Bonsoir tout le monde!
Et voilà, Bella & Edward sont ENFIN ensemble, depuis le temps que tout le monde attendait ça. ;)
Je crois que vous aussi, vous êtes soulagées, et même ravis que tout se passe comme prévus, n'est-ce pas?
Et puis, Jasper et Alice n'ont pas tardé non plus, bien que j'ai vraiment cru les mettre ensemble à la fin de la fiction, mais j'ai changé d'avis au cours de l'écriture.
Par contre, mauvais nouvelle, James est de retour... Oui, oui, je sais, c'est moche mais c'est ainsi.
Réponses aux personnes sans compte:
-felicitie: Merci infiniment d'apprécier mon travail! Et oui, le chapitre que vous attendez toutes, le baiser entre Edward et Bella! A bientôt!
-Martine 16: Effectivement, Tanya me soulait beaucoup trop, mais pas sûr qu'elle ait dit son dernier mot, même si elle ne travaille plus à l'hôpital... Enfin, c'est à voir! Alice revient aussi dans ce chapitre, et elle réussira sûrement à se faire pardonner. Mais le principale, c'est que Bella & Edward se sont embrassés! :) A bientôt!
-Natacha: Merci beaucoup! Je crois qu'on peut toutes remercier Jasper et ses fabuleux conseils, non? Enfin, Edward a bouger ses fesses! Il en a fallut du temps pour qu'ils se comprennent, les deux idiots! À bientôt!
-Elo: N'oublie pas que Bella a aucun instinct de survie! Donc sa réaction est tout à fait normal. Et oui, le baiser tant attendu est enfin là, je l'avais bien spécifié que le chapitre 23 avait de bonne chance d'être aimé, non? Tanya revient à la charge, mais pas tout de suite, et espérons que tout ce passe bien pour Alice & Jasper! À bientôt!
-Nessa04: Tu n'acceptes pas les MP, donc je suis obligée de te répondre ici. Heureuse de te compter parmi mes nouvelles lectrices, j'en ai de plus en plus, même aprés avoir commencer ma fiction il y a plusieurs mois. Moi non plus, je ne suis pas dans le médical, alors on remercie Google, n'est-ce pas? Mais c'est une fiction qui me tient à coeur, alors je fais tout pour qu'elle soit cohérente et plaisante à lire, même si je suis un peu sadique sur les bords, je l'avoue. J'ai pris ma décision pour la fin de cette fic, donc il n'y a plus qu'à attendre le dernier chapitre pour voir qu'il chemin j'aurais prit. À bientôt!
-Miharu: Merci beaucoup d'avoir aimer ce chapitre, je dois avouer que j'ai eu du mal à l'écrire, mais vu votre enthousiasme, mes heures de calvaires ont finis par payer. Tu n'aies pas la seule à détester Emmett, je crois que je vais ouvrir une salle de torture avec de la nourriture partout rien que pour lui! À bientôt!
-hylin: Les violons, le champagne, tout ce que tu veux! À bientôt!
-Sam: Je suis heureuse que le petit scandale d'Alice t'a fait rire! Et comme le diction dit: plus on patiente, mieux c'est! À bientôt!
Merci infiniment à: Aliiice, Camilia13015, or elise, belladttwilight, mimie30, felicitie, Martine16, Mamoure21, Maud, Natacha, Elo, caropat07, Nessa04, Em 81, Mayawa, crazybells, Cendrillon49, Lyllou42, Ousna, Miharu×4, haylin, Grazie, dame-demeter, Anais88, Sam, Zeyk.h et AnaïsB pour vos reviews.
Merci beaucoup à: Cloe-Jad3, juju88480, sweetyyjennyy, aurelb33, Ousna, Zeyk.h, Slend, herosrockears, micka33 et Love-read pour vos mises en alert, favorite story ou author alert.
Merci beaucoup à ma bêta, Phika17, qui a beaucoup de patience pour me corriger! (L)
Disclamer: Tout les personnages appartiennent à S.M.
Bonne lecture,
Clairouille59.
Chapitre 24 : Reconstruire
Samedi 6 décembre 2010
POV Rosalie
Alice allait venir. C'était tout ce que mon cerveau avait enregistré depuis qu'Emmett m'avait téléphoné, ce matin. Je crois que lorsqu'il me l'a annoncé, ma tension est montée en flèche! Je mentirais si je disais que je n'étais pas anxieuse, bien au contraire; j'étais terrorisée! Je ne sais pas ce qu'elle me voulait, pour que je sois conviée à ce rendez-vous, mais, en tout cas, ça ne convenait pas du tout à Emmett. Il était 15h58 exactement et il n'arrêtait pas de faire les cent pas dans son salon, au point où je commençais à avoir le tournis, à force de le regarder.
-Emmett, ça ne sert à rien ce que tu fais, soupirai-je.
-Ça me détend! Rétorqua-t-il.
Je levai les yeux au ciel. Ça le détend! On ne me l'avait jamais faite celle-là! Mais, avec Emmett, je devrais m'y habituer, il faisait des choses étranges parfois. Et même très souvent. Enfin, ce n'est pas comme si ça me dérangeait, c'est ce qui fait son charme, même son estomac sans fond. Soudain, la sonnette de l'appartement retentit et Emmett se figea pendant sa marche de la sagesse. Il me jeta un bref regard avant d'aller ouvrir. En mon sein, ma poitrine fit un bond douloureux, qui s'accentua en voyant la petite silhouette frêle de la meilleure amie de Bella entrer dans l'appartement. Mais, rapidement, ce sentiment de malaise s'évapora quand je vis mon frère, Jasper, faire son entrée. Ne me dite pas qu'il a fait ça?
-Jazz? L'appelai-je. Qu'est-ce que tu fais ici?
-J'accompagne Alice, répondit-il.
-Tu accompagnes, Alice? Répétai-je.
-Pour faire simple, il a couché avec elle, grogna Emmett. Tu as vu le sourire crétin qu'il a? Ça signifie « J'ai pris mon pied toute la nuit! ».
-Effectivement, affirma Jasper, je suis avec Alice. Et je ne vois pas en quoi ça te regarde, cher beau-frère, car tu es avec ma soeur.
-Voyons voir, pourquoi ça me pose un problème? Ah oui, ça me revient, parce que l'autre chose a insulté Rosalie de trainée, en plus de profiter de moi, alors oui, ça me dérange!
Emmett devint tout rouge, tout comme Charlie quand il était en colère, et ce n'était pas bon signe du tout. Jasper ne faisait malheureusement pas le poids contre lui, et je ne voulais pas aller le voir à l'hôpital avec le visage tuméfié.
-Si on est là, et plus particulièrement Alice, c'est pour une bonne raison, non? Ça fait des semaines qu'elle est en consultation avec moi, et elle a avoué elle-même ses erreurs, sans que je ne le lui demande. Elle est prête à vous revoir, et à s'excuser de ce qu'elle a pu dire, à vous tous.
-Et entre deux consultations, tu la prenais sur ton grand bureau? Railla Emmett.
-Ça suffit! Criai-je, les voyant sur le point de se frapper. Je vous jure devant Dieu que si vous n'arrêtez pas ça, je prends vos têtes pour jouer au Baseball, c'est clair?
Jasper fut le premier à détourner le regard et grommela un vague « Désolé » peu crédible, mais il ne fallait pas lui en demander trop non plus. Je regardais fixement Emmett, les mains sur les hanches et il grogna en guise de réponse. Je vais prendre ça pour un oui. Bien vite, alors que les deux gladiateurs s'écartèrent l'un de l'autre pour éviter de flancher, la tension monta d'un cran quand je pris conscience de qui était chez Emmett. Alice. Je m'assis sur un des fauteuils, ne sachant plus où me mettre en lissant le plis de ma jupe noire. Qu'est-ce qu'on ne faisait pas des fois. Un raclement de gorge me sortit de ma torpeur.
-Hum... Je crois que... que je vais prendre la parole, bafouilla Alice d'une voix chevrotante.
Emmett émit un grognement audible et prit quelque chose dans le réfrigérateur pour se calmer. C'est fou ce que la nourriture peut faire sur les mœurs.
