Chapitre deux : Le foyer

Bill se réveilla en sursautant, en retenant un cri, le souffle coupé. Il pris une bonne minute à réaliser que tout ceci n'était pas réel. Tout ceci ne s'était pas passé. Faire un cauchemar, pour un démon des rêves, plutôt cocasse. Il reprit son souffle, remonta ses jambes contre lui en s'asseyant, passa ses bras autour de ses genoux, et posa sa tête sur ses genoux. Il pleurait. Le souvenir de ses parents, les voir à nouveau mourir, ces images qui se ressassaient dans sa tête encore, et encore… Cette douleur fulgurante qui poignardait sa poitrine, et qui se refusait de partir, l'affaiblissait toujours plus. Il se mit à murmurer : "Maman… Papa… Je suis désolé. Tellement désolé.".

Plusieurs minutes se sont écoulé avant qu'il reprenne son calme complet. Le silence nocturne régnait à nouveau dans la pièce. Il n'y avait plus de lumière. D'ailleurs, il n'était plus sur le canapé : mais sur un lit. Quelqu'un l'avait déplacé. A ce moment, il fut trop fatigué pour vraiment y prêter attention.

Là, au coeur de la nuit, il sentit les ombres danser autour de lui. Comme si quelque chose l'observait dans un coin. Quelque chose d'inquiétant, de menaçant, de dangereux et d'invisible. Il eut crut, que d'un moment à l'autre, les démons de la nuit allait lui sauter à la gorge pour aspirer son âme. Il finit par retomber de sommeil, sans aucun rêve cette fois-ci…

Bill se réveillé, plusieurs heure après, enfin reposé. Un peu déboussolé il se redressa. Il tourna la tête à droite, il vit des rideaux filtrer une lumière pâle. à gauche, il y avait un mur. C'est alors qu'il se rendit compte : Il n'était absolument pas là où il s'était endormi. Il dégagea le drap posé sur son corps, avant de s'asseoir sur le bord du lit. Il frotta ses yeux. Une fois debout, en équilibre sur ses jambes, il quitta la pièce, titubant à moitié. La lumière inonda la chambre, il recula vivement, mettant son bras devant ses yeux, frappé par le changement de lumière. Une fois ses pupilles habitué à la lumière, il traversa la pièce. C'était là, qu'il était avant : Le salon. Il retrouva immédiatement les repaires. Il faisait jour, le soleil traversait la pièce, une ambiance de fin d'été fort agréable.

Mais entendre le chant d'un oiseau sur le balcon l'avait brutalement ramené à la dur réalité : Où était-il ? Il se souvenait que l'Axolotl lui avait dit qu'il se nommait Yvan à présent, et qu'il allait devoir "marcher parmis les humains". Il ne lui a rien dit de plus. De toute évidence, cela signifiait qu'il allait devoir vivre comme eux, mais un adolescent peut-il se débrouiller seul ? Certainement pas.

Il fut soudainement alerté par quelque chose : La porte du balcon était ouverte, lui même a bougé pendant la nuit… En tendant l'oreille, il entendit deux voix bien distincte depuis la cuisine. Peut être n'était-il pas entièrement livré à lui même ?

Il ouvrit légèrement la porte de la cuisine, pour observer discrètement l'intérieur. Il connaissait la pièce, mais il cherchait la source des voix. Il entrevu deux personnes un homme et une femme, debout, accoudé à une fenêtre. Il écouta leur conversation.

- J'aurais pas aimé être à sa place. prononça la voix féminine

- Bah au moins, il aura pas trop de difficulté au niveau scolaire.

- Ben tu vois j'en suis pas si sûr. Tu peux avoir des millénaires derrière toi, ça change rien au fait que y a des choses qu'il aura jamais pu voir.

- Ecoute, on verra bien. Puis on est là pour ça, non ? Veiller à ce que tout ce passe bien.

Il décida d'entrer dans la pièce, doucement. Les deux se tournèrent vers lui. L'homme était brun aux yeux noisette, la femme un blond très proche de celui de Bill. Cette dernière s'approcha de lui.

- Quand on parle du loup, bonjour, Yvan.

- Euh… Bonjour ?

- Ne t'en fais pas, nous sommes au courant de tout. murmura l'homme. Nous sommes là pour nous assurer que tout se passe bien.

- Ah. Donc, vous savez que je m'appelle pas vraiment Yvan, hein ?

- Nous le savons. Mais nous savons aussi que c'est ton nouveau nom désormais.

La femme posa sa main sur son épaule.

- On sait que ça doit pas être facile pour toi, tout ça doit être brutal, nouveau, et étrange. Tu arrives à t'habituer ?

- Ouais, enfin, je crois que j'ai manqué plein de truc.

- Ne t'en fais pas tu as deux jours pour t'habituer.

- Pardon ?

L'homme quitta la pièce, laissant la femme et Bill seul, et lança simplement :

- Parce que Lundi tu vas aller au collège, comme tous les jeunes de "ton âge".

