Bonsoir tout le monde,
Apparemment, vous m'en voulez toujours à cause des fins horribles que je vous met depuis quelques chapitres, et mon cas ne va pas s'arranger dans ce chapitre-ci. James est toujours là – pour votre plus grand bonheur –, un long POV Edward et pleins de rebondissements dans ce chapitre!
Je remercie infiniment toutes les personnes qui ont pris le temps de me laisser une review pour donner leur avis sur la prochain fiction – fiction normale ou mini-fiction – qu'ils souhaitent voir poster par la suite de « Condamnées à mourir ». Et aussi pour leurs soutient sur ma santé, ça m'a beaucoup touché!
Réponses aux personnes sans compte:
-Ines: J'ai bien noté le fait que tout souhaite une mini-fiction après celle-ci. Je prendrais en compte tout les « votes » à la fin. Merci de ton avis. Bisous!
-Felicitie: James, schizophrène? Hum... Tu as beaucoup d'imagination, mais il faudra attendre pour savoir si tu as raison ou non. Je sais, je sais, je suis horrible sur la fin, mais tu devrais être habituer à force, non? Je fais un petit bond dans le temps dans ce chapitre, donc tu verras si James a fait du mal à Bella ou non. Que ce soit une fiction normale ou mini-fiction, ça sera toujours sur Bella & Edward, pas d'inquiétude. Bisous!
-Izzie: Non, Edward ne va pas arriver en défonçant la porte pour sauver Bella avec son cheval blanc, je ne le crains. Tu seras pas plus tard que maintenant ce qui va arriver à Bella, et surtout si elle va s'en sortir ou non. Bisous!
-Elo: C'est sûr que si on me tue, vous aurez du mal à avoir la fin de ma fiction! Bella reste Bella, et des fois, elle a un comportement bizarre même si sa vie est en péril. Je voulais garder ce trait de caractère là dans mon histoire. Edward en prend pour son grade dans ce chapitre je suis d'accord mais n'oublie pas que sadique est mon deuxième prénom. Je note, tu voudrais une mini fiction après celle-ci. Question santé, je n'ai pas de chance de toute façon. Je suis malade au moins 250 jours par an... Déprimant rien que d'y penser. Bon courage pour tes examens! Bisous!
-Nathalie: J'ai mit un vote pour chaque fiction alors! Bisous!
-Jenna: Trois nuits blanches? Et bien, tu dois être sacrément fatiguée maintenant! Je ne pense pas avoir vraiment de talent, c'est juste que j'aime beaucoup écrire et je tape sur mon clavier ce qui me sort de ma tête. Rien de plus. Mais ça me touche beaucoup que tu me dis ça. Malheureusement, ton mail ne s'est pas affiché lorsque tu as déposé une review car le site ne l'accepte pas, il faut que tu mets des espaces et/ou des parenthèses pour que ça marche. Bisous!
-Laura: J'ai noté que tu voulais voir publier la mini fiction avant. Je ne vais pas déjà te dire ce qui va ce passer, sinon où serait l'intérêt? C'est gentille de me souhaiter une bonne guérison et si tu lis ma réponse c'est que je vais mieux. Bisous!
-Stéphanie: J'ai noté que tu voulais voir publier « When the love is stronger than the dire » et il faudra attendre le dernier chapitre de « Condamnées à mourir » pour voir si c'est bien elle qui sera publiée avant. Bisous!
-Anonyme: C'est très gentille à toi de me dire tout ces beaux compliments, ça me touche beaucoup! Pourtant, je ne fais que de taper ce qui sort de mon cerveau plus ou moins normale. Bisous!
Mille merci à: Linaewen'Z2, Anais882, jessiimelii, Bella Swan Cullen02, ines, edwardbellaamour, mmccg, Felicitie, indosyl, Guest, Izzie, Grazie, , bellaeva, Habswifes, Elo2, Repertoirefictionlemon, mlca66, Nathalie, Jenna, mimie05, So-Kate, Laura, Stéphanie, Puky, Anonyme et nini38 pour vos reviews.
Merci à: Sara Haby, misspattinson01, openmusicbook, dharhian029, , nini38, Undeniable-Love-67, nini1981, jessica31000, SISSI71700, Caroline1385, Sushaki, Hilly Lochart et Nana-So pour vos mise en alerte/favori story et/ou alerte/favori author.
Disclaimer: Tout les personnages appartiennent à S.M.
Un grand merci à So-Kate pour sa correction! (L)
Je profite aussi de cette note pour vous souhaiter encore une bonne année 2013!
Je vous souhaite une bonne lecture!
Chapitre 34: Ce que l'avenir ne peut prédire
Mardi 22 Février 2011
POV Edward
La recherche de James Hunter avec mon téléphone portable, après qu'il m'ait appelé, n'a eu aucun résultat. C'était un portable prés payé et la police ne pouvait pas tracer l'appel. Pour faire cours, tout ça n'avait servit à rien et ça m'énervait plus qu'autre chose. Putain de merde. Suite à ça, il ne m'avait plus rappelé et je désespérais. Aucune nouvelle de Bella, aucune piste. Le néant total. De mon côté, je ne pouvais absolument rien faire pour aller aider Bella, je ne connaissais même pas ce psychopathe! J'allais finir par devenir fou à force de cogiter constamment à une possibilité d'indice, ou de devenir chauve en tirant sur mes cheveux de frustration. Je voulais Bella, je voulais la sauver, je ne voulais pas qu'il lui fasse du mal, ou pire... Je claquais ma tête contre la vitre de la voiture de ma mère, l'inquiétant encore plus. Elle faisait de son mieux pour être près de moi, et montrer son soutient mais ça m'étouffait au fur et à mesure que les jours passés. Ne pouvait-elle pas comprendre que la seule chose qui m'emportait, c'était de savoir Bella et le bébé vivante? Bien sûr que non, elle ne pouvait pas car elle n'était pas à ma putain de place de mec inutile. Chienne de vie.
-On est arrivé, me dit ma mère, se garant sur une place du parking de l'hôpital.
Je ne pris pas le temps de répondre, j'en avais pas envie. J'étais fatigué de faire semblant que tout allait bien alors que ce n'était pas le cas. Je me terrais dans mon mutisme, et c'était mieux comme ça. Pour tout le monde. Ma mère sortit de la voiture après m'avoir lancé un regard d'encouragement. Je pris mes béquilles et sortis tant bien que mal à mon tour, pestant contre mon infirmité. Mais celle-ci ne serait plus qu'un mauvais souvenir dans moins d'une heure, mon père allait m'enlever ce foutu plâtre car ma jambe devait être cicatrisée à présent. Ma mère m'attendit à quelques mètres et je me retins de l'envoyer balader, elle et sa « présence d'esprit ». Je boitillais vers l'hôpital, sans faire attention à elle. Personne de ma famille n'avait comprit que j'avais besoin d'espace, en somme, qu'on me foute la paix une bonne fois pour toute. Seule du côté de ma bien aimé avait comprit ça. Ils demandaient de mes nouvelles, parlaient quelques instants avec moi mais rien de plus. Et c'était mieux comme ça. Eux aussi, ils étaient trop malheureux pour faire semblant de rien devant moi et je les remerciais pour ça. Je ne saluais personne de ma connaissance lorsque je rentrais dans le hall de l'hôpital, bien que certains me firent des sourires amicaux ou des signes de la main. Je m'en foutais complètement. Ma mère et moi prîmes l'ascenseur dans un silence de mort, accompagnés de quelques infirmières et patients. Connaissant le chemin comme ma poche, j'allais mécaniquement au bureau de mon père, sans faire attention à ma génitrice qui me suivait toujours. Je frappais à la porte à l'aide d'une de mes béquilles que nous arrivâmes.
-Je t'attends dehors, m'informa ma mère.
-Comme tu veux, marmonnai-je.
L'instant d'après, mon père ouvrit la porte en me souriant tranquillement.
-Salut fiston, entre, me salua-t-il.
Je hochais la tête et allais vers la chaise la plus proche pour me débarrasser de mon manteau et mon écharpe. Il faisait trop chaud ici. Je pus constater que tout les matériaux étaient près pour me retirer mon engin de torture, et ça me soulagea. Plus vite je retirais mon plâtre, plus vite je pourrais partir pour me changer les idées. Loin de mes parents et ceux qu'ils me veulent du bien.
-Je t'en prie, assied-toi dont, me dit mon père. J'en connais un qui a hâte de retirer son plâtre, n'est-ce pas?
-Ouais. Plus vite tu m'enlèves ça, mieux c'est.
Je l'entendis soupirer mais il ne répliqua pas. Je ne parlais pas beaucoup ses derniers temps, et ne prenais pas le temps non plus de mâcher mes mots quand c'était le cas. Je comprenais de plus en plus Bella, elle déteste qu'on la chouchoute. Et je ressentais la même chose. Mon père alla se laver les mains sous son lavabo personnelle, avant d'enfiler les gars. En l'attendant, j'avais soulever le bas de mon pantalon extra large, et avais posé mon pied sur le tabouret en face de la table d'auscultation. J'entendis la scie médiale (*) derrière moi, et mon père vint à ma rencontre.
-Ça ne fera pas mal, m'informa mon père. Il faut juste que tu restes immobiles.
