Bonsoir tout le monde!
Il y a toujours quelqu'un?
Vous ne rêvez pas, je suis bien de retour malgré cette très très très LONGUE attente, mais mes études sont là et je n'ai pas eu beaucoup d'inspiration pour ce chapitre..
J'espère que ce chapitre-ci vous plaira – même si je ne suis pas très fière de mon écriture vu que mon inspiration était partit... vers le prochain chapitre –, et je suis sûre que le retour de James vous rend... folle de joie, je me trompe?
Désolée, mais il n'y aura pas un POV Edward cette fois-ci, je crois que je me suis vraiment lâché sur le précédent alors je me rattrape avec celui d'Emmett et bien sûr, un petit POV Bella, naturellement.
Je ne suis pas très fière de ce chapitre, et j'en suis désolée, et je pense me rattraper dans le prochain avec noël chez les Cullen!
Réponses aux personnes sans compte:
-o0O-Eden-O0o: Et bien, je suis heureuse que ce chapitre t'ait plus et que j'ai pu te faire découvrir de superbes fictions que j'avais dans mes favoris. A bientôt!
-vanina: Si tout est parfait, tu m'en vois ravis! À bientôt!
-Martine 16: J'avais prévenu que ce chapitre n'était pas le plus joyeux que j'avais écrit jusqu'à maintenant. Merci beaucoup pour le compliment! À bientôt!
-felicitie: C'est un bonheur pour moi d'écrire, alors je ne considère pas que c'est un gros travail. À bientôt!
-Elo: Merci beaucoup pour le compliment. À bientôt!
-brune59: Je me ronge tout le temps les ongles, c'est de famille! Mais j'avoue que j'étais un peu stressée pour ce chapitre. Désolée, mais James restera pendant un petit moment encore, c'est pour les « bienfaits » de l'histoire. Merci beaucoup pour tes encouragements! À bientôt!
-Miharu: Merci beaucoup pour le compliment, mais je ne crois pas que mon lemon soit le meilleur que tu aies lu. Il y a des auteures très très talentueuse qui font vivre cette acte d'amour beaucoup mieux que moi. Malheureusement, je ne peux pas te dire si Bella survit ou non, il faudra attendre jusqu'à la dernière minute pour le savoir. À bientôt!
-Cylia57: Pas facile d'intégrer un peu d'humour dans une fiction aussi triste. Mais je pense que de temps en temps, il faut un peu de légèreté dans tout ça et si tu dis que tu es passé dans plusieurs sortes de sentiments, alors je suis heureuse! À bientôt!
-Anna: Je t'avoue que je n'avais pas fait attention à ce détail, j'écris au fil du temps, et je note les moments principaux sur une feuille. Mais le fait que je me suis trompée pour savoir si Alice avait ou non son permis, je n'ai pas fait attention et ça m'est complétement sortit de la tête! Désolée pour cette faute, ce n'était pas intentionnelle et encore moins prévus dans le programme. Je ne peux pas te dire la fin de ma fiction, sinon tu n'aurais pas d'intérêt à la lire mais la fin risque d'être... étonnante! À bientôt!
-La: Les actions de Kleenex vont monter en flèche si tout le monde se met à pleurer! A bientôt!
Mille merci à: Shalemma, Maud, belladtwilight, Emma-des-iles-974, caropat07, Em 81, Titie, manolys, o0O-Eden-O0o, vanina, Marine 16, felicitie, Elo, Puky, Anais88, Robangel, DavidaCullen, tonie, vanouille, Grazie, , Samy940, brune59, Xukette, Miharu, lia3011, AnaïsB, Cylia57, Anna, La, Ousna et gmadininav pour vos reviews.
Merci beaucoup à: Shalemma, vanouille, cassielunik, Marine63, Samy940, LokitaChiLeNiTa, Xukette, Kylly, aphradite26400, Merry Maria, togio, the-girl-tiller, amlove, Nanoulaet, gmadininav, Sutharshiga, Laguna Blu, Misslapy, Magou76, Heachigo, Momopatate, Nane2Bru, Noor's Tata, Boune76 et Lodiiie pour m'avoir mise en story alert, favorite story et author alert.
Un IMMENSE merci à ma bêta, Phika17, pour sa correction! (L)
J'aurais aimé posté ce chapitre avant ou pour noël pour vous le souhaiter plus tôt, mais malheureusement ça n'a pas été le cas. Mais je vous souhaite de très très très BONNES FÊTES DE FIN D'ANNEE, et plein de bonheur, d'amour mais surtout la santé!
Disclamer: Tout les personnages appartiennent à S.M.
Bonne lecture,
Clairouille59.
Chapitre 26: Soirées diverses et variées
Dimanche 21 décembre 2010
POV James
Il fallait que j'agisse, et vite. Mes erreurs étaient impardonnables mais à cause du « témoin » que la police avait interrogé, j'avais dû abandonner ma voiture après un lavage intensif dans un coin paumé de la région. J'avais eu du mal à trouver une bonne excuse à Victoria, lorsque je suis rentré en taxi, faute d'autre moyen, mais je l'avais vite fit taire en lui sautant dessus et calmer la tension qui s'était accumulée dans mon corps. Trop de tension. De plus, j'avais l'impression de ne plus L'entendre, comme s'Il me parlait de si loin que mes pauvres oreilles humaines ne pouvaient plus capter. Et ça me faisait peur. Qu'est-ce qui allait m'arriver si je me retrouvais seul, sans Lui? Je m'y était trop habitué pour qu'Il me laisse ainsi, sans moyen d'exister et de vivre pleinement avec moi-même. Ma vie ne serait qu'une longue route sinueuse et semée d'embuche sans Lui. Comment faire sans .J'écrasai mon poing contre le mur près de moi, grognant face à la douleur qui s'infiltrait dans tout mon bras droit.
-James? Est-ce que tout va bien?
-Je suis tombé, mais ça va, je n'ai rien!
Je n'eus pas le temps de protester que Victoria arrivait déjà dans le salon, plus tentante que jamais.
-Oh, mon Dieu! S'exclama-t-elle. Il faut qu'on t'emmène à l'hôpital!
-Je vais mettre de la glace dessus et ça passera.
Elle fronça les sourcils et soupira, sachant très bien qu'elle ne me fera pas changer d'avis. Elle accourut dans la cuisine pour me chercher une poche de glace pendant que je m'assis lourdement sur le canapé, retenant un gémissement face à la douleur de mon poing. Mon père détestait me voir me plaindre pour rien. Je carrais la mâchoire en revoyant son image dans ma tête, me retenant de le frapper comme il le faisait tant de fois depuis mon enfance. Je le haïssais!
-Tiens, mon chéri... Murmura-t-elle.
Elle me tendit une serviette remplie de glaçons que je posais doucement sur ma main blessée. Je me mordis l'intérieur de ma joue alors que Victoria s'assit en face de moi, sur la table basse.
-Si elle ne dégonfle pas dans une heure, je t'emmène à l'hôpital, m'informa-t-elle.
-Quoi? Hors de question! Je peux très bien me débrouiller tout seul.
-Ne discute pas, James! On ira à l'hôpital, que tu le veuilles ou non.
Sans plus de cérémonie, elle se leva raidement et fila dans la chambre en claquant la porte brutalement. Je jurai à haute voix, détestant qu'elle me donne des ordres, et elle le savait! Je donnai un coup de pied dans la table en face de moi, rageur, et elle tomba en arrière dans un bruit sourd, retenu par le tapis. Merde! Je grognai alors que mon coude percuta l'accoudoir de ce maudit canapé, déclenchant une douleur fulgurante dans tout mon bras bras. Je savais que Victoria ne voulait que mon bien-être, mais elle savait que je détestais qu'on me materne, qu'on me donne des ordres même si c'est pour ma santé. Je jurai entre mes dents, regardant entre deux mon poing qui ne semblait pas vouloir dégonfler et retrouver une couleur normale. Les minutes passèrent, et la rage ne m'avait pas quitté une seule seconde. Je n'arrivais pas à me calmer. Victoria choisit ce moment pour sortir de la chambre conjugale et voyant l'état de ma main, soupira et s'assit de nouveau en face de moi, sur la table basse.
-Je n'irai pas à l'hôpital, grondai-je.
-Tu seras bien obligé, mon chéri, souffla-t-elle, désemparée. Tu as peut-être quelque chose de cassé et je ne veux pas courir le risque.
-Victoria...
Elle fronça les sourcils, peu habituée à ce que je sois dans une telle colère.
-On sera de retour pour le dîner. S'il te plait, James... Fais-le pour moi, je t'en prie...
-Non, je ne peux pas je...
La fin de ma phrase resta au fond de ma gorge alors que la vision qui s'offrait à moi était des plus enchanteresse. Isabella. Elle était là, devant moi comme un rêve et j'avais du mal à résister à la tentation suprême. Victoria était là quelques instants plus tôt et, là, elle se trouvait devant moi. Étrange, mais ce n'était pas désagréable. Je levai doucement ma main vers son visage et caressai du bout des doigts sa joue d'une incroyable douceur avec délectation. Je retins un gémissement de bonheur alors qu'elle me regardait avec étonnement.
-James, tout va bien? S'enquit-elle.
Sa voix était si sensuelle, si chaude à entendre que c'était presque intolérable à écouter.
-Je ne me suis jamais senti aussi bien, avouai-je.
-D'accord... Tu veux bien me suivre? On va faire un tour.
-Tout ce que tu voudras, mon amour.
Elle me fit un bref sourire avant de prendre ma main et me mettre sur pied. Envoûté, je me laissais faire comme un pantin, me promettant de profiter au plus vite et au mieux de sa venue et de son corps. Oh que oui, et avec un grand plaisir. Elle m'emmena vers l'entrée où elle m'aida à enfiler mon manteau avant de faire de même à vitesse grand V, cachant son corps sous mes yeux appréciateurs, et de prendre son sac à main.
-Viens, on y va, murmura-t-elle inquiète.
Pourquoi avait-elle l'air inquiète? Quelque chose perturbait ma beauté? Je remis mes questions à plus tard alors qu'elle me prenait fermement la main vers la sortie de notre immeuble. Elle prit les rennes de la voiture, m'obligeant à n'être qu'un simple passager et un délicieux frisson parcourut mon échine. Elle voulait dominer? À sa guise... Je compte bien profiter de cette situation.
-Oublie pas ta ceinture.
Je sursautais à cette voix connue mais pas en osmose avec ce corps fabuleux. Je tournais brusquement la tête et je manquais de peu de pousser un cri en voyant Victoria enclencher la deuxième avec détermination. Je clignais plusieurs fois des yeux, essayant de voir si j'hallucinais ou non jusqu'à ce que je dus me rendre compte que l'image d'Isabella n'était qu'une vision enchanteresse et rien de plus. Pourquoi son image m'avait-elle paru si vraie? Mais surtout, pourquoi est-ce que Victoria me faisait moins d'effet qu'à l'ordinaire?
Reviens sur Terre!
Je crispais mes poings sur mes cuisses au son de cette voix. La Voix. Je frissonnai un peu, moins habitué à l'entendre qu'à l'ordinaire, mais ça faisait un bien fou.
Où est passé ton sens du devoir, James?
Je me recroquevillai sur mon siège, sous le regard surpris et inquiet de ma compagne. Je ne faisais qu'acquiescer à ses remontrances. Il avait tout à fait raison, je n'étais plus bon à rien ces derniers temps. À rien du tout. On avait même fait passer mes sauvetages au seconds plans vu que je ne trouvais pas d'âmes à sauver de cet Enfer depuis quelques semaines. Était-ce un signe qu'une autre femme me cherchait pour soulager sa peine?
Il y a toujours des personnes qui ont besoin de toi, James. Ne l'oublie pas.
-Je suis désolé, soufflai-je, honteux.
-Pourquoi est-ce que tu t'excuses? S'étonna la conductrice. Tu n'as rien fait de mal, hormis au mur mais je crois pas qu'il ira porter plainte.
J'esquissai d'un faible sourire et entrelaçai mes doigts avec les siens, posés sur le levier de vitesse. Un frisson parcourut sa peau et je sus que tout était oublié et que je pourrais revenir là où je m'étais arrêté.
O*O*O*O
Des heures qu'on attendait aux Urgences et ma main me lançait de plus en plus au point que je me mordais la joue pour réprimer la douleur à chaque fois que mon sang pulsait à l'intérieur. Mais, je restais silencieux parce que si j'avais cette blessure c'était pour une bonne raison et pas des moindres: une punition. Il me punissait de l'avoir lâchement abandonné dans des moments aussi intenses que celui-ci et de faiblir devant ma mission. Un lâche. La raison était là et j'abdiquais lourdement, sans objection. De plus, la salle d'attente en plus d'être bondée était si bruyante que mes oreilles sifflaient. Des enfants hurlaient après leur mère, d'autres gémissaient dans un coin ou encore parlaient à haute voix sans aucune gêne pour leurs voisins. Aucune éducation. Je scannai la pièce du regard mais aucune voix ne me vint à l'esprit. Il était aussi silencieux que dans un cimetière, ce qui était navrant.
