Bonjour tout le monde!

Après le calme, la tempête!

Grande surprise, la demande en mariage d'Edward, n'est-ce pas?

Et vous avez qu'une hâte, c'est de savoir si Bella accepte ou non?

Je risque de vous surprendre...

Je vous avez prévenue que ce chapitre risque de vous déplaire sur le fait que certaine révélation vont être révélées et que, même si j'ai omis de vous le dire, James est de retour plus fou que jamais.

Oh, que j'ai hâte de lire vos impressions pour ce chapitre car vous allez littéralement me détestez pour la fin que je vous prépare! HA HA HA!

Je ne vais pas écrire un roman cette fois, mais sincèrement j'adore cette fin de chapitre, allez savoir pourquoi.

Retour d'un POV de Rosalie, Bella et bien entendu, pour bien finir, celui de James! Il est plus court que celui du chapitre 26 mais aussi intense et surprenant que celui-là. Il avait bien dit qu'il se vengerait de l'affront d'Edward, non?

Chut! Je n'en dis pas plus!

Réponses aux personnes sans compte:

-Maud: Bien sûr que je suis choquée que tu me laisses uns review! Quelle question!

-Izzie: Pour savoir ce que Bella va répondre, il faudra attendre un peu car il y a un POV Rosalie avant celui de Bella qui expliquera ce qui c'est passé après qu'Edward ait mit un genou à terre. À bientôt!

-Martine16: J'espère être à la hauteur de tes espérances pour cette suite tant attendu! À bientôt!

-Félicie: Wow, merci pour tout c'est beaux compliments! J'espère que ce chapitre aura autant ta ferveur que le précédent. À bientôt!

-Crazybells: Heureuse que le cadeau de Bella t'ait plu. Lol! Je sais que je suis sadique pour la fin, mais c'est un peu ma marque de fabrique maintenant. À bientôt!

-Edbel: J'espère que l'attente n'a pas été trop longue pour toi. À bientôt!

-Elo: Mon chapitre n'est pas un convoi exceptionnel? Non, plus sérieusement, j'écris juste « chapitre très long » pour que les gens se prépare, et aussi qu'ils prévoient du temps, rien de plus. Je crois que tout le monde a aimé Emmett lourd dingue mais ça fait son charme, non? Il faudra lire ce chapitre pour voir si Bella panique complètement ou qu'elle saute dans les bras d'Edward en criant: JE LE VEUX! Lol. À bientôt!

-Twilight-et-the-vampire: J'espère que l'attente n'a pas était trop longue et merci de ta fidélité. À bientôt!

Merci à: Phika17, Scrabinou, Maud, Lydouille, CarlieCullen86, pierard85, Em81, bellaeva, Izzie, Anais88, Habswifes, lolall, Martine16, Félicie, mlca66×4, crazybells, Sloubi, edbel, ousna, Caropat07, AnaïsB, Elo, coco-des-îles, Butterfly971, Grazie et Twilight-et-the-vampire pour vos commentaires.

Merci à: Cokorico, ejones54, Habswifes, lovetwilight53, bebedeamour, xXxSo666xXx, MortalFlower, Nox07, JulietheHeaven, So-Kate, brown26, Butterfly971, yuki158 et blackmoon76 pour m'avoir mise en story alert ou en favoris story.

Disclamer: Tout les personnages appartiennent à S.M.

Merci à Phika17 pour sa correction! (L)

« Ta fiction avait une bonne idée de base... Dommage que tu n'ai pas

assez de talent pour l'exploiter. » C'est la review que j'ai reçu d'une certaine Mono90 qui est d'une lâcheté déconcertante en n'ayant pas de compte ou simplement pas eu le cran de se connecter pour poster ceci. Je tiens à te dire, tout en restant correcte et polie, que je ne t'ai en aucun cas mis un flingue sur la tempe en t'obligeant à lire ma fiction. Si tu n'aimes pas, soit, tu passes à autre chose mais tu n'as pas besoin de laisser des messages comme ça. C'est dommage que tu te sens dans l'obligation de dire des choses pareil alors que personne ne t'a rien demandé et surtout que je ne te connais pas. De plus, je n'ai jamais dit que j'avais un talent particulier pour l'écriture, mais j'aime écrire, ça me permet de m'évader pendant quelques heures, et ton commentaire à la noix ne me fera pas perdre cette envie. Sur ce, je te souhaite bon vent et sache que si tu me laisses encore une review dans le même genre, je ne prendrais même plus la peine de répondre, car ça serait perdre mon temps et mon énergie.

Je vous souhaite une bonne lecture,
Clairouille59.

Chapitre 28: Le pêché de l'envie

Vendredi 28 décembre 2010

POV Rosalie

J'étais prête! Enfin... je crois. J'avais médité sur le sujet depuis des semaines, pensant le pour et le contre jusqu'à arriver à une décision, la bonne décision. En tout cas, je l'espérais. Ça n'allait pas très fort entre nous ces derniers temps, entre Emmett et moi, et je savais que tout était entièrement de ma faute. Alors, pour me rattraper, j'avais préparé un repas digne d'un grand restaurant français, en appelant même Bella pour des conseils, sachant que c'était une très bonne cuisinière. J'avais mis une robe blanche qui faisait bien habillé pour l'occasion. Tout était prêt, il ne manquait que sa présence. Il était 21h, l'heure à laquelle il arrivait en général et s'il n'avait pas eu une urgence entre deux. Ce que je ne souhaitais pas. Debout contre le comptoir de la cuisine, le coeur battant à tout va, je me questionnai encore et toujours. Est-ce qu'il fallait vraiment que je lui dise ce soir? Était-ce le bon moment? Comment le prendrait-il? Voudra-t-il me quitter après ça? Non, il ne pouvait pas faire ça. Je ne le supporterai pas. Il était encore temps de tout ranger et de faire comme si de rien mais avant même que je ne pense à cette option, la porte d'entrée s'ouvrit et la voix d'Emmett s'éleva:

-C'est moi! Oh, c'est quoi cette délicieuse odeur? Tu as fait à manger?

Je roulai des yeux avec un sourire, amusée qu'il pense toujours avec son estomac, peu importe l'heure.

-Je me suis dit qu'on pourrait manger en amoureux, répondis-je avec hésitation.

-C'est une très bonne idée.

Il vint vers moi avec un sourire et embrassa ma joue avec tendresse. Je fermai les yeux quelques instants, profitant de son amour tant qu'il me le donnait sans retour.

-Comme s'est passée ta journée? M'enquis-je.

-Calme. Et la tienne?

-Banale. Tu veux boire quelque chose?

-Je me sers, ne te dérange pas.

Au passage, entre le réfrigérateur et le plat qui attendait, il en profita pour essayer de regarder ce que c'était avant que je ne lui donne un coup de cuillère en bois pour sa curiosité.

-Pas maintenant, Monsieur l'impatient!

Il bouda comme un enfant prit au fait et alla chercher sa bière, en me prenant mon jus de raisin habituel. Il savait que je n'aimais pas trop l'alcool, mais je ne lui en avais jamais dit les raisons exactes. J'avais aussi menti sur le sujet, en prétextant qu'après avoir vu mon père boire comme un trou jusqu'à mes dix-huit ans, j'en étais dégoûtée. Ce n'était pas tout à fait faux, mais pas tout à fait vrai non plus. Encore un mensonge. Je soupirai pour la millième fois et remuai la sauce dans la casserole, dans un geste automatique. Une main sur ma hanche me fit tressaillir d'effroi. Je me repris rapidement et m'insultai parce que ce n'était qu'Emmett qui essayait de goûter ce que j'avais préparé.

-Toi, tu as appelé Bella! Chantonna-t-il, amusé.

-N'importe quoi, rétorquai-je, mauvaise joueuse.

Il éclata de rire alors que je me renfrognai un peu plus.

-Tu ne me crois pas capable de faire ça toute seule? Repris-je.

-Pas le moins du monde!

J'esquissai d'un faible sourire, amusée à mon tour. C'est vrai que je n'étais pas un cordon bleu, mais je savais cuisiner le principal, ce qui n'était pas son cas. Le nombre de fois où l'on a dû commander au chinois du coin de la rue car ce qu'il avait fait ressemblait plus à du charbon qu'à de la nourriture! Il était aussi pathétique que moi en cuisine.

-J'ai peut-être appelé, Bella, grommelai-je. Ce n'est pas un crime, n'est-ce pas?

-Je voulais juste te l'entendre dire! Bon, c'est pas tout mais je meurs de faim! On mange quand?

-Sors les assiettes que je nous sers, estomac ambulant.

Il sourit, pas du tout vexé par ma remarque et, à la vitesse de la lumière, deux assiettes apparurent à mes côtés attendant leurs dus. Je levai les yeux au ciel et lui servis les pâtes et la sauce carbonara. Bella m'avait donné un truc simple à faire que j'étais sûre de pouvoir refaire par la suite. Mais je crois plutôt que c'est Edward qui l'a forcée à raccrocher au plus vite pour d'autres occupations. Je grimaçai de dégoût. Il pouvait dire que Jasper était un obsédé, mais il n'était pas mieux lorsqu'il s'agissait de Bella! Je secouai la tête pour m'enlever ses pensées salaces de mon esprit et suivis Emmett qui déposait nos plats sur la table, se léchant presque les lèvres. Je roulai des yeux avant de m'asseoir en face de lui. Emmett s'était presque écroulé sur sa chaise, attendant mon signal pour dévorer son assiette.

-Vas-y, soupirai-je, dépitée. Bon appétit.

-Merci ma Rose! Toi aussi!

Il s'empara de ses couverts et commença à manger avec une gourmandise sans nom. Pour ma part, je pris ma fourchette sans grand enthousiaste et jouai avec mes pâtes, le coeur battant.

-Tu ne manges pas? S'inquiéta-t-il en me regardant.

-Je n'ai pas très faim...

Il fronça les sourcils, mécontent de ma réponse.

-Est-ce que... tu vas bien? Tu es malade? Il s'est passé quelque chose à l'école, aujourd'hui?

-Non, rien de tout ça. Je vais bien Emmett, c'est juste que je n'ai pas très faim ce soir. Tout le monde n'a pas un appétit d'ogre.

-Est-ce que tu te rends compte au moins que je ne crois pas une seule seconde à ce que tu me dis là?

Je fis la moue, piégée.

-Je t'en parlerai après, Em, mange avant que ça soit froid.

-Mais...

-S'il te plait, le suppliai-je en le regardant dans les yeux.

Il soupira, les traits de son visage anxieux.

-Très bien, mais je saurais ce qui ne va pas.

-Je n'en doute pas.

