Bonjour tout le monde!
Me revoilà après ses semaines d'absence.
Est-ce que je vous ai manqué? ;)
Le « Je t'aime » de Bella a fait sensation, ça m'a fait plaisir que vous preniez le temps de dire à Edward « BOUGE TES FESSES! » lol
Alors tout d'abord, beaucoup m'ont fait remarqué que Jasper était un peu louche lorsque Edward lui a demandé des nouvelles d'Alice, et vous allez voir qu'il y a eut un retournement de situation de ce côté là. Je vous laisse avec un POV Alice, qui reviendra aussi sur ce coup de téléphone imprévu.
Mais avant, il y aura la réaction de Bella, ainsi qu'un POV Edward.
De plus, j'ai très très hâte d'avoir votre avis sur ce chapitre...
Réponses aux personnes sans compte:
-TisingeD: Et oui, déclaration choc, personne ne s'y attendait! Dommage que tu n'acceptes pas les MP, j'aurais pu t'envoyer un teaser de ce chapitre... Bisous!
-Martine16: Tanya ne va rien lâché, ça c'est sûr! Mais je lui prévois un sort vraiment horrible, elle va s'en mordre les doigts de s'en être prit comme ça à Edward. Promis! La question est là: Comment va évoluer la relation entre Edward et Bella, maintenant? Je crois que ce chapitre va réponse à ta question de la meilleure façon. Bisous!
-crazybells: Et oui, elle l'a dit! Tu ne rêves pas, Bella a bien dit « Je t'aime » à Edward! Si tu as aimé ce chapitre, alors tu vas adoré celui-là! Bisous!
-Natacha: Merci beaucoup pour tes compliments, c'est vraiment gentil. Un « Je t'aime » qui change tout, tu auras la preuve dans ce chapitre là. Bisous!
-Miharu: Merci beaucoup chère nouvelle lectrice! Et je suis heureuse que tu aimes les timbrés qui sont dans ma fiction ainsi que la tournure que prend la relation entre Bella & Edward. Bisous!
-Didi: Mais j'aime bien mon petit Edward, il n'est pas si chochotte que ça, la preuve il a comme même dégagé Jacob de chez lui! Non, ce n'est pas Emmett qui va caser la gueule à Jacob, mais quelqu'un d'autre... Pour savoir ce qui va se passer entre Bella & Edward, tu devras lire ce chapitre. Bisous!
-Elo: Bella a dit « Je t'aime » en dormant, donc elle ne s'en ait pas rendu compte, et pour voir si Edward va le prendre en compte, tu vas devoir lire ce chapitre! Tanya et Jacob va le payer, n'ait crainte, pas forcément par les gens à qui ont s'attend par contre. Et pour ma chambre à torture, je crois que je vais déménager! Lol. Bisous!
-luna: T'inquiète, Jacob et Tanya vont le payer un jour ou l'autre. La roue va tourner de toute façon. Pour ce qui de savoir si je vais laisser vivre Bella ou non, il faudra lire ma fiction jusqu'au bout, car je compte bien laisser le suspense jusqu'au bout. Mais je sais déjà comment ça va finir, donc pas d'inquiétude. Bisous!
-Louloune: Tout d'abord, merci beaucoup pour tes encouragements, et heureuse d'être parmi mes lectrices! Alors, vu que la fiction n'est pas fini, comme tu peux t'en douter, et que la relation entre Edward et Bella va s'affiner, il ne sera plus le Médecin de Bella, il sera trop proche de Bella. Alors toutes les possibilités de guérison ne sont pas évoqués, pour la simple et bonne raison que Bella semble bien réagir à ses séances. Mais c'est envisageable que Bella subisse une opération pour sa tumeur, si son état empire. Donc voilà. Bisous!
-o0O-Eden-O0o: Bienvenue nouvelle lectrice! Oui, James revient dans le prochain chapitre, pas celui-ci. Je crois que j'ai assez traumatisé de personne pour le mettre à chaque chapitre. Comme je l'ai noté, un POV James sera présent tout les 2 chapitres. Et voilà la suite que tu attendais! Bisous!
-lpituminelle: J'aurais aimé te répondre avant, mais tu n'aies pas inscrite! J'avais bien précisé que ma correctrice était en vacances, donc que je ne posterai pas jusqu'à là. Mais, merci d'apprécier mon travail!
Merci infiniment à: pierad85, TisingeD, or elise, edwardbellaamour, Aliiice, caropat07, Martine16, crazybells, Camilia13015×2, SandJr, Maud, angel1201, mamoure21, chewbacca77, Candrillon49, Liline57, lolall, ousna, DavidaCullen, mimie05, manolys, Natacha, Sloubi, Liliex7, midsum, Miharu, didi, sonie 13, Elo, lyllou42, luna, Em 81, Louloune, Anaïs88, o0O-Eden-O0o, Titeviolette, Grazie, lpituminelle, AnaïsB et STUDENTKA-16 pour vos reviews.
Merci infiniment à: Audrey-magan, caropat07, lucie10500, izinie, BrainieSoazig, Titeviolette, Barley Sugar stories, kath1994, rousette13, choukinette76, lia3011, Merry Maria, Dex-DaZzLing, Cloums, Climbing To TheMoon, Lolie-Lili et STUNDENTKA-16 pour m'avoir mise en story alerte, favorite story ou author alert.
Un GRAND, IMMENSE, GEANT merci à ma bêta, Phika17! (L)
Mais aussi un ENORME merci à vous, chère lectrice, car j'ai été vraiment combler par les reviews du précédent chapitre. 41 reviews! C'est juste énorme! Certaines fictions en reçoivent beaucoup plus que moi – ça j'en ai aucun doute – mais là ça m'a fait chaud au coeur! Mille merci à vous!
Disclamer: Tout les personnages appartiennent à SM.
Bonne lecture,
Clairouille59.
Chapitre 23: La mélodie achevée
Samedi 28 novembre 2010
POV Bella
Quelque chose de chaud me touchait les reins, alors que je gémissais en sentant les rayons du soleil, filtrés par les rideaux, venir s'échouer sur ma joue. Il est encore trop tôt! J'enfonçais ma tête dans mon oreiller et soupirais de bien-être. Ça faisait un bout de temps que je n'avais pas aussi bien dormi, bien que j'avais l'étrange impression que ma nuit n'avait pas été de tout repos. Allez savoir pourquoi. Soudain, ce qui se trouvait sur mes reins accentua sa pression et je paniquais en sentant une main d'homme, à coup sûr, tenir ma hanche et protester d'être réveillé. Mon Dieu, j'ai un psychopathe dans mon lit! Je me mordis la lèvre et pris la première chose qui me tomba sous la main, un verre d'eau rempli, et reculai doucement, pour ne pas réveiller l'intrus. Imagine qu'il fasse 10 fois ton poids, Bella? Tu fais comment? Pas bête. Toujours aussi agilement que mon corps m'autorisait, je me retournais et poussais un cri en voyant qui s'était invité dans mon lit. Mais bon Dieu, qu'est-ce qu'il faisait ici? L'intrus se réveilla d'un bond et s'écroula sur le sol, lourdement, en gémissant de douleur.
-Edward? M'enquis-je. Est-ce que tu vas bien?
Il grogna, prit appui sur le lit et se releva. Je ne pus m'empêcher de le trouver extrêmement beau alors qu'il avait été réveillé de la pire façon qui soit. Bravo Swan! Ses yeux était plissés, les rayons du soleil les agressant, les traits tirés par la fatigue et ses cheveux en bataille, plus qu'ils ne l'étaient d'habitude. Ce n'était pas la première fois que je le voyais le matin, vu que j'habitais chez lui depuis quelques temps, mais il était toujours prêt pour aller travailler, alors que je me réveillais toujours aprés lui. Je posais mon verre sur la table de chevet, n'ayant aucun danger autour de moi.
-Bordel, jura-t-il, qu'est-ce qui se passe?
-J'ai cru qu'il y avait un psychopathe dans mon lit! M'affolai-je.
-Quoi? Mais qu'est-ce que...?
Soudain, il se mit à rougir et se racla la gorge, me regardant intensément. Quoi? J'avais une araignée sur les cheveux?
-Tu... Enfin... Je suis venu, parce que... Tu... Bredouilla-t-il. Enfin, cette nuit, tu étais agitée et... j'ai cru que tu n'étais pas bien, et... tu as dit... Enfin, je crois que je me suis endormi. Désolé.
Il avait l'air complètement ailleurs, pas du tout sur la même planète que moi. Mais je ne pouvais m'empêcher de le trouver absolument craquant au réveil. C'est vraiment le moment de penser à ça, Swan? Mon neurone libido était de retour. Il se leva lentement, se frottant le dos énergiquement pour faire passer la douleur. J'ai toujours eu le don de martyriser les gens autour de moi, sans les toucher!
-Je ne voulais pas te faire peur, me dit-il après avoir repris possession de ses moyens. Ce n'était pas prévu que je dorme dans le même lit que toi.
Je sentis mes joues rougir violemment sous cette vérité. Edward avait dormi dans le même lit que moi. Ce n'était pas la première fois que je dormais avec un homme, enfin j'en ai eu qu'un seul et il s'est avéré que c'était un salaud, mais avec Edward c'était différent. Il me plaisait plus que je ne pouvais le concevoir, c'était irrévocable. Je sentais des papillons voler dans mon ventre quand je croisais son regard étrangement noircis de si bon matin.
-Non, ce n'est pas grave, murmurai-je, j'espère que je ne t'ai pas réveillé parce que j'ai la fâcheuse tendance de parler en dormant.
À mon grand étonnement, il secoua la tête en souriant comme si je venais de lui dire qu'il avait gagné le gros lot au loto. Bon Dieu, qu'est-ce que j'avais bien pu dire pendant mon sommeil? Pitié, faite que je n'ai pas dit quelque chose d'indécent! En tout cas, je ne me rappelais pas d'avoir fait un rêve érotique...
-Est-ce que j'ai dit quelque chose? M'enquis-je, prudemment.
-Oui, et c'était vraiment passionnant si tu veux mon avis, répondit-il toujours en souriant. Je crois que ma mère prépare le petit-déjeuner, rejoins-nous. Et n'oublie pas tes médicaments!
Il me fit un regard entendu et disparut, me laissant seule dans mon lit, avec les cheveux qui devaient ressembler à un nid d'oiseaux. Je clignais des yeux pour reprendre contenance, parce que j'étais relativement perdue par les événements. Personne ne me disait que c'était passionnant ce que je disais en dormant. Je me mordis la lèvre inférieure afin de réfléchir à ce que j'avais bien pu dire. Il y avait une multitude de possibilités, aussi bien grotesque qu'indécentes, mais j'avais peur d'avoir dit ce que je redoutais le plus: les sentiments que j'avais envers lui. Mais, si c'était le cas, pourquoi souriait-il? Je me frottais les yeux, mon cerveau refusant de penser à ce genre de chose à une heure aussi avancée de la matinée, et posais mes deux pieds sur le sol froid de la chambre. Je frissonnai et me mis debout, me retenant grâce à la tête de lit. Je ne crois pas que ce soit le moment de tomber maintenant. Je regardais autour de moi afin de chercher des vêtements, avant de me souvenir que j'avais dormi à Forks, chez les parents d'Edward, et que Rosalie devait me rapporter mes habits ce matin. Je me sentis rougir en pensant qu'Edward m'avait vu dans cette tenue assez... courte. Sa mère avait des goûts étranges, même si Alice aurait adoré cette robe de chambre. Je soupirai et ouvris la porte, n'ayant aucun moyen de dissimuler les parties de mon corps découvert, et que j'avais laissé ma robe d'hier soir dans la salle de bain.
-Bonjour, Bella, me salua une voix masculine.
Je poussai un cri et on me rattrapa à temps avant que je ne me fracasse la tête contre un mur. Je posais une main sur mon coeur qui battait à un rythme effréné. Il va finir par lâcher! Je me retournais pour voir mon agresseur qui n'était autre que Jasper, le meilleur ami d'Edward.
-Je voulais simplement te saluer, me dit-il. Est-ce que ça va?
-Oui, ça va, soufflai-je, sentant mon organe vital protester. Et bonjour à toi aussi.
Il eut un petit rire avant de me remettre correctement sur pied. Puis, pour la première fois depuis que je le connaissais, je me mis à le détailler de haut en bas. On ne pouvait pas dire qu'il n'était pas charmant lui non plus, il avait bien les mêmes gênes que Rosalie. Ses cheveux aussi blond qu'une prairie de blé, ses yeux d'un bleu clair et intense, bien bâti, assez grand et des traits du visage viriles mais sympathiques. Pourquoi est-ce qu'ils étaient tous beaux à tomber? Du père à la mère, passant par le fils et le meilleur ami, ils devaient tous avoir un gêne que je n'avais pas eu. Même si Edward les dépassait de loin. Ça y est, ma libido refait des siennes.
-Je peux te demander quelque chose? M'enquis-je auprès de Jasper.
-Je t'écoute, sourit-il.
