Chapitre 10) Future

Je me réveille en sursaut sur le canapé de chez moi. Mon œil bleu, toujours actif après chaque reset, scrute rapidement les environs jusqu'à ce que réussisse à me calmer. Je ne peux m'empêcher d'admirer mes mains avant d'enchainer sur le reste de mon corps : ça fait du bien de revenir parmi les vivants. Bon, Papyrus ne devrait pas tarder à débarquer pour me dire d'aller à mon poste, donc je vais sagement attendre pour enclencher le bon déroulement des choses. En attendant, j'utilise ma télékinésie pour ouvrir le frigo à distance avant de faire léviter une bouteille de ketchup jusqu'à moi. Heh, je pensais pas que ce truc me manquerait autant. Pendant que je déguste tranquillement ma boisson, la porte de la chambre de mon frère s'ouvre rapidement, et avec elle, la voix stridente de Papyrus raisonne.

« Sans ! Réveille-toi ! Tas d'os paress- !… Il me dévisage d'un air ébahit et cligne plusieurs fois des yeux.

-Quoi d'neuf frérot ? Il dévale rapidement les escaliers pour me rejoindre.

-Sans tu… tu es réveillé ?!

-Yep, il faut croire que j'étais fatigué de dormir. Je lui assimile un petit clin d'œil tandis qu'il se retient de m'étrangler.

-Quoi qu'il en soit, il faut que nous retournions à nos postes frérot ! Aujourd'hui c'est la bonne ! Je peux le sentir jusque dans mes os ! Nyeh Heh Heh !

-Ouais, ça serait d-os-mmage de louper un humain, pas vrai ? » En guise de réponse, Papyrus me soulève du canapé avant de me porter sous son bras et de quitter la maison pour courir vers nos stations. Heheh, ça fait une timeline entière que je n'ai pas fait de blagues et de jeux de mots pourris, il faut bien que je me rattrape non ? Enfin bon, j'espère que je vais pouvoir garder cette bonne humeur pour le reste de cette route ci… Je pourrai m'en faire une idée lorsque je verrai le gamin et son niveau de L.O.V.E. Je n'ai absolument pas oublié les paroles du gosse à mon égard juste avant qu'il ne reset, mais bon, je ne me fais pas trop d'idée, je suis sûr qu'il ne tiendra pas parole…

Bon, après que mon frère m'ait déposé à mon poste, je n'ai pas attendu plus longtemps pour rejoindre la porte des Ruines et attendre Frisk à l'extérieur. Le temps qu'il arrive, je me distrais comme je peux en créant des Papyrus de neiges avec ma magie. Putain ça fait tellement du bien de pouvoir utiliser ma magie de nouveau… C'est vrai que je n'ai jamais été mort aussi longtemps donc je me ne me rendais pas vraiment compte à quel point c'était jouissif d'être physiquement présent… Enfin bref, la porte s'ouvre enfin dans mon dos donc j'interromps mes activités pour me retourner.

« Heya gam- Le mioche me fonce littéralement dessus pour me prendre dans ses bras. Je souris doucement, attendris par l'attitude de l'humain, avant de lui caresser affectueusement les cheveux. Heheh… Tu m'as manqué aussi Frisk… Ok, le gamin est clean, son L.O.V.E est à 1. Ce dernier relève la tête pour me sourire joyeusement.

-Porte-moi sur tes épaules Sans ! Je ris un peu avant de le soulever et de le placer sur mes épaules. Je commence ensuite à marcher pour nous éloigner des ruines et retourner auprès de mon poste tandis que j'observe le p'tit en levant les yeux vers le haut.

-Alors ? Tu… tu pars sur une pacifiste huh ? Il acquiesce doucement.

-Je t'ai fais une promesse que je compte bien tenir. Puis une nouvelle fenêtre de texte apparait devant Frisk et je parviens à lire 'Penser à la promesse que vous avez faite à Sans vous remplie de détermination.'

-Heheh… Nous verrons bien gamin. » Ok, le mioche a l'air convaincu par ses propos, c'est plutôt rassurant. J'imagine que je peux arrêter de m'en soucier et lui faire confiance, pas vrai ?... … Nan. Toutes les fois où je lui ai fait confiance m'ont valu la mort de mes proches et de moi-même. Je crois que je n'arriverais plus jamais à faire confiance à un humain après tout ce que j'ai subit, et ça risque d'être sacrément problématique le jour où nous habiterons à la surface… Pff, pourquoi a-t-il fallu que ça tombe sur moi ? Pourquoi est-ce que je me souviens de chaque timeline ? J'avais vraiment pas besoin de ces problèmes en plus dans ma vie...