-Puisque je vous dis qu'on attend depuis plus de 4 heures! S'impatienta Victoria.
La dame de l'accueil, peu aimable, ne lui accorda même pas un regard lorsqu'elle lui répondit:
-Je ne peux malheureusement rien faire pour vous, Madame. Les Urgences sont bondés le dimanche et tous nos Médecins sont en consultation. Et le cas de votre mari n'est pas prioritaire.
-Quoi? Est-ce que vous avez au moins vu l'état de sa main?
-Allez vous asseoir, on vous appellera lorsque ce sera votre tour.
Victoria lui lança un regard noir avant de claquer ses talons pour s'installer sur le siège à mes côtés, les joues rouges par l'énervement. Ça me faisait penser à Isabella ainsi. Je crispais les poings ce qui m'arracha un cri de douleur par mon geste. Idiot.
-James? Qu'est-ce qui t'arrive? S'inquiéta ma compagne.
-J'ai... J'ai bougé ma main, rien de grave.
Elle soupira et posa sa tête contre mon épaule, alourdie par la fatigue, l'énervement et l'impatience. Pour ma part, mon regard regardait la porte d'entrée, patient.
O*O*O*O
-Monsieur Hunter? M'appela-t-on.
Je sursautais quelque peu, imité par Victoria qui cligna des yeux, désorientée.
-Monsieur Hunter!
-Oui, oui... Je suis là.
J'aidais ma femme à se relever et nous allâmes à l'encontre d'une Infirmière qui me détailla un instant, sans aucune honte. Je fus surpris que mon corps ne réagisse pas à cette insistance, mais je pensais que depuis qu'Isabella était arrivée dans ma vie, il n'y avait qu'avec elle que mon bas-ventre s'enflammait. Ainsi que ma femme, de temps en temps.
-Suivez-moi, je vous prie. Le Docteur Cullen va vous prendre en charge.
Je tiquais sur le nom de famille de ce Médecin, et je ne fus pas le seul. J'interrogeai ma belle du regard, étonné.
-Tu te souviens de l'homme qui est venu chercher Isabella au magasin, il y a plusieurs semaines, en plus de faire sa stupide lettre pour son état de santé? Demanda-t-elle.
Je hochais la tête. Comment pourrais-je oublier! Il avait regardé mon Isabella avec envie et acharnement. Aucun doute qu'elle lui plaisait mais j'espérais pour lui qu'il avait contrôlé ses ardeurs.
-Bien sûr.
-Et bien, son nom de famille est aussi Cullen. Je me demande si c'est le même...
Nous allons vite être fixés. L'infirmière m'obligea à m'asseoir sur un brancard comme l'exigeait le règlement des hôpitaux et un autre infirmier m'emmenant dans un boxe vide où les murs vert clair me donnaient la nausée. Victoria s'assit sur la seule et unique chaise de la pièce alors que je gigotais, mal à l'aise. L'attente ne fut pas longue, au bout de quelques minutes, nous entendîmes des pas venir vers notre box. Un homme d'une quarantaine d'années fit son apparition. Il était assez grand, carrée, aussi blond que ma femme était rousse, les yeux verts et les traits forts masculins. À moins que l'autre con qui était venu chercher Isabella n'ait vieilli de 20 ans en quelques semaines, ce n'était pas lui. Je jetai un coup d'œil vers Victoria qui avait les sourcils froncés.
-Madame et Monsieur Hunter? Dit-il. Je suis le Docteur Carlisle Cullen, je vais m'occuper de votre cas. Alors, dites-moi ce qui vous est arrivé pour avoir une main aussi meurtrie?
Instinctivement, je cachais celle-ci sous mon bras grognant de douleur. Le Docteur se lava les mains et enfila des gants de protection avant de s'approcher de moi.
-Mon mari est tombé et s'est retenu contre un mur, l'informa Victoria. Un accident idiot.
-Je vois... Est-ce que vous avez effectué des soins de première base?
-De la glace, soufflai-je.
-Pour atténuer le coup. Bien. Je vais arranger tout ça et vous pourrez rentrer rapidement chez vous!
Il me fit un sourire presque amical et entreprit de faire son travail. Les minutes passèrent et alors qu'il soignait ma main, je ne pus m'empêcher de me demander qui était l'autre personne qui avait le même nom. Il ne lui ressemblait pas vraiment, hormis les yeux verts et peut-être quelques traits du visage. Du coin de l'œil, je pouvais remarquer que ma compagne n'était pas en reste. La mine soucieuse et réfléchie, elle ne lâchait pas le Médecin du regard tout en marmonnant dans sa barbe. Étrange. J'avais beau me rappeler ce qu'il nous avait dit lorsqu'il était passé au magasin, rien ne laissait penser qu'il était de sa famille. À moins que je ne sois pas assez objectif. Je gémissais alors qu'il enroulait une bande autour de ma main mutilée.
-Changez régulièrement le pansement, annonça-t-il. Mettez aussi de la pommade et prenez des anti-douleurs le matin et le soir, juste avant d'aller vous coucher. Ils ont des effets soporifiques. Mais je vous conseille de ne pas trop utiliser votre main pendant au moins deux semaines, pour laisser le temps à celle-ci de se cicatriser toute seule. Est-ce que vous avez des questions?
-Non, non c'est parfait, sourit Victoria. Merci.
-Je ne fais que mon travail, Madame.
-J'ai une question, rétorquai-je, suspicieux.
Victoria écarquilla les yeux en ma direction, en secouant négativement la tête alors que Cullen se leva pour jeter ses gants à la poubelle et laver de nouveau ses mains.
-Je vous écoute, Monsieur Hunter.
-Est-ce que vous avez quelqu'un de votre famille qui s'appelle Edward?
Il se figea, les mains sous le jet d'eau, les muscles tendus d'appréhension. Il était bien de sa famille l'autre connard. Ce dernier se retourna lentement vers moi, les yeux plissés, remplis d'interrogation mais surtout de la méfiance. Aie peur de moi!
-Je vous demande pardon?
-Ne vous méprenez pas! Intervint Victoria. On a rencontré un homme s'appelant Edward Cullen qui venait chercher une de mes employées dans mon magasin. C'est juste de la curiosité...
-Vous devez parler de Bella, je suppose, continua-t-il toujours sur la défensive.
-Exactement! Sourit Victoria. Ils étaient amis, je présume? Je me souviens qu'il lui a fait sa lettre pour son arrêt de travail.
Le Docteur eut un sourire légèrement amusé.
-Je peux vous dire qu'ils sont plus que de simples amis maintenant.
Mon sang ne fit qu'un tour alors que mon coeur rata un battement sous cette information.
-Ah bon? S'étonna toujours ma femme. Ils me semblaient bien que ce Monsieur...
-Mon fils, le coupa-t-il. Edward est mon fils.
-Je me disais qu'il y avait une certaine ressemblance. Enfin, il me semblait que votre fils n'avait d'yeux que pour Isabella.
J'arrêtais d'écouter la conversation, trop abasourdi par ce que je venais d'apprendre. Isabella était avec le fils de ce Docteur à la con! Putain de merde, elle était à moi, il ne devait pas la toucher! L'étonnement fit place à la colère, à la rage qui coula dans toutes les veines de mon corps jusqu'à s'infiltrer dans mon cerveau. Je carrais la mâchoire, les yeux vitreux avec une promesse gravait sur ma peau surchauffée: Edward Cullen allait payer cet affront de sa vie, c'était une certitude.
Lundi 22 décembre 2010
POV Emmett
-Emmett, je dois vraiment finir mon cours pour demain.
Je grognai contre la peau de sa gorge, refusant de quitter l'endroit qui m'était autorisé à toucher sans recevoir ses foudres par la suite. J'essayais de me contrôler, Rosalie était en tout point différente des autres filles que j'avais mises dans mon lit, je savais que c'était avec elle que je voulais finir mes jours. Mais, bon Dieu, j'étais un homme et ma main droite commençait à avoir des cloques à force d'être réquisitionnée sous la douche. Merde, j'ai des besoins. Pourtant, par je ne sais quelle force psychologique, je reculais et me comportais le plus normalement possible... avant de filer sous la douche avec une excuse bidon. Mais, en cet instant, mon instinct d'homme des cavernes refaisait des siennes, sachant que j'allais le regretter dans peu de temps, et ma bouche glissa sur sa clavicule pour rencontrer le haut de son plexus avant de migrer vers l'endroit caché.
-Emmett, ça suffit! Cingla Rosalie en me repoussant brutalement.
Je perdis l'équilibre quelques secondes sur le canapé alors qu'elle se remit sur ses pieds et commença à ranger ses affaires. Je n'avais pas dit que j'allais le regretter?
-Rosalie, je ne voulais pas, m'excusai-je. Ce n'était pas mon attention, je suis...
-Épargne-moi tes excuses à la con, Emmett! Cria-t-elle soudainement. Tu ne les penses pas une seule seconde alors fais-moi le plaisir de ne pas gâcher ta salive.
-Mais, Rose, je...
-Vous êtes tous pareils! De sales porcs qui ne pensent qu'à baiser avec nous sans penser à ce que nous nous voulons. Allez au diable!
Je clignai des yeux, réellement choqué par ses propos alors qu'elle claquait déjà la porte de l'entrée violemment. Qu'est-ce qui venait de se passer, là? Je ne comprenais pas un mot de ce qu'elle venait de me lancer à la figure, je ne savais même pas ce qui lui avait pris. Certes, j'avais été un peu plus loin que d'habitude dans mon envie mais, en général, elle me repoussait en riant ou me grondait gentiment. Mais, elle ne m'avait jamais parlé ainsi. Je me sentais sale. Terriblement sale par ce que je venais de faire, et l'effet que je lui avais fait. Je savais qu'elle me cachait quelque chose, je n'étais pas si idiot comme tout le monde le pensait mais j'avais beau me creuser la cervelle, rien de censé n'avait surgi de mes neurones. De plus, je ne pouvais pas l'obliger à me parler si elle n'en ressentait pas le besoin au risque de la braquer pendant un temps indéterminé. Et si c'est le cas, ce ne serait pas bon signe, et Jasper allait me tuer. Même si je faisais facilement deux fois sa carrure, il pourrait très bien me déstabiliser avec ses paroles de psychologue. Je tiens à ma santé mentale. Et je tiens à Rosalie plus que tout au monde, même si tout le monde semblait croire que ce n'était qu'une passade dans ma vie. Ils m'avaient déjà vu rester sage, en parlant de sexe, pour une femme? Aucune chance! Je mentirais si je disais que je ne suis pas légèrement en manque, voir beaucoup, mais je me contenais parce que j'aimais Rosalie et jamais, Ô grand jamais, je ne voulais lui faire de mal. C'était une des dernières choses que je voulais faire au monde. Je sursautais lourdement lorsque mon téléphone sonna, diffusant Hysteria de Muse dans mon salon vide.
-Allo? Soupirai-je.
-Vive l'enthousiasme! Rit Jasper.
-J'ai eu une dure journée. Pourquoi tu m'appelles? Je croyais qu'on devait se rejoindre directement au bar?
-C'est toujours le cas, mais je me sens terriblement seul, surtout qu'aucun de vous deux ne semblent vouloir être à l'heure.
Je fronçais les sourcils et regardais mon horloge de cuisine. 20H45. Et merde!
-Désolé, répondis-je, j'ai pas vu l'heure. Je me met en route maintenant.
-Monsieur-Tire-La-Gueule, je vous dis à bientôt!
-Je ne...
Il avait raccroché. Je vais bien m'amuser si Monsieur le psy détaille le moindre de mes faits et gestes tout au long de la soirée. J'aurais dû refuser, prétexter que la caserne m'avait appelé à la dernière minute ou un truc du genre. Ou simplement dire que j'avais la tête ailleurs. Ce qui m'aurait valu une tonne de question de la part de Jasper vu que sa soeur était concernée. Parfait, je n'ai plus qu'à me pendre. Je shootai sur le pied de ma table basse et allai prendre mes clefs de voiture pour rejoindre les deux autres crétins. On faisait une belle paire!
Sur la route, je fis de mon mieux pour garder un air calme et serein, sans qu'aucune expression ne traverse les traits de mon visage. Mais c'était plus facile à dire qu'à faire. J'étais sûr de me faire repérer en deux secondes. Rosalie avait laissé sa trace indélébile sur moi, sans qu'elle se rende compte à quel point je l'avais dans la peau. Ce n'était de loin prémédité, ni même calculé car lorsque je l'avais aperçu derrière la vitrine de l'ancien magasin où travaillait Bella, j'avais pensé à la bonne partie de jambes en l'air que j'allais m'envoyer que de tomber éperdument amoureux de cette belle blonde aux courbes généreuses. Qui aurait pensé ça. Des fois, j'avais l'impression que j'allais me réveiller de ce rêve mêlé à ce cauchemar et que rien de tout ce qui était arrivé ces trois derniers mois n'étaient que l'effet de mon imagination. D'un côté, je n'aurais peut-être jamais rencontré Rosalie, mais de l'autre, Bella n'aurait jamais eu cette putain de maladie.
