habitué. Je voulus lui dire qu'elle n'était pas obligée de tout manger, mais je fus interrompu par Rosalie, qui grondait Emmett.
-À force de trop manger, tu vas finir par exploser, grogna-t-elle.
-Mais j'ai faim moi! J'ai besoin de manger pour être en forme! Se lamenta Emmett.
-Ça fait 25 ans que tu nous donnes cette réponse, tu ne peux pas changer de disque, Emmett? Souffla le chef Swan.
-Désolé, papa.
Quelques personnes rirent, alors que toutes les assiettes étaient remplis. Nous nous prîmes les mains, moi serrant celle de ma mère et de Jasper, et attendîmes que grand-père fasse son discours, comme chaque année depuis ma plus tendre enfance.
-Je commence ces remerciements par nos prières, qui vont vers les familles et amis des victimes du tueur en série qui rodent autour de nous, rappelant que la vie est plus précieuse que nous le croyons et que chaque moment de la vie méritent d'être vécu pleinement. Puis, je remercie Dieu pour la nourriture qui se trouve dans nos assiettes, Esmée qui a si bien préparé ces mets et espérant que chaque personne qui se trouvent autour de cette table soit bénie par Dieu et que tout malheur et maladie échappe à cette famille. Amen.
-Amen, répétons-nous en même temps.
Je ne pus m'empêcher de prier pour que les dernières paroles de mon grand-père soient vraies. Je n'ai jamais été très croyant, mais, là, je ne pouvais m'empêcher de l'être auprès de Bella. Rapidement, nous commençâmes à manger, félicitant ma mère de son repas délicieux. Intérieurement, je me demandais ce qu'aurait dû être les plats de Bella. Ma mère me tuerait si elle m'entendait penser ça.
-Alors, Charlie, j'ai entendu dire que l'affaire avait une nouvelle piste, demanda mon père.
-Oui, c'est une chance, répondit le chef Swan. Mais la piste est maigre, je ne sais pas si on ira loin avec ça, mais on essaye de faire avec.
-C'est tellement horrible ce qui arrive à ces jeunes femmes, murmura ma mère, chagrinée.
-Oui, je ne sais pas quand sa folie meurtrière cessera.
-Je ne crois pas que ce soit fait au hasard, chef Swan, intervint Jasper et sa science du comportement humain.
Toutes les têtes se tournèrent vers lui. Il se racla la gorge et reprit:
-Je n'ai pas eu accès aux informations de l'enquête, juste ce que j'ai lu dans les journaux et ce que vous nous dîtes, Charlie, mais cet homme est précis et soigné dans ce qu'il fait, s'attaquant à des cibles bien précises. Des jeunes femmes entre 20 et 25 ans, toutes de race blanche, mais vous avez vu que ses cinq dernières victimes (Je compte celle que James a poursuivi dans le parc.) se ressemblent physiquement? Toutes des jeunes femmes d'un même âge, peau blanche, brune aux yeux marrons. Je crois qu'il cherche à se venger de quelqu'un de précis, une femme qu'il connait, de son entourage, qu'il lui en veut pour une quelconque raison. Il ne fait rien au hasard.
Il y eut un blanc à table, seulement perturbé par quelques respirations hésitantes. Jasper avait toujours eu le don de calmer les gens, mais rarement d'une façon aussi spectaculaire.
-Mes hommes ont remarqué ce genre de changement, et on a cru que c'était un imitateur, dit Charlie, mais c'était le même couteau, et ça n'a pas été divulgué à la presse.
-Est-ce qu'il fait ça pour se venger d'une femme aux cheveux bruns et aux yeux marrons? Demanda doucement Bella de sa voix douce.
Sa voix était beaucoup trop pure pour qu'elle parle de ce genre de chose. Jasper la regarda avec attention et acquiesça.
-Sa mère, une sœur, une femme qui l'a repoussé, énuméra mon meilleur ami. Il y a des centaines de possibilités.
-Est-ce que les habitantes de Forks qui ont ses caractéristiques physiques craignent encore quelque chose? Demandai-je.
-Personne ne saurait le dire, répondit Charlie, seul lui le sait. Malheureusement.
