Bonjour tout le monde!

Je m'excuse encore pour cette terrible attention, j'espère qu'avec ce long chapitre, je serais pardonnée?

J'ai été très contente que le précédent chapitre vous ait plus alors que pour ma part, je ne peux plus le voir en peinture. Je crois que c'est à force d'avoir plancher dessus depuis prés de 2 mois qu'il me donne cet effet là.

De plus, la scène dans le bar avec les deux s****** vous a énormément plut! Je trouve ça étonnant, pas vous? ;)

Comme promis, un chapitre plus centré sur Edward et Bella, et noël chez les Cullen, mais pas forcément dans cet ordre là.

Réponse aux personnes sans compte:

-Felicitie: Merci de toujours apprécier ce que je vais et je te souhaite aussi de bonne fête de fin d'année! Bisous!

-Martine16: Je crois que je me suis un peu lâché avec l'alcool, je te l'accorde mais c'était drôle à écrire. A consommer avec modération surtout! ;) Bisous!

-Izzie: J'ai beaucoup aimé écrire le moment entre Edward et blondasse/brunasse, je pouvais un peu me lâcher sur les deux choses. Carlisle ne sait pas qui est vraiment James, et puis Victoria est l'ex patronne de Bella, ce n'est pas complétement une inconnue non plus. Ça aura de grosse conséquence, je te l'accorde. Bisous!

-Elo: Je pense que j'avais fait un POV de James plus long, mais c'est à vérifier, je ne fais pas attention. C'est pas facile de rester dans sa tête aussi longtemps qu'avec Bella ou Edward, il est vraiment cinglé, chose que je ne suis pas entièrement. Et pour Alice bah... c'est Alice quoi! Coupable de réservé un karaoké pour 3 personnes c'est tout à fait son genre. Et moi qui n'aime pas chanter, je ne parlerais plus non plus à ma meilleure amie si elle me faisait un coup pareil. Est-ce que tu insinues que Bella et Edward vont faire des choses coquines? Hum... Il faudra lire le chapitre pour le savoir. Tu as bien de la chance d'être une personne anti-maladie, pour ma part je suis tout le temps malade! L'horreur! À bientôt!

-Rose: J'avoue que ce n'est pas une fiction très réjouissante à écrire, mais elle me tient à coeur alors j'y met tout ce que j'ai dedans. De plus, je suis récompensée par vos reviews et compliments que je reçois dans ma boite et, crois-moi, c'est très très touchant. Merci beaucoup! Bisous!

-twilight-et-the-vampire: Voilà la suite que tu attendais! À bientôt!

-leadu31: J'avoue que j'ai un peu fait durer le suspense pour la scène du baiser entre Bella & Edward, mais je suis une sadique dans l'âme je pense. Je sais que l'attente se fait longue pour ses derniers chapitres et j'en suis désolée. À bientôt!

-Nathalie: Oui, c'est normal que ça a tardé. Vu que tu n'es pas inscrite au site, laisse-moi ton adresse mail par MP si tu veux que je te réponds. Et comme on dit, sadique un jour, sadique toujours! À bientôt!

-Anna: Comme tu l'as dit, je suis trop sadique pour dire ce qui se passe après le teaser que j'ai laissé, mais ce n'est pas quelque chose de grave si tu veux savoir. Merci beaucoup pour ta fidélité et ton enthousiasme, ça fait toujours très plaisir à lire. À bientôt!

-Laura: Merci beaucoup d'apprécier mon travail, mais malheureusement, ce n'est pas la meilleure fiction sur Twilight qu'il y a sur Fanfiction. À bientôt!

Merci à: AnaïsB, Anaïs88, Sloubi, felicitie, , ChloeJJ, lolall, Martine16, Izzie, Em 81×2, Gaelle-51, Phika 17, Misslapy, ousna×2, Cricrou86, Grazie, Elo×2, lyllou42×2, Habswifes, rose, caropat07, twilight-et-the-vampire, liloulou, leadu31, Nathalie×2, Xukette, Anna, Miss Delou, Laura, Scrabinou et Lydouille pour vos review.

Merci à: ChloeJJ, lynaa, AnaïsB, romance-twilight, Carlie Hale, Cricrou86, Habswifes, frista, sonia7662, Nedwige, mlca66, liloulou, sunset edwella, Scarpy, canada02, Scarpy, eac76, Scrabinou, alexandra13, Cricri2388, lili8862, Fredanya, leenat, Lydouille, bellaeva, Crystalised. Girl et MaudBlackCullen pour m'avoir mise en story alert, favorite story ou favorite author.

Disclamer: Tout les personnages appartiennent à S.M.

Un GRAND merci à ma bêta Phika17! (L)

/!\ Très très long chapitre /!\

Bonne lecture,
Clairouille59.

Chapitre 27: Fête en famille

Samedi 25 décembre 2010

POV Bella

Je regardais mon reflet dans le miroir de la chambre et ce qu'il me renvoyait me donnait envie de m'enfuir sous ma couette au plus vite. Alice avait insisté pour m'habiller pour ce soir, me mettant dans une colère noire mais elle avait touché mon point sensible: Edward. Et le pire dans tout ça, c'est qu'il ne me verrait grand maximum une demi-heure parce qu'il avait une garde à l'hôpital ce soir et qu'il n'avait pas pu se libérer. J'ai voulu être forte, lui dire que les patients avaient de la chance de l'avoir et tout le reste, mais je ne m'étais pas convaincue moi-même. Mon premier noël avec lui n'existerait pas. Je n'étais pas fleur-bleue, j'étais même complètement à l'opposée de ça et d'Alice, mais Edward était spécial et j'ai cru que ce noël le serait aussi. Alors, maintenant, je me retrouvais à me fixer dans la glace, me trouvant un tant soit peu jolie en pensant qu'Edward ne serait pas là lorsque nous dînerons, ni même lorsque nous ouvrirons les cadeaux. Il ne sera pas là tout court. Je m'étonnais toujours de voir à quel point je m'étais attachée à lui, à quel point je l'aimais et, des fois, ça me faisait peur. Je soupirais pour la énième fois de la journée, détournant le regard de cette femme qui me regardait avec insistance dans le miroir.

-Bella, je peux rentrer? S'enquit le lutin maléfique.

Elle n'attendit pas ma réponse et ouvrit la porte, sautillant sur place comme une enfant devant un magasin de bonbon.

-Tu es sublime! S'extasia-t-elle. Je suis fière de moi, j'ai choisi la robe qu'il te fallait pour ce soir. Je te déclare officiellement parfaite!

Je roulai des yeux en m'asseyant sur le bord de mon lit, enfin je m'apprêtai à le faire avant qu'elle ne hurle au scandale.

-Ne t'assoit pas, tu vas froisser le tissu!

-Je suis censée rester debout toute la soirée?

-Non, juste le temps qu'Edward te voie, répondit-elle comme si c'était une évidence. Justement, ton prince charmant t'attend avec impatience dans le salon.

-Et tu vas où, toi?

-Jasper est venue me chercher! On se voit là-bas!

-Et moi? J'appelle Superman pour qu'il m'emmène?

Elle gloussa et remit une barrette dans ses cheveux avec grand soin.

-Edward s'est proposé pour t'accompagner, mais si tu le nommes ainsi quand vous faites des choses coquines...

-Alice! Rougis-je. Va-t'en avant que je ne te balance cette maudite chaussure sur la tête!

-J'y vais! À tout à l'heure!

Elle vola littéralement vers la porte d'entrée, saluant Edward au passage qui semblait nerveux au son de sa voix. Et sincèrement, il n'était pas le seul. La porte claqua derrière Alice, et je me sentis complètement stupide à rester là, debout sans savoir quoi faire à part avoir une frousse bleue de sortir de cette chambre. Je me retins de justesse de mordiller ma lèvre, sachant d'ores et déjà qu'Alice me tuerait si elle voyait que mon maquillage avait disparu de mon visage. Je respirai un bon coup et sortis de la chambre, tanguant un peu sur les chaussures ridicules qu'Alice m'avait fait mettre. Je n'allais pas passer ma soirée avec ces échasses. Mes talons claquaient contre le parquet de l'appartement, au même rythme que mon coeur qui n'arrêtait pas sa course folle. Edward se tenait presque dos à moi, le regard planant vers la grande baie vitrée qui donnait sur une partie de la ville de Seattle, toujours aussi beau, vêtu d'un simple jean et d'un pull bleu foncé. À peine j'eus le temps de le détailler, comme mon esprit pervers me l'avait demandé, qu'il se retourna vers moi, ses yeux émeraudes cherchant les miens. Je m'empourprais alors qu'il me fixait aussi intensément que moi, quelques minutes plus tôt. Rien ne passant inaperçu sous son regard, chaque forme, chaque courbe et recoin de mon anatomie passaient aux rayons X.

-Je ne pourrais même pas profiter de toi dans cette tenue, soupira-t-il. Dieu que la vie est injuste.

-Alice m'a obligé à la mettre, je n'ai pas vraiment eu le choix, marmonnai-je.

-Et elle a eu raison. Tu es absolument éblouissante dans cette robe.

Mes joues ne furent que brasier alors qu'il s'avançait vers moi pour me prendre dans ses bras. Je retins in-extremis un gémissement de satisfaction. Je me perdis rapidement dans un océan d'émeraude.

-Je sais que tu ne veux pas entendre ça ce soir, mais je suis désolé de ne pas pouvoir être là lors de notre premier noël.

-Tant que tu me reviens, c'est le principal.

-Il y a de forte chance pour que je me glisse dans ton lit demain matin, assura-t-il.

Je rougis un peu et il en profita pour m'embrasser avec volupté. Je me laissais glisser dans ce nuage de douceur et répondis avidement à son baiser. Il gémit, faisant battre mon coeur à tout rompre, et demanda l'accès à ma bouche de sa langue aventureuse. J'étais à deux doigts de laisser les autres en plan pour donner le cadeau de noël de suite à Edward, sans plus de résistance. Je n'étais qu'une femme bourrée d'hormone devant lui. Il joua habilement avec ma langue pendant que je fourrageais dans ses cheveux avec insistance. C'est à ce moment-là qu'Edward perdit un peu le contrôle de son corps et de ses envies insatisfaites. Mon dos percuta un des murs du salon et une main attrapa ma cuisse pour me soulever, sans jamais quitter ma bouche, afin qu'il m'aide à enrouler mes jambes autour de sa taille. Mon corps était littéralement en feu, toutes mes veines s'embrasaient dès que nous nous touchions et, sincèrement, je détestais être une fille en chaleur à longueur de journée mais, c'était comme s'il y avait un manque dans mon bas ventre que lui seul pouvait combler. Courage Bella, plus que quelques heures. À court d'oxygène, Edward libéra ma bouche de la sienne, essoufflé mais un sourire ravi et fier au visage.

-Et bien, chuchota-t-il, ce n'était pas forcément prévu au programme mais je me sens beaucoup mieux maintenant.

Je ris un peu, mais, au fond, j'étais frustrée de ne pas aller plus loin. En parfait gentleman, Edward m'embrassa doucement une dernière fois et me remit sur pied, remettant mes cheveux derrières mes oreilles. Je me retins de rougir sous son regard pénétrant et soupirai lourdement.

-Quelque chose ne va pas? S'enquit-il, inquiet.

-C'est juste que... que je ne sais pas comment je dois me comporter ce soir.

-De quoi est-ce que tu parles? Sois toi-même, et rien d'autre.

-C'est plus facile à dire lorsque tu es là, chuchotai-je.

Il soupira tristement et, l'instant d'après, je me retrouvais dans ses bras, presque écrasée contre lui.

-Je suis tellement désolé de ne pas pouvoir être avec toi ce soir... Dieu sait que j'aurais voulu être à tes côtés.

-Je le sais bien, c'est égoïste de ma part de te vouloir auprès de moi.

-Ne dis pas ça, moi aussi j'aimerais être à tes côtés plutôt qu'à l'hôpital, crois-moi. Avec un peu de chance, noël prochain, je ne serais pas de garde.

Je ne relevais pas, enfouissant mon visage contre son torse, les yeux brillants de larmes. Personne ne pouvait savoir si je serais là au prochain noël. Aucun spécialiste, ni Médecin, ni Edward et... ni moi. Peut-être était-ce le dernier que je fêterais et que j'en étais pas consciente. De toute façon, comment pourrais-je le savoir? Je vivais avec ce doute et cette épée de Damoclès au-dessus de ma tête, constamment, profitant des moments bénis qu'Edward me donnait. Nous restâmes là, enlacés, comme les jeunes amoureux que nous étions, avant qu'il ne fredonne la mélodie qu'il avait l'habitude de chanter quand je commençais à m'endormir contre lui et décala légèrement ses doigts pour en poser une sur mes hanches et l'autre dans ma main. Doucement, il se balança et je compris qu'il dansait, là, en plein milieu du salon pour seul rythme de musique: sa voix. Le coeur battant, gênée par cette initiative, je me sentis rougir, maladroite.

-Pourquoi rougis-tu? Sourit Edward.

-Je... Je ne sais pas... danser, soufflai-je, honteuse.

-Ça peut s'arranger.

Je relevais la tête vers lui, curieuse avant qu'il n'enroule un bras autour de ma fine taille pour poser mes pieds sur les siens, comme une enfant. Je ris un peu, me relaxant, et me laissai guider dans ce pas de danse improvisée.

-Je n'aurais pas la chance de pouvoir te faire danser chez mes parents ce soir, alors autant le faire ici, non?

Je piquais un fard, sous son amusement, et il continua à nous faire tourbillonner avec grâce dans le salon sans jamais flancher à cause de mon poids et sans arrêter de fredonner. Un léger sourire s'étira sur mes lèvres, bien malgré moi, alors qu'Edward ne semblait pas vouloir mettre fin à notre danse improvisée dans le salon. Pas que ça me dérangeait d'être dans ses bras, encore un moment, mais plus on retarderait le moment de se quitter, et plus ça sera douloureux et dur. Il dut en prendre conscience car ses bras m'écrasèrent littéralement contre lui, renforçant ses mains sur mes hanches.

-Je n'ai pas envie d'y aller, souffla-t-il à mon oreille.

-Vois le côté positif, tu n'auras pas à supporter l'excentricité d'Alice pendant la soirée.

Il rit doucement contre la peau de ma gorge, soupirant et baissant les yeux vers moi.

-On devrait y aller, murmurai-je. Sinon, tu vas être en retard, et Alice va me tuer.

Il hocha la tête, raide et un frisson me parcourut lorsque ses bras s'échappèrent de moi. Tout se passa très rapidement ensuite. Edward m'aida à enfiler mon manteau, vérifia si j'avais bien pris mes médicaments, m'exaspérant encore plus, et nous fûmes dans l'ascenseur lorsqu'il m'assura qu'il avait mis nos cadeaux dans le coffre de la voiture. Ça aurait été un prétexte pour rester plus longtemps avec lui. Je réprimai un soupir de désolation et suivis Edward tant bien que mal, sa main dans la mienne. Il me fit un pauvre sourire compatissant et fit tourner le moteur pour m'emmener vers la maison de ses parents, en dehors du centre ville. Je n'y avais jamais mis les pieds, ils venaient toujours nous voir quand ils le pouvaient et ce n'était pas mon genre de rendre visite aux personnes comme ça, même si je les connaissais et m'entendais très bien avec eux.

-Hey, souffla Edward, caressant ma joue du bout des doigts. Tout va bien?

-Oui, ne t'inquiète pas, souris-je avec difficulté. Roule vers la maison du bonheur va!

Je ris doucement et il mit la première en direction de la maison de ses parents. Le trajet fut assez silencieux, hormis les quelques musiques entre deux spots publicitaires à la radio et le bruit du moteur. Nous ne voulions pas briser ce silence.

-Tu crois qu'ils vont apprécier leurs cadeaux? Intervint Edward.

-Vu le temps qu'on a mis pour les trouver, j'espère bien!

-Tu ne veux toujours pas me dire le cadeau pour ma mère?

-Pas le moins du monde. De toute façon, tu le sauras bien assez tôt, non?

Il fit la moue, ce qui me fit rire. J'avais insisté pour m'occuper du cadeau d'Esmée. L'idée avait germé dans mon esprit juste après que les parents d'Edward avaient su pour nous deux. Ça m'avait paru tout à fait logique de lui offrir ce genre de cadeau car c'était une mère digne et un modèle. Si je survivais, ou plutôt si je devais survivre à ma tumeur, et que le projet d'avoir des enfants avec Edward serait possible, je voudrais être une mère comme elle avec ma progéniture. Elle est tout ce que ma propre mère n'a pas été, à commencer par le mot lui-même.

-Pourquoi tu ne veux pas me le dire? Se renfrogna Edward, s'arrêtant devant un feu rouge.

Je roulai des yeux avant de tourner la tête vers lui.

-Tu ne vas pas lâcher le morceau.

C'était une affirmation.

-Non.

Je me mordis la lèvre inférieure, et j'étais persuadée d'avoir entendu Edward gémir. Ça doit être les hormones qui refont des siennes.

-Très bien, j'accepte de te dire ce que c'est mais à une condition.

-Je sens que je vais regretter d'être aussi curieux, soupira-t-il.

Je lui donnai un léger coup de poing sur son épaule droite, faussement outrée, ce qui le fit rire au éclat.

-Et bien, je t'écoute, sourit-il. Qu'est-ce que je dois faire pour que ma démone de petite-amie veuille bien dire le cadeau qu'on offre à ma mère pour noël?

Je jouais avec mes doigts, nerveuse.

-Je me demandais... Enfin, je... Tu es Interne et tu... tu n'as pas forcément un salaire élevé et...