Je hochais la tête et la lame de scie commença son travail. Mon jambes tremblait un peu à cause de la force de celle-ci, mais je tenus bon jusqu'à la fin. J'ai une immense satisfaction en sentant le plâtre libérer ma jambe, et le voir tomber par terre, en deux. La peau de ma jambe était dans un état affreux, mais après une douche, ça sera comme si rien ne c'était passé. Mon père arrêta la scie, la débrancha et la posa sur un meuble. Je soupirais de soulagement lorsque je ne sentis aucune complications en bougeant ma jambe de nouveau valide. C'était un peu bizarre, mais ça passera.
-Alors, cette jambe? S'enquit mon père.
-Elle s'en remettra.
-Voyons voir ça...
Il passa ses doigts sur l'os, me faisant frissonner, et parut lui aussi satisfait du résultat obtenu. J'étais guéri, et j'en étais heureux. Maintenant j'allais pouvoir sortir toute la journée prendre l'air et ne pas affronter le regard de compassion de mes proches.
-Ta jambe à l'air complètement guéri, se réjouit mon père. Je suppose que tu ne veux pas garder le plâtre en souvenir?
-Sans façon, merci.
Il hocha la tête et prit le plâtre pour aller le mettre dans sa poubelle médicale. Je bougeais un peu ma jambe et remit mon pantalon correctement. Impatient, je me mis sur les pieds et fis quelque pas. Ma jambe tremblait un peu sous l'effort, mais elle allait vite reprendre sa vitalité d'avant.
-Ne force pas trop dessus pendant quelques jours, me conseilla mon père.
-Ouais, je sais.
-Edward, je...
Je le coupais en levant la main. Je savais ce qu'il allait me dire, ça ce voyait à des milliers de kilomètres et je ne voulais pas de cette conversation. Jamais.
-Je vais faire un tour, et...
-Tu ne peux pas rester ainsi! Me coupa mon père, mi-furieux, mi-inquiet. Ce n'est pas bon pour toi de t'enfermer, de ne parler à personne et broyer du noir.
Je carrais les mâchoires, en colère.
-Et qu'est-ce que je peux faire d'autre, Monsieur le grand Spécialiste? Criai-je. Je fonce droit dans un mur, et les flics aussi parce qu'on a aucun indice pour trouver Bella! Ma Bella bordel de merde! Est-ce que tu sais ce que ça fait d'être impuissant alors qu'elle a été enlever par un malade?
-Non, bien sûr que non...
-Alors ne me dit pas ce que je dois faire car tu n'es pas le mieux placé pour me faire de sermon. Tu continues ta vie comme si de rien, alors qu'il ne se passe pas une seule seconde où je me demande ce que Bella subit avec ce connard de James Hunter!
-Mais...
La porte s'ouvrit sur ma mère, qui nous regardait à tour de rôle, les traits de son visage tirés.
-Qu'est-ce qui ce passe? Demanda-t-elle.
-Esmée, dit mon père, Edward est déboussolé et...
-LA FERME! Hurlai-je. TOUT LES DEUX, FERMEZ LÀ ET FOUTEZ MOI LA PAIX!
J'attrapais mon manteau, mon écharpe et quittais le bureau en boitant un peu. J'étais heureux d'avoir retrouver ma motricité d'autrefois, j'étais libre de partir maintenant. Avoir la paix. Penser à Bella. Me maudire de ne pas l'avoir mieux protégée. Mes yeux me piquèrent sous les larmes qui menaçaient de couleur et je clignais des yeux pour les effacer. Ne pas craquer dans un ascenseur bondé de monde, attendre d'être dans un coin tranquille pour ça. Je bousculais des Médecins et des infirmières quand l'ascenseur s'arrêta, récoltant des injures et des regards noirs. Qu'ils aillent au diable! Je franchis le hall d'un pas rapide mais fragile et continuais à marcher quand je quittais le parc de l'hôpital.
Je voulais être seul, à l'abri des regards et il n'y avait qu'un seul endroit pour ça. J'arrêtais un taxi sur mon chemin, ma jambe étant exténuée par ma folle course, et payais le chauffeur lorsqu'il s'arrêta devant l'immeuble silencieux. Le taxi partit dès que j'eus fermé la porte, et je me mis à regarder la façade, le coeur battant. Je ne devrais pas y aller, mais faire demi-tour et m'enfuir serait mieux, mais quelque chose m'attira là-bas. Je suivis donc mon instinct. Je sortis le badge de l'entrée, un peu tremblant, et respirais l'odeur de chien mouillé dans le hall à cause de la récente pluie qui s'était abattu sur Seattle. J'appuyais sur le bouton d'appel de l'ascenseur qui arrive à peine trois secondes plus tard et m'y engouffrais. Mon doigt hésita sur le numéro d'étage, mais il appuya sur le quatre quand même. Ma respiration s'emballa au fur et à mesure que je prenais de l'altitude et il me semblait que j'allais suffoquer quand le « ding » de l'ascenseur retentit, m'avertissant qu'on était arrivé. Je sortis doucement de la cage de fer où les portes se renfermèrent de suite. L'étage était silencieux, je n'étendais que le faible bruit d'une télévision dans le couloir.
Je déglutis, soudain anxieux. Quelques minutes plus tôt, j'étais déterminé à entrer dans mon appartement, mais maintenant que j'étais devant la porte de celui-ci, je redoutais d'y entrer. Trop de souvenirs. La dernière fois que j'y avais mit les pieds, c'était quand j'étais partit prendre une douche et me mettre des vêtements propres, alors que Bella m'attendait dans sa chambre d'hôpital. Après ça, je n'ai plus osé y entrer, effrayé par les souvenirs qui hantaient ce lieux. Mais, quelque chose en moi, peut-être une petite parcelle d'espoir, me poussait à entrer. Mon coeur palpita lourdement dans ma cage thoracique, comme s'il voulait y allait à ma place. Je pouvais le faire. Je sortis la clef de ma poche et l'y inséré doucement, facilement. Il y eut un petit « clic », signe qu'elle était ouverte et je poussais la prote en grand, laissant le champ libre. Rien n'avait bougé, ni même changé. L'endroit était comme lorsque je l'avais quitté, des semaines plus tôt. Pareil. De la poussière s'était accumulée sur les meubles noirs que ma mère et Alice avaient acheté, mais sinon, tout était à sa place. Une boule au fond de ma gorge, je fis un pas à l'intérieur de mon appartement et fermais doucement la porte derrière moi. Il n'y avait, à présent, plus aucun bruit. Tout était silencieux, calme et... vide. Trop vide. Il manquait sa présence ici. Ainsi que son odeur et ses sourires qui me faisaient fondre sur place. Il y avait un manque trop important.
Clignant des yeux pour chasser mes larmes, je m'avançais vers mon instrument de musique, un peu poussiéreux. Je le touchais du bout des doigts, mélancolique. Jouer ne me manquait pas, mais jouer pour elle si. Lorsque je l'avais rencontré à l'hôpital, j'avais pensé de suite à cette mélodie que je lui avais joué pour noël. Douce, tendre et sensuelle. Ce qui définissait Bella à la perfection. Et puis, il y avait cette fois où j'ai faillit l'embrasser, assis tout les deux sur le banc du piano. Certes, elle m'a rejeté mais quelques heures plus tard nous nous étions embrassés devant lui, vaincus. Si je fermais les yeux et que je laissais mon esprit vagabondait, je pouvais encore sentir ses lèvres contre les miennes. Leurs douceurs et leurs fougues quand elle se laissait pleinement aller contre moi. Ses doigts qui fourrageaient dans mes cheveux, parce qu'elle savait que j'adorais ça, son corps qui se collait au mien, demandeur de plus et son souffle court, calquait à la mienne tellement les sensations étaient intenses. Être avec Bella était une évidence, mais être séparé d'elle était une souffrance.
Mes doigts quittèrent la surface noir laqué de mon piano, comme brûlé. Je devais aller de l'avant. Mes pieds m'emmenèrent d'eux même dans la chambre, dans notre chambre, comme s'ils étaient guidés par quelque chose d'invisible. La porte était restée ouverte, comme la dernière fois. Le lit était fait, quelques livres de Bella trainaient sur la commode et le pull que j'avais laissé était toujours au pied du lit. Rien n'avait bougé. C'était comme si le temps s'était figé dans l'appartement, comme pour me rappeler tout les souvenirs accumulés avec Bella. Mon coeur se serra à cette constatation. J'avais encore des souvenirs d'elle, mais elle n'était pas avec moi pour les partager. C'était douloureux de penser à ce qu'elle doit subit en cet instant, alors que j'étais incapable de la sauver. Il ne fallait pas se leurrer, je n'avais pas les moyens de la trouver à part si un miracle se produisait dans les minutes qui vont suivre. Ou les semaines... C'était long, trop long sans elle mais j'avais beau me creuser la cervelle, je ne savais pas où elle se trouvait! J'avais une furieuse envie de balancer quelque chose contre le mur, ou de faire tomber un ou deux meubles, pour me calmer, mais je pris une inspiration pour me reprendre. Il le fallait.