Nous continuâmes à manger, silencieusement, comme si on avait eu une mauvaise nouvelle quelques instants avant. Ce que je vais dire fera l'effet d'une mauvaise nouvelle de toute façon. Au bout de dix minutes, j'arrêtai de me battre avec moi-même, sachant que je ne pourrais rien avaler et, à mon étonnement, Emmett m'imita. Je déglutis, mal à l'aise, sachant que ce qui allait arriver était pour notre bien à tous les deux. Emmett me scrutait avec insistance, cogitant sûrement à ce qui se tramait dans ma tête. Les minutes suivantes furent les plus longues de ma vie, jamais je m'étais sentie aussi oppressée et inquiète. Emmett ne se leva pas pour débarrasser, comme à son habitude, au contraire. Il resta assis sur sa chaise, fixant son regard vers moi et ne me lâchant plus. J'avais comme un mauvais pressentiment, qu'il savait ce que j'allais lui dire. Mes doigts tremblèrent quelque peu alors que je déchirai en petit morceau la serviette en papier depuis un certain temps déjà. Il fallait que j'ai les mains occupées, même si c'était pour faire un truc stupide.

-Rosalie, m'appela doucement Emmett.

Je sursautai. C'était rare qu'il m'appelait pas mon prénom entier. C'était mauvais signe.

-Je ne sais pas par où commencer, murmurai-je, fébrile.

-Ou tu voudras, tant que tu me dis ce qui te rend si malheureuse depuis que nous sommes ensembles.

J'esquissai un faible sourire. Où commencer alors que tout me semblait être la fin?

-C'était il y a un peu plus de 5 ans maintenant... Je... Je faisais des études pour devenir professeur des écoles, à l'Université de Seattle... Je n'étais pas une fille qui allait de fête en fête mais... mais un jour, je me suis laissée tenter et... et j'ai rencontré Royce.

Je vis les mains d'Emmett former deux poings et n'ayant pas le courage d'affronter son regard, je fermai hermétiquement les yeux tout en priant pour qu'il me pardonne.

-Il était gentil, attentionné et plutôt bel homme alors... je me suis laissée faire. On est sortis ensemble pendant quelques mois avant que... que je ne voie son vrai visage. Il buvait, beaucoup, fumait des choses par très légales et... ramenait des filles alors que j'étais sous son toit. J'ai... J'ai voulu le quitter, mais il m'a fait amèrement regretter mes paroles... Il m'a frappé, plusieurs fois, en... en disant que j'étais à lui et que je devais faire ce qu'il me disait.

Je sentis une larme couler sur ma joue, et je l'essuyai, rageusement. Je repris une inspiration avant de reprendre mon récit:

-J'étais coincée... Je ne pouvais le dire à personne, ni même à Jasper, qui ne l'appréciait pas beaucoup non plus, ni à Edward alors... J'ai subi ça jusqu'au jour où tout a dérapé... Il ne travaillait pas ce jour-là, et je suis rentrée de mes cours un peu plus tôt que d'habitude parce qu'un professeur n'était pas là. Il m'a appelée du salon, il était déjà soul alors qu'on était qu'en début d'après-midi... Je craignais de ce qui allait m'arriver, parce que c'était encore pire lorsqu'il avait bu. Il a insinué que je le trompais et voulait savoir avec qui je couchais mais... mais j'avais beau lui jurer que je ne voyais personne, il ne m'a pas cru et... et m'a obligé à lui... lui faire une fellation pour prouver mes dires. Il... Il prenait du plaisir, il... a même... même joui dans ma bouche mais je ne pouvais pas avaler alors je lui ai craché au visage et... j'ai essayé de fuir mais... mais il a été plus rapide et m'a plaqué au sol... Je me suis débattue, mais il était plus fort et je n'ai rien pu faire! Il... Il a déchiré mes vêtements et... et...

-Assez! Cracha Emmett. J'en ai assez entendu.

Le tremblement de mes doigts avait glissé dans tout mon corps, et je tremblais des pieds à la tête. Je me faisais horreur. Comment pouvais-je encore me regarder dans un miroir après ce qu'il m'avait fait? Les larmes ne cessaient de couler le long de mes joues et j'entendis la chaise en face de moi tomber à la renverse, me faisant lourdement sursauter.

-Comment as-tu pu me cacher ça pendant plus de trois mois?

J'ouvris les yeux et je fus à moitié surprise de voir Emmett debout, les traits de son visage déformés par la colère de lui avoir caché mon viol depuis que nous étions ensemble. Ne pouvait-il pas comprendre?

-J'ai l'air d'un monstre pour toi? Continua-t-il, ne quittant pas ce masque de froideur à mon égard. Je te rappelle l'autre connard, c'est ça? Je te dégoûte?

-Q...Quoi? Tremblai-je.

-NE ME MENS PAS! Je le vois bien lorsque je t'embrasse, ou lorsque j'essaye d'aller un peu plus loin, la répulsion dans ton regard. Je ne suis pas si idiot que ça!

-Non, je... non, Em...

-Je ne sais même pas pourquoi je suis encore là, avec toi de toute façon! Tu n'as même pas eu confiance en moi depuis le début pour me dire ce qui te bloquait, ça prouve bien à quel point tu t'es foutue de moi pendant tout ce temps.

-Non! Je t'en supplie, sanglotai-je de plus bel, ne me laisse pas... S'il te plait...

-Je me casse! J'espère que tu as bien ri à mes dépends, car ne compte pas me revoir de si tôt!

Il claqua la porte au bout de quelques secondes, faisant trembler les gonds de la porte et mon coeur en même temps. Le dîner avait à peine été entamé, le repas refroidissait lentement dans son plat et tout semblait propre. J'avais l'impression que des heures avaient coulé sous les ponts alors que le tout a duré moins d'une demi-heure.

Il est parti.

Il m'a laissé seule.

Il n'a pas compris.

Qu'allais-je devenir à présent? Qui allait s'occuper de moi? Jasper avait Alice maintenant, Edward était avec Bella et Esmée et Carlisle étaient occupés avec leur travail. Ne serait-ce pas plus simple de tout quitter? Tout lâcher et quitter ce monde qui ne semblait pas vouloir de moi? Si seulement je n'avais pas cette partie de conscience qui me disait que je ne pouvais pas laisser Jasper... Je n'aurais qu'à prendre un couteau et me taillader les veines, ou des médicaments dans l'armoire à pharmacie de la salle de bain. Quelque chose de rapide et de simple. Mes épaules se voutèrent et les larmes affluèrent sur mes joues. Emmett m'a abandonné. Mes pleursse firent plus conséquents et je me mis à littéralement exploser de rage et de chagrin. Les assiettes et les couverts se brisèrent sur le sol, la table se renversa, les chaises la suivirent et tout ce qui me passa sous la main se trouva fracassésur le sol. Il n'avait pas le droit! Les pâtes carbonara se vidèrent sur le carrelage, rendant le sol glissant et dangereux. Mon portable sonna, mais je ne fis pas attention, je devais faire exploser ma colère. C'était toujours mieux que de pleurer comme une minable.

Je ne sais pas en combien de temps je mis l'appartement sans dessus dessous, mais soudain, deux bras chauds et réconfortants s'enroulèrent autour de moi et je lâchai prise. Je m'écroulai au sol, respirant difficilement, les mains et les avant-bras en sang et le coeur en miette. J'essayai de me débattre, ne voulant pas la pitié de quelqu'un mais la personne insista et je décidai de laisser tomber. Je crus que c'était Emmett, mais lorsqu'il parla, je reconnus mon frère:

-Calme-toi, Rosalie, chuchota-t-il à mon oreille, tout va bien.

-Il... Il... Il ne... veut plus... de moi, pleurai-je.

-Emmett? Intervint une voix féminine que je reconnus comme celle d'Alice. C'est de Emmett que tu parles?

Je hochai furieusement la tête et rendis l'étreinte de Jasper.

-Qu'est-ce qui c'est passé? Demanda-t-il, doucement. Vous vous êtes disputés?

-Il... Il sait, Jazz! Il est au... au courant et... il m'a abandonné!

-Abandonné? Répéta Alice, perdue.

-Je vais le tuer, grogna mon frère.

Je pleurai de plus bel, pendant ce qui me parut être une éternité avant que je m'endorme, plus seule que jamais.

Lundi 31 décembre 2010

POV Bella

Mon univers avait été bousculé du jour au lendemain. Je ne saurais dire ce qui s'était vraiment passé, et ce que mon cerveau faisait passer pour vrai. J'étais complètement perdue. La demande en mariage d'Edward avait été plus que surprenante. En fait, je ne m'y attendais absolument pas. Lorsqu'il m'avait dit, après qu'on soit sortis de la maison de ses parents, qu'il avait un autre cadeau pour moi, j'ai sincèrement cru qu'il avait un bijou pour moi, mais en aucun cas une bague et encore moins une bague de mariage. J'avais carrément paniqué. Et ne parlons pas de mon père et d'Emmett, qui pour l'un était rouge de colère, enfin, il n'était pas très content de la demande de mon compagnon, et l'autre qui avait cru à une grosse blague. Dommage, ça n'en était pas une. Par contre, la famille d'Edward, si on comptait Alice dedans, n'avait absolument pas été plus surpris que ça, ou plutôt si mais par ma réaction. Tout le monde croyait que j'étais une romantique dans l'âme, mais je crois que, dimanche dernier, j'ai brisé le mythe.

Flashback, Dimanche 26 décembre 2010

Je regardais le visage parfaitement sérieux d'Edward et la bague dans l'écrin à tour de rôle, en essayant de me persuader que ce n'était pas une blague. Edward voulait m'épouser. Je reculai instinctivement d'un pas, choquée, sous le regard blessé d'Edward.

-Bella? M'appela-t-il doucement.

-Tu ne peux pas faire ça, chuchotai-je dans un souffle. Je... Je ne suis pas assez... bien pour toi.

Ça me déchirait de lui dire ça, mais c'était tellement vrai! Un éclat de colère traversa ses pupilles, comme à chaque fois que je disais une phrase similaire.

-C'est moi qui ne suis pas assez bien pour toi, corrigea-t-il.

-Edward...

Il soupira et se releva, rangeant l'écrin avec la bague dans sa poche.

-Je n'aurai jamais dû te demander ça. Excuse-moi.