-Est-ce que les médicaments que je dois prendre ont des effets... Hum... Enfin, qui rendent ta libido complètement folle?
Il me regarda un instant avec des yeux ronds avant d'éclater de rire. Je me sentis légèrement rougir. Ce n'était peut-être pas la bonne personne à qui demander ce genre de renseignement.
-Mon Dieu, Bella! Rit-il. On ne m'avait pas encore demandé ce genre de chose. Mais pourquoi cette question? Je te fais de l'effet?
Ça y est, je devais ressembler à une tomate.
-Non! M'exclamai-je. Enfin, sans vouloir te vexer, tu n'es pas mon genre.
-Ne t'inquiète pas, je ne le prends pas mal, mais j'avoue que ta question m'a désarçonné. Malheureusement, je ne crois pas être la bonne personne pour y répondre. Demande à Edward, il pourra sûrement t'aider pour ton... problème de libido.
-Je crois que je vais me débrouiller toute seule, marmonnai-je. Merci quand même.
-Tout le plaisir était pour moi. Tu veux de l'aide pour descendre les escaliers?
C'est ainsi que Jasper m'aida à descendre les mille marches qu'avaient les escaliers des Cullen, et je ne pus m'empêcher de regarder avidement autour de moi. C'était magnifique. Tout était grand, luxueux, décoré avec goût et je me demandais ce que devait être leur maison principale, si celle-ci était leur secondaire. Je ne pourrais jamais m'en payer une comme ça. Rapidement, et avec une patience infinie, Jasper m'emmena dans la cuisine, ou plutôt la fabuleuse cuisine des Cullen. Tout était pratiquement neuf, avec des appareils ménagers de grande capacité, un plan de travail à n'en plus finir et le tout impeccable.
-Bonjour, Bella, bien dormi? Me demanda la mère d'Edward.
Esmée Cullen était vraiment une femme superbe, même avec l'âge elle ne semblait pas départir de sa beauté. Les cheveux de la même couleur étrange que son fils, un visage en forme de coeur, chaleureux, des yeux verts mais moins prononcés qu'Edward, des petites rides sur le contour de ses yeux qui la rendaient encore plus aimable qu'elle ne l'était déjà. Et je ne parlais même pas de son mari. Pas étonnant qu'Edward soit la perfection incarnée, avec des parents pareils!
-Euh... Bonjour, bredouillai-je. J'ai très bien dormi, merci.
-Tu m'en vois ravie! Sourit-elle. Qu'est-ce que tu veux manger? J'ai fait des pancakes, mais il y a aussi du pain, des céréales, des fruits, des yaourts...
J'étais légèrement mal à l'aise de me faire servir, alors qu'ils m'avaient gentiment hébergé la nuit dernière. Et j'en avais pas l'habitude aussi.
-Des pancakes c'est très bien.
-Alors des pancakes, c'est parti. Et toi, Jasper, que veux-tu?
-Pareil, répondit-il en s'asseyant à la droite d'Edward, piquant ce qu'il était en train de lire.
Ce dernier glissa discrètement mes boîtes de médicaments sur le comptoir de la cuisine et me sourit. Je me sentis rougir et les pris avec le verre de jus d'orange qui était en face de moi. Pas la peine que tout le monde le voit. Je lui fis un petit sourire de remerciement et commençai à manger mon petit-déjeuner, sans grand appétit, comme c'est le cas depuis plusieurs semaines déjà.
-Au fait, Bella, me dit Jasper, Rosalie m'a parlé de ta vielle voiture qui ne marchait plus.
-Ma Chevrolet? M'enquis-je, étonnée.
-Exactement, et elle se demande si elle pourrait y jeter un coup d'œil.
-Rosalie?
Edward eut un petit rire, et Esmée sourit.
-Elle adore les voitures, m'expliqua Edward. Ça met mon égo à rude épreuve à chaque fois.
-Oh... Euh... Je ne crois pas que ce soit la peine. Cette fois-ci, elle a bien rendu l'âme.
-Laisse Rosalie la voir quand même, insista son frère, elle serait très heureuse que tu acceptes.
-Et bien, c'est d'accord. Elle est devant l'immeuble, Emmett l'a fait remorquer la semaine dernière.
Jasper me sourit avant de prendre son portable pour sûrement envoyer un message à Rosalie. Une femme mordu de mécanique? C'était bien la première fois que je voyais ça. Emmett avait tout gagné avec Rosalie. Qui l'aurait cru? Je finis tant bien que mal ce qu'il y avait dans mon assiette, avant que le Docteur Cullen entre dans la cuisine, les mains remplies de sac du supermarché de Forks. Et l'unique même.
-Tu t'es encore une fois fait avoir par maman? Se moqua Edward.
Son père lui lança un regard noir avant de poser ses sacs sur le comptoir. Bon Dieu, il avait le même regard que son fils! C'était troublant.
-Mais qu'est-ce que tu racontes? Gronda Esmée. Ton père y a été de son plein grès, n'est-ce pas mon chéri?
-Bien sûr mon amour, roucoula presque son mari.
Je vis Jasper faire semblant de vomir, récoltant un regard menaçant d'Esmée.
-Oh, bonjour Bella, me dit soudainement le Docteur Cullen. As-tu bien dormi?
-Oui... Euh... Merci pour tout, bredouillai-je les joues en feu.
-En tant que Médecin, je n'aurais pas pu te laisser rentrer chez toi vu l'état dont tu étais hier soir. Tu te sens mieux?
-Pour l'instant, je vais bien, répondis-je d'une petite voix.
Il me fit un sourire compatissant avant d'aider sa femme à ranger les courses. Cette dernière, refusant mon aide quand je voulus proposer de faire la vaisselle, prétextant que j'en avais déjà fait assez dans cette maison. Je me creusais la tête, mais rien ne me vint à l'esprit. À moins que j'étais devenue somnambule? J'osais me lever, alors que la chemise de nuit était plus que révélatrice en évitant le regard d'Edward sur moi.
-Je... Euh... Est-il possible que... je prenne une douche?
-Oh, bien sûr ma chérie! Edward, va donc être un fils digne et lui montrer où sont les serviettes de bain veux-tu?
-Si Madame veux bien me suivre, murmura-t-il à mon égard.
Évidemment, je me mis à rougir fortement et tirai sur ma chemise de nuit en le suivant tant bien que mal. Malgré l'agréable nuit que je venais d'avoir, ce qui n'était pas arrivé depuis un sacré moment, mes pas étaient incertains et affreusement douloureux. Je n'imaginais pas ce que ça allait être ce soir, quand je reviendrais de ma séance de Radiothérapie. Au pied de l'escalier, Edward me tendit la main, sans l'ombre d'une hésitation et un léger sourire aux lèvres. Je devais avouer que je ne m'étais jamais sentie aussi bien avec un homme avant lui. Je glissais ma main dans la sienne, frissonnant de la tête aux pieds en sentant son épiderme sous la mienne et il m'aida doucement à monter les escaliers. Une main dans la mienne, et l'autre sur ma hanche, on se retrouva rapidement dans la salle de bain.
-Le shampoing et le gel douche sont dans la douche et les serviettes sous le lavabo, m'annonça-t-il. Rosalie ne devrait plus tarder avec tes vêtements. Appelle-moi si tu as un problème.
-Merci.
Il me sourit et disparut après avoir fermé la porte derrière lui. Ciel, comment je vais faire si Rosalie ne vient pas? Me trimballer avec un serviette autour de moi le temps qu'elle arrive? Peut-être que ça plaira à Edward? Je grognais, agacée d'entendre de nouveau la partie de mon cerveau qui était directement reliée à ma libido. Je secouais la tête, évitant d'avoir des images salaces dans ma tête avec pour acteurs principaux Edward et moi, et enlevais ma chemise de nuit, la déposais dans le bac à linge sale près de la porte et réglais la température de l'eau. Si je la mettais à une température faible, mon esprit arrêtera de faire des siennes. L'espoir fait vire. Je soupirais et me glissais sous l'eau tiède en gémissant de bonheur. On pouvait dire ce qu'on veut, l'eau faisait des merveilles sur le corps, malade ou non. Je me languissais de l'eau sur moi, fermant les yeux, profitant d'être seule et bien dans ma tête pour essayer de me souvenir de ce que j'ai pu dire dans mon sommeil pour qu'Edward ait l'air si joyeux dés le matin. Je sais pas, j'aurais pu dire les prochains numéros du loto, prédire l'avenir sans m'en rendre compte ou encore avouer quelque chose que je gardais secret, et qu'il avait pris plaisir à entendre? Non, Edward n'était pas aussi vicieux que ça, n'est-ce pas? Non, sûrement pas, ou en tout cas, je l'espérais.
Je sortis de ma douche au bout d'un quart d'heure, je ne voulais pas prendre toute l'eau chez les Cullen, alors qu'ils m'avaient gentiment accueillie. Je me séchais rapidement les cheveux, les brossant négligemment avec une brosse qui ne se trouvait pas là hier soir et m'entourais d'une grosse serviette bleu clair qui m'arrivait au-dessus des genoux. Espérons que Rosalie arrive rapidement.
-Bella? Est-ce que je peux entrer?
Je poussai un cri et me rattrapai de justesse sur le rebord du lavabo.
-Est-ce que ça va? S'inquiéta Rosalie, toujours derrière la porte. Bella?
-O... Oui, je vais bien, murmurai-je. Je t'ouvre la porte.
Je déverrouillai la serrure et la laissai entrer. Après tout, c'était une femme et je n'étais pas nue. Rosalie referma la porte derrière elle, avec le sac que j'avais emmené chez mon père sur ses épaules.
-Tu as bonne mine, dis-moi! Sourit-elle après m'avoir salué.
-J'ai bien dormi cette nuit, répondis-je lentement.
Elle semblait déçue par ma réponse.
-Oh... J'ai cru que tu, enfin ça n'a pas d'importance. Voici tes vêtements et je te mentirais si je te disais que je n'avais pas regarder par simple curiosité.
-Rosalie! Grondai-je en prenant mon sac d'un geste brusque.
-Quoi? Ce n'est pas comme si c'était ton frère qui avait regardé, si? Et, entre nous, un petit tour dans les magasins ne te ferait pas de mal.
Je me renfrognai et ouvris mon sac pour prendre une tenue au hasard. Mon Dieu, on dirait Alice!
-Merci de m'avoir apporté mes vêtements, dis-je. Est-ce que tu pourrais...?
-Oh, oui, bien sûr! Et tu sais que tu es plutôt bien fichue?
Je rougis jusqu'à la racine de mes cheveux tout en la fusillant du regard.
-C'est vrai! Regarde-moi ces jambes, ces fesses, et cette poitrine! S'exclama-t-elle. Là, c'est sûr, Edward a dû les mater plus d'une fois.
-La ferme! Grondai-je en rougissant encore plus. Sors de cette salle de bain!
-On pourrait aller faire les magasins cette semaine? Proposa-t-elle. J'ai une idée de lingerie qui...
-Sors, maintenant! Criai-je folle de honte.
Elle leva les mains et déguerpit de la salle de bain. Je m'empressais de fermer la porte de celle-ci. Je n'osais imaginer si tout le monde avait entendu Rosalie s'exclamer que j'étais bien fichue. Et puis quoi, encore? Je levai les yeux au ciel et commençai à m'habiller le plus simplement possible. Jean avec un pull beige, rien de bien affriolant. En tout cas, du point de vue de Rosalie. Je me sentais très bien là-dedans, aucune chance que je me trimballe avec des talons aiguilles toute la journée. Hier, ça avait été un exploit pour que je porte une robe. Mais c'était Thanksgiving, je pouvais faire un effort. Je rangeai le tout dans mon sac et sortis de la salle de bain, afin d'enlever les draps dans la chambre d'ami ainsi que faire le lit. Malheureusement, Esmée était déjà là, remettant une nouvelle housse de couette. Elle sourit en me voyant.
-Est-ce que je peux faire quelque chose pour toi? S'enquit-elle avec une infinie sincérité.
-Je voulais aider, mais apparemment, je suis arrivée trop tard, répondis-je.
Elle se mit à rire devant ma mine déçue.
-Effectivement, je crois que tu es arrivée bien trop tard! Va donc saluer ton père et ton frère, je m'occupe de tout.
-Vous avez raison, et je voudrais vous remercier, pour tout. On ne se connait pas mais vous m'avez hébergé chez vous, alors que ce n'était pas une obligation.
Elle relâcha ce qu'elle était en train de faire, et, à mon plus grand étonnement, me prit dans ses bras, m'enlaçant tendrement. Comme une mère l'aurait fait à sa fille.
-C'est plutôt moi qui devrais te remercier, murmura-t-elle à mon oreille. Tu apportes le bonheur et l'amour autour de toi, et c'est inestimable à mes yeux. Merci infiniment, Bella.
Elle me tint à bout de bras et remit une de mes mèches derrière mon oreille. Me remercier? Mais pourquoi dont? Je lui fis un léger sourire, contrit, avant de descendre les escaliers pour rejoindre mon père et Emmett, qui devaient m'attendre en tapant du pied par terre.