J'avançais un peu dans la chambre, jusqu'à ce que je m'assois sur le lit, du côté de Bella. Le lit était fait, mais j'enlevais les couvertures pour prendre son oreiller et le mettre sous mon nez. J'inspirais par le nez et je gémis en pouvant encore sentir son odeur. Fraise et freesia. Je fermais les yeux, refusant de laisser l'odeur me quitter. Ça me faisait m'accrocher un peu plus à Bella, au fait qu'elle était sainte et sauve, vivante et qu'elle s'occupait de notre enfant dans son ventre. Il fallait que je sois positif, que je garde espoir même si tout semble compromis. Délicatement, comme s'il était en cristal, je posais l'oreiller sur mes genoux. Je le touchais du bout des doigts quand quelque chose dans ma vision périphérique capta mon attention. Je tournais la tête à gauche et j'écarquillai les yeux en voyant ce qui était cachait sous l'oreiller de Bella. Son journal. Le journal que Jasper lui avait offert à noël pour qu'elle puisse écrire ce qu'elle avait sur le coeur, pour qu'elle puisse se libérer de ce qui lui faisait mal pendant sa tumeur. Je ne l'avais jamais vu écrire dedans, j'ai toujours pensé que... qu'elle l'avait rangé quelque part et qu'elle ne s'en servait pas. Idiot.
Délicatement, je le pris entre mes doigts, avec le stylo qui l'accompagnait, et le posait sur l'oreiller qui était déjà sur mes genoux. J'eus un instant d'hésitation devant lui. Si Bella l'avait mit là, c'était bien pour que personne ne le remarque, n'est-ce pas? Elle voulait avoir son jardin secret, écrire ce qu'elle avait sur le coeur sans que personne ne lis ses sentiments. Je caressais la couverture du journal, mitigé. Je ne voulais pas violer son intimité, mais en même temps j'avais tellement besoin de sentir quelque chose qui lui appartenait réellement. Pour savoir qu'elle avait été près de moi. Je me détestais pour ce que j'allais faire, mais j'étais égoïste et j'avais besoin de voir qu'elle avait été près de mois pendant tout ses mois passés ensemble. Doucement, le coeur battant et le cerveau tournant à mille à l'heure, je feuilletais la première page et son écriture frappa mes rétines. Ma Bella...
Lundi 27 Décembre 2010,
Il est tard, peut-être même trop tard pour que je commence ce journal, mais je ne trouve pas le sommeil. J'ai ma tête qui est sur le point d'exploser, mais je ne veux pas réveiller Edward pour ça. Il a tellement besoin de dormir à cause de son travail... Entre ses cours de Médecine, l'hôpital et ses gardes, je vois bien qu'il est fatigué, même s'il est trop protecteur envers moi pour me le dire. Idiot! Et puis, il est tellement beau quand il dort, on dirait un enfant innocent qui a enfin trouver la paix. J'ai tout le loisir de l'admirer malgré lui. J'ai une chance incroyable qu'il soit dans ma vie, au point d'avoir peur qu'il me quitte à la première occasion. Je ne suis pas sûre que je le supporterais. Mais il fallait bien que je me rende à l'évidence que je ne fais pas le poids face à lui. Je suis d'une banalité effarante et pour couronner le tout, j'ai une tumeur au cerveau. Je risque de mourir un peu plus chaque jour, mais il reste quand même auprès de moi, me prouvant qu'il tient à moi et qu'il m'aime. Je le crois, là n'est pas la question, mais un jour il risque peut-être de trouver quelqu'un de mieux et de s'en aller. Rien qu'à cette pensée, mon coeur se compresse douloureusement en mon sein. Avec Jacob, j'ai cru avoir trouver l'amour avec un grand « A », mais ce que j'éprouve pour Edward, c'est beaucoup plus fort que ça. Je pourrais vivre jusqu'à cent ans que ça ne serait pas assez pour le lui exprimer. Je ne sais pas combien de temps il me reste sur cette Terre, car personne ne peut me dire si je vais guérir ou non, mais je ferais que chaque journée passée à ses côtés soit comme si c'était la dernière enfin de ne rater aucun instant avec lui. J'ai dû sûrement le réveiller en écrivant, car il vient de se mettre à grogner et il a posé un bras au travers de mon ventre. Un vrai détecteur à Bella! Je quitte mon stylo quelques secondes pour caresser ses cheveux et j'ai cru l'entendre ronronner comme un chat. Il vient de se rapprocher un peu plus de moi, collant son corps contre le mien, et poser sa tête contre la mienne. Je me sens tellement bien à ses côtés... Je ne sais pas pourquoi c'est tombé sur moi, mais je remercie tout les Dieux existant qu'ils l'aient mis sur ma route, des mois auparavant. Je ne me vois pas vivre sans lui, et ça continuera ainsi jusqu'à ce que mon coeur cesse de battre.
Une larme coula sur la feuille en papier du journal et brouilla ma vue. Oh Bella... Je traçais les lettres de ses mots du bout des doigts, ému. Si seulement je pouvais la prendre dans mes bras pour la remercier et lui dire que ses inquiétudes sur un possible départ était stupides! Jamais, jamais je n'allais la quitter, elle me suffisait amplement et plus encore. Pourquoi irai-je voir ailleurs, alors que j'ai déjà une femme extraordinaire à mes côtés? Essuyant mes joues d'un geste rageur, je tournais la page de son journal et continuais ma lecture. Chaque jour, elle écrivant quelque chose dessus, et parfois même plusieurs fois dans une même journée. Elle racontait tout et n'importe quoi. Comme de la folie d'Alice et des magasins et qu'elle plaignait Jasper de l'avoir tout les jours sur le dos, ou qu'elle était inquiète pour Rosalie et Emmett, ayant peur que ce dernier fasse une bêtise, de Charlie, pour qui elle voudrait tant qu'il refasse enfin sa vie et pensant à lui, de mes parents qu'elle ne cessait de remercier, et principalement ma mère et ses gestes tendre qu'elle avait envers elle, comme une mère ferait pour sa propre fille. Elle ne faisait pas spécialement référence à sa propre mère et son beau-père, juste quelques phrases à la va vite. Mais alors que je tournais une énième page, ce fut la date qui m'interpela en premier. Ce jour-là, j'étais dans le comas à cause de mon accident.
Vendredi 13 janvier 2011
Ça aurait pu être un début d'année merveilleux aux côtés d'Edward, mais ce n'est pas le cas. Je suis à l'hôpital, dans la chambre 185, assise sur une chaise inconfortable avec un moniteur relié à Edward en fond sonore. Je ne comptais plus les jours où il était là, allongé et immobile, c'était trop douloureux. Je ne pouvais pas fermer l'œil, car à chaque fois son accident me revenait en pleine figure. Je mourrais de fatigue, mais fermer les yeux me hantait à chaque fois. Mais je ne pouvais pas tout le temps y échapper, alors je me réveillais en sursaut, remplis de remord. Pourquoi n'ai-je pas vu cette voiture plus tôt? Edward serait toujours conscient, avec moi en cherchant le moyen de me faire rougir par une et mille façon, car il adorait ça. Ce qu'il pouvait me manquer... Son corps était avec moi, mais son esprit était ailleurs, loin d'ici et ça me tuait. Je ne pouvais rien faire pour l'aider et ça me me brisait un peu plus chaque jour.
…
Esmée dit que je devrais parler à la police de ce que j'ai vu, mais je n'ose pas. C'est affreusement égoïste, mais quelque chose me bloque dans ma démarche. Je peux dire le moindre détail de l'accident, tellement il passait et repassait sans cesse dans ma tête. J'étais une horrible personne de me taire au lieu de ne pas faire mon devoir et d'expliquer ce qui s'était passé à la police. Mais est-ce que ça servira de leur raconter?
…
Après avoir retourner le problème dans tout les sens, et le soutient incomparable d'Esmée, je m'étais lancée. J'ai appelé le policier chargeait de l'enquête et il était venu un quart d'heure plus tard. Nous avons parlé, longuement, et il m'avait obligé à décrire ce que j'avais vu. Je lui avais tout détaillé, tout ce qui m'avait parut important de garder en mémoire et il avait semblé satisfait du résultat. Puis, nous avons parlé d'Edward; ses amis, son entourage... Rien ne m'avait alerté jusqu'à ce qu'on aborde le sujet ex petite-amie. Je savais qu'Edward n'avait aucun contact avec elles, étant juste des filles de passage sans intérêt – d'après lui – mais, je m'étais souvenue de cette Tanya, qui n'avait pas lâché Edward et qui avait prévenu ma mère de mon séjour à l'hôpital sans qu'on ne lui ait demandé quoique se soit. Au début, j'avais presque eu pitié d'elle, mais ça c'était avant que je ne sache toute l'histoire par Alice qui l'a su par Jasper – qui j'étais sûre, n'avait pas dû avoir le choix. Le fait que Tanya harcelait Edward à son travail, le draguait ouvertement alors qu'il refusait ses propositions et qu'elle m'ait insulté de toutes sortes de choses dans les couloirs de l'hôpital et qu'Edward a faillit la frapper en retour. Je n'ai jamais avoué à Edward que je connaissais cette histoire, mais qu'importe, maintenant c'est du passé. Enfin, c'est ce que je croyais. Je savais que le conducteur de la voiture qui a percuté Edward était un homme, sa carrure était trop carré pour que ce soit une femme. Mais est-ce que cette Tanya aurait pu payer quelqu'un pour faire du mal à Edward? Était-elle aussi folle qu'Alice me la décrivait?