Je me garais sur le parking du bar qu'Edward avait choisi complètement au hasard il y a quelques jours et secouais la tête pour me remettre les idées en place. Cette soirée était dédiée à la détente et à la bonne humeur, hors de question que mes problèmes personnels ne franchissent cette porte. Je respirai un bon coup et sortis de ma voiture, frissonnant quelque peu à cause du froid hivernal. La météo semblait vouloir nous transformer en glaçon ces derniers jours. Nous allions fêter noël chez les parents d'Edward, à Seattle, sans que ce dernier ne soit là ce qui risque de rendre Bella plus maussade que jamais alors que son prince charmant ne pouvait se libérer pour les fêtes. Il avait refusé que Carlisle s'en mêle, à contre coeur, prétextant que si c'était la décision des dirigeants, il s'y accordait. Je ne savais pas comment avait réagi Bella, mais elle n'avait pas accueilli cette nouvelle les bras ouverts!
Je soufflai de soulagement lorsque la chaleur régnante dans le bar m'enveloppa, faisant moins souffrir mon corps par les basses températures de l'extérieur. Rapidement, je repérais Jasper et sa touffe blonde autour d'une table non loin du comptoir mais assez reculée des autres clients pour avoir la paix. Ce dernier fit un signe à la serveuse lorsqu'il me repéra.
-En voilà un! S'exclama-t-il. Je me demande quand l'autre posera ses fesses sur cette chaise.
-Tu ne l'as pas eu au téléphone?
-Non, il doit être occupé à autre chose, tu ne penses pas? Répondit-il avec un sourire aux lèvres.
Je lui lançai un regard meurtrier et m'assis à ses côtés, remerciant d'un hochement de tête la serveuse qui m'apporta une bière. Je bus une gorgée, soupirant d'aise malgré la froideur de la boisson. Jasper plissa les yeux en ma direction, me détaillant plus qu'il ne le devrait.
-Tu vas arrêter de me mater ainsi? Grondai-je. Les gens dans le bar vont se poser des questions à notre sujet!
-J'essaye de savoir ce que tu caches, chuchota-t-il.
Je levai les yeux au ciel. Même pas une minute et j'étais déjà pisté. Bravo Swan!
Je te l'ai dit, mentis-je, j'ai une eu journée pourrie, ça arrive à tout le monde, non?
-Pas quand Rosalie est restée chez toi toute la journée.
Je me tendis subitement, mais je fus vite sauvé par l'arrivée d'Edward qui discutait vivement au téléphone, réprimant l'envie de le balancer en travers de la pièce. Jasper reporta sont attention vers lui. Merci Seigneur!
-Elle a besoin de repos, pas d'aller faire un karaoké! Ragea-t-il.
-...
-Je m'en tape que ce soit votre première soirée entre filles ou je ne sais quelle connerie du genre! Elle ne doit pas sortir, un point c'est tout.
-...
-Je te jure que si tu fais ce que tu as prévu, il y aura un nouveau cadavre dans un des lacs de cette ville, c'est clair?
-...
-Ça me fait une belle jambe que tu me considères comme le mec le plus coincé de cette ville! Je...
-...
Les traits du visage d'Edward se durcirent au fur et à mesure. Il était si en colère qu'il faisait presque peur. Je jetai un regard vers Jasper qui essayait de se tasser sur sa chaise. Ce n'était pas compliqué de deviner que c'était Alice au bout du fil et qu'ils parlaient de leur « soirée entre filles » avec Bella, Alice et Rosalie. Je fermai les yeux en priant pour que Rosalie aille mieux et qu'elle ne voudra pas couper mes bijoux de famille avec le comportement que j'ai eu tout à l'heure.
-Je ne veux pas écouter une minute de plus tes délires de cinglée! Grogna Edward.
-...
-Je ne t'ai pas dit qu'elle ne pouvait pas s'amuser, elle doit juste...
-...
Il s'arrêta juste devant notre table, déboutonnant son manteau noir d'un geste brusque et violent.
-Je t'interdis, non le futur Médecin que je vais devenir – en tout cas je l'espère – t'interdit formellement de faire ce que tu as mijoter dans ta tête, d'accord? Vous pouvez très bien passer une bonne soirée en restant à l'appartement!
-...
-Ouais, c'est ça!
Il raccrocha violemment son portable et le posa d'un même mouvement sur la table en bois que nous occupions en lançant des regards assassins à Jasper.
-Je suppose que ça serait idiot de ma part de demander qui c'était à l'autre bout du fil, n'est-ce pas? Grimaça ce dernier.
-Effectivement, dit Edward avec un sourire crispé aux lèvres.
Il pianota nerveusement ses doigts contre la table, jetant quelques coups d'œil à son portable.
-En tout cas, intervins-je devant ce combat inégal, salut à toi aussi.
-Oh, excuse-moi, Emmett, marmonna-t-il. Comment ça va?
-J'ai connu mieux, et je crois qu'on est dans le même cas, ai-je raison?
Il passa une main nerveuse dans ses cheveux, manquant de peu de les arracher. Une habitude vraiment débile soit dit en passant.
-Je crois qu'on est tous dans le même cas! Se réjouit Jasper. On devrait prendre une boisson plus forte quand on aura fini nos bières, vous ne trouvez pas?
Edward le regarda suspicieusement. Pourquoi est-ce que j'ai l'impression que je vais être l'arbitre de la soirée, moi?
-Est-ce que Emmett et moi aurions l'honneur de savoir pourquoi tu as, toi aussi, passé une mauvaise journée? Susurra presque Edward.
-Alice n'a pas arrêté de parler de cette soirée de ce soir comme quoi elle n'aurait pas le temps de tout préparer à temps, qu'elle hésitait entre deux tenues à mettre et où va se passer la...
Il ferma immédiatement sa bouche, et à ce moment, je me rendis compte à quel point la soirée était loin d'être terminée.
-Tu étais au courant? Articula Edward. Et tu ne m'as rien dit? Merde, Jasper!
-Ouais, je sais, je suis lamentable, maugréa-t-il.
-Et tu le serais encore plus lorsque je t'aurais mis une droite pour te remercier! Grondai-je.
-Oh ça va toi! Tu veux que je te dise ce que Rosalie m'a dit au téléphone avant que je ne t'appelle? Rétorqua-t-il.
Je blanchis prématurément alors que ma bouche s'ouvrit comme un poisson hors de l'eau. Putain, je suis mort!
-Ah! Se réjouit ce dernier. Tu fais moins le malin, hein? Moi aussi j'ai une raison pour te mettre sur la gueule!
-Quoi? Mais, c'est quoi l'histoire avec Rosalie? Demanda Edward, perdu. Une explication ça serait trop demandé?
-Je me suis disputé avec Rosalie, tu es content comme ça? Lâchai-je.
Il me regarda surpris par le ton de ma voix.
-Ça ne me fait pas spécialement plaisir, articula doucement Edward. Et je suis désolé que ça soit arrivé.
Je grognai, pour la forme en me tassant sur la chaise. Qu'est-ce que j'en avais à foutre de sa compassion à la noix! Voyant notre détresse commune, Jasper appela la serveuse qui roulait indécemment du cul en notre direction. Pathétique!
-Vous désirez, Messieurs? Roucoula-t-elle.
-Qu'est-ce que tu prends, Edward? Demanda Jasper.
-Une bière.
-Alors une bière et deux whisky s'il vous plait.
-Tout de suite.
Elle jeta un coup d'œil rempli d'espoir à Edward mais celui-ci était trop occupé à regarder son portable toutes les secondes pour donner une quelconque attention à cette dernière. Elle s'en alla vers le bar, les épaules voutées.
-Tu fais ça à chaque fois? M'enquis-je.
-Quoi? S'étonna-t-il en relevant la tête.
-Ça fait plus de 10 ans que je le connais, m'informa Jasper, et il fait toujours cet effet-là.
-Mais de quoi vous parlez? Rétorqua l'intéressé.
-Si la serveuse aurait pu se mettre à poil devant toi pour que tu la prennes sur cette table, elle l'aurait fait!
-Que veux-tu que ça me fasse? Je suis avec Bella et je suis très bien ainsi.
-Bonne réponse, grognai-je.
Il roula des yeux et Jasper rit de mon test. On ne sait jamais, avec quelques verres dans le sang ça peut changer la donne. C'est à ce moment là que la serveuse revint, en un temps record, avec nos boissons. J'aurais juré qu'elle avait changé son tee-shirt pour un débardeur avec un décolleté plongeant. Je fronçais les sourcils vers Jasper qui confirma mon hypothèse d'un hochement de tête amusé, surtout qu'Edward en avait complètement rien à faire de sa tronche sur-maquillée.
-Autre chose ne vous tente pas? Minauda-t-elle en mettant sa paire de sein devant son nez.
-Non, merci. Rien pour l'instant, répondit-il avec un sourire crispé.
Elle lui fit un clin d'œil révélateur et s'en alla, se déhanchant outrageusement jusqu'au bar. Il y avait des gens qui feraient n'importe quoi pour tirer son coup 5 minutes dans un débarras, sans aucune dignité. C'était moi, quelques mois plus tôt, à sauter tout ce qui bougeait me balançant de ce qu'elles voulaient, préférant satisfaire mes besoins que les leurs. En fait de compte, Rosalie avait raison, j'étais lamentable. Je me noyais dans l'alcool pour oublier que j'étais un gros salaud incapable de penser à autre chose qu'à ce qu'il avait entre ses jambes. Je méritais ce qu'il m'arrivait. Je levai mon verre à moitié plein que je finis d'un coup sec, sous le regard désapprobateur d'Edward qui sirotait tranquillement sa bière, me fixant de temps à autre avec compassion. Qu'est-ce que j'en avais à foutre de sa gentillesse! Je réprimai un hoquet et levai la main vers la serveuse pour lui commander un autre verre.
-Emmett, tu devrais ralentir ta consommation mon vieux, me dit doucement Jasper.
-Oh la ferme, Monsieur le psy en herbe! Je bois si je veux, je n'ai d'ordre à recevoir de personne.
-Boire ne t'aidera pas, renchérit Edward.
-Tu ne vas pas t'y mettre non plus! Lâche-moi la grappe!
-Et voici pour Monsieur, me coupa la serveuse avec un énième verre de whisky.
Je hochai la tête en signe de remerciement et mon précieux liquide coula dans ma gorge, brulant un peu ma trachée par la même occasion. Jasper et Edward se regardèrent, inquiets. Je ne fis pas attention à eux et continuai de me lamenter sur mon sort à coup d'alcool fort, faisant monter le bénéfice de la soirée au patron durant l'heure qui suivit.
-On aurait dû faire cette soirée à un autre moment, soupira Edward. Regarde-le! Aucune chance qu'il rentre chez lui tout seul.
-Ce n'était pas prévu qu'il se dispute avec ma soeur, vois-tu? Gronda Jasper.
-C'est de ma faute peut-être?
-J'ai jamais dit ça! Mais...
-Vous allez vous la fermer tous les deux, oui! Marmonnai-je.
J'enfilais un autre verre avant qu'il soit réquisitionné par Edward.
-Hé! Rend-moi mon verre!
-Non.
Je grognais et me levai de ma chaise, les yeux injectés de sang vers Edward. Il n'était pas le moins du monde impressionné et, sincèrement, ça m'énervait. Ma respiration se fit sifflante alors que je me retenais in-extremis à la table pour ne pas tomber la tête la première. Jasper nous regardait, un peu alarmé, mais je m'en contrefichais.
-Donne-moi ce verre, Edward, articulai-je lentement.
-Je fais ça pour toi, crétin! S'écria-t-il. Les problèmes que tu as avec Rosalie ne vont pas se résoudre avec du whisky, crois-moi.
J'éclatais d'un rire cynique caché par le bruit de la musique du bar. Personne ne s'occupait de moi et ça m'arrangeait.
-Comment peux-tu savoir ce que je ressens Monsieur Parfait, hein? Tout va bien dans ton monde, non?
Son regard se durcit instantanément alors que mon sang pompait douloureusement les veines de mon cerveau. Aïe, ma tête.
-Est-ce que tu te rends compte de ce que tu dis, au moins? Intervint Edward. Ce n'est pas le monde des Bisousnours chez moi! Ça ne l'est plus depuis un moment.
-Vraiment? Étonne-moi alors!
Il posa violemment son verre sur notre table tout en s'approchant de moi jusqu'à ce que nos torses se touchent et que nos regards soient à la même hauteur. S'il croyait m'impressionner, c'est raté.
-Je suis amoureux d'une femme qui risque peut-être de ne pas passer le cap de son vingt-quatrième anniversaire et qui est, par la même occasion ta soeur! Est-ce que je t'ai convaincu comme ça?