Ca y est, nous approchons de la fin. Asriel vient de détruire la barrière, et nous attendons tous que Frisk fasse le premier pas à l'extérieur pour le suivre. Je ne peux m'empêcher de soupirer et de me dire que cette fin n'est que temporaire et que nous allons bientôt nous retrouver une fois de plus dans l'Underground.

« Quelque chose ne va pas Sans ?

-Hm ? Nah, t'en fais pas Tori' c'est juste que je pense que toutes ces galères vont finir par me rendre chèvre. Elle rit doucement tandis que j'observe mon frère me dévisager avec un regard meurtrier.

-Oh ? Vraiment ? Tu as peur de finir en orbite ?~ C'est à mon tour de rire de bon cœur pendant que Papyrus et les autres s'éloignent de nous.

-Pas mal celle là.

-Sans ! Dame Toriel ! Venez ! L'Humain se dirige vers la surface !

-Heh, pars devant Tori', j'ai encore… une dernière chose à faire ici.

-Très bien Sans, mais ne tarde pas trop, hein ? » Je me contente de lui sourire en guise de réponse. Puis, une fois Toriel partit, je ne tarde pas à me téléporter chez moi, ou plus précisément, dans le laboratoire situé derrière la maison. Une fois à l'intérieur, je me dirige vers l'un des tiroirs pour en sortir une vieille photo de Papyrus, Gaster et moi que j'observe longuement.

« … Je t'embarque avec moi G. » A chaque fin pacifiste j'ai le réflexe de venir ici pour récupérer cette vieillerie avant de sortir à la surface. C'est vrai qu'à chaque fois, je me dis que ça y est, que nous y sommes enfin parvenus, et je souhaite faire découvrir le monde extérieur à Gaster. Après tout, j'ai travaillé pendant pas mal de temps à ses côtés, je lui dois bien ça pour me faire pardonner de toutes les crasses que j'ai pu lui faire au boulot. Heheh, assez plaisanté, je dois retourner auprès des autres, ils m'attendent certainement. En un claquement de doigts, je me téléporte à nouveau pour finir à l'extérieur avec tous les autres pour contempler le soleil. Personnellement, je préfère m'orienter vers Frisk pour le surveiller : faut croire que même dans ce genre de situation je ne suis pas vraiment serein… Je décide finalement de m'éloigner du groupe une fois Papyrus partit, puis je jette un rapide coup d'œil par-dessus mon épaule avant que mes iris ne disparaissent.

« … Gamin, tu viens avec moi ? Histoire de parler cinq minutes ? Le gosse se retourne joyeusement vers moi, mais lorsqu'il remarque l'expression sur mon visage, il perd rapidement son sourire avant de me rejoindre lentement.

-Q-Qu'est-ce qui se passe… ? J'ai fais quelque chose de mal… ?

-Hm… Je vais être direct : sois honnête, et dis-moi quand est-ce que tu vas reset.

-Mais je te promets que- ! Mon œil bleu vient prendre place dans mon orbite gauche.

-J'ai dit sois honnête. Puis en un battement de paupières, mes yeux reviennent à leur état normal. Heh, écoute gamin, je ne suis pas crédule, je sais bien que tu vas finir par le faire un jour ou l'autre. Juste… Laisse moi savoir quand, ok ? » Puis je m'éloigne sagement de Frisk qui garde la tête baissée. Je m'arrête à quelques mètres de lui et pose mon regard sur le reste de mes amis qui s'émerveillent devant chaque nouvelle chose qu'ils voient. Je souris, attendrit par la situation, mais je perds rapidement mon sourire qui se transforme en soupire quand je repense que tout va s'arrêter bientôt. Je me retourne de nouveau vers Frisk, et sans surprise, les deux boutons Continuer et Reset lui font face. Je m'affaisse un peu lorsque je le vois lever la main vers le haut, prêt à appuyer sur le bouton de droite. Mais subitement, sa main se referme et il ne tarde pas à abattre son poing sur le bouton reset. J'écarquille les yeux en voyant la chose se briser en plusieurs morceaux tandis que le gamin se retourne vers moi, les larmes aux yeux.

« Je te promets que je ne recommencerai plus jamais… »


Bon, la fin ressemble un peu beaucoup à Glitchtale, je vous l'accorde, mais je trouve que ça s'accorde bien avec le titre de la fiction qui est normalement dédié à Papyrus : Sans est méfiant par rapport à la promesse de Frisk, mais il se rend finalement compte qu'il n'aurait pas dû.

Voilà voilà, sinon j'espère que ça vous a plu ; bonne continuation !