-Tourne pas autour du pot ma jolie, sourit Edward en s'élançant vers un petit chemin d'un quartier calme.

-Comment se fait-il que tu aies autant... d'argent? Murmurai-je.

Sa main glissa sur le levier de vitesse, faisant naître une plainte du moteur de la voiture. Il était plus surpris que je ne l'aurais cru. C'était peut-être pas une bonne idée de lui poser la question. Et je ne pouvais même pas revenir en arrière... Edward se reprit et se racla la gorge.

-Tu veux savoir comment ça se fait que j'ai une vie aussi... aisée et sécurisée financièrement?

-Oui... Enfin non, pas vraiment! Laisse tomber, je... je ne sais même plus ce que je disais, je... Bafouillai-je lamentablement.

-Ta question est légitime, me coupa-t-il, et elle ne m'offense pas si ça peut te rassurer.

Mentalement, je soufflai de soulagement. Je ne voulais pas qu'il pense que j'étais avec lui à cause de son compte en banque ou autre chose d'aussi stupide.

-Mon grand-père était Pasteur, en Angleterre, bien avant que je vienne au monde. Il est venu aux États-Unis lorsque mon père a connu Esmée, car il voulait rencontrer sa belle-fille et finalement il n'est jamais reparti. Le diocèse de sa paroisse en Outre-Atlantique avait refusé sa mutation à Seattle et, n'ayant plus aucun moyen de financement, il s'est mis à s'intéresser à la Bourse. Et par je ne sais quelle chance, il a réussi à miser sur les entreprises naissantes d'aujourd'hui.

-Quelle genre d'entreprise?

-Étrangement, je n'en sais pas plus que toi sur le sujet, mais ce que je peux te dire c'est que, sous ses allures de papi gâteau, il a un compte en banque bien garni.

-Quoi, tu vas me dire que ton grand-père est... millionnaire? Me moquai-je.

Je n'en crus pas mes yeux lorsque je vis des rougeurs apparaître sur ses joues. Oh. Mon. Dieu. J'ouvris la bouche pour dire quelque chose, mais je ressemblais plutôt à un poisson hors de l'eau. Je me tenais sur l'accoudoir, essayant de reprendre mes esprits.

-Ton... Ton grand-père est... est riche... jusqu'à quel point, Edward?

Il se racla une seconde fois la gorge.

-Assez pour me donner des parts de ses investissements? Répondit-il, timidement.

Ma mâchoire se décrocha pour, de un, le fait de savoir que mon petit-ami avait un compte en banque à faire pâlir un banquier lui-même, et de deux, à cause de l'allée où l'on venait de franchir le portail sans que je ne m'en rende compte. Je vais m'évanouir. Je n'avais jamais mis les pieds dans la demeure principale des Cullen, juste celle de Forks, qui était déjà incroyable, et parce qu'ils venaient nous rendre visite à cause de ma maladie. C'était la maison la plus grande que je n'ai jamais vu de toute ma vie. Rien à voir avec leur maison secondaire à Forks. Elle paraissait même minuscule par rapport à celle-ci! Ma respiration s'accéléra dangereusement, alertant Edward à mes côtés.

-Bella? Est-ce que tu vas bien?

-Je... Oui, je... je vais bien.

J'entendis Edward retirer sa ceinture, et il fit de même pour la mienne avant de m'obliger à me retourner vers lui, ses mains prenant en coupe mon visage.

-Je suis désolé de t'avoir caché ça, dit-il, honteux, mais j'aime pas qu'on s'intéresse à moi rien que pour mon porte-feuille.

-Tu croyais que j'étais avec toi juste pour ton argent? Murmurai-je, blessée.

-Non! Bien sûr que non! Tu es la personne la plus pure et généreuse que je connaisse, alors ça ne m'est jamais venu à l'esprit. Mais je ne voulais pas que ton comportement change par rapport à ça.

-Je suis juste choquée! Je viens d'apprendre que ton grand-père est un homme riche et que, toi, tu...

-Et moi rien du tout, Bella. Mon grand-père m'a donné quelques parts lors de mes dix-huit ans, et je les ai utilisé afin de payer mes études, et ma voiture. Je suis très économe, sauf quand il s'agit de ma famille, ou de toi, bien évidemment.

-Edward...

-Est-ce que ça change pour toi?

Je le regardais dans ses yeux inquiets et anxieux. Si on m'avait dit un jour que je sortirais avec un... millionnaire, et que sa famille l'était tout autant, je ne l'aurais jamais cru. Mais je me fichais de l'argent, tout ce qui m'importe c'est la personne.

-Non, ça ne change rien pour moi.

-Alors, tout est parfait.

Il me sourit avec de m'embrasser doucement les lèvres, baissant un peu une main pour se nicher dans le creux de ma gorge. Je gémis de surprise mais bien vite remplacer par les bienfaits de sa bouche contre la mienne. Je répondis à son baiser avec autant de vigueur que mon corps m'autorisait et l'espace exigüe de la voiture. Sa langue investit rapidement l'espace entre mes deux lèvres, le faisant grogner de plaisir. Je souris contre sa bouche et me rapprochai de lui... enfin, c'était mon attention.

-Oh, ils ne sont pas mignons, Carlisle? Soupira Esmée de bonheur.

Edward et moi, nous nous écartâmes rapidement l'un de l'autre, comme électrocutés. Je rougis violemment lorsque je vis Carlisle et Esmée se tenir devant la voiture, cette dernière avec les mains jointes devant elle, en parfaite extase devant la scène qu'elle venait de voir. À l'opposé, Carlisle semblait amusé et regardait son fils avec un mélange de moquerie et de fierté.

-Tu aurais pu les laisser tranquilles, non? S'enquit-t-il.

-Laisse-moi un peu d'air, veux-tu? Ils sont si adorables ensemble. Zut, j'aurais dû prendre l'appareil photo...

-Euh... Vous savez qu'on vous entend? Dit Edward, gêné.

-Qu'est-ce que tu attends pour sortir de la voiture, alors? Intervint le grand-père d'Edward.

Mon regard resta bloqué sur lui, et j'eus un mal fou à m'en détacher parce que je voyais un chèque avec un montant exorbitant au-dessus de sa tête. Je suis folle. À mes côtés, Edward soupira et me regarda, comme pour se donner du courage. Et il nous en faudra pour affronter sa famille, et un bout de la mienne. Je lui fis un pauvre sourire avant que nous sortions tous les deux de l'habitacle de la voiture chauffée pour le froid de l'hiver. Esmée fut la première à m'enlacer.

-Je suis contente que tu sois là, sourit-elle. Et excuse mon comportement, je suis un peu extravagante des fois.

-Oh, ce n'est rien, la rassurai-je à moitié, j'ai connu pire avec Alice.

-Ça, je n'en doute pas, se moqua Carlisle. Heureux de te compter parmi nous, Bella.

Il me prit doucement dans ses bras, comme sa femme quelques secondes auparavant me mettant un peu plus à l'aise. Derrière lui, Edward saluait son grand-père tout en le grondant d'être sorti dehors sous ce froid.

-On dirait entendre ton père, marmonna ce dernier, c'est affligeant. Bon, on ne va pas camper dehors, si?

Carlisle rit tout en secouant la tête.

-Hors de question, je ne voudrais pas avoir à t'ausculter toi et ta mauvaise humeur.

-Une raison tout à fait raisonnable. Alors rentrons, nous avons des invités tout de même! Et au passage, bien le bonjour chère Bella!

-Euh... Je, oui... bonjour, bredouillai-je en rougissant.

-Un coup de main pour tes paquets, Edward? Proposa Carlisle.

-C'est pas de refus.

-Laissons les hommes emmener vos cadeaux à l'intérieur, Bella, me dit Esmée. Rentrons avant d'attraper froid.

Esmée me prit le bras en m'emmenant doucement mais sûrement vers son immense maison. En la regardant de plus près, villa serait plus adéquat comme qualificatif. Et si j'étais soufflée par l'extérieur, ce n'était rien comparé à l'intérieur de celle-ci. Tout était si lumineux, si grand que c'en était presque irréel. De grands plafonds, des couleurs épurées, des meubles simples mais somptueux et de grandes fenêtres qui éclairaient la pièce de façon enchanteresse. Mon Dieu, c'était magnifique! À l'intérieur, je fus pris en main par une personne que je ne connaissais que trop, Esmée aidant son mari à ne pas tomber avec tous les cadeaux qu'on avait emmenés et nous laissant seuls par la même occasion.

-Si Mademoiselle veut bien me donner son manteau, susurra Edward près de mon oreille.

Mon cerveau fit abstraction de l'endroit où j'étais et se connecta à la présence d'Edward derrière moi. Je sentis sa chaleur glisser sur ma peau, malgré l'épaisseur de mes habits, et son odeur s'infiltrer dans mes narines, me faisant légèrement frémir. Ciel, je n'étais pas sûre de pouvoir résister sans lui sauter dessus. Mes doigts déboutonnèrent mes boutons en tremblant un peu et il finit le travail en m'enlevant le vêtement encombrant pour l'accrocher au porte-manteau. Nos regards se croisèrent alors qu'il vint devant moi, et je dus mordre l'intérieur de ma joue pour ne pas faire quelque chose d'indécent dans la seconde. Les yeux d'Edward noircirent de désir mais avant que je n'ouvre la bouche pour lui dire une parole malicieuse, je fus propulsée par une minuscule silhouette vêtue d'une robe rouge.

-Alice, tu m'étouffes! Soufflai-je avec le peu d'oxygène qui me restait dans les poumons.

-Oups, désolée! Sourit ma meilleure amie.

-Alice, soupira Jasper qui arrivait à son tour, combien de fois vais-je devoir te dire de ne pas faire ça aux gens que tu rencontres?

-C'est pas une inconnue, c'est Bella! Bouda Alice.

Jasper secoua la tête, mais je vis distinctement un sourire planer sur ses lèvres. Ah, l'amour!

-Salut, Jasper, le saluai-je.

-Salut, Bella! Tu es très jolie dans cette robe. Étonnant que vous ne soyez pas en retard...

Je rougis sous son sous-entendu alors qu'Edward lui lança un regard noir.

-Tout le monde n'est pas aussi obsédé que toi, grogna ce dernier.

-Ça, c'est sûr! Dit Alice, en roulant des yeux en allant vers une autre pièce.

-Quoi? S'étonna Jasper. Mais qu'est-ce que tu veux dire par-là? Alice!

Je ris doucement et me rapprochai d'Edward, le corps en feu.

-Alors comme ça, tu avais prévu qu'on soit en retard? Murmurai-je, malicieusement.

-Si tu savais...

J'embrassai sa bouche avec délice mais nous fûmes interrompus par Esmée qui revint vers nous.

-Oh, désolée, s'excusa-t-elle. Mais, je me demandais si Edward avait le temps de boire quelque chose avant d'aller à l'hôpital?

-Désolé, maman mais je vais être en retard si j'accepte. De toute façon, on se voit demain.

-J'aurais préféré que tu sois là aujourd'hui...

Edward s'approcha de sa mère et embrassa le sommet de son crâne.

-Je suis sincèrement désolé de ne pas pouvoir fêter noël avec vous, mais le chef ne m'a pas fait de cadeau cette année. Je vais saluer les autres avant de m'en aller.

Esmée hocha la tête et son fils quitta l'entrée, me lançant un regard désolé. Moi aussi j'aurais aimé qu'il soit là ce soir, mais le destin n'était pas de cet avis.

-Je ne veux pas passer pour une mère poule, commença ma belle-mère, mais pour notre premier noël tous ensemble, j'aurais aimé qu'il soit là, ainsi que pour toi, Bella.

-Moi aussi, Esmée, chuchotai-je. Mais ça ne sera sûrement pas la première fois qu'il sera de garde le soir de noël.

-Je suis une mère, j'ai toujours du mal à accepter qu'il soit loin de moi. Bon, si on allait rejoindre les autres? Ton père et ton frère sont arrivés il y a peu et ils meurent d'impatience de te voir.

Je levai les yeux au ciel, lafaisant rire doucement. Elle prit mon rythme de marche et m'emmena vers, ce que je supposai, le salon. Wow. Je crois que je n'ai jamais vu une pièce aussi spacieuse et idyllique que celle-ci. Des canapés en tissu beige entouraientune cheminée juste en dessus d'un grand écran plat accrochait sur le mur. Un tapis marron épais étouffaitle bruit de mes pas, alors qu'un lustre luxueux en cristal ornait le plafond. Des tableaux étaient accrochés au mur, ainsi que quelques cadres photos discretssur la ditecheminée près du plus grand sapin de noël que j'ai jamais vu, toujours somptueux. Je souris en voyant un grand piano à queue près de la baie vitrée qui contrastaitmerveilleusement avec le coin salle à manger qui était dans la continuité du salon. La table était dresséeavec goût, deux chandeliers opposés l'unàl'autre, une vaisselle légère et fragile nous attendaitdéjà. Tout était magnifique.

-Votre maison est sublime, Esmée, dis-je avec enthousiasme.

-Oh, merci beaucoup Bella! Sourit-elle. Sans Edward à m'occuper, j'ai énormément de temps à consacrer à la décoration de la maison. Carlisle devient fou à force de tous ces changements!

Je l'accompagnai dans son rire au moment où mon père me remarqua après avoir salué Edward.

-Cette robe te va à merveille, me dit Charlie, un peu gêné.

Je m'empourprai de suite. Comme à son habitude, il était habillé aussi simplement que banalement.

-Merci, papa.

Il tapota maladroitement mon épaule de sa main.

-Salut Bella! Me sourit Rosalie.

-Bonjour, Rosalie. Tu es très belle dans cette robe.

Une robe rose pâle qui lui allait comme un gant alors que je devais ressembler à un sac avec la mienne. La vie est injuste.

-Je peux te retourner le compliment.

Je souris poliment alors que je ne pensais pas pareil qu'elle avant que mon frère pousse un cri de soulagement.

-Enfin, tu es là! S'exclama-t-il. Je me demandais ce qui te prenait autant de temps. Est-ce qu'Edward t'a fait faire des choses plus intéressantes que t'accompagner jusqu'ici?

Je lui lançai un regard noir, sous l'amusement général et l'embarras d'Edward. Je crois que mon frère a un gros problème au niveau de la ceinture.

-Je te signale que je suis parfaitement à l'heure, et quand bien même j'avais fait des choses qui choqueraient tes chastes yeux, ça ne te regarde pas. Maintenant, empiffre-toi et fiche-moi la paix pour la soirée. Merci d'avance!

Un gros blanc suivit et je me rendis compte que je venais d'engueuler mon frère devant ma belle-famille ainsi que mes amis. Finalement, il n'y avait pas que lui qui avait un problème dernièrement.

-Je propose qu'on boive en l'honneur de cette fête de noël! Dit Carlisle.

-Oh, j'ai oublié de sortir le Eggnog (*) du réfrigérateur! S'alarma Esmée.

Tous sourirent, enfin sauf Emmett qui reçut une tape sur le crâne par Rosalie qui marmonnait à son égard.

-Je vais y aller, annonça Edward. Encore désolé de ne pas être des vôtres ce soir, j'espère que vous penserez à moi lorsque vous mangerez les délicieux plats de ma mère alors que je vais devoir me satisfaire d'un sandwich en plastique.

Il salua une dernière fois tout le monde et m'emmena à sa suite, en me portant presque jusqu'à l'entrée. Immédiatement, il m'enlaça fortement contre lui et je me laissai bercer dans ses bras.

-Tu vas tellement me manquer ce soir, murmura-t-il à mon oreille. Ne pas sentir ta chaleur contre moi, ni t'entendre parler lorsque tu dors, ni te voir rougir quand tu ouvriras tes cadeaux de noël.

J'encerclai mes bras autour de son cou avec le plus de force que je possédais.

-Tu vas me manquer aussi, répondis-je. Plus que tu ne le penses.

Je le sentis sourire contre mon oreille avant que sa bouche ne rejoigne la mienne pour le dernier baiser jusqu'à demain matin. Bien vite, notre échange doux et tendre devint fougueux et passionné à l'image de notre envie. Mes mains s'enfouirent dans ses cheveux indomptables alors que les siennes étaient respectivement dans le creux de mes reins et de ma gorge. Sa langue demanda l'accès à ma bouche, que je lui accordai dans la seconde et elle rencontra la mienne dans un élan envieux. Tout mon corps collait contre le sien, j'aurais aimé profiter de cet instant un peu plus longtemps mais le manque d'oxygène se fit ressentir et Edward le remarqua. Essoufflée, les joues en feu et les yeux clos, je posai mon front contre son torse, reprenant mon souffle. Tendrement, les mains d'Edward montèrent et descendirent le long de mon dos, faisant naître de doux frissons en moi.

-Oublie pas, demain matin, dans ton lit, répéta Edward.

-J'en prends note.

Il soupira et je quittai ses bras réconfortants pour le froid de son absence.

-Tes cachets sont dans la poche de ton manteau et si tu sens que tu ne vas pas bien, n'hésite pas à le dire à mon père, d'accord?

-Edward, soupirai-je.

-Promets-le moi!

Je roulai des yeux.

-Je te promet d'avertir ton père si je me sens pas bien ou si je suis fatiguée. Ça te va?

-Je pourrais prendre mon service en étant sûr que tu ne feras pas ta tête de mule ce soir.

Je lui tirai la langue, le faisant rire. Mais, bien vite, la réalité s'imposa.

-Tu devrais y aller avant que je ne t'attache sur une chaise avec du ruban adhésif.

-Tu en serais capable? Dit-il avec malice.