-Pauvres enfants, murmura grand-père.
Chacun hocha la tête et nous mangeâmes ce que nous avions dans nos assiettes, nos pensées tournées vers les victimes innocentes qui avaient subi le courroux de ce fou furieux.
O*O*O*O
-Et là il lui dit: Ah bon, je n'ai rien entendu chérie! Dit le père de Carlisle.
Et tout le monde éclata de rire à table, même Bella qui s'était retenue jusque là. Je ne pus m'empêcher de la regarder rire, elle était si belle, on pouvait voir son visage s'illuminer de toute part, et ses yeux s'humidifier à cause de la blague de mon grand-père. Elle devrait toujours rire.
-Comment est-ce qu'on peut encore rire alors qu'on l'entend tous les ans? Rit Rosalie.
Une nouvelle vague de rire s'abattit dans la maison, et j'eus du mal à ne pas les suivre. Au bout de quelques minutes de fou rire, Jasper et moi proposâmes de faire le service des boissons, trouvant que nos gorges étaient trop déshydratées. Sacré grand-père. Aidé de mon ami, je commençais à verser un jus de fruit pour Bella, quand le Jasper extravaguant devint timide. Ça cachait quelque chose ça.
-Est-ce que tu as entendu la rumeur qui courrait dans l'hôpital? Me demanda-t-il.
-Tu sais qu'il y a des centaines de rumeurs qui traînent dans les couloirs de l'hosto. De laquelle veux-tu parler cette fois?
Il se racla la gorge et tourna les talons quand il eut fini avec ses verres. Intrigué, je le suivis, reversant par la même occasion du jus sur mon jeans. Merde! J'essuyais prestement avant de tendre le verre de mon père, de Rosalie et de Bella. Elle me fit un grand sourire de remerciement, et j'eus du mal à garder mon sang froid. Je secouais discrètement la tête et m'assis à côté de mon ami, tapant du pied, anxieux. Je crois que j'avais eu ma dose de nouvelle pour la soirée, non?
-Alors, Jazz, de quoi veux-tu parler?
-Oh, tu sais... ce n'est qu'une rumeur, et ce n'est pas vraiment important!
-Jazz, grognai-je.
-D'accord, céda-t-il, mais je t'aurais prévenu!
Je lui lançai un regard noir et il soupira, regardant une seconde sa sœur du coin de l'œil, qui discutait avec Bella. Je m'attardais un instant sur cette dernière, avant de reporter mon attention sur Jasper.
-Et bien, disons que j'ai été surpris de l'apprendre, avoua-t-il, parce que tu as toujours prétendu le contraire et que je sais que tu ne la portes pas dans ton coeur...
-Tourne pas autour du pot!
-Tanya a fait tourner la rumeur comme quoi tu couchais avec depuis qu'elle est rentrée à l'hôpital.
Mon coeur rata un battement.
Ma bouche s'ouvrit de stupéfaction.
Mon sang bouillonna dans mes veines.
-QUOI? Hurlai-je en me levant.
Les discussions s'arrêtèrent autour de nous, et toutes les têtes tournèrent vers moi, étonnées. Mais qu'est-ce c'est que ce bordel? Je serrais les poings et carrais la mâchoire, plus en colère que jamais. Je savais que j'aurais dû la tuer dans les vestiaires, je le savais!
-Edward? S'enquit ma mère. Qu'est-ce qui se passe?
Je grognai et pris la décision de la tuer tout de suite, sans plus attendre. Je bondis vers l'entrée, attrapant ma veste au passage avant d'être interrompu par deux mains qui me plaquèrent contre un mur.
-Jasper! Cria Rosalie. Mais qu'est-ce que tu fais? Ça ne va pas?
-J'évite à Edward d'être envoyé en prison, ça te va comme réponse? Grogna-t-il alors que je me débattais.
-Et pourquoi il irait en prison? S'étonna le chef Swan, d'une voix impérieuse.
-Je lui ai annoncé une mauvaise nouvelle, dit Jasper.
-Une mauvaise nouvelle? Répéta Emmett. Je crois plutôt que tu lui as dit la pire nouvelle qui soit, ouais!