Sur ce, il me laissa là et s'en alla d'un pas rapide vers la maison, la tête baissée. Mais quelle imbécile! Il se sentait mal, blessé et meurtri par ma faute. J'étais une personne horrible avec lui, je ne le méritais pas. Edward franchit la baie vitrée et se dégagea des mains réconfortantes de sa mère. Ils allaient me détester. Je ne sais pas où il allait, mais il disparut de mon champ de vision et mes yeux brûlèrent de chagrin. Il ne pouvait pas comprendre mon choix, mon refus. Même si techniquement, ce n'en était pas un. Sans que j'y fasse attention, les larmes traitresses coulèrent sur mes joues gelées et je retenais tant bien que mal le sanglot qui menaçait de traverser ma bouche. Je vais le perdre. J'essuyais rageusement ses larmes accusatrices et marchais d'un pas timide vers la demeure. Il fallait que je lui parle avant de vraiment le perdre à jamais. Je n'étais pas sûre de supporter qu'il me quitte. L'air chaud fouetta mon visage et mon corps frissonna, heureux de retrouver un endroit chauffé.

-Où est-il? M'enquis-je auprès de Carlisle, n'osant pas regarder sa femme dans les yeux après ce que je venais de faire à son fils.

-Dans son ancienne chambre, murmura-t-il. Bella, il...

-Merci, le coupai-je.

Je ne fis pas attention aux regards nerveux et curieux des autres habitants de la maison et me faufilai avec difficulté jusqu'à l'escalier. Les marches ne m'avaient jamais paru aussi ardues que maintenant. Je pris mon courage à deux mains et posai mon pied sur le premier échelon avec une grande inspiration. L'ascension fut lente et douloureuse, et je remarquai que lorsque Edward n'était pas à mes côtés, tout me semblait austère et insurmontable. Ma respiration était haletante et mon coeur se comprimait avec force dans ma poitrine, protestant de l'effort que je lui faisais subir. Et puis, j'avais exceptionnellement ma séance de Chimiothérapie mardi, vu qu'hier nous étions le jour de noël. Des heures parurent avoir passé lorsque je fus enfin arrivée à l'étage. C'était la première fois que j'y mettais les pieds, mais je ne m'attardais pas sur la décoration, préférant chercher la chambre d'adolescent d'Edward. En toute logique, ça devait être la seule qui avait la porte fermée. Je m'arrêtais juste à celle-ci, non loin de la salle de bain mais très éloignée de celle de ses parents. Etrange. Il voulait sûrement avoir son intimité, surtout en étant un garçon... Je secouai la tête, me fustigeant de penser à ça dans un moment pareil et toquai doucement à la porte.

-Maman, s'il te plait, supplia-t-il, je voudrais être seul un moment.

Mon coeur se brisa un peu plus au ton de sa voix, et surtout à sa demande. Je lui avais fait tellement de mal en gardant le silence. Je ne fis pas attention et entrai quand même, doucement. Edward était assis sur le bord de son lit, dos à moi et en face de la fenêtre. Je jetai un coup d'œil à sa chambre qui était simple et avec quelques séquelles de sa vie d'avant. Des BD étaient sur l'étagère, ainsi que des vieux groupes ou chanteur d'autrefois qui n'existaient plus ou se faisaient rares. Un grand lit de deux places trônait contre le mur, à ma gauche, faisant face à une armoire noire, toute simple surmontée d'un petit écran plat. La parure du lit était blanche et grise. Je notai qu'il n'y avait rien d'extravagant, comme sur les murs où était accroché un beau tableau représentant un homme assis derrière un beau piano blanc. C'était tout Edward. Je risquai un pas dans la pièce, puis un deuxième jusqu'à être près d'Edward sans qu'il me voie. Je le vis se tendre comme un arc et je sus qu'il m'avait reconnu.

-Tu ne m'as même pas laissé le temps de répondre, chuchotai-je.

-La réponse était déjà peinte sur ton visage...

Je me mordis la lèvre inférieure, embarrassée et désolée. Effectivement, j'allais refuser sa demande mais pas sans bonnes raisons.

-Puis-je?

Il me fit un signe las et je m'assis avec bienvenue à côté de lui. C'était étrange de se comporter ainsi, comme deux inconnus alors que quelques heures auparavant, nous faisions l'amour tendrement pour prouver notre amour sincère. Je jouai nerveusement avec mes doigts, sur mes genoux.

-Edward, je... je suis désolée.

-Tu n'as pas à l'être, je comprends.

-Tu comprends?

-Tu n'as pas autant de sentiments que moi j'éprouve pour toi, expliqua-t-il. J'ai toujours su qu'un jour ou l'autre, tu trouverais mieux et que...

-Quoi? Non! Où as-tu pêché une idée aussi stupide?

Il baissa la tête, carrant la mâchoire.

-Ce que je te dis n'a rien de stupide, il suffit de... de voir comment tu es avec moi pour savoir que j'ai raison.

Je secouai la tête, désarmée. Où avait-il bien pu pêcher ça? Il savait très bien pourquoi, des fois, j'étais distante.

-Tu as tort, Edward.

-Alors tu es venue ici pour accepter ma proposition? Ironisa-t-il.

Je clignai des yeux, blessée par sa soudaine colère et ses propos troublants. Je savais qu'il avait une conception bien à lui du mariage, on en avait parlé, comme n'importe quel sujet de conversation il y a des semaines de ça. Pour lui, si deux personnes s'aimaient sincèrement et profondément, il ne voyait pas ce qui les retenait à passer le cap. Pour moi, c'était une toute autre histoire. Mes parents s'étaient mariés jeunes, s'étaient sûrement aimés mais ça n'avait pas fonctionné pour eux. Je faisais une sorte de blocage sur ce terrain là car depuis mon plus jeune âge, j'avais une idée négative du mariage, même si avec l'âge j'ai eu ma propre opinion. Je craignais de tout perdre une fois que j'avais la bague au doigt. Et puis, je n'avais jamais pensé que quelqu'un, et surtout Edward, allait m'aimer au point de me demander d'être sa femme. Je refusais qu'il pense que je ne l'aimais pas parce que j'avais des doutes sur la conception du mariage.

-Je me répète, dis-je, tu ne m'as pas laissé le temps de te répondre.

-Et moi, je serais curieux de savoir ce que tu as à me dire, parce que tu vois, j'ai l'impression que ça ne te fait ni chaud, ni froid ce que j'ai demandé tout à l'heure.

Sois forte, Bella! Edward est un homme blessé. Je pris ma respiration avant de me lancer:

-Tu as raison, j'aurais refusé ta proposition, mais pas pour les raisons que tu crois. Est-ce que je te donne l'impression de ne pas t'aimer? De ne pas apprécier le fait de vivre avec toi? Ou ne pas être heureuse lorsque tu reviens du travail? C'est complètement stupide pour la simple et bonne raison que je t'aime, plus que ma propre vie, tu t'en souviens?

-Ça ne répond pas à ma question.

-Je refuse de t'épouser car je ne sais pas ce que l'avenir me réserve, Edward, repris-je d'une voix douce. Têtu comme tu es, tu dois trouver ça stupide mais pas moi. Comment pourrais-je supporter de te regarder dans les yeux, la bague à mon annulaire gauche, en étant sur un lit d'hôpital en train de perdre le peu de vie qu'il me reste?

-Tu ne vas pas mourir, grogna-t-il.

-À moins d'être Dieu, tu ne peux pas savoir! Je ne veux pas te faire souffrir, je refuse de voir cette étincelle d'amour et de joie dans tes yeux disparaître par ma faute. Je sais que tu m'aimes et que tu veux que je devienne Madame Cullen sous peu mais regarde-moi, regarde-nous, Edward... Je suis malade, aucun Docteur ne peut me dire à l'heure d'aujourd'hui si je vais survivre à ma tumeur et vivre une vie bien remplie, sans une épée de Damoclès au-dessus de la tête. Je ne peux pas concevoir de te laisser derrière moi attaché à mon souvenir d'avoir été ta femme pendant si peu de temps.

-Donc, tu refuses de m'épouser parce que tu as une tumeur?

J'acquiesçai mais, alors que je croyais qu'il allait se calmer, il explosa de rage en se relevant:

-Tu n'es qu'une égoïste! Et moi alors, hein? Et moi dans tout ça, je ne compte pas? Qu'est-ce que j'en ai à faire que tu sois malade pendant qu'on se marie nom de Dieu? Je m'en contre fiche! Je t'aime, et je ne veux pas perdre une minute pour te passer la bague au doigt! De toute façon, je ne vois pas pourquoi on a cette discussion car tu ne vas pas mourir, je le sais.

-Edward...

-Et ne me dis pas que je ne peux pas savoir parce que je m'appelle pas Dieu car je le jure sous son nom que je vais faire quelque chose de regrettable dans l'instant même.

Je déglutis et secouai la tête, incomprise. Il ne comprenait pas que je ne voulais que son bien? Qu'en aucun cas, je ne pensais qu'à moi et mes idées sur le mariage? Il disait souvent que j'étais une tête de mule, mais, en regardant de plus près, il n'était pas mieux! Devant moi, Edward fulminait, je pouvais presque voir de la fumée sortir de ses oreilles et ses yeux lancer des éclairs en ma direction. C'était assez intimidant. Il n'avait jamais été en colère contre moi jusqu'à maintenant, mais je me demandais si ce n'était pas plutôt la peine qui le faisait agir ainsi. Je levai mes mains tremblantes vers lui, pour prendre les siennes et le forcer à s'asseoir. Il m'obéit mais c'était de mauvaise grâce et parce qu'il était bien éduqué. C'était si dur de lui refuser quelque chose auquel il tenait tant...

-J'espère que tu es conscient de l'ampleur de mes sentiments, n'est-ce pas?

-Je ne sais pas. Tout est... embrouillé dans ma tête. Je ne sais plus ce qu'est la vérité et le mensonge.

Je glissai une main sur son épaule gauche et enfouis mon visage dans son cou. J'avais besoin de sa proximité, de sa chaleur contre moi pour garder un peu d'espoir et d'amour.

-Je t'aime, Edward, dis-je tout bas contre son oreille. Je t'aime tellement, si tu savais... Rien ni personne ne pourrait me faire douter du contraire, sois en sûr. Mais le fait que je ne veuille pas devenir ta femme ni signifie pas pour moi que mes sentiments sont corrompus.

-Alors épouse-moi, gémit-il. Épouse-moi, je te rendrais heureuse! On ira où tu voudras, n'importe quand. J'arrêterai de travailler si tu me le demandais. On vivra dans une maison au bord de la mer. On aura un chien, des enfants si tu le souhaites! Une équipe de foot de têtes blondes. Il te suffit d'un seul mot pour que tu aies tout ça... S'il te plait...

Il colla son front contre le mien, son souffle se perdant contre mon visage qui rougit sous sa proximité. Je fermai les yeux, hésitante.

-Je t'en prie, Bella...

-Tu ne peux pas me supplier sur quelque chose que je ne crois pas moi-même...