-Oh que oui!

Il me sourit et m'embrassa une dernière fois, s'attardant un peu plus longtemps que prévu sur mes lèvres. Je le repoussais en riant.

-Allez-vous-en, vilain garçon!

Il ronronna contre la peau de ma gorge, en prononçant les mots qui faisaient chavirer mon coeur à chaque fois:

-Je t'aime.

-Je t'aime aussi.

Il me regarda une dernière fois, remit une mèche derrière mon oreille et claqua doucement la porte de l'entrée. Je restai là, comme une idiote, jusqu'à ce que le bruit du moteur de sa voiture ne me parvint plus aux oreilles. Je soupirai tristement en allant vers le salon, sans Edward.

O*O*O*O

-Et si on passait à table? Proposa Esmée avec enthousiasme.

-Ah, je meurs de faim! S'exclama Emmett.

-Tu as toujours faim, se lamenta mon père. Je me suis toujours demandé d'où te venait cet appétit.

-Sûrement pas de toi, se moqua son fils.

Tout le monde se leva et je fis un détour vers l'entrée pour aller chercher mes médicaments. Trainant des pieds, je pris ces maudites boîtes de couleur orange dans mes mains et dosai les gélules pour le dîner. Je n'avais pas beaucoup parlé pendant l'apéritif, ni beaucoup mangé, le coeur n'y était pas. Je voulais qu'Edward soit là, mais c'était impossible. Je me faisais l'impression d'être une gamine de 4 ans qui réclamait un bonbon, alors que je ne voulais que l'homme que j'aimais. Lamentable. Je suis sûre qu'Edward s'en sortait très bien là où il était, et qu'il ne se lamentait pas sur son sort comme j'étais en train de le faire maintenant. Je gémis et posai mon front contre le mur froid du couloir.

-Est-ce que tu vas bien, Bella? S'enquit une voix masculine.

Je sursautai quelque peu alors que Jasper me regardait avec incertitude sous l'arcade qui menait à la salle à manger.

-Oui, oui, je vais bien. C'est juste qu'...

-Edward te manque? Termina-t-il la phrase à ma place.

Je hochai pitoyablement la tête et soupirai, une fois de plus.

-Allez viens, tout le monde attend que tu t'installes. Et puis, Edward me tuerait si je ne m'occupais pas de toi.

-Tu n'es pas obligé, Jasper.

-Tu n'as pas entendu ce que je viens de dire? Edward. Me. Tuerait. Crois-moi, ça vaut le déplacement jusqu'à l'entrée de la maison.

Je lui fis un faible sourire et le suivis lorsqu'il me fit un signe théâtrale pour aller dans la salle à manger. Je sentis sa main effleurer mon dos, et je crus qu'Edward était de retour un instant vu sa prévenance. Oublions pas l'argument: Edward allait le tuer s'il me laissait seule. C'était un bon argument. Je me demandais si Edward avait demandé à tout le monde d'être aux petits soins avec moi. Il y a de forte chance, le connaissant comme ma poche... ou presque. Tout le monde était déjà installé, et je ne fus guère étonnée de me trouver entre mon frère et Alice. Je m'excusai de mon retard et profitai de l'ambiance générale pour avaler mes médicaments discrètement.

-Attention, c'est chaud! S'écria Esmée, arrivant avec une énorme dinde.

Il y avait tellement de plat sur la table que je me surpris à me demander comment elle avait eu le temps de faire tout ça et surtout de savoir comment on allait tout manger. Même si Emmett serait ravi de participer au nettoyage. Esmée posa doucement la dinde près de Carlisle qui aiguisait son couteau afin de la couper. Je repensais à la dernière fois que j'avais vu la même scène et sa femme qui lui demandait de couper la viande blanche et non lui. Je souris avant de reporter mon attention vers la table. Tout un assortiment de plat était déballé devant nous, au plus grand bonheur de mon frère qui se léchait les lèvres d'avance. En plus de l'énorme dinde qui nous attendait, il y avait du Pudding, une tourte au poulet, des haricots verts, une purée de patate douce, un rôti, des carottes en rondelles et la célèbre sauce de canneberge. Pas dans des saladiers normaux, mais dans les plus gros saladiers que je n'ai jamais vus dans un commerce.

-Esmée, demanda avec hésitation Rosalie, tu es sûre que tu ne vas pas inviter les voisins à manger?

-Bien sûr que non, se renfrogna-t-elle. Depuis que cette bonne femme à apprit a apprit à conduire, elle n'arrête pas de rouler sur mes fleurs. Mais pourquoi dont, ma chérie?

-Tu ne crois pas que tu as fait beaucoup à manger?

-Oh, tu crois? S'étonna-t-elle évasivement.

Son mari roula des yeux, exaspéré.

-Elle a fait la cuisine toute la journée, expliqua-t-il. Depuis ce matin 7h, jusqu'à ce que vous arriviez.

-C'est pas comme si je m'en plaignais! Se réjouit Emmett. Tu coupes la dinde, Carlisle?

Les paroles d'Emmett eurent le don de faire rire tout le monde, sauf mon père et moi trop las de ce genre de chose de sa part. Le chef de famille coupa la dinde avec précaution, sous les yeux inquiets de sa femme. Maintenant, je me sentais moins seule dans le monde des maladroits. Mais Carlisle réussit à finir sa tâche avec succès, aussi fier qu'un paon. Rosalie commença le service, comme elle devait en avoir l'habitude, suivie d'Esmée qui refusa l'aide d'Alice ou la mienne. On était les invités alors on devait arriver les pieds sous la table. Je me sentais un peu gênée par cette attention mais, bien vite, l'odeur des mets d'Esmée me vint aux narines et mon ventre gargouilla d'impatience.

-On devrait commencer à manger avant que cette jeune femme ne dévore son assiette! Sourit grand-père Cullen.

Je m'empourprai, une fois de plus, et tout le monde se dépêcha de s'asseoir et de se prendre la main pour le bénédicité. Comme à Thanksgiving, ce fut grand-père Cullen, faute de connaître son prénom, qui fut contribué à la tâche.

-Seigneur, bénis toutes les personnes assises autour de cette table ainsi que mon petit-fils, Edward, qui n'a pas pu se joindre à nous faute de sauver des vies à l'hôpital. Donne nous la force et la joie de poursuivre notre vie et qu'aucune maladie et malheur n'arrive à cette famille. Nous remercions tous Esmée pour ses plats et souhaitons la bienvenue à une nouvelle famille qui s'agrandit. Amen!

-Amen! Répétions tous ensemble.

Personne ne releva pour les paroles bienveillantes et nous commençâmes à manger avec appétit et bonne humeur. À la première bouchée, tout le monde était conquis par la cuisine de la maîtresse de maison, ce que personne ne se privait pour le lui dire.

-Mon Dieu Esmée, c'est délicieux! S'exclama Alice, à mes côtés.

-Ce n'est trois fois rien, répondit l'intéressée avec bonheur.

-Et encore, vous n'avez pas vu les desserts qu'elle nous a concoctés! Sourit Carlisle, regardant Esmée avec adoration.

Je détournais les yeux de cette scène, sentant encore plus l'absence d'Edward à ce dîner de noël.

-Si vous n'étiez pas déjà prise, dit Charlie, je vous demanderai en mariage!

Il y eut un silence seulement ponctué par les couverts d'Emmett qui tombèrent sur la table. Moi même, j'avais du mal à contenir ma stupeur. Est-ce que j'avais bien entendu?

-Papa, murmura Emmett, est-ce que tu viens de faire de l'humour?

-Qu'est-ce qu'il y a de si surprenant?

-Mais, qu'est-ce qui te prend? Pourquoi tu es si heureux? Pourquoi tu fais des blagues? Ça ne te ressemble pas!

Toutes les têtes étaient tournées vers mon père et mon frère, assis l'un à côté de l'autre et qui se regardaient chacun avec un étonnement peint sur le visage. Mais Emmett avait raison, notre père était étrange et, rien qu'au fait qu'il m'avait fait un compliment, c'était étrange!

-Je ne vois pas de quoi tu parles, se renfrogna Charlie.

J'écarquillai les yeux lorsque je le vis rougir violemment. Pas seulement à cause de l'attention qui lui était portée, mais parce que son fils avait mit le doigt sur quelque chose qui l'embarrassait et qu'il voulait garder secret pour l'instant. Je connaissais trop mon père pour qu'il réussisse à nous cacher quelque chose. Soudain, une idée germa dans mon esprit.

-Papa? L'appelai-je. Est-ce que tu... aurais rencontré quelqu'un?

Alice gloussa alors que le visage de mon père vira au pourpre.

-Bien sûr que... non, je... je ne suis avec personne! Qu'est-ce que... Non, personne, bafouilla-t-il.

-Oh mon Dieu, Bella! S'écria Emmett. Notre père a une vie sexuelle! C'est affreux!

Jasper éclata de rire, ainsi que Rosalie et discrètement suivis par Esmée et Carlisle. Pour ma part, ma bouche s'ouvrit en grand, décrochant presque la mâchoire, alors que Charlie ne semblait pas contredire son fils. Emmett a raison, c'est affreux! Je vais faire des cauchemars maintenant! Je posai doucement mes couverts de chaque côté de mon assiette et regardai mon père qui avait la tête baissée.

-Est-ce que Emmett a raison, papa? Tu es avec quelqu'un? Demandai-je, doucement.

-Je... Non... enfin, oui, chuchota-t-il, honteux.

-Et pourquoi tu nous as rien dit avant? Tu sais très bien qu'on serait heureux pour toi.

-Avec tout ce qui se passe, je ne voulais pas changer vos habitudes. Et puis, c'est tout récent, ce n'était pas planifié.

-Je suis fier de toi, papa! Sourit Emmett. J'avais peur pour toi, que ton engin ne se rouille au fil des années!

-Emmett! M'écriai-je. Peux-tu arrêter de faire des allusions sexuelles à chaque phrase qui sort de ta bouche! Mince, on est en train de manger!

-Idiot! Marmonna Rosalie en lui donnant une tape derrière la tête.

-Aïe, ça fait mal! Gémit-il.

-Et comment crois-tu que tu sois venu au monde, triple andouille? Soupira mon père. Par l'opération du saint esprit?

Grand-père Cullen explosa de rire.

-On dirait Carlisle et moi quelques années plus tôt, rit-il. C'était vraiment hilarant cette conversation, tu t'en souviens fiston?

-Pas vraiment, marmonna l'intéressé.

On changea de sujet, au grand plaisir de Charlie, vers la fameuse conversation entre le père et le fils Cullen. Je regrettai qu'Edward ne soit pas là, il aurait adoré entendre la discussion.

Le dîner se passa dans la bonne humeur, avec la participation de tout le monde... mais rarement de moi. Fort heureusement, personne ne le remarqua, ou ils étaient trop polis pour m'en faire part. Je votai pour la deuxième option. Edward me manquait, c'était indéniable mais ma tumeur avait refait des siennes pendant le repas. Plus d'une fois, mes couverts avaient tremblé entre mes doigts et mes maux de tête revenaient à la charge. Je ne voulais pas gâcher l'ambiance et encore moins le jour de noël alors, malgré la promesse faite à Edward, je me tus et restai sagement dans mon coin. Assis dans le salon, après avoir pris un morceau de buche à toutes les saveurs, l'horloge sonna ses douze coups et Alice tapa dans ses mains, surexcitée.

-C'est l'heure d'ouvrir les cadeaux! S'exclama-t-elle avec joie. Je suis tellement pressée!

-Alice, soupira Jasper, arrête de bouger comme ça, tu nous donnes le tournis.

-Désolée, Jazz...

Elle fit une moue boudeuse et alla se réfugier dans ses bras. Je détournais les yeux.

-Cette jeune demoiselle a raison, intervint grand-père Cullen, ouvrons les cadeaux maintenant, je ne suis pas sûr de pouvoir tenir encore longtemps. Je ne suis plus tout jeune!

-Ça, on l'avait remarqué! Contra Carlisle.

Son père lui lança un regard mauvais, m'arrachant un sourire. Rosalie retenait Emmett par le bras qui allait presque s'envoler du fait qu'Esmée s'était levée.

-Est-ce que quelqu'un veut boire un lait de poule avant que nous commencions à déballer les présents? Proposa-t-elle.

-Très bonne idée, approuva grand-père Cullen.

-Un petit verre, papa, gronda son fils.

-Bella? Est-ce que tu te laisserais tenter?

-Désolée Esmée, souris-je tristement, mais je n'ai pas le droit de boire de l'alcool à cause des médicaments.

-Bien sûr, suis-je bête, s'excusa-t-elle, un peu pompette. Tout le monde est partant alors?

Tout le monde hocha la tête et je jouai avec mes doigts, un peu mal à l'aise des regards qui tournaient vers moi.

-Toujours vos cachets contre le Cholestérol? Me demanda grand-père Cullen.

Un long silence s'en suivit après cette question, et je compris bien trop tard que personne ne lui avait dit pour moi et ma maladie. C'était le grand-père d'Edward, j'étais surprise qu'il soit encore dans l'ignorance. Peut-être était-ce dû à son âge avancé, et qu'il ne voulait pas l'effrayer.

-Papa, dit doucement Carlisle, je t'ai déjà dit que les cachets que prenaient Bella n'était pas pour du Cholestérol.

-Oh, c'est possible. Tu sais, à mon âge... J'espère que ce n'est pas trop grave, Mademoiselle?

-Non, juste...

-Je suis malade, coupai-je Carlisle, agacée qu'ils utilisent des pinces pour parler de ça. J'ai une tumeur au cerveau.

Charlie sursauta, comme s'il venait lui-même d'apprendre ce qui me tuait un peu chaque jour, alors qu'Emmett baissa la tête, blessé et inquiet des événements à venir. Ils étaient de ma famille, c'était ma chair et mon sang mais quelque chose se bloquait entre nous à cause de ma tumeur et je n'arrivais pas à mettre le doigt dessus. Lorsque j'en avais fait part à Alice, quelques jours plus tôt elle m'avait juste affirmé qu'ils s'inquiétaient énormément pour moi mais que, lorsque j'étais à leur côté, ils faisaient comme si de rien pour ne pas m'étouffer de trop. Moi la première, je détestais ça mais il y avait toujours ce petit truc qui me dérangeait, et je n'arrivai pas à savoir quoi. Alors que grand-père Cullen digérait la nouvelle, Esmée choisit ce moment pour revenir avec un plateau et le lait de poule tant attendu.

-Me revoilà! Sourit-elle. Tu sais, Carlisle, je crois que... Qu'est-ce que tu as, mon chéri?

J'aurais tellement voulu qu'Edward soit là. Je retenais avec difficulté les larmes qui menaçaient de couler d'une seconde à l'autre, et c'en fut trop pour Emmett qui m'écrasa contre lui, expulsant tout l'air de mes poumons.

-Je suis désolé, Bell's, mais on a été incapable de lui avouer ce que tu avais réellement.

Une deuxième main se fit ressentir dans mon dos. Malheureux et gêné, mon père remplaça mon frère et j'éclatai en sanglots. Je retenais trop de choses en moi et le fait qu'Edward n'était pas là accumulé le tout. Derrière mes pleurs, j'entendis Esmée gronder Carlisle et grand-père Cullen prenait partie pour moi.

-Après tout ce qu'elle a traversé, après ce qu'elle fait pour notre fils, tu oses cacher sa maladie à ton père? S'exclama Esmée. Mais qu'est-ce qui t'a pris?

-Moi aussi je voudrais bien le savoir, intervint son père.

-J'ai cru que c'était le mieux pour elle, qu'un groupe restreint de personne saches pour elle, se lamenta-t-il. J'ai convaincu Charlie et Emmett...

-Tu es vraiment un idiot, siffla sa femme.

Alors que mes larmes ne voulaient pas se taire, et qu'Alice prit la place de Charlie, Rosalie prit la parole:

-Je crois qu'on devrait écourter la soirée de noël, et que tout le monde se retrouve avec les bonnes personnes. De toute façon, on se revoit demain, n'est-ce pas?

-C'est une bonne idée, renchérit Jasper. C'était une magnifique soirée jusqu'à... quelques minutes plus tôt.

-On ramène Bella! Ordonna Alice à ce dernier. Tu es d'accord?

-Aucun problème.

Honteuse de m'être comportée ainsi, j'essuyai les larmes sur mes joues au même moment que d'autre prenait le relais par dessus.

-Je suis désolé, s'excusa Carlisle, je ne voulais pas...

-C'est pas à nous que tu devrais t'excuser, ragea Esmée à mon étonnement. C'est plutôt à Bella et à ton fils. Je suis sûre qu'il sera ravi lorsqu'il apprendra la nouvelle. Il savait ce qui était bien pour Bella, mais tu n'en as fait qu'à ta tête, comme d'habitude.

-Esmée, je...

Je n'entendis pas la fin de la conversation car Alice avait passé un de ses minuscules bras autour de mes épaules pour m'emmener vers l'entrée où elle m'aida à enfiler mon manteau rapidement.

-Je suis désolée, murmurai-je entre mes larmes. Je ne voulais pas.

-Ne dis pas n'importe quoi, me sermonna Alice. Ça devait arriver un jour où l'autre que tu craques et il vaut mieux que tu lâches tout ce que tu as au fond de toi au lieu de tout garder à l'intérieur.

-Jasper déteint sur toi...

-Rosalie n'arrête pas de me le dire! Allez viens, tu seras mieux à la maison. Charlie? Emmett? Vous rentrez?

-Je crois qu'il vaut mieux s'en aller, marmonna Charlie. Merci pour la soirée, Esmée.