-Emmett, n'en rajoute pas! Soupira sa bien-aimée.
-Je vois que tu lui as dit, murmura mon père.
Je tournais la tête vers lui, le regard noir.
-Tu le savais? Criai-je.
Il hocha la tête, honteux. Comment avait-il pu me faire ça? À son propre fils? Il n'aurait pas pu me le dire, en face, et non attendre que Jasper ne le fasse à sa place?
-Oui, confirma ce dernier, mais je voulais te le dire seul, mais nous n'avons pas eu une minute à nous à l'hôpital. J'avais pensé te le dire demain, après que la fête soit passée. Je n'aurais pas dû attendre, pardonne-moi.
Je me débattis avec Jasper, mais sous la demande de Rosalie, Emmett vint donner un coup de main, et je fus littéralement scotché au mur à cause de ses grosses mains d'ours. Satanés muscles!
-Est-ce que quelqu'un aurait l'obligeance de nous dire ce qui se passe ici? Demanda ma mère, limite en train de crier.
Son mari la regarda un instant, avant de soupirer de désolation.
-Tu sais qu'à l'hôpital, les rumeurs vont et viennent, commença-t-il, et Edward en est concerné par une. J'ai eu des doutes, parce que je savais qu'il n'appréciait pas cette personne, mais... Enfin, tout le monde croit qu'Edward a une aventure avec Tanya depuis qu'elle est entrée à l'hôpital.
Putain! Automatiquement, mon regard se porta vers Bella, qui fit de même. Dans son regard, je pus voir de la déception et de la tristesse, chose que je refusais de voir dans ses magnifiques yeux chocolat. Doucement, voyant que je n'opposais plus de résistance, Emmett me relâcha et je m'enfuis dans le jardin, afin de me calmer entièrement. Je voulus me défouler sur un arbre, mais ma main blessée me rappela à l'ordre. Déjà que j'avais eu du mal à lever ma fourchette pour manger. MERDE! Il ne manquait plus que ça, j'en avais marre de tout recevoir sur la tronche alors que je n'avais rien fait! Je demandais juste à être en paix, si possible avec Bella, mais non, c'était trop demander évidemment. Je fis mine de frapper ce putain de tronc d'arbre avant de me rétracter à la dernière minute, ne voulant pas plus me blesser et recevoir les foudres de Bella. Elle faisait un peu peur quand même. Je soupirais et me laissais aller contre l'arbre, posant mes fesses sur l'herbe mouillée et frappant ma tête contre mes genoux repliés.
J'ai vraiment cru que cette garce avait compris, qu'elle allait enfin me fiche la paix et se mettre dans le crâne que je n'étais pas intéressé par elle! Par ses seins siliconés surtout! Exactement. Elle ne m'avait jamais fait d'effet, mais plutôt le sens inverse, elle et son hypocrisie, sa méchanceté, son narcissisme, son égoïsme et j'en passe! Elle n'était pas Bella. Non, elle n'était pas Bella, mais tout son opposé. C'était elle que j'aimais, elle qui faisait battre mon coeur trop proche de la tachycardie, elle qui me faisait sourire par sa gêne et ses rougissements, qui m'attendrissait à chaque fois que je la voyais. Elle était parfaite. Parfaite à mes yeux.
-Perdu dans ses pensées? Me demanda la voix la plus douce qui puisse me parler.
Je relevais la tête et Bella se trouvait là, devant moi avec une assiette entre les mains. Elle me fit un léger sourire avant de prendre place à mes côtés de moi, sans se soucier du fait qu'elle allait salir sa nouvelle robe. Est-ce que je lui avais dit qu'elle était magnifique avec cette robe?
-Ça fait un bout de temps que tu es là, et Emmett avait faim donc on a mangé le dessert sans toi. Je t'ai apporté un morceau, tu en veux?
Elle me tendit un morceau de tarte à la citrouille dont ma mère avait le secret. Bella me fit un sourire amusé quand je pris l'assiette qu'elle me tendait en prenant un bout. Elle rit doucement et se blottit dans son manteau pour garder un peu de chaleur corporelle.