-Si tu crois en nous, alors c'est amplement suffisant.

-Bien sûr, quelle question!

-Alors épouse-moi, répéta-t-il avec une ardeur que je ne lui connaissais pas. Je te promet de t'aimer, de te chérir jusqu'à ce que la mort nous sépare et même après ça.

Un gémissement étouffé résonna dans ma gorge et je crus perdre la raison. Il m'aimait. Je l'aimais. Je devrais dire oui mais quelque chose m'en empêcha, je ne saurais dire quoi. Je me sentis cruelle de lui infliger ça alors qu'il ne voulait qu'être heureux avec moi. Ce qui était réciproque. Le visage d'Edward se nicha dans mon cou, tendrement, et embrassa la parcelle de peau sensible sous mon oreille. Je gémis malgré moi.

Est-ce que je pourrais vivre ça tous les jours? Oui.

Est-ce que je pourrais me lasser de lui un jour? Non.

Est-ce qu'il m'aimait? Oui.

Est-ce que je l'aimais? Plus que tout...

Ma main alla décoiffer ses cheveux, amoureusement ,et je remarquai qu'elle tremblait un peu. Je n'en fis pas grand attention tellement j'y étais habituée ces derniers temps. J'embrassai son crâne, faible.

-Me donnes-tu du temps pour y réfléchir?

Il releva la tête, un sourire radieux au visage.

-Tout ce que tu voudras!

-Mais ce n'est pas un oui, tentai-je de lui rappeler.

-Ce que tu peux être têtue...

Qu'est-ce que je disais?

Fin du flashback

Depuis ce jour, je ne lui avais toujours pas dit ma réponse et pour cause, mon esprit était trop embrumé par sa demande. À chaque minute, chaque seconde, je pesais le pour et le contre mais rien à faire, j'étais toujours aussi hésitante à accepter. J'évitais de m'arracher un peu plus les cheveux que mes séances me faisaient perdre et soupirais une nouvelle fois depuis... une heure. Déjà? Je n'avais pas fait attention.

-Bella, tu es prête? On va être en retard, me gronda Edward derrière la porte de la salle de bain.

J'ouvris brusquement la porte, le faisant sursauter. Il me lança un regard noir avant que ses yeux ne s'écarquillent lorsqu'il me détailla de haut en bas. Les hommes...

-Finalement, on va rester ici!

Je ris alors qu'il m'enroula de ses bras protecteurs et possessifs. Je gémis de bien-être. Depuis noël, et son fameux cadeau, on n'avait pas refait l'amour mais quelques caresses avaient pris placelorsque je n'étais pas fatiguée et Edward était plus entreprenant qu'avant. Je me mordis la lèvre inférieure tout en rougissant sous mes pensées impures. Étrangement, je jetai un coup d'œil à mon annulaire gauche. Je secouai la tête, m'interdisant de penser à ça maintenant. J'avais fait des pieds et des mains pour aller au bal de pompiers de la caserne d'Emmett, parce qu'Edward et même Carlisle ne voulaient pas. Mon état s'était quelque peu dégradé. J'étais plus fatiguée, mes muscles s'affaiblissaient, mes membres avaient du mal à faire ce que je leur ordonnais, ma tête me faisait souffrir et les séances à l'hôpital devenaient une torture. Edward essayait de ne pas être triste, mais lorsqu'il croyait que je dormais, je pouvais l'entendre supplier Dieu de ne pas me ramener à lui trop vite.Mais Carlisle avait cédé, à contre coeur, de m'accorder le droit d'accompagner Alice, Jasper, Emmett et Edward au bal des pompiers, à condition que je n'abuse pas de la piste de danse et qu'on rentre tôt. Pas d'inquiétude, je ne vais pas me fouler la cheville en dansant.

À vrai dire, j'allais à la caserne pour soutenir quelque peu Emmett, même si son comportement avait été exécrable, quelques jours plus tôt. Mon Dieu, j'avais été stupide de chercher ce que Rosalie essayait tant bien que mal de cacher alors que l'horrible réponse était sous mes yeux. Elle avait été violée... Son ex la frappait régulièrement jusqu'à ce qu'il utilise le dernier moyen de pression sur elle, ayant bu plus que de raison. Mon frère avait réagi comme le dernier des crétins. Et encore, je suis polie. Il avait dit à Rosalie qu'elle n'avait pas eu assez confiance en lui depuis le début de leur relation, avant de claquer la porte et de ne plus lui parler. Ça faisait « juste » trois jours, mais pour Rosalie ça devait faire une éternité. Jasper l'avait retrouvé, quelques heures plus tard, après qu'il se soit inquiété qu'elle ne réponde pas au téléphone, en train de dévaster l'appartement, les mains et les bras en sang. Alice nous avait appelé tard dans la soirée, alors que je dormais pratiquement allongée sur Edward dans le salon, affolée et ne sachant que faire tout en insultant Emmett de tous les noms. Edward m'avait ordonné de rester à la maison, et j'avais beau utiliser tous les chantages que je connaissais, il n'avait pas cédé d'un pouce. Crétin trop têtu! Lorsqu'il était rentré, les cernes sous les yeux et l'air profondément abattu, je lui avais demandé ce qui s'était passé et comment allait Rosalie avant d'appeler Emmett, où j'étais tombée sur sa messagerie, et de lui laisser un message incendiaire. J'avais essayé de consoler Edward autant que je le pouvais, et je crois que cette nuit-là, il avait fait pareil avec moi.

-À quoi penses-tu ainsi? S'enquit ce dernier, intrigué.

-À Rosalie, soupirai-je. Je voudrais être avec elle, la soutenir et lui montrer ma peine mais je ne peux même pas faire un pas dehors.

-C'est pour ton bien, Bella. Tu lui téléphones deux fois par jour. Crois-moi, elle sait que tu compatis pour elle, même si tu n'es pas là.

Je fis la moue et il m'embrassa doucement les lèvres, sans approfondir. Je caressai sa mâchoire du bout des doigts avant de les retirer précipitamment, en les voyant trembler. Un éclat de tristesse passa dans les pupilles d'Edward.

-Je vais bien, ne t'en fais pas, le rassurai-je.

Il ne répondit pas, et je savais qu'au fond de lui, il bouillonnait de rage contre l'injustice. Je ne savais pas si c'était de l'injustice, ou juste un concours de circonstance comme la génétique par exemple. Je me mis sur la pointe des pieds et allai chercher ses lèvres pour un second baiser. Il y répondit avec peu d'entrain, ce qui ne me plut pas du tout. Je passai la barrière de ses dents avec ma langue et taquinai la sienne avec envie. Je savais qu'il ne résistait pas à ça. À ma grande satisfaction, je l'entendis grogner mais à ma stupéfaction, il se recula, hagard. Je clignai des yeux, désorientée.

-Essaye pas de m'amadouer avec tes charmes, femme! Râla-t-il.

Je lui fis un grand sourire, innocente.

-Je ne vois pas de quoi tu parles, rétorquai-je en mordillant ma lèvre inférieure.

Son regard s'assombrit instantanément et je me retins in-extremis de gémir face à cette vue. Son côté homme des cavernes me rendait étrangement faible et suppliante. Mes hormones refont des siennes. Je me retenais comme je pouvais de ne pas lui arracher ce pull et cette chemise et abuser de son corps comme une assoiffée. Merde, Bella, tu t'égares ma petite!

-On y va? Intervins-je, comme si de rien.

Il hocha la tête et je crus entendre:

-Allons-y avant que je te séquestre dans cet appartement.

Je souris jusqu'aux oreilles, très fière de mon petit effet. Il m'aida à mettre mon manteau, en faisant attention à ne pas toucher une malheureuse parcelle de peau et nous sortîmes de l'appartement, main dans la main. Avec des gants, bien sûr. La soirée allait être amusante s'il essayait de contrôler ses pulsions. Pas que j'étais une nymphomane, mais j'étais constamment excitée en sa présence. Je me donnais une claque mentale, refusant que mes pensées ne dérivent trop loin pour que je les ramène et m'installai prudemment dans la voiture d'Edward. Au moment où je mis la ceinture de sécurité, mon portable sonna, annonçant un nouveau message.

Rosalie nous accompagne, Jasper a réussit à la convaincre de sortir un peu.

Pas un mot sur ce qui s'est passé avec Emmett, ordre du psychologue!

A tout de suite.

-Qui est-ce?

Je tendis mon téléphone à Edward. Il lut rapidement le contenu avec étonnement.

-Hé bien... Jasper a dû utiliser tous ses cours à l'université pour persuader Rosalie. Elle est presque aussi têtue que toi.

-Je ne sais pas comment je dois le prendre, grommelai-je.

Il rit et démarra la voiture. Je ne trouvais pas ça drôle, moi. Je croisais les bras sur ma poitrine, boudeuse.

-Ne fais pas la tête, sourit Edward. Tu ne peux pas me contredire sur le fait que tu sois têtue de toute façon.

-Et pourquoi ne pourrais-je pas? Contrai-je.

-Parce que tu l'es, Bella!

-N'importe quoi!

-Tu es d'une mauvaise foi...

-Moi? Je trouve ça ironique de ta part alors que tu caches sans cesse ton envie de moi.

La voiture fit un sursaut sur la route, sous plusieurs plaintes d'autres automobilistes. Je regardai Edward, qui rougissait violemment. Je souris, amusée.

-Alors, maintenant, qui est de mauvaise foi?

-Ça n'a aucun rapport. Et qui te dit que j'ai « sans cesse » envie de toi?

Je roulai des yeux sous sa tentative pitoyable de se trouver une excuse pas crédible.

-Toi.

-Moi?

-Oui, toi et ton corps.

-Mon corps? Se moqua-t-il. Je ne savais pas qu'il parlait.

-Il le fait... à sa façon. Tes yeux s'assombrissent, ta respiration s'accélère, tu déglutis lorsque tu me regardes et, le plus intéressant, tu as des érections.

Il s'étouffa avec sa salive en me jetant des regards horrifiés. Bella:1. Edward:0.

-Je... Je n'ai pas tout le temps une érection en ta présence!

-Ah! Ah! Tu as dit: pas tout le temps. Donc, tu avoues que tu en as. J'ai gagné! Triomphai-je.

-Tu n'as rien gagné du tout! Et puis, je ne vois pas pourquoi on parle de... de ça!

-Avoue que je t'excite alors, et j'arrêterai.

-Mais... Mais... C'est complètement idiot, je...

-Dis-le!

-Bella...