-Je me suis comportée comme une idiote, et encore, l'adjectif est faible. Je crois que le fait de savoir Bella malade m'a fait péter un plomb, j'étais déboussolée et me sentais affreusement mal de savoir qu'elle était atteinte d'une maladie grave. Alors, quand Emmett est venu avec toi, Rosalie, j'ai focalisé toute la colère que j'avais contre la Terre entière contre toi, sans me rendre compte du mal que je faisais par mon comportement. En fait, je ne réalisais pas ce que je faisais autour de moi, car, éloignée de tout le monde, mon chagrin était pire et je ne faisais que mépriser tout le monde pour ce que Bella endurait, sans moi. Je n'ai aucune excuse pour ce que j'ai fait, plus particulièrement envers toi, ou Bella, ni même personne. Je sais que mes propos t'ont blessé, t'ont fait du mal ou sûrement fait resurgir ton passé, mais je voulais que tu saches que, du plus profond de mon être, je suis désolée. Tu ne peux pas savoir à quel point j'aimerais retourner en arrière, tout changer et me dire que tu as un sacré courage de supporter Emmett 24h/24.
J'eus un petit sourire sur sa dernière phrase. Bella aussi disait que j'avais du courage de supporter Emmett, alors que, pour moi, ça n'avait rien d'encombrant. Je ne pouvais nier que ses excuses me touchaient, je pouvais voir qu'elles était vraies et sincères et qu'elle venait d'elle-même. Jasper ne l'avait en aucun cas forcée à quoique ce soit. Mais, alors qu'une partie de moi était soulagée et heureuse de cette démarche, une autre partie de mon être me rappela toutes ses paroles blessantes qu'elle m'avait balancé à la figure. «... fait resurgir mon passé... » Oui, ses paroles avaient éveillé cette partie de moi que je voulais faire taire à tout jamais.
-Je suis très touchée, du fait que tu viennes me voir et que tu t'excuses, lui répondis-je prudemment, vraiment. Et sache que je comprends la douleur que tu ressens du fait que Bella soit malade. Je ne sais pas comment, ni pourquoi, mais je me suis énormément attachée à elle, en si peu de temps. Peut-être qu'elle me faisait penser à moi, avant. Enfin, qu'importe. Je ferais un effort, envers toi, mais je ne peux te promettre de tout pardonner du jour au lendemain et qu'on soit les meilleures amies du monde. Laisse-moi juste un peu de temps, et je suis sûre que je pourrais l'accepter.
Alice jeta un regard vers Jasper, dont les yeux faisaient la navette entre nous deux, et lui fit un petit sourire. Une petite flamme s'allumait à chaque fois qu'il posait son regard sur elle, et intérieurement je ne pus qu'être soulagée qu'il ait enfin trouvé quelqu'un qui l'aime, même si c'était Alice.
-Je serais ton esclave si tu veux, je te prêterais mes chaussures fétiches si tu le souhaites, dit Alice, déterminée. Ou j'obligerais Emmett à faire le ménage!
-Dans tes rêves, grommela ce dernier, jetant un regard noir à Alice.
-Je peux te faire faire n'importe quoi! La dernière fois, je lui ai épilé les jambes!
Jasper regarda les un mètre quatre-vingt dix de muscle et de virilité avant d'éclater de rire. Moi même, j'eus du mal à garder mon sérieux en imaginant Emmett avec les jambes aussi lisses qu'une peau de bébé. Je demanderais à Bella si elle a une photo. La blague ne fut pas très bien accueillie par mon bien aimé, car il s'approcha d'elle, la dominant de toute sa taille, l'air menaçant.
-Ce n'est pas parce que Rose a accepté un temps soit peu tes excuses et qu'elle te laisse une deuxième chance que c'est pareil pour moi! Grogna-t-il.
Alice ne s'en formalisa pas et sauta dans ses bras, l'entourant de ses bras et ses jambes et embrassant chaque centimètre carré de son visage, laissant un Emmett figé.
-Moi aussi tu m'as manqué, ours des bois! S'exclama-t-elle entre chaque baiser.
-Mais lâche-moi lutin des forêts maléfique! Cria Emmett en essayant de la décoller de lui.
Jasper se remit à rire et je laissais mon amusement éclater. Mon frère me regarda, le regard rempli de gratitude et d'amour. Je ne pouvais que le lui rendre. Je savais qu'il appréciait beaucoup Alice, Edward me l'avait bien fait comprendre, mais à ce point là. S'il n'y avait que ça pour lui faire plaisir. Mais je savais que la partie n'était pas terminée. Certes, je lui avais pardonné, mais pas entièrement. Ses paroles avaient fait monter en surface les cruels souvenirs que j'avais de Royce, les bleus que j'avais eu sur le corps, ses insultes humiliantes, la douleur... Je ne pouvais pas les oublier d'un claquement de doigts, malheureusement, je devais vivre avec.
-Je te choisirais toujours, Rose, murmura Jasper à mes côtés. Toujours. J'aime Alice, vraiment, mais si elle te fait du mal... je m'éloignerais d'elle.
-Tu n'auras pas à le faire, le rassurai-je. Je ne vois pas pourquoi ça n'irait pas mieux à présent. Je vais lui dire que si elle te fait du mal, je l'étripe et aprés on verra.
-Je le pensais, vraiment, insista-t-il.
-Je sais, et je te répète que ça ne sera pas nécessaire. Tout ira bien. Bon, si tu allais chercher ton lutin, et moi mon ours?
Jasper rit avec moi quand nous vîmes Emmett tourner en rond alors que Alice résistait et restait accrochée à lui comme une moule à son rocher. Je stoppais Emmett la toupie pour que mon frère reprenne Alice super glu pour la remettre sur pieds.
-Toujours aussi folle! Ronchonna Emmett en plissant son pull. Tu as vu ce qu'elle m'a fait? Aussi diabolique qu'avant.
-Oui, ris-je, j'ai vu mon ours des bois.
-Ne m'appelle pas comme ça!
-Ça te va si bien pourtant, se moqua Jasper. Nounours!
Emmett était sur le point de se jeter sur lui pour l'étrangler.
-Viens, Emmett, on va manger!
-Manger? Répéta-t-il.
Il vola littéralement au placard à biscuit où je lui interdisais l'accès sauf pour le déjeuner et le goûter. Des fois, j'avais l'impression d'être avec un enfant.
O*O*O*O
Malgré la légère tension qui obstruait l'air, les remarques désagréables d'Emmett et le malaise que j'éprouvais, le reste de l'après-midi, et la soirée, se passa lentement et tout en douceur. Bien évidemment, j'étais un peu en retrait, mais Alice trouvait toujours un bon sujet de conversation et prenait son temps. Elle me raconta quelques anecdotes sur Emmett, hormis qu'il s'est déjà fait épiler les jambes, ça restera dans les anales ça, comme le fait que chaque année il a la grippe mais qu'il refuse de se faire vacciner parce qu'il a peur des piqûres, ou encore qu'il s'est pris son premier râteau à l'âge de treize ans par une fille qui était plus âgée que lui et qu'il a refusé de sortir de sa chambre pendant un mois entier. J'avais ri pour la dernière chose, alors qu'il s'était mis à bouder dans son coin, lançant des regards haineux à Alice. Je comprenais pourquoi Bella s'était liée d'amitié avec elle, Alice était trop facile à vivre, une fille remplie de bonne humeur, ayant toujours quelque chose à raconter et une énergie débordante. Bella a dû en voir de toutes les couleurs avec elle. Si je l'avais rencontrée dans d'autres circonstances, j'étais persuadée que je serais tombée sous son charme de pile électrique. Mais, avec les évènements passés, bien que je discutais avec elle comme Jasper ou Emmett, j'avais toujours un peu de recul. Je ne faisais plus vraiment confiance aux gens, les seuls sauf Jasper, Edward, Carlisle, Esmée et doucement Emmett. Alice, Charlie et Bella venaient juste d'entrer dans ma vie, comme des boulets de canon et, même si je n'y étais pas insensible, il faudrait beaucoup plus de temps pour m'ouvrir à eux.
-Chose un, et chose deux ne sont pas revenus? S'enquit Alice.
-Qui? Demanda Emmett en regardant cette dernière comme si elle était Chucky la poupée tueuse qu'il m'a obligée à regarder hier soir.
-Chose un, et chose deux, répéta-t-elle.
-Ta mère et ton beau-père, traduit Jasper.
Et bien fallait deviner!
-Non, grommela Emmett, mais s'ils reviennent, je leur refait le portrait!
-Ça, on n'en doute pas, dis-je. Mais c'est étrange qu'ils se soient effacés de nos vies comme si de rien, vous ne trouvez pas? Ils avaient pourtant l'air déterminé à essayer de revenir mais là, silence radio.
-Ils attendent peut-être le bon moment, qui sait? Dit Jasper, sagement. Ce n'était certainement pas des paroles en l'air.
-On va devoir se préparer à bien les recevoir alors, médita Alice. Tu crois que si je mets mes plus hauts talons, et que je les plante dans les bijoux de famille de chose deux, il va revenir?