Bill fut interloqué, et fixa la femme.

- Ah ne t'en fait pas, on est là pour t'apprendre. Dit-elle pour le rassurer. Déjà, tu devrais prendre une douche, tu as sûrement pu remarquer qu'avoir un corps, ça demande de l'exigence, eh bien crois moi, tu n'as vu que la partie émergée de l'iceberg.

Elle lui indiqua ensuite la salle de bain -là où il s'était "éveillé"-, précisant qu'il trouverait tout ce dont il aurait besoin dedans.
Donc ainsi, le corps humain en plus d'être faible et fragile demande une attention titanesque. Comment les Hommes pouvaient supporter ça ? Devoir être toujours d'une extrême vigilance avec eux même semblait si naturel ! Il y songea en retirant ses vêtements. Ce dernier était habitué au corps humain, à son apparence, pour en avoir déjà possédé plus d'un, mais de se dire que celui-ci, il ne fallait surtout pas l'abîmer, car il n'en aurait littéralement pas d'autre, était quelque chose de plus problématique.
Il observa un instant le dispositif. Ca ne parait pas bien compliqué, après tout. Après une bonne minute, il se décida à faire couler l'eau. Les températures, c'étaient encore quelque chose d'assez abstrait pour lui, mais il commençait à bien s'y habituer. Il réfléchissait un instant "La peau, c'est quelque chose de fragile. Si c'est trop chaud, je risque de me brûler, mais si c'est trop froid…" il secoua la tête. "De toute manière, je pense que le message va très vite passer.". Il testa donc, plusieurs réglage. Il avait eu raison : l'eau trop chaude brûle. Mais l'eau trop froide aussi. Ce n'était la même, ça restait particulièrement désagréable.
L'eau, une fois enfin réglé, était enfin agréable. Voilà quelque chose de curieux : l'eau semble être un élément absolument indispensable.
La sensation de l'eau qui coule sur la peau. En voilà une sensation bien différente des autres. Elle donnait un confort particulier, comme un souvenir qu'il n'aurait jamais eu. Il resta ainsi une ou deux minutes, un sourire béat aux lèvres. Puis, il coupa l'eau avant de saisir une bouteille de shampoing. On lui avait dit qu'il devait se laver les cheveux, ces derniers étant un peu long. Il observa un instant le flacon avant de sentir le froid envahir son corps. Il se dépêcha donc de laisser l'espèce crème blanche et visqueuse couler dans ses mains et se l'appliqua sur les cheveux, qu'il massa une bonne minute son cuir chevelu. Enfin, il ralluma l'eau, rinçant ses cheveux. Il répéta l'opération pour le gel douche. Puis, il sortit, s'essuyant rapidement avant de se rhabiller, avec les vêtements propre, puis se sécher les cheveux en se regardant dans le miroire encore embués.
Vestimentairement, il avait un brin changé par rapport au jour précédent : Il était intégralement en noir, il arqua un sourcil "J'ai l'air d'un dépressif comme ça.". C'est alors qu'en se tournant sur lui même qu'il remarqua les marques à l'encre noir dans son dos : un tatouage des signes du zoodiaque. Surpris sur le coup, il haussa les épaules, ne se posant pas de question sur le pourquoi l'Axolotl lui avait contraint le port de ce tatouage. Puis, il sortit, passant par la cuisine pour rejoindre le salon, retrouvant ainsi les deux personnes.

Bon. Te voilà, il faut qu'on parle. dit l'homme d'un ton légèrement agressif. Assied toi.

Il désigna une chaise autour d'une table ronde. Bill s'y assit. Il fixa en face de lui la femme.

- Tu sais pourquoi tu es ici, n'est-ce pas? demanda-t-elle d'un ton calme.

- Ouais, je sais…

- Nous, nous sommes là pour nous assurer que tout ce passe bien… Comme des sortes de parents. affirma l'homme.

Oh bien sûr, nous savons que nous le serons jamais réellement, mais il va falloir jouer le jeu. elle souriait d'un air patient. De ce fait, l'Axolotl a déjà tout réglé, tu as une identité, tu es inscrit partout où il faut.

- Bien… Je suppose ? répondit Bill. Et je suis sensé vous appeler comment ?

- Techniquement, tu devrais faire comme tout les gosses, genre "papa et maman". soupira l'homme.

- Mais sinon, c'est Harley et John Arradion. dit, d'une voix toujours aussi calme ladite Harley.

Bill soupira.
- Bien, et je présume que je n'ai pas le choix, n'est-pas ?

- En fait, non. broncha John.

- Tu sais, tu devrais sortir un peu, prendre l'air, découvrir le quartier.

Harley fit glisser sur la table un trousseau de clef, avant de se poser dans le canapé avec un livre du nom de "Undertale", tandis que John se remit à regarder un show pour adolescent nommé "Miou Miou Kissies cuties", mais juste pour se cultiver hien !