-Ah, enfin! S'exclama Emmett, quand il me vit arriver. On a cru que tu étais perdu!
-Très drôle, maugréai-je. Tu en as d'autre des comme ça?
-Tu as l'air d'aller beaucoup mieux qu'hier, se réjouit mon père en tapotant mon bras, coupant court aux blagues nulles de son fils. Tu m'en vois ravi.
-J'ai bien dormi, avouai-je.
Du coin de l'œil, je vis Jasper lancer un regard amusé à Edward, qui avait tourné la tête vers la baie-vitrée du jardin. Peut-être qu'il savait ce que j'avais pu dire dans mon sommeil? Espérons que ce ne soit pas quelque chose de gênant. Ça, il y avait peu de chance, vu le sourire qu'il abordait.
-Merci pour tout, Carlisle, le remercia mon père en serrant la main de son ami. Vraiment.
-On se connait depuis des années, on est de vieux amis, répondit aimablement ce dernier. Et puis Bella est une jeune femme charmante, personne ne pourra le contredire.
Inévitablement, je me sentis rougir sous le compliment, alors que Rosalie me fit un sourire éblouissant comme si elle me disait « Je te l'avais dit! ». Idiote! Après quelques paroles anodines, des papouilles de la part de mon frère et de sa bien-aimée, un regard perçant de la part de Jasper et un Edward inexistant, Emmett décida qu'il était temps de me ramener à Forks. Malheureusement, le sous-entendu ne tomba pas dans l'oreille d'un sourd, puisque tout le monde me jeta un regard compatissant. J'avais presque oublié que c'était aujourd'hui qu'était prévue ma séance de Radiothérapie.
-Au plaisir de te revoir, Bella, me dit Esmée avec une gentillesse sans fin.
-Oh... Et bien, on se reverra sûrement, vu que j'habite avec votre fils, répondis-je.
-Bien sûr! Bonne route, Bella!
Je saluais aussi son mari, ainsi que Jasper qui me demanda si j'avais posé la question à Edward, pour les effets des médicaments qui m'étaient prescrits, me faisant rougir, mon père, qui restait à Forks et qui m'ordonna de l'appeler ce soir, aprés ma séance, pour finir par Edward.
-On se voit ce soir, me dit-il en m'aidant à mettre mon manteau, je prends la route plus tard. Tu ne m'en veux pas?
Je levai les yeux au ciel.
-Ce sont tes parents, Edward, évidemment que je ne t'en veux pas!
-D'accord, soupira-t-il, visiblement soulagé. Fais attention à toi et n'oublie pas que...
-Je sais! M'exaspérai-je. Je dois me ménager, prendre mes médicaments, me reposer le plus possible, ne pas manquer un repas et éventuellement appeler les Urgences si je ne vais pas bien. Est-ce que j'ai passé le test?
Il abordait un sourire amusé. Pourquoi est-ce que j'avais l'impression de divaguer à chaque fois qu'il souriait? Dieu que la vie est injuste!
-Excellent, Miss Swan! Sourit-il. J'ai plus qu'à te souhaiter bon courage pour supporter ton frère et Rosalie pendant 3 heures.
-Je crois que je vais en avoir besoin, murmurai-je.
À mon étonnement, et surtout à ma plus grande joie, Edward se pencha vers moi et déposa un baiser sur ma joue. Je frissonnais en sentant sa bouche sur mon épiderme, qui frétillait de bonheur à ce geste qui pouvait paraître banal dans un premier abord, mais qui me faisait chavirer à la moindre occasion. Il sembla s'éterniser, avant de se relever et de me faire signe d'y aller, Emmett et Rosalie s'impatientaient. J'aurais dû les tuer quand j'en avais l'occasion. Je bafouillais un « au revoir » pathétique et rejoignis d'un pas lent la voiture de mon frère. Rosalie prit le siège passager, pendant qu'Emmett prenait le volant et que je m'installais sur la banquette arrière, la tête posait contre la vitre, rêveuse.
-Oh, ne commence pas avec ta musique de cinglé! Gronda Rosalie devant. Il est 11 heures du matin, pitié!
-Ça vous réveillera un peu!
-Et à cause de qui j'ai pas dormi, Monsieur locomotive, hein? J'avais plutôt l'impression de dormir avec un ours qu'un homme! Alors, maintenant, tu poses tes mains sur le volant et tu me laisses choisir la radio.
-Mais, Rose chérie...
Elle lui lança un regard glacial, le faisant taire de suite. Elle le tenait d'une main de fer dite-moi! Qui aurait cru que le grand Emmett Swan, le tombeur de ces Dames, se ferait prendre dans les mailles du filet de l'amour? Rosalie joua avec les boutons de la radio, Emmett les yeux rivés sur la route, alors que je sentais mes paupières devenir lourdes. J'avais peut-être bien dormi, mais mon corps ne semblait pas avoir repris plus de force que ça. Je gémis et étendis mes jambes sur la banquette, posant ma tête sur mon avant-bras.
-J'adore cette chanson, murmura Rosalie.
-Encore une chanson de tapette, grommela mon frère, ce qui lui valut une frappe derrière la tête.
-Je n'ai pas dit de te taire?
J'esquissais d'un sourire, amusée, alors qu'une douce voix féminine envahit l'habitacle.
Bethany Joy Lenz {Halo}:
I never promised you a ray of light / Je ne t'ai jamais promis un rayon de soleil
I never promised there be sunshine every day/ Je ne t'ai jamais promis que le soleil brillerait tout les jours
I'll give you everything i have / Je t'ai donné tout ce que j'avais
The good the bad / Le bon ou le mauvais
Why do you put me on a pedestal? / Pourquoi me mets-tu sur un piédestal?
I'm so up high that i can't see the ground below / Je suis tellement haute que je ne peux pas voir le sol
So help me down you've got it wrong / Alors aide-moi à redescendre car tu as tord
I don't belong there / Je ne fais pas partie de ça
[Refrain]
One thing is clear / Une chose est claire
I wear a halo / Je porte un halo
I wear a halo when you look at me / Je porte un halo quand tu me regardes
But standing from here /Mais en te tenant ici
You wouldn't say so / Tu n'en diras pas autant
You wouldn't say so if you were me / Tu n'en dirais pas autant si tu étais moi
And i just want to love you / Et je veux juste t'aimer
Oh oh, i just want to love you / Oh, oh je veux juste t'aimer
[Refrain]
I always said that i would make mistakes / J'ai toujours dit que je ferais des erreurs
I'm only human and that's my saving grace / Je suis juste humaine et c'est ma grâce providentielle
I'll fall as hard as i try / Je suis tombée aussi fortement que j'ai essayé
So don't be blinded / Alors ne soit pas aveugle
See me as i really am / Regarde-moi comme je suis réellement
I have flaws and sometimes I even sin / J'ai des défauts et commet parfois des pêchés
So pull me from that pedestal / Alors pousse-moi de ce piédestal
I don't belong there / Je ne fais pas partie de ça
Like to think that you know me / Pourquoi penses-tu que tu me connais
But in your eyes / Alors que dans tes yeux
I am something above me / J'ai quelque chose de supérieur en moi
That's only in your mind / Mais seulement dans tes pensées
Only in your mind / Seulement dans tes pensées
I wear / Je porte
I wear / Je porte
I wear a Halo / Je porte un halo
[Refrain]
Sur ces dernières paroles, mes paupières devinrent plus pesante que jamais, et je m'endormis pour de bon.
O*O*O*O
-Bella? M'appela-t-on.
Je protestais en gémissant et je retournais là où j'étais étendue. C'était doux, chaud et moelleux, ce qui me fallait en cet instant.
-Allez, Bella, réveille-toi!
Laissez-moi dormir! Quel monde cruel! Me perturber alors que je dors sans emmerder tout le monde! Quel comble!
-Oh, Bella, s'il te plait, fais un peu d'effort de ton côté! Se plaignit l'agaçante voix.
-Fiche-moi la paix, marmonnai-je, la tête enfoncée dans l'oreiller.
-Miracle elle est vivante! Allez Bella, ne m'oblige pas à utiliser la manière forte...
Je grommelais quelque chose de pas très sympa de ma part avant de sentir la chaleur me quitter et le vent s'infiltrer sur mes jambes nues. Je me levai d'un bond, les cheveux obstruant ma vue, mon coeur battant à cent à l'heure. Devant moi, se tenait la maléfique Rosalie qui abordait un sourire démoniaque alors qu'elle secouait la couette par la fenêtre.
-Ah? Tu es réveillée? S'enquit-elle, innocente.
-Ne t'attends pas à ce que je te réponde, cinglai-je.
-Ça fait 10 minutes que j'essaye de te réveiller, excuse-moi si ma patience ne va pas au-delà!
Je levai les yeux au ciel quand je remarquais que le froid s'insinuait plus profondément dans la chair de mes jambes, alors que...
-Pourquoi est-ce que je n'ai pas de pantalon? M'écriai-je en prenant ce dernier qui se trouvait par terre.
-J'ai pensé que c'était mieux que tu dormes ainsi, plus confortable je trouve. Enfin, c'est mon avis.
Je pestai contre sa personne en ouvrant la porte de ma chambre. Aucun bruit, sauf la télévision qui émettait son plus bas son.
-Edward n'est pas revenu? Demandai-je.
-Il te manque déjà? S'amusa-t-elle à répondre.
Je la fusillai du regard. Crétine!
-J'aurais eu un réveil plus doux de sa part, répondis-je, sarcastique.
Elle déplia la couette sur mon lit, ramenant un vent gelé vers moi. Malgré moi, je frissonnais. Fichue météo!
-Je me doute, il paraît qu'il a des doigts magiques, mais je n'ai jamais eu l'occasion de tester. Fort heureusement.
Je me mis à rougir sous son sous-entendu et détournai le regard.
-Est-ce que Emmett t'aurait perverti pendant mon absence? Sifflai-je entre mes dents.
Elle eut un petit rire mais ne répondit pas, se contentant de chantonner la chanson qu'on avait écouté dans la voiture. Mais, au fait, si je me suis endormie, comment suis-je arrivée dans mon lit? Je posai la question à Rosalie, un peu perturbée.
-Emmett t'a porté jusqu'ici, tu n'as même pas ouvert l'œil.
-Oh, d'accord...
-Mais tu as appelé Edward dans ton sommeil, ajouta-t-elle avec un sourire. Ça n'a pas beaucoup plu à Emmett mais je crois qu'il s'est résigné à faire quelque chose.
Je ne répondis pas et allai dans la salle de bain. J'aurais dû vraiment me taire, le jour où j'ai avoué contre mon grès que j'avais des sentiments pour Edward, ça m'aurait évité d'entendre les petits piques qu'elle me lançait. De plus, je ne crois pas que ça va s'arrêter, si Emmett le sait maintenant. Pourquoi est-ce que je parlais pendant mon sommeil, hein? Soudain, je me figeais, la brosse à dent dans mes mains, qui tremblaient, alors que tout se mettait en place dans ma tête. Oh mon Dieu! J'avais appelé Edward pendant mon sommeil, cette nuit, bien sûr! Et il a fallu qu'il s'endorme à mes côtés car, d'après lui, je m'étais agitée pendant que je dormais. Il a fallu que ça arrive quand il était là! Je m'insultais jusqu'à ce que Rosalie frappe à la porte. Je recrachais l'eau que j'avais dans la bouche.
-Emmett vient d'appeler, il ne peut pas de conduire à l'hôpital car il y a un feu qui s'est déclaré à la frontière de la ville, me dit-elle. Il m'a demandé si je pouvais le faire sa place, est-ce que ça te dérange?
Je m'essuyais la bouche et allais ouvrir la porte, lui faisant face.
-C'est très gentil de ta part, merci. Mais je comprendrais que tu aies autre chose à faire ou...
-Ne dis pas de bêtise, voyons! On devrait y aller avant d'être en retard.
J'acquiesçais et, cinq minutes plus tard, alors que je vérifiais une fois de plus qu'il ne me manquait pas de papier et aprés que je faillis tomber sur le trottoir, Rosalie mit le contact de sa BMW rouge et roula jusqu'au Seattle Hospital Center.
-J'ai profité qu'Emmett était là et que tu dormais pour aller voir ta voiture, me dit-elle devant un feu rouge. Et Jasper avait raison, c'est une antiquité ta Chevrolet!
-Ce n'est pas une antiquité! Protestai-je, alors qu'on se remettait en route vers l'hôpital. Elle est un peu vielle, je le conçois, mais elle marchait encore très bien.
-Ça c'est ce que tu dis, je ne l'ai pas vu de mes propres yeux. Enfin passons. J'ai regardé rapidement et il me semble que c'est un problème de batterie, rien de plus. Il faudra la changer, ainsi que de rajouter de l'huile, penser à changer les plaquettes de frein ainsi que les essuie-glaces et une petite couche de peinture ne lui ferait pas de mal.
-Je n'ai pas les moyens, Rosalie, bougonnai-je qu'elle critique ma voiture. Et puis, je n'en ai pas l'utilité maintenant, je serais incapable de conduire. Elle restera là le temps qu'il faudra.