Jasper et moi éclatâmes de rire, alors que Emmett grimaça inconsciemment. Il devait sûrement penser à la douleur qu'aurait son beau-père si Alice mettait en œuvre son plan machiavélique. Oh, ça devait faire sûrement très très mal. Après notre crise de fou rire passée, Jasper et moi débarrassâmes la table de notre dîner, pas du tout prévu, pour mettre le tout dans le lave-vaisselle, pendant que lutin et ours des bois s'affrontaient du regard en silence. Ça devait être du joli des fois avec eux d'eux, je comprends pourquoi Bella a voulu emménager chez Edward. Je souris en imaginant Bella lui faire la misère ou se trimballer en petite tenue devant lui, Edward devenant complètement cinglé de jour en jour.
-Tu as eu des nouvelles de ton ingrat de meilleur ami? Demandai-je.
Jasper se figea un instant, avant qu'un léger sourire malicieux ne se dessine sur ses lèvres. Il me cachait quelque chose.
-J'ai vu Edward à l'hôpital, hier, répondit-il simplement.
-Et?
-Et quoi? Bah, on a parlé et c'est tout. Qu'est-ce que tu veux que je te dise de plus?
Je plissais les yeux en sa direction, suspicieuse.
-Oh, je ne sais pas moi, peut-être la vérité?
Il me lança un regard mauvais avant de fermer la porte du lave-vaisselle.
-Je ne peux rien te dire, murmura-t-il en regardant derrière son épaule si quelqu'un était mort, entre Emmett et son Alice.
-Mais, je suis ta soeur, jumelle de surcroit! Tu ne dois rien me cacher!
Il leva les mains en signe d'innocence. Il était tout sauf innocent celui-là!
-Edward m'a fait jurer de ne rien dire.
-Jazz! Allez, je suis ta soeur, non? Ta préférée?
-Tu es ma seule soeur, je te signale. Mais tu sais que je tiens toujours mes promesses, non?
-Ouais, c'est ça, crachai-je. Je me souviens que tu as dit à Alex McMillan, quand j'avais 12 ans que j'étais amoureuse de lui alors que tu m'as fait la promesse de ne rien lui dire!
Il écarquilla les yeux. Et ouais, je n'ai pas oublié ça, moi! Il carra la mâchoire et grogna je ne sais quoi dans sa barbe.
-Tu vas me dire cet argument jusqu'à la fin de ma vie?
-C'est pas de ma faute si tu tombes dans le panneau à chaque fois. Alors, qu'est-ce qu'il a, Eddy? Ne me dis pas que Bella lui en veut à mort après avoir fait n'importe quoi avec elle?
-Non...
-Quoi, elle l'a giflé ou un truc du genre?
-Je ne crois pas non plus, marmonna-t-il.
-Jasper!
-Oh, d'accord, mais tu as interdiction de le dire, même à Emmett, surtout à Emmett. Tu me le promets?
Je lui fis un grand sourire et hochai de la tête. Il jeta un dernière coup d'œil aux deux autres qui se disputaient pour je ne sais quoi, encore.
-Edward et Bella sont ensemble, lâcha-t-il.
J'ouvris grand la bouche, stupéfaite et franchement sur le cul. Effectivement, il valait mieux qu'Emmett ne sache rien pour l'instant!
-Ensemble, comme... ensemble? Chuchotai-je.
Mon frère roula des yeux.
-Ensemble comme le fait qu'Edward avait un sourire complètement stupide au visage, les yeux qui brillaient et qu'il n'attendait qu'une chose, c'était de rentrer chez lui pour sauter sur Bella.
-Oh mon Dieu! M'écriai-je sans m'en rendre compte.
-Qu'est-ce qui se passe, Rose? Me demanda Emmett, s'approchant précautionneusement de nous.
Jasper secoua la tête comme pour dire « Bien joué sœurette! ». Une nouvelle pareille ne pouvait pas se prendre à la légère!
-Rien de très important, affirmai-je en déposant un baiser sur la joue d'Emmett pour le convaincre de ne pas fouiner plus profondément. Jasper me parlait d'un collègue de travail que je connais et qui est devenu gay. Les gens sont vraiment surprenants.
-D'accord... Qu'est-ce qu'il y a pour le désert?
J'esquissais d'un sourire en voyant sa tête disparaître dans le réfrigérateur alors qu'il cherchait encore quelque chose à manger. Je crois qu'on n'aurait pu me faire de meilleur cadeau que celui-ci: rencontrer Emmett Swan. Je n'aurais pu rêver mieux. Il était extraordinaire, et si patient avec moi que des fois, j'avais cette impression que j'allais me réveiller du jour au lendemain et que j'allais retrouver ma vie d'avant. Une horrible impression. Emmett me faisait rire avec ses bêtises, ses airs d'enfant boudeur et son estomac digne du grand Canyon. Mais je me sentais bien avec lui, presque autant qu'avec Edward et Jasper, mais je savais que ce n'était pas les mêmes sentiments que j'éprouvais pour lui.
-Oh Seigneur! Cria Alice, affolée.
Mon coeur fit un bond alors qu'Emmett frappa sa tête sur le rebord du réfrigérateur en se relevant et que tout les sens de Jasper étaient en alerte. Ce dernier se retourna vivement avant d'aller à la rencontre d'une Alice qui était pétrifiée sur place, les yeux grand ouverts.
-Quoi? Qu'est-ce qui se passe, Alice? S'exclama mon frère. Dis-moi!
Elle tendit une main vers la fenêtre, tremblant de la tête au pied. À la seconde où Jasper regarda dans la direction que lui indiquait cette dernière, il eut le même air de frayeur et d'étonnement sur le visage. Emmett me jeta un coup d'œil avant d'aller regarder ce qui se passait suivi par moi.
-JE VAIS LES TUER! Hurla-t-il.
Je sursautais un peu avant de voir l'objet de sa fureur. Quand on parle du loup... Renée et Phil se tenaient dehors, sur le trottoir d'en face avec un sourire sadique aux lèvres tout en nous saluant de la main. Oh non... Jasper essayait tant bien que mal de retenir Emmett, mais ce dernier avait sa force multipliées par dix à cause de la rage qui l'habitait. Alice parlait pour le raisonner, mais c'était peine perdue. Si seulement Bella était là!
-Emmett! Ne fais pas, c'est ce qu'ils veulent, dit Alice en gesticulant partout. Ne leur fais pas ce plaisir, après ça sera pire!
-Je m'en tape! Je ne veux pas d'eux dans nos vie, tu comprends? Cria Emmett. Jamais ils ne s'approcheront de Bella. Jamais!
-S'il te plait, ne fais pas ça, le suppliai-je. Ne descends pas, Em, je t'en supplie!
Il grogna et fracassa un bibelot contre un mur. Qu'est-ce qu'ils ont bien pu leur faire, vraiment, pour qu'ils réagissent ainsi, Bella et Emmett? Je posais mes mains sur son torse, le poussant de toutes mes forces.
-On va aller leur parler, n'est-ce pas, Jazz? On va les faire partir, dit Alice, mortifiée. Mais, surtout, ne descends pas, c'est ce qu'ils veulent, te parler ainsi qu'à... qu'à ta... soeur. D'accord?
-Emmett, assied-toi, s'il te plait, murmurai-je en m'appuyant contre lui. Calme-toi...
Il obéit tant bien que mal, mais ne semblait pas satisfait de son sort. Je savais qu'imaginer son poing dans la figure de son beau-père était beaucoup plus appréciable. Je fis un léger signe de tête à Jasper, et il emmena Alice dans son sillage, qui jeta un dernier coup d'œil derrière elle. Alors que la porte claquait et qu'on entendait l'ascenseur se refermer derrière eux, Emmett avait la respiration difficile, comme s'il combattait avec lui-même pour ne pas les suivre. Mue de folie, ou d'un élan d'amour, je me mis à califourchon sur lui, timidement, et je le sentis se raidir. Je n'avais de tels gestes avec lui, mon corps m'en empêchait toujours, bien que le fait de l'embrasser ne me faisait plus aussi peur qu'avant, mais je pouvais sentir qu'il en voulait plus, beaucoup plus, mais qu'il se retenait. Toujours. Pourtant, Bella m'avait dit qu'avant de me rencontrer, Emmett avait été un coureur de jupon invétéré, habitué aux coups d'un soir plutôt que de rester fidèle. Elle m'avait simplement dit que l'amour pouvait tout changer. Je soupirais en plongeant mon visage dans son cou, l'emprisonnant dans mon étreinte. Doucement, je sentis les bras d'Emmett m'écraser brutalement contre lui et toute la tension accumulée jusque là se fit sentir par la raideur de ses muscles saillants.
