C'est une merveilleuse journée dehors, les oiseaux chantent, les fleurs s'épanouissent… En des temps comme ça… Bill aurait déclenché la fin du monde. Y pensait-il encore vraiment ? Après tout ses crimes, après avoir demandé la rédemption, songeait-il vraiment à recommencer tout cela ? A l'instant présent, il profitait tout simplement de ses nouvelles découverte : le contact du soleil sur la peau. Il fait encore chaud, le temps était idéal pour découvrir le quartier.
Il regarda à gauche, à droite, il y avait des barres HLM comme celle dans laquelle il vivait actuellement. En face, il y avait un parc pour gosses, où trois ou quatre enfants jouaient dans des toboggans.
Il partit vers la gauche, passant sous les arbres. Chaques éléments du décor qui l'entourait lui parut nouveau, bien qu'il les ai déjà rencontré avant. Cela venait de la découverte encore toute fraîche de sensations comme la chaleur, ou le goût. Désormais, il s'agissait des odeurs. Elles fonctionnaient comme les saveurs, nuancées, différentes, parfois agréable, parfois non… Toute ces choses lui permettait de percevoir le monde, et ses dangers.
Les sons était ici plus forts, plus diversifiés. Il y avait des chants d'oiseaux, des rires d'enfants, des aboiements de chiens…
À force de marcher, il arriva devant les grilles d'un grand bâtiment. Il leva la tête pour lire les panneaux : "Piedmond High School". Il posa ses yeux brun sur les grilles. Était-ce de ça dont John parlait ? Un bâtiment, oú l'on est enfermé huit heures par jour, pour "apprendre" ? Il se demanda "Qu'est-ce qu'il me reste à apprendre ? J'ai vu beaucoup de choses, j'ai vu l'Histoire s'écrire. J'ai vu chaque formules mathématique et celles qui n'existent pas encore, j'ai utilisé chaque formules. J'ai vu chaque molécules. J'ai lu chaque livres et j'ai brûlé chaque livres. J'ai gagné à chaque jeux et j'ai perdu à chaque jeux ! Qu'ai-je encore à voir ici bas ?"
Il passa son chemin, reprenant sa découverte du quartier. Une boulangerie, une pharmacie, une boucherie, plein de petits magasins divers et variés. Toutes ces choses dont il ne se souciait pas avant prenaient d'un coup de l'importance. Il ne comprenait pas vraiment pourquoi mais il devait se rappeler de ces choses, de leurs présence, leurs emplacements. Sans doute pour éviter de se perdre.
Mais il faut croire que Bill n'avait vraiment pas un bon sens de l'orientation. Il s'en rendit compte après être passé trois fois dans la même rue. "Génial. Quand je rentre, plus jamais je ne remets les pieds dehors." se dit-il en errant le long des rues.
Il marchait, en réfléchissant à comment rentrer, l'esprit totalement ailleurs, le regard dans le vague, si bien qu'il se déporta sur la chaussée. C'est alors qu'il sentit, relativement brutalement, quelque chose l'attraper par le bras et le tirer vers le trottoir, lui évitant de se prendre ce qui semblait être une voiture lancée plutôt rapidement.
- Tout va bien ? demanda une voix féminine derrière lui
- Euh oui je vais bi-…
Bill n'eu pas fini sa phrase lorsqu'il se retourna pour faire face à son interlocutrice, l'espace d'un instant, il aurait juré voir Mabel, ou Dipper. Fort heureusement, c'était totalement impossible.
- Je vais bien, oui.
- Faut regarder où tu marches quand tu sors comme ça, ça peut être dangereux.
- Euh, je… Oui, madame. Je m'étais perdu, en fait...
En fixant Bill, elle considéra qu'effectivement, il avait l'air relativement perdu.
- Bon, tu as ton adresse ?
- Mon adresse ? Ah, euh, oui… Mon… Adresse…
Il fouilla dans ses poches, espérant trouver quelque chose qui pourrait l'aider à paraître moins bête. Il trouva ses clefs. Lorsqu'il les regarda il vit une étiquette au porte clé, avec marqué dessus "Si perdu, ramener au 618 avenue Vista". Bill eut un instant de réflexion, avant de prononcé d'une voix plus assurée :
- 618 avenue Vista.
- Bien, suis moi, je vais te ramener chez toi.
Elle partit en direction d'un parking non loin. Bill la suivit, sans poser la moindre question. Une fois en voiture, elle constata avec un léger rire que ce dernier avait un mal fou à s'attacher.
- Eh bien, tu ne montes pas souvent en voiture on dirait.
- Euh… Non, non pas…Vraiment.
En vérité, le nombre de fois où Bill était monté en voiture devaient se compter sur les doigts de la main. La voiture démarra, au même moment, une conversation s'entama.
- Alors, tu fais ta rentrée au collège toi aussi lundi, n'est-ce pas ?
- Oui, enfin, je crois.
- Tu dois être en première année, tu ne dois pas être plus âgé que mes enfants, n'est-ce pas ?
- On va dire que oui ...?
La femme le regarda, en arquant un sourcil avant de se mettre à rire.
- Ah, t'es un gamin bien étrange, on dirait ma fille, tient !
Bill eut un rire assez gêné. Il reconnut alors la rue d'où il était partit. "Sauvé." se dit-il, dans un soupir de soulagement. Il descendit, une fois garé. La femme l'arrêta un instant :
- Au fait, comment tu t'appelles ?
- Bi… Yvan. Yvan Arradion.
- Eh bien, Yvan, ce fut un plaisir de te rencontré.
Bill s'éloigna, lentement, vers le bâtiment, avant de rentrer et de remonter en courant à son appartement. Il fixa ses deux "parents", avant de laisser la porte claquer derrière lui.
- Plus. Jamais. Je. Ne. Sors.
- Va bien falloir si tu veux obtenir ta rédemption gamin. Ricana John.
- Qu'est-ce qui t'es arrivé ? S'inquiéta Harley.
- Je me suis perdu, et on m'a ramené.
- Tâche de faire attention la prochaine fois. Dit John. Et on mange dans cinq minutes.