-Tu n'aurais pas dû sortir, lui dis-je, il fait trop froid pour toi.
-Et c'est celui qui se ballade en pull dehors qui me dit ça? Quelle ironie!
Je secouais la tête en mangeant ma part de gâteau. Elle s'inquiétait toujours des autres, jamais pour elle. Qui faisait ça de nos jours?
-Je ne suis pas un exemple sur ce coup-là, je le reconnais, avouai-je, mais ce n'est pas pareil pour toi.
-Oui je sais, mais je vais bien, je t'assure. Je viens de prendre les médicaments avant que ton grand-père ne me demande si c'était mes cachets contre le Cholestérol.Je crois que ça a jeté un froid autour de la table, donc me voilà.
-Ce n'est même pas pour moi que tu es venue? Je suis déçu, blaguai-je alors qu'une pierre tomba dans mon coeur.
-Si, chuchota-t-elle, mais aussi par rapport à ce que tu as dit tout à l'heure.
-Oh...
Oh? C'est tout ce que tu trouves à dire, crétin fini?
-Oui, hum... Cette Tanya, c'est celle qui a parlé à Renée pour ma maladie, n'est-ce pas?
Je hochais la tête.
-Est-ce pour ça que tu t'es mis en colère à ce point?
-Entre autre, oui.
-Parce qu'il y a une autre raison?
-Disons qu'elle me tourne autour depuis un moment, mais que je n'ai pas accepté ses avances.
Elle baissa les yeux, jouant avec ses doigts. J'avais deviné que c'était un signe d'anxiété. Je posais l'assiette à mes côtés et frottais mes mains contre mes jeans, car elles étaient légèrement moites elles aussi.
-Je ne comprends pas, souffla finalement Bella.
-Qu'est-ce que tu comprends pas?
-Pourquoi est-ce qu'elle m'a fait ça? Pour Renée et Phil? Je ne lui ai rien fait, je ne lui ai même jamais parlé!
Si elle était devant moi cette sale pute! Je lui refais le porter! Et Bella croit que c'est de sa faute! C'est la meilleure!
-Tu.. Je... Elle... Bredouillai-je maladroitement. Elle est jalouse.
-Jalouse? Répéta-t-elle en écarquillant les yeux. Mais de quoi? Pour le peu que j'ai vu, elle n'a rien à m'envier.
Je serrais les poings pour ne pas me dévoiler comme le dernier des crétins. Elle a tout a te envier!
-Tu as quelque chose que qu'elle n'a pas, soufflai-je.
-Ah bon? Et qu'est-ce que c'est?
Je tournais la tête vers elle, et elle me scruta attentivement.
-Moi, dis-je sincèrement. Elle aurait aimé que je sois aussi près d'elle que de toi, c'est pour ça qu'elle a fait ça. C'est une fille d'un égoïsme hors norme, elle ne pense qu'à me mettre dans son lit depuis des années alors que je lui ai fait comprendre que je ne voulais pas d'elle. Je crois qu'elle ne changera jamais, mais je tiens encore une fois à m'excuser, c'est de ma faute. Ma vie personnelle n'aurait jamais dû entraver sur la tienne, aucunement.
-Arrête de t'excuser, tu n'as rien fait et tu le sais, gronda-t-elle. C'est juste elle et ses illusions, mais tu sais quoi?
J'arquais un sourcil, curieux.
-Je suis heureuse que tout ceci arrive, sinon, je ne t'aurais jamais rencontré.
J'écarquillai les yeux d'étonnement, avant de les cligner pour me remettre les idées en place. Qu'est-ce que...? Elle rit sous le fait que j'étais un peu perturbé par ses dires avant de m'embrasser sur la joue et de se relever, comme si de rien. Je mis un certain temps avant de réagir parce qu'elle me poussa pour que je me lève. J'attrapais mon assiette vide au passage et la suivis alors qu'elle retournait vers la maison d'un pas hésitant et lourd. Elle va pas tenir longtemps sur ses pieds à cette allure. Je me dépêchais de la suivre et mon coeur fit un bond quand je la vis se tenir sur la rambarde de la baie-vitrée du jardin.
-Bella? L'appela Emmett. Est-ce que ça va?