-Tout le plaisir était pour moi, intervint celle-ci. Bella, je suis sincèrement désolée. Je croyais que Carlisle lui avait dit après Thanksgiving, c'était ce qu'Edward voulait pour toi, mais il ne l'a pas écouté. Mon beau-père est resté avec lui pour lui parler mais il me fait dire de te dire qu'il regrette ce qui s'est passé et que tu es une jeune femme comme il devrait en avoir des centaines sur cette Terre et que tu ne mérites pas ce qu'il t'arrive.

-Merci beaucoup. À demain...

-Bonne nuit, Bella.

J'esquissai d'un faible sourire et suivis Alice dans la voiture de Jasper. J'ai tout gâché. Il n'y avait que moi pour faire des trucs pareils, surtout le jour de noël. Je ne sais pas ce qu'il m'a pris, alors que je retenais facilement mes émotions d'habitude. Emmett et Rosalie me prirent dans leurs bras, me souhaitant bonne nuit et qu'on se reverrait demain. Charlie s'excusa d'être en retard pour le lendemain, devant passer au commissariat de police avant de venir nous voir. Je lui dis que ce n'était pas grave et montai à l'arrière de la voiture, silencieuse. Je frissonnai un peu à cause du froid.

-Dépêche Jazz! On gèle ici! Se plaignit Alice en mettant le chauffage.

-Moi qui ait cru que ça te ferait taire, chuchota-t-il pour lui-même.

-Hé! J'ai entendu!

Je souris, un peu amusée par leur dispute. Jasper mit la première en roula vers la sortie du quartier résidentiel des Cullen. J'eus un pincement au coeur.

-Arrête de t'en vouloir, Bella! Se renfrogna ma meilleure amie. Ce n'est pas de ta faute, d'accord? Personne ne t'en veut d'avoir pleuré. Et quand bien même ça serait le cas, il aurait affaire à moi!

Jasper rit doucement sous la menace de sa bien aimée. Je les enviais. Il n'y avait aucun obstacle dans leur vie de couple, tout allait pour le meilleur des mondes sans compter moi.

-C'est une réaction naturelle, Bella, me dit gentiment Jasper. C'était la goutte d'eau et tu as exprimé en pleurant ce que tu ressentais à l'intérieur de toi. Et puis Carlisle aurait dû écouter Edward lorsqu'ils ont parlé de ça il y a quelques semaines.

Je ne répondis pas et regardai le paysage défiler derrière la vitre teintée.

-Mets la gomme, Jazz! S'impatienta Alice. C'est plus grave qu'on ne le pense.

-Si je me fais flasher, c'est toi qui paiera la contravention.

-Aucun problème pourvu que tu arrives là où l'on doit être dans moins de deux minutes.

Et la voiture vola dans la nuit de noël, doublant le peu de voiture qu'il y avait vers mon appartement. Peut-être que le fait d'être seule m'aidera un peu, alors que je mourrais d'envie d'avoir Edward à mes côtés cette nuit.

POV Edward

Les fêtes de fin d'année. En temps normal, ça me passait un peu par dessus la tête même si le fait de retrouver ma famille me réjouissait, mais cette année, c'était différent. Et ce changement avait un nom: Bella. Évidemment, la joie de fêter noël avec Bella avait été de courte durée. Mon chef de service m'avaitinformé que j'étais de garde ce soir-là et qu'aucune négociation n'était possible. C'était bien ma veine sur ce coup-là. Le pire ne fut pas de le dire à Jasper ou Rosalie, ni encore à mes parents mais de voir la tristesse dans les yeux de Bella lorsque je lui avaisannoncé la nouvelle. Bien sûr, dans toute sa bonté et gentillesse,elle avait sourit en disant que les patients de l'hôpital auraient un peu de gaieté en me voyant mais son ton n'était en aucun cas convainquant. Je lui avais juré de revenir le plus rapidement possible le lendemain matin, mais ça ne serait pas la même chose que le jour même. Et maintenant, je me retrouvais dans la salle de repos, vide et silencieuse en train de me parler à moi-même devant une tasse de café sans saveur,tout en revoyant l'image parfaite de Bella dans sa magnifique robe rouge. Merde, je ne pourrais même pas jouer les voyeur pendant qu'elle porterait cette robe! Je gémis et claquaima tête contre le rebord de la table, maudissant mon chef. C'était vraiment ma veine d'être de garde ce soir, mais c'était de ma faute, si je n'avais pas eu des envies de meurtre à l'encontre de Tanya quelques semaines plus tôt, je serais avec Bella, en train de déballer mes cadeaux. Je grognai et finis le liquide fade dans mon gobelet avant d'aller faire mon tour d'inspection. Dix heures sonna et je soupirai. Les couloirs étaient déserts, presque tout lepersonnel avait été mis de garde dans le secteur 1, les Urgences. Je ne me plaignis pas d'être ici pour le coup car le jour de noël et le nouvel an étaient les deux jours où les Urgences étaient bondés de monde, surtout à cause des fêtes un peu trop arrosées. Je passai une main, nerveusement, dans mes cheveux en pensant à ce que j'allais devoir faire demain. Bien pire que de passer mes examens de médecine. Bien pire.

Flashback, mercredi 22 décembre 2010

Bella n'avait fait qu'à sa tête, comme à son habitude, et était descendue aller chercher le courrier. J'avais utilisé toutes sortes d'excuses pour l'en empêcher mais elle m'avait lancé un regard noir avant de claquer la porte. J'étais encore faible à ce jeu-là. Évidemment, mes yeux dérivaient plus que d'ordinaire sur l'horloge de la cuisine, juste au cas où elle durerait trop longtemps et pour ne pas m'inquiéter. Je savais d'ores et déjà qu'elle n'allait pas me parler de la journée pour cet acte de protection trop rapproché. Était-ce de ma faute si je m'inquiétais pour elle? C'est juste qu'elle me semblait plus fatiguée que d'ordinaire alors je voulais éviter qu'elle fasse des efforts inutiles. Après des minutes qui me semblèrent être des heures, Bella revint avec les yeux fixés sur une enveloppe blanche immaculée, délaissant les autres nouvelles. Je fronçais les sourcils.

-Bella, est-ce que ça va?

Elle ne me répondit pas et se contenta d'ouvrir précautionneusement l'enveloppe en marchant prudemment vers le comptoir de la cuisine. Je me tus, intrigué par son comportement, le coeur battant, me demandant ce qu'elle pouvait bien contenir de si important. Bella ouvrit grand la bouche et ses yeux perlèrent de larmes. Je me levai d'un bond pour la prendre dans mes bras.

-Bella! Qu'est-ce qui se passe? M'enquis-je.

-Ils vont se marier, chuchota-t-elle.

-Qui?

-Angela et Ben, ils.. ils vont se marier dans un mois.

Je fronçais les sourcils quelques instants, essayant de me rappeler qui étaient Angela et Ben. Des amis de longue date, si ma mémoire fut bonne.

-Pourquoi es-tu si troublée?

Elle secoua doucement la tête et soupira en se retournant vers moi, la mine grave.

-Je ne sais pas... Il y a beaucoup de changement autour de moi, des choses que je n'aurais jamais cru être réalisables et... ça me dépasse, c'est tout.

Je comprenais un peu son sentiment, tout avait changé en si peu de temps que c'en était troublant.

-Et puis, continua-t-elle, les gens autour de moi font des projets, se marient et j'ai l'impression de ne pas pourvoir les suivre, tu comprends? Que je suis mise sur le côté parce que personne ne sait si je vais combattre ma maladie ou non.

-Ne dis pas ça, murmurai-je difficilement. L'avenir est peut-être flou mais pas éteint. Tu pourras faire tout ce que tu souhaites, je te le promets, Bella.

Elle sourit tristement, peu convaincue, alors que je me promis de me battre coûte que coûte pour réaliser ses rêves, même si le destin voulait se faire cruel avec elle.

Fin flashback

Alors, j'avais su ce que j'allais offrir à noël pour Bella. Sur le coup, ça m'avait paru dingue, mais en réfléchissant plus profondément, ça me semblait logique. Affreusement logique. Depuis ce jour-là, j'avais une boule à l'estomac rien qu'en y pensant, comme un idiot avec sa première copine. Minable. Bien entendu, tout était planifié dans ma tête, jusqu'au mot près, mais je savais qu'une fois devant elle j'allais perdre tous mes moyens et j'allais bafouiller comme un crétin. Je pris mon courage à deux mains et toquai à la première porte d'un patient.

O*O*O*O

Au détour d'un couloir, entre deux poses, j'allais me servir un verre d'eau et je fus surpris de voir que dans moins d'une minute, minuit sonnera. Bella devrait avoir fini de manger avec ma famille, elle boirait un cocktail sans alcool que mon père aurait fait spécialement pour elle, serait un peu fatiguée mais garderait les yeux ouverts jusqu'à l'ouverture des cadeaux. J'imaginais déjà les joues rougies d'embarras lorsque ça serait son tour d'ouvrir ses présents. Elle serait magnifique, comme toujours. Après un énième soupir, je repris le chemin de mes consultations, dossiers en mains les lisant vaguement, la tête ailleurs.

-Très jolie, Cullen, sourit Sam en passant en sens inverse de moi.

Je levai un sourcil d'incompréhension. Qu'est-ce qu'il voulait dire par là? Je haussai les épaules pensant qu'il était devenu cinglé à force de travailler ici mais je coupai cours à mes divagations quand on me redit le même genre de remarque quelques mètres plus loin.

-Tu nous l'avais cachée, hein Eddy? Me dit Embry.

Je voulais lui répondre de ne pas m'appeler comme ça et lui demander de quoi il parlait, mais il avait déjà disparu. Putain,c'est quoi de ce bordel? Les dossiers sous le bras, j'allais vers mon prochain patient quand je fus intercepté par Carmen toute souriante.

-Je n'ai pas cru Esmée quand elle me l'a dit au téléphone mais, maintenant que je l'ai vue de mes propres yeux, je suis très heureuse pour toi, Edward!

-Mais, de quoi vous parlez? M'énervai-je.

Elle parut surprise du ton hargneux de ma voix mais j'allais réellement m'énerver si on ne m'expliquait pas rapidement.

-Oh! Tu n'es pas au courant? S'enquit-elle. Je suppose que tu auras la réponse à ta question en allant en salle de repos. Et puis, donne-moi ça, je vais y aller à ta place. Bonne soirée!

Elle m'arracha littéralement mon dossier des mains, me fit un clin d'œil et me laissa en plan, comme le dernier des cons. Soit je m'étais endormi et je faisais un rêve vraiment étrange, ou soit... tout le monde savait quelque chose que je ne savais pas. Je vote pour la deuxième option. Je passai une main confuse dans mes cheveux et mes pieds se dirigèrent d'eux-même vers la salle de repos, là où je comprendrais tout, d'après les dires de ma tante. Le monde ne tourne plus rond de nos jours. Alors que je réfléchissais à ce qui pouvait m'attendre là-bas, je faillis rentrer en plein dans Émily.

-Excuse-moi, j'ai la tête ailleurs, marmonnai-je.

-On se demande où elle peut bien être, rit-elle. Bonne soirée Monsieur le chanceux!

Je fronçais les sourcils et courrai presque jusqu'à mon but souhaité. Lorsque je fus devant la porte, j'eus un moment d'hésitation. Je savais que c'était idiot, mais mon coeur battait à un rythme effréné et ma respiration s'accéléra doucement mais sûrement. C'était complètement idiot même. Ma main entoura la poignée de la porte et je l'ouvris doucement, comme si je m'attendais à ce qu'une fanfare déboule sur moi. Tout d'abord, je ne vis que de la lumière avant que mes yeux soient accaparés par une fine silhouette assisse sur un lit de camp.

-Bella? Mais qu'est-ce que tu fais ici? M'étonnai-je, mais ravi de la voir plus tôt.

Elle leva la tête vers moi et mon corps se crispa lorsque je vis que ses yeux étaient légèrement rougis. Je me précipitai vers elle, tous les sens en alerte.

-Tu as pleuré?

-Non...

Je souris, amusé qu'elle essaye de mentir alors que les preuves étaient évidentes.

-Ou peut-être un peu, rajouta-t-elle en se forçant à sourire.

Je pris son visage en coupe pour qu'elle me regarde dans les yeux. Malgré la tristesse qui émanait d'elle, je pus ressentir la joie de me voir. Dieu, si elle savait!

-Comment es-tu venue jusqu'ici? M'enquis-je.

-Alice et Jasper m'ont emmené en voiture.

-Et pourquoi ont-ils dû faire ça?

Elle voulut se dérober à mon regard mais je l'obligeai toujours à me fixer. Bella posa ses mains sur les miennes, en soupirant.

-Tu me manquais chez tes parents, mais l'ambiance générale était joyeuse... Vers minuit, on est revenu dans le salon pour ouvrir les cadeaux, mais... mais il s'est passé quelque chose, m'expliqua-t-elle en fermant les yeux.

-Et qu'est-ce donc?

-Ton... Ton grand-père m'a parlé des médicaments que je prenais en croyant que c'était toujours contre le Cholestérol et j'ai compris que personne ne lui avait dit pour ma maladie. Carlisle était confus, il ne voulait pas.

Je carrais la mâchoire, sentant la colère couler dans les veines de mon corps contre mon père. Je lui avais bien fait comprendre que je voulais que grand-père sache pour Bella, que ça ne lui poserait pas de problème et qu'il n'était pas aussi sénile pour comprendre ça. Mais non, Monsieur Carlisle Peter Cullen n'a rien voulu faire, comme d'habitude. Merde, il a fait pleurer Bella!

-Ne sois pas en colère contre lui, souffla Bella en caressant ma joue du bout des doigts.

-Je lui avais dit, il avait accepté! Rageai-je. Je ne vois pas ce qu'il y avait de mal à le lui dire!

-Edward, regarde-moi.

Je serrais les poings contre ses genoux, respirant difficilement. On pouvait me faire ce qu'on voulait, mais pas à Bella. Avec un effort surhumain, je lui obéis.

-Je n'ai pas pleuré à cause du fait que ton grand-père ne savait pas pour moi, dit-elle, c'est juste que le fait d'être malade, me sentir si vulnérable et surtout que tu n'étais pas là avec moi a fait ouvrir les vannes. J'ai juste craqué, Edward. Je n'étais pas triste, ou même blessée.

-Tu me le promets?

-Tu m'as manqué, chuchota-t-elle en se mordillant sa lèvre inférieure. C'est idiot mais c'est la réalité.

-Me croirais-tu si je te disais que c'était réciproque?

Son regard s'illumina et je ne pus résister à la tentation. Je l'embrassai à pleine bouche, gémissant de la douceur de ses lèvres retrouvées. Putain, qu'est-ce que c'était bon. Bella ne se débattit pas le moins du monde et ses mains glissèrent dans mes cheveux, comme à chaque fois car elle savait que j'adorais ça. Je profitais de son baiser, de son odeur qui emplissait mes narines et de sa chaleur qui fit naître un frisson de désir dans tout mon corps avant d'être interrompu par un raclement de gorge. Je grognai tout contre ses lèvres, sachant que tout le service était déjà au courant de la petite escapade de Bella. Je posai mon front sur le sien, reprenant mon souffle.

-Je suis désolé, murmurai-je.

-De quoi?

Je reculai pour lui montrer, et j'en étais sûr, toute l'équipe médicale qui nous fixait avec des sourires moqueurs.

-Tu comptais nous la présenter quand, Cullen? Remarqua Sam.

-Jamais, avouai-je, mais je crois que c'est raté.

-Et en beauté! Rit Seth. Bien le bonjour Mademoiselle, je me présente, Seth, le frère de Leah. Et tu dois être Isabella, je suppose?

Cette dernière rougit devant tant d'attention alors que je l'aidais doucement à se relever pour se mettre sur ses pieds.

-Juste Bella, bredouilla-t-elle en se collant contre moi.

Ce n'était pas pour me déplaire. J'esquissai un sourire et enroulai un bras protecteur et farouche autour de sa taille, mettant les points sur les « i » avec tout le monde.

-Tout le monde, je vous présente Bella, Bella je te présente Emily, Sam, Seth, Quil et Embry.

-Je... Et bien, bonsoir, murmura-t-elle avec gentillesse.

-Ça fait tellement longtemps qu'on attend de te voir, se réjouit Emily. Ce pauvre Edward était devenu un vrai zombie depuis qu'il t'a rencontrée, pas vrai?

-Oh que oui! Sourit Embry. Un imbécile amoureux.

-La ferme! Grognai-je.

-Je crois que... que j'étais pareille que lui, avoua Bella avec un demi sourire. Je suis heureuse de pouvoir être à ses côtés.

-Aussi romantique que toi, dis donc! Dit Sam. Tu aurais pas pu trouver mieux!

-Serait-ce possible d'avoir un moment d'intimité? Demandai-je avec peu d'espoir.

-Hé, il nous vire pour faire des cochonneries avec sa copine! S'écria Quil. Je met plus les pieds ici moi!

Tout le monde rit, me mettant mal à l'aise. Bella se cacha derrière mon bras, tout aussi gênée. Impossible d'avoir une vie privée dans le coin!

-Je n'ai pas l'intention de faire des choses qui te choqueraient, crétin. Mais Bella est fatiguée, et même si les lits ne sont pas très confortables, je voudrais qu'elle ait quelques heures de sommeil à son actif, alors dégagez.

-On y va les enfants! Intervint Sam. Laissons-les à leur occupation.

Je lui lançai un regard noir avant qu'Emily ne l'oblige à sortir avec les autres.

-Ravie de t'avoir rencontrée, Bella, sourit-elle. À bientôt j'espère!