Au même moment, un liquide froid m'aspergea le visage, agressant mes yeux brutalement me faisant jurer à haute voix. Bordel! Je passais ma main sur mon visage trempé d'eau, cherchant le coupable mais en même temps... soulagé. Comme si toute ma colère et ma haine s'étaient évaporées avec ce verre dans la tronche. Edward était aussi estomaqué que moi car il regardait vers sa gauche avec stupeur. Jasper tenait un verre vide, me fusillant du regard.
-Ça va, tu es calmé maintenant? Gronda-t-il.
Je hochais bêtement la tête, étonné mais reconnaissant parce que je semblais aller beaucoup mieux qu'il y a quelques instants.
-Bien, continua-t-il, maintenant tu poses tes fesses sur cette chaise et, putain de merde, tu me racontes ce qui s'est passé avec ma soeur. Maintenant!
C'était plutôt rare que Jasper hausse la voix, mais je devais dire que c'était un peu... intimidant. Alors qu'il est plus petit que toi et fait 20 kg de moins. Comme quoi, la vie est étrange. Lentement, je m'assis sur ma chaise, réprimant un hoquet en essuyant l'eau sur mon visage avec ma serviette en papier alors qu'Edward rassurait les gens autour de nous.
-Il sort avec sa soeur, justifia-t-il.
Quelques personnes se regardèrent avant de continuer à reprendre leurs affaires. Tant mieux. Jasper avait le regard braqué sur moi, et ses yeux habituellement blues avaient viré au noir d'encre, me rendant mal à l'aise. Je déglutis difficilement. Edward commanda un coca pour moi, afin que je ne meurs pas déshydraté avant que Jasper en termine avec moi. En plus de ça, les effets de l'alcool ne se dissipaient pas!
-Tu as 30 secondes pour me dire ce qui s'est passé, gronda Jasper, va à l'essentiel afin que je puisse te tuer rapidement.
Qu'est-ce que je disais?
-Jasper, soupira Edward, je suis sûr que c'est rien du tout, n'est-ce pas?
-Pas vraiment...
Il fit un sourire enttendu à son ami qui ne me lâchait pas des yeux.
-Et bien... Tu es un homme, n'est-ce pas? Et il t'arrive d'avoir des... envies que tu ne peux pas contrôler...
-Envie de sauter sur ta copine? Traduit Edward. Je suis persuadé qu'il sait de quoi tu parles.
En temps normal, j'aurais rigolé mais l'heure était grave mes amis.
-Oui c'est ça mais... avec Rosalie il ne se passe pas grand chose pour dire... rien du tout même.
-Et? M'encouragea Jasper qui crispait les poings sur la table.
-Disons que... j'ai dépassé ses limites d'où le fait qu'elle soit... bouleversée?
-J'avais raison, dit-il calmement, je vais te tuer, avec ou sans témoin.
Je reculais de ma chaise, pas vraiment en forme pour une bagarre avec mon beau-frère, ou ex beau-frère, ça revient au même maintenant. Edward s'était tu, mais il était tout aussi en colère que Jasper. Et un de plus!
-Non! M'écriai-je, en comprenant où ils voulaient en venir. Je n'ai pas abusé de Rosalie! Loin de là, je vous le promets!
-Je ne pense pas que vous ayez la même définition d'abuser, connard, ragea Jasper.
-Ça je te le fais pas dire, mais j'ai juste voulu embrasser autre chose que... que ses lèvres, OK?
-Quoi? S'enquit Edward, se décrispant.
Je levai les mains, coupable.
-Sa gorge, d'accord? Ma bouche a dérivé sur sa gorge! Même si j'ai voulu aller plus bas à un moment donné mais je me suis rétracté, je le jure!
Edward se tut et regarda son meilleur ami qui semblait sur une autre planète. La serveuse qui essayait tant bien que mal de mettre Edward dans son lit arriva avec mon verre de coca que j'engloutis presque immédiatement, la gorge sèche par mon interrogatoire.
-Donnez deux verres de l'alcool le plus fort que vous ayez, demanda Jasper, se réveillant de sa torpeur.
Il s'assit lourdement sur sa chaise, la tête entre ses mains.
-Je crois que je vais avoir besoin de beaucoup de verres ce soir, soupira-t-il.
-Mais... tu n'as plus l'intention de me tuer?
Il releva la tête vers moi.
-Non parce que ce n'est pas de ta faute mais de... Enfin, pas de ta faute. Tu comprendras tout lorsqu'elle te le dira.
-Tu me fais peur là.
-Rosalie ne t'en voudra pas, dit doucement Edward, parce qu'elle est très attachée, pour ne pas dire amoureuse, de toi. Mais ne cherche pas à savoir ce qui la fait se comporter comme ça, d'accord? Laisse-lui du temps.
-Oui... Hum... Bien sûr.
Je plissais des yeux, septique et à la fois effrayé. C'était si terrible que ça ce que Rosalie me cachait depuis des semaines? Vu leur tête d'enterrement, oui. Alors que j'enfreins les règles d'Edward, en ne pensant qu'à ses paroles, deux filles vinrent vers nous, blonde et brune, un coup dans le nez. Merde, la brune, je l'ai vu quelque part, mais où?
-Bonsoir Messieurs! Minaudèrent-elles d'une même voix nasillarde. On peut se joindre à vous?
-Non, trancha froidement Edward.
-C'est gentil, dit la blonde. Je m'appelle Lauren, et voici ma copine Jessica.
Alors qu'Edward ouvrait la bouche pour une réplique cinglante, le portable de Jasper sonna et quitta la table pour y répondre. La brune, Jessica, en profita pour s'asseoir alors que Lauren avait tenté de prendre place sur les genoux d'Edward.
-Je t'observe depuis tout à l'heure et je me disais à quel point tu devais un chaud lapin, mon mignon. Tu sais, il y doit y avoir un endroit isolé du bruit...
Je manquais de m'étouffer avec mon coca sous son sous-entendu. Est-ce qu'elle venait de dire ce que je pense? Edward était aussi sidéré que moi.
-Pardon?
-Je sais que tu en as envie, et puis... je ne suis pas contre que Jessica participe avec nous.
-Ça ne sera pas la première fois! Gloussa l'autre.
Je faillis régurgiter ce que j'avais dans l'estomac lorsqu'elles se penchèrent l'une vers l'autre pour s'embrasser. Mais pas un petit baiser. Oh non! Mais tout ce qu'il y avait avec... Et il fallait qu'elles nous voient, merde! Edward me lança un regard blasé, comme si ce n'était pas la première fois qu'il voyait ce genre de scène. D'après les dires de Rosalie et Jasper, il en avait remballé plus d'une. Vilain!
-Vous pouvez jouer les bi autant que vous le voulez, mais ailleurs, soupira-t-il.
La blonde fit une moue complètement idiote avant de repartir à l'attaque en caressant son bras avec ses ongles. Heureusement, mon portable m'obligea à louper ce spectacle écœurant.
Ne dis pas que c'est moi ni à Edward, ni à Jasper, mais je voulais savoir si tout se passait bien de votre côté.
Je souris, amusé de savoir que ma soeur était un tantinet possessive. Un côté de sa personnalité que je ne lui connaissais pas. Je lui répondis rapidement, pendant que l'autre blondasse essayait tant bien que mal de s'asseoir sur les genoux du cher et tendre de ma soeur qui commençait à s'impatienter.
On parle de nos problèmes de couples à ton Dom Juan comme des femmelettes mais sinon, il n'y a aucun problème. Est-ce que tu voulais savoir quelque chose de précis?
Un petit mensonge ne pouvait pas faire de mal à personne, n'est-ce pas? Moins elle en savait, mieux c'était pour elle et sa santé.
-Je suis sûre qu'on pourrait bien s'amuser mon choux, roucoula l'autre blondasse décolorée en raclant la mâchoire d'Edward d'un de ses ongles crochus.
-Non merci, sans façon, cingla-t-il froidement. Je suis avec quelqu'un et je suis très heureux avec.
-Elle n'est pas obligée de le savoir. Après cette nuit, tu en redemanderas!
Sa copine aux seins refaits, quoique les deux étaient dans le même bateau, gloussa comme une idiote en clignant des yeux vers moi. Quelle horreur! Je sursautais lorsque mon portable vibrant dans ma poche.
Jacob a refait des siennes avec mon ancienne collègue de travail, Leah, et pour oublier un peu elle s'est mise à boire accompagnée par Alice et Rosalie. Apparemment, elle a l'alcool mauvais puisqu'elle s'en ait pris à moi en m'affirmant que les hommes étaient tous les mêmes et que je devrais aller me renseigner si Edward ne va pas voir ailleurs.
Quel connard! Putain, il a osé remettre ça avec une autre fille. Il faudrait vraiment que quelqu'un pense à le castrer ce mec.
Je suis désolé de te décevoir, mais Edward a repoussé toutes les filles en chaleur qui s'approchaient de lui. Et crois-moi, ce n'est pas parce que je suis là.
Inutile de remuer le couteau dans la plaie. Et de toute façon, j'étais incapable de tenir une conversation à peu près correcte avec tout ses verres que je me suis enfilé.
-Et toi beau gosse? Minauda la brune. Tu ne veux pas venir t'amuser avec moi?
-Déjà pris, grognai-je.
-Elle non plus, elle est pas obligé de le savoir.
Putain, pourquoi j'avais l'impression de l'avoir déjà rencontré cette cinglée?
-Vraiment, sans façon.
Elle glissa ses doigts sur mon torse vers le point le plus sensible de mon anatomie. J'attrapais violemment son poignet, la faisant pleurnicher de douleur.
-J'ai dit non.
Elle retirait son bras dans un geste rageur avant de se rasseoir à la place que Jasper occupait quelques minutes plus tôt avant d'être appelé. Mon portable me sauva de cette misère.
Ne me prend pas pour une copine hystérique qui demande des nouvelles de son copain, Em, mais c'est juste que j'ai peur qu'il trouve mieux ailleurs.
Je roulai moi-même des yeux, trouvant exaspérant que ma soeur se rabaisse encore à ce point. C'était à cause de Black tout ça!
Tu es vraiment la reine des andouilles, pour être polie, tu le sais au moins? Edward ne trouvera jamais mieux que toi, et ça il le sait pertinemment vu qu'il est amoureux de toi. Alors maintenant, tu me laisses finir de me soûler avec mon whisky et fais attention à Rose de ma part.
Pourquoi est-ce que je parlais de whisky moi? Je tournais à l'eau depuis que Jasper m'ait gentiment aspergé la gueule tout à l'heure. Justement, en parlant de lui...
-Euh... Puis-je savoir ce que vous faites à ma place? Demanda-t-il à la face refaite.
Elle papillonna ridiculement vers lui.
-Je t'attendais mon mignon!
Jasper gémit discrètement en me lançant un regard du genre: « T'aurait pas pu les virer? ». Non, je voulais te laisser en profiter!
J'ai pu comprendre que tu t'es comporté comme le dernier des crétins, mais le whisky ne va pas arranger les choses et tu le sais. Alors lâche-moi ce verre et rentre chez toi, ainsi que les deux autres, pour régler les problèmes au lieu de noyer votre peine dans l'alcool.
Ça, c'était tout Bella, vouloir s'occuper des problèmes des autres mais pas des siens. Des fois, je me demandais si on était bel et bien frère et soeur, tellement on était différent en tout point, hormis le caractère. Ça, tous les Swan en héritent.
Tu dis ça pour pouvoir retrouver ton Edward chéri! Et crois-moi, après ce que j'ai fait tout à l'heure, j'ai vraiment besoin d'alcool dans le sang.
J'étais vraiment pas net ce soir. À moins que je me comportais normalement? C'est à voir.
Espèce de crétin fini! Je te jure que si vous ne rentrez pas tous les trois chez vous dans la demi heure qui suit, en plus d'appeler papa, vous aurez Alice, Rosalie et moi sur votre dos pour le restant de vos jours, c'est clair?
Je déglutis difficilement en lisant trois fois de suite ce message, en sachant pertinemment que ce n'était pas des menaces en l'air. J'ouvris la bouche pour en informer les autres, mais Edward me prit de cours en élevant la voix contre les deux... choses qu'on avait malheureusement récupéré.
-Putain de merde, vous allez nous foutre la paix, oui? Aucun de nous ne veut soulager votre frustration sexuelle alors dégagez de notre table!
Elles regardèrent Edward avec des yeux ronds, comme si elles n'avaient encore jamais reçu de reçu de refus la part d'hommes et se levèrent de façon pompeuse, la tête haute.
-Pas la peine de t'énerver, cracha la blonde. Tu aurais pu simplement nous dire que tu avais des problèmes de ce côté-là.
-Oh, crois-moi, siffla-t-il, je n'ai aucun problème dans ce domaine et ma copine sera très heureuse de te le dire. Maintenant va voir ailleurs si j'y suis.