Je rentrais rapidement dans la maison, posant l'assiette sur un meuble.
-Oui, je... Un coup de fatigue, souffla-t-elle visiblement réellement fatiguée.
-Il y a des chambres d'amis là haut, dit ma mère bienveillante, ça nous pose aucun problème que tu dormes ici.
-Je ne vais pas déranger plus longtemps. La maison de Charlie n'est pas très loin.
-Je te préférerais ici, en sécurité avec deux Médecins autour de toi, répondit l'intéressé.
-Je... Non, je vais bien, je serais capable d'aller jusqu'à... la maison.
-En tant que médecin, intervint Carlisle, je suis de l'avis de Charlie. Il ne faut pas te fatiguer, Bella, et tu ne tiens presque plus debout. Si nous te proposons de rester ici c'est que tu ne nous déranges pas.
-Non, gémit-elle, je veux aller à la maison.
-Ne soit pas têtue! Gronda Emmett. Si Mr et Mrs Cullen te proposent de rester ici, pourquoi refuser? Et puis, ça m'évitera de t'entendre ronfler cette nuit.
-Je ne ronfle pas! Protesta-t-elle, rouge de colère. C'est toi qui ressemble à une locomotive quand tu dors, demande à Rosalie, je suis sûre qu'elle sera de mon avis.
Cette dernière rit avant de donner raison à Bella et Emmett bougonna. Quel gamin des fois.
-Bella, s'il te plait, le supplia Charlie, reste dormir ici, pour rassurer ton vieux père.
Elle gémit et traina des pieds contre le plancher. Je crus devenir fou quand elle se mit à mordre sa lèvre inférieure de ses dents, et je dus fermer les yeux pour reprendre une contenance. Quand je les rouvris, Jasper me regarda avec un mélange d'amusement et de malice. S'il me fait une réflexion demain, je le tue.
-D'accord, mais ne t'avise pas d'utiliser cette excuse à la noix à chaque fois, bouda Bella en soupirant.
Charlie poussa un soupir, vite suivit par Emmett. Bella était plus têtue que je ne le pensais apparemment.
-Emmett et moi allons dormir chez Charlie, l'informa Rosalie, je t'apporterais des vêtements demain matin.
-Merci, c'est gentil.
Elle tangua un peu sur ses pieds, visiblement plus que morte de fatigue. Ça prouvait que les médicaments faisaient effet.
-Je crois qu'on va y aller, nous aussi, dit Charlie. Merci de nous avoir invité, c'était délicieux Esmée.
-Vil flatteur va! Rit ma mère.
Charlie rougit un peu, alors que mon père était en train de parler à voix basse avec grand-père. Si je ne le connaissais pas, je croirais que Charlie drague ma mère. BEURK! Je secouais la tête, dégoûté avant de saluer Rosalie et Emmett qui commençaient à prendre leurs affaires.
-Fais attention à elle, me sermonna Emmett, gravement.
-Comme toujours, confirmai-je.
Rosalie me fit la bise et chuchota à mon oreille:
-Essaye de la draguer, on ne sait jamais!
Je grognais et me détachais d'elle en lui lançant un regard, sans qu'Emmett ne le remarque. Heureusement! Sinon je n'aurais pas donné cher de ma tête. Puis, je serrais la main à Charlie, me disant presque mot pour mot ce que son fils venait de me dire. Je confirmais mes dires et ils partirent après que tout le monde les aient salué et après que Bella eut essayé de négocier avec son père pour revenir.
-Tu ne nous aimes pas à ce point pour que tu ne veuilles pas rester ici? Lui demandai-je en commençant à débarrasser la table alors que mes parents allaient mettre des draps propres dans les quatre chambres d'amis, avec Jasper.
-Ce n'est pas ça, mais je ne veux pas qu'on prenne pitié de moi ou qu'on se sente obligé.
Je levai les yeux au ciel, exaspéré. Comment pouvait-elle penser à ça? C'est stupide!
-Si mes parents te l'ont proposé, c'est que ça ne les dérange pas et ils n'ont pas pitié de toi mais ils veulent t'aider, nuance.