-On les fera partir, murmurai-je contre sa gorge. On leur mettra un procès aux fesses s'il le faut, n'importe quoi, mais ils ne feront plus de mal autour d'eux.
-Mais j'ai peur pour Bella, avoua-t-il, je ne veux pas qu'elle ait affaire à eux, plus jamais. Ils ont déjà fait trop de dégâts sur elle, et puis elle a rencontré ce connard de Jacob Black!
-Je ne crois pas qu'il reviendra de sitôt celui-là, aprés qu'Edward l'ait fichu dehors, s'il pointe le bout de son nez, c'est qu'il est suicidaire.
-Ouais, Edward, grogna-t-il.
-Elle sera très heureuse avec lui, souris-je. Edward est un type bien, et il aime vraiment Bella. Je ne l'ai jamais vu autant en admiration devant une femme que Bella. Ils se sont bien trouvés.
-Il a fallu qu'il trouve ma soeur celui-là.
-Tu aurais préféré un gars comme Jacob Black? Rétorquai-je.
Dans mon dos, je sentis ses mains former deux poings de rage.
-Non.
-Alors la question est réglée.
Je fermais fermement ma bouche pour ne pas dire les paroles qui menaçaient de jaillir hors de mes lèvres. J'avais promis à Jasper de ne rien dire. Dommage. Soudain, des éclats de voix se firent entendre dans la rue. C'était inutile de me relever pour voir qui faisait un boucan pareil. Le souffle d'Emmett se fit rare, comme un râle de souffrance. Je resserrais mon étreinte autour de lui, exprimant ce que je ne pouvais dire par des mots. Je n'avais jamais été douée pour parler. Peu à peu, le calme refit son apparition et une voiture démarra au quart de tour sur la route. Jasper et Alice avaient réussi à les faire partir? Emmett joua avec les mèches de mes cheveux qui tombaient dans mon dos, attendant qu'ils reviennent nous dire ce qui c'était passé dehors. Il nous fallut peu de temps pour avoir la réponse.
-Mais que des idiots ces deux-là! Se lamenta Alice. J'avais oublié qu'ils avaient un pois chiche à la place du cerveau.
Je me décalais des genoux d'Emmett et me remis sur mes pieds. Jasper avait eu la décence de ne pas faire des papouilles avec Alice devant moi, je pouvais au moins lui rendre la pareille.
-Ils sont partis? Demanda Emmett, sur les nerfs.
-Oui, ils ont repris leur route mais ils n'en resteront pas là, avoua tristement mon frère. Ils sont bien décidés à parler à ta soeur et toi.
-Ils peuvent aller se faire voir, gronda Emmett.
-Comment avez-vous fait pour qu'ils s'en aillent? M'enquis-je.
-On les a juste menacé d'appeler la police s'ils restaient devant l'immeuble, sourit Alice. Rien de plus efficace contre les cafards.
Jasper la regarda avec une lueur amoureuse dans les yeux. Mal à l'aise, je détournais le regard.
-Je suppose que je dois appeler Bella pour lui dire, souffla Emmett, blasé.
-Attends demain pour lui dire, le rassura Jasper d'une voix bienveillante. Je crois qu'elle en a assez vu, et puis, elle doit se reposer pour l'instant.
J'eus une boule au ventre en sachant qu'on était samedi soir, et que Bella avait dû supporter un nouveau rendez-vous à l'hôpital.
-On devrait aller les voir demain, vous ne trouvez pas? Demandai-je. On sera dimanche, on pourrait rester manger chez Edward, enfin chez eux.
Les yeux de Alice brillèrent d'eux même à l'annonce du nom de Bella. Après des semaines loin de sa meilleure amie, l'idée d'aller lui rendre visite ne la déplut guère.
-Oh, oui! S'exclama-t-elle. C'est une très bonne idée ça!
-Et qui t'a dit que tu es invitée? Répondit froidement Emmett.
-Bah, moi! Dit-elle comme si c'était une évidence. Oh mon Dieu! Je dois trouver ce que je vais porter demain, et toi aussi, Jasper!
-Oh non... Gémit ce dernier.
Je ris de bon coeur en voyant la tête désemparée de mon frère. Alice devait lui en faire voir de toutes les couleurs!
-Je vais rentrer, moi aussi, murmurai-je. Il se fait tard et je dois corriger quelques devoirs pour lundi.
-Tu ne restes pas? S'enquit Emmett, triste.
-Pas ce soir. Mais on se voit demain de toute façon. Tu veux que j'appelle moi-même Edward pour lui dire qu'on passe demain midi, manger?
Il haussa les épaules.
-On pourrait inviter Esmée et Carlisle aussi, ça fait un moment que je ne les ai pas vu, suggéra Jasper. Je vais les appeler, ne t'inquiète pas. Tu nous suis?
-Oui, j'arrive, je vais chercher mes affaires.
-D'accord, on t'attend en bas.
Je filais vers la chambre où j'avais laissé mon sac et mon manteau aprés avoir retrouvé Emmett, assoupi dans son lit aprés une journée de garde au travail. Je me souviens de l'avoir regardé dormir pendant un long moment, le trouvant absolument sublime quand il dormait. Il avait toujours ce petit air d'enfant qui lui restait sur le visage, mais sa musculature et son mètre quatre-vingt quinze était assez contradictoire. Un sourire de dessina sur mes lèvres alors que je revenais dans le salon, vide de toute personne sauf d'Emmett qui m'attendait, une moue triste sur les lèvres.
-On dirait qu'on va se quitter pendant des mois, ris-je. On se voit demain midi.
-Je sais, mais... tu vas me manquer, souffla-t-il en m'écrasant contre lui.
-Moi aussi, Em, mais je dois vraiment corriger mes copies.
-Fichu boulot!
Je souris et déposai un baiser sur sa joue où une légère barbare commençait à pousser.
-À demain, Em.
Il déposa ses lèvres sur les miennes, juste quelques instants avant de me laisser partir en soupirant. Moi aussi j'avais du mal à m'en aller, mais je n'étais pas sûre de pouvoir rester 24h/24 avec un homme même si je l'aimais. Ou du moins, pour l'instant.
Dimanche 7 décembre 2010
POV Bella
En cet instant, mon corps était en parfaite contradiction. D'une part, je me sentais bien, plus que bien même parce que je me trouvais dans un lit moelleux, doux et chaud. J'étais bien. Mais une autre facette se cachait derrière ça. Hier, j'ai eu ma séance de Chimio, et je sentais encore les effets secondaires de cette séance. Mon corps était endolori, aucun muscle ne m'obéissait correctement, j'avais une soudaine envie de vomir et ma tête menaçait d'exploser d'une seconde à l'autre. Edward avait insisté pour m'accompagner, parce qu'il savait que ça me faisait mal de devoir demander à Rosalie ou Emmett de m'emmener à l'hôpital pour mes séances. Mais, à vrai dire, je n'en avais pas beaucoup de souvenir sauf que j'avais été malade toute la nuit et que c'était pour ça que je ne reconnaissais pas ce lit, car ce n'était pas le mien. Edward. Un sourire niais se dessina sur mon visage, comme à chaque fois depuis vendredi. J'avais l'impression que ma vie était devenue un rêve. Ma vie aurait pu être parfaite si ma tumeur n'était pas là pour tout gâcher. Peu de chose avait changé depuis que nous nous étions embrassés, hormis le fait que mon coeur battait encore plus rapidement quand il était à mes côtés, que des étoiles brillaient dans ses yeux quand il me regardait et qu'il m'avait raconté comment nous étions arrivés là. Il m'avait dit qu'il n'avait jamais cru au coup de foudre, mais quand il m'a vu, il a su que c'était moi, et aucune autre. Je me souviens d'avoir rougi, avant qu'il ne m'embrasse profondément, m'exprimant tout ce qu'il avait sur le coeur, mais dont il ne trouvait aucun mot pour me le dire. À vrai dire, moi non plus je n'arrivais pas à exprimer le bien-être qu'il me procurait juste en restant à côté de moi.
Soudain, la porte de ma chambre s'ouvrit doucement pour laisser passer la tête d'Edward. Automatiquement, mes yeux le déshabillèrent du regard et mon coeur bondit dans ma poitrine, en le détaillant minutieusement. Vêtu d'un simple jean et d'un tee-shirt noir, mon bas ventre devint un feu crépitant d'envie. Ma libido ne s'était pas calmée, bien au contraire, c'était pire!
-Bien le bonjour, sourit-il en me voyant réveillée. Bien dormi?