Il carra la mâchoire et je gigotai sur mon siège, envieuse. Pourquoi est-ce que je n'arrivais pas à me comporter normalement, en sa présence? Il se gara rapidement, et je remarquai qu'on était déjà arrivés à la caserne. Je n'avais pas fait attention. Je défis ma ceinture, imitée par Edward qui sortit rapidement de la voiture. Je l'avais peut-être mis plus mal à l'aise que je ne l'aurais cru. Je sortis de la voiture en soupirant mais, tout à coup, je fus plaquée contre la portière de la voiture, le corps d'Edward appuyé contre le mien. Je déglutis difficilement en rencontrant son regard noirci par le désir. Mon Dieu... Il colla son corps contre le mien et je hoquetai de surprise en rencontrant sa virilité qui s'était réveillée pendant notre échange dans la voiture.

-J'ai tout le temps envie de toi, susurra-t-il à mon oreille. Tellement que c'en est presque indécent. Est-ce que tu sens, au moins, l'effet que tu me fais?

Pour appuyer ses dires, il frotta son bassin contre mon ventre, ronronnant de plaisir. Ma bouche s'ouvrit d'étonnement face à son audace. Où était passé le Edward qui rougissait il y a quelques instants? Ma respiration s'accéléra et ma poitrine montait et descendait frénétiquement. Un spectacle qu'Edward ne rata sous aucun angle.

-Alors, maintenant, chuchota-t-il, ses lèvres contre mon oreille, qui a gagné?

-Je... Edward... Tu...

-Dis-le!

Mes jambes manquaient de me quitter sous peu. Ses dents tirèrent sur mon lobe d'oreille et je gémis sans aucune gêne, ce qui le fit rire. Je sursautai en sentant une de ses mains se glisser sous ma robe pour une de mes fesses qu'il empoigna avec fermeté pour me plaquer encore plus contre lui.

-Dis-le, Bella!

-Toi! Tu... Tu as gagné!

Son corps fut secoué d'un rire espiègle et je crus mourir de désir en sentant sa langue voyager de mon oreille au bas de mon cou, comme s'il léchait une gourmandise. Bella:1. Edward: 1 000.

-Hum... Délicieux... Si je m'écoutais, je goûterai une autre partie de toi, là, maintenant et tout de suite.

J'ouvris la bouche quand la sienne se rapprocha mais nous fûmes interrompus par une Alice hystérique. Oh non... Edward se décolla quelque peu de moi, le regard toujours noir et le bas de son corps sous contrôle. Comment il faisait ça?

-Je croyais que vous n'alliez jamais venir! Se plaignit mon ex-meilleure amie.

J'aurais bien voulu.

-Toujours le don de casser l'ambiance, maugréa Edward.

-Merci pour le compliment, râla Alice. On est arrivés il y a dix minutes, et heureusement que vous arrivez parce que, en parlant d'ambiance, c'est plutôt glacial là-bas.

Je jetai un coup d'œil à Edward qui se pinça le nez de sa main libre. Je suis sûre qu'il essayait de garder le contrôle pour ne pas foutre son poing dans le nez de mon frère. Bien qu'il le méritait. Mais alors que j'aurais cru qu'il aurait cédé à la colère, comme Jasper, il s'était montré prévenant et attentif au récit d'Emmett. J'avais été en admiration devant lui et son calme olympien. Il coupa court à mon éloge mentale en prenant ma main, un sourire en coin sur les lèvres, en suivant Alice qui sautillait presque gaiement vers l'entrée de la caserne. Cette dernière était décorée de guirlandes lumineuses, de boules de noël et de pancartes souhaitant la bonne année multicolore. Le tout était un peu chargé mais c'était sympathique tout de même. Edward paya rapidement nos deux places et le pompier qui était à la caisse nous mit un tampon sur le dos de la main afin que nous puissions aller et venir comme bon nous semble. La chaleur à l'intérieur de la caserne était presque suffocante, à cause du nombre impressionnant de personnes qui s'y trouvait, et la nourriture qui cuisait dans un coin de la pièce, le plus près possible de fenêtre grande ouverte. Je plaignais ceux qui devaient s'y coller, c'était un coup à attraper un rhume ça. Une grosse boule de disco trônait au-dessus de quelques danseurs courageux, des guirlandes en papier traversaient de par et d'autre la pièce, des éclairages agressaient les pupilles et de nombreuses tables se trouvaient contre les murs avec le bar appuyé contre un camion de pompier. Emmett nous avait expliqué que la caserne était coupée en deux, pour les interventions de cette nuit. Il était 21h quand nous arrivâmes, et je me demandais combien de temps j'allais tenir.

Encore perturbée par un Edward entreprenant, je ne sentis pas ce dernier retirer mon manteau le long de mes bras, un regard malicieux à mon encontre. Je suis sûre que je n'étais pas la seule à penser à ce qui venait de se passer contre la portière de sa voiture. Je me raclai la gorge, pour reprendre quelque peu une contenance. Ne pas me laisser avoir par ses yeux de chat. Jamais. Il s'écarta de nous pour aller mettre nos manteaux aux vestiaires, prenant soin de glisser mes médicaments dans mon sac à main.

-Viens, Bella! Me héla Alice. On s'est déjà installés à une table. Et, au passage, très bon choix, pour la robe.

-Mais, Edward...

-C'est un grand garçon, il nous trouvera tout seul. Allez, dépêche-toi!

Je la suivis de bonne grâce, tout en jetant des regards inquiets derrière moi. On aurait pu me prendre pour une paranoïaque, mais certaines femmes le regardaient comme un boucher devant une belle pièce de bœuf. C'est ma pièce de bœuf! Je me retins de grogner comme un animal sauvage. J'allais rester sur le qui vive ce soir. Alice m'emmena vers une table un peu éloignée de toutes les autres, je remerciai mentalement la personne qui l'avait choisie, et fut surprise de ne pas voir Emmett assis. Par contre, Rosalie se trouvait là, habillée d'un jean et d'un pull et je crois que c'était la première fois que je la voyais habillée aussi... banalement. Moi-même, j'aurais pu mettre ce qu'elle portait. Jasper était à ses côtés, une main apaisante sur son épaule voutée. Je m'en voulais de ne pas avoir la force de lui rendre visite plus souvent ces derniers temps.

-Salut, Bella! Me sourit Jasper. Content de voir que tu as eu l'autorisation de Docteur Cullen un et Docteur Cullen deux.

-Ça n'a pas été une mince affaire, soupirai-je. Mais je ne voulais pas rater ça, temps que je le peux. Salut, Rosalie... Comment vas-tu?

-Bella... Ce n'est pas à moi qu'il faut poser cette question, mais plutôt à toi, dit-elle tristement.

-J'ai connu mieux.

Alice m'obligea à m'asseoir brutalement sur une de quatre chaises de libre, juste à côté d'elle et celle qu'occuperait dans un instant Edward.Jasper regarda derrière mon épaule.

-Ah! Dom Juan est parmi nous! Se moqua-t-il.

-La ferme! Siffla Edward.

Son ami lui fit un sourire innocent et je vis sa soeur faire un bref sourire, amusé. Elle a dû en connaître des blagues entre ces deux-là.

-On vous a prit à boire, coupa court Alice. Alors... Un jus d'orange pour toi, et une bière pour Dom Juan. Est-ce que ça vous va?

-Arrête de l'appeler comme ça, Lutin des forêts, répondis-je.

Elle me fit un regard noir, faisant rire son compagnon. Edward traça des cercles apaisant sur le dos de ma main, en signe de remerciement. Je posai ma tête sur son épaule, sans aucune gêne et il enroula un bras autour de moi. J'espérais que ce qu'on disait sur le jus d'orange était vrai, car j'aurais besoin de me réveiller si je voulais tenir jusqu'à au moins minuit pour la bonne année.

-Vous ne vous décollez jamais, vous deux? Soupira Jasper.

-Je t'en pose des questions moi! Gronda son ami.

-Tu n'aimerais pas avoir les réponses à tes questions de toute façon.

Je sentis Edward secouer la tête, dépité. Au moins, il y en avait deux qui mettaient l'ambiance. Pour ma part, j'avais du mal à ne pas jeter des coups d'œil à Rosalie qui semblait plus renfermée sur elle-même que jamais et que sa seule envie, c'était de se glisser sous sa couverture et ne jamais refaire surface. Mon frère n'était vraiment qu'un pauvre débile.

-Ah! S'exclama une voix forte imbibée d'alcool. Vous voilà enfin! Vous avez fait des cochonneries avant de venir? Bande de petits coquins va!

J'écarquillai les yeux lorsque je tournai la tête pour voir mon frère, marchant pas très droit vers nous, un verre à la main. Oh non... Il tituba jusqu'à nous, se retenant de justesse au dossier de la chaise qu'Edward occupait. Ce dernier lui jetait des regards contrits et nerveux. Je savais qu'il contrôlait sa colère pour moi.

-Emmett! S'affola Alice. Combien de verre tu as bu depuis tout à l'heure?

Il haussa les épaules, buvant une gorgée de ce que je détectais être du whisky. Rosalie, regardait ses mains enchevêtrées sur ses genoux, la mine déprimée et triste. On allait passer une super soirée.

-J'en sais rien, roucoula mon frère. Trois... Peut-être quatre...

-Moi je dirais bien le double! Grondai-je. Qu'est-ce qui te prend? Tu veux faire un coma éthylique, c'est ça?

-Oh la ferme Mademoiselle sainte ni touche! Marmonna-t-il.

-Je t'interdis de lui parler comme ça! Riposta Edward, en levant le ton.

-Oh ça va... Vous êtes pas drôles, je vais retourner avec des gens cool qui ne me cachent rien eux!

Il tourna les talons et dégagea des gens des gens qui dansaient tranquillement sur la piste de danse en grognant contre eux. Son sous-entendu avait jeté un froid, et Jasper avait le regard noirci de rage à son encontre. Je posai une main rassurante sur le genoux d'Edward et regardai Rosalie avec honte et remord.

-Bon... Intervint Alice. Est-ce que quelqu'un veut aller danser avec moi?

-Tu crois vraiment que c'est le moment? Soupira mon compagnon.

Mon amie roula des yeux tout en se levant.

-Je n'allais pas te le proposer, Monsieur le coincé. Allez, Rosalie! On y va!

-Q... Quoi? Mais...

-Pas de mais sinon je crie!

Cette dernière lui prit la main et l'arracha de sa chaise alors que Rosalie nous lançait des regards alarmés. Je lui fis un hochement de tête encourageant. Jasper soupira lourdement et prit sa tête entre ses mains.

-Je ne sais pas ce qui me retient d'aller le castrer dans la seconde, dit-il entre ses dents serrés.