-Mais pourquoi? Je ne suis rien pour eux, soupira-t-elle.
-Arrête de penser 5 minutes, veux-tu? Tu me donnes mal à la tête à réfléchir toute la journée à telle ou telle question.
Elle me lança un regard mauvais avant de croiser les bras sur sa poitrine. Mais elle fut trahie quand elle bailla alors qu'elle croyait que j'étais dans la cuisine.
-Je crois qu'une jeune femme a besoin de dormir, intervint ma mère. Ta chambre est prête, et je t'ai mise une de mes chemises de nuit pour ce soir. J'espère que ça ne te dérange pas?
-Non, non... C'est très gentil à vous. Merci...
-Tout le plaisir est pour moi. Viens donc, je vais te la montrer.
Elle aida Bella à se lever et l'entraîna dans les escaliers. Je pus voir cette dernière me jeter un regard paniqué, je la rassurai en lui souriant. Pour mon plus grand plaisir, je la vis rougir. Lentement, je finis de ranger les vestiges de notre dîner, qui s'était plutôt bien déroulé vu l'heure tardive à laquelle les invités étaient partis. Sauf pour mon comportement, je n'arrivais pas à contrôler cette colère qui était enfouie au fond de moi quand ça concernait Bella. Tu es amoureux! Se réjouit ma conscience. Je soupirai et fis aller le lave-vaisselle plein à craquer avant de monter les escaliers qui ont connu les méfaits de mon enfance. Je souris à ces souvenirs et me glissai dans la salle de bain près de ma chambre, après avoir pris de quoi me changer. Je me soulageai la vessie avant de me délecter de l'eau coulant sur mes muscles, faisant attention aux pansements sur ma main droite. J'avais passé une journée des plus maussades, en tout point de vue. Rosalie qui m'annonce que Bella aime quelqu'un, sa maladie qui fait des siennes, Jasper me disant que Tanya a lancé une rumeur sur notre « aventure ». La blague de l'année! Même si c'était la dernière femme sur Terre, elle ne m'intéresserait toujours pas. À quoi bon répéter la même chose quand ça ne veut pas rentrer dans son crâne de moineau? Après m'être lavé les cheveux, je sortis de la douche et me séchai, au moment où l'on toqua à la porte.
-Est-ce que je peux entrer? Me demanda ma mère.
-Attend une minute, je m'habille, répondis-je gêné d'être nu alors que ma mère était derrière la porte.
-Ce n'est pas comme si je ne t'avais jamais vu nu tu sais.
-Maman! Grognai-je.
Elle avait le chic de me mettre mal à l'aise. Incroyable! Je mis rapidement mon bas de pyjama et la laissai entrer, mettant le haut.
-Qu'est-ce que tu veux? M'enquis-je en prenant ma brosse en dent.
-C'était juste pour dire que Bella est installée dans la chambre juste à côté de la tienne, au cas où.
-Au cas où?
Je mis du dentifrice sur ma brosse et me lavais les dents, attendant qu'elle me réponde.
-On ne sait jamais, peut-être que cette nuit vous auriez une... petite envie?
-Une quoi? Articulai-je sans rien comprendre.
-Oh, Edward! Une envie! Ça peut arriver à tout le monde, et puis vous êtes tellement mignons tous les deux, je vous ai vous, dehors, tout à l'heure en train de parler et je suis sûre qu'elle sera parfaite pour toi.
Je levai les yeux au ciel. C'est quoi de cette obsession d'avoir une belle-fille? De toute façon, je n'avais aucune chance avec elle, Bella aimait quelqu'un d'autre. Je me rinçais la bouche et l'essuyais avec la serviette adéquate. Et puis...?
-Si ça te fait plaisir de croire que Bella est ta future belle-fille, soit, mais c'est quoi cette histoire d'envie? Je ne sais pas de quoi tu parles, mais mon instinct me dit que...
Soudain, ça fit un tilt dans ma tête. Une envie? Une envie! Non mais ça ne va pas?
-Je vois que tu as compris, murmura ma mère.
-Oui, et, sincèrement, je ne croyais pas que tu étais comme ça, maman. Papa t'aurait-il dévergondé au point d'insinuer à ton fils de se glisser dans le lit de Bella?