-Au revoir, répondit Bella avec timidité.

Lorsque la porte se referma, je poussai un soupir de soulagement et nous fit asseoir tous les deux sur le lit le plus proche.

-Et bien, ça ne s'est pas mal passé, tentai-je.

-Ils sont gentils.

-Ce sont des collègues supers, c'est vrai. Tu n'es pas fatiguée?

Elle hocha la tête et vint se blottir contre moi, enlevant ses chaussures au passage. J'en profitais pour humer son odeur naturelle, trop heureux et surtout irréaliste qu'elle soit là, avec moi, dans la salle de repos de l'hôpital. Naturellement, elle mit tout son poids contre moi, sentant les premiers effets du sommeil l'emporter. Je cherchais la couverture à tâtons, sachant déjà qu'elle allait bientôt s'endormir et que, malheureusement, je ne pourrais pas rester toute la nuit à ses côtés mais que je serais près d'elle à chacune de mes pauses.

-Edward? Chuchota-t-elle.

-Oui?

-Joyeux noël...

Je souris, embrassant le sommet de son crâne.

-Joyeux noël à toi aussi, ma Bella.

Dimanche 26 décembre 2010

Je ne savais même pas ce qui m'attendait. À vrai dire, vu les rougissements permanents de Bella depuis que nous avions quitté l'hôpital, mon cerveau était en ébullition. Je n'avais pas insisté auprès d'elle pour savoir ce qu'elle me cachait, parce qu'une partie de moi me disait que j'allais bientôt le savoir. Et même très bientôt. Je fus soulagé en franchissant la porte d'entrée, parce que je savais que mon lit m'appelait à grands cris tout comme le fait de serrer le corps de Bella contre moi pendant que je ferai une sieste bien méritée après cette nuit, aussi agréable fut-elle pour le peu de temps que je m'étais trouvé à ses côtés et qu'elle dormait.

-Je vais prendre une douche, l'informai-je. Est-ce que ça va aller?

Bella leva les yeux au ciel et je me sentis sourire. Je humais le parfum de sa nuque tout en y déposant un baiser avant de filer vers la salle de bain, où tout mon corps réclamait de l'eau chaude. Je pris un vieux tee-shirt et un jogging au passage et jetai mon pull dans le bac à linge sale. Après m'être séché les cheveux, je quittais la pièce et Bella se faufila sous mon bras pour s'y rendre, comme si elle avait le feu aux fesses.

-Attends-moi... dans la chambre, dit-elle à travers la porte. Je... J'arrive.

Je secouais la tête, me demandant si je devais m'inquiéter de son comportement ou non. Je soupirai et me dirigeai vers ma chambre, remerciant le ciel d'avoir créé cet espace de repos. Qu'est-ce que serait une vie sans une bonne nuit de sommeil? Je m'assis sur le rebord de mon lit, après avoir regardé vaguement ce qui m'attendait la semaine prochaine. Mon coeur battit à un rythme effréné lorsque je me rendis compte que les résultats de mes examens écrits seront là aussi rapidement que le bal de pompier qu'Emmett nous avait parlé. Est-ce que je craignais de les rater? Sans aucune doute, oui. Ma tête avait été ailleurs pendant toute la durée de l'examen, et ce n'est pas difficile de dire vers qui mes pensées étaient tournées. Je souris en revoyant l'image de Bella me coatchant juste avant que je ne prenne la route vers l'université. Elle s'était levée tôt pour me préparer un petit-déjeuner digne des plus grands hôtels avec un choix incroyable d'aliment devant moi, ainsi que toute sorte de boisson souhaitée. Mais, ce qui m'avait le plus chamboulé, hormis sa générosité, fut le baiser qu'elle m'avait donné alors que je m'apprêtais à franchir la porte d'entrée. Il a été renversant, passionné et, nom de Dieu, excitant. J'avais eu plus ou moins des pensées chastes les heures qui avaient suivi cette étreinte. Et le pire dans tout ça, c'était que je ne pouvais pas faire comme toute personne normale et sauter sur sa copine dès que l'envie passait. Non. Depuis que nous avions fait l'amour, quelques jours plus tôt, c'était l'Enfer. Pas à cause de Bella, mais à cause de mes hormones qui n'étaient jamais satisfaites. J'avais beau me rappeler que Bella était fragile, douce et pas une de ces filles en chaleur qu'on trouvait dans n'importe quel bar, mon corps n'était pas du même avis. Je grognais en bougeant sur le lit, instable au niveau sud de mon corps et secouais violemment la tête pour remettre mes idées en place, et il n'y avait qu'une seule solution à ce problème: le sommeil. Même si je devais passer chez mes parents dans quelques heures, il fallait que je passe par la case dormir.

-Bella, est-ce que tout va bien? M'enquis-je, prudemment.

-Oui, je... Hum... J'arrive!

Je fronçais les sourcils, suspicieux. Elle n'avait jamais mis autant de temps dans la salle de bain jusqu'à maintenant, ce qui la rendait encore plus unique en soit. Vous connaissez beaucoup de femmes qui passent moins de 20 minutes dans la salle de bain, douche comprise? Je me laissais aller sur le dos, gémissant de bonheur devant la douceur des draps et le moelleux de mon matelas. Je ne crois pas que j'allais faire long feu dessus. Soudain, le cliquetis de la serrure de la salle de bain retentit et les pas de Bella vinrent vers la chambre. Je me reculais sur le lit, enlevant les couvertures sur mon passage.

-Une minute de plus et je...

La fin de ma phrase resta en suspend et ma gorge s'assécha comme un début de désert. J'avais la vision la plus... érotique qui soit et mes yeux avaient du mal à réaliser le spectacle qu'ils voyaient. Dieu du ciel, mes hormones refaisaient des leurs. Les joues rougies, le regard fuyant, debout et vêtue d'un ensemble complet bleu nuit affreusement sexy, je me demandais si je ne m'étais pas endormi et qu'un de mes rêves pervers ne refaisait pas surface.

-Je... Je ne savais pas... pas quoi t'acheter, bafouilla-t-elle, et... et je n'ai pas non plus les moyens de t'offrir quoique ce soit alors j'ai pensé que... Et puis Alice me l'a offert la dernière fois qu'elle a fait les magasins et... et je n'ai pas encore eu l'occasion de le porter...

Mes lèvres bougèrent pour exprimer une quelconque phrase, mais mon cerveau ne sembla pas de cet avis. En tout cas, pas celui-ci parce que de ce côté-là, tout allait pour le meilleur des mondes! Un corset remontait sa douce poitrine, alors qu'un boxer féminin soulignait sa taille et qu'un fragile porte-jarretelle attachés à des bas dessinaient ses cuisses avec délice. Je la détaillais outrageusement et j'en étais conscient mais mes yeux ne s'accrochaient qu'à son corps parfait.

-Tu es magnifique, lâchai-je sans m'en rendre compte.

Bella s'empourpra encore plus, jusqu'en haut de sa poitrine et c'est à ce moment-là que le bon cerveau se reconnecta. Je me remis difficilement sur pieds, manquant de peu de tomber sur les couvertures et m'avançai vers elle pendant qu'elle baissait la tête, honteuse, sûrement, d'être accoutumée ainsi. Arrivé à sa hauteur, je relevais son visage d'un doigt pour planter mon regard dans le sien.

-N'aie jamais honte de ce que tu es Bella, murmurai-je. Jamais.

Je ne lui laissais pas le temps de répondre que je capturais déjà sa bouche pour un baiser enflammé. Mes mains tremblèrent sous la douceur et la chaleur de sa peau mais l'une d'entre elles se posa dans le creux de ses reins pour la plaquer fortement contre moi. Cette action la fit haleter alors que je quittai sa bouche pour sa mâchoire, son menton, sa clavicule et vers le haut de sa poitrine, plongeant mon nez entre la jonction de ses seins sublimés par son corset. Si j'aurais cru qu'un jour elle oserait être habillée ainsi, juste pour moi... Je humais sa peau à l'odeur unique, suivant la courbe de sa poitrine essayant d'être plus doux que la dernière fois. Combien de fois m'étais-je giflé en pensant à comment je l'avais traitée? Une bonne centaine de fois, mais je me refusais de faire la même erreur, elle ne méritait pas ça. Bella crispa une main sur ma nuque, haletant fortement, cherchant son oxygène pendant que je baladais ma bouche sur la peau douce, chaude et sucrée que je ne voulais quitter de si tôt. Je gémis de plaisir lorsque les ongles de Bella raclèrent mon crâne, cherchant un appui pour ne pas tomber. Elle savait que j'adorais ça. Je remontais ma bouche vers la sienne, l'effleurant doucement, contrôlant mes pulsions.

-Est-ce que tu es sûr de toi, Bella? Chuchotai-je. Je ne veux pas avoir l'impression d'être un...

Elle me fit taire en posant un doigt sur ma bouche, les yeux noircis par le désir.

-J'en ai envie, murmura-t-elle, et je vais bien. Et puis, je n'ai pas mis ce truc ridicule pour rien.

Je souris à sa réplique et fis glisser un de mes bras sous ses fesses pour la remonter vers moi. Elle poussa un cri, surprise par mon initiative. Je pouvais avoir le loisir d'explorer sa bouche comme je l'entendais, et je ne me fis pas prier pour m'exécuter. La seconde d'après, je mouvais mes lèvres contre les siennes, m'imprégnant de leur douceur et de leur chaleur tout en reculant prudemment jusqu'au lit où je me laissais tomber afin d'être assis. Je fourrageais dans ses longs cheveux brun détachés, ce qui était rare, faisant abstraction du fait que la dernière fois que nous avions fait l'amour, c'était parce que les effets de ses rayons avaient commencé. Je fermais fortement les yeux et me concentrais sur rien d'autre qu'elle. Bella respirait difficilement au fur et à mesure que notre échange langoureux se prolongeait, et moi-même, j'avais du mal à garder les idées claires. Depuis combien de temps ne nous étions-nous pas embrassés ainsi? La dernière fois ne me revenait pas en tête, mais trop longtemps pour que mon corps ne réagisse pas face à cet échange enflammé. Ma compagne le ressentit et arqua son dos pour bouger ses hanches contre ma virilité demandeuse d'attention. Je lâchais un soupir d'aise contre sa bouche, empoignant sa cuisse gauche pour la rapprocher de moi, sentir son corps contre le mien, le temps que je pouvais la sentir ainsi. Ses mains migrèrent vers le bas de mon tee-shirt, sur mon estomac. Je pouvais sentir ses doigts trembler contre moi, et je n'aurais pu dire si c'était à cause du désir qui grandissait en elle, ou de sa maladie qui refaisait surface. À bout de souffle tous les deux, je reculais mon visage du sien, le coeur battant à vive allure dans ma cage thoracique alors que la petite main de Bella se posa contre mon estomac, faisant frisonner tout mon corps. Mes doigts ne restèrent pas en reste et trouvèrent la fermeture éclair de son corset. Je l'interrogeai du regard, ne voulant pas la forcer à faire quelque chose qu'elle ne voulait pas, ou qu'elle ne pouvait pas. Pour répondre à ma question muette, sa main recouvrit la mienne et elle descendit la fermeture en même temps que moi, le regard rivé au mien, comme pour me contredire. Lentement, son corset perdit de son entrave et tomba à même le sol. La tension monta d'un cran dans la pièce, rendant notre respiration rapide et hachée. De légères rougeurs apparurent sur ses joues, timide, et je me sentis sourire face à cette réaction familière. Ma main en bas de son dos remonta lentement sa colonne vertébrale, et glissa sur ses côtes pour retrouver un de ses seins. Bella gémit et ferma les yeux, soupirant de satisfaction. Je penchais mon visage dans son cou, embrassant sa clavicule visible.

-Tu es si belle, susurrai-je à son oreille.

Je me baissai vers sa poitrine parfaite, et posai ma bouche dessus, tournant autour de son téton qui ne demandait que ça. Elle pleurnichait contre moi, rendant mon égo de mâle plus fier que jamais avant de lui donner ce qu'elle voulait. Ma langue lécha consciencieusement ce dernier, se délectant du goût unique de sa peau. Bella tira sur mes cheveux, fortement, approchant mon visage contre son sein maltraité. Puis, je suçais doucement entre mes lèvres son autre mamelon, prenant soin à ne pas trop être brusque alors que toutes les veines de mon corps étaient en proie à un immense feu charnel. Je n'ai jamais ressenti ça auparavant, jamais je n'ai eu autant envie d'une femme que Bella et, encore, je devais réfréner mes ardeurs chaque seconde que je passais à ses côtés. Son corps m'attirait comme ce qu'elle était au fond d'elle; son âme. Elle était la chose la plus précieuse que j'avais dans ma vie, et je ne voulais pas que cela soit à court terme. Je carrai la mâchoire et fis basculer Bella en arrière, de façon à ce qu'elle soit couchée sur le lit, à ma merci. Elle rit un peu et déglutit alors que mon corps se colla contre le sien. Mes coudes étaient de part et d'autre de son visage, rougi par le plaisir et toujours cette gêne de se trouver à demi-nue devant mes yeux avides. Je ne pouvais faire comme si je ne voyais pas le reflet de ses côtes, ni même de son plexus qui ressortait beaucoup plus que la normale, ou le fait que lorsque mes mains passaient sur son corps, je pouvais distinctement sentir ses os, mais à cet instant, là, couchée sur mon lit, totalement libérée, je ne voyais plus qu'une magnifique jeune femme à qui je m'apprêtais à faire l'amour comme jamais. Mon sourire s'agrandit alors qu'elle se tortillait pour en réclamer plus. Je l'embrassais doucement, remontant une jambe contre ma hanche, demandant silencieusement l'accès à sa bouche enivrante, qu'elle m'offrit sans aucune hésitation. Nos langues bataillaient gentiment, sans l'envie d'avoir le dessus sur l'autre, juste le plaisir de se sentir et de se goûter.

J'appuyais un peu plus mon corps contre le sien, trouvant place entre ses jambes où ma virilité tendue frôla son centre bouillant. Bella gémit dans ma bouche, soulevant son bassin pour s'entrechoquer avec le mien rendant le peu de neurones qui me restaient hors service. Je voulais que cette fois-ci soit différente de la précédente, plus tendre, plus sensuelle et surtout moins brutale. Alors, doucement, je quittais sa bouche, ne faisant pas attention à ses plaintes et glissais ma bouche vers son cou où son sang battait à vive allure dans sa jugulaire que je traçais avec ma langue, la faisant frissonner. Mes lèvres emprisonnèrent de nouveau un de ses tétons, le maltraitant quelques instants avant d'aller voir son voisin jaloux. Bella tira sur mes cheveux, haletante à chaque coup de langue que je donnais à son corps. Elle méritait d'être vénérée. Je taquinais son nombril, traçant le contour avec délice, goûtant sans aucune honte son grain de peau unique et précieux pendant que mes mains se baladaient sur ses hanches et ses jambes pour retirer ses vêtements, ou plutôt sous-vêtements, de trop. Délicatement, je retirais son porte-jarretelle, qui me faisait de l'œil depuis tout à l'heure, le long de ses jambes, ainsi que ses bas, vite suivis par son boxer, la laissant nue sous mes yeux aventureux. Comme la dernière fois, elle rougit furieusement d'être ainsi découverte mais son regard noir charbon trahissait sa timidité. Je lui souris malicieusement et fis glisser mon nez sur son genou droit en essayant de faire abstraction du fait que mes muscles bandaient d'impatience et de mon sexe pulsait douloureusement contre le tissu de mon jogging. Elle resta inerte avant d'ouvrir la bouche de stupéfaction en voyant ce que je faisais.

-Edward, qu'est-ce que...?

-Oui?

Je ne la quittais pas du regard, surtout lorsque l'odeur de son excitation se fit sentir. Je levai une de ses jambes et fis glisser mes doigts à l'intérieur de sa cuisse vers le point demandeur d'attention et de soulagement. J'embrassais la peau sensible à l'arrière de son genou et suivis le chemin de mes doigts avec ma bouche tout en l'empêchant de bouger. Je fis glisser mes mains jusqu'à ses hanches, suivant le chemin vers la terre promise avec envie. Bella respirait difficilement, comme le prouvait ses joues rougies à la fois par l'excitation et par l'appréhension. La dernière fois, seule notre envie s'était jouée, le désir trop longtemps contenu dans nos corps mais, cette fois-ci, je voulais lui montrer tout ce qu'elle devait ressentir et recevoir de la part d'un homme qui l'aimait plus que de raison. Mes lèvres trouvèrent la peau tendre de l'intérieur de sa cuisse et je ne pus résister à la tentation de mordiller cette partie de son corps. Celle qui partageait ce moment avec moi gémit légèrement à ce geste et rétracta ses doigts sur mes épaules avec force tout en murmurant des choses incompréhensibles du bout des lèvres. Pris d'un élan fou et excité par la situation, je trouvai l'objet de mes désirs et passai un coup de langue sur la terminaison nerveuse la plus sensible de son corps, faisant sursauter Bella tout en poussant un râle de plaisir. Satisfait du résultat, je taquinais de nouveau son clitoris de la pointe de ma langue, voulant faire durer le plaisir et avoir l'honneur de contempler les traits de son visage déformés par la jouissance que je lui procurerai avec ma bouche.

-Dieu, soupira-t-elle, vaincue.