-Salut, murmurai-je en rougissant quand il s'assit à mes côtés. J'ai passé de meilleure nuit, et toi?
-Pareil.
-Je suis désolée de t'avoir empêcher de dormir, murmurai-je, honteuse. Je...
-Ne dis pas n'importe quoi, gronda-t-il. Je ne voulais pas dire ça dans le sens que j'ai passé une mauvaise nuit parce que tu n'étais pas bien, mais plutôt le fait de te voir souffrir sans que je puisse faire vraiment grand chose contre ça.
-Tu étais là, c'était déjà beaucoup, Edward.
Il sourit et embrassa le dos de ma main, attardant ses lèvres sur ma peau brûlante. Je rougis de plaisir.
-Est-ce que tu te sens capable de te lever toute seule, ou tu préfères rester encore un peu allongée?
-Non, je veux me lever. Mais ton aide ne serait pas de refus.
Il hocha la tête et me remit sur pied doucement, comme si j'étais un poids plume. Il me garda précautionneusement près de lui, juste à une distance assez proche pour que mon coeur s'emballe, que ma respiration se fasse hachurée et que son odeur corporelle envahisse mes narines. Dieu du ciel j'étais fichue. Un sourire en coin, amusé, se dessina sur ses lèvres tentatrices avant qu'il ne se colle contre moi, affolant mes hormones. Je ne lui avais toujours pas posé la question.
-Un problème, Miss Swan? Me demanda-t-il.
-N... Non, tout... tout va bien, bredouillai-je.
-Permettez-moi d'en douter. Votre coeur s'affole, votre respiration s'accélère et vous rougissez adorablement. Serais-je, par le plus grand des hasards, la raison de votre trouble?
Je me perdis dans ses deux émeraudes sans une once d'hésitation. Tout s'envolait quand je les croisais, sauf l'amour que j'éprouvais pour lui. Je n'avais jamais offert mon coeur à quelqu'un, sauf à Jacob et le résultat fut désastreux, et encore moins aussi rapidement, mais, avec lui, c'était différent. Tout était différent. J'étais moi, entièrement moi, je n'avais pas besoin de mentir, ni même de me forcer à parler car ça venait naturellement, alors qu'il m'écoutait sans jamais se plaindre. Ma tumeur n'était pas vraiment un sujet tabou, mais je pouvais remarquer qu'il changeait rapidement de sujet de conversation, ou me permettait que, quoi qu'il arrive, il m'aimerait toujours et que je m'en sortirais.
-Je t'aime, soufflai-je sans vraiment m'en rendre compte.
Un éclat brillant traversa ses pupilles vertes avant qu'il ne penche son visage vers moi ayant l'intention de m'embrasser. Mais je l'arrêtais en posant une main sur sa bouche dévastatrice. Il m'interrogea du regard.
-Haleine du matin, marmonnai-je.
Il leva les yeux au ciel et secoua la tête pour retenir ma main qui emprisonnait ses lèvres.
-Et tu crois que ça va m'empêcher de t'embrasser? Rétorqua-t-il, sérieusement.
Mon coeur fit un bond dans ma poitrine.
-Non, mais tu ne le feras pas si c'est ce que j'ai envie.
-Bella, gémit-il comme un enfant n'ayant pas eu ce qu'il voulait.
Je souris et traçai le contour de ses lèvres avec mes doigts tremblants. Ça sera tous les jours ainsi maintenant, ça faisait plus de deux mois que j'étais atteinte d'une tumeur au cerveau, et je m'étonnais encore de pouvoir marcher et me déplacer à peu près comme je le souhaitais. Un miracle. La chaleur de sa bouche traversa le toucher de mes doigts joueurs, alors qu'une lueur encore inconnue dans son regard me transperça de toute part. Sa respiration s'accéléra et, inconsciemment, il raffermit sa prise autour de moi, écrasant ma poitrine contre son torse. J'haletais à mon tour. Edward embrassa les bouts de mes doigts avant de fermer les yeux et de poser son front contre le mien. Ses mains, qui étaient posées sur mes hanches, commencèrent à les masser, avec un mélange d'envie et de douceur, ce qui me fit légèrement gémir vu les bienfaits que ses mains faisaient sur mon corps. J'étais complètement courbaturée, j'avais mal à chaque muscle dont mon corps était doté, mais, jusqu'à aujourd'hui, je n'aurais cru que de simples mouvements de massage pouvaient m'apaiser. Edward nicha son visage dans mon cou et ses dents attaquèrent la peau de ma gorge. À cet instant, je compris, ou réalisai, qu'Edward était un homme, et comme tout homme, il avait des... envies. Je me mis à rougir violemment à mes pensées. Certes, je n'étais plus vierge mais j'étais très mal à l'aise sur ce sujet, tout l'opposé de mon frère. Soudain, les dents d'Edward laissèrent place à sa langue qui se faufila juste sous mon oreille, l'endroit qui me fit gémir longuement alors que mon bas ventre se réveilla face à ce geste. Ciel, s'il continue je ne pourrais pas m'arrêter. Mon corps était incapable d'accéder à son besoin humain.
-Edward?
-Hum...
Sa bouche trouva la peau dénudée de mes clavicules et de mon épaule droite.
-Je serais incapable d'aller plus loin, chuchotai-je.
Ce fut l'effet d'un électrochoc pour lui, car ,d'un bond, il s'écarta de moi, me tenant à bout de bras. Les lèvres rougies, les yeux noircis par le désir et son souffle rare, Edward avait tout de l'homme frustré.
-Je... Je suis désolé, je ne voulais pas, bredouilla-t-il. Je ne sais pas ce qui m'a pris... Excuse-moi, je n'aurais pas dû, c'était déplacé.
-Je n'ai pas dit que j'en avais pas envie, rougis-je, mais mon corps ne me suivrait pas.
-Je suis désolé, Bella, vraiment ce n'était pas mon intention de... te sauter dessus mais... mais tu me rends dingue, gémit-il douloureusement.
J'écarquillai les yeux d'étonnement.
-Quoi?
Il prit mon visage en coupe, prenant soin de me bloquer à l'aide de son corps pour que je garde l'équilibre avant de plonger son regard dans le mien.
-Tu es trop... trop désirable pour qu'un homme ne devienne pas fou à côté de toi, me dit-il. Tu as beau te rabaisser, dire que tu es la fille la plus banale qui soit, mais tu ne le seras jamais à mes yeux. Ne pense jamais plus que tu n'es pas extraordinaire, parce que tu te trompes et je te le dirais tous les jours pour que ça rentre dans ton crâne de tête de mule.
J'ouvris la bouche, sous le choc et en même temps charmée par ses paroles. Je ne croyais pas qu'il y avait des hommes qui parlaient encore de cette façon. Edward me fit un sourire éblouissant et déposa un baiser sur le bout de mon nez, ce qui me fit rire.
-Est-ce que tu as faim? Me demanda-t-il alors qu'il m'aidait à traverser le couloir qui menait à la pièce principale. J'ai été chercher du pain frais pendant que tu dormais.
-Tu as osé m'abandonner? M'outrai-je de façon théâtrale, alors que j'étais touchée par cette attention.
-Est-ce que je vais être puni?
Une lueur traversa ses pupilles qui étaient toujours bordées par le désir. Je me mis à rougir.
-Ça passe pour cette fois.
-Vous m'en voyez flatté.
Il tira une chaise du comptoir et me fit asseoir dessus. J'avais l'impression d'être une enfant à force d'être traitée ainsi par lui. Même si je trouvais ça charmant, à la longue ça allait finir par peser. Mais, un jour, tu ne pourrais plus faire ces choses toi-même.
-Qu'est-ce qui te ferait plaisir ce matin?
Je levai les yeux au ciel.
-Un verre de jus d'orange, s'il te plait.
-Bella, grogna-t-il.
-Et un morceau de pain, soufflai-je.
Victorieux, il me fit un clin d'œil et m'apporta le tout accompagné de mes médicaments. Je tenais une des boîtes entre mes doigts qui tremblaient un peu sous le manque de mes cachets. Je regardais Edward vider le lave-vaisselle et je pus distinguer ses lourdes cernes sous ses si beaux yeux émeraudes. Je baissais la tête, me sentant honteuse de lui apporter tous ces problèmes alors que je ne voulais que le voir heureux.
-À quoi tu penses? Chuchota la voix grave de ce dernier.
Je secouais la tête et avalais mes pilules mélangées à mon jus d'orange matinale. Je me frottais la tête, sentant que la douleur d'hier n'avait pas complètement disparu. Deux doigts relevèrent mon visage, et Edward se pencha en travers du comptoir pour me scruter intensément. Je fondis littéralement sous son regard.