-Comme tu veux, souffla-t-elle. On est arrivé.
Je descendis de la voiture, soutenue par Rosalie qui voyait que je ne tenais pas droite sur mes pieds. À l'accueil, ce fut encore Maria alias Miss frustrée qui était là, mais, heureusement, nous n'eûmes pas besoin de passer par elle. Et puis, je ne crois pas qu'elle aurait fait long feu face à Rosalie, vu comment elle lui jetait des regards noirs. Nous prîmes l'ascenseur, qui était à moitié rempli, jusqu'au quatrième étage. Ça faisait que la troisième fois que je venais, mais j'avais toujours cette impression de froid qui parcourait tous les os de mon corps. Ce n'était pas un étage joyeux, mais peu l'était dans un hôpital. À côté de moi, Rosalie devint soudain blême, perdant toute couleur sur son visage et ses lèvres formèrent une ligne droite et mince, comme si elle se retenait de pleurer. Charlie et Emmett essayaient toujours de mener la conversation vers autre chose que mes séances, même si je voyais qu'ils avaient du mal à garder leur sang-froid, mais au fond de mon esprit, je savais qu'avec Rosalie, ça serait différent, surtout dans la salle d'attente. Il y avait des enfants. Sans un mot, je pris sa main et la conduisis jusqu'au second accueil, où une secrétaire nous attendait. Après avoir enregistré notre rendez-vous, nous souriant toujours, j'emmenais Rosalie vers cette fameuse pièce, où, déjà, trois personnes s'y trouvaient, dont un enfant, une petite fille. Elle ne devait pas avoir plus de 7 ans, alors que sur sa tête il y avait un bandana pour cacher son crâne chauve et qu'elle portait une salopette en jean. Elle était adorable. Mais, malgré son air enfantin, on pouvait voir que sa maladie reprenait le dessus sur son enfance. Les traits de son visage étaient lourds et fatigués, sa peau était si blanche qu'on pouvait voir ses veines bleutées et sa silhouette était si fine qu'on s'attendait à la voir s'effondrer d'une seconde à l'autre. Je m'assis sur une chaise, attendant mon tour, alors que la petite fille toussa, affolant sa mère. Ça devait être horrible de voir son enfant dans un état de santé aussi faible. Cette dernière alla se réfugier dans les bras de sa mère, au moment où l'on appela pour sa séance. Suite à cela, elles disparurent derrière une porte. Il ne restait qu'un homme dans la salle, il devait avoir la cinquantaine, quelques cheveux blancs trônaient sur son crâne, alors qu'une grande partie avait disparu. Il était tout aussi mince que je l'étais, vêtu simplement, voutait contre sa chaise, le regard vague. Quelques secondes plus tard, une femme du même âge le rejoignit, tenant un gobelet dans sa main et lui tendit. Ça devait être sa femme. Cette dernière caressa ses cheveux tendrement en lui parlant à voix basse. Eux aussi rejoignirent le Docteur qui les appelaient, nous laissant seules, Rosalie et moi.
-Est-ce que ça va? M'enquis-je doucement à mon amie.
-Je crois, souffla-t-elle.
-Tu peux m'attendre en bas tu sais, je te t'en voudrais pas.
-Hors de question, je reste. Je ne suis pas à plaindre, regarde cet homme, et cette petite fille...
Des larmes perlèrent aux coins de ses yeux et je lui pris la main, signe que je comprenais ce qu'elle ressentait. Je crois que j'étais bien la seule qui pouvait la comprendre. Nous passâmes le reste du temps en silence, seulement connectées avec nos mains liées. J'avais l'impression que Rosalie s'accrochait à la mienne, comme si sa vie en dépendait. Les secondes se transformèrent en de longues minutes, avant que le Radiophysicien, Marcus Volturi, n'entre dans la salle.
-Bonjour, Isabella, me salua-t-il avec un sourire. Comment allez-vous?
Je me levais et marchais doucement vers lui.
-Bonjour, Docteur, soufflai-je. Pour dire vrai, j'ai connu des jours meilleurs.
Il hocha la tête laissant le passage libre pour me laisser passer. Je tournais la tête vers Rosalie, qui semblait être sur le point de tomber en larme et lui fis un sourire contrit. Je traversai le couloir blanc avant que la porte ne se referme sur moi, me promettant que les prochaines minutes soient longues et pénibles.
O*O*O*O
Ma Radiothérapie s'était passée comme elle se devait de l'être: lente et aux effets secondaires catastrophiques. De plus, le Docteur Volturi m'avait dit que ça serait plus dur au fil du temps, ce qui ne me rassurait guère, surtout que je me sentais comme prise entre deux eaux, perdue. Rosalie avait essayé de retenir ses larmes quand elle m'avait vu revenir, mais, alors que nous nous garions devant l'immeuble, je pouvais entendre ses reniflements. J'avais les yeux fermés, complètement vidée de toutes forces. Je n'étais même pas capable de les ouvrir. La portière s'ouvrit à côté de moi, et elle dût m'aider à descendre de la voiture, ainsi que me soutenir un peu pour prendre l'ascenseur. Elle ne parlait pas, mais c'était mieux ainsi.
-Tu es bientôt à la maison, tu pourras te reposer, d'accord? Me dit-elle, bienveillante. Tu iras bien.
Je hochai la tête, mais j'avais du mal à croire à ses paroles. Comment y croire alors que j'avais l'impression que mon corps allait tomber en ruines? Qu'il ne répondait plus à ce que vous lui demandiez? Que la seule chose que vous vouliez, c'était de dormir, et de ne jamais vous réveiller dans ce monde douloureux et sans fond? Le bras de mon amie se fit insistant sur mes hanches, alors que je gémissais, les jambes tremblantes. Par je ne sais quel moyen, la porte d'entrée de l'appartement s'écarta de son socle pour nous laisser passer, avant de se fermer d'un coup de pied de Rosalie.
-Edward? Par pitié, dis-moi que tu es là? Supplia-t-elle à travers l'appartement.
-J'arrive, je suis dans ma chambre, répondit-il.
-Tu te pomponneras plus tard, Dom Juan, j'ai besoin de toi, maintenant!
Des bruits de pas précipités arrivèrent vers nous, alors que je me retenais vers l'appui du canapé, ne voulant pas mettre tout mon appui sur Rosalie.
-Bella! S'affola Edward.
Deux secondes plus tard, les mains délicates de cette dernière laissèrent place à celles d'Edward, beaucoup plus robustes et solides. J'aurais souri si j'en avais la force, alors que son odeur s'infiltra dans mes narines. Je pris appui sur ses épaules pour me hisser tant bien que mal sur mes pieds, mais mes jambes ne me soutinrent plus, et il me rattrapa de justesse, à l'aide de ses bras.
-Aide-moi à enlever son manteau, je vais la mettre coucher, murmura Edward à Rosalie.
Je sentis qu'on me bousculait un peu, me malmenant de droite à gauche, avant que mes pieds ne quittent le sol pour de bon et que l'air faisse voler mes cheveux.
-Reste éveillée encore deux minutes, Bella, d'accord? Me demanda Edward. Juste deux minutes.
-Hum...
Les muscles de ma bouche n'avaient même plus la force de bouger, j'étais trop fatiguée pour supporter ça. Je n'étais plus qu'une loque. Soudain, quelque chose de froid et de mou percuta mon dos, et je gémis presque de bonheur en reconnaissant mon lit. Mes chaussures quittèrent mes pieds, ainsi que mes chaussettes et mon pull, avant de sentir la couverture recouvrir mon corps douloureux. À ce moment-là, prise d'un élan de courage, j'ouvris les yeux sur la fabuleuse vision qui s'offrait devant moi. Edward. Il était là, assis sur mon lit, ses yeux émeraudes plantés dans mes yeux, un sourire diaboliquement sexy sur ses lèvres et une main glissant dans mes cheveux.
-Est-ce que tu crois en l'amour? Murmurai-je d'une voix rauque.
Il cligna des yeux, étonné, avant de me répondre:
-Oui, et j'y croirais jusqu'à ma mort.
-Tant mieux... parce que moi j'y crois aussi... depuis que je te connais...
Et je m'endormis, l'esprit embrumé par les médicaments que j'avais dû prendre et ma séance de Radiothérapie.
Mercredi 3 décembre 2010
POV Edward
« Je t'aime... », « Tant mieux... parce que moi j'y crois aussi... depuis que je te connais...» Voilà ce qui revenait sans cesse dans ma tête, comme une mélodie. Et quelle mélodie! J'avais beau aller faire les courses, prendre ma douche, aller au boulot ou réviser pour mes examens qui arrivaient à grand pas, rien à faire, ça ne quittait pas mes pensées. Pas que je m'en plaignais, bien au contraire, mais j'avais peur de devenir fou à force. Et puis, surtout, Bella ne se rappelait en aucun cas qu'elle m'ait dit ces paroles, sinon ça se serait vu sur son visage, à moins qu'elle soit une bonne comédienne. Non, elle ne sait pas mentir, et encore moins sur ses sentiments. Mais c'était ça aussi le problème, ses sentiments. Je ne doutais plus des miens depuis le début, mais je n'aurais jamais soupçonné que ce soit réciproque. Jamais! Pourtant, je n'avais pas inventé ce qu'elle m'avait dit, inconsciente ou non. C'était bel et bien réel. Ciel, je n'avais pas la moindre idée de ce que je devais faire maintenant!
-Edward, je crois que j'ai fait une connerie, me dit Jasper, assis à côté de moi.
Il était midi, c'était notre pause déjeuner, et, comme d'habitude, j'étais accompagné de Jasper qui semblait plus pâle que jamais. J'avais honte de penser à mes propres problèmes.
-Qu'est-ce qui se passe? Demandai-je. Tu as l'air sur le point de t'évanouir.
-J'ai fait une grosse bourde, Ed, une énorme! Et je sais pas comment la réparer.
-Et qu'est-ce que c'est?
-Je ne peux pas te le dire, marmonna-t-il.
Je fronçais les sourcils, intrigué.
-Alors pourquoi tu m'en parles?
Il me regarda, les yeux vagues.
-Tu as raison, c'était une mauvaise idée. On se voit ce soir, à 19 heures, comme prévu?
-Pas de problème. À plus!
Il se leva, mit son plateau à l'endroit indiqué et disparut alors que la porte de la cafétéria se refermait sur lui. Il était vraiment étrange en ce moment, en fait, depuis Thanksgiving. Je lui en parlerais ce soir, au bar.
-Edward, Tanya, au secteur 1, maintenant! Nous ordonna le chef de service.
Je grognais en me levant. Avec Tanya en plus! G.É.N.I.A.L. Il ne manquait plus que ça pour que la journée soit encore plus pourrie. Maintenant que c'était fait, je n'avais plus qu'à me pendre... après avoir embrassé Bella. Ah, ça m'obsédait ce truc! Je déposai mon plateau et suivis le chef de service, plus morose que jamais.
-Salut, Eddy! Me salua une voix nasillarde que j'avais du mal à ignorer. Tu ne me parles plus en ce moment, je suis triste tu sais...
Non, mais dite-moi que je rêve! Déjà, je ne lui parlais presque jamais, mais après ce qui s'est passé avec Bella, et l'ignoble rumeur qu'elle a lancé sur un « nous deux », elle me dégoutait plus que jamais. Pour prouver mes pensées, je lui lançais un regard noir et continuais mon chemin. La journée va être longue...
O*O*O*O
Et j'eus raison, après un tour aux Urgences, je dus aller aider Eleazar au bloc avant de rejoindre l'étage N°3 pour mes visites habituelles. Je n'avais même pas pu aller voir Jasper entre deux, alors que j'en avais toujours l'occasion, de temps en temps. Mais, pour clore le tout, Tanya avait été là pendant presque toutes les interventions où j'avais été sollicité, à mon plus grand désarroi. Nos collègues de travail nous regardaient bizarrement, chuchotant à l'oreille du voisin, et je pourrais parier mon salaire qu'ils croyaient tous à cette stupide rumeur que Tanya avait lancé elle-même. Il fallait que je trouve un moment pour mettre les points sur les « i » avant que je n'explose. Ce qui allait pas tarder à arriver si mes journées ressemblaient à celle-là. Pourtant, je sentis une petite pointe de joie en pensant que j'allais avoir un petit moment avec mon meilleur ami, il pourrait m'aider autant que je le pourrais avec lui. Il paraissait vraiment pas bien ces derniers temps. Était-ce à cause d'Alice? Me cachait-il quelque chose par rapport à elle? Je savais qu'il avait un faible pour elle, il fallait être aveugle pour ne pas le voir, mais Jasper était aussi discret que moi sur ses relations avec les femmes. C'était juste quand la pression était trop forte que j'en draguais une, rien de plus. Mais mon cerveau me rappela que j'étais incapable de faire un pas en avant avec Bella, alors que son « Je t'aime » restait dans mes pensées à longueur de journée. Pathétique.
-Justement, je te cherchais, minauda une voix féminine.