Je souris, amusé, et repris ma lourde tâche avec un délice sans nom. Elle avait un goût sans pareil, tout comme la peau de son corps, je pourrais la dévorer sans m'en rassasier. Bella n'arrêtait pas de s'agiter tout contre moi, et je dus bloquer ses hanches d'une main pour accomplir mon travail sans être dérangé Elle gémit de protestation mais, bien vite, les gémissements qui sortirent de sa bouche furent pour exprimer son réel plaisir. J'étais très fier de moi. Je souris discrètement en pensant que si j'avais dit ces paroles à voix haute, Bella m'aurait dit que j'étais arrogant. Je l'étais juste un peu, quand il s'agissait de son plaisir personnel. Ma langue tortura toujours son point sensible alors que mes doigts allèrent taquiner son entrée, faisant tressaillir tous les muscles de son corps.

-Edward... Je... Oh... Edward...

-Qu'est-ce qu'il y a, Bella? Demandai-je, un peu inquiet.

-Arrête de... Hum... me torturer!

Je ris doucement et entrepris de finir la tâche qui m'était donnée sans perdre une seconde. Mon index et mon majeur plongèrent dans son antre, coupant la respiration de Bella pendant quelques secondes. Ma langue ne relâcha pas son travail, tournant autour de son clitoris et l'aspirant entre mes lèvres lorsque l'occasion m'était donnée. Sous moi, Bella peinait à exprimer des phrases intelligibles, ne faisant que gémir et se mordre la lèvre inférieure sous l'assaut de l'orgasme qui arrivait. Je ne comptais plus les minutes où je lui prodiguais cette caresse, ou enfin, je connaissais son vrai goût et me délectais de son plaisir mais, sentant la tension atteindre les sommets dans mon boxer, je décidais de l'achever plus tôt que prévu. Je retirais mes doigts en elle, sous ses plaintes incohérentes et cessais toute activité. Pour l'instant. Alors qu'elle s'apprêtait à ouvrir la bouche pour protester, je glissai ma langue en elle, sans plus de cérémonie.

-Edward! Cria-t-elle.

Sa chaleur et son étroitesse entouraient mes papilles gustatives avec délice alors qu'une de ses mains s'accrochait à mes cheveux. À peine mon index eut retrouver son clitoris et que ma langue s'activa en elle, ses parois la resserrèrent avec une force surprenante et elle trembla.

-Oh mon Dieu! Edward! Edward!

Avec un plaisir non dissimulé, je me nourrissais de mon prénom qu'elle scandait sans aucune pudeur, gravant cet instant à tout jamais dans ma tête. Une litanie d'autre mot sortit de sa bouche, ou plutôt était marmonné alors que les derniers spasmes de son orgasme parcouraient son corps et que je finissais de la taquiner gentiment. Bella sursauta lorsque son clitoris se fit sensible sous mes doigts. Je quittais alors l'endroit le plus intime de sa personne avec un sourire paresseux aux lèvres. J'embrassais l'intérieur de sa cuisse droite avant de ramper sur son corps rougi et chaud, vérifiant rapidement qu'elle allait bien.

-Est-ce que tu vas bien?

Elle vrilla ses yeux vers les miens, toujours noircis par le désir. Je ne vais pas tenir longtemps.

-Tu oses me demander ça après ce que tu viens de me faire? Souffla-t-elle, encore essoufflée.

Je m'empourprai un peu, baissant la tête. Une de ses mains me prit mon visage pour que je la regarde à son tour.

-C'était... magique, Edward, avoua-t-elle. On ne m'avait jamais fait ça avant et, pendant l'espace de quelques secondes, j'ai cru que tous mes problèmes s'étaient envolés et qu'il n'y avait que du bonheur qui m'attendait. Tu m'as fait vivre quelque chose d'unique.

J'embrassais doucement ses lèvres pour la remercier de ses paroles, ne voulant pas la brusquer mais ce n'était fermement pas son attention. Ses mains glissèrent dans mon dos jusqu'à arriver à mes fesses, ravivant l'excitation au niveau sud de mon corps. Étonné par un tel geste, j'écartai mon visage du sien. Bella rougissait par son audace, me faisant complétement fondre sous son charme.

-Je propose que tu utilises ton cadeau de noël maintenant, suggéra-t-elle dans un chuchotement.

-C'est une excellente idée, souris-je, conquis.

J'écrasais ma bouche contre la sienne, explorant le moindre recoin de sa cavité buccale tout en finissant de me déshabiller. Alors que mon jogging ne fut qu'un lointain souvenir, ce fut elle qui entreprit d'enlever mon sous-vêtement. Je l'aidai en soulevant mes hanches et de son bassin et lorsque je me retrouvai tout aussi nu qu'elle, je pressai mon corps contre le sien, m'installant entre ses cuisses délicates. J'eus un léger moment d'hésitation que Bella ressentit immédiatement.

-Edward?

-On n'est pas obligé de continuer tu sais, m'expliquai-je. C'était déjà un magnifique cadeau de te voir ainsi, prendre du plaisir. Il ne faut pas que tu fasses trop d'effort et...

Je n'eus pas le temps de finir ma phrase que je fus plaqué sur le matelas avec Bella en califourchon. Son regard était flamboyant alors que je m'étonnais de la force qu'elle venait de fournir. Je sentis son sexe chaud près de ma virilité, et mes muscles bandèrent d'impatience. J'allais vraiment pas tenir si elle se comportait comme ça!

-Tu vas m'écouter Edward Anthony Cullen, et je ne le répéterai pas deux fois, alors ouvre bien tes oreilles, gronda-t-elle. Même si j'ai une tumeur au cerveau, que je suis souvent fatiguée et qu'on m'oblige à me reposer à longueur de journée, sache que là, maintenant, et dans les autres cas similaires, la seule chose dont j'ai envie c'est toi! Nom de Dieu, ça fait des semaines qu'on ne s'est pas touché, tu sais ce que ça fait de sentir son corps s'embraser et de ne rien pouvoir faire? J'ai cru mourir de frustration chaque jour qui passait alors, à présent, tu vas me faire le plaisir de me faire l'amour, là, maintenant et toute de suite si tu ne veux pas me voir vraiment en colère, c'est clair?

Je déglutis à la fois surpris par son discours et affreusement excité de la voir si autoritaire. Pour toute réponse, j'empoignai le creux de ses reins pour la placer juste au-dessus de ma virilité qui ne demandait que ça.

-Alors accroche-toi ma jolie, grognai-je.

Ses yeux luisaient de désir et, d'un coup de bassin, je liais nos corps sous nos cris de plaisir. Putain! À ce moment-là, on oubliait tout ce qui nous entourait; la connerie de mon père, les résultats de mes examens et surtout la maladie de Bella. C'était si bon d'être ainsi en elle, que c'en était presque douloureux. Moi qui avais voulu être tendre, c'était raté. Je crois que je n'y arriverai jamais. Je restai immobile, le temps que son vagin s'adapte à mon intrusion, mais, bien vite, étant dominante, Bella bougea ses hanches de façon à exercer une pression de haut en bas sur mon sexe, me faisant gémir de plaisir.

-Oh, Bella...

Son petit corps chaud et tendre au-dessus de moi était le paradis, et pas seulement à cause de ce qu'il me faisait ressentir mais parce que je ne pourrais jamais me passer d'elle. J'avais l'impression de ne pouvoir jamais me lasser d'elle et que même en étant à ses côtés, elle me manquait. C'était minable comme ressenti mais c'était la réalité. Foutrement incroyable réalité. Lentement, je levai mon bassin en même temps que le sien se baissait, les mains sur ses hanches et le coeur battant à tout rompre.

-C'est si bon, Edward, gémit-elle.

Elle pencha son corps vers le mien, appuyant sa poitrine dont les pointes durcies se plaquèrent contre mon torse et ses lèvres trouvèrent les miennes. Bella releva les bras pour tenir les barreaux du lit, gémissant contre ma bouche. Je profitai de l'instant présent le temps que je pouvais, sachant que ça ne sera pas toujours ainsi dans l'avenir même si j'espérais et priais pour que ce le soit. Il ne fallait pas être naïf. Le rythme de Bella augmenta, m'obligeant à passer mes mains sur ses fesses afin de l'accompagner dans ses mouvements, pour pas qu'elle se fatigue de trop. Son antre se resserrait peu à peu autour de moi, et le fait d'avoir retenu nos envies pendant si longtemps ne nous aidera pas à être endurant. Elle était trop tentante pour son propre bien et si je m'étais écouté, j'aurais abusé de son corps plus d'une fois depuis qu'on avait fait l'amour la première fois. Ma langue investit sa bouche, entreprenant une bataille déjà perdue d'avance avec la sienne et elle gémit quelque peu lorsqu'elle se goûta. Un grondement parcourut ma cage thoracique et je choisis ce moment pour inverser les rôles. Je dus fermer les yeux pour contrôler mes ardeurs et reprendre un rythme passionné. Je nichai mon visage dans son cou d'une odeur sans pareil alors qu'elle claqua son bassin contre le mien avec plus de vigueur.

-Bordel, Bella! Je ne vais pas tenir si tu te comportes ainsi, susurrai-je à son oreille.

-Ne te retiens pas... Oh... Edward, plus fort, je t'en prie!

Mes poings se crispèrent contre ses hanches avant de quitter la douceur de sa peau pour glisser de ses cuisses que je calai sur mes reins. Bella comprit ce que je m'apprêtais à faire et bloqua ses jambes autour de ma taille à l'aide de ses chevilles. Je grognai en sentant son vagin trembler autour de moi. Les mains libres, je les posai de part et d'autre de sa tête. Je croisai son regard et il ne m'en fallut pas plus pour accélérer le mouvement. Je lui fis l'amour sensuellement, plus fort que je n'aurais dû le faire, comme elle me l'avait demandé et je fus récompensé par ses cris de passion et le bruit de nos peaux qui se rencontraient brutalement.

-Oh, oui comme ça! Ed... Edward!

Je posai mon front contre le sien, me nourrissant de ses gémissements alors que je serrais les dents sous les bienfaits de cet acte qui m'avait tant manqué. Je butai frénétiquement au fond de son ventre, jusqu'à toucher le point le plus sensible de son anatomie. Grognant de plaisir, mes pénétrations se firent plus vives et plus dures, pour le plus grand bonheur de Bella. Mais c'était trop. Trop d'envie, trop de retenue que je me sentais déjà partir vers un lieu de volupté.

-Viens Bella, soufflai-je avec difficulté. Viens avec moi, Bella...

Elle rencontra mon regard presque suppliant et,alors que j'allais stimuler son clitoris, l'orgasme nous terrassa tous lesdeux. J'émis un dernier coup de rein pour atteindre le paroxysme du plaisir et je jouis en elle. Bella eut le souffle coupé, mordant avec une force surprenante mon cou alors qu'un son grave sortit de ma bouche pour exprimer ma satisfaction. Tout mon corps fut en ébullition pendant les secondes qui suivirent notre plaisir commun, et mes bras tremblèrent sous l'effort. Sous moi, Bella avait un sourire sur ses lèvres tentantes alors qu'elle reprenait doucement son souffle, les joues rougies. Avec regret, je quittai son antre chaud et accueillant, frissonnant sous le froid et le manque qui m'assaillit. J'embrassai son front avant de littéralement m'écrouler à ses côtés, vidé. Je n'avais jamais ressenti ça jusqu'à maintenant. Je jouais avec les cheveux de celle qui venait de partager cet instant avec moi avant de rabattre les couvertures sur nos corps nus, recouvertsde sueur et fatigués. Instinctivement, et presque en manque, je me rapprochai de sa silhouette en même temps qu'elle, ce qui me fit sourire paresseusement. Elle vint se blottir contre moi, posa sa tête contre mon torse, toujours cette lueur de plénitude sur le visage. Là aussi, je pouvais être fier de moi.

-C'est le meilleur cadeau de noël que j'ai jamais eu, dis-je pour couper court au silence.

Elle rit contre moi, m'attendrissant encore un peu plus.

-Et je crois que je n'ai jamais pris autant de plaisir à offrir un cadeau à quelqu'un.

Je souris et embrassai le sommet de son crâne, repu et épanoui.

-C'était extraordinaire, Edward, reprit-elle. Je n'ai même pas de mot tellement c'était... intense. J'ai vu des étoiles derrière mes paupières... c'était comme si je ressentais ce que tu éprouvais.

Je resserrais mes bras autour de son corps frêle, heureux.

-Pour moi aussi, Bella, répondis-je. Si tu savais à quel point je t'aime.

Je sentis ses lèvres déposer un baiser près de mon coeur.

-Moi aussi, Edward. Tellement.

J'enfouis mon visage tout contre l'oreiller et ses cheveux, respirant à plein poumon son odeur florale et légèrement relevé de nos ébats.

-On devrait dormir un peu, murmurai-je. On doit retrouver la famille à six heures.

-Je suppose qu'on est obligé d'y aller...

-Aurais-tu des pensées inavouables?

-Peut-être bien, Monsieur Cullen. Mais sache que tu pourras jouer avec ton cadeau de noël plus tard.

-Bella... Comment veux-tu que je trouve le sommeil, maintenant?

Ce fut à son tour de rire avant de bâiller doucement.

-Dors bien, ma jolie.

-Toi aussi...

Il ne lui fallut que quelques secondes pour tomber dans un sommeil réparateur, et, contre toute attente, quelques minutes pour que je la rejoigne.

O*O*O*O

Après une douche bienfaitrice ensemble, quelques caresses chastes, quelques biscuits grignotés à la va-vite et la prise de médicaments pour Bella, nous étions dans la voiture en route chez mes parents. Il nous restait que quelques mètres à parcourir.

-Arrête d'avoir ce sourire idiot aux lèvres, me reprocha Bella. Ils vont toute suite savoir ce qu'on a fait.

-Et alors?

Elle me lança un regard noir qui me dissuada d'aller plus loin dans la conversation.

-D'accord, désolé.

Mais bien vite, alors que les images de notre ébat de tout à l'heure me revinrent en tête, et surtout l'allusion de Bella sur nos activités de ce soir, je me rappelai pourquoi Bella était arrivée à l'improviste à l'hôpital hier soir. Mon père. Je ne sais pas comment j'allais me comporter avec lui, mais une chose est sûre c'est que je vais avoir du mal à garder mon sang froid envers lui. Il a fait pleurer Bella, qu'il soit mon père ou pas c'était la même chose. Elle ne méritait pas tout ce qu'il lui arrivait pour qu'en plus on n'accepte pas ses choix.

-Qu'est-ce qui te tracasse comme ça?

-Rien d'important, éludai-je. Allons-y avant qu'on nous reproche d'être en retard.

-La faute à qui? Répondit-elle malicieusement. Dois-je te rappeler la « pression » que tu as eu sous la douche?

En fait, nos caresses n'avaient pas été si chastes que ça.

-Dois-je te rappeler que tu m'as supplié de l'achever avec mes doigts?

Elle rougit furieusement et sortit de la voiture aussi rapidement que son corps lui autorisait en fuyant mon regard. J'éclatai de rire devant sa gêne et la suivis de près, la rattrapant aisément, après avoir mis l'alarme de la voiture, l'encerclant de mes bras.

-N'aie pas honte, Bella, murmurai-je à son oreille, j'aime cette partie débridée de toi.

-Et à ton avis, c'est à cause de qui si je suis comme ça?

-Je t'aime.

Elle soupira, souriant légèrement alors qu'elle sonnait à la porte.

-Je t'aime aussi, plus que ma propre vie.

-Heureux de l'entendre.

J'embrassai sa gorge avec délice, la faisant doucement gémir, deux secondes avant que la porte ne s'ouvre sur ma mère. Je remarquais de suite ses traits tirés signe d'une nuit blanche. Mais c'était la gentillesse née, un grand sourire s'étira sur ses lèvres, sincère.

-Bella! Bébé! Je suis contente de vous voir! Entrez donc avant d'attraper froid!

Je secouai la tête par ce surnom ridicule qu'elle ne voulait décidément pas lâcher de si tôt apparemment. Bella eut un sourire moqueur et mima « bébé » du bout des lèvres. Je lui pinçai doucement les côtes tout en embrassant ma mère sur la joue.

-Bonjour maman, la saluai-je.

-Bonjour Esmée, fit de même Bella avec enthousiasme.

-Tu as l'air en forme, dis-moi.

-J'ai eu un sommeil réparateur cet après-midi. Les autres sont arrivés?

-Oui, tout le monde est là. Fais comme bon te semble, tu es chez toi maintenant, Bella.

Elle eut un sourire resplendissant.

-Merci beaucoup!

Puis, de sa démarche prudente et contrôlée, elle nous laissa seule en me faisant un clin d'œil coquin par dessus l'épaule à cause de son « sommeil réparateur ». Mais où était dons passée ma Bella timide?

-Je préfère la voir sourire que lorsqu'elle pleure, avoua ma mère.

-Tu n'es pas la seule.

-Je ne vais pas aller par quatre chemins. Ce que ton père a fait était stupide, complètement idiot et déplacé, mais il s'en veut énormément et n'a pas osé t'appeler pour recevoir tes foudres au téléphone.

-Je n'aurais même pas décroché.

-Edward...

-Il a fait pleurer Bella, articulai-je en serrant la mâchoire. Elle était triste, éteinte, et je ne veux plus jamais voir ça sur son visage.

-Je comprends, mon bébé, je comprends, murmura-t-elle. Mais va lui parler, seul à seul et mettre les choses au clair, d'accord? Je n'ai pas été de main morte non plus moi aussi, mais j'ai compris ses raisons.

Je hochai la tête, raide.

-Allons dans le salon avant qu'Emmett ne dévore tous les amuse-gueules.

Dans la pièce principale, je ne fus guère surpris de voir Bella en grande conversation avec mon père qui semblait s'excuser de son comportement de la veille. Il le pouvait. Je n'étais pas forcément rancunier, mais des instincts protecteurs resurgissaient dés qu'il s'agissait de Bella.