La page à cette date s'arrêta là, et mon coeur refusait de prendre un rythme plus régulier. Ce n'était pas à cause du fait que Bella sache mon débordement de colère à l'hôpital, mais sur ce qu'elle pensait de Tanya. Je l'ai toujours considéré comme cinglée, comme pas mal de monde à l'hôpital, et ce qu'elle a fait aux Swan prouvait à quel point elle était mesquine, calculatrice et rancunière. Elle avait dû sûrement remarqué, avant que je ne parle à Bella, que je m'arrêtais souvent devant sa chambre, la regardant par la fenêtre qui la séparait du couloir. Elle a dû trouver sa louche et surtout a dû faire le rapprochement entre ma période « zombie » et l'arrivée de Bella à l'hôpital, comme Jasper à cette époque là. Ça ne lui a pas plut que je refuse ses avances, alors elle s'est vengé en trouvant et appelant la mère et le beau-père de Bella. Mais, qu'est-ce qu'elle a réellement fait, quand elle a quitté l'hôpital, après ce désastreux épisode entre nous deux dans les couloirs, humiliée devant le personnel?
-Est-ce qu'il y a quelqu'un? S'exclama une voix forte dans le salon. Edward, c'est toi?
-Charlie? M'étonnai-je.
Je me levais doucement, à cause de ma jambe et allais le rejoindre rapidement. Ce dernier était dans mon salon, arme à la main, avant de pousser un soupir de soulagement en me voyant. Il rangea son pistolet dans sa ceinture, mécontent.
-Est-ce que tu es conscient que tes parents sont morts d'inquiétudes, après que tu sois partit de l'hôpital? Gronda-t-il. Ils étaient dans tout leurs état quand ils m'ont appelés, il y a deux heures.
-J'avais besoin d'être seul, avouai-je, et je n'ai pas vu le temps passé.
-Hum... Le principal c'est que tu n'as rien. Je vais appeler tes parents pour dire que tu vas bien.
Je hochais la tête quand il se figea en voyant ce que je tenais dans les mains. Le journal de Bella.
-Qu'est-ce que tu fais avec ça? Demanda-t-il, suspicieux.
-Je suis tombé dessus par hasard et... et je l'ai lu.
Il roula des yeux.
-La curiosité est un vilain défaut, mon garçon.
-Je sais, mais j'avais besoin de m'accrocher à quelque chose qui lui appartenait.
-Je te comprends, c'est ma fille tu sais? Et elle me tuerait si elle savait que je n'appelle pas tes parents pour leurs prévenir que tu vas bien.
-Je vais envoyer un message à mon père, ça ira plus vite. Mais, j'ai besoin de votre aide, Charlie.
-Ah bon?
Je sortis mon portable et tapais un rapidement message à mon père lui disant que j'allais bien et que j'allais au commissariat avec Charlie et qu'ils ne devaient pas s'inquiéter pour moi. Je rangeais mon portable dans ma poche de jean et montrais le passage où Bella parlait de Tanya, à Charlie. Il tiqua mais abdiqua en voyant mon air déterminé.
-Je ne vois pas en quoi ça concerne l'enquête sur sa disparition, grogna-t-il. Elle dit juste que cette fille est folle.
-Justement! Tanya est complètement malade! C'est elle qui a prévenu votre ex-femme que Bella était à l'hôpital après qu'elle ait su que j'avais des sentiments pour elle, et tout le personnel de l'hôpital vous dira qu'elle a un sérieux problème.
-Où veux-tu en venir?
-Il faut qu'on aille au commissariat, qu'on trouve quelque chose sur elle.
-Sur Tanya?
-Oui! Elle était dans une rage folle après notre altercation dans les couloirs de l'hôpital, elle est obsédée par moi et qui sait ce qu'elle aurait pu faire après ça?
-Edward, je ne pense pas que fouiller dans le passé de cette jeune femme nous aide à retrouver Bella.
-S'il vous plait, Charlie, faite moi confiance! Je suis sûr qu'on peut trouver un indice sur... sur l'enlèvement de Bella, je suis persuadé qu'elle a avoir quelque chose avec ça.
Charlie me regarda longuement, jugeant mon état mental. Il soupira et haussa les épaules.
-Très bien, allons-y mais le FBI ne voudra sûrement pas nous aider.
-On n'a pas besoin d'eux.
Je pris le journal de Bella sous le bras et suivis Charlie en dehors de l'appartement. Je regardais une dernière fois celui-ci, espérant que la prochaine fois que j'y rentrerais, ça sera avec Bella.
O*O*O*O
La nuit était tombé sur Seattle, les agents de police avaient finis leurs journées et celles quelques uns étaient restés pour leurs gardes de nuit, ainsi que quelques agents du FBI. Ils n'avaient pas protestés à la demande de Charlie, ou la mienne, mais étaient persuadés qu'on ne trouverait rien. Je n'avais pas fait attention à leurs remarque et avait expliqué ce que je souhaitais trouver à Charlie. Mais après avoir fouiller son dossier médicale, ses mails, ses factures de téléphone et je ne sais quoi encore, je devais me rendre à l'évidence qu'on ne trouverait rien contre Tanya. Rien.
-Ce n'est pas grave, Edward, me rassura Charlie, tu as fait du mieux que tu as pu.
-Il doit avoir quelque chose sur elle...
Il poussa un gros soupir et se leva, prenant son porte feuille. Charlie était très doué pour ne rien faire paraître sur la disparition de Bella, mais les traits de son visage trahissait son inquiétude et sa peur de ne jamais retrouver sa fille. Je n'abandonnerais pas.
-J'ai plus de billet, grogna-t-il, et les distributeurs automatiques ne fonctionnent plus en face. Tu n'aurais pas un dollar à m'avancer, Edward? J'ai la gorge sèche.
Automatiquement, je lui en donnais deux, et Charlie alla au distributeur d'un pas las et fatigué. Soudain, mon regard fut accaparé par ma carte bleu et le téléphone sur le bureau que j'empruntais pour quelques heures. Il y eut un tilt dans mon esprit. Je cherchais les factures de carte de crédit à Tanya dans la montagne de papier devant moi. La moitié fini sur le sol, à l'étonnement des policiers restaient au commissariat et pris un stylo dans le pot devant moi. Je dépliais la longue page des transactions avec sa carte de crédit et épiais les cabines téléphonique. Tanya avait un minimum de jugeote, mais apparemment, pas assez pour s'acheter un portable prés payés pour effacer toutes traces! J'entourais sur la feuille la fois où elle utilisait sa carte de crédit dans une cabine téléphonique, sautant sur ma chaise. Je la tenais.
-Charlie! Criai-je. CHARLIE!
Il rappliqua en moins de deux, ses doigts sur son armes.
-Qu'est-ce qui se passe? Demanda-t-il, étonné.
-Tanya a utilisé sa carte de crédit pour téléphoner à partir d'une cabine téléphonique depuis deux mois, soit juste après qu'elle ait été renvoyer de l'hôpital.
-Ce qui veut dire?
-Vous ne trouvez pas ça étrange qu'elle utilise de vieux téléphones publics alors qu'elle a elle-même un portable à forfait illimité?
Le visage de Charlie s'illumina comme un sapin de noël, ayant comprit mon raisonnement.
-À moins qu'on ne cache quelque chose! Donne-moi ça!
Il s'accapara du papier et les minutes qui suivirent me parurent interminables. Charlie avait noté le numéro de plusieurs cabines téléphoniques dans le centre de Seattle, ou plus exactement trois téléphones publics. Il décida d'appeler le réseau de communication public de la ville pour savoir quels numéros Tanya composait, grâce aux heures indiqués sur la fiche des transactions. Les employés, qui étaient restés, commencèrent à s'intéresser à nous ainsi que les agents du FBI, intriguait par notre degrés d'excitation. J'avais commencé à faire les cent pas depuis un quart d'heure à cause de incompétences de l'employé qu'avait Charlie au bout du téléphone. Il était plus de minuit, et il ne semblait pas très vif. Soudain, un des supérieurs du FBI prit le combiné des mains de Charlie, la veine sur son front battant dangereusement.
-Ici David Corez, agent du FBI et vous allez m'écouter sombre crétin! Cria-t-il. On vous demande de nous dire quels numéros a été taper dans les heures qu'on vous indique ainsi que les cabines téléphoniques. C'est votre boulot, non? Alors ça ne doit pas être bien compliqué! Je vous jure que si je n'ai pas cette réponse dans la minute, je débarque sur votre lieux de travail demain matin à la première heure et je vous embarque pour obstruction à la police! Me suis-je bien fait comprendre?
Ça a eu l'air de faire son effet d'après le ton apeuré qu'on pouvait entendre à l'autre bout du fil. Comme l'avait ordonné l'agent du FBI, l'employé se décida à donner les numéros composaient dans les tranches d'horaires indiquées par Charlie. Ce dernier se décomposa à chaque seconde de l'entretient.
-Merci pour votre aide, dit-il d'une voix morte. Bonne nuit.
Il raccrocha au ralentit, comme dans un film, m'angoissant au passage. Tout les autres attendaient aussi impatiemment que moi.
-Bon, alors Swan, claqua l'agent Corez. Vous avez les informations que vous avez?
-Oui.
-Je vous en prie, Charlie! Le suppliai-je. Dîtes-moi qu'on a raison!
-Elle a composé seulement un seul numéro.
-Quoi? S'exclamèrent les flics et le FBI autour de nous.
-Quel numéro, Charlie?
Il leva les yeux vers moi, légèrement brillant de larmes retenues.
-C'est... C'est le numéro de... de sa femme, Victoria Hunter.
Mercredi 23 Février 2011
-Je ne comprends pas pourquoi je suis là, dit Tanya d'un air hautain, me donnant encore plus l'envie de la gifler.