Je roulais des yeux en reconnaissant cette voix. Même avec toute la volonté que j'avais, je ne pourrais faire semblant de rien. Elle prenait trop de place à elle toute seule. C'était peut-être sa poitrine refaite qui faisait cet effet-là?
-Qu'est-ce que tu veux? Soupirai-je, blasé.
-Oh, tu sais très bien ce que je veux, non?
Je me retournais vers elle, mettant mon manteau. Dans quelle langue devais-je lui dire?
-Oh que oui, je sais! Mais je t'ai dit que je ne voulais pas coucher avec toi, pour rien au monde. Alors, maintenant, fiche-moi la paix.
Elle eut un sourire diabolique et recula jusqu'à se trouver dos à la porte, et j'entendis le cliquetis de la porte, signe qu'elle était fermée. Je fronçais les sourcils, un peu stupéfait. Qu'est-ce qu'elle allait encore me faire? La dernière fois, elle s'est mise en sous-vêtements devant moi, j'espérais que ce ne soit pas un truc de ce genre-là. D'une démarche qui se disait sexy, Tanya marcha vers moi, langoureusement. Je dus me retenir pour ne pas éclater de rire devant ce spectacle.
-Ça fait des années que je cours aprés toi, que je suis obligée d'aller ailleurs pour ne pas mourir frustrée, susurra-t-elle. Mais j'ai décidé que c'était fini, tu es à moi.
-Fiche-moi la paix, Tanya. Je ne veux rien de toi, je crois que j'ai été clair la dernière fois, non?
Elle fit une mine boudeuse et parcourut des doigts sur mon torse.
-Il n'y a que les idiots qui ne changent pas d'avis, n'est-ce pas? Et puis, je suis sûre que tu en meurs d'envie. Depuis combien de temps n'as-tu pas été comblé sexuellement, Edward? 1 mois? 6 mois? Voir plus? Laisse-toi aller, et je suis persuadée que tu en redemanderas!
Je stoppais sa main qui descendait beaucoup trop bas et la fis écarter de moi. C'était vraiment une cinglée celle-ci!
-Ma vie sexuelle me convient parfaitement, je n'ai pas besoin de tes talents, Tanya. Maintenant, si tu permets, je vais rejoindre Jasper qui m'attend avant de rentrer chez moi.
Le visage de Tanya se transforma d'un coup, montrant la face cachée qu'elle arborait quand elle n'avait pas ce qu'elle voulait. J'étais fatigué de tout le temps la repousser, elle ne comprenait rien à ce que je lui disais, pourtant, j'avais été clair avec elle.
-Et tu vas me planter là? Comme une conne? S'indigna-t-elle.
-Sans aucun remord, confirmai-je.
Je déverrouillais la porte, heureux qu'elle n'ait pas eu l'intelligence de prendre la clef avec elle. La porte était grande ouverte, je commençais à mettre de la distance entre elle est moi, quand...
-Et tu vas rejoindre l'autre pétasse? S'écria-t-elle.
Je me figeai, alors qu'elle continuait son petit discours.
-Isabella, si je ne me trompe pas. La pauvre petite fille malade et dont tu t'es dévoué à t'occuper par pitié. Et, en plus, il paraît qu'elle vit chez toi? Ça c'est la meilleure tiens! Et moi qui rêve de coucher avec toi, elle, il lui suffit d'avoir une tumeur au cerveau pour que tu la fasses jouir! Quelle chance! J'espère qu'elle va bientôt crever cette sale garce! Elle le mérite!
Je me retournais vers elle, les yeux sûrement injectés de sang, la rage s'insinuant dans toutes les veines de mon corps. Quelques collègues étaient dans le couloir et nous observaient, la bouche ouverte, outrés par les propos de Tanya. Je vais la tuer!
-Edward! Non! S'exclama la voix de Jasper.
Je ne l'écoutais pas, ma seule envie était d'enrouler mes doigts autour du cou de Tanya et de voir son visage virer au bleu avant qu'elle ne meurt. Quitte à aller en prison, je m'en tape! Je marchais vers elle, faisant craquer mes phalanges, sous le regard peureux de la concernée, avant d'être immobilisé par quatre bras d'homme qui me firent reculer. Je me débattis comme jamais, sentant les muscles de mon épaule et de mes bras protester, mais j'en avais que faire. Elle allait me le payer cette sale garce!
-Denali, Cullen, dans mon bureau. Maintenant! Ordonna Eleazar.
Cette dernière cligna des yeux, avant de tourner les talons, mais pas dans la bonne direction.
-Tanya, revenez tout de suite! Cria de nouveau mon oncle.
Elle se retourna, lui fit un doigt d'honneur et s'en alla d'une démarche digne, crachant sur les gens qui osaient l'interrompre dans sa marche royale. Je voulus la rejoindre, la plaquer par terre et l'étriper comme jamais. Elle le méritait!
-Edward, écoute-moi, dit la voix de mon ami.
-Laisse-moi aller lui régler son compte, je te promets qu'elle ne souffrira pas, grognai-je entre mes dents.
-Je ne peux pas te laisser faire ça, en plus de perdre ton emploi, tu irais en prison.
Je me débattis de plus bel, mais ceux qui me retenaient, avaient plus de force que je ne l'avais pensé. Mon épaule cria grâce, mais je faisais abstraction de la douleur physique, qui n'était rien comparée à la colère qui faisait rage en moi. Personne n'avait le droit de l'insulter!
-Jasper, explique-moi donc la situation! Demanda Eleazar.
-Ce n'est pas à moi de vous répondre, mais Edward n'est pas vraiment dans son état normal... Allez, vieux, écoute-moi!
-Non! Je te jure que si vous me lâchez pas...
-Et qu'est-ce que tu vas faire? S'amusa à répondre l'un de mes tortionnaires. Nous mettre K.O?
-C'est une bonne idée tiens, crétin fini! Lâche-moi!
-Qu'est-ce que penserait Bella si elle te voyait maintenant, murmura Jasper me prenant par les épaules, de façon à ce que mon regard rencontre le sien. Qu'est-ce qu'elle penserait de toi, là, maintenant?
Bella... Tout avait commencé parce que j'étais tombé amoureux d'elle, et que Tanya avait eu l'intelligence de prévenir Renée, en plus de la haïr du plus profond de son être, car mes sentiments se tournaient vers Bella, et non elle. Tout ça, parce que j'aimais Bella. Lentement, les muscles de mon corps relâchèrent la pression, je baissais la tête, comme honteux, et clignais des paupières, me sortant de ma léthargie destructrice. Jasper leur demanda de me relâcher, et mes bras tombèrent d'eux même le long de mon corps.
-Tu devrais retourner chez toi, Edward, me dit Jasper. Voir Bella et... discuter. Cette histoire va te rendre fou.
-Ouais, tu as peut-être raison, marmonnai-je.
-Sache que j'ai toujours raison!
-Je ne peux malheureusement pas te laisser partir comme ça, Edward, s'inquiéta Eleazar. J'aurai laissé couler s'il n'y avait pas eu de témoin, mais là...
-Fais ce que tu as à faire, je m'en fiche.
Je remis mon manteau correctement sur mes épaules, saluant Jasper et mon oncle vaguement, avant de prendre la direction de la sortie. J'avais l'impression d'être le dernier des crétins à cause de mon comportement, mais quand ça concernait Bella, je devenais vite agressif. Elle ne méritait pas ce qui lui arrive, je préférerais être atteint de sa tumeur plutôt qu'elle. Les portes automatiques s'ouvrirent devant moi, et je me faufilais dans la nuit noire qu'offrait Seattle devant moi, espérant que ma sanction ne serait pas trop sévère, et que Bella ne serait pas endormie. Je pris ma voiture et roulai rapidement jusqu'à chez moi, voulant à tout prix rentrer, au calme. Peut-être que Bella aurait fait à manger? Je souris en imaginant son regard sombre quand je lui aurais posé la question. J'adorais la mettre en colère de temps en temps, un vrai petit chaton enragé. C'était bien la première fois que j'aimais qu'une femme me gronde dessus. Je me garais rapidement devant mon immeuble, juste derrière la Chevrolet rouge de Bella, qui avait connu de meilleurs jours. Je jetai un coup d'œil vers ma fenêtre, et mon coeur fit un bond douloureux en voyant les lumières éteintes dans mon appartement. C'était décidément pas ma journée.
Après avoir mis l'alarme de ma voiture, passai mon badge devant l'entrée et pris l'ascenseur, j'insérais la clef dans la serrure de ma porte, avec la plus grande discrétion. Je ne voulais pas réveiller Bella, j'étais bien placé pour savoir qu'il lui fallait beaucoup de repos. Comme prévu, le salon était éteint et sans aucune âme qui vive, le silence total. Normalement, ça ne m'aurait fait ni chaud, ni froid, mais j'étais de plus en plus habitué à voir Bella marcher dans mon appartement que ça me faisait mal au ventre de ne pas l'entendre pester contre sa maladresse ou la cuillère en bois qui mélangeait ce qu'elle avait préparé. Une douce drogue. Je posais mes clefs sur la console de l'entrée et jetais mon manteau sur le canapé. J'allumais les lumières dans la cuisine, qui reflétait le salon, quand je tombais sur un morceau de papier sur le réfrigérateur.
Edward,
Je suis allée à la pharmacie de garde pour mes médicaments,
je viens de me rendre compte qu'il ne m'en restait plus beaucoup.
Alors ne t'inquiète pas, je reviens le plus vite possible, pas la peine d'appeler la police.
Bella.
Elle était complètement folle de sortir à cette heure-ci! Elle n'aurait pas pu attendre que je revienne du travail pour que j'y aille? Elle était vraiment inconsciente des fois! Je fis une boule avec le morceau de papier et le jetai rageusement dans la poubelle adéquate. Elle aurait même pu appeler Emmett pour qu'il l'accompagne! Mon Dieu, quand il saura ça, la troisième guerre mondiale éclatera. À peine j'eus le temps de me morfondre sur mes pensées meurtrières, que la serrure cliqueta et que Bella apparut sur le seuil. Malgré moi, quoique c'est à voir, mon coeur fit un bond en la voyant. Je ne pouvais m'empêcher de la trouver magnifique à mes yeux, et de presque gémir en voyant sa silhouette sous son manteau qu'elle accrochait à la patère. Pervers!
-Bonsoir! Me dit-elle en posant le sachet de la pharmacie sur le comptoir de la cuisine. Comment a été ta journée à l'hôpital?
-Bien le bonsoir, ma journée a été assez... mouvementée. Et la tienne? Est-ce que... tu vas bien?
-Ça peut aller, j'avais l'impression de mettre droguée à cause des doses que le Docteur m'a augmenté, mais sinon elle a été normale.
Je lui fis un petit sourire, contrit, en total opposition avec mes sentiments intérieurs. Elle était malade, et je ne pouvais rien y faire. J'étais douloureusement inutile dans son monde, et me l'avouer était plus atroce que je ne me l'étais imaginé. Même son « Je t'aime » n'y faisait rien.
-Tu sembles soucieux, est-ce que tout va bien? S'enquit-elle.
Je secouais la tête, reprenant mes esprits.
-Oui, excuse-moi, j'étais ailleurs.
-Hum... Je suis censée te croire? S'amusa-t-elle à répondre.
J'étais toujours aussi stupéfait de voir quand elle remarquait que je mentais. Normalement, seule ma mère y arrivait, et mon père, de temps en temps. Je me raclais la gorge et pris deux canettes de coca, obligeant Bella à en boire une. Je m'assis sur le comptoir de la cuisine, en face d'elle, pesant le pour et le contre.
-Tu n'es pas obligé de me dire ce qui se trame dans ta tête, continua-t-elle, je crois qu'on a tous besoin d'un petit jardin secret au fond de soi.
Je souris, attendri.
-C'est Tanya, murmurai-je.
-Oh...
-Elle... Elle a recommencé à me... faire des avances, que j'ai refusé, évidemment, mais...
-Pourquoi est-ce que tu l'envoies balader? Me coupa-t-elle. Elle ne te plait pas?
Je la regardais avec des yeux ronds d'étonnement. Est-ce qu'elle venait vraiment de me poser cette question?
-Mais je ne l'aime pas! M'écriai-je. Je n'ai jamais ressenti la moindre once d'attirance envers elle. Elle est superficielle, blonde, poitrine refaite, pas du tout naturelle et... et je t'ai dit que j'aimais déjà quelqu'un.
Elle se mordit la lèvre, baissant les yeux. Pourquoi avoir dit ça, crétin fini?
-Désolée, j'avais oublié ce point là... Chuchota-t-elle, jouant avec ses doigts.
Laisse couler, Edward! Tais-toi!
-Tanya s'est mise en colère à cause de mon refus de la satisfaire dans les vestiaires de l'hôpital, alors elle s'est attaquée verbalement à moi, en touchant mon point faible.
Elle eut la délicatesse de ne pas me demander ce que c'était, et j'en fus soulagé. Qu'est-ce que j'aurais pu lui répondre? Qu'elle me rendait dingue? Dans tous les sens du terme?