-Salut, Edward, me salua en premier Jasper. Comment va?

-J'ai connu mieux.

-A cause d'hier, je suppose.

-Tu supposes bien. Et, au passage, je te remercie de l'avoir emmenée à l'hôpital hier soir.

-De toute façon, je n'avais pas le choix avec Alice.

-Hé! Se plaignit cette dernière. Tu sais que j'entends ce que tu dis?

-Désolée mon amour, ça m'a échappé.

Mon amour? Bah dis donc...

-Crétin... Salut Dom Juan!

Elle me serra dans ses petits bras avec une force étonnante.

-Ne m'appelle pas comme ça, sinon je risque de te trouver le surnom le plus ridicule qui soit.

-Elle en a déjà un! Intervint la grosse voix d'Emmett. C'est lutin des forêts! Elle le déteste!

-Tais-toi, ours des bois!

Rosalie et Jasper rirent de leur gaminerie, me faisant un peu sourire. J'allais ensuite saluer grand-père.

-Ah, mon petit, me dit-il. Comment vas-tu? Pas trop fatigué de ta garde?

-Bonjour, grand-père. J'ai fait une bonne sieste cette après-midi, donc je pourrais tenir encore quelques heures.

-Heureux de l'apprendre. Je suppose que le fait que tu n'es pas salué ton père est en rapport avec ce qui s'est passé hier soir?

Je hochai la tête.

-Je suis désolé, ce n'était pas mon attention de créer toute cette tension dans la famille, je n'étais pas au courant et...

-Ce n'est en aucun cas ta faute, le coupai-je. Il savait très bien qu'il devait te mettre au courant et il ne l'a pas fait.

Il soupira mais n'en rajouta pas plus. De toute façon, j'avais raison. Je regardai sombrement le feu dans le cheminée quand une main chaude et tendre se posa sur ma joue. Bella me fixait avec un air inquiet sur le visage.

-Ne sois pas en colère contre lui, murmura-t-elle afin que je sois la seule personne à entendre, il est très mal tu sais.

-Il t'a fait pleurer, et...

-Arrête de te comporter comme un idiot! Je t'ai expliqué que j'ai juste craqué, rien de plus. Ce n'était pas à cause de cette erreur, si l'on peut appeler ça ainsi.

-Bella...

-Edward! Gronda-t-elle en me faisant les gros yeux.

Je soupirai et roulai des yeux. Elle peut faire ce qu'elle veut de moi.

-D'accord, j'arrête d'y penser, contente? Grommelai-je.

-Avec un sourire, ça serait beaucoup mieux.

Je soupirai, la faisant doucement rire. J'étais faible face à elle. Attendri, j'embrassai doucement une de ses joues enfin de revenir vers les autres. C'est à ce moment-là que je remarquais que Charlie n'était pas là.

-Le Chef Swan ne se joint pas à nous? Demandai-je à l'assemblée.

-Il arrive plus tard, m'informa Alice, il devait passer au commissariat avant. Bella ne t'a pas prévenue?

Cette dernière rougit sous les regards insistants ou amusés des autres.

-J'ai oublié, marmonna-t-elle.

Je ne fis pas attention au signe évident de Jasper à ma gauche.

-Et si on commençait l'apéritif, en l'attendant? Je suis sûr qu'il ne nous en voudra pas.

-Très bonne idée! Se réjouit Emmett. J'ai...

-Si tu finis ta phrase, tu auras du mal à procréer pour les cinquante prochaines années, soupira Rosalie.

Tout le monde rit sous la tête penaude d'Emmett et nous commençâmes le deuxième jour de noël, tous ensemble. Je jetai un coup d'œil vers la soeur de mon meilleur ami. Elle cachait son mal aise et ses peurs en blaguant mais je savais bien tout comme Jasper, que ce n'était qu'une façade.

O*O*O*O

Charlie était arrivé au moment ou ma mère avait annoncé de nous mettre à table, entendant nos estomacs protester. Les gâteaux apéritifs de celle-ci n'avait pas fait long feu sur la table, en partie à cause d'Emmett. Et moi aussi. Mon père s'était fait absent de presque toutes les conversations et des blagues qu'on lançait les uns sur les autres et je ne pouvais faire semblant bien longtemps de ne pas sentir ses regards insistants sur moi, ou les pincements de Bella sur mes côtes. Ça faisait mal! Je m'étais tût, juste au moment où ma mère me mit droit au mur. Il était bientôt minuit, et tout le monde était surexcité à la pensée d'ouvrir ses cadeaux de noël. Elle ne voulait pas faire durer le suspense plus longtemps.

-Je crois que nos cadeaux nous attendent impatiemment sous le sapin! Sourit-t-elle. Laissons-donc Carlisle et Edward mettre le reste de nourriture dans le réfrigérateur, d'accord?

Je retins un grognement envers elle, tout comme Bella qui me lança un regard préventif. Genre: tu as intérêt de pardonner à ton père ou tu dirais bonsoir au canapé ce soir. Hors de question que je rate ma deuxième partie de soirée avec elle! Pervers. Je soupirai lourdement lorsque je me retrouvais seul avec mon père. De toute façon, je n'avais pas le choix. Je commençai à ranger quelque peu les assiettes lorsqu'il prit la parole en premier:

-Ta mère n'a jamais réussi à faire dans la subtilité.

-J'ai vu ça, marmonnai-je.

-Je sais que tu m'en veux par rapport à hier soir, avec Bella...

-C'est le moins que l'on puisse dire!

-Je suis désolé, s'excusa-t-il. Je ne voulais pas la faire pleurer, je pensais juste à...

-A quoi? Grognai-je. Dis-moi, à quoi?

-Edward, ce n'était pas mon intention et tu le sais très bien! J'ai pensé à protéger grand-père et à ne pas mettre mal à l'aise Bella lors de nos moments en famille, rien de plus. Loin de moi l'idée de la faire pleurer et la faire se sentir mal dans la famille. Jamais.

Je ne répondis pas et continuaià empiler les assiettes et mettre les couverts dessus en silence. Au fond de moi, je savais que ce n'était pas sa faute si Bella avaitpleuré, c'étaitjuste qu'elle avaitcraqué, comme elle me l'avait avoué hier soir mais je n'aimais pas le fait qu'il cache des choses aux membres de ma famille. Bien que je me trouvais assez égoïste sur le coup, alors que j'avaiscaché pas mal de chosesà Bella, surtout concernant l'argent. Crétin.

-Laissons tomber, d'accord? C'est juste... C'est juste une stupide erreur, d'accord?

-Je suis tout à fait d'accord avec toi, sourit mon père. Bon, allons mettre les aliments dans le réfrigérateur avant que ta mère ne vienne voir s'il y a un mort.

Je souris tant bien que mal et le tout fut expédié en cinq minutes, montre en main. Nous allâmes rejoindre les autres qui étaient assis dans les canapés, près du sapin de noël. Je pus remarquer que Alice sautillait presque sur sa place, tout comme Emmett qui ne quittait pas les cadeaux du regard. Que des gamins! J'allais aux côtés de Bella qui me questionna du regard. J'embrassais sa joue gauche afin de la rassurer et enroulais un bras autour de sa taille, comme si je voulais la protéger de quelque chose d'inconnu.

-Em! Gronda Rosalie. Tu veux bien arrêter de bouger comme ça? On dirait que je me trouve dans un wagon d'un grand huit.

-Mais je suis impatient de savoir ce que tu m'as offert! Rétorqua-t-il joyeusement.

Elle roula des yeux, imitée par Jasper et le comportement d'Alice. Je trouvais qu'ils s'étaient bien trouvés, tous les quatre. J'étais sûr que Charlie se demandait toujours d'où son fils tenait ça.

-Ne les laisse pas ainsi, sourit gentiment mon grand-père à ma mère. C'est de la torture pour eux.

-Je veux juste attendre qu'il soit minuit.

-Quelle importance alors qu'on est le vingt-six? Soupira mon géniteur.

-Mais tais-toi donc, idiot! C'est important pour moi, et tu le sais.

Mon père secoua la tête juste au moment où l'horloge du salon sonna l'ouverture des cadeaux. Alice bondit sur son siège, déjà prête. Prête à quoi?

-Je peux y aller, Esmée? La supplia-t-elle avec son regard de chien battu.

-Tu as le feu vert, ma chérie.

-C'est pas juste, bougonna Emmett dans son coin. Je suis sûr que tu as triché.

-Comment veux-tu que je triche à la courte paille? Bon, alors, les cadeaux...

Bella posa sa tête contre mon épaule, et je souris en pensant que, moi, j'avais déjà eu mon cadeau de sa part. Double pervers!

-Commençons par la maîtresse de maison! S'extasia Alice. Oh, celui-là a l'air pas mal.

Elle prit, comme par hasard, notre cadeau à Bella et moi, enfin plutôt son cadeau parce que je n'avais rien fait pour celui-là. Cette dernière se blottit un peu plus contre moi, et je compris qu'elle craignait la réaction d'Esmée. De plus, comme le voulait la tradition dans la famille, chacun devait ouvrir ses cadeaux devant tout le monde alors prions pour qu'on n'ait pas un cadeau compromettant de la part d'Emmett. Par exemple. Lorsque ma mère lut le nom de l'expéditeur, un grand sourire s'étala sur ses lèvres et elle ouvrit prestement son cadeau. Curieux, je tendis le cou vers son présent et fut étonné de voir un simple album photo. À mon tour, je questionnai Bella qui rougit. Ma mère en profita pour feuilleter la première page, et un hoquet de stupeur sortit de sa gorge. Mon père la colla à lui et ses yeux clignèrent plusieurs fois sous l'effet de la surprise lui aussi.

-Dites-nous ce que c'est! Se lamenta Jasper.

À la place de nous répondre, Esmée tourna l'album vers nous et nous pûmes lire « L'album d'une vie » en une écriture gracieuse au feutre rouge. Un « Oh! » général s'éleva dans les airs puis les regards vinrent sur nous.

-Je n'ai rien fait! Annonçai-je. C'est Bella qui c'est chargé de ce cadeau, même de la plupart des cadeaux alors ne me regardez pas comme ça.

Bella me pinça fortement le bras, faisant bercer mes yeux de larmes.

-Ce n'est pas grand chose, se justifia-t-elle rougissante. Je n'ai pas grand chose à faire lorsque je suis seule alors j'ai fait ça.

Esmée sourit tendrement et commença à feuilleter les photos. À chaque page, je crus qu'elle allait fondre en larmes devant tout le monde. Enfin, elle sanglota à la dernière page et je crus même voir mon père réprimer ses larmes. Il ne pleurait jamais pourtant, sauf lorsque c'était l'anniversaire de la mort de sa mère. La seule fois dans l'année. Ma mère se leva prestement et s'agenouilla presque devant Bella afin de la prendre dans ses bras pour la remercier. Cette dernière fut un peu mal à l'aise mais se laissa faire, un peu perdue. Après que sa propre mère soit partie, se faire enlacer et recevoir de l'amour par une autre femme devait être un peu déroutant.

-C'est le plus beau cadeau que l'on m'ait jamais fait, sanglota Esmée. Ça représente énormément pour moi et savoir que ça vient de toi, la fiancée d'Edward, c'est magnifique. Vous faites tous partis de la famille, Bella. À jamais.

-Je... Eh bien, vous aussi, murmura Bella.

Esmée alla reprendre sa place, essuyant quelques larmes sous la stupéfaction générale. Qu'est-ce qu'elle a bien pu faire dans cette album pour qu'elle soit dans un état pareil? Je fronçai les sourcils et écrasai Bella contre moi, intrigué.

-Bon, si on continuait? Intervint Alice. J'ai envie de savoir ce que j'ai eu moi!

-Moi aussi! S'exclama Emmett. Dépêche-toi, lutin des forêts!

Elle lui lança un regard noir, et, pour se venger, il passa en dernier. Une grande chaleur de vivre s'était installée dans le salon. Tout le monde souriait et était joyeux des présents qu'ils recevaient, remerciant les uns et les autres. Alice avait presque atteint le plafond lorsqu'elle découvrit qu'on lui avait offert un sac d'une grande marque, apparemment, sous les conseils de Bella. Je crus qu'elle allait m'étouffer sous son étreinte. Emmett perça les tympans de Rosalie quand il découvrit deux billets pour la rencontre Mariners et Yankees, alors qu'il était censé ne plus avoir de place. Il me proposa de venir mais je déclinai faute de travailler ce soir-là et il était convenu que Jasper l'accompagnerait car Rosalie n'aurait pas supporté bien longtemps Emmett dans un état limite de folie psychotique. Cette dernière reçut de notre part une nouvelle trousse d'outils flambant neuf et elle en fut plus qu'heureuse surtout lorsqu'elle avoua qu'un imbécile avait perdu la sienne. On devina aisément de qui elle parlait. Jasper était emballé par les places pour reconstitution de la guerre de Sécession qui avait lieu au printemps, et Alice lui promit de lui faire le plus beau des costumes, en plus de l'accompagner. Charlie avait été surpris par son cadeau; un radar de pêche. Bella m'avait avoué que c'était sa plus grande passion et qu'avec ça, il ne s'endormirait pas dans son bateau par beau temps. Charlie fut très heureux après la surprise, mais je crois qu'il était surtout touché que Bella n'ait pas oublié son hobby. Tout comme lui, mon père fut très ému par notre cadeau; un nouveau stéthoscope avec ses initiales incrustées en lettres d'or. Ça avait coûté les yeux de la tête juste pour deux lettres. Et nous finîmes par grand-père, qui avait le même cadeau chaque année et qui n'en voulait pas plus.

-On a réservé pour la fin janvier, l'informa son fils. Le restaurant était plein jusqu'à cette date.

-Tu sais bien que ça me va, fiston, sourit-il. On va juste être... un peu plus nombreux cette année.

On avait une soirée au restaurant, dans le même restaurant, assez chic, chaque année car il disait que son plus beau cadeau était une famille heureuse et en pleine santé. Même si, aujourd'hui, la dernière affirmation n'avait plus lieu d'être. Je carrais la mâchoire en jouant avec les doigts de Bella, posés sur son ventre.

-On garde le meilleur pour la fin! S'enthousiasma Alice. Ou plutôt, les deux meilleurs.

-Alice, soupirai-je peu surpris. Tu aurais pas pu faire avec tout le monde.

-On a tous décidé ça alors ne fait pas l'enfant!

Je passai en premier, vu que Bella était la reine de la soirée sous son air désemparé. Rosalie m'avait offert un parfum, et j'avais rilorsque j'avais lu le slogan sur l'emballage. « Plus qu'un mâle, un vrai! » J'étais sûr qu'elle l'avait acheté plus pour ça que le parfum en lui-même. Jasper m'avait offert une journée entre mecs, accompagnéd'Emmett, en posant cette journée au travail, promettant bar, terrain de base-ball et joliesfilles. Pour la dernière chose, j'en avais pas besoin et Alice lui frappa l'épaule en le menaçant de le jeter par la fenêtre s'il mettait en œuvre son stupide plan. Il a vite rectifié le tire en lui disant qu'il avait trouvé que ça rimaitbien avec la phrase. C'était la pire excuse que j'avais entendu venant de lui. Grand-père m'offrit de nouvelles partitions, dont une très rare de Claude Debussyet j'en fus absolument ravi. Bella avait souri, mais après la révélation du compte en banque de mon grand-père, ça devait tourner sec dans sa tête. Je craignais le cadeau d'Emmett, et à peine j'eus défaitl'emballage que je le refermais aussitôt. Bordel, mais quel con ce mec!

-Non mais ça va pas? Sifflai-je.

-Bah quoi? Rétorqua-t-il, innocent.

-Dis-moi pas que tu lui as offert ta première idée? Grogna Rosalie.

-Pas tout à fait...

Je me sentis légèrement rougir alors que Bella glissa ses doigts sous le papier cadeau. La seconde d'après, ses joues s'empourprèrent comme deux tomates et elle cacha son visage dans mon bras.

-Pourquoi j'ai un frère comme ça? Soupira-t-elle.

-On aurait pas dû l'inviter, murmurai-je.

Carlisle rit de ma réponse.

-Je suis sûr que ça ne doit pas être si terrible que ça, fiston. Montre-le-nous.

-Hors de question! M'écriai-je.

-Oh allez! Renchérit Alice. On sait tous que vous ne jouez pas au poker dans votre chambre.

-Alice! Gémit Bella. Par pitié, tais-toi!

-Vous n'êtes pas drôles.

-Personnellement, je ne tiens pas à savoir si je ne veux pas aller prendre rendez-vous chez un de mes confrères, annonça Jasper. Alors je propose que tu brûles de suite ce maudis carton ou... que tu le gardes au cas ou.

Je lui lançai un regard noir et la cachai entre l'accoudoir et mon corps. Hors de question que quelqu'un de ma famille voie cette énormité.

-Voici notre cadeau, coupa court ma mère de cette parenthèse affreusement honteuse. C'est de notre part, mais c'est pour vous deux.

Elle me tendit une enveloppe et je lançai à Bella de l'ouvrir. Je ne relevai pas lorsque je vis distinctement ses doigts trembler contre le papier mais enlaçai doucement sa taille, dessinaides arabesques imaginaires sur ses hanches pour la calmer. Suite à ça, un léger sourire s'étira sur ses lèvres, vite suivipar un immense sourire lorsqu'elle lutle contenu de la lettre et je l'imitai rapidement. C'était une réservation pour une maison plein pied au bord de la mère, plus au sud de Seattle donc plus de soleil. Jasper m'informa qu'il m'avait prisune semaine qui succédaità notre journée. Bella rayonnait de bonheur et remercia mille fois Esmée et Carlisle pour leur prévenance. Une semaine avec Bella, sans boulot, sans famille, juste elle. Mon Dieu, j'avais hâte d'y être.