Elles s'en allèrent rapidement, parlant à voix basse jusqu'à ce qu'un groupe de mecs encore plus éméchés que nous les appellent pour venir s'amuser. Ils avaient vraiment pas de goût.
-On ferait mieux de quitter cet endroit, dit Jasper d'une voix fatiguée. Je remercie toutes les divinités du monde du fait que je ne travaille pas demain.
-Moi aussi, soupira Edward.
Ce dernier alla payer pendant que Jasper enfilait avec difficulté son manteau, tout comme moi, grognant face à sa faiblesse. Je profitais de ce moment pour répondre à Bella.
D'accord, d'accord! Pas besoin d'appeler police secours, on s'en va enfin, si Jasper arrive encore à marcher. À plus!
Il fallait être honnête de temps en temps. L'air froid me fit frissonner douloureusement, m'obligeant à boutonner mon blouson, les doigts tremblants.
-La prochaine fois que tu as des examens Ed, ne compte pas sur moi pour fêter ça, grogna Jasper en claquant sa tête contre la carrosserie de sa voiture.
-Ce n'est pas moi qui ait insisté pour aller fêter ça je te signale! Et puis, je t'avais dit, ou plutôt je vous avais dit de ne pas boire autant. Prenez-en à vous même.
-Est-ce que Monsieur Parfait ne pourrait pas se la fermer jusqu'à notre prochaine rencontre? M'enquis-je. Je lui serais redevable.
Il me fusilla du regard en enlevant l'alarme de sa voiture.
-Je me ferais un plaisir de te téléphoner demain matin à la première heure pour savoir comment va votre gueule de bois les amis! Sur ce, je vous souhaite une bonne route et faite attention, je n'ai pas envie de reprendre mon travail plus vite que prévu.
-Il a toujours été aussi chiant? Demandai-je à Jasper.
-Il a pas changé.
Edward claqua sa portière, nous faisant geindre tous les deux, en marmonnant dans sa barbe. Alors que Jasper et moi on avait pas bougé, il prenait déjà la route vers son appartement, nous laissant, là, comme des cons.
-On devrait peut-être y aller, souffla Jasper.
-Ouais... Bonne nuit!
-À toi aussi.
Je montais dans ma Jeep, prenant soin à chaque geste que je faisais, vérifiant de ne pas faire trop de bruit. Je regardais mon portable, l'ayant senti vibrer lorsque je marchais.
Fais attention à toi. On se voit pour noël.
D'accord, Edward et Bella se ressemblaient comme deux gouttes d'eau. Ils feraient mieux de s'occuper d'eux! Je soupirai de lassitude et mis le moteur en route, gémissant par la suite à cause du bruit trop assourdissant du moteur. J'allais avoir la gueule de bois demain, c'est sûr et certain. Rosalie allait me tuer. Jasper me fit un appel de phares avant de se mettre en route à son tour vers l'appartement d'Edward et Bella. C'était peut-être les derniers à s'être mis ensemble, mais les premiers à avoir un appartement à deux! Discrètement, je me demandais comment Edward faisait pour survivre mais il devait sûrement avoir d'avantage. Je préférais ne pas m'aventurer sur ce terrain-là si je ne voulais pas finir en taule pour coup et blessure sur son beau-frère. Je marmonnais je ne sais quoi dans ma barbe et pris le même chemin que Jasper, espérant que je ne devrais pas trop lui casser la gueule si quelque chose arrivait à mes oreilles. Je l'appréciais un tant soit peu quand même. Avec difficulté, je me retrouvais devant chez ma soeur, la tête accueillant un orchestre et les réflexes un peu diminués. Je fus surpris de voir Alice, Rosalie et une femme qui me disait vaguement quelque chose sortir en riant du hall, ne tenant pas trop sur leur pieds non plus. Alice allait vers la voiture de Jasper qui était près de la mienne, les joues rouges et un grand sourire aux lèvres. Il y en a un qui va s'amuser ce soir. Rosalie ouvrit la portière, les yeux pétillants.
-Salut mon pompier! Gloussa-t-elle. Est-ce que tu pourrais raccompagner Leah? Elle vient de se rendre compte que son copain était un enfoiré et puis... bah je ne sais plus.
-Un gros salaud! Cria Leah à je ne sais qui.
Il y en a qui ont autant forcé sur l'alcool que nous apparemment. Je me frottais le visage d'une main.
-Oui, pas de problème, répondis-je. Tu habites où?
-Dans le centre, pas loin d'un parc... Je ne sais plus trop... Mais je sais que j'habite à Seattle!
Nous voilà bien avancé. Elles montèrent dans ma voiture, peu stable sur leur pieds tout en se marrant pour un truc idiot. Elles mirent leur ceinture avec difficulté, si bien que j'aidais Rosalie à la mettre.
-Tu sais que tu es plutôt pas mal comme mec? Roucoula-t-elle. N'est-ce pas, Leah?
-Ah ouais! Pas de doute, c'est un mâle, un vrai!
Je me raclai la gorge et pris la direction du centre de la ville, près de l'ancien magasin où Bella travaillait. Avec un peu de chance, elle reconnaitra son immeuble rapidement.
-Il est parfait, soupira Rosalie. Mais je n'ai pas encore tout vu...
-Tu n'as pas couché avec? S'écria son amie, me mettant mal à l'aise malgré les grammes d'alcool dans le sang.
-Non... J'ai une bonne raison mais, chut, je ne peux pas le dire!
-Compris cinq sur cinq chef!
Rosalie éclata de rire avant de gémir et de poser sa tête sur la vitre. Il y en a une qui va passer sa nuit la tête dans la cuvette. Je roulais doucement entre les rues et avenues de Seattle, regardant bien si une bagnole de flic ne se cachait pas dans le coin. C'était des vicieux ces gens-là. Si je disais ça devant Charlie, j'étais un homme mort avant l'âge. Dehors, tout était désert, je ne vis qu'un homme marcher à vitesse grand V pour rentrer, sûrement, chez lui. Le givre s'infiltrait sur le part-brise, annonceur de gèle et de neige pour noël. Ça serait bien la première fois.
-Arrête-toi mon mignon! S'écria Leah derrière moi, me faisant violemment sursauter.
J'appuyais comme un forcené sur la pédale de frein, la voiture s'arrêtant net m'obligeant à me retenir sur le volant. Par chance, il restait un tant soit peu de réflexe à Rosalie pour qu'elle se retienne elle aussi.
-Tu n'aurais pas pu me le dire plus tôt, râlai-je. On a failli se tuer!
-Juste failli! Rit Leah, toujours dans les brumes de l'alcool. Je vous laisse, je vais aller me morfondre toute seule au fond de mon lit. Avec un peu de chance, Jacob ne sera plus là.
-Il est plus là, l'informai-je. C'est un spécialiste quand il doit prendre les voiles.
Elle haussa les épaules et sortit de la voiture, peu stable sur ses jambes. Je restai au milieu de la route, n'ayant personne pour me réprimander et la regardai quand même rentrer chez elle. De toute façon, aucune lumière était allumée dans son immeuble. Je me remis en route, faisant gémir Rosalie à moitié en train de dormir. À la dernière seconde, je changeais de route pour nous conduire chez moi. Hors de question qu'elle reste toute seule dans un état pareil.
-Où tu vas? Marmonna Rosalie.
-Je ne pense pas que tu sois en état de rester seule chez toi, alors on va à mon appartement.
-Emmett, non...
-Ce n'est pas négociable!
-J'ai pas de quoi me changer demain, ni même un vêtement de nuit... Et puis j'ai même pas envie de te parler.
Je ris un peu sous son ton boudeur. J'appuyai un peu sur le champignon car le sommeil commençait à faire son effet sur mon organisme et je ne souhaitais pas avoir un accident avec Rosalie comme passagère. Rapidement, nous étions dans mon appartement, aidant cette dernière à marcher car elle se frottait tellement de fois les yeux qu'elle butait tout sur son passage.
-Je te laisse la salle de bain.
Elle grogna un « merci » de pure politesse et s'enferma aussitôt. À croire que j'allais y aller avec elle. Après ce qui s'était passé ce midi, je n'allais sûrement pas retenter l'expérience. Je pris un oreiller de rechange, un drap et une couverture pour m'installer dans mon canapé, heureusement, convertible. Visiblement, Rosalie ne m'avait pas pardonné mon écart de conduite d'il y a quelques heures et, bizarrement, je n'étais pas en colère de ne pas savoir la vraie raison mais plutôt blessé. Ne me faisait-elle pas assez confiance pour me dire ce qui l'obligeait à vivre en permanence comme une étrangère dans sa propre vie? Ou était-ce ses sentiments qui n'étaient pas aussi puissants que les miens? Et puis, après le comportement plutôt étrange et alarmant de Jasper et d'Edward tout à l'heure, j'avais du mal à ne pas cogiter, avec ou sans alcool dans le sang. J'aplatis mon oreiller du plat de ma main, rageur et frustré à la fois. Merde! J'avais beau me retourner le cerveau, je n'arrivais pas à comprendre ce qu'il lui était arrivé bien avant de la connaître. J'allais devenir fou à cette allure là, moi! J'entendis le cliquet de la salle de bain s'ouvrir et mes pieds me guidèrent vers là-bas, mon corps réclamant d'enlever mes vêtements pour quelque chose avec le moins de tissus possible. Rosalie avait disparu de là, et une petite part de moi était soulagée. Je ne voulais pas recevoir ses foudres, bien que, demain, je n'allais pas y échapper. Je me déshabillais à la vitesse lumière, petite escale pour ma vessie, brossage de dents et de mains et je ressortis aussitôt, après avoir prévu de l'aspirine pour demain. La gueule de bois n'était pas loin.
-Emmett? M'appela Rosalie, à moitié dans les vapes.
J'ouvris prudemment la porte de la chambre et je souris lorsque je la vis vêtue d'un de mes vieux tee-shirt qui lui faisait facilement une chemise de nuit. Par contre, mon sourire se fana lorsque je vis le linge de lit que j'avais posé sur mon canapé sur la commode.
-Qu'est-ce que...? M'étonnai-je, troublé.
-Dors avec moi.
J'écarquillai les yeux face à cette demande peu commune. La seule fois où l'on avait fait chambre commune c'était chez mon père, à Thanksgiving parce qu'elle n'avait pas voulu empiéter la chambre de Bella et sûrement ne pas intriguer Charlie. Sinon, on était toujours chacun chez soit où je dormais dans mon cher canapé.
-Rosalie, je...
-S'il te plait, reste avec moi cette nuit.
Elle avait les yeux à moitié fermés, luttant pour les garder ouverts. En cet instant, je m'en foutais qu'elle soit consciente de ce qu'elle disait ou non, trop heureux qu'elle me propose de dormir avec elle. Je passais un vieux jogging sur ma chaise et me glissais doucement dans les draps froids. Rosalie gémit un peu avant de se retourner pour me faire face et de poser une main presque possessive sur mon estomac. Je souris et m'allongeai complètement, profitant de cet instant du mieux que je pouvais. Mais, bien vite, les whisky que j'avais avalé refirent surface et le sommeil m'emmena au loin. Les dernières secondes de conscience me parurent les meilleures que j'avais connu de mon existence.
POV Bella
Pourquoi Edward n'était pas avec moi quand j'avais besoin de lui? Je soupirai lourdement alors que Alice et Rosalie se battaient pour savoir ce qu'on allait manger ce soir. Emmett, Jasper et Edward étaient partis dans un bar pour la soirée, afin de fêter les examens de ce dernier qui s'étaient bien déroulés selon lui. En tout cas, je l'espérais de tout coeur car il le méritait plus que n'importe qui d'autre. Je savais que ses résultats arriveraient après les fêtes de fin d'année, mais cela ne semblait pas trop préoccuper Edward pour le moment, en vérité il avait autre chose en tête qu'il essayait tant bien que mal de me cacher: mon état de santé. À présent, je ne me baladais plus sans un foulard sur la tête, j'avais trop honte de ce qui m'était arrivé. La perte de mes cheveux. Je ne m'en étais pas remise, malgré le fait qu'Edward me distrayait lorsqu'il était à la maison, en réussissant fréquemment, et que mon corps brûlait lorsqu'il se trouvait prés du sien. À chaque fois que j'allais dans la salle de bain pour prendre une douche, me brosser les dents ou autre, je ne pouvais m'empêcher de dénouer ce qui cachait une partie de mes cheveux et de retenir mes larmes qui menaçaient de couler d'une seconde à l'autre. J'avais supplié Edward de ne rien dire à personne, de garder ça entre nous et il avait juré de se taire, en sachant que ça lui coûtait beaucoup de s'abstenir d'informer ma famille. Jusqu'à maintenant, il avait tenu parole et je priais pour qu'il en soit ainsi, le temps que je trouve le courage d'en parler à quelqu'un. Et ce n'était pas pour maintenant.
-Demandons un avis neutre! Proposa Alice. Bella, viande ou poisson?
-Comme vous voulez, murmurai-je.
-Bravo, nous voilà bien avancé! Ronchonna Rosalie. Je reste sur ma position, un bon steak!