-J'ai voulu lui faire payer, mais Jasper et d'autres collègues de travail m'ont retenu avant que je lui arrache ses extensions capillaires.
Elle eut un petit sourire, amusée.
-Ta journée a été mouvementée, effectivement, affirma-t-elle.
J'émis un petit rire avant de prendre une gorgée de mon soda. En vrai, j'étais nerveux.
-J'ai besoin de penser à autre chose, dis-je au bout d'un long moment de silence tendu. Est-ce que ça te dirait de reprendre là où on s'est arrêté hier soir?
Je vis ses yeux s'illuminer, tout autant que son visage. Au fond de moi, sa réaction me plut énormément. Bella enleva ses chaussures, alors que je pendis mon blouson au porte-manteau, aprés qu'elle m'ait dit que l'appartement ne devait pas ressembler à une poubelle malodorante. N'importe quoi! Bella s'assit doucement à mes côtés, et je la vis du coin de l'œil secouer ses mains furieusement, leur demandant d'être tranquilles pendant un certain temps. Moi aussi, j'espérais qu'elles se tiennent tranquilles. Elle me fit un grand sourire, signe qu'on pouvait commencer. Comme à chaque fois, je débutais le « cours » par jouer le morceau de Debussy, la voyant sourire, se réjouissant d'entendre de nouveau cette mélodie. Ça ne faisait pas longtemps que j'avais commencé à lui apprendre cette musique, mais elle progressait de jour en jour, nous étions bientôt à la fin de la mélodie. J'espérais que ces moments-là ne s'arrêteraient jamais.
C'est ainsi que dura l'heure suivante, des notes de piano embrumant l'air de l'appartement, si bien qu'on en oublia de manger. Personnellement, j'avais faim, mais pas que de nourriture... J'étais vraiment un pervers en puissance! Je secouais la tête, alors qu'elle se trouvait à côté de moi, si belle et si vulnérable que je n'étais pas sûr de pouvoir me comporter en gentleman encore bien longtemps. Je me sentais sourire, quand elle fit glisser son doigt sur la dernière note du piano, ayant réussi à finir Claire de lune, comme elle le souhaitait. Elle semblait heureuse, je pouvais voir ses yeux pétiller de joie sous ses heures de travail récompensées. Si belle, si désirable.
-J'ai réussi, je n'en reviens pas, murmura-t-elle pour elle-même.
-Félicitation, Mademoiselle Swan, m'amusai-je à répondre.
Elle rit et se tourna vers moi, marquant un temps d'arrêt. Je fus happé par l'intensité de son regard chocolat, si expressif, si intense que je m'y noyais. Sa tumeur ne gâchait en rien sa beauté. À mes yeux, c'était la créature la plus belle qui soit, tout en elle m'attirait, comme deux pôles d'un aimant. Sa peau crémeuse, douce au toucher, blanche mais délicate à la fois. Ses longs cheveux bruns bouclés, que j'adorais voir emmêlés quand elle se réveillait le matin, formant un nid d'oiseau sur sa tête, comme elle le disait si souvent. Ses rougeurs délicieuses qui apparaissaient à chaque fois qu'on lui faisait un compliment, ou mordiller sa lèvre inférieure, ce tic qui mettait tous mes nerfs à rude épreuve quand elle était gênée. Les traits fins de son visage, féminins et mutins, lui donnaient un charme fou. Son rire, qui remplissait la pièce où elle se trouvait, une douce mélodie à mes oreilles. Ce corps qui me donnait des idées peu catholiques quand je voyais un centimètre de sa peau. Cette bouche qui m'obsédait, et encore plus depuis le jour où j'ai failli la goûter, dans son ancien appartement. Si désirable, alors qu'elle ne s'en rendait même pas compte. C'était un crime de ne pas la désirer.
Mais j'en avais envie, je voulais voir si elle le voulait vraiment, comme la dernière fois, ou si j'étais assez fou pour croire que cette femme ressentait la même chose pour moi. Bella, elle, n'avait pas bougé d'un pouce sauf sa respiration qui s'accéléra violemment quand mes doigts frôlèrent le rouge délicieux de ses joues. Si naturelle. Je me délectais de la chaleur anormale de son épiderme, de sa peau si douce et si tendre au toucher, que je rêvais de toujours plus, alors que nos gestes étaient innocents jusqu'à présent. Je déglutis, alors que je la vis se mordiller la lèvre, comme si elle voulait m'achever par la plus douce des tortures. Est-ce qu'elle me donnait son autorisation? Est-ce qu'elle était gênée parce qu'elle ne ressentait pas les mêmes sentiments que moi? Est-ce que le fait qu'elle m'ait dit « je t'aime » dans son sommeil compte vraiment à ses yeux? J'avais tellement de questions qui se bousculaient dans ma tête, que j'avais peur de faire la plus grosse erreur de ma vie dans les secondes qui suivaient. Mais comme on disait, il fallait être audacieux dans la vie.
Alors que je me penchais vers elle, hypnotisé par cette bouche tentatrice, Bella se leva brusquement, comme si elle avait eu une décharge électrique aux fesses et marcha vers la cuisine, d'un pas lourd et décidé. Qu'est-ce qui vient de se passer là?
-On devrait manger, tu ne crois pas? Dit-elle d'une voix aigüe. Il se fait tard, et je meurs de faim.
-Q... Q... Quoi? Bafouillai-je, complètement perdu par ce qui venait de se passer?
-Je propose de dîner, se hâta de répondre Bella. Il reste des lasagnes d'hier, ça te va?
Hein? Mais, non, je veux retourner en arrière moi!
-Euh... Oui, ça me va. Je vais t'aider.
-NON! S'écria-t-elle, faisant tomber une assiette sur le sol. Je suis capable de me débrouiller toute seule! Je ne veux pas être materner à longueur de journée, je ne suis plus une petite fille! J'en ai marre de tout ça, alors FOUS MOI LA PAIX!
Sur ce, alors que je clignais des yeux décontenancé, elle prit ses médicaments et marcha vers sa chambre, d'une démarche tremblante, manquant de peu de tomber plusieurs fois et la porte claqua avec une telle violence qu'un cadre du couloir tomba à terre. D'accord, est-ce que quelqu'un est capable de me dire ce qui vient de se passer? Oui, crétin, tu as failli embrasser Bella et elle l'a mal pris! Je frappais le piano d'un coup de poing, faisant grincer les notes de ce dernier et je me levais du banc, pestant contre ma stupidité. Mais, alors, pourquoi avait-elle tenu ces propos dans son sommeil? Est-ce qu'elle aimait un autre Edward, ou je ne sais quelle autre connerie de ce genre? MERDE! La tumeur au cerveau pouvait affecter le comportement, de façon assez brutale je dois avouer, mais jusqu'à maintenant, Bella n'avait pas montré ce genre de symptôme, elle était toujours « joyeuse », ou du moins souriante, bien que ça cache ce sentiment de peur et de tristesse qu'elle voulait à tout prix camoufler. Isabella Swan n'était pas une femme à se plaindre à longueur de journée, ni même à maudire la planète entière parce qu'elle avait une maladie grave. Voyant toujours un côté positif, même là où il n'y en avait pas, se disant qu'il y avait pire que soi. Combien de personne, de nos jours, pensait ainsi?
Mais je ne pouvais m'empêcher de me sentir coupable, de me haïr sur le fait d'être trop impatient envers elle, d'être un connard de la pire espèce avec elle. Je l'avais trop brusqué, trop rapide dans mon choix et ma décision de l'embrasser. J'en avais eu tellement envie... Tellement que ça me faisait mal au ventre, aux tripes de devoir lui résister ainsi. Je n'aurais jamais eu un tel comportement, si elle ne m'avait pas dit ces deux phrases qui me rendaient dingue de jour en jour. Pourtant, Jasper m'expliquait souvent qu'il fallait être patient avec les personnes malades, ne jamais les brusquer et toujours aller dans le bon sens. Pour leur bien. Bordel, mais je voulais que le bien de Bella! Je faisais tout foirer, j'étais vraiment lamentable comme gars, incapable de résister à la tentation. Je jetais les derniers bouts de verre dans la poubelle adéquate et me laissais aller contre le lave-vaisselle, soupirant de frustration. Tout le monde autour de moi était heureux en couple, sans compter Charlie, Emmett et Rosalie filaient le parfait amour, mes parents qui ne se quittaient plus depuis des années et même Jasper qui, et j'en étais sûr, avait trouvé le coeur de la petite pile électrique Alice. Il n'y avait qu'elle pour le mettre dans un état pareil. Et son comportement le soir de Thanksgiving n'était pas innocent, quand je lui avais demandé des nouvelles d'Alice. Une personne sensée aurait simplement répondu, et non paraître hésitant et tendu comme un arc. Je savais qu'Alice allait aux séances de Jasper, et j'étais sûr qu'il s'était passé quelque chose à ce moment-là. J'y réfléchirais à deux fois avant d'entrer dans son bureau maintenant, je n'avais pas envie d'être traumatisé à vie. Tout le monde était à peu prés heureux, sauf moi.
Mon ventre cria famine, émettant un son peu discret, mais je me sentais incapable d'avaler quoique ce soit sans tout régurgiter dans la seconde. Le dîner pour ce soir est fichu je crois. Je fermai la porte d'entrée à double tour, ainsi que toutes les fenêtres et éteignis les lumières avant d'aller dans la salle de bain pour me brosser les dents et enfiler ma tenue pour la nuit. Il était 21h30, mais j'étais aussi exténué que si j'avais fait 24 heures de garde. J'étais vieux avant l'âge. Je me brossais les dents, regardant à quel point Bella ne voulait pas prendre de place dans la salle d'eau. Il y avait le minimum dedans, et puis, elle n'était pas fan de maquillage non plus, je n'étais même pas sûr qu'elle avait une crème dans sa trousse de toilette, c'était à voir. Quoique, avec Alice, elle avait bien dû être traitée comme une poupée Barbie plus d'une fois. Alice... Bella m'avait dit qu'elle l'avait appelé et que Alice l'avait supplié de venir la voir. C'était sûrement ça qui lui manquait dans sa vie, sa meilleure amie, et non un crétin du nom d'Edward Cullen.
Je passais une main dans mes cheveux, signe de nervosité, et mis mes affaires au sale, avant de mettre un pantalon de survêtement et un tee-shirt. Quand je passais devant la chambre de Bella, j'entendis un sanglot traverser la porte et je ne cédais pas à la tentation de la rejoindre. Il fallait qu'elle se calme, je ne crois pas pouvoir l'aider, et même si c'était le cas, elle ne voudrait pas de moi. Alors pourquoi se battre encore? Je brassais contre le vent pour rien peut-être. Je caressai le dos de la porte et rejoignis ma chambre, fermant doucement la porte. Ma chambre, pour laquelle j'éprouvais une affection particulière, me paraissait bien vide à présent, alors que, jusqu'à maintenant, je n'en avais jamais ressenti ce sentiment. Étrange de voir à quel point une femme peut faire changer votre vie sans possibilité d'y remédier. Mais je l'aimais, j'aimais Bella et je ne le regretterais pour rien au monde. Lentement, je dépliais ma couette et glissais dans mon lit, aprés avoir laissé mes volets ouverts, ce qui était rare car j'aimais dormir dans le noir, mais, cette nuit, le ciel était recouvert d'étoiles, aucun nuage ne voulait gâcher cette vue magnifique qu'était le ciel recouvert de petits points lumineux. Je me demandais si Bella regardait par sa fenêtre aussi. Soudain, je fus coupé à cette contemplation par mon portable qui m'annonça que j'avais un nouveau message.
Est-ce que ça va mieux?
Jasper. Qui d'autre? Je lui répondis rapidement.
Je fais avec. Est-ce que j'ai un blâme à cause de mon comportement?
J'envoyais le SMS. Après tout, c'était mon avenir qui était en jeu, même si je n'hésiterais pas une seconde pour choisir entre ma carrière et Bella.
J'ai expliqué la situation à Eleazar et au chef de service et ils ne tiennent pas en vigueur le comportement que tu as eu ce soir. Mais, si tu veux une bonne nouvelle, ils pensent vivement à renvoyer Tanya.
Ça me fait une belle jambe, je ne pourrais pas lui dire en face ce que je rêvais de lui avouer depuis des années. Et puis, ils pensaient « vivement » à le faire, rien n'était fait.
On verra ce qu'en décide le chef de l'hôpital. Et je suis désolé pour la sortie qu'on avait prévu, au bar.
Je me suis comporté comme le dernier des crétins, je devais l'avouer. Mais elle méritait vraiment que je la tue.
Ce n'est pas grave, ne t'inquiète pas. On remettra ça la semaine prochaine si tu veux ou plutôt, si nos emplois du temps nous le permettent. Je suppose que tu n'as rien dit à Bella, n'est-ce pas?
Bien vu Sherlock! Des fois, il me connaissait si bien que c'en était troublant.