-Vraiment? S'étonna l'agent du FBI qui avait remplacer Charlie pour l'enquête.
-Oui, insista-t-elle. Débarquer chez moi à six heures du matin n'est pas quelque chose dont j'ai l'habitude et j'aimerai bien savoir de quoi je suis inculpée.
-De complicité d'enlèvement.
-Pardon?!
Le regard méprisant qu'elle avait gardé tout au long de son trajet disparu, et je pus distinguer une légère lueur inquiète dans son regard. Je me tournais vers Charlie et son visage confirma mes dires, sa moustache frémissait de fureur et c'était bon signe.
-Vous avez été très facile à trouver, dit l'inspecteur. C'est comme si vous ne vous reprochez rien.
-Mais je n'ai rien à me reprocher! Je travaille, je paye mon loyer en temps voulu, ainsi que mes impôts et je ne vois pas pourquoi vous venez m'arrêter pour complicité d'enlèvement! Et d'abord, qui aurais-je enlevé?
Elle était très douée comme actrice, mais elle n'allait pas s'en tirer comme ça. On avait des preuves contre elle, et elle allait plonger. Après qu'on ait su que le numéro que composait Tanya était celui de la femme de ce connard de Hunter, Charlie avait été en prison accompagnait de plusieurs autres agents pour avoir des explications, accompagné de l'avocat de cette dernière. Ne comprenant pas ce qu'on lui demandait, elle avoua sans aucune hésitation que les forfaits de téléphone était à son nom mais que le numéro que composait Tanya était le portable de son mari. On le tient N'ayant aucun mobile sur Victoria, la police en conclut que c'était bien à James que Tanya appelait une à deux fois par semaines depuis plus de deux mois. Mes doigts serrèrent l'appui tête de la chaise avec force, alors que je ne la quittais pas des yeux, bien qu'elle ne pouvait pas me voir au travers la vitre sans teint. Tout le monde était là, Emmett, Rosalie, Alice, Jasper et mes parents avaient fait le déplacement pour voir l'entretient de Tanya. Charlie avait fait des pieds et des mains pour qu'on soit tous là, on était de la famille après tout.
-Est-ce que vous connaissez Mademoiselle Isabella Swan? Reprit l'inspecteur.
-Oui, bien sûr. La fille portait disparut depuis quelques semaines. Et alors?
-Il s'avère que vous la connaissait beaucoup plus que vous nous dîtes, Mademoiselle Denali.
-Je ne vois pas de quoi vous parlez.
Son assurance partait en fumait peu à peu.
-Isabella Swan est la petite-amie d'Edward Cullen, qui était anciennement un de vos collèges de travail à Seattle Center Hospital. Mais aussi une personne que vous harceliez constamment.
-Moi, harceler Edward? Non mais je rêve! C'est lui qui me faisait des avances à mon lieu de travail, c'est même pour ça que je suis partie.
-Ça suffit les mensonges! Cria l'inspecteur, faisant sursauter Tanya. Nous avons des preuves contre vous, Denali!
-Je... Je ne vois pas... pas de quoi vous... parlez, bafouilla-t-elle.
L'inspecteur sortit son dossier contenant les transactions de cartes bancaires qu'elle a effectué ses deux derniers mois, les moments où elle utilisait sa carte bancaire pour des cabines téléphoniques surligné en rouge. Tanya regarda le document et perdit toutes ses couleurs.
-Nous avons trouvé ça étrange que vous utilisiez des cabines téléphoniques alors que vous avez un forfait illimité à votre opérateur. Et en s'y penchant un peu plus, on a remarqué que vous composiez toujours le même numéro de portable. Est-ce qu'il vous dit quelque chose?
Elle ne répondit pas, les yeux toujours écarquillés sur les papiers devant elle. Elle savait qu'elle était fichue. L'inspecteur frappa du poing la table, l'effrayant un peu plus. Dans quelques secondes, elle balancerait tout.
-Je vous écoutez, Denali! Est-ce que vous avez une explication à ça?
-Mon... Mon portable fait des siennes des fois, et... et...
-Et ça vous arrive souvent de téléphoner à James Hunter?
Le teint de son visage était celui d'un cadavre. La peur se lisait dans son visage, elle était finie, elle ne pouvait plus rien faire contre ça. Soudain, Tanya éclata en un lourd sanglot, faisant couler son maquillage sur ses joues blanches. À mes côtés, Charlie trépigna d'impatience alors que le reste de la famille regardait la scène avec des yeux ronds d'étonnement. Charlie et moi étions les seuls à croire en l'implication de Tanya.
-Il m'a dit qu'on... qu'on ne remonterait jamais... jamais à moi! Pleura-t-elle. Il... Il m'avait promit que... que je ne risquerais rien si... si je lui parlais...
-Et qu'est-ce que vous lui avez dit?
-Il... Il voulait que des informations sur... l'autre, Isabella Swan et Edward aussi. Il... Il était cinglé mais je m'en fichais! Je voulais qu'elle paye pour ce... ce qu'elle a fait.
-Vous vouliez que Mademoiselle Swan paye parce qu'elle était avec Monsieur Cullen?
-Oui! Cria-t-elle de rage. Elle le méritait cette sale garce! Edward était... était à moi, je le voulais depuis si... si longtemps... Et elle,... elle est arrivée et il a... il a eu le coup de foudre!
-Comment est-ce que vous avez prit contact avec James Hunter?
-C'est lui qui m'a abordé... J'étais dans un bar, avec des amies et il... il est venu vers moi. On a parlé et il m'a avoué ses intentions envers la fille.
-Qu'a-t-il dit?
-Il la voulait pour lui, et qu'il... qu'il savait que j'avais été viré à cause d'elle. Je n'ai pas réfléchit, et j'ai accepté.
-Et comment s'est passé les semaines suivantes?
Elle prit un mouchoir dans son sac, se moucha et essuya ses yeux avec un autre. Elle était minable maintenant.
-Je devais l'appeler une à deux fois par semaines... Je devais la suivre... ou le suivre pour savoir ce qu'ils faisaient. C'est moi qui ait dit qu'Edward était partit à la boulangerie, le jour de l'accident.
Ma mère étouffa un cri contre ses mains. L'inspecteur garda un visage neutre, comme s'il n'était pas surpris par ses aveux.
-Et ensuite?
-Et ensuite?! Je me suis fait passé par une infirmière au Seattle Center Hospital. J'ai mit une perruque et personne ne m'a reconnu. Je lui ai dit qu'il y avait des policiers devant la chambre de la fille, et que sa famille venait régulièrement la voir.
-Est-ce qu'il vous a dit ce qu'il contait faire? Demanda l'inspecteur.
-Il voulait la kidnapper au sein même de l'hôpital, et je devais trouver le bon moment.
-Et vous lui avez trouver, ce bon moment, je suppose.
Le tristesse qu'éprouvait Tanya quelques minutes plus tôt s'effondra comme par magie. Un sourire sinistre s'étira sur ses lèvres et une lueur de folie flotta dans ses pupilles.
-Oh que oui! Une après-midi, il n'y avait qu'un seul policier devant sa porte, et Edward venait de sortir de sa chambre. Personne ne comptait aller lui rendre visite. J'ai suivit Edward et ait été à la première cabine téléphonique sur mon chemin.
-Qu'a-t-il dit?
-Il était excité comme un gosse au matin de noël! S'extasia-t-elle. Il était très content de mon travail, et il m'a promit qu'elle souffrirait comme elle le méritait. J'étais heureuse, c'était tout ce que je souhaitais!
Je carrais les mâchoires et mes phalanges devenaient douloureuses à force de serrer les poings. Elle était folle, complètement folle! Je sentis une main sur mon épaule, et je me mis à trembler d'une rage que j'avais du mal à contrôler. Je n'avais pas besoin de me retourner pour savoir que c'était ma mère à l'origine de ce geste, ni même de voir qu'Emmett bouillonnait de rage, tout comme son père.
-Vous a-t-il dit autre chose?
-Il a dit qu'il allait l'emmener chez lui, dans sa région natale et qu'il ferait comme toutes les autres. Il la tuerait dans la forêt. Tu entends mon cher, Edward? Il va tuer ta chérie et tu n'auras plus que tes yeux pour pleurer!
Elle se mit à rire et Jasper et mon père me bloquèrent quand je voulais sortir de la pièce enfin de l'étrangler de mes propres mains. Elle va mourir!
-Calme-toi, Edward! M'ordonna mon père. Ça ne servira à rien ce que tu comptes faire, absolument à rien.
-Elle me mérite cette salope! Criai-je. Elle devrait aller brûler en enfer plutôt que de rester vivre!
La suite était quelque peu flou. Des policiers me demandèrent de quitter la pièce, surtout après que Tanya ait la brillante idée de demander à appeler son avocat. Garce! Je faisais trop de bruit dans la pièce, et ça pourrait pencher envers elle. Je sortis dehors, et me défoula sur une poubelle, lui donnant des coups de pieds dedans. Mon esprit était embrouillé par la fureur que j'éprouvais pour Tanya et l'inquiète pour Bella et notre enfant. J'avais promis de garder l'espoir de la retrouver, mais j'étais fatigué de nager contre courant. Trop fatigué.