-Le poisson, c'est bon pour le cerveau, et ça ne va pas faire de mal à Bella pour le coup, rétorqua malicieusement Alice.
-Hé! M'écriai-je. J'ai entendu!
-J'espère bien vu que tu ne sembles pas du tout avec nous depuis qu'on est arrivé tout à l'heure. On mettrait une photo de toi sur le piano, ça ne changerait pas grand chose! Quoique, il faudrait déjà trouver une photo de toi, c'est pas gagné...
Je levai les yeux au ciel et m'emmitouflai dans le plaid qu'Edward avait sorti quelques jours plus tôt. Ces quelques heures loin de lui allaient être un Enfer à vivre, j'étais trop habituée à sa présence en si peu de temps que, lorsqu'il partait, je me sentais plus seule que jamais.
-Hé oh, Bella! S'exclama Alice. Tu es avec nous?
Je clignais des yeux, troublée.
-Qu'est-ce que tu me disais?
Alice se tourna vers Rosalie qui fit de même, dans une parfaite synchronisation. La scène aurait pu être dans un film d'horreur.
-Complètement accroc, maugréa Rosalie.
-Ne peut pas se passer de lui pendant une soirée, continua Alice.
-Aucune indépendance face à l'homme.
-Pensée tournée vers lui.
-Elle...
-Stop! M'écriai-je, affolée. Est-ce que vous allez bien?
-Nous oui, renchérit Alice, mais toi non.
-Moi? Répétai-je. Mais je vais bien! Est-ce un crime de penser à son petit-ami?
Elles hochèrent simultanément la tête. Je fronçais les sourcils à la fois de mécontentement et de suspicion. Ce n'était pas le genre de la maison à me dire que j'étais stupide de penser à Edward, bien au contraire. Et c'était encore plus suspect du fait qu'elles n'avaient pas parlé une seule fois d'Emmett ou de Jasper et de dire à quel point ils étaient merveilleux et parfaits.
-Vous, vous êtes disputées avec vos petits-amis respectifs, n'est-ce pas?
-Ouais...
Je me retins d'éclater de rire devant leur mine désabusée afin de ne pas paraître méchante. Alice fit la moue dont elle avait si bien le secret et Rosalie joua avec ses doigts d'un air distrait.
-Et bien, racontez-moi ce qui s'est passé! M'exclamai-je, ahuris qu'aucune des deux n'ait pris la parole. Vous croyez que je sais lire dans les pensées?
-D'accord, je commence! S'exclama Alice, remise d'aplomb.
Décidément, je ne comprendrais jamais ma meilleure amie. Rosalie hocha la tête avec raideur et resta derrière le comptoir de la cuisine pendant qu'Alice sautillait vers le canapé, à mes côtés. Je regardais attentivement Rosalie qui semblait perdue dans ses sombres pensées, le coeur lourd. Je n'avais toujours pas découvert le secret qu'elle prenait soin de nous cacher, alors que ça me trottait souvent dans la tête. Ça lui faisait plus de mal qu'elle ne le voudrait.
-Rosalie, est-ce que ça va? S'enquit doucement Alice, à ma grande surprise.
La concernée sursauta avant de faire un sourire peu convainquant et d'avancer vers nous pour prendre place dans un fauteuil seul du salon.
-J'étais ailleurs, excuse-moi, répondit-elle. Alors, dis-nous pourquoi tu as envie de tuer Jasper?
Alice fronça les sourcils, peu dupe non plus, mais laissa tomber l'éponge, ce qui m'étonna alors que c'était la femme la plus acharnée que je connaissais sur Terre. Peut-être que sa rancune absurde envers elle n'était pas résolue ou qu'elle gardait ses questions pour plus tard. Au choix.
-C'est complètement stupide, commença-t-elle, mais je prépare cette journée depuis des jours et je n'ai pas eu beaucoup de temps à lui consacrer alors il n'a pas été très heureux.
-Pas très heureux? Répéta Rosalie, aussi troublée que moi. Qu'est-ce que tu veux dire par là?
-Et bien... j'avais la tête ailleurs et pas là où il aurait voulu donc...
-Quoi? Je ne comprends rien du tout à ce que tu me racontes, Alice, soupirai-je.
-Oh, Bella! Rit Rosalie. Alice est en train de nous dire que Jasper était sexuellement frustré!
-Oh...
Alice secoua la tête comme désespérée par mon comportement. Est-ce ma faute, moi, si elle ne disait pas les choses clairement?
-Désolée de ne pas avoir un esprit aussi pervers que le votre, maugréai-je. J'ai d'autres centres d'intérêt que ça voyez-vous.
Menteuse! Tu ne penses qu'à ce fameux soir depuis des jours!
-Ça, on n'en doute pas, se moqua Alice. Donc, Monsieur était frustré et lorsque je lui ai demandé ce qui n'allait pas, il a claqué la porte de mon appartement. Vous le croyez ça?
-Tu as dû vraiment le contrarier pour qu'il fasse ça, commenta Rosalie. Jamais mon frère n'a eu un mot ou un comportement plus élevé que l'autre.
-Je ne suis pas un jouet sexuel! S'il a un problème de ce côté, qu'il achète une poupée gonflable et qu'il s'amuse avec autant qu'il veut!
Rosalie éclata de rire en s'imaginant sûrement son frère avec une poupée en plastique à ses côtés. Écœurant. Pour ma part, j'étais persuadée que l'énervement de Jasper n'était pas dû qu'au fait qu'il soit frustré. Connaissant Alice comme ma poche, elle a dû l'agacer avec son organisation pour la soirée. Et j'étais d'accord avec Jasper.
-Tu parlais de préparation pour cette soirée, s'enquit Rosalie, mais tu viens de me dire dans la cuisine qu'on resterait ici, non?
-La faute à qui! S'emporta Alice en se relevant d'un bond.
-À qui? Demandai-je.
Elle planta son regard noir dans le mien et me pointa du doigt. Moi?
-À cause de ton crétin de petit-ami tiens! Monsieur le futur Médecin m'a interdit de bouger de l'appartement, alors que lui est dans un bar avec Jasper et Emmett! Vraiment, j'aurais tout entendu!
Je souris. Même éloigné, il prenait soin de moi.
-Oh et ne souris pas, veux-tu? Gronda Alice. J'avais réservé un karaoké pour nous trois et maintenant, nous voilà coincés ici!
-Un karaoké? Reprit Rosalie, amusée. Juste pour nous trois?
-Ne cherche pas à la comprendre, murmurai-je à cette dernière.
-Ne parlons plus de ça, voulez-vous? Demanda Alice. Rien que d'y penser, j'ai envie de vomir. Et toi, Rosalie? Qu'est-ce qu'Emmett a fait? Dois-je rajouter « encore » dans la question?
Le sourire de cette dernière se fana immédiatement et son regard se perdit au loin, malheureux. Je questionnai Alice du regard, légèrement inquiète, mais elle haussa les épaules.
-Rosalie? L'appelai-je doucement. Est-ce que tout va bien?
Elle releva la tête et nous fit un bref sourire.
-Oui, je... C'est à peu près pour les mêmes choses qu'Alice mais avec une situation différente.
-Qui est? Renchérit Alice.
Elle et la délicatesse ne sont pas nés le même jour!
-Si Rosalie ne veut pas en parler, on ne va pas l'obliger, Lily!
-Merci, souffla la concernée. Je... Je ne me sens pas capable d'en... parler maintenant...
-Non, la coupa Alice. Fais ce que tu veux, c'est ton choix. Mais ça confirme bien mes recherches: les mecs sont tous des obsédés!
Je roulai des yeux, exaspérée. Jasper était plus souvent en compagnie d'Alice, et je me demandais comment il faisait pour la supporter à longueur de journée. C'était ma meilleure amie, elle était adorable avec moi mais, des fois, elle semblait comme possédée.
-Qu'est-ce que tu as à ton cou, Bella? S'étonna soudainement Rosalie.
J'écarquillai les yeux et plaquai ma main sur l'endroit fortement rougi par les dents d'Edward. Lorsque je l'avais remarqué, le lendemain matin, je lui avais grondé dessus, il s'était juste contenté de me faire un sourire éblouissant et de m'embrasser fougueusement en me disant que maintenant j'étais à lui. C'était encore un truc de mâle possessif incompréhensible. Et maintenant, j'en payais les conséquences.
-Bella, est-ce que ça serait un... suçon? Surenchérit Alice, les yeux pétillants d'en savoir plus.
-Euh... Non, c'est ce matin lorsque... Bafouillai-je.
-Il ne date pas de ce matin celui-là! Se réjouit Rosalie. Ça y est, vous avez sauté le pas avec Edward?
Comment je fais maintenant pour détourner la conversation? Je n'ai jamais été douée pour mentir, je ne risque pas d'y arriver aujourd'hui surtout dans un moment aussi crucial que celui-là. Oh et puis, pourquoi est-ce que Rosalie a remarqué ce malheureux suçon, merde?
-OH MON DIEU! Hurla Alice, folle alliée. Tu as couché avec Edward?
-Tu devrais le crier encore plus fort, je crois que l'épicier au bout de la rue ne t'a pas entendu, Alice! Grognai-je.
- « J'ai d'autre centres d'intérêts que ça voyez-vous » M'imita Rosalie. Mon œil, oui!
-Pas la peine d'en faire toute une histoire, marmonnai-je.
-Tu rigoles là, j'espère! S'étonna Alice. Tu as couché avec Edward, et tu ne m'as rien dit?
-Je ne vois pas l'intérêt de le dire à la planète entière, vois-tu? C'est des choses qui arrivent tout les jours.
-Mais je m'en fiche des autres! Je veux savoir ce qui s'est passé, et en détail! M'ordonna ma meilleure amie.
-Cours toujours, répondis-je, glaciale.
Rosalie rit devant la mine furieuse d'Alice. Je ne vois pas l'intérêt ni l'envie détaler ma pauvre vie sexuelle devant la Terre entière, moi!
-Allez dis-nous! S'impatienta-t-elle. C'était moyen? Bien? Super? Allée direct au septième ciel?
-Ce n'est pas toi qui vient de dire qu'on était pas obligé d'en parler si on en avait pas envie? La contrai-je. Et bien, c'est mon cas, alors passe à autre chose.
-Sûrement pas! Je veux savoir!
-Alice, dit doucement Rosalie. Plus tu vas la forcer, et plus elle va se braquer.
Je hochai farouchement la tête, sans vraiment savoir si j'étais aussi têtue qu'elles le prétendaient.
-D'accord, soupira Alice. Mais est-ce que je peux savoir au moins ton ressenti? S'il te plait?
Elle fit la fameuse moue à laquelle personne ne pouvait résister et je soupirais à mon tour avant de rougir. Quel adjectif serait le mieux pour définir ce qu'il m'avait fait vivre?
-C'était... indescriptible, murmurai-je en m'empourprant de plus belle.
Alice poussa un cri de victoire et tapa dans ses mains.
-Au moins quelqu'un qui arrive à te faire grimper au rideau!
Je gémis et me cachai derrière mon plaid. Pourquoi est-ce que j'avais choisit l'adjectif « indescriptible », moi? Alors qu'Alice et Rosalie riaient de ma gêne, la sonnette de l'interphone retentit et je sursautai violemment, massant ma tête.
-Je vais voir qui c'est! S'envola déjà Alice.
Je me surpris à sourire alors que mon mal de tête reprenait du service. Dire que je ne l'avais pas vu de toute la journée, il faut qu'il fasse des siennes ce soir. Mais, de toute façon, le soir était toujours le plus dur à vivre pour ce qui était de la douleur et je regrettais une fois de plus qu'Edward ne soit pas là avec moi. Il avait trouvé une façon de me soulager tout en m'endormant: masser mon crâne douloureux. Ses doigts de pianiste faisaient des merveilles et il n'était pas rare que je m'endorme dans ses bras, sur ce même canapé.
-D'accord, d'accord, j'ouvre la porte, s'exclama Alice de l'entrée. Ouais, c'est ça.
-C'est qui? Demanda Rosalie.
-J'en sais rien mais la fille elle m'a hurlé dessus pour que j'ouvre la porte afin de voir Bella.
J'écarquillai les yeux en même temps que la copine d'Emmett. Elle a quoi?
-Et tu n'as pas pensé que c'était une psychopathe armée d'un couteau? S'égosilla Rosalie en se levant d'un bond, alarmée.
-Mais non, s'exaspéra Alice, je ne suis pas si cinglée que ça! Elle a dit qu'elle a travaillé avec Bella au magasin de vêtements.
Mon coeur rata un battement et je relavais brutalement la tête vers elle, étonnée. Je me remis difficilement sur pied sous les protestations de mes deux amies et me dirigeai vers la porte d'un pas tremblant. Qu'est-ce qu'elle faisait ici? Après la discussion téléphonique que nous avions eu, je m'étais persuadée de ne plus la revoir, surtout ici. À peine je fus à la porte qu'on toqua férocement dessus, faisant pousser un cri à Rosalie. Je l'ouvris de suite et elle se jeta à mon cou, manquant de peu de me faire tomber.