-Tu irais en prison, argumenta Edward, et ta place n'est pas là-bas mais aux côtés de ta soeur.

-Merci, je me sens beaucoup mieux!

Je me mordillai la lèvre inférieure, mal à l'aise.

-Je ne cautionne pas ce qu'Emmett a fait, dis-je, loin de lui mais... mais je crois qu'il a ses raisons même si on ne les comprend pas.

-Je sais que c'est ton frère, Bella, mais ce n'est pas une raison pour lui trouver des excuses! S'écria Jasper. Tu ne sais pas ce que Rosalie a vécu avec l'autre connard, rien du tout! J'ai cru qu'avec Emmett, elle se sentirait mieux et commencerait une nouvelle vie mais, alors que j'ai cru que c'était gagné, voilà qu'il la quitte sans aucun remord et va se souler la gueule à la première occasion! Maintenant, excusez-moi mais moi aussi, j'ai besoin d'un verre!

Je restai figée à ses paroles alors qu'il se levait prestement pour aller au bar. Je sentis mes doigts trembler violemment et je me retenais pour ne pas éclater en sanglot dans la seconde qui suivait. C'était mon frère. Je sentis deux bras qui m'encerclèrent et m'écrasèrent contre une masse chaude.

-Respire Bella, calme-toi, murmura Edward.

-Qu'est-ce que j'ai fait?

-Mais rien voyons, absolument rien du tout. Il est juste en colère contre Emmett, et vu qu'il n'était pas là, il s'en est pris à toi... Je suis désolé, il n'aurait pas dû.

-Ce n'est pas grave. C'est sa soeur à lui aussi.

O*O*O*O

Il était presque minuit. J'étais étonnée d'être encore éveillée à cette heure tardive de la journée. Par contre, j'avais été surprise lorsque Carlisle avait téléphoné à son fils pour savoir dans quel état j'étais. Croyait-il que j'étais soûle au point de me rouler sous la table? Edward m'avait juste dit qu'il avait peur que lui-même ait bu un peu trop et qu'il m'est laissé de côté. Aucune chance là-dessus, il ne m'avait pas quitté d'une semelle, sauf pour aller me chercher un verre d'eau pour mes médicaments et repousser les avances de deux femmes qui enroulaient leurs tentacules autour de lui. Bande de garces. Énervé contre elles, il était revenu avec brusquerie et m'avait embrassé avec fougue et indécence, sous l'amusement d'Alice. Pas que je n'aimais pas quand il m'embrassait, mais il aurait pu faire ça à la maison. De plus, à mon soulagement, si je puis dire, Jasper était venu s'excuser peu après son... pétage de plomb et Rosalie se détendait peu à peu au fil des heures. On n'avait pas revu Emmett depuis notre arrivée, et je priais pour qu'il n'ait pas emmené une fille dans un coin tranquille pour faire sa petite affaire à cause de la frustration. Maintenant, je comprenais mieux pourquoi il faisait des allusions au sexe à tout bout de champ. Mais ce n'était pas une raison non plus. Je craignais la réaction de Charlie, lorsqu'il apprendra ce que Rosalie a subi avec son ex, et ce qu'Emmett a fait par la suite. Il allait être affreusement triste par ce qui était arrivé à sa belle-fille, parce qu'il appréciait vraiment cette dernière et Emmett allait en prendre pour son grade voir pire. Blottie contre Edward, essayant de garder les yeux ouverts jusqu'à ce qu'on rentre chez nous, Alice pépiait en racontant des ragots de son école de mode, des voisins de Jasper et encore et surtout des vêtements qu'elle venait d'acheter.

-Enlevez lui sa pile! Supplia Edward en enfouissant son visage dans mon cou.

Rien que pour ça, je vais laisser Alice continuait à parler de tissu et de froufrou pendant des heures. Arg... Mes hormones ne me laissaient toujours pas tranquille.

-Oh, mais on ne vous a pas dit à tous les deux! Se réjouit-elle en nous regardant.

-Alice, calme-toi, soupira Jasper.

-J'ai gagné le concours de mode de mon école! On s'envole demain à Paris!

-Quoi? M'écriai-je. Et tu nous le dis que maintenant?

Elle fit la moue.

-Et bien... Jusqu'à il y a trois jours, on était pas sûrs d'y aller. On ne voulait pas laisser Rosalie toute seule, tu comprends? On voulait être sûrs avant de vous le dire.

Et bien, quel retournement de situation. Alice appréciait de plus en plus Rosalie, et avec ce qu'elle venait d'apprendre, elle restait collée à elle 24h/24. C'est pour dire.

-Félicitation, dit Edward. Et au cas où tu te poserais la question, on ne laissera pas Rosalie toute seule.

-Merci, souffla Jasper.

-Je peux me débrouiller toute seule, se renfrogna l'intéressée.

-Tu es la bienvenue à la maison, intervins-je. Il y a la seconde chambre d'ami si tu veux.

-C'est gentil mais je préfère rester chez moi. C'est pas contre vous, mais...

-Je comprends. On est mieux chez soi.

Elle fit un léger sourire, soulagée. On allait pas l'obliger à faire quelque chose qu'elle ne voulait pas. De plus, Edward l'obligerait à venir manger à l'appartement au moins une fois par jour, et irait se balader avec elle, lorsque je dormirai. Ce qui m'arrive souvent ces derniers temps. Des fois, il me rejoignait dans le lit et, lorsque je me réveillais, j'avais la bonne surprise de le voir à mes côtés, ou des fois il allait se promener dans les rues animées du centre et revenait presque au moment où j'ouvrais les yeux, avec quelque chose pour moi. Un livre, des chocolats, une pâtisserie... Au début, ça m'avait gêné mais, en voyant qu'il était heureux que j'accepte, j'avais fini par céder.

-Je t'avais bien dit qu'ils ne laisseraient pas ta soeur comme ça, gronda Alice. Idiot va!

Ce dernier, alors qu'il venait de se faire insulter d'idiot, eut un sourire niais en la regardant. J'espérais de tout coeur qu'Edward et moi n'étions pas comme ça.

-Et pendant combien de temps partez-vous? M'enquis-je.

-Une semaine! On ramènera plein de cadeaux pour vous! Oh, et des robes Bella! Ils sont si doués pour la couture là-bas...

-Je te préviens, tu utiliseras TA carte de crédit, la prévint Jasper. Pas question que je sois dans le rouge, déjà que j'ai... Enfin.. Bref. J'ai hâte d'y être!

Personne ne releva le problème de paroles de Jasper, mais je me demandais ce qu'il pouvait bien dire, ou plutôt ce qu'il cachait. La musique disco des années 80 se coupa, sous les protestations des danseurs en sueurs.

-Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs, on passera à la nouvelle année dans moins d'une minute! Annonça l'animateur de la soirée. Les amoureux, préparez-vous à vous embrasser au milieu de la piste pour vous souhaiter une bonne année! Et ceux qui sont seuls... Qu'est-ce qui vous empêche de faire la même chose?

-Allons-y! Se réjouit Alice.

Elle prit Jasper par une main et Rosalie dans l'autre et courut jusqu'à l'endroit souhaité. Heureusement qu'il n'y a pas deux Alice dans le coin. Je ne suis pas sûre de survivre.

-Tu veux y aller? Me demanda Edward?

-Pour manquer une occasion de t'embrasser? Sursautai-je.

Il me fit un sourire en coin et m'aida à me lever pour aller rejoindre les autres. Il adapta son rythme de marche avec le mien, et je remerciai le ciel d'avoir inventé les chaussures plates. La piste de danse était bondée, et je me retrouvais rapidement écrasée contre Edward. Ce qui ne me dérangeait absolument pas. Rosalie voulait quitter l'endroit mais Alice tenait bon.

-Attention! 5... 4... 3... 2... 1... BONNE ANNEE! Cria l'animateur dans son micro.

Tout le monde cria ou s'embrassa avec passion. Je déposai en premier un baiser sur les deux joues de Rosalie, ne voulant pas qu'elle se sente délaissée avant que son frère ne prenne le relais. Une main chaude et possessive me ramena à la réalité et deux émeraudes m'obligèrent à rencontrer son regard.

-Bonne année, Bella, susurra-t-il.

Je déglutis.

-Je... Oui... Tu... Bonne année, bredouillai-je.

Il rit et se pencha pour rencontrer mes lèvres. Sa bouche se fit insistante contre la mienne, et je ne pus que l'imiter dans ses mouvements. Sa main qui se trouvait dans le creux de mon dos se déplaça vers me fesses et je hoquetai de surprise par son audace, surtout qu'il y avait du monde autour de nous. Mais, bien vite, j'oubliai les gens autour de nous alors que sa langue se faufila dans ma bouche et trouva la mienne pour la dominer du début à la fin. Je manquais d'air, mais pour rien au monde je n'aurais lâché Edward. J'appuyai mon corps contre le sien, et souris en sentant son membre durcir au fur et à mesure que les secondes passaient. Je tirai sur ses mèches de cheveux avant qu'il ne s'écarte, hors d'haleine.

-Quelle démonstration d'affection, Mesdames et Messieurs! Se moqua l'homme au micro. Je crois qu'on a un nouveau couple gagnant cette année!

Je questionnai Edward du regard qui rit, amusé.

-Chaque année, la caserne élit le meilleur baiser de minuit, me rappela Alice.

-Oh... Oui, j'avais oublié, murmurai-je, rouge de honte.

-N'oubliez pas de récupérer votre bouteille de champagne lorsque vous partirez!

Je me cachai contre le torse d'Edward, qui riait toujours, et je le soupçonnai de l'avoir fait exprès.

-Espèce d'idiot! Grognai-je.

-Ça était un plaisir d'avoir pu explorer votre jolie petite bouche, Mademoiselle Swan.

Je rougis de plus belle, mais un sourire aux lèvres.

Samedi 1er Janvier 2011

POV Edward

Mes pensées impures à l'encontre de Bella n'avaient pas cessés de germer dans mon esprit depuis que je l'avais vu se mordiller sa lèvre inférieure, à l'appartement, innocente alors que c'était une démone de pêché. Mon désir d'elle n'avait pas faibli, surtout depuis qu'elle m'était apparue en sous-vêtements osés, le lendemain de noël. Nous n'avons plus refait l'amour depuis, et je savais que ma demande prématurée en mariage l'avait à la fois surprise et mitigée. Je n'avais pas insisté depuis qu'elle m'avait demandé quelques jours pour réfléchir, mais chaque seconde qui passait sans qu'elle daigne me dire une parole sur le sujet me semblait être une éternité. Pire que ça même. Ma mère m'avait téléphoné le lendemain, ce qui n'était guère étonnant, me demandant comment j'allais après ça. Qu'est-ce que je pouvais bien lui dire à part que je ne m'étais jamais senti aussi rejeté que ce jour-là? Mais, bien sûr, je lui avais menti et dit que je le prenais bien. Je savais qu'elle n'était pas dupe, mais elle n'avait pas relevé. J'avais promis à Bella de lui laisser du temps, alors c'est ce que je faisais. Et puis, sa maladie avait pris de plus en plus d'ampleur dans nos vies et je devais limiter de l'angoisser. Bella devait se reposer et ne penser qu'à sa santé. Je ne voulais que ça.