-Tu as vu, mon cadeau va servir, intervint Emmett.

-Emmett! Gronda Charlie. Arrête de faire honte à la famille et tais-toi!

Il baissa la tête, penaud. Il l'avait cherché. Le chef Swan se racla la gorge et s'empourpra un peu sous le regard de la famille. Il me tendit un étui usé que je devinais être une guitare.

-Ce n'est pas grand chose, je l'ai trouvé dans une broquante pas loin d'ici et j'ai pu remarquer la guitare que tu avais chez toi.

-Vous n'auriez pas dû, c'est beaucoup trop...

-Tu rends heureuse ma fille, en plus d'en prendre soin, me coupa-t-il. Tout ce que je pourrais t'offrir ne suffirait pas à te remercier pour ça.

Intimidé, soufflé et surpris, je déballai ma guitare et ma bouche s'ouvrit comme un poison dans l'eau en voyant quelle guitare c'était. Ce n'était pas une vielle guitare usée, cassée ou banale, mais une Bay Parlor (*)! Guitare du XIX éme siècle, presque en parfait état sauf quelques cordes à changer et la dépoussiérer un peu. Bordel, je tenais une Bay Parlor entre mes mains!

-Celui à qui je l'ai achetée avait l'air ravis de s'en débarrasser, nous informa Charlie. Je ne sais pas si elle a de la valeur ou autre, mais elle m'a semblé... belle.

-Oh, Charlie! S'exclama mon père. Tu n'as pas fait dans la demi-mesure, si je peux me permettre.

-Très jolie, commenta grand-père.

-Edward? M'appela Bella. Est-ce que ça va?

-C'est... magnifique, chef Swan... bredouillai-je. C'est une guitare très rare, je suis même surpris que vous l'ayez trouvée dans une simple broquante!

-Quelle année? Me demanda grand-père.

-Je dirais fin des années 1900, peut-être moins.

-Tant que ça? S'étrangla Charlie.

-Vous pouvez croire Edward pour ça, dit Jasper.

-Ça va te faire un petit paquet d'argent quand tu vas la revendre après l'avoir mise en état, soupira Emmett.

-Je ne compte pas la revendre! M'indignai-je. C'est peut-être le plus beau cadeau que j'ai reçu ce soir, je ne sais pas comment vous remercier après ça, chef Swan. Mon cadeau a l'air stupide à côté de ça.

Il rougit quelque peu avant de redevenir sérieux.

-Prends soin de ma fille, c'est tout ce qui m'importe.

-Il le fait déjà, la rassura Bella. Et très bien, même.

Je rangeai avec précaution ce cadeau quasi unique et se fut au tour de Bella... enfin jusqu'à ce que Rosalie pose la question embarrassante:

-Mais, au fait, qu'est-ce que Bella t'a offert, Edward?

Mais je fus sauvé lorsqu'un réponse me vint automatiquement à l'esprit:

-Sa personne, et c'est déjà beaucoup trop.

La concernée rougit de plaisir et j'en profitai profiter pour embrasser doucement ses lèvres qui me tentaient depuis que nous étions chez mes parents. Elle répondit doucement à mon baiser, timide mais envieuse. La soirée était loin d'être terminée!

-Prends soin de ma fille, mais loin de mes yeux, d'accord? Grogna Charlie.

Tout le monde rit de sa réplique et Alice vient vers Bella.

-C'est de ma part! Sourit-elle. Et ça, c'est de Jasper.

Bella prit timidement le paquet de Jasper, alors que le carton ou plutôt l'énorme carton d'Alice était posé à ses pieds. Elle commença par celui-ci, et j'avais une petite idée de ce que c'était. Je ne fus gère surprise de voir une montagne d'habits, soigneusement pliés au fond du carton.

-Tu es malade, Alice, soupira sa meilleure amie.

-C'est pour toutes les fois où tu n'as pas pu ou voulu venir avec moi faire les magasins! Sautilla Alice. J'ai calculé, tu en as pour trois mois normalement, enfin, je ne parle pas des derniers vêtements au fond de la boîte qui risquent de ne pas faire long feu...

Curieux, j'écartai les habits du haut et mon sang surchauffa en voyant des sous-vêtements en dentelle, des corsets, des porte-jarretelles et autres de couleur blanc, noir, rouge et bleu.

-Très bon choix, Alice, commentai-je.

-Edward! Gronda Bella, toujours le rouge aux joues.

Je ris, suivi de quelques sourires complices des deux jumeaux et de mes parents. En tout cas, j'avais hâte de voir Bella avec ça, car son ensemble de ce midi avait subit de graves dégâts. Je n'avais pas été si délicat que ça en fin de compte. Bella détourna rapidement son attention pour le cadeau de Jasper et elle fut désorientée de découvrir une sorte de journal intime en cuir noir avec gravé « Journal » sur la couverture ainsi qu'un stylo banale qu'on trouve dans n'importe quelle papeterie. Moi même, j'avais dû mal à le suivre.

-Certains patients ressentent l'envie d'écrire ce qu'ils ressentent, ce qu'ils vivent au quotidien ou juste pour ne pas oublier, expliqua Jasper. Je sais que tu ne parles jamais de ta tumeur, mais que tu ne peux pas y échapper alors je pense qu'écrire te ferait du bien, t'aiderait à te sentir mieux ainsi qu'à te libérer du poids que tu portes toute seule.

-C'est très prévenant, Jasper, dit Bella. Je ne sait pas quoi dire, à part... merci.

-Il n'y a pas de quoi.

Je remerciai Jasper d'un hochement discret de la tête alors que Bella traçait les contours des lettres du journal du bout des doigts. Elle adore écrire. J'espérai qu'elle écoute le conseil de Jasper et qu'elle puisse s'épanouir du mieux qu'elle le pouvait grâce à sa plume.

-À notre tour! S'écria Emmett, la faisant sursauter. Notre cadeau c'est le meilleur, n'est-ce pas, Rose?

Elle roula des yeux.

-Si tu le dis, Em.

-Un peu d'enthousiasme! Allez, viens Bell's, notre cadeau est dehors!

Il embarqua sa soeur à la vitesse de la lumière, nous obligeant à les suivre et mettre nos manteaux à la va-vite. Je souris en le voyant couvrir avec une grande intention sa soeur avant de la porter dehors, lui bandant les yeux.

-Emmett! S'exclama Rosalie. Ta soeur n'est pas un jouet!

Elle courut derrière lui pour retenir ses ardeurs. Ils nous emmenèrent dans le garage, sous un froid glacial. J'allais rapidement près de Bella emmitoufler contre son frère au cas ou.

-Vas-y, Rose!

Elle ouvrit la porte du garage et une grande bâche couvrit... une voiture? Sérieux?

-Prépare-toi à avoir le choc de ta vie! Se réjouit Emmett.

-Tu ne crois pas que tu en fais un peu trop? S'énerva son père.

-Pas la peine de se mettre en colère, papounet! Bon, à trois, Bella. Un... Deux... Trois!

Il lui enleva l'écharpe qui lui servait de bandeau et elle cligna plusieurs fois des yeux afin de s'habituer à la nuit de Seattle. Elle fronça les sourcils, perdue.

-Oh, vous m'avez offert une bâche? Ironisa-t-elle, contre attaquant. C'est trop gentil.

Jasper et Alice éclatèrent de rire, tout comme Rosalie qui avait dû mal à retenir son rire, ainsi que mes parents, son père et grand-père. Moi-même, garder mon sérieux fut difficile. N'était-elle pas merveilleuse?

-Mais non, idiote! Maugréa Emmett. C'est ce qui a en-dessous qui est important.

Elle me lança un regard timide et je lui pris le bras pour l'emmener au garage. Ses pas étaient un peu hésitants ce soir, et je savais que la fatigue y était pour beaucoup. Ses petits doigts attrapèrent la bâche et, en l'aidant, je l'enlevai. Elle poussa un cri de stupeur lorsqu'elle revit son monstrueux camion rouge flambant neuf, prêt à mettre les voiles. Je fus mitigé. Je n'aimais pas l'idée que Bella conduise de nouveau, surtout maintenant.

-On a mis des semaines à le réparer et à lui donner sa beauté d'antan, commença Rosalie. Il n'était plus tout jeune ton... truc.

-Je n'en reviens pas, souffla Bella. Il est presque méconnaissable!

-Je t'avais dit que notre cadeau serait le meilleur, se vanta Emmett.

-Elle n'a toujours pas eu celui d'Edward, le corrigea Jasper.

Emmett lui lança un regard mauvais alors que Bella faisait le tour de sa voiture. Enfin, le monstre.

-C'est vraiment génial! S'extasia-t-elle. Ça a dû vous prendre beaucoup de votre temps, c'est juste vraiment étonnant mais je vais enfin pouvoir reprendre le volant.

Elle alla enlacer Rosalie et Emmett, un sourire aux lèvres. Je me tus, mais j'avais du mal à garder mon inquiétude pour moi seul vu que mon père me lançait des œillades toutes les secondes. Si j'ouvrais la bouche, Bella me tuerait sur le champ. Nous ne nous attardâmes pas dehors, à cause des basses températures et nous nous faufilâmes dans la maison, bien au chaud. Je glissai à l'oreille de Bella de garder son manteau près d'elle, sous son étonnement. Phase deux de mon plan. Nous nous rassîmes dans le salon, et ce fut au tour de Charlie de se lever pour offrir son cadeau à sa fille. Un petit carton trôna sur les genoux de Bella, et, timidement, elle le déballa. C'était une boîte à musique surmontée d'une danseuse étoile tournant sur elle-même sur l'air de Clair de lune.

-Je sais que tu aimes cette air de musique, informa Charlie. Et tu sais aussi que je ne suis pas très doué pour les cadeaux mais ça m'a parut bien.

-C'est magnifique, murmura-t-elle. Je suis trop gâtée...

-Les cadeaux ne peuvent arriver à ta cheville, Bella, contra avec douceur ma mère. Je crois que chacun de nous avons voulu te montrer que tu es une personne exceptionnelle.

-Je ne suis pas une « personne exceptionnelle », marmonna-t-elle. Je suis juste... moi.

-Et c'est ce qui fait tout ton charme! Sourit Alice. À Edward, maintenant! Qu'est-ce que tu as offert à ta Bella?

Tous les regards se braquèrent sur moi, et je sentis mes joues chauffer un peu. L'intéressée tourna timidement la tête vers moi, se mordant la lèvre inférieure à l'aide de ses dents. J'étais fichu si elle faisait ça en plus! Personne ne savait ce que je lui avais préparé, sauf qu'elle refusait que je dépense un cents pour elle. Ça avait été difficile de résister à la tentation, surtout que j'étais passé près des bijouteries. Mais j'avais accepté son choix et lui avais imposé la même règle. Ce qui n'avait pas été pour me déplaire en fin de compte. Je me raclai la gorge et me détachai d'elle, toujours embarrassé.

-Tu... Tu m'as ordonné de ne rien dépenser pour toi, et... et j'ai exaucé ton souhait, bredouillai-je. J'aurais voulu te l'offrir seul à seul mais... mais apparemment ça ne sera pas le cas.

-Fais pas durer le suspense! S'impatienta Emmett.

Après un dernier regard dans sa direction, je me tournais vers le piano à queue noir laqué du salon et j'entendis distinctement un hoquet de stupeur venant de ma mère. Je n'avais créé qu'une composition, et c'était pour elle quelques années plus tôt. Depuis, je n'avais plus senti l'envie d'écrire quoique ce soit, jusqu'à ce que je rencontre Bella. Mes doigts tremblaient quelques peu alors que j'angoissais légèrement. Tu peux le faire, c'est pour Bella. Oui, j'en étais tout à fait capable, surtout pour elle. Je posai mes doigts sur les touches blanches et la musique s'envola dans les airs. Calme, langoureuse et passionnée, c'était tout ce qui définissait Bella au quotidien. J'avais mis des semaines à la finaliser, des semaines à réfléchir sur tel ou tel accord, à me donner des migraines. Mais un soir, alors que Bella dormait profondément, quelques jours plus tôt, et sachant que le piano ne la réveillerait pour rien au monde, j'avais commencé à jouer, sans m'arrêter. La musique avait été parfaite, et je m'étais empressé de l'écrire sur une partition pour pas l'oublier. Mais, à force de la jouer lorsque Bella était à l'hôpital ou lorsqu'elle dormait, j'avais fini par l'apprendre par coeur et je pouvais la jouer les yeux fermés. La mélodie s'achevait sur des notes douces et lentes jusqu'à ce que le dernier son résonne dans la pièce. Phase un terminé. Mon coeur s'accéléra lorsque aucun bruit ne suivit ma musique. Je n'osai me retourner, de peur de lire quelques choses de négatif sur leur visage, mais bien vite une petite main douce et chaude se posa sur mon épaule et, avec appréhension, je lui fis face. Je fus choqué de voir des larmes couler sur ses joues avant de paniquer.

-Je ne voulais pas te faire pleurer, excuse-moi, je...

-Moi aussi, je t'aime, murmura-t-elle.

Un vrai sourire s'étira sur mes lèvres, heureux qu'elle ait compris le sens de ma démarche.

-Je t'aime aussi, ma Bella.

Au travers de ses larmes, je vis ses yeux briller de joie avant que je ne l'embrasse passionnément devant toute la famille, sans aucune gêne, plaquant son corps contre le mien. Elle enfouit ses mains dans mes cheveux alors que je me retenais de l'asseoir sur moi dans une position compromettante. Je souris contre sa bouche lorsque le sifflement appréciateur d'Emmett se fit entendre, suivi par celui de Jasper et de sa soeur. Je rompis le baiser à mon plus grand regret et lui caressai la joue, toujours applaudi par les autres.

-Carlisle, je crois qu'il me faut un mouchoir, sanglota ma mère.

Cette réplique fit rire tout le monde et je profitai de cette diversion pour enfiler le manteau de Bella et le mien et l'emmener faire quelques pas dehors. J'enroulai Bella dans mes bras pour qu'elle ne prenne pas froid et lorsque je fus satisfait de la distance qui nous séparait de la baie vitrée, je stoppai mon ascension.

-Je n'en reviens pas que tu m'aies écrit un morceau de piano, dit Bella souriante. On ne m'a jamais fait un cadeau aussi... personnel.

-C'était la seule chose de bien que je pouvais t'offrir sans que je ne dépense un sou pour toi. Et puis, te voir si heureuse est la meilleure récompense que je puisse avoir.

Elle baissa les yeux, rougissante, et je me décidais à me jeter à l'eau. Phase deux.

-J'ai autre chose pour toi, avouai-je.

-Edward, gémit-elle, tu m'as déjà offert ce fabuleux morceau de piano, que veux-tu me donner de plus?

Je capturai sa joue d'une main, la caressant de mon pouce. J'étais nerveux, affreusement nerveux et je n'arrivais pas à faire disparaître cette boule au fond de mon ventre. J'évitais de regarder vers la maison, sachant que sept paires d'yeux étaient braquées sur nous.

-Le morceau n'était pas grand chose, ça fait des semaines que j'essayais de le jouer et je l'ai fini il n'y a pas longtemps. Mais... il y a quelques jours, tu m'as dit quelque chose qui m'a troublé et j'ai su que c'était le bon moment pour te demander ça. Je suis complétement cinglé, mais le temps passe si vite que j'ai peur de passer à côté de ça.

-De quoi est-ce que tu parles, Edward? Demanda prudemment Bella.

Je fermais les yeux, posant mon front contre le sien quelques instants et me détachais d'elle. Je fouillais dans la poche de mon pantalon et lorsque mes doigts se refermèrent sur ce que je cherchais, je me mis à genoux, tremblant comme un débutant. Bella écarquilla les yeux, reculant légèrement d'un pas vers l'arrière comme choquée par ce que je m'apprêtais à faire. J'ouvris l'écrin délicat et l'ouvris, plongeai mon regard dans le sien.

-Mademoiselle Swan, me feriez-vous l'honneur de devenir ma femme?

Cris de joie?

Ou

Cris de haine?

Je l'ai entend d'ici, même si vous êtes à des kilomètres de moi et de mon ordinateur chéri.

Je vous avez dit que vous alliez adoré ce chapitre, non?
Certain(e)s penseront que c'est tôt pour un mariage, mais n'oubliez pas que rien n'est joué en ce qui concerne l'avenir de Bella et que tout peut arriver, le meilleur comme le pire.

Je sais que vous trépigniez d'impatience pour la suite qui risque de ne pas se passer comme prévu...

J'ai calculé, et je dirais qu'il reste un peu près 10 chapitres de cette fiction avant que j'y mettre un point final. Enfin, normalement j'ai prévu ce quotas mais mon imagination et mes doigts ne sont pas forcément toujours d'accord.

-Eggnog: Boisson spécialement américaine que servent les hôtes en signent de bienvenu à leurs invités. C'est une boisson riche, épaisse et parfumée au rhum.

-Guitare: Bay Parlor Guitare acoustique datant de 1890, apparemment. Je ne suis pas musicienne, j'ai juste fait de la flute au collège. Sans commentaire. J'ai regardé sur internet, mais je ne suis pas sûre du résultat. Si quelqu'un en sait plus que moi, je suis preneur! Lien sur mon profile, pour voir comment elle est.

Merci de votre passage et n'hésitez pas à donner votre avis,
Clairouille59.