-Oh, Bella! Je suis tellement désolée, sanglota Leah contre mon épaule.
Je soupirai presque de soulagement et tapai maladroitement son dos à l'aide d'une main pour la réconforter du mieux que je pouvais. Alice et Rosalie regardaient la scène avec les yeux grands ouverts. Au fond de moi, j'étais soulagée qu'elle sache enfin la vérité sur Jacob, mais d'un côté j'étais désolée pour elle. Leah semblait aimer énormément Jacob, alors savoir à quel point c'était un salaud de première était difficile pour elle. Il avait encore fait une malheureuse sur Terre.
O*O*O*O
-Et voilà, vous savez toute l'histoire, termina Leah tenant son verre d'eau comme si c'était la chose la plus précieuse qu'elle avait au monde.
-Mais quel connard! S'écria Alice. Il a osé recommencer!
J'étais à moitié étonnée du comportement de Jacob. Leah rentrait plus tôt du travail et elle l'avait surprise avec une autre fille dans son lit. Il s'était mis à rire quand elle avait commencé à l'insulter et il avait balancé toute la vérité. Comme quoi il était avec elle juste parce qu'elle était un bon coup mais il avait ce besoin d'aller voir ailleurs et, par la même occasion, il avait confirmé mes dires sur notre relation. C'était comme si l'histoire se répétait une fois de plus, mais j'avais disparu du scénario.
-Je suis désolée pour toi, dit doucement Rosalie. Tu mérites beaucoup mieux que ce... crétin, pour être polie.
-J'ai cru que j'étais tombée sur le bon, renifla-t-elle. Mais ces derniers mois n'ont été qu'une illusion en fin de compte.
-J'aurais dû te le dire plus tôt, m'excusai-je. Mais, sur le coup, j'ai cru qu'il avait changé et qu'il tenait à toi mais... je me suis trompée. Je suis vraiment désolée de ce qui t'arrive, je sais par quoi tu passes.
-Merci, c'est gentil à toi.
-Vous savez ce qu'on devrait faire? S'excita Alice. Boire un verre!
Oh non... Pourquoi est-ce qu'Alice croyait toujours que l'alcool était un remède miracle aux problèmes de coeur? Je me souviens qu'on avait bu lorsque Jacob m'avait trompé, des semaines après qu'elle l'ait su, ou lorsque son ancien petit-ami l'avait plaqué le jour de la Saint Valentin et ça était... horrible. Surtout le lendemain avec la gueule de bois que j'ai eu et les dizaines d'aspirine que j'ai ingurgité pour faire disparaître le marteau piqueur qui s'était installé dans ma tête.
-Très bonne idée! S'exclama Rosalie.
-De toute façon, ça ne peut pas être pire que ce qui vient de m'arriver, se lamenta Leah.
-Alors, c'est parti! Pépia Alice. Dis, Bella, où est-ce qu'Edward cache l'alcool?
-Comment veux-tu que je le sache?
Elle ne se démonta pas et se leva d'un bond pour aller fouiller les placards de la cuisine ouverte sur le salon et la salle à manger. Rosalie la suivit de près, connaissant l'appartement mieux qu'elle, elle dénicha la « réserve » d'Edward dans un petit placard où je n'avais jamais mis les mains. De toute façon, je n'avais jamais vu Edward boire un alcool fort, et je ne crois pas que se soit le genre à se soûler dés que l'occasion se présente. C'est pour ça qu'Alice gémit en voyant qu'une simple bouteille de whisky et une autre de champagne s'y trouvaient. Mais j'avais parlé trop vite.
-Je vais à l'épicier du coin! Je reviens dans 5 minutes avec de quoi festoyer mes amies! Enfin, sauf Bella, évidemment.
-Je ne comptais pas vous rejoindre de toute façon.
Elle rit et claqua la porte la seconde d'après, me laissant pantoise devant leur réaction. Est-ce que je devais craindre le pire? Et je ne fus pas au bout de mes peines, ni de mes surprises. Lorsque Alice arriva avec un sachet plastique blanc dans les mains, un grand sourire aux lèvres, Rosalie tendait déjà un des trois verres devant elle, les faisant rire comme des dindes. Pour ma part, je ne savais pas où me mettre, à part peut-être au fond du canapé et leur lancer des regards noirs de temps en temps pour la forme. À vrai dire, je n'avais pas vraiment de possibilité à ce jour. Donc, quelques minutes après qu'Alice soit arrivée, elles enfilaient déjà leur deuxième verre de ce que je distinguais comme être de la vodka pure, une grimace sur leur visage dû à l'acidité de la boisson. Je roulai des yeux et n'emmitouflai un peu plus dans mon plaid, bougonnant dans mon coin alors qu'elles riaient entre elles de façon peu naturelle.
-Tu ne veux pas te joindre à nous, Bella? Me demanda Leah. Il doit y avoir quelque chose pour toi dans le frigo.
-Non merci, maugréai-je. Je n'ai pas envie de vous rejoindre dans votre petite soirée privée!
-« Soirée contre les gros connard qui peuplent cette Terre », rectifia Alice un peu éméchée.
-Ouais! Rit Rosalie. Pour tous ceux qui ne pensent qu'au sexe!
Elles levèrent leurs verres ensemble, trinquèrent et le burent coup sec. Je secouais la tête, dépitée avant de légèrement sourire. Pour une fois que ce n'était pas moi qui n'avait pas de petit-ami ou contre qui je venais de me disputer. Ce n'était pas négligeable comme situation. J'étais vraiment odieuse de penser à ça, alors qu'elles buvaient pour oublier que leur copain étaient des cons de première pour certaines où des crétins finis pour d'autres. Mais je ne pouvais renier que ça faisait un bien fou de savoir que quelqu'un, quelque part sur cette Terre vous aimez et vous rendez heureuse.
-Regardez Bella! Gloussa Alice. Elle pense encore à son Edward!
Leah et Rosalie éclatèrent de rire, les joues légèrement rougies par l'alcool ingurgité. Je me retins de justesse de lever les yeux au ciel. Elles étaient encore plus étrange avec de l'alcool dans le sang.
-Tu sais, intervint Leah, peut-être que ton Edward est comme Jacob! Après tout, les hommes sont tous les mêmes.
-Ne confond pas Edward avec ce salaud, Leah! Répondis-je hargneusement.
-Il semblerait que j'ai touché un point sensible, non?
-Je ne vois pas de quoi tu parles.
-Oh, allez! Qui te dit qu'Edward n'est pas en train de s'amuser avec une blondasse dans un bar en ce moment même?
-Edward m'aime, et jamais il ne me ferait ça, répondis-je le plus calmement que je pouvais.
Leah partit dans un rire limite hystérique et posa brutalement son verre brutalement contre le comptoir de la cuisine. Les deux autres nous regardaient à tour de rôle, comme un match de tennis.
-Ils disent tous ça, mais derrière notre dos, ils vont prendre du plaisir avec une autre!
-Je te le répète, Edward n'est PAS Jacob.
-Bien sûr que si! Edward est un salaud, comme les autres! Regarde Jasper, il en a voulu à Alice parce qu'elle voulait pas se plier à ses fantasmes sexuels, et Emmett, lui, force presque Rose à coucher avec!
-Tu es bouleversée parce qu'il a été voir ailleurs, d'accord, mais ce n'est pas une raison pour t'en prendre à mon couple, ni à celui des autres et encore moins à Edward, d'accord? Alors finis ton verre et fous-moi la paix.
Alice et Rosalie me regardèrent, choquées, peu habituées à me voir énervée de la sorte mais elle m'avait blessé, et l'alcool n'y était pour rien. Ce n'était pas une excuse. Je fusillais Leah du regard, peinée par son comportement et ses paroles blessantes avant de me lever prudemment pour aller dans ma chambre me réfugier. Mes yeux me piquaient un peu sous les larmes qui affluaient, mais je me refusais de pleurer pour Leah et son ex-copain cinglé. Je ne fis pas attention à Rosalie qui m'appelait et claquais la porte de la chambre d'Edward, me sentant plus dans la mienne que celle qui m'avait été destinée au début de mon déménagement. Elle reflétait Edward. Je me dirigeai vers le lit et me mis en boule, le plaid enroulé autour de moi lorsque quelque chose de dur me gêna. Je tâtais ma poche et trouvais mon portable qui était en veille. Je ne me souvenais même plus que je l'avais pris avec moi celui-là. Je fus tentée d'envoyer un message à Edward, mais je ne voulais pas l'embêter alors qu'il passait la soirée avec Jasper et Emmett. Mais je voulais juste... juste savoir comment ça se passait là-bas pour me rassurer. C'était ridicule, surtout que j'avais pleinement confiance en lui mais après ce que Leah m'avait dit, imbibée d'alcool, j'en avais besoin. Je pris mon courage à deux mains et écrivis sur mon portable de mes doigts tremblants.
Ne dis pas que c'est moi ni à Edward, ni à Jasper, mais je voulais savoir si tout se passait bien de votre côté.
Emmett. C'était mon frère, et même s'il pouvait être lourd de temps en temps il me répondrait avec franchisse et sans langue de bois. De plus, je savais qu'il ne dirait rien aux deux autres comme je lui avais demandé. Je n'eus pas à attendre longtemps avant d'avoir sa réponse.
On parle de nos problèmes de couples à ton Dom Juan comme des femmelettes mais, sinon, il n'y a aucun problème. Est-ce que tu voulais savoir quelque chose de précis?
J'esquissais d'un faible sourire en lisant sa première phrase. C'était tout Emmett ça. Mais, bien vite, la réalité me revint en mémoire. Comment est-ce que je pourrais dire à mon frère que j'avais confiance en mon petit-ami, mais que je lui demandais s'il n'était pas entouré par deux poupées russes?
Jacob a refait des siennes avec mon ancienne collègue de travail, Leah, et pour oublier un peu elle s'est mise à boire accompagnée par Alice et Rosalie. Apparemment, elle a l'alcool mauvais puisqu'elle s'en ait pris à moi en m'affirmant que les hommes étaient tous les même et que je devrais aller me renseigner si Edward ne va pas voir ailleurs.
On dirait une fille complètement barge qui venait d'écrire ce message. Mais qu'est-ce que je pouvais dire d'autre?
Je suis désolé de te décevoir, mais Edward a repoussé toutes les filles en chaleur qui s'approchaient de lui. Et crois-moi, ce n'est pas parce que je suis là.
Malgré moi, je poussais un soupir de soulagement tout en me traitant d'idiote finie. Pourquoi est-ce que les paroles de Leah m'avaient tant bouleversées? Je mentirais si je disais qu'Edward et moi étions faits l'un pour l'autre, à côté de lui je faisais pâle figure, ce qu'il détestait entendre venant de moi. Pourtant, c'était la vérité! Je n'avais qu'à marcher dans la rue avec lui pour voir des dizaines de femmes se retourner pour l'admirer, fronçant les sourcils en me voyant à ses côtés. De plus, j'avais une tumeur, ce qui n'aidait en rien.
Ne me prend pas pour une copine hystérique qui demande des nouvelles de son copain, Em, mais c'est juste que j'ai peur qu'il trouve mieux ailleurs.
Qui ne fondait pas sous le charme naturel d'Edward? Quelle fille sensée ne voudrait pas me le prendre?
Tu es vraiment la reine des andouilles, pour être polie, tu le sais au moins? Edward ne trouvera jamais mieux que toi, et ça il le sait pertinemment vu qu'il est amoureux de toi. Alors maintenant, tu me laisses finir de me soûler avec mon whisky et fais attention à Rose de ma part.
Je levai les yeux au ciel, vraiment exaspérée par sa façon de me répondre. Vraiment, il y avait de quoi se demander si nous étions bien frère et soeur.
J'ai pu comprendre que tu t'es comporté comme le dernier des crétins, mais le whisky ne va pas arranger les choses et tu le sais. Alors lâche-moi ce verre et rentre chez toi, ainsi que les deux autres, pour régler les problèmes au lieu de noyer votre peine dans l'alcool.
Je disais ça, mais j'avais trois cinglées qui buvaient comme des trous dans mon salon. Mais ce n'était qu'un détail.
Tu dis ça pour pouvoir retrouver ton Edward chéri! Et crois-moi, après ce que j'ai fait tout à l'heure, j'ai vraiment besoin d'alcool dans le sang.
Qu'est-ce qu'il était têtu! Il pouvait dire que je l'étais, mais il n'était pas mieux. Certes, Edward me manquait mais je ne voulais pas retrouver mon frère à l'hôpital ou pire, parce qu'il avait eu un accident de voiture! Et puis, Jasper ne devait pas être mieux qu'Emmett et je ne voulais pas imaginer comment serait Alice s'il lui arrivait la même chose.