-Hé, l'amoureux idiot! Me héla Emmett, un peu éméché, venant de je ne sais où. J'y vais! Tu nous suis avec ma soeur?

Je levai les yeux au ciel. Non, désolé Emmett, je vais la laisser partir avec un de tes collègues qui louche beaucoup trop sur Bella à mon goût. Il pouvait en poser de ces questions des fois. Je jetai un coup d'œil à Rosalie, et je pus remarquer qu'elle discutait sérieusement avec Jasper, qui était très inquiet depuis qu'elle avait révélé à Emmett la raison de son comportement; son viol. Il ne l'avait pas très bien pris, se sentant blessé qu'elle ne l'ait pas dit plus tôt, son manque de confiance et que l'amour qu'il portait pour elle ne semblait pas lui faire le moindre effet. Évidemment, j'avais été en colère contre Emmett. Il n'avait pas à agir ainsi, et elle aurait dû le lui dire plus tôt, comme lui avait conseillé son frère. Maintenant, ils étaient en froid et ne se parlaient que par politesse. Chacun était rentré chez lui, comme s'ils ne se connaissaient pas. Voilà pourquoi Emmett avait un peu trop forcé sur l'alcool ce soir, et qu'on avait à peine vu Rosalie alors qu'elle était venue grâce, ou à cause, d'Alice. Il n'avait même pas été avec nous de toute la soirée. Si j'avais parié toutes mes économies sur la réaction d'Emmett, j'aurais doublé mes gains depuis. Des petits doigts chauds et tendres se posèrent sur mon bras, et je souris doucement en sachant pertinemment qui c'était. Je me retournai vers Bella, ses yeux trahissant sa fatigue et son envie de se glisser dans notre lit. À vrai dire, elle n'était pas la seule. La soirée avait été sympa, bien qu'assez glaciale par moment, mais la dispute entre Emmett et Rosalie jetait un froid sur nous tous.

-Est-ce qu'on peut rentrer? Me supplia-t-elle presque, faisant la moue.

-Sans aucune hésitation, rétorquai-je.

Je crus l'entendre soupirer de soulagement alors que j'allais chercher nos manteaux aux vestiaires et la bouteille de champagne qu'on avait gagné grâce à mon initiative de l'embrasser avec passion. Ça avait largement valu le coup, mais j'étais complètement excité depuis une demi-heure. Pas moyen de faire tomber la pression. Je secouai la tête, repoussant mes pensées impures. J'aidais Bella à enfiler son manteau et nous dîmes au revoir à Alice et Jasper, sur le trottoir, parce qu'ils s'envolaient demain pour Paris, Alice ayant gagné son concours à son école de mode.

-Tu vas tellement me manquer, pleurnicha-t-elle à l'égard de Bella.

-Moi aussi, soupira son amie, mais profites-en, ce n'est pas tous les jours que tu iras à Paris!

Elle lui fit un sourire triste et l'enlaça. J'accaparai Jasper.

-Et bien mon vieux, tu as de la veine! Me réjouis-je pour lui. Tu nous rapportes des photos, n'est-ce pas?

-Je serai bien obligé, avec Alice, marmonna-t-il avec un léger sourire, tout de même.

Je ris doucement alors que je regardai sa compagne se faire écraser entre les bras d'Emmett. Il avait définitivement trop bu. Jasper s'écarta doucement, et je le suivis, intrigué.

-Je voulais te parler de quelque chose, avant de partir, murmura-t-il. Je veux juste ta « bénédiction », si je puis dire, car c'est peut-être mal placé alors que je l'avais prévu depuis un moment si elle gagnait son concours.

-Qu'est-ce que tu veux me dire?

-Je vais demander la main d'Alice à Paris.

J'écarquillai les yeux, avant de sentir un léger malaise me contracter le coeur. Je pourrais mettre ma main au feu qu'elle allait accepter, sans quelques jours pour réfléchir! Je regardai mes pieds, trouvant mes chaussures fort intéressantes.

-Tu es mon meilleur ami, Edward, reprit Jasper, et je ne veux pas faire quelque chose qui te blesse.

-Non, ne t'inquiète pas, ça va. Ce n'est pas parce que Bella m'a dit qu'elle avait besoin de réfléchir que je vais t'interdire de ne pas faire ta demande. Vas-y, lance-toi! Tu feras une heureuse au moins...

-Elle a été choquée, tu sais.

-Pardon?

-Bella, elle a été choquée par ta demande. Elle doit encore se dire qu'elle n'est pas assez bien pour toi et sa maladie doit la freiner aussi.

-C'est ce qu'elle m'a dit, mais c'est complétement idiot.

-Non, ça ne l'est pas, contra mon prétendu meilleur ami.

-Et qu'est-ce que tu en sais? Grognai-je.

-Mets-toi à sa place, une seconde. Imagine-toi dans sa peau, qu'est-ce que tu ressentirais si tu voyais ton corps partir à la dérive, sentir ce mal qui vie en toi et voir tout t'échapper? Sa réaction est tout à fait normale, Bella veut avoir le droit sur au moins une étape de sa vie, même ta demande en mariage.

-Mais...

-Elle te dira oui, j'en suis sûr et certain.

-Comment...

-Arrête de parler comme une fille! Se plaignit Alice en arrivant vers nous. J'ai besoin d'un minimum de sommeil pour être opérationnelle demain matin!

-Je te laisse, Edward! Et pense à ce que je t'ai dit! Et ne dis rien à Bella...

Il me fit les gros yeux et partit, me laissant en plan comme un con, des questions plein la tête. Rosalie suivit son frère et, sûrement, sa nouvelle belle-sœur d'un pas trainant. Jasper l'obligea à avancer en lui lançant un regard qui en disait long. On ne croit pas comme ça, mais il faisait aussi peur qu'elle lorsqu'il était en colère.

-Bon alors, mon vieux! Cria Emmett prés de mon oreille en me donnant une tape brutale sur mon omoplate gauche. Tu attends quoi pour prendre ma soeur, hein? Enfin... Dans le sens de l'emmener... Prendre... HA HA HA HA!

Bella secoua la tête mais ses traits tirés me renvoyaient sa peur de voir son frère dans un état pareil. On allait encore faire du baby-sitting ce soir.

-Allez viens, idiot, soupirai-je, je te ramène chez toi.

-Hé! Je suis un grand bonhomme moi! Je peux me raccompagner tout seul chez moi! Je sais que... j'habite à droite... prés de la maison du père noël! Hé, Bella? Tu crois que je peux déjà déposer ma liste pour cette année?

Quelques personnes qui étaient venues pour le bal de la caserne rirent des remarques d'Emmett, alors que je les insultais de pauvres cons. Ils n'avaient même pas conscience de son mal-être.

-S'il te plait, Em, murmura Bella, laisse-nous te raccompagner jusqu'à chez toi!

-Non! Non! Non! Non! Chantonna-t-il. Je peux, moi-même, y aller! Salut les nymphomanes!

Il marcha d'un pas mal, mais très mal assuré vers sa jeep, saluant les gens qu'il rencontrait bruyamment, faisant des clins d'œil aguicheurs aux jeunes femmes qui se rapprochaient dangereusement de lui.

-On peut pas le laisser comme ça! M'alarmai-je.

Bella me suivit de près au moment où son frère s'écroula par terre, ivre de rire. Putain! Les femmes autour de lui le tripotèrent presque à même le sol et ce fut Bella qui les vira radicalement.

-Vous avez intérêt à dégager de là bande de pétasses mal baissées! Cria-t-elle en arrachant presque un bras à la première qui était sur son chemin.

-Sinon quoi? Rigola une blonde peroxydée.

J'ouvris grand la bouche lorsque je vis Bella se planter devant elle, la rage dansant dans ses yeux, et lui verser la bouteille d'eau, qu'elle gardait toujours sur elle pour ses médicaments, sur sa tête en plus de marcher avec soin sur le manteau de la fille qui avait glissé de ses épaules. Cette dernière hurla aux scandales.

-Non mais ça va pas, espèce de...

-Je ne te conseille même pas de finir ta phrase, grondai-je en enroulant un bras autour de la taille de Bella. Maintenant, obéis à la Demoiselle et vire tes fesses d'ici!

Elle nous lança un regard noir et elle et ses greluches prirent le sens inverse, claquant leurs talons férocement sur le bitume. Je déposai un baiser sur la joue de Bella, fier comme un paon.

-Je ne savais pas que tu étais aussi une tigresse hors de notre lit, la taquinai-je.

Elle rougit furieusement et s'écarta de moi.

-Aide-moi à relever Emmett au lieu d'avoir des pensées salaces à mon sujet.

Je lui fis un sourire éblouissant, car elle cligna des yeux plusieurs fois, et je lui épargnai la peine de relever 100 kg de muscles pour les mettre sur ses pieds. Emmett était hilare.

-J'ai cru que tu allais lui mettre un pain, Bell's!

-Emmenons-le chez lui pour qu'il dégrise, soupira cette dernière.

Ce fut le trajet le plus long de toute ma courte vie. Emmett était complètement déchiré. Il arrêtait pas de parler du père noël et du fait qu'il allait casser la gueule à un certain Steeve, ou un truc du genre. J'interrogeai Bella du regard mais elle haussa les épaules, impuissantes. Fort heureusement, il y avait un escalier dans l'immeuble de son frère parce que j'aurai eu du mal à monter quatre étages avec lui sous le bras. Merci bien. Je l'allongeai sans plus de cérémonie sur son lit, enlevant son manteau, son écharpe, ses chaussures ainsi que ses chaussettes. Pour ma santé mentale, je n'irai pas plus loin. Il grognait de mécontentement mais je ne fis pas attention. J'abattis la couverture sur lui au moment où lui-même abattit sa main sur mon bras.

-Steeve a fait du mal à Rose! Et moi je n'ai été qu'un con sans cervelle...

Finalement, je savais qui était Steeve. Je soupirai, compréhensif.

-Je ne peux pas te contredire là-dessus, mais tu peux te rattraper, Emmett.

-Non, trop idiot...

Il eut le hoquet roulant sur lui-même.