O*O*O*O
On était tous allés chez mes parents après que l'avocate de Tanya soit arrivée. Je n'avais pas envie de voir sa tronche à elle, et encore moins à sa cliente. Qu'elle aille au diable. Ma mère avait fait un dîner léger, mais après ce qu'on ait entendu quelques heures plus tôt, personne n'avait eu très faim. Je n'avais même pas touché à mon assiette. Après ça, on s'était tous un peu dispersés dans la maison, acceptant les aveux de Tanya comme on pouvait. Pour ma part, je n'avais même pas la force de bouger, j'étais restée sur la chaise de la salle à manger, les yeux dans les vagues. Je n'arrêtais pas de passer, et repasser l'interrogatoire de Tanya dans ma tête. J'avais peur qu'elle explose d'une seconde à l'autre. J'étais persuadé qu'elle allait plaidé la folie lorsque son procès aura lieu, car elle avait été arrêté tout de suite après ses aveux à l'inspecteur du FBI, et ça me rongeait encore plus. Et si elle obtenait gain de cause, alors qu'elle avait été consciente de toute ses faits et gestes? Je ne le supporterais pas. Je ne pouvais pas passer l'éponge sur ça, même si on retrouvait Bella saine et sauve. Elle allait le payer, que ce soit par la justice ou par moi. Jamais.
-Est-ce que tu veux boire quelque chose, Edward? S'enquit doucement ma mère, venant s'asseoir auprès de moi.
-Non, merci, murmurai-je. Je suis désolée pour tout à l'heure, à l'hôpital.
-Oh, mon bébé... Tu n'as pas besoin d'être désolé pour ça, nous savons que cette situation est dure pour toi, comme pour chacun d'autre nous. Tu as une façon d'affronter la douleur différente des autres, rien de plus.
Je retins les larmes qui menaçaient de couler, lorsque soudain, Emmett descendit les escaliers en trombe, furieux. Rosalie le suivit des près, complètement affolée. Inquiet, par les injures que lançaient Emmett, tout le monde essayait de savoir ce qui se passer.
-JE VAIS LES TUER! Hurla mon beau-frère.
-Mais qu'est-ce qui se passe? Demanda mon père.
-Ils sont là! S'affola Rosalie en retenant Emmett le plus loin possible de la porte. Sa mère et son beau-père!
-NE LES APPEL PAS COMME ÇA! ILS SONT RIEN POUR MOI!
Renée et Phil étaient ici. Qu'est-ce qu'ils voulaient bon sang? Ils ne trouvaient pas qu'on avait assez de problème comme ça? Ce fut ma mère qui alla ouvrir la porte, pendant que Charlie, Jasper et mon père retenaient tant bien que mal un Emmett fou de rage. Renée et Phil étaient au pied de la porte lorsque ma mère l'ouvrit.
-Vous n'êtes pas les bienvenus ici, claqua-t-elle sévèrement.
-Nous sommes désolés de vous déranger, répondit Renée, mais nous avons besoin de parler à mon fils.
-JE NE SUIS PAS TON FILS! Hurla l'intéressé.
-Va t'en, Renée! Intervint Charlie, furieux. Ce n'est pas le moment de venir nous bassiner avec tes excuses.
-Tu seras bien obligé de me rencontrer quand la police aura retrouver Isabella.
-Je vous interdis de prononcer son prénom, sifflai-je.
Renée tourna la tête vers moi, un sourire contrit aux lèvres.
-Je sais que vous pensez que je suis une horrible personne, Edward, mais la vérité est tout autre.
-On s'en contrefiche de ta vérité, continua Charlie. Personne ne veut te parler.
-S'il vous plait, intervint Phil, c'est important, pour tout le monde.
-On devrait les écoute, dit Alice d'une voix timide.
Tout le monde tourna la tête vers elle, stupéfait.
-Non mais tu es malade! M'exclamai-je. Dois-je te rappeler qui sont-ils?
-Je pense vraiment qu'on devrait les écouter, insista-t-elle. J'ai le pressentiment que c'est important.
-Mais, Alice..., souffla Jasper, éberlué.
-Laisse Emmett, Jazz, tout iras bien. Je suis sûre qu'il pourra bien se comporter, c'est un grand garçon.
Jasper hésita mais en voyant la détermination de sa copine, il se recula d'Emmett, toujours en train de se débattre pour aller frapper Renée et Phil.
-Em, tu dois te calmer! Le supplia Rosalie. Alice a peut-être raison, c'est sûrement important ce qu'ils ont à nous dire, sinon ils n'auraient pas fait le déplacement jusqu'ici.
-Je ne peux pas, cracha-t-il. Je les hais pour ce qu'ils nous ont fait!
-Emmett, dit calmement Renée. Je sais que tu me détestes au point de vouloir que je ne sois plus de ce monde, ainsi que Phil, mais ce que j'ai a te dire est très important. S'il te plait.
Emmett fixait sa mère avec tellement de haine que s'en était effrayant. Rosalie essayait de le détendre et lui caressant une de ses joues avec sa main. Ça sembla fonctionner car Emmett détourna le regard de Renée et Phil et Charlie et mon père purent le lâcher sans qu'il essaye de les tuer. La tension baissa d'un coup dans la pièce. Emmett était très effrayant lorsqu'il était en colère, comme Charlie. Ce dernier regarda son ex-femme d'un œil mauvais, alors que ma mère les laissa entrer malgré elle. Alice se fit toute petite, surtout à cause des regards noirs qu'elle recevait de la part de chacun d'autre nous. Tout le monde s'écarta d'eux lorsqu'ils passèrent près de nous, mon père leur fit signe d'aller dans le salon. Rosalie chuchotait des paroles rassurantes à Emmett, Jasper prit fermement la main d'Alice, qui ne levait pas la tête pour un sous, mes parents suivirent les deux intrus derrière eux et Charlie titillait son arme de service du bout des doigts. Cette situation de l'enchantait pas, et à vrai dire, moi non plus.
-Ils ne resteront pas longtemps, lui dis-je. Juste le temps qu'ils racontent leurs bobards.
-Hum...
Nous fûmes les derniers à arriver dans le salon. Emmett était resté debout, près de la cheminée, regardant les flammes de celle-ci d'un air meurtrier. J'étais resté debout moi aussi, près de la baie-vitrée, alors que tout les autres avaient prit place dans le salon de mes parents. Renée et Phil semblaient mal à l'aise par nos regards, mais je m'en fichais éperdument. Après ce qu'ils avaient fait à Belle, et à Emmett, il le méritait amplement.
-La situation est quelque peu étrange, mais Alice a eu raison d'insister, commença Renée.
-Va droit au but, grogna Charlie. Personne ne veut supporter votre présence bien longtemps.
Leur arrogance de la dernière fois semblait s'être envolé comme par magie. Et étrangement, ils commençaient à m'intriguer.
-Très bien, céda Renée, je vais aller droit au but. L'histoire a commencé alors que j'étais encore marié à toi, Charlie.
Phil lui prit la main, comme pour lui donner du courage, alors que l'intéressé la regarda avec scepticisme.
-Tu vas nous raconter dans quelle circonstance tu as été voir ailleurs?
-Non, non... Ça ne s'est pas passé comme ça, pas du tout...
-Tu l'as crié haut et fort lorsque tu es partie de la maison avec Bella et moi! S'exclama Emmett.
-Oui, je sais mais... C'était pour vous protéger, jamais je ne voulais ça, jamais...
-Je crois que tout le monde s'impatiente, intervint mon père. Alors racontez nous donc.
Renée jeta un regard à son mari, Phil, qui lui fit un sourire d'encouragement. Je fronçais les sourcils, surpris.
-J'étais très heureuse avec toi, Charlie, reprit Renée. Malgré qu'on habitait une petite ville dans un coin perdu, tu m'as fait deux beaux enfants et on ne manquait de rien. Certes, la grande ville me manquait mais je pouvais m'en passé si j'avais ma famille autour de moi.
Charlie plissa les yeux en sa direction, essayant de comprendre par lui-même ce qu'elle pouvait bien raconter.
-Nous avons eu Emmett, puis Bella deux ans plus tard et j'étais comblée. Les enfants grandissaient, nous étions tous heureux et nous nous aimions éperdument. Mais, un jour, alors que Bella venait d'avoir neuf ans, quelques jours plus tôt, il... il s'est passé quelque chose... à Forks...
Elle cligna des yeux comme pour faire fuir les larmes qui menaçaient de s'échapper. Phil resserra un peu plus la main de sa femme, l'autre bras autour de ses épaules.
-Il faut que tu leurs dises, dit-il, ça a déjà duré trop longtemps.
Renée hocha la tête, prenant une inspiration.
-J'étais partie à Port Angeles, un samedi, en voiture. Je voulais faire quelques magasins pendant que tu t'occupais des enfants, car c'était ton jour de congé. Je voulais leur faire plaisir, alors j'ai acheté un maillot des Mariners à Emmett, et pour Bella j'avais acheté quelques livres, je sais qu'elle adore lire, elle a toujours aimé...
Emmett tourna la tête vers sa mère, étonné. Est-ce qu'elle disait vrai, lorsqu'elle racontait ça?
-Sur le chemin du retour, près de Forks, la voiture m'a lâché sur une route déserte. Je n'ai jamais été doué avec mes mains, et je n'avais plus de batterie à mon portable. Alors je me suis mise à la recherche d'une maison dans le coin, pour demander si je pouvais emprunter leurs téléphone. J'ai dû faire une centaine de mètres avant de trouver une maison dans la forêt, à l'abri du regard. J'avais un mauvais pressentiment, mais je n'avais pas le choix.