-Quelle jolie menteuse, susurra-t-il. Dois-je te rappeler que tu es incapable de mentir?
Je soupirais. Ses doigts migrèrent vers ma joue, et son regard s'adoucit.
-Dis-moi ce qui te tracasse, me supplia-t-il.
Je levai une main tremblante et suivis la ligne de ses cernes sous son œil gauche.
-C'est ça qui me tracasse, murmurai-je.
-Bella, ça n'a aucune importance! Seule ta santé est précieuse à mes yeux.
-Je ne veux pas que tu te sacrifies pour quoique ce soit, Edward. Tu as bientôt tes examens, tu as un travail à l'hôpital, une famille. Tu ne dois pas tout sacrifier pour moi.
-Mais je ne sacrifie rien, assura-t-il. J'ai même l'impression de tout gagner. C'est toi qui croit ça et non moi. En t'aimant, je savais quelle vie j'allais mener, et même si je viens juste de la commencer, je ne me suis jamais senti aussi heureux qu'à tes côtés. Alors, arrête de penser à ça et profite juste... du présent, d'accord?
-D'accord, murmurai-je, juste le présent.
Il traça ma bouche du bout des doigts et la contourna pour arriver à mes cheveux où il remit une mèche rebelle en place.
-Est-ce que je t'ai dit qu'ils venaient tous manger à la maison, ce midi? Me dit-il.
-Qui ça « ils »? demandai-je, prudemment.
-Et bien, tout le monde. Mes parents, Rosalie, Emmett et Jasper.
Je déglutis difficilement.
-Et ça ne t'est pas venu à l'idée de me prévenir plus tôt? M'écriai-je.
-Tu viens juste de te réveiller!
-Mais... Mais qu'est-ce que je vais faire à manger? M'affolai-je, le coeur battant.
-Ma mère m'a dit qu'elle ramenait de quoi manger, ne t'inquiète pas.
Je lui lançai un regard mauvais et me remis tant bien que mal sur pied, tanguant un peu. Je jetai un regard vers l'horloge du salon, et mon coeur fit un bond en voyant qu'il était plus de 11h30 du matin. Génial, tout bonnement génial. Je marchais vers la salle de bain, faisant glisser mes mains sur les murs ou à un endroit où je pouvais me retenir pour éviter la chute. Pourquoi est-ce qu'ils venaient tous ici? Je ne fis pas attention à Edward qui me demandait ce que j'allais faire et allais prendre des vêtements propres avant de m'enfermer dans la salle de bain. En prenant soin de ne pas perdre l'équilibre, je pris une douche rapide et m'habillai tout aussi rapidement, sentant les muscles de mes jambes flancher de plus en plus. Je serrai les dents et sortis de la salle de bain, où Edward m'attendait, appuyé contre un mur du couloir. Il me tendit la main et je mordis ma lèvre inférieure en la prenant pour me soutenir. Sur le chemin, il enroula un bras autour de ma taille et me fit asseoir sur le canapé du salon.
-Ils arrivent à quelle heure? Demandai-je.
Il regarda rapidement sa montre.
-Dans quelques minutes, Emmett a insisté pour venir nous voir et puis tout le monde est venu, répondit-il. Moi qui voulais passer la journée tranquille...
-Tu ne travailles pas demain, n'est-ce pas? Tu pourras te rattraper pour réviser tes examens.
Il s'assit lourdement à mes côtés, en soupirant de frustration. Je n'osais imaginer ce qui traversait dans sa tête en ce moment. Soudain, je me rendis compte que personne, hormis Jasper qu'Edward avait mis au courant malgré lui, ne savait pour nous et mon coeur fit un bond monstrueux en mon sein. Comment va réagir ses parents? Rosalie? Et, oh mon Dieu, Emmett? J'aurais aimé être une petite souris pour ne pas avoir affaire à eux maintenant.
-Je suis sûr qu'ils vont être heureux pour nous, dit Edward.
Je tournais la tête vers lui, l'interrogeant du regard. Il était télépathe maintenant?
-Tu l'as dit à voix haute, continua-t-il, amusé.
-Désolée... Mais, tes parents? Rosalie?
Il sourit de toutes ses dents.
-Ils le savent depuis un moment déjà, tout comme Rosalie pour toi, non?
-Comment tu le sais?
-Son frère maléfique me l'a dit, le soir même où j'ai eu l'honneur de pouvoir goûter à ces lèvres tentatrices, diaboliques et...
-Edward! Rougis-je.
-... délicieuses.
Ma respiration se coupa d'un coup quand je me retrouvais allongée sur le canapé, et qu'Edward se tenait au-dessus de moi, ses mains se positionnant de chaque côté de ma tête pour se soutenir.
-Ne t'inquiète pas de savoir s'ils vont être heureux ou non, parce qu'ils le seront, même ton cher frère, je peux te l'assurer. Alors, maintenant qu'on a réglé ce problème, est-ce qu'on pourrait utiliser les dernières minutes de tranquillité utilement?
-Et à quoi on pourrait les utiliser? Répondis-je, malicieusement.
À ma réponse, ses yeux devinrent noirs de désir et je jurais entendre un grondement parvenir de sa gorge. Un sourire en coin se dessina, alors que je baissais les armes et qu'il pencha son visage vers le mien, poussant son nez contre le mien, joueur. J'étais complètement sous son charme.
-Je suis sûr que tu en as une petite idée.
-Peut-être...
La seconde d'après, je me laissais envahir par une délicieuse sensation de bien-être et de chaleur, qui s'infiltrait dans tout mon corps. La bouche d'Edward s'écrasa contre la mienne, fiévreuse et pressée. Bien que ce n'était pas la première fois que je goûtais à ce genre de paradis avec lui, j'avais toujours ce feu qui coulait dans mes veines, et ce fut bien pire quand je sentis son corps s'appuyer contre le mien. Sa langue lécha ma lèvre inférieure, demandant l'accès à ma bouche que je lui autorisais de suite, essayant de rester maître de mes émotions trop grandissants. Un grondement sourd roula dans sa cage thoracique lorsque sa langue rencontra la mienne et commença à faire des choses que je n'aurais jamais cru être possible avec. Une de mes jambes fléchit et il en profita pour se glisser un peu plus entre elles et sur moi. Mes mains fourragèrent dans ses cheveux, les rendant plus en bataille que jamais alors qu'une des siennes parcourut la peau de mon dos avec envie. Mon cerveau s'embruma de plus en plus quand le baiser se prolongea, lorsque sa langue maîtrisa la mienne et que son désir se fit ressentir. Il relâcha deux secondes ma bouche pour reprendre son souffle avant de plonger dessus, tel un félin devant sa proie. Ses doigts patinèrent ma peau jusqu'à trouver l'encolure de mon soutien-gorge qu'il titilla amoureusement. Je gémis en sentant son pouce faire des cercles autour de mon mamelon plus que tendu par l'effet qu'Edward faisait sur moi. La chaleur monta d'un cran, mes mains tirèrent sur son tee-shirt pour le lui faire enlever, ses lèvres capturèrent ma langue et je pus sentir sa virilité présente sur ma cuisse.
-Pendant que nous on galère pour monter la nourriture, voyez comment d'autres s'occupent! Railla une voix masculine.
On se figea tous les deux, avant qu'Edward ne s'écarte de ma bouche et qu'il ne tombe par terre dans un juron. Oh Seigneur, ne me dites pas qu'ils ont vu ce qu'on était en train de faire? Je me relevai à l'aide de mes coudes et vis Esmée et Carlisle se sourire, amusés par la situation, Jasper et Rosalie se retenant de rire et mon frère qui avait la mâchoire carrée et les poings serrés prêt à les fracasser sur Edward.
-Salut, Bella! Me sourit Rosalie avec un salut de la main.
-Euh... Je... Bonjour, bredouillai-je.
Edward se releva du tapis où il avait atterri et se frotta la tête en grognant de douleur. Je crois que cette petite chute imprévue lui avait remis les idées en place. Je me tenais sur mes pieds avec son aide.
-Ça va? Murmurai-je à ce dernier.
-Oui, ça va, j'ai la tête dur.
-Et il n'y avait pas que ta tête qui était dure il y a deux secondes! S'exclama Jasper alors que Rosalie éclatait de rire pour de bon.
-Jasper! S'outra Esmée. Ton langage!
Il marmonna un « Désolé » peu convainquant, surtout qu'il avait un sourire éblouissant sur les lèvres.
-Euh... On va vous aider à mettre tout ça dans le réfrigérateur, dit Edward, aussi mal à l'aise que je l'étais.
-Tu n'as pas quelque chose à nous dire avant? Cingla froidement Emmett.
-Oh, tu ne vas pas recommencer! S'écria Rosalie, lassée. Je croyais qu'on était d'accord là-dessus.
-De quoi veux-tu parler? Demanda innocemment Edward.
-De quoi je veux parler? Répéta mon frère, rouge de colère. De quoi je veux parler? De ce que tu t'apprêtais à faire avec ma soeur sur ce fichu canapé, tiens!
-Emmett! M'indignai-je aussi rouge que lui.
-Alors toi, tu es mal placée pour prendre la parole!
-Hé! Je t'interdis de lui parler ainsi, même si c'est ta soeur! Rugit Edward en enroulant un bras autour de ma taille.
-S'il vous plait, murmura Esmée, un peu déboussolée par ce qui se passait sous ses yeux.
-Je lui parle comme je le veux! Hors de question qu'elle...
-Que quoi? Criai-je. De quoi? J'ai 23 ans, je peux prendre mes décisions sans en demander l'autorisation à mon crétin de grand frère, c'est clair? Je suis avec Edward, et je l'aime. Alors que tu le veuilles ou non, tu dois respecter cette décision!
Emmett ferma la bouche, stupéfait par mes paroles et surtout d'avoir élevé aussi fort la voix contre lui. Mais ce n'était que partie remise. Le bras d'Edward se resserra autour de moi, pour littéralement m'écraser contre lui, rempli d'amour. J'entremêlais mes doigts avec les siens, ce qui n'échappa à personne.
-Je propose qu'on mette tout ça dans le réfrigérateur avant qu'ils ne prennent un coup de chaud, dit Carlisle en prenant pour la première fois la parole. Et, en passant, je suis très heureux pour vous deux. Bienvenue dans la famille, Bella!
-C'était quoi ces éclats de voix? Demanda une voix bourrue que je reconnus entre mille.
Mon père fit son apparition, tenant un grand sac plastique dans les bras. Il rougit un peu quand il remarqua que tout le monde le regardait.
-Papa! Mais... Mais qu'est-ce que tu fais là? Demandai-je en allant à sa rencontre.
-Tenez, donnez-moi ça, dit Edward.
-Merci, mon garçon, souffla Charlie.
Edward prit les sacs qui encombraient mon père et rejoignit ses parents, Jasper et Rosalie dans la cuisine. Charlie embrassa le sommet de mon crâne et pendit sa veste sur le porte-manteau.
-Ah, justement! Mugit Emmett.
-Ne recommence pas! Répondit sèchement Rosalie tout en le fusillant du regard. Tu devrais être heureux pour eux!
-Emmett? S'enquit mon géniteur, perdu.
-Quand on est arrivé, poursuivit mon frère, Edward et Bella se tripotaient sur le canapé! Tu sais ce que ça veut dire?
-On ne se tripotaient pas! Répliquai-je. Et je t'ai dit que je faisais ce que je voulais de ma vie, je n'ai pas à t'obéir!
-Ah bah enfin! Dit Charlie.
J'écarquillai les yeux en sa direction. Quoi? Il était heureux?
-Tu... Tu ne dis rien? Demandai-je prudemment. Tu ne vas pas dire que je suis complétement inconsciente et que tu veux massacrer Edward par la même occasion?
-Non, je crois que tu es assez grande pour savoir avec qui tu veux vivre. Je connais le père d'Edward, donc je sais comment il est. Mais, attention mon garçon, au moindre faux pas, et tu vas goûter à la colère Swan!
-Euh... Je... Oui, bien sûr, oui, bredouilla Edward, faisant rire son père.
-Mais, papa, supplia Emmett.
-Emmett Swan, je vous jure que si vous ne la fermez, vous allez avoir du mal à marche dans la seconde qui suis, c'est clair? Bella et Edward sont assez grands pour s'occuper d'eux-même alors tais-toi et viens dont m'aider à ranger les kilos de nourritures qu'Esmée à ramené rien que pour toi!
Emmett fit la moue et marmonna dans sa barbe tout en allant dans la cuisine. Je remerciai Rosalie du regard et elle me fit un clin d'œil suggestif.
-Je suis heureux pour toi, me dit Charlie.
-Merci, papa, murmurai-je, émue.
-Fais attention à toi tout de même.
Sur ce, sans plus de mot, il alla saluer Esmée et Carlisle chaleureusement. Du coin de l'œil, je pouvais voir Jasper regarder sa montre avec anxiété et Rosalie frapper mon frère derrière la tête. Cette scène me fit rire, surtout en voyant la tête que faisait mon frère, comme un enfant pris en faute. Il restera toujours un éternel enfant. Mais je dois avouer que je ne comprenais pas son comportement, pourquoi tant de colère envers la relation que j'entretenais avec Edward? Il appréciait Edward, ils riaient ensemble, faisaient des pronostics sur les prochains matchs de base-ball ou autre, mais de savoir qu'il était avec moi lui posait problème. Edward n'était pas Jacob, et il le sera jamais. Jamais.
-Perdue dans ses pensées, jolie Demoiselle? Murmura une voix suave à mon oreille.
Je sursautais un peu avant de sentir deux bras tendres s'enrouler autour de ma taille.
-Je me demandais pourquoi Emmett le prenait aussi mal, murmurai-je en guise de réponse.
-C'est ton grand frère, il a peur pour toi. Il ne veut certainement pas avoir un nouveau Jacob dans ta vie. Et puis, il doit aussi se demander si je ne joue pas avec toi...
Mon coeur se serra à cette pensée.
-Est-ce qu'il a raison de craindre que tu joues avec moi?
Ses bras écrasèrent mon dos contre son torse alors que son visage s'enfouit profondément contre ma gorge.
-Qu'on me foudroie de suite si je joue à un quelconque jeu avec toi. Jamais, tu m'entends? Jamais je ne pourrais te faire du mal, tu m'es trop précieuse et je t'aime beaucoup trop pour te faire ça.
Je tournai ma tête vers la gauche et déposai un baiser sur sa joue avant que ses lèvres ne rencontrent les miennes pour un tendre baiser. Ma peau fut parcourue de délicieux frisson à ce contact. Nos bouches bougèrent à l'unisson, essayant de dompter l'autre avant qu'un raclement de gorge ne nous interrompe. Jasper se tenait derrière nous, mal à l'aise et le regard anxieux.
-Désolé de couper court à cet élan... d'affection, dit-il, mais j'ai quelque chose à vous dire, enfin plus particulièrement à toi, Bella.
-À moi? M'étonnai-je.
Il hocha la tête gravement.
-Qu'est-ce qui t'arrive, Jazz? S'inquiéta Edward.
Jasper prit une grand inspiration, alors que je voyais Emmett plus renfrogné que jamais, Rosalie lui caressant tendrement le crâne, Charlie regardait par la fenêtre et Esmée et Carlisle nous regardaient, Edward et moi, avec une joie sans borne. Au moins, j'ai la chance que mes beaux-parents m'apprécient!
-Je me suis occupé d'Alice depuis près de trois semaines maintenant, dit-il. Il y a eu des hauts et des bas, mais dans l'ensemble tout s'est très bien passé.
-Passé? Répéta Edward.
Mon coeur tambourinait à mille à l'heure en mon sein. Pourquoi est-ce qu'il parlait au passé? Et pourquoi il me disait ça?
-Oui, passé, reprit Jasper. Je dois avouer que je ne m'attendais pas à ce... retournement de situation, mais Alice a fait le travail toute seule. Disons qu'il y a un évènement qui a tout changé dans sa tête.
-Elle est venue nous voir hier, intervint joyeusement Rosalie, chez Emmett. Elle s'est expliquée et s'est excusée de son comportement envers Emmett et moi.
J'écarquillai les yeux de stupeur. Alice? Mon Alice?
-Vous voulez dire qu'Alice est en quelque sorte « guérie » de sa folie? Demanda Edward, tout aussi étonné que moi par cette annonce.
-Elle n'était pas folle, grogna Jasper, juste déboussolée par les évènements. Mais elle va très bien maintenant, Esmée et Carlisle l'ont rencontré ce matin.
-Oh que oui, souffla Carlisle, mon mal de tête s'en souvient encore.
Sa femme lui donna une tape sur son torse.
-C'est une jeune femme pleine de vie, ça mettra un peu de piment dans la vie de Jasper, n'est-ce pas?
Ce dernier se mit à rougir avant de baisser la tête pour regarder ses chaussures. Oh là, j'avais raté un épisode?
-Alice et Jasper se sont sautés dessus, annonça Rosalie comme si c'était normal.
Je sentis Edward frémir contre moi.
-Et tu ne me dis rien? S'écria-t-il. Tu n'es qu'un sale traite.
-Ce n'était pas prévu, se justifia piteusement Jasper.
-Mais, bien sûr, j'ai bien vu comment tu regardais Alice le jour où... où...
-Où ma mère et mon beau-père sont revenus, terminai-je.
Un lourd silence se fit ressentir dans la pièce principale, même Esmée et Carlisle se regardaient avec tristesse. Est-ce qu'ils étaient au courant? Je vis Charlie se réveiller soudainement de son mutisme.
-Ils sont revenus vous revoir?
Emmett retourna si violemment la tête que j'avais peur qu'elle se déboîte du reste de son corps.
-Et toi?
-Ne répond pas à ma question par une autre question! Vous faite des têtes de six pieds de long depuis tout à l'heure, ce n'est pas difficile à deviner.
Mes mains, au-dessus de celle d'Edward, se mirent à trembler douloureusement face à cette nouvelle. Ils étaient revenus. Non, c'était impossible, ils ne pouvaient pas de nouveau revenir dans nos vies comme si de rien alors qu'on a été très clair sur le sujet. JE NE VEUX PLUS LES REVOIR!
-Ils sont venus quand? Demandai-je à mon frère d'une voix faible.
-Hier soir, c'est Alice et Jasper qui sont allés à leur rencontre, répondit-il en fuyant mon regard.
-Mais je te rassure, dit Jasper, ils sont vite partis quand on les a menacé d'appeler la police s'ils restaient là.
-Mais jusqu'à quand? Murmura Edward dans mes cheveux, renforçant sa prise autour de moi.
Au même moment, la sonnette de l'interphone me fit sursauter, alors que je me laissais bercer par Edward afin de me rassurer. Je ne fis pas attention quand Emmett grogna et que Jasper disparut de ma vue.
-Tout ira bien, Bella, me chuchota ce dernier à mon oreille. Ils ne s'approcheront pas de toi.
J'entrelaçai fermement mes doigts autour des siens quand la porte d'entrée se referma timidement.
-La voilà, gronda Emmett.
-Qui ça? S'enquit mon père, intéressé alors qu'il détournait le regard de mes doigts mêlés avec Edward.
-Emmett, tiens-toi tranquille! Le sermonna Rosalie.
-Allez, viens, dit Jasper d'une voix que je ne lui connaissais pas.
Il me fallut une seconde pour reconnaître cette silhouette, une respiration pour entendre cette voix familière répondre à Jasper et un battement de coeur pour que mes larmes affluent dans mes yeux sous l'émotion. Charlie laissa échapper son verre sur le comptoir, qui glissa jusqu'au sol où il se fracassa en mille morceaux, inondant tout sur son passage. Alice se tenait tout près de Jasper, très près, habillée comme toujours avec une incroyable élégance et beauté. Ses cheveux noirs pointés toujours dans tous les sens, son teint paraissait plus pâle et elle était aussi mince que moi à présent. En me voyant, elle hoqueta avant de faire tomber son sac au sol et d'accourir vers moi. Quand elle fut à une distance respective, les mains d'Edward me relâchèrent et ma meilleure amie m'écrasa contre elle, en sanglotant. Je mis quelques secondes pour que mon cerveau m'envoie l'information dans tous les nerfs de mon corps. Je tenais Alice dans mes bras. La seconde plus tard, je lui rendis son étreinte, laissant couler toutes les larmes que j'avais retenu depuis qu'elle nous avait quitté.
-Oh mon Dieu, Bella, pleura-t-elle contre moi. Comme tu m'as manqué!
-Moi aussi, Lili, tu m'as manqué!
Je lui caressais les cheveux d'un geste tendre, alors que Rosalie se blottit contre Emmett, qui soupira en nous voyant. Charlie semblait un peu perdu, mais tout aussi heureux du retour d'Alice. Jasper regardait cette dernière avec des étoiles dans les yeux, alors qu'Esmée sécha les quelques larmes qui avaient coulés sur ses joues et que Carlisle imita mon frère en prenant sa bien-aimée dans ses bras. Je ne voyais pas Edward, car il était posté derrière moi, mais je savais qu'il sera toujours là pour moi, qu'importe la situation. Je resserrais ma prise autour de ma meilleure amie, comme si je voulais fusionner avec elle à tout jamais.
-Bon, c'est pas tout mais j'ai faim moi! Se plaignit Emmett au bout de longues secondes.
Tout le monde se mit à rire, même moi alors que je séchais les larmes sur les joues d'Alice. Cette dernière enlaça rapidement Edward, boudant sur le fait qu'on ait rien dit pour nous deux et ne me lâcha plus de la journée. Sa relation avec Rosalie s'était nettement améliorée, aucune animosité ne se reflétait dans ses paroles envers elle et elles semblaient plutôt bien s'entendre. Emmett boudait quelque peu, mais juste par principe alors que Charlie était ravi de l'arrivée imprévue d'Alice pendant ce dîner. Et il n'y avait pas que lui. Nous ne parlâmes que de chose positive tout au long de la journée, et même de la soirée qui s'était prolongée en un dîner improvisé, oubliant ma tumeur et les meurtres de jeunes femmes dans le département de Washington. Restant enlacée dans les bras d'Edward presque constamment, j'avais fini par m'y endormir. Fatiguée, mais heureuse.
Mardi 9 décembre 2010
POV James
J'aurai dû tuer ce crétin quand j'en avais eu l'occasion! Maintenant, j'avais les flics à dos. J'avais dû arrêter, ne plus L'écouter alors qu'Il était de plus en plus furieux contre moi. Comment allais-je m'en sortir? Tout le monde était à ma recherche et, même si j'étais bien plus malin qu'eux, mon instinct me disait qu'il allait se passer quelque chose de grave. Mon instinct ne se trompe jamais. Mais je n'arrivais pas à définir ce que c'était. Alors, à cause de toutes les protections qui étaient mises près de Forks et de ses alentours, j'avais dû faire ce que les gens normaux appelaient « pause », et je détestais ça! Une pause! C'était complètement idiot mais nécessaire si je ne voulais pas être pris au filet comme un vulgaire lapin. Alors, j'étais revenu à Seattle, même si ici aussi il me recherchait à cause de ce minable qui avait réussi à se souvenir partiellement de ma plaque d'immatriculation. Je croyais qu'ils étaient tous soûles là-dedans! Il fallait croire que les dix bières qu'il s'était enfilé n'avaient pas fait leur effet.
Bien que le fait d'être rentré me faisait profiter au maximum de ma chère et tendre Victoria, ma petite tigresse, le fait de retourner au magasin me faisait penser à une personne autre que Madame Hunter. Isabella. Quel doux prénom! Ça lui allait si bien, tout comme les rougeurs succulentes qui apparaissaient sur ses frêles joues et son corps! Hum... Divin, tout simplement parfait. Et le pire dans tout ça, c'est qu'elle n'avait pas conscience de l'effet qu'elle faisait aux hommes. Comme l'autre idiot qui était venu la voir au magasin. J'espérais fortement pour sa santé qu'il n'avait pas touché à un cheveu de mon Isabella, sinon je me ferais un plaisir d'envoyer un morceau de son corps à sa défunte famille. Elle était à moi, rien qu'à moi, et il n'y avait que moi qui pouvait jouer avec elle. Seulement moi! Je pourrais me délecter de ses formes fabuleuses sous mes mains, faire glisser mes doigts sur sa poitrine gourmande et goûter à ce parfum des plus succulents! Je grognais en imaginant l'excitation quand je lui ferais l'amour, encore et encore jusqu'à ce qu'elle me supplie d'arrêter! Je n'osai imaginer quel plaisir j'aurais de jouir dans son corps.
Mais, pour l'instant, je devais rester sage et me conduire comme n'importe quel citoyen dans cette ville. Mon chemin allait forcément croiser celui de ma douce Isabella, et à ce moment-là, rien ne m'arrêtera, car je ferais tout pour qu'elle soit mienne!
Et voilà pour ce chapitre.
J'espère que la fin ne vous frustre pas trop, aussi bien pour le POV James que Bella, mais je séchais un peu pour ce chapitre.
Je préviens tout de suite, pour les plus émotives, préparez les mouchoirs pour le chapitre suivant car j'aborde un sujet direct de la maladie de Bella. Il ne sera pas entièrement triste, mais une bonne partie, même si je prévois une petite surprise. Ça serait un mal pour un bien, en quelque sorte.
Merci de votre passage et n'hésitez pas à me donner votre avis,
Clairouille59.