Espèce de crétin fini! Je te jure que si vous ne rentrez pas tout les trois chez vous dans la demi heure qui suis, en plus d'appeler papa, vous aurez Alice, Rosalie et moi sur votre dos pour le restant de vos jours, c'est clair?
Non mais vraiment, aucun sens moral celui-là! Au moins, j'étais tellement énervée contre lui et sa stupidité que Leah me passait au-dessus de la tête. Je souris lorsque Emmett répondit en un temps record.
D'accord, d'accord! Pas besoin d'appeler police secours, on s'en va, enfin, si Jasper arrive encore à marcher. À plus!
Oh mon Dieu, ça va être joyeux chez Alice ce soir.
Fais attention à toi. On se voit pour noël.
Je refermais mon portable et sursautais quelque peu lorsque j'entendis les filles parler fortement dans le salon. J'étais soulagée qu'elles ne viennent pas me chercher, parce que je voulais être seule et mon crâne devenait un peu douloureux. J'ai eu ma séance de Chimiothérapie il y a seulement deux jours, mais j'avais un peu de mal à récupérer de celle-là, même si par moment mon corps semblait me laisser un peu de liberté, dont je profitais avec Edward. Mon bas ventre se contracta de désir lorsque je me rendis compte que j'étais allongée dans son lit, et que c'était à cet endroit même où nous avions fait l'amour la dernière et première fois. Je rougis furieusement alors que des images de notre ébat me revinrent en mémoire. Jamais je n'avais ressenti ce sentiment d'être complète, épanouie et envoûtée après avoir couché avec l'autre, mais avec Edward... Wow. Ça avait été magique. Ses mains, sa bouche, sa langue avaient brûlé ma peau qui avaient été en contact et je ne parlais même pas de sa virilité. J'avais eu un peu peur en la voyant, à cause du fait que ça faisait 1 an et demi que je n'avais pas couché avec quelqu'un et qu'il était mieux fourni que mon ex. Mais, lorsqu'il était entré en moi, faisant preuve d'une douceur que je n'avais jamais connu jusqu'à maintenant, toutes mes craintes s'étaient envolées et seul le plaisir était resté. Unique. Edward s'était contrôlé au début, je l'avais senti, mais bien vite, après l'avoir supplié il avait été lui et ça avait été parfait. J'avais eu la respiration coupée, mon cerveau s'était déconnecté, tout mon corps n'avait été qu'un feu ardent et des étoiles étaient apparues devant mes yeux lors de notre orgasme.
Alice m'avait parlé de sa première fois avec Jasper, évidement, en expliquant que c'était différant lorsqu'on couchait avec une personne qu'on aimait, et non pour le sexe et pour une fois j'étais d'accord sur le sujet. Et tout ce que je voulais, c'était de recommencer de nouveau mais mon corps n'était pas du même avis que moi. Malheureusement. Je sentis de nouveau cette chaleur familière parcourir mon corps de part et d'autre et, instinctivement, mes cuisses se resserrèrent l'une sur l'autre. Je me donnais l'impression d'être une grosse perverse mais mon corps ne contrôlait presque plus rien hormis les flammes charnelles qui fourrageaient dans mon bas ventre. Dieu du ciel, je n'ai jamais été excitée par un homme en l'imaginant. Je n'osais penser à quand il allait revenir tout à l'heure. Je sursautais dans mon lit lorsqu'on toqua fortement à ma porte. Alice pointa sa tête derrière la porte, les joues quelques peu rougies, le regard pétillant par l'alcool et ne tenant pas très droit sur ses talons d'une dizaine de centimètre.
-Jasper vient me chercher! Dit-elle – trop – joyeusement. Et Emmett embarque aussi Rosalie!
-C'est... bien, répondis-je un peu perdue. Et pour Leah?
-Emmett la prend aussi... enfin la ramène chez elle quoi.
Elle gloussa comme une adolescente à sa première cuite et sautilla dangereusement vers moi. Je clignai des yeux alors qu'elle me fit la bise sur une joue.
-À bientôt, Bella! C'était une soirée géniale! Même si on n'a pas mangé!
Elle rit et se retint à la rambarde de la porte en gloussant de plus bel. Je la suivis du regard un peu alarmée qu'elle tangue sur ses pieds.
-Fais attention à toi!
Elle balaya ma supplice du revers de la main et disparut dans le couloir. Je restais quelques instants bloquée dans la même position, un peu étonnée mais surtout inquiète. Emmett m'avait dit qu'ils avaient un peu bu, mais les filles n'étaient pas en reste pour le coup. Ce n'était pas la meilleure idée de se soûler. Vraiment pas.
-Salut Bella! Cria Rosalie à l'autre bout de l'appartement. À bientôt!
-Ouais, à plus! Rit Leah.
Je ne répondis pas et posai mes pieds sur le parquet de la chambre pour les rejoindre et les persuader de prendre un taxi, mais mes jambes étaient un peu fatiguées ces derniers temps, et elles n'allaient sûrement pas suivre le rythme que je voudrais. Je m'accrochais de justesse au mur du couloir alors que je me pris un pied dans un meuble, me faisant rageusement jurer entre les dents. Comme je l'avais prévu, lorsque j'arrivais dans le salon je me trouvais seule et elles étaient bien trop alcoolisées pour m'entendre les appeler dans les escaliers ou ma fenêtre. Jasper semblait être un homme droit et attentionné et Emmett aimait beaucoup trop Rosalie pour risquer sa vie. Je devais leur faire confiance. Plus facile à dire qu'à faire. Je jetai un coup d'œil à la fenêtre juste à temps pour les voir s'engouffrer dans leur voiture respective hilares. Je soupirai de soulagement lorsqu'elles roulèrent à une allure modeste vers le sens inverse de mon appartement. Puis, soudain, mon coeur se mit à battre à tout rompre lorsque je me rendis compte qu'Edward n'était pas rentré à la maison. Je me faisais l'effet d'une idiote mais il était avec Jasper et Emmett au bar, non? Je sursautais lorsque mon portable sonna au loin, m'obligeant à marcher/courir vers ma chambre. Je fis attention à ce fichu meuble dont je venais de découvrir l'existence. Je souris en regardant le destinataire.
J'arrive dans 15 minutes, je devais passer chez mes parents pour les préparatifs de noël. Je t'aime.
Mon sourire s'agrandit au dernier mot. Il n'y avait que lui pour écrire un « je t'aime » dans un message des plus banals. Je posais précautionneusement mon téléphone sur la table de chevet et allais dans la cuisine, sentant mes membres trembler et un marteau piqueur s'amuser dans mon crâne. Je ne voulais pas qu'Edward ne me voit ainsi, ça le rendait malheureux, ça se voyait dans son regard même si je ne pouvais pas toujours faire semblant de rien ni mentir. J'étais une pitoyable menteuse et le resterai jusqu'à la fin de ma vie. Je me servis un verre de jus d'orange et pris mes boîtes de médicaments à la couleur orange fluo qui me donnait la nausée dès que mon regard les rencontrait. Je ne sais pas qui a eu la brillante idée de prendre cette couleur, mais une chose est sûre, elle est daltonienne. Après avoir avalé beaucoup trop de cachet pour faire grincer mon œsophage, je découpais une pomme se trouvant dans le panier à fruit pour ne pas aller dormir sans rien dans l'estomac, si je ne voulais pas recevoir les foudres d'Edward en pleine nuit. Et il en était capable, même à 4h du matin.
-Bien le bonsoir, jolie Demoiselle, susurra une voix suave à mon oreille.
Je sursautai lourdement, alors que son corps se collait contre le mien, son torse contre mon dos, le coeur battant à tout rompre. Je m'y ferais jamais à sa façon d'arriver aussi silencieusement qu'un chat. Je repris un rythme cardiaque normal et profitai de sa présence imprévue, n'ayant pas fait attention au temps que j'étais restée à réfléchir dans la cuisine. Une légère odeur d'alcool fort et de cigarette était imprégnée sur son pull, mais son parfum naturel revint à la charge, embaumant mes narines et dessinant un sourire sur mes lèvres.
-Salut, murmurai-je. Tu as passé une bonne soirée?
-Je me languissais de toi.
Je rougis furieusement et il rit à mes dépends. Edward me retourna pour que je lui fait fasse et prit mon visage en coupe, détaillant chaque recoin de celui-ci.
-Et toi, ta soirée? S'enquit-il comme si de rien.
Je haussai les épaules et calai ma tête contre son torse, soupirant de plaisir.
-J'ai voulu me jeter de la fenêtre une bonne centaine de fois mais, sinon, ça a été était, mentis-je.
-Une soirée des plus ordinaires quand on est en compagnie d'Alice!
Je lui donnais une tape sur son épaule en riant doucement avant qu'il ne m'enlace fortement contre lui. Je soupirais contre son épaule.
-Quelque chose ne va pas? S'enquit-il.
-J'ai eu une visite surprise tout à l'heure, et...
Il se raidit.
-Dis-moi pas que Jacob est revenu? Grogna-t-il.
-Non, ce n'était pas lui mais... Leah.
Il ouvrit la bouche d'étonnement tout en m'emmenant m'asseoir sur le canapé pour être plus à l'aise. Je me blottis contre lui. Je me promis de faire abstraction à une certaine conversation qu'on a eu ainsi que des messages envoyés avec Emmett.
-Elle a surpris Jacob avec une autre fille alors qu'elle rentrait plus tôt du travail et il lui a tout raconté, ainsi que la relation que j'ai eu avec lui. Elle était bouleversée et elle est venue ici en pleurs en s'excusant de ne pas m'avoir cru.
Edward embrassa mes cheveux en signe de compassion.
-Je comprend mieux l'odeur d'alcool, sourit-il.
Je rougis, prise en flagrant délit.
-Je crois qu'elles voulaient... décompresser un peu, avouai-je.
-J'ai appris que Jasper et Emmett avaient eu quelques soucis avec Alice et Rosalie. Et je me suis même surpris à penser qu'ils le méritaient, pour une fois que je n'avais aucun problème de ce côté-là.
-Alors on est deux. C'est tellement rare de voir Alice se plaindre pour un homme que j'ai gravé cette image dans ma tête pendant un bon moment.
Il rit doucement contre ma tempe et caressa mes cheveux d'un geste fluide et bienfaiteur.
-Et toi, comment le prends-tu, à propos de Leah? Me demanda-t-il.
-Je suis contente qu'elle voie enfin Jacob comme je l'ai connu, mais je suis triste pour elle. Elle semblait être vraiment amoureuse de lui, et elle ne mérite pas ça.
-Tout comme toi, tu ne méritais pas ça.
-Peut-être, mais j'ai trouvé beaucoup mieux après.
J'ouvris la bouche, étonnée par mon audace alors qu'Edward se figea contre moi. Je levai la tête vers lui, plantant mon regard dans le sien.
-Je sais qu'en ce moment je suis un peu distante avec toi et je suis tellement désolée, mais avec mon état qui se dégrade, j'ai eu peur. Je me rend compte que m'éloigner de toi est la pire chose que j'ai eu à faire et que si je ne dois pas survivre à ma tumeur, alors je veux passer les derniers moments qu'il me reste avec toi et profiter de ta présence le temps que je le peux. Je t'aime, Edward, jusqu'à ce que mon coeur cesse de battre.
Il cligna des yeux, surpris par cet aveux soudain et inattendu. Habitée par un désir envahissant, j'avançai mon visage vers le sien et posai mes lèvres contre les siennes, profitant de cet instant de plénitude et de bonheur partagé. Je ne m'habituerai jamais à cette sensation. C'était si doux, tendre et chaud que je m'y noyai sans aucune hésitation. Il me coucha doucement sur le canapé, appuyant son corps contre le mien et je pus sentir distinctement ses mains hésiter sur les événements à suivre. Je reculai mon visage du sien et lui souris, traçant ses lèvres de mes doigts agités sans pouvoir définir ce que je ressentais réellement, sauf l'amour que je lui portais. De mon autre main, j'agrippais son cuir chevelu et l'embrassais férocement, domptant sa langue contre la mienne, pressant ma poitrine contre son torse, enfouissant mes mains dans ses cheveux désordonnés pour me faire oublier tout autour de moi, jusqu'au pire.
Le retour de Leah! Il fallait bien qu'elle sache la réalité concernant son merveilleux et magnifique petit-ami, non?
Je sais qu'il y a très peu de moment Bella/Edward mais je me rattraperai dans le prochain chapitre!
Je ne pense pas que je vais évoquer le POV James car ça serait gâcher l'énergie de mes doigts pour rien vu que je sais déjà à quel point vous l'avez apprécié! ;)
Comme je l'ai dit plus tôt, je ne suis pas très fière de ce chapitre mais je me rattraperais avec le prochain que j'ai déjà commencé à écrire (10 pages) donc un petit teaser à chaque review que j'aurais la joie de lire!
-Musique Hysteria de Muse lien sur mon profil pour ceux ou celles qui ne connaissaient pas.
Merci de votre passage et n'hésitez pas à donner votre avis,
Clairouille59.