Tout le monde était maintenant pendu à ses lèvres, voulant savoir le fin mot de l'histoire.
-C'est un homme qui m'a ouvert, il avait un peu près mon âge. Je lui ai demandé si je pouvais téléphoner à mon mari, et il a accepté. Je... Je n'ai pas eu le temps d'atteindre le téléphone car... car il m'a attrapé par les cheveux et il m'a emmené dans la cave. J'ai paniqué! Je criais, me débattais mais il était plus grand et plus musclé que moi... J'avais peur, je... je ne savais pas ce qu'il allait me faire mais... mais j'ai vite su ce qui allait m'arriver lorsqu'il... lorsqu'il...
La respiration de Renée s'accéléra brutalement, et elle ferma les yeux, tremblante.
-Il... Il m'a violé... encore et encore, pendant ce qui m'a semblé être des semaines... J'avais mal, car il me frappait quand je refusais de faire ce qu'il voulait que je fasse... Je... Je ne sais toujours pas comment... j'ai réussis à m'échapper, mais... j'ai réussit à sortir de la maison. J'ai pleuré pendant des heures tout en essayant de retrouver la voiture que j'avais laissé là, mais... mais j'ai du me rendre à l'évidence qu'elle avait disparut. J'avais honte... Je me sentais sale, déshumanisé par cet homme, souillée...
Ma mère eut un hoquet de stupeur, comme nous tous d'ailleurs. Emmett et Charlie regardaient Renée avec de grands yeux, confus, étonnés et terriblement perdus.
-Mais je ne voulais pas te le dire, Charlie, ni aux enfants..., continua-t-elle. Je ne voulais pas voir cette peine et cette compassion dans vos yeux... Alors, je suis rentrée, essayant de m'arranger comme je pouvais et... et tu es rentré dans une colère noire quand tu m'as vu revenir. Tu m'as dit que tu étais resté deux jours sans nouvelle de moi. Bella pleuré, Emmett me regardait sans comprendre ce qui s'était passé... Et après ce jour-là, rien n'a plus était pareil entre nous... Tu me soupçonnais d'avoir un amant, Emmett ne me parlait presque plus, Bella cherchait de l'affection que je ne pouvais plus lui donner...
-Pourquoi tu es partie? Demanda Charlie d'une voix blanche. Pourquoi n'avoir rien dit?
-Je ne pouvais pas, j'avais trop honte... J'ai essayé de reprendre le droit chemin, grâce à une association à Port Angeles, c'est là où... J'ai rencontré Phil, il faisait du bénévolat là-bas. Lui aussi m'a dit de vous le dire, mais j'en étais incapable. Les semaines ont passés, ainsi que les mois et notre couple ne tenait que sur un fil, alors que mes enfants me fuyaient, et puis... il y a eu cette journée de juillet...
Une larme coula sur sa joue droite, vite essuyé par Phil, tendrement. C'était troublant de voir leurs comportement, et surtout de voir une Renée complètement différente que la dernière fois qu'elle est venue. Mais pourquoi une partie de mon cerveau s'obstinait à me dire qu'il y avait quelque chose de pire dans tout ça?
-C'était un samedi, murmura Renée. Il faisait étrangement chaud à Forks, mais je ne voulais pas resté à la maison, alors j'ai prit le car jusqu'à Port Angeles, ou j'ai retrouvé Phil, dans un café. On a parlé, longuement de ce qui se passé à la maison, d'Emmett et Bella, de toi, Charlie... Et puis, tout à coup, j'ai eu un affreux mal de ventre. J'ai cru que c'était quelque chose que je n'ai pas digéré la veuille, ou quelque chose comme ça, mais je me tordais tellement de douleur que Phil a décidé de m'emmener à l'hôpital. J'ai été prise immédiatement en main par les urgences, et le diagnostic est rapidement tombé, j'étais sur le point d'accoucher.
-QUOI? Hurla Emmett. Tu étais enceinte de ce connard alors que tu étais encore avec papa?
Il montra Phil du doigt, qui secoua négativement la tête.
-Non, bien sûr que non, expliqua-t-il. Quand j'ai rencontré ta mère, nous étions que de simple amis, rien de plus.
-Mais alors...
-Vous étiez enceinte de votre violeur? Demandai-je, surpris.
Renée sursauta et tourna la tête vers moi, peiné. Bah merde alors.
-J'étais avec elle lorsqu'elle a mit au monde sa fille, compléta Phil.
-Ta... Ta fille? Bafouilla Charlie.
Renée hocha la tête, lentement. Jasper regarda Alice en écarquilla les yeux, se demandant, comme tout le monde, comment elle avait su que ce qu'allait dire Renée et Phil était si important. Elle devrait faire carrière dans la voyance. Rosalie se leva et vint près d'Emmett qui ne digérait toujours pas la nouvelle, complétement chamboulé par ce qu'ils venaient de dire. Charlie prit sa tête entre ses mains. Mes parents se regardèrent, cherchant où se mettre, tout comme moi. Nous ne connaissons pas totalement l'histoire, et même si les Swan faisaient partis de la famille, il y avait des choses qu'on gardait pour soit quand même. J'étais le seul à être quelque peu conscient de ce qu'il se passait en ce moment même.
-Qu'est-il arrivé à votre... fille? M'enquis-je, hésitant.
-Je ne pouvais pas la garder, avoua Renée. C'était trop dur... trop dur de voir qu'elle était le fruit de mon viol, alors j'ai accouché sous x. Je lui ai juste donné un prénom, pour qu'elle ait quelque chose de moi, mais je ne pouvais pas...
-Comment s'appelle-t-elle?
-J'ai vu ce prénom dans un des livres de Bella, et je l'ai toujours trouvé jolie... Renesmée, elle s'appelle Renesmée.
Charlie leva la tête brutalement vers son ex-femme, et la regarda comme si c'était un fantôme.
-Renesmée? Souffla-t-il.
Une seconde larme coula des yeux de Renée, et plusieurs suivirent celle-ci. Phil la serra dans ses bras, et mon coeur se contracta en voyant ce geste. Je ne pouvais pas le faire à ma fiancée.
-Moi aussi j'ai cru que c'était une coïncidence, pleura Renée, une terrible coïncidence... Mais je ne pouvais pas rester chez moi sans savoir...
-De quoi est-ce que vous parlez? Grogna Emmett.
Charlie se leva, perturbé. Personne ne comprenait ce qui venait de ce passer entre les deux ex-maris.
-Ce n'est pas possible, tu dois faire erreur! Tempéra mon beau-père.
-Non, non... Elle lui ressemble, et... à moi aussi, ainsi qu'à Bella, tu ne peux pas le nier, Charlie.
-MAIS DE QUOI VOUS PARLER, BORDEL? Cria Emmett, s'écarta de Rosalie.
Charlie posa une main paternel sur son épaule, alors que son fils respirer difficilement à cause de sa colère.
-La... La précédente victime, avant... avant ta soeur, s'appelle... Renesmée.
Emmett devint blanc comme un linge et ses yeux s'écarquillèrent de terreur.
-Oh, non... Vous ne pouvez pas me dire que...?
-Il y a autre chose, intervint Phil.
Emmett secoua la tête, tremblant. Rosalie l'obligea à s'asseoir, aidé de Charlie. Les autres regardaient la scène ne sachant où se mettre, et quelque peu confus par la situation. Tout allait trop vite d'un coup.
-Que voulez-vous dire par « il y a autre chose »? Demanda mon père.
Renée était complètement effondrée, tenant le manteau de son mari avec fermeté, s'accrochant à quelque chose.
-Après l'accouchement, Renée ne se sentait pas capable de retourner avec vous, Charlie. Je l'avoue, j'avais des sentiments pour elle, mais elle était marié, avait des enfants et je voulais juste qu'elle soit heureuse. Mais Renée a décidé de vous quitter, de prendre les enfants et de me suivre. Elle n'était pas amoureuse de moi, mais au fils de moi, à le faire croire à Emmett et Isabella, elle a finit par se prendre au jeu. C'était très dur au début, surtout que Renée avait toujours un blocage pour donner de l'affection à ses enfants...
-Sans blague! Cracha Emmett. Elle nous a carrément dénigrer, te préférant plutôt qu'à nous.
Renée sanglota de plus belle.
-Elle ne pensait pas à mal, elle faisait ça pour son bien et puis... elle m'a demandé d'en faire autant... Je n'avais rien contre vous! Vous étiez mes enfants adoptifs en quelque sorte, mais Renée a tellement insisté que j'ai fini par accepter. Ce n'est pas à cause de ma supposé carrière qu'on déménageait sans cesse, Emmett, reprit Phil. Si ça n'aurait tenu qu'à moi, on serait resté en Arizona, dans mon équipe de baseball.
-Alors pourquoi?!
-J'avais peur qu'il me retrouve, murmura Renée entre deux sanglots. Qu'il vous retrouve aussi, qu'il vous fasse du mal... à nous...
-Qui? Demandai-je.
-Son violeur, expliqua Phil. On déménageait sans cesse pour la rassurer, mais les enfants ne le savaient pas.
-Mais, vous n'avez pas prévenu la police? Intervint ma mère, inquiète.
-Elle ne voulait pas, soupira-t-il. J'ai essayé, plusieurs fois de la faire changer d'avis, mais elle a toujours refusé.
-Qui c'est? Chuchota Alice, d'une voix timide. Votre... votre agresseur?
Renée secoua la tête, tremblante, pleurant comme une fontaine. J'avais un mauvais pressentiment. Phil regarda Charlie droit dans les yeux, déterminé.
-On sait où se trouve Bella, car James Hunter est le fils... de celui qui a violé Renée.
Vendredi 25 Février 2011
POV Bella
J'étais fatiguée, je n'en pouvais plus. Je veux que ça s'arrête. Mais j'avais l'impression que mes supplications, mes prières ne servaient à rien. Quoi que je fasse, quoique j'imagine pour sortir d'ici était vain. La seule bonne chose qui m'arrivait, c'était qu'il ne m'avait plus touché depuis que je lui ai dit que j'étais enceinte. C'était sortit tout seul, comme une technique pour me défendre, mais par je ne sais quel miracle, ça avait fonctionné. Merci Seigneur. Mais, à présent, je craignais les représailles. Car je savais qui allait en avoir, c'était indéniable. Je ne pouvais pas faire comme si je ne voyais pas ses yeux loucher vers moi avec envie. Je ne pouvais pas faire semblant. Mais j'étais de plus en plus fatiguée, et ma tumeur n'arrangeait rien les choses. Je ne prenais plus mes médicaments car je savais qu'ils n'étaient pas bon pour le bébé, et j'avais raté un nombre incalculable de fois mes séances de Chimiothérapie et de Radiothérapie. Je ne savais pas quelle pourcentage de chance il me restait de survivre, mais j'avais l'impression que c'était trop peu.
Fatiguer était encore faible comme verbe pour me définir. Je restais allongée toute la journée dans mon lit, mangeant pour le bébé et essayant de garder des forces pour lui. Rien que pour lui. Je ne pouvais pas prétendre que j'allais m'en sortir, mais si c'était le cas, seul mon bébé comptait. C'était une partie d'Edward qui était en moi, elle ne me quittait jamais. Toujours là, près de moi. Il me manque tellement... Lorsque je fermais les yeux, je n'arrivais pas a voir entièrement son visage, il était un peu flou et ne ressemblait pas à la réalité. Je voulais qu'il soit près de moi, pour lui toucher son visage, l'embrasser, glisser entre ses bras et sentir sa chaleur tout contre moi. Mais avais-je vraiment cette chance de pouvoir encore vivre auprès de lui, alors que j'étais aux mains d'un malade mental?
Soudain, je me crispais en entendant la porte de la cave, celle en haut des escaliers, s'ouvrir brusquement et des pas précipités venir jusqu'ici. Mon coeur bondit dans ma poitrine, affolé et ne sachant que faire. Je me relevais faiblement et la porte s'ouvrit à la volée, laissant un James Hunter débraillé, les cheveux en pétard et l'air fou sur son visage. Mon Dieu.
-Prépare-toi, on s'en va! M'ordonna-t-il.
-Où est-ce qu'on va? Demandai-je, par automatisme.
Il poussa un cri et me donna une violente gifle sur ma joue. Je hoquetai de douleur, une main sur ma joue fragile.
-Je t'en pose des questions, moi! Hurla-t-il. Met tes putains de chaussures et on y va! MAINTENANT!
J'acquiesçais et me mis sur mes pieds, tremblante. Il me prit par le bras et me fit monter les escaliers quand j'eus fini de lacet mes chaussures. Je voulais prendre mon manteau, mais il m'interdit de le faire car on était trop pressé. Je trébuchais quand il m'emmena en voiture, démarrant au quart de tour. J'hésitais à attacher ma ceinture, mais finalement je ne la mis pas. Je pourrais m'enfuir plus rapidement si l'occasion se présenter.
-Je suis désolé, désolé, marmonna James, tout en conduisant. Je sais que vous attendiez beaucoup de moi, mais je n'ai pas pu le faire... Désolé, désolé...
Il était fou, c'était indéniable. Je reculais le plus possible de lui, près de la portière. La voiture roulait beaucoup trop rapidement pour que je saute de celle-ci, il vaudrait qu'il y ait un miracle pour que je me libère maintenant. Et s'il m'emmenait dans la forêt pour en finir avec moi? Je frissonnais, la bile au bord des lèvres.
-Laissez-moi, partir, le suppliai-je. Je ne dirais rien...
-TA GUEULE SALE PUTE! Hurla-t-il en me giflant une fois de plus. TU NE VOIS PAS QUE TOUT ÇA C'EST DE TA FAUTE?
Je pleurais, ayant de plus en plus mal à ma joue martyre.
-Je n'ai rien fait! M'emportai-je malgré moi. VOUS ÊTES UN MALADE MENTAL, COMME VOTRE PÈRE!
Soudain, il fit un mouvement brusque du volant et la voiture fit plusieurs tonneaux sur elle-même. N'ayant pas de ceinture, j'étais projetée dans tout les sens, mais je fis de mon mieux pour protéger mon ventre, mon bébé. Ça me parut interminable, mais au bout d'un moment, la voiture s'immobilisa sur la route désertes. Je gémis, ayant mal un peu partout et jetai un coup d'œil à James. Il était un peu sonné, alors c'était le moment ou jamais. J'ouvris la portière, et je me laissais littéralement tombée sur le sol, plus perdue que je ne le pensais.
-Reste ici! Hurla James. Tu es à moi salope!
Je me mis sur les pieds et fis quelques pas dans la direction opposée, tanguant dangereusement sur mes jambes. Elles ne tiendraient pas longtemps sous mon poids. J'entendis James sortir de la voiture, et mon coeur augmenta ses battements, effrayé. S'il me rattrapait, il allait me tuer. J'obligeais mes jambes à accélérer, mais au bout d'un moment, elles me lâchèrent. Je commençais à ramper sur le bitume, alors que des bruits de sirène de police me vinrent aux oreilles. Oh mon Dieu! James cria de rage derrière moi, très près de moi. Je glissais sur la route, mais il attrapa ma cheville et m'obligea à me retourner brutalement. Je criais, et il me mit un coup de poing en plein dans le visage. Ma tête me tourna violemment.
-Ça, c'est pour m'avoir dit que je ressemblais à mon père, petite pute! S'exclama-t-il.
Je vis aux travers mes paupières à demi-fermer une arme à feu. Je gémis, essayant de reculer mais il me donna un coup de pied dans les côtes, me coupant le souffle.
-Je n'ai pas pu m'occuper de toi comme il le faudrait. Mais même si je n'ai pas pu jouer avec ton délicieux petit cul, je vais te tuer, même si ce n'est pas avec la lame de mon père, tu crèveras quand même!
-Non... Non, je vous en prie...
-Les pleurnicheries ne marchent pas avec moi, sale garce! Aurais-tu un dernier mot à dire?
-Allez en Enfer, connard!
Une lueur furieuse traversa ses pupilles et alors qu'il leva sa main avec son couteau, il y eut des crissements de pneus et des voix d'hommes autour de nous. James regarda et écarquilla les yeux à leurs arrivés.
-James Hunter! Cria un policier, apparemment. Lâchez votre arme, ou on ouvre le feu!
-Dégagez ou je la bute sous vos yeux! Répondit-il.
-Ne faites pas de bêtises, lâchez votre arme et je vous promets que rien ne vous sera fait.
Pendant qu'il parlait, j'en profitais pour reculer le plus loin possible de lui, en sécurité. Je rampais en sens inverse et me retournais pour voir dans quelle direction aller. Mon coeur rata un battement lorsque je vis mon père avec son arme pointé vers mon agresseur, déterminé. Je tendis une mains vers lui, suppliante. J'étais si fatiguée. Puis, soudain, quelqu'un sortit de sa voiture de police et je crus revivre. Edward. Son regard ne lâchait pas le mien, luisant de larme. Avec le peu de force qu'il me restait, je rampais vers lui, et les policiers près de lui m'encouragèrent avec leurs mains. Edward. Edward. Edward. Il n'y avait que ça en tête. Il voulait venir vers moi, mais un homme en costume noir l'en empêcha. Puis, soudain, il écarquilla les yeux au-dessus de moi, et il y eut un coup de feu.
Encore une énième fin sadique, j'ai arrêté de les compter, mais c'est sûrement la pire que je n'ai jamais écrite jusque là, n'est-ce pas? Vous saurez dans le prochain chapitre, qui a tiré et surtout sur qui...
Je me doute que vous avez dû être choquées, surprises par les propos de Renée, mais c'était prévu depuis le début ce passage-là. Je garde du mieux que je peux le caractère des personnes, et Renée et Phil ne sont pas des monstres dans les livres. On dit souvent que ne nait pas méchant, mais qu'on le devient. Mais pour ce qui est de James, c'est de famille.
Vous aurez les réponses à vos questions très rapidement car j'ai le plaisir de vous annoncer qu'il y a au total 35 chapitres et un épilogue! Vous saurez si Bella & Edward vont vivre heureux avec leur bébé, ou au contraire si Bella ne survit pas soir à James, soit à sa tumeur...
Comme toujours, je ne donne pas de date pour le prochain chapitre, je ferais du mieux que je peux pour le poster le plus rapidement possible, comme toujours.
-(*) Scie Médicale: Je pense que ça s'appelle comme ça, mais après je ne suis pas sûre. Je n'ai jamais eu de plâtre – et croisons les doigts pour que ça reste ainsi – donc si je me suis trompée, n'hésitez pas à me le dire.
À bientôt et prenez soin de vous,
Clairouille59.