-Va la voir demain, dis-lui que tu l'aimes et...

-Je suis idiot, marmonna-t-il.

Je ris alors qu'il dormait déjà, ronflant comme une locomotive. Bella n'avait pas mentit sur ses ronflements. Je claquai la porte de son appartement, sachant que personne ne risquerait de rentrer ici sans perdre ses économies dans les frais d'hôpitaux et rejoignit prestement Bella qui était restée dans la voiture. Enfin, je l'avais forcé à rester dans la voiture pour pas qu'elle voie son frère ainsi. Lorsque je me glissai dans l'habitacle, elle me regarda étrangement, fronçant les sourcils.

-Bella? Tout va bien? M'inquiétai-je.

Elle secoua la tête pour reprendre ses esprits.

-Oui, oui, je... Comment va Em?

-Il dort déjà. Je crois qu'il m'a brisé le tympan gauche...

Elle sourit tristement.

-Il a dit que Steeve avait fait du mal à Rosalie et que c'était un idiot, continuai-je en me lançant dans la grande avenue.

-Mais c'est qui ce Steeve?

-C'est... C'est Royce en vérité, avouai-je.

-Royce? Mais qui... Oh!

Je hochai la tête dans le vide. Oui, oh.

-C'est tellement triste ce que leur arrive, murmura-t-elle. Le passé de Rosalie ne pourra jamais s'effacer de leur vie.

-Seul l'avenir nous le dira.

Elle bâilla, signe qu'il fallait que je ne tarde pas à rentrer chez nous. Chez nous. Moins d'une demi-heure plus tard, j'étais en train de me brosser les dents et courais presque pour rejoindre Bella dans le lit. À mon étonnement, elle était éveillée, les yeux grands ouverts, regardant le plafond d'un air pensif. J'en profitai pour me glisser sous les couettes réchauffées par sa chaleur naturelle et remis une mèche de ses cheveux qui barrait sa joue gauche. Elle eut un léger sourire de remerciement.

-À quoi penses-tu ainsi? M'enquis-je, troublé par tant de dévotion à sa pensée.

-À beaucoup de choses mais principalement à toi.

Je rougis presque de plaisir.

-Et... puis-je savoir pourquoi tu penses à moi, même si c'est très flatteur?

-Tu as été admirable ce soir, alors que je n'ai fait qu'agresser une pauvre fille aux faux seins.

-Ils étaient faux?

Elle me donna une tape sur mon torse, me faisant rire, et se releva pour être assise sur le lit. Je l'imitai.

-Tu es tellement gentil avec tout le monde, souffla-t-elle. Si prévenant, si doux et si toi, à mes côtés.

-Parce que je t'aime.

Un éclat traversa ses yeux, émus.

-Je sais que je ne trouverai jamais quelqu'un comme toi, et je ne veux même pas trouver quelqu'un d'autre parce que je sais que je veux passer le restant de mes jours à tes côtés.

-Bella...

-J'accepte!

Je clignai des yeux, décontenancé.

-Pardon?

Je fus happée par ses prunelles chocolat.

-J'accepte de t'épouser.

Ma bouche s'ouvrit en grand, surpris. À ses mots, mon coeur bondit rageusement dans mon organisme, aussi éberlué que je l'étais. Avais-je mal entendu?

-Q... Quoi?

Un rire cristallin traversa ses lèvres en voyant dans quel état elle m'avait mis avec quelques mots.

-Je serais très heureuse de devenir votre femme, Monsieur Cullen.

Oh. Mon. Dieu. Alors que mes paroles essayaient d'être enregistrées par mon cerveau, elle déposa des baisers sur le bas de mon visage en évitant soigneusement mes lèvres.

-Alors, tu vas me la passer quand la bague au doigt? Se moqua-t-elle.

-La quoi? Oh! Oui! La bague!

Je descendis du lit, ou plutôt tombai littéralement par terre, sous son rire amusé, alors que je m'empressai pour pas qu'elle ne change d'avis. J'ouvris brusquement le tiroir pour chercher l'écrin que j'avais mis précautionneusement. Bella se moquait toujours alors que je revenais sur le matelas, la bague dans ma paume. La respiration démesurée et me croyant être dans un rêve, je fis glisser l'anneau délicat sur son annulaire gauche, rempli de joie et de fierté. Je regardai un instant sa main avant d'enfouir mon visage dans son cou d'une odeur sans pareil.

-Merci, murmurai-je.

-Je t'aime.

-Plus que ma vie.

J'allai chercher ses lèvres pour un tendre baiser, qui se transforma rapidement en un échange fougueux. Je la fis doucement tomber sur le lit et m'allongeai sur elle, en me bataillant toujours avec sa langue envieuse. Un gémissement de bien-être traversa sa bouche et son bassin percuta le mien. Il n'en fallut pas plus pour comprendre le message. En moins de temps qu'il ne faut, nos vêtements jonchérent le sol et je la pénétrai, lui faisant l'amour tendrement, comme si mon corps n'attendait que ça pour respecter le sien, après les deux fougueuses fois précédentes. Après tout, mon cadeau était toujours valable après cinq jours, non?

Dimanche 1 janvier 2011

POV James

J'avais tout bien préparé, jusqu'aux moindres détails. Il ne devrait pas y avoir d'embuche. Normalement. On ne pouvait jamais savoir ce que Dieu avait préparé pour nous. J'avais prétexté une affaire urgente à Los Angeles, ayant eu un gros problème dans les commandes là-bas, pour avoir quelques jours loin de Victoria. Bien entendu, elle avait été déçue, mais avait vite hurlé mon prénom sous mes coups de reins dévastateurs. Elle m'avait pardonné. Malheureusement, mon appétit n'avait pas diminué. Mais, lorsque je roulai dans ma nouvelle voiture, une Toyota noire dernière génération, Il avait fait appel à moi pour une femme qui faisait du stop car sa voiture avait lâché. Une chance. Elle était brune, assez grande et les yeux bleus. Pour cette fois, ça avait fait l'affaire mais je n'avais pensé qu'à Isabella du début à la fin. Je l'avais prisedans ma voiture et,lorsque la route fut dégagée, j'avais assomméla jeune femme et avaisété dans le bois le plus proche. J'avais prismon matériel dans le coffre, dissimulésous une plaque, et avais réveillé la belle Demoiselle. Bien entendu, elle avait paniqué, et hurléaussi mais on était trop loin de la civilisation pour que quelqu'un l'entende. J'avais dégustélamoindre de ses supplications, des gémissements plaintifsauxhurlementsde douleur alors que je la baisaispour me soulager. Lorsque j'en eu assez, mon couteau fit le reste et je la laissais là, nue, sans vie, pour que son esprit aille rejoindre Dieu. Et de une de sauvée.

Maintenant, après simplement quelques heures de recherche sur internet dans un Cybercafé, me voilà à l'endroit stratégique de mon plan. Garé incognito dans la rue, une vue imprenable sur le hall de l'appartement que je fixais depuis tôt dans la matinée. J'étais juste sorti vers 6h30 pour aller soulager ma vessie dans un café, passer un peu d'eau sur le visage et commander un café et un croissant. Mon sang battait à un rythme effréné dans mon organisme, excité par ce que je m'apprêtais à faire. Ça faisait des semaines que mon cerveau y travaillait pour que rien ne soit mis de côté et, maintenant, je me frottais les mains car j'allais bientôt pouvoir me venger. Je restai assis, derrière le volant de ma voiture encore deux heures, avant que la chance soit avec moi. Il était là, à une vingtaine de mètres de moi, un paquet venant d'une boulangerie du centre ville dans les mains. Je suivis la direction de son regard affolé, et je vis le fantasme parfait; Isabella. Des larmes venaient gâcher les traits de son visage, mais son corps restait toujours un pêché à lui tout seul. Hum... Il me tardait d'être seul à seul avec elle. Je carrais la mâchoire en voyant qu'elle le fixait avec amour mais une peine certaine. Bientôt, ça sera moi qu'elle regardera ainsi! J'enfilai mes lunettes de soleil, remontai mon manteau jusqu'à mon menton, enfilé une casquette et mis ma capuche avant de démarrer la voiture.

Lorsqu'il fut au point stratégique, mon pied s'écrasa sur l'accélérateur et la voiture bondit vers ma proie.

POV Edward (Et oui, encore! Vous allez très vite comprendre pourquoi.)

J'étais toujours sur mon petit nuage de la veille. Bella avait dit oui. Finalement, Jasper avait eu raison, je devais laisser le temps à Bella d'assimiler et la laisser prendre la décision. Putain, elle allait devenir ma femme! Alors que j'étais parti chercher des viennoiseries à la boulangerie Française dans le centre de Seattle, sachant qu'elle les adorait et qu'après les exercices d'hier soir, elle allait avoir un peu faim, je sautillais presque à chaque pas que je faisais. J'avais même dit à la boulangère que j'allais me marier, et j'eus le droit aux félicitations de la part des autres clients. Eux aussi avaient passé une belle soirée hier! Nous étions dimanche matin, il n'y avait pas grand monde à cette heure-ci, la circulation avait été fluide. Je garai rapidement la voiture, déjà pressé de la rejoindre mais je fus étonné de la voir au pied de l'immeuble, déjà habillée chaudement et la bague au doigt. Je souris, niais. Elle va m'épouser! Mais, bien vite, mon sourire s'effaça lorsque je vis des larmes strier ses joues, et alerté, je lâchai le sachet en papier rempli de croissants et de pains au chocolat pour la rejoindre.

-Bella? Qu'est-ce que tu as? M'inquiétai-je de suite.

Elle tourna son regard vers moi, plus triste que jamais. Elle n'allait pas se rétracter pour hier soir, n'est-ce pas? Elle ouvrit la bouche pour me répondre, avant d'être figée d'effroi.

-EDWARD! ATTENTION! Hurla-t-elle.

Je tournai la tête et ce fut trop tard. Le choc fut si brutal que l'air se bloqua dans mes poumons alors qu'il me semblait que je volais pendant quelques instants. J'atterris avec violence sur la route rêche et froide, avant d'entendre une voiture démarrer précipitamment.

Je ne vis plus rien.

Je ne sentis plus rien.

Ne touchai plus rien.

Car ce fut le trou noir.

Alors, qui va être la première à m'envoyer des couteaux et des bombes artisanales par colis recommandés?

À la fois angoissante et surprenante, j'adore cette fin de chapitre, surtout que je mets vos nerfs à rudes épreuve, n'est-ce pas?

Je vais essayer de poster la suite le mois prochain, mais je ne vous promet rien.

Merci de votre passage et n'hésitez pas à donner votre avis,
Clairouille59.