L'oubli… Oui. Toutes les sensations qu'il avait eu auparavant s'essoufflaient lentement à présent… Elles semblaient s'effacer, pour finalement disparaître. Était-ce à quoi la mort ressemblait?
Il ne pouvait s'y résoudre, au fond de lui il luttait contre cela… Jusqu'au moment où…
"Bill Cipher" résonna une voix en lui.
Il n'eut besoin de parler, il sut immédiatement qui avait prononcé ces paroles. La voix reprit:
"Bill Cipher. Te voilà au bord du précipice. Tu as fait appel à mon pouvoir, afin d'être jugé. Ainsi, moi, l'Axolotl, vois ta vie, tes crimes, ta monstruosité. En réponse à ta demande de jugement, je t'offre la rédemption sous une nouvelle vie, afin de laver ton âme, et la purifier tu devras marcher parmis les humains, te soumettre à leur règles, et te faire pardonner pour tes crimes. Tu te feras connaître désormais sous le nom de Yvan Arradion."
A peine ces mots furent-ils prononcés, que Bill se sentit porté, comme happé par un gouffre, jusqu'à ce qu'il ne ressente absolument plus rien.
Il s'écoula ce qui semblait êtres plusieurs longues heures pour lui, dans le noir, avant qu'il ait une nouvelle sensation, assez désagréable, comme si quelque chose de lumineux était au dessus de lui. Il réalisa qu'il pouvait à nouveau remuer. Il avait de nouveau le contrôle de ses mouvements. Alors, la première chose qu'il fit, fut de se réveiller.
À peine éveillé, il ne vit que du blanc, issue de la lumière qui le gênait depuis quelques minutes. Le regard clôt, il chercha immédiatement en tâtant autour de lui quelque chose qui fit cesser cette lumière. Cette dernière éteinte, Bill se tourna vers une autre source de luminosité dans la pièce, qui éclairait faiblement la pièce dans laquelle il se trouvait. Dehors, il faisait nuit. Il lui fallut un peu de temps avant de discerner correctement les formes de son entourage dans cette obscurité.
Un corps frêle et mince de jeune homme, aux jambes tremblantes, faible et soumis à la gravité. Un être qui se sentait fragile, qui fixait ses mains, ses longs doigts fins, avant de hurler, de peur, ou de colère. Etait-ce bien lui? Il eût ressenti comme une brûlure partout sur son corps, la sensation de sentir les choses pour la première fois, comme la chaleur d'un pull jaune ou la perception de la douleur du froid sous ses pieds. Les yeux ensuite de l'être ainsi formé descendirent sur le long des ses deux jambes, choses bien trop faibles à son goût, couvertes par un pantalon en tissu noir. Refermant les yeux, pour se calmer, et dans le silence absolu des lieux, il se mit à entendre et sentir quelque chose de parfaitement coordonné en lui, sur la gauche de son abdomen tapait quelque chose qu'il pouvait entendre dans ses oreilles, cette chose dont il n'avait pas le contrôle. Il se tourna ensuite, pour regarder autour de lui, et tomba nez à nez à une personne, blonde, aux yeux noisettes, pleine de tache de rousseur sur la face. Un visage au traits affini, comme taillé directement sur la peau. Bill hurla à nouveau, probablement de panique, reculant d'un ou deux pas avant de se rendre compte qu'il s'agissait de son propre reflet dans un miroir. C'était donc à ça qu'il ressemblerait désormais ? Un gamin, pire : un humain ! , blondinet, totalement vulnérable au monde qui l'entoure ? Il voyait, dans son propre reflet son regard, quelque chose qu'il eût déjà vu quelque part : La terreur.
L'instant de panique passé, il vit, il sentit le long de son visage glisser quelques gouttes tièdes, se glaçant aussitôt sur sa peau. De fil en aiguille, il sentit comme un noeud se former dans sa gorge, bloquant presque sa respiration. Ses mains tremblaient. Il ne comprenait pas ce qui lui arrivait…
Toute ces choses dont il n'était pas dépendant à l'origine commençait, progressivement à avoir de la logique, lentement, Bill prenait en considération chaques nouveautés, chaques nouveaux paramètres auxquels il devait se soumettre. Il considéra les températures. La sensation du touché lui fut la plus indescriptible : la douceur de la peau, la rigidité des murs, la souplesse des tissus.
Puis, de nouvelles sensations parvinrent. Particulièrement désagréable. En premier lieu, une brûlure, comme un énorme trou qui creusait infiniment l'intérieur de son ventre, une véritable douleur, qui lui faisait perdre l'équilibre, et lui donnait le vertige. La faim. Ce message d'alerte, qui signale qu'il faut, et ce rapidement, redonner une source d'énergie au corps… Mais quel est cette source ? S'il ne s'en ai jamais intéressé auparavant, c'est bien parce qu'il n'en avait jamais eu la nécessité. Il se mit à chercher au travers l'appartement, et trouva rapidement cette chose : La nourriture.
Bill se mit à marcher. Les sensations du sol froid sur sa peau lui provoquaient des frissons. Il trouva un frigo, et dans le frigo il trouva un sandwich, posé là, comme si tout ceci avait été prévu.
Le fait étant : Bill ne savait pas comment utiliser la nourriture humaine, c'était quelque chose d'entièrement nouveau à ses yeux. Ceci dit, ce fut plutôt instinctif, comme si le corps savait, mais pas l'esprit. Et qui plus est, cela fonctionnait.
Mais avec la désagréable découverte de la faim vint l'étrange apprentissage des goûts.
La première chose qu'il compris, c'est que cette sensation ne survenait que sur la langue, et peut être un peu dans la gorge. Elles se localisent de manière précise. Acidité, amertume, sucré, salé, et toute la palette des saveurs, dont il ne connaissait même pas le nom.
Passé ces découvertes, il se retrouva face à un nouveau ressentiment. "Ca ne va donc jamais s'arrêter ?!" se demanda-t-il, en essayant de comprendre pourquoi désormais sa langue semblait détachée, presque collé à son palais. Cette impression que ces deux éléments s'effritaient, il devait absolument y remédier.
Tournant le regard à nouveau dans le frigo, il vit une bouteille d'eau. Et, ayant déjà vu les humains faire, il se contenta d'imiter le geste.
Bill avait l'habitude de ne pas être soumis à la gravité, et voilà que maintenant il se sentait lourd, faible, comme si le monde entier pesait sur ses deux épaules. Ce besoin qui occupait l'intégralité de son esprit à ce moment précis devenait à chaque minute plus fort. Il détestait ce sentiment. De moins en moins capable de réfléchir, et de plus en plus limité par sa force, il se laissa simplement tomber sur le canapé. Emporté par l'épuisement, il finit par garder les yeux clos. Bill écouta attentivement à nouveau le bruit dans sa poitrine, ce dernier ralentissait doucement, mais rien d'alarment. Son souffle ralentissait. Il aurait cru, l'espace d'un instant, mourir à nouveau, mais cette idée était très rapidement chassé "Pourquoi serais-je si bien, si je mourrai ?". Ce fut d'ailleurs les dernières pensé qu'il eu, avant de sombrer dans le sommeil.
Bill marchait le long d'un couloir, regardant autour de lui, il ne reconnut pas tout de suite cet endroit. Depuis combien de temps il n'a pas remis les pieds ici ? Bien trop. Pourtant, tout ce qui semblait familier semblait le fixer, et le menacer. Les jambes du jeune tremblait à chaque pas, d'incertitude. Il entendit des murmures derrière lui.
-Qui est là ?! cria-t-il, en se retournant brutalement.
Mais personne ne répondit. Nerveusement, il se remit à marcher, dans ce couloir infernalement long. Arrivé près d'une porte, il entendit des voix au travers celle-ci. Il tendit l'oreille…
-Maman ? Papa ? Vous êtes là…?
D'une main innocente, il poussa la porte. Devant lui, au beau milieu du néant, il y avait deux formes. Deux silhouettes, qu'il perçut comme ses parents. Il s'approcha.
-Tu es fier de toi, Bill ? demanda l'une des deux formes.
-Regarde ce que tu as fait.
Lorsqu'il posa sa main sur l'une d'entre elles, ils se trouva repousser en arrière, alors que les deux formes prirent feu d'un coup.
-Regarde ce que tu nous as fait.
Tout autour de lui se mit à brûler, il voulut courir vers eux, mais il devenait subitement lourd, faible, incapable de courir. Il tendit un bras vers eux.
-Non ! Maman ! Papa ! NON !
Il avait beau hurler de toute ses forces, rien ne se passait. Au bout d'un moment, il parvint à se retourner. Il eut le souffle court, son coeur battait au plus vite lorsqu'il voyait ce qu'il avait immédiatement reconnu comme sa maison. Les flammes la consumait, cette image ressemblait bien à quelque chose qu'il avait déjà vécu, quelque chose parmis ses souvenirs qu'il avait refoulé au plus profond de lui même. Cette sensation de détresse qu'il ne pouvait résoudre le contrôlait totalement.
Les deux formes s'approchèrent, elles se mirent au près de lui.
-Tu vois ce que tu as fais ...? demanda la première.
-Tu reste avant tout notre fils.. murmura la seconde.
Les deux silhouette passèrent chacune leur bras autour de lui, serrant Bill chacun contre lui même.
-Au revoir, Billy'.
Après ses mots, les deux partirent en direction de la maison en flamme, jusqu'à faire partie d'elle.
-Non, maman ! Papa ! Revenez ! REVENEZ ! S'il vous plais ! Quelqu'un ! Me laissez pas seul…
… Mais personne ne vint.