Non, je ne lui ai rien dit. Comment est-ce que je peux lui dire ça? « Salut Bella, au fait, j'ai failli étrangler Tanya parce qu'elle t'a insulté de trainée, et tu sais pourquoi? Parce que je suis amoureux de toi! Hé, ça te dit de sortir avec moi? »
Jasper avait été, dans son adolescence, un coureur de jupon, au point d'en faire honte à Rosalie, mais, là, je me demandais comment il avait fait pour les mettre dans son lit!
Dis comme ça, je dois avouer que c'était une bonne idée de ne rien lui avouer. Mais est-ce que tu vas bien? Tu es beaucoup moins cynique d'habitude.
Et il a toujours eu le don de faire des compliments aussi.
Je vais parfaitement bien, pourquoi?
Si je disais tout à Jasper, j'étais cuit.
Je te rappelle que je suis psychologue, et aussi qu'on se connait depuis des années, ce qui facilite mon analyse sur ta personne.
Je roulais des yeux avant de lui répondre.
Merci Docteur pour cette séance gratuite mais je n'ai pas besoin de votre aide. Merci bien!
Je m'assis dans mon lit, repoussant ma couverture et priant pour qu'il n'insiste pas.
Edward Cullen, tu as intérêt à me dire ce qui ne va pas chez toi, avant que je ne débarque, accompagné de tes parents, c'est clair? Et nous savons tous les deux que j'en suis capable.
Et merde! Pourquoi est-ce qu'il avait toujours autant d'argument que lorsqu'on avait quinze ans, que aujourd'hui? Je débattis le pour et le contre, avant de grogner et de lui expliquer ce qui venait de se passer entre Bella et moi. Quoi de plus humiliant?
Ce soir, j'ai voulu embrasser Bella, parce que ça me rendait dingue de ne pas le faire, alors j'ai cédé. Mais elle s'est enfuie, prétextant d'avoir faim et quand je lui ai proposé mon aide, elle a complètement pété un plomb et m'a dit de la laisser tranquille. Là, elle est dans sa chambre en train de pleurer, alors que je suis comme un con dans mon lit. Verdict, Docteur?
J'appuyais sur envoyer, avec réticence. Mais je savais qu'il serait compréhensif, il ne me jugerait pas.
Je ne te contredirais pas sur le fait que tu sois comme un con dans ton lit, seul. Mais passons. Comme tu as sûrement deviné sa réaction est due à sa maladie, ainsi que ses médicaments qu'elle prend, je ne t'apprends rien. Mais est-ce que tu as pensé que ce que tu ressentais pour elle était à sens unique?
Quel soutien!
Bien sûr que j'y ai pensé, qu'est-ce que tu crois? Mais les choses ont changé depuis Thanksgiving.
Et quel changement! C'était pire qu'une torture!
Je ne suis pas encore voyant pour savoir ce que sont « ces changements », alors accouche!
Je déglutis en tapant le message.
La nuit où elle a dormi à la maison, à Forks, je suis allé la voir dans sa chambre car j'ai entendu qu'elle n'allait pas bien et, pendant son sommeil (Car elle parle en dormant), elle m'a dit qu'elle m'aimait. Et le jour-même, aprés qu'elle soit revenue de sa séance de Radiothérapie, et aprés que je l'aie emmené dans son lit pour qu'elle se repose, elle m'a demandé si je croyais en l'amour, et je l'ai répondu oui, mais ce que je n'ai pas prévus c'est qu'elle me réponde qu'elle aussi depuis qu'elle me connaissait! Comment je dois réagir moi? J'ai l'air du dernier des crétins maintenant!
J'appuyais sur envoyer avec appréhension. Je n'aurais peut-être pas dû lui dire en fait. Quelques secondes plus tard, j'eus sa réponse, mais pas en forme de message...
I'm on the highway to hell
Highway to hell
I'm on the highway to hell
Highway to hell
…
Je décrochais rapidement. Mais j'eus à peine le temps de lui demander ce qui lui prenait d'appeler qu'il me hurla dessus:
-NON MAIS QU'EST-CE QUE TU ATTENDS POUR ALLER LA VOIR, IDIOT? QU'IL FASSE 40°F EN VILLE DEMAIN OU QUOI?
-Calme-toi! Mais, attends, qu'est-ce que tu racontes? Répondis-je, déboussolé.
-Il faut vraiment tout t'expliquer ma parole! Dom Juan est incapable de voir des signes aussi visibles qu'un panneau publicitaire sur le bord de la route!
Je ne répondis pas alors que la porte de la chambre de Bella s'ouvrit, et que j'entendis ses pas aller vers le salon.
-Putain de merde, Edward! Maintenant, tu m'écoutes et tu te tais! Tout le monde a bien vu comment elle te regardait, même si elle essayait de le cacher, et je dis bien TOUT LE MONDE! Même Charlie a des doutes, alors qu'Emmett espère qu'il n'aura pas à te péter la gueule si tu fais du mal à sa soeur. Ce que tu a entendu, la nuit où Bella a dormi à Forks, et ce qu'elle a dit aprés être revenue de l'hôpital, c'est ce qu'elle essayait de refouler au fond d'elle, sans succès.
Je ne répondis toujours pas, alors que j'essayais d'analyser ce qu'il venait de me dire.
-Et Bella a dit à Rosalie qu'elle t'aimait, insista Jasper. C'est pour ça que cette dernière essaye toujours de vous mettre ensemble, même pendant le repas de Thanksgiving. Bella lui a avoué, contre son plein grès, qu'elle était amoureuse de toi, tu comprends ce que je suis en train de te dire? Alors, demain, quand tu viendras au boulot, j'espère que tu auras un air pleinement satisfait sur le visage car tu auras pris ton pied toute la nuit, d'accord? Maintenant, raccroche et... fais ce que tu as à faire. Merde, je vais faire des cauchemars moi!
Je lui obéis et jetai mon portable sur mon lit, filant à toute allure dans le salon. J'avais l'air d'un débile profond, mais je m'en fichais complètement. Après m'être pris l'orteil contre un mur, je me retrouvais là où était Bella, c'est-à-dire devant la fenêtre du salon, regardant la ville de Seattle illuminée. Ma respiration se bloqua, alors que je vis ses épaules trembler à cause de ses larmes. Je me sentais idiot, et un peu nerveux aussi. Je m'approchais d'elle jusqu'à me trouver juste derrière, sentant sa chaleur corporelle sur mon corps.
-Tu n'aurais jamais dû faire ça, sanglota-t-elle de nouveau.
-Malheureusement, on ne choisit pas, avouai-je d'une petite voix.
-Tu ne te rends pas compte! Dit-elle plus vigoureusement, me faisant face. Ce n'est pas bien, pas bien du tout! Je suis malade, Edward!
-Est-ce mal, de nous aimer? Chuchotai-je.
Elle eut un sursaut et détourna le regard, se dérobant par la même occasion. Oh non, j'ai mijoté assez de temps avant d'être confronté à ce moment! Je pris son visage d'une main pour qu'elle me regarde droit dans les yeux. Je fus happé, une fois de plus, par ses iris chocolat qui exprimaient tellement de sentiments à cet instant que je me demandais ce qu'elle pouvait bien penser.
-Est-ce mal, de nous aimer? Répétai-je.
Ma main glissa sur sa joue alors que l'autre se logea dans le creux de ses reins, et je comblais le vide qu'il y avait entre nous. Doucement, comme si j'avais peur de la briser, je posais mes lèvres sur les siennes, goûtant ses lèvres qui m'obsédaient depuis des semaines. Elles avaient un goût sans pareil, douces, tendres, chaudes et sucrées, je n'aurais jamais imaginé qu'un simple baiser pouvait me faire ressentir tant de sensations au fond de mes entrailles. Je sentis les mains de Bella se loger dans mes cheveux et répondre à mon baiser avec une ardeur communicative. J'entrouvris la bouche au même moment qu'elle, et glissai ma langue contre la sienne, savourant celle-ci avec envie. Je soulevais Bella de quelques centimètres, qui en profita pour se hisser plus près de moi, moulant ses formes contre les miennes et enroulant ses jambes autour de mes hanches, faisant naître une douce chaleur dans mon bas ventre. J'agrippais le haut de ses cuisses, reculant pour la soutenir au mur, continuant de ravager sa bouche. J'avais trop attendu pour m'arrêter de si tôt. Une de mes mains se perdit sous son pull, touchant sa peau d'une chaleur et d'une douceur incomparable, pendant que Bella gémissait de mes assauts fougueux. Ses doigts tirèrent sur mes cheveux, et je quittais sa bouche pour goûter la peau tendre de son cou, me faufilant jusqu'à ses clavicules. Bella haletait contre moi, gémissant quand je suçais la peau tendre de sa gorge enivrante, réveillant une partie de mon anatomie inférieure.
-Edward... plus, marmonna Bella, dans un état second, rapprocha son visage du mien.
Je replongeais sur sa bouche, bloquant son bassin contre le mien afin d'essayer de garder le peu de contrôle de moi-même. Ma langue alla chercher la sienne dans sa bouche, s'enroulant autour d'elle, jouant avec, m'imprégnant de son arôme délicieux. Mais plus les secondes passaient, plus notre baiser prenait de l'ampleur, si bien que je ne sais par quel miracle, le pull de Bella jonchait sur le sol du salon, que mes lèvres se promenaient sur le haut de sa poitrine et qu'une main se trouvait sur un de ses seins, l'englobant presque au complet. Mon pouce trouva son mamelon tendu par le désir, et malgré la barrière de vêtements, Bella posa la tête contre le mur, la bouche ouverte en lâchant un gémissement des plus sensuels qui soit. Je grognai et continuai ma tendre torture avec son autre sein tout en dévorant son cou de baisers. Mais ma raison se retrouva aux oubliettes quand Bella roula son bassin contre le mien, réveillant ma virilité plus que jamais au rendez-vous. Je savais que j'avais perdu, et puis, à quoi bon résister? Le tee-shirt de Bella alla rejoindre son pull et je fondis sur son soutien-gorge blanc, simple, qui me donnait des idées de moins en moins chastes. Mes doigts glissèrent jusqu'à son dos pour y trouver l'agrafe quand la sonnerie du téléphone nous fit sursauter. Nous nous reculâmes l'un de l'autre, haletants, rougis par le plaisir, essayant de reprendre une contenance. Je reposais Bella par terre, qui s'empourpra encore plus en voyant dans quel état elle m'avait mise.
-Je... Je... Je vais répondre, bredouilla-t-elle.
Elle se hâta d'aller vers le téléphone, me laissant en proie à une érection qui était devenue plus qu'inconfortable dans mon bas de pyjama. Depuis combien de temps mon corps n'avait pas eu une telle réaction face à une femme?
-Allo?
-...
-Oh, salut Emmett! Répondit Bella, se mordillant la lèvre.
-...
Évidemment! Mais quel con celui-là! Toujours là quand il ne faut pas! Fait chier, merde!
-Il ne doit plus avoir de batterie, désolée. Qu'est-ce que tu veux?
-...
Je me calais contre le mur, reprenant ma respiration afin de calmer toute la tension qui c'était accumulée au niveau sud de mon corps.
-Non... Non, tu ne me déranges pas! S'étonna maladroitement Bella, me jetant un coup d'œil.
-...
Merde, elle ne portait que son jean et son soutient-gorge! Regarde ailleurs, Edward, avant de lui sauter dessus.
-Edward? Je crois qu'il dort.
-...
Elle fronça les sourcils, au fur et à mesure que son frère parlait à l'autre bout du fil.
-Bon, qu'est-ce que tu veux à la fin? S'énerva-t-elle.
-...
S'il a appelé Bella pour rien, je le tue de mes propres mains!
-Oui, d'accord, tu peux passer demain, dit-elle. Enfin... Appelle Edward pour lui demander son avis.
-...
-Bonne nuit à toi aussi.
Et elle raccrocha plus fortement qu'elle ne l'aurait dû et soupira de soulagement. Espérait-elle que son frère n'ait rien remarqué?
-Emmett voulait venir manger à la maison demain, il va sûrement t'appeler pour demander ton accord, me dit Bella.
-Oh... Euh... D'accord, très bien, bredouillai-je.
Je me raclais la gorge, remerciant le ciel d'être de nouveau présentable et sans pensées perverses. C'était assez difficile du fait qu'elle n'était vêtue que de son soutient-gorge.
-Bella, je...
-Edward, je...
Nous avions parlé en même temps, d'une même voix hésitante. Je refermai la bouche et lui fis signe de commencer. Elle rougit un peu et joua avec ses doigts.
-Je... Je... Je ne vais pas te mentir, Edward, tu... tu me plais, beaucoup trop même et... j'ai du mal à réfléchir quand tu es près de moi, ou quand tu me regardes. J'ai l'air d'une adolescence avec son premier béguin et ça ne me ressemble pas. J'ai l'impression d'être... moi, quand je suis près de toi et ça me fait tellement de bien... Tu ne peux pas savoir à quel point j'aspire que tu rentres de l'hôpital pour que cette boule dans mon estomac s'évapore et que je devienne de nouveau moi! Je n'ai pas besoin de jouer quelqu'un d'autre pour te parler et être près de toi, et j'en oublie aussi ma tumeur. Mais je suis malade, Edward, personne ne sait si je serais encore en vie à mon prochain anniversaire, ou pour me marier, personne ne le sait. Et je trouve que c'est égoïste de ma part de profiter de toi et de ce que tu ressens, alors que je ne sais pas si nous pourrions vivre ensemble et... et nous aimer.