-Sache que c'est plutôt moi qui ait dévergondé ton père! Rit-elle. Mais l'idée est là.
Je grimaçais en imaginant, malgré moi, mes parents dans une position relativement gênante pour moi. C'est dégueulasse.
-Je vais aller me coucher, soupirai-je en chassant ces images de ma tête et en sortant. Bonne nuit maman, à demain.
-Ne laisse pas tomber, Edward! Me dit ma mère avec conviction. Je n'ai pas élevé mon fils ainsi.
-Il faut reconnaître quand une cause est perdue, maman.
Je lui fis un bref sourire et me dirigeai dans ma chambre, entendant ma mère aller dans la sienne. Je rencontrais mon grand-père juste au moment où j'allais voir si Bella dormait et pour lui souhaiter bonne nuit.
-Elle est très jolie, me dit-il.
-Pardon?
-Bella! J'ai bien vu comment tu la regardais, fiston, enfin plutôt comment vous vous regardiez, et je suis heureux que tu aies trouvé chaussure à ton pied.
-Mais, je ne...
-Bonne nuit Edward.
Et il me laissa là, en plan devant la porte de Bella. Bon Dieu, j'espère qu'il n'a pas cru que j'avais eu une petite envie lui aussi! Je fis grincer la porte de la chambre d'ami à côté de la mienne et je souris tendrement en la voyant profondément endormie, la tête nichée contre l'oreiller, la couverture sur ses épaules, ses cheveux formant un halo au-dessus de sa tête et sa bouche légèrement ouverte, déjà à des kilomètres de la vie réelle. J'eus une soudaine envie de me coucher, là, à côté d'elle et de me droguer à son odeur sans pareil, mais, à la place, je gémis en appuyant fermement sur la poignée avec ma main gauche. Quelle idée de frapper un arbre aussi, Cullen! Je regardais une dernière fois Bella et fermais doucement la porte sur elle, me préparant à aller dormir.
-Salut Ed, à demain! Me salua Jasper, en passant près de moi.
-Bonne nuit. Ah, au fait, comment ça va avec Alice?
Il se raidit et se tourna vers moi.
-Pourquoi est-ce que tu me demandes ça? Demanda-t-il, prudemment.
-Oh, juste comme ça, mentis-je. Pourquoi tu as des choses à cacher?
-Tu es con parfois, Cullen.
-Ton langage, Jasper! S'outra ma mère de je ne sais où.
-Désolé, Esmée.
Il me fusilla du regard et rejoignit sa chambre. Étrange sa réaction, mais j'ai connu pire avec lui. Je dis bonne nuit à mon père de là où j'étais et me faufilais dans ma chambre, sans attendre qu'il me réponde. Dans mon lit, je n'arrêtais pas de me tourner sur moi-même, pensant aux paroles de mes parents et grand-père. Déjà, tout le monde savait que j'aimais Bella, sauf Charlie et Emmett. Fort heureusement pour mes bijoux de famille. Soudain, mon portable m'annonça un message, me faisant sursauter violemment dans mon lit. Je regardais l'écran de mon téléphone: Emmett.
Est-ce que Bella va mieux?
Si ce n'était pas un grand frère attentionné ça, souris-je. Je tapais rapidement ma réponse.
Oui, ne t'inquiète pas, elle est actuellement en train de dormir.
Il ne fallut que quelques secondes pour avoir sa réaction.
Très bien. Prends soin d'elle pour moi. Bonne nuit.
Je tiquais un peu avant de lui souhaiter la même chose, ainsi qu'à Rosalie qui devait être à ses côtés en ce moment même. Quand j'eus posé le portable sur ma table de chevet, je posais ma tête sur l'oreiller et tombais dans un sommeil sans rêve, espérant que Bella en fasse autant.
O*O*O*O
Un bruit me réveilla en pleine nuit, un frottement, ou plutôt un gémissement venant de pas très loin d'ici. Encore endormi, je passais une main sur mon visage et me recouchais, dans l'espoir que je me rendorme, mais ça continua de nouveau. Putain, mais qu'est-ce que c'est que ce truc? Je repoussais mes couettes et sortis de mon lit, manquant de tomber. Il ne fallait pas trop m'en demander à cette heure de la nuit. Je sortis de ma chambre et je fus seul, tout le monde dormait encore. Je jetais un coup d'œil vers mon réveille; 04h52. Génial! Tout bonnement génial! Je tressaillis en entendant de nouveau ce bruit suspect, et je fus surpris de l'entendre venant de la chambre de Bella. J'esquissais d'un pas hésitant, vite avec plus de conviction. Est-ce qu'elle allait bien? Sa tumeur refaisait des siennes de nouveau? Est-ce que je dois réveiller mon père?
Timidement, j'ouvris la porte de la chambre et le spectacle me donna des frissons dans le dos. Bella ne dormait pas du tout paisiblement, bien au contraire. Elle se tordait dans son lit, les traits de son visage trahissant sa peur et son chagrin. Je m'approchai et m'assis sur le bord de son lit, alors qu'elle gémissait de plus belle. Oh, Bella, à quoi rêves-tu ainsi?
-Edward, souffla-t-elle dans son sommeil.
-Je suis là, murmurai-je encore surpris qu'elle parle dans son sommeil.
Elle s'agita un peu, alors que j'avais peur de la réveiller, en la regardant dormir, mais ses gémissements de souffrance avaient traversé les murs jusqu'à ce que je me réveille. Je ne pouvais pas la laisser ainsi, j'avais eu peur qu'elle ne soit de nouveau malade, mais elle parlait juste dans son sommeil, comme souvent. Elle avait l'air d'un Ange ainsi.
-Edward, ne m'en veux pas, gémit-elle toujours.
J'écarquillai les yeux, et m'insultai mentalement de tout les noms possibles et inimaginables. Mais quel crétin tu fais, Cullen! Qu'est-ce que tu as encore fait pour la mettre dans un état pareil? Tu as un pois-chiche à la place du cerveau ou quoi?
-Jamais, Bella. Je ne t'en voudrais jamais.
Bella se tortilla dans son sommeil, avant d'empoigner fermement son oreiller, la tête penchée de façon à ce que j'ai le droit d'admirer son magnifique visage empli de souffrance en cet instant. À quoi pouvait-elle penser? Je n'aurais jamais dû me demander ça, même mentalement, car elle me répondit d'elle-même, avec des mots qui resteraient gravés à tout jamais dans ma mémoire.
-Edward, je t'aime...
Et voilà pour ce chapitre!
J'ai été un peu plus lente pour ce chapitre – et j'en suis désolée – mais un rhume à fait ralentir mon écriture.
Un petit flashback pour résumé ce qui c'est passé, ne voulant pas dédier un chapitre entier aux réactions des proches.
Et oui, vous ne rêvez pas, Bella a bien dit « Je t'aime »! Même si c'est dans son sommeil, ça compte comme même, non?
Est-ce que quelqu'un va faire payer à Jacob pour ce qu'il a fait à Bella?
La réponse est oui, et Leah sera aussi qui est réellement son « petit-ami ».
Comme prévu, Tanya est revenu à la charge! Peut-être pas de la façon sont vous le croyez, mais tout aussi vicieuse, n'est-ce pas?
James aussi est de retour, il reviendra tout les 2 chapitres normalement, je ne veux pas vous traumatisé plus que vous ne l'êtes.
Certaines me rapprochent d'aller trop lentement entre Bella & Edward, ce que je ne peux leur blâmer. Moi-même, ça m'énerve de lire une fiction qui dur trop longtemps entre les deux personnages, mais sachez que votre patience sera récompensé dans le prochain chapitre, que j'ai un peu commencé à écrire.
EXEPTIONNELLEMENT, je donnerai un avant goût du prochain chapitre à ceux ou celles qui me laisseront une review, car j'ai l'autre moitié du chapitre en avance et aussi pour me faire pardonner de l'attente.
-Whisky d'Écosse (*): Merci à Maud pour l'info! Toujours utile comme tu vois. ;)
Merci de votre passage et n'hésitez pas à donner votre avis,
Clairouille59.