Sa voix s'éteignit sur les derniers mots, et je me sentis sourire face à sa timidité. Vraiment adorable. Mais à la place de lui répondre de suite, je pris son tee-shirt sur le sol et m'approchai d'elle, alors qu'elle refusait de poser un regard sur moi. Je lui fis enfiler son tee-shirt, pour que mes pensées restent claires. Je posais mes lèvres sur son front, humant son odeur au passage.
-Ne me demande pas de m'éloigner de toi, car j'en serais incapable, murmurai-je. Je suis complètement accro à toi, à tes cheveux qui ressemblent à un nid d'oiseux le matin, à ton parfum - j'enfouis mon nez dans ses cheveux -, à la douceur de ta peau - mes lèvres frôlèrent sa gorge -, tes rougeurs que je trouve plus qu'adorables - je déposais un baiser sur sa joue - ton sens de la répartie vraiment étonnante, le fait que tu te mordilles les lèvres quand tu es gênée, ce qui me rend fou et ce qui fait ta personnalité, ton caractère de feu aussi et ses lèvres qui m'obsèdent depuis tant de semaines...
Elle frissonna contre moi alors qu'une main la plaquait contre moi.
-Des se... se... semaines? Bredouilla-t-elle.
-Hum, hum...
Je fus incapable de lui répondre, car ma bouche explorait sa gorge avec envie. Je suçais de temps en temps sa peau souple et sucrée, la faisant haleter, mais, sincèrement, je n'étais pas capable d'arrêter en si bon chemin. Ma langue traça un ligne imaginaire et je migrai vers son oreille, juste sous le carré de peau dépourvu de muscle et Bella gémit longuement, tirant sur mes cheveux avec ses doigts qui s'y étaient logés. Je me sentis sourire. J'ai trouvé son point faible. Je mordis, joueur, sur son lobe d'oreille, avant de glisser mes lèvres sur sa joue rouge et de rejoindre sa bouche qui m'appelait à grands cris. Nous nous embrassâmes doucement, sans précipitation, unissant nos lèvres d'une façon tendre et amoureuse, profitant juste de l'instant présent. De l'un, de l'autre. Je déposai un dernier baiser sur ses lèvres, ne croyant pas à la chance que j'avais au moment présent et lui souris. Inévitablement, elle rougit furieusement en répondant à mon sourire.
-Je t'aime, chuchota-t-elle comme un secret.
Mon coeur explosa de joie face à son aveu et j'étais sûr qu'un sourire idiot naissait sur mes lèvres. Je resserrais mon étreinte autour d'elle, l'écrasant contre moi.
-Moi aussi je t'aime, murmurai-je. À tout jamais.
Vendredi 5 décembre 2010
POV Alice
Mais qu'est-ce qui s'était passé? Qu'est-ce qui m'a pris de faire ça? Est-ce que j'étais devenue folle? Seigneur, est-ce que j'étais devenue folle? Je soupirai et pris ma tête entre mes mains, complètement vidée de toutes réponses correctes dans mon esprit. Je ne savais pas ce qui s'était passé, mais j'y avais pris du plaisir, jamais je n'avais ressenti ça jusqu'à maintenant. Jamais! Et, pour couronner le tout, Bella m'avait appelé et je crois que ça a tout déclenché. Je les suppliais de venir me voir, juste une heure ou deux, je l'entendais même pleurer à l'autre bout du fil, je me suis excusée de mon comportement, mais elle m'a raccroché au nez prétextant qu'elle n'aurait jamais dû appeler et qu'elle était désolée. J'ai tout retourné mon appartement, tout mis à terre, si bien que la voisine d'en face était venue me voir. Crétine! Mais, étonnement, après que mon appartement ressembla à un champ de bataille, je me sentais étrangement bien, sereine même. Étrange. Je n'avais pas fêté Thanksgiving avec mes parents, comme je l'avais dit à Bella bien avant que Rosalie devienne la nouvelle conquête d'Emmett. Je n'en avais pas eu le courage. Je leur avais téléphoné, pour m'excuser et trouver l'excuse d'avoir trop de travail pour les examens, pour mon absence. Ils n'avaient pas insisté. Et moi non plus. De toute façon, ils n'auraient pas pu me faire changer d'avis, alors à quoi bon?
Je me garais rapidement sur le parking de l'hôpital, il fallait que j'en ai le coeur net, que je ne devienne pas folle pour rien. On devenait folle pour une bonne raison, non? Je payai les 1$50 du parking et ouvris mon parapluie jusqu'à l'entrée de l'hôpital. Il y avait toujours cette garce de Maria à l'accueil, mais je pris grand soin de l'ignorer et de prendre l'ascenseur jusqu'au niveau 2, là où il devait être s'il ne voulait pas que je le découpe en rondelle avec une hachette. À vrai dire, je n'avais qu'un couteau suisse dans mon sac, mais ça fera l'affaire pour le moment. Il était 21h, je savais qu'il avait fini sa journée car je l'avais vu dans son emploi du temps. Il faisait une ronde à l'étage psychiatrique, revenait à son bureau et quittait l'hôpital. Comme du papier à musique.
-Puis-je faire quelque chose pour vous, Mademoiselle Brandon? S'enquit sa secrétaire.
Je lui fis un sourire faux.
-Je voudrais voir le Docteur Withlock, c'est très important. S'il vous plait.
-Son service est terminé, je ne suis pas sûre qu'il puisse vous recevoir à une heure aussi tardive.
-Je ne viendrais pas aussi tard simplement parce que je me suis cassée un ongle et que je déprime à cause de ça! M'écriai-je.
-Mademoiselle, calmez-vous, dit-elle en jetant un coup d'œil dans le couloir.
-Non, je ne me calmerais pas avant d'avoir vu le Docteur Withlock, MAINTENANT!
Elle écarquilla les yeux et paniqua en appuyant sur un bouton de son téléphone.
-J'aurais besoin de vous, tout de suite.
Oh la garce, elle a appelé la sécurité! Je laissai un cri perçant et m'enfuis jusqu'à son bureau. Je n'avais pas besoin d'une greluche pour me dire le chemin!
-Vous ne pouvez pas entrer sans une autorisation! Cria-t-elle derrière moi.
-Mettez-là où je pense votre autorisation à la con!
Au moment où je voulus ouvrir la porte du cabinet, elle le fit pour moi et je percutai de plein fouet le torse de Jasper. Je poussai un cri de stupeur avant de m'accrocher à sa blouse blanche de justesse.
-Justement, je te cherchais! Lançai-je.
-Et je crois que tu m'as trouvé, répondit-il, amusé.
Comment avais-je pu être menée en bateau ainsi? Étais-je faible, face à cet homme? Je n'eus pas le temps de continuer à me fustiger que deux bras monstrueux me tirèrent en arrière, faisant tomber mon sac au sol et mes chaussures avec.
-On s'en occupe, Docteur Withlock, dit une voix bourrue.
-Mais lâchez-là! Ordonna Jasper d'une voix forte. Qu'est-ce qui vous prend?
Je me débattis de plus bel, criant pour qu'ils me laissent tranquille. Parce qu'il n'était pas seul, le crétin, il avait emmené un ami en plus! Contre une seule femme! C'est du joli! Je croisais le regard de la secrétaire et je me retenais réellement de ne pas cracher dans ses cheveux décolorés. Elle me le payera celle-là!
-On nous a demandé d'intervenir à votre cabinet.
-Je ne vois pas pourquoi, dit Jasper d'une voix glaciale. Le seul problème qu'il y a c'est vous. Lâchez Mademoiselle Brandon, immédiatement.
La seconde suivante, je fus libérée de cette prise de muscles et je remis mon manteau correctement, reprenant mes chaussures et mon sac entre les mains.
-Vous savez combien m'ont coûté ces chaussures, bande d'idiots? Et ce sac, hein? Si je vois la moindre griffure, rayure ou quoique ce soit d'autre, je vous jure que je ferais de votre vie un Enfer sur Terre! Maintenant, si Miss-Je-Suis-Mal-Baissée le veut bien, je voudrais parler au Docteur Withlock. Au revoir!
Sur ce, je claquais la porte sur les mines déconfites et me tournais vers Jasper qui se retenait visiblement de rire face au scandale que je venais faire.
-Et ne t'avise surtout pas de rire! Grondai-je en remettant mes chaussures dans un équilibre précaire.
-L'idée n'a même pas frôlé mon esprit! Sourit-il.
Ouais, c'est ça! J'enlevais mon manteau, ayant eu une soudaine montée de chaleur à cause de trois crétins, et crétine, qui m'avaient mis hors de moi. Il y avait des gens sans scrupule dans ce bas monde. Du coin de l'œil je pouvais voir Jasper qui me détaillait des pieds à la tête, et je sentis mes joues s'empourprer, ce qui me ramena à ce qui s'est passé la dernière fois, dans ce bureau.
-Puis-je savoir en quoi ai-je l'honneur de ta visite? Me demanda-t-il, de sa foutue voix sexy.
-Tu n'as même pas une petite idée? Cinglai-je.
Il perdit son sourire à la noix et se gratta un début de barbe. Je lui lançais un regard narquois en me plantant devant lui.
-Oh, ça...
-Oui, ça! M'écriai-je. Tu sais que j'y ai pensé toute la semaine? Que je deviens folle aussi?
Il cligna des yeux, hébété. Et oui, mon coco!
-Je te rend folle? S'étonna-t-il.
-Complètement! Dois-je te rappeler ce qu'on a fait? Ou tu as une mémoire de poisson rouge?
-Je n'ai jamais dit ça, mais...
-LA FERME! Tu m'écoutes et tu te tais-toi c'est clair?
Il hocha la tête, écarquillant les yeux.
-J'y ai réfléchi toute la semaine, si bien que j'en ai eu mal à la tête pendant des jours! J'ai pensé à tout ce que j'avais fait, et je me suis dit que j'étais vraiment une vraie peste! Une véritable idiote d'avoir réagi comme ça alors que j'aurais dû penser à Bella plutôt qu'à moi! Je n'avais aucune raison de haïr Rosalie d'une telle façon, mais je crois que j'ai préféré donner ma rage à elle plutôt qu'au monde entier, car on est en train de me prendre ma meilleure amie, alors que je ne me vois pas vivre sans elle! Je devrais être heureuse qu'Emmett s'est afin casé, et puis, ça m'a permis de te rencontrer, et je...
Je fus coupée dans mon élan car la bouche de Jasper prit possession de la mienne, avec une telle fougue que je fus soulevée au sol. C'était la deuxième fois que je goûtais ses lèvres mais j'étais sûre de ne pas pouvoir m'en passer. Je répondis à son baiser avec fougue, ouvrant la bouche et rencontrait sa langue. Il sourit contre ma peau avant de déposer un dernier baiser sur mes lèvres, ainsi que sur mon nez me faisant rire. Je plantais mon regard dans l'azur de ses yeux.
-Tu en as mis du temps pour t'en rendre compte, dit-il avec un sourire.
-Je sais, tes baisers devraient avoir des faveurs thérapeutiques!
Il rit et m'aida à remettre mon manteau, aprés m'avoir volé un autre baiser. Il prit le sien, referma son cabinet et passa un bras autour de mes reins. Je tirais la langue à sa secrétaire qui nous regarda avec des yeux ronds, ce qui fit rire Jasper.
-Ça te dirait d'aller dîner avec moi? S'enquit-il. Je crois qu'on a beaucoup de choses à se dire, non?
-Effectivement, mais avant...
Je sortis mon portable et envoyais un message à Emmett.
Je passerai chez toi demain, vers 16 heures. Demande à Rosalie d'être là aussi, j'ai à te parler. Je t'embrasse ours des bois!
Alors, alors?
Est-ce que ce chapitre vous a plus?
Je crois que la question ne se pose même pas, n'est-ce pas?
Et oui, vous ne rêvez pas, Edward et Bella se sont enfin embrasser!
J'ai mit du temps à écrire cette séance, surtout avec le piano et tout le reste, mais je crois que je me suis pas mal débrouillée, n'est-ce pas?
Évidemment, cette fiction est classée M, donc il y aura des lemons, chose dont je ne suis pas très à l'aise – bien que ce ne seront pas les premiers que j'écrirais – mais on verra ce que ça donnera au moment venu, qui pourrait arriver plus tôt que vous ne le pensiez.(?)
Mais il n'y a pas qu'eux qui sont passé à l'acte, Alice et Jasper aussi, et apparemment, bien avant les deux tourtereaux! J'ai bien dit que Jasper caché quelque chose, non? Le retour imminent d'Alice dans la fiction, c'est promis!
A bientôt et n'hésitez pas à donner votre avis,
Clairouille